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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)La Basilique souterraine de la Porta Maggiore
In: Mélanges d'archeologie et d'histoire,
‘XXXIX - 1921/22 - p. 166 - 192
U
ESPL
hu IR.
%,
?
ke pa ARwrrlales heks 14
Arc
H. M. R. Leororn, La basilique souwrraine de la Porta Magyiore: MEIR XXXIX
145-102. | L’éditieu u dû être le local où se réunissait une communauté d'uno rele.
gion syacrétiqus, composée d'éléments pythagoriques, orphiques ot dionysiaques,
La décoration du vestibule-renferme des figures bien connues du thiase de Diony:ios
(Mónades ınontant des panthères, elc...). La décoration rappelle les Occupations
terrestres qui sont la préparation à la vie d’outre-tombe et le voyage de l'âme vers
Jes iles des Bionheureux; « scènan do genre », sujets d'inspiration pythasoricionge et
dionysiaque. Étant douné que le yanctuaire no semble pas avoir youl des faveurs
de la famille impériale, il n'est pas d'une époque antérieure à colle da Claus, dato
à laquelle lu culte orphiqne n été étouffé à causo de l'opposition d'Agrippa.
[Plage
|
s Archeologia 2j As haie
Francesa, de Horse,
Page 2
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http://www.persee.fr
La basilique souterraine de la Porta Maggiore (pl. II-V)
H. M. R. Leopold
Mélanges d'archéologie et d'histoire, Année 1921, Volume 39, Numéro 1
p. 165 - 192
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DE LA PORTA MAGGIORE
(Pl. H-V)
Dans son savant article de la Revue Archéologique '
Camont considère la basilique
souterraine
comme la plus importante
découvertes
des
de
la
M. Franz
Porta Maggiore
faites 4 Rome depuis
celle des Catacombes. Le Gouvernement italien semble être du même
avis. Non content d'avoir déblayé A grands frais et au milieu de
difficultés de toute sorte le remarquable monument
puis quelques années l'attention de
tous les
qui
attire desavants s'intéressant
aux questions de religion et d'art antiques, il prépare l'édition d'un
grand ouvrage illustré où se trouveront une centaine de reproductions photographiques et
de restitutions des stucs décoratifs,
dues
à des spécialistes. Comme la situation de la basilique, an dessous
de la voie ferrée de Rome-Naples,
est très précaire,
midite fait courir A la décoration
les plus grands
décidé de dévier la ligne et de faire
disparaître le
comme l'hndangers, on a
talus qui
recouvre l'édifice.
Découverte et description générale de Pédi fice,
En avril
1917
un
affaissement
observé
par
le
personnel du
chemin de fer Rome-Naples, inexplicable au premier moment, obligea les
ingénieurs du réseau à faire des recherches dans le
1 Fr. Cumont, La basilique souterraine de
la Revue Archéologique, 1918, II, p. 52-73.
sousla Porta Maggiore, dans
Page 4
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)LA BASILIQUE SOUTERRAINE
sol. On constata d’abord Pexistence d’un puits circulaire, puis d'un
grand corridor souterrain légèrement ineliné (environ 15 °/,) et enfin
d’un grand édifice (fig. 1) décoré de stucs blanes et rempli de terre jushi
qu'au tiers de la hauteur
aussitôt
avertie,
melri
primitive.
La
Direction
fit déblayer soigneusement
des
Fouilles,
une partie du corridor
et de In basilique même. La très légère montée du corridor et la
différence de niveau d'au moins
10
m.
entre
antique
prouve
que
ct le
sol
de
la basilique,
la voie
dans
Prónestine
l'antiquité
Page 5
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)PORTA
MAGGIORE
ue pouvait entrer dans celle-ci qu'après
167
une
promenade
relativement longue dans une demi-obscurité, éclaircie seulement de temps
en
temps par
était le
un
trou
dans le
plafond. Beaucoup mieux
« pronaos» dans lequel on
ridor, Ce vestibule est à
arrive en
par une
bordure de petites
autre,
également
mosaique de
pierres
double,
empruntant le corpeu pres carré (3,62 < 3,50 m.) comme
Vatrium qui, précédait les anciennes églises
ment est formé
illuminé
noires
pierre blanche.
fait
forme au
chrétiennes.
le
tour du
centre un
Le pave-
Une double
vestibule;
plan carré
une
placé
à
un niveau légèrement inférieur. Les angles de ce dernier earré de
lignes noires sont ornés de
palmettes. Au centre se trouve un puits,
creusé dans le tuf et pourvu d’un canal de dérivation.
bablement l’emplacement
d'un bénitier,
Ce fut procomme on en trouvait devant les temples grecs !.
On entre immédiatement du pronaos dans
ci
se compose de
trois nefs d'une
geur respective de
piliers
2,3
rectangulaires
réuuis par des
et 2
(env.
arcades
longueur de 12 m. ct d’une larm., divisée de chaque côté
par trois
0,95,
leur tour
1,15
m.) qui
sont à
Au
contraire
les
surbaisstes,
nefs sont À tonneaux
semi-cylindriques;
principale
une abside semi-circulaire
1,55
m.
se tronve
trous,
à
La basilique est pavée comme
entourés de doubles
ayant
bandes noir
renfermé
lards à une époque
poq
; qui
probablement
des inerustations de marbre,
la basilique. Celle
des
de
nef
l'extrémité
avee un
Vatrium;
la
rayon de
les piliers sont
eontournent aussi quelques
des mosaïques précieuses ou
volées postérieurement
jusqu’à Pp present
Jusq
voûtes
par
des
indéfinie?. Sir Arthur
pil-
Evans
1 Voyez Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités, s. v. Lustratio (Bouché-Leclercu}, p. 1407-1408.
? M. Lanciani espère trouver dans quelque musée les parties enlevées
et avec celles-ci la solution de quelques unes des questions touchant les
moyens de ses
constructeurs
(11 Santuario
Comunale di Roma, XLVI, p. 69-84).
sotterraneo,
ete., Bollettino
Page 6
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)BASILIQUE
fait remarquer que
SOUTERRAINE
la double
bordure
noire
qui
suit
tout le
pourtour de la basilique est interrompue devant Pabside, et a rapproché ce détail d’une
couverte près de
balustrade placée dans une villa
Knossos en Crète, et qui
sement devant l'emplacement
basilique on
du trône".
On
est interrompue
Dans
l'abside
voit nettement les traces laissées par
nos) jadis attaché au mur de
voit dans
les
royale déprécide
notre
un
siège (throde
fer
fond ?.
piliers les cadres et les
tenons
tachaient probablement des plaques de marbre. Au dessus
qui atde
ces
‘cadres se trouvent de petites consoles d'une hauteur de 0,80 m.
et
d’une
largeur de
0,35
m.
Cette courte description
faitement l'aspect du
second
prouve que
l'édifice
souterrain a partype de basilique décrit dans le livre
très connu de G. Leroux? et destiné à servir de lieu de réunion
pour les initiés aux mystères. Il suffira de comparer le felesterion
de
Samothrace (fig. 2), datant du
II° sièele avant notre ère et le
Bakcheion d'Athènes (II° siècle après J.
1
C.) *.
La remarque au sujet du trône fut faite pour la première fois par
Sir Arthur Evans après la communication sur la Basilique lue par Madame Strong devant la Hellenic Society à Londres en octobre 1920; lors
de son séjour
à Rome en
février
de
cette
année,
Sir Arthur visita la
basilique avee Madame Strong et constata le detail de la bordure noire,
Le
lendemain même, je
rencontrai Sir Arthur à la British
voulut bien me communiquer ses précieuses
School, où il
observations.
? M. le prof. G. Bendinelli a voulu expliquer les trous dans le mur
de fond comme des points d'appui d'une statue. Cette supposition ne me
semble pas très probable. Je ne connais aneun exemple d'une statue attachée de cette manière A une
muraille et je
partie inférieure du mur de fond a été
peinte
crois
M,
Bendinelli,
se
serait
fond en partie contre une paroi blanche et
le
fait que la
en couleurs jusqu'à une
hauteur de moins de 2 m., exclut la présence d'une
admettait la thèse de
que
statue
qui, si Pon
détachée sur le mur du
en partie contre une surface
coloriée,
3 G. Leroux, Les origines de Pédifice hypostyle (Biblioth
ue des écoles françaises d'Athènes et de Rome, fase,
4 Leroux, p. 190 (fig. 59) et p. #19.
Paris,
Page 7
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)DE LA PORTA MAGGIORE
Le siége, dont on a les attaches, et pour lequel M. Evans
nous a trouvé un joli point de comparaison dans un pays où le
roi était toujours à la fois le grand-prêtre,
nous a fait penser au Souza; nommé plusieurs fois dans les mystères orphiques !.
