Defence de Pythagore

Auteur
Naude, G.
Publié dans
Apologie pour tous les grands personnages
Année
1625
Sujet
MAGIC
Langue
Français
Catégorie
C12 Religion
Numéro d'archive
2211

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201 . Defence de Pythagore. HAP. I nous n'eftions enfeignez pat Plucarque du di- lib. de au. re de Pychagore,quiauoit dienés. couftume de confeffer librement & de recognoiftre quele plus grand frui& qu'il euft iamais recucilly de la Philofophic eftoit de nes eltonner de chofe quelconque: difhcilement me pourrois-ie perfuader quilne s efmerueillaft beaucoup maintenant s’il venoità confiderer comme la malice & l'ignorancedes hommesa tellemét chanEla verité defon hiftoire,& le vray ens de ladoétrine,que fa vie eft auiourd huy femblablea celle de quelque charlatan & maiftre ioueur de pafle-paffe & tours de fubrilité, & {es precepres fi fabuleux, ineptes, & APO LO GIE S LES POVR TOVON NAG u SRANDS PERS - qui ont efté fauffement foupconnez de Bart MAGIE vee Par G. Navoe!' Parif. inltos abfülserms, fi caperimus ante iudicare guàm irafei..Scnecalib.3.de ira, cap.29. .. — -—— M. DC. XXV. «Auec Prinilege du Rey.

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CHAP. X. Defence de Pythagore, I nous n’eftions enfeignez par Plutarque du di- lib. de au 2 94 re de Pythagore,quiauoit diendo. couftume de confeffer li"brement & de recognoiftre quele plus grand fruiét qu'il euft iamais recueilly de la Philofophie eftoitde nes eftonner de chofe quelconque: difficilement me pourrois-ie perfuader qu'il ne s'efmerucillaft beaucoup maintenant ‘il venoità confiderer comme la malice & lienorance des hommesa tellemét change la verité defon hiftoire, & le vray fens defa doctrine,que fa vie eft auiourd huy femblableä celle de quelque charlatan & maiftre ioueur de pafle-paffe & tours de fubrilité, & fes preceptes fi fabuleux, ineptes, &

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cfloignez de toute raifon, qu'il ya | veritablement de quoy seltonner au fujet d'vne telle & fi prodigieufe metamorphofe , laquelle fi nous voulons reduire à fa premiere forme,& nettoyéricelle decetteroüille & vieille mouffe qui cache Jes beaux trai&s & tout ce quil yade plus naturel & veritable en l’hiftoire dece grand Philofophe,il ne faut que fuiure l'ordre gardé dansle dernier Chapitre: & tout ainfi que la vertu, precede le vice, & la verité le menfonge, monftreraufli premie- . rement quelil a efté, fuiuantlerecit veritable de ceux qui en ont eu le plus de cognoiffance, pour iuger puis apres plus facilement quelle citime on doit faire de rousles con? tes forgez à plaifir, qui Pont fai auffi bien condemner de forcellerie & d’enchantemens, come s'il n'euft fait autre chofetoutle temps de fa

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vie que de broyer & mettre en pratique, contrele falut de fes femblables, - Quidquid haber Circe quidquid Medea venent, Quidquid ¿5 berbarum The/Jala terra gerit. Ce perfonnage donc eftant nay pour des chofes plus grandes & releuees que le comun des hommes, & ne pouuant renfermer fon efprit, capable de comprendre tout ce qui eftoit fur la face du mode, dans l’en~ clos d'vne ville,fe refolut d’allerapprendre chezles Egyptiens & Chaldees cequ’enneluy pouuoit enfeigner en fon pays, fçauoir Ceremo- Apuleius niarum incredendas potentias, numerorum admirandas vices, és Geometriafolertifimas formulas. Comme en cffcct il lerendit fi capable en toutes fortes de difciplines par cette peregrination de quinzearis,qu’il rapporta 2.Florid.

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| commela defpoiiille des Egypticns en Grece, & principalement en la _ ville de Crotone ou il commenga dedreffer fon Academie, fuiuant blr.co. l'ordre que Pon peut voir dans Aulugelle, pour faire valloir le talent qu'ils’eftoit acquis par les veilles & labeurs, & n’enuier au monde la cognoiffance detoutel’Encyclopedic, quiluy eftoit tellement particuliere & cogneué, que pour n'en demeurer feuleméht autefmoignage de Diogenes Laérce & lamblique, qui pourroient eftrefoupçonnez de flatterie pource qu'ils ont entrepris de defcrire fon hiftoire, il n'y auroit nulle apparence d'en douter apres le confentement vniuerfel de tous les bons Autheurs qui luy ont fidelement conferué l'honneur & le refpe& qui cftoit deuafa capacité. Car finous voulonscommencer par fa Philofophie, c'eft ve-

