Le pretendu traite de musique du Codex Parisinus Latinus 7221

Auteur
Bragard, R.
Publié dans
Musee Belge
Année
1927
Sujet
CODEX
Langue
Français
Catégorie
C2 Music
Numéro d'archive
6437

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Afficher le texte intégral5 pages

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SAR ER Le prétendu Traité de Musique du Codex Parisinus Latinus 7221 Dans de nombreuses bibliothèques, il existe des manuscrits dont le contenu est attribué à un anonyme, mais pourrait être facilement identifié après quelques recherches. C'est ainsi qu'étudiant les différents manuscrits du « De Institutione Musica » de Boëcc qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale à Paris, je fus amené à consulter le cod. lat. 7221. Cette référence m'était donnée par Friedlein qui, dans son édition critique de Boëce, cite ce codex parmi ceux qu'il a collationnés (‘). Or, le Catalogue de la Bibliothèque Nationale (*) donne sur ce manuscrit les indications suivantes : Codex partim chartaceus, partim membranaceus, primum Jacobi Augusti Thuani, postea Colbertinus. [bi continentur : 1) Eutocii Ascalonitae commentarius in secundum librum Archimedis de sphaera et cylindro : desideratur initium. 2) Ejusdem commentarius in mensurationem cireuli Archimedis. 3) Ejusdem commentarius in theoremata aequiponderabilium Archimedis. 4) Archimedis de sphaera et cylindro libri duo. 5) Dimensio circuli: eodem authore. 6) Ejusdem liber de conoïdibus et sphaeroïdibus : finis desideratur. 7) Anounymi tractatus de musica, libris duobus. Hujusce codicis pars chartacea saeculo decimo quinto, membranacea decimo videtur exarata. () Boetii de {nstitutione Arithnetica, de ['ustitutione Musica, ed. FRIEDLEIN {Teubner, 1867), p.176. Je note, en passant, que la mention cod, lal. 221 n'est pas exacte. Vérification faite, je puis affirmer que toutes les leçons données par Friedlein, dans son apparat critique, comme appartenant au cod. lat. 7221 se trouvent en réalité, dans le cod. lat. 7201. (2) Catalogus codicuin manuscriptorum bibliothecae regiae, Parisiis, e typographia regia, 1744,

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Lors d’ RESvisi VISION du Catalogue, un bibl iothécaire, dont l'écriture Anonyns “. n fin du dixhuitième Siècle, a biffé au n° 7 Je mot Hucioi D e et l'a remplacé, , en m: 8€, par la men tion : auciore , ar 3 Ds n ACeLemarmat i est composé; de deu x parties bien distinctes Scie M nie par tie (sur papier avec écriture du quinzième ni ere Jusqu'au folio 81 inclus et Comprend les œuv res ui pr ao le Catalogue Sous les six premiers numéros. B) Les Rules ‘ ” 86 (disposés Comme suit : un quaternion puis deux ! IndépendantsS reliés e ntre enfin ur Cahione er deQ fe quat re feuillets) E le s) for forment la à deuxiè ee me pa Partiere CT du manu scriU t: carafe &° pararemin et le texte est écrit en bell e minuscule Traité ae Le me ns Cette partie qui contient le soi-disant isique d'un Anonyme ou u d'H d' ucbald (le $ du Catalogue) fera seule l'ob jet de cet article. (eruméro 7 Voici ce que nous trouvo ns au fol. 82 recto : “.. facies XV crgo some quoque armoni ad sense ILE 0< NH . ee eTior Medio termino, duplus. In his sticamaque Medietaten Perspeximus. Hic lCa Medietas invenitur si XI] ad VIII et rursus VIII Superat, id et parte à que enim parte senarii octonarius senarium Superatur. Quattuor NS NS “uodenari Parte octonarius duodenarii tertia pars NS octonarius a duodenarig vincitur, easque per octonarium medium munies ei ogneer XI extremitaies se. . PHiCes, CXLIIIT sunt, ee Quod si numero OX LE nee “! Scilicet et XII, facient LXXIt que ES 5 ramque VI evene V ET sesquiterti 7 4 omparati ban de groionem reddunt et simul diatessaron consoman. tionem sesqualteram seu di VIT ad XI omparati reddunt proporvero ad senarium considerati k © perte