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Pagina 1
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)En lisant le texte de Lucien Gérardin, j'ai d'ailleurs été parti.
culièrement heureux de constater dans certains passages plus qu'une
convergence avec ce que j'ai écrit il y a quelques mois pour le premier chapitre du tome V de l'Encyclopédie de l’ésotérisme, qui sera
intitulé : La Cabale science du Verbe. En fait, Lucien Gérardin
développe considérablement certains principes et ouvre des horizons
assez étonnants. Certes, cela l'oblige parfois à utiliser quelques formules mathématiques pouvant paraître rébarbatives à certains, mais
je peux assurer le lecteur qu'il ne sera pas deçu de l’ensemble!
Dix-sept et Cent cinquante-trois:
De Pythagore à la Cabale
#
LES
La disparition de Paul VI et l'élection du nouveau pape appellent
quelques commentaires que nous ferons dans le prochain numéro
d'Atlantis.
par Lucien GÉRARDIN
+
He
Je me permets d'attirer l'attention de nos lecteurs sur les diverses
manifestations qu'organise l'association Atlantis pour le quatrième
trimestre 1978. Le détail en est donné page 330, mais je souligne
particulièrement l'intérêt exceptionnel que revêtira notre 53° Banquet
Platonicien le jeudi 9 novembre prochain avec, notamment, le concours de l’éminent pythagoricien bruxellois Maître Jean Mallinger
auteur de « Pythagore et les Mystères » et de « Les secrets ésotériques
des Pythagoriciens ». De même convient-il de noter l'importante conférence que prononcera le 18 novembre le professeur Jean Richer,
membre de notre Comité d'Honneur, sur Symboles cosmiques dans
l'art chrétien en Grèce et en Italie. Enfin, j'incite tous nos amis à
retenir les dates des 2 et 3 décembre pour notre grande biennale
Arts et Littérature d'Esotérisme Traditionnel avec, notamment, la
présence de plus de cinquante auteurs.
En couronnement, je souligne tout spécialement l'excellence
des voyages d'étude que nous organisons et j'invite nos lecteurs
à se reporter à notre rubrique « Voyages » en page 380 et suivantes.
Jacques d’ARES.
Théodore avait fait devant nous des figures pour montrer que les racines de trois
et cing ne sont point commensurables à
l'unité. Il continua l'étude jusqu'à la figure
de dix-sept, et s'arrêta là.
(PLATON, Théétète.)
Le filet était rempli par cent cinquantetrois gros poissons. Et quoiqu'il y en eût
un si grand nombre, le filet ne se rompit
point.
(Evangile selon Jean.)
Pêche miraculeuse symbolique
Désemparés par la mort de leur Maître, les apôtres étaient
retournés en Galilée. Une fois, Pierre décida d’aller pêcher, mais
Prochain numéro :
à l’occasion de la parution de notre 300° numéro :
L'ŒUVRE D’ATLANTIS COMME PROPHETIE VIVANTE
aucun poisson ne fut pris cette nuit-là. « Le matin venu, raconte
l'évangéliste Jean, Jésus se trouva sur le rivage, mais les disciples
ne savaient pas que c'était Lui.» Ils jetèrent à nouveau le filet sur
son ordre. Quand l'engin de pêche fut tiré à terre, ils constatèrent
« qu'il était rempli par cent cinquante-trois gros poissons ; ef quaoiqu'il y en eût un si grand nombre, le filet ne se rompit point». Il
est clair que le nombre de Cent Cinquante-Trois pour les poissons
pêchés n'est pas quelconque, mais recèle un sens caché. Quoi de plus
simple alors que de recourir à la kabbale hébraïque ? Selon la vue
3. J'espère que ce tome V, qui aura pour titre « Les chemins de l'Initiation »,
va bientôt pouvoir paraître,
1. Evangile de Saint Jean, chap. 21, versets 1 à 14.
Pagina 2
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)classique des choses, le christianisme n'est-il pas l'héritier de la
Epsilon
Episemon
Zeta
Eta
Theta
Jota
Kappa
Lambda
Mu
Nu
Xi
Omicron
Koppa
d'une
D
Sigma
Tau
Upsilon
Phi
Chi
Psi
Omega
Sanpi
Notations numériques alphabétiques
des Hébreux et des Grecs.
