La Basilique souterraine de la Porta Maggiore

Auteur
Leopold, H.M.R.
Publié dans
Melanges d'Archeologie et d'histoire
Année
1921
Sujet
BASILICA
Langue
Français
Catégorie
C8 Histoire et archéologie
Numéro d'archive
5483

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Afficher le texte intégral30 pages

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La Basilique souterraine de la Porta Maggiore In: Mélanges d'archeologie et d'histoire, ‘XXXIX - 1921/22 - p. 166 - 192 U ESPL hu IR. %, ? ke pa ARwrrlales heks 14 Arc H. M. R. Leororn, La basilique souwrraine de la Porta Magyiore: MEIR XXXIX 145-102. | L’éditieu u dû être le local où se réunissait une communauté d'uno rele. gion syacrétiqus, composée d'éléments pythagoriques, orphiques ot dionysiaques, La décoration du vestibule-renferme des figures bien connues du thiase de Diony:ios (Mónades ınontant des panthères, elc...). La décoration rappelle les Occupations terrestres qui sont la préparation à la vie d’outre-tombe et le voyage de l'âme vers Jes iles des Bionheureux; « scènan do genre », sujets d'inspiration pythasoricionge et dionysiaque. Étant douné que le yanctuaire no semble pas avoir youl des faveurs de la famille impériale, il n'est pas d'une époque antérieure à colle da Claus, dato à laquelle lu culte orphiqne n été étouffé à causo de l'opposition d'Agrippa. [Plage | s Archeologia 2j As haie Francesa, de Horse,

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Persée http://www.persee.fr La basilique souterraine de la Porta Maggiore (pl. II-V) H. M. R. Leopold Mélanges d'archéologie et d'histoire, Année 1921, Volume 39, Numéro 1 p. 165 - 192 Voir l'article en ligne Avertissement L'éditeur du site « PERSEE » – le Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche, Direction de l'enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation – détient la propriété intellectuelle et les droits d’exploitation. A ce titre il est titulaire des droits d'auteur et du droit sui generis du producteur de bases de données sur ce site conformément à la loi n°98-536 du 1er juillet 1998 relative aux bases de données. Les oeuvres reproduites sur le site « PERSEE » sont protégées par les dispositions générales du Code de la propriété intellectuelle. Droits et devoirs des utilisateurs Pour un usage strictement privé, la simple reproduction du contenu de ce site est libre. Pour un usage scientifique ou pédagogique, à des fins de recherches, d'enseignement ou de communication excluant toute exploitation commerciale, la reproduction et la communication au public du contenu de ce site sont autorisées, sous réserve que celles-ci servent d'illustration, ne soient pas substantielles et ne soient pas expressément limitées (plans ou photographies). La mention Le Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation sur chaque reproduction tirée du site est obligatoire ainsi que le nom de la revue et- lorsqu'ils sont indiqués - le nom de l'auteur et la référence du document reproduit. Toute autre reproduction ou communication au public, intégrale ou substantielle du contenu de ce site, par quelque procédé que ce soit, de l'éditeur original de l'oeuvre, de l'auteur et de ses ayants droit. La reproduction et l'exploitation des photographies et des plans, y compris à des fins commerciales, doivent être autorisés par l'éditeur du site, Le Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation (voir http://www.sup.adc.education.fr/bib/ ). La source et les crédits devront toujours être mentionnés.

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LA BASILIQUE SOUTERRAINE DE LA PORTA MAGGIORE (Pl. H-V) Dans son savant article de la Revue Archéologique ' Camont considère la basilique souterraine comme la plus importante découvertes des de la M. Franz Porta Maggiore faites 4 Rome depuis celle des Catacombes. Le Gouvernement italien semble être du même avis. Non content d'avoir déblayé A grands frais et au milieu de difficultés de toute sorte le remarquable monument puis quelques années l'attention de tous les qui attire desavants s'intéressant aux questions de religion et d'art antiques, il prépare l'édition d'un grand ouvrage illustré où se trouveront une centaine de reproductions photographiques et de restitutions des stucs décoratifs, dues à des spécialistes. Comme la situation de la basilique, an dessous de la voie ferrée de Rome-Naples, est très précaire, midite fait courir A la décoration les plus grands décidé de dévier la ligne et de faire disparaître le comme l'hndangers, on a talus qui recouvre l'édifice. Découverte et description générale de Pédi fice, En avril 1917 un affaissement observé par le personnel du chemin de fer Rome-Naples, inexplicable au premier moment, obligea les ingénieurs du réseau à faire des recherches dans le 1 Fr. Cumont, La basilique souterraine de la Revue Archéologique, 1918, II, p. 52-73. sousla Porta Maggiore, dans

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LA BASILIQUE SOUTERRAINE sol. On constata d’abord Pexistence d’un puits circulaire, puis d'un grand corridor souterrain légèrement ineliné (environ 15 °/,) et enfin d’un grand édifice (fig. 1) décoré de stucs blanes et rempli de terre jushi qu'au tiers de la hauteur aussitôt avertie, melri primitive. La Direction fit déblayer soigneusement des Fouilles, une partie du corridor et de In basilique même. La très légère montée du corridor et la différence de niveau d'au moins 10 m. entre antique prouve que ct le sol de la basilique, la voie dans Prónestine l'antiquité

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PORTA MAGGIORE ue pouvait entrer dans celle-ci qu'après 167 une promenade relativement longue dans une demi-obscurité, éclaircie seulement de temps en temps par était le un trou dans le plafond. Beaucoup mieux « pronaos» dans lequel on ridor, Ce vestibule est à arrive en par une bordure de petites autre, également mosaique de pierres double, empruntant le corpeu pres carré (3,62 < 3,50 m.) comme Vatrium qui, précédait les anciennes églises ment est formé illuminé noires pierre blanche. fait forme au chrétiennes. le tour du centre un Le pave- Une double vestibule; plan carré une placé à un niveau légèrement inférieur. Les angles de ce dernier earré de lignes noires sont ornés de palmettes. Au centre se trouve un puits, creusé dans le tuf et pourvu d’un canal de dérivation. bablement l’emplacement d'un bénitier, Ce fut procomme on en trouvait devant les temples grecs !. On entre immédiatement du pronaos dans ci se compose de trois nefs d'une geur respective de piliers 2,3 rectangulaires réuuis par des et 2 (env. arcades longueur de 12 m. ct d’une larm., divisée de chaque côté par trois 0,95, leur tour 1,15 m.) qui sont à Au contraire les surbaisstes, nefs sont À tonneaux semi-cylindriques; principale une abside semi-circulaire 1,55 m. se tronve trous, à La basilique est pavée comme entourés de doubles ayant bandes noir renfermé lards à une époque poq ; qui probablement des inerustations de marbre, la basilique. Celle des de nef l'extrémité avee un Vatrium; la rayon de les piliers sont eontournent aussi quelques des mosaïques précieuses ou volées postérieurement jusqu’à Pp present Jusq voûtes par des indéfinie?. Sir Arthur pil- Evans 1 Voyez Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités, s. v. Lustratio (Bouché-Leclercu}, p. 1407-1408. ? M. Lanciani espère trouver dans quelque musée les parties enlevées et avec celles-ci la solution de quelques unes des questions touchant les moyens de ses constructeurs (11 Santuario Comunale di Roma, XLVI, p. 69-84). sotterraneo, ete., Bollettino

