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LA DOCTRINE DES QUATRE ELEMENTS
ET LA PHILOSOPHIE IONIENNE
« Píc mate cipt wat odpzvoD derepotveos
abräo tuo! yévoc odpdvioy, »
Inscription de Petilia.
Si mutilées soient parfois les formes sculptées lorsqu'elles
apparaissent à la lumière, les mouvements qu'elles éternisent
n'en ont pas moins dû à la terre bienveillante d’échapper aux
iconoclastes ennemis des Mystères et de surmonter la durée.
Le prestige du verbe, du nombre et de la forme orientée n’a
pas pu assurer aux idées confiantes dans la tradition orale et
la tradition écrite la mème permanence. Au lendemain
du
danger qui unit les cités grecques du Péloponèse et de l’Attique, riches en hommes, en navires et en monnaies, Athènes
prépondérante peut devenir le centre qui attire les sages des
côtes d’Ionie, du Dodécanése ou de Grande-Grèce,
de mouvement des croyances n'en est pas moins hostile à la continuité
de la vie spirituelle. La réaction qui se marque semble empêcher la conservation de livres qu'il eùt été facile d'acheter et de
soustraire à la destruction des cités. Plus tard, aux portes de
l'Orient, où de nouveau l'Éthiopie, l'Arabie, la Mésopotamie,
la Syrie, l'Asie Mineure, les Iles, la Grèce, la Grande-Grèce
viennent converger, les esprits qui se sentent en sympathie
avec les traditions, usent de ressources que n'avait pas à sa
disposition Aristote, et s'efforcent de rejoindre le passé. Les
REG, XL, 1927, n°184. ©. VA „Sea
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)LA DOCTRINE DES QUATRE ELEMENTS
ET LA PHILOSOPHIE IONIENNE
« Dig mals ‘ell mal odpavod derepotvios”
abrap duo} yévos odpdvioy. »
Inscription de Pétilia,
Si mutilées soient parfois les formes sculptées lorsqu'elles
apparaissent à la lumière, les mouvements qu’elles éternisent
n’en ont pas moins dû à la terre bienveillante d'échapper aux
iconoclastes ennemis des Mystères et de surmonter la durée.
Le prestige du verbe, du nombre et de la forme orientée n’a
pas pu assurer aux idées confiantes dans la tradition orale et
la tradition écrite la même permanence. Au lendemain du
danger qui unit les cités grecques du Péloponèse et de l'Attique, riches en hommes, en navires et en monnaies, Athènes
prépondérante peut devenir le centre qui attire les sages des
côtes d'Ionie, du Dodécanèse ou de Grande-Grèce, le mouvement des croyances n'en est pas moins hostile à la continuité
de la vie spirituelle. La réaction qui se marque semble empécher la conservation de livres qu'il eût été facile d'acheter et de
soustraire à la destruction des cités, Plus tard, aux portes de
l'Orient, où de nouveau l'Éthiopie, l'Arabie, la Mésopotamie,
la Syrie, l’Asie Mineure, les Iles, la Grèce, la Grande-Grèce
viennent converger, les esprits qui se sentent en sympathie
avec les traditions, usent de ressources que n'avait pas à sa
disposition Aristote, et s'efforcent de rejoindre le passé. Les
REG, XL, 1927, ne 184,
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)fragments qu'ils enchássent d'un contexte mystique ou dialectique sont redevables à l'usure des mots d'une obscurité apparente. Plus
rares, chargés de moins de sens et de moins
d'images pour être mélés d’une manière moins intime à la vie
publique des cités demeurées dans l'histoire et proposées en
exemple aux peuples modernes, ils n'ont pas, dès l’abord, de
puissance évocatrice. Les singularités de dialecte, qui assurent
à chacun son charme musical et son caractère, déconcertent.
Ce sont des pensées qui se côtoient et qui s'opposent. Sont-elles
accompagnées d'un commentaire, c'est en vertu d'un effort de
réminiscence. De la sorte la tâche des peuples modernes, si
aisée et si joyeuse quand il s'agit de comprendre les œuvres
des écrivains, demeure ingrate lorsqu'il s'agit de dire l'œuvre
des philosophes. Platon, Aristote, Épictète mis à part, la vie
spirituelle paraît douée d'une diversité admirable où l'esprit de
chicane le dispute à là fécondité. Elle est si étrange en mêmé
temps que les plus habiles d'entre les modernes se sont contentés souvent de transcrire, en
sagaces,
fragments
et
hellénistes plus ou moins
commentaires.
L’atmosphére
dans
laquelle les pensées ont pu s'épanouir, à laquelle elles tiennent
encore par leurs résonnances secrètes est pourtant ce qui
assure leur cohésion (1). Devant l’idée comme devant la forme,
comprendre est restituer toutes les puissances lalentes qui
assurent la vie de l'être et le défendent des barbares.