On a déblayé dans le fond de Vabside
une cavité creusée dans le roc, qui s'étend
jusque sous le mur même de l'hémicyele.
Cette cavité contenait les ossements d’un
chien et d'un porcelet. Les deux petits trous,
au
milieu
de la cavité,
indiqués
sur
le
plan * (fig. 1), ont problabement servi à reeueillir le sang de ces sacrifices. Le sang
du chien et celui du pore avaient selon les
anciens des qualités purificatrices®. En outre
le sacrifice dn pore est très fréquent dans
les mystères
*, circonstance qui me semble
prouver avec évidence le caractère religieux
de l’éditice.
La nef centrale de la basilique n’était
éclairée que par une grande ouverture au
dessus de l'entrée qui donne sur le pronaos.
Fia. 2.
Ce trou étant bouché, on peut, dans les circonstances actuelles, juger de l'effet de cet éclairage quand on fait
éteindre toute la lumiére électrique disposée dans l’édifice, à l’excep-
1 Cf. Hymni Orphici (6A. Abel), T, 10 et XXXI, 7; E. Mauss, Orpheus,
Munich, 1895, p. 180; O. Kern, Das Demeterheiligtum von Pergamon und
die
Orphischen Hymnen, dans
V Hermes, 46 (1911), p. 431-436.
2 D’après les Notizie degli Scavi, 1918 (Gatti) qui donnent aux pages 30 et suivantes la première relation des fouilles.
3 Voyez les sources citées par M. Fornari dans les Notizie, 1. c.
4 M. G. A. Rizzo, Dionysos Mystes dans les Memorie della Reale Accademia di Archeologia di Napoli, vol. III (1918), p. 42-48.
Page 8
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)BASILIQUE
SOUTERRAINE
tion
des ampoules placées en haut du
pronaos. On s'aperçoit alors
que la décoration de stue acquiert un relief beaucoup plus accentué,
los
fignres
se
détachant
presque
entièrement du plafond. C’est sans
doute cet effet pour ainsi dire magique qui a rappelé A M. Cumont !
le
texte eonnn de Piaton ? nous décrivant les vivants
êtres enchainés dans une grotte
de
façon
comme des
qu’ils ne voient que la
paroi opposée à la lumière derrière eux, en haut et très loin. « Entravés de telle manière dans leurs mouvements, les mortels ne distinguent que l'ombre des choses réelles qui
et le fen et se dessinent sur la paroi
s'interposent entre eux
illuminée >. Platon a emprunté
cette comparaison aux Pythagoriciens. Porphyre # nous Vassure et
Platon lui-même, dans le passage où
méditation
sur la
mort
et le corps
il définit * la philosophic une
un tombeau, nomme comme son
précurseur dans ces idées le Pythagoricien Philolaos *.
L'esprit entièrement fixé sur cette idée, M. Franz Cumont s'est
limite à chercher uniquenent chez
Pythagoriciens des analogies
pour l'explication des scènes que Von voit représentées dans la basilique souterraine. Je
suis d'avis que
Véminent savant a trop restreint le terrain de ses recherches. TI me semble évident
que
les
théories pythagoriciennes se sont combinées très tôt avec les idées
religienses professées par les Orphiques
et le
eulte de
Dionysos.
La première fusion se tronve déjà dans les dialogues de Platon ®,
et dans les tumuli
de la nécropole de Sybaris, qui
renferment sans
doute les dépouilles des derniers Pythayoriciens, et dans lesquels
on
trouve
à eôté de
I Rev.
arch,
la tête ou dans la main droite des morts des
1. c., p. 64.
CI
Platon, République,
3
Porphyre, De antro nympharum, 6.
VII, 514.
4 Platon, Cratylus, 400 C. Cf. Cumont, Rassegna darte, XII (1921),
.
2. p. 44, ann. 3.
5 Platon, Phuedo, 61 B-62 B.
$ Vor. J, Burnet dans Hastings Kneyclopaedia of religious and ethics,
X (1918), p. 527, col. 1.
Page 9
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)tablettes d'or
contenant
des
dionysiaques sont
très
PORTA
MAGGIORE
sentences
171
orphiques'. Les
symboles
fréquents sur les vases funéraires de l'Italie
méridionale ?.
La
leur
survivance des
idées
pythagoriciennes
et
orphiques
intime union jusqu'au commencement de notre ére
prouvée
bien
par la
préférence
donnée par Ovide — qui
les besoins intellectuels et
théories de
spirituels
de
son
me
et
de
semble
connaissait si
époque
la métempsychose exposées par le philosophe
—
de
aux
Samos
et décrites avec tant de ferveur par Vorphicisant Virgile 5.
Dans l'art ornemental
tualisme
cycle
on
pur de
la
Dionysiaque.
commença
religion
orphique cèdent
la
à juger tout son thiasos digne de
promise par Musée
comme
un
premiere
Dionysos entré dans les cultes
beaux et les sarcophages,
sidérée
le formalisme pythagoricien et le spirides mystères *,
figurer sur les tomcomme symbole de « l'ivresse éternelle »
et son fils aux purs ®. La mort nest plus contriste
départ,
telle qu'elle
est
représentée
les
reliefs funéraires des
une
victoire. Un scholiaste d'Aristophane éerit: «On
morts
des couronnes
dans la litte de
la
Voy.
parce qu'on les considérait
vie». Sur une
des petites
comme
plaques
donnait aux
vainqueurs
d'or tronvée
«J'ai
échappé
Notizie degli Scavi, 1879, p. 865 (Cavallari) et D. Comparetti,
Laminette orfiche,
?
par
Grecs de l’époque classique, mais comme
dans le tombeau d'un pythagoricien à Thurii on lit:
1
place au
Florence,
1910, p. 43.
Voy. Albizzati, Suggio di esegesi sperimentale nelle pitture funerarie
dei vasi italo-greci, dans
cheologia,
ser.
Dissertazioni della Pontificia Accademia di Ar-
II, tome XIV, Rome,
3 Cf. C. Pascal,
1920, p.
147-232.
Le credenze Poltre tomba nelle opere letterarie dellantichità classica, Catania, 1912, II, p. 153-160; sur la pénétration orphique en Italie F.
Weege, Atruskische Malerei,
Halle,
1921,
p. 25-56.
4 Il se fond avec Zagreus, il est initié aux mystères d’Eleusis |Platon], Axiochos, 31. D. Abel,
Orphica, p. 284, 13 et il possède des mystéres à Tegée et à Argos (Pausanias, VIII, 54, 5).
5 Platon, République, 313 D. Cf. J. Harrison, Prolegomena to the study
of greek religion, 2°
6d. Cambridge, 1908, p.
$ Schol. Aristoph., Lysistr., 601.
Page 10
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)BASILIQUE
SOUTERRAINE
.
au cercle triste
et lugubre des réincarnations ; j'ai gagné dans une
course rapide la
couronue tant souhuitée et je suis descendu dans
le sein de la Reine de l’Enfer
» '.
De nombreux vases funéraires de l'Italie méridionale et les peintures sépulcrales de Paestum
représentent le mort comme un vainqueur de retour d’un concours
athlétique.
Il
reçoit
de
la
main
de la Victoire une couronue, un diadéme ou une écuelle pleine d’eau.
« Nikè
devient
une
représentée assise
figure tombale
par excellence; on la trouve
sur une stèle où un tumulus
; offrant les symboles
non seulement à des jeunes hommes
—
qui ne sont
comme des athlètes — mais aussi 4 des femmes » *.
plus figurés
Des couronnes
en or ou en cuivre doré se trouvent souvent dans des tombeaux grecs.