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BASILIQUE fait remarquer que SOUTERRAINE la double bordure noire qui suit tout le pourtour de la basilique est interrompue devant Pabside, et a rapproché ce détail d’une couverte près de balustrade placée dans une villa Knossos en Crète, et qui sement devant l'emplacement basilique on du trône". On est interrompue Dans l'abside voit nettement les traces laissées par nos) jadis attaché au mur de voit dans les royale déprécide notre un siège (throde fer fond ?. piliers les cadres et les tenons tachaient probablement des plaques de marbre. Au dessus qui atde ces ‘cadres se trouvent de petites consoles d'une hauteur de 0,80 m. et d’une largeur de 0,35 m. Cette courte description faitement l'aspect du second prouve que l'édifice souterrain a partype de basilique décrit dans le livre très connu de G. Leroux? et destiné à servir de lieu de réunion pour les initiés aux mystères. Il suffira de comparer le felesterion de Samothrace (fig. 2), datant du II° sièele avant notre ère et le Bakcheion d'Athènes (II° siècle après J. 1 C.) *. La remarque au sujet du trône fut faite pour la première fois par Sir Arthur Evans après la communication sur la Basilique lue par Madame Strong devant la Hellenic Society à Londres en octobre 1920; lors de son séjour à Rome en février de cette année, Sir Arthur visita la basilique avee Madame Strong et constata le detail de la bordure noire, Le lendemain même, je rencontrai Sir Arthur à la British voulut bien me communiquer ses précieuses School, où il observations. ? M. le prof. G. Bendinelli a voulu expliquer les trous dans le mur de fond comme des points d'appui d'une statue. Cette supposition ne me semble pas très probable. Je ne connais aneun exemple d'une statue attachée de cette manière A une muraille et je partie inférieure du mur de fond a été peinte crois M, Bendinelli, se serait fond en partie contre une paroi blanche et le fait que la en couleurs jusqu'à une hauteur de moins de 2 m., exclut la présence d'une admettait la thèse de que statue qui, si Pon détachée sur le mur du en partie contre une surface coloriée, 3 G. Leroux, Les origines de Pédifice hypostyle (Biblioth ue des écoles françaises d'Athènes et de Rome, fase, 4 Leroux, p. 190 (fig. 59) et p. #19. Paris,

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DE LA PORTA MAGGIORE Le siége, dont on a les attaches, et pour lequel M. Evans nous a trouvé un joli point de comparaison dans un pays où le roi était toujours à la fois le grand-prêtre, nous a fait penser au Souza; nommé plusieurs fois dans les mystères orphiques !. On a déblayé dans le fond de Vabside une cavité creusée dans le roc, qui s'étend jusque sous le mur même de l'hémicyele. Cette cavité contenait les ossements d’un chien et d'un porcelet. Les deux petits trous, au milieu de la cavité, indiqués sur le plan * (fig. 1), ont problabement servi à reeueillir le sang de ces sacrifices. Le sang du chien et celui du pore avaient selon les anciens des qualités purificatrices®. En outre le sacrifice dn pore est très fréquent dans les mystères *, circonstance qui me semble prouver avec évidence le caractère religieux de l’éditice. La nef centrale de la basilique n’était éclairée que par une grande ouverture au dessus de l'entrée qui donne sur le pronaos. Fia. 2. Ce trou étant bouché, on peut, dans les circonstances actuelles, juger de l'effet de cet éclairage quand on fait éteindre toute la lumiére électrique disposée dans l’édifice, à l’excep- 1 Cf. Hymni Orphici (6A. Abel), T, 10 et XXXI, 7; E. Mauss, Orpheus, Munich, 1895, p. 180; O. Kern, Das Demeterheiligtum von Pergamon und die Orphischen Hymnen, dans V Hermes, 46 (1911), p. 431-436. 2 D’après les Notizie degli Scavi, 1918 (Gatti) qui donnent aux pages 30 et suivantes la première relation des fouilles. 3 Voyez les sources citées par M. Fornari dans les Notizie, 1. c. 4 M. G. A. Rizzo, Dionysos Mystes dans les Memorie della Reale Accademia di Archeologia di Napoli, vol. III (1918), p. 42-48.

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BASILIQUE SOUTERRAINE tion des ampoules placées en haut du pronaos. On s'aperçoit alors que la décoration de stue acquiert un relief beaucoup plus accentué, los fignres se détachant presque entièrement du plafond. C’est sans doute cet effet pour ainsi dire magique qui a rappelé A M. Cumont ! le texte eonnn de Piaton ? nous décrivant les vivants êtres enchainés dans une grotte de façon comme des qu’ils ne voient que la paroi opposée à la lumière derrière eux, en haut et très loin. « Entravés de telle manière dans leurs mouvements, les mortels ne distinguent que l'ombre des choses réelles qui et le fen et se dessinent sur la paroi s'interposent entre eux illuminée >. Platon a emprunté cette comparaison aux Pythagoriciens. Porphyre # nous Vassure et Platon lui-même, dans le passage où méditation sur la mort et le corps il définit * la philosophic une un tombeau, nomme comme son précurseur dans ces idées le Pythagoricien Philolaos *. L'esprit entièrement fixé sur cette idée, M. Franz Cumont s'est limite à chercher uniquenent chez Pythagoriciens des analogies pour l'explication des scènes que Von voit représentées dans la basilique souterraine. Je suis d'avis que Véminent savant a trop restreint le terrain de ses recherches. TI me semble évident que les théories pythagoriciennes se sont combinées très tôt avec les idées religienses professées par les Orphiques et le eulte de Dionysos. La première fusion se tronve déjà dans les dialogues de Platon ®, et dans les tumuli de la nécropole de Sybaris, qui renferment sans doute les dépouilles des derniers Pythayoriciens, et dans lesquels on trouve à eôté de I Rev. arch, la tête ou dans la main droite des morts des 1. c., p. 64. CI Platon, République, 3 Porphyre, De antro nympharum, 6. VII, 514. 4 Platon, Cratylus, 400 C. Cf. Cumont, Rassegna darte, XII (1921), . 2. p. 44, ann. 3. 5 Platon, Phuedo, 61 B-62 B. $ Vor. J, Burnet dans Hastings Kneyclopaedia of religious and ethics, X (1918), p. 527, col. 1.

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tablettes d'or contenant des dionysiaques sont très PORTA MAGGIORE sentences 171 orphiques'. Les symboles fréquents sur les vases funéraires de l'Italie méridionale ?. La leur survivance des idées pythagoriciennes et orphiques intime union jusqu'au commencement de notre ére prouvée bien par la préférence donnée par Ovide — qui les besoins intellectuels et théories de spirituels de son me et de semble connaissait si époque la métempsychose exposées par le philosophe — de aux Samos et décrites avec tant de ferveur par Vorphicisant Virgile 5. Dans l'art ornemental tualisme cycle on pur de la Dionysiaque. commença religion orphique cèdent la à juger tout son thiasos digne de promise par Musée comme un premiere Dionysos entré dans les cultes beaux et les sarcophages, sidérée le formalisme pythagoricien et le spirides mystères *, figurer sur les tomcomme symbole de « l'ivresse éternelle » et son fils aux purs ®. La mort nest plus contriste départ, telle qu'elle est représentée les reliefs funéraires des une victoire. Un scholiaste d'Aristophane éerit: «On morts des couronnes dans la litte de la Voy. parce qu'on les considérait vie». Sur une des petites comme plaques donnait aux vainqueurs d'or tronvée «J'ai échappé Notizie degli Scavi, 1879, p. 865 (Cavallari) et D. Comparetti, Laminette orfiche, ? par Grecs de l’époque classique, mais comme dans le tombeau d'un pythagoricien à Thurii on lit: 1 place au Florence, 1910, p. 43. Voy. Albizzati, Suggio di esegesi sperimentale nelle pitture funerarie dei vasi italo-greci, dans cheologia, ser. Dissertazioni della Pontificia Accademia di Ar- II, tome XIV, Rome, 3 Cf. C. Pascal, 1920, p. 147-232. Le credenze Poltre tomba nelle opere letterarie dellantichità classica, Catania, 1912, II, p. 153-160; sur la pénétration orphique en Italie F. Weege, Atruskische Malerei, Halle, 1921, p. 25-56. 4 Il se fond avec Zagreus, il est initié aux mystères d’Eleusis |Platon], Axiochos, 31. D. Abel, Orphica, p. 284, 13 et il possède des mystéres à Tegée et à Argos (Pausanias, VIII, 54, 5). 5 Platon, République, 313 D. Cf. J. Harrison, Prolegomena to the study of greek religion, 2° 6d. Cambridge, 1908, p. $ Schol. Aristoph., Lysistr., 601.

