Propos sur l'edition de textes astronomiques grecs des Ive et Ve siecles de notre ere

Auteur
Tihon, A.
Publié dans
Les problemes poses par l'edition critque des textes anciens et medievaux
Année
1992
Sujet
TEXTS
Langue
Français
Catégorie
C5 Astronomy
Numéro d'archive
3321

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TAM OSONA \aa> ANNE TIHON PROPOS SUR L’ÉDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS _ DES IVe ET Ve SIECLES DE NOTRE ERE Les textes et documents astronomiques provenant de l’antiquité tardive (IV°-V¢ siècles de notre ère) sont extrêmement abondants et un bon nombre d’entre eux sont encore inédits, qu'il s’agisse de traités rédigés, de notes ou de scolies marginales, de tables astronomiques ou de simples diagrammes. Une bonne connaissance de ce matériel passe par des éditions, mais ce travail n’est pas toujours simple. Les problèmes se posent différemment selon la nature du document : traité ou commentaire rédigé, scolies, tables ont des exigences particulières en matière d'édition. D’ autre part, un traité ou commentaire peut nous être parvenu en différents états : il peut être, par exemple, à l’état de brouillon, de seconde édition, de révision alexandrine ou byzantine, et il est important que l'éditeur moderne essaie de déterminer ce que représente le texte qu'il offre au lecteur, et dans quelle mesure il semble fidèle ou non à ce que l’auteur ancien avait rédigé. Mais avant d’aborder ces questions rappelons que l’édition critique d'un texte, du moins lorsqu'il s’agit d'un traité, suppose (a) la recherche de tous les manuscrits conservés ; (b) le classement des manuscrits et l'établissement d’un stemma codicum. On pourrait écrire à perte de vue sur les méthodes de classement des manuscrits. Mais tel n’est pas l’objet de cet article. Disons simplement que l'établissement d'un stemma s'impose absolument si on veut faire une édition sérieuse : c’est souvent un travail fastidieux, mais nécessaire si l’on veut savoir quels manuscrits on retiendra pour l'édition et ce qu’ils représentent exactement. Il est regrettable que des traités importants soient encore édités sans cette étape préalable, avec un choix de manuscrits fait au hasard ou sur la seule base de leur datation. Les considérations qui vont suivre se basent essentiellement sur les éditions des oeuvres de Théon d'Alexandrie et sur le matériel anonyme des IVE-VIE siècles le plus souvent collecté dans les manuscrits de Théon et de Ptolémée. Les textes astronomiques offrent un terrain d’études

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A. TTHON privilégié, car ils contiennent souvent des exemples datés et localisés. Grâce à ces éléments de datation, on peut connaître avec beaucoup plus de sûreté l’époque et les milieux d’où proviennent les textes ainsi rassemblés. Les tables astronomiques proprement dites posent des problèmes d'édition très différents des textes et ne seront pas évoquées icil. Le commentateur le plus prolifique de Ptolémée fut Théon d’Alexandrie dont les éditions, non encore achevées, ont occupé jusqu'ici trois générations de chercheurs à l’Université Catholique de Louvain : le Chanoine A. Rome, l’abbé J. Mogenet et l’auteur de cet article. De Théon, on ne sait pratiquement rien, sinon qu'il a observé une éclipse de Soleil le 16 juin 364 p. C. à Alexandrie et qu’il était le père de la célèbre philosophe Hypatie, massacrée en 415 p. C. à Alexandrie lors d'une émeute religieuse. Théon a beaucoup écrit: il a laissé des éditions d’Euclide et trois commentaires à Ptolémée : 1) un commentaire à l’A/mageste en treize livres (= CA ) 2) un commentaire aux Tables Faciles en cinq livres dit « Grand PROPOS SUR L'ÉDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS 115 Le livre III pose un problème particulier: conservé dans un seul manuscrit, il apparaît sous un titre qui fait intervenir la fille de Théon, Hypatie. Quel fut exactement le rôle d’Hypatie ? Cette question sera discutée plus loin. Le livre V, dont l’édition de Bâle ne donne que quelques fragments, a lui aussi disparu de la tradition manuscrite. Mais j’ai eu la chance de le retrouver presque entièrement en marge de l’Almageste dans le Var. gr. 1982. Le livre XI a lui aussi disparu, et jusqu’à présent aucune trace n’en a été retrouvée ou identifiée. L'oeuvre du Chanoine Rome a été saluée partout comme un modèle d'édition scientifique. Son principe d'édition était la fidélité au texte des manuscrits, et spécialement à celui de L (Laur. gr. 28/18). Outre l’état excellent du texte qu'il présente, L est le seul qui contienne le livre III et mentionne l'intervention d’Hypatie, la fille de Théon, faite du vivant de son père : il difficile de remonter plus près de l’époque de Théon. Commentaire » (= GC ) 3) un commentaire aux Tables Faciles en un livre dit « Petit Commentaire » (= PC ) Un regret, cependant : que les éditions du Chanoine Rome ne soient pas accompagnées de traductions. Cette absence de traduction rend l’édition inutilisable par qui n’est pas philologue averti et connaisseur de l'astronomie ancienne. C’est l’occasion ici d’insister sur un point qui me Voici les éditions de ces traités : | 1) Le Commentaire à l’A/mageste Ce commentaire comprenait, comme l’Almageste, treize livres. De ceux-ci, les livres I à IV ont été édités par le Chanoine Rome : semble essentiel de nos jours :.toute édition, en particulier d'un traité scientifique ancien, devrait être toujours accompagnée d'une traduction en langue moderne. Ces traités intéressent de nombreux historiens des sciences qui n’ont pas nécessairement des connaissances suffisantes en latin ou en grec — que dire alors des textes arabes ! A. ROME, Commentaires de Pappus et de Théon d'Alexandrie sur l' Almageste, Studi e Testi, 72 et 106, Città del Vaticano, 1936-1943. Le reste n’est accessible que dans l’édition de Joachim Camerarius, faite à Bâle en 1538 : Claudii Ptolemaei Magnae Constructionis, idest Perfectae caelestium motuum pertractationis lib. XIII. Theonis Alexandrini in eosdem Com- L'édition du Commentaire à l'Almageste devrait être continuée. L'édition de Bâle, qui est la seule disponible pour le reste du traité, est très mauvaise : elle est remplie de fautes, les chiffres y sont malmenés, les figures sont déformées et surtout, elle se base sur le Norimbergensis Cent. V app 8 qui est une recension byzantine du texte de Théon. En aucun cas le texte n’est fiable. mentariorum lib. XI, Basileae, apud Joannem Uualderum, an. 1538. 1 Ces problèmes sont esquissés dans A. TIHON, Les Tables Faciles de Ptolémée dans les manuscrits en onciale (IXe-Xe siècles), à paraître dans la Revue d' Histoire des Textes. 2 A. TIHON, Le livre V retrouvé du Commentaire a l'Almageste de Théon d'Alexandrie, dans L'Antiquité Classique, 56 (1987), p. 201-218. 3 A. ROME, I, p. XXIII-XXIV.

