Martianus Capella et Jamblique

Auteur
Turcan, R.
Publié dans
Revue des Etudes Latines
Année
1958
Sujet
MARTIANUS
Langue
Français
Catégorie
B3 Jamblique
Numéro d'archive
5320

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MARTIANUS CAPELLA ET JAMBLIQUE \ase 235 vi MARTIANUS CAPELLA ET JAMBLIQUE PAR PF. Turcax Assistant à la Faculté des lettres de Lyon SomMaiRE. — Les singularités démonologiques et terminologiques du De nuptüs s'expliquent en fonciion du système de Jamblique. En particulier, le compte aberrant des quatre-vingt-quatre liturges, da répartition des démons sublunaires, la localisation entre Lune et Soleil des âmes purifiées, enfin la distinction des deux mondes, intelligible et intellectuel, et la notion même de vis patris reflètent l'enseignement du mystérieux Syrien. L'histoire du néo-platonisme latin reste à écrire!. La difficulté de l’entreprise — qui en vaut la peine — est qu'elle se ramène à une recherche de sources. Comme le remarquait dans sa thèse M. P. Courcelle?, il faudrait d'abord que le néo-platonisme grec fût un peu mieux connu. On a, en effet, le droit de supposer que l'évolution du premier est, en quelque mesure au moins — même avec le décalage chronologique qui intervient normalement en pareil cas — solidaire de l’histoire du second : avant de ramener le succès du mouvement dans les milieux cultivés romains à Finfluence prépondérante d'un philosophe, il faudrait préciser pour un certain nombre de cas les liens exacts de dépendance qui rattachent les conceptions et surtout la terminologie des néo-platoniciens latins au système d'un Plotin, d'un Porphyre ou même d’un Jamblique. À supposer que cette histoire nous soit un jour racontée, on pourra non seulement vérifier si ce mouvement de pensée a, en Occident, évolué parallèlement ou non à la philosophie grecque orientale, mais aussi évaluer la diffusion relative des différents systèmes néo-platoniciens sur 1. Des recherches remarquables ont été poussées an ce sens depuis les vingt dernières années. Citons principalement : W. Theïler, Porphyrios und Augustin, Schriften d. Kônigsb. Gelehrten-Gesellsch., X (1933), 1 ; P. Courcelle, Boëce et l'École d'Alexandrie, M. É. F. R,, LIT (1935), p. 185-223 et surtout Les lettres grecques en Occident de Macrobe à Cassiodors, Paris, 1948, suivi des Recherches sur les & Confessions » de saint Augustin, Paris, 1950, et tout récemment des Nouveaux aspects du platonisme chez saint Ambroise, R. É. L., XX XIV (1956), p. 220-239. 2. Les lettres grecques.….., p. xu11.

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le plan éthique, théologique ou eschatologique, reconnaître entin les circonstances qui peuvent expliquer ces variations. Dans la somme d’érudition méthodique que représente Les lettres grecques en Occident de Macrobe à Cassiodore, M. Courcelle tend à rapporter à l'influence du seul Porphyre la divulgation de la plupart des thèmes philosophiques d'inspiration néo-platonicienne, en particulier chez Macrobe?! et Martianus Capella. Si l'hypothèse est pour le premier tout à fait vraisemblable, elle reste, me semble-t-il, à démontrer dans le cas du second. Les textes que Martianus paraît avoir eus sous les veux sont « je crois affirme M. Courcelle, non de Jamblique, mais de Porphyre ? > et il cite le commentaire de Dunchad qui aurait eu encore vague ment conscience d’une source porphyrienne. Mais que prouve en l’occurrence l'opinion d’un moine carolingien? W. Theiler, dans une étude extrêmement dense sur la théologie chaldaïsante qui s'exprime dans les hymnes de Synésius®, a fait ressortir en passant, par des rapprochements textuels 4. ce que Martianus Capella doit à ces fameux Oracles, dont le R. P. Festugière a repris l’exégèse5. Plus récemment, M. J.-G. Préaux nous laissait supposer à la fin d’un article sur la Vénus androgvnef que Martianus reste, dans le domaine mathématique comme dans les autres, fortement redevable à Jamblique. Nous voudrions tenter de confirmer sur quelques points cette dépendance « jamblichéenne » qui ne se révèle pas seulement sur le plan des doctrines, mais surtout dans la terminologie. Les sources de Martianus représentent incontestablement un stade plus évolué du néo-platonisme que la pensée de Porphyre, et l'on ne peut rendre compte de telle expression insolite qu’en se référant sinon directement à Jamblique, du moins à la terminologie de son école. On sait la place importante des puissances intermédiaires dans la théologie fortement et systématiquement hiérarchisée du 4. Op. cit., p. 19 sqq. 2. Op. cit., p. 208 et n. 8. Corel. 3. Die chaldäischen AVE OLA) Orakel L und die Hymnen y des Synesios, { Schrifiten , d. Kônigsb. lôüni Gelehrten4. En particulier, p. 17 et 28,. 5. La révélation d'Hermès Trismégisie, III (Les doctri ’ 5 iv 1 (Le dieu inconnu et la gnose}, p. 132. | | Peine de Lamele pe SEE Rive RE NN 6. Un nouveau texte sur la Vénus andro gyne, Annuaire 1 de l'Institut 1 belge de philologi . NE et d'historre arientales ei slaves, XUIT (1953) — Mélanges Is. Lévy, en particulier D 488-289. 237 MARTIANUS CAPELLA ET JAMBLIQUE R. TURCAN atonit derniers néo-pl les « divin Jamblique », comme l’appellen rigoureusement ciens. Ce Syrien de Chalcis s’est attaché à classer aux différents ent spond corre qui toutes les catégories de démons un système dans ielle degrés de l'Être : la démonologie est essent s — senqui, comme le sien, suppose entre les différents monde et indissoluble sible, intellectuel et intelligible — une profonde ion insengradat la it garant unité que maintient, précisément, et nera s’éton ne sible des êtres depuis l’Un jusqu'à la matière 1, On ait pu frapper donc pas que sa démonologie complexe et raisonnée it Martianus l'érudit curieux d’occultisme théosophique qu'éta encyclopédie cette Capella?. Certaines allusions du livre I1 de de Philologie » bizarre qui a pour titre « Les noces de Mercure et ne peuvent guère s'expliquer autrement. é interplaAinsi, lorsque Philologie vient d’achever son vorag regards ses ôt nétaire, elle descend de sa litière pour noyer aussil l'Éther®. Elle dans J'immensité lumineuse et calme des plaines de mple avec conte et s Décan des aperçoit alors les figures variées la garde nt monte qui admiration les quatre-vingt-quatre liturges HIÿSCES devant le ciel des Fixesi. Que représentent exactement long fragment térieux liturges et surtout pourquoi sont-ils #42 Un turges * hypoli « d' parle nous hermétique conservé par Stohée* es liturg d'hypo terme engendrés par les décans pour les servir. Le ales zodiac semble impliquer toute une hiérarchie de puissances les décans où les liturges occuperaient un rang intermédiaire entre tique hermé texte le que tion et les hypoliturges, mais la défini iainunéd ent vienn fournit de ces derniers laisse supposer qu'ils engendrés. On tement après les décans qui les ont directement et surtout retrouve le nom même de liturges dans la Pistis Soph ta$ 2, p. 753-754; K. Pracelter, Die Philo4. E. Zeller, Die Philosophie der Griechent, II, sophie des Altertums, P. 614. des recherches amorcées il y à quatre 2, Le présent article ne reprend qu'une partie n de M. P. Boyancé ot présenté sous le ans pour un mémoire de diplôme fait sous la directio us Capella. Nous avens été heureux de Martian chez tonisme néo-pla et sme Ésoléri : titre , adopte dans son dernier livre : Histoire constater que M. 3, Bayet, avec sa haute autorité Payot, 1957), p. 252 et 254, le principe (Paris, romaine religion la politique ei psychologique de s, soumise des interprétations que nous Jui avions Philologia lectica desiliens cum inmensos 3. 