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AProLocıE ritablement celle de laquelle rious deuons lemoins douter, puis qu'il et appellé par Apulee primus Philo- 15.2. Fle: lofophie nincupator gr creditor, tant”. pour auoir change le nom de Sagelfe,trop fuperbea fon aduis,en celuy de Philofophie, que d'autant qu'ila efté le prince & premier chef dela fecte Italique des Philofophes, come Thales l’auoit efté del’Ionique au recit de Diogenes & des autres Efcriuains ,& que Reuchlin ce premier flambeau qui a chaffé les tenebres de l'ignorance en Allemagne, a deftiné le fecond liure de fon Art dela Cabale pour expliquer & faire reuiure en fon pays la Philofophie de Pythagore,a limitation, comme il dit,'de Faber Stapulenfis & Marfile Ficin qui auoient mis en vogue tant en France qu’en Italic celle d’Ariftote & de Platon: enfuittede quoy fion veut prendrela Medeci-

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ne, Diogenes & Apulce font preu. >-Flovid. “Wes legitimes pour nous fairecroire qu'il en auoit vile parfaiéte conoiffance: Comimeaufli le mefine È peut peut encore verifier desquatre parties de Mathematiques,parce que premierement quant à ce qui eft de l'Arithmetique & fcience des Nombres; outre le tefmoignage de ces deuxAutheurs l'on peut choifir comme entre vne milliace d’auin Lucullo. tres celuy de Ciceron', qui dit que Pythagore deduifoit toutes chofes de fes Nombres & principes de Mathematiques, aufquelsil attribuoit detres-grands myfteres,& leur donnoit lénom de certaines Diuinitez qui font expliquez fortamplement ib.de tfde par Plutarque & Calcagnın , fon9 Ofride dant fur iceux la- fubtilité de cette ee ti ancienne couftuiñe de rendre rai4 de toutes chofes par les nombres,comme Picus aucit promis de

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faireen fes Conclufions pout reftablir cette Philofophienegligee depuis letemps de Pythagore, quife l'eftoit rendué tellement familiere & cogneuë, qu'il fe feruoit mefme dela difficulté d'icelle pour efprouuer l'efprit defes difciples,& pour fe mieux fonder & inftruire en la pratique de la Geometrie, laquelle il entendoit fi parfaitement bien, qu'il fut le premier qui reduifitles ive inftruments de Geometrie (del’in- ¿pad KA uention de Maris) d'imparfaiétsgeon. qu'ils eftoient ‘auparauant è leur mena perfection, & qui donna pareille gen,lib.. ment le premier vfage des poids & “*?mefures aux Grecs :'ce quilne pouuoit faire que parlemoyén de cette feience, à Peltude de laquelle il fé portoit de celle affection, qu'ayant trouuévne belle propofitiö en icelle qui eftla 47: du premier des Ele+ mens d'Euclide, il fut fi tranfporté

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d’aife pour cette inuention, quiilen apollodor. rendit graces aux Dieux parvn hccatombe ou facrifice de cent Bœufs: fel ” Ces deux fciences lui feruirentcomme de degrez pour le faire monterá deux autres beaucoup plus nobles & releuces, de la Mufique & del'Aftronomie , la premiere defquelles he Ígauroit máquer de lui eftretora= lement attribuee,puifqueMacrobe, Sciplik.,. Boece, Ficin, Gafurius & Calcagnin FU x (pour ne citer tous les autres qui repo. font demefme opinion ) defcriuent incompen- fort particulierement l’induftrie de Fire laquelle il fe ee nan les 1.cep.8. tons de noftre Mufique,par le moyé Epiftel. li. de l'accord & proportion qu'il resf .f70. marquoit aux forgerons quand ils e n battent cinq ou fix fur leurs enidem clumes, & quele mefme Macrobe, Athenee & Maxime de Tyr demeurent aufli d'accord qu'il defcouurit premier que pas vn autre l'harmonic

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nie mondaine & calelte,foirqu'on la vueille expliquer de l’admirable ordre & fymphonie delanature, ou de la mufique que Pontusde Tyard ;;14. pei. & Kepler ont encore fouftenu de-prefrhb . . fem. ı1. puis peu fe deuoir faire par leroule-’;, Dialog. ment proportionné de ces globes 1.445 & grandes machines des Cieux." D'où l'on peut tirer come vne preuuetres- manifelte dece qu'il fgauoit en l'Aftronomie, pour laquelle apprendre Iuftin dic qu'il pafla d'E- 18.20: gypte en Babilone, & Pline auec 14... pi. Laërce confirment que ce fut luy za. qui demonftra premierement l'obliquité du Zodiaque, & quelle eftoit la nature & condition de la Planete deVenus. Finalement pour ce qui eft du relte des autres fciences, Pon peut iuger qu'il n’en eftoit pas moins fourny que des prece- A dentes, tant parle rapport d’Ouide AR & celuy d’Apulee, quidit que Py- 2.Fid.