Au cours des siècles l'Asie Mineure est le lieu de rencontre.
des peuples. Lorsque se décompose l'empire hittite, un groupe
d’immigrants possédant un dieu père, un régime patriarcal, des
armes de métal traverse l’Hellespont, s'établit en Asie Mineure
et refoule peu à peu vers les côtes Touraniens, Thraces et
Orientaux possédant le culte de Léto, la mère qui habite dans
la montagne avec les lions (2), et un régime matriarcal. Les
Mysiens demeurent à l'abri de toute influence au-delà de
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)I’Hermos; mais les Lydiens et les Lyciens sont transformés
par leur contact avec Jes Phrygiens et les Cariens. De Phrygie, centre des mythes, vient la flûte inventée, dit-on, par
Hyagios, père de Marsyas, à Kelainai (1), pour célébrer les
mystères de Köpn, Aapia, Act Aapra, la Grande Mère et ceux
de ‘Za644os venu de chez
les Sabéens et les Sémites. Les
danses, les libations, les dégagements de fumée, les gesticulations, les cris unissent les frénésies d'Orient et de Thrace pour
préparer la venue du dieu soumis tous les deux ans à l'&gaviopés
et à l’énupdvere (2). Sous ce besoin violent d’étreindre la vie se dissimule la science des étoiles et des nombres conquise sur les Hit.
tites. La Carie conserve le souvenir de chefs apportant du Nord
en Chersonèse, sur les côtes d’Asie Mineure, à Rhodes, à Cos,
à Cnide, en fils du soleil (3), le secret de la vie et de la mort.
A côté de Zeus portant le Zabrys ils installent ®ot6oc. Les
‘Héraclides, puis les Asclépiades, font de ce secret l'objet d'une
transmission héréditaire. Les Lydiens exploitent les mines
d'or, entreprennent la fonte et la frappe de l'électrum dès
l'avènement des Mermnades (4); au régime de l'hospitalité ils
substituent le caravansérail. Les Lyciens, hellénisés dans les
temps préhistoriques par les prêtres de Delphes et tenant leur
nom de la lumière, demeurent en rapports avec Delphes et
Délos, où tous les peuples viennent confesser leurs convoitises et leur désir d’être agréables aux Dieux. Au gré des
rythmes de l'histoire ces groupes mobiles et instables ont été
traversés par les Lélèges, les Libyens, les Sémites, les Palesliniens, les Phéniciens, les Hellénes. Ils ont eu avec l'Orient,
où les croyances foisonnent, des rapports mal définis, jusqu'à
(1) W. H. Ramsay, The Cities and Bishopies of Phrygia. Oxford,
(2) Rohde,
Psyché. Seelenkultus
1895, p. 412.
und Unslerblichkeit der Griechen.
Leipzig,
1894. Le Service Thrace de Dionysos.
(3) Cette dénomination se retrouve, en différents temps, chez les peuples du
Nord-Ouest américain et, dans l'Amérique du Sud,
parmi:les Aymaras.
C'est
sans doute qu'ils sont originaires du Sud. C'est ainsi qu'ils possèdent un certain
nombre de connaissances astronomiques et célèbrent le culte du soleil,
(4) Th. Reinach, L'Histoire
par les Monnaies, p. 902,
Pagina 5
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)ce que Cyrus impose une unité à l'Empire. Mille liens tissés
par un
où
mouvement de
va-et-vient les rattachent à Bleusis,
les Eumolpides unissent
le
culte des
grands Dieux au
culte des grandes Déesses, à l’Amphictionie associant douze
peuples, à Delphes, centre du monde, sanctuaire d’Apollon,
triomphateur de
Python, lieu sacré où les sages habiles à
manier les $figor, retiennent de la connaissance le pavtixy (1)
et laissent aux inspirés des Dieux la pavia, à Délos, à Lacédémone.
Aux colonies phéniciennes de Carie et de
succèdent
Rhodes
des établissements helléniques. En 1080, suivant
Ératosthène, sept villes ioniennes se fondent : Abdère, Éphèse,
Clazomène, Milet, Massilia, Téos. Unies par la communauté
d'un dessein mystique sous le patronage de oï6os, elles n’en
laissent pas moins le culte de Mocetd®y ‘Elxbvios se répandre
hors de Milet voué à Apollon et à Artémis, d'Éphèse voué à
Artémis Acuxoppuryn et 'Apynyérs, de Cos voué à Apollon et
à Héraclès. Les marchands s'établissent, cherchent des débouches. La voie qui unit au vm° siècle Corinthe, Chalcis, Samos,
Rhodes d'une part, l'Italie et la Sicile de l'autre, est dépossédée
par la voie qui unit Milet à la mer Égée, à Athènes, à Mégare,
à Érétrie en Eubée, à la Propontide, à la Mer Noire. Fondé sur
l'emplacement d’un village crétois, Milet, secondé par Chios et
Samos,
succède à Rhodes
(1) Xénagoras, qui
avait mesuré
et devient, comme détenteur du
le
mont
Olympe,
consacre
ses calculs au
temple de Delphes. Nausicrate l'Athénien y dépose une table d'airain contenant
une série de calculs; Hippocrate, un squelette. Et, selon toute vraisemblance, les
proportions des temples eux-mêmes ont une signification précise échappant au
vulgaire. La grande salle d'initiation mesure, suivant G. l'ougères, 54 m. 15 sur
51 m. 80 soit 368 m. 12 correspondant à l'année. Suivant Théon de Smyrne, deux
inéthodes peuvent présider à l'isoynola : « tà xatà tà ebpnuéva mpdobev Exrxpiverv
xal xará péxloyra mponfifeabat pépovres of piv dpidumtindg cwas, donee NaAdaloı,
peOddoug, of dè val yoappinde, banep AlyUnriot, mávees JV deu gusiodoyias ' Atehels
motovpevor tae peddbove, Sdov dux xal
ro pad., etc., 286.