11, 200 (p. 76, 8 sqq., Dick} : Ipsa quoque verna conspiceret ac nune tot diversitates litatis tranquil aeque actheri campos luminis quattuor liturgos caelo miraretur adstare... cerneret formasque decanorum tune octoginta etc. des sept planètes. &. Elle vient, en effet, de franchir les cercles cum, Ili, p. 36, 12 de l'éd. Budé). 5. 1, p. 192, 13, Wacbsmuth {= Corpus Hermeti Stud. d. Bibl. Warburg, XIX (1936), p. 350. 6. Ct. W. Gundel, Dekane und Dekansbilder,

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MARTIANUS chez Firmicus Maternus qui précise que les Égyptiens « ont appliqué à chaque décan trois entités divines auxquelles ils donnent le nom de munifices ou liturges1 ». Mais Firmicus se réfère ici à une autre tradition que celle dont s'inspire Martianus Capella, ae e est a que les décans représentent les faces ou les masques es planètes dans la proportion de dix degré i 2 diaque? et se nombrent, en sq,, à 36 ; en attrib uani nes — avec Néchepso-Pétosiris, source probable de Firmicus® — trois liturges à chaque décan, on n’en aura pas moins de 108 au total. En faisant même abstraction de la proportion qu'il donne de trois Hturges par décan, pour ne garder de sa définition, comme de celle du fragment hermétique cité plus haut, que le rapport étroit qui attache les liturges au service des décans, on ne saurait en partant du nombre de ces derniers arriver au chiffre de Martianu s Capella et l’on ne voit pas comment 36 décans peuvent engendrer S4 liturges. : Mais on sait que Jamblique pour donner à ses élucubrations théosophiques une apparence de rigueur scientifique avait imané une véritable mathématique des dieux. D'après Proclus4 la procession du divin est soumise dans son système à des jois rigoureuses : les dieux se multiplient, à mesure qu'on se rapproche du monde de la genèse, suivant une progression géométrique dont la raison peut varier avec la nature et les fonctions des différentes espèces divines. Proclus rappelle d’abord que la génération des dieux issus des régions « ouraniennes » se fait par duplication dans le monde de la genèse et il cite pour commencer un exemple de progression géométrique de raison 2 à partir de 21 Mrévoves : or cette progression aboutit précisément au chiffre $4 (21 X 2 X 2). Rappelons que, chez Martianus, les hiturges montent la garde devant le ciel (liturgos caelo miraretur adstare: : est-il aventureux de penser que c'est en raison même de leur ascendance « ouranienne »? Que si l'on juge difficile d'isoler ainsi les liturges du Zodiaque avec lequel ils semblent être en rapport étroit d’après les textes 1. Mathes., , 11, 1E, 4, 4, 4-5 :1. terna numi na decanis i si ji s i ifires appellandos esse voluerunt id est liturgos.…, etc. FOR apparut quos murifies 2. Festugière, La révélation d'Hermès Trismégiste, 1 [Les sciences occultes) p. 116 3. Id., Introduction au Corpus Hermeticum, TI, p. xir. L | 4. In Tim., I, p. 197, 9 sqq. Diehl. CAPELLA ET JAMBLIQUE 40% évoqués plus haut, il faudra encore se référer à la mathématique de Jamblique. En appliquant aux douze signes la progression de raison 7 que mentionne également Proclus!, on obtient aussitôt le chiffre de 84 liturges : il faudrait alors supposer 7 lturges par signe zodiacal ?, En tout cas, le nombre des liturges reste absolument indépendant de la répartition des décans et, quelle que sort l'explication qu'on adopte, l'indication de Martianus ne se comprend qu’en fonction d'une progression géométrique : il faut remonter soit aux 21 dieux de la famille « ouranienne » — solution que je crois la plus vraisemblable — soit aux douze signes de la tradition astrologique, dans une progression de raison 7. Cette application des mathématiques à l'étude des hiérarclues divines qui semble avoir caractérisé la démonologie de Jamblique me fait penser que l’énigmatique allusion à un Syrus quidam qu'on lit en 1723 peut fort bien se rapporter au philosophe de Chaleis {. Quand Philologie parvient jusqu'à la sphère de son futur époux, une foule joyeuse de serviteurs se porte à sa rencontre pour Jui cette catégosouhaiter la bienvenue, Remarquons d’ahord que. et forruant cwnrstre, dieu d’un service au attachés démons de rie n'appartient multiiudn ur {obsequenti comme vne garde d'honneur pas en propre au système de Jamblique?. #lle nous est attestée, de façon claire et sûre, comme un de: tran: «singuliers de 5 tiéologie, si fortement hiérarchiséef. Une réflexion de Proclus? per4. Ibid, 18-20 : Bet ÊE mai vas Tome auc@v mpubôou: bewpriv mai sx: mEvTauepEis Gtapéoetç rai Thv af Eéècuaa Beiav ATOYÉVENIV... KT... 2. Pour Bouché-Leclereq, L'astrologie grecque, Paris, 4899, p. 216, n. 3, $4 ne represente que la combinaison de deux nombres astrologiques par excellence. Gundel, op. eit., p. 853, pense que les liturges personnifient chez Martianus les sept domaines planétaires des douze signes. 3. P. 74,5, Dick (mais je garde le texte d'Eyssenhardt) : « Sed mirabatur illa obsequentium maltitudo, quae sicut Syrus quidam astruit in numero duorum milium fuerat constituta… ete. s Martianus avait déjà cité le mystérieux Syrien en 142 (p. 62, 4 D.}. C£, Courcelie, op. cit., p. 204, n. 8 de la page précédente. 4, En Coelé-Syrie (Plin., N. H., V, 89). La qualification de Syrus s'applique plus exactement à Jamblique {ef. F. Cumont, Lux Perpetua, p. 372) qu'à Porphyre, né à Tyr, en Phénicie. 5. Philon d'Alexandrie comparait déjà le soleil à un grand rvi entouré, à la mode orientale, de ses gardes et de ses courtisans {III, p. 50, Wendland). Cf. Cumont, Lu théologie solaire du paganisme romain, Mémoires présentés par divers savanis à l’Académie des Inscriptions, XII, 2, p. 447 et suiv. 6. Cf. G. Mau, Die Religionsphilosophie Kaiser Julians in seinen Reden auf Kônig Helios und die Gôttermutter, Leipzig-Berlin, 1907, p. 71. re Èy7. In Tim., I, p. 219, 18 sqq., Diehl : ToUTWY ÊÈ TAAIV Ébnpnvrat mavrek@s € of xéopuos Beat Hat ol xar’ obclav daluovec ot cuvemémevot rots Genis” oùbÈ yap à now;