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thagore apprit des Brachmanes,que mentium documenta,que corporum exercitamenta , quot partes animi, quot vices vite, qua dijs manibus pro merito füo cuique tormenta Vel premia. Que par la confideration des loix qu'il donna aux habitans de Crotone, & des trois liures que Plutarque & Diogenes difent qu'il compofa, l'vn de Pinftitution, l'autre dela Ciuilité,& letroifiefme dela Nature,larenommee defquels fut fi grande enuers Platon que Philolaus les voulant mettre en lumiere il donna charge que l’on euft à les luy achepter au prix de cent mines d'argent, Certe cognoiflance vniuerfelle de toute l’Encyclopedie le fit tellement refe pecter de fon viuant,que Plurarque mions des dit qu'il enfeigna plus derrenteans Philofo- fans difcontinuer tant è Crotone ei qu'à Metapont, eitant toufiours fuivi de plus de fix cens Auditeurs,

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qui. pour l’integrité de fa vie & Peloquence de fes difcours receuoient toutes fes paroles comme des oracles,iufques la mefmequ’au tefmoignage de l'Orateur Romain, fon 1.de nat, Deorum. authorité feruoit deraifon; & que plufieurs Princes & Potentats d’italie eftoiét bien aifes, aurecit de Plu_. ._, y an TYaillé tarque, de prendre fon aduis en tou- gu’ynPhites leursaflaires, deforte que pour pt: la confideration de fes-metites, les, Metapotains incotinent apres qu'il es Princes furmortconfacrerent famaifon & Pappellerét l'OratoiredeCéres & la rué facree desMufes:& les Romains ayans eu vn Oracle du temps de la guerre des Samnites qu'ils dreffaffentdes Statuésà 2. hómes,P vn defquels cult eftéle plus belliqueux, 8 Pautrele plus fage d'entreles Grecs, ils defererent proptement cet honneurà Alcibiade & Pythagore,parce que le premier auoit cftele plus

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grand Capitaine de fon temps, & le dernier s'cftoit acquis vne tellereve qui Cicero 4. nommce par toute l'Italie, Tufesl, Sapiens habereturis continuo P ythagorens pataretur, Mais ce ne feroit iamais faict qui voudroit parcourir tous les Eloges & tiltres d'honneur dece perfonnage qui font diffus prefque par tousles liures des Anciens, qui Pont euentres-grade reputation & reucrence,commeala verité ceftoit vn des beaux efprits de route! Antiquité, quiaeftéle plus porté aubié, & qui seft autant ou plus eftudié que pas vn autre du Paganifme, de ramener l’homme au refpeét & à la cognoiflance d’vne premiere caufe, & letirer dela defbauche & diffolution pour l'efleuér à la contemplation des chofes naturelles & ciuiles. C’eft pourquoy puifque le peu que nous auons dict de fa capacité eft affez {uffifane pour faire iuger du

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refte que Pon en pourroit dire: il faut examiner maintenant toutes les fauffetez ou pluftoft refueries que les cnuicuxde fa vertu & les ennemis de fa gloire ont faict infenfiblement couler dans le narré de fa vie, fondez, comme il efta croire, fur fa grade doctrine, & la cognoiffance extraordinaire quil auoitdes Mathematiques: pour faire iuger par le peu d'apparence & l'ineptie de ces contes, combien ceu#là font efloignez dela raifon qui pour n’examiner les preuues qu'on leur donne, croyent pareillement quetous les Anciens Philofophes& premiers Autheurs des fciences & difciplines, qui font appellez par Seneque Pre- epif.6s. ‚ceprores generis humani, n'ont efté autres qu'Enchanteurs & Magiciens. Car pour cequi eft particulieremét de Pythagore,ils fepgrfuadent qu'il my a nulle apparence d'en douter, O iij

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apres les tefmoignages quel'on en (49.83.16. 28. peut mefme tirer de Tamblique en {a vie,de Pline, Tertullian , Origelibra. nes, S. Auguftin, Ammian Marcellin, & de celuy qui ale plus do&eCapit. lib.de ans- ment efcrit {ur cette matiere lelefuite Delrio , pourne point mettre aducrfus en ligne de compte l'authorite de Celfum. 0.17.30. MA. kb.7.de Ernie c.3$. certains Demonographes modernes, quibus fatisfactum non eft, comme difoit Sarifbericnfis,nifilibelli doceane lib.3. Me. talog.cıt. quidquid alicubi feriptum insenitur, & qui pour cette occafion eltouffent leur ingement fous le ramas & la lb.21. biffor. multitude confufe de tous les contes qu'ils peuuent regratter fur ce fujet , tels que font ceux quills nous produifent en l'hiftoire de ce perfonnage, dont on peut voir quelques-vns dans Boiflardus qui femble auoir plus trauaillé que pas vn autre pour le ranger parmy les Magiciens, qu’il defcrit en fon liure des

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Diuinations. Duquel & de tousles precedents on peut recueillir que Pythagore a efté reputé Sorcier & ‚Enchanteur, parce que premierement il auoit longtemps.demeuré en Egypte, & s'eltoit exercé en la lecture des liures de Zoroaftre, où il auoitappris,comme il eft à conicéturer,la pro prieté de certaines herbes quilnommoit Coracefia, Callicia, Menais,Corinthas & Aproxis, def quelles les deux premieres faifoient _ glacer l'eau quand elles y eftoicnt mifes, les deux fuiuantes eftoient fort fingulieres contre la morfure des ferpens, & la derniere s'enflam-_ moit foudainemét defi loing qu'elle voyoit le feu. Comme aulli en l’vn.de fes Symboles il defendoit expreflementl'vfage des febues, lefquelles fuiuant la mefine fuperftition il faifoitboüillir &les expoloit quelques nuiétsà la Lune, iufques O iii.

