L' astronomie pythagoricienne

Autor
Duhem, P.
Erschienen in
Le Systeme du monde
Jahr
1913
Thema
PYTHAGORAS
Sprache
Français
Kategorie
C5 Astronomy
Archivnummer
2011

PDF öffnen(öffnet in einem neuen Fenster)

Volltext anzeigen24 Seiten

Seite 1

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
CHAPITRE PREMIER POUR L'HISTOIRE DES HYPOTHESES ASTRONOMIQUES, IL N'EST PAS DE COMMEN- CEMENT ARSOLU. — L'INTELLIGENCE DES DOCTRINES DE PLATON REQUIERT L'ÉTUDE DE L'ASTRONOMIE PYTHAGORICIENNE. En la genèse d'une doctrine scientifique, il n'est pas de commencement absolu; si haut que l’ou remonte la lignée des peusées qui ont préparé, suggéré, annoncé cette doctrine, on parvient toujours à des opinions qui, à leur tour, ont été préparées, suggérées ct annoncées; ct si l'on cesse de suivre cet enchainement d'idées qui ont procédé les unes des autres, ce n'est pas qu'on ait mis Ja main sur le maillon initial, mais c'est que la chaine s’enfonce et disparait dans les profondeurs d'un insondable passé. Toute l'Astronomie du Moyen-Age a contribué à la formation du système de Copernic; par l'intermédiaire de la Science islamique, l’Astronomie du Moyen-Age se relie aux doctrines helléniques; les doctrines helléniques les plus parfaites, celles qui nous sont bien connues, dérivent des enscignements d’antiques écoles dont nous savons fort peu de choses; ces écoles, à leur iN LE dh \ =>ristEMNE e- 5-2, De Wa — De tour, avaient hérité des théories astronomiques des Égyptiens, des Assyriens, des Chaldéens, des Indiens, théories dont nous ne connaissons presque rien; la nuit des siècles passés est tout à fait close, et nous nous sentons encore bien loin des premicrs hommes qui aient observé le cours des astres, qui en aient constaté la régularité et qui aient tenté de formuler los règles auxquelles il obéit.

Seite 2

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
CHAPITRE PREMIER POUR L HISTOIRE DES HYPOTHESES ASTRONOMIQUES, IL N'EST PAS DE COMME CEMENT ARSOLU. — L'INTELLIGENCE DES DOCTRINES DE PLATON REQUIERT L'ÉTUDE DE L'ASTRONOMIE PYTHAGORICIENNE. En la genèse d'une doctrine scientifique, il n'est pas de commencement absolu; si haut que l'on remonte la lignée des pensées qui ont préparé, suggéré, annoncé cette doctrine, on parvient toujours à des opinions qui, à leur tour, ont été préparées, suggérées et annoncées; et si l'on cesse de suivre cet enchainement d'idées qui ont procédé les unes des autres, ce n'est pas qu'on ait mis la main sur le maillon initial, mais c'est que la chaine s'enfonce et disparait dans les profondeurs d'un insondable passé. Toute l'Astronomie du Moyen-Age à contribué à la formation du système de Copernic; par l'intermédiaire de la Science islamique, VAstronomie du Moyen-Age se relie aux doctrines helléniques; les doctrines helléniques les plus parfaites, celles qui nous sont bien connues, dévivent des enscignements d’antiques écoles dont nous savons fort peu de choses; ces écoles, á leur tour, avaient hérité des théories astronomiques des Égyptiens, des Assyriens, des Chaldéens, des Indiens, théories dont nous ne connaissons presque rien; la nuit des ècles passés est tout à fait close, et nous nous sentons encore bien loin des premiers hommes qui aient observé le cours des astres, qui en aient constaté la régularité et qui aient tenté de formuler les règles auxquelles il obéit.

Seite 3

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE HELLENIQUE Incapables de remonter jusqu'à un principe vraiment premier, nous en sommes réduits à donner un point de départ arbitraire à l'histoire que nous voulons retracer. Nous ne rechercherons pas quelles furent les hypothèses astronomiques des très vieux peuples, Égyptiens, Indiens, Chaldéens, Assyriens ; les documents où ces hypothèses sont exposées sont rares ; l'interprétation en est fort souvent si malaisée qu'elle fait hésiter les plus doctes; toute compétence, d’ailleurs, nous ferait défaut non seulement pour juger, mais simplement pour exposer les discussions des orientalistes et des égyptologues. Nous ne rapporterons pas non plus, du moins en général, ce que l'on a pu reconstituer des doctrines des anciens sages de la Grèce ; les minces fragments, parfois d'authenticité douteuse, auxquels leurs ouvrages sont maintenant guère deviner comment leurs réduits, ne nous laissent pensées sont nées les unes des autres, comment chacune d'elles s'est développée". Résolument, c'est à Platon que nous ferons commencer cette histoire des hypothèses cosmologiques; il est le premier philosophe dont les écrits utiles à notre objet nous soient parvenus entiers et autheutiques ; le premier, par conséquent, dont nous puissions, au sujet des mouvements célestes, connaitre toute la pensée ou, du moins, tout ce qu'il a voulu nous livrer de cette pensée. Mais, tout aussitôt, nous voyons apparaitre ce qu'il y a Varbitraire, partant de peu rationnel, dans le choix d'un tel point de départ. Pour comprendre les théories astronomiques de Platon, il ne suffit pas d'étudier Platon, car ces théories ne sortent pas d’elles-mêmes; elles prennent leur principe ailleurs et dérivent de plus haut. Ce que Platon a écrit touchant les mouvements célestes est constamment inspiré par l'enseignement des écoles pythagoriciennes et, pour bien comprendre l'Astronomie académique, il faudrait bien connaitre auparavant V’Astronomie italique. Nous voici done amenés à dire quelques mots des doctrines stronomiques qui élaient reçues chez les Pythagoriciens, alin de mieux pénétrer celles que Platon professera. 1. Le meillene guide que puisse trouver erlui qui désire connaître les doelines cosmologiques des suivant Mellénes avant le temps de Platon, c'est Pouvra + Sir Thomas Hear, Aréstarehus of Samos, the Ancient Gopernicas. A History of Greek Astronomy to Aristarehns together with Aristacchus's Treatise on the Sizes and Distances of the Sun and Moon. A New Greek Text with and Notes. Ostard, 1413. Translation

Seite 4

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
CE QUE L'ON SOUPCONNE DES DOCTRINES ASTRONOMIQUES DE PYTHAGORE Les idées les plus fausses ont cours depuis longtemps sur les doctrines astronomiques de Pythagore, et les efforts des érudits parviennent malaisément à troubler ou à ralentir ce cours. Fréquemment, par exemple, on entend attribuer à Pythagore l'hypothèse qui explique le mouvement diurne des astres par la rotation de la Terre, alors que rien n'autorise à croire qu'il ait admis cette hypothèse, Qu'est-il arrivé, en effet? Dans les écrits d'Aristote, on a trouvé que certaines théories astronomiques étaient citées comme en faveur auprès des « Pythagoriciens ». On ena conclu tout aussitôt qu’elles avaient été imaginées par leur chef, l'illustre sage de la Grande Grèce. On oubliait que l'École pythagorieienne a duré de longs sièeles, qu'elle était encore florissante au temps d’Aristote, et qu'entre le sixième sièele, où vivait son fondateur", et le quatrième siècle, où écrivait le Stagirite, ses doctrines avaient eu grandement le temps d'évoluer. Qu'est-il encore que de lo arrivé ? Des polygraphes, des compilateurs s siècles séparaient de Pythagore, nous ont rapporté sans critique tout ce que Pon contait de leur temps sur ce philosophe, transformé en une sorte de personnage légendaire ; et des historiens ont eu la naïveté d'accueillir ces propos comme s'ils venaient d'écrivains bien informés et dûment auto A En un de ces mémoires dont la prodigieuse érudition et la prudente méthode ont fait faire de si grands progrès à l'histoire de la Science antique, Théodore-Henri Martin a entrepris de marquer ce que Pon pouvait dire, avec quelque certitude, de l’Astronomie de Pythagore ?. Et, tout d'abord, il a fixé les règles qu'il faut suivre si l'on veut retrouver quelques traits authentiques de cette Astronomie. Il ne faut pas attribuer à Pythagore ee qu’Aristote ou même d'autres auteurs plus modernes ont dit des systèmes astronomi- 1. On s'accorde à placer la vie de Pythagore entre les années 570 et 470 av. J.-C, 2. Tall. Martin, Hypothese astronomique de Pythagore (Bulletino di Bibliografia e di Storia delle Scienze matematiche et fisiche pubblicato da B. BoxCOMPAGNE, 1. V, 1872, pp. 99-120).