oueinds meol toúruy éemiononely, » Tüv ward
x
Elles se retrouvent dans l'Inde : Léon Rodet, Sur la vérilable signification de la
nolalion numérique invenlée par Aryabhata et dans l'Asie Centrale; Gobineau.
Les Religions el les Philosophies dans l'Asie Centrale, pp. 35, 40. Elles inspirent
les notations numériques et algébriques de Byzance et de l'Europe occidentale
pendant le Moyen Age.
Pagina 6
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)sanctuaire d'Apollon et de l'oracle de Branchidai, centre spirituel. Sur ses monnaies il frappe un lion el une étoile (4).
Dans l’Ionie, où les temples sont ornés de décorations bleues,
rouges et blanches, les Hellénes adonnés au négoce se
groupent en supétwtat, forment des ëpavor (2). La nécessité
d'établir des comptes et d’enregistrer des contrats privés sous le
contrôle des dieux garants des serments les oblige à chercher
une liste de chiffres et de lettres qui puissent servir à l'usage
profane. Dépourvus des lumières des sages, pendant plus de
deux'siècles, ils tätonnent en recopiant les signes employés par
les Phéniciens et les Sémites, et en demandant aux manuels
de science astronomique en cours parmi les navigateurs des
cadres permettant d'établir des calendriers, de fixer les sons et
de nombrer les choses. Après des confusions, des métathèses,
des déplacements de valeur (3), ils établissent un: alphabet
stable et le manient avec assez d’aisance pour transcrire et
immobiliser la langue vulgaire. Ils s’abandonnent aux mouvements et aux périodes qui sont dans la nature pour substituer à la langue sacrée, incompréhensible et secrète, la langue
poétique qui ordonne la pensée suivant les rythmes et les
nombres. A peine leur innovation a-t-elle rajeuni l’art des
inscriptions que, dans la région du Tigre et de l'Euphrate,
une réforme due au génie persan allège la pensée orientale.
Quand Cyrus
prend Babylone, il s'approprie l'écriture des
Chaldéens. Mais il substitue aux 444 signes accompagnés de
$2 variantes un système de 36 signes calqués sur le planisphère
de l’Euphrate (4). Ainsi, en deux siècles, les hommes à
(4) Robert Brown, Researches into the Origin of the Primitive Constellations
of the Greeks, Phoinicians and Babylonians, Oxford, 1899. Monnaies de Lydie
et de Mysie, p. 112.
(2) Ges épavo: étudiés par Foucart sont le type même des sociétés secrètes qui
se retrouvent dans certaines sociétés dites primitives. Comp, R, Lenoir, Le
Soulava et la Science des Aa (Revue de l'Institut de Sociologie, 6* année,
4925-26. Mai, p. 444).
=
(3) Au cours de ces mutations ils établissent des &quivalences et des modes de
notation secréte qui ont été étudiés par H. Diels dans Die Antike Technik.
(4) Robert Brown, Researches into the origin of the Primitive Constellations of
the Greeks, Phoinicians and Babylonians, pp. 39 à 41, 149,
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)qui la connaissance des choses sacrées est refusée deviennent
les détenteurs de richesses qui leur confèrent un pouvoir, les
‘affranchissent des scrupules et les incitent à pénétrer les mystéres de la nature, Ils vont au devant de
la connaissance
comme ils partent au devant de l’aventure sur les mers. Ils
ont forgé de quoi échanger les objets et de quoi échanger les
idées. Du pullulement des races autour de ce qui tente la convoitise humaine jaillit l'esprit.
