Les harmonies dans l'embryologie hippocratique

Auteur
Delatte, A.
Publié dans
Melanges Paul Thomas
Année
1930
Sujet
HIPPOCRATES
Langue
Français
Catégorie
C9 Médecine
Numéro d'archive
3374

Ouvrir le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Afficher le texte intégral6 pages

Page 1

Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Ss x La DE LATE Al \ AS âme, formé d’une mixture de feu et d’eau, est constitué par des éléments où des cellules (mépea), prises à toutes les parties des corps des deux procréateurs (6-7). Lorsque, LES HARMONIES DANS pat suite du manque de place ou d’un défaut de nutrition, ces cellules ne peuvent plus se développer, elles émigrent | dans un endroit plus favorable à leur épanouissement et elles fusionnent dans la matrice, lors de Pacte de la conception. Voici, d’après la dernière édition de Diels!, le texte où se trouve exposée cette théorie et où apparaît L’EMBRYOLOGIE HIPPOCRATIQUE PAR (relevée en caractères espacés), la doctrine que je voudrais A. DELATTE commenter. xpóvov dì rogoùtov éxaorov Tv abrny rafıv exer, dy pe lA L'un des traités hippocratiques les plus riches de substance et les plus intéressants pour la reconstitution de LA 1 $ td » > Al | / 8 x > 4 La > a ES eo , 2 # [4 € [4 19 = là ~ de Kai cuppioyerat - Exactov pev yap ÖLaxpiveras Tpúra, dua de Kal pavra 10 ovppioyera |‘ xwpnv kai ruxóvra dé apeidppovins opbFs 2 a éxovons cvudwvias Tpels ovAAGB87>», SeeEtov Sta rovéwv [we Kai adferaı roioıv abroicıvoloimep kai mpoaberv. a / Av dt un TUXN THs dwva ra Y TH Dans les chapitres 6-31, l’auteur s’occupe d’embryologie. dv Il y montre comment le fétus se développe du sperme, 1 da ~ vov más 20 6 Es y hal = évos paTatos * # adA’ petov Seurepn TH TOVOS To 2 avnofecı yeynraı mavrös, mpocaciaat pélovos parfois tout simplement appelé de ce nom?. Le spermerotary a précisément sur de tels parallèles. est, Bapéa 1 appovins pyde Ev TH TpwTH cvppwvin 15 obscure jusqu'ici et en proposer une explication basée + amoyevopéyap ék tod apeißeı mpo N ov poipns, ” de SrL où ywwakouduw, 6 TL ToLodaW. apaévwv pev'odv Kat , = OnAéwv Sid7 ékarepa yiverar, mpoiövrı TH Adyal SnAwW' ow . ld ToUuTwv \ e dé | 160 1. Fragmente der Vorsokratiker®, p. 106, 161 i / OMOTEPOV Hippokratea, dans les Studies in clas. Philology, XXV, 1914. 2, Heidel, op. et., p. 157. w à] THY menpwpevnv poîpav, radra Siaxpiverat mpüra, dpa étude, attirer l'attention sur une théorie qui est restée 1. Fredrich, Hippokrat. Untersuchungen, dans les Philol. Unters., XV, 1899; Heidel, # e = = cette courte (Yuxn) et, qui plus x ‘ kal avdyxns Suwxdpeva * óxórepa È av mporepov exadnon abstruse, a souvent besoin d’être interprété à la lumière avec lame > x xwpnv, Onrea kai dpoeva, Tov atrov Tpomov tro Bins volontairement énigmatique et gonflé d’une terminologie lequel est identifié s Y pyrkioroy trav Ouvar@v. émeurer apeiBer és tHv pélova écrit dans une langue dans @ ul ” livre de Pouvrage sur le Régime (wepi diairns, de vichn). Utilisé depuis longtemps, à cause des théories héraclitiques dont il est gros, pour l’enrichissement de notre compréhension de l’Obscur penseur, il a révélé, après les études de Fredrich et de Heidel +, une foule de parallèles avec d’autres systèmes philosophiques du VIS et du de ces rapprochements. Je voudrais, a , pyrére Géxmrau y xwpn pude Tpobmv txavynv éxy és TO la philosophie présocratique est, sans conteste, le premier Ve siècles. Lui-même, d’ailleurs, A , n