Seite 5

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE HELLÉNIQUE ques des derniers Pythagoriciens. « Quelques-unes seulement de ces doctrines! sont attribuées expressément à Pythagore lui-même par des témoignages anciens que rien ne contredit ; il y a lieu de penser que celles-là remontent vraiment jusqu'à lui ; mais celles qu'aucun auteur ancien ne lui attribue sont probablement plus récentes, A plus forte raison, quand des auteurs anciens, qui connaissaient bien les doctrines des Pythagoriciens plus récents, attribuentunanimement à Pythagore des doctrines très différentes, doctrines qui ont dù naturellement précéder celles-là dans le développement de la Philosophie et des Sciences en Grèce, et qu'aucun Gree n'avait émises avant l'époque de Pythagore, il y a tout lieu de croire qu'elles lui appartiennent en propre ». Lorsqu'on a trié, à l’aide d'un tel crible, les témoignages antiques, que reste-t-il que l'on puisse regarder comme reliques de l’Astronomie du fondateur de l'École italique ? ll semble assuré, en premier lieu, que Pythagore enseignait que la terre est sphérique et qu'elle est immobile au centre du Monde. Tout d'abord, il est bien certain que, longtemps avant l'époque d’Aristote, des Pythagoriciens soutenaient ces propositions; en un de ses plus célèbres dialogues, Platon met en scène le pythagoricien Timée, et Timée enseigne ces doctrines. D'autre part, des témoignages divers et concordants affirment que cet enseignement était celui de Pythagore; c'est ce que déclarent, par exemple, Alexandre Polyhistor, Diogène de Laërte * qui le cite, et Suidas ?. Que Pythagore ait connu la loi du mouvement diurne des étoiles, cela ne fait l'objet d'aucun doute ; elle était familière aux philosophes grees qui l'avaient précédé. Mais il semble qu'on lui doive attribuer un progrès très considérable sur la science possédée par ces philosophes ; il parait avoir, le premier, discerné la loi du mouvement du Soleil. Les philosophes grees antérieurs au fondateur de l'École italique « wont prêté * an Soleil qu'un seul mouvement au-dessus de la Terre habitée, oir un mouvement diurne d'Orient en Oecident, un peu inférieur en vitesse an mouvement diurne des étoiles fixes dans le même sens, et accompagné seulement d'un éeart annuel da Nord au Sud et du Sud au Nord. » 1. Fu, Mantis, Op. daud, p. 101. 2. Diogenes La De vitis, dogmatibus el apophtegmatibus elarorum phifosophorum lib, 3. Sumas, Lericon, au mol 10772 h. TuL Mantis, Op. daud., p. 10.

Seite 6

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
Si nous en eroyons les renseignements que nous fournissent tobée ! et le De placitis philosophorum faussement attribué à Plutarque *, Pythagore serait parvenu à débrouiller cette marche, en apparenee si compliquée ; il aurait compris que le monvement du Soleil pouvait se décomposer en deux rotations ; de ces deux rotations, la première, dirigée d'Orient en Occident, s'accomplit autour des mêmes pôles et dans le même temps que la rotation diurne des étoiles: en cette première rotation, le Soleil décrit, sur la sphère céleste, un cerele parallèle à l'équateur; la seconde a lieu d'Occident en Orient, autour de pôles autres que ceux du mouvement diurne, et elle est parf ite en un an: il y a tout lien de penser que Pythagore la regardait aussi comme uniforme : en cette seconde rotation, le Soleil déerit, sur la sphère céleste un grand cerele, l'écliptique, dont le plan est ineliné sur celui de l'équateur. Le génie gree, si sensible à la beauté qu'engendrent les combinaisons géométriques simples. dut être singul rement séduit par cette déconverte ; elle fortifi: en hu, si elle ne Uy fit germer, l'idée que le Monde, et particulièrement le Monde céleste est soumis aux règles éternelles des nombres et des figures: elle suscita sans doute, en l'École pythagoricienne, la conviction que les cours des astres, quel qu'en soit le caprice apparent, se laissent résoudre en combinaisons de mouvements cireulaives et uniformes; empruntée aux Pythagoriciens par Platon, transmise de Platon à Eudoxe, cette conviction donnera naissance à l'Astronomie géométrique ; et elle ne cessera de dominer les divers systèmes de cette Astronomie qu'au jour où Kepler aura l'incroyable audace de substituer le règne de Vellipse au règne du cercle. Après avoir si heureusement décompos® le mouvement du Soleil en deux rotations autour d'a plété différents, Pythagore a-t-il comà découverte en décomposant de la même manière le cours de la Lune et des cing planètes? Eut-il l'idée de regarder la marche de chacun de ces astres errants comme la résultante de deux rotations, l'une, la rotation diurne, accomplie d'Orient en Occident et identique à celle des étoiles, l'autre accomplie d'Occident en Orient autour des poles de l'éeliptique, en un temps determiné pour chaque astre et variable d'un astre à l'autre ? Il est fort possible que l'Asteonomie soit redevable à Pythagore de ce nouveau progrès. 1. Sroset Beloger phystow, 1, 23 elhicarum libri p- 138). duo. Recensuit la (Joaxxis Sros.et Lelogarun physicarum et Augustus Meineke; Lipsia, 1860. Tom. 2. Pseuno-PLutarove, De placitis philosophorum lib. Wy cap. NI, $ 3.

Seite 7

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE HEBLÉNIQUE Le péripatéticien Adraste, dont Théon de Smyrne nous à conservé en partie l’enseignement astronomique, indique vaguement ! que Pythagore s'était occupé des révolutions lentes que les planètes exécutent dans le sens opposé à la révolution diurne des fixes. Si ce progrès n'est pas l'œuvre même de Pythagore, il semble, en tous cas, qu'il ait été accompli de son temps et au sein des écoles de la Grande Grèce. Sans être précisément disciple de Pythagore, Aleméon de Crotone, contemporain du grand philosophe, plus jeune que lui, habitant de la mème ville, avait avec lui quelques rapports de doctrine *. Or Stobée*, le Pseudo-Plutarque* et le Pseudo-Galien * nous apprennent qu Aleméon et les mathématiciens « faisaient mouvoir les planètes en sens contraire du mouvement des étoiles fixes ». Ces mathématiciens ne sont-ils pas les premiers disciples de Pythagore ? Tel est le bilan des connaissances astronomiques que nous pouvons, avec quelque moins riche que vraisemblance, attribuer au fondateur de l'École italique et à ses premiers AGI ce bilan est beaucoup celui qu'avaient dressé les historiens de la Science, alors qu'ils recevaient sans contrôle les légendes les plus douteuses; en particulier, il ne permet aucunement de placer Pythagore au nombre des précurseurs de Copernic. On aurait tort, d’ailleurs, de passer de cet excès à l'excès contaire et de faire fi de ’Astronomie italique. « En introduisant en Gréce la notion de la Terre et des mouvements propres planètes", sphéricité de la du Soleil, de la Lune et des d'Occident en Orient, suivant des cercles obliques à l'équateur céleste, Pythagore et ses premiers disciples ont fait faire un grand pas aux notions astronomiques des Grees. Cette gloire leur appartient; on ne pourrait que la compromettre en leur attribuant pas. des inventions et des mérites qui ne leur appartiennent » 1. Tuikovis Suvuxat Praronica Liber de Astronomia eun Sanenı STICA, Textum primus edilit, latine vertit Th.-1. Martin; Parisiis, 1849. ( ap. XXII, pp. 2 2-213, Tufo de Savane, philosophe platonicien, Exposition des vonnuissaneı isaac utiles pour la (bainve de Platon, traduite pour Ja première fois Tu.-ll. . Stow en Français par J. Dupuis; Paris, 1892, pp. 244-245. Mantin, Op. laud., p. 108. Lelogee physice, I, 24; éd. Meineke, t. I, p. 141. DO-PLUTARQUE, De placitis philosophoram Vib.H, cap. XVI, $ 2. x (Pseuvo-), Œuvres, edit. grecque de Bale, t. IV, p. PATES I. Martin, Op. laud., p. 126.