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à ce quepar vh grand reflortde Ma‘gio elles vinffent à fe conuertir en fang,qui luy feruoit peut-eftre pour faire cet autre preftige duquel fait lib.9.0.23. mention Ceelius Rhodiginus apres Suidas & Interprete d’Ariftophanes en la Comedic des Nués, qui difent que cePhilofophe efcriuoit auec di fang fur vn miroir ventru ce quebon luy fembloit, & qu'oppofant ceslettres Ala facede la Lune quandcliceftoit pleine,il voyoit dans le rond de cet Aftre tout ce quiilauoit efcricdans la glace de fon miroir. A quoy Fon peut encoreadioulter qu'il parut auec vne cuille d'or aux ieux Olympiques, qu’il fe fit faluer par lefleuue Neflas, qu'il arrefta le vol d'vn Aigle, appriuoifa vne Ourfe, fitmourir vn ferpent, & chaffa vn bœuf qui gaftoicvn chap de febacs, parla feule vertu de certaines paroles. Erdeplus qwilfe fit

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voir en mefme iour & en mefme heure en la ville de Crotone & en celle de Metapont, & qu'il predifoit les chofes futures aucc telle affeurance, que beaucoup tiennent qu'il fut nommé Pythagore parce qu'il donnoit des refponfes non moins certaines & veritables que celles d'Apollon Pythien, ce qu'il pouuoitfaire par l'Onomantie qui luy eftoit tres-familiere, comme il eft facile deiuger par les fragments quinous font reftez de fon Arith_metique fuperftitieufe & delaroué qui luy eft attribué par Flud & Ca- a1... can. lay honte veritablement der? grofhr ce Chapitre par la relation}... de de tant de fables & menteries fi fa-/aGeoman, des & mal coufués; qui nous pcuuent faire dire auec plus de raifon que ne faifoit anciennement Ic Poetefatyrique, : 7 ‘Quid dicore ergo? *

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Velquo nunc fugeret , finunchecmon(tra videret Pythagoras? Pour moy ie croy qu'il feroit efgalement agité de deux paflions diuerfes, & que s'il n’admiroitle peu deiugement de ceux qui difent de luy, ce qu'ils feroient confcience d’affeurer du plus infigne bafteleur & charlatan quiayt iamais efté, au moins auroit il compaflion de ce qu'ils apportent fi peu deiugement auchoix & au triage de toutes ces preuues,quinepeuuent eftre en aucune façon receiies pour legitimes; puifque nous pouuans dire generalement d'icelles, qu'il n'ya aucune apparence de croire quvn homme qui a efté fi ferieux toutle temps de fa vie, & fi dote (come nous l’auôs montré cy deffus ) fe foit voulu amufer à toutes ces vaines folies & : fubtilitez, qui n’ont iamais eu d’au-

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AT OL ON IE. tre occafion de leur premiere naiflance & origine quel'ignorance de la populace & la malice de fesennemis & enuicux. Von enim, commea remarqué fort à propas Reuchlin, „, ’ caruit æmulorum linore preftantifime * Cabal. eins viri virtus, innocentißima Vita, egregia doftrina, celebris fama, vequefit nibil nonpollutum reliquerunt invidi carptores Tyinon, Xenophanes, Cratinus, Arifto~ phon,Hlermippus, cr ali qui de Pythagorafois in libris médacia plurimaferipfere. Ce quil dit particulierement pour les contes qui s’eftoient gliffez pariny fa Metempfychofe & la defence qu'il faifoit de mager des febues: car pour ce qui eft des hiftoires qui concernent fa Magie, illesa reputees tellement faufles Se abfurdes, quil n’en a voulu faireaucune mention en celiure, ou il en deuoit toutesfois rapporter la plus grande partie Sil les euft iugecs veritables.

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puisqu'il vouloit prouuer en iceluy ucla do&rine de Pythagore auoit beaucoup de reffemblance auec la Cabale des Hebricux,qu'il tientluy mefme dans fon liure de verbo mirifico, pouuoir faire vne infinite de chofes eftranges & extraordinaires par la vertu des nombres & des paroles. Età la verité fila Metempfychofe & tranfanimation, qui eftoit l'un des principaux poindts de la doctrine de Pythagore, fila pluspart de fes Symboles, la defence quil faifoit de manger des chofes animees, les principales actions de fa vie & l'hiftoire de fa mort, font tellement debattues & controuerfees dansles Autheurs, quelleaffeurance pouuons-nous auoir de ces petites bagatelles & tours de charlatan, veu mefme que Diogenes & lamblique les ont fort iudicieufement paffez foubsfilence, n’enfpe-

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cifiant que deux ou trois d’vn fi grand nombre, & ce encore fous le rapport de quelques autres Efcriuains: A l’authorité defquels finous voulösneantmoins fatisfaire, comme auflià celle de tous ceux qui ont cftiméPythagore Enchanteur,nous pouuonsdire raifonnablemét quiils ont inferé dans leurs liures non pointl’opinion quils tenoiét dece perfonnage,mais les faux bruits qui en auoient efté de tout temps femez entrele peuple par la malicede Timonle Phlyrfien & fes autres ennemis; quiviro alias Coryphao propemo- pd. dum, magica vanitatis crimen inuftumlib.i9.c.7 voluerunt : donnant vogue pour cette occafion a toutes les fables que nous auons propofees cy deflus; lefquelles combien qu'elles fe refuréc aflez d'elles melmes, l’on peut dire toutesfois pour monftrer lineptie de chacune en particulier , que ce