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2) Le Grand Commentaire Le Grand Commentaire aux Tables faciles est un traité très difficile dans lequel Théon a tenté d’expliquer comment Ptolémée a calculé les Hpôyxeipor Kavovec ou Tables Faciles. Comme Ptolémée n’en a luiméme laissé aucune explication, si ce n’est un mode d’emploi trés succinct, la tâche était assez ardue. Ce traité comprenait originalement cing livres. Mais le livre V a disparu et le livre IV est réduit à l’état de court fragment. L'édition, avec traduction française et commentaire détaillé, est en cours d’achévement : PROPOS SUR L’EDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS 117 1¢ partie : Commentaire de Théon d'Alexandrie sur les tables manuelles astronomiques de Ptolémée, Paris, 1822 2° partie, Paris, 1823 3€ partie, avec des scolies d’Isaac Argyre, Paris, 1825. Contrairement à ce qu’annonce le titre, cet ouvrage ne contient pas le livre III du Commentaire a I’ Almageste de Théon, mais bien le Petit Commentaire, ainsi que les Tables Faciles elles-mémes (appelées ici Tables Manuelles) et de nombreux autres textes et scolies. Cet ouvrage est, pour le Petit Commentaire, remplacé par : d'Alexandrie aux Tables Faciles de Ptolémée, livre I (Histoire du texte, A. TIHON, Le Petit Commentaire de Théon d'Alexandrie aux Tables Faciles de Ptolémée (Histoire du texte, Edition critique, Traduction), édition critique, traduction revues et complétées par A. TIHON : Com- Studi e Testi 282, Vatican, 1978. mentaire par A. TIHON), Studi e Testi, 315, Vatican, 1985. manuscrit, le Vat. gr. 190 (IX* siècle) auquel remonte toute la tradition La tradition manuscrite plus complexe de ce traité a laissé en piste une vingtaine de manuscrits pour établir le texte. Celui-ci a été basé surtout sur h (Leidensis BPG 78) (XII siècle) l'un des témoins les plus fiables et des moins détériorés. Le texte d'une recension alexandrine datant sans doute du Ve siècle de notre ère a été consigné dans un premier étage de l’apparat critique (r = Paris. gr. 2394). Pour un chapitre seulement on dispose d’un fragment plus ancien (H = Leidensis BPG 78, f. 156161v) dont le texte semble bien meilleur que celui de tous les autres manuscrite conservée. Malheureusement le texte du Var. gr. 190 est témoins. livre 1: J. MOGENET (7), Le « Grand Commentaire » de Théon livres II et III: A. TIHON, Le « Grand Commentaire » de Théon d'Alexandrie aux Tables Faciles de Ptolémée, livres II et III, Studi e Testi, 340, Vatican, 1991. livre IV (fragment) : en préparation. L'édition du Grand Commentaire se base essentiellement sur un seul * extrêmement détérioré, souvent incompréhensible et il eût été impossible de l’éditer tel quel. Il a donc fallu sans cesse proposer des corrections. Bien sûr ces restaurations, qui ont été faites le plus économiquement possible, ne peuvent pas prétendre à retrouver le texte original, mais elles permettent de rendre le texte lisible et compréhensible. En présentant les problèmes posés par l'édition du Grand Commentaire de Théon, j'avais essayé de distinguer différents états sous lesquels peuvent se présenter les textes astronomiques de cette époque, qui sont, comme les commentaires de Théon, des manuels d’enseignement*. Ce sont : 3) Le Petit Commentaire Le Petit Commentaire aux Tables Faciles est un simple mode d'emploi des mêmes Tables Faciles, illustré d'exemples, ce qui en a fait 1. les notes de l’auteur, copiées par lui-même ou prises par des tachygraphes lors d'un enseignement oral, 2. la premiére rédaction du texte, en quelque sorte le brouillon 3. l'édition faite par l’auteur un manuel très répandu, pourvu d’une tradition manuscrite abondante 4. éventuellement des rééditions faites par l’auteur ou à sa demande (56 manuscrits conservés). Il en existe une ancienne édition, peu fiable, 5. des éditions scolaires (= les éditions alexandrines) faite par l’abbé Halma : 6. des recensions byzantines. Nicolas B. HALMA, Commentaire de Théon d'Alexandrie sur le livre Ce schéma, bien qu’un peu artificiel, servira de guide à mon exposé. III de l’Almageste de Ptolémée. Tables manuelles des mouvemens des astres. Traduits pour la première fois du grec en français sur les mss de la Bibliothèque du Roi par M. l'abbé Halma. 4G.C. I, p. 72.

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$1. NOTES ET SCOLIES PROPOS SUR L’EDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS 119 jour et les 11h de nuit sont en quantité égale?. Il reste 1h de nuit. Que fais-tu donc ? Tu multiplies les temps correspondant au Soleil par 1h et Il s’agit ici de notes de l’auteur copiées par lui-même ou prises par des tachygraphes lors d’un enseignement oral. A cette catégorie j’ajouterai aussi les scolies qui, souvent, résultent aussi d’un enseignement. le quinzième du résultat, tu l’ajoutes aux heures. » L'opération expliquée ici concerne la conversion d’heures saisonnières en heures équinoxiales, selon l’exemple donné par Théon (P. C., p. 213) : 1. Le commentaire anonyme du Paris. gr. 2394 au Petit Commentaire de Théon Un exemple de ce type de document est contenu en marge du Petit Commentaire de Théon dans le Paris. gr. 2394 (r). Ce manuscrit illustre merveilleusement la formule recentiores non deteriores. Copié en effet, en 1733 dans la bibliothèque du prince de Valachie, Nicolas Maurocordato”, il contient des éléments qui remontent en droite ligne au V* siècle de notre ère. Son modèle a disparu et, en ce qui concerne le texte de Théon, ce manuscrit est tout à fait isolé dans la tradition manuscrite. Dans les marges on trouve d’abandantes scolies qui sont en fait, les notes d’un cours où le professeur commente en détail le texte de Théon. Plusieurs exemples donnés par le professeur sont datés (473 p. C., 476 p. C. ) et l’auteur se réfère une fois à Marinus, qui succéda à Proclus à la tête de l’Académie d’Athènes en 484 p. C.6. Malgré cette mention qui fait penser à l’école d’Athénes, plusieurs éléments (calendrier et autres indices) suggèrent que ce cours se donnait à Alexandrie. Ainsi, par un seul exemplaire du XVIII siècle, on remonte directement à Alexandrie, à un siècle de l’époque de Théon. Le caractère d'enseignement oral de ces scolies saute aux yeux. Un échantillon, que je traduis tout à fait littéralement, permettra d’en juger (Paris. gr. 2394, p. 798) : « De façon plus brève, on fait ainsi : autant tu trouves d’heures de jour en quantité égale de la latitude des degrés, dis que celles-ci ensemble sont des heures équinoxiales. Et celle ou celles qui reste(nt), selon la méthode. Ainsi a été donné le ler Pharmouthi, 5h du jour. Il y a avant midi, 5h, et 12h de nuit et 6h depuis midi. On additionne en effet 11h de Ih saisonnière de jour = 15 ; 17° d’équateur Sh saisonnières = 15; 17° x 5 = 76; 25° sachant que 1h équinoxiale = 15°, on trouve : 76 ; 25° : 15° = 5h 5m 40s soit 5h 1/10 environ. Mais s’il y a aussi des heures de nuit, on doit savoir que : 1h saisonnière de nuit = 30° — 15; 17° = 14; 43° Ce passage explique comment remplacer l’opération (a) ci-dessous par l’opération (b) qui est plus rapide : (a) 5h depuis le lever du Soleil = Sh avant midi + 12h de nuit + 6h de midi au coucher du Soleil = 23h depuis le midi précédent. D’oü pour la conversion : (5h x 15; 17°) + (12h x 14; 43°) + (6h x 15; 17°) = 76 ; 25° + 176; 36° + 91 ; 42° = 344 ; 43° et 344 ; 43° : 15° = 22h 58m 52s depuis midi du jour précédent. (b) on a en tout 12h de nuit et 5h + 6h = 11h de jour. On considère que 1h saisonnière de jour + 1h saisonnière de nuit = 2 x 15°, D’ot on compte : 11 x 15° x 2 = 330° Reste 1h de nuit qui vaut : 14 ; 43° D'où 330° + 14 ; 43° = 344 ; 43° et on effectue le reste de la méme fagon. La scolie se continue encore longuement par des détails de ce genre. 5 Sur ce manuscrit, voir P. C., p. 171-182. 6 Voir A. TIHON, Notes sur l'astronomie grecque au Ve siècle de notre ère (Marinus de Naplouse — Un commentaire au Petit Commentaire de Théon) dans Janus, 63 (1976), p. 167-184. 7 Correction : le mss a ionuepivai que je corrige en Too.

