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.
Defence de Pythagore.
HAP.
I nous n'eftions enfeignez pat Plucarque du di- lib. de au.
re de Pychagore,quiauoit dienés.
couftume de confeffer librement & de recognoiftre quele
plus grand frui& qu'il euft iamais
recucilly de la Philofophic eftoit de
nes eltonner de chofe quelconque:
difhcilement me pourrois-ie perfuader quilne s efmerueillaft beaucoup maintenant s’il venoità confiderer comme la malice & l'ignorancedes hommesa tellemét chanEla verité defon hiftoire,& le vray
ens de ladoétrine,que fa vie eft auiourd huy femblablea celle de quelque charlatan & maiftre ioueur de
pafle-paffe & tours de fubrilité, &
{es precepres fi fabuleux, ineptes, &
APO LO GIE
S LES
POVR TOVON
NAG
u
SRANDS PERS
-
qui ont efté fauffement
foupconnez de
Bart
MAGIE
vee
Par G. Navoe!' Parif.
inltos abfülserms, fi caperimus ante iudicare
guàm irafei..Scnecalib.3.de ira, cap.29.
..
—
-——
M. DC. XXV.
«Auec Prinilege du Rey.
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)CHAP.
X.
Defence de Pythagore,
I nous n’eftions enfeignez par Plutarque du di- lib. de au
2 94
re de Pythagore,quiauoit diendo.
couftume de confeffer li"brement & de recognoiftre quele
plus grand fruiét qu'il euft iamais
recueilly de la Philofophie eftoitde
nes eftonner de chofe quelconque:
difficilement me pourrois-ie perfuader qu'il ne s'efmerucillaft beaucoup maintenant ‘il venoità confiderer comme la malice & lienorance des hommesa tellemét change la verité defon hiftoire,
& le vray
fens defa doctrine,que fa vie eft auiourd huy femblableä celle de quelque charlatan & maiftre ioueur de
pafle-paffe & tours de fubrilité, &
fes preceptes fi fabuleux, ineptes, &
Page 3
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)cfloignez de toute raifon, qu'il ya |
veritablement de quoy seltonner
au fujet d'vne telle & fi prodigieufe
metamorphofe , laquelle fi nous
voulons reduire à fa premiere forme,& nettoyéricelle decetteroüille & vieille mouffe qui cache Jes
beaux trai&s & tout ce quil yade
plus naturel & veritable en l’hiftoire dece grand Philofophe,il ne faut
que fuiure l'ordre gardé dansle dernier Chapitre: & tout ainfi que la
vertu, precede le vice, & la verité
le
menfonge, monftreraufli premie- .
rement quelil a efté, fuiuantlerecit
veritable de ceux qui en ont eu le
plus de cognoiffance, pour iuger
puis apres plus facilement quelle
citime on doit faire de rousles con?
tes forgez à plaifir, qui Pont fai
auffi bien condemner de forcellerie
& d’enchantemens, come s'il n'euft
fait autre chofetoutle temps de fa
Page 4
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)vie que de broyer & mettre en pratique, contrele falut de fes femblables,
- Quidquid haber Circe quidquid Medea
venent,
Quidquid ¿5 berbarum The/Jala terra
gerit.
Ce perfonnage donc eftant nay
pour des chofes plus grandes & releuees que le comun des hommes,
& ne pouuant renfermer fon efprit,
capable de comprendre tout ce qui
eftoit fur la face
du mode, dans l’en~
clos d'vne ville,fe refolut d’allerapprendre chezles Egyptiens & Chaldees cequ’enneluy pouuoit enfeigner en fon pays, fçauoir Ceremo- Apuleius
niarum incredendas potentias, numerorum admirandas vices, és Geometriafolertifimas formulas. Comme en cffcct
il lerendit fi capable en toutes fortes de difciplines par cette peregrination de quinzearis,qu’il rapporta
2.Florid.
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commela defpoiiille des Egypticns
en Grece, & principalement en la _
ville de Crotone ou il commenga
dedreffer fon Academie, fuiuant
blr.co.
l'ordre que Pon peut voir dans Aulugelle, pour faire valloir le talent
qu'ils’eftoit acquis par les veilles &
labeurs, & n’enuier au monde la
cognoiffance detoutel’Encyclopedic, quiluy eftoit tellement particuliere & cogneué, que pour n'en
demeurer feuleméht autefmoignage de Diogenes Laérce & lamblique, qui pourroient eftrefoupçonnez de flatterie pource qu'ils ont
entrepris de defcrire fon hiftoire,
il n'y auroit nulle apparence d'en
douter apres le confentement vniuerfel de tous les bons Autheurs qui
luy ont fidelement conferué l'honneur & le refpe& qui cftoit deuafa
capacité. Car finous voulonscommencer par fa Philofophie, c'eft ve-
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)AProLocıE
ritablement celle de laquelle rious
deuons lemoins douter, puis qu'il
et appellé par Apulee primus Philo- 15.2. Fle:
lofophie nincupator gr creditor, tant”.
pour auoir change le nom de Sagelfe,trop fuperbea fon aduis,en celuy
de Philofophie, que d'autant qu'ila
efté le prince & premier chef dela
fecte Italique des Philofophes, come Thales l’auoit efté del’Ionique
au recit de Diogenes & des autres
Efcriuains ,& que Reuchlin ce premier flambeau qui a chaffé les tenebres de l'ignorance en Allemagne,
a deftiné le fecond liure de fon Art
dela Cabale pour expliquer & faire
reuiure en fon pays la Philofophie
de Pythagore,a limitation, comme
il dit,'de Faber Stapulenfis & Marfile Ficin qui auoient mis en vogue
tant en France qu’en Italic celle
d’Ariftote & de Platon: enfuittede
quoy fion veut prendrela Medeci-
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ne, Diogenes & Apulce font preu.