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chap. os. AproioGiri ; quia elté dict cy deflus de la Magie d'Egypte & desliures de Zotoaftre, fait aflez paroiftre que le voyagede Pythagore ence pays, & lalecture jue Clement Alexandrin dict qu'il auoit fait des liures de ce personage, font pluftoft preuucs de ce qu'il fçauoit ef la Phyfique, Medecine & Magie naturelle, que de ce qu'il pouuoit faire en la Goctique & fuperftiticüfé: commeil eft encore facile de conie&uret qu'il eftoit fore verfé en lapremiere,par Pvfagé & la cognoiflancé que Plirie lui attribue de certaines herbes,defquelles neätmoins nosaduerfaires veulent tirer comme vne preuue cerrainé pour le conuaificre de Magie, ce qu’ils euf- I fent pew faire raifonnablemét fi Pythagore les cult defcrites aucc autat de fuperftition que firent autresfois les leurs Andreas & Pamphyle auliure que Galien dit quils auoiér

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compofé des charmes & change-!#. En ments des herbes facrees aux De mons, ouqu'illes cuftfai& cucillir fous quelque Aftre on Planete, come celles quieftoient anciennemét appellees herbe Decanorum, pour la raifon qu'en donne M. Moreau en cap. 19. * fon tres-dodte & laborieux Com-t*:323mentaire fur l'Efchole de Salerne: mais Pline ne difant rien d'icelles qui approche en aucune façon de ces vaines ceremonies & obferuations, ie ne fçay pas quelle raifon Yon peut auoir d'en faire vne conieéturefidefauantageufe, veu principalement qu'il met en doute fi le li-e#.17. x. ure où elles font defcrites doit eftre pe attribué à Pythagore ouà vn cer- | tain Cleemporus ; :& que encores bien qu'il faille fuiure l'opinion de ceux qui leluy donnent, leur faculté toutesfois n’eftoit point fi prodigicufe & extra-ordinaire quelles

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ne fe faffent recognoiftre tous les iours tant en la Maulue, Bafilic; Meliffe, Veruenne, Marrube, lufquiame, Cyprez, Benjoin, Figuier & Germandree,qui font tres-fouueraines contre lamorfure des Serpés, qués feuilles de Saulx, de Vignes, Laictues, Violettes & Nenuphar, qui peuuent encore plus facilement refroidir l'eau qu'elles ne font l'air dans la chambre des malades; ioint quily pouuoit mefler du Salpeftre, duquel on fe fert comme de glace pour rafraichir le vin durät les plus grandes chaleurs de l'Efté: & Pline mefmefemble donner raifon dece que l'on pourroit eftimer le plus difficile en la vertu & proprieté de ces herbes, quandil dict quela racined’Aproxis s enflammoitdeloing comme le Naphte , parce qu'elle pouuoit participer de la nature de toutes leschofes bituminenfes, qui

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eft d'exhaler beaucoup d'efprits gras & vnétueux qui prennent feu tout ainfi que la fumec d’vne chandelle efteinte, de quoy l'on ne peut aucunement douterapres le nombre infini d'experiences qui en ont efté recucillies dans les liures de Libauius lib.de ira. & d’A gricola. Les prenues qui font leis fondees fur la defence que ce Phi- serranei. lofophe faifoit demanger des febues, &le moyen qu'il tenoit pour conuertir leur fuc en fang, fe peuuent aufli facilement refuter queles precedentes, puifque Reuchlin fe mocque à bon droi& de toutes les inepties que beaucoup de ceruelles creufes & difloquees ont forgéfur cette defence, celles que pouuoit eftre celle de Hermippus dans Diogenes, quicroyoit que Pythagore auoit mieux aime fe fairetuer furle bord d'vn champ de febues que de pafler au traners pour fe mettre à

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couuert de {es ennemis. Et fi tant eft quil lesaitdefendués, cen'acfté pour autre raifon que la premiere sap.ig. des cing quen donne M. Moreau au licu que nous auons citédefon Commentaire fur l’Efchole de Salerne, fçauoir que Pythagore qui commandoit à fes difciples de fe coucher au fon de la Lyre & des chants agreables , comme pour enchäterl’ame & la ramener parl’harmonie dans fon reflort, leur defendoit auffi tres-expreffément Pyfage de ce fruiét, le fuc duquel pour'eftre flatueux, groflier & de mauuaife nourriture, enuoyedes vapeurs au cerueau, quil’appefantiffent & deftournent l'efprit de pouuoir librement vacquer aux contemplations de Philofophie, qui eftoientneantmoins le premier but & principal entretien de fes {e&tdteurs. L'on peut dire pareillement qu'il n'y