Page 2

Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
x » ¿éA0ov Kat kuveîrar Uo # ~ TÚXD TIS To € La e 4 LA A2ppovins, vypov €or mupos . kiveouevoy de Cwrupetrar Kal mpoodyerac Ty tpodnv aro Tüv ectorrwy és Tv yuvaika oitwy Kat mvedparos. s’embrase et extrait la nourriture des aliments et de Pair introduits dans la femme. » | Il ressort avec certitude de ce texte, avant plus ample examen, que l’auteur compare le développement du fétus à l’exécution d’un chant ou d’un air de musique, et, sans 2 Séxnrat y xépn nde rpodq M: déxqra: n poi nde xwpnr O quod recipit Fredrich emend. rpo$7 : d€xnras (scil. 7 ragıs) [9 xwpi gloss.] pydé rpodn» Heidel; sed cfr §§ 6 et 7. 3 pélova O: &w M. 5 óxórepa @: öoa M. 12 ovrep M. 14-15 yévgra perni ovubuwvine È [Gv M ] de Seurépn: yeveoıs [je add. M] ro Bia mavrés O M : corr. Fredrich. 16 évós M : rıwös O. 19-20 rpoporprjoa: or: O, 22 av M: qu ©. 24 xiveouévov O. 26 rvesparos O. : mveunarw M. doute, le fétus lui-même à un instrument de musique. Pour lui, Paccordement parfait (¿puovia) d’un instrument comporte trois accords ou symphonies (ouygwvia: Tpeis), qu’il designe plus loin par les mots : le premier, le second Je traduis, en modifiant la traduction de Littré de et celui qui s’étend à l’ensemble. Nul doute qu’il vise ici facon à suivre le texte de Diels, et en notant le caractère provisoire de la traduction de l’endroit souligné : les accords de quarte (communément appelé dia recodpwr), « Chaque élément (cellule) conserve le méme rang de quinte (à mévre) et d'octave (Sd mao&). Si un ton manque ou si les cordes des sons graves sont mal accordées à celles des sons aigus pour former l’un ou Pautre de ces jusqu’à ce que la place ne s’y prête plus et qu’il n’ait plus une nourriture suffisante au plus grand développement accords, l’air de musique est faux. possible. Ensuite les éléments passent 4 la place plus grande, mâles et femelles, poussés de même façon par la force gation que j’ai placés dans la traduction : j’ai voulu par là et la nécessité. Ceux de ces deux groupes (d’éléments) qui ont d’abord achevé le développement qui leur était On aura remarqué les points de suspension et d’interroattirer attention sur le mauvais état du texte. On observera que la phrase commence par deux participes au neutre assigné se séparent les premiers et en méme temps fusionpluriel (¿ueipavra, nent; car chaque élément se sépare d’abord et en méme participe temps fusionne. Après qu'ils ont changé de place et trouvé présente deux verbes au singulier. Que le sujet soit le un juste accordement qui comporte trois accords a la suite... substantif auquel se rapportent les premiers participes (un élément ?) passant a travers tous (les accords) vit et s'accroît (à savoir pépea tod owuaros, les cellules), ou celui qui par les mêmes moyens qu'auparavant. Mais s’ils ne trouvent pas détermine Sceftov, au ruxóvra), neutre qu’elle singulier dans l’un continue (SÉ), comme puis par un qu’elle dans l’autre cas Paccordement et si les sons graves n’ont pas de symphonic lun des deux groupes de participes reste sans fonction avec les aigus dans le premier accord ou dans le second dans la phrase. Qu'est-ce, d’ailleurs, que cet être qui passe ou dans celui qui s’étend à l’ensemble, tout l’air de musique, à travers tous les accords? Et à quoi rattacher ovAA5Bômr? si un seul ton fait défaut, est vain, car il ne saurait y avoir Si c’est à exovons, comme le veut Diels, qu'est-ce qu’un concert; mais il passe du plus grand au plus petit avant accordement qui comporte 4 Ja suite tous les accords ? la destinée (l’ordre assigné); aussi, ne sait-on pas ce que Si c'est, comme le croient les autres éditeurs et comlon fait. Pour quelle raison chacun des sexes, mâle et mentateurs (Fredrich p. ex.), à Scefiov, que signifie passer femelle, est produit, je l’exposerai dans la suite de l’ouvrage. à la suite ou d’un trait à travers les accords ? Aussi a-t-on Mais quel que soit celui qui se trouve arriver et qui rencontre songé à corriger dtefidv des bons manuscrits (9 M), — le Paccordement, étant humide, il est ma par le feu; mi, il Siefiuv des manuscrits récents adopté par Kühn étant