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MARTIANUS CAPELLA ET JAMBLIQUE met de supposer qu'il concevait une classe de démons faisant cortège aux différents dieux (oi ouverépevot rois Geoic) comme les obsequentes! de Martianus Capella, Julien parle d’une catégorie spéciale d'anges « héliaques? » dans un discours dont il avoue emprunter toute la substance aux écrits du « divin Jamblique# » : or cette catégorie de puissances subalternes chargées de servir l'une des étapes essentielles de l'initiation telles qu'Olvmpiodore! les énumère, lorsqu'il applique à l'étude des dialogues de Platon la terminologie des mystères ?. La répartition cosmologique des dieux et des démons que nous fait connaître alors Juno Pronuba en ce « locus gravissimus », comme l'appelait Eyssenhardt, ne se retrouve ni chez Varronÿ qui, d'après les recoupements qu'on peut faire avec d'autres ni chez Apulée#, Singulièrement plus complexe que celle du premier, qui ne comporte aucune subdivision du monde sublunaireÿ, une divinité planétaire nous est connue également par Procius. spéculations explicitement attribuées à Jamblique, doit remonter soit à son Ilepi 8eüv, soit à son commentaire du Timée. Mais, quand Martianus précise que les serviteurs de Mercure «sont au nombre de deux mille, comme le garantit un Syrien », il est encore plus difficile de ne pas songer à notre mathématicien théosophe. Mais ce n’est là qu’une vraisemblance et aucune citation expresse des derniers néo-platoniciens ne nous permet ici d’en faire la preuve. Ce genre de preuve nous est fourni, en revanche, pour un autre passage des Noces qui, indépendamment des problèmes de source, offre par lui-même un intérêt tout spécial pour l'histoire de la démonologie antique. La litière de Philologie approche des cimes de l'air, lorsqu'un cortège d’allégories personnifiant différentes qualités de Ja vie conjugale (Concorde, Fidélité, Pudeur) annonce Juno Pronuba. Philologie l'adore en brûlant des parfums et la supplie de lui apprendre quelles divinités occupent le vaste espace qui s'offre alors à ses yeuxf. Cette entrevue (oioraow) du myste avec une divinité dont il reçoit la révélation de secrets célestes représente TOÙ Gavarou zpÜros Épapuécer roÿros, wc: at 6 betoc "Tipéhyos rapaëéèwu es. CE De Mist. T, 20, p. 64, 3, Parthey. Même conception ap. Procl., ibid, 1, p. 158. 1. Cf. le sens concret que prend à basse époque le mot obsequia pour désigner la « de l’empereur; ainsi dans le panégyrique de Maximien, prononcé par Mamertin suite » HA, 2 (L p. 26 de l’éd, Budé) : haec obsequiorum stipatio et fulgor, et dans Végèce, Epit. t hiérarchique de la société divine prenne forme chez Jamblique à une époque où précisément l'étiquette de la cour impériale devient si rigoureuse, 2. Or. IV, 141 D (p. 183, 4, Hertlein) ; 142 b (p. 184, 6), ete. 8. En partieulier, en 150 d {p. 195, 14) ; 157 d {p. 204, 7), mais surtout en 146 a (p. 189, 47) 1: : rov ‘épfayo 66 fu&e ré re HAda ment rav pihocoplas rai Ôn xai raûra drà Tv ÀdywY ÉUUnoEv. 6. Jbid., 149-150. elle suppose une démonologie plus évoluée et plus systématique que celle dont Apulée nous présente une esquisse élégante, mais superficielle dans son De deo Socretis. En parüculier, le division triparlte du monde sublunaire et les trois catégories correspondantes de héros, d’âmes et de sénies familiers pourraient paraître insolites, si l’on n’en reconnaissait les principaux éléments dans la démonologie de Jamblique, telle que le De muysteris, la Vita Pythagorica et les citations de Johannès Lydus nous permettent de la reconstituer. Rappelons que Martianus Capella distingue successivement le séjour des dieux qui s'étend jusqu'au cercle solaire. pis l'aepace compris entre le soleil et le globe lunaire qui esl réservé aux numina « de la seconde félicité », soit aux Génies de la mantique, aux puissances tutélaires et aux âmes purifiées. enfin, sous la lune, une première rémon proche de l'astre des nuits (superior portio) dont il fait la résidence des héros ou demi-dieux, une seconde région aérienne qui s'étend jusqu’à proximité de la Terre (a medietate aeris usque in montium terraeque confinia) où séjournent les morts héroïsés, enfin une troisième région, proprement terrestre : celle-là (ipsam quoque terram), où fourmillent confusément les esprits familiers des eaux et des bois. Commençons par les trois derniers degrés de la hiérarchie. en 289, rei mil, H, 19. Il est d’oilleurs significatif que cette conception strictemen 4. Ibid, IT, p. 262, 14 suq. 5. IT, 147 (p. 63, & D.). 241 1. In Plat. Phaedon., p. 120-121, Norvin. 2. Dans le mémoire cité supra, p. 237, n. 2, on s'élait efforcé de montrer que les épreuves * préliminaires de Plilologie (veillée mystique, vêture, couronnement, thronis.10s) représentent les difiérentes étapes d'une véritahle initiation, cf. J, Bayet, op. cit., p. 254 8. Comme le pensait Eyssenhardt {p. xxxxvii-xxxxix de la préface à son édition. de 1866), réfuté par R. Agahd, in J'ahrb. für Philol., Suppl. XXIV, p.121. La hiérarchie de Varron est uniquement fondée sur la physique des quatre éléments (Aug, ©. D., VIL, 6). 4. Comme le supposait Kahl (Philologus, Suppl. V, p. 739 et euiv.). 5. Aug., loc, cit., en particulier : sinter Jlunae vero gyrum et nimborurn as ventorum cacurnina aëercas csse animas, sed ena anhnis non ovulis videri, et vouari herous et lares et genios ». REV. ÉT. LATINES. 1958

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MARTIANUS CAPELLA ET JAMBLIQUE J. Lydus attribue expressément à Jamblique! la classification puisque les seconds, archontes terrestres, sont qualifiés d’évuacr ct définis : « ceux qui président à la matière! ». Si nous passons maintenant du schéma ternaire des zones sublunaires superposées, qui paraît bien avoir caractérisé la démonologie de Jamblique*, aux fonctions respectives qui correspondent à cette triple localisation 3, le problème se complique. suivante des espèces sublunaires : des trois catégories de Sxpéwa que distinguait le Syrien, une première qualifiée d’ « héroïque » demeure à proximité de la lune, une seconde qualifiée de « cathartique » habite la région aérienne inférieure, et la chaîne se termine, comme chez Martianus Capella, par une espèce terrestre (rù -p6- 243 yetov). Disons tout de suite que cette triple subdivision du monde Notons d’abord qu'au moins une des trois espèces divines se sublunaire appliquée à la démonologie se retrouve dans un texte de Michel Psellus?, dont l'éditeur J. Bidez paraissait incliner à faire remonter la source jusqu’à Porphyre ou même Jamblique par l'intermédiaire de Proclus? : on y reconnaît la superior portio retrouve à la même place dans les deux classifications de Jamblique (ap. Lydus) et de Martianus Capella : celle des héros. Les une troisième catégorie proprement terrestre (rpirov # ëri roro Td x6éviov 8 rept rhv yB6va.