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BASILIQUE SOUTERRAINE . au cercle triste et lugubre des réincarnations ; j'ai gagné dans une course rapide la couronue tant souhuitée et je suis descendu dans le sein de la Reine de l’Enfer » '. De nombreux vases funéraires de l'Italie méridionale et les peintures sépulcrales de Paestum représentent le mort comme un vainqueur de retour d’un concours athlétique. Il reçoit de la main de la Victoire une couronue, un diadéme ou une écuelle pleine d’eau. « Nikè devient une représentée assise figure tombale par excellence; on la trouve sur une stèle où un tumulus ; offrant les symboles non seulement à des jeunes hommes — qui ne sont comme des athlètes — mais aussi 4 des femmes » *. plus figurés Des couronnes en or ou en cuivre doré se trouvent souvent dans des tombeaux grecs. Puisqu'on rencontre aussi très souvent la Victoire sur les sarcophages et les autels funéraires de l’époque impériale *, selon mon avis, on ne peut qui considérait de la renoncer à la conclusion que la croyance antiqne la mort comme une victoire et comme la couronne vie eut beaucoup d'adeptes pendant toute l'antiquité. La conséquence inévitable de cette conviction doit étre la glorification de la mort considérée comme une vie meilleure et désirable avant toute autre chose, et la tion A Ceux théorie l’outre-tombe. qui étaient est seulement une préparafut déjà la conviction des Orphiques, Telle initiés possibles pour être que la vie à leurs mystères faisaient tous les efforts plus justes, meilleurs que les autres hommes *; ils menaient une vie pure? et terminaient leurs prières en souhaitant une mort heureuse » È. 1 Comparetti, Laminelte orfiche, p. 27 avec ann. 2, 2 G, Patroni, La ceramica antica dell’Italia meridionale, Naples, 1897, p. 16: 3 W. Altmann, Römische Grabaltäre, Berlin, 1905, p. 101 et suiv. 1 Diodor. Sie., V, 49, 5. 5 Ci. par ex. Hymni Orphici (édit. Abel, Leipzig, 1885), IV, 9, XVII, 10, LVIH, Zagreus, 10, LXII, 12, Eurip., Hippel., 996 et suiv. et V. Macehioro, Bari, 1920, p. 157, n. 4. 6 Cf, p. e. Mymni Orphici, XIII, 10, XX, 6, XXVIII, 11, XXXV, 7.

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DE LA PORTA MAGGIORE Quoique la doctrine orphique soit relativement bien connue depuis longtemps! et la symbolique mains suffisamment étudiée ?, on montrer le lien étrait qui dionysiaque n’a des tombeaux ropresque jamais pensé A déexistait entre les deux. On était généralement d’opinion que Vorphisme n’a joué qu’un rôle secondaire au milieu des autres religions étrangères *. Cependant la place importante occupée par la théorie orphique et la figure de Pythagore dans les œuvres d’Ennius, Ovide ments d'une literature orphique lection des et Virgile, sous Empire « Hymnes orphiques» rédigés á et présentant le caractère très les nombreux fraget surtout la colune époque tardive * prononcé de litanies, auraient dû faire supposer que l'orphisme, après la disparition des Pythagoriciens comme parti politique, a fondé un peu munantés » qui temps relativement long. ont existé pendant un partout des « com- Cicéron parle d'une de ces « communautés > dans son discours contre Vatinius®. Pendant le règne d’Auguste, Nigidius Figulus se considérait comme prophète du Pythagoreisme et l'empereur se vit contraint @expulser de l’Italie un Pythagoricien gree connu comme «magus» ®. Une communauté orphique a laissé ses traces à Pergame, où elle doit avoir existé depuis le troisième siècle avant J.C. jusqu'au 1 La seule source complète et encore utilisable est l'Aglaophamns de Lobeck (Regensburg, 1829). A présent on peut utiliser Je travail intéressant de V. Macchioro, Zagreus, Bari. 1920. Les sources récentes d’information anglaises sont nommées par Mine A. Strong, A potheosis and After Life, London, 1918, p. 24, et M. P. Gardner in Hastings Hncyel., IX (1917), p. 82. 2 W. Altmann, Rómische Grabaltáre; H. Duetschke, Ravennatische Studien, Leipzig, 1909; V. Macchioro, I! simbolismo nelle figurazioni sepolerali romane, dans Mme Memorie R, Ace. di Napoli, 1 (1911), p. 9-144, Strong, 1. c. 3 M.me A, Strong, L. c. 4 Christ, Griechische Literaturgeschichte, 5° édition, p. 796. 5 Cicéron, in Vat., VI, 14 cité par M. Cumont, Rev, Arch., 1. c., p. 62. $ Jérôme, Chronic. Olymp., 188, 1: « Anaxilaus Larisaeus Pytagoricus et magus ab Augusto Urbe et Italia pellitur » cité par M. Cumont, 7b.

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second après J. les belles SOUTERRAINK C.?. Si les nombreux savants * qui sont d’avis que peintures découverte en BASILIQUE 1909 murales d'une représentent villa suburbaine l'initiation aux de Pompei mystères orphiques ont raison, nous possédons là une autre preuve de la persistance de la foi orphique. Il n’y a done selon nous pas de motif valable pour nier a priori que notre basilique soit le local où se réunissait une communauté d'une religion syncrétique, composte d'éléments pythagoriques, orphiques et dionysiaques. Revenons maintenant à la description de l'édifice et de sa décoration. Les traces de sacrifices purificatoires sous le mur même de Vabside nous a déjà prouvé le caractère religieux de la basilique. La blancheur de toute la décoration en stue (dans laquelle il n'y avait que le fond et le plafond du nous semble sur lequel était vestibule qui placé le siège du « pasteur » formassent des taches de couleur) indiquer l’idée orphique de la pureté. Les orphiques couvraient leurs morts d'un linceul de lin blanc et habillaient de la même manière leurs initiés *. La décoration en stae du vestibale. Le plafond du vestibule ne nous est conservé côtés, le quatrième est entièrement détrnit. On que sur trois y distingue, dans des encadrements très prononcés, plusieurs petits tableaux sur fonds coloriés, qui à nous raménent tous peints la symbolique des tombeaux. Nous avons déjà parlé de la signification funéraire de la 1 Voy. infra. ® Enumérés par Macchioro, Zugreus, p. 12. Le Nestor des savants italiens, M. D. Comparetti (Le nozze di Bacco ed Arianna, ete., Florence, 1921) et le célèbre mythologue allemand M. O. Gruppe (Philologische Wochenschrift, 2 mars 1921, col. 245-250) (l'article nous a été courtoisement indiqué par M.me Strong) nient tout rapport avec les mystéres. 3 Voy. Cavallari, Notizie degli Scavi, greus, p. 241. e. et Macchioro, Za-