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Gamma
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pse, chap. 5, versets 6, 7.
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GO 6
2. Paul VuiLrAUD, Traduction intégrale du Siphra
DiTzeniutha, Paris, 1930
(préface, p. 33, 34).
3. Paul VULLIAUD, La Clef traditionnelle des Evangile
s, Paris, 1936, p. 244.
4. Apocaly
©
fois d’un agneau, lorsque Jean le Baptiste
dit de Jésus venant à
©
milieu du trône et des quatre animaux, et au
milieu des vieillards.
IT semblait avoir été immolé. Il avait sept cornes
et sept yeux qui
sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute
la terre4». Mais
aucune liaison n’est établie entre cet Agneau et
la Pâques par l’auteur de l'Apocalypse. L'Evangile de Jean l’Apôtr
e parle une seule
D
:
« compler avec des cailloux ». Ce compte peut très
bien se mener
autrement que par des procédés kabbalistiques. Quelqu
es années
plus tard, le même auteur écrivait en termes analog
ues dans un
autre de ses ouvrages : « Bien que rédigé en grec,
le Quatrième
Evangile est rabbiniquement pensé. Mieux encore,
il est construit
selon un procédé symbolique familier aux Kabbalistes.
Ce symbolisme
correspond à des formules hébraïiques et non pas
araméennes, dont
les clés principales sont ha-pesah — 153, Et
un tel ésotérisme,
adopté pour un ouvrage de Haute Initiation,
est bien dans le procédé littéraire du même auteur, à qui est
attribué ce livre qui
s'adressait à des initiés3.»
L’Apocalypse décrit bien un Agneau : « qui se tenait
debout au
He
©
note juste l'emploi du mot fort technique : « pséphizô », qui signifie
Beth
Gimel
Daleth
5
En hébreu, comme en grec, les nombres sont notés à l’aide
des
lettres de l'alphabet. Le tableau donné ici fournit les corresp
ondances. La guématrie consiste à calculer la somme des valeurs
données
par les lettres d'un mot. On met ensuite souvent en corresp
ondance
deux mots ayant même valeur globale.
Paul Vulliaud a forcé plus ou moins le texte de l’'Apoc
alypse qui
ne fait nullement mention de « combinaisons guémat
riques ». On
| Aleph
4
guématriques ?, »
mt ON 6
de Saint Jean s'adressait à des “initiés”. Quoi qu'il en soit, il est
assez curieux de constater qu'au chapitre XXI, verset 11, les disciples de Jésus prennent dans un filet qui ne se rompit point 153 gros
poissons. Sans savoir lire les Talmuds, les Midraschim, etc. aussi
couramment que le journal, on s'aperçoit rapidement que ce nombre 153 est la guématrie du mot ha-pasah (l'agneau pascal). La
coïncidence a son intérêt surtout si l’on découvre pour l’ensemble
de cet Evangile un plan symbolique. Cette rencontre est encore plus
caractéristique par le fait que l'Apocalypse, ce livre rempli de symboles et de locutions kabbalistiques, est attribué au même
Saint
Jean. Chacun sait, entre autres, que la Bête a un nombre,
que ce
nombre est celui d'un homme. L'Apocalypse propose la résolution
de cette énigme àCS celui qui a l' intelligence” des combin
aisons
GREC
HEBREU
<AVUAA
pensée juive ! C'est ainsi que Paul Vulliaud écrivit il y a une cinquantaine d'années : « L'exégèse reconnaît quelquefois que l'Evangile
335
90
100
200
300
400
500
600
Pagina 3
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)lui : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui efface le péché du
mondes.» Il n'y est pas question d'agneau pascal. Ce dernier ne
fut point mangé au cours de la Cène, ce repas rituel où les apôtres
partagèrent, non le traditionnel agneau requis par la loi de Moïse,
mais le pain et le vin bénis selon la règle esséniennef. Ce fait suggère de rechercher de ce côté l'explication des cent cinquante-trois
poissons symboliques. Paul Vulliaud n’a pu le faire car il ignorait
(et pour cause!) les documents de première main que l'on a
ultérieurement trouvés dans les grottes des falaises de la mer Morte.