>-Flovid. “Wes legitimes pour nous fairecroire
qu'il en auoit vile parfaiéte conoiffance: Comimeaufli le mefine
È peut peut encore verifier desquatre parties de Mathematiques,parce
que premierement quant à ce qui
eft de l'Arithmetique & fcience des
Nombres; outre le tefmoignage
de ces deuxAutheurs l'on peut choifir comme entre vne milliace d’auin Lucullo. tres celuy de Ciceron', qui dit que
Pythagore deduifoit toutes chofes
de fes Nombres & principes de Mathematiques, aufquelsil attribuoit
detres-grands myfteres,& leur donnoit lénom de certaines Diuinitez
qui font expliquez fortamplement
ib.de tfde par Plutarque & Calcagnın , fon9 Ofride dant fur iceux la- fubtilité de cette
ee ti ancienne couftuiñe de rendre rai4
de toutes chofes par les nombres,comme Picus aucit promis de
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)faireen fes
Conclufions pout reftablir cette Philofophienegligee depuis letemps de Pythagore, quife
l'eftoit rendué tellement familiere
& cogneuë, qu'il fe feruoit mefme
dela difficulté d'icelle pour efprouuer l'efprit defes difciples,& pour fe
mieux fonder & inftruire en la pratique de la Geometrie, laquelle il
entendoit fi parfaitement bien,
qu'il fut le premier qui reduifitles ive
inftruments de Geometrie (del’in- ¿pad KA
uention de Maris) d'imparfaiétsgeon.
qu'ils eftoient ‘auparauant è leur mena
perfection, & qui donna pareille gen,lib..
ment le premier vfage des poids & “*?mefures aux Grecs :'ce quilne pouuoit faire que parlemoyén de cette
feience, à Peltude de laquelle il fé
portoit de celle affection, qu'ayant
trouuévne belle propofitiö en icelle qui eftla 47: du premier des Ele+
mens d'Euclide, il fut
fi tranfporté
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)d’aife pour cette inuention, quiilen
apollodor. rendit graces aux Dieux parvn hccatombe ou facrifice de cent Bœufs:
fel ” Ces deux fciences lui feruirentcomme de degrez pour
le faire monterá
deux autres beaucoup plus nobles
& releuces, de la Mufique & del'Aftronomie , la premiere defquelles
he Ígauroit máquer de lui eftretora= lement attribuee,puifqueMacrobe,
Sciplik.,. Boece, Ficin, Gafurius & Calcagnin
FU x (pour ne citer tous les autres qui
repo. font demefme opinion ) defcriuent
incompen- fort particulierement l’induftrie de
Fire laquelle il fe ee
nan les
1.cep.8. tons de noftre Mufique,par le moyé
Epiftel. li. de l'accord & proportion qu'il resf
.f70.
marquoit aux forgerons quand ils
e
n
battent cinq ou fix fur leurs enidem
clumes, & quele mefme Macrobe,
Athenee & Maxime de Tyr demeurent aufli d'accord qu'il defcouurit
premier que pas vn autre l'harmonic
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)nie mondaine & calelte,foirqu'on
la vueille expliquer de l’admirable
ordre & fymphonie delanature,
ou
de la mufique que Pontusde Tyard ;;14. pei.
& Kepler ont encore fouftenu de-prefrhb
.
.
fem. ı1.
puis peu fe deuoir faire par leroule-’;, Dialog.
ment proportionné de ces globes 1.445
& grandes machines des Cieux."
D'où l'on peut tirer come vne preuuetres- manifelte dece qu'il fgauoit
en l'Aftronomie,
pour laquelle apprendre Iuftin dic qu'il pafla d'E- 18.20:
gypte en Babilone, & Pline auec 14... pi.
Laërce confirment que ce fut luy za.
qui demonftra premierement l'obliquité du Zodiaque, & quelle
eftoit la nature & condition
de la
Planete deVenus. Finalement pour
ce qui eft du relte des autres fciences, Pon peut iuger qu'il n’en eftoit
pas moins fourny que des prece- A
dentes, tant parle rapport d’Ouide AR
& celuy d’Apulee, quidit que Py- 2.Fid.
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)thagore apprit des Brachmanes,que
mentium documenta,que corporum exercitamenta , quot partes animi, quot vices
vite, qua dijs manibus pro merito füo cuique tormenta Vel premia. Que par la
confideration des loix qu'il donna
aux habitans de Crotone, & des
trois liures que Plutarque & Diogenes difent qu'il compofa, l'vn de
Pinftitution, l'autre dela Ciuilité,&
letroifiefme dela Nature,larenommee defquels fut fi grande enuers
Platon que Philolaus les voulant
mettre en lumiere il donna charge
que l’on euft à les luy achepter au
prix de cent mines d'argent, Certe
cognoiflance vniuerfelle de toute
l’Encyclopedie le fit tellement refe pecter de fon viuant,que Plurarque
mions des dit qu'il enfeigna plus derrenteans
Philofo- fans difcontinuer tant è Crotone
ei qu'à Metapont, eitant toufiours
fuivi de plus de fix cens Auditeurs,
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)qui. pour l’integrité de fa vie & Peloquence de fes difcours receuoient
toutes fes paroles comme des oracles,iufques la mefmequ’au tefmoignage de l'Orateur Romain, fon 1.de nat,
Deorum.