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PROPOS SUR L’ÉDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS 121 sans qu’on puisse identifier le ou les professeurs. Ceux-ci étaient nombreux : on sait par exemple, qu’Ammonius avait enseigné l’Almageste8. ExéAov eis 10 avtò KepaAatov (p. 810) ; ExdAtov eig TO adtd (p. 811); LydAtov tod nepi tHv tig oeAnvns TapaAAGtewv xepadaiov (p. 842); LydA1ov tod avrod xkatafátov Tv ovvoSoravorAñvov (p. 859) ... Ce sont là des indications qui ont dû être introduites par les générations de copistes successifs. Parfois, il y a deux versions des mêmes explications, ce qui montrerait qu’on a rassemblé dans un seul exemplaire les notes prises en même temps par deux tachygraphes différents. Mais malgré cela, ces scolies forment un ensemble suivi, un commentaire ou dréuvnpo ainsi que le dit l’auteur lui-même (GAA’ akovdovOjompev Ev tobtm 16 brouvipon Marne... «mais, dans ce commentaire, suivons Pappus... », p. 849), car il y a continuité de style, de langage technique et de nombreux renvois à ce qui a été fait plus haut ou à ce qui sera fait par la suite. Mais cet ensemble n’est pas rédigé. Le contenu est fait de nombreux détails comme l’échantillon que nous avons donné, mais aussi de passages plus consistants, comme par exemple, l’addition d’un long calcul de la latitude des planètes, problème pour lequel Théon n’avait pas donné d’exemple. La question qui se pose devant des textes de ce genre est : faut-il les éditer ? On recule devant une édition complète, car le caractère « parlé » du langage, les nombreuses répétitions, le caractère fastidieux des détails On trouve dans ces scolies des extraits de commentaires connus par ailleurs (Pappus, Théon), mais aussi beaucoup d'autres qui semblent extraits de commentaires inconnus. A cété des scolies anciennes il y en a d'autres plus récentes, du XI siècle, des XIII et XIV© siècles?. Là encore, une édition complète est à peu près impossible et hérissée de difficultés : difficultés de lecture, de compréhension, abondance des manuscrits. Mais une prospection systématique serait cependant extrèmement utile, car à côté d’un matériel fastidieux, où le professeur ne fait que refaire les démonstrations de Ptolémée, on peut espérer des découvertes. Voici quelques exemples de trouvailles faites par J. Mogenet et par moi-même dans les scolies de l’Almageste : des fragments des commentaires de Théon qui permettent de restaurer des passages lacuneux!9, l'opinion de Symmaque et de Marinus sur la Voie Lactée!l, des textes de 1032 apportant des renseignements sur les tables d’Alim (ibn al-A‘lam) et leur adaptation byzantine!2 ; des calculs d'éclipses inédits du XIV® siècle!3, le livre V du Commentaire à l' Almageste de Théon qui était porté disparu 14. Outre les découvertes que l’on peut espérer, une étude de ces scolies pourrait aussi apprendre à quelles époques, dans quels milieux 1'Almageste était lu et commenté, ce qui serait fort intéressant pour l’histoire de la culture scientifique à la fin de l'Antiquité et à Byzance. expliqués, l’impossibilité de donner une traduction présentable et dans certains cas de comprendre le texte (il y a parfois des séries d’abréviations dont le copiste du XVIII siècle a vaguement imité la forme) sont autant d'obstacles à une édition. 2. Les scolies de l’Almageste Le problème est le même pour les scolies de l’Almageste, qui n’ont jusqu'ici fait l’objet que de très peu d’études. Là encore le matériel est surabondant, particulièrement pour les six premiers livres. Il ne s’agit pas cette fois d’un commentaire suivi, mais d’une mosaïque de notes et d'extraits de commentaires divers. Il est probable que beaucoup de scolies anciennes remontent à la même époque, les VE et VIE siècles de notre ère, et proviennent des mêmes milieux, les écoles d'Alexandrie, 8 Damascii Vitae Isidori Reliquiae, ed. CI. ZINTZEN, Hildesheim, 1967, p. 199. 9 Sur les scolies de l’Almageste, voir J. MOGENET, Sur quelques scolies de PAL mageste, dans Le Monde Grec, Hommages à Claire Préaux, Bruxelles, 1975, p. 302311. 10 Ibidem. 11 A. TIHON, Notes (cité note 6). 12 j, MOGENET, Une scolie inédite du Vat. gr. 1594 sur les rapports entre l'astronomie arabe et Byzance, dans Osiris, 14 (1962), p. 198-221 ; ID., Sur quelques scolies ... (cité note 9), p. 308ss. Egalement A. TIHON, Sur I’ identité de l'astronome Alim, dans Archives Internationales d'Histoire des Sciences, n. 122 vol. 39 (1989), p. 3-21. 13 Dans le Var. gr. 701 : voir J. MOGENET (+), A. TIHON, R. ROYEZ, A. BERG, Nicéphore Grégoras. Calcul de l'éclipse de Soleil du 16 juillet 1330 (Corpus des Astronomes Byzantins, I), Amsterdam, 1983, p. 12. 14 A. TIHON, Le livre V retrouvé (cité note 2).