Toutes les croyances transmises d’homme à homme au
hasard des abandons et des rencontres sur les marchés et dans
les ports se confrontent et s'éprouvent. Le contraste de l'être
vivant et du cadavre ébranle trop la confiance dans la volonté
de puissance pout ne pas faire naître l'image d’une vie secrèle
de l’âme dans un au-delà. Le contraste de l'homme moyen
docile aux tâches familières et de l homme qui désobéit pour
agir fait accorder à qui ose une origine hors de l’humain. Le
culte des chthoniens, des morts, des héros tempèrent la foi
dans la vie au milieu des terres (1). Les hommes pour qui
chaque acquisition est une conquêté sentent se réveiller en eux
le besoin de la prise. Toujours en activité et en calcul, ils
s'affranchissent des mythes de Zeus y0óytos, d'"Adns, de HMepoe-
| pon: Ils secouent les hiérarchies anciennes. Ils ne se confinent pas dans la vénération accordée aux héros dont l'âme
semble avoir passé dans le corps des athlètes, Ils ne savent que
leur lutte, la lutte de leur volonté avec un monde visible et
invisible fertile en danger
pour le corps et en. ruses qui
déjouent l'esprit. Annexer toul ce qui résiste fait partie de
leur entreprise. Mais ici annexer est comprendre, Alors comprendre devient démembrer,
:
La science des sanctuaires et celle des Asclépiades se refusent
& quiconque n’est pas initié. Mais, au cours des voyages, les
prêtres et les hommes versés dans les mystères de Chaldée,
(4) Rohde, Psyches die Heoren. — Der Seelen cultus.
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)d'Égypte (1), de Thrâce et de Phénicie (2) ne refusent pas de
s'entretenir des choses hutnaines et de remémorer les cataclysmes et les événements qui bouleversent les Empires. Les
clepsydres, les gnomons, les cartes célestes, les cartes dés
parties de la terre rendent plus précis encore des esprits
accoutumés à compter et à mesurer l'argent avec exactitude,
Des machines dont le fonctionnement passait pour miraculeux
dans la pénombre des temples renforcent l'action des cités.
La nature est dévoilée par les peuples que de longs voyages
sur la mer et dans les déserts ont accoutumés à se guider
d'après les éloiles et à s'élever au-dessus du stade où les
hommes, plus sensibles à la mort et à la renaissance du
soleil qu'à la croissance, la maturité et la décroissance de la
lune, font tenir leur connaissance des temps dans les périodes
lunaires, dans les périodes stellaires qui marquent l’apparition
des éloiles, puis dans les périodes solaires contenues entre le
solstice d'été et le solstice d'hiver. La conduite méthodique
d'observalions faites toutes les nuits dans des conditions déterminées, à l'aide d'instruments, par des hommes versés dans
la
connaissance des
solide à travers lequel
étoiles, l'usage de
l’araignée, réséau
l'œil peut voir la position du degré
occupé par le soleil, la poursuite de ces observations pendant
des siècles ont permis de dresser la .liste des constellations,
d'étudier les planètes, et leur temps de révolution, de marquer
le moment où les étoiles se retrouvent dans la même situation les unes par rapport aux autres, d'accroître les murailles
du monde et de situer le ciel visible dans un univers infini,
au sein duquel le sysième solaire tout entier se déplace
:
.
(1) Diodore établit de la facon suivante l'action de Rhodes sur l'Égypte .
(V, 58-57) : « yevdobar 8? adrdus mal teyvdy iv edperic xal SAMY civ Ypmaliav,
sig tov Blov tiv aviporwy elonyneds... “Antic 8’ ele Alyumzov árdpas Entise thy "HRLOUmov. OÙ 82 Alysntion ¿ado map! aëroû cd mepl thy derpodoyíay Oemphpara + Larepov 82 mapd tole “Elmo! yevousvou nataxduopod val tov mAslaruy dvbpumuv droowévov, ouolws toúros val tà Già cov ypayındruy Oropvipara auvé6n wOapfivar : BU Hy
aitlay of Alyinmior, mudo ebderoy Aabdures, cEtoncrheaven rd Repl che dexpahoylag »,
(2) Suivant Posidonios la théorie des atomes est exposée, bien avant la
guerre de Troie, par un homme de Sidon, Möchos.
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)d'année en année pendant une période au terme de laquelle
il revient à son point de départ, et de prévoir les accidents.
L'établissement de tables, la nécessité de marquer la filiation
des dynasties et la succession des événements obligent la pensée à étendre sa numération familière limitée aux objets cou-rants et à concevoir l'infini, Les analogies remarquées dans
les résultats obtenus, les réflexions sur les opérations auxquelles le marchand soumet les nombres donnent naissance à
une science des nombres, où chacun des nombres qui exprime
les étoiles des constellations ou l’ensemble des étoiles apparaît
comme une entité propre douée de vertus parliculières, en
même temps qu'elle se résont en une multiplicité de points
qui, joints entre eux par des lignes, forment les éléments de
surfaces singulières génératrices de volumes, Se retourne-t-on
du côté de la vie? sous toutes ses formes, des vertus. Le hasard
montre le partage des rayons lumineux qui se laissent capter
et concentrer par des miroirs, ou bien qui irisent une goutte
d’eau.