Puisqu'on
rencontre aussi très souvent la
Victoire
sur les sarcophages et les autels funéraires de l’époque impériale *, selon mon
avis, on ne peut
qui
considérait
de la
renoncer à la conclusion que la croyance antiqne
la
mort comme
une victoire
et comme la couronne
vie eut beaucoup d'adeptes pendant toute l'antiquité. La conséquence inévitable de cette conviction doit étre la glorification de
la
mort considérée comme une vie meilleure et désirable avant toute
autre
chose, et la
tion A
Ceux
théorie
l’outre-tombe.
qui
étaient
est seulement une préparafut déjà
la conviction des Orphiques,
Telle
initiés
possibles pour être
que la vie
à leurs mystères
faisaient
tous les efforts
plus justes, meilleurs que les autres hommes *;
ils menaient une vie pure? et terminaient leurs prières en souhaitant une mort heureuse
» È.
1 Comparetti,
Laminelte orfiche, p. 27 avec ann. 2,
2 G, Patroni, La ceramica antica dell’Italia meridionale, Naples, 1897,
p. 16:
3 W. Altmann,
Römische Grabaltäre, Berlin, 1905, p. 101 et suiv.
1 Diodor. Sie., V, 49, 5.
5 Ci. par ex. Hymni Orphici (édit. Abel, Leipzig, 1885), IV, 9, XVII,
10, LVIH,
Zagreus,
10,
LXII, 12, Eurip., Hippel., 996 et suiv. et V. Macehioro,
Bari, 1920, p. 157, n. 4.
6 Cf, p. e. Mymni Orphici, XIII, 10, XX, 6, XXVIII, 11, XXXV, 7.
Page 11
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)DE LA PORTA MAGGIORE
Quoique la doctrine orphique soit relativement bien connue depuis longtemps! et la symbolique
mains suffisamment étudiée ?, on
montrer le lien étrait qui
dionysiaque
n’a
des
tombeaux ropresque jamais
pensé A déexistait entre les deux. On
était généralement d’opinion que Vorphisme n’a joué qu’un
rôle secondaire
au milieu des autres religions étrangères *. Cependant la place importante occupée par la théorie orphique et la figure de Pythagore
dans les œuvres
d’Ennius, Ovide
ments d'une literature orphique
lection des
et Virgile,
sous
Empire
« Hymnes orphiques» rédigés á
et présentant le caractère
très
les
nombreux
fraget surtout la colune époque tardive
*
prononcé de
litanies, auraient dû
faire supposer que l'orphisme, après la disparition des Pythagoriciens comme parti politique, a fondé un
peu
munantés » qui
temps relativement long.
ont
existé
pendant un
partout
des « com-
Cicéron parle d'une de ces « communautés > dans son discours contre
Vatinius®. Pendant le règne d’Auguste, Nigidius Figulus se considérait
comme prophète du Pythagoreisme et l'empereur se vit contraint
@expulser de l’Italie un Pythagoricien gree connu comme «magus» ®.
Une communauté orphique a laissé
ses
traces à Pergame, où
elle doit avoir existé depuis le troisième siècle avant J.C. jusqu'au
1 La seule source complète et encore utilisable est l'Aglaophamns de
Lobeck (Regensburg, 1829). A présent on peut utiliser Je travail intéressant de V. Macchioro, Zagreus, Bari. 1920. Les sources récentes d’information anglaises sont nommées par Mine A. Strong, A potheosis and
After Life, London, 1918, p. 24, et M. P. Gardner in Hastings Hncyel.,
IX (1917), p. 82.
2 W. Altmann, Rómische Grabaltáre; H. Duetschke, Ravennatische
Studien, Leipzig, 1909; V. Macchioro, I! simbolismo nelle figurazioni sepolerali romane, dans
Mme
Memorie R, Ace.
di Napoli, 1
(1911),
p. 9-144,
Strong, 1. c.
3 M.me A, Strong, L. c.
4 Christ, Griechische Literaturgeschichte, 5° édition, p. 796.
5 Cicéron, in Vat., VI, 14 cité par M. Cumont, Rev, Arch., 1. c., p. 62.
$ Jérôme, Chronic. Olymp., 188, 1: « Anaxilaus Larisaeus
Pytagoricus et magus ab Augusto Urbe et Italia pellitur » cité par M. Cumont, 7b.
Page 12
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)second après J.
les
belles
SOUTERRAINK
C.?. Si les nombreux savants * qui sont d’avis que
peintures
découverte en
BASILIQUE
1909
murales
d'une
représentent
villa
suburbaine
l'initiation
aux
de
Pompei
mystères
orphiques ont raison,
nous possédons là une autre preuve de la persistance de la foi
orphique. Il n’y a done selon nous pas
de motif
valable pour nier a priori que notre basilique soit le local où se
réunissait une
communauté
d'une
religion
syncrétique,
composte
d'éléments pythagoriques, orphiques et dionysiaques.
Revenons maintenant à la description de l'édifice et de sa décoration.
Les traces de sacrifices
purificatoires
sous
le
mur
même
de
Vabside nous a déjà prouvé le caractère religieux de la basilique.
La blancheur de toute la décoration en stue (dans laquelle il n'y
avait que le fond
et le plafond du
nous semble
sur lequel était
vestibule qui
placé
le
siège du
« pasteur
»
formassent des taches de couleur)
indiquer l’idée orphique de la pureté.
Les orphiques
couvraient leurs morts d'un linceul de lin blanc et habillaient de
la même manière leurs initiés *.
La décoration en stae du vestibale.
Le plafond du
vestibule
ne
nous
est
conservé
côtés, le quatrième est entièrement détrnit. On
que
sur trois
y distingue, dans
des encadrements très prononcés, plusieurs
petits tableaux
sur fonds coloriés, qui
à
nous
raménent tous
peints
la symbolique
des
tombeaux. Nous avons déjà parlé de la signification funéraire de la
1 Voy. infra.
® Enumérés par Macchioro, Zugreus, p. 12. Le Nestor des savants italiens, M. D. Comparetti (Le nozze di Bacco ed Arianna, ete., Florence, 1921)
et le célèbre mythologue allemand M. O. Gruppe (Philologische
Wochenschrift, 2 mars 1921, col. 245-250) (l'article nous a été courtoisement indiqué par M.me Strong) nient tout rapport avec les mystéres.
3 Voy. Cavallari, Notizie degli Scavi,
greus, p. 241.
e. et Macchioro, Za-
Page 13
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)DE LA PORTA MAGGIORE
Victoire, dont nous retrouverons partont dans la basilique des exemplaires magnifiques. Les Ménades montant des panthéres et portant
le thyrse sont des figures bien connues du thiasos de Dionysos. La
liseuse qu'on rencontre tant de fois sur les sarcophages peut figurer
l'âme qui lit dans le livre de la vie! ou bien le catéchumène qui
étudie le livre sacré des mystères *. Il me semble probable que les
candélabres qu'on voit ici seuls, mais combinés dans
la basilique
avec des Victoires, peuvent être considérés comme symboles de l'âme,
représentée comme une flamme dans la philosophie d'Héraclite —
ici probablement interprète d'une opinion
orphique*
la foi populaire romaine‘.
confond
celle
du
tombeau.
On
Cette
connait
idée
se
l'habitude
-— et dans
aisément avec
d'allumer
des
lampes
dans les cimetières ®. la pensée du lieu du dernier repos est vive
dans toute la basilique; la partie
cuire des parvie Luni
tibule que de Védifice principal est
ornée des
beau:
ils montent des chars attelés de
figurés de
d’une cruche.
la méme signification que
raires:
ils offrent Peau
nous
de la
petits
amou
tantôt
boues ou d’autres animaux
un élément du thiasos qui représente
tantôt ils versent l'eau
1
tomcolonnes ou arbres entourés d'un enclos.
Dans plusieurs eaissons sont
ment
symboles du
ves
avons
et forle cortège des initiés.
Dans ce dernier cas ils ont
donné
aux Victoires
funévie éternelle aux âmes des fidèles.
Duetschke, Ravennatische Studien, p. 187 et suiv.
? R. Paribeni, Notizie degli scavi,
1919, y. 112; Macchiovo. Zagreus,
p. 74,
3 Maechioro, Hraclito e Porfismo, dans Gnosis, Rivista di storia retigiosa,
I (1920), p. 1 et suiv. et dans Zugreus,
* Plaute, Trin., IT, 4, 91 (492): «
p. 247, ann.
