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PETRE,Z .
HIPPODAMOS DE MILET ET LES PROBLÈMES DE LA CITE
DÉMOCRATIQUE *
PAR
ZOE PETRE
Personnage des plus intéressants de l’Athenes perieleenne, Hippodamos de Milet n'a pas manqué de susciter l'attention des auteurs
antiques aussi bien que des modernes !. Mais, bien que, à la suite des
affirmations catégoriques d'Aristote, il soit nécessairement situé parmi
les théoriciens politiques du V* siècle comme un représentant typique de
l'Aufklärung athenien *. ses thèses font d'habitude Pabjet d'un examen
plutôt rapide, et sa renommée d'architecte et d'urbaniste dépasse sensiblement celle du philosophe ?. C'était pourtant ainsi qu'il essavait de se
définir soi-même, puisqu'il se voulait Aoyws... meet 7%» Gayyv ober ni,
Il ne s'agit pas précisément de savoir si c'est en appliquant ses théories
qu'il aura tracé le plan du Pirée 5, ou bien si c’est son expérience d’architecte qui lui aura suggéré son projet de constitution idéale €, mais plutôt
d'apprécier la formation de sa pensée en envisageant l'unité de la polis
en tant que réalité matérielle et en tant que concept *, et ne point opérer
des distinctions qui ne semblent guère avoir été trop nettes à cette époque?.
* Nous remercions vivement Pierre Vidal-Naquet, qui a bien voulu aider par ses remarques sagaces à l'amélioration de cette étude.
3 Sources chez H. Diels, Fragmente der
Vorsokratiker, Y, 39 (27) (Arist. Pol. IL 7,
1266 a 36; 1267 b 20: 1267 b 22: VII. 11. 1330 b 21; Hesych. s. u. ‘Irrodauns viuno:si
Harpokr., s.u. ‘Inmodauela: Strabo, NIV, 654; Diod. XII, 75; Schal. ad. Aristoph. Egu..
327). Bibliographie moderne chez Fabricius, s. u. Hippodamas (3), RE. VIII col. 1731-1733
el plus récemment chez R. Martin, Recherches sur U Agora grecque, Paris. 1951 ct surtout
L'Urbanisme dans le monde grec, Yaris, 1956.
2 A. Lesky, Gesch. der Gr. Lilleralur?, 1963, p. 488.
® Y, Fabricius, loc. cit.; cf, cependant les judieieuses remarqnes de P, Levèque et
P. Vidal-Naquet, Clisthéne l'Athénien, Paris 1964, p. 124.
4 Arist., Pol., II, 5, 1267 b 28 sq.
5 F, Hirschfeld, Berichte des Sachs. Ges., 1878; K. Milchhófer, dans Curtius et Kaupert,
Karten von Allica, 1, p. 29,
€ Fabricius. loc. cit.
? Y, Levéque et Vidal-Naquet, loc. laud.
* Thueydide. I, 10, 1—2, insiste
pour distinguer l'aspect extérieur d'une polis de sa
force polilique reelle: la manière très appuyée dont il
qu'il exprime une opinion très personnelle.
SU, NII, 1970, p. 33-33
è
—
n
82
Bucuresti
souligne son idée
nous
fait
penser
Pagina 2
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)Il est vrai que les sources, à l'origine desquelles se trouve le passage
adéja cité de la Politique, nous transmettent une image bien sommaire de
l'excentrique et frileux ami de Périclés. Mais il est vrai aussi que, étant
donné le but d'Aristote — de passer en revue ses devanciers — le résumé
des théories juridiques et constitutionnelles du Milésien nous permet
d'essayer une interprétation plus approfondie de sa pensée.
Il apparaît tout d’abord qu'Hippodamos, de même que ses prédécesseurs et ses contemporains, considérait la philosophie politique comme
étant le corollaire d’une théorie de la nature. Quels pouvaient être les
coordonnées, les éléments distinctifs et personnels de cette philosophie
meet chy ödyv ouoiv nous semble bien difficile à savoir; la division tripartite des terres de la cité — terre sacrée, publique et privée — pourrait
suggérer, en dehors de l'obsession du chiffre trois, la vision d'un xéopos
fondé sur l'harmonie du divin et de l’individuel obtenue par l'entremise
de la cité, tandis que sa théorie, toujours triple, du jugement semble
explorer, entre l'existant et le non-existant, le domaine du possible et
du doute.