…). La distinction des deux zones aériennes superposées qui n'apparaît pas clairement dans la classification mentionnée par J. Lydus se trouve ici rigoureusement identique à celle qu'expose longuement Juno Pronuba. Enfin, le traité Des mystères, dont l'attribution à Jamblique ne paraît plus maintenant faire de doute, confirme indirectement la donnée de J. Lxdus. Jamblique y distingue les héros des démons proprement dits. Or il pose ailleursf deux catégories de démons, l’une aérienne, l'autre terrestre (oi re &épuor nat oi rep yñv Sxipoves) — catégories qui correspondent très exactement aux deux dernières des trois espèces sublunaires énumérées par J. Lydus, et lorsque le mème Jamblique situe au-dessous des héros, et immédiatement au-dessous d’eux, une double catégorie d’ « archontes », on peut penser que cette désignation fonctionnelle recouvre en réalité les deux classes inférieures de Sauévix de la hiérarchie dont fait état Lydus, 1. De Mens., TV, 25 (p. 83, 18 sqq. Wünsch) : te rd Ünb sehfvry batuéviov gükoy TRY, Ecnpnre xarà Tov "lépéAiyov: xœi Tov pëv rpécyeroy adrod Tipwpv, rù BE dégro Rabagrendv, ro de robe 19 cenviaxf LUvS cwrmprév Écriv, à Oh Lai Mpwrrov Topev. 2. Édité par J. Bidez dans le Catalogue des manuscrits alchimiques grecs, VI, p. 122, 16 sqq. Sur la démonologie de Psellus, cf. K. Svoboda, La démonologie de Michel Psellus, Brno, 1927. Voir aussi Chr. Zervos, Un philosophe néo-platonicien du XI° siècle : Michel Psellos, Paris, 1920, passim. 8. Jbid., p. 105. 4. Cf. Festugière, La révélation d'Hermès Trismégiste, TII (Les doctrines de l'âme), p. 48. n. 2. 5. 11, 1 sqq. 6. VI, 6 {p. 247, 13-14, Parthey). de Triptolème ”, tous répondent à l’idée que les anciens $e faisaient du héros8 et à la définition qu'en donne laconiquement J. Lydus en qualifiant le œüiov héroïque de courge, puisque tous sont proprement des héros sauveurs. Ti est vrai que Martianu ne cite le nom de « héros » qu'à propos de la seconde catégorie suklunaire, mais pour faire un jeu de mots étymologique : qui rx eo quod heram terram veteres dixerunt heroes nuncupati. En réalité, ces prétendus héros ne sont autres que les Mânes héroïsés®?, à 1. U, 3 (p. 71, 3 eqq., P.\ : oi ss ns nooeotraézss. 2. D'après Proclus, In T'im., 1, p. 77, 22 sqq. D.. Porphyre distinguait bien Uois site gories de démons, comme Numénius et Origène : zap ot5 6 Daily =pty@s, mais sans les répartir en diflérentes zones, Il appliquait cette slassification tripartite à l'interprétation alégorique des classes sociales posées par Platon dans le Timée et le Politique iibid., p. 152, 42 D.). En revanche, dans le De Abstuin., 11, 36 ip. 165, 24, Nauck}, il nc “onpait que le dualisme des bons et mauvais démons qu'il paraît avoir cette fois vaguement localisés (IT, 38), les uns sous la lune, les autres à proximité de la Terre, Cf. Aug., €. D., X, 11 et 2%, qu’il faut rapprocher de Proclus, Zn Tim., IL, p. 11, 10 sqq. D. 3. Il est vrai qu’à Porphyre, qui, dans sa Lettre à Anébon, semble avoir fait correspondre la hiérarchie des espèces supérieures à celle des éléments, Jamblique répond (De Myst., 1, 8, p. 27, P.) qu'une répartition d'ordre physique est incompatible avec la nature des dieux, qui ne sauraient être renfermés dans certaines parties du monde. Mais il affirme ailleurs (ibid., I, 7, p. 85, 1 sqq.) que les présences divines manifestent les régions propres # de Martianus (robro Sè mepl rdv Ünepev fuüv dépa), puis la seconde région aérienne (Sebrepoy <d nepi rù mpoceyéorarov uiv äép«). enfin exemples que cite Martianus pour illustrer sa définition des fuideor dans la première région sublunaire entrent logiquement dans la catégorie « héroïque » que Lydus situe à proximité de la Lune : qu'il s'agisse d'Herculef, de Tagès5, de Dionysos6 ou aux différentes espèces : xai rèç xwôpas BG elAñyaot wat cs Afbsie êv ais ÉvOO or ra pabsrxvdouotv... XTA... &. 157 (p. 66, 15 D.). 5. 157 (p. 66, 17 D.). 6. 158 (p. 67, 5 D.). 7. 158 (p. 67, 6 D.}. 8. Cf. P. Boyancé, Le culte des Muses chez les philosophes grecs, Paris, 1936, p. 306, ef. p. 243-247. 9. 160 (p. 67, 21 D.) :« Ibique Manes id est corpori humano praesules attributi, » Plus loin (162, p. 68, 8 D.) : « qui si vitae prioris adiuti fuerint honestate in Lares domorum urbiumque vertuntur »,

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moins que cette subordination des héros aux demi-dieux proprement dits ne corresponde à la classification que Jamblique avait posée dans la Vita Pythagorica! : dieux, démons, deini-dieux, héros. Retenons seulement que la localisation des héros sauveurs à proximité du globe lunaire semble bien remonter à un schème jamblichéen ?. En revanche, la seconde catégorie « capellienne » de l’espace sublunaire ne coïncide pas exactement avec l'espèce « cathartique » de la hiérarchie jamblichéenne. Il est vrai que Martianus situe dans les régions inférieures de cette seconde zone aérienne le Pyriphlégéton et les châtiments infernaux, et les expressions dont il use laissent penser qu’il fait allusion ici à la purification des âmes par les éléments. Mais, dans la classification de Jamblique, l'épithète xafaprimdv semble bien s'appliquer à des démons purificateurs chargés de faire subir aux âmes les épreuves d’outretombe # et dont Martianus ne fait pas mention : il évoque simplement les bons et les mauvais démons qu'il identifie avec les Mânes bienveillants ou redoutables 5. Les analogies sont ici indéniables, mais lointaines. Le rapprochement d’un texte de Jamblique s'impose plus directement dans le cas de la dernière catégorie. Martianus attribue en effet aux « esprits » de la nature un rôle nuisible (nocendi habent praesentissimam potestatem), sur lequel insiste précisément le De mysteriis à propos des archontes terrestres f. Or cette catégorie d’archontes, qui, on l'a vu, président à la matière, correspond en termes philosophiques aux figures mythologiques qui, comme les Faunes, les Pans, les Satyres et les Nymphes, personnifient 1. VIII, 37. 2. Cf. V, P., VI, 30, où Jamblique rapporte l'opinion suivant laquelle Pythagore serait l’un des démons qui séjournent dans la lune. Esprit divin incarné sur la Terre pour enseigner aux hommes les sciences et les arts, le sage de Samos correspond assez bien à la définition traditionnelle du héros. Sur le rôle du pythagorisme dans l’évolution de la conception du héres, cf. Boyancé, op. cit., p. 242 sqq. 3. 165 (p. 68, 16 D.) : « circa ipsum verv terrac circulum aer ex calore supero atque exhalatu madoreque infero turhidatus egredientes corporibus animas quodam fluenti aestu collidens non facile patitur evolare.. », Cf, F. Cumont, Les religions orientales dans le paganisme romain, p. 201-202, et surtout Recherches sur le symbolisme funéraire des Romains, p. 184-135. 4. Catalogue des manuscrits alchimiques grecs, VI, p. 128, cf. M. Psellus, De operatione daemonum, j:. 38, Boissonade, 5. 