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auoit rien d’extraordinaire en cette conuerfion qu'il faifoit des febues en fang , veu que M. Moreau monftre tres-clairement en fondit Commentaire, que fuiuantles principes des Chymiltes qui mettentla fimilitude & reffemblance pour caufes de l'action, c’eft vne chofe qui fe peut faire & expliquer par raifons naturelles: fans toutesfois quel’on fe doiue perluader que Pythagore fe feruit de cet Elixir de febues ou du fang humain pour efcrire fur fon miroir ventru: car outre le peu de _faifon qu’il auroit eu d'y employer pluftoft le fang que quelque autre liqueur, Campanella prouue par des 34, 4. ¿e raifons tres-folides que cette opera. fenf#,e-16tion eft dutoutimpofiible : & quad Agrippa s’eft vanté d'en auoirlefc- st cret,& Noel desComtes aefcrit Bene du temps de FrangoisI.& Charles; ,....., quint l'on fgauoir à Paris la nuict oy shel.

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tout ce qui s'eltoit paflé le ¡our au Chafteau de Milan, le premier ne ledifoit que pour fe vanter & mettreen vogue, ce que nous monftrerons plus amplement dans fonChapitre, & larelatio du dernier eft vne purefable & bourde controuuee par ceux qui ont voulu ioindre la Magic aux armes deces deux grads Princes, comme l'on dict que firent autresfois Ninus & Zoroaftre, Pyrrhus & Crœfus, Nectanebus & Philippes de Macedone. Ce qui nous doit faire iuger que tout ce quel'on dict de ce miroir de Pythaore luy eft auffi fauffement attri- Bad quel’ Arithmetique fupeftitieufe & la roiie de l'Onomantic, ou ue sil l'a iamais mis en pratique c'eftoit infailliblement quelque ieu, preftige & fubrilité: & pour conclureauec Suidas,mui/rio alg x8mv. L'on pourroit faire enco-

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re auec raifon le mefme iugement dece que Diogenes Laérce rapporte de la cuiffe d’orde ce Philofophe, puifque Plutarqueditouuertement enla vie de Numa, que ce fut vne feinte & ftratageme de Pythagore qui fe vouloit mettre en credit de . quelque Herosou demy-Dieu parmylegrand nombre de peuple qui‘ afliftoir à la folemnité des ieux Olympiques : combien que l'on puiffe direaffez probablement cefte cuiffe d'or neluy auoirefté donnee par les Anciens que pour feruir de fujet à vn fens allegoric & moral, : non pointtel que Ele font imaginezles Alchymiftes qui croient que laboétede Pandore, latoifon de Iafon, le caillou de Sifiphe, & la cuiffc d'or de Pythagore, [ont les vrais hieroglyphiques de leur pierre Philofophale ;:mais tel. veritablement qu'il eft enfeigne par Calcagnin

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quand il dic en l'explication des marques particulieres detous lesanl.,.rpiß.ciens Philofophes, que Pythagoræ S4% rerum abditarum pretium eo excellens indicatura, famur aureum fecit: comme il n'y auroitaufli nulle raifon de prédrecette cuiflealalettre,&de croire qu’elleait efté d'or maflifcommela dent du ieune garçon de Silefie qui vivoit il nya pas trente ans; tant parce que c'elt vne chofe du toutimpoflibleä la nature & à l'arr, que pour le peu d'accord qui fe rencontre és Autheurs qui parlent d'ilib.1.e4p.s. Celle,les vns difans dans Delrio,que : vf ce fut vn fleuue d'orquil fit couler ui. aux icux Olympiques , &lesautres web. que ce fut veritablement fa cuiffe, qui parut d'or; au recit d'Ælian, Plutarque, Diogenes & Lucian, ou 3.6 con- d'uoire , fuiuant l'opinion d’Oria qar genes qucteftimela plus probable, d'autant qu'il eft facile de conicétu-

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rer d'icelle, quecettecuiffe n’eftoit autre quela naturelle & animce de Pythagore,qui pour eftre belle, bliche & polie, fut peut eltre louce par quelquesvns de fes amis,de ce qu’elleeftoit femblable a Piuoire, come nous voyons que Salomon s’eft feruy de cette comparaifon pour loiier fon Efpoufe auCantique des Cantiques, oil dit, Venter tuus eburmens, ah Collum zunm ficut curris eburnea, & que” les Dieux ne peurent choifir vne matiere plus propre que de celle là pour faire vne efpaule à Pelops, à ‘caufe de la couleur & autres rapports qui font prefquefemblablesà È l'iuoire & à vne charnure delicate & polie, telle que pouuoit eftre celle de ceftecuiffe tant vantee de Pythagore. Qui pour la confideration de toutes ces operations fi miraculeufes, fut auflı falué par le Genie d’vn fleuue que Diogenes Laerce

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in vita Py. dit auoir efté celui de Neffus, Apolebagor. lonius Dyfcolus celuy de Samus, & Porphyre celuy de Caucafus,laquellediuerfité monftreaffez quel iugeméton doit faire d’vne telle falutation, qui ne peut eftre que fabuleufe, fi ce n’eft que Pon vucille dire pour fauuer l’authorité de ces Autheurs, que ce fut encore vnerufe & fubtilité politique de Pythagore, femblablea celle qu'il me fouuient auoir leu de Mahomet, qui fit cacher vn de fes compagnons fous terre pour crier parle moyen d’vne farbacane,quand il l’entendroit paffer accompagnéd'vne grande multitude de peuple, que Mahomet effoit le grand Prophete enuoyé du Dieu vinant, ce quil fit auec autant d’induftrie wilen eut vne mauuaife recopenio car Mahomet voulant faire en forte que la tromperie dece miracle ne fuft iamais defcouuerte,pria tous