L'air
léger s'élève
de
la surface de
la mer ou du
fleuve aux jours de grande chaleur. La boue grasse des terres
limoneuses se
laisse ordonner en volumes réguliers que le
feu rend consislants. Le feu dissocie le bois pour en dégager
de la chaleur et une flamme jaune dont le contour sitôt formé
s'évanouit dans l'air, Pertout, sous l'action du chaud et du
froid qui naissent des Saisons suivant un cycle, les éléments
se prêtent à des transformations qui les font apparaître comme
les ‘êtres générateurs des choses, L'expérience retrouve dans
l'organisme humain le jeu de liquides et de solides soumis
aux variations de température. Alors il devient possible de
concevoir le rythme qui embrasse l'ensemble des êtres animés et des créations. Sous les formes propres qui constituent >.
les êtres, les éléments constitutifs de tous les corps de la nature
entrent dans des proportions.définies qui peuvent recevoir une
expression numérique. S'ils sont eux-mêmes rapprochés les
uns des autres, leur nature et leurs qualités doivent pouvoir
s'exprimer par un nombre et une figure géométrique. Et, sui-
Pagina 10
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)vant qu'il s’abandonne au sens de la vie ou qu'il lui fait violence, l’ètre suit ou rompt en discontinuité immobile le mou7
vement du monde.
Cet ensemble de connaissances commun à des peuples sans
doute dépositaires d’une tradition plus ancienne (1) et porte
à son plus grand degré de précision par la Chaldée (2) reçoit
des savants grecs une expression particulière (3). Le xdop0¢ se
compose de sept sphères. La sphère la plus élevée, qui embrasse
l’ensemble du monde sans interruption, est constituée par le
feu absolu, aitip, dépourvu de mouvement, cause du chaud
et du froid, et par le cercle d'air, xvevua, dont le monde tire son
souffle. Au-delà il n’y a qu'un émetpov. En elle il y a, réunies,
toutes les conditions de la vie et de la mort, puisqu’aussi bien
il-n’y a pas de vie sans sang chaud et pas de chaleur sans air
permettant d’entretenir la combustion du feu ou de transmettre
les
radiations
du soleil.
Les
épithètes
qu'on
lui.
accorde, odpaviós, y&hxeos, moAbyadkos, suönpeos, xpuaTahdoerdris
n'emportent aucune idée de matière, pour être toutes visuelles
et correspondre à une sensation immédiate. La seconde sphère
—
(4) Vers la fin du xviue siècle, les savants, quand ils sont versés dans l'astronomie et qu'ils ne répugnent pas à la mystique, inclinent à voir dans les sciences
des sociétés anciennes
les débris d'une
science possédée par une civilisation
supérieure dont l'histoire ne nous est pas parvenue. Cette thèse est présentée
par Bailly dans son Histoire de l'Astronomie ancienne en 1175 et ses Lettres sur
l’Atlantide, 1180.
(2) Sayce, The Religion of ancien Ægypt and Babylon, Edimbourg, 1903.
King, Babylonische Religion and Mythology, Londres, 1899.
King, Babylonian Magie, Londres, 1896.
Ernst E, Veidner, Handbuch der babylonischen Astronomie, Leipzig, 1915.
Robert Brown, Researches into the Origin of the Primitive Constellations of the
Greeks, Phoinicians and Babylonians.
i
(3) W. H, Roscher, Ueber Aller, Ursprung und Bedeutung der hippocratischen
Schrift (Abhandl, der-philol. hist. Klasse der k. Sachs. Ges. der Wissenschaften,
1911).
Nul doute que l'expression ait d'abord été et soit demeurée symbolique. Elle
se trouve dans la décoralion des poteries comme dans les figurations des boucliers et les: dessins qui allégent les tissus, trame du monde. Il n'y a aucune
raison de mettre en doulè la judicieuse
interprétation de Houssay dans
les
Théories de la Genèse à Mycenes et le sens zoologique de certains symboles du
culte d'Aphrodite (Rev, Archeol., 1,96) et Nouvelles Recherches sur la Faune et la
Flore des Vases peints de l'Epoqiré mycénienne el sur la Philosophie préionienne.
Pagina 11
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)du ciel étoilé comprend les étoiles, au sein desquelles étoiles
fixes et planètes demeurent indistinctes, d’où se détachent
Arktos, Arkturos, les Pléiades, les Hyades, Seirios et Orion,
dont l'apparition, dans leurs rapports avec les mouvements
du
soleil et
de
la
lune,
détermine
le
cours
des saisons.
Aucune d'entre les étoiles ne donne la chaleur et la lumière
du soleil et son éclat semble bien être une réflexion. La troisième sphère est celle du soleil. Elle donne la chaleur: La
quatrième sphère, sphère moyenne, est celle de la lune, qui se
tient entre les choses célestes el terrestres, et qui est sujette
à l'accroissement et à la diminution. Sa position centrale dans
le macrocosme en fait le siège de la raison, l'âme du monde,
P'hyspovixóv. La cinquième sphère est la sphère de l'air. Elle
produit
par dilatation
et condensation
la
pluie,
l'éclair, . le
tonnerre, la neige et la grêle. La sixième sphère est la sphère
de l’eau.