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DE LA PORTA MAGGIORE Victoire, dont nous retrouverons partont dans la basilique des exemplaires magnifiques. Les Ménades montant des panthéres et portant le thyrse sont des figures bien connues du thiasos de Dionysos. La liseuse qu'on rencontre tant de fois sur les sarcophages peut figurer l'âme qui lit dans le livre de la vie! ou bien le catéchumène qui étudie le livre sacré des mystères *. Il me semble probable que les candélabres qu'on voit ici seuls, mais combinés dans la basilique avec des Victoires, peuvent être considérés comme symboles de l'âme, représentée comme une flamme dans la philosophie d'Héraclite — ici probablement interprète d'une opinion orphique* la foi populaire romaine‘. confond celle du tombeau. On Cette connait idée se l'habitude -— et dans aisément avec d'allumer des lampes dans les cimetières ®. la pensée du lieu du dernier repos est vive dans toute la basilique; la partie cuire des parvie Luni tibule que de Védifice principal est ornée des beau: ils montent des chars attelés de figurés de d’une cruche. la méme signification que raires: ils offrent Peau nous de la petits amou tantôt boues ou d’autres animaux un élément du thiasos qui représente tantôt ils versent l'eau 1 tomcolonnes ou arbres entourés d'un enclos. Dans plusieurs eaissons sont ment symboles du ves avons et forle cortège des initiés. Dans ce dernier cas ils ont donné aux Victoires funévie éternelle aux âmes des fidèles. Duetschke, Ravennatische Studien, p. 187 et suiv. ? R. Paribeni, Notizie degli scavi, 1919, y. 112; Macchiovo. Zagreus, p. 74, 3 Maechioro, Hraclito e Porfismo, dans Gnosis, Rivista di storia retigiosa, I (1920), p. 1 et suiv. et dans Zugreus, * Plaute, Trin., IT, 4, 91 (492): « p. 247, ann. 1. scintillulam animae quam quunı exteinrem». Cf. Cicéron, Soma, Serip., II, 7: « animus datus est ex illis sempiternis ignibus »; Verg., Aen., VI, 745 et suiv. 5 Cf. p. e. Marquardt-Mau, Privat leben der Römer, p. 368. ann, 1 et G. Spano, La iMuminazione delle vie di Pampei dans Atti della Reale Acc, di Arch. di Napoli, VII (1920), II, p. 72 et suiv.

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petit papillons tableau et BASILIQUE sur lequel on voit les petits amours chasser des s'amuser avec ceux sens symbolique parce qu'on SOUTERRAINE qu'ils ont pris doit avoir eu un le retrouve très souvent sur des monuments funéraires !. M. Cumont ? cite à propos de notre basilique un passage de Plutarque.*: « Le vrai amoureux, c'est à dire celui qui s'est épris de vertes x2).6v après sa mort Enriowrau nei 0 Togyinazar wal Diureher mesh tov notés Dev (Eros) ¿vo yopedov ani Guurcoimedey, So Sys ob make eli toby Sen . NES drag apra showy Rai AI TADA BIO . Lehavas ÉTIONS nat 'Aggo- » A Up TAL yevicews D. D'une conception au moins également élevée témoigne l'hymne orphique dédié à Eros, qui nous semble donner cà et lá un commentaire des scènes figurées dans le vestibule *. Sur la paroi sément an-dessiis qui sépare le vestibule de la basilique et précide Ventrée distingue de celle-ci on une grande tête d'Océanus entre deux divinités marines. Océanus, une des figures de dernier plan dans la mythologie greeque?, était considéré par les orphiques comme le prince des Titans, le seul bienfaisant parmi eux °, et a été célébré dans un de leurs hymnes. C'est justement © Voy. Macchioro, Simbolismo, passim. Cf. p. e. ©. I. L., VI, 26011: « Scita hic sita est papilio volitans texto religatus araneo est illi praeda repens huic data mors subita est », et le petit poème fait par l’empereur Hadrien sur son lit de mort: « Animula vagula blandula Ilospes comesque corporis. Quae nune abibis in loca Pallidula, rigida, nudnla. Nec ut soles dabis iocos ». 2 Cumont, Rev. Arch. L €, p. 57. 3 Plutarque, Amatorius, e, 20, p. 766 B. Orphic., LVII (édit, Abel, p. 89). hau "Ejgura, céleste et mortel 9), révruv eos Ixevta..., 4 pré Unease pele; Slavens; S bonds 5 eol. Voy. Roscher, à Ari pústyoL auvi Las an rünè’animiu Mytholog. Lexikon, 817. 6 Abel, Orphica, fr. 39 et 100. Okeanos (Weiszäcker),

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DE LA dans cet hymne-ci PORTA MAGGIORE 177 qu'on trouve une expression qui, selon mon opinion, peut expliquer le sens symbolique de la tête d’Océanus qu’on trouve en haut de la porte d'entrée de la basilique. On y lit: Ne x= R > 050), GeGv Ayvıonz MEN IOTOY, pihos yains, nodo», SÌ Tépur %pyh Úyogoréhonde, f So; shpevioy utara; zegagionévo; ziel". Est-ce que le constructeur de la basilique a voulu indiquer que l'entrée de celle-ci est «la fin des choses terrestres, objet de nos désirs, et la porte du ciel » ? La décoration en stuc de la basilique. L'édifice principal qui grande profusion de fait suite bas-reliefs en au stue, vestibule est orné avec distribués sur les murs, les piliers et les voûtes. À ce qu’il me semble on a suivi dans la disposition de cette décoration un système logiqne. La rangée inférieure nous montre partout des tombeanx traités symboliquement dans la manière décrite plus haut en parlant du vestibule et entremêlés A des scénes de vénération des images sacrées”. Le visiteur de la basilique se promène done dans un entonrage qui lui rappelle toujours la mort et restres qui sont la meilleure préparation à les occupations terla vie d'outre-tombe. Au dessus des cimetières et des lieux sacrés pendent des oscilla de formes différentes. Les oscilla servaient comme purification de l'air ?. On doit supposer que les tables chargées d’offrandes qu’on 1 Hymni Orphici [éd. Abel), LXXXIII, v. s. 6-9. ® Dans une de celles-ci on voit une personne s’agenouiller devant la statue d’un dieu, M. Cumont (Res, Arch. I. c.) rappelle qu'on avait jusqu'à présent constaté ou du moins rendu probable cette attitude seulement pour les mithriaques. Voy. Cumont, Textes et monuments, ete., II, p. 62. 3 Servius, Aen, VI, 741, XII, 603, Georg., II, 389, C. Boetticher, Der Baumkultus der Hellenen, Berlin, 1856, p. 83, Hild dans Daremberg et Saglio, Dietionn. d. Ant. s. v. Mélanges d’ Arch. et ad Hist, 1921. Oscilla, p. 257, II.

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voit à la même BASILIQUE SOUTERRAINE hanteur sur les paruis postérieures des nefs latérales avaient un sens identique et rappelaient dans la mémoire des fidèles le souvenir de leurs ayapai. Un des hymnes orphiques parle de la préparation d’une telle table *. On la retrouve avec plusieurs symboles bachiques sur le cippe d’Amemptus ?. Le rameau de palmier sur une de ces tables symbolise probablement l'impression de victoire et d’elevation morale produite par l'agapè dans l'âme du communiant. Les agapai et adoration des dieux étaient les moyens pour arriver à l’extase, dans lequel on voit Cette inspiration l'inspiration prochaine la même me dionysiaque, victoire semble l'état de grâce sur la chair. indiquée par les Victoires, les grands vases ct les tambourins qui décorent la partie supérieure des parois latérales et des Le pilier primé d'une manière plus claire en bas symholisme est exune des voûtes lotérales. On voit lá deux sphinx à côté d'un cratère, image connue de Páme éprise de la divinité 3. Les voûtes enfin représentent à ce qu'il me semble la substance de ces espoirs, nourris par l'inspiration et la piété. Eu dépit de Papparente beancoup logique d’une telle division, reste d'incertitude dans l'explication des différentes scènes, sur tout dans celles des voûtes. N aussi sur les parois latérales et les piliers les énigmes insolubles ne font pas sens il précis des hermès, des dieux est Je barbus, des figures debout avec les bras étendus ? Dans les dernières on déjà fait M. Camont — défaut. Quel peut voir — comme l'a des « orantes », c'est-à-dire des âmes implorant un bon accueil dans le règne des morts, en se fondant pour ! Hymni Orphiei (édit. Abel). XLIV, 89. Cf. anssi Macchioro, Zagrens, p. 76-80. è Altmann, Röm. bolisme, p. Grabaltäre, p. 111, planch. ] et 11; Macchioro, 79-80. 3 Daremberg et Saglio, Dietionn. des Antiquités, cole). s. y. Sphina (6, Ni