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3. Les scolies des Tables Faciles de Ptolémée J'ai édité naguère sous ce titre une petite collection de textes anonymes qui figurent dans les manuscrits de Ptolémée!5. Cette collection un PROPOS SUR L’EDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS 123 plupart des manuscrits de ce traité. J’ai pu montrer que ce calcul, inspiré du Commentaire à I’ Almageste, avait été réécrit et ses chiffres corrigés en vue de les conformer aux données du Petit Commentaire. Mais le peu disparate qui semble s’étre constituée à la fin du VE siècle p. C., travail n’a pas été complètement achevé, car il reste des distorsions dans les chiffres et cet exemple d’éclipse n’a pas été incorporé dans la plupart contient entre autres une suite de textes (II-VI) qui expliquent comment des manuscrits. Il est intégré dans les recensions byzantines du XIV trouver par construction géométrique la longitude du Soleil, de la Lune, de Mercure et des quatre autres planètes et qui présentent une variation de la méthode expliquée dans le manuel des Tables Faciles rédigé par Ptolémée. Ici encore, il semble que ce soit le résidu d’un enseignement révision alexandrine du texte. commentant le texte de Ptolémée. Ces textes étant assez courts et dans proche de Théon, avait eu l’intention de complèter le Petit Commentaire une tradition très figée, comme celle des Opera minora de Ptolémée, leur édition ne posait pas de problèmes, malgré une assez grande détérioraen y ajoutant cet exemple de calcul d’éclipse : il y avait donc un projet d'édition augmentée de ce manuel. Par ailleurs, ce texte donne un exemtion!6, ple de ce qu’est une rédaction à l’état de brouillon. Pour conclure ce premier paragraphe, disons qu’il reste beaucoup de documents de ce genre à glaner et à faire connaître, sinon à éditer complètement. siècle et, pour la première partie seulement, dans le Paris. gr. 2394, une L'existence de ce texte montre que quelqu'un, sans doute assez Dans ce cas-ci, il s’agit d’un texte isolé, mais il arrive aussi que cet état de « rédaction non achevée » se présente dans un traité qui présente par ailleurs toutes les apparences de rédaction : titre, préface, etc. Comment donc juger de l’état de « brouillon » d’un texte ? En face d’un texte corrompu, il n’est pas toujours facile de décider si les erreurs, $2. PREMIERE REDACTION OU BROUILLON DU TEXTE Il s’agit ici d’un texte rédigé, destiné à une publication, mais pas tout les incohérences proviennent d’une mauvaise transmission manuscrite, ou si au contraire cet état remonte à la rédaction originelle. Mais dans les textes comme les nôtres, on dispose de critères un peu plus sûrs. Dans à fait au point et non publié par son auteur. les textes d'astronomie mathématique, en effet, il y a souvent de très Un cas clair de ce genre est un texte isolé, assez court, qui donne le calcul de l’éclipse de Soleil du 16 juin 364 p. C., en deux parties : l’une concernant le calcul proprement dit de l’éclipse, l’autre, le calcul des longs calculs. Les possibilités d’erreur sont nombreuses et en outre l’auteur a souvent le choix entre plusieurs simplifications : par exemple, prosneuses de cette éclipse!?. Rédigé sans doute par quelqu'un de 18° 27' 30" » peut devenir 18° 27' ou 18° 28' ; 6h 28m deviendra 6h 1/2 ou 6h 1/3 1/8 et ainsi de suite. Les calculs que nous trouvons dans l'entourage de Théon (la tradition manuscrite montre, en effet, qu'il des traités bien rédigés ont été généralement revus, harmonisés et s’agit d’un travail effectué à date proche de celui-ci), en vue de son intégration dans le Petit Commentaire, ce texte ne figure pas dans la erreurs en cours de route, mais l’ensemble donne une impression de souvent retouchés en vue du résultat final. Ceci n’exclut pas quelques cohérence. Quand il y a des figures compliquées, les lettres sont soigneusement fixées pour désigner des éléments distincts bien précisés. A l’état de « brouillon », au contraire, il y a de nombreuses distorsions, 15 A. TIHON, Les scolies des Tables Faciles de Ptolémée, dans Bulletin de l'Institut Historique Belge de Rome, 43 (1973), p. 49-110. 16 Les figures des manuscrits n'ont pas été reproduites dans mon édition, ce qui est regrettable : j'espère combler cette lacune en une autre occasion. 17 A. TIHON, Le calcul de l'éclipse de Soleil du 16 juin 364 p. C. et le « Petit Commentaire » de Théon, dans Bulletin de l'Institut Historique Belge de Rome, 4647 (1976-77), p. 35-79. des incohérences et des confusions nombreuses : utilisation de résultats différents pour une même opération, lettres identiques utilisées pour des éléments distincts d’une figure, etc. Qu’en est-il des commentaires de Théon ? Le Grand Commentaire, dont l’édition est actuellement en voie d’achévement, pose à ce point de vue des problèmes particulièrement

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PROPOS SUR L’EDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS 125 ardus. La tradition manuscrite se limite à une seule branche, remontant à lettres désignant plusieurs points différents sans que le lecteur en soit un seul manuscrit du IXE siècle, le Var. gr. 190. Or le texte présenté par averti3. On a nettement l’impression que cette partie n’a pas été mise au point. Comme nous n’avons aucune autre version de ce texte, il est ce manuscrit est extrêmement détérioré, au point que l’on peut se demander si vraiment ce texte a bien été vérifié par son auteur. difficile de dire si c’est vraiment ainsi que Théon entendait le publier. Nous savons par divers témoignages!