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CHAPITRE VII
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LE MONDE PYTHAGORIEN
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Première partie
LES DEUX TETRACTYS
« Si l'homme veut de l'or, qu'il creuse, sinon
qu'il se contente de paille. »
HénacLitg (576-480 environ).
Pour l'Antiquité, la découverte la plus géniale de
Pythagore (1) fut celle des accords musicaux consonnants ; l'expression de leur valeur par des rapports de
nombres simples (octave 2 à 1, quarte 4 à 3, quinte 3
à 2) apportait une confirmation éclatante à la doctrine
du Maître et prouvait l'identité entre le système du
Monde et le système des Nombres, ot quels Nombres |
les 2 Nombres de l'octave étaient les Nombres divins du
Ciel et de la Terre, 1 et 2, les bases universelles du
Cosmos; de plus, la quarte était exprimée par la
moyenne harmonique entre ces 2 Nombres
(1) Nous connaissons mal la vie de Pythagore, Il naquit à
Samos entro $80 et 570, Après de longs séjours en Egypte, eu
Phénicio et en Chaldée, il so fixe vera 529 en Sicile où il mourut
entre 510 et 480.
La Secte pythaguricieune, fondée par ses disciples, a couvert
le monde méditerranéen pa stgne de Constantin, C'est sans
duute la plus puissante Société Secréte qui sit jamais existé.
Page 2
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)LE MONDE PYTHAGORIGIEN
Demande : Qu'y a-t-il de plus bean ?
2
1
—_
le
+
Réponse : L’ Harmonie,
=
1
la définition de l'harmonie étant « Vunification du multiple composé et l'accord du discordant » (Philolaos).
Les textes d'arithmologie pythagoricienne et néo-pytha-
4/3 =
=
et la quinte en était la moyenne arithmétique 3/2
ne ees deux moyennes exprimunt les deux ecoules
des Pythugoriciens (voir AC,o
s connues médi
méddiétés alornoti
été).
on de
Annexe III,
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lu suite de ta peres
Nous suvons aujourd'hui, àeri
que 768 1
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découverte mille ans p - i
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|
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goricienne ayant été écrits eu grec,
rarement en satin
et plus rarement encore traduits en français, se trouvent
encore enfouis duns des bibliothèques ; nous ne disposons
fuere pour connaitre la doctrine que d'ouvrages modernes de synthèse et de quelques traductions d'écrits de la
hasse époque.
Le livre do Léon Robin, a La Penséo grecque », Paris,
1923, donne dans son chapitre 1, à La Science, instrumont de pucification morale : le pythagorisme et l'école
l'Antiquité classique Pign
italique » uno très claire synthèse de la question, embrussant tant la philosophie quo les mathématiques et la
Religion,
fait percevoir à l'homme l'esprit de
et commorntateur néo-pythagoricion du premier siècle de
notre ère, qui vécut à Gérase, colonie grecque, fondée
ete tn qu és
à 347). Les grands esprits ont toujours
e py! ragori mi
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analyse et Leibniz,
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dira encore vingt siècles plus tard
Dieu erean
Monde.
idaire d'Acistote rend compte de lu
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Pythagor
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ent
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d’animal rais
se d'an
TL y a une espèce
e est un
le du une autre est l'homme ; Pythagor
exemple de la troisième. »
‘ailleurs surprenant que les éléments qui ont
pourrait ¢ +
dogmes conservés par les acousmatiquos (on
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de A doctrine soient lew nn ar
découvertes p o De.
tionnels), alors que les véritablesdans
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|
de ln pensée.
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Les deux idées dominantes de la Doctrine
du catochisme
quement énoncées par deux des articles
acousmatique.
- Demande ; Qu'y a-t-il de plus a
En
Nicomaque de Gérase, d'autre part, simple essayisto
en Palestine par des vétérans d’Aloxandre-le-Grand, a
écrit de nombreux vuvrages. Deux d'entre eux nous sont
intégralement parvenus : ce sont un « Manuel d'Harmonie » écrit à l'intention d’une Dame de la Société, et
une a Introduction à l'Arithmétique ».
Nous puiserons nos renseignements tour à tour à ces
deux sources.
Keprenant done le célèbre « Aptopo Be te nave’
Exéoxey » (‘lout est ordonné par le Nombre), du « leros
Logos », «le Discours Sacré » de Pythagore, malheureusement disparu, Nicomaque le développe ainsi :
a Tout ce que la nature a arrangé systématiquement dans l'Univers paraît dans ves parties comme
dans l'ensemble avoir été déterminé et mis en accord
avec le Nombre, pur la prévoyance et la pensée de
Celui qui eréa toutes choses ; car le modèle était fixé,
comune uno esquisse préliminalre, par la domination
du Nombre préexistant dans l'esprit du Dieu créateur
du monde ; mombre-idés purement immatériel sous
tous rapports, mais eu même temps la vraie ot l'étexnelle essence, de sorte que d'accord avec le Nombre,
211
110
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e.
LE MONDE PYTHACORICIEN
comme d’après un'plan artistique, furent créées toutes ces choses, et le Temps, le mouvement, les cieux,
prit à son compte cette double tetractys, en insistant sur
son origine multiplicative, liéo à la perfection du cube,
les astres et tous les cycles de toutes choses. »
8 (8
+
2
+
2 =
36
2
gles de la musique étaient régies par des rapports entre
les quatre premiers nombres, les nombres divins, ceux-ci
étant d'autre part les éléments constitutifs de la décade
1)
ou |’ +
Pythagore, ayant done découvert que les divines rèet, la combinant avec la petite tetractys, en fit l’&nigmatique nombre nuptial de la République (VIEL, 0), qu'il
voulait être le symbole de lu perfection univ
1 +2 +3 + 4 = 10
fit de cette décade, qu'il appela Tetractys el poe
gr
ment, groupe de quatre nombres) l'universo! support de
l'harmonie du Monde.
La décade qui rend compte de la Création de
VHomme et de ses dix doigts devint pour l'Antiquité
décimale le nombre correspondant de l'Univers.
Nous retiendrons donc la définition suivante :
la Tetractys, somme des 4 nombres divins
(1
+ 2 + 3
+
4 =
10)
est l'expression de Harmonie du Monde
,
(3 x 4 x 5)' = (36 x 36) x (100 x 100).
(Voir infra, chapitre XI.)