authorité feruoit deraifon; & que
plufieurs Princes & Potentats d’italie eftoiét bien aifes, aurecit de Plu_. ._,
y
an TYaillé
tarque,
de prendre fon aduis en tou- gu’ynPhites leursaflaires, deforte que pour pt:
la confideration de fes-metites, les,
Metapotains incotinent apres qu'il es Princes
furmortconfacrerent famaifon &
Pappellerét l'OratoiredeCéres & la
rué facree desMufes:& les Romains
ayans eu vn Oracle du temps de la
guerre des Samnites qu'ils dreffaffentdes Statuésà 2. hómes,P
vn defquels cult eftéle plus belliqueux, 8
Pautrele plus fage d'entreles Grecs,
ils defererent proptement cet honneurà Alcibiade & Pythagore,parce que le premier auoit cftele plus
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)grand Capitaine de fon temps, & le
dernier s'cftoit acquis vne tellereve qui
Cicero 4. nommce par toute l'Italie,
Tufesl,
Sapiens habereturis continuo P ythagorens
pataretur, Mais ce ne feroit iamais
faict qui voudroit parcourir tous
les Eloges & tiltres d'honneur dece
perfonnage qui font diffus prefque
par tousles liures des Anciens, qui
Pont euentres-grade reputation &
reucrence,commeala verité ceftoit
vn des beaux efprits de route! Antiquité, quiaeftéle plus porté aubié,
& qui seft autant ou plus eftudié
que pas vn autre du Paganifme, de
ramener l’homme au refpeét & à la
cognoiflance d’vne premiere caufe,
& letirer dela defbauche & diffolution pour l'efleuér à la contemplation des chofes naturelles & ciuiles.
C’eft pourquoy puifque le peu que
nous auons dict de fa capacité eft
affez {uffifane pour faire iuger du
Page 14
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)refte que Pon en pourroit dire: il
faut examiner maintenant toutes
les fauffetez ou pluftoft refueries
que les cnuicuxde fa vertu & les ennemis de fa gloire ont faict infenfiblement couler dans le narré de fa
vie, fondez, comme il efta croire,
fur fa grade doctrine, & la cognoiffance extraordinaire quil auoitdes
Mathematiques: pour faire iuger
par le peu d'apparence & l'ineptie
de ces contes, combien ceu#là font
efloignez dela raifon qui pour n’examiner les preuues qu'on leur donne, croyent pareillement quetous
les Anciens Philofophes& premiers
Autheurs des fciences & difciplines,
qui font appellez par Seneque Pre- epif.6s.
‚ceprores generis humani, n'ont efté autres qu'Enchanteurs & Magiciens.
Car pour cequi eft particulieremét
de Pythagore,ils fepgrfuadent qu'il
my a nulle apparence d'en douter,
O iij
Page 15
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)apres les tefmoignages quel'on en
(49.83.16.
28.
peut mefme tirer de Tamblique en
{a vie,de Pline, Tertullian , Origelibra.
nes, S. Auguftin, Ammian Marcellin, & de celuy qui ale plus do&eCapit.
lib.de ans- ment efcrit {ur cette matiere lelefuite Delrio , pourne point mettre
aducrfus
en ligne de compte l'authorite de
Celfum.
0.17.30.
MA.
kb.7.de
Ernie c.3$.
certains Demonographes modernes, quibus fatisfactum non eft, comme
difoit Sarifbericnfis,nifilibelli doceane
lib.3. Me.
talog.cıt. quidquid alicubi feriptum insenitur, &
qui pour cette occafion eltouffent
leur ingement fous le ramas & la
lb.21.
biffor.
multitude confufe de tous les contes qu'ils peuuent regratter fur ce
fujet , tels que font ceux quills nous
produifent en l'hiftoire de ce perfonnage, dont on peut voir quelques-vns dans Boiflardus qui femble auoir plus trauaillé que pas vn
autre pour le ranger parmy les Magiciens, qu’il defcrit en fon liure des
Page 16
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)Diuinations. Duquel & de tousles
precedents on peut recueillir que
Pythagore a efté reputé Sorcier &
‚Enchanteur, parce que premierement il auoit longtemps.demeuré
en Egypte, & s'eltoit exercé en la
lecture des liures
de Zoroaftre, où
il auoitappris,comme
il eft à conicéturer,la pro prieté de certaines herbes quilnommoit Coracefia, Callicia, Menais,Corinthas & Aproxis, def
quelles les deux premieres faifoient _
glacer l'eau quand elles y eftoicnt
mifes, les deux fuiuantes eftoient
fort fingulieres contre la morfure
des ferpens, & la derniere s'enflam-_
moit foudainemét defi loing qu'elle voyoit le feu. Comme aulli en
l’vn.de fes Symboles il defendoit
expreflementl'vfage des febues, lefquelles fuiuant la mefine fuperftition il faifoitboüillir &les expoloit
quelques nuiétsà
la Lune, iufques
O iii.