Comme il nous semble impossible d'aller de l’avant dans ces suppositions et de reconstituer les rapports — qui devaient néanmoins exister
— entre l'ensemble de la philosophie et les théories constitutionnelles du
Milésien, nous nous bornerons à réexaminer ses idées politiques. Le
texte, bien connu d'ailleurs, du résumé aristotélicien mentionne quelques
idées fondamentales d’Hippodamos sur la cité idéale, à savoir:
1° — Limitation du nombre des citoyens à dix mille *.
2° — Division des citoyens en trois classes, selon leurs occupations
(artisans, agriculteurs et guerriers).
3 — Division
tripartite du territoire de la cité : terre sacrée
(lep&),
terre publique (ôruociæ) et terre privée (1dia)?,
4° — Gouvernement de la cité par des magistrats élus par l'assemblée comprenant les membres des trois classes.
5° — Division tripartite des matières juridiques (outrage, dommage
et homicide).
6° — Création d'un tribunal supréme des anciens — trois possibilités de réponse du jury (dans les procés en première instance) : coupable,
non coupable, partiellement conpable.
Aristote trouve ce système critiquable sous presque tous ses aspects,
mais les objections du Stagirite ne nous intéressent pas en elles-mêmes,
puisque nous ne comptons nullement démontrer que la constitution proposée par Hippodamos aurait été viable. C'était, sans aucun doute, une
utopie, bien qu’elle empruntàt certains traits à la réalité politique qui
lui était contemporaine; la seule question qui se pose est de savoir quel
était son sens par rapport à ces réalités, quelle attitude politique était
PArist.. Pol. 1267 b31 sqq. V. les remarques
sq.
sur
l'application
pratique
de
cette
thèse
de R. Martin, L'urbanisme
dans
le
tracé
des
enceintes.
... p. 121
K.
Marx
soulignail que l'effort de limitation des cadres de la polis. manifeste dans la théorie et la pratique des cités, correspondait à une incapacité objective d'extension de la cité, derivant,
en dernière analyse, des particularités des rapports sociaux qui leur étaient propres.
10 R, Martin, op. cit.. p. 99 sq. souligne que le trait
essentiel de cette division sur
le plan urbanistique est la prépondérance absolue des fonctions
rapport aux aspects privés de la vie des villes.
publiques de Ja cité par
à Yorigine des projets constitutionnels de l'architecte milésien. Or, la
plupart des auteurs modernes, tout en signalant éventuellement les échos
postérieurs de la pensée d’Hippodamos, l’isolent en fait de ses contemporains; en dehors de quelques constatations de principe sur ses rapports
avec Périclès, sa pensée n'est presque jamais intégrée à celle de son
AS
E19-A3ClBa
4,
époque
Il n’en est pas toujours ainsi; nous pensons d'abord à une étude
de L. Gernet 1° qui, en essayant de démontrer que le chapitre de la Constitution Athénienne concernant les dix archontes de 581 av.n.è. cachait
un projet constitutionnel de la fin du V* ou du début du IV° siècle, interpolé dans le texte d’Aristote, est amené à discuter le sens des theories
d’Hippodamos, inspirateur — à son avis — de l'auteur du chapitre
incriminé. Ses conclusions à ce sujet sont catégoriques: la théorie hippodamienne était conservatrice, réactionnaire même, préfigurant les essais
oligarchiques de la fin du V°siècle qui opposaient les ¿zx rasegiuevor
aux autres citoyens 15.
Les arguments de L. Gernet s’appnient surtout sur le rôle assigné
aux hoplites #, sorte de nouvelle aristocratie ®, dans les projets constitutionnels des oligarques de la fin du V* siécle, ainsi que dans l'œuvre
de Platon!®; il en déduit que les théories hippodamiennes, point de départ
de ces thèses sur le rôle des « guerriers », étaient tout aussi peu démocratiques, Ceci n'est sans doute pas vrai en soi, puisque le point de départ
d'une théorie constitutionnelle n'est pas obligatoirement orienté dans la
méme direction que cette théorie, surtout quand il y a une distance d'au
moins une génération — et une guerre — entre les deux. La thèse de
Gernet pourrait être vraie s'il s'agissait, dans les deux cas, d'une revendication identique en son essence méme et formulée dans des couditions
semblables; en d'autres termes, si Hippodamos avait demandé, comme
condition fondamentale de ses projets, le monopole Au pouvoir politique
conféré aux seuls hoplites, et ceci dans un cadre social qui opposerait les
órla Tapeyóúpevo, aux autres citoyens. En ce qui concerne ce dernier
aspect, nous ne croyons pas qu'avant la crise provoquée par la guerre,
durant les années de la politique péricléenne d'équilibre social, il y aurait
eu à Athènes quelque possibilité, même virtuelle, d'opposer les hoplites
aux citoyens plus pauvres.