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ceux qui l’affiftoient, de marquerle lieu ouilsauoienteuvnereuelation fi notable, en y amaffant vn gros merger & tas de pierre, ce quils firent incontinent auec vnetelle deuotion que ce pauure Ange fousterrain fut aufli-toft enfeuely qu'efcrafé foubs la pefanteur d’vne telle maffe & pyramide. Si ie ne craignois de faire tomber Pythagore en vn peril levoulant deliurer d’vn autre,& deluy donner le nomd’vn impofteur ou rufe politique, pour luy ofter celuy de Magicien; teme feruirois encore de cette explication, pour refpondreà ceque l'on diét qu'il paruten mefmeiour & en mefme heure és deux diuerfes villes de Crotone & Metapont: carcette chofeeltant du toutimpoflibleaux hommes, quine doiuent pas moins felon leur effence & nature eftre vnis chacun enleur particulier , que

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feparez detoutautre, & ne seftant fai&c par permiflion diuine, commeles apparitions en diuers lieux & en mefine temps des Sainéts Ambroife, Agathe, Nicolas, & Benoilt; il faut conclure ou que Ceft vnepure chimere & fiction, ce queie prendrois pourleplus veritable, ou que elle fe fit par larufe & fubrilité de Pythagore, qui fitcontrefaire fon gefte & fa perfonne à l'vn defesdi{ciples ou compagnons, qu'il enuoya parler fous Een nom 4 quelque pauure femmelette & payfan del'vnede ces deux villes; ce qui fut affez fuffifant de faire courirle bruit de cette’merueilleufe apparition, qui fe doit expliquer en cette forte, fans auoir recours aux efprits & demons, parce que premicrementelle necontient aucune difficulté ouin& que Diogenes expliconvenient, que parvn moyen femblable,ce que

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Hermippus mettoit en auant de las la vied defcente de Pythagore aux Enfers, ””” & Plutarque les contes que l'on faifoit de fa cuiffe d'or, & de PAigle quil auoit fi bien inftruit quil le faifoit defcendre quand il voloit deílus fa tefte, comme l'on dit que Mahomet faifoit fon pigeon. 11 fembleroit toutesfois , à propos de cet Aigle, que Pythagore euft fort bien entendu cette partie de Magie qui confifte aux ligatures, fi nous n’auions des raifons fuffifantes pour refpondre à tout ce que l'on dit de la puiffance qu'il auoit fur certains animaux. Car fil’on-veut mettre cn icu qu'il nourriffoit vne Ourfe domeftique & familiere en fon logis, quelle apparencey auroit-il neantmoins de conclure qu'il l'eufbappriuoifee par Magic, puifque,pour point parler de celle qui futlanourrice de Parisle Troyen¿ou d'vneau-

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trea qui S. Corbinian faifoit porter le baz au lieu de fon Afne qu'elle auoit deuoré,les deux Ourfes nomAMI, Marcel. mecs Mica aurea El innocentia, que PEmpereurValétinian faifoit nourrir en mefme chambre quafı que la fienne, & celle que Sindrigal Prince des Lituaniens auoit accouftumé à venir tous les matins de fon gifte & repaire frapper à Phuis de fa chabre, & receuoir vne certaine diftri_bution pour fa nourriture, auec laquelle elle s’en retournoit aux bois iufques au l'endemain qu'elle reucnoità la mefmeheure; celles-la, disie, font affez capables de nous faire admirer la docilité de cesanimaux, qui ne font point fi farouches que l'induftrie des homes ne puiffevenir. à bout de les dompter, en vertu, cóme il faut confeffer,de certaines paroles non point magiques & fuperftiticufes, mais de celles qui furent

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prononcees par le Createur de toutes chofes, quand il dit à nos premiers Peres, Dominamint pıfeibns Ma- Genef.r. ris, eo volatilibus cali, eo vninerfisanimantibus que monentur fuper terram. Iln’yauroitaufli aucune apparence d'infifter plus long temps fur ce que Pythagore fic mourir en prononcant certains mots vn ferpent qui faifoit beaucoup de dommage en Italie, parce que Boiffardus qui nous donne Ariftote pour garand decettehiftoire, necite point leli- & que fi on veut ure d’où il l’a prife, en rechercher la verité de plus prés, Pon trouuera qu'elle eft totalement fauffe , n'eftant fondee que furl'ignorance de ceux qui changent Socrates en Pythagore, & quiprennét pourargent contant la fable qui eft reciteedu premier dans vn liure des, caufes & proprietez des Elements?" que Patrice monftre auoir efte auth