1.
scintillulam animae quam quunı exteinrem». Cf. Cicéron, Soma, Serip., II, 7: « animus datus est ex illis sempiternis ignibus »; Verg., Aen., VI, 745 et suiv.
5 Cf. p. e. Marquardt-Mau, Privat leben der Römer, p. 368. ann, 1
et G. Spano, La iMuminazione delle vie di Pampei dans Atti della Reale
Acc, di Arch. di Napoli, VII (1920), II, p. 72 et suiv.
Page 14
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)petit
papillons
tableau
et
BASILIQUE
sur lequel on
voit les petits amours chasser des
s'amuser avec ceux
sens symbolique parce qu'on
SOUTERRAINE
qu'ils
ont
pris doit
avoir eu
un
le retrouve très souvent sur des monuments funéraires !. M. Cumont ? cite à propos de notre basilique
un passage de Plutarque.*:
« Le vrai
amoureux, c'est à
dire celui
qui s'est épris de vertes x2).6v après sa mort Enriowrau nei 0
Togyinazar wal Diureher mesh tov notés Dev (Eros) ¿vo yopedov
ani Guurcoimedey,
So
Sys ob make eli toby
Sen
.
NES
drag apra showy Rai AI TADA BIO
.
Lehavas
ÉTIONS
nat 'Aggo-
»
A
Up TAL yevicews D.
D'une conception au moins également élevée témoigne l'hymne
orphique
dédié
à
Eros, qui
nous semble donner cà et lá un commentaire des scènes figurées dans le vestibule *.
Sur la paroi
sément
an-dessiis
qui
sépare le vestibule de
la basilique et précide
Ventrée
distingue
de
celle-ci
on
une grande
tête d'Océanus entre deux divinités marines. Océanus, une des figures
de dernier plan dans la mythologie greeque?, était
considéré par
les orphiques comme le prince des Titans, le seul bienfaisant parmi
eux °, et a été célébré dans un de leurs hymnes. C'est justement
© Voy. Macchioro, Simbolismo, passim. Cf. p. e. ©. I. L., VI, 26011:
« Scita hic sita est papilio volitans texto religatus araneo est illi praeda
repens huic data mors subita est », et le petit poème fait par l’empereur
Hadrien sur son lit de mort: « Animula vagula blandula Ilospes comesque corporis. Quae nune abibis in loca Pallidula, rigida, nudnla. Nec ut
soles dabis iocos ».
2 Cumont, Rev. Arch. L €, p. 57.
3 Plutarque, Amatorius, e, 20, p. 766 B.
Orphic.,
LVII (édit,
Abel, p. 89).
hau "Ejgura,
céleste et mortel 9), révruv eos Ixevta...,
4 pré
Unease
pele; Slavens; S bonds
5
eol.
Voy.
Roscher,
à
Ari
pústyoL auvi
Las
an
rünè’animiu
Mytholog. Lexikon,
817.
6 Abel, Orphica, fr. 39 et 100.
Okeanos (Weiszäcker),
Page 15
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)DE LA
dans cet hymne-ci
PORTA MAGGIORE
177
qu'on trouve une expression qui, selon mon opinion, peut expliquer le sens symbolique de
la tête d’Océanus qu’on
trouve en haut de la porte d'entrée de la basilique. On y lit:
Ne x= R >
050), GeGv
Ayvıonz MEN IOTOY,
pihos
yains,
nodo»,
SÌ
Tépur
%pyh
Úyogoréhonde,
f
So; shpevioy utara; zegagionévo; ziel".
Est-ce que le constructeur de la basilique a voulu indiquer que
l'entrée de celle-ci est
«la fin des choses terrestres, objet de nos
désirs, et la porte du ciel » ?
La décoration en stuc de la basilique.
L'édifice principal qui
grande
profusion
de
fait suite
bas-reliefs
en
au
stue,
vestibule
est
orné avec
distribués sur
les murs,
les piliers et les voûtes. À ce qu’il me semble on a suivi dans la
disposition de cette décoration un système logiqne.
La
rangée
inférieure
nous montre
partout des tombeanx traités
symboliquement dans la manière décrite plus haut
en
parlant du
vestibule et entremêlés A des scénes de vénération des images sacrées”.
Le visiteur de la basilique se promène done dans un entonrage qui
lui
rappelle
toujours la mort et
restres qui
sont la meilleure
préparation
à
les
occupations terla vie d'outre-tombe.
Au dessus des cimetières et des lieux sacrés pendent des oscilla
de formes différentes. Les oscilla servaient comme
purification de
l'air ?. On doit supposer que les tables chargées d’offrandes qu’on
1 Hymni Orphici [éd. Abel), LXXXIII, v. s. 6-9.
® Dans une de celles-ci on voit une personne s’agenouiller devant la
statue d’un dieu, M. Cumont (Res, Arch. I. c.) rappelle qu'on avait jusqu'à
présent constaté ou du moins rendu probable
cette
attitude
seulement
pour les mithriaques. Voy. Cumont, Textes et monuments, ete., II, p. 62.
3 Servius,
Aen,
VI,
741, XII, 603, Georg., II, 389,
C. Boetticher,
Der Baumkultus der Hellenen, Berlin, 1856, p. 83, Hild dans Daremberg
et Saglio, Dietionn. d. Ant. s. v.
Mélanges d’ Arch. et ad Hist, 1921.
Oscilla, p. 257, II.
Page 16
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)voit à la même
BASILIQUE SOUTERRAINE
hanteur sur les
paruis
postérieures des nefs latérales avaient un sens identique et rappelaient dans la mémoire des
fidèles le souvenir de leurs ayapai. Un des hymnes orphiques parle
de la préparation d’une telle table *. On la retrouve avec plusieurs
symboles bachiques sur le cippe d’Amemptus ?. Le rameau de palmier sur une de ces tables symbolise probablement l'impression de
victoire et d’elevation
morale produite par l'agapè dans l'âme du
communiant. Les agapai et adoration des dieux étaient les moyens
pour arriver à
l’extase,
dans lequel on
voit
Cette
inspiration
l'inspiration
prochaine la
même me
dionysiaque,
victoire
semble
l'état
de grâce
sur la chair.
indiquée par les Victoires,
les grands vases ct les tambourins qui décorent la partie supérieure des parois latérales et
des
Le
pilier
primé d'une manière plus claire en bas
symholisme
est exune des voûtes lotérales.
On voit lá deux sphinx à côté d'un cratère, image connue de Páme
éprise de la divinité 3.
Les voûtes enfin représentent à ce qu'il me semble la substance
de ces espoirs, nourris par l'inspiration et la piété.
Eu
dépit de Papparente
beancoup
logique
d’une
telle division,
reste
d'incertitude dans l'explication des différentes scènes, sur
tout dans celles des voûtes. N
aussi
sur les parois latérales et
les piliers les énigmes insolubles ne font pas
sens
il
précis des hermès, des dieux
est Je
barbus, des figures debout avec
les bras étendus
? Dans les dernières on
déjà fait M. Camont —
défaut. Quel
peut voir — comme l'a
des « orantes », c'est-à-dire des âmes implorant un bon accueil dans le règne des morts, en se fondant pour
!
Hymni Orphiei (édit. Abel). XLIV, 89. Cf. anssi Macchioro, Zagrens, p.
76-80.
è Altmann, Röm.
bolisme,
p.
Grabaltäre, p. 111, planch. ] et 11; Macchioro,
79-80.
3 Daremberg et Saglio, Dietionn. des Antiquités,
cole).
s. y. Sphina (6, Ni
Page 17
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)DE LA
PORTA MAGGIORE
cette explication sur les reliefs de le partie inférieure de l'abside,
où une Victoire offre à l’une des orantes qui la flanquent une couronne. Cette scéne nous rappelle tout de suite les mosaiques absidales de l’époque chrétienne, où la main de Dieu offre aux
martyrs
leurs couronnes.
Dans les cymbales et les flûtes
— symboles des mystères* —
qu’on rencontre sur les parois, on pourrait voir aussi
une allusion
à la passion de
comme
dempteur.
Zagreus,
célébré
par
les
orphiques
Ré-
Firmicus Maternns ? raconte que les orphiques imitaient
avec des cymbales et des flûtes les hochets à l’aide desquels Venfant Zagreus fut leurré
traits dont on
par les Titans. Il est possible que les porvoit les traces sur les
piliers
aient
représenté
—
comme le suppose M. Cumont — les sages grecs; mais l’état très
mauvais de conservation rend
diflicile toute identification certaine.
Eu outre il me semble qu'on
peut
élargir de
beaucoup le choix.
Jamblique * donne une liste de ce qu'on pourrait nommer les « papes > pythagoriciens et, A la fin de son livre, il énumère 218 hommes et 17
femmes qu'on pourrait définir
comme
saints ou héros
de la foi. Un fragment de stue, conservé dans le
musée de PAntiquarium à Rome, appartenant sans doute
portrait en méà un
daillon, prouve qu’Apollonius de Tyane Ini aussi était vénéré comme
un saint?
Les petites boites qu'on voit représentées dans plusieurs endroits
sont sans doute des cistae mysticae contenant les arcana *
Deux piliers sont ornés de reliefs. Sur l’un Demeter -— caractérisée comme déesse des mystères par la cista mystica, Vol sort
1 Cp. pi e. Proelus sur Platon, Aleib., 1. p. 479 (Cousin, 2e éd.): iv
i
i
aTg pphsinss À avhes.
2 Firmicus Mat. de èerror. prof. relig., VI,5: Abel, Orphica, fr. 200.
3 Jambliche, de vit. pyth.,e. 38.
4 Cp. E. Meyer dans Hermes, 52 (1917), p. 386, ann. 1; C. 1. L., VI
5 Cp. Mau dans Pauly-Wissowa, Realencyel., III, col.
Page 18
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)BASILIQUE
SOUTERRAINE
serpent — donne & Triptoléme les épis de hlé ! , bienfait eélébré
par les hymnes orphiques comme symbole de paix et de bienétre ?.
Sur l'autre
dune
pilier Hercule
Hespéride.
Il
faut se
reçoit
les
pommes
dor
des
rappeler que les Hespérides
mains
sont
très
fréquentes sur les vases funéraires de l'Italie méridionale * et que
leurs pommes étaient
parmi
les
instruments employés
par les Titans pour séduire Zagreus *. Selon une forme peu connue du mythe
d’Hereule *, celui-ci, après un long et difficile voyage dans la coupe
du soleil,
aurait
tué
le
dragon
épreuves les pommes d'or qui
Ladon
et
regu après
lui assuraient
ces
dures
Vimmortalité.
Il est
très probable que les orphiqnes ont considéré les exploits du héros
comme
une
espèce
de
passion
comparable
aux
immortelle doit supporter sur la terre. Ils
travaux
que
l'âme
considéraient Mercule
comme ayant existé depuis la eréation ®, c'est-à-dire qu'ils voyaient
en
lui
veur
un
dieu descendu sur la terre et l’adoraient comme un Sauportant
son
aide
à
tous
les malheureux
L’abside.
Dans toutes les églises, la coquille de l’abside est ornée
le plus
important, le plus dogmatique.
bable qu'on
terraine.
doit chercher la la
tous
travail
manu
est
done
secret
D'autres circonstances fortifient selon
Le relief qui
que
clef du
Il
les
remplit toute
autres,
la
la
coquille
composition
en
a priori prode la basilique soumoi
cette
est heaucoup
est
du sujet
plus
opinion.
plus grand
compliquée
et le
plutôt médiocre. C'est surtout cette dernière constatation qui
Abel, Orphica, fr. 217.
°
Hymmi Orphici (64. Abel), XL.
Albizzati, 1. c., p. 207,
Abel, Orphica, fr. 196.
Cp.
Pauly-Wissowa, Realeneyel., VIII, col.
Abel,
Orphica, fr. 36 et 39.
Hymni Orphici (64. Abel), XII
1246 (Sittig).
Page 19
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)DE LA
PORTA
MAGGIORE
181
me fait supposer qu'ici les prêtres n’ont pas permis aux ouvriers
de s'inspirer de modèles antérieurs. Comme cette partie de la décoration est très mal conservée et que la reproduction photographique
(pl. II, fig. 1) n’est pas suffisamment claire, j’emprunte la description
à Particle de M. Cumont '.
« Nous avons devant nous au premier plan une mer houleuse
où se dressent des rochers.
le rivage,
descend
ser
une
Sur
les récifs
qui, 4
droite,
bordent
femme entièrement voilée tenant à la main une lyre
vers les flots; derrière elle, un Amour ailé semble la pousdoucement
par les épaules; devant elle,
enfoncée
jusqu'à mi-corps, une figure tient à deux mains,
une étoffe,
qui, en
nacelle,
la
où
s'abaissant vers le
figure
voilée
s'apprête
dans l'eau
pour la recevoir,
milieu, dessine une sorte de
à poser un
pied.
Sur les rochers de gauche, un autre personnage lui correspond: c’est un homme
assis sur
une pierre, la tête appuyée tristement sur la main ou se
cachant le
visage dans les mains; devant
gues soulevées,
se dresse un Triton tenant ses
une rame et une
isolé ou sur
un
conque
marine.
ilot, Apollon
main gauche et étend la
rocher sort de la
sur
un écueil
est debout;
il
porte
son
are de la
femme voilée.
Un autre
droite
vers
la
et elle, mais il
songerait
à côté d’Apollon ».
M.
Fornari
qui
personnage
fut le
attributs habituels,
fond,
si
Diane
milieu des vaau
mer entre lui
un
au
Enfin,
ble de déterminer
à
lui,
premier à
s'y
n’est
trouvait
décrire
Ja
plus possireprésenté; on
basilique
pensait
au premier moment? à la mort de Sappho, mais écartant ensuite
1 Cumont, Rev. Arch., p. 65.
? Voy. l'aliusion de M. KR. Paribeni dans le Bollettino d’Arte, 2° série, I (1921), III, p. 104, ann. 4. M. C. Densmore Curtis a développé la
même hypothèse dans un article de l'American Journal of Archaeology
(XXXIV, 1920, p. 146 et sniv.) en se fondant sur la conformité complète
avec Ovide (HTeroid., XV, 161 suiv.). Tout en admettant cette concordance
on doit supposer pourtant (avec Cumont, Rassegna d Arte,
2, p. 44)
un
sens
symbolique
pareit
à
celui
de
e. VI (cf. F. Weege, Etruskische Malerei, p. 34).
VIII (1921),
la Sappho
d’Ausone,
Page 20
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)cette
idée,
il
BASILIQUE
SOUTERRAINE
publia sa seconde explication acceptée et fortifiée par
M.
Cumont, et restée, selon mon opinion,
la plus probable. Toute
la
composition
l’äme
comme
dans un
voilée)
vers
illustrerait
le
voyage
(représentée
ici,
des tombeaux de la Voie Latine, par une femme
les iles des
riciens dans le soleil
Bienheureux,
localisées selon les Pythagola lune.
forme
et
La
semblant à la fois à la lune et à
mont le bateau
de
de
Ra
qui
lequel
les âmes
transporte
leuse
serait selon
voyagent
« nacelle », resune barque, rappelle à M. Cuthéorie des Manichéens qui croient
dans
de la
les
que la
de
la
les Pythagorieiens
morts
égyptiens et
Inne
est
un
la
vaisseau
terre
au soleil. La mer hou-
«la
matière
dont
ils opposaient l'agitation tumultueuse à l'harmonie constante des cieux ». La
lyre
servirait à caractériser le désir mystique, la nostalgie du
et le
personnage assis en face de l’âme voilée « le pécheur aceabl&
de honte et de remords,
ciel,
auquel il est interdit d'atteindre le séjour
des élns » |.
Nous avons déjà montré qu'il
n'y a
pas
besoin, dans l’interprétation de la basilique, de se limiter aux seules idées pythagoriciennes, et croyons donc pouvoir trouver ailleurs
quelques arguments pour corroborer la théorie de MM. Fornari et Cumont.