Page 3

Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
plus inexplicable encore, — en Sefiosoas (Mack) Mais quelle est, dans le domaine de la physiologie, mais, alors, les accords passeraient à travers eux-mêmes (!); la signification de cette image tirée de la musique? C’est ce même sujet que les autres participes : certaines des objecqu'il est impossible d’apercevoir dans le texte méme du De vietu. Un passage d’un autre ouvrage du Corpus hippotions soulevées plus haut ne sont pas levées par cette cratique, le De septimestri partu, c. 9, qui fait allusion, conjecture; en lui aussi, à une théorie dieferpe eiui, en Scefidvra (Van (de der Linden, Segsv Ermerins), qui aurait le (Littré), qui serait le participe de être), verbe qui n’existe pas. Cette de l’accordement de la grossesse, est de nature à jeter quelque lumière sur ce problème. dernière conjecture visait peut-être à obtenir un accusatif « Pour les femmes, dit-il, les conceptions, les avortements absolu, mais comme, d’autre part, Littré traduit comme et les accouchements se jugent de la même façon que les s’il y avait dans son texte Setióv (« parcourant »), on peut maladies, la santé et la mort chez les autres personnes. se demander si ce n’est pas là une simple erreur de copie. Tout cela donne des signes, soit par jours, soit par mois, La solution des difficultés me paraît beaucoup plus simple. soit par quarantaines de jours, soit par années... En général, Je propose de voir dans le passage abimé les noms des lesjours les plus significatifs sont le premier et le septiéme, trois accords principaux que distinguait la musique antique; tant pour les maladies que pour les fétus... Le médecin... non, à vrai dire, les j'ai doit avoir l’œil sur tous les jours impairs et, parmi les dénominations courantes que anciennes pairs, sur le quatorzième, le vingt-huitième et le quarantequi sont attestées par divers auteurs. Je lirais donc, au deuxième. En effet, c’est là la limite mise par quelques-uns lieu di à la proportion de Paccordement, et C'est le nombre aprıoguns de la (produit par les pairs?) et parfait; pour quelle raison, citées plus de haut, mais ovAAnBönv oferdy, da racéwv, dppovin : des Sictióv qui appellations plus Bid sont les racéwv : ovMaBir, ouupwvia rpeis ces C'est ce qu’il serait trop long d’expliquer. I/ faut baser termes, en effet, que Philolaos les désignait encore dans ses observations sur les triades et les tétrades de jours, les triades un passage qui a été conservé par Nicomaque et par Stobée en les joignant toutes, les tétrades en les joignant deux a deux (fr. 6 Diels), c’est-à-dire, sous leur forme dorienne, cvAdafà, et en les accouplant deux à deux. »1 la quarte, la quinte, l’octave. C'est par du’ oferdv, Sua wacdy Ou dppovia. Nicomaque dans les Har- A côté des nouveaux problèmes que pose l’interprétation moniques, 9, Aristide Quintilien, De Musical, p. 17, Porphyre, de ce texte et que nous examinerons plus loin, nous décou- In Ptolem. harm., p. 370, nous avertissent plus vrons ici un élément propre 4 éclairer le passage du De anciens theoriciens de la que les musique appelaient la quarte vieta. Nous y voyons apparaitre, exprimée toutefois en ovAAaßr, la quinte Su? oferav (Su? öfeiav Porphyre, &ioéeïa Aristermes encore hermétiques, une théorie de la proportion tide), et donnaient le nom de dppovia à Poctave, dıa racó». de Paccordement appliquée tout à la fois à la nosologie L'auteur du De vieta se trouve donc au même stade que Phiet 4 l’embryologie, et basée sur les nombres de jours lolaos, chez qui le nouveau nom de Poctave, 34 ravá» apdu développement de la maladie ou de la grossesse, ou paraît à côté de dppovia, le nom ancien; mais tous deux plutôt sur les rapports de ces nombres. Nous croyons auraient conservé les noms anciens des deux autres accords !. pouvoir deviner que, pour l’auteur du De victm, ce qui 1. J'avais proposé cette correction au regretté Diels, qui Pa acceptée dans ses Nachträge aux Fragm. der Vorsokratiker, p. XXVI. 164 correspond aux longueurs de corde qui produisent les t. Trad. Littré, que j'ai légèrement retouchée pour mieux l’adaprer au texte.