Propre aux sources, aux fleuves, aux lacs et aux
mers, elle se prête, selon Jes températures, à l'évaporation ou
au gel. Sa température moyenne la rend vivifiante, La septième sphère est celle de la terre qui porte les animaux et les
plantes. Elle est nourricière, mayreópos, pour être pénétrée par
l’eau dont elle émerge à un moment de l’histoire du monde (1).
Or les Ioniens sont unis du même lien mystique qui unit
les villesioniennes. Formées au cours des temps par des synoeeismes,
elles
conservent dans
leurs institutions religieuses
(4) La division par sept permet de distinguer
:
1 vents: AnnAweng, Ropéné, dpxrios, Cépupos, Ah, véros, ebpos qui soufflent aux
saisons de l'année onopnréc, yeuuv, putadía, fap, Dépos, omupx, perórmopoy;
7 périodes dans les générations humaines : mausloy, mate, pepáxiov, veavlenos,
y Rpes6ueng; yéouv;
N
7 jours dans la semaine constituée par l'évolution de la lune;
7 ans dans l’année apollinienne au terme de laquelle la xAipa& met fin à une
période;
7 parties dans le corps humain :
ventre, bas-ventre et grand intestin
ête et visage, cou, viscéres, jambes, pieds,
=
7 parties de la.terre : Péloponèse, isthme de Corinthe, lonie, Hellespont, Bos-
-phore, Égypte, Pont Euxin et Palus Méotide;
7 étages dans les temples babyloniens.
Ce nombre se retrouve dans le Sephirot et Ja cosmographie du Zohar.
Pagina 12
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)et politiques, comme dans leurs croyances, le souvenir des
étapes franchies par les groupes humains qui les constituent.
Elles sont le fait de groupes poussés dans une méme région
par les tremblements de terre et les inondations. Ils ne sont
pas de même race. Ils n'appartiennent pas au même sol. Ils
n'ont pas la même expérience et le même degré d'humanité;
ils ne détiennent pas les mêmes secrets concernant la vie et la
mort. La force de leur caractère propre et de leurs vertus établit, au sein des relations, des hiérurchies. La souplesse des
idées et des mots permet la fusion de tous les apports et de
toutes les croyances dans les groupes les plus évolués, Des
sociétés dites secrètes se constituent gardiennes des traditions, observatrices fidèles des mythes et des rites (1). Entre
tous les faits de la nature, l’activité cosmique et l'activité
humaine, elles établissent des liens de dépendance réciproque.
Toutes les manifestations de la vie se groupent alors suivant
les orients. Le drame d’Eschyle désigne le Caucase comme le
lieu d'où viennent les groupes gardiens du feu, des métaux et
de la fonte. La cosmologie des Phéniciens, suivant qui la
terre flotte sur l'Océan, désigne Eridou et les villes anciennes
du golfe Persique comme le lieu d’où partit l’art des vaisseaux
pour reprendre en Phénicie une vigueur nouvelle. Ce sont les
Phrygiens immigrants qui répandent en Lycie, en Carie, en
Lydie et en Mysie le culte de la Terre Mère. Ces sociétés ont
pu emprunter au sol, au temps, aux langues des caractères
particuliers. Lors même que la fusion des croyances et la
-personnification des formes
ont assuré leur transformation
apparente, elles demeurent dans les cités ioniennes, réparties
sans doute suivant une dépendance que la soumission au Roi
de Lydie, puis au Roi de Perse, altère, sans l'empêcher de
demeurer sensible aux fluctuations qui, dans les cités de Grèce
(1)
Ces sociétés ont des caractères communs chez tous les peuples pour être
le fait de migrations, R. Lenoir, Les Expédilions maritimes dans la Mélanésie
occidentale (Anthropologie,
t.
XXXIV,
nv
5);
les. Sociétés. Secretes dans
Bassin du Pacifique (Anthropologie, t.:XXXY, nv 5 et 6),
Pagina 13
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)continentale et de Grande Grèce, portent tour à tour les partis au pouvoir,
Vers le début du vi’ siècle, un mouvement des peuples d'Asie
vers la mer pousse les rois de Lydie, puis les rois de Perse,
à poursuivre la sujétion de l'lonie, qui concentre sa résistance
autour de Milet et autour de Samos, L’action de Crésus, allié
aux Lacédémoniens, à Amasis, aux Babyloniens, la défaite des
Médes par les Perses, le triomphe de Cyrus, un règne de Cambyse
pendant sept ans et cing mois, le gouvernement d’un
Mage, la conjuration des Sept à l'instigation d’Otanès, le massacre des Mages, la retraite d’Otanès, l'accession au
pouvoir
de Darius, ancien garde du palais, sensible aux suggestions
d'Atossa, l'avènement de Xerxés sensible aux suggestions de
Mardonios,
les
dissentiments
des
cités,
les
alliances
des
familles assurent la continuité d'un même dessein. Seuls à
comprendre
l’étèndue du danger
pour embrasser dans son
étendue le monde hellénique avec la facilité du navigateur,
les Ioniens temporisent, marchandent leur concours, nouent
des intrigues, équipent armées el vaisseaux et confient leur
vision du monde, qui est esprit, aux mots immortels, Ils osent.