$ qu'il arrivait assez fréquemment que des premières rédactions, non encore mises au point par leur analogues vont certainement se poser à propos du livre V. Celui-ci, en En ce qui concerne le Commentaire à l’Almageste, des problèmes c'est ce que R. Devreesse appelle joliment le « commerce d'amitié ». effet, était considéré comme perdu, mais j’en ai retrouvé la presque totalité en marge de l’Almageste dans le Var. gr. 198. D’après ce que j'ai Ainsi, par exemple, Apollonius de Perge, dans la préface dédiée à Eudéme du livre I des Coniques, nous apprend qu'il avait déjà remis à discordant et détérioré?4, Il faudra attendre une édition pour tenter de auteurs et non encore publiées par eux, soient mises en circulation : Naucratès le géomètre une version non corrigée de son oeuvre et que des versions imparfaites des livres I et II étaient probablement en circulapu en juger, notamment par des échantillons de calcul, le texte est assez voir à quel état de rédaction on a affaire ici. tion!?. L’Introduction à I’ Almageste, que J. Mogenet a proposé d’attribuer a Eutocius d’Ascalon, serait un cas typique de « premiére rédaction » mise en circulation avant révision par l’auteur2?. Se pourrait-il que le Grand Commentaire, malgré titre et dédicace, soit dans une situation analogue ? Fait remarquable, le Var. gr. 190 a conservé en marge du Grand Commentaire des scolies datées de 462 p. C. et localisées à Apamée?!, D'où l’hypothèse que la version du texte reprise dans le Var. gr. 190 pourrait provenir d’une version non corrigée du Grand Commentaire, ramenée en province par quelque étudiant d'Alexandrie. L'hypothèse bien sûr est très incertaine. En fait, il y a dans le Grand Commentaire de très fortes inégalités de rédaction d’une partie à l’autre. Par exemple, au livre II, une même figure est utilisée pour représenter deux situations différentes, mais les changements dans $3. L’EDITION FAITE PAR L'AUTEUR C'est là l’état idéal que tout éditeur moderne voudrait retrouver ! Il est rare que les manuscrits nous le transmettent fidèlement. Cela arrive plus couramment pour les traités byzantins, particulièrement du XTV® siècle où l’on a une chance de retrouver 1’ original ou bien l'édition corrigée par l’auteur lui-même : c’est le cas de la Tribiblos astronomique de Théodore Méliténiote pour laquelle nous avons conservé l’autographe de l’auteur, le Var. gr. 792 ; également des Traités des éclipses de 1333 et 1337 de Barlaam de Seminara, pour lesquels nous avons un manuscrit qui semble corrigé par l’auteur26, ou de certaines oeuvres de Nicéphore Gregoras?”. l'interprétation de la figure sont indiqués très clairement et toute cette Mais pour les textes anciens, nous n’avons pas cette chance. On peut partie est très bien rédigée??, Par contre à la fin du même livre, les lettres rarement affirmer qu’un manuscrit nous a transmis le texte tel qu’il a été de la figure 5 sont utilisées de manière incompréhensible, les mêmes rédigé par l’auteur, même si l’on ne tient pas compte des inévitables corruptions négatives (fautes d'orthographe, lacunes, omissions...). Les 18 J, MOGENET, L'Introduction à l'Almageste, Mémoires de l'Académie Royale de Belgique, CI. Lettres, t. LI, fasc. 2, Bruxelles, 1956, 21 (se réfère à R. DEVREESSE, Introduction à l'étude des manuscrits grecs, Paris, 1954, p. 76-77). 19 Apollonii Pergaei quae graece exstant, vol. 1, ed. J.L. HEIBERG, Leipzig, 1891 (réimpr. Stutgart 1974), p. 2. 20 1. MOGENET, L’Introduction à I’Almageste (cité note 18), p. 21ss. 21 J, MOGENET (t) et A. TIHON, Le « Grand Commentaire » aux Tables Faciles de Théon d'Alexandrie et le Vat. gr. 190, dans L'Antiquité Classique, 50 (1981), p. 526-534. Voir également G.C. I, p. 73ss. 22 G.C. II, p. 18, 25ss et p. 25, 19ss (trad., p. 62 et 67). 23 G.C. II, p. 49 ss (fig. p. 53) (trad., p. 84ss). 24 A. TIHON, Le livre V retrouvé... (cité note 2). 25 R. LEURQUIN, Un manuscrit autographe de la Tribiblos astronomique de Théodore Méliténiote : le Vaticanus graecus 792, à paraître dans Scriptorium. 26 J, MOGENET et A. TIHON, avec la collaboration de D. DONNET, Barlaam de Seminara. Traités sur les éclipses de 1333 et 1337, Louvain, 1977, p. 46ss. 27 J, MOGENET, Les deux Traités sur l'Astrolabe de Nicéphore Grégoras, III Congrès National des Sciences, Bruxelles, 1950, p. 107-108.

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textes, surtout quand ils faisaient l’objet d’un enseignement, ont été soumis à des révisions, ne fût-ce que du point de vue de la langue ou de l'orthographe : ainsi, chez Théon, des formes du type Añuyopoi sont souvent remplacées par des formes normalisées Anyopoı. Il est difficile d'établir des critères objectifs pour juger de ce qui se rapproche le plus du texte original. Les critères sont surtout négatifs, comme l’absence de remaniements manifestes. Ceci apparaît plus clairement lorsqu’on dispose de plusieurs branches dans une tradition manuscrite, comme dans le cas du Petit Commentaire de Théon. C’est beaucoup plus difficile lorsqu'on ne dispose que d’une seule branche, comme dans le cas du Grand Commentaire. PROPOS SUR L’ EDITION DE TEXTES ASTRO NOMIQUES GRECS 4) I, p. 123: ... kai év 10 rpoxeipo adtav oxoAiw (PC, discuté) 127 passage 5) 1, p. 134, 23: ... 510 Kai ev 16 MPOXE LPOtepH EavTÁV cYodiw nepi ... (PC, p. 227) | 6) I, p. 143, 6 : renvoi douteux au livre III de CA 7) I, p. 154, 12 1... OG Ev toîg Tig Evvrá tes oxoAio ıg aredeitapev (CA, livre V) 8) Ill, p. 187, 6: ... a Ev th Zuvréter anedei Eapev (CA, livre VI) 9) I, p. 197, 26: ... Ev toig tfig Evvrá kews dropvipacw àredeiEapev (CA, livre IV). $4. LES RÉVISIONS FAITES PAR L’ AUTEUR OU À SA DEMANDE Il est évident que les commentaires de Théon ont été revus du vivant de leur auteur. Nous avons vu déjà ($2) une trace d’un projet d’édition augmentée du Petit Commentaire. Un autre cas qui devra être discuté plus loin (ci-dessous $5) pourrait être celui du livre III du Commentaire à l’Almageste édité ou revu par Hypatie, la fille de Théon. D’autres indices nous viennent des renvois fréquents que l’auteur fait à ses propres travaux. D'après les préfaces des trois traités, l’ordre de publication a été le suivant : Commentaire à l’ Almageste, Grand Commentaire et Petit Commentaire, mais dans le premier, on trouve des renvois au deuxième, et dans le deuxième, des renvois au troisième. Ces mentions, qui contredisent l’ordre de publication annoncé dans les préfaces, pourraient résulter d’une relecture faite par l’auteur ou son proche entrourage. Voici la liste des renvois trouvés dans le Grand Commentaire (I-II) et dans le Commentaire à I’ Almageste (inventaire limité aux livres I-IV) Grand Commentaire : 1) I, p. 94: ... ev toig tig Zuvtébeux oxokloıg 2) Lp. 107: ... xaBàg Kai Ev toîg tic Evvráfews oxodiois Siù TOV ypappòv ... aredeikvunev (CA, livre III, Rome, p. 895ss) Les numéros 4 et 5 renvoient au Petit Commentaire. Le n° 4 se trouve dans un passage douteux, mais le n° 5 est parfait ement clair. Commentaire à I’ Almageste : 1) livre HI (Rome III, p. 914 ): ae Ev toîg eig tov Adyov tod xpo- XElpov