163 (p. 68, 10 D.) : Manesigitur hic tam boni quam truces sunt constituti quos dyxBaÿs MARTIANUS CAPELLA ET 245 chez Martianus les puissances de la nature terrestre et aquatique. Mais il est d'autres parallélismes plus frappants. On pouvait se demander tout d’abord si la conception originale d'une région démonique comprise entre le soleil et la lune ne revenait pas à Martianus Capella. Or. on la trouve déjà chez Jamblique. Le même J. Lyvdus nous apprend qu'Hermès Trismégiste, en son traité De la purification des Ames, et Jemblique, au premier livre de sa Descente de l'Ame, placent l'Hadès dans la zone qui s'étend de la lune au soleil. I s’agit ici non du lieu des châtiments, mais des Champs-Élysées de la croyance traditionnelle, puisque n'y résident que les âmes purifiées des Bienheureux!. Or, que nous dit Martianus de la région qu’il délimite en termes analogues? Elle est le séjour des Génies « que les Grecs appellent démons », mais aussi des Lares et de certaines âmes particulièrement pures (animae puriores) que les liens du corps ne retiennent plus (post membrorum nerum). Les limites de la zone envisagée et la définition de ceux qui l'habitent coïncident ici très exactement avec la classification de Jamblique et les deux textes valent d'être confrontés Mart. Capel., Il, 151 (p. 64. 23 D.) : Intra solis meatum usque lunarem globum sesundae beatitatis numina supparisque potentiae.. Hic Lares, hic post membrorum Jambl., ap. À. Lydus, De mens. IV, 149, p. 167, 21 sqq. Wünsch : =èv rio aenñvns dypts fric x&pov.… 7& "Ar Buêoû:, mag” à mou (SC. ë ‘lau@aiyc:) mal =às ixxexabaçuévas Eorévxr YU. nexum degunt animae puriores…., etc. Le passage où Junon subordonne tout l'espace sublunaire à l'autorité de Pluton mérite aussi d’être comparé à une autre citation de Jamblique : Mart. Capel., II, 161 (p. 68, De mens... Jambl., ap. J. Lydus, 4 D.) : IV, 25, p. 83, 18 sqq. Wünsch : Denique haec omnis aeris a luna diffusio sub Plutonis potes. tate consistit, qui etiam Summanus dicitur.…, etc. hyetoËur BÈ Aéyerus navrdc Tob+rov uéyrorés Tic Bœiuaov aÿros & &v s{n m&Akov é IAhobrwv, de pnorv 6 abdtèc 'Tdup6htyoc. et xaœxuU; bxtuovas memorat Graia discretio. 6. IE, 3 (p.71 P.. JAMBLIQUE 4. De Mens., IV, 149 (p. 167, 21 sqq., Wünach).

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À ces parallèles textuels s'ajoutent des rapprochements de détail qui montrent que la démonologie de Martianus s'appuie indirectement ou non sur les spéculations du Syrien. Ainsi peut-on se demander si la théorie du genius, qui, chez Martianus, pourrait passer pour un trait proprement romain, n’a pas subi leurinfluence. De même que Jamblique distinguait, dans le De mysteriis, des démons liés à la naissance de chaque individu un démon commun (sis xoivèc fyéuuv) chargé de répartir ces derniers dans le monde dù à chaque catégorie des précisions analogues#. Enfin, mêmes remarques chez l’un comme chez l’autre sur les degrés de lumite nt. 7 9 de la genèse}, Martianus oppose au generalis omnium praesul le génie familier individuel?, et tous deux apportent sur le culte nosité qui caractérisent les apparitions des dieux et des démons. Lorsque Martianus affirme qu'à la différence des premiers qui fulgurent d'un prodigieux éclat, la substance des seconds est moins vive et moins rayonnante {minus lucidae splendentisque naturae)*, il fait écho aux considérations de Jamblique dans le traité Des mystères. Que les écrits du Syrien soient la source immédiate de notre néo-platonicien, on ne saurait l’affirmer. La rigueur apparente du schéina suivant lequel il ordonne les espèces divines ou démoniques laisse apparaître des maladresses et des confusions. Ainsi la distinction des génies protecteurs de chaque individu, qui séjournent entre le soleil et la lune, et des Mânes préposés à chaque corps humain, qu'il centonne dans la seconde région sublunaire, semble purement formelle. Inversement, Martianus use de termes identiques pour désigner des catégories appartenant à des ordres différents : après avoir distingué dans l’espace sublunaire deux premières zones, il situe successivement dans chacune d’entre elles les mêmes « demi-dieux » (ilest vrai que ceux de la première ont les honneurs de l'écriture grecque. tandis que 2. 152 (p. 65, 9 D.) : et generalis omnium praesul et specialis singulis mortalibus Genius admovetur, quem etium praestitem quod praesit gerundis omnibus vocaverunt, 3. 152 (p. 65, 12 D.) : « nam et populi Genio cum gencralis poscitur supplicatur et unusquisque gubernatori proprio dependit obsequium ». Cf, Jambl., De Myst., loc. cit. 5. 1, 4 (p.77, 9 P.) et 7 (p. 85, 4). ceux de la seconde doivent se contenter d’une transcription dictions trahissent l'embarras qu'aura éprouvé l'adaptateur latin — quel qu'il soit — dont dépend Martianus pour faire entrer les vieux numina de la religion romaine dans un cadre systématique qui n'avait pas été conçu pour elle : il a réparti tant bien que mal dans les limites du schéma jamblichéen une foule d’entités romaines mal définies. D’où le caractère visiblement artificiel de cette classification : on sent très bien que le responsable de ce travail hâtif s’est trouvé gèné pour appliquer à une matière confuse la forme rigoureuse d'une théologie fortement hiérarchisée. On songe aussitôt à Cornélius Labéo que saint Augustin compte parmi les plus dangereux « démonicoles# ». Il serait commode et séduisant d'en faire, comme on l’a tenté jadis pour Macrobe5, la source intermédiaire de Martianus Capella. Cette dépendance directe expliquerait alors les points de contact qui semblent ratiacher assez étroitement à la démonologie de Lahéo certaines affirmations de Martianus. Ainsi Labéo distingue parmi Îes dieux des puissances bonnes ou mauvaises5, comparables aux bons et mauvais démons de Martianus *. Il est vrai que ce dualisme est devenu banal depuis Plutarque f, et il faut ajouter que Labéo — du moins dans la citation de saint Augustin — ne parle pas expressément de démons, mais tout au plus de rumina. Il n'ignore pourtant pas l'existence des démons, puisque, toujours d'après saint Augustin®, il était de ceux qui appelaient « démons » les mêmes puissances désignées par d'autres sous le nom d° « anges ». 1. 156 {du moins dans le texte d'Éyssenhardt, cf. p. 66, 10 D. : nuBéoss, et 160 (p. 67, . 20 1.3 : « Hemithei Heroesque... ». 9. Cf. supra, p. 243, n. 2. 1. IX, 9 (p. 283 P.). &. 154 (p. 65, 20 D.). 247 latine)! D'autre part, il commence par réserver aux démons la région comprise entre le soleil et la lune, pour assimiler ensuite les Mânes, qui résident dans la seconde zone aérienne, aux bons et aux mauvais démons de la philosophie grecque ?. Ces contra- | 6. 152 (p. 65, 14 D.) : « ideoque dicitur Genius, quoniam cum quis hominum genitus fuerit, mox cidem copulatur », et 162 (p. 68, 5 D.) :« verum illi Manes quoniam “orporibus illo tempore tribuuntur que fit prima conceptio… » 3. Ainsi en 164 : «in his etiam locis Summanes sorumque pracstites Mana atque Mantuona, di etiam ques Aquilos dicunt, item Fura Furinaque et Mater Mania Intemperiaeque... », &. Quoniam nounulli istorum... daemonivolarum in quibus et Labeo est... (C. D., 1X, 191. IT CO PL MARTIANUS CAPELLA ET JAMBLIQUE R. TURCAN De 2 _., 246 . F. Niggetiet. De Curnelio Lubeone, Munster, 190€, p. 44-40, . Aug., €. D., L, 41, cf. IE, 28, et VIII, 14. . Cf. supra, p. 244, n. 5. . De Is. et Osir., 46 sqq. . Aug., C. D., IX, 19.