Page 4

Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
accords de l’instrument de musique, ce sont les nombres de jours que comportent les diverses périodes du développement du fétus. Mais ce ne serait là qu’une simple conjecture, si certains textes étrangers ne venaient lui donner Pythagore, dit-il, admet deux types de grossesse, l’un de sept mois, qui s’achéve en deux cent dix jours, l’autre de dix mois, qui amène le fétus à terme au bout de deux cent soixante-quatorze jours. Pour que le fétus, dans le premier un appui, cn méme temps qu’un éclaircissement des plus nécessaire. Ces textes sont empruntés à la littérature pythagoricienne !. On sait que les Pythagoriciens anciens cas, arrive à prendre l’apparence humaine, il doit passer se sont occupés de la médecine et des sciences naturelles pendant les huit suivants, cette humeur se change en sang, par quatre périodes de transformation : pendant les six premiers jours, le sperme se mue en humeur laiteuse; après avoir trouvé son achèvement selon les proportions puis aprés neuf autres jours en chair; douze jours après, apparait la forme humaine. Or, ces nombres forment une proportion musicale, le rapport de 6 4 8 étant celui de l'accord de quarte, comme la quinte est donnée par le rapport de 6 à 9 et l’octave par celui de 6 à 12. Si Pon multiplie la somme de ces nombres, soit 35, par 6, le nombre de la première période, le fundamentum gignendi, qui ‘est en même temps un nombre parfait, on obtient le de l’accordement («ara roùs THs dppovias Adyous), en sept, nombre de jours de la grossesse, 210. Dans la grossesse qui en forment la préparation, et en constituent l’armature ?, et on ne sera pas surpris que ce soit la même catégorie de sources qui nous a fourni la suggestion: et la matière de la correction proposée ci-dessus, qui nous donne aussi les éléments propres à expliquer la doctrine hippocratique. D’après les Pythagoriciens d’Alexandre Polyhistor, sur le rapport de Diogéne Laërce VIII, 29°, « le fetus toutes les proportions de la vie. Quand celles-ci s’ende dix mois, la première période comprend sept jours au lieu de six, et la somme des nombres des jours critiques chainent, il se conserve selon les proportions de l’accordes’eleve à quarante environ. huit ou, au maximum, dix mois, est enfanté. Il a en lui ment, chacune de celles-là se produisant au temps fixé. » On trouve des théories semblables, enrichies de spécula- La doctrine est ici encore, peu claire : un point est certain, tions eimsdem farinae dans Plutarque, De an. procr. in Timato, c'est que le développement du fétus comporte un certain nombre de périodes bien déterminées qui ont entre elles des rapports harmoniques. Mais la théorie est heureusement exposée de façon beaucoup plus claire par, Censorinus, De die natali, y et 11, d’après Varron, qui s'était occupé de cette question dans son Tubero sive de origine humana. 1. Fredrich, op. eit., p. 159 avait déjà remarqué que cette doctrine devait ètre sortie d’une tête de Pythagoricien et il avait rapproché seulement le texte de Sextus Empiricus IV, 6, qui sera cité plus bas. 2. Cfr ma Vie de Pythagore de Diogéne Laerce (Bruxelles, 1922), pp. 172, 233 ss. Qu’il suffise de rappeler les noms de Alcméon, Hippon, Philolaos (pour ce dernier Diels, Vorsokr. *, A, 27, p. 308). . 3. Sur l’âge de ces doctrines, cfr Wellmann, Eine pyibagor, Urkunde des IV. Jabr- 12, Sextus Empiricus, Adv. math. IV, 6, et chez l’auteur des Theolog. Arithm., pp. 39 et 47 Ast (so et 63 De Falco), qui citent tous trois les Pythagoriciens; dans Proclus, In Remp. II, p. 34 (Adyor ovupovos), qui les attribue à Empédocle, Aristide Quintilien, De musica III, 142 (ápuovixol Agyor), Anatolius, p. 8 Heiberg, et jusque chez le byzantin Pediasimos, pp. 16 sq. Cumont! (p. 5 De Falco). Les Pythagoriciens, d’ailleurs, ne s’étaient pas borné a chercher dans la musique les lois de l’embryologie; ils avaient aussi fait appel à leurs sciences favorites, l’arithmétique et la géométrie, comme on le voit dans Proclus, ¿bid., pp. 26 bunderts v. Chr., dans Hermes, 1919, pp. 225 ss., et ma Vie de Pythagore de D. L., pp. 1. Revue belge de Philol. et d'Histoire, 1923.