cfficiunt symphoniam : XIT symphontan, ani , Uphicem quidem Proportionem, sed diapason derati epogdoum ; ur . “ero Et VITIT ipsi contra se medii consi8 'jungunt quiin musi xdulamine + quäe Omnium musicorum LPUSICO Modulamine tons ro:antur. est Sonus iste parvissim SODIUM Mensura communs est, Omnium diapente consonantiar tiam et seau NS. Unde ñotunt est quod inter diasseron et tonus differentia est, sicut inter sesquiter- Hujus descriptionis Poportionent sola est hepogdons differentia. PUonis subter exemplar adjecimus. » LE PRÉTENDU TRAITÉ DE MUSIQUE DU CODEX PARISINUS 127 Le fol. 82 verso n’a pas été utilisé. Il devait probablement contenir le tableau des proportions annoncé plus haut. Le texte du fol. 83 recto est (1) : Ex secundo paritatis ordine, parte altera longiores fiunt ut bis unum [1 bis tres sex, ter quatuor XII: laterculi autem fiunt quotiens aequalibus spaciis in fongitudine in latitudine porrectis minor his additur altitudo ut tres ter bis, quatuor quater bis : Asseres vero aequalibus aequaliter in majus ut quatuor, quater novies si vel cuneoli ex inaequalibus in aequaliter ducti per inaequalia creverunt. Ipsorum vero cyborum quanticumque fuerint ita ducti, ul quo numero latus coeperit, in eodem altitudinis extremitas terminetur, numerus ile cyclicus vel sphericus apellatur, ut sunt V et VI. * EXPLICIT INSTITVTIONIS ARITHMETICE LIB SECVNDVS DEO GRATIAS AMEN. Peut-on identifier les différents textes que je viens de citer ? Remarquons, tout d'abord, qu'ils ne constituent pas, comme le disent le rédacteur du catalogue et, après lui, un bibliothécaire, un Traité de Musique. En effet, l’explicit est très clair ; il annonce la fin d’un Traité d'Arithmétique. Si le lecteur veut bien s’en référer au De Institutione Arithmetica de Boèce, IT 54, il verra que le texte du fol. 82 recto est exactement la fin de ce chapitre, qui est le dernier du De Institutione Arithmetica (?), avec quelques variantes insignifiantes que j'ai soulignées dans ma copie. Le fol. 82 verso, resté vide, devait probablement contenir, ai-je dit, un tableau des proportions. En effet, nous retrouvons un tableau de ce genre à la suite du chapitre 54 (*) ; il forme la fin du De Institutione Arithmetica ; c'est donc en bas du fol. 82 verso que le scribe aurait dû écrire : « Explicit institutionts arithmetice liber secuñndus, Deo gratias, amen ». Qu'est-ce donc que le texte qui, au fol. 83 recto, précède l’explicit ? Ce n'est que le résumé de quelques passages des chapitres () Toutes les phrases que j’ai séparées par des alinéas ne forment, en réalité, qu’un tout continu dans ke manuscrit ; je les ai disjointes afin de les identifier plus facilement. (*) Ed. FRIEDLEIN, Teubner, p. 171, 1. 9, à p. 172, L 7. @) Ib., pp. 172 et 173.

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LE PRÉTENDU TRAITÉ DE MUSIQUE DU CODEX PARISINUS US 238, » 29, ED, 30 du second livr vre du Trraité ité d’Ar "Ariithm étiq éti ue. Les voici ici dans At vero ex secundo paritalis ordine ident cuncti parte aïltera longiores fiunt… (©. | Q YU OS$ aufer 1} super P jusS later le culos dixXImuUs, quae $ S unit e t IpsSa ae qui üeim ler 19C modo fiu t ; qe otien s ae quali nt t LS sn pat S If F on £ LUC] d nen latitudinemqr € porre clis Dunor his additur altitudo, ut sunt hu us mouli . t LS) ter b :$, q qui sunt X V Il ve Ï q uatt uot q ater bD1S ( “) f gurae, Asseress vero ver et ipsae quid qui em figur Î ae sunt sotidae sed hoc modo, ut NA ex | aequa TlibusIDUS aequa #eqe liter ducé ducant ur | in majus . Nam Si jus. si aequ à ë a e it fueri out ° et ui et major sit altitudo, illac figurae a nobis asseres JTaec an e IS docit lac es nominantur. - Ut UUSIsi quis dui hoc modo0 faciatfaciat: LILI I quat ( quater ne ; ati inde Procreantur, asseres nominati sunt Sphe nisci vero S | Cune olos SuperiusÊ appellavi 