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DE LA PORTA MAGGIORE cette explication sur les reliefs de le partie inférieure de l'abside, où une Victoire offre à l’une des orantes qui la flanquent une couronne. Cette scéne nous rappelle tout de suite les mosaiques absidales de l’époque chrétienne, où la main de Dieu offre aux martyrs leurs couronnes. Dans les cymbales et les flûtes — symboles des mystères* — qu’on rencontre sur les parois, on pourrait voir aussi une allusion à la passion de comme dempteur. Zagreus, célébré par les orphiques Ré- Firmicus Maternns ? raconte que les orphiques imitaient avec des cymbales et des flûtes les hochets à l’aide desquels Venfant Zagreus fut leurré traits dont on par les Titans. Il est possible que les porvoit les traces sur les piliers aient représenté — comme le suppose M. Cumont — les sages grecs; mais l’état très mauvais de conservation rend diflicile toute identification certaine. Eu outre il me semble qu'on peut élargir de beaucoup le choix. Jamblique * donne une liste de ce qu'on pourrait nommer les « papes > pythagoriciens et, A la fin de son livre, il énumère 218 hommes et 17 femmes qu'on pourrait définir comme saints ou héros de la foi. Un fragment de stue, conservé dans le musée de PAntiquarium à Rome, appartenant sans doute portrait en méà un daillon, prouve qu’Apollonius de Tyane Ini aussi était vénéré comme un saint? Les petites boites qu'on voit représentées dans plusieurs endroits sont sans doute des cistae mysticae contenant les arcana * Deux piliers sont ornés de reliefs. Sur l’un Demeter -— caractérisée comme déesse des mystères par la cista mystica, Vol sort 1 Cp. pi e. Proelus sur Platon, Aleib., 1. p. 479 (Cousin, 2e éd.): iv i i aTg pphsinss À avhes. 2 Firmicus Mat. de èerror. prof. relig., VI,5: Abel, Orphica, fr. 200. 3 Jambliche, de vit. pyth.,e. 38. 4 Cp. E. Meyer dans Hermes, 52 (1917), p. 386, ann. 1; C. 1. L., VI 5 Cp. Mau dans Pauly-Wissowa, Realencyel., III, col.

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BASILIQUE SOUTERRAINE serpent — donne & Triptoléme les épis de hlé ! , bienfait eélébré par les hymnes orphiques comme symbole de paix et de bienétre ?. Sur l'autre dune pilier Hercule Hespéride. Il faut se reçoit les pommes dor des rappeler que les Hespérides mains sont très fréquentes sur les vases funéraires de l'Italie méridionale * et que leurs pommes étaient parmi les instruments employés par les Titans pour séduire Zagreus *. Selon une forme peu connue du mythe d’Hereule *, celui-ci, après un long et difficile voyage dans la coupe du soleil, aurait tué le dragon épreuves les pommes d'or qui Ladon et regu après lui assuraient ces dures Vimmortalité. Il est très probable que les orphiqnes ont considéré les exploits du héros comme une espèce de passion comparable aux immortelle doit supporter sur la terre. Ils travaux que l'âme considéraient Mercule comme ayant existé depuis la eréation ®, c'est-à-dire qu'ils voyaient en lui veur un dieu descendu sur la terre et l’adoraient comme un Sauportant son aide à tous les malheureux L’abside. Dans toutes les églises, la coquille de l’abside est ornée le plus important, le plus dogmatique. bable qu'on terraine. doit chercher la la tous travail manu est done secret D'autres circonstances fortifient selon Le relief qui que clef du Il les remplit toute autres, la la coquille composition en a priori prode la basilique soumoi cette est heaucoup est du sujet plus opinion. plus grand compliquée et le plutôt médiocre. C'est surtout cette dernière constatation qui Abel, Orphica, fr. 217. ° Hymmi Orphici (64. Abel), XL. Albizzati, 1. c., p. 207, Abel, Orphica, fr. 196. Cp. Pauly-Wissowa, Realeneyel., VIII, col. Abel, Orphica, fr. 36 et 39. Hymni Orphici (64. Abel), XII 1246 (Sittig).

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DE LA PORTA MAGGIORE 181 me fait supposer qu'ici les prêtres n’ont pas permis aux ouvriers de s'inspirer de modèles antérieurs. Comme cette partie de la décoration est très mal conservée et que la reproduction photographique (pl. II, fig. 1) n’est pas suffisamment claire, j’emprunte la description à Particle de M. Cumont '. « Nous avons devant nous au premier plan une mer houleuse où se dressent des rochers. le rivage, descend ser une Sur les récifs qui, 4 droite, bordent femme entièrement voilée tenant à la main une lyre vers les flots; derrière elle, un Amour ailé semble la pousdoucement par les épaules; devant elle, enfoncée jusqu'à mi-corps, une figure tient à deux mains, une étoffe, qui, en nacelle, la où s'abaissant vers le figure voilée s'apprête dans l'eau pour la recevoir, milieu, dessine une sorte de à poser un pied. Sur les rochers de gauche, un autre personnage lui correspond: c’est un homme assis sur une pierre, la tête appuyée tristement sur la main ou se cachant le visage dans les mains; devant gues soulevées, se dresse un Triton tenant ses une rame et une isolé ou sur un conque marine. ilot, Apollon main gauche et étend la rocher sort de la sur un écueil est debout; il porte son are de la femme voilée. Un autre droite vers la et elle, mais il songerait à côté d’Apollon ». M. Fornari qui personnage fut le attributs habituels, fond, si Diane milieu des vaau mer entre lui un au Enfin, ble de déterminer à lui, premier à s'y n’est trouvait décrire Ja plus possireprésenté; on basilique pensait au premier moment? à la mort de Sappho, mais écartant ensuite 1 Cumont, Rev. Arch., p. 65. ? Voy. l'aliusion de M. KR. Paribeni dans le Bollettino d’Arte, 2° série, I (1921), III, p. 104, ann. 4. M. C. Densmore Curtis a développé la même hypothèse dans un article de l'American Journal of Archaeology (XXXIV, 1920, p. 146 et sniv.) en se fondant sur la conformité complète avec Ovide (HTeroid., XV, 161 suiv.). Tout en admettant cette concordance on doit supposer pourtant (avec Cumont, Rassegna d Arte, 2, p. 44) un sens symbolique pareit à celui de e. VI (cf. F. Weege, Etruskische Malerei, p. 34). VIII (1921), la Sappho d’Ausone,