Vrouvnuaoiv anedei~aue v 2) livre HI (Rome III, p. 922) : wo Ev 1@ eig tov Adyov tod rpoxeipov vrouvnuari dnedeixkvopev 3) livre III (Rome III, p. 924) moins clair : a> Epapev 4) livre III (Rome III, p. 938): (q Ev 10 eic tov Adyov tv RPOXEIP@V xavóvov brouviuati ¿Snlod uev Ici tous les renvois au Grand Commentair e (ou peut-être au Petit Commentaire : il n’est pas toujours évident de les distinguer) proviennent du livre IH, traditionnellement consid éré comme le l'édition d’Hypatie : ceci confirmerait que résultat de le livre INI résulte effectivement d’une édition postérieure. Les formules utilisées sont différentes de celles trouvées dans le Grand Commentaire. dropviporti désigne sans doute le Grand Commentaire, tov Aöyov tüv Tpoxeipwv Kavovev probablement le mode d’emploi de 28, 3) I, p. 108: ... év toig tic Luvtabews oxoAloıg (CA, livre II, Rome, p. 895ss ) 28 Claudii Ptolemaei opera quae exstant omnia, vol.II : Opera nora, ed. J.L. HEIBERG, Leipzig, 1907, astronomica mi-

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$5. LES EDITIONS ALEXANDRINES PROPOS SUR L’ EDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS 129 (3) L'édition de l’Oprique d’Euclide par Théon Lorsqu’on parle d’« éditions » alexandrines il faut distinguer (a) les Il existe une recension de l’Optique d’Euclide différente du texte éditions des textes scientifiques « classiques » qui étaient étudiés dans original, pourvue d’une préface, et que l’on attribue généralement à les écoles (Euclide, Archiméde, Apollonius de Perge, Ptolémée par Théon31, Mais en fait, aucune indication d’ecdosis sous le nom de exemple) et (b) la publication des commentaires qui concernent ces oeuvres. Théon ne figure dans les manuscrits. Le Paris. gr. 2468 seul, copié par Ange Vergece (XVI? siècle), indique que le prologue vient d'une exegésis (« explication ») de Théon : 10 xpooiuiov EX tis Tod GÉwvOG (a) Les oeuvres étudiées dans les écoles faisaient l’objet d’éditions (€xSdce1c) scolaires destinées à offrir aux étudiants un texte sûr, compréhensible et complet. On connaît plusieurs cas de traités ayant subi des éditions de ce genre, dues à un savant connu. Ce sont notamment : totw Eno. Ce prologue se référe constamment aux explications d’un personnage dont le nom n'est pas cité (« il dit que ... ») : on a conclu que ce personnage était Théon et que le prologue avait été noté par un de ses élèves et non rédigé par Théon lui-méme. Tout ceci est hautement incertain. (1) L'édition des Eléments d’Euclide par Théon d'Alexandrie. La mention de l’édition de Théon figure dans les titres ou souscriptions des différents livres 29: 1.1: souscr: EdxAeídov otowetov tig Bénvos éxôdoewc B LI : tit: EdkAeiôov Ex fig Béovog Exddcews otoixelwv debtepov ou EvxAeidov otoigeiov tig Bfovog Erööceng B etc. (voir également souscriptions des livres II-VI, IX, titre et (4) L’édition des Coniques d’ Apollonius de Perge par Eutocius d’ Ascalon (VE siècle) 33 : L IV: tit: ’AnoAAoviov Tlepyaiov xwvırav y (8) ¿xdóceos Evtoxiov 'Aokalwvitou edtoyüc. sousc. : 'AroAAwviov xovixov 5 éxdécews Edroxiov "AckaAwvitov. souscription du livre X ...) (Les livres I-III ne comportent pas ces mentions.) Théon lui-même se réfère à son édition d’Euclide dans le Commentaire à l’Almageste : "Ou ... Sé5erxtar Hpiv Ev tH €xddcer TÜV ototyelov rpdc tH teAer tod Extov BiBAiov ... (Rome II, p. 492) On trouve également une référence à cette édition dans le Commentaire écrit par Eutocius à cette même oeuvre d'Apollonius% : L 1: Evtoxtov "AokaAavitov eis TO a tv 'AnoAAwvion xwViKOV Tg Kat’ adróv exddcems dbróuvn a (2) L'édition des Data d’Euclide par Théon30 (mémes mentions dans les titres des livres II-IV). tit: EdxAeidov deSopéva Tis Béovoc éxdooems (ms b = Bononiensis Al, 18,19) souscr. : id (ms a = Laur. gr. 28/1) 31 GJ. TOOMER, art. Theon of Alexandria, dans Dictionary of Scientific Biography, XIII, New York, 1976. 32 Euclidis opera omnia ... vol. VII: Euclidis Optica, Opticorum recensio 29 Lus dans I’édition suivante : Euclidis Elementa, vol. I-II, post J.L. HEIBERG, ed. E. S. STAMATIS, Leipzig, 1969, 1970, 1972. 30 Euclidis opera omnia, edd. JL. HEIBERG et H. MENGE, vol. VI: Euclidis Data cum commentario Marini et scholiis antiquis, ed. H. MENGE, Leipzig, 1896. Theonis, Catoptrica cum scholiis antiquis, ed. J.L. HEIBERG, 1895, p. XXX. 33 Apollonii Pergaei quae graece exstant, vol. 1-11, ed. JUL. HEIBERG, Leipzig, 1891-93 (réimpr. Stutgart, 1974). 34 Ibidem II, p. 16858.

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PROPOS SUR L’ EDITIO N DE TEXTES ASTRON OMIQUES GRECS Eutocius parle lui-même de sa propre édition dans l’introduction de son commentaire au livre IV : « le livre IV ... est élégant et clair pour ceux qui le lisent et surtout dans notre édition (&rò tig nuetépas éxdócenc) et n’a pas besoin de scolies ; car ce qui manque, les rapaypagaì le complètent » 35 (peu importe ici le sens du mot paragraphai ) Dans ce cas-ci, le commentaire se réduit à quelques scolies. Ces exemples sont des cas clairs d'éditions d’un traité scientifique ancien signées par ou attribuées explicitement à un savant connu des TV® et VE siècles. va Petit Commentaire que mention d’une ecdosis de son oeuvre, mais nous savons que l’Almageste, traité destiné par son auteur à l’enseignement, était abondamment le texte du Paris. gr. 239 4 s'éc arte résolument e con présenté par les autres branches de la tradition : il s’agit Erent d une vers u mn u er e : Il s ion revisée et augmentée du 16 juin 364 p. C. (premièr calcul de l'éclipse e partie). D'autre montre que le en commente les professeur du VE difficultés, mais comger. Il se base don c sur une édition fixée Un cas beaucoup moins évident e 7 à Almageste « édité » par Hypatie ean« édition » du an Dans le cas de Ptolémée, aucun manuscrit ne nous a conservé la 131 st cel ne part, la lecture modifie pas n'intervient jamais i ° . ; ui du livre III du Commentaire livre III a fait l’objet d’u ne brillante discussion e en parallèle ave c plusieurs commen à des traiités d’A ? rchimè i comment se présente le dossier: taires de39 i © Yoyons d'abord étudié dans les écoles d'Alexandrie : les Commentaires de Pappus et de Théon le montrent pour le IV* siècle, et nous savons qu’Ammonius avait expliqué 1'Almageste à Damascius?6. Les nombreuses scolies qui figurent dans les