Pythagorisme et encyclopedisme chez Varron

Autor
Lehmann, Y.
Erschienen in
Le pythagorisme en milieu Romain: actes du colloque
Jahr
1998
Thema
VARRON
Sprache
Français
Kategorie
C1 General
Archivnummer
7255

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PP NEPC EEE ARS MAN TR PAT EEE) Je LEHMANN, Yves. - Pythagorisme et encyclopéd isme chez Varron. Le pythagorisme en milieu romain (—+ 70-04453) 81-88. _{70-06239 A, Le pythagorisme en milieu romain : actes du colloque éd. par Charles Marie TERNES ; avec la collab. de Yves LEHM ANN et Gérard FREYBURGER. Luxembourg : Centre Alexandre-Wiltheim, 1998. 125 p. (Études luxembourgeoises d'histoire et de littérature romaine : 2). + Actes des sixièmes rencontres scientifiques de Luxembourg. > 70-00321, 70-00 70-13636. 331, 70-00987, 70-04448, 70-06239, 70-06329,

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siècle (cf. A. Momigliano, 'Studi sugli ordinamenti centuriati', dans SDHI, 4, 1938, pp. 509-520 = Id., 'Quarto Contributo', Rome, 1969, pp. 363-375); or, en arithmologie pythagoricienne, le nombre cinq est contenu dans le nombre trois; sur le traditionnel scepticisme des chercheurs en matière d'arithmologie pythagoricienne, voir les remarques de P. Lévêque et P. Vidal-Naquet, "Clisthène l'Athénien', p. 91, ainsi que leur mise en garde devant ce qui est bien souvent de la ‘paresse intellectuelle’ et un Yves LEHMANN Mulhouse refus des modernes d'accepter les structures mentales des anciens. 91 C'est la thèse "minimaliste" soutenue par L. Loretto, dans A&R, 36, 1991, pp. 181203. Pythagorisme encyclopédisme chez Varron

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auprès de son protecteur Pompée la place de confident et de conseiller -allant jusqu' à rédiger à l'intention de l’imperator romain, consul désigné pour la première fois, un aide mémoire d'initiation sur la présidence du sénat: “Cn. Pompeio consulatus primus cum M.Crasso designatus est. Eum magistratum Pompeius cum initurus foret, quoniam per militiae tempora senatus habendi consulendique, rerum expers urbanarum fuit, M.Varronem familiarem suum rogauit uti commentarium faceret elôaycoyikôv (sic enim Varro ipse appellat) ex quo disceret quid facere dicereque deberet cum senatum consuleret (9).” A la fois historien, théologien, grammairien, juriste, agronome, Varron passe avec raison pour le premier encyclopédiste romain soucieux d'embrasser et d'ordonner, dans un système très hiérarchisé, l'ensemble des connaissances humaines (1). On ne manquera effet pas d' expliquer un idéal cognitif aussi ambitieux par l'influence de la philosophie de Pythagore alors renaissante.(2) Faut-il rappeler en effet que le Maître de Samos croyait au caractère universel de la science comme le prouve son intérêt pour les spéculations mathématiques, astronomiques, harmoniques, physiques, médicales, mais également morales et religieuses (3) ? Or on connaît l'importance des rapports de Varron avec le pythagorisme, sa foi en une religion astrale, recherches sur la signification et la fonction ésotériques du langage, propension au mysticisme arithmologique -sans oublier l' ébauche d'une politologie hautement spiritualiste(4). Il n' est donc pas interdit d'admettre que le projet encyclopédique du Réatin ressortit, lui aussi, à la doctrine pythagoricienne et à sa conception d'une culture totale, ne négligeant aucun secteur de l’activité intellectuelle. Et de fait, dans ses ‘Disciplinarum libri IX° (5:) le Réatin s' est efforcé de définir les cycles éducatifs du savoir et les disciplines libérales qui le fondent. Car, même si un certain flou entoure tant le contenu que le plan exacts de ce traité(6), on peut raisonnablement induire que Varron y a disserté non seulement de médecine (au livre VII) et d'architecture, mais en somme de tous les arts dignes d' être étudiés par un homme de condition libre -c' està-dire très vraisemblablement de jurisprudence, d'agriculture, de philosophie, d'art militaire ainsi que de toute matière incluse dans les futurs schémas du triuium et du quadriuium(7). 