Cet auteur aurait pu toutefois découvrir le vrai sens des Cent
cinquante-trois poissons. En effet, juste après avoir parlé de l’intelligence des combinaisons guématriques dans l’Apocalypse, il signale
que : «c'est parmi les Docteurs de l'Eglise, le plus grand, Saint
Augustin, qui s'adonna avec une prédilection marquée à la mystique
des nombres !>.
Serait-ce 1à une explication ? Non, probablement, car il en existe une
s
153 = 1 + 2 + 3 + etc. + 15 + 16 + 17
de disposer ces suites les unes au-dessous des autres pour voir
apparaître un triangle : Cent Cinquante-Trois est le dix-septième
triangle, comme Dix est le quatrième, selon le schéma pythagoricien
célèbre connu sous le nom de Tetraktys :
5. Evangile selon Jean, chap. 1, verset 29.
6. À. DUPONT-SOMMER, Les écrits esséniens découverts près de la mer Morte,
Paris, 1949.
7. P. VuLzraUb, Traduction intégrale du Siphra Di-Tzeniutha, p. 34.
8. Àu chapitre 122.
est, lui aussi, un nombre triangulaire : le trente-sixième. Il a même
cette particularité d’être la somme de trois nombres triangulaires
remarquables : les cinquième, sixième et trente-cinquième, ce qui le
relie directement aux spéculations pythagoriciennes de Platon sur
l’'Âme du Monde, comme on le verra quelques pages plus loin :
45
1
15 =1+2+3+4+
1 +2+3+4+5 +6
1 + 2 + 3 + 4. etc. + 34 + 35
630
21
15 + 21 + 630 — 666
Féru de combinaisons guématriques, Paul Vulliaud n’a pas remarqué, ou n'a pas voulu remarquer celle qui suit, pourtant bien connue
puisque signalée dès le second siècle de notre ère par l'évêque de
Lyon, Saint Irénée?. Le préambule de l'Apocalypse proclame : « JE
SUIS L'ALPHA ET L'OMEGA, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui
était et qui vient, le Tout Puissant.» Lors du baptême (d’allure
essénienne) du Christ par Jean-le-Baptiste, ce dernier voit l'Esprit
divin, l'essence donc de l’Alpha et de l'Omega, « descendre du ciel
comme une colombe», Le mot grec pour colombe est : peristera.
Utilisant la table donnée plus haut, on voit que les deux sommes
À
sifs de la somme sous forme d'une suite de petits « cailloux », puis
En creusant dans cette voie, on s’aperçoit rapidement que Six
Cent Soixante-Six, nombre de la Bête de la Terre de l’Apocalypse,
OO
ce qui fait de ce nombre ce que les pythagoriciens appelaient un
nombre triangulaire. Le pourquoi de ce qualificatif se comprend
aisément. Il suffit pour cela de figurer chacun des nombres succes-
6=1+2+3
Mon M +
Effectivement
+2 +3 + 4
et comme Six, nombre parfait, est le troisième nombre triangulaire :
D D
bien meilleure dont la cié a été fournie par Saïnt Augustin : « Si
vous ajoutez deux à un, vous obtenez trois. Si vous ajoutez en plus
trois et quatre, vous obtenez dix. Si finalement vous ajoutez tous
les nombres jusqu'à dix-sept, le total obtenu fournit le nombre de
poissons. »
1
L
Dans son « Traité sur l'Evangile de Jean », ce Docteur de l'Eglise
latine note tout d’abord® que le ministère du Christ commence par
la première pêche miraculeuse, et se clôt par la seconde pêche miraculeuse. La première voit le recrutement des apôtres, la seconde
confirme leur mission. Le nombre de gros poissons pêchés exprime
donc le cercle des élus. Impair, Cent Cinquante-Trois est, selon la
numérologie mystique pythagoricienne, stabilité et perfection. Saint
Grégoire remarque qu'il est même parfaitement impair puisqu'il
contient le carré du principe impair Trois : 153 = 3 X 3 X 17.
