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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)Mo UT Fe t ULE Lose ,
Aristarchus Samius, — Moursorour
os
E.,
Sur
l'origi
ne
philos
ophique possible
modèle de l'univers aristarchéen : Diotim
a XII 1984 175-177. | La théorie héliocedu
trique d’Aristarque
na
pu
naître
d’une
vision
du
monde adaptée à une concep
4 scientifique ; tel est le cas du systèm
e platonicien. En effet, le modèle astron tion
omique
d'Aristarque n’est que la transposit
ion
par
analo
gie
du
modè
le
épist
émolo
gique de
Platon
[288
SUR
L'OR
IGIN
E
PHIL
OSOP
HIQE
POSSIBLE
DU MODELE DE L'UNIVERS ARIS
TARCHEEN
La «révolution copernicienne»
a
eu,
on
le
sait,
son
précé
dent antique,
«révolution
arist
arche
ennen
.
L'hist
oire des sciences, tout comme l'hist
oire des idé
sanctionne des faits accomplis sans
se soucier de détecter les phase
s intermédiaires q
peuvent jalonner l'itinéraire de la pensé
e depuis l'exposition d'une théorie donn
jusqu’ à celle d'une autre, et sans tenir
compte des apports qui, de l'extérieur,
féco
dent les considérations relatives à un probl
ème.
Dans le domaine de l'épistémologie,
et à l'intérieur de
sa
critiq
ue
de
la
chim
classique, Bachelard reprochait nagu
ère
à celle-ci sa conception statique des réacti
o
chimiques, notamment son intérèt exclu
sif pour un état
initial
et
un
état
final,
comn
sa négligence de tous les états inter
médiaires dont la succession constituerai
t
devenir même d'une réaction.
Cet essentialisme, d'inspirat
ion
manif
estem
ent
aristo
télici
enne
et scolastique,
également prévalu pendant longtemps
dans le domaine de histoire de la phito
sophi
On s'est traditionnellem
ent
attar
dé
sur
les
seuls
systè
mes
philosophiques, sous tet
forme accomplie, plutôt que sur les condi
tions
même
s
de
leur
forma
tion.
A
vrai
dir.
une attitude discontinuiste vis-a-vis
de tous les aspects de l'histoire l'a empor
té, à c
égard, sur une attitude continuiste, 1]
a fallu
insist
er
sur
la
possib
ilité
de
renve
rsemer
de cet état de choses en alléguant la mobil
ité des idées ainsi
que
leur
carac
tère
haute
ment fécondant. Plus que d'une Conce
ption dialectique, on serait en mesur
e de parle
en l'occurrence d'une conception «fugi
quen,
D'autre part, on n'a pas
manq
ué
de
souli
gner
l'imp
ortan
ce de l'influence exercé
sur le progrès de l'histoire des doctr
ines Philo
sophi
ques
par
les
divers
es
théori
e
Scientifiques, voire par les diverses techn
iques, Il va de soi que cette image peut
êtr
également renversée: en effet, des conce
ption
s
philo
sophi
ques
sont
souv
entà Forigin
de théories scientifiques. Science et philo
sophie s‘enchevétrent ainsi dans le compl
ex.
que constituent les éléments et les stuct
ures
de
l’hist
oire
des
idées.
Dans l'antiquité, l'univers aristarché
en suppose l'élaboration préalable
d'un:
théorie quasi révolutionnaire.
On
serait
trop
tenté
d'att
ribue
à
r
cette
théorie la même
originalité que l'on attribue d'habitude
, et mutan
dis
mutat
is,
à
la
philo
sophi
e
critiq
ue
de Kant. On oublie cependant qu'il
a existé une philosophie kanti
enne
précri
tique
comme on oublie qu'il a existé une
astronomie
arist
arché
enne
confo
rme
au
modèle
classique de l'univers, dont le Système
ptoléméen deviendra la fixation la plus
durable.
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)Le problème se pose, dès lors, de déterminer le trait spécifique qui a pu occasionner le changement intervenu dans la pensée d'Aristarque, et qui a pu faire basculer le
fondement même du système auquel cet esprit était jusque la attaché, en lui permetreprises, bien que sur un plan différent. Par contre, la date de rédaction de l’Arenaire
tant d'édifier la théorie qui la rendu célèbre. En d'autres termes, le problème se pose
de définir le trait occasionnel qui l'aurait réveillé de son sommeil géocentriste,
C'est Piolémée, son adversaire triomphant, qui mentionne des fragments d'un
des travaux les plus anciens d'Aristarque, où celui-ci faisait état des problèmes
engendrés par la mesure des distances de Ja terre et de Ja lune au soleil: travail de
jeunesse où des théories déjà énancées par Eudoxe de Cnide étaient éventuellement
à l'existe:
confiance total en la réalité sensible, sans laisser de marge d'espoir quant
d'une réalité intelligible. Ce n'est que cinq siècles plus tard que le néoplatonis
rassurera les consciences sur ce point. Pour l'instant, l'anthropocentrisme profe
réductibi
par la nouvelle Académie rappelle trop l'anthropocentrisme protagoréen,
ressı
un relativisme sophistique exagéré: et le géocentrisme astronomique ne s'en
que trop.