11 reste que la principale originalité de l' encyclopédie varronienne tient à ce qu' elle regroupait aussi bien des sciences qui s'apprennent par pur raisonnement que d' autres impliquant le recours à l' expérience et à la pratique, Mais si le grand dessein scientifique et culturel de Varron tel qu' il apparaît dans les ‘Disciplinae”- s' explique par le pythagorisme du penseur de Réate, la même analyse se vérifie pour bon nombre de thèmes d' étude spécifiques. C' est ainsi que l' insistance sur le rôle parénétique de l’intellectuel dans la cité -et que vient illustrer l'’Isagogicum’ adressé à Pompée- constitue indubitablement un héritage de le sagesse pythagoricienne. On se rappelle l'entretien savant qu'aurait eu Pythagore luimême avec Léon, le tyran de Phlionte, et au cours duquel il aurait défini le philosophe comme un homme de contemplation au service des hommes d' action (8). I1 se trouve que Varron -esprit méditatif lui aussi- a cherché à tenir La valorisation du rôle cathartique de la musique dans l’ institution des enfants -objet partiel du logistoricus ‘Catus de liberis educandis’(10)- représente un autre emprunt à la pensée philosophique de Pythagore. On sait en effet l” importance que le Samien accordait dans son système pédagogique à 1' l'apprentissage de la musique- grande purificatrice de l’âme humaine(11). Attentif aux problèmes de l’éducation- c’est-à-dire de la découverte progressive par un être donné, avec sa nature et sa sensibilité personnelles, du chemin des autres- Varron entendait promouvoir une formation des hommes résolument moderne et qui implique la maîtrise des sciences et des arts -en particulier de la musique: “omnes enim qui locuntur habere debent quosdam melos”(12). D' où chez le Réatin, par extrapolation, le procès de l’ancienne éducation romaine -trop répressive à ses yeux- au nom d' une pédagogie authentiquement libérale fondée sur le plaisir d'apprendre: ‘remotissimum a discendco, formido ac nimius timor et omnis perturbatio animi: contra delectatio protelat ad discendum"(13). + L' intérêt pour les curiosités naturelles des trois règnes minéral, végétal et animal -qui. occupe assez largement le logistoricus “Gallus de admirandis(14)trahit également une inspiration pythagoricienne assurée. Car nul n' ignore que la connaissance des secrets de l'univers figure au premier plan des préoccupations intellectuelles du savant grec(15). Et de fait l’enquête de Varron relative aux ‘elementa mundÿ(16), sa tentative d'élucidation des mystères de la nature comme Charybde et Scylla(17), le rappel des propriétés abortives de certains vins(18) ou encore les considérations zoologiques sur telle variété particulière de poisson physostome (19) traduisent une volonté bien établie de comprendre les différentes merveilles de la création en pénétrant leurs arcanes. Du reste, l’imprégnation pythagoricienne de cet opuscule est si dense que d' aucuns (20) n' ont pas hésité à y voir la source du discours qu' Ovide prête à Pythagore au 15e livre des ‘Métamorphoses* et où le penseur de Samos expose sa doctrine physique -articulée autour d'une réflexion générale sur l’origine du monde et les principes des choses et qui se prolonge par un essai d' explication des phénomenes atmosphériques ou telluriques les plus surprenants, voire l’allégorisme cosmogonique qui encadre un autre logistoricus, le ‘Tubero de origine humana’ consacré à la genèse de l” homme "fils du Ciel et de la Terre” (22)- dénote, lui aussi, l’enseignement néopythagoricien