Remarques a propos des feves de Pythagore

Auteur
Bourquelot, M.E.
Publié dans
Comptes Rendus Hebdomadaires des Seances et Memoires
Année
1904
Sujet
BEANS
Langue
Français
Catégorie
C9 Médecine
Numéro d'archive
832

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Cosptes Renäsz Ge Biologie, I Hebdomada:res - des Séances et Mémoires 1964 - p.861-862 de la Société | ILEMANQUES A PHOVOS DES FÉVES DE PYruaGone, Baa à RoutaQuetorne par M. Est. BounqueLor. ot On suit que les Pylhagoriciens s'abstenaient de manger la chair des animaux : C'était la conséquence de leur doctrine de la métempsycose. lls s'abstenaient également de manger les fèves qui constituaient, cependant, el constituent encore un aliment fort apprécié des peuples médilerrancens. On croit généralement, d'après Clément d'Alexandrie, qui vivail à la fin du n° siècle, que cette dernière abslention provenait de ce qu'on altribuail aux fèves la propriété de rendre les femmes stériles. A ce comple, Pylhagore eût pu ne pas les défendre aux hommes. La veritable raison me parait être celle que donne Lucien dans un petit opuseule intitulé : Les sectes à Tencan. L'écrivain met en scène une vente des philosophes aux enchères, dans le but évident d'exercer sa verve caustique à l'égard des doctrines philosophiques de l'ancien monde. C'est Mercure qui, dans celle vente, représente, en quelque sorte, le commissaire-priseur. C'est lui qui appelle successivement, pour les présenter au public, Pythagore, Diogéne, Démocrite, Socrate, Épicure. Mais les acheteurs veulent savoir à quoi ceux-ci pourront bien leur servir, cl ils les interrogent. Pythagore expose done, d'abord sa doctrine, puis sa maniere de vivre : « Je ne me nourris, dil-il, en dernier licu, d'aucune chose qui ait eu vie; je mange de lout le reste, exceplé des fèves (1). » El comme l'acheteur s'élonne de celle exception singulière, Pythagore s'explique : F « Je les regarde comme sacrées. Leur nature a quelque chose d'admirable, car elles renferment toute espèce de généralion : si tu dépouilles des fèves vertes, tu verras qu'elles ressemblent beaucoup aux testicules de l'homme, et si, après les avoir fait cuire, lu les exposes pendant un certain nombre de nuils aux rayons de la June, elles te donneront du sang. » L'explicalion, si l'on se reporte à l'époque où elle fut donnée, ne parail pas aujourd'hui aussi ridicule qu'elle le paraissait à Lucien. Evidemment, on avail dû observer, sur des fèves cuites, le développement spontané. de quelqu'un de ces microbes chromogènes dont les cultures ont une lelle ressemblance avec des tuches de sang frais, qu'on comprend que les anciens aient pu s'y tromper. Le fait a frappé Pythagore qui y a vu une preuve de la nature animale de la fève. Il m'a paru intéressant d'étudier la manifestation du phénomène. Je n'ai pas cru devoir, pour cela, exposer des fèves cuites aux rayons de la (1) Traduction de Belin de Ballu, revue par Louis Hambert. Paris, Garnier frères, 1806, p. 222.

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SOCIÉTE DE RIOLOGIE un bacille chromogéne bien lune: mais je les ai ensemencees puavec les conditions perconnu, le bacille de Kiel. J'ai ainsi conslaler que ction de laches produ ante mettant d'obleuir facilement une abond Il faut que les gore. Pytha rouges sont précisément celles qu'indiquait o s; autrement, fives vertes soient déponiliées de leur tégument el euile est, apres mieux Le ement. arfait qu'imp on ne réussil pas ou on ne réussit de les tées, humec ent ablem préal fèves avoir stérilisó à 110 degrés les re -quat vingt nt penda s degré 43 à e l'étuv à ensemencer, de les porter du laboratoire (18 à henres, puis de les abandonner à la températurefèves sont recouvertes 20 degrés). Au bout d'une huitaine de jours, les rience réussit nussi l'expé de taches sanguinolentes. Je dois ajouter que façon, — avec les haricots bien, — mais à condition d'opérer de la méme sunglantes Par sine association d'idées toutes naturelles, les fèves antes dont secs. de Pythagore reportent la pensée vers les hosties sangl s4 deux mille ans l'observation eut tant de retentissement mille huit cent ir. Cost, le plus lard. Des tableaux célèbres nous en ont transmis souvenreprés ente n, qui par exemple, la fameuse fresque de Raphaël, au Vatica yeux d'un prêtre aux ante le miracle de Bolsena : l'hostie apparait sangl Coello, à io incrédule. C'est encore le lableau du peintre espagnolie,Claud l'hostie qui de sacrist la l'Escorial, qui représente la déposition, dans s protestants s'était converte de sang à Goreum (Hollande), des soldal l'avant foulée aux pieds (1525). ine est la Il est curieux de rapprocher res phénomènes dont l'orig docdeux de i l'appu à ues invoq étre même, el qui out pu, cependant, trines philosophiques ou religieuses si dissemblables. Avec un peu de réflexion, on saisit facilement la difference essentielle \ qui caractérise les deux interprélalions. Dans la doctrine de Pythagore, le phénomène était un phénomene naturel que l'homme pouvail reproduire. Dans la religion du Christ, c'était un miracle, c'est-à-dire un phénomène dont la production, contraire aux lois de la nature, exigeait l'ini tervention divine. gore qui avait raison. Pytha En réalité, el sur ce point particulier, c'est m=_—._———_—____—__—_w—w€w€—"r ___rr—rr—F—F———