Seite 8

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LE SYSTÈME ASTRONOMIQUE DE PIILOLAUS pre et ses premiers disciples fixaient la Terre au centre Si Pyth du Monde, on ne tarda pas, au sein de l'École italique, à adinettre une hypothèse foute différente, De cette théorie nouvelle, Philolaüs parait être l'inventeur. Le pythagoricien Philolaüs naquit à Crotone selon Diogène de Laérte, et à Tarente selon les autres écrivains qui ont parlé de lui; il vécut quelque temps à Héraclée de Lucanie, puis il alla se fixer à Thèbes en Béotie; selon un passage du PAédon de Platon, il y résidait à la fin du v° siècle avant notre ère ; il fut done contemporain de Démoerite ct de Socrate. Philolaüs avait rédigé un traité De la Nature, en trois livres. Il y exposait, pour la première fois, par écrit l’enseignement, jusqu'alors purement oral, de l'École pythagoricienne ; mais à cet ensei ment, il apportait, surtout en ce qui concerne l’Astronomie, bien des modifications que n'eussent avouées ni Pythagore ni ses premiers disciples. L'ouvrage de Philolaüs est aujourd'hui perdu; mais, au sujet des doctrines astronomiques qu'il proposait, nous nous trouvons être assez exactement renseignés par les témoignages d'auteurs anciens qui avaient sous les yeux le traité De la Nature. Aristote, en ses livres Du Ciel*, discute d'une manière assez détaillée la théorie de Philolaüs; à la vérité, il n'en nomme pas l'auteur; il la met sur le compte de « ceux d'Italie que Pon nomme Pythagoriciens — Ol asgl evitas, xahodusvo. dì Uulayógeio: ». Le vague de cette indication a grandement contribué à faire attribuer à Pythagore lui-même ce qui était opinion de son disciple éloigné. | Simplicius, en commentant la diseussion d’Aristote, y à ajouté quelques détails complémentaires empruntés, en partie, à un éerit perdu d’Aristote sur les doctrines pythagorieiennes; d'autres écrivains, Stobée en particulier, et aussi le Pseudo-Plutarque, en son De plaeitis philosophorum, nous ont transmis de nouveaux rent. Arusrore, De Gelo Firmin-Didot, t. Il, Vib, Il, cap. XII p. 403. — ARISTOTEL Bekkeri edidit Sau Regia Borus col. a). (Ausroreus Opera, éd. Ambroise grace. Ex recensione Immanuelis Berolini, 18: Vol.

Seite 9

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE seiguements, parfois HELLÉNIONE mème des citations textuelles du traité de Philolaüs. Dès le début du xıx® sieele, les érudits ont été tentés par Pabondance des indications qui concernent la théorie astronomique de Philolaiis ; ils se sont efforeés de reconstituer cette théorie ; Schaubach en 1802", Bæekh en 1810 eten 1819? ont, les premiers, entrepris cette œuvre; plus près vanni Schiaparelli* découvre de de nous, Th.-H. Martin? et y ont mis Ja main; à moins que nouveaux documents, il ne semble pas Gio- Pon ne que Pon puisse rien ajouter à ce que ces divers auteurs nous ont appris. Philolaüs est profondément convaincu des idées arithmétiques qui avaient cours en l'Ecole de Pyth we. Selon un fragment de son ouvrage que Jamblique* et Syrianus” nous ont conservé, il admet que « les nombres sont la cause permanente de tout ce qui arrive dans le Monde ». Un autre passage, cité par Jamblique *, nous dit que « Punité est le principe des nombres et de tout ce qui existe, et qu'elle est identique à Dieu ». « Le Monde, dit encore un fragment reproduit par Strobée le Monde est un, et le principe de l'ordre qui y règne est au centre. » « Dieu, ouvrier du Monde, lisons-nous encore’, a placé au centre de la sphère de [Univers un feu dans lequel réside le priucipe du commandement. » Cette sphère de feu centrale, immobile, Eszia). Philolaüs, en ce passage, la nomme le /oyer 1. Scnaupacn, Geschichte der geiechischen Astronomie bis auf Eratosthenes, > seqg. Göltingen, 1802. 2. Back, De Platonico systemate coclestium yloborum, et de vera indole astronomiae Philolaicae, Heidelberg, 1810. importantes, dans: AUGUST Back , Reden und Abhandlungen, pp. Pythagovaers Lehren nebst Bruchstücke 3. Tull, Réimprimé, avec des additions Gesammelte teleine Schriften, Bd. Wh: 36. — Bascku, Philolaos des seines Werkes, Berlin, 1819. Mantis, Mypothese astronomique de Philolaüs (Bulletino di Bihliografia e di Storia delle Scienze matemutiche e fisiche pubblicato da B. Boxcon- PAGNI, L. V, 1872, pp. 127-157). A. GV. Semtavanencs, / precursori di Copernico nell’ storiche, Lette nell'adunanza del 20 febbrajo 1873 in oc rio della nas fence e Lettere ; (série IM, vol. 5. s ! utichità. Ricerche me del 400° anni- » [Memorie del Re Instituto Lombardo di Scienze mathematiche i naturali. Vol, XI 111) 1873, pp. 381-391]. Janbiigue, Sarl Aritlumétique de Nicomaque, éd. Tennulius, p. 11. Svuani antiquissinid interpretis in IL NU. et NIM, Aristotelis libros Meta- Pe Commentarius, a Hieronymo Pate priestantissimo philosopho, Latinitate donatus. In A verso. — ARISTOTELIS Ope Lib. XI , Borussica. cap. IV, fol. 71, Vol. V. AmstoveLis gui ferehantur tibrovum fragmenta, Scholiorum in Nristotelem supplementum. Inder Aristoteticus. Beroliui, 1870. Fol. 902, col. a. 7. JANBLIQUE, Op. laud., p. 109. o a Eeloger phy 1,1 i éd. Meineke, p. 97: a. Stone Keloger physica, Y, 21: bd. Meineke, pel