21 Hippodamos nous semble avoir été, encore plus que cerluins autres de ses contemporains, la viclime d'une méthode de pensée. à vrai dire tres répandue. qui réduit latimosphère intellectuelle et le débat politique d'une époque à une juxtaposition de points de vue
isolés et non interprétés; nous nous bornons à rappeler, à litre d'exemple. T. A. Sinclair,
History of the Greek Political Thought. Routledge & Kegan [1959]. p. 63 sq. Or, il nous semble
évident que l'intérêt d'une recherche de ce genre réside, surtout à celle étape de nos
connaissances, non pas dans un inventaire des opinions. maintes fois rédigé. mais dans un effort
de cerner Ja problématique d’une époque historique. ainsi que les attiludes des contemporains par rapport à celle-ci.
12 L, Gernet, Les dix archontes de 581, Rev. phil.. 1938. p. 216 sqq.
13 Id., ibid., p. 226 sq. Gernet
écrit (p. 226) + Inutile
de
souligner
que
dans
celle
conception (celle d'Hippodamos), il y a un parti pris réactionnaire; mais le politique" est
réactionnaire par vocation ».
W Wilamowitz-Moellendorf, Aristoteles und Athen, 11. p. 217 sq.
16 L. Gernet, op, cil., p. 227.
18 Surtout dans Crilias (Gernet. op. cit. p. 226). ainsi que dans le IV® livre de la République (W. Nestle, Vom Mythos zum Logos. Stuttgart, 1940, p. 492).
Pagina 3
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)En ce qui concerne les projets hippodamiens en soi, Gernet pense
qu'ils avaient eux aussi le sens d'un monopole du droit complet de cité
détenu par les hoplites; il arrive à cette conclusion à partir des chapitres
5—8 (1268 a--b) du II° livre de la Politique. Mais ces chapitres ne comprennent pas la suite de l'exposé des théories hippodamiennes, mais leur
critique : Aristote déduit Imi-méme les difficultés, les conséquences logiques
et vraisemblables d'une éventuelle application des projets du Milésien,
en mettant en évidence leurs contradictions 17. La plus importante parmi
celles-ci est l'incompatibilité entre l'égalité politique des trois classes
hippodamiennes et la division spécialisée préconisée par l'architecte
;
Aristote veut dire que, conçue idéalement comme une démocratie, la
constitution hippodamienne aboutissait en fait à la domination des &+2œ
raséyovres. La démonstration d'Aristote a pour proposition initiale le
resume de la doctrine hippodamienne: «les artisans, les agriculteurs et
les guerriers participent tous au gouvernement » (ot se vis ssyvizar xxl at
yewpryol xal of 13 Omar ÉVOUTES xewwrvedo, 7%: modimela: navees) et ont un
droit souverain dans l'appointement des magistrats (xvstovs zlva 572 av
asyovrmy varaciceme). C’est Aristote et non Hippodamos
qui voit
les difficultés auxquelles cette hypothèse donnerait lieu en ce qui
concerne la participation des artisans et des agriculteurs aux magistratures
ou même au contrôle et à l'élection des magistrats 1%, [] s'ensuit, à notre
avis, que la constitution hippodamienne, dont l'auteur n'avait saisi
aucune des difficultés soulevées par Aristote, voulait créer une démocratie
complète
tout
en respectant et en codifiant la spécialisation des participants au gouvernement.
Mais, s'il en est ainsi, pourquoi compliquer les choses,
pourquoi
préconiser, au moment même où une démocratie tout auxsi complète
s'instaurait à Athènes et dans mainte cité grecque, une constitution par27 La transition du résumé à la critique est assez marquée. il
texte: Ta pèv odv masiota mai 7d pora Afıchoye 775
‘Inxodayoy
nous semble, dans le
idos
2907 darin.