Sans doute ils ne possèdent pas la science fondamentale des
astres, constitutive. du xéomos, puisque l'ingéniosité de leurs
observations
individuelles
est
impuissante à
vaincre
|
lacunes et les hypothèses enfantines. Par commodité et pa
tempérament, ils s'en tiennent à ce qui s'observe dans une vie
d'homme
el. qui
peut
recevoir
comme
mesure
une
vie
d'homme: tout ce qui est soumis à la génération (1). Ils demeurent étrangers aux cosmogonies et aux cosmologies mettant en
œuvre, sous les mythes, les nombres astronomiques obtenus
par la Crète ou par la Chaldée (2). Ils admettent tous une
(1) C'est le sens trés simple qu'il semble falloir accorder à ge dont John
Burnet, dans L'Aurore de la’Philosophie grecque, tr. fr., donne, p, 13, une interprétation trop savante.
(2) La Theogonie d'Hésiode fait sortir par couples, de Xdox, "Bpe6os et NUE, Tate
et Téprap, puis "Epo<. Ils correspondent à 66 (62 et 47), (14 et 24), 55 ou 66, 109,
38, 55 remarquables par les réduplications.
Xáog et *Rpos constituent 424. La
Pagina 14
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)doctrine qui se dégage avec quelque cohérence des fragments
rapprochés les uns des autres. A partir d’un état d’union antérieur au monde actuel, la puissance agissante et la matière
plastique se sont séparées. Si la puissance agissante demeure
le propre de la religion, les r40n de la
matière constituent
quatre éléments, quatre swparıxa ororyeta, le feu, l'air, Peau,
la terre, qui se retrouvent en proportions définies dans tous
les êtres organisés, et qui correspondent au haut, au milieu, au
bas, et à la direction absolue: Suivant un rythme alterné qui
brasse sans cesse la matière, ces éléments s'associent les uns
aux autres ou se séparent les uns des autres par voie de süyxptais ou Stdxoises, selon qu'ils obéissent à l'attraction ou à la
répulsion. Ils sont sensibles à l'action du chaud et du froid, de
différence de "Fp:60; et NUË et de Pata et Téptap constitue 121, Mépos et Kip ou
112 sont distants de 3 de "Epe6og et NUE. Odpavde et ’Queavés ou 186 sont distants
de 11 du même couple.
Les 3 Parques KAwdw,
Adyeot, “Arporos correspondent à 262, soit la partie
sacrée de l'année.
Les
poèmes
attribués 4 Musée
et Orphée
« SeXfwns xaè Movodv éxydvwy
»
semblent bien refléter, quand ils évoquent « 6 Béac apyhy nal tedevthy xal pésa
tiv övruv érdvruv Eyuvi», le coura même de l'origine de la triade.
La Théogonie d'Épiménide, présente ’Año, Nut, Taprap et 8do Tirdvis, Taprap
est antithétique de NU,
La somme de l'un et de l'autre correspond a 121.
La
somme de “Arp et des Tiráves correspond è 55: Les différences correspondent à
34. Les sommes correspondent à 276 ou 69 x 4. L'union des couples Pate Oüpæyds, ‘Queavds Indus, Xpóvos ‘Péa, Zedc “Hox engendré un nombre remarquable par
ses vertus mystiques : 444, Il correspond d'une manière rigoureuse au nombre
de 444 signes néobabyloniens. La difference de l'ensemble 268 aux 7 sphères ou
537 est de 269.
y
Avec Phérécyde de Milet, la méthode devient constitutive d'une science dans
la mesure où la 6eohoÿlx remplace la Geoyovla. C'est qu'il lui apparait nécessaire
de contenir dans le 600; les observations et les expériences physiques qui
donnent aux esprits une orientation nouvelle. Son système a fait, de la part de
Eisler, l'objet d'une interprétation minutieuse. La suite de 24¢, ypóvos, #ôwv correspond à 492. Xpóvo; engendre
rüp, nvedua et SSwp qui correspondent à 185. La
somme est 377. La différence est 7. Le rapport avec le système numérique initial
d'Épiménide est de 101, La différence de l'ensemble 377 aux T.sphères ou 637 est
de 160.
y
Dans le système ultérieur de Acousilaos, qui engendre, à partir de X40g, "Rpe605, Nuk, Alóñp, "Epwe, Mitts, se trouvent les proportions suivantes: le rapport
de Xäoç à Marte est de 4. Le rapport du couple Atéhe MAriç ou 106 au couple
"Epeßos NUE, ou 109, est de 3, La différence de l'ensemble 346 aux 7 sphères ou
537 est de 191.