10 =
337
80
5
100
10
200
300
5
100
1
a
ô
801
1
800
801
sont bien égales. Mais égales en grec, non en hébreu! Ne peut-on
pas retourner alors l'argumentation de Paul Vulliaud, en affirmant
cette fois que « le Quatrième Evangile est pensé selon une symbolique familière aux pythagoriciens. Ce symbolisme a comme clé
9. Dans son traité Contre les hérétiques, livre 1, chap. 14.
10. Apocalypse de Jean, chap. 1, verset 8.
11. Evangile selon Jean, chap. 1, v. 32.
Pagina 4
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)principale le Dix-Septième triangulaire qu'est Cent Cinquante-Trois.
Le Nombre de la Bête de la Terre de l’'Apocalypse, Trente-Sixième
triangulaire, est l'autre énigme dont la résolution est proposée à
celui qui a “l'intelligence” de la numérologie pythagoricienne ».
Avant de voir plus en détail comment la pensée pythagoricienne
a influencé le christianisme naissant (et la kabbale mystique juive),
il n'est pas superflu de rappeler quelques grandes lignes de l’arithmo-géométrie pythagoricienne.
de tous les nombres, l’Un contient à la fois le Pair et l'Impair,
puisque comme l’a précisé Théon de Smyrne “ qui fut, peut-être, le
condisciple de Plutarque à l'école d'Ammonios 5
s
Un + Pair — Impair
Un + Impair = Pair
Deux et Trois ne sont pas réellement des nombres, mais les principes du Pair et de l’Impair. Les nombres ne commencent réellement
qu’à Quatre, étant générés par l'Un, le Pair et l'Impair. Cette génération explique le sens symbolique attaché aux nombres de la
décade. Par exemple, Quatre se générant de ces deux façons :
Quatre — Un + Impair
Quatre — Pair + Pair
L’arithmo-géométrie
| La pensée authentique de Pythagore reste profondément enveloppée dans les brumes d’un passé presque fabuleux. Une chose paraît
sûre. Elle est rapportée entre autres par Aristote qui s'était soigneusement documenté sur les pythagoriciens. Celui-ci écrit dans sa
Métaphysique : «Ceux qu'on appelle pythagoriciens s'adonnèrent
les premiers aux mathématiques et les firent progresser. Nourris
dans cette science, ils estimèrent que les principes mathématiques
représentent les principes de tous les êtres %. » Et Philolaos, un des
premiers disciples de Pythagore à Crotone, enseigna : « Il n’est pas
possible qu'une chose, quelle qu'elle soit, soit imaginée ou connue
sans le nombre. Le nombre a deux espèces propres : l'impair et le
pair. Une troisième espèce provient du mélange pair-impair %. »
Plutarque reste surtout connu par ses Vies des Hommes illustres
traduites à la Renaissance par l'évêque Amyot. On connaît moins
son enthousiasme pour le pythagorisme. Elève du néo-platonicien
Ammonios, ce grec de Chéronée, petite ville voisine d'Athènes, fit, à
l’occasion d'un long séjour à Rome, connaissance de pythagoriciens.
Revenu dans sa ville natale, ses concitoyens l’honorèrent en l’élisant
Inspecteur des Bâtiments publics. Les Athéniens lui conférèrent
par la suite le droit de cité et le nommèrent grand prêtre de l’Oracle
d'Apollon à Delphes. Dans un des nombreux petits traités qui composent ses Œuvres Morales, il explique que «{e pair est toujours
imparfait car il lui manque quelque chose. Le nombre impair est au
contraire plein et complet; uni au pair, il conserve son caractère
puisque le résultat reste impair; uni à lui-même, c'est-à-dire à un
nombre impair quelconque, il produit le pair, montrant par là sa
fécondité. On ne peut le diviser en deux parties sans qu'il n'y ait
un reste. À l'opposé, le nombre pair uni à luimême se montre incapable de procréer l'impair et il se laisse aisément diviser ». Principe
résume en lui les trois principes et peut à bon droit prétendre être
la “ Mesure” de toutes choses. C’est pourquoi il y a quatre points
cardinaux, quatre âges du Monde fé, et aussi quatre évangiles.
L'arithmologie des nombres de la décade a survécu et c’est
presque toujours de cette seule connaissance fragmentaire dont il
s'agit l’orsqu'on parle aujourd’hui de « symbolique des nombres ». Il
n’en était pas de même autrefois : l’école pythagoricienne s'intéressait principalement aux familles de nombres en harmonie et tout
d'abord aux nombres figurés.
