Rien de nouveau sous le soleil

Auteur
Levy, I.
Publié dans
Nouvelle Clio
Année
1953
Sujet
SUN
Langue
Français
Catégorie
C11 Cosmologie
Numéro d'archive
5185

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EST A: Rien de nouveau sous le soleil L'expression « sous le soleil » pour dire « en ce monde » se lit dès les premières lignes de l'Ecclésiaste: « Quel profit retire l’homme de tout le mal qu’il se donne sous le soleil? » Et dans la suite de l’opuscule elle reparaît à chaque page; l’auteur l’emploie plus de vingt fois. Elle ne figure cependant dans aucun autre livre biblique et avant que l'épigraphie sidonienne eût appris qu'elle avait été phénicienne avant d'être hébraïque, on ne lui connaissais d’autre parallèle que le ég'#ñtw hellénique, attesté pour la première fois dans l’Alceste d'Euripide (1). Tabnit, roi de Sidon, maudissant celui qui violerait sa sépulture, lui souhaite de n'avoir pas de postérité « parmi les vivants, sous le soleil» (), et une variante de cette formule apparait dans l’épltaphe d'Esmunazar II, fils de Tabnit ($). L'orientaliste américain Louis Ginzberg (#), qui place les deux textes au début du 11e siècle (5) a pensé que le «sous le soleil» a pu être emprunté par le phénicien au grec, soit dès l’époque de Straton le Philhellène, vers 360, soit peu après la conquête d'Alexandre, et que l'expression a passé dans l’Ecclésiaste sous les Ptolémées. L'hypothèse est erronée. Car l’épitaphe de Tabnit reproduit avec une légère modification les termes de l'imprécation proférée, dix siècles plus tôt, par le vieux roi élamite Untaïgal. Dans une inscription en langue babylonienne, publiée et traduite par Scheil (f), Untaëgal appelait le courroux des dieux sur le malfaiteur qui détruirait un monument élevé par le roi: « Que sous le soleil sa postérité ne progresse » | RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL 327 tardive en Grèce, l'expression paraît étrangère aux littératures indoeuropéennes d'Asie, comme aussi à l'égyptien (1). Sémites et Grecs ne l’ont pas créée indépendamment, mais on déterminera difficilement le point de l’Asie antérieure où a pu naître la pittoresque association de mots qui a fait fortune dans le monde, grâce principalement au verset 9 du chap. I de l'Ecclésiaste: « Ce qui fut, cela sera; ce qui arriva, cela arrivera: rien du tout n’est nouveau sous le soleil. » On a parfois attribué à ces pensées une origine stoïcienne et, de fait, elles rappellent d’assez près ce qui se lit chez Sénèque (omnia transeunt et revertuntur, nihil novi video) (2), ou Marc-Aurèle (oëdêr xaurdv. Tläv ti yuwôuevor oÙtws Ge êyivero xul yermoetru) (3). Mais c’est d’un texte conservé par Porphyre que l'Ecclésiaste est l'écho fidèle. Pythagore, assure Porphyre (#), prêcha l’immortalité de l'âme et la transmigration, et professa OT xatà mepiôôous Tivas Tä y 4v0odôèy véov 0 yivetai, néliv uevé note par surajoutés éléments des 9 verset le Dégageons ëcTti. adnÀ&ç Qohelet (le second membre de phrase, qui est là pour le parallélisme, et le « sous le soleil », expression favorite de l'écrivain): ce qui subsiste serait la traduction littérale, le calque rigoureusement exact du modèle grec si l’auteur juif, négligeant une donnée caractéristique de la doctrine prêtée à Pythagore, n'avait laissé de côté la notion du retour périodique. La copie est incomplète, mais l'emprunt est manifeste, Qohelet se révèle ainsi tributaire d'une version hellénistique () de l’enseignement de Pythagore. On peut, je crois, tirer argument de ce fait contre les dates trop élevées qu'on assigne le plus souvent au livre Connue des Sémites à haute époque, d'apparition relativement () Le Würterbuch de Gesenius, 12° éd. signale que le rapprochement entre lhébreu et le grec été indiqué par Abr. Kuenen, Onderzoek, 23, 198, (2) Répert. Epigr. sém., 1202, 1, 7-8. (3) Corp. Inscr. Sem., phen., 3, 1. 12. (4) Journal of Biblic, Literature, 1937, p. 142. (5) Ginzberg a sur ce point raison contre l’opinion commune, qui fait remonter jusqu’au ve siècie l’époque de la dynastie sidonienne. (6) Scxeix, Mélanges épigraphiques (Mém. mission archéol, de Perse, t. XX VIID), - p. 31. (@) I n'y a qu’un bien vague rapport entre « sous le soleils et la périphrase pour « monde », qu’en a rapprochée P. HuMBERT, Recherches sur les sources égyptiennes de la littérature sapientiale d'Israël, p. 110. (2) SÉNÈQUE, Epist. 24, (3) Marc-AurèLe, VIL 1 et XIE 26. (4) PorPHyre, Vif, Pythag., 19, qui est, comme a remarqué Ed. ZEziLEr, Phila source de St-Jérôme, Ado. Rujinum, losophie der Griechen, VI, p. 550, n. 4, (5) Porphyre a transcrit le texte de Vi. Pyth. 19 d'après un recueil datant de la fin de l’époque hellénistique ou du début de l’Empire romain (v.[. Lévy, Recherches sur les sources de la Légende de Pythagore, p. 90-92),

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LA NOUVELLE CLIO biblique. L'influence du pythagorisme tardif sur la littérature jui n'est sensible que depuis la seconde moitié du 1er siècle av Tue chrétienne (Psaumes de Salomon, Manuscrits de la Mer Morte : L'Ee clésiaste (Graetz e t Cheyne le pensaient déjà) ne doit pas être teens . à l’époque d'Hérode. Paris. ee Isidore Lévy. Lévy I., Rien de nouveau sous le soleil {cette formule est l’écho d’un texte 9 ue tar . $3 prthagoricien] ; cî. Prouerbia. verset V 195332 Lévy L., Rien de nouveau sous le soleil : NCliocontribue &t &* de la fordu chap. 1 de l'Ecclésiaste, qui a grand ement pythagorisoleil, est l’écho fidèle gx = mule : rien de nouveau sous le : l'Ecclésians ‘it pas être 19 ag. Pyth Vit. , hyre Porp par cien conservé Le . UD : antérieur au ve siècle av. JC. o V 1953 326-328. | Le verset 9 Lévy I., Rien de nouveau sous le soleil : NCli nt contribué au succès de la fordu chap. 1 de l’Ecclésiaste, qui a grandeme l'écho fidèle d’un texte pythagorimule : rien de nouveau sous le soleil, est 19 ; l’Ecclésiaste ne doit pas ètre ag. cien conservé par Porphyre, Vit. Pyth J.C. av. e siècl ve au r rieu anté La Wrtrulle Cl