16010 AVIAUS, , hii sunt, $ ; qui ex inaeq ) ualib inc Î us nésduatiter ducti per inacqualia creverunt... (5) pr es | psorum vero cyhorum quan ticumque fuerint ita ducti ut a quo numero Cylicae quantitatis Jatus | coeperit M eundem altitudinis extremitas terminetur, QUMeE ruEs ile cyclicus vel Sphericus appellatur (1. La compar.son des deux textes mon tre clairement que le scribe n'a fait, com e je le disais, que résumer tant bien que mal le texte de Boëce. Vraisemblablement, il en va de même pour le texte suivant qui se trouve au fol. 83 verso et dont je n at pu Jusqu'ici découvri r l’origine. Je le transcris fidèlement sans Corriger les fautes : e 15 tarum arti ri um aliae Îé sunt actuosae que sunt in corporis mot aut Sono OQ$; vocis: cessavit avit mot mo us aut Sous, nilil superfui t nec remansit EX pectan tif l € JusS vel audi enti t fil 15S ; alia alic reth oriC ri que ae que vigp re ieF4 DYem mentilé$ Ne aliae hujus mod i ut cessante quoque oper atio nis offitio ps " us 2ppareatt. Mora lis dicitur per quem mos vive ndi hone sN l é appetilur et institut a ad virtutem tendant: a prep aran tur. usica est peritia modutatio num quae sonis juxta s t canti constat. Haec ex animo et Corpore Mmotum facit | mot motu u so sonns um. Ex quo colligitur musica qu ae in homine vox€ appe annellatur. Myste- () Ib, TT 28, p. 119, |. 19 et 20 Œ) Ib. IL 29, p. 120, L'12 à L 16 (7) Ib, p. 120, 1. 20, à p. 125, 1 s () 1b. II 30, p. 121, L 8 à À 11 129 rium vel mysticum secretum grecae, en quod secretam habeat intellegentiam. Musae sunt VIII, Clion, Euterpe, Talia, Tersicore, Melpomene, Erato, Olimna, Aranea, Calliope. Omnis igitur scriptura veteris testament quadrifariae traditur. Secundum historiam cum docetur cum gestum sit quid non gestum. Secundum ethimologiam cum ostenditur quidquam de causa factum vel dictum sit. Secundum analogiam cum demonstratur non sibi adversari duo testamenta. Secundum allegoricam cum docetur non ad litteram accipiendum esse sed figurate ». Ce résumé offre des lacunes ; essayons de les combler autant qu’il se peut. Le raisonnement du scribe est facile à suivre. Voulant classer la musique parmi les différents arts libéraux, il essaye de donner certaines caractéristiques de ceux-ci. Après lavoir qualifiée d’« ars actuosa », il attribue à la musique l'épithète de « moralis ». On m'objectera peut-être que la phrase « Moralis dicitur.… preparantur » ne semble pas avoir de rapport bien net avec ce qui Je ne le pense pas ;car, précède et qu'elle est étrangère au contexte. que non seulement verra on lui-même, si l'on s'en rapporte à Boëèce moralité, mais de de caractère ce musique la à alors on attribuait plus qu'on la considérait comme étant, parmi les quatre disciplines mathématiques, la seule à le posséder (1). Le scribe, j'en conviens, a oublié ici la chose essentielle, c’est de nous dire que la musique est morale, Cette négligence apparaitra encore dans les phrases suivantes : « Musica est... … Calliope » qui ne paraissent pas avoir entre elles un lien bien défini. Cependant le hasard de mes lectures m'a mis sous les yeux un texte qui le fera apparaître. Il s’agit de la partie des Etymologiae où Isidore de Séville traite de la musique. Pour définir celle-ci, il nous dit : « Musica est perilia modulationis sono cantuque consistens. Et dicta Musica per derivationem a Musis. (?) ». Il distingue ensuite dans la musique trois divisions : « Prima est harmonica, quae ex vocum cantibus constat. Secunda organica, quae ex flatu consistit. Tertia rythmica quae pulsu digitorum @) «… Fit ut, cum sint quattuor matheseos disciplinac, ceterae quidem in investigatione veritatis laborent, musica vero non modo speculationi verum De Justitutione Musica, ed. FRIEDLEIN, etiam moralitati conjuncta sit ». Boèce (:} ISIDORE, Etymologiae, ed. Lindsay, LIL 15,1.