Page 17
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)à ce quepar vh grand reflortde Ma‘gio elles vinffent à fe conuertir en
fang,qui luy feruoit peut-eftre pour
faire cet autre preftige duquel fait
lib.9.0.23.
mention Ceelius Rhodiginus apres
Suidas & Interprete d’Ariftophanes en la Comedic des Nués, qui
difent que cePhilofophe efcriuoit
auec di fang fur vn miroir ventru
ce quebon luy fembloit, & qu'oppofant ceslettres Ala facede la Lune quandcliceftoit pleine,il voyoit
dans le rond de cet Aftre tout ce
quiilauoit efcricdans la glace de fon
miroir. A quoy Fon peut encoreadioulter qu'il parut auec vne cuille
d'or aux ieux Olympiques, qu’il fe
fit faluer par lefleuue Neflas, qu'il
arrefta le vol d'vn Aigle, appriuoifa
vne Ourfe, fitmourir vn ferpent, &
chaffa vn bœuf qui gaftoicvn chap
de febacs, parla feule vertu de certaines paroles. Erdeplus qwilfe fit
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)voir en mefme iour & en mefme
heure en la ville de Crotone & en
celle de Metapont, & qu'il predifoit les chofes futures aucc telle affeurance, que beaucoup tiennent
qu'il fut nommé Pythagore parce
qu'il donnoit des refponfes non
moins certaines & veritables que
celles d'Apollon Pythien, ce qu'il
pouuoitfaire
par l'Onomantie qui
luy eftoit tres-familiere, comme il
eft facile deiuger par les fragments
quinous font reftez de fon Arith_metique fuperftitieufe & delaroué
qui luy eft attribué par Flud & Ca- a1...
can. lay honte veritablement der?
grofhr ce Chapitre par la relation}... de
de tant de fables & menteries fi fa-/aGeoman,
des & mal coufués; qui nous pcuuent faire dire auec plus
de raifon
que ne faifoit anciennement Ic
Poetefatyrique, : 7
‘Quid dicore ergo? *
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)Velquo nunc fugeret , finunchecmon(tra videret
Pythagoras?
Pour moy ie croy qu'il feroit efgalement agité de deux paflions diuerfes, & que s'il n’admiroitle peu
deiugement de ceux qui difent de
luy, ce qu'ils feroient confcience
d’affeurer du plus infigne bafteleur
& charlatan quiayt iamais efté, au
moins auroit il compaflion de ce
qu'ils apportent fi peu deiugement
auchoix & au triage de toutes ces
preuues,quinepeuuent eftre en aucune façon receiies pour legitimes;
puifque nous pouuans dire generalement d'icelles, qu'il n'ya aucune
apparence de croire quvn homme
qui a efté fi ferieux toutle temps de
fa vie, & fi dote (come nous l’auôs
montré cy deffus ) fe foit voulu
amufer à toutes ces vaines folies & :
fubtilitez, qui n’ont iamais eu d’au-
Page 20
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)AT OL ON IE.
tre occafion de leur premiere naiflance & origine quel'ignorance de
la populace & la malice de fesennemis & enuicux. Von enim, commea
remarqué fort à propas Reuchlin, „, ’
caruit æmulorum linore preftantifime * Cabal.
eins viri virtus, innocentißima Vita, egregia doftrina, celebris fama, vequefit nibil
nonpollutum reliquerunt invidi carptores
Tyinon, Xenophanes, Cratinus, Arifto~
phon,Hlermippus,
cr ali qui de Pythagorafois in libris médacia plurimaferipfere.
Ce quil dit particulierement pour
les contes qui s’eftoient gliffez pariny fa Metempfychofe & la defence qu'il faifoit de mager des febues:
car pour ce qui eft des hiftoires qui
concernent fa Magie, illesa reputees tellement faufles Se abfurdes,
quil n’en a voulu faireaucune mention en celiure, ou il en deuoit toutesfois rapporter la plus grande
partie Sil les euft iugecs veritables.
Page 21
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)puisqu'il vouloit prouuer en iceluy
ucla do&rine de Pythagore auoit
beaucoup de reffemblance auec la
Cabale des Hebricux,qu'il tientluy
mefme dans fon liure de verbo mirifico, pouuoir faire vne infinite de
chofes eftranges & extraordinaires
par la vertu des nombres & des paroles. Età la verité fila Metempfychofe & tranfanimation, qui eftoit
l'un des principaux poindts de la
doctrine de Pythagore, fila pluspart de fes Symboles, la defence
quil faifoit de manger des chofes
animees, les principales actions de
fa vie & l'hiftoire de fa mort, font
tellement debattues & controuerfees dansles Autheurs, quelleaffeurance pouuons-nous auoir de ces
petites bagatelles & tours de charlatan, veu mefme que Diogenes &
lamblique les ont fort iudicieufement paffez foubsfilence, n’enfpe-
Page 22
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)cifiant que deux ou trois d’vn fi
grand nombre, & ce encore fous le
rapport de quelques autres Efcriuains: A l’authorité defquels finous
voulösneantmoins fatisfaire, comme auflià celle de tous ceux qui ont
cftiméPythagore Enchanteur,nous
pouuonsdire raifonnablemét quiils
ont inferé dans leurs liures non
pointl’opinion quils tenoiét dece
perfonnage,mais les faux bruits qui
en auoient efté de tout temps femez
entrele peuple par
la malicede Timonle Phlyrfien & fes autres ennemis; quiviro alias Coryphao propemo- pd.
dum, magica vanitatis crimen inuftumlib.i9.c.7
voluerunt : donnant vogue pour cette occafion a toutes les fables que
nous auons propofees cy deflus; lefquelles combien qu'elles fe refuréc
aflez d'elles melmes, l’on peut dire
toutesfois pour monftrer lineptie
de chacune en particulier , que ce
Page 23
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)chap.
os.