Seite 10

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LASTRONOMIE PATRAGORICIENNE Au sujet de cette première hypothèse essentielle de VAstronomie philolatque, les témoignages abondent. Voici d'abord celui d’Aristole ! : « Les Pythagoriciens..... croient quan corps le plus noble convient la plus noble place, que le feu est plus noble que la terre, que les lieux terminaux sont plus nobles que les lieux intermédiaires, enfin que les lieux terminaux sont l'espace extreme et le centre. De là ils concluent par analogie que ce n'est pas la terre qui oceupe le centre de la sphère du Monde, mais le feu. En outre, ces Pythagoriciens pensent que ce que l'Univers a de plus important est aussi le poste qu'il est le plus digne de garder ; et comme le centre est ce lieu le plus important, ils le nomment le poste de garde de Jupiter (Aso: puny ) ». Aristote S'exprimait à peu près de la meme manière en son fraité Sur les doctrines pythagvriciennes, d'après ce que nous en rapporte Simplicius ?. Chalcidius, counnentant le T'ünée de Platon, nous dit aussi * que les Pythagoriciens nomment le feu central Joris custos; il ajoute qu'il est, à leur avis, le principe de toute matière ; que par lui, la Terre, VAntichthone dont nous parlerons tout à Pheure et. sans doute, tous les autres astres sont mus en cercle. Ce feu central recevait de Philolais les noms les plus variés et les plus propres à en exprimer l’excellence ; au dire de Stobée , il le nommait foyer de l'Univers (sod Havrés ¿stiz), demeure de Jupiter, mére des Dieux, autel, licu, mesure de la Nature. Le feu central, siège de la Divinité et principe des mouvements célestes, n'est pas le seul feu qui soit dans l'Univers ; nobles tous deux, les deux termes extrêmes doivent, Aristote nous l’a dit, être occupés par la plus noble des substances, par le feu; aux confins de l'Univers, done, 1. Anıstore, t. 1, s'étend une région ignée. Stobée* vient con- De Carlo lib. U, cap. NIN (Amsroteus Opera, éd. Firmin-Didot, p. 405 : éd. Bekker, t. I, p. 293, col. a). 2. Sımpuich la Aristotelis de Calo libros commentaria ; in lib. 1, cap. XII (Simeucu Commenturius in IV libr ristotelis de Gaelo. Ex rec. Sim. NK. teni, Trajecti ad Rhenum, MDCCCLXY, commentaria. Edidit pp. 229-230. Simezien /n Aristotelis de Caelo 1. L. Meiberg, p. 513). — Les commentaires sur la Physique el Berolini MDCCCLXXXXIV, sur le De Celo d'Aristote rédigés à Athènes, au vie siècle de notre ère, par Simplicius, sont une mine inépuisable de renseignements précienx, Simplicius résume ou cite lextnellement une foule d'onvrages aujourd'hui perdus. L’exactitude de ces résumés et de ces citations est garantie par la très grande valeur intellectuelle du cominenlaleur. 3. UnaLcion Commentarios in Timerum Platonis, § (Fragmenta philosophoraum grecoran, Collegit WF. Mullachins. Vol. Il, p. 209: Paris, Ambroise ‘irmin-Didot). 4. Srosæi £clogæ physicw, |, 22; éd. Meineke, p. 134. 5. STOBÉE, loc. cil.

Seite 11

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
IQUE firmer sur ce point le renseignement qu'Aristote nous a donné ; il nous apprend que Philolaüs admettait l'existence d'un autre feu suprème, entourant le Monde. L'espace compris entre le feu central et le few d'en haut (002 nue) était partagé! en trois domaines concentriques. La région la plus élevée, la plus voisine du feu supérieur, recevait le nom d'Olympe (‘Ovyzos); là, les éléments se trouvent à l'état de pureté parfaite; c'est là, sans doute, que Philolaüs plagait les étoiles fixes. Au-dessous de l'Olympe, s'étend le Monde (Késuos) ; lorsqu'au travers du Monde, on descend du feu suprême vers le feu central, on rencontre d'abord les cing planètes, puis le Soleil, enfin la Lune. Tous ces astres tournent autour du fen central, dont ils regoivent le mouvement. Le Soleil west pas lumineux par lui-même; c'est une masse transparente comme le verre qui reçoit Villumination du feu d’en haut et la renvoie vers nous ?. Au-dessous du Monde’ entre la Lune et le feu central, s'étend la région que Philolaüs nomme le Ciel (Odgzvós); « c'est en cette région que se trouvent les choses soumises à la generation, apanage de ce qui aime les transmutations. — “Ey @ 7% © Ss quiope 662.0 ws». En ce système de Philolaüs, nous voyons s'affirmer un principe que l’Astronomie platonicienne gardera jalousement, que l’Astronomie péripatéticienne modifiera pour le renforcer, et qui, à de bien rares exceptions près, s'imposera à tous les physiciens jusqu'aux temps modernes. Ce principe consiste à établir une opposition radicale entre la région sublunaire et la région qui s'étend depuis Ja Lune jusqu'aux confins de l'Univers. Les corps qui se trouvent au-dessus de la Lune sont formés de feu pur ou d'éléments purs. Comme, en la substance de chacun de ces corps, il n'y a aucun mélange d'éléments divers, il n'y a, non plus, aucune aptitude à Valtération ni au changement ; chacun de ces corps est immuable ; il est, dès lors, éternel; il wa pas été engendré et ne saurait périr. Les corps sublunaires, an contraire sont tous des mixt ; en chacun deux, les éléments sont mélangés en proportion variable ; gy loe. vil. 2. Pseuno-PLUTAROUE, De placitis philosophorum lib. U, cap. NX; — Srosxr Ecloge physica, 1. 23. — Nemsas Tatu /sagoge in Pheenomena (Prravn Uranologia, p. 138). 3. Stonau Z'clogæ physicæ, |, 22; éd. Meineke, pp. 134-135,

Seite 12

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
ces mélanges sont sujets aux changements et aux transformations de toutes sortes: ils sont Soumis à la génération et à la destruction. I convenait de signaler dès maintenant, alors que nous commençons à les distinguer, les premiers linéaments de cette doctrine dont nous aurons à constater, au cours des siècles, la durable fortune et la tyrannique emprise Pénétrons en l'Obozv6s, en la région de la génération et du changement; nous y trouvons la Terre. La Terre tourne, d'Occident en Orient, autour du feu central; ce mouvement est dirigé comme les mouvements du Soleil et des autres astres errants, mais il ne se fait pas dans le même plan que ces derniers; la succession des jours et des nuits s'explique par les positions diverses que la Terre et le Soleil prennent, lun à l'égard de l'autre, en leurs révolutions autour de ‘Estia. Que telle soit bien, au sujet du mouvement de la Terre, la pensée de Philolaüs, des témoignages multiples nous en donnent l'assurance. Le faux Plutarque * dit que la Terre décrit autour de ‘Esziz un cercle oblique (sarà #5#h05 ).9209), mais dans le même sens que le Soleil et la Lune. Au De Calo, Aristote nous apprend? que, selon les Pythagoriciens, « la Terre est nn des astres, et qu'elle tourne en cercle autour du centre, produisant ainsi le jour et la nuit». Il s'exprimait plus explicitement encore en son écrit Sur les doctrines pythagoriciennes, dont Simplicius nousa gardé ce passage * : « Les Pythagoriciens disaient que la Terre devait être comptée au nombre des astres, qu'elle se mouvait autour du centre, ce qui changeait sa position par rapport au Soleil et produisait le jour et la nuit..... Hs nommaient la Terre da caverne ("Avzgov) ; ils la re US daient comme l'instrument même du temps; c'est elle, en effet, qui est la cause des jours et des nuits ; la partie de la Terre qui est tournée vers le Soleil et illuminée produit le jour; la partie, lui la mème face, celle qui se trouve aux antipodes de la ré Scion. habitée ; il en résulte que la vue de ce feu central est constamment dérobée aux humains. 1. Pseuno-PLuTARQUE, De placitis philosophorum lib. I, cap. Nil, x 2. Aristote, De Celo lib. II, cap. NH (Arıstoreuis Opera, ed. Firmin-Didot, t. IL, p. 403 ; éd. Bekker, vol. Il, p. 293, col. a). 3. SimpLicii Commentarii in Aristotelis De Celos ten, p. 229; éd. Heiberg, pp. 511-512), in lib. IL cap. NIH (Ed. Kars-