marges de ces traités témoignent aussi de l’étude de ce traité tout au long des IVE-VIE siècles. Tout porte à croire que les oeuvres de Ptolémée avaient elles aussi fait l’objet d’une ou plusieurs éditions. Ainsi, Pappus et Théon utilisent une division en théorèmes dont on n’a pas trace dans les manuscrits37 (b) Les Commentaires deviennent à leur tour des manuels d’enseignement. Ainsi ceux de Pappus et de Théon sont étudiés dans les écoles d’Athènes, d'Alexandrie, d’Apamee et d’autres encore. Nous en avons un exemple clair avec le Perit Commentaire de Théon. Ce traité, comme nous l’avons vu ci-dessus ($1) a fait l’objet d’un enseignement qui se trouve reproduit dans les marges du Paris. gr. 239438, Le professeur fait en outre de nombreuses allusions aux (1) Le Commentaire à l'Al mageste de Théon : ~ Les livres I et II port ent les ti i dpéws Tig rap avtov Yeyevn uévng exddcews - i 3 Te ; tres Suiv ants TEpov) tic EvvráL em IltoXe : @gw voc "AA gÉa eig TO xpGtov ee vpaiov drépvnpa. Commentaire de Théon on d'Alexandri Syntaxe de Ptolémée, édition fait e par ce qui est repris dans i le au pre mie r (second) li lui-même (ou par ne la Souscription du livr ihei ee I est absent de “ e I (Rome II p. 600) tous les manuscrits sauf un, le Laur. gr (IX¢ siècle). Dans ce manu scrit, ce livre se trouve sous le titre : | Spéuc eic Td toirov TÈ ‘AAkav Béavos = G EIG TO Tpitov , TtoAePp ins nadnnorıcng ouvrééeoc drönvnna. Halov pavayvwoßeiong Th procópo Ovyatpi pov Yratia. Commentaires à I Almageste de Pappus et de Théon, de même qu’au Grand Commentaire de Théon, et il fait référence à l’enseignement de Marinus sur les parallaxes. Or, nous voyons par la tradition manuscrite Commentaire de Théon d'Al exandrie au livre III de la Synt Mathématique de Ptolémée, édit Hypatie (Rome io nrevueue par Hl. p. 807) , ma axe 7 fille la philos ophe 35 fbidem Il, p. 354. 36 Cfr ci-dessus note 8. 37 A. ROME I, p. XVIII-XIX. 38 Cfr ci-dessus notes 5 et 6. le pour 1 antérieurement . Cameron qui l’a mis d’Eutocius d’Ascalon siècle 39 A.a CAMERON, »Isidore and Hypatia : a note on the editi Isi Texts (texte communiqué à l’auteur sans référence). lief aah]

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PROPOS SUR L’EDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS La souscription du même livre III ne fait guère référen ce à l’édition d’Hypatie. 133 lité (philosophe, mécanicien) est précisée, ainsi que ses liens avec l’auteur de l’inscription (ma fille, notre maitre). — Les livres IV et suivants n’ont aucune La question qui se pose est de savoir sur quoi portait cette ecdosis : mention de ce genre. sur le commentaire lui-méme ou sur le texte commenté ? (2) Les commentaires d’Eutocius à Archiméde du Cylindre, Traité de la Mesure du Cercle (Traité de la Sphere et ). du commentaire méme de son pére Théon. Par opposition a ce livre III, - Les souscriptions des livres I et II du commen taire d’Eutocius au Traité de la Sphère et du Cylindre, 4 précise nt : | Evtoxiov ‘Acxadovitov drôpvnua eig tò rpôto v tüv "A pxt- Le cas d’Eutocius se complique du fait qu'il semble y avoir trois ayvwoetpersonnes en cause : Eutocius, auteur du commentaire, Isidore, auteur nuetépo SrdacKdArw. Commentaire d'Eutocius d'Ascalon au premier du Cylindre d’ Archiméde, édition revue par Milet, notre maître. livre de la Sphère er le Mécanicien Isidore de — La souscription du commentaire au Traité de la Mesure du Cercle?! donne une formule identique : | Evtoxtov "AoxaAwvitov dxépvnpa eis thv "Apxıundovg tod xúxAov Hétpnoiv exddcews rapavayvoodeion s tH Mincio unxavixo ‘Iodap@ nuetépo didac KdAg. | Commentaire d'Eutocius d’ Ascalon au (traité) de la Mesure du Cercle ci édition revue par le Mécani cien Isidore de Milet, notre tre. Traité de l'équilibre des sis, ni d’Isidore#2. Plans ne contient aucune mention ni d’ecdo Le parallélisme entre Théon et Eutocius, mis en évidence par A. Cameron, est frappant : dans les deux cas il s’agit d’un commentaire (vrönvnna) à un traité plus ancien (Ptolémée, Archimède) et il y est fait mention d'une édition (ëkôdoewc) vérifiée ou revue (rapavayvooBeionc) par une tierce personne (Hypatie, Isidore) dont la qua- = Archiméde tome IV : Commentaires d' Eutocius et fragmen 41 Ibidem, souscription p. 163 42 Jbidem, p. 196. de l’ecdosis, et l’élève de ce dernier, auteur de la mention. Pour des raisons de chronologie, en effet, on a généralement exclu qu’Eutocius puisse avoir été l’élève d’Isidore. Et on a compris que l’ecdosis d’Isidore portait soit sur le commentaire d’Eutocius*, soit sur les traités d’ Archimède commentés 45, Dans son article, A. Cameron propose l'interprétation suivante : aussi bien dans le cas de Théon-Hypatie que dans celui d’Eutocius-Isidore, l’ecdosis mentionnée porte non pas sur le commentaire, mais bien sur le traité commenté, à savoir, l’Almageste dans le premier cas, les traités d’Archiméde dans le second cas. Ce travail d’ecdosis aurait été fait par Hypatie dans le premier cas, par Isidore dans le second cas. Selon A. Cameron, il n’y a aucune impossibilité chronologique à ce qu’ Isidore ait été le maitre d’Eutocius. — Par contre le commentaire d’Eutocius au traduit par Ch. MUGLER, Paris, (coll. Budé), les titres des livres I et II désigneraient l’édition du commentaire faite par Théon lui-méme et non pas par sa fille. uñdovs rept opaipas Kai KvAivdpov éxddc euc napav ons TH Mancio unxavıra 'Iowddpe Dans le cas de Théon, on a généralement compris, à la suite du Chanoine Rome“, que l’édition faite par Hypatie était celle du livre IM ts, texte établi et souscriptions p. 40 et 140. L'interprétation d’A. Cameron est très séduisante, car elle distingue clairement, avec des parallélismes impressionnants, les différents types de travail philologique accomplis par les savants des IVE-VE siècles : l’ecdosis est la mise au point d’un texte plus ancien étudié en classe ; l’hypomnéma est le commentaire portant sur ce texte ; les scholioi semblent synonyme de hypomnéma ; la mise par écrit d'un hypomnéma par un disciple ou un auditeur est dite &x0 povñc ..., par exemple : 43 A. ROME II, p. 317. 44 Archimedis opera omnia, ed. J.L. HEIBERG, vol. III, Leipzig, 1915, p. XCHI ; P. TANNERY, Eutocius et ses contemporains, dans Mémoires scientifiques II, 1912, p. 119. 45 Ch. MUGLER, Archimède (cité note 40), p. 40, note 2.