AproioGiri
;
quia elté dict cy deflus de la Magie
d'Egypte & desliures de Zotoaftre,
fait aflez paroiftre que le voyagede
Pythagore ence pays, & lalecture
jue Clement Alexandrin dict qu'il
auoit fait des liures de ce personage,
font pluftoft preuucs de ce qu'il fçauoit ef la Phyfique, Medecine &
Magie naturelle, que de ce qu'il
pouuoit faire en la Goctique & fuperftiticüfé: commeil eft encore facile de conie&uret qu'il eftoit fore
verfé en lapremiere,par Pvfagé & la
cognoiflancé que Plirie lui attribue
de certaines herbes,defquelles neätmoins nosaduerfaires veulent tirer
comme vne preuue cerrainé pour le
conuaificre de Magie, ce qu’ils euf- I
fent pew faire raifonnablemét
fi Pythagore les cult defcrites aucc autat
de fuperftition que firent autresfois les leurs Andreas & Pamphyle
auliure que Galien dit quils auoiér
Page 24
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)compofé des charmes & change-!#. En
ments des herbes facrees aux De
mons, ouqu'illes cuftfai& cucillir
fous quelque Aftre on Planete, come celles quieftoient anciennemét
appellees herbe Decanorum, pour la
raifon qu'en donne M. Moreau en cap. 19. *
fon tres-dodte & laborieux Com-t*:323mentaire fur l'Efchole de Salerne:
mais Pline ne difant rien d'icelles
qui approche en aucune façon de
ces vaines ceremonies & obferuations, ie ne fçay pas quelle raifon
Yon peut auoir d'en faire vne conieéturefidefauantageufe, veu principalement qu'il met en doute
fi le li-e#.17. x.
ure où elles font defcrites doit eftre
pe
attribué à Pythagore ouà vn cer-
|
tain Cleemporus ; :& que encores
bien qu'il faille fuiure l'opinion de
ceux qui leluy donnent, leur faculté toutesfois n’eftoit point
fi prodigicufe & extra-ordinaire quelles
Page 25
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ne fe faffent recognoiftre tous les
iours tant en la Maulue, Bafilic;
Meliffe, Veruenne, Marrube, lufquiame, Cyprez, Benjoin, Figuier
& Germandree,qui font tres-fouueraines contre lamorfure des Serpés,
qués feuilles de Saulx, de Vignes,
Laictues, Violettes & Nenuphar,
qui peuuent encore plus facilement
refroidir l'eau qu'elles ne font l'air
dans la chambre des malades; ioint
quily pouuoit mefler du Salpeftre,
duquel on fe fert comme de glace
pour rafraichir le vin durät les plus
grandes chaleurs de l'Efté: & Pline
mefmefemble donner raifon dece
que l'on pourroit eftimer le plus
difficile en la vertu & proprieté de
ces herbes, quandil dict quela racined’Aproxis s enflammoitdeloing
comme le Naphte , parce qu'elle
pouuoit participer de la nature de
toutes leschofes bituminenfes, qui
Page 26
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)eft d'exhaler beaucoup d'efprits gras
& vnétueux qui prennent feu tout
ainfi que la fumec d’vne chandelle
efteinte, de quoy l'on ne peut aucunement douterapres le nombre infini d'experiences qui en ont efté recucillies dans les liures de Libauius lib.de ira.
& d’A gricola. Les prenues qui font leis
fondees fur la defence que ce Phi- serranei.
lofophe faifoit demanger des febues, &le moyen qu'il tenoit pour
conuertir leur fuc en fang, fe peuuent aufli facilement refuter queles
precedentes, puifque Reuchlin fe
mocque à bon droi& de toutes les
inepties que beaucoup de ceruelles
creufes & difloquees ont forgéfur
cette defence, celles que pouuoit
eftre celle de Hermippus dans Diogenes, quicroyoit que Pythagore
auoit mieux aime fe fairetuer furle
bord d'vn champ de febues que de
pafler au traners pour fe mettre à
Page 27
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)couuert de {es ennemis. Et fi tant
eft quil lesaitdefendués, cen'acfté
pour autre raifon que la premiere
sap.ig.
des cing quen donne M. Moreau
au licu que nous auons citédefon
Commentaire fur l’Efchole de Salerne, fçauoir que Pythagore qui
commandoit à fes difciples de fe
coucher au fon de la Lyre & des
chants agreables , comme pour enchäterl’ame & la ramener parl’harmonie dans fon reflort, leur defendoit auffi tres-expreffément Pyfage
de ce fruiét,
le fuc duquel pour'eftre
flatueux, groflier & de mauuaife
nourriture, enuoyedes vapeurs au
cerueau, quil’appefantiffent
& deftournent l'efprit de pouuoir librement vacquer aux contemplations
de Philofophie,
qui eftoientneantmoins le premier but & principal
entretien de fes {e&tdteurs. L'on
peut dire pareillement qu'il n'y
Page 28
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)auoit rien d’extraordinaire en cette
conuerfion qu'il faifoit des febues
en fang , veu que M. Moreau monftre tres-clairement en fondit Commentaire, que fuiuantles principes
des Chymiltes qui mettentla fimilitude & reffemblance pour caufes
de l'action, c’eft vne chofe qui fe
peut faire & expliquer par raifons
naturelles: fans toutesfois quel’on
fe doiue perluader que Pythagore
fe feruit de cet Elixir de febues ou
du fang humain pour efcrire fur fon
miroir ventru: car outre le peu de
_faifon qu’il auroit eu d'y employer
pluftoft le fang que quelque autre
liqueur, Campanella prouue par des 34, 4. ¿e
raifons tres-folides que cette opera. fenf#,e-16tion eft dutoutimpofiible : & quad
Agrippa s’eft vanté d'en auoirlefc- st
cret,& Noel desComtes aefcrit Bene
du temps de FrangoisI.& Charles; ,.....,
quint l'on fgauoir à Paris la nuict oy shel.