Ce n'est que vers Platon, le Platon d'avant la crise du Parmenide, celui «
a
dialogues de maturité, de la théorie des idées, qu’Aristarque aurait pu se tourner
dont
d'y trouver un système de coordonnées garantissant l'existence d'un monde
L’attitu
stabilité d'ensemble serait supposée en raison de celle de son propre centre.
dans
du Platon de cette période vis-a-vis de l'astronomie, telle qu'elle est explicitée
de
République, par exemple, comme plus tard dans le Timee et dans I’ Epinomis
host
l'authenticité n'est plus guère mise en doute de nos jours, attitude renforcée par
177
E. MoursoPouLos
nance platonicienne est vraisemblable. Ainsi, à un moment donné, la philosoph
proprement dite aurait servi à inspirer un modéle purement scientifique.
laisser supposer l'existence d'un monde sensible en mutation perpétuelle, et qui n'a
raison d'être que parce qu'il procède d'un monde intelligible fixe et immuable. Dans
q
mythe de fa caverne, sur lequel s'ouvre le livre VII de‘la République, tout n'est
changement, sauf la vérité, matérialisée par le soleil.
En tant que modèle astronomique de l'univers, Phéliocentrisme aristarchéen a |
naitre d'une vision épistémologique du monde, elle-même adaptée à une conceptic
purement scientifique de ce dernier. Si l'aristotélisme et le stoïcisme ‚ne sauraie
permettre une telle considération, le platonisme, lui, la tolererait, et l'astronom
e n'e
platonicienne serait loin de la décourager. Le modèle astronomique d'Aristarqu
n'éta
que la transposition, par analogie, du modèle épistémologique platonicien. Il
vérit
nullement difficile à Aristarque d'y avoir recours. Le reste n'était qu'affaire de
Aristarqt
cation. Les mesures effectuées ct les démonstrations entreprises par
auraient vite fait d'assurer une base scientifique plausible à la théorie dont la prov:
rapports de Platon avec le pythagoricien Archytas de Tarente, n'est nullement
d’Archimede constituerait le terminus ante quem, tardif, il est vrai, par rapport
auquel la nouvelle théorie d'Aristarque aurait vu le jour, puisqu'il est le premier texte
à contenir des allusions précises à celle-ci.
à l'établissement d’une théorie heliocentriste.
Sur le plan carrément philosophique, l'univers platonicien est agencé de façor
L
!
On sait qu'en 264 avant notre ère le stoïcien Cléanthes prenait à partie Aristarque
à qui il reprochait sa nouvelle attitude. On sait de même que les racines cosmologiques du stoïcisme sont à rechercher dans des considérations orientales. Cléanthes est
encore assez proche de Zénon. Un modèle héliocentriste de l'univers ne serait pas en
principe incompatible avec le fond de la doctrine stoicienne. Or l'attitude de Cléanthes vis-âevis d'Aristarque montre que le stoïcisme s'était déjà bel et bien adapté à la
tradition géocentriste grecque telle qu'elle avait été élaborée et telle qu'elle avait
prévalu depuis plus de deux siècles.
Certes, une tradition héliocentriste s'était timidement établie depuis Anaximandre. Des Pythagoriciens, tel Philolaos, s'y étaient partiellement ralliés. Platon
lui-même semble hésiter entre les deux conceptions, et se prononcer, vers la fin de sa
vie, plutôt en faveur de la conception heliocentriste. Où faut-il, dans ces conditions,
chercher la raison principale de la modification, à un moment donné, de la vision du
Pour répondre a la question: « où Aristarque aurait-il pu trouver un modèle
monde aristarchéenne initiale?
Il ne fait pas de doute que Cléanthes avait bien des raisons supplémentaires pour
s'attaquer à Aristarque: éléve d'Eudoxe, notamment, comme Straton, Aristarque
avait certainement admis la théorie du Cnidien portant sur le primat du plaisir, et l'on
connait l'attitude franchement négative, voire hostile, des Stoiciens vis-a-vis de la
théorie en question. Mais le problème ne se pose pas en l'occurrence au niveau de la
pensée morale. Il s'agit tout simplement de dresser un tableau général de la situation
qui régnait dans le monde gree vers la fin du premier tiers du troisième siécle avant
notre ère.
capable de lui inspirer la théorie qui lui aurait valu la critique de tous ses contemporains,à la seule exception de Séleucos qui l'aurait reprise à son comptc?», on est forcé
de procéder par hypothèse. La science grecque, au début de l'ère hellénistique, est déjà
empreinte d'aristotélisme, de cet aristotélisme qu' exprime, par exemple, le Traité du
ciel. Face à la conception de stabilité des choses que l'aristotélisme péripatétique
propose un demi-siècle environ après la mort d’Aristote, parallèlement au stoicisme,
la nouvelle Académie professe un scepticisme radical qui suppose un manque de