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cette idée, il BASILIQUE SOUTERRAINE publia sa seconde explication acceptée et fortifiée par M. Cumont, et restée, selon mon opinion, la plus probable. Toute la composition l’äme comme dans un voilée) vers illustrerait le voyage (représentée ici, des tombeaux de la Voie Latine, par une femme les iles des riciens dans le soleil Bienheureux, localisées selon les Pythagola lune. forme et La semblant à la fois à la lune et à mont le bateau de de Ra qui lequel les âmes transporte leuse serait selon voyagent « nacelle », resune barque, rappelle à M. Cuthéorie des Manichéens qui croient dans de la les que la de la les Pythagorieiens morts égyptiens et Inne est un la vaisseau terre au soleil. La mer hou- «la matière dont ils opposaient l'agitation tumultueuse à l'harmonie constante des cieux ». La lyre servirait à caractériser le désir mystique, la nostalgie du et le personnage assis en face de l’âme voilée « le pécheur aceabl& de honte et de remords, ciel, auquel il est interdit d'atteindre le séjour des élns » |. Nous avons déjà montré qu'il n'y a pas besoin, dans l’interprétation de la basilique, de se limiter aux seules idées pythagoriciennes, et croyons donc pouvoir trouver ailleurs quelques arguments pour corroborer la théorie de MM. Fornari et Cumont. Les Néréides et les autres divinités marines se trouvent comme figures sépulerales des le cinquième siècle sur les vases de l'Italie méridionale ?. Les hymnes orphiques * les invoquent pour porter le salut aux initiés parce que les Néréides étaient les premières à montrer la vénérable + de Bacchus et de Perséphone ‘. Selon Ser vins * Virgile a voulu indiquer la lune comme séjour des bienheureux et Plutarque en parle amplement *. Le « bateau des morts » 1 Cumont, Rev, Arch., 1. e., p. 69. 2 Albizzati, |. c., p. 200. 3 Hymni Orphici (éd. Abel), XXIV. 4 Cp. Maass, Orpheus, p. 191. 5 Serv., Aen., VI, 887 et V, 735. 5 Plutarque, de facie in orbe lunae, e. 28 et suiv.

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trouve aussi, sonnage triste, LA à ce qu'il assis sur le PORTA MAGGIORE semble, sur un rocher, fait 183 vase italiote !. Le perpenser & Juvénal?, «at ille lam sedet in ripa tactrninque novicius horret Porthmea nec sperat caenosi gurgitis aluum ment ceux qui Infelix ». Selon les initiés e’est uniqueavaient méprisé les mystères qui étaient condamnés aux peines de l'enfer décrites par la tradition Un fragment orphique me semble supposait aussi un passage de populaire *. indiquer que cette doctrine l'âme à travers l'air *. La lyre joue un rôle important dans les mystères *, surtout à cause de son influence civilisatrice *. Je suppose que voit sur le rocher même d'où descend symboliquement le tombeau, situé la figure larbre qu'on voilée, très souvent dans représente un lucus 7. . Les stues des voûtes. La décoration des nefs latérales montre trés souvent les mémes sujets traités dans une manière différente. Cette uniformité me semble indiquer qu’à l'époque sens symbolique de la construction de de ces combinaisons était à tel la basilique point le fixé et prédominait tellement l’exéeution qu'on n'avait pas à craindre les eritiques sèvéres, mais plutot A espérer le jugement âmes pieuses, parfaitement disposées à voir bienveillant des à travers l'enveloppe parfois défectueuse l'éternelle beauté du texte illustré. Malheureusement c'est précisément ce pouvons-nous tenter de ' Albizzati, 2 Juv., texte’ qui sentir le nous fait symbolisme défaut. A peine des Victoires, des 1. c., p. 194-195. UL, 264 et suiv. 3 Platon, Phaedo, p. 69 C. Cp. S. Reinach, Rev. Arch., 1903, I, p. 154- 200; Harrison, Prolegomena, p. 614-623, 4 Abel, Orphica, fr. 156: "Op i av hin pia 5 Cp. Macchioro, Zagreus, p. 91-94. $ Martian., e. IX, 923. 7 Serv., Aen., III, 302; E. Rhode, Psyche, 4° éd., p. 230.

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BASILIQUE SOUTERRAINE Orantes, des figures transportées par des divinités marines; mais que faut-il penser des Menades qui cueillent des fruits, font des sacrifices en jouant de la flûte, se réunissent autour d'un arbre; que signifie cette réunion de prêtres autour d’Apollon ? Comment expliquer les scènes ithyphalliques, la procession du van sacré ', la punition de Marsyas? C'est ment écrite qui nous manque, « mystérienses > des choses qui simples. avec la tradition Une comparaison avec évidence jusqu'à quel le ce qui rend justeétaient révélées symbolisme même chrétien démontre point nous dépendons nos tentatives d'explication. Qui aurait cherché dans la figure humaine d'un monstre marin une le Nouveau Testament ne nous avait pas informés sortant de résurrection, du fond que la si la guenle des aux textes allusion à la symbolique de l’histoire de Jonas? Mais qui pensée du peintre des vases grecs qui a dans nous explireprésenté dans la même situation le chef des Argonautes, Jason ?? Comment pourrait-on interpréter la riche uniquement vingt-huit à sa iconographie chrétienne si Von avait disposition les écrits des auteurs paiens ou quatreprières en forme de litanies, comme nous les des orphiques? Qui possédons aurait deviné une signification mystique d’une telle profondeur dans la danse des Bacchantes avec la tête d'Orphée, (pl. IT, fig. 2) si lations le hasard sur sa mort ne nous avait pas expiatoire qui conservé les spéenmit fin an ressentiment de Zeus contre les hommes, provoqué par le meurtre perpétré par les Titans sur la personne de Zagreus ? La voûte de la nef centrale. Les marges du plafond central sont peuplées d'une grande quautité de « scènes de genre » qui semblent représenter la vie réelle. 1 Cp. J. E. Harrison in Journal p. 323 et suiv. et dans Prolegomena, of hellenic studies, XXIII (1903), y. 519, 527, 581-534; Rizzo, Dionysos Mystes, p. 80. ? Roscher, Mytholog. Lexicon, s. v. Jason, col. 85-86.

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DE LA PORTA MAGGIORE On y distingue (pl. ITI) des exercices de gymnastique et d'escrime, dirigés quelquefois par un pédagogue, des reneontres de personnıges solennellement habillés, des jonglenrs et des prestidigitateurs. On est tenté de croire à une {caractérisé par les formes imitation trop dans le goût hellénistique pleines) des « tranches de vie» qu'on admire sur les vases et les reliefs de Pépoqne grecque elassique. La seéne de jonglerie par exemple est sans doute une réplique de celle qu’on trouve sur un vase de bronze du Louvre !. Il y aurait pourtant un détail qui nous en ferait douter. Les acteurs d’un de ces reliefs sont des pygmées; on trefaits sur les peintures du phili où Pon a retrouve ces nains concolumbarium de la Villa supposé qu'ils symbolisent la vanité Doria-Pamdes occupations d'ici-bas ?, Autour du centre on voit quatre tableaux d'un caractère tout à fait différent. La fig. 1 de la pl. IV nous montre une âme représentée par une femme, le visage empreint d'une ferveur, très rare dans Part antique: Hermes, d'une résignation caractérisé, à ce qu'il semble, comme dieu de La mort par une tige de pavot, la conduit par la main. Hermès était vénéré par les Pythagoriciens comme Tania TOV VOVIONI 3. En face (fig. 2) se trouve Jason qui, aidé par Médée, s'empare de la Toison d'Or. Jl est certain que le héros de Tolcos a joué un role important daus Vhagiographie orphique. Nous dons même des « Argonantica » avee une introduction orphique. Il nous est pourtant preuve qu'on ait jamais une vie de martyr. impossible de posséparfaitement trouver la moindre considéré ses srovosvre: 2257.0. * comme La descente dans Vintérieur d’un monstre marin, dont nous avons parlé, et le passage de Pindare?, « Phrixus 1 De Ridder, Bronzes antiques, fig. 52, p. 104, cité par M. 2 Cp. E, Samter dans Rom. Mitth., VI Roscher, Mithol. Lexicon, s. v. Pygmaeen, col. 3313. 3 Diogèn. Laerce, VIII, 1, 31. - 4 Hésiode, Theogon., 994. 5 Pindare, Pyth., Fornari. (1893), p. 101 et suiv. et IV, 159 avec le scholiaste.