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fement attribué à Ariftote. Mais cette inadüertance de Boiflardus pourtoit efté facilement excufee, sil n’en auoit commis vne beaucoup plus grande &remarquable quandileire Plutarque enla viede Numa pour authorifer l’hiftoire du Bœuf que lib,i9.c.7. Pythagore fitretirer d’vn champ de febues apres luy auoir chuchere quelque chofe à l’aurcille. Il euft mieux fai& deconfeffer qu'il Pauoit traduitte de Coelius Rhodiginus qui cite veritablement Plutarque au commencement defon chapitre, mais fur yn autre fuje& que celuy de cette fable, delaquelle on netrouuera point qu'il ayt fai& iamais aucune mention : c'elt pourquoy fi nousluy voulons donner vnederniere fecouffe , il faut dire qu'ileft hors de raifon quece Philofophefi graue & vertueux en tout lerefte de fesactions, fe foit voulu mettre en

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. peine de chaffer cet animal, veu principalement qu'il eftoit comme Pexecuteur de fa volonté, foulant aux pieds & trepignant des febues, l'vfage defquelles il auoit en plus grande abomination que de chofe du monde; & qu’encor bien qu'il euft voulu prendre la peine de le faire, l'on ne doit pourtant croire que g’ait efté par la vertu de certaines paroles, ou par les moyens cognus & pratiquez par certains char- Tatans, comme l'on peut voir dans Emanuel de Moura, Pierius & Car- de Enfaldan, puifque le moinidre enfant qui ages . fe fuft approché de ce bozufen pou- 1 uoit auflı facilement venir à bout 20.2. quefit cePhilofophe. Finalement “3... pour ce qui elt de fesconieétures & glypb.tis. predictions, l'on peut dire qu'elles oe ne pouuoient eftre que de trois for- /ib.2.ccrtes, [cauoir ou morales comme cel- 1.4% i d trata. es de Soerate,ou naturelles comme conprad. >;

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celles de Pherecides, Thales & Ana: xagore, ou diaboliques & fuperftitieufes come celles de tous les Magiciens:& que puis qu'il eft facile de conicéturer par ce que nousauons di& cy deffus de fa doctrine qu'il pouuoit facilement pratiquer les . deux premieres , ce ne feroit pas vne moindre beftife & fimplicité de croire qu'il euft exercé les dernieres, que dereceuoit lespreuues que l'on en donne pour legitimes & vallables, veu qu’elles ne font fondees quefur l'Arichmetique fuperftitieufe & la roué d'Onomancie qui luy tom tera. font fauffement attribuees par Flud 2. parti, liba.&8. & Catan: car cette Arithmetique & ticoroce/: toutes les refueries qui fe font glifforlafn de fees à l’adueu d'icelles ne font rien J4Gcom. qu’vne pure imagination de ceux qui ont voulu gloffer fur le paflage de Plutarque, oùil dit queles Pythagoriens ont honoré les Nombres

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bres & les Figures Geomerriques de nom de Dieux, appellant le Triangle à coftez efgaux Pallas & Tritogenia, parce qu'il fe diuife efgalement aucc ‘trois lignes tirees à plób de chacun de fes angles, & dénantlenomd'Apollonàl'vnité, de Contention& Audace au binaire,& de Iufticeau nombre de trois,pourautant que, ofenfer ou cltre offenfé, faire ou fouffrir tort, fe fait l'yn par excez & l'autre par defaut; la lu{tice demeurant au milieu en efgalité. D'où l'on fai&tvn grand torta -ceperfonnage, de croire qu'il fe foit jamais amule à la pratique de cette roiie, que l'Abbé Tritheme & Ra: Amipali. gufeusrecognoiffent auoir eftéau-”4f#l Te Aiuto) fous fon tz; nor, que fous celuy de Platon & Mibens. d'Apulec; ou qu'ilaitexercél'Ono- ss mantie par le moyen des nombres communs reprefentez parles lettres

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del’Alphabet, les fept Planetes, les iours de la fepinaine, & les douze Signes, comme Flud nous le veut perfuader en fon liure du Microcofme: parce qu'en premier lieu cette forte de diuination eft fauffe & fans nul fondement, cette application des nombres fans nul rapport & eorrefpondance aux Signes & aux Planctes, cette Arithmetique totalement fabulcufe : & finalement parce que g’a toufiours efté l'ordinaire de tous ceux qui ont voulú donner vogue à femblables inepties, ou à quelques fubtilitezde Mathematiques, de les diuulguer fous lenom dece Philofophe, à caufede la grande init & cognoiffance qu'il a eu d'icelles: de quoy nous auons vn exemple aflez manifefte, enceque Claude de Boifliere quia depuis foixante ans augmenté la Rythmomachie , l'a pareillement

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diuulgucefous letilerede Zen Pythagorique, combien toutesfois qu'il foit conftänt & aucréque Pythagoren’auoitiamais non plus fongé à cette fubilité qui luy eft maintenantattribuec, qu'à toutes ces autres hiftoires , qui demandetoient pluftoft purgantes corporafuccos, Tyuenal; Quidquid ¿5 in tora nafeitur Anticira, far.8. quece qu'ilnous afallu dire dans ce Chapitre,pour monftrer leur grande ineptie & le peu de raifon que l'on auroit deles receuoir pour ve- - ritables.