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PROPOS SUR L’ EDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS 135 "Yröpvnna eis ta dedoneva EvrAeidove and puvfig Mapivov gYılocögyov®%, Commentaire aux Data d' Euclide de la bouche du philosophe Marinus. On voit que, dans certains cas, l’ecdosis dispense d’un commentaire : ainsi l’ecdosis par Théon des Eléments d’Euclide ajoute au texte d’Euclide des démonstrations et des explications?’. Même cas pour l’ecdosis par Eutocius du livre IV d’Apollonius#®, | Mais ces distinctions sont peut-être trop claires. Théon, en effet, se situe un siècle avant Eutocius et le parallélisme ne peut pas être poussé dans tous les détails. Ainsi l'expression darò povñs pour désigner la mise par écrit d’un commentaire ne se rencontre pas à l’époque de Théon, mais son apparition se situe selon M. Richard aux confins des Ve-VIS siècles{. Par ailleurs ce qui suscite quelque réserve à accepter l'interprétation d'A. Cameron est la considération suivante : Théon renvoie sans cesse ses lecteurs à ses propres travaux ; dans ses trois commentaires astronomiques, il renvoie aux deux autres; il mentionne explicitement son édition des Eléments d’Euclide. S’il a vraiment fait une édition personnelle de l’Almageste, ainsi que sa fille pour le livre III, comment expliquer qu'il ne la mentionne jamais alors qu'il cite l’Almageste sans arrêt ? | Laissons donc en suspens la question du rôle joué par Hypatie dans le livre IT et remarquons que, quelle que soit la part qui revient à Hypatie, D'autres indices encore singularisent ce livre III, sans donner d'indications sur sa chronologie relativement aux autres livres. Ce sont notamment : _ les exemples datés de 323 p. C.. C’est le cas aussi des exemples dans un seul du livre V — conservé seulement en marge de l’Almageste livre VI sont du es exempl Les nts. fragme es quelqu manuscrit, sauf pour pris en 364 p. C. et dans le Petit Commentaire, les exemples sont datés de 360 et 364 p. C. — les tableaux de calcul de la longitude du Soleil5!, Dans ceux-ci on s chez remarque un usage curieux, contraire à ce qu’on trouve ailleur30” de 65° les er Théon52 : à la fin des opérations, au lieu d’ajout on Bélier, du 0° depuis final t l'apogée du Soleil et de compter le résulta ajoute seulement 5° 30° et le résultat doit étre compté depuis 0° des Gémeaux. Des fragments de ce livre III se trouvent en marge de l’Almageste dans le Vat. gr. 1594, et 1A aussi, dans le tableau, le Soleil vrai sera compté à partir du commencement des Gémeaux. Cet usage est assez rare : dans d’autres tableaux de calcul pour la longitude du Soleil trou-la vés dans le méme Vat. gr. 1594 en marge du livre IV de l’Almageste, dernière opération consiste en l’addition des traditionnels 65° 3053. En fait il est fort probable qu’une oeuvre aussi vaste que le Commentaire à l’Almageste n’a pas été publiée d'un seul tenant et que chaquee attendr livre a dû faire l’objet d'un traitement particulier. Mais il fautplus clair. voir d’y r essaye pour taire commen ce de te une édition complè il y a des indices qui font penser que le livre III du Commentaire à li Almageste résulte effectivement d’une édition postérieure : ce sont les références au Grand Commentaire, relevées plus haut ($4), qui plaident 86. LES RECENSIONS BYZANTINES Celles-ci sont très faciles à reconnaître. Tout d’abord, on les trouve t. surtout dans les manuscrits du XIV? siècle et les copies qui en dériven et hes retouc : formes uses nombre de sous tent Ces recensions se présen en ce sens. 50 w. KNORR, Textual Studies in Ancient and Medieval Geomeiry, Boston, 1988, a relevé d'autres différences (malheureusement je n'ai pu me procurer 46 Euclidis Data (cité note 30), p. 234. 47 Anal lyse de ce travail : par GJ. TOOMER, art. Theon (cité note 31 48 Cfr ci-dessus note 35. 49 ge). 322. es Cav dans Byzantion, 20 (1950), p. 191-222. M. RICHARD, And ‘Axo gaviic 51 A. ROME IN, p. 911 et 915. 52 Voir P. C., p. 210 par exemple. 53 Var, gr. 1594, ff. 95; 100; 101v; 111; 113. cet ouvra-

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A. TTHON grattages dans un manuscrit, annotations, collations avec d’autres exemplaires, réécriture d’un texte dont on corrige ou normalise la langue ou l'orthographe, explicitation de formules jugées trop lapidaires ou trop peu claires, essais de restauration des figures ou des démonstrations, additions de passages retrouvés ailleurs, compléments écrits de toutes pièces à des traités incomplets comme par exemple le livre III du Commentaire à I’ Almageste, écrit par Nicolas Cabasilas54 ou compléments aux Harmoniques de Ptolémée écrits par Nicéphore Grégoras35, Elles sont parfois signées ou attribuées à un auteur, mais le plus souvent anonymes. Du point de vue de l’éditeur moderne, ces recensions byzantines ne sont pas toujours une bonne chose : elles ne tendent jamais à retrouver l’authenticité, mais bien à corriger, voire à réécrire les textes et PROPOS SUR L'EDITION DE TEXTES ASTRONOMIQUES GRECS 137 Il est important que l'éditeur moderne essaie de déterminer dans la mesure du possible à quel état de texte il a affaire. C’est évident dans le cas de recensions byzantines qui ne peuvent pas étre prises pour le texte original. C’est moins simple lorsqu'il s’agit de déceler l'intervention d’éditeurs de peu postérieurs à l’auteur. Ce n’est pas toujours facile non plus de distinguer ce qui, dans les corruptions d'un texte, peut remonter à l’auteur lui-même. Les résultats de telles recherches, pour incertains qu’ils soient, permettent de mieux comprendre les textes, leurs incohérences, leurs imperfections, et nous mettent en prise directe avec l’activité foisonnante des écoles scientifiques de la fin de l’Antiquité. Université de Louvain, Louvain-la-Neuve si l’on ne disposait que de recensions byzantines on aurait bien de la peine à retrouver le texte original. Elles peuvent être difficilement utilisées pour établir le texte d’une édition moderne. Mais ces éditions du XTVE siècle ont fait revivre les textes scientifiques dont certains n'avaient plus été étudiés depuis la fin de l’antiquité. CONCLUSIONS Les catégories que je viens de commenter ne sont pas toujours aussi claires que dans mon exposé. S’il est assez aisé de reconnaître les deux catégories extrêmes, les scolies et les recensions byzantines (§§1 et 6), les autres posent parfois des problèmes particulièrement ardus, comme on peut en juger par les échantillons ici présentés. Une difficulté supplémentaire vient du fait que la tradition manuscrite grecque ne remonte jamais, sauf cas rarissimes, au-delà du IX® siècle. A cette époque, les textes ont été systématiquement recopiés dans une nouvelle écriture, la minuscule, et leurs modèles ont disparu. Mais nous ne savons pas comment les copistes du IX® siècle ont travaillé et s’ils n’ont pas dans certains cas utilisé plusieurs modèles. Un manuscrit du IX* siècle qui, pour nous, représente un état unique de la tradition pourrait bien être un amalgame de différents états. 54 Edition de Bâle (citée en début d'article) p. 131-194. 55 Ed. I. DORING, Die Harmonielehre des Klaudios Ptolemaios, Göteborgs Högskolas Ärssschrift XXXVI, Göteborg, 1930, p. 109-110. nomiques grecs des ıv" etsel rono Tınon Anne. Propos s ur l'édition de textes astro “Th on des textes ancien l'éditi par posés èmes Probl ére: v siècles de notre grande partie sur les éditions des (cf. N° 8138) 113-137. | Étude fondéeleenmatériel anonyme des Iv"-v* s. collecté sur et ndrie d'Alexa Théon œuvres de e des éditions terne problém Le e. Ptolémé de et dans les mss de Théon d'ouvrages scientifiques. Les recensions d'époque byzantine