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)tout ce qui s'eltoit paflé le ¡our
au Chafteau de Milan, le premier ne
ledifoit que pour fe vanter & mettreen vogue, ce que nous monftrerons plus amplement dans fonChapitre, & larelatio du dernier eft vne
purefable & bourde controuuee
par ceux qui ont voulu ioindre la
Magic aux armes deces deux grads
Princes, comme l'on dict que firent autresfois Ninus & Zoroaftre,
Pyrrhus & Crœfus, Nectanebus &
Philippes de Macedone. Ce qui
nous doit faire iuger que tout ce
quel'on dict de ce miroir de Pythaore luy eft auffi fauffement attri-
Bad quel’ Arithmetique fupeftitieufe & la roiie de l'Onomantic, ou
ue sil l'a iamais mis en pratique
c'eftoit infailliblement quelque
ieu, preftige & fubrilité: & pour
conclureauec Suidas,mui/rio alg x8mv. L'on pourroit faire enco-
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)re auec raifon le mefme iugement
dece que Diogenes Laérce rapporte de la cuiffe d’orde ce Philofophe,
puifque Plutarqueditouuertement
enla vie de Numa,
que ce fut vne
feinte & ftratageme de Pythagore
qui fe vouloit mettre en credit de .
quelque Herosou demy-Dieu parmylegrand nombre de peuple qui‘
afliftoir à la folemnité des ieux
Olympiques : combien que l'on
puiffe direaffez probablement cefte
cuiffe d'or neluy auoirefté donnee
par les Anciens que pour feruir de
fujet à vn fens allegoric & moral, :
non pointtel que Ele font imaginezles Alchymiftes qui croient que
laboétede Pandore, latoifon de Iafon, le caillou de Sifiphe, & la cuiffc d'or de Pythagore, [ont les vrais
hieroglyphiques de leur pierre Philofophale ;:mais tel. veritablement
qu'il eft enfeigne par Calcagnin
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)quand il dic en l'explication des
marques particulieres detous lesanl.,.rpiß.ciens Philofophes, que Pythagoræ
S4%
rerum abditarum pretium eo excellens
indicatura, famur aureum fecit: comme
il n'y auroitaufli nulle raifon de prédrecette cuiflealalettre,&de croire
qu’elleait efté d'or maflifcommela
dent du ieune garçon de Silefie
qui vivoit il nya pas trente ans;
tant parce que c'elt vne chofe du
toutimpoflibleä la nature & à l'arr,
que pour le peu d'accord qui fe rencontre és Autheurs qui parlent d'ilib.1.e4p.s. Celle,les vns difans dans Delrio,que :
vf ce fut vn fleuue d'orquil fit couler
ui. aux icux Olympiques , &lesautres
web. que ce fut veritablement fa cuiffe,
qui parut d'or; au recit d'Ælian,
Plutarque, Diogenes & Lucian, ou
3.6 con- d'uoire , fuiuant l'opinion d’Oria qar genes qucteftimela plus probable,
d'autant qu'il eft facile de conicétu-
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)rer d'icelle, quecettecuiffe n’eftoit
autre quela naturelle & animce de
Pythagore,qui pour eftre belle, bliche & polie, fut peut eltre louce par
quelquesvns de fes amis,de ce qu’elleeftoit femblable a Piuoire, come
nous voyons que Salomon s’eft feruy de cette comparaifon pour loiier
fon Efpoufe auCantique des Cantiques, oil dit, Venter tuus eburmens,
ah
Collum zunm ficut curris eburnea, & que”
les Dieux ne peurent choifir vne
matiere plus propre que de celle là
pour faire vne efpaule à Pelops, à
‘caufe de la couleur & autres rapports qui font prefquefemblablesà
È
l'iuoire & à vne charnure delicate &
polie, telle que pouuoit eftre celle
de ceftecuiffe tant vantee de Pythagore. Qui pour la confideration
de toutes ces operations fi miraculeufes, fut auflı falué par le Genie
d’vn fleuue que Diogenes Laerce
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)in vita Py. dit auoir efté celui de Neffus, Apolebagor.