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LE PRÉTENDU TRAITÉ DE MUSIQUE DU CODEX PARISINUS AUMErOS recipit (1)». Enfin, dans un chapi tre consacré à la première Fees EvISiOns il ajoute : « Haec ex anim o et corpore motum facil plme F qu ex quo colligitur music a, quae in homine vox eu la bonne fortune de le découvrir dans un autre manuscrit de la Bibliothèque Nationale. Il s’agit du cod. lat. 7182, que le catalogue royal décrit dans les termes suivants : ex L . ONE . ; « Codex membranaceus, olim Colbertinus. Tbi continentur Anicii Manlii Boethii de arithmetica libri duo ad Symmachum: finis desideratur. Is codex decimo saeculo videtur exaratus ». On peut supposer, grâce à ces passages parallèles que le scribe aprés avoir copié une définition de la musique, a négligé de nous donner les trois divisions de celle-ci et qu'il a transcrit immédia. tement ce qui se rapportait à la premi ère de ces divisions. De plu: l’auteur qu'il copiait, voulant probable ment donner l'ét oo Le du mot musica, l'a fait dériver de mysti cum, ou comme Isidore. de Musa. N'était-ce pas là l'occasion offerte à notre scribe d'étaler ses Connaissances linguistiques et myth ologiques en nous expli quant le mot mySticum et en nous donn ant le nom des neuf Muses 3 Je crois avoir suflisamment indiqué le rapport qui existe entre ces textes différents. Quant au texte qui traite des quatre interpré tations de l'Ancien Testament. j'avoue ne pas saisir le lie Qui le rattache à ce qui précède. Fe À partir du milieu du fol. 83 verso jusqu'au fol. 96 recto, | scribe donne les formules numériques qui devraient se trouver dans N texte même des deux livres de lPAri thmétique : il les fait précéder ou peune assez obscur du chapitre auquel elles se rapportent Outefois indiquer le titre du chapitreJe . ne transcrirai pas ici ee _ formules : elles n'offrent aucun intérêt particulier jme 9inérai à citer, comme exemp le, la première que je rencon« Paris autent numeri species sunt tres. Ce manuscrit, qui ne contient que le Traité d'Arithmétique de Boèce comprend neuf quaternions (dont le troisième et le sixième ne sont pas numérotés) ; le neuvième (fol. 72 verso) se termine par ce début de phrase : « Si enim junxeris sexarium et XII (1) dont la suite facies XVIII, qui est novenario se trouve précisément au fol. 82 recto du cod. lat. 7221, c'est-à-dire du manuscrit qui fait l’objet de cette étude. Les deux codices 7182 et 7221 B sont de la même main, ont le même format et se complètent de telle façon que si on les réunit, le texte du Traité se poursuit d'une façon normale sans qu'il y manque un seul mot. Le quaternion du cod. 7221 était donc le dixième quaternion du manuscrit primitif et les six folios suivants formaient la partie du onzième quaternion nécessaire pour contenir le reste du texte. | Remarquons de plus que, dans le cod. 7182, le scribe, dans la plupart des cas, laisse en blanc de nombreux espaces dans l'intention d'y inscrire plus tard les formules numériques ; dans d’autres cas, il a omis espaces et formules. Cela pourrait peut-être expliquer pourquoi les différentes formules numériques dont j'ai parlé plus haut ont été résumées à la fin du cod. 7221. Prima Pariter par. Secun d Pariter impar. Tertia pariter par. Fe De pariter pari: FT, TV, VIST, XVI, XXII, XLIIII De Pariter imparti: VIE, X, XIII, XVII XXII XXVI XXX De impariter pari : XXII, XXVIIT, XL, XEVIHI, LX. _ Le manuscrit latin 7182 a appartenu à Jacques-Auguste de Thou (?) ; il passa ensuite dans la bibliothèque de Colbert où il figura sous le n° 1790, puis dans celle du Roi, d'abord sous le n° 7981, ensuite, lors d’une révision, sous le n° 7182 qui est encore celui qu'il porte actuellement. Le manuscrit latin 7221 subit les mêmes vicissitudes. Il quitta la bibliothèque de J. A. de Thou pour entrer dans celle de Colbert sous le n° 1399 ; il porta d'abord, dans la bibliothèque du Roi, ie n° 3177 et ensuite le n° 7221. a Ceci sertser d d'eexemplee à 1 8 (*). On remar quera la faute : tertia P " er par (L. impariter), commise par le scribe. . res avoir déterminé sans aucun doute possible quel était je so cn e cette fin de manuscrit, je me suis dernandé s'il ne me alt pas possible de retrouver le comm encement de ce traité. J'ai () 18. III, 19,1. melica, p. 17 (2) /b., II, 54 (p. 171. L. 9). LE ne de conte @) 78. I, 20,1. (*) BOÈCE, De Instilutione Arithi 131 (*) Jacques-Auguste de Thou (1553-1617), magistrat et historien français, écrivit en latin une « Histoire de mon temps ». {| possédait une riche bibliothèque où figuraient de précieux manuscrits qu’il avait acquis au cours de ses nombreux voyages.