Pagina 15
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)Vhumide et du sec et, se prêtent les uns et les autres à des
phénomènes de dilatation et de raréfaction. Ils ont un degré
de pesanteur ou de légèreté qui peut être mesuré. Ils sont
soumis à
une sorte de mouyement circulaire qui assure une
transformation constante. wera6oAn, des uns dans les autres,
dés êtres dont le caractère varie suivant le degré de composition
des éléments,
le
maintien
de
la
même
quantité de
matière.
Les éléments sont groupés suivant la Tetpaxtds, qui symbolise’
une découverte de la loi numérique des consonances attribuée :
à Pythagore (1), mais dont l'origine doit être cherchée dans
les variations de sonorité d’un arc, selon que l'envol de la
flèche assure le passage de la tension à la détente pour la
corde, à moins qu'il ne faille voir là une survivance de l'adoption du nombre quatre par un peuple thrace pour base de sa
numération (2). La doctrine a un sens immédiat dans la
mesure où les éléments peuvent être objet d'expérience et de
mesure. Elle a un sens second, dont l'isojngia permet le déve(1) Si Pon fait vibrer une corde entière, puis la moitié, puis les deux tiers, puis
les trois quarts de la corde, on obtient avec la moitié l'octave du son initial, avec
les deux tiers la quinte, avec les trois quarts la quarte. Les longueurs, sont
comme 1 est à 2 pour l'octavé, 2 à 3 pour la quinte, 3 à 4 pour la quarte.
Le quaternaire symbolise cette découverte de la loi numérique des consonances contenues dans loctave. Il fait l'objet d'un serment, Il est attesté dans
les ypuota irn *
« Nal pà cóv huerépa Yuxá mapañévra rerpaxtiv
Maydv devaoó pústws. »
Dans le second Livre de Tay xark td palnuatixdy Ypmalpwv eis thy Moruvos
éväywwow, Théon de Smyrne consacre le second chapitre à la terpaxevs.
Il
y
distingue 11 espèces de terparrós.
Dans Weltenmantel und Himmelszell, R. Eisler établit, p. 340, les liens qui
unissent l''Excépuyos et la Terpaxris.
Il assimile ailleurs, avec vraisemblance,
p. 38, n. 2, la Terpaxrós á un deös. Mais nous ne pensons pas qu'elle corresponde
à "HAtog.
La Terpaxtis est génératrice de la Décade. Elle est 27 et comme telle, identique
à alóv dnapos-
È
(2) G. Milhaud, Legons sur les Origines de la Science grecque, p. 18.
Le texte des dxoógpara: wi dort cd dv Acdpots pavrelov; tetpautüe, se comprend
si l'on le rapproche du texte cité par Eisler dans Weltenmantel und Himmelszelt,
p. 479. La figuration de tésaapa dpyal autour de l’önpards correspond à la circulation artérielle et à la circulation veineuse dans leurs rapports avec le cœur.
Pagina 16
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)loppement. L’application de la méthode la plus simple autorise
la conversion suivante : al0p — 42, nveüpa — 67, ayo = 25,
Usop = 65, nop = 53, yh — 10. Si on laisse de côté les deux
premiers termes, les trois premiers éléments sont constitués
par 5 >< 5, 3 >< Bet l'antithétique de 5 x 7. La sommation respective des nombres droits et des nombres gauches
donne 13-13. La sommation des quatre éléments donne 153.
La différence de 153 et de 365 donne 212 qui, ajouté à Dilo
et Neïxoc ou 124, donne 333, doué de vertus en raison même de
sa constitution. "Yôwp et mip sont distants de 12; müp et yi
sont distants de 23 ou 12 + 12 — 1;
aifio et yi de 52, nombre
de dp moins une monade; ai0p et np de 67, nombre de
Swe + 2; np et y% de 23, nombre de 44p — 2. Les éléments
sont-ils replacés dans l'ensemble des sept sphères connues des
savants comme expression de xòcpos ou 88, spaipos ou 66,
odpavós ou 99? L'ordonnance et: les proportions suivantes se
révèlent: "Aneıpov + ado
+ mvedua — 485. 'Acrtip + “Mos +
aehévy = 183. “Ajo + ÚSop + y06y = (1) 157. L'ensemble des
3 Triades
correspond à 525. La substitution à la
seconde
‘Triade de ses propriétés physiques donne depuós, Pas, mop =
191.
La dimidiation des cing éléments, la division de medua
par 3 donnent, pour la suite &fo, aüp, mvedpa, tp, Udwo,
yy, 12, 21, 21, 22, 33, 33. Les nombres sont distants les uns
des autres soit d'une Ennéade, soit d'une Décade. Le nombre
de Uwe correspond, selon les nombres atomiques de Moseley,
aux valeurs de H et 0, soit 4 et 16,
d'une
redoublées et diminuées
monade. Quelque développement que
la science des
nombres donne à ces correspondances et à ces proportