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Mosaïques dionysiaques d’El Jem et de Djemila
Un des problèmes les plus irritants que pose l’histoire de la
mosaïque romaine est bien celui de la diffusion des motifs. Au
départ, le spécialiste est frappé par leur vaste expansion, tout
autour de la Méditerranée. Qu'il s’agisse de telle composition
géométrique, de telle courbure d’un rinceau., de tel tableau à
personnages, il est sûr, en cherchant bien, de le retrouver
d’Antioche à Trèves!, d’Ostie à Constantine, de Pompéi à Volubilis ou à Londres : les références de M. Doro Levi, dans sa
publication des mosaïques d’Antioche, suffisent à démontrer un
fait bien établi.
D'autre part, le voyageur qui visite sur place les champs de
fouilles et leurs musées locaux est immédiatement frappé par
une vérité inverse — qui risque d'échapper à quiconque travaille
à partir des images. Il existe des écoles locales — ou à tout le
moins des modes locales. Dans telle ville, à tel moment, c’est tel
motif qui a séduit les clients et les artistes. Même si ce motif est
par ailleurs connu. sa fréquence frappe. Et cette fréquence même
paraît avoir amené les mosaïstes à raffiner sur le thème ainsi
adopté, qui de pavement en pavement se renouvelle et s'enrichit.
On préférera à Djemilaÿ, par exemple, inclure dans les quadrillages ou dans les boucles des rinceaux de petites figures d’animaux en pied : du coup, il y aura un bestiaire de Djemila, avec
ses chameaux, ses éléphants, ses autruches. À Timgad les curiales
auront préféré vivre sur des pavements floraux — et le rinceau,
formule élémentaire et partout. présente, y€ aura pris des développements, des efflorescences, ailleurs inconnus,
1. J. Lassus, Remarques sur la lransmission des thèmes dans la peinture antique,
Cahiers Techniques de l'Arl, 1961, p. 6.
2. Doro Levi. Antioch Mosaïc pavemenis, Princeton et Oxford, 1947.
4. Y. ALLAIsS, Djemila, Paris, Les Belles-Lettres, 1938, pl. XI.
4. J. Lassus, Le rinceau d'acanihes dans les mosaïques de Timgad, llommages à
Albert Grenier, coll. Latomus, vol. LVTIT 11962), p. 948.
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)Ajoutons que, sur chaque site, la tonalité d'ensemble des
pavements change. Nous l’avions déjà noté, W. À. Campbell et
moi, entre Antioche et Séleucie. C’est bien plus évident encore,
en Afrique du Nord, entre Djemila et Hippone, par exemple, ou
entre Tébessa et Timgad. Chaque équipe locale a exploité ses
propres carrières. C’est du coup toute la palette du mosaïste qui
se trouve modifiée, copierait-il scrupuleusement un carton qu'on
lui aurait apporté d’ailleurs. Les peintres savent bien que toute
la gamme des valeurs et des nuances sur le tableau qu'ils
commencent sera commandée par la première touche — selon
qu'elle sera plus foncée ou plus claire, plus lumineuse ou plus
délicate, toutes les autres, de proche en proche, en subiront
l'influence. Encore se servent-ils des mêmes tubes. Nos mosaïstes
ont impérativement à leur disposition tel rouge, et n'y peuvent
rien changer. Et telle couleur peut leur manquer — il n'y a pas
de vert, selon mes notes d'il y a vingt ans, dans les mosaïques
de Shaaba, dans le Djebel Druze, faute de calcaire vert dans les
carrières, faute d'emploi de smalts artificiels. Que le calcaire
noir de Djemila soit un sépia très sombre mais néanmoins
profondément coloré, que celui de Tipasa soit un bleu très foncé,
et les mosaïques, sur chaque site, prendront un caractère local
décisif.
Du jeu complexe de ces ressemblances et de ces diversités,
on peut conclure aussi bien à l’unité qu’au caractère régional
de l’art de la mosaïque romaine de pavement. La tentation, le
plus souvent, est de rapprocher — et la présence sous-jacente
des thèmes et des motifs communs conduit sans cesse à retrouver
des filiations, pousse à composer des arbres généalogiques, en
remontant vers l'ancêtre unique supposé, alexandrin de préférence. Mais l'étude fermée sur elle-même des écoles locales a
aussi sa vérité. C’est ce que montrent bien les publications
récentes de Louis Foucher — qui nous ont apporté, avec leurs
ressemblances et leurs nuances, l’école d'Hadrumetum et celle
MOSAIQUES DIONYSIAQUES
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dire de transfert : il existe à Djemila une mosaïque qui appartient
à l’école de Thysdrus. C’est la grande mosaïque dionysiaque de
la « Maison de Bacchus! » (fig. 1).