Il est si aisé de calculer avec la numération décimale de position
à dix chiffres différents seulement : 216, 153, etc. que l’on a invinciblement tendance à penser qu’il en a toujours été ainsi. Cette numération n’a pourtant que quelques centaines d'années de large usage.
Aux temps de Pythagore, on utilisait souvent une représentation
fort concrète, à l’aide de petits cailloux (calculi en latin, d’où calcul).
Quoi de plus naturel que de ranger ces cailloux en figures géométriques simples. Le plus ancien témoignage à ce sujet est celui d’Aristote : « Eurytus décidait quel nombre appartenait à telle chose,
par exemple que ce nombre particulier était le nombre d'un homme,
celui-là le nombre d'un cheval. Il faisait avec des cailloux des figures
semblables à ces formes, à la manière de ceux qui mettent les nombres en forme de triangles ou de carrés1.»
14. THEON de Smyrne, Exposition des connaissances mathématiques utiles
pour la lecture de Platon, trad. de J Dupuis, Paris, 1892, rééd. par Culture et
Civilisation, Bruxelles, 1966.
15. PLUTARQUE en fait l'interlocuteur de son opuscule : Du visage qui apparaît
sur le disque lunaire, où on parle de l'Islande, du Groenland et peut-être même
de l'Amérique.
12. Livre Î, paragraphe 985 b.
13. Fragment 3, édition de A. Ed. Chaignet (1873).
16. Magnifiquement commentés par Jean PHAURE en son Cycle de l'Humanité Adamique, Paris, Dervy-Livres, 1973.
17. Métaphysique, livre 1, paragr. 1092.
Pagina 5
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)Ce mode de figuration a des racines bien antérieures, comme
le montre la figure donnée ici, Ces personnages stylisés par des
de génération d’une famille ordonnée par l'expression : Croissance
par gnomon, le mot gnomon signifiant faculté de connaître. Le
gnomon est bien la connaissance de ce qu'il faut pour passer d’un
nombre figuré triangulaire au suivant. Au lieu d’ajouter les nombres
successifs, on peut ne considérer que les impairs successifs :
points arrangés en triangle figurent sur un vase de la culture protoindoeuropéenne dite des Champs d'Urnes, daté d'environ 1500 avant
notre ère et trouvé à Oedenburg. On pourrait multiplier les exemples
analogues. Le pythagorisme se rattache en effet aux plus anciennes
traditions de l'Europe; on l’oublie trop souvent au profit d’une
N
1
4
(
Egypte imaginée à qui Pythagore ne doit certes rien.
341
9 —
16
6066606000
©
=
Les premiers membres sont ce qu'on appelle encore aujourd’hui les
« carrés » des nombres 1, 2, 3, 4; en d’autres termes, les nombres
1, 2, 3, 4 multipliés par eux-mêmes, On peut aisément construire les
nombres carrés par un processus gnomonique. Cette fois, les gno4
,
mons ont une allure d’équerres
s’emboîtant
les unes dans les autres.
d
|
|
)
©
00000
LS
ENOMON/
:
Ces personnages stylisés
Croissance gnomonique des nombres figurés
triangulaire (à gauche) et carré (à droite).
préfigurent les nombres triangulaires pythagoriens.
L'addition des nombres entiers successifs génère ce
qu'on appelle
les nombres figurés triangulaires
les nombres carrés (et les nombres rectangulaires) que la figuration
ll
vi
© ©
1
Î
1+2
= 1+2+3
1 +2
On passe d’un nombre triangulaire au suivant en ajouta
nt au premier
une ligne droite de points. Les pythagoriciens désign
èrent ce mode
18. Reproduite d’après M. HOoERNES, Urgeschichte
des Bilgenden Kunst i
Europa, Vienne, 1898, planche XXIX.
I serait trop long de développer ici dans sa plénitude l'arithmogéométrie des nombres figurés Ÿ. On a bien perdu de vue aujourd'hui
l'importance de ces familles harmonieuses. Il n’y a en effet que pour
:
Fr
arithmo-géométrique permet le calcul des surfaces. Il n’en est pas
de même pour les nombres triangulaires (ni a fortiori pour des
nombres pentagonaux ou hexagonaux), ce qui limite leur intérêt
immédiat et direct.