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MARTIANUS CAPELLA ET JAMBLIQUE TURCAN Or Martianus identifie également les démons aux anges!. On doit reconnaître que sur ce point sa classification ue concorde pas rigoureusement avec les distinctions de Jamblique. Le traité Des mystères? ne confond pas, normalement, les anges avec Jes démons : je dis « normalement », car il arrive à Jamblique de zrouper un certain nombre de puissances secondaires (archanges. anges, démons, archontes) sous la dénomination générique de démons, non seulement dans le De mysteriis#. mais dans la Vire Pythagoricaf et le Ilept duyñe 5. I] reste qu'il ne les aurait pas assimuilés consciemment les uns aux autres, come le font Martianus et Labéo. Enfin, les deux érudits latins s'accordent en troisième lieu pour subordonner la classe des héros à celle des demi-dieux On a vu que cette distinction reste chez Martianus puremen t verbale : elle n’en est que plus caractéristique, et sur ce point il se conforme avec Labéo à l’ordre biérarchique indiqué par Jamblique dans la Vita Pythagorica?. Ces analogies d'identification et de classification montrent, je crois. que Martianus Capella n'a pu ignorer un spécialiste aussi averti des problèmes démonologiques que Cornélius Labéo. Si le rapport de Martianus à Labéo semble relativement clair, celui de Labéo à Jamblique l'est beaucoup moins : le défaut de données chronologiques sûres nous empêche de le déterminer mème grossièrement #, On a prétendu? que Suétone avait exploité Labéo, ce qui nous renverrait à la fin du premier siècle. Mais l'étude des fragments parvenus jäsqu'à nous prouve de façon péremptoire qu’il n'a pu écrire qu'à une époque bien postérieure. W. Kroll!°, en particulier, a montré définitivement, je crois, 1. 153-154 (p. 65, 17 D.) : et quoniam cogitationum arcana superae annuntiat potestati, etiam angelus poterit nuncupari. Hos omnes Graeci Galpova: dicunt.… | 2. I, 2-4; 7-9, ete. 3. 1,3 (p. 8, 14 P.). 8. VI, 31 ; VIII, 37; XXI, 100. S$. Ap. Stob., I, 888, p. 372, 18, Wachsmuth. 6. Aug., C. D., II, 44, 2 : hinc Platonem Labeo inter semideos commemorandum pue tavit, sicut Herculem, sicut Romulum ; semideos autem heroibus ant cponit, sed utrosque inter numina collocat. Cf, VIII, 13. 7. VAI, 37. 8. Cf. Schanz-Hosius, Geschichte der rémischen Literatur, 3° éd., TT, p. 181-152. 9. B. Bôhm, De Cornelii Labeonis aetate, Kônigsberg, 1913, p. 42. 10. Rhein. Mus., LXX1 (1916), p. 809 sqq. Cf. W. A. Baehrens, Über die Lebensznit dis Cornelius Labeo, Hermes, LIT (191 7), p. 39-56, et P. de Labriolle, La réaction païenne, Paris, 1934, p. 299. 249 contre Bührn, que les conceptions de Labéo - et tout spécialement sa théorie des anges — trahissent une influence non pas stofcienne. mais bien néo-platonicienne. Kroll n'en induisait pas pour autant que Labéo fût un disciple de Porphyre ou de Jamblique. Mais si, comme après d’autres!. le P. Festugière a cru pouvoir le démontrer?, on doit le compter parmi les novi viri auxquels s'attaque Arnobe — soit parmi les contemproains presque immédiats du maître de Lactance - - il faut situer la diffusion de ses écrits au moins dans la seconde moitié du rit sièele. Rien n'empêche qu'il ait connu la démonologie de Jamblique#, sans qu'on puisse en fournir aucune preuve certaine. Il nous suffit pour l'instant de constater que la elisification de Martianus Capella intègre dans un cadre emprunté à Jamblique les numina qu’un antiquaire latin de la lignée de Varron comme Cornélius Labéo avait déjà eu l'occasion de répartir dans une hiérarchie systématique en s'inspirant, comme le prouve la mention des « anges », de la démonologie grecque contemporaine. Aux analogies schématiques et même textuslles relevées plus haut s'ajoutent certaines singularités terminologiques qui relient plus directement encore au système dr Jamblique la théologie de Martianus. La prière que Philologie adresse au soleil à 185 sqq.f résute tous les attributs cosmologiques ou eschatologiques dont l'image d’Hélios s’est chargée depuis Platon et les P\thagoricieus jusqu’au déclin du paganisme. Cet hymne, qui s'apparente étroitement par le genre littéraire comme par les idées philosophiques à ceux de Proclus, nous offre donc le dernier état en Occident du syncrétisme solaire, tel que les spéculations néo-platoniciennes l'ont enrichi et légitimé. Que l'influence de Jamblique ait été déterminante dans cette entreprise de justification proprement 4. En particulier, AI. Rôhricht, Die Seelenlehre des Arnobins nach ihren Quellen und ihrer Entstehung untersuchi, Hamburg, 1893, p. 30 sqq. | . bar 2. La doctrine des « novi viri » sur l'origine et le sort des âmes : Mémorial Lagrange, Paris, 1940, p. 122. | 8. w. Kahl, art. cit, p. 782, avait déjà essayé de montrer que Jamblique est la source de Labéo. . | . 4. P, 73, 40 D. : ignoti vis celsa patris vel prina propage... 5. En particulier, son hymne au soleil, p. 1844, Ludwich. Cf. le commentaire récent d'E, Vogt, Procli Hymni, Wiesbaden, 1957, p. 47 s:jq.