Seite 13

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE HELLEMQUE Il est également un astre que l'épaisseur mème de la Terre cache sans cesse aux veux des hommes; c'est V’Anzi-terre ou Autichthone (Avziydwv). Voyons comment Philolaüs avait été conduit à postuler l'existence de ce corps. Avec toute l'École pythagoricienne, il admettait, nous l'avons vu, que «les nombres sont la cause permanente de tout ce qui arrive dans le Monde ». Or, pour les Pythagoriciens, le nombre Dix était le nombre parfait: aussi Philolaüs voulait-il que dix corps célestes du des étoiles tournassent autour fixes, les cing planètes, enfin fournissaient feu central; la le Soleil. la Lune, sphère la Terre neuf corps sidéraux: il en fallait un dixième, d'où l'hypothèse de l'Anti-terre. Que la pensée de Philolaüs ait bien suivi une telle démarche, nous le savons par des témoignages multiples. Il semble aux Pythagoriciens, dit Aristote en sa Metaphysigue', que Dix est un nombres parfait et qu'il comprend en lui-même toute la nature des nombre; ils affirment que dix est le nombre des corps qui sont müs dans le Ciel ; et comme, seuls, neuf te corps nous apparaissent, à titre de dixième, ils ajoutent lAntichthone. » Alexandre d’Aphrodisias, commentant ce passage de la Métaphysique, Gerit plus explicitement * Les Pythagoriciens réputaient que Dix était un nombre parfait; d'autre part, > les phénomènes leur montraient I que neuf est le nombre des sphères en mouvement, savoir les sept sphères des astres errants, la huitième qui est celle des étoiles fixes, et la neuvième qui est celle de la Terre; ils croyaient, en Terre se meut en cercle autour du effet que la foyer fixe de l'Univers qui, selon eux, est constitué par le feu : ils ajontaient done, en leurs doctrines, une sorte d'Anti-terre : ils supposaient qu'elle se meut toujours à Popposé de la Terre, et ils pensaient que, par cela même, elle demeure toujours invisible. Aristote parle encore de ces choses aux livres Du Ciel et, avec plus de details, en son écrit Sur les doctrines des Pythagori ens.» C'est en se référant à cet ouvrage Sur les doctrines des Pythagoriciens que Simplicius * nous donne des renseignements qui con3 cordent avec les précédents : ARISTOTE, Wélaphysique, livre I, ch. Y (AristoreLis Opera, Firinin-Didot, UI, p. 479; éd. Bekker, vol. Il, p. 986, col. a). 2. éd. Ambroise ALEXANDRE APHRODISIENSIS /u Asistolelis eee commentaria. Edidit el Hayduck. Berolini, 18915 in lib. I cap. Y, pp. 40-41. ampLicn Ju Aristotelis De Calo libros eeyin lib. HI cap. XIM Carsten, pp. 228-229; éd. Heiberg, pp. 411-512).

Seite 14

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
« Les Pythagoriciens disent que la Terre n'enveloppe pas le centre du Monde ; au milieu de l'Univers, ils placent le feu ; aussi, elle qui, l'Antichthone affirment-ils, meut, se feu du autour est une terre, mais que l'on nomme Anti-terre parce qu'elle se trouve à l'opposé de eette Terre-ei. Après PAntichthone vient notre Terre qui, elle aussi, tourne autour du centre; après la Terre vient la Lune. Voici, en effet, ce qu'Aristote Tui-même conte vers la fin des Pythagoriques : « La Terre, qui se comporte comme un des astres, se meut rd du Soleil produit le » autour du centre et sa disposition à Fe » jour et la nuit. L'Anti-terre se meut aussi autour du centre, en » suivant la Terre. Nous ne la voyons pas, parce que la masse de » la Terre se trouve toujours entre elle et nous. « Ce qu'ils affirment là », poursuit Aristote, « ils n'y parviennent » pas en cherchant, comme il convient de le faire, les raisons et les » causes des phénomènes; mais, au contraire, ils sollieitent les » phénomènes dans le sens de certaines opinions el raisons qui » leur sont propres; ils s'efforcent de les adapter à ces opinions, » ce qui est inconvenant au plus haut degré. » Admettant, en effet, que le nombre Dix est un nombre par» fail, ils ont voulu élever jusqu'à dix le nombre des corps qui se » meuvent en cerele. Selon ce désir, la sphère des étoiles fixes » leur donnant un premier corps, les astres errants sept autres » corps et notre Terre encore un, ils ont complété la dizaine au » moyen de l’Antichthone. » Tous ces textes, el d’autres encore que nous pourrions emprunter à Stobée ou au De placitis philosophorum, s'accordent à nous apprendre que l’Auti-terre est plus voisine du feu central que la Terre, ls s'accordent également à affirmer que l'Anti-terre tourne en même temps que la Terre, de telle sorte que les habitants de cette dernière, logés sur l'hémisphère qui ne peut apercevoir le foyer central, soient également incapables de voir PAnti-terre. En sa rotation autour du foyer, l’Autichthone suit la Terre de manière à se trouver toujours en eonjonetion ou toujours en opposition avec elle pour un observateur qui se trouverait au centre du Monde. De ces deux hypothèses, quelle est celle qu'admettait Philolaüs ? Le nom même d’Anti-terre (Avs) donné à l'astre hypothétique éveille l'idée que, trouvait toujours par rapport au foyer, cet astre se à l'opposé de la Terre. Le texte suivant du Pseudo-Plutarque' semble confirmer cette supposition : 1. Pseupo-PLUTARQUE, De placitis philosophorum DUHEM lib. HI, cap. XI.

Seite 15

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE HELLÉNIQUE « Philolaüs le Pythagoricien disait que le feu se trouvait au milieu du Monde, car il était le foyer de l'Univers; en second lieu venait l’Anti-terre ; puis, en troisième lieu, la Terre que nous habitons; elle se 1) et sa trouve placée du côté opposé révolution eutoure [celle de] PAnti-terre ; sulte que les habitants de chacune de ces deux terres ne peu vent ètre aperçus de ceux qui se trouvent en l'autre. » Il est naturel de penser que la région habitée de l’Anti-terve, comme la région habitée de la Terre, est celle que le feu central wéchanife pas; dès lors par rapport à ee feu central, il faut que la Terre et l’Anti-terre soient sans cesse en opposition, si Pon veut que les habitants de chacun de ces deux astres ne puissent jamais apercevoir l’autre astre. Il est vrai que le faux Plutarque ne nous dit pas que les habitants de PAntichthone ne puissent apercevoir la Terre ; il nous affirme seulement qu'ils ne sauraient apercevoir les habitants de la Terre. Encore qu'il eût imaginé VAntichthone afin de porter à dix le nombre des corps qui tournent autour du feu central, Philolaüs devait chercher, parmi les phénomènes astronomiques, quelque indice qui révélat existence de ce corps invisible. Il erut trouver cet indice dans les éelipses de Lune. de Il remarqua qu'en un lieu donné de la Terre, les éelips Lune visibles sont plus fréquentes que les éclipses de Soleil ; il erut nécessaire, pour expliquer ce phénomène, d'invoquer d'autres éelipses de Lune que celles qui sont produites par la Terre ; ces éclipses supplémentaires, il les mit sur le compte de VAntiterre. Ce point de la théorie philolaique est encore un de ceux au sujet desquels les temoignages abondent. Au De Cielo, Aristote nous dit? : « Certains croient qu'il peut exister des corps qui tournent autour du centre et que l'interposition de la Terre rend invisibles pour nous. À l'aide de cette supposition, ils expliquaient que les éelipses de Lune fussent plus nombreuses que les éclipses de Soleil ; ils disaient que les éelipses de Lune étaient produites non seulement par l'ombre de la Terre, mais encore par l'ombre de ces corps supposés ? ». cette question, ’Antichthone est-elle en conjonction ou eu opposition 1, Sur re par rapport au feu central, Bæekh est demeuré dans le doute avec la (Becki, Vom Philolaischen Weltsystem; addition datée de 1863-1864 et insérée dans Backn’s, Gesammelte kleine Schriften, BA. ill, pp. 320-342). 2. Arıstote, De Qelo lib. Il, cap. XIII (Anıstoteuis Opera, éd. Firmin-Didot, . Bekker, vol. I, p. 293, col. DE t. II, p. 402 3. Cette explication eut vogue même en dehors des écoles pythagoriciennes;