Les
Néréides et les autres divinités marines se trouvent comme figures
sépulerales des le cinquième siècle sur les vases de
l'Italie
méridionale ?. Les hymnes orphiques * les invoquent pour porter le salut
aux
initiés
parce
que
les Néréides étaient les premières à montrer la vénérable
+ de Bacchus et de Perséphone ‘. Selon Ser
vins * Virgile a voulu
indiquer la lune comme séjour des bienheureux et Plutarque en parle amplement *. Le « bateau des morts
»
1 Cumont, Rev, Arch., 1. e., p. 69.
2 Albizzati, |. c., p. 200.
3 Hymni Orphici (éd. Abel), XXIV.
4 Cp. Maass, Orpheus, p. 191.
5 Serv., Aen., VI, 887 et V, 735.
5 Plutarque, de facie in orbe lunae, e. 28 et suiv.
Page 21
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)trouve
aussi,
sonnage triste,
LA
à ce qu'il
assis sur
le
PORTA
MAGGIORE
semble,
sur
un
rocher,
fait
183
vase
italiote !. Le perpenser & Juvénal?,
«at
ille lam sedet in ripa tactrninque novicius horret Porthmea nec sperat caenosi gurgitis aluum
ment ceux
qui
Infelix ». Selon les initiés e’est
uniqueavaient méprisé les mystères qui étaient condamnés
aux peines de
l'enfer décrites par la tradition
Un fragment orphique me semble
supposait aussi
un passage de
populaire *.
indiquer
que cette doctrine
l'âme à travers l'air *.
La lyre joue un rôle important dans les mystères *, surtout à
cause de
son
influence civilisatrice *. Je suppose que
voit sur le rocher même
d'où
descend
symboliquement le tombeau, situé
la
figure
larbre qu'on
voilée,
très souvent dans
représente
un lucus 7.
.
Les stues des voûtes.
La décoration des nefs latérales montre trés souvent les mémes
sujets traités dans une manière différente. Cette uniformité me semble
indiquer qu’à l'époque
sens symbolique
de
la
construction de
de ces combinaisons était
à
tel
la
basilique
point
le
fixé et prédominait tellement l’exéeution qu'on n'avait pas à craindre les eritiques sèvéres, mais plutot A espérer le jugement
âmes pieuses, parfaitement
disposées à voir
bienveillant des
à travers l'enveloppe
parfois défectueuse l'éternelle beauté du texte illustré. Malheureusement c'est précisément ce
pouvons-nous
tenter de
' Albizzati,
2 Juv.,
texte’ qui
sentir
le
nous
fait
symbolisme
défaut. A peine
des
Victoires,
des
1. c., p. 194-195.
UL, 264 et suiv.
3 Platon, Phaedo, p. 69 C. Cp. S. Reinach, Rev. Arch.,
1903, I, p. 154-
200; Harrison, Prolegomena, p. 614-623,
4 Abel, Orphica, fr.
156: "Op
i
av
hin
pia
5 Cp. Macchioro, Zagreus, p. 91-94.
$ Martian., e. IX, 923.
7 Serv., Aen., III, 302; E. Rhode, Psyche, 4° éd., p. 230.
Page 22
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)BASILIQUE
SOUTERRAINE
Orantes, des figures transportées par des divinités marines; mais que
faut-il penser des Menades qui cueillent des fruits, font des sacrifices
en jouant de la flûte, se réunissent autour d'un arbre; que signifie cette
réunion
de prêtres autour d’Apollon ? Comment expliquer les scènes
ithyphalliques, la procession du van sacré ', la punition de Marsyas?
C'est
ment
écrite qui
nous manque,
« mystérienses
> des choses qui
simples.
avec
la tradition
Une comparaison
avec
évidence jusqu'à quel
le
ce
qui
rend justeétaient révélées
symbolisme
même
chrétien
démontre
point
nous dépendons
nos tentatives d'explication.
Qui
aurait cherché dans la figure humaine
d'un
monstre
marin
une
le Nouveau Testament ne
nous
avait pas informés
sortant de
résurrection,
du fond
que la
si
la guenle
des
aux
textes
allusion à la
symbolique de l’histoire de Jonas? Mais qui
pensée du
peintre des vases
grecs
qui
a
dans
nous explireprésenté dans
la même situation le chef des Argonautes, Jason ?? Comment pourrait-on
interpréter la riche
uniquement
vingt-huit
à sa
iconographie
chrétienne
si
Von avait
disposition les écrits des auteurs paiens ou quatreprières en forme de litanies, comme nous les
des orphiques? Qui
possédons
aurait deviné une signification mystique d’une
telle profondeur dans la danse des Bacchantes avec la tête d'Orphée,
(pl. IT, fig. 2) si
lations
le hasard
sur sa mort
ne nous avait pas
expiatoire qui
conservé les
spéenmit fin an ressentiment de Zeus
contre les hommes, provoqué par le meurtre perpétré par les Titans
sur la personne de Zagreus
?
La voûte de la nef centrale.
Les
marges
du
plafond
central
sont
peuplées
d'une
grande
quautité de « scènes de genre » qui semblent représenter la vie réelle.
1 Cp. J. E. Harrison in Journal
p. 323 et suiv. et dans Prolegomena,
of hellenic
studies,
XXIII
(1903),
y. 519, 527, 581-534; Rizzo, Dionysos Mystes, p. 80.
? Roscher, Mytholog. Lexicon, s. v. Jason, col. 85-86.
Page 23
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)DE LA PORTA MAGGIORE
On y distingue (pl. ITI) des exercices de gymnastique et d'escrime,
dirigés quelquefois par
un
pédagogue,
des
reneontres
de
personnıges solennellement habillés, des jonglenrs et des prestidigitateurs.
On
est tenté de croire à une
{caractérisé
par les formes
imitation
trop
dans le goût hellénistique
pleines)
des « tranches de vie»
qu'on admire sur les vases et les reliefs de Pépoqne grecque elassique. La seéne de jonglerie par exemple
est
sans doute
une réplique de celle qu’on trouve sur un vase de bronze du Louvre !.
Il y aurait pourtant un détail qui nous en
ferait douter. Les acteurs
d’un de ces reliefs sont des pygmées; on
trefaits sur les peintures du
phili
où
Pon
a
retrouve
ces nains concolumbarium de la Villa
supposé qu'ils symbolisent
la
vanité
Doria-Pamdes
occupations d'ici-bas ?,
Autour du centre on voit quatre tableaux d'un
caractère tout à
fait différent. La fig. 1 de la pl. IV nous montre une âme représentée
par une femme, le visage empreint d'une ferveur,
très rare dans Part antique:
Hermes,
d'une résignation
caractérisé, à ce
qu'il semble, comme dieu de La mort par une tige de pavot, la conduit par
la
main.
Hermès était vénéré par les Pythagoriciens comme Tania
TOV VOVIONI 3. En face (fig. 2) se trouve Jason qui, aidé par Médée,
s'empare de la Toison d'Or. Jl est certain que le héros de Tolcos a
joué un
role
important daus
Vhagiographie
orphique. Nous
dons même des « Argonantica » avee une introduction
orphique.
Il
nous est
pourtant
preuve qu'on ait jamais
une vie de martyr.
impossible
de
posséparfaitement
trouver la
moindre
considéré ses srovosvre: 2257.0. * comme
La descente dans Vintérieur d’un monstre marin, dont nous avons parlé, et le passage de Pindare?, « Phrixus
1 De Ridder, Bronzes antiques, fig. 52, p. 104, cité par M.
2 Cp. E, Samter dans Rom. Mitth.,
VI
Roscher, Mithol. Lexicon, s. v. Pygmaeen, col. 3313.
3 Diogèn. Laerce, VIII, 1, 31.
-
4 Hésiode, Theogon., 994.
5 Pindare, Pyth.,
Fornari.
(1893), p. 101 et suiv. et
IV, 159 avec le scholiaste.
Page 24
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)nous
prie
vestent
Jason
d'aller au
BASILIQUE SOUTERRAINE
palais d’ARetes et
inexplicables.
ext
monté
une autre
Notre
sur
une
tableau
table,
de
présente
au-dessous
table surmontée d’une petite
probable qu'on doive
transporter
un
de
caisse.
son
détail
laquelle
Il me
ame »,
curieux.
se
trouve
semble très
penser ici à un appareil magique tel que la
table mentionnée dans un papyrus de Leyde.