19. Le lecteur intéressé peut se reporter aux ouvrages suivants : a) P. H.
Mic, De Pythagore à Euclide, Paris, Les Belles Lettres, 1950 (une somme
très complète); b) L. et G. GÉRARDIN, Le Mystère des Nombres, Paris, CAL, 1975
Pagina 6
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)©
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NA
= 2
6
12
20
30
( il
I
XXXXX
et
ON en <F EN 0
vient que le pythagorisme se trouve à l'origine du calcul différentiel ?
20. Chapitre 42, traduction de Mario Meunier, Paris, 1924.
21. Voir les pages 11 et 15 de la traduction latine de V. de Falco, Leipzig, 1922,
NI I
ou par multiplication des pairs et impairs successifs
outil de toutes les sciences et de toutes les techniques; mais qui,
En quoi le dix-septième nombre triangulaire posséderaitil des
vertus particulières ? Une fois de plus, c'est Plutarque qui nous
fournit la réponse. Dans cet admirable petit traité sur la sagesse
alexandrine qu'est Sur Isis et Osiris, il rapporte ce qui suit : « C’est
au dix-septième jour (du mois d'Athyr) que la mythologie égyptienne
place la mort d'Osiris. Or c'est l’époque où la pleine lune est particulièrement éclatante et complète. Aussi les Pythagoriciens appellentils ce jour “interposition” et ont-ils en général pour ce nombre
(dix-sept) une révérence sacrée. En effet, entre le nombre-carré seize
et le nombre-rectangle dix-huit, qui sont les seuls nombres-plans dont
il se trouve que les périmètres soient égaux à leurs aires, vient tomber le nombre dix-sept, qui s'interpose entre ces deux nombres, les
disjoint l'un de l'autre et est divisé par leur rapport, qui contient
l'entier plus un huitième, en deux parties inégales 2.» Une explication identique se retrouve dans un autre traité de numérologie pythagoricienne : les Théologoumènes de l’Arithmétique 1, Cette compilation anonyme du second ou troisième siècle de notre ère aurait
conservé une œuvre (presque perdue) de mystique des nombres du
syrien Nicomaque de Gérase (vers 100 de notre ère).
Le tableau donné ici expose en détail ce que Plutarque a brièvement résumé. On vient d'expliquer ce que sont les nombres figurés
de l’arithmo-géométrie pythagoricienne. On n’a considéré dans ce
tableau que les nombres rectangles. Théon de Smyrne, cet ami de
Plutarque, indique que les nombres figurés « qui ont un côté plus
long que l’autre d'une unité. s'engendrent de deux manières, par
addition des nombres pairs successifs
+ 8
+ 8 + 10
etc.
parmi les mathématiciens et les ingénieurs qui s'en servent, se sou-
Coupure dans les nombres plans
NN
2
6
12
0
30
si EN © LIN
Pourtant, les nombres figurés ont eu une importance capitale
dans le développement de la science actuelle. Âu troisième siècle
de notre ère, Diophante d'Alexandrie écrivit, après beaucoup d’'autres, un Livre des Nombres Polygones. À la Renaissance, le grand
algébriste Fermat étudia assidûment Diophante. Tout comme Pascal,
Descartes s’intéressa aux nombres figurés et écrivit en latin un
traité sur les Nombres figurés solides, construits sur les cinq corps
platoniciens : tétraèdre, cube, octaèdre, icosaèdre et dodécaèdre.
Leibniz eut connaissance en manuscrit du traité de Descartes. Le
procédé de croissance par gnomon des nombres figurés successifs
lui donna l’idée du calcul différentiel. Ce dernier est l'indispensable
Les nombres hétéromèques sont ainsi appelés parce que c’est l'addition de l'unité à l'un des côtés qui fait la première diversité des
côtés 2 ».