orphique. En effet la comparaison respective du ciel, de la terre et de la zone aérienne intermédiaire à la coquille, au jaune et au blanc d' un oeuf “czelum ut testa, item ut uitellum terra: inter illa duo quasi ikuäs inclusus aer in suo calor” (23) -renvoie immanquablement aux croyances des orphiques relatives à 1'Oeuf primordial, symbole dans leur philosophie: religieuse de la puissance créatrice qui contient tout en elle-même(24). On sera particulièrement attentif à la signification dynamique de cette représentation imagée de l’univers où domine une force de vie humide et chaude dénommée ikuds en grec, c' est-à-dirs le suc nourricier qui gonfle, fait croître le cosmos et

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ses composantes(25). Du reste le vitalisme inhérent à une telle phénoménologie de la matière animée transparaît jusque dans l’étymologie du mot huius ‘uitellum’ désignant figurément l'élément chthonien: ‘itellum appellatum quia generet uitalia’(26) -tant il est vrai que Varron, à la suite de ses guides spirituels, croit en l'existence d' une humeur cachée et diffuse qui favorise le développement équilibré de l” ensemble de la création. + Mais c'est dans le domaine des sciences médicales que l'impact du pythagorisme se révèle le plus sensible - témoin la doctrine des deux gestations (celle de sept mois et celle de dix mois) que Varron développe toujours dans le logistoricus ‘Tubéron de 1' origine des hommes’ : “Pythagoras autem quod erat credibilius dixit partus esse genera duo, alterum septem mensum, alterum decem, sed priorem aliis dierum numeris conformari, aliis posteriorem. Eos uere numeros, qui in unoquoque partu aliquid adferunt mutationis, dum aut semen in sanguinem aut sanguis in carnem aut caro in hominis figuram conuertitur, inter se conlatos rationem habere eam quam uoces habent quae in musica sumphonoi uocantur”(27). La problématique de ce texte est constituée par une théorie générale de l’accordement appliquée à l’embryologie -d' après laquelle la croissance du foetus comporterait plusieurs phases bien précises ayant entre elles des rapports de consonance. Tant il est vrai que pour l’érudit romain l'assimilation du processus de la grossesse à une mélodie ne fait que transposer sur le plan médical une conviction profonde -à savoir que la nature entière est régie, comme la musique, par la loi des nombres et qu’ une seule et même harmonie préside à l’ensemble des phénomènes physiques. + Autre legs philosophico-médical des pythagoriciens: l’hygiénisme diététique (28). Voici ce que Varron a écrit -une fois encore dans le logistoricus ‘Catus de liberis educandis- sur la nécessité de soumettre les enfants impubères à un régime alimentaire très strict: “pueros impubes compertum est, si plurimo cibo nimioque somno uterentur, hebetiores fieri ad ueterni usque aut eluci tarditatem, . corporaque eorum improcera fieri minusque adolescere” (29). Ultime écho de la médecine pythagoricienne dans l’oeuvre de Varron: la théorie des âges de la vie fondée sur une division de l’existence humaine en cinq périodes quindécennales: “quinque gradus aetatis aequabiliter putat esse diuisos, unumquemque scilicet praeter extremum in annos XV” (30) -et que le Réatin a vraisemblablement élaborée à partir des travaux de biochronologie de l’école médicale de Crotone (31). & A la base de ces spéculations arithmologiques visant à décomposer le cours normal. d'une vie en cycles de 15 ans- on trouve toute une mystique des nombres: 3 et 5. De fait pour les pythagoriciens la Triade premier impair, symbolise la réconciliation de la Monade et de la Dyade sous la forme d'une harmonie universelle (32). Quant à la Pentade -qui réalise l’union entre le premier pair, féminin, Deux, et le premier impair, masculin, Trois., elle