'Anughosz Sav Tie nero pèv Thy Siaipeorv 200 nous Thy monte. OF co vas Tey
Ta...
“77... (Voici da plupart et les plus dignes d’interet parmi les opinions d'Hippodamos. Mais
a des doutes d'abord en ce qui concerne la division de la masse des cilovens.
Car
les
on
artisans ..., ete.)
18 Arist.. loc. cit., zovwsoler Ths noptteizg mates. ol uèv Yawsyoi nun Éyovrec Gr.
al dì seyvitat clive Av ot: Gn22. Dore Ylvuvrat oyedéy Soins thy cà Gra “exty neve,
Mereyerv pèv chy mxo sav ru@v détvaros... My, poréyovias de <7s moziretac nos clés
TE quis Eyery wpa thy roheszian; “AMAR Bet upelscevg elvar 7% RAR ye KEXTRUÉVOUS
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tratures...
Mais, n’ayant
la
pas de part au
gouvernement. comment seraient-ils bienveillants
constitution? Il est alors nécessaire que ceux ayant des armes soient plus
forts que les autres
classes. Ceci n'est point facile. s'ils
ne
sont pas
nombreux. Mais
en est ainsi. pourquoi les autres aussi devraient-ils participer au gouvernement et
s'il
avoir un
contröle souverain sur l'élection des magistrats?). P. Levéque el Y. Vidal-Naquet observent
justement, mais sans trop argumenter, qu’ fl n’apparait pas qu’une de ces classes jouisse d'une
prééminence quelconque... + (op. laud., p. 125). V. aussi T. A. Sinclair. op. cit., p. 64.
Dans un sens tris proche à notre pensée J. P. Vernant, Espace el
lique en Grèce
pp.
ancienne,
159--181 et surtout
Mythe
el
pensée chez
les
177 sq. Nous remercions
ce passage, des plus décisifs à notre avis.
Grecs,
Pierre
2-e
éd.
organisation
Maspéro.
Vidal-Naquet
de Ja pensée hippodamienne serait-elle suffisante pour expliquer cet essai?
Nous ne le pensons pas, sans doute, Mais si nous envisageons comme pro:
hieme central de la doctrine hippodamienne la possibilité de coexistence
d'une différenciation résultant des qualifications professionnelle: et de
l'égalité politique, le sens de son projet constitutionnel s'éclaire et est
mieux placé dans l'ensemble des débats politiques de son époque.
Il paraît, en effet, que, après l'instauration de la démocratie complète,
l'une des objections théoriques les plus souvent soulevées contre le « nouveau régime » était le manque de capacités égales de ceux dont la démoeratie faisait des égaux du point de vue politique. L'égalité absolue des
citoyens en ce qui concerne leurs droits politiques était mise en contraste
avec leur inégalité de capacités individuelles, surtout en partant de leur
spécialisation professionnelle de plus en plus marquée. Rappelons-nous
Socrate, qui demandait pourquoi seul l'art de gouverner la cité ne reconnaissait pas de spécialiste, et pourquoi «l'architecte et le forgeron, le
cordonnier, le marchand et le marin, riche ou pauvre, noble au roturier,...,
suns avoir rien appris par eux-mêmes, sans avoir jamais eu de maitre, se
mélent quand même au conseil »**, Et il nons semble digne d'intérét de
souligner Je fait que c'est précisément Protagoras qui est, dans le dialogue
platonicien, l'adversaire du point de vue cité: Protagoras, contemporain
d'Hippodameos. Le sophiste répondait à la même objection anti-démocratique, et d'une manière pas trop différente de celle d'Hippodamos : tandis
que celui-ci essavait d'imaginer
une démocratie complète fondée sur la
diversité de qualification de ses citoyens, VAbdérite annulait la même
contradiction en séparant explicitement le plan des capacités individuelles
- nécessairement inegales — de celui des
«sentiments politiques »,
xd: et bixy, également répartis
et perfectibles par l'éducation.