Seite 16

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
Stobée vient ict confirmer! le témoignage d'Aristote : « Selon l'histoire écrite par Aristote et l'affirmation de Philippe d'Oponte, certains Pythagorieiens attribuent les gelipses de Lune à l'interposition soit de la Terre, soit de VAnti-terre ». Ce Philippe d'Oponte, disciple de Platon, avait éerit sur les éelipses de Soleil et de Lune. Le Pseudo-Plutarque nous apprend ?, lui aussi, que, selon certains Pythagoriciens, les éelipses de Lune sont produites soit par la Terre, soit par l’Anti-terre. Dans le système de Philolaüs, la Terre n'occupe pas le centre du Monde; elle est à une certaine distance de ce centre autour duquel elle tourne ; toutefois Philolaüs et ses disciples n'hésitaient pas, en la plupart des questions astronomiques, à raisonner comme si la Terre se trouvait au centre de l'Univers. « Selon eux, nous dit Aristote *, la circonstance que la Terre à une distance du centre égale au rayon du cerele qu'elle dé t n'empêche pas les phénomènes de nous apparaitre comme si la Terre était au centre du Monde ; de même [dans le système que nous adoptons | maintenant, le fait que nous sommes à une distance du ecntre égale au rayon [terrestre] ne produit aucune différence sensible. » Cette explication supposait que la distance de la Terre au centre du Monde fat une grandeur comparable au rayon terrestre et que les distances de la Terre aux astres fussent des grandeurs beaucoup plus considérables, Plutarque (et non plus le Pseudo-Plutarque qui a éerit le De plaeitis philosophorum), Plutarque, disons-nous, nous apprend comment Philolaüs et ses disciples évaluaient ees diverses distances. « Beaucoup de philosophes, dit-il *, introduisent à ce propos les idées pythagoriciennes et procèdent distances à partir du centre. en triplant sans cesse les Prenant le [rayon duj feu comme unité, ils comptent 3 jusqu'à l’Anti-terre, 9 jusqu’à la Terre, 27 jusqu'à la Lune, St jusqu'à Mercure, 243 jusqu'à Vénus, 729 jusqu'au Soleil; ce dernier nombre est à la fois un carré et un cube; aussi nomment-ils le Soleil le carré-cube. Us obtiennent les autres distances par triplication successive. » Anaxagore admettait aussi que nombre d'éclipses de Lune étaient produites par l'ombre de certains corps qui uous demeuraient invisibles (Scnaurach, Geschichte der griechischen Astronomie bis auf Eratosthenes, p. 456). 1. Stone: Zeloge physica, I, 26; éd. Meineke, p. 153. Pseupo-PLutarque, De placitis philosophorum lib. I, cap. XXIX. Aristote, De Colo lib. M, cap. XNI (Arıstoreuis Opera, éd. Ambroise Firmin-Didot, vol. II, pp. 403-404; éd. Bekker, vol. II, p. 293, col. b). 4. Prurarque, De anime procreatione in Timæo Œuvres, éd. Firmin-Didot, pp. 1257-1258). cap. XXXI (Pruranour,

Seite 17

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE HELLENIQUE De telles distances conviennent mal à l'explication qu’Aristote a rapportée ; le rayon de l'orbite lunaire n'est que le triple du rayon de l'orbite terrestre; les phénomènes lunaires vus de la Terre seraient singulièrement différents de ceux que l'on observerait du centre du Monde. De plus, Mercure et Vénus sont ici placés entre la Lune et le Soleil ; les autres textes s'accordent à nous dire que Philolaiis placait les cinq planètes au-dessus de la Lune et du Soleil. Peut-être, done, serait-il imprudent d'attribuer à Philolaüs les évaluations que Plutarque nous rapporte au sujet des distances des divers astres au centre du Monde. Eu ce système de Philolaiis, un dernier point mérite éclaircissemeut. La sphère des étoiles fixes y est constamment comptée au nombre des dix corps qui tournent autour du feu central ; cette sphère n'est done pas regardée comme immobile: un certain mouvement lui est attribué. Bœekh avait cru pouvoir couclure de là! que Philolaüs connaissait le phénomène de la précessi on des équinoxes ; le même auteur a, d’ailleurs, renoncé plus tard à cette opinion. que Th. 1H. Martin a complètement réfutée ?. Néanmoins, il parait certain que Philolaüs attribuait à la sphère étoilée une certaine révolution autour du centre du Monde, révolution orientée comme celles des astres errants mais, vraisemblablement, plus lente que celle-ci. Le jour sidéral n'était done pas égal à la période de la révolntion de la Terre autour du Foyer ; il était un peu plus long. Cette lente révolution du Ciel étoilé fut sans doute conservée par les Pythagoriciens postérieurs à Philolaüs qui remirent la Terre au centre du Monde, mais en lui donnant un mouvement de rotation autour de son axe ; en effet, Ptolémée constate * que, parmi eux, certains adınettent «me cette rotation de la Terre est accompagnée d'une rotation du Ciel autour dn mème axe, ces deux rotations étant tellement accordées que les rapports de la Terre et du Ciel soient sauvegardés. Tel est ce système de Philolaüs, dont les auteurs les plus divers é de menus fragments et que la patience des érunous ont conse dits est parvenue à reconstituer. « Si on l'apprécie comme il con1. Beckn, Philolaos des Pythagoræers Lehren, Berlin, 1819, p. 118. 2. Tu.-H. Martin, Mémoire sur cette question : La précession des équinoxes a-t-elle été connue des Égyptiens ou de quelque autre peuple avant Hipparque ? Ch. IL, $ 2. Paris, 1869. à £mée, Composition mathématique, livre I, ch. VI; trad. Malma, , L Si 1813. — Cuaubn ProLemari mathematica, MDCCCLAXXAVII. A’, ©, p. 24. Edidit J. L. Opera quae exstant omnia. Heiberg. Pars I. Lipsiae,

Seite 18

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
vient, dit G. Schiaparelli!, en le reliant aux dogmes fondamentaux de la Philosophie pythagoricienne, il apparaitra certainement comme l'une des plus heureuses inventions du génie humain. Et cependant, certains auteurs modernes, incapables de se transporter par la pensée à ces temps où toute la science était à créer à partir des fondations, en ont parlé avee mépris; ils Pont soumis aux mêmes règles de critique que s’il s'était agi de juger une œuvre scientifique actuelle. Ceux-là ne sont pas dignes de comprendre la puissance de spéculation qui était nécessaire pour joindre ensemble l'idée de la rotondité de la Terre, celle de son isolement dans l'espace, et celle de sa mobilité ; et pourtant, sans ces ide s, nous n'aurions eu ni Copernie ni Kepler ni Galilée ni Newton. » Ce système a eu, dans les temps modernes, une singulière fortune. Parmi . les textes anciens qui lui ont suggéré ses hypothéses astronomiques, Copernic a cité, et à deux reprises, le passage du De placitis philosophorum où il est dit que Philolaüs considérait la Terre comme un astre et qu'il lui faisait décrire un cerele oblique autour du feu central. Il n’en a pas fallu davantage pour que nombre d'auteurs modernes fissent de Philolaüs l'inventeur de VAstronomie héliocentrique et l’avant-coureur de Copernic. Gassendi, dont l’erudition était habituellement mieux informée, fut le premier, en sa Vie de Copernic, à donner cours à cette légende : Ismaël Bouillaud en acerut la vogue lorsqu'en 1645, il intitula : Astronomia philolaica Vexposé du système héliocentrique qu'il voulait substituer à celui de Kepler; Riccioli, Weidler, Montuela, Bailly, Delambre répétèrent à l'envi cette erreur que tant de textes formels, et si aisément accessibles, suffisaient à condamner. Rien n'égale la rapidité avec laquelle se vépand l'erreur historique si ce n'est la ténacité qu'elle oppose aux tentatives de réfutation. IV HICETAS ET ECPHANTUS L’astronomie de Philolaus demeura sans doute longtemps en faveur dans les écoles qui suivaient les traditions de Pythagore. Lorsqu'Aristote discute cette doctrine, il l'attribue toujours non pointà Philolaüs, mais aux Pythagoriciens, « à ceux d'Italie » ; 1. G. SCHIAPARELLI, / precursori di Copernico nell’ Antichità ; loc: cit., p. 388.