Page 5

Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
et 33 (cfr p. 35), et dans une Scholie homérique T 1191. De l’étude de ces textes, il ressort que le fétus ne conserve vie et n’atrive à terme que lorsque ses développements successifs se produisent 4 des dates fixes calculées en nombres de jours qui ont entre eux des rapports harmo- Il faut sans doute chercher dans une autre direction et c’est le moment d’aborder le dernier problème que posent ces textes si obscurs. L’extrait du De septimestri partu que j'ai cité plus haut se termine, en effet, par cette phrase énigmatique: Bewpeiv Sì xpn odrws Tpidor Te Kal niques. S'ils se produisent à d’autres dates, si les périodes TeTpact, Tails pev Tpidor Évrmupévus amdoats, tais de Terpaoı sont trop longues ou trop brèves, le fétus meurt. C’est ce que l’auteur du De victy entend par harmonie faussée : Svo pev Tapa dúo ovvnppevats, dio dt mapa do ouvefevypevats, le fétus « passe du plus grand au plus petit avant le moment On a vu plus haut la traduction de Littré, que j’ai essentiellement respectée. Voici celle de Van der Linden, qui fix& corrige ovvnupévais (mp6 potpys) » L’emploi de cette périphrase pour désigner l’avortement ne surprendra pas, si l’on sait que l’auteur a décrit précédemment (c. 4), la mort comme un en dovvnuuévais : ternariis quidem comme un nombre parfait, comme produit par des nomomnibus copulatis, quaternariis autem duobus disiunctis, duobus connexis ; celle de Kühn : fernariis quidem omnibus copulatis, quaternariis vero duobus ad duos connexis et duobus ad duos coniugatis. Ermerins traduit : fermariis quidem omnibus coniunctis, quaternariis vero alternis vicibus duobus coniunctis, duobus copulatis, et interprète : Non est tamen adeo obscurus ut non intelligi possit : docet in dierum criticorum serie omnes dies bres pairs (à supposer qu’on doive traduire ainsi épriopuys, impares esse computandos rais pèv Tpiäor Evvnupévass amaoaıs : qui est un hapax), et comme la limite de la proportion ergo amoindrissement et une décroissance, Il reste à expliquer quelques obscurités du texte du De septimestri partu que j'ai cité plus haut. Il y est dit, d’abord, que le nombre 42 est considéré par certains de l’harmonie. J’ai cherché en vain trace d’une telle théorie dans tous les auteurs anciens qui ont conservé des fragments de l’arithmologie pythagoricienne. Pourquoi le nombre 42 est-il déclaré parfait? L’arithmétique ancienne appelait rélaos un nombre formé de la somme de ses parties aliquotes, tel le nombre 6 (= & + 3 + è de 6, Nicomaque, Intr. Arithm., I, 16). Le nombre 42 ne remplit pas cette condition. S’il fallait chercher la raison pour laquelle il est appelé patfait, dans Parithmétique, je songerais au fait qu’il est le produit de 6 et 7, l’arithmologie pythagoricienne regorgeant de speculations sur les propriétés mystiques de ces nombres. Mais à cela paraît s’opposer la mention de sa qualité d’aprioduns 2, Ä r I — di 2 3 NN 4 5 6 7 8 9 1011 cel. Sed in diebus paribus computatio facienda per rerpaèas — ovvelevyuévas. Quod quomodo faciendum sit, docent ipsi dies indicati 14% 28%8 428, Itaque fr v y 123 4 5 6 7 8 9 1011121314 m = Y Cc ep 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 Pythagoreer (Halle, 1923), pp. 150-157, a reconstitué une théorie de l’acoustique, antérieure à Platon et reprise par Aristoxène, dans laquelle le nombre 42 joue un rôle. D’après cette théorie, du type physique sensualiste, le plus petit intervalle musical est la différence entre le quart de ton enharmonique (représenté par quatre unités) et le quart de ton chromatique (trois unités): c'est'un douzième 1. Cfr Cumont, Rer. belge de Philol. et d’ Histoire, 1923, p. 20. de ton. Dans ces conditions, la quarte correspond à trente unités et la quinte à 2. Une autre hypothèse pourrait venir à l’esprit. E. Frank dans Plato und die sogen. quarante deux, Mais on ne saisit pas bien le rapport avec le texte hippocratique.