joue chez eux un rôle cosmique évident en raison de son assimilation à l' âme et de la parenté de cette dernière avec le monde (33). On ne saurait donc méconnaître -et les excursus médicaux cités l’attestent- 1 l'engouement du Réatin pour l’arithmologie pythagoricienne. Il convient de signaler ici l'existence d' un logistoricus spécifique {”’Atticus de numeris’ (34)dont le propos créateur semble résider en une application de la science des nombres à la chronologie de l’histoire romaine depuis les origines jusqu’ aux temps présents, telle qu' elle a été fixée par Atticus dans son ‘Liber Annalis’ (35). Faut-il rappeler enfin que le catalogue des oeuvres de: Varron: dressé par saint Jérôme mentionne un traité ‘De principiis numerorum’ en neuf livres qui formait peut-être un appendice à la branche ‘arithmétique’ des ‘Disciplinae” (36) et marquait ainsi l'emprise très forte sur le Réatin de la mystique arithmologique des pythagoriciens? Car, ce qui fascinait Varron dans les mathématiques -telles que les concevaient les sectateurs du Samien-, c' était la finalité quasi religieuse qu'ils leur assignaient. Indépendante de toute expérience sensible cette science --qui postulait la souveraineté du Nombredébouchait chez eux sur la perception apollinienne d' un univers entièrement gouverné par la proportion et l’harmonie numérique. À preuve ce fragment de l'ouvrage où le Réatin mettait en relation le cube du nombre trois- c' est-àdire vingt-sept- avec la durée en jours attribuée par Pythagore au circuit lunaire: “numeri cubum- Pythagoras uim babere lunaris circuli dixit, quod luna orbem suum lustret septem et uiginti diebus”(37). + Ainsi donc le grand mérite de Pythagore aux yeux du Réatin est d' avoir jeté les bases d' un encyclopédisme de structure holistique susceptible de rendre compte de la totalité du réel, aussi bien des maladies de l' âme et du corps que du mouvement des astres dans ciel , d'apprendre aux hommes le bon usage des institutions civiles ainsi que les règles de la beauté musicale ou poétique. Mais il y a plus: tout se passe pour cet adepte du pythagorisme romain, membre présumé du cercle de Nigidius Figulus et qui établissait au sein de l'univers un vaste réseau d'analogies et de correspondances, comme si le but suprême de la science ne pouvait être que d'ordre mystique. Raison et foi, démonstration et révélation: c' est sous ce double éclairage que Varron posait désormais (et pour des siècles) le problème de la connaissance en Occident. NOTES (1) Cf. F.della Corte, ‘Varrone, il terzo gran lume romano’, 2s ed. revue et augmentee, Firenze 1970, pp. 237-259 - où l’auteur recense différents domaines d'étude du Réatin. (2) Concernant le succès des idées néopythagoriciennes à la fin de la République cf. A. Michel, ‘La philosophie en Grèce et à Rome de -130 à 250’, in: ‘Histoire ds la philosophie’, t, 1 (Orient- Antiquité - Moyen Age)Encyclopéd.ie e la Pléiade, Paris, 1969. P.815 sq. (3) Sur la ‘polymathie’ de Pythagore, on se reportera au témoignage d' Empédocle: assurément l'élève des pythagoriciens et peut-être leur transfuge: “Parmi eux se trouvait un homme extraordinaire, Par son savoir, un génie ayant su acquérir un trésor de sapience, en toutes disciplines également brillant.” (Purifications’, frg. B 129 Qd, H. Diels et W. Kranz = Porphyre, VP, 30 - trad. J.-P.Dumont;:in: ‘Les Présocratiques’. Bibliothèque de la Pléiade, Paris 1988, p, 428. (4 Au sujet de l’engagement pythagoricien du Réatin, avant tout idéologique, cf..L. Ferrero, ‘Storia del pitagorismo nel mondo romano dalle origini alla fine della Repubblica’ ,Torino, 1955, pp. 319-334. (5)Achevés probablement dix ans après la mort de Cicéron : cf. IHadot, ‘Arts libéraux et philosophie dans la pensée antique’, Paris, 1984, p. 57.