Puis, utilisant encore les nombres des harmonies divines trouvées par le Maître, Platon nous montre dans lo
célèbre rébus du Timée (35-36) comment Dieu 1, inf.
niment
bon,
mit en place les éléments constitutifs du
rythme de l'âme du Monde, en particulier ls Même ot
l'Autre, précédemment à l'état de chaos.
Ce rébus n'a définitivement été résola qu’au début
du xix* siècle par A. Boeckh ; il découvrit que les nombres du rébus qui s'écrivent
(pour mémoire, le Macrocosme = 10, le Microcosme = 5)
1, 2, 3, 4, 9, 8, 27 = 54,
Le calcul de la Tetractys est conforme à la doctrine
mathématique du Maître : 10, nombre sacré de 4, peut
aussi bien étre obtenu par la divine sommation } +
2 + 3 + 4 = 10 que par l'humaine multiplication
4 (4 +
1)
——— = 10.
2
Pythagore avait également découvert ce qui fut plus
tard appelé La double Tetractys, liée à 2 fois 4 nombres,
(A +3+5 +7) +
complétés par les médiétés résultant de leur moyenne
arithmétique ou harmonique sont les intervalles de notre
gamme diatonique, celle que les musiciens appellent encore aujourd'hui la gamme de Pythagore (voir AC, annexe IV).
Au premier siècle, Plutarque, providence des ésotéristes, défiuira mathématiquement et en clair la petite et
la grande ‘Tétractys, 10 et 36. Son texto, à l’origine traduit do gree en latin, leur vaut la dénomination de « petit
et grand quaternaire » (De Isis et Osiris, ch. 75).
(2 + 4 + 6 + 8) = 36.
C'était encore là un nombre sacré, le nombre sucré
de huit, le double du nombre 4, que Dieu avait choisi
pour engendrer la petite tetractys.
Platon, toujours désireux de surpasser le Maitre, re112
La petite tetractys, nombre sacré, base de la divine
dTerLDtayearoAntgymemd co2aniFS=
Page 4
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)harmonie du monde, avait pour la Secte de tels mérites
qu’elle servit de support au serment rituel des Pythago-
Moyen Age pour s'imposer aux loges en quête de traditions disparues. Il fut alors utilisé sous toutes ses espèces,
ricions ;
tant comme support metaphysique que comme élément
—II
S—E=anerxG=snt,TaomAetàhc—Da_Mti
constructif ; les loges recounaissantes l’adoptèrent comme
« Je le jure par celui qui a transmis à notre âme
la tetractys en qui se trouvent la source et la, racine
de l’Eternelle Nature. »
(Rapporté par Jamblique - v* siècle.)
Les. Initiés sont intarissables sur lu tetractys-décado,
symbole de l'Univers. Philolaos, pythagoricien du v* siécle avant J.-C., donc sensiblement contemporain du
Maitre, la définit ainsi : a Elle est grande, elle parfait
et réalise toutes choses : principe et guide de la vie, aussi
bien divine et céleste qu’humaine..., suns elle, tout est
indéterminé, mystérieux,. obscur. »
Que pourrait-on ajouter à tous ces mérites ?
Et chacun de s’émerveiller à la mesure de son imagination :
« Dieu a trouvé dans la Décade, qui préexistait,
un équilibre naturel entre l'ensemble et les éléments
(Nicomaque) ; c'est la forme de l'Harmonie (Aristote,
Philolaos, Jumblique, Nicomaque, Vitruve). »
emblème.
Les deux tetractys et lps corps platoniciens
En outre, a Dieu aydant », ces deux nombres, 10 et
36, sont également l'origine des nombres figurés solides,
générateurs des « corps platoniciens » : le cube, le tétracdre, l'octaèdre, le dodécaédre, l’isocaèdre, tous corps
bien connus, étudiés plus tard par les gens de la Renaissance italienne, notamment Pacioli di Borgo et Léonard
sn
de Vinci.
Dans
le
domaine de l'espace, les cing polvèdres
convexes réguliers seuls inscriptibles dans la sphère, désignés sous le nom de corps plutoniciens, étaient des
symboles de perfection
; ils servirent de représentation
symbolique du Dieu 1. Voici leurs définitions :
a) Le cube ou hexaédre régulier, limité par six faces
carrées identiques, étuit le symbole de la perfec-
Der
tion absolue des Ecritures,
Quant á la grande tetractys, elle était, nous le verrons bientót, la plus remarquable des bases triangulaires.
‘La connaissance des tetractys nous permet d'établir
un parallèle entre l’Initiation de la Haute Epoque et
l'initiation de l'Antiquité classique. Pour les Initiés égyptiens ou Hébrenx, l'initiation débutant à la connaissance
biblique du 1 (Dieu, le Ciel) amenait à la connaissance
secrète du 2 (le Temple, la Terre) ; l'Antiquité classique
(culture grecque) adjoignit à ce diptyque la connaissance
secrète de la tetractys 10, nombre sacré du nombre divin
pairement pair 4.
L'omniprésence des nombres triangulaires et de leur
plus noble expression, les deux tetractys, domina l'ésoiérisme arithmologique de l'Antiquité classique; cette
impregnation était si profonde, sans doute méme auprès
des non initiés, que le triangle, sous toutes ses formes,
fut le seul héritage do la civilisation antique et alexandrine qui ait franchi sans éclipse la période du Haut
114
alors que :
b) Le tétraède, l'octaèdre et l'isocaèdre, respectivement limités par 4, 8 et 20 faces constituées par
des triangles équilatéraux égaux,
c) Le dodécaédre, limité par 12 faces constituées par
des pentagones réguliera,
exprimaient plus particulièrement la perfection divine
de
la philosophie platonicienne.
Le géomètre Campanus de Novare qui donna au xi’
siècle la première traduction d'Euelide, d'après un manuscrit arabe, les étudia en fonction de leurs relations
avec la section dorée, le rapport Y que nous allons rencontrer bientôt, Il montra que si dans le pisas le triangle, lo curré et le pentagone sont morphologiquement
115
RARoNE
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Page 5
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)|
|
irróductibles, on peut par contre passer dans l’espace
Sl
du dodécaèdre ou de l'isocaèdre au cube et du cube au
iG
tétraèdre. Lea cing corps platoniciens sont en effet ins-
D"
Git o.
ee
11
criptibles l'un dans l'autre et le lien entire les divers
|!