D'être ainsi englobée dans le débat qui lui était contemporain Y,
la pensée du Milésien gagne surtout en ce qui concerne la compréhension
de son attitude vis-à-vis des problèmes politiques les plus actuels soulevés
par Ja démocratie en fonction. Car si la théorie hippodamienne ne voulait
pas instaurer le monopole des hoplites, et si elle essayait de renverser
un des arguments — à vrai dire des plus efficaces — des adversaires de la
démocratie, il résnlie nécessairement qu'Hippodamos était lui-même
un démocrate, et que sa contribution à l'édification de YAthenes nouvelle ne s'est pas exercée uniquement sur le plan concret. En dépit
de
xataordozez. (Ils
purticipent tous également au gouvernement. bien que les agriculteurs n’aient pas d’armes, et Jes artisans, ni terres, ni armes, ce qui les fait êlre presque des esclaves de ceux
qui ont des armes, Il leur est done [en fail) impossible de participer à toutes les magisà l'égard de
tant non seulement des principes de l'égalité politique des citoyens, mais
aussi d'une division par métiers, disons de ceux-ci? L'obsession tripartite
Paris.
poli1969,
de nous avoir signalé
1° Plat, Profag., 318 d; ef. Nen., Mem.. 111, 7, 5, sq.
# Plal., Protug, 322 c-d. 'Egwra obv ‘Eguñs Alfa, siva obs pone duty, Ben val
sido Ardo miregov di al Tézvxr veviunat. odtw vai cazas veluw: Neviprrat dè ode"
= Eywy larger morsa lira. vai of not Syysovpyot ai dixnv BI, ai
zido 070 HG by mote dvipemzori. Y ext Tévrzas veiuo: "Eni mivia:, Éor, È Zeus, xa
miti: pereyiviove OF Yas Av Yivurzo mins, el Galyor alri uetizosev Gores div
LLPALIER
2 Si Pon acceplail la dalation haute pour les Atsodì 24%, datation récemment proposee
pur S.
Mazzarino,
If pensiero storico classico,
I,
Bari, Laterza,
1966, pp.
288-294. on
pourrail ajouter un troisième lémoignage de la même manière de peser des problèmes, et
vers la méme époque, En effet. l'auteur des Arsooì Ayo discute dans les mêmes termes de
spécialisation des méliers de probleme du tirage au sort des magistrats: bien qu'il ne reprenne
pas la discussion à
faquelle participaient Protagoras ou Hippodamos, il se sert du méime
type d'arguments.
Pagina 4
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)ZOE PETRE
à
o.
ses inconséquences,
l'image idéale de la
cité hippodamienne voulait
répondre, par tous ses aspects, aux besoins de la démocratie : le philosophe.
architecte collaborateur de Thémistocle, l'urbaniste de Thourioi, l'ami
de Périclès se rejoignent ainsi pour nous dans l'image unitaire d'une
personnalité cohérente intéressant au plus haut degré l'histoire idéologique de la pentékontaétie. « Classique » et florissante, cette étape décisive
dans l'évolution de la pensée démocrate en Grèce ne nous est, cependant,
pas connue dans tous ses détails, aussi la possibilité de reconstituer au
moins un des aspects du débat théorique concernant la démocratie agissante nous semble-t-elle digne de retenir notre attention **.
4p
4
Hippodamus Milesius. — Perne Z., Hippodamos de Milet et les
problèmes de
la cilé démocratique : StudClas XII 1970 33-38. | Sur la base du résumé d’Aristote, Pol. 11,5,1267b28 sqq., essai de reconstitution de la pensée d’Hippo:
damos qui se révèle favorable à la démocratie,
ve
5keds, LeA SIC
Bue cu rest; 5 oh Se ci suli
VB 743
que
nous venons de soumettre à l'attention du lecteur n'est qu'une enquéle préliminaire. et
22 Il apparaît avec évidence que la modeste
contribulion
qu’il y aurait intérèt
à l’approfondir, notamment en ce qui concerne les voies de formation de la conception hippodamienne de la cité et de ses particularités assez marquées. Il nous a semblé néanmoins,
qu'une telle recherche touchait à des matières trop nombreuses et diverses pour être entreprise
d'emblée, et qu’elle gagnait donc à être suivie par étapes.
Nous n'avons pu connaltre qu'après la rédaction de ce court mémoire le recueil Prohlômes de lu guerre en Grèce ancienne. dirigé par «I. Vernant. les problèmes qui y sont mis en
discussion — notamment par P. Vidal - Naquet et Ci. Mossé — ainsi que les méthodes à
partir desquelles on les a envisagés auraient sans toute beaucoup contribué à élargir les perspretives de notre modeste recherche.