Théon de Smyrne appelle ensuite « nombres parallélogrammes
ceux qui ont un côté plus grand que l'autre de deux unités». Le
tableau donné ici généralise cette notion en distinguant les nombres
plans dont un côté diffère de une unité de l’autre, puis de deux
unités, ensuite de trois et enfin de quatre. On a également fait
figurer les oblongs pairement impairs, très voisins des nombres
linéaires (on les obtient en juxtaposant deux fois un linéaire). Les
nombres linéaires indécomposables et donc impossibles à figurer
sous forme rectangle sont ce qu’on appelle aujourd’hui les nombres
premiers À,
Comme on l’a vu précédemment, les nombres rectangles et les
nombres carrés sont les seuls pour lesquels la représentation figurée
permet des calculs géométriques, en l'occurrence le périmètre qui les
enserre, et la surface qu'ils contiennent. Les deux colonnes les plus
à droite du tableau indiquent ces quantités. Le périmètre d’un nombre rectangle de côtés p et q est 2p + 2gq. La surface de ce même
nombre est le produit p X gq.
On constate la véracité de la remarque de Plutarque. Le nombre
carré Seize et le nombre rectangle Dix-Huit sont bien les seuls dont
les périmètres sont égaux aux aires. On s'explique alors que l'apôtre
Jean ait choisi Dix-Sept pour signifier la clôture idéale du nombre
des élus. En-dessous, la clôture aurait été trop grande pour la quantité enclose. Au-dessus, elle aurait par contre été trop petite pour la
quantité à enclore. L’exaltation de Dix-Sept par son triangulaire
Cent Cinquante-Trois ajoute au mystère tout en se montrant fort
naturelle pour un esprit imprégné de pythagorisme comme devait
22. Ed. citée, p 43 et 45.
|
|
b
nombres
23. On notera la structure harmonieuse due aux alignements des
dans les colonnes des nombres figurés rectangulaires et carrés.
Pagina 7
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)NOMBRES PLANS DE TYPE
l'être l’apôtre Jean, issu, comme les autres premiers disciples de
Jésus, des milieux esséniens.
Cent Cinquante-Trois se relie à Dix-Sept d'une façon moins évi-
:
dente encore qu'intéressante. Exégète féru de numérologie biblique,
DES
3(1x3)
k(2x2)
6(2x3)
8(2xh)
_
9(3x3)
10(2x5)}
|
Lee)
L
5(1x5)
le pasteur E.W. Bullinger rapporte cette explication d’un certain
évêque anglican Wordsworth #. Celui-ci a trouvé que Cent CinquanteTrois s'exprime par une somme de carrés qui eût fait la joie de
l'algébriste Fermat :
153 = 122 + 3
Signifié par le nombre 3, le triangle rectangle isocèle de côté 12 a
pour hypoténuse à peu près 17. En effet, d’après le théorème de
Pythagore :
122 + 122 = 288 c 289 — 17?
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(1,2,3
Principes)
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I
[12(2x6)]
12(3xb)
a
D
|
1h(ox7)
15(3x5)
16(hh) || 6
|
20(hx5)
21(3x7)
22(2x11)
23
25(5x5)|}
26(2x13)
20
27(3x9)
29
30(5x6)
33
30
32(4x8)
33(3x11)
3k(2x17)
35(5x7)
36(6x6)||
37
2b
39(3x13)
LE
L2 (6x7)
L6(2x23)
32
33
34
35
36
38
39
40
38(2x19)
7
24
25
27
28
28(hx7)
bh(hx11)
16)
20
21
28
2h(Ux6)
bh3
L \F
Us|[_18)
18(3x6)
19
2
42
44
45
46
U5(5x9)
L8(6x8)
DIX-SEPT COHSTITUE UNE COUPURE
h9(7x7)Il_28
48
49
12.
s.
Revenant après ce long détour à l'explication de Plutarque, ïl
convient d’élucider la dernière partie de sa phrase : «le nombre
Dix-Sept qui s'interpose entre Seize et Dix-Huit est divisé par leur
rapport qui contient l'entier plus un huitième en deux parties inégales ». Effectivement le rapport
18
9
1
16
8
8
+—
==
divise bien 17 en deux parties inégales, puisque :
= 17
9 +8
L'intervalle musical de 9/8, ou ton, va nous entraîner du côté de
l'Harmonie des Sphères du cosmos. Mais auparavant, demandonsnous pourquoi Platon a parlé de Dix-Sept, en liaison avec les études
sur les quantités irrationnelles du mathématicien Théodore.
M, E. BULLINGER, Number in Scripture, its supernaturr1 design and spiritual
significiance, reed. 1969, Grand Rapids (U.S.A), p. 274.