Page 6

Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Nempe rpiddes et rerpddes Évvnupévai eae sunt in quibus tertius aut quartus Simul est dies primus sequentis Tpiádos s. rerpdôos ; contra ovvelevypévar in quibus dies qui excipit integram rpıada 5. rerpada antecedentem primus est subsequentis. Est autem Sio mapa Suo alternis vicibus. L’explication est séduisante, surtout si l’on observe que chaque groupe de quaternaires ainsi disposés constitue, en réalité, un septénaire, que l’auteur du De sept. partu met surtout en évidence les nombres 7, 14, 28, 42, et que l’ensemble de ces groupes, aboutissant précisément au fameux nombre 42, forme six septénaires. On connaît c’est qu’on peut considérer les doctrines pythagoriciennes dont nous avons tiré les éclaircissements nécessaires, et qui ne nous sont connues que par des temoignages tardifs, comme appartenant à l’ancien pythagorisme. On ne peut penser, en effet, que les Pythagoriciens postérieurs se soient inspirés des œuvres hippocratiques; dans celles-ci la doctrine est obscure et d’ailleurs l’auteur du De septim. partu invoque une autorité étrangère. D'autre part, les spéculations arithmétiques et harmoniques sont propres au pythagorisme ainsi que l’habitude de transférer les lois de ces sciences dans les autres domaines de Pétude de la nature !. Il est donc fort vraisemblable que nous avons la valeur zoogonique du nombre 6. Je me demande pourtant si cette terminologie n’est pas empruntée à la théorie des proportions. Les mathématiciens découvert dans les ouvrages hippocratiques une nouvelle trace d'influence de l’École de médecine italique. anciens distinguent des proportions (dvadoyiat) ovrnppevaı Ou ovvexeis et dreLevypévar, Srexeis Ou Gimpnuévar (Aristote, en” Vi. MELANSES Pari TOR S Eth. Nie. V, 3 (6), 9, Nicomaque, Inf. arithm. 11, 21, Euclide, Theon, Psellos, etc.). Dans les premières, le méme nombre sert 4 la fois de second et de troisiéme terme, ou, si lon veut, de moyen terme (1 : 2: 3); dans les autres, les rapports comportent quatre termes différents (xs 2 12 4: 8) Les tétrades hippocratiques seraient groupées alternativement en rapports continus et en rapports disjoints. 1:4: 7 est formé de deux tétrades (1 - 4 et 4 - 7), en rapport continu; elles constituent une dvadoyia ouvmupévn; de même 8 : 11 : 14, ctc. Mais la série des tétrades alignées par Ermerins, envisagée sous un autre aspect, peut être regardée comme constituée par des avadoyiar delevyuévas 4:7::8:11; de méme 11 :14:: 15:18, etc. Si ce rapprochement avait quelque valeur, il conviendrait alors de proposer de corriger ouvelevyuévais en Brebeuyuévais. Mais cela paraîtra sans doute trop hardi. .L’étude des théories de l’accordement de l’embryologie hippocratique nous mène encore à une autre conclusion : 170 1. C'est parce que je considérais la théorie des accordements de la grossesse comme appartenant à l’ancien pythagorisme que j'avais suggéré à Diels (Nachträge, p. XXXII) que la citation d’Empédocle dans Proclus pourrait bien comprendre l'explication par les proportions harmoniques,