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Dans son Ilept éyouéruv?, Porphyre s'était contenté d'apporter en faveur des représentations grecques ou égyptisantes d’Hélios ure exégèse esymboliste qui n'avait rien de systématique, Plus attaché à } « hellénisme » qu'au paganisme, peu convaincu, au fond, du bien-fondé de toutes les superstitions de l'idolâtrie, comme l'atteste la fameuse Lettre à Anébon*, il n’est jamais allé jusqu'à faire entrer dans sa théologie tous les dieux de la religion cos- : mique et de la mythologie traditionnelle. Au contraire, le discours de Julien Sur le Soleil-Roi prouve que Jamblique intègre dans son système Île syncrétisme solaire contemporain en attribuant à Hélios le rôle médiateur et umifiant du second terme d’une triade intelligible. L'idée fondamentale de médiation revient constamment et sous toutes les formes dans le texte de Julien, en particulier lorsqu'il fait du soleil le centre des « trois mondes4 » ou des dicux intellectuels 5. I] semble d’ailleurs confondre les différents plans —intelligible, intellectuel et sensible — distingués par Jamblique $ : tantôt il compte Hélios au nombre des dieux intellectuels”, tantôt il paraît lui attribuer une essence à la fois intellectuelle et intelligible 8, ou mème purement intelligible®. Mais l’attribut essentiel qui explique tous les autres — soit celui de médiateur de tons les mondes — fait l’objet d'une insistance qui ne laisse aucun doute sur la place du soleil dans la théologie de Jamblique. La définition que cite Proclus 1° du second dieu de son hebdomade intellectuelle correspond assez exactement à celle que développe Julien. Ainsi, comme le second des trois « Pères » de l'hehdomade 1. Cf. supra, p. 240, n. 8. 2. Ap. Eus., Praep. evang., TI, 11, 45 (1, p. 139 Dindorf) — p. 19, 7 sqq. des fragments édités par J. Bidez, Vie de Porphyre, Gand, 1913. Cf. Jambl., De Myst., VII, 2 (p. 252, 40 sqq. P.). 3. Ci. J. Bidez, op. cit., p. 80 sqq. 4. Or. IV, 148 a (p. 192, 2 Hert.) : rpiov GE Tv xéopwv xatà rès reheotexàc droféGEts. 5. Ibid. 138 c (p. 179, 15 Hert.). Cf. Mau, op. cit., p. 59. 6. Praechter, loc. cit., cf. Mau, op. cit., p. 37. 7. Loc, cit. et 441 b : uécos EorÉ Tv te vonrüv ai tv ëyroouéov Bsov, 8. Issu directement du Bien {144 d : yvñotoç Éxyovoc Täyaloÿ), il est le roi des Intellectuels (133 b-e : rabra ôn xal rois vospoic “Hhto: Séwov, dpyerv al Bacthedst aùtv 6nd rayaboï rerayuévoc). Cf. 141 d : tv vosp@v bedy péros Ev uéooie rerayuévoc. 9. Ainsi en 156 d {p. 208, Iert.}, il reconnaît au soleil le pouvoir de communiquer la beauté intelligible (ro3 vonroÿ x&XAouc) au monde visible, 10. In Tim., I, p.308, 29 sqq. D. : toù dE péoov rai rnv cuunkfpuwnt, ouvéyovros tüv spiôv ro yhvpov rav beiv.. xui vo Thc Aelac Luis yevvnrtnbv ai rà rpoïov réver nai 7d &yabougybv.…. xTA... CAPELLA ET à Me JAMBLIQUE iateur i jamblichéenne!, Hélios exerce-t-il un pouvoir concil me : lui-mê à Tout le unir rassemble les éléments séparés pour ble sembla nce puissa « Il remplit les dieux intellectuels de cette il tient de son Père. au Bien » (rfs éyatoadoic.. Suvaueuxc)® qu 1 action de même que ce second dieu dont Jamblique exalte bénéfique (+ éyatioupyév) 4. Les confusions mêmes de Julien perque, t, je crois, de supposer que, dans la pensée de Jambli metten gible) ! il y avait plusieurs soleils (sensible, intellectuel et intelli fonctions Vastre visible remplit dans notre monde les mêmes gible. Les témoimédiatrices que Ja Séveuc dans la triade intelli montrent qu'il gnages conjugués de Proclus$ et de Damascius ienne à poser le est le premier dans la tradition néo-platonic schème triadique : rarño-düvauis-vode, et le rôle conciliatenr et géné. ne de la Sivar: rateur qu'implique à elle seule la position média que Proclus em: est bien mis en valeur par le développement r Aivibiade ï, prunte à Jamblique dans le Commentaire du Premie que, soit È triadi D'autre part la forme chaldaïque$ de ce schème uyZ-ouvoyeds-TeRET he ANS. confirme soleil cette interprétation du le à plusieurs intelligible comme Biveus puisque Julien rappel ue qui assure l unité reprises® les vertus de cette owoyf héliaq Jamblique ° du Kosmos. Enfin. le disciple couronné du « divin e 4 engendré expliquer en termes fort nets que le dieu suprèm ce primocréatrice Je soleil sans sortir de lui-même, « suivant l'essen qui réside en lui° ». De même que le soleil de ulien. la vais: développement de Jamblique représente comme un prenner | de l'Être, issu directement du Père. els de cette essenti points On n’a aucune peine à reconnaître les rarpasiy ATONpEs. es 1. In Tim. : iv Th vosgä édèomact 27% AU ëv sols A HÈV Or, gaêv 0 Fa 5 Ds ner HEGOTNT : Her.) sqq. 17 179, (p. c-d 138 IN, 2, Or. ÉVEOTIXTY na govyouGar TÈ C:ETTUTA. rinss Bewgouuémv faov dpeorac av. RAR TRY e (p. 186, 6}, ete. 148 ; 25) 183, Ip. Cf. 139 e {p. 180, 17 sqq.): 142 c 3. 135 a (p. 174, 20-21, Hert.). _ . Ap. Proel., lac. cit. . In prim. Alrib., p. 391, 27 sqq., Cousin. CAT philosophique, le témoignage de Julien! suffit à le démontrer. MARTIANUS Ruelle. s inci ., 1, p. 310, 1 sqq., 6.j De Princip , . . . un TPE évepyefas.… RAvra yo ae 3. Loc. cit. : uéor, Yap à Sdvagls ÉOTI TH TE oùnias 4Rt FUVARTEt TON Ratépa Kai TOv : vontots Tois pèv Ev rat *ï Bvaqui15s ro péoov renfpurat, vobv, à: = Li = Le ee 8. Cf. Theiler, op. cil., p. 5. a sùme vor x 1@v bebv voué RavTa TOOS v iv Ev 10% née dosuv co : zû get pe TUTO GUvOY" 9, . 198 188c:70 ete. 2ù 2 guvrérrousa; 138 d : oùolac suvoyhs aitlas, 10. 132 c (p. 171, 11, Hert.).