lonius Dyfcolus celuy de Samus, &
Porphyre celuy de Caucafus,laquellediuerfité monftreaffez quel iugeméton doit faire d’vne telle falutation, qui ne peut eftre que fabuleufe, fi ce n’eft que Pon vucille dire
pour fauuer l’authorité de ces Autheurs, que ce fut encore vnerufe &
fubtilité politique de Pythagore,
femblablea celle qu'il me fouuient
auoir leu de Mahomet, qui
fit cacher vn de fes compagnons fous
terre pour crier parle moyen d’vne
farbacane,quand il l’entendroit paffer accompagnéd'vne grande multitude de peuple, que Mahomet effoit
le grand Prophete enuoyé du Dieu vinant,
ce quil fit auec autant d’induftrie
wilen eut vne mauuaife recopenio car Mahomet voulant faire en
forte que la tromperie dece miracle
ne fuft iamais defcouuerte,pria tous
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ceux qui l’affiftoient, de marquerle
lieu ouilsauoienteuvnereuelation
fi notable, en y amaffant vn gros
merger & tas de pierre, ce quils firent incontinent auec vnetelle deuotion que ce pauure Ange fousterrain fut aufli-toft enfeuely qu'efcrafé foubs la pefanteur d’vne telle
maffe & pyramide. Si ie ne craignois de faire tomber Pythagore
en vn peril levoulant deliurer d’vn
autre,& deluy donner le nomd’vn
impofteur ou rufe politique, pour
luy ofter celuy de Magicien; teme
feruirois encore de cette explication, pour refpondreà ceque l'on
diét qu'il paruten mefmeiour & en
mefme heure és deux diuerfes villes
de Crotone & Metapont: carcette
chofeeltant du toutimpoflibleaux
hommes, quine doiuent pas moins
felon leur effence & nature eftre
vnis chacun enleur particulier , que
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)feparez detoutautre, & ne seftant
fai&c par permiflion diuine, commeles apparitions en diuers lieux &
en mefine temps des Sainéts Ambroife, Agathe, Nicolas, & Benoilt;
il faut conclure ou que Ceft vnepure chimere & fiction, ce queie prendrois pourleplus veritable, ou que
elle fe fit par larufe & fubrilité de
Pythagore, qui fitcontrefaire fon
gefte & fa perfonne à l'vn defesdi{ciples
ou compagnons, qu'il enuoya parler fous Een nom 4 quelque pauure femmelette & payfan
del'vnede ces deux villes; ce qui fut
affez fuffifant de faire courirle bruit
de cette’merueilleufe apparition,
qui fe doit expliquer en cette forte,
fans auoir recours aux efprits & demons, parce que premicrementelle
necontient aucune difficulté ouin& que Diogenes expliconvenient,
que parvn moyen femblable,ce que
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)Hermippus mettoit en auant de las la vied
defcente de Pythagore aux Enfers, ”””
& Plutarque les contes que l'on faifoit de fa cuiffe d'or, & de PAigle
quil auoit fi bien inftruit quil le
faifoit defcendre quand il voloit
deílus fa tefte, comme l'on dit que
Mahomet faifoit fon pigeon. 11
fembleroit toutesfois , à propos de
cet Aigle, que Pythagore euft fort
bien entendu cette partie de Magie
qui confifte aux ligatures, fi nous
n’auions des raifons fuffifantes pour
refpondre à tout ce que l'on dit de
la puiffance qu'il auoit fur certains
animaux. Car fil’on-veut mettre cn
icu qu'il nourriffoit vne Ourfe domeftique & familiere en fon logis,
quelle apparencey auroit-il neantmoins de conclure qu'il l'eufbappriuoifee par Magic, puifque,pour
point parler de celle qui futlanourrice de Parisle Troyen¿ou d'vneau-
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)trea qui S. Corbinian faifoit porter
le baz au lieu de fon Afne qu'elle
auoit deuoré,les deux Ourfes nomAMI,
Marcel.
mecs Mica aurea El innocentia, que
PEmpereurValétinian faifoit nourrir en mefme chambre quafı que la
fienne,
& celle que Sindrigal Prince
des Lituaniens auoit accouftumé
à venir tous les matins de fon gifte
& repaire frapper
à Phuis de fa chabre, & receuoir vne certaine diftri_bution pour fa nourriture, auec laquelle elle s’en retournoit aux bois
iufques au l'endemain qu'elle reucnoità la mefmeheure; celles-la, disie, font affez capables de nous faire
admirer la docilité de cesanimaux,
qui ne font point
fi farouches que
l'induftrie des homes ne puiffevenir.
à bout de les dompter, en vertu, cóme il faut confeffer,de certaines paroles non point magiques & fuperftiticufes, mais de celles qui furent
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)prononcees par le Createur de toutes chofes, quand il dit à nos premiers Peres, Dominamint pıfeibns Ma- Genef.r.
ris, eo volatilibus cali, eo vninerfisanimantibus que monentur fuper terram.
Iln’yauroitaufli aucune apparence
d'infifter plus long temps fur ce que
Pythagore fic mourir en prononcant certains mots vn ferpent qui
faifoit beaucoup de dommage en
Italie, parce que Boiffardus qui
nous donne Ariftote pour garand
decettehiftoire, necite point leli-
& que fi on veut
ure d’où il l’a prife,
en rechercher la verité de plus prés,
Pon trouuera qu'elle eft totalement
fauffe , n'eftant fondee que furl'ignorance de ceux qui changent Socrates en Pythagore, & quiprennét
pourargent contant la fable qui eft
reciteedu premier dans vn liure des,
caufes & proprietez des Elements?"