A
ces
reliefs
font
pendant
deux
autres. La
signification
de
l'un est claire. Il représente la libération d’H&sione par Hercule.
Plusieurs monuments trouvés le long du
que
Rhin montrent que
impériale a tronvé dans ee vieux mythe une allusion
heration
de
pieds de la
Fâme
par un Rédempteur. Sur une gemme on
vierge
enchainée
un coffret qui rappelle
l’épaà la
livoit aux
probablement
la cista. mystica ?.
En face du tableau d’Hösione on en voit un quatrième (pl. V, fig. 1)
dont l'explication, autant que je sache, n'est pas encore trouvée. Sur
un
trône
très
simple,
ou
plutôt sur
de
pierre
quadrangulaires profilés,
un
une
bane formé
de
deux
femme est assise
blocs
dans
une
attitude pensive, la
tète appuyée sur la main droite, la gauche tenant une
ressemble à la déesse Athéna armée d'un bouidole qui
clier et tenant probablement
Les
vêtements ne
une lance de
Ia main droite élevée.
couvrent que la partie inférieure du corps.
homme entièrement nu, dont le manteau
—
bête? — a glissé sur
est debout
Les
la cuisse
boucliers au dessus de
la
gauche,
figure
est-ce
une
pean
devant
Un
de
elle.
de l’homme et les guirlandes
attachées avec des r/tlae me semblent indiquer que la scène se passe
devant ou dans un
sur
un bloc de
temple. Le pied gauche de l'homme est appuyé
pierre
grossièrement équarri,
1 Publié par Dieterich dans
mentband, XVI, p.
les
Jahrb. f. d.
qui ressemble de très
klass. Altert, Supple-
799-830, v. 8. 26 et suiv.
? Cp. Drexler dans Roscher, Mythol. Lexikon, s. v. Hesion, col. 25982594,
Page 25
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près aux mhiv3o: se trouvant selon M. Macchioro! dans beaucoup
de scènes relatives aux mystères.
Les reliefs du centre (pl. III et pl. V, fig. 2) représentent tous les
deux un rapt. Au milieu du plafond nous voyons Ganyméde porté au
ciel par un génie ou un dieu, symbole connu de l’apothéose *. Ganymède
porte dans la main droite une aiguière, dans Pautre un flambeau. Ces
objets symbolisent sans donte respectivement l’enthonsiasme dionysiaque ? et la fervente ardeur de l'âme. Le second des tableaux centraux
(pl. V, fig. 2) représente l'enlèvement d'une des Leucippides, scène que
Yon rencontre également sur plusieurs sarcophages *. Il n'est pas probable qu'on ait pensé à autre chose qu’à l'ascension de l'âme, Papothéose — qui est-ce qui se ferait faire un sarcophage décoré d’une descente en enfer? — et pourtant il y a un contraste incontestable entre
la conduite de Ganymède et celle de la Leucippide. Le visage du Dioseure rappelle l’idée de la beauté sombre qu'on se forme ordinairement de Lucifer. N'oublions pas que l’on voit dans les nefs latérales
un
châtiment de Marsyas et le travail
impuissant des
Danaides ?.-
! Macchioro, Zugreus, p. 28-42.
? L'idée de Papothéose si fréquente pendant l'époque
impériale (ef.
e. a. Altmann, Rómische Grabultäre, p. 276 et suiv. E. Arthur Strong dans
le Journal of Roman Studies, I, p..24 et suiv, et
dans Apotheosis and
after life, passim) se trouve déjà dans le douzième livre des lettres de Cicéron à Atticus
3 L'aiguière se trouve sur de nombreux autels et plaques funéraires,
où l’on ne peut pas supposer le sens astrologique, que M. Cumont croit
trouver dans notre relief.
1 Mélanges de VEc. de Rome, 1885, pl. 12; Robert, Surkophagsreliefs,
III, 2,57 et 58 (p. 180-184); S. Reinach, Reliefs, II, 197 (= HI, 288), III,
33, 256, 379. — Cf. maintenant G. Bendinelli, Di un frammento marmoreo, etc. dans Ausonia, X (1921).
5 M. Cumont (dans la Rassegna d’arte antica e moderna, VIII (1921),
2, p 38, ann. 6) explique les Danaides comme des
Ames avides de volupté, insatiables de jouissances et cite Platon, Gorg., 493 A, Luerèce, III,
935 et suiv., 1003 et suiv.,
Rhode, Psyche, 1, p. 326 et suiv, Norden, ln
Varronis saturas, p. 332 et suiv. Il me
semble pourtant plus probable
d'y voir les non-initiés (cf. J. E. Harrison, Prolegomena to Greek Religion, p. 613-623).
Page 26
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SOUTERRAINE
Construction et style.
Il
sera
prudent
d'attendre le déblaiement complet de
Védifice
pour se décider sur les dates fournies par la construction. MM. Fornari
ne
et Gatti
se
ont constaté que,
trouvent
pas de
fragments
indiquerait la premiere
fragment
d'opus
M.
au-dessus de
rait
Gatti
teurs de
la
basilique,
parties visibles du béton,
de marbre
ou
de briques;
cela
moitié du I°" siècle après Jesus Christ. Un
reticulatum
indiquer la même
dans les
d'excellente
l'ouverture qui
exécution
illumine
le
entrevu
pronaos,
par
pourpériode. M. Bendinelli, un des prochains édia
cité une foule d’analogies pour
les sujets
et la manière d'exécution de la décoration en stue qui corroborent
les
indications plutôt vagues de
la constrnetion et rappellent aussi
la première moitié ou le milieu du I°" siècle de notre ère !.
Je veux remarquer à ce propos que l’évidente inégalité de style
des reliefs constatée tout de suite par M. Fornari ? et la tendance
archaisante, dont on
voit des exemples
dans
nos
risent aussi les peintures murales de la maison
conservées au Musée
scènes
des
de
caractéla Farnesine,
des Thermes, dont les stues représentent des
mystères.
Eu outre il me semble que l'on peut
de
figures,
retenir dans la décoration
la voûte centrale une circonstance qui n’est pas sans importance.
Exception
faite des reliefs de Ganyméde et de l’enlövement de la
Leucippide, on distingue très bien deux parois, divisées dans la manière habituelle des peintures
murales
de
Pompei,
par
exemple
celles de la maison
des Vettii. Le socle est formé par une espèce
de predella remplie
de petites
scènes
oblongues.
Les
espaces vi-
1 Une savante conférence de cet archéologue fut faite pour la première
fois devant «l’Accademia Pontificia » le 21 avril 1921 et répétée ensuite
à PAssociazione Romana di Archeologia.
2 Cp. R. Paribeni, Catalogo del Museo delle
n° 710 et 720.
Terme,
3° édit, (1920),
Page 27
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des, surmontant ce socle, présentent des
189
scènes
encadrées comme
de vrais tableaux (Hermès et l'âme, Jason et Médée) ou
bien représentées comme vues par une fenétre (Hésione et Hercule). Cette
division est parfaitement
indiquée
pour
une
paroi
de
Livie
sur
trouve par exemple dans la maison
--
le
on
la
re-
Palatin
—
mais pas du tout pour une voûte. Sans en avoir eu l'intention, on
a démontré cette impropriété en exposant au Musée
des Thermes
les stnes de la Farnésine, qui formaient une voûte sur des parois
concaves mais non
plafonnantes, le long des murs verticaux,
non
seulement sans en changer la perspective, mais même en améliorant
leur effet. J'en conclus que le cycle des représentations mystiques de
la
Farnésine et de notre basilique a été inventé et représenté pour
la première fois dans un pays où l’on n'avait pas l'habitude de eonstruire des voûtes, par exemple dans la Grèce et l’Italie méridionale.
Les candélabres stylists et les palmettes qui remplissent avec des
masques! les vides
entre les tableaux de
Ja voûte centrale sont
également bien plus appropriés á un mur vertical qu'à une voûte.
M.