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(6)Malgré les essais de reconstitution proposés par les philologues à partir des traces qu'ils prétendaient en découvrir chez Augustin, chez Cassiodore et chez Martianus Capella, cf. I. Hadot, ibid., p, 156. dangers guettant les marins qui s' aventuraient dans cette partie de la Méditerranée (7) Pour l'établissement de cette liste de ‘discipiplinae’ destinées à la formation des biberit, fieri ut aboriatur”, thème que l’on voudra bien mettre en relation avec celui élites romaines, cf.I.Hadot, ibid, p. 162. (8) A propos du sens et de la portée de cette anecdote (transmise par Jamblique, VP, 58), voir A:-J. Festugière, ‘Etudes de philosophie grecque’ (en 1' occurrence celle intitulée : "Sur le ‘De vita pythagorica’ de Jamblique"), Vrin, Paris 19-T1, (©) Varron, ‘Jsagogicum ad Pompeium Magnum’ frg, 2 Qd, F. SEMI = Aulu-Gelle, NA, 14, T t "Cneius Pompée fut designé consul pour la première fois avec Marcus Crassus. Alors qu'il allait revêtir cette magistrature, comme, ayant passé son temps à l’armée, il était sans expérience de la politique intérieure, de la façon de présider et de consulter le sénat, il demanda à son ami Marcus Varron de lui faire un aide mémoire d'initiation -c' est ainsi que Varron l’appelle lui-même- où il trouvät ce qu'il devait faire et dire quand il consulterait le sénat”. (trad. R. Marache). On notera que dans l'exposé de son sujet le Réatin suit un ordre de type quadripartite qu' il affectionne particulièrement (cf.Varron, ‘La langue latine’, livre VI: Texte établi, traduit et commenté par P. Flobert, C.U.F., Paris 1985, p, V sq.): matière les magistrats habilités à présider les séances du sénat), aetion (les modalités de consultation de cette assemblée), espace (les lieux de réunion institutionnels) et temps (les jours et les heures réglementaires pour le vote des sénatus-consultes) (10). Sur cette insertion de la musique dans le programmeéducatif de Varron, cf. M. Salanitro, ‘Varrone menippeo e il Pitagorismo”,Cultura e scuola 70, juillet-septembre 1980, p, 60. (11) Dans la mesure où elle instruit, civilise, élève spirituellement l’homme en l’arrrachant à ses instincts les plus vils, cf. W.Burkert, ‘Weisheit und Wissenschaft’: Studien zu Pythagoras, Philolaos und Platon, Erlangen, Beiträge zur Sprâch- und Kunstwissenschaft, Band X, Nürnberg 1962, p, 355. (12) Varron, Log.Catus de liberis educandis, frg, 27, éd, A. Riese = Nonius, p. 13, 1, 17 éd, J.Mercier: “car tous ceux qui s' expriment par la parole doivent marier certaines mél.odies aux mots qu ils emploient.” Cette formule résume bien la conception varronienne de la musique - un élément essentiel de la paideia classique (cf. U.Pizzanil, ‘La sezione musicale dei Disciplinarum libri di Varrone Reatino’ in Atti del Congresso Internazionale di Studi Varroniani t. II. Rieti ,1976, p, 458 et qui, appliqué en particulier à l’art oratoire, permet de dépasser 1' utilitarisme langagier pour atteindre à la véritable éloquence. (13)Varron, ibid. frg. 24 éd.A.Riese, = Nonius p. 363; 1, 12 ed. J. Mercier: “la peur, la crainte excessive et d' une manière génerale toute forme de trouble affectif sont rigoureusement incompatibles avec l’acquisition d’un savoir; Le plaisir au contraire la: favorise". On ne manquera pas de voir dans ce plaidoyer pour un enseignement tolérant, permissif, qui vise l'épanouissement moral des elèves, un