Seite 19

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE HELLÉNIQUE ces expressions, aussi bien que le soin avec lequel le Stagirite réfute cette hypothèse, semblent prouver qu'elle comptait, de son temps, de nombreux partisans parmi les philosophes de la Grande Grèce. Elle en cut même après lui, car Simplicius nous apprend‘ qu’ « Archédème, qui vivait après Aristote, fut encore de cette opinion ». Pendant le temps qui s'écoula de Philolaüs à Aristote, les Pythagoriciens imaginèrent encore d'autres systèmes astronomiques d'où l'hypothétique feu central ct la non moins hypothétique Anti-terre se trouvaient exclus. L'un des systèmes qui se présenta ainsi à leur pensée est celui qui place la Terre au centre de PUnivers, mais la fait tourner d'Occident en Orient autour de l'axe du Monde, afin d'expliquer le mouvement diurne des astres. Copernic, cherchant à autoriser de l'avis des anciens son Astronomie nouvelle, cite ou invoque à deux reprises un passage des Académiques de Cicéron; voici ec passage? : « Au dire de Théophraste, Nicétas de Syracuse professe l’opinion que le Soleil, la Lune et toutes les choses célestes demeurent immobiles, et que rien ne se meut dans le Monde, fors la Terre ; celle-ci, tournant autour de son axe avec une extréme vitesse, produit les mêmes apparences que Pon obtient en supposant la Terre fixe et le Ciel mobile. Certains pensent que, dans le Tomée, Platon dit la même chose, mais d'une manière quelque peu plus obscure. » Accordons quelque attention au commentaire de ce texte. Le témoignage qu'il nous apporte mérite la plus entière confiance. Théophraste, le disciple préféré d’Aristote, avait écrit une Histoire de l'Astronomir en six livres; le troisième livre de sa tence il possédait pour parler des mouvements célestes. Cicéron emprunte done à Théophraste un renseignement sur les opinions d'un philosophe que la plupart des manuserits nomment tas; ce philosophe se nommait en réalité non pas Nicétas (Nezi, mais Hieétas (lzézas) ; Diogène de Laërte, le Pseudo-Plutarque son véritable nom ; Eusèbe le nomme ‘Teas. ie Ges nous ont conservé auteurs, confirmant le dire de Théophraste, nous apprennent que cet astronome était de Syracuse; ils nous apprennent aussi qu'il était pythagoricien; mais du temps où il vécut, ils ne nous disent 1. Sıneuicn /n Aristotelis de Colo libros commentarii (éd. Karstern, p. 229; éd. Heiberg, p. 513). 2. Cıceroxıs Quæstiones Academica priores, Il, 39.

Seite 20

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
mot, et rien qui ait.quelque probabilité n'a pu étre conjecturé par les modernes. Cicévon nous apprend, d'après Théophraste, que cet Hicétas, en donnant à la Terre un mouvement de rotation autour de son axe et lais sant tous les astres immobiles, expliquait tous les mouveen ments célestes. Cette manière de parler implique une impossibilité. L'erreur n'est assurément pas du fait de Théophraste ; eclui-ci n'était pas honune à penser que la rotation terrestre pit expliquer autre chose que le mouvement diurne. Elle ne peut être que du fait de Cicéron, soit que celui-ci, rapportant sommairement le dire de Théophraste, ait négligé le contexte qui expliquait une phrase ambigué, soit que la redondance coutumière à Porateur l'ait couduit à forcer la pensée de l'auteur grec. Nous pouvons, semble-t-il, regarder cette conclusion comme assurée : Le pythagoricien Hicétas de Syracuse expliquait le mouvement diurne des corps célestes par la rotation de la Terre autour de l'axe du Monde, mené par le propre centre de la Terre. Au sujet des doctrines astronomiques d'Hicétas, nous possédons encore quelques renseignements qui nous sont fournis par Diogéne de Laérte et par le faux Plutarque; mais ces témoignages s'accordent malaisément avec celui de Théophraste, dont ils n'ont pas la valeur. Diogène de Laërte rapproche lopinion d'Ili tas de celle de Philolaüs : « Philolaüs, dit-il', fut le premier à prétendre que la Terre se meut en cercle ; d'autres assurent que ce fut Hicétas de Syracuse ». Th. Il. Martin s'est efforcé de prouver * que l'expression se mouvoir en cercle (aveïshor 223. 49h07) pouvait s'entendre aussi bien du mouvement de rotation d'un astre autour d'un axe passant par son centre que d'une révolution autour d'un axe extérieur à sa masse ; en donnant à cette expression le premier de ees deux sens en ce qui concerne [licétas et le second en ce qui concerne Philolaüs, on concilievait les dires de Diogene de Laërte avee ce que nous savons, de source autorisée, touchant les doctrines de ces deux astronomes. Mais Diogène n'y mettait sans doute pas tant de finesse ; pour rapprocher les noms de ces deux philosophes. il lui a suffi d'une vague analogie entre leurs doctrines. 1. DIOGÉNE de Lairte, lib. VIII, cap. LXXXV (Vie de Philolans). 2. T.-H. Martin, Mémotres sur l'histoire des hypothèses astronomiques chez les Grecs et les Romains. Première partic : Hypotheses astronomiques des Grecs avant l'époque Alexandrine. Chapitre V, $ 2 (Mémoires de UV Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1. XXX, 2e partie, 1881).

Seite 21

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE HELLÉNIQUE Le texte du Pseudo-Plutarque semble établir un lien encore plus étroit entre le système d'Hicétas et celui de Philolaüs; le voici! « Thalès et ses successeurs disent qu'il y a une seule Terre; le pythagoricien Hicétas deux, celle-ci et l'Antichthone ». L'hypothèse de l'Antichthone est ici attribuée non pas à Philolaüs, qui n'est pas nommé, mais à Hicétas, ce qui est absolument incompatible avec les opinions de ce dernier, telles que Théophraste nous les a fait connaître. D'ailleurs, quelques lignes plus loin, en cette compilation du faux Plutarque, c'est Philolaüs, et non plus Hicétas, qui est nommé * comme principal auteur de l'hypothèse de l'Anti-terre. Bwckh* et Th.-11. Martin‘ ont conjecturé, avec beaucoup de vraisemblance, que le texte où le Pseudo-Plutarque nomme Ilicétas était untexte mutilé, et qu'il devaitse lire ainsi : « Thalès et ses suecesseurs disent qu'il y a une seule Terre ; Hicétas le pythagoricien, une; Philolaüs le pythagoricien, deux, celle-ci et l'Antichthone ». La répétition du mot rußzsyözeros a pu tromper le copiste. D'Ecphantus nous ne savons guère plus de choses que nous n'en connaissons d’Hicétas. « Fephantus était *, comme Ilicétas, un pythagorieien de Syracuse. Les fragments moraux, assez étendus, que Stobée nous a conservés sous le nom d’Eephantus sont certainement apocryphes ; mais Ja connaissance d'une partie de ses doctrines physiques nous a été transmise par des auteurs anciens. Elles offraient un mélange des doctrines des Pythagoriciens sur l'unité du Monde, sur sa forme sphérique, sur son étendue limitée et sur les mondes, avec les doctrines de Démocrite sur les atomes, et avec celles d’Anaxagore sur l'intelligence ordonnatrice. Ecphantus était done postérieur à Anaxagore et à Démocrite, et, par conséquent, on ne peut pas faire vemonter son époque au delà de la fin du ve siecle avant notre ère ou du commencement du ive ». I dut être à peu près contemporain de Platon. Si ce personnage nous est peu connu, en revanche des témoignages multiples et pré is nous apprennent qu'il expliquait le sen faisant tourner la Terre, d'Oceimouvement diurne des as dent en Orient, autour de l'axe du Monde. Héraclide du Pont et Jo Do 3. h 4. Ecphantus le Pythagoricien, dit Pseuno-P.uTARQUE, Deplacitis philosophorum lib. II, cap. IX. Pseuno-PLUTARQUE, De placitis philosophoram lib. HI, ‚cap. XI. kosmische System des Platon, Berlin, 18512, pp. 124-125. H. Mantiy, loc. 3. Th.-11. Martıs, loc.