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nous prie vestent Jason d'aller au BASILIQUE SOUTERRAINE palais d’ARetes et inexplicables. ext monté une autre Notre sur une tableau table, de présente au-dessous table surmontée d’une petite probable qu'on doive transporter un de caisse. son détail laquelle Il me ame », curieux. se trouve semble très penser ici à un appareil magique tel que la table mentionnée dans un papyrus de Leyde. A ces reliefs font pendant deux autres. La signification de l'un est claire. Il représente la libération d’H&sione par Hercule. Plusieurs monuments trouvés le long du que Rhin montrent que impériale a tronvé dans ee vieux mythe une allusion heration de pieds de la Fâme par un Rédempteur. Sur une gemme on vierge enchainée un coffret qui rappelle l’épaà la livoit aux probablement la cista. mystica ?. En face du tableau d’Hösione on en voit un quatrième (pl. V, fig. 1) dont l'explication, autant que je sache, n'est pas encore trouvée. Sur un trône très simple, ou plutôt sur de pierre quadrangulaires profilés, un une bane formé de deux femme est assise blocs dans une attitude pensive, la tète appuyée sur la main droite, la gauche tenant une ressemble à la déesse Athéna armée d'un bouidole qui clier et tenant probablement Les vêtements ne une lance de Ia main droite élevée. couvrent que la partie inférieure du corps. homme entièrement nu, dont le manteau — bête? — a glissé sur est debout Les la cuisse boucliers au dessus de la gauche, figure est-ce une pean devant Un de elle. de l’homme et les guirlandes attachées avec des r/tlae me semblent indiquer que la scène se passe devant ou dans un sur un bloc de temple. Le pied gauche de l'homme est appuyé pierre grossièrement équarri, 1 Publié par Dieterich dans mentband, XVI, p. les Jahrb. f. d. qui ressemble de très klass. Altert, Supple- 799-830, v. 8. 26 et suiv. ? Cp. Drexler dans Roscher, Mythol. Lexikon, s. v. Hesion, col. 25982594,

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DE LA PORTA MAGGIORE près aux mhiv3o: se trouvant selon M. Macchioro! dans beaucoup de scènes relatives aux mystères. Les reliefs du centre (pl. III et pl. V, fig. 2) représentent tous les deux un rapt. Au milieu du plafond nous voyons Ganyméde porté au ciel par un génie ou un dieu, symbole connu de l’apothéose *. Ganymède porte dans la main droite une aiguière, dans Pautre un flambeau. Ces objets symbolisent sans donte respectivement l’enthonsiasme dionysiaque ? et la fervente ardeur de l'âme. Le second des tableaux centraux (pl. V, fig. 2) représente l'enlèvement d'une des Leucippides, scène que Yon rencontre également sur plusieurs sarcophages *. Il n'est pas probable qu'on ait pensé à autre chose qu’à l'ascension de l'âme, Papothéose — qui est-ce qui se ferait faire un sarcophage décoré d’une descente en enfer? — et pourtant il y a un contraste incontestable entre la conduite de Ganymède et celle de la Leucippide. Le visage du Dioseure rappelle l’idée de la beauté sombre qu'on se forme ordinairement de Lucifer. N'oublions pas que l’on voit dans les nefs latérales un châtiment de Marsyas et le travail impuissant des Danaides ?.- ! Macchioro, Zugreus, p. 28-42. ? L'idée de Papothéose si fréquente pendant l'époque impériale (ef. e. a. Altmann, Rómische Grabultäre, p. 276 et suiv. E. Arthur Strong dans le Journal of Roman Studies, I, p..24 et suiv, et dans Apotheosis and after life, passim) se trouve déjà dans le douzième livre des lettres de Cicéron à Atticus 3 L'aiguière se trouve sur de nombreux autels et plaques funéraires, où l’on ne peut pas supposer le sens astrologique, que M. Cumont croit trouver dans notre relief. 1 Mélanges de VEc. de Rome, 1885, pl. 12; Robert, Surkophagsreliefs, III, 2,57 et 58 (p. 180-184); S. Reinach, Reliefs, II, 197 (= HI, 288), III, 33, 256, 379. — Cf. maintenant G. Bendinelli, Di un frammento marmoreo, etc. dans Ausonia, X (1921). 5 M. Cumont (dans la Rassegna d’arte antica e moderna, VIII (1921), 2, p 38, ann. 6) explique les Danaides comme des Ames avides de volupté, insatiables de jouissances et cite Platon, Gorg., 493 A, Luerèce, III, 935 et suiv., 1003 et suiv., Rhode, Psyche, 1, p. 326 et suiv, Norden, ln Varronis saturas, p. 332 et suiv. Il me semble pourtant plus probable d'y voir les non-initiés (cf. J. E. Harrison, Prolegomena to Greek Religion, p. 613-623).

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BASILIQUE SOUTERRAINE Construction et style. Il sera prudent d'attendre le déblaiement complet de Védifice pour se décider sur les dates fournies par la construction. MM. Fornari ne et Gatti se ont constaté que, trouvent pas de fragments indiquerait la premiere fragment d'opus M. au-dessus de rait Gatti teurs de la basilique, parties visibles du béton, de marbre ou de briques; cela moitié du I°" siècle après Jesus Christ. Un reticulatum indiquer la même dans les d'excellente l'ouverture qui exécution illumine le entrevu pronaos, par pourpériode. M. Bendinelli, un des prochains édia cité une foule d’analogies pour les sujets et la manière d'exécution de la décoration en stue qui corroborent les indications plutôt vagues de la constrnetion et rappellent aussi la première moitié ou le milieu du I°" siècle de notre ère !. Je veux remarquer à ce propos que l’évidente inégalité de style des reliefs constatée tout de suite par M. Fornari ? et la tendance archaisante, dont on voit des exemples dans nos risent aussi les peintures murales de la maison conservées au Musée scènes des de caractéla Farnesine, des Thermes, dont les stues représentent des mystères. Eu outre il me semble que l'on peut de figures, retenir dans la décoration la voûte centrale une circonstance qui n’est pas sans importance. Exception faite des reliefs de Ganyméde et de l’enlövement de la Leucippide, on distingue très bien deux parois, divisées dans la manière habituelle des peintures murales de Pompei, par exemple celles de la maison des Vettii. Le socle est formé par une espèce de predella remplie de petites scènes oblongues. Les espaces vi- 1 Une savante conférence de cet archéologue fut faite pour la première fois devant «l’Accademia Pontificia » le 21 avril 1921 et répétée ensuite à PAssociazione Romana di Archeologia. 2 Cp. R. Paribeni, Catalogo del Museo delle n° 710 et 720. Terme, 3° édit, (1920),

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DE LA PORTA MAGGIORE des, surmontant ce socle, présentent des 189 scènes encadrées comme de vrais tableaux (Hermès et l'âme, Jason et Médée) ou bien représentées comme vues par une fenétre (Hésione et Hercule). Cette division est parfaitement indiquée pour une paroi de Livie sur trouve par exemple dans la maison -- le on la re- Palatin — mais pas du tout pour une voûte. Sans en avoir eu l'intention, on a démontré cette impropriété en exposant au Musée des Thermes les stnes de la Farnésine, qui formaient une voûte sur des parois concaves mais non plafonnantes, le long des murs verticaux, non seulement sans en changer la perspective, mais même en améliorant leur effet. J'en conclus que le cycle des représentations mystiques de la Farnésine et de notre basilique a été inventé et représenté pour la première fois dans un pays où l’on n'avait pas l'habitude de eonstruire des voûtes, par exemple dans la Grèce et l’Italie méridionale. Les candélabres stylists et les palmettes qui remplissent avec des masques! les vides entre les tableaux de Ja voûte centrale sont également bien plus appropriés á un mur vertical qu'à une voûte. M. Fornari a voulu déterminer aussi l'identité du constructeur de notre édifice et il Pa fait d'une manière, selon moi, très ingénieuse et vraisemblable. 1 a fait remarquer* qu'à une distance d’environ deux cents mètres de la basilique ont été trouvées de nombreuses inscriptions d’eselaves et d’affranchis appartenants A la familia des Statilii ?. Une de ces épitaphes porte le cognomen très rare de Mystes 4. En outre on a découvert dans le même cimetière 1 De tels masques barbus sont très fréquents sur les monuments funéraires, M. Macchioro (Zagreus, p. 119-120) les veut expliquer comme le visage du dieu, symbole de sa présence parmi les fidèles. Le dicu supréme des orphiques était, comme tous les dieux des mystères, Un et sans forme définie (Proclus, Hnnead., I, 6, 9 par Harrison, Prolecité gomena, p. 624). 2 Notizie degli Scari, 1. e. p. 50-52. 8 ©. I. L., VI, 6213-6640, cp. Jordan-Hülsen, Topographie Roms, 3, p. 363, ann. 52, Richter, Topographie Roms, p. 352. 4 COLL. VI, 6632.