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253 MARTIANUS CGAPELLA ET JAMBLIQUE TURCAN théologie dans l'hymne de Martianus. Si, en rappelant la position centrale du soleil dans le concert des planètes (Nam medium tu curris iter)1, il ne fait que se conformer à l’ordre chaldéen ?, adopté par les pythagoriciens, il est une expression qui appart'ent à la terminologie de Jamblique et qui ne prend tout son sens que dans son système : vis pairis®, traduction exacte de Sévaue que Le texte de Martianus Capella trahit l'influence de Jambli repris sur un autre point de vocabulaire philosophique. EN des de pren ns qu'à sait On ». il parle d’un « monde intellectuel u . ue me Porphyre qui ne connail encore qu'un monde se olas iq blique, conformément à cette tendance déjà nn rarpés4, et second terme d’une triade jamblichéenne. Sans doute. l'Un?, oppose à l'intérieur du vois au monde proprement Re . au Christ, image visible du Dieu invisible, comme le soleil pensants$, Sans doute le latin intellectualis — non plus que. la formule Siveucs Oeod est-elle déjà appliquée par saint Paul qui, pour les chrétiens comme pour les fidèles de Mithraf, restait l'expression sensible d’une puissance médiatrice. Mais Martianus ne paraît pas avoir emprunté cette terminologie aux apologistes ou aux théologiens chrétiens, puisque dans la Vulgate Sivaus est traduit par virtus?. La qualification de prima propago® que Martianus attribue ensuite au « premier-né » du Père inconnu atteste la technicité proprement jamblichéenne de l'expression vis patris. Outre qu'elle fait curieusement écho aux affirmations de Julien sur la «primogéniture » d'Hélios, elle commente très exactement l'appellation de vis patris, puisque la Süveux est l’'émanation directe et immédiate du Père dans le processus triadique que Jamblique a le premier introduit dans son système. L'hymne de Philologie mériterait à lui seul une étude spéciale, mais il suffit de noter encore qu’en invoquant le soleil sous le nom de vultus paterne", Philologie exprime la même idée que Julien, lorsqu'il affirme qu'Hélios est « l’image vivante de son Père intelligible 1 », 1. 186 (p. 73, 18 D.). Cf. Prorl., Hymn., 1, 5. 2. Cf. P. Boyancé, Études sur le « Songe de Scipion », p. 59 sqq. 3. 185, v. 1. 4. Cf. Theiler, op. cit., p. 17, n. 1. $. TI Cor,, I, 18 et 24 ; cf. Clem. Alex., Strom., 11, 45, 2; VI, 47,3; VII, 9, 1. Voir aussi Extraits de Théodote, IV, 2. 6. Cf. F, Cumont, Textes et monuments relatifs aux mystères de Mithra, 1, p. 303. 7. Marius Victorinus, Gen. Verb. Div, P. L., VIII, col. 1029 a, définit déjà le Christ comme patrica potestas. Cf. Theiler, op. cit. p. 8, n. 2. 8. Loc. cit, Ct. Theïler, op. cit., p. 17, n. 1. 9. Cf. supra, p. 250, n. 8, et p. 251, n. 7. Dans le passage où saint Augustin (C. 1), X, 28) résume la théologie porphyrienne du Père ct du Fils, non seulement le Dieu Fils est assimilé Au VOŸ£ Ratpixbs et non à la BÜvapie, mais la notion même de vis ou de po tesias n'apparaît nulle part. 10. 192 (p. 74, 15 D.) : Salve vera deum facies vultusque paterne. 44. Epist., 111, p. 190, 19 Bidez : T0 füv Éyahpa…. soû vonrod natsés. C', Proc. Hymn., 1, 34. meme M l'amène à multiplier les distinctions jusqu au sem c sui . ligible, pur objet d'intuition, un monde intellectue Fingrec vorpés — n’apparaît-il pas seulement au 1v° sièele sous sens au fluence de Jamblique. On le trouve même chez Apulée aussi d’intelligible{; mais les néo-platoniciens latins connaisse J con de s commi pas n'a l'adjectif intellegibilis$ et Martianus sion : le terme intellectualis s'applique chez lui à un non ° spé donner cial {empyrio quodam intellectualique mundo) et il faut car à e, allusiv valeur sa toute » ici au déterminatif « quodam jreon du sseurs connai s’agit d'un « certain » monde que seuls les 1er N néo-platonicien peuvent concevoir ct imaginer. Outre ce « qe que significatif et bien fait pour aguicher l'intérêt du lecteur : j hau plus citée ssion l'expre t tion que renferme implicitemen soit éuropioc == vospés — montre que l'auteur des À oces n use pas au hasard de l'adjectif intellectualis, comme Apulée, mais qu'il en sait la nuance chaldaïsante, revue et corrigée par denuique : l'empyrée appartient, en effet, au monde intellectuel, se on es nt és Oracles; tels du moins que le Syrien de Chalcis les avait comme » (ver Remarquons enfin que Philologie invoque « verbalement inv | | 1. 202 (p. 76, 24 D.) et 203 (p. 77, 2 D.). 5. Rede, Philologus, LXXIX 2. Cf D echaer. loc. cit, et H. Bogner, Kaiser Julians | (1923), p. 262. due Le p. 37. cit., op. Mau, , et 3 , et Lbt p. 688, 3. CE E. Zeller, ibid., 3, si l'on varde le texte de l'édi 4, . Ou, L du moins, « de l'intelligible », De Plat, Dogm., 1, tion Oudendorp, Il, p. 187. : | | | . . Macr., In Somn. Scip., X, 6, 19, ete. ni Oracles chaldaïques : ; Comme dans le cas du Syrus quidam et de la « X eresonree virginem deprecatur » Fe , « gortn Ntism om fontanam osé une Nahaïar, rebetorétr beuroyia (Dam, I, p. | 86, 3 sq., Ruelle} deux mondes rigole Lo Pat. TI 2, p. 745) s'est demandé si la distin“tion des 2 er : l'hebdomade des Mere Fin quel pe résultait pas d'une influence orientale l'astrologie chaldéenne. Mais Praechter | nu sept planètes et à Genethliakon effet, aux con, r, en faitor fait Schulen im Neuplatonismus, C. Robert, Berlin, 1910, P- es pouvait fort ee ni Jambfique que Fropos ce à UT sait justement remarquer grecque de vocab ae du prestige des sagesses orientales une philosophie d'inspiration.

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R. TURCAN. — MARTIANUS CAPELLA ET JAMBLIQUE bis)1 les dieux du monde intellectuel : le détail à son intérêt. si l’on se rappelle que le terme de vospèc qualifie la pensée discursive, alors que celui de vonrès s'applique à l'intuition pure. QUE 20 40 Quelle que soit la source directe de Martianus Capella, la technicité strictement jamblichéenne de sa terminologie empêche, je crois, de situer la rédaction des Noces vers la fin du 11° sièele, comme le pensait Dick?, La diffusion des idées de Jamblique en Occident ne peut guère avoir affecté le vocabulaire philosophique que dans le courant du rv® siècle. Son influence devient prépondérante et même écrasante dans le néo-platanisme grec à cette époque : il serait bien étonnant que le néo-platonisme latin. non pas celui des chrétiens et des vulgarisateurs, mais des adeptes stricts et convaincus, comme Martianus, n'en ait pas subi le vontre-coup. Que l’apologétique chrétienne n'ait connu que Purphyre, son ennemi direct et acharné, quoi de plu: normal® Jarnblique, comme le notait justement Bidez$, s'est abstenu de toute attaque ouverte contre la relimon nouvelle. D'autre part. 4 ja différence de Porphvre qui s'adresse au grand public# et qu'Eunape définit clairement comme le porte-parole de la secte. Jamblique se retranche volontiers dans un ésotérismme hautain de théosophe. Ün système aussi complexe que le sien reposait sur des distinctions trop subtiles pour se prêter à aucune espèce de vulgarisation. En revanche, ces singularités ne pouvaient qu'exciter la curiosité philosophique de l'auteur ingénieux et maniéré des Noces. Robert Turcax. 203 : veneraturque verbis intellectualis mundi praesules deos..…, etc. P. xxv, n. 1 de la préface à son édition de 1926. . Le philosophe Jamblique et son école, K. É. G., XXXII (1919), p. 35. . Cf. Bidez, Vie de Porphyre, p. 104 et 131 sqq. . 1bid., append., p. 49, 21-22 : névra els sd eSyvmaotov xat xabapov ÉEnyyadev. AW. REVUE