reflet des théories dducatives du "cercle des Scipions' comme celles qui sous-tendent les ‘Adelphes’ de Térence. Cf: HI. Marrou, ‘Histoire de l'éducation dans l’Antiquité’, t. 2 (‘Le monde romain’), Paris 1948, p.. 37. (14) sorte de recueil de ‘mirabilia’ compilés d"' après une tradition pythagoricienne qui remonte au Pseudo-Ocellus: cf. L. Ferrero, op. cit, p.323. (15) Concernant l'aspect rationaliste et critique de la pensée de Pythagore, cf: W.Burkert, op.cit. pp.142-150. (16) Et notamment à 1' eau dont il étudie le cycle des évolutions:cf. Log. Gallus … frg, 46 et 47, éd. A.Riese. (17) Cf. Log. Gallus..., frg. 48, éd: A.Riese: “inter Italiam et Siciliam qui est fretus inter Rhegium et Messanam.”Tout donne à penser que pour le Réatin ces dieux monstres implacables personnifiaient, le premier, un tourbillon (qui trois fois par jour engloutissait et rejetait les eaux du détroit de Messine), le second un rocher ou un récif contre lequel venaient se briser les navires- expsession poétique, en somme, des occidentale. (18) Cf. ibid. frg, 50 éd.A.Riese: “winum quod ibi natum sit in quodam loco si praegnans (évoqué en VPR, I, frg. 38 éd, B.Riposati) de l'interdiction faite aux femmes romaines de consommer du vin. (19) En l'occurrence (cf.Log,.Gallus …., frg. 49.la “urène flottante" originaire de Sicile t tres estimé: “in Sicilia quoque capi murenas flutas, quod eae in umma aqua prae pinguedine flutentur”. (20) On songe entre autres à C.Lafaye, ‘Les Métamorphoses' Ovide et leurs modèles grecs Paris 1904, p. 212. (21) Lire plus spécialement les vers 237 à 331 où le philosophe grec traite des quatre éléments, des transformations de l' eau ainsi qus des volcans et des tremblements de terre. (22)Selon une formule qu' Orphée et Pythagore passaient pour avoir transmise à leurs fidèles: t cf.J. Bayet, ‘Histoire politique et psychologique de la religion romaine’, 2e éd., Paris 1969, p, 246. (23) Varron, Log. ‘Tubero de origine bumana’, fre, 68, éd.A.Riese = PROBUS, Ad Verg. Ecl. VI, 31: “le ciel ressemble à la coquille d' un oeuf, dont la terre serait le jaune; entre ces deux éléments se trouve enfermé l’air - une sorte d'humeur chaude". (24) Sur ce principe premier générateur du monde selon les orphiques, cf. M. Eliade, ‘Histoire des croyances et des idées religieuses’, t. Il “De Gautama Bouddha au triomphe du christianisme”, Paris 1978, p.183. (25) Touchant la définition métaphorique de l’air comme ‘icmas’, on précisera qu’elle transpose sur le plan macrocosmique la notion d' "humeur de vie" réservée par les médecins grecs au microcosme humain: cf. M. Detienne, ‘L' écriture d’ Orphée’, Paris, 1989, p, 70. (26) Varron, ibid. frg. 69 éd. A. Riese, = Probus, ibid.: “le jaune d'oeuf (witellum) a ainsi été appelé parce que,croit-on, il engendre les substances vitales (uitalia)”. (27) Varron, Log. Tubero de origine humana, frg.3 , éd.A.Riese -Censorinus, DN, 9, 3: "Mais Pythagore, ce qui est plus vraisemblable, dit qu' il y a deux sortes de grossesse, l’une de sept mois, l’autre de dix mois, mais que la durée de formation dans l’un et l’autre cas ne représente pas les mêmes nombres de jours. Or, les nombres qui affectent dans chaque type de grossesse les transformations, de semence en sang, de sang en chair et de chair en forme humaine, sont dans le même rapport que les voix que l’on appelle, en musique, ‘consonantes’ (trad. G, Rocca-Serra). Pour ce qui est