que Patrice monftre auoir efte auth
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)fement attribué à Ariftote. Mais cette inadüertance de Boiflardus pourtoit efté facilement excufee, sil n’en
auoit commis vne beaucoup plus
grande &remarquable quandileire
Plutarque enla viede Numa pour
authorifer l’hiftoire du Bœuf que
lib,i9.c.7. Pythagore fitretirer d’vn champ de
febues apres luy auoir chuchere
quelque chofe à l’aurcille. Il euft
mieux fai& deconfeffer qu'il Pauoit
traduitte de Coelius Rhodiginus
qui cite veritablement Plutarque
au commencement defon chapitre,
mais fur yn autre fuje& que celuy de
cette fable, delaquelle on netrouuera point qu'il ayt fai& iamais aucune mention : c'elt pourquoy fi
nousluy voulons donner vnederniere fecouffe , il faut dire qu'ileft
hors de raifon quece Philofophefi
graue & vertueux en tout lerefte de
fesactions, fe foit voulu mettre en
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre). peine de chaffer cet animal, veu
principalement qu'il eftoit comme
Pexecuteur de fa volonté, foulant
aux pieds & trepignant des febues,
l'vfage defquelles il auoit en plus
grande abomination que de chofe
du monde; & qu’encor bien qu'il
euft voulu prendre la peine de le
faire, l'on ne doit pourtant croire
que g’ait efté par la vertu de certaines paroles, ou par les moyens cognus & pratiquez par certains char-
Tatans, comme l'on peut voir dans
Emanuel de Moura, Pierius & Car- de Enfaldan, puifque le moinidre enfant qui ages .
fe fuft approché de ce bozufen pou- 1
uoit auflı facilement venir à bout 20.2.
quefit cePhilofophe. Finalement “3...
pour ce qui elt de fesconieétures & glypb.tis.
predictions, l'on peut dire qu'elles oe
ne pouuoient eftre que de trois for- /ib.2.ccrtes, [cauoir ou morales comme cel- 1.4%
i
d
trata.
es de Soerate,ou naturelles comme conprad. >;
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)celles de Pherecides, Thales & Ana:
xagore, ou diaboliques & fuperftitieufes come celles de tous les Magiciens:& que puis qu'il eft facile de
conicéturer par ce que nousauons
di& cy deffus de fa doctrine qu'il
pouuoit facilement pratiquer les
. deux premieres , ce ne feroit pas vne
moindre beftife & fimplicité de
croire qu'il euft exercé les dernieres,
que dereceuoit lespreuues que l'on
en donne pour legitimes & vallables, veu qu’elles ne font fondees
quefur l'Arichmetique fuperftitieufe & la roué d'Onomancie qui luy
tom tera. font fauffement attribuees par Flud
2. parti,
liba.&8.
& Catan: car cette Arithmetique &
ticoroce/: toutes les refueries qui fe font glifforlafn de
fees à l’adueu d'icelles ne font rien
J4Gcom.
qu’vne pure imagination de ceux
qui ont voulu gloffer fur le paflage
de Plutarque, oùil dit queles Pythagoriens ont honoré les Nombres
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)bres & les Figures Geomerriques
de nom de Dieux, appellant le
Triangle à coftez efgaux Pallas &
Tritogenia, parce qu'il fe diuife efgalement aucc ‘trois lignes tirees à
plób de chacun de fes angles,
& dénantlenomd'Apollonàl'vnité, de
Contention& Audace au binaire,&
de Iufticeau nombre de trois,pourautant que, ofenfer ou cltre offenfé, faire ou fouffrir tort, fe fait l'yn
par excez & l'autre par defaut; la lu{tice demeurant au milieu en efgalité. D'où l'on fai&tvn grand torta
-ceperfonnage, de croire qu'il fe foit
jamais amule à la pratique de cette
roiie, que l'Abbé Tritheme & Ra: Amipali.
gufeusrecognoiffent auoir eftéau-”4f#l
Te Aiuto) fous fon tz;
nor, que fous celuy de Platon & Mibens.
d'Apulec; ou qu'ilaitexercél'Ono- ss
mantie par le moyen des nombres
communs reprefentez parles lettres
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)del’Alphabet, les fept Planetes, les
iours de la fepinaine, & les douze
Signes, comme Flud nous le veut
perfuader en fon liure du Microcofme: parce qu'en premier lieu cette
forte de diuination eft fauffe & fans
nul fondement, cette application
des nombres fans nul rapport &
eorrefpondance aux Signes & aux
Planctes, cette Arithmetique totalement fabulcufe : & finalement
parce que g’a toufiours efté l'ordinaire de tous ceux qui ont voulú
donner vogue à femblables inepties, ou à quelques fubtilitezde Mathematiques, de les diuulguer fous
lenom dece Philofophe, à caufede
la grande init & cognoiffance
qu'il a eu d'icelles: de quoy nous
auons vn exemple aflez manifefte,
enceque Claude de Boifliere quia
depuis foixante ans augmenté la
Rythmomachie , l'a pareillement
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)diuulgucefous letilerede Zen Pythagorique, combien toutesfois qu'il
foit conftänt & aucréque Pythagoren’auoitiamais non plus fongé à
cette fubilité qui luy eft maintenantattribuec, qu'à toutes ces autres hiftoires , qui demandetoient
pluftoft
purgantes corporafuccos, Tyuenal;
Quidquid ¿5 in tora nafeitur Anticira, far.8.
quece qu'ilnous afallu dire dans ce
Chapitre,pour monftrer leur grande ineptie & le peu de raifon que
l'on auroit deles receuoir pour ve-
- ritables.