Évidemment, pour le visiteur du Musée de Djemila, elle
apparaît immédiatement comme différente. Par sa date d'abord :
la plupart des pavements du musée, quoi qu'on en ait dit, sont
du rve et du ve siècle. Et celle-ci est dès l’abord beaucoup plus
ancienne. Beaucoup plus claire aussi, avec son fond blanc,
beaucoup plus organisée, avec sa composition divergente, beaucoup plus classique par le caractère de ses panneaux — et à coup
sûr beaucoup plus proche de la Koinè. C’est le petit ouvrage que
M. Foucher a consacré à La Maison de la procession divnysiaque,
à El Jem qui va permettre de préciser l'origine de ce pavement.
La maison de la procession dionysiaque est vaste. Et beaucoup de salles qui la composent sont pavées de mosaïques
particulièrement soignées. Certaines sont géométriques. d'autres
géométriques et florales, plusieurs enfin comportent des tableaux
— procession dionysiaque et combats d'animaux dans le triclinium. bustes du Génie de l’Année et des Saisons ailleurs, avec
des canéphores dans les angles de la composition, Dionysos
chevauchant une tigresse enfin. Le décor est aéré, souple; les
compositions légères et savantes, les rinceaux linéaires, Îles
guirlandes sobres et vivantes. Ici ou là, une bordure en lorsade,
un cadre plus massif ne suffisent pas à donner une note discordante. Les tableaux gardent des traces évidentes de leurs origines
hellénistiques. L'ensemble est assurément homogène, même si,
par exemple, les deux séries de bustes des Saisons procèdent de
modèles différents2. La démonstration de M. Foucher est convaincante : ces pavements sont contemporains et datent, comme la
maison qu'ils décorent, de la seconde moitié du 11e siècle.
La comparaison que je vais proposer implique qu’on considère
ce décor dans son ensemble : ce n'est pas en effet d’un de ces
pavements que nous pouvons rapprocher la mosaïque dionvde Thysdrust,
En partant de sa dernière étude, je voudrais présenter un cas
particulier, très étonnant, non plus d'influence, mais si je puis
1. Voir surtout Inventaire des Mosaïques, Sousse, Tunis, 1960; Hadrumelum,
Tunis, 1964; Découvertes archéologiques à Thysdrus en 1960, Tunis, 1961; Découvertes archéologiques à Thysdrus en 1961, Tunis, s. d.: La maison de la procession
dionysiaque à El.Jem. Tunis, 1964 cité : L. Foucuer, Procession).
1. L. Lescui, Mosaïque à sujels dionysiaques de Djemila-Cuicul, Mon. Piol, 1936,
t. XXXV, p. 139. Y. ALLAISs, Djemila, Paris, 1938, p. 72: L. Lescur, Djemila. antique
Cuicul, p. 46.
2. L. FoucuEer, Procession, pl. VIII (salle A), où les saisons aux larges visages
durement ombrés ressemblent à celles de Zliten (S. AURIGEMMA, ] mosaici de Zlilen,
L'Africa Italiana, Rome, Milan, 1926, pp. 103-112 et pl. XVI1), où elles sont traitées
avec infiniment plus de grâce. Voir les remarques de L. Foucher, Procession, p. %6.
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siaque de Djemila; il nous faut au contraire l’analvser. et,
à un modèle dionysiaque!. Le groupe serré, hors échelle, de
l’autre extrémité, est une accumulation de motifs empruntés à
des cahiers divers. Le chameau portant Silène et la tigresse
pouvaient passer pour former un ensemble indépendant ; la canéphore qui porte le van, serrée à l'arrière-plan, représente un effort
maladroit pour combler le vide qui restait à droite.
élément par élément, trouver des parallèles.
La mosaïque de Djemila comprend cinq tableaux — un au
centre, les quatre autres sur les côtés. Il n’en est qu'un qu'on
puisse comparer avec El Jem : il s'agit de la procession dionysiaque elle-même.
A El Jem, elle orne une longue bande, à l'entrée du triclinium!
(fig. 2).
A Djemila, c’est un panneau latéral. Dionysos enfant, couronné et tenant un thyrse, chevauche une tigresse. Le fauve
va vers la droite. Il est tenu au collier par un faune athlétique.
Et l'enfant est maintenu par sa nourrice, qui apparaît, d’ailleurs,
comme le personnage principal du pavement.
A l'arrière-plan, un arbre très sec — mais qui porte une touffe
de feuilles à l’extrémité de chacune de ses quatre branches,
C'est tout.
A EI Jem, la scène paraît plus complexe. Un lion est substitué
à la tigresse, et il va vers la gauche; la nourrice a disparu. Par
contre le faune subsiste, dans la même attitude. Un second faune
suit le lion, aidant l'enfant à porter le cratère, substitué au
thyrse. Pour l’autre main du jeune dieu, on devrait sans doute
s'inspirer de son geste — elle tient la bride de la monture — pour
revoir la restitution proposée à Djemila. L'arbre desséché s'est
déplacé vers la gauche.
Bien sûr, ces différences sont importantes — pas assez pour que
soient exclues, non seulement la présence d’un modèle commun,
mais la possibilité d'une variante créée par les mêmes artistes.
M. Foucher l'a lui-même remarqué?.
J’attache pour ma part peu d'importance aux additions que
l'artiste d'El Jem a introduites; à droite et à gauche de son
si par ailleurs elles peuvent, sur le plan anecdomotif — même
tique ou religieux, en enrichir la signification. En ce qui concerne
la composition, il s’agit du passage d’un rectangle court à un
rectangle allongé. Cette nécessité explique l’adjonction du second
faune, comme de la danseuse. Celle-ci appartient à un modèle
connu, qui se retrouve jusqu’à Antioche, où elle s’ajoutait déjà
1. L. Foucaer, Procession, pl. XIX.
2. L. Foucnrr. Procession, p. 124.
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Ajoutons que, sur un autre médaillon de la même villa, figure
l'enfant Dionysos, le thyrse en main, la nébride en bandoulière?
(fig. 3). I est assurément plus proche de l'iconographie de
Djemila. Les variantes, pour évidentes qu’elles soient, ne sont
nullement décisives : les artistes en jouent pour composer leurs
tableaux.
Voici donc affirmée la parenté de nos mosaïques. Mais nous
pouvons aller beaucoup plus loin.
19 La mosaïque de Djemila est inscrite dans un carré. Le
décor intérieur est réparti grâce à quatre demi-ovales, tangents,
construits sur les côtés du carré, et laissant libre au centre un
carré curviligne. Ce dispositif se retrouve à El Jem, dans le
pavement de la salle C, au centre duquel, dans un médaillon,
figure Dionysos sur la tigresse. Les demi-ovales sont ici décorés de
rinceaux® (fig. 4).
20 Aux angles de la mosaïque de Djemila se dressent des
caryatides : ce sont des victoires ailées. debout sur un motif
comprenant un cercle et des feuillages. Elles tiennent sur leur tête
un candélabre de fantaisie, d’où partent les rubans qui séparent
les tableaux. Elles sont traitées en camaïeu jaune (fig. 5).
Le motif des caryatides se retrouve à El Jem. aux angles de la
mosaïque de la salle A%, Debout sur un bouquet d’acanthes, ce
sont cette fois des canéphores. Le geste est le même ; une main
levée tient là corbeille, l’autre bras écarté du corps tient un objet.
C'est une fois une couronne, comme à Djemila. Les jupes sont
plus longues, mais la tunique, avec ceinture et double repli, a le
même aspect. Même si, à El Jem, le mosaïste n’a pas tiré du motif
1. Doro Levi, 11, pl. CXVII, b.
2. L. FoucHer, Procession, pl. XIII.
3. L. FoucHer, Procession, pl. XII.
4. L. Foucner, Procession, pl. VII et IX. M. Foucher attribue, dans les deux
cas — et dans quelques autres -—, leur présence au « souci de transformer le pavement
en un miroir de plafond », p. 83. J'hésite à placer des voûtes d'arête ou des coupoles
sur pendentif, aussi bien à El Jem qu'à Djemila. Dès lors, l'intervention du plafond
comme modèle n'est peut-être pas nécessaire,
Page 4
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)SI RS
AENUNéRA
le même parti — le rinceau couvrant qu'il a imaginé est savant,
mais un peu confus — Ja ressemblance garde sa valeur.
30 Les cinq panneaux de Djemila sont séparés par un motif
dont je ne connaissais pas d'autre exemple. 11 s'agit de deux
rubans dessinant des sinusoïdes croisées, et qui présentent tour à
mn
Quels que soient les éléments de décor figuré qu’on peut
comparer à celui-ci, il me paraît difficile de ne pas faire figurer
dans la liste des rapprochements possibles la fontaine de Djemila! (fig. 6) : elle comporte à la base un bassin circulaire — à
vrai dire sans le rebord très accusé qu’on remarque sur la
Au
mosaïque —, puis l’obélisque dont le sommet est brisé. Une gorge
milieu de chacun des cercles ainsi définis, on trouve deux petites
où était inséré un tuyau de plomb monte le long du fût ; le tuyau
débouchait dans l'axe, et je m'étais demandé comment l’eau
partent en haut et en bas, à chaque croisement de ruban.
Ce motif se retrouve à El Jem, en bordure de la mosaïque
des galeries du péristyle et du couloir CI. L'image est peu
claire. mais la description de M. Foucher rejoint la mienne :
aux feuilles de vigne sont substituées « des petites feuilles
cordiformes »l.
40 D'une façon moins précise. le rinceau qui sert de bordure à
la mosaïque de Djemila, plus complexe que ceux des bordures
le
d'El Jem, n’est pas sans ressemblance avec celui qui occupe
les
fond de la mosaïque A. On peut comparer en particulier
bouquets d’acanthes, sur les axes de ce pavement?.
5o Notons encore la ressemblance, signalée par M. Foucher.
jaillissait. La situation du réservoir, qui sans doute alimentait la
tour chacune de leurs faces, traitées en des teintes différentes.
feuilles de vigne et des vrilles ; des feuilles et des vrilles analogues
de la
entre l'autel qui se trouve, sur la procession, à gauche
it un
bacchante, et celui sur lequel, à Djemila, Ikarios accompl
sont
sacrifice. On y retrouve l'arbre sec. Mais ces thèmes
fréquents.
Je vais risquer un dernier rapprochement — non pas cette
Procession
fois entre mosaïques, mais entre un détail de la «
dere-plan,
l'arrièr
A
.
Djemila
dionysiaque » et un monument de
socle
un
sur
effet,
rière la patte postérieure du lion, se dresse en
fontaine, assure une pression suffisante pour que l’eau monte.
Mais le diamètre du bassin ne lui permettait pas d'en recevoir une
proportion suflisante, et les passants devaient être arrosés. L'existence au sommet de l’obélisque d’un disque bombé, sur lequel
l’eau, au lieu de jaillir, aurait glissé, formant ensuite un rideau
presque vertical, assurerait l'alimentation du bassin — et explhiquerait la forme de la fontaine. Bien sûr, avec du vent les passants seraient tout de même mouillés.
Cette interprétation réaliste de l'objet représenté sur la
mosaïque ne nuit pas, bien sûr. à son caractère symbolique?. Pour
la fontaine aussi, on a pensé à une allusion phallique. Mais bien
des objets de cette série, représentés sur des monuments figurés,
peuvent avoir été des fontaines. Il n'est pas si facile de représenter l’eau qui coule verticalement — et les mosaïstes s'y sont
rarement essayésÿ.
Je crois bien, à l’issue de cette énumération, que les ressemblances s'imposent. M. Foucher n'a d’ailleurs pas manqué, au
passage, de sentir cette parenté, sans songer à regrouper ses
impressions. On peut conclure, me semble-t-il, non seulement que
Il
circulaire, un obélisque, qui va en s’amincissant vers le haut.
le pavement de Djemila est contemporain de ceux de la Maison
d'El Jem,-non seulement que les artistes ont eu en main les
en
bouclier rond, tourné vers le haut, puis d’un dernier élément
a
y
forme de boule ou peut-être de couronne verticale. M. Foucher
à terre au premier plan,
vu un tympanon, analogue à celui qui est
4
mêmes cahiers de modèles — pour les sujets et pour le décor —.
est coiffé à son extrémité, au-dessus d’une boule, d’une
sorte de
».
et à deux autres qu’il voit « attachés à cet obélisque
fix. 7. M. Foucher cite d'autres
1. L. Foucxer, Procession, p. 34, pl. VI/I et p. 86,
G.-Ch. Picarn, Les mosaïques
a.
d’Acholl
Thermes
aux
exemples — en particulier
et n. 1.
d'Acholla, Annales de l'Est, II, Paris, 1952, p. 81
ble forme la bordure des
9. L. Foucuer, Procession, pl. VII. Un motif compara
Rome. F. DEICHMAXNX, Frühchristliche
panneaux, sur la voûte de Sainte-Constance, à
Kirchen in Rom, Basel, 1929, fig. 15.
3. L. Foucuer, Procession, pl. XX et p. 57.
non seulement qu’ils ont été imprégnés des mêmes intentions
dionysiaques, mais qu’ils appartiennent à la même équipe. Nous
aurions ainsi un exemple précis du déplacement d’un atelieri.
1. L. Lescui, Djemila, Antique Cuicul, Alger, 194%, p. 30: V. ALLAIS, Djemila,
Paris, 1938, p. 54 et pl. VII.
2. L. Foucuer, Procession, p. 120.
3. Par exemple à Timgad, pour le bain de Diane, C. Courrois, Timgad, anlique
Thamugadi, p. 92.
4. L. Lescni pensait déjà que la mosaïque était l'œuvre d'artistes itinérants,
Mon. Pivot, XXXV, p. 139.
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DIONYSIAQUES
Dans quel sens ? Malgré la fontaine de Djemila. je pense qu'il
faut faire venir les mosaïstes de Thysdrus vers Cuicul ; les pavements de la Maison dionysiaque, à Thysdrus, s'insèrent dans une
série : le style de bien des mosaïques contemporaines leur est très
proche. La mosaïque de Djemila est unique, en Numidie et en
Maurétanie, dans sa composition comme dans son détail. Il est
vrai que nous avons peu de pavements de cette date, et qu'à
Djemila nous n’en avons pas d’autres. De nouvelles découvertes
peuvent toujours modifier les proportions. Néanmoins, cette fois
le contact paraît trop étroit pour qu'on n’accepte pas le déplacement des hommes.
Il reste que, sur le plan de l’iconographie dionvsiaque, la
mosaïque de Djemila est beaucoup plus riche, à elle seule, que
;
tout l’ensemble d'El Jem. Il n'entre pas dans mon propos d'en
reprendre l’examen : l’analyse de Louis Leschi reste valable.
Peut-être n’a-t-il pas assez insisté sur la discontinuité des cinq
tableaux représentés. Deux ont trait à l'enfance de Dionysos que
sa nourrice allaite, puis qu’elle initie à son destin de dompteur. A
la rigueur, la mort d’Ambrosia tuée par Lycurgue peut appartenir à la même série. Mais la scène d'initiation, justement rapprochée des fresques fameuses de la Villa Item, et le sacrifice
d’Ikarios n’ont aucun lien avec les enfances de Bacchus. Un
sceptique peut se demander si ces tableaux n’ont pas été choisis
,
et adaptés en fonction de l’espace à« décorer — les demi-ovales
posant des problèmes analogues à ceux que pose le décor des
frontons, le carré central, au contraire, se présentant comme une
métope. Si intéressante et complexe que soit chacune des scènes.
je me sens incapable de préciser le sens de leur rapprochementt.
Paris.
Jean Lassus.
D 4 AE LNGES
4
PP
VD ARCRERLGELE
DEPIEÆERARAURS
\
VD DRE_ TOIQE
Fic. 1. — Musée de Djemila. La légende de Dionysos.
1. Peut-être pouvaient-elles représenter l'illustration d'un texte consacré au
culte de Dionysos, qui mélerait des allusions à la légende du dieu et à son culte — dans
le passé (Ikarios) et jusque dans le présent (scène d'initiation).
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EI Jem. La procession de Dionysos.
Fic. 3. -— El Jem.
Maison de la procession dionysiaque.
Bacchus et la tigresse.
|
FiG. 4. — El Jem.
Maison de la procession dionysiaque.
Salle C.
fic, 6.
- Djemila. Fontaine sur le cardo maximus,
au sud du Forum des Séveres,
nysiaque.