des fondements épistémologiques de cette doctrine obstétricale inspirée du pythagorisme, cf. ma communication ‘Un fragment du logistoricus ‘Tubero, de origine bumana de Varron" in : Testi di medicina latini antichi. Problemi storici e filologici. Atti del I Convegno internazionale: Macerata - Severino Marche 26-28 aprile 1984 , Rome, 1985, pp. 89-99. (28) Au sujet des règles de vie suivies par les disciples du Samien (soins du corps, pratiques liimentaires ….), cf. M. Detienne, ‘La cuisine de Pythagore’ Archives de Sociologie des Religions XXIX, 1970, pp. 141-162 (= ‘Les Jardins d' Adonis’ La mythologie des aromates en Grèce, Paris 1972, pp.71-114. (29) Varron, Log. ‘Catus de liberis educandis’, frg, 17 éd. A. Riese = Aulu-Gelle, N.A,4,19,1: "il est tabli que les enfants impubères, s' ils abusent de la nourriture et du sommeil, deviennent mous jusqu’à 1' apathie de la léthargie et de la somnolence. Leurs corps restent petits et la croissance ne se fait pas". Trad.R.Marache. (30) Varron, RH, XIV (= ‘De aetate humana’), frg. 4 éd, P.Mirsch = Censorinus, DN, 14, 2: "Varron estime qu’il. y a cinq classes d' âge de durée égale, chacune ds quinze ans”. (trad. G.Rocca-Serra).Sur les pésupposés scientifiques de cette échelle des âges, cf. ma communication "Un exemple d' éclectisme médical à Rome: la théorie varronienne des âges de la vie' in ‘Les écoles médieales à Rome” (Actes du 2e Colloaue

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international sur les textes médicaux latins antiques, Lausanne, septembre 1986, Genève 1991, pp. 149-157. (31) Hypothèse très pertinente avancée pas L.Ferrero, op. cit. p, 331. Thierry MIGUET Besançon (32) Aux trois dimensions de l’espace cornespondent en effet les trois accords fondamentaux de quarte, de quinte et d' octave constitutifs de la gamme: cf.J.-F. Mattei, ‘Pythagoreet les pythagoriciens”, Paris 1993, p, 105. (33) Sur les propriétés qualitatives ainsi reconnues au nombre Cinq, cf.id ibid pp.109117. (34) Tout dans cet ouvrage -et jusqu' à l’identité du personnage éponyme- demeure conjectural. Seul l'énoncé du sujet se trouve clairement établi- en dépit de le lecture: “de muneribus” suggérée à certains commentateurs par le contenu du fragment unique qui en a été conservé. (35) Interprétation proposée par E, Bolisani, ‘ I Logistorici varroniani’, Padova,1937, p. 55. Contra: M. Schanz, ‘Varros logistoricus: Atticus de numeris, RhM LIV, 1899, pp. 25 sqq. pour qui l’Atticus traite des années climatériques et en particulier de la 63e -que l’intellectuel romain aurait précisément atteinte en 46 av. J.C., date présumée de la composition de l’oeuvre. (36) Si du moins l’on accepte la structure des ‘Disciplinarum libri IX’ telle qut elle a été reconstituee par F. Della Corte (‘Enciclopedisti latini’, Genova 1946, pp. 36 sqq.) - première triade (grammaire, dialectique, rhétorique) - deuxième triade (géométrie, arithmétique, musique) - troisième triade (médecine, architecture, philosophie). (37) Varron cité par Aulu-Gelle, NA I, 20 : "le cube du nombre trois contient la puissance du circuit lunaire, d' après Pythagore, parce que la lune parcourt son orbite en vingt-sept jours" (trad. R.Marache). Sur l'appartenance de ces lignes au ‘De principiis numerorum',cf. F. Delle Corte, ‘Varrone, il terzo gran lume romano? 2e éd, revue et augmentée, Firenze1970, p.247. Le quatrième Chant de l’Enéide, poème pythagoricien