Fornari a voulu déterminer aussi l'identité du constructeur
de notre édifice et
il Pa fait d'une manière, selon moi, très ingénieuse et vraisemblable. 1 a fait remarquer* qu'à une distance d’environ
deux cents mètres de la basilique ont été trouvées de nombreuses inscriptions d’eselaves et d’affranchis appartenants A la familia des Statilii ?. Une de ces épitaphes porte le
cognomen très
rare de Mystes 4. En outre on a découvert dans le même cimetière
1 De tels masques barbus sont très fréquents sur les monuments funéraires, M. Macchioro (Zagreus, p. 119-120) les veut
expliquer comme
le visage du dieu, symbole de sa présence parmi les fidèles. Le dicu supréme des orphiques était, comme tous les dieux
des
mystères, Un et
sans forme définie (Proclus, Hnnead., I, 6, 9
par
Harrison, Prolecité
gomena, p. 624).
2 Notizie degli Scari, 1. e. p. 50-52.
8 ©. I. L., VI, 6213-6640, cp. Jordan-Hülsen,
Topographie Roms,
3, p. 363, ann. 52, Richter, Topographie Roms, p. 352.
4 COLL. VI, 6632.
Page 28
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)belle
tères
BASILIQUE
SOUTERRAINE
.
urne de marbre avec des scènes qui se référent aux mysd’Eleusis !. Ces
indications
sont
combinées
par M. Fornari
avec le procés contre le
proconsul T. Statilius Taurus,
magicae superstitiones?
par les complices d’Agrippine.
La conjecture de M.
Fornari
accusé de
me semble trés vraisemblable et
je crois pouvoir la fortifier encore en
mettant
le fait isolé dans
le cadre complet de la Intte de religions qu’on peut entrevoir dans
le premier siécle de notre ére.
-
L’emperenr Caligula semble avoir eu des tendances égyptiennes
prononcées *, Son suecessenr Claude au contraire fut un admirateur
sincère de tout ce qui était gree * et essaya entre autre d'introduire
les mystères d’Eleusis à
Rome *. Il
est
donc
très probable qu'il
ait autorisé T. Statilius Taurus à construire une.ba silique orphique.
Mais Claude était dominé par Vautorité de
sa
femme Agrippine.
Nous ne savons pas quelles ont été les sympathies
celle-ci, mais il est
très
remarquable de
religieuses de
constater que
les cultes
féminins de Cybéle et d’Isis jouissaient de la faveur de Néron, le
fils
d’Agrippine ©.
Il
aura
été
très facile
à
celle-ci
de
trouver
des arguments d’accusation contre les Orphiques et leur protecteur
Statilins.
et le
Déjà Cicéron reproche aux Orphiques le meurtre rituel *
fameux
senatus
consultum
de
Bacchanalibus
défendait les
1 Cp. e. a. Helbig-Amelung, Führer durch die Museen Roms, 3° éd.
II, n° 1325, p. 114 et suiv.: G. E. Rizzo, Il sarcofago di Torre nova dans
Rom, Mitt., 1910, p. 106, 131 et suiv., plauche VII (la première réproduction satisfaisante); Paribeni, Cutalogo, n° 440.
2 Tacite, Aun., XII, 59.
3H,
R. Leopold, Ontwikkeling can het Heidendom in Rome (Evolution du paganisme à Rome), Rotterdam, 1918, p. 110.
1 Voy, le témoignage non suspect de Sénéque dans l’Apokolokynthosis,
5 Suétone, Claude, c. 25: Sacra Eleusinia etiam transferre ex Attica
Romam conatus est.
6 Up. F. Cumont, Les religions orientales dans V Empire Romain (p. 66
et suiv. de la traduction allemande de Gehrich, 2° édit., Leipzig, 1914)
et G. Lafaye, Divinites d'Alexandrie, Paris, 1884, p. 59,
7 Cicéron, in
Vat., VI, 14.
Page 29
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)DE LA PORTA MAGGIORE
réunions nombreuses,
telles qu’elles
auraient
dimensions
basilique.
suicide de
de
notre
Le
sidérait naturellement la mort comme
pu
être d'après
Statilius,
un bienfait parce
qui
les
conqu'elle libérait son âme immortelle, et l’indignation des sénatenrs qui connaissaient certainement le caractère très élevé de
mystères, s'expliquent avec
facilité.
la doctrine des
En outre le merveilleux état
de conservation de tous les stues, l'absence complète de graffiti et
de
traces de fumée
me paraissent prouver que l'édifice
souterrain
wa été fréquenté que pendant un temps très court.
Mais les arguments
d'une
défaveur
des
mystères
grecs dans
l'empire romain à partir du milieu du premier siècle après Jésus
Christ me sembleraient faibles,
dans une autre partie du
si je
ne
rencontrais leura traces.
monde antique, en
Asie Mineure,
Là le eulte impérial est lié très étroitement à celui
des mystères justement dans la première moitié du premier siècle. Des monnaies attribuent à Livie, épouse d’Auguste, et à Agrippine majeure
l'épithète de Kxpropsp0;!. Des inscriptions appellent celle-ci Sex
Xsbasrà
Alodl, Kopropópo;?.
Elle
fut
vénérée
à Mityléne, où
naquit en 18 sa fille Julia, de 20 à 31 après Jésus-Christ, avec
son mari Germanicus, qui porte le nom vraiment orphique de véos
c'est-à-dire Zagreus‘.
Les membres de la
famille impériale
cu général sont étroitement liés aux cultes des mystères ?. Les archéolognes allemands ont retrouvé dans le sanctuaire de Déméter à
Pergame — hati entre 269 et 263 avant J, C. et fréquenté jusque
dans la seconde moitié du deuxième siècle après J. C. — des statues de membres de la famille impériale et
des
dédicaces
A ces
membres mêmes. Mais il y a un rapprochement très curieux et, selon
1 TI. Hepding dans Athen. Mitth, (1910), p. 443.
? Hepding, ded.
3 Tacite, Ann., IT, 54.
4 Tiimpel dans Pauly-Wissowa, Realenc., I, 1086, cp. Abel, Orphica,
5 [lepding, ibid.
Page 30
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)a
BASILIQUE SOUTERRAINE
tres important à faire pour l'historien de notre basilique. On
trouvé dans le
sanctuaire
de
Pergame
des
statues
d’Auguste,
d’Agrippine majeure et d'un membre de la famille Claudius, probablement Tibere !, puis on saute au règne d'Hadrien. Si l’on combine l'existence de cette lacune
avec le
fait
que
le promaos du
temple de Pergame a été restauré par un certain C. Claudius Silanus dans la seconde moitié du deuxième siècle ?, il nous semble
possible de conelure que le sanctuaire dans
lequel
on trouve les
traces évidentes de tendances orphiques * wa pas joui des faveurs
de la famille impériale et par conséquent des munificences de protectenrs riches durant une période qui
s'étend
d'environ Uan 50
après J. C. jusqu'au règne d'Hadrien.
Il semble
que
la
doctrine
orphiqne, favorisée par les premiers empereurs, célébrée par Virgile
de
avee naturellement la sympathie
@Auguste — sur le point
devenir religion officielle avec Claude, a été étouffée par les empereurs suivants qui montrent tous des tendances « égyptisantes » *.
Peut-être la basilique souterraine construite avec la permission de
Claude, mais fermée aussitôt après à cause de l'opposition @ Agrippine,
nous indique-t-elle le
moment précis du
revirement des opinions
H. M. R. Leoroup.
' Hepding, l. c., p. 500-501,
? Hepding, I. c., p. 442,
3 0, Kern, Das Demeterheiligtum ron Pergamon und die Orphischen
Hymnen dans V Hermes,
46 (1911), p. 431-436.
4G, Lafaye, Dir
R. Leopold, Ontwilkeling
s d
Alexandrie, Paris, 1884, p. 56 et suiv.; H. M.
ran het
paganisme à Rome), Rotterdam,
Heidendom in
Rome
(Evolution
du
1918, p, 111-112.
5 Madame E. Arthur Strong, quia suivi et assisté mes études avec
un empressement qui est au-dessus de ma reconnaissance, a bien vouln attirer mon attention sur une étude du savant professeur Ch. Hülsen (Die
Ausgrabungen in Rom im 20. Jahrhundert, 11, 3 (29, 1, 21;, p. 48-52).
L’illustre archéologue volt dans la basilique une salle à manger souterraine et explique toute la décoration comme
Gesang und
une « Verherrlichung von
Wein», Tout ce qui précède montre que
je ne puis partager
Yopinion de Péminent spécialiste de la topographie romaine.