Seite 22

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
Pseudo-Plutarque! font mouvoir la Terre, non pas d'un mouvement qui la fa > changer de place, mais comme une roue, autour de son propre centre, d'Occident en Orient. » Saint Hippolyte écrit de même ?: « Un certain Ecphantus de Syracuse dit que la Terre, milieu du Monde, se meut autour de son propre centre [de l'Occident] vers l'Orient. » Enfin Eusébe répète *, en l'explicitant, placitis philosophorum : « Méraclide du l'information du De Pont et Ecphantus de Syracuse font mouvoir la Terre, non pas d'un mouvement qui la fasse changer de place, mais d'un mouvement de rotation (<ger216), à la façon d'une roue qui tourne autour d'un axe, d’Occident en Orient, autour de son propre centre ». Entre le système de Philolaüs, qui fait tourner la Terre autour du feu central, ct le système des pythagoriciens Ilicétas Ecphantus, qui Ja font tourner sur elle-même, doit-on et voir un lien et peut-on établir une transition ? Giovanni Schiaparelli Pa pensé. Fort justement, il a fait remarquer * que les connaissances géographiques des Grecs s'étaient peu à peu étendues ; ils avaient pu converser aussi bien avec des Ibères des bords du Tage qu'avec des Indiens des rives du Gange, avec des insulaires de Thule ou des habitants de Taprobrana; nul des hommes qu'ils avaient pu rencontrer en la région accessible de la Terre n'avait jamais vu VAntichthone ni le feu central se lever au-dessus de l'horizon ; force fut done aux Hellènes de reléguer ces deux corps dans le domaine de la fantaisie. Mais en renongant au système de Philolaüs, les pythagoriciens en retinrent tout ce qu'ils en pouvaient conserver sans absurdité manifeste. « Hs conservèrent done au feu central sa position et sa mission viviticatrice; mais de la Terre et de l’Anti-terre, ils firent les deux hémisphères d'un astre unique; au centre de cet astre, centre immobile et identique au centre du Monde, fut placé le foyer de l'Univers. » En ce foyer, résidait le principe moteur de toutes les sphères: la Terre, qui en était tourner autour de plus voisine que fout autre corps, devait ec foyer avec la rapidité la plus grande; on attribua done à la Terre le mouvement diurne autour des poles de l'équateur. » 1. Pseuno-PLUTARQUE, De placitis 2. L'ouvrage de saint Hippolyte hilosophorum lib. HI, cap. XII. dont nous parlons ici est souvent attribué à Origene sous le titre : OriGENIS Philosophumena sive omnium hæresium refutatio ; [ozone Opera omnia, accurante Mione, t. VI, pars HI, lib. I, cap. XV (Patrologiæ græcæ tomus XVI, pars III) coll. 339-340]. 3. Eustsn Praparatio Evangelica, lib. XV, cap. LVII, A. GIOVANNI ScHIAPARELLI, Op. cit., pp. 402-405,

Seite 23

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
LA COSMOLOGIE HELLENIQUE Au temps d’Aristote, cette transformation du systeme de Philolaüs était déjà un fait accompli, dans les écoles pythagoriciennes ; dans ces écoles, semble-t-il, ceux qui tenaient encore pour le teme de Philolaüs avaient la réputation d'hommes arriérés ; c'est du moins ce que nous devons conclure d'un texte! où Simplicius nous rapporte ce qu'Aristote disait en ses Pythagoriques. Simplicius vient d'étudier, d'après cet ouvrage, le système de Philolaüs; il poursuit ainsi : « Aristote a exposé en ces termes les :dées des Pythagoriciens ; mais ceux [d'entre eux] qui ont reçu en partage une connaissance plus exacte des ces choses (ol 63 yunswssp1v 2070 perss94325) placent au milieu le feu, doué de la puissance créatrice (Snprovpyian, Govau1s); de cette position centrale, le feu vivifie toute la Terre et réchauffe ce qui, en elle, s'est refroidi. C'est pourquoi les uns le nomment la tour de Jupiter, comme Aristote le dit en ses Pythagoriques, d'autres le poste de Jupiter, comme cet auteur le rapporte en ces livres-ci [le De Calo], d'autres encore le tröne de Jupiter, selon ce que nous content certains écrivains. » Ils disent que la Terre est un astre en ce sens qu'elle est l'instrument [de la mesure] du temps ; elle est, en effet, la cause des jours et des nuits; en celle de ses parties que le Soleil illumine, elle produit le jour, en l’autre partie, qui se trouve au sein du cone d'ombre qu'elle engendre, elle produit la nuit. Ges Pythagoriciens donnent le nom d’Anti-terre à la Lune ; ils la nomment également terre éthérée, parce quelle peut intercepter la lumière du Soleil, ce qui est le propre de la Terre, et aussi parce qu'elle est la limite inférieure de la région céleste comme la Terre est la limite inférieure de Ja région sublunaire. » Peut-être trouverait-on que ce texte n'est pas assez explicite ; peut-être lui reprocherait-on de ne pas dire assez nettement que le centre (6 péso») où se trouve le feu est à la fois le centre du Monde et le milieu de la Terre; de ne pas affirmer assez clairement que la rotation de la Terre est la cause des jours et des nuits. Tout doute à cet égard sera levé par un second texte; ce nouveau texte émane d’un scholiaste dont le nom nous estinconnu; mais, assurément, ec scholiaste puisait aux mêmes sources que Simplicius ; voici ce qu'il nous dit *: « Les Pythagoriciens enseignent que le feu créateur se trouve 1. SimeLicn /n Aristotelis libros de Calo commentarit, in lib. M cap. XUL; éd. Karsten, p. 229; éd. Heiberg, p. 512, 2. Braxbis, Scholia in Aristolelem, pp. 504-505 (Arıstoreuis Opera. Edidit Academia Regia Borussica. Vol. IV).

Seite 24

Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)
autour du milieu et du centre de la Terre ( a elvas Onmoupndr PAS vais); c'est lui qui réchauffe la Terre 4 l'anime, c'est lui qui maintient l'ordre à sa surface. Us disent que la Terre est un astre en tant qu'elle est un instrument [du temps]. Pour eux, l'Anti-terre est identique à la Lune. Hs la nomment une terre éthérée; l'Univers ayant été divisé en douze parties, ils prennent les trois éléments pour la composer. Cet astre qui est en mouvement (10330 62 39 25550 Sepöpevov) » — c'est à la Terre que revient notre scholiaste, après avoir parlé de la Lune — « Cet astre qui est en mouvement fait la nuit et le jour; la nuit, en effet, provient du cone d'ombre qu'il projette derrière lui; le jour est en la région de la Terre qui est éclairée par le Soleil. Pour ces raisons, ils ont nommé le feu tour et poste de garde de Jupiter ; ils l'appellent aussi demeure de Vesta (Mozizs stzos) et trône de Jupiter; le centre, en effet, est le siège des puissances conservatrices de ces dieux et la cause de l'union entre les parties de l'Univers ». Parmi ces Pythagoriciens, mieux informés que les sectateurs de Philolaüs, dont Simplicius et le scholiaste anonyme viennent de nous faire connaitre les doctrines, il nous faut sans aucun doute * Hicétas et Ecphantus; ils étaient de ceux, en effet, qui ne mettaient pas la Terre hors du centre du Monde, pour la faire tourner autour d’un feu allumé en ee centre; ils la faisaient tourner sur elle-même, mais il est vraisemblable qu’en la masse de ce corps, ils enfermaient le feu central. Les divers textes cités en ce Chapitre représentent à peu près tout ce qui nous est parvenu de l’enseignement astronomique donné par les Écoles de la Grande Grèce; ce sont documents bien fragmentaires, au moyen desquels il est fort malaisé de reconstituer les diverses doctrines professées par les Pythagoriciens au sujet des mouvements célestes, et de deviner comment ces doetrines ont pu dériver les unes des autres. Le peu que nous savons, toutefois, des systèmes élaborés par les Pythagoriciens pour rendre compte des mouvements célestes suffit à éveiller en nous l'étonnement et l'admiration ; on demeure surpris de la fécondité et de l'ingéniositó de la pensée hellénique ; à peine cette pensée se trouve-t-elle aux prises avec le problème astronomique, qu'elle en multiplie les essais de solution et qu'elle l’aborde par les voies les plus diverses. Tandis que nous continuerons à parcourir l'histoire de PAstronomie grecque, ces sentiments d'étonnement et Vadmiration ne cesseront de grandir.