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Le cod. lat. 7182 a été relié en parchemin plein, le cod. lat, 7221 en parchemin mou. Le titre en minuscules : Archimedis quaedam lat. du cod. lat. 7221 semble avoir été écrit par de Thou lui-même. En effet, il paraît être de la même main que la mention : Jac. Aug. Thuani, qui se trouve en bas du fol. 1 recto de ce manuscrit et qui ne peut avoir été écrite que par le propriétaire de ce codex. Le titre du cod. 7132 étant en capitales, il serait téméraire d'affirmer qu'il a été, lui aussi, écrit par de Thou (1). Il serait assez difficile de savoir par quelle voie ils sont arrivés entre les mains de de Thou. Il semble bien, d'après ce que je viens de dire plus haut, que le manuscrit primitif du De Institutione Arithmetica (le cod. lat. 7182 et le cod. lat. 7221 R actuels), est arrivé intact entre les mains de de Thou et que c'est dans la bibliothèque même de ce savant qu'il aurait été scindé en deux parties dont l’une, cod. lat. 7182, aurait été reliée seule, l’autre, cod. lat. 7221 B, avec différents textes d'Archimède, copiés à une époque beaucoup plus récente. Nous apprenons par les contemporains de J. A. de Thou que celui-ci, avec ses troupes, a occupé un certain temps l'abbaye de Corbie ; on l’accuse même d'en avoir pillé la bibliothèque et d'en avoir emporté plusieurs manuscrits précieux (2). Nos deux codices auraient-ils fait partie de ce butin? Je n'ose répondre par l'affirmative car il me manque les preuves. On pourrait s'arrêter à une autre hypothèse. J. A. de Thou, grand amateur de manuscrits et grand voyageur, s’est rendu en Italie, notamment à Florence, où il rencontra de nombreux savants, entre autres Pierre Vittori «qui le mena à la bibliothèque de St-Laurent et lui fit voir un gros volume qu'on appelle l'Océan, et qui est un recueil manuscrit des interprètes grecs d’Aristote, avec un Virgile écrit en lettres capitales (%) ». N'a-t-il pas profité de ce voyage pour acheter en Italie des manuscrits dont les nôtres feraient partie ? Ici encore on ne peut émettre qu'une supposition. (9 Je dois ces précieuses indications à Pamabilité et à la haute compétence en la matière de M. Ph. Lauer, bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale. (7 Cf. L DELISLE, Le Cabinet des Manuscrits, aux différents endroits où il est question de J. A. de Thou, notamment L. Il, pp. 133 et 134. (9) CF. Mémoires de J. À. de Thou, pp. 247 et 248, dans la collection complète ‘es Mémoires relatifs à l'histoire de France, tome XX XVII, Paris, Foucault, 1823, LE PRÉTENDU TRAITÉ DE MUSIQUE DU CODEX PARISINUS premiers livres de son De Institutione Musica, ne 133 fait que Il nous reste un dernier point à examiner. D'où proviennent l'erreur commise par le rédacteur du Catalogue qui voyait dans le texte fragmentaire du cod. 7221 un Traité de Musique, et celle du bibliothécaire qui attribue ce traité anonyme à Hucbald ? Nul n'ignore que la théorie musicale des Grecs et, à leur suite, des Latins, était basée sur les rapports numériques des différents intervalles mélodiques et que souvent tel passage que l'on rencontre dans un Traité de Musique pourrait très bien se trouver dans un Traité d'Arithmétique et vice-versa. Je pourrais prendre comme exemple Boëèce lui-même qui, en de nombreux endroits des deux Roger BRAGARD. reprendre des théories déjà développées dans son De Institutione Arithmetica. Le rédacteur du Catalogue aura examiné superficiellement le cod. lat. 7221 et, en prenant connaissance du texte du fol. 82 recto seul (c’est-à-dire le premier folio en parchemin) y aura lu des phrases telles que celles-ci : « …Inveniemus guoque omnes musicas consonantias. ….Unde notum est, quod inter diatessaron et diapente consonantiarum tonus differentia est... », d'où il aura conclu qu'il se trouvait en présence d’un traité de musique. L'erreur du bibliothécaire qui a cru y retrouver le De Musica d'Hucbald est moins compréhensible. Il faut vraiment ignorer le style et les théories d'Hucbald pour le confondre avec Boëce. Certes, on retrouve parfois chez Hucbaid les caractéristiques de Bcèce, mais c'est précisément aux endroits où celui-là copie textuellement celui-ci, en le citant d'ailleurs (1). DALGTZ Hi () Cf. HUCRALD, De Harmonica Tuslitutione, col. 924 et 930 ; Musica Enchiriadis, col. 977, dans la Patrol. fat, de MIGNE, tome 132. ANIMAUSSE