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belle tères BASILIQUE SOUTERRAINE . urne de marbre avec des scènes qui se référent aux mysd’Eleusis !. Ces indications sont combinées par M. Fornari avec le procés contre le proconsul T. Statilius Taurus, magicae superstitiones? par les complices d’Agrippine. La conjecture de M. Fornari accusé de me semble trés vraisemblable et je crois pouvoir la fortifier encore en mettant le fait isolé dans le cadre complet de la Intte de religions qu’on peut entrevoir dans le premier siécle de notre ére. - L’emperenr Caligula semble avoir eu des tendances égyptiennes prononcées *, Son suecessenr Claude au contraire fut un admirateur sincère de tout ce qui était gree * et essaya entre autre d'introduire les mystères d’Eleusis à Rome *. Il est donc très probable qu'il ait autorisé T. Statilius Taurus à construire une.ba silique orphique. Mais Claude était dominé par Vautorité de sa femme Agrippine. Nous ne savons pas quelles ont été les sympathies celle-ci, mais il est très remarquable de religieuses de constater que les cultes féminins de Cybéle et d’Isis jouissaient de la faveur de Néron, le fils d’Agrippine ©. Il aura été très facile à celle-ci de trouver des arguments d’accusation contre les Orphiques et leur protecteur Statilins. et le Déjà Cicéron reproche aux Orphiques le meurtre rituel * fameux senatus consultum de Bacchanalibus défendait les 1 Cp. e. a. Helbig-Amelung, Führer durch die Museen Roms, 3° éd. II, n° 1325, p. 114 et suiv.: G. E. Rizzo, Il sarcofago di Torre nova dans Rom, Mitt., 1910, p. 106, 131 et suiv., plauche VII (la première réproduction satisfaisante); Paribeni, Cutalogo, n° 440. 2 Tacite, Aun., XII, 59. 3H, R. Leopold, Ontwikkeling can het Heidendom in Rome (Evolution du paganisme à Rome), Rotterdam, 1918, p. 110. 1 Voy, le témoignage non suspect de Sénéque dans l’Apokolokynthosis, 5 Suétone, Claude, c. 25: Sacra Eleusinia etiam transferre ex Attica Romam conatus est. 6 Up. F. Cumont, Les religions orientales dans V Empire Romain (p. 66 et suiv. de la traduction allemande de Gehrich, 2° édit., Leipzig, 1914) et G. Lafaye, Divinites d'Alexandrie, Paris, 1884, p. 59, 7 Cicéron, in Vat., VI, 14.

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DE LA PORTA MAGGIORE réunions nombreuses, telles qu’elles auraient dimensions basilique. suicide de de notre Le sidérait naturellement la mort comme pu être d'après Statilius, un bienfait parce qui les conqu'elle libérait son âme immortelle, et l’indignation des sénatenrs qui connaissaient certainement le caractère très élevé de mystères, s'expliquent avec facilité. la doctrine des En outre le merveilleux état de conservation de tous les stues, l'absence complète de graffiti et de traces de fumée me paraissent prouver que l'édifice souterrain wa été fréquenté que pendant un temps très court. Mais les arguments d'une défaveur des mystères grecs dans l'empire romain à partir du milieu du premier siècle après Jésus Christ me sembleraient faibles, dans une autre partie du si je ne rencontrais leura traces. monde antique, en Asie Mineure, Là le eulte impérial est lié très étroitement à celui des mystères justement dans la première moitié du premier siècle. Des monnaies attribuent à Livie, épouse d’Auguste, et à Agrippine majeure l'épithète de Kxpropsp0;!. Des inscriptions appellent celle-ci Sex Xsbasrà Alodl, Kopropópo;?. Elle fut vénérée à Mityléne, où naquit en 18 sa fille Julia, de 20 à 31 après Jésus-Christ, avec son mari Germanicus, qui porte le nom vraiment orphique de véos c'est-à-dire Zagreus‘. Les membres de la famille impériale cu général sont étroitement liés aux cultes des mystères ?. Les archéolognes allemands ont retrouvé dans le sanctuaire de Déméter à Pergame — hati entre 269 et 263 avant J, C. et fréquenté jusque dans la seconde moitié du deuxième siècle après J. C. — des statues de membres de la famille impériale et des dédicaces A ces membres mêmes. Mais il y a un rapprochement très curieux et, selon 1 TI. Hepding dans Athen. Mitth, (1910), p. 443. ? Hepding, ded. 3 Tacite, Ann., IT, 54. 4 Tiimpel dans Pauly-Wissowa, Realenc., I, 1086, cp. Abel, Orphica, 5 [lepding, ibid.

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a BASILIQUE SOUTERRAINE tres important à faire pour l'historien de notre basilique. On trouvé dans le sanctuaire de Pergame des statues d’Auguste, d’Agrippine majeure et d'un membre de la famille Claudius, probablement Tibere !, puis on saute au règne d'Hadrien. Si l’on combine l'existence de cette lacune avec le fait que le promaos du temple de Pergame a été restauré par un certain C. Claudius Silanus dans la seconde moitié du deuxième siècle ?, il nous semble possible de conelure que le sanctuaire dans lequel on trouve les traces évidentes de tendances orphiques * wa pas joui des faveurs de la famille impériale et par conséquent des munificences de protectenrs riches durant une période qui s'étend d'environ Uan 50 après J. C. jusqu'au règne d'Hadrien. Il semble que la doctrine orphiqne, favorisée par les premiers empereurs, célébrée par Virgile de avee naturellement la sympathie @Auguste — sur le point devenir religion officielle avec Claude, a été étouffée par les empereurs suivants qui montrent tous des tendances « égyptisantes » *. Peut-être la basilique souterraine construite avec la permission de Claude, mais fermée aussitôt après à cause de l'opposition @ Agrippine, nous indique-t-elle le moment précis du revirement des opinions H. M. R. Leoroup. ' Hepding, l. c., p. 500-501, ? Hepding, I. c., p. 442, 3 0, Kern, Das Demeterheiligtum ron Pergamon und die Orphischen Hymnen dans V Hermes, 46 (1911), p. 431-436. 4G, Lafaye, Dir R. Leopold, Ontwilkeling s d Alexandrie, Paris, 1884, p. 56 et suiv.; H. M. ran het paganisme à Rome), Rotterdam, Heidendom in Rome (Evolution du 1918, p, 111-112. 5 Madame E. Arthur Strong, quia suivi et assisté mes études avec un empressement qui est au-dessus de ma reconnaissance, a bien vouln attirer mon attention sur une étude du savant professeur Ch. Hülsen (Die Ausgrabungen in Rom im 20. Jahrhundert, 11, 3 (29, 1, 21;, p. 48-52). L’illustre archéologue volt dans la basilique une salle à manger souterraine et explique toute la décoration comme Gesang und une « Verherrlichung von Wein», Tout ce qui précède montre que je ne puis partager Yopinion de Péminent spécialiste de la topographie romaine.