élément de l'ensemble ainsi formé est la section dorée,
fi
i
Le He
aia DI
le nombre 9. Cette étonnante correspondance a toutes
chances d'avoir été connue des pythagoriciens ; mais
comme ces cinq corps étaient des représentations figurées
N:
aient constitué un secret mujeur de la Secte.
Sn
|
3
|
du Dieu 1, il y a toutes chances également pour qu'elles
Hl
|
CHAPITRE VII
LE MONDE PYTHAGORICIEN
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toutes vont por paires en vis-dvis, »
Rit
|
Sin (Eel.) 33, 15.
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PR
a
f
LE MONDE EN 9
« Contemple de même les œuvres du Tris Haut,
Pour les Anciens, tenants du système décimal : Egyp|
tiens, Hébreux et Grecs, les neuf nombres constituaient
tk
la représentation chiffrée du Cosmos ; dès la plus hante
1
eArR-E
Antiquité, nous trouvons des dispositions caractéristiquea
ii:
de
i
nombres occupant dans un ordre déterminé
meOvTnueiroenb—ar
+or:>.a n©5yxre.:>=E»e.Ayoe.r -Èr2_>.:DEu.T ,AEIa>AneBtNsnSMc=nTphg
rei aga
|
|
carrés
ennéadiques,
c'est-à-dire
de
9
si
ou
9
9 cases
d'un quadrillage dont chaque côté compte 3 divisions.
Geneviève Guitel (op. cit.) rapporte que cette représentation devint l'expression habituelle du 9 ea Mésapotamie vers le xx* siècle avant notre ère; elle existait
nz
déjà depuis bien longtemps ea Egypte ; now reproduisons deux exemples d'inscriptions égyptiennes de la
Haute Epoque portant déjà les 9 signes ainsi placés.
Nous connaissons déjà Le texte de la figure 1, évoquant
la Grande Ennéado héliopolitaine. TI est emprunté A
Enol (op. cit., p. 1), et provient du Papyrua Nu, ch. 79,
pago
8, 1, 2 ; en voici à nouveau la traduction :
Pe
ro”
116
|
117
Page 6
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)os
4% n | |
24
o—
LES NOMBRES CACHES
LE MONDE PYTHACORICIEN
« Je suis Tem (qui) créa (vit) le ciel, (qui) fagonna les êtres sortis de Ja terre, (qui) fait paraître
(éclore) la graine semée, maître de tout ce qui existe
(ou autrement « la graine de ce qui existera »), qui
enfanto les dieux. Le Grand (Unique) Dieu qui s'est
créé lui-même, maître de la vie (ou toute vie), qui
donne la fraicheur (la jeunesse) à Pennéade divine. »
diété (voir AC annexe 1) et s'exclut ainsi des sommations; l'addition des deux extrêmes exprime alors Ja
tetractys
:
i
En
cu
m
2
2
2
2
6 +4
8 + 7
2+ 8
+ 9
‚En excluant de Pennéade, représentation du Monde
Le second texte est emprunté à Schwaller do Lubicx
(op. oit., p. 233), en voici également Ja traduction :
des Nombres, les chiffres-lettres, artifice d'écriture exprimant les nombres au-delà de neuf (Ex. Y = 10, 4" = 20,
A’ = 30, voir infra, page 55), les pythagoriciens annon-
«O grande Ennéade (pedj. t) des Noter (Dieux)
caient l'évolution logique du système do notation per ad.
Nout, Osiris, Isis, Seth, Nephtys, que Toum met au
monde par projection (pdj) de son cœur, comme sa
dition vere lo systàmo de notation de position + lo plus
illustre des savants arabes, lo médocin-philosopho Avi:
cenne (né à Boukhara en 980, mort à Hamadan ca 1307)
qui connaissait le 0, éerira dix siècles plus tard :
qui ost dans Héliopolis ; Tou, Shou, Tefuout, Geb,
propre naissance, en
votre nom
de « Neuf
Ares »
(usdj. pdj. t) aucun d'entre vous ne so sépare de
Toum. »
Ces deux graphismes présentent les caructéristiques
du Mondo en 9, à savoir, un Centre, et groupés on Op position autour de ce Centre des couples málo-femello s'opposant, à la façon que rapportera plus tard (vers le 11°
siècle avant notre ére)
a Tout d'abord sache que tout nombre quel qu'il
soit n'est autre quo le nombre neuf ou sen multiple
plus un excédent, car leu signos des nombres n'ont
que neuf caractères avec lo séro, »
118
10
10
10
4
7
2
5
8
3
6
9
1
Ben Sira dans l’Ecclesiastiquo
(Bible Osty, page 1487).
Nous ne suurons probablement jamais qui, à la suite
des Égyptiens et des Mésopotumious, a le premier dessinó à Paido des 9 nombres le carré ennéadique, disposition figuréo à laquelle nous avons donné le nom de
Monde ea 9. La disposition en est si instinctive qu'elle
u dû exister bien avant Pythagore, mais ce sont los Pythagoriciens qui Pont exploitée et ce sont les uéo-Pythagoriciens qui Pont rendue publique au v* siècle après
J.-C., après que le Secret mathématique eut pratiquement disparu.
Le Monde en 9 fournissait aux Ancieus uno roprösentation chiffrée du Cosmos, constituée par ses nouf nombres composants disposés par paires opposées autour du
Centre du Monde, le Nombre 5. De plus, chacune de «os
paires totalisnit la divine tetractys, composante constante
du Macrocosme et nombre ancré do la Socio pythagoricienne. Mathématiquomont $, moyenne arithmétique
entre les 9 composants du carré en est la commune mé-
S S oeR+Em
x.
1
5
|ee
==
10
|
10
10
10
10
Les additions en ligne, colonne et diagonale, se lisent
comme suit :
1 +
2 +
3 +
4+
10
9
8
7
6
= 10
10
= 10
= 10
+ 80
= 40
(2 mâles)
(2 femelles)
(2 mâles)
(2 femelles)
Page 7
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)| On remarquera seulement que Pennéade égyptienne,
lointaine origine non chiffrée de l’enneade grecque, avait
rangé et opposé autour d'un centre 4 couples de deux
divinités, l'un féminin, l’autre masculin ; Pennéade pythagoricienne chiffrée oppose 4 couples mâles et femelles
deux à deux, les deux diagonales males équilibrant les
deux perpendiculaires femelles.
Les 9 nombres du carré permettent de nombreuses
autres manipulations aboutissant à la tetractys, par
exemple :
6—
5=
eje
9— 5=
4 = 1
5—
bb
5—
2e
l=
3
4
30 — 20 = 20 — 10 = 10
C'est à notre confrère et ami Jacques Grivot, pionnier
de l'âge héroïque du Nombre d'Or et spécialiste incontesté de ces questions, que nous devons notre initiation
à ces ennéades. (Signalons au passage que Jacques Grivot
dénomme les ennéades « neuvaines » en raison de leur
intime insertion au mysticisme des Eglises primitives
d'Orient, domaine d'élection de ses recherches.)
Nous ne connaissons pas de représentation graphique
de Vennéade à la haute époque ; Platon fait dire à Parmenide :
« Le nombre 9 concerne les choses absolues »
mais cela ne va pas plus loin ; Pennésdo demeure en
Grèce le domaine des Initiés.
L’anecdocte de l'E (epsilonn) d’or de Delphes, rapportée par Plutarque (45-125 P.J.-C. environ) dans ses
« Dialogues », montre qu'au premier siècle le secret était
encore bien gardé. A Delphes, un E (epsilonn) d'or était
placé au centre de la fugado du Temple d'Apollon et les
prêtres posaient aux fidèles qui venaient consulter Voracle la question préalable : « Quo signifie l'Epsilonn d'or
du Dieu ? » Cela sans doute pour savoir s'ils étaient
initiés. Plutarquo, grand-prêtre de Delphes, simulant
l'ignorance, fait semblant au cours d'un dialogue avec
120
cutîLeE+AE2A
LE MONDE PYTHACORICIEN
son fils et des amis de chercher à répondre à cette question. Après avoir égaré volontairement ses lecteurs sur
quelques fausses pistes, il fournit aux initiés, par les dires
de PAthénien Eustrophe, assez d'éléments pour trouver
la réponse.
a ... nous qui voyons dana le Nombre le principe
de toutes choses sans exception, de toute substance et
de toute existence aussi bien divine qu'humaine, nous
qui faisons de lui tout spécialement la cause premiére et efficiente de tout ce qui est beau et précieux, il ne convient pas que nous restions sans rien
dire, »
(Plutarque, Sur l'E de Delphes, traduction
Robert Flacelière, Paris, 1941.)
Au passage, nous rappelons combien cette profession
de foi rappelle le Père Teilhard de Chardin, si l'on veut
bien remplacer les « Nombres » do Plutarque par les
« Substances de substances » du Père :
zeANZi
en
STNIEtUSEeT
255
nam
tFoerty
DE-r—osSePt
=
« Nous qui plaçons cette classe nouvelle d'êtres
à la base de notre explication du Monde, nous dirons
(P. Teilhard do Chardin, Mon Univers, op.
cit., p. 58, p. 115, p. 116.)
Puis Eustrophe déclare que l'E c'est le nombre 5,
la pentade. Et Plutarque, par sa bouche, de se livrer à
l'éloge du cing, nombre nuptial, impair, symbole de la
création, évoquant le sexe masculin ; alors que les nombres pairs féminins peuvent se diviser en deux et être
comblés à la manière d'un sexe féminin ; puis d'examiner les vertus de divers nombres, après avoir signalé que
l'E, c'est-à-dire le cing, se trouve également être gravé
sur l’omphalos sacré, représentation symbolique du Centre du Monde, le Macrocosme, par analogie au nombril
centre du corps humain, le microcosme,
Comment nous dire plus clairement que l'Epailonn
sacré du Temple évoque ainsi le cing de l'ennéado, nombre symbolique d’Apollon qui, à la façon d'un nombril,
occupe la case contralo de la représentation pythagoricienne du Monde en 9.
121
A
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Page 8
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)re
Les NOMBRES CACHÉS
LE MONDE PYTHACORICIEN
La transparente obscurité de Plutarque ne saurait
guère nous étonner, nous savons que grand
voyageur,
grand érudit, grand notable, Grand-Prétre d'Apollon, il
était donc obligatoirement de par sa charge Initié.
Mais ce qui aurait peut-être surpris notre grand-prétre
lui-même, c'est de savoir que le méme E (epsilonn) se
trouverait gravé au XVi* siècle de notre ère, c'est-à-dire
zn siècles plus tard, sur le pignon sud abritant la
apelle vouée A Saint Jacques, patron des alchimistes,
à l’église Notre-Dame-de-Kon-Secours à Guingamp.
En connaîtrons-nous jamais le mystérieux et cabalistique cheminement ?
(H. Blanguart, Atlantis, n° 253, Paris, 1969.)
Pour avoir des renseignements formels ot une representation graphique des enndades, il faudra atteadre les
écrits de deux autours de la basse époque.
Tout d’abord, Théon de Smyrne, philosophe-mathémuticien du n° siécle, représente graphiquement l'ennéade et la commente dans son ouvrage « Sur les connuissances inathématiques nécessaires à l'intelligence de Platon (traduction J. Dupuis, Paris, 1892). Ce titre évoque
à lui seul le relachement, sinon la disparition, de l’ésotérisme, puisque malgré de nombreuses « fuites », les
mathématiques platoniciennes uvaient visé à l'origine à
demeurer secrètes.
C'est à l’occasion de l'étude des propriétés des dix
premiers nombres que ces deux auteurs divulguent et
commentent les dispositions du Monde en 9.
Thévn, en bon pythagoricien, dans son chapitre intitulé « Du quaternaire et de la décade, à propos du 5 »,
p. 167, XLIV. 15, note les particularités du cing ; extraordinaire pivot du mystère des Nombres.
« 5 est le premier nombre qui embrasse les deux
espèces de nombres, le pair et Pimpair, car l'unité
n'est pas un nombre. »
Nous
no
sommes
guère
surpris
d'apprendre
que
l'Unité n'est pas un Nombre, puisqu'elle est Dieu ; mais
nous apprenons aussi, à l'occasion do la comparaison des
vertus de l'Unité et do la Pentade, que Théon ne fait
122
débuter le Monde composé des nombres qu'après la suite
des cing premiers nombres simples, séparant les quatre
premiers nombres, divins et privilégiés, de leur suite
infinie constituant le Monde.
Suit alors dans le texte la representation classique
de l'ennéade. C'est personnellement la première figuration en clair que nous en connaissions ; le texte des Pyramides du Papyrus Nu présentait déjà un carré de 9 signes, mais ces signes ne valaient qu'une unité,
i
soit en
bp?
Ke’;
n°
|
rea
Chiffres
2
5
8
3
6
9
arabes :
¡UN
SSE
"i
RSs.
EVna
Théon expose ensuite les relations entre Pennéade et
reIOA
la tétractys-décade (celles que nous avons montrées cidessus) ; cette révélation lui aurait sans doute valu cing
siècles plus tôt le redoutable honneur de finir au fond
d'un puits.
Sur an autre plan, Théon ne se doutait guère alors
qu'il venait de dessiner, avant la lettre, les dispositions
du clavier des innombrables calculatrices qui viennent
d’envahir jusqu'aux derniers recoins de notre planète.
Quant au second auteur, l’évêque Saint Anatole, né
vers 230, maître du néo-platonicien païen Jamblique
(283-333 environ), il reprend dans son livre « nept
bexaboç » les éléments d'un ouvrage disparu attribué à
Pythagore ou à son fils Telaugo intitulé « Hymne au
Nombre », qui complètent les commentaires do Théon.
Comme Speusippe, neven de Platon, Il y célèbre los
vertus arithinologiques des Y premiere nombres et de la
décado, après avoir dévlaré que l'Unité, assimilés au
Dieu non engendré, Beau ot Bien en soi, est antérieure
PRRÉSTI
Page 9
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)au Nombre, puisque tous les nombres en sont issus, alore
qu'elle même ne naît d'aucun.
Nous vous faisons grace des vertus de ces nombres,
que vous connaissez déjà ; elles sont, à l’image de notre
Univers, aussi nombreuses que variées. Mais notre saint
Evéque, lorsqu'il arrive au nombre vierge sept (vierge,
puisqu'il n'est engendré par aucun autre), ne pouvant
nommément parler d'Athéna, à laquelle ce nombre malo
était traditionnellement et exceptionnellement attribué,
CHAPITRE IX
car elle était née toute armée du cerveau de Jupiter (ot
non d'une femme), utilise la périphrase fort transpae Mère ».
sans
rente de « Vierg
LE MONDE PYTHAGORICIEN
Troisième partia
Tny
ta2EePrinIepEwoTrr°rnS
ea-"e
LeAm
TABLEAUX ENNEADIQUES
ET PYRAMIDES DE NOMBRES
Cependant, l’ennéade du Monde en 9, aussi remarquable fut-elle, ne représentait pas l'ensemble des nombres faisant suite à lu tetractys, c'est-à-dire « Les Nombres d’Homme » par nature supérieurs aux 9 nombres
simples du divin Monde en 9.
Aristote rapporte à ce sujet que l’acousmatique Eurytus, considérant, comme Philolaos, que toutes les
choses qu'il nous est donné de connaître possèdent un
nombre et que rien ne peut être conçu sans le nombre,
prétendait trouver le nombre d'un homme où d'un cheval
en comptant des pierres de couleur symbolique représentant leur forme.
Nous avons alors été amené pour faciliter la lecture
des jeux arithmologiques et des manipulations chiffrées
a dresser des tables permettant de suivre aisément lus
correspondances entre les nombres naturels et les nombres figures, particulièrement los nombres sacrés triangulaires ; nous n'avons fait là que nous inspirer (modestement) de ce qu'avaient fait dans l'Antiquité Pythagore
lorsqu'il établit aa table de multiplication ou encore
Eratosthène lorsqu'il dressa son « crible » pour filtrer les
nombres premiers (p. 89). Il a bien évidemment alors
Page 10
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)LE MONDE PYTHACORICIRN
existé une multitude d’autres tables aujourd'hui
disarues.
Ces tables nous sont aussi utiles que le sont les tables
de logarithmes ou les tables trigonométriques aux mathématiciens contemporains ; de fugon identique, les nombres qui les constituent sont calculés une fois pour toutes
en vue de dispenser chacun de fastidieux efforts. Kaymond Abellio, dans un domaine parallele au nôtre, a
dans le méme esprit établi, sans toutefois lui donner de
disposition spéciale, une table de correspondance analogue entre nombres naturels et nombres triangulaires (les
nombres sacrés) ; notre tableau de la figure 2 est un des
multiples graphismes de cetto table de correspondance.
Cependant, la disposition des tables que nous avons
établies est conforme à ce que les Anciens avaient realisé duns ce domaine : sans avoir trouvé d'indices aussi
formels que ceux qui nous ont permis de déterminer les
nombres
du
Ciel et de la Terre,
nous
disposions
de
quelques certitudes,
a) Les pythagoriciens s'inspirant des Egyptiens, représentérent le monde tant divin qu'humain pur
un tableau carré, composée des 9 premiers nun
bres; uous avons vu que ce tableau ne fut divulgué qu'a la basse épaque per les néo-pythagoriciens.
b) Les pythagoriciens de Sicile, utilisant l'écriture
par points, exprimérent tant les nombres simples
que
Nous inspirant de ces dispositions chinoises et arabes
(nous allons bientôt les examiner), nous avons dressé des
structures représeptant l’ensemble des nombres tant par
des successions de neuf carrés composés chacun de neuf
cases (fig. 3) que par des graphismes pyramidaux ; tout
cela établi tant pour les nombres naturels que pour leur
correspondance triangulaire sucrée.
Les figures 2 ei 3 nous montrent l'intime parenté des
tableaux d'ennéudes avec lo Monde en 9 pythagoricien
aussi bien que lu parenté des pyramides des nombres
nuturels et figures avec la représentation sicilienne triangulaire par points ; ce sont des graphismes intuitifs et
c'est en bonne part pour fuciliter la lecture des deux charades de l’Apoculypse de Saint Jean, celle de la Bête
(infra, ch. XII), et celle de la Jérusalem Céleste (infra,
chap. XIV), que nous les avons présentés de façon formelle. Platon et Saint Jean sont les princes de l’arithmologie à son apogée, l'un en marquant le début et l'autre
la fin ; nous devons sans cesse penser en les lisant que
leurs plus anodins écrits peuvent cacher uno charade ou
l'évocation de quelque symbole ; on ue
peut les déchiffrer qu'en les confrontant au genre d'art
graphiques
qu'ils mettaient eux-mêmes en œuvre.
C'est à cette même source pythagoricienne sicilienne
que puisérent bien plus tard Newton et Pascal, promoteurs de la théorie des nombres figures, no faisant que
suivre les Arabes, eux-mêmes héritiers de la tradition
grecque.
nombres figurés par des structures pyramidales (fig. 2).
c) Si nous n'avons pas trouvé dans les documents de
l'Antiquité méditerranéenne classique, de tableaux
comportant l'ensemble dey nombres naturels et
leur correspondance triangulaire, analogues wux
tables de Pythagore ou au crible d’Erutosthene,
à cette époque cependant lea Chinois et plus tard
les Musulinans utilisérent deux représentutions
chiffrées du Monde, singulièrement proches du
Monde en 9 pythagoricien et des pyramides (plus
tardivement révélées) de la Cubule.
Tradition chinoise
Antérieurement à l'interruption des communications
entre l'Occident et l'Orient à l'époque de Vhégémonie
perse, nous savons que les Chinois avaient entretenu des
relations avec les Grecs, mais il est bien difficile de dire
si les tableaux qu'ils ont dressés en sont une conséquence on si là encore l’universalité de l'esprit humain
doit seule être mise en cause. Les Chinois avaient été,
comme les Egyptions et los Hébreux, séduits par Punivorsel système binaire et avalent également adopté les
dispositions d'un
Monde
en
9
d'esprit
pythagoricien.
Ils avaient constitué le cosmos du yin et du yang, l’om126
Page 11
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)bre et la lumière, le mâle et la femelle, la Terre 2 et le
Ciel 1 (p. 58).
Yu-le-Grand, démiurge, maître de forges et arpenteur,
tout imprégné de traditions agricoles, fondateur de la
premiere dvsnastie royale, les HIA, trouva dans le HongTang (« le grand modèle ») lo plus vieux manuscrit chinois, datant peut-être du 1n* siècle avant J.-C., un modelo de disposition du Monde, analogue nu Monde en 9
des pythagoriciens, Il parcourut alors les 9 montagnes,
les 9 fleuves, les Y marais, puis à son retour divisa los
terres en champs carrés de 9 carrés et le monde en 9
régions.
Plus subtil encore que les Grecs, il organisa son
Monde en 9 suivant une ennéade modifiés faisant copendant toujours apparaître la tetractys, et formant un
carré magique de trois. (Nous examinerons bientôt ce
curré de trois particulier, fig. 7.) Puis il vint y adjoin-
ADO DE
(3)
,
(DI
irl
Di
+)
eee
O.
Pa
0
dre un autre monde en 9, à centre 6, faisant apparaître
DD dé
le 12 dans les mêmes conditions que précédemment. C'est
un monde compliqué où peut se lire « l'action réciproque
et imbriquée des agents ei domaines célestes sur les agents
ct domaines terrestres dans les 9 provinces de la Terre
et du Ciel » (Granet, op. cit., p. 175).
Tableau’ des 9 premigves Énnésdes des Hombres Naturals
a
S
|
3
465 | 561 | ses | 780
1540!
171 | 1001 |}2080]
1596 | 1770 | 10531!
0
post:
E 1 LP
3
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|
TM
“Al
|
|
N
N
D
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Total en croix ; 10
I TT
RM
Tableau des 9 premitres Enrdsdes des Hombres Rianguarra.
dFcaurn
2
A
|
2146 | 2346
1653 | 1830/2016 || 22n | 2418
fir)
7
|
1
2276/2485
I
2
s
y
Ss
Total en croix : 12
Total par cases deux à deux : 11
Total général : 99
Les centres du Monde cing et six sont neutralisés
Ficunx 4
Les 9 premières Ennéades pythagoriciennes, l'E de Delphes
Page 12
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)LES NOMBHES CACHES
LE MONDE PYTHAGORICIEN
Bien que nous pensions que Yu-le-Grand ait ainsi
perdu la belle pureté des Grecs, nous ne lui sonunes pas
moins reconnaissani de nous avoir fourni cette confirmu-
A cette occasion, puisque nous sommes en Chine,
nous signalons que sur une voie parallèle à la nôtre a
N
ii
|
||
|
|
|
anSA—c—odeE
tion de la tradition de la représentation du Monde dans
l'Antiquité par des successions de 9 carrés de neuf (no
|
tableaux d'ennéndes).
Autant que nous ayons pu nous en rendre compte,
les évocations chinoises des nombres, aussi nombreuses
soient-elles, paraissent confuses. Les Chinois semblent
avoir été beaucoup plus symbolistes qu ésotériques, et
comme c'est une constanie que le symbolisme varie suivaut les époques et suivant les régions, nous n'avons pas
osé nous aventurer plus avant dans les marécages de
Yu-lo-Grand.
De plus; la chronologie chinvise est si mal connue
et ni discutée qu'on ne peut guère en tirer des certitudes ;
certaines traditions font vivre Yu-le-Crand vingt-deux
siècles avant notre ère ; on ne peut que les mentionner
cheminé autrefois « Part combinatoire ». Les Chinois
en ont sans doute la paternité et le Hi King de Fo Hi
et ses 64 hexagrammes (traduction R, Wilhem et E. Perrot, op. cit.) peuvent bien avoir été rédigés mille uns ou
plus avant notre ère. La même inspiration so retrouve
dans l’art combinatoire de Raymond Lulle (1235-1315)
et enfin chez le grand Leibniz (1646-1716) qui connut
le Hi King par les missionnaires jésuites évangélisant la
Chine au xvu* siècle. Les possibilités de l'ordinateur
remettent aujourd'hui à l'ordre du jour cette étonnante
« Science and Civilisation in China » de léminent sinologue anglais Joseph Needham (né en 1900) apportera
des éelaircissements définitifs au problème chinois. La
pensée chinoise du 1V° siècle avant J.-C. et la pensée du
Croissant Fertile y sont longuement évoquées ; leur parallèle révèle des différences fondamentales, mais le Yin
et le Yang du Tao (la Voie), notre fondamental binaire
pair-impair, opposé au rationalisme confucéen est également tout puissant en Chine. Un court extrait d’une
longue citation par Needham du Ji.Ni.Zi (ouvrage taviste
de base du 1v° siècle avant J.-C.) situe la position du
Tao :
Tradition arabe
Ss
Ea»
nDaeint
"o
Aux environs de la fin du premier millénsire, les
Arabes continuérent à pratiquer les mathématiques à
la suite des Grees, alors qu’elles avaient pratiquement
disparu en Occident. Ce ne furent pus à proprement
parler de grands promoteurs à la manière des Creca ou
de notre époque classique, mais ils eurent incomparable
mérite de conserver et de transmetire la tradition.
Orientés vers le graphisme par les préceptes de leur
religion, et armés de l'écriture par chiffres qu’ils tenaient
t+ne0
i
des Indiens, ils reprirent tout naturellement les structures
»ythayoriciennes et particulièrement les structures sicims triangulaires par points et dressèrent d'étonnantes
pe lesquels le Monde est construit, vous ne ferez que
c'est-à-dire 10 — ler 10 + 1.
Ces graphismes s'expriment en pyramides unitaires
130
vrIena
« Le Mystère des Nombres », op. ait.
« Si vous voulez essayer de changer la régularité
du Grand Tao (le Yin er le Yang) et les Nombres
voriser des actes contre nature, que tomber dans la
pauvreté et abréyer votre vie. »
(J. Needham, La Science chinoise pt l'Occident,
trad., Paris, 1971, p. 230.)
geo,
méthode de prévision, Là encore, nous signalons au lecteur intéressé tout le plaisir qu'il aura à lire sur ce sujet
le chapitre que lui ont consacré L, et G, Gérardin dana
, notre totale ignorance du chinois nous coupe
pratiquement de cette civilisation.
La publication et la traduction des sept volumes de
.
PP
dans la géomancie do l'Arabe Ibn Khaldoun (1322-1406),
aussi longiomps que cetto question n'aura pas été éclaircies.
—
Ee
o
pyramides sur le thème de la multiplication par 9 et 11,
accompagnées du Mondo en 9 et de la suite continue des
9 nombres ; ils ne comportent pas le zéro indien et dériveut sans doute de structures grecques ou hébraïques. U
est difficile de dire si les Arabes avaient encore à cette
Page 13
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)|
LES NOMBRES CACHÉS
|
époque conservé à ces pyramides leur signification méta-
|
physique ou s'ils les considéraient comme des jeux gra-
|
phiques.
,
è
i
2
3
de nr
l'architecte) qui vivait
au Maroc N ‘dans la
première
EE
pe
>y
célèbre traité d'arithmétique, le Talkis, que nous
1
o
.
Enneade naturelle
Ennéade triangulaire
Dicu
« Récréatione mathématiques » (op. cit.), tonte uno serio
.
moitié du x1u* siècle. Celui-ci les avait publiés duns un
é
connaissons par de multiples copies nrabo-espagnoles (la
¿
N {
naturelle
de ces étonnants graphismes chiffrés repris de son confrère,
lo mathématicien astronome arabe Ibn al Banna (le fils
.
|
1
Somme
Le mathématicien astronome Edouard Lucas (18421891) a reproduit dans ses très suvantes et distrayuntes
ki
LE MONDE PYTHAGORICIEN
Somme
li i;
triangulaire
‘ik 4
ils N
!
Het
Correspondance sucrée
{
t
LI
141
1 2
123
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19%
pia
12345
1111113
123430
bettena
15
N
Hi
24
a
i
di
t
LITRI fa
je
i
ARR RAS
12343 a 4 910
ss
LUE
Nous verrons bientôt (chapitre XIV qu'une de ces
structures avait été utilisée treize siécles plus töt par
il
sE
11111111111
i DIL UT
123456789101
sa as ey
SOU
66
Le
it
13)
Saint Joan (qui l'avait sans dauto ompruntéo aux Pyıhe-
MO
IS
ALLE RARA RA
ILIIALIILIRARII
1234 $ 6 7 8 91011121314
105
i
sentons ci-dessous un autre exemple caractéristique de
lb
11111111111111141
2345
136
+:
î
i
|
5
|
>.
goriciens) pour définir la Jerusulem Céleste ; nous preces pyramides.
11111
1 234 5 6 7 8 91011 1213118
1
6
7
Nombres
Chilfres
9x
ips
1
i
+
+
9 x
1234
+
+
Le
tit
“
-
11
{if
du Monde ennéadique, symbole de l' Ascension
#hatel
12345
+
I+irtriri+1
+
+
l+letbetetetel
JWalebetedetotet
9X
123456789
4
asislebeiedeietad
Aetebedatetetotetel
-
yarn
=
LITE
=
11111411
11111111
ha,
DIU È
:
:
|
Dieu au sommet
des triangles
È
iH
= 022889212
a
sti
Cette écriture, reprise à notre période classique par
> BILLLATATI
Pascal et Newton, a Pavantage de faire image et de don-
H
ner une representation hiérarchisée des nombres. Elle
i
évoque la pyramide, le fronton du temple ou le clocher :
Dieu | en occupe le sonnet, C ost-h-dire le Ciel. 3
Pouvons-nous supposer, là encore, que le Père Teilhard
de Chardin ait pensé à toute ceto arithmologie en écrivani la profession de foi qu'est « Mon Univers » (op.
4
!
|
À
cit.). Co court poème a puisé aux sources antiques...
.
4
ili
triangulaire, permettaient uux pythagoriciens d'exprimer
uno
des particularités les plus fondamentales du divin
:
système des nombres : à savoir la représentation des nouf
... 4 La longue boauté égyptienne, et l'attente innombres, constituant l'essence du Monde, et de leurs
quiète d'Israël et lo parfum lentement distillé des
triangles, par deux core parfaites, lo carré à 9 vases
mystiques orientales ot la Sagesse cont fois raffinée
(ennéade) et le triangle équilatéral que nous présentons
dea Grecs. »
ci-dessous (sous un grapbissne quelque peu pyramidal).
132
1
i
e
Ces structures triangulaires donnent une représentation continue du Monde en 9, à partir du Ciel I ; elles
possédent l'avantage do s’accommoder de toutes Les sortes
do notation.
'
Il se trouve ainsi que les deux graphismes, carré et
|
Hg
i
1111
=
;
N
Représentation triangulaire continue
belo tele
120
15)
2
¡ans
HF
Nombres
i
¿nasa
4567
+
cic., cle.
=
ox
x
12345678
90111213 141516
N
9x
9x
8
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add] 2 3 4 5 6 7 8 910111213
14151617
etc., cio.
Chiffres
rue
Hat
à
Bibliothèque nationale en posséde un exemplaire).
N N a Pi y .
|
| |
21
(2345617
à
3
e
iti
}
ly
(Op. cit., p. 26.)
Page 14
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)existé. (Voir le euleul du Nombre de Typhon par Plutarque dans le « De Isis et Osiris », ch. 30.)
Utilisant les vertus mêmes du nombre 9, celles qui,
rappelons-le, Pont fait choisir par nos maîtres de calcul
Est-ce un hasard si la définition de l’Union Créatrice
(op. cit., page 26) l'apparente à nos pyramides ennéadiques ?
pour établir la preuve pur 9 deg opérations, ces tableaux
« Tout se passe comme ni PUn se formait par
unification successivo du Multiple,
et comme s'il
était d'autant plus parfait qu'il centralise sous lui
plus parfaitement un plus vaste Multiple. »
nm
mm
mm
permottaiont la réduction ou contraction à un chiffre,
appelé monade, le chiffre résiduel (le digital-root des
Anglo-Saxons) des nombres élevés, en additionnant et
réduisant leurs nombres composants.
«A la lumière de l'Union Créatrice, l'Univers
prend la forme d'un immense cône, dont la base so
distendrait indéfiniment en arrière, dans la nuit ; le
sommet s’élèverait et se concentrerait toujours plus
baut dans la lumière. »
(Op. cit., p. 33.)
Ici comme là, c'est donc tout en bas que se trouvent
les grands nombres représentant le Monde, Et la conclusion de P. Teilhard de Chardin est aussi platonicienne
qu'universelle : trois fois il répète
« Tout tient par en Haut. »
(Op. cit., p. 37-38.)
constituant le Monde.
En second lieu, les tableaux ennéadiques permettaient
la facile lecture du nombre sacré correspondant à un
nombre naturel où inversement la lecture du nombre
naturel correspondant à un nombre sacré. Ils étaient à
co titre aussi indispensables aux mathématiciens qu'aux
astrologues et numérologues qui les utilisent encore auUtilisation des deux tableaux d'ennéades
jourd’hui.
L'ennéade triangulaire, constituée par les nombres
sacrés correspondant case pour case à leur nombre naturel, permettuit aux initiés de connaître à quel emplacement du Monde les projetait lo divin caleul de leur
nombre sacré, aussi bien dans lo Temps quo dans
l'Espace.
Les Anciens ne pouvaient donc s'étonner de rencontrer dans la suite des nombres sacrés la quasi totalité des
nombres arithmologiques remarquables. En voici quel-
Les tableaux d'ennéades permettaient aux Auciena de
se livrer aux opérations qu'évoque la phrase d’Empédocle :
« À un moment, l’Un se forma du multiple, à un
moment, il se divisa et de FUÜn sortit lo Multiple. »
La première de ces deux opérations est la contraction
à la monade qui se pratique encore aujourd'hui sous le
vocable de « réduction théosophique ». Elle a toujours
134
ques-une.
—e
=
Cette opération
avait pour objet de fuciliter l'identification des caraotéres arithmologiques des grands nombres en les rapportant à ceux bien définis des premiers nombres, les 9 monades, ou mème de nombres plus élevés.
La figure 3 montre en effet que les nombres résiduels
des nombres de chacune des ennéades constituant l’ensemble du Monde occupent dans le premier tableau
celui du Monde en 9 pythagoricien, la même place qu’occupait ce nombre origine dans son propre tableau. Les
nombres résiduels ont été dans chaque case entourés d'un
cercle ; ce sont les 9 nombres pour la réduction dans les
ennéades naturelles et seulement les 4 nombres 1, 3, 6, 9,
pour les ennéades sacrées. Cette réduction permettait de
ramener aux seuls caractéres bien connus des Nombres
du Monde en 9 les caracteres de l'infini des Nombres
homme
S1unensnaoRE
135
uel
Saet—nr_e
Page 15
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)Origine naturelle
elles sont innombrables ; la manipulation des ennéades
nous en a révélé chaque jour de nouvelles, Si cela vous
Nombre divin
ou sacré
1
1
2
3
Dieu
La Trinité, début de la vie
terrestre
3, 7, 31, 64
6, 28, 496 et B128 nombres parfaits
4,8
10 et 36 les deux tetractys — bases
du système d'unité babylodistrait, vous pourrez par exemple calculer les particularités des nombres sacrés de la série naturelle 1, 10, 100,
1000... 10%, Nous considérons aujourd’hui comme de
nuiplon curiosités mathématiques co que nos ancêtres
considéraient autrefois comme des manifestations de 1'Ordre du Monde : Pintérét de ce genre d'opérations s'en
trouve bien diminué.
peo
.—-—o€—€em_m—s —n.in
arse =
nien ot sumérien des sars.
36
666
sans doute le nombre aymbolique le plus remarquable (celui de la Bête de Saint Jean
entre autres)
6, 66, 666
21
2211 222111... les représentations chiffrées de Dieu et du
Temple
7
28
le mois lunaire
11
66
génératour do 2211
17
153
=
I +
5 + 3, égal à la
somme des cubes de sex composants (nombre des poissons
de la Pêche miraculeuse)
21
231
nombres ; mais le monstre hypertrophié qu'est notre
civilisation comptable a paradoxalement fait disparaître
la philosophie de ce même nombre.
le nombre de la Cabale
et bien d'autres encore (55,
136, 210, 300, etc.).
:t.è.Lae RBetLAewT2oustrOa
Mais quoi que l’on puisse penser de ces pratiques
(« Ces puérilités furent cultivées à Rome du temps de
la décadence », dit le Larousse du xx" siècle parlant de
Varithmologie), il faut d’abord constater qu'elles ont
existé et ensuite que nos grands-pères devaient être assez
doués en la matière, puisque leurs messages, enfermés
dans les tracés ou dans les q nombres » ont résisté près
de deux mille ans à la perspicacité de leurs héritiers.
Devant cette généralisation, qui exprime un sentiment profond, on peut dire qu'il y eut alors un Age du
Nombre, comme il y avait eu auparavant l'Age du
Bronze ou l’Age du Fer. Il faut bien constater que cette
civilisation a aujourd'hui disparu et bien disparu, submergée par l'usage permanent que notre époque fait de
la logistique. Aujourd'hui, tout se chiffre au moyen des
120,
Les particularités arithmétiques de pareils tableaux
avaient frappé Newton, Pascal et leurs contemporains ;
136
137
aElÀ
GmeactloeE. Tpaer
-
=
=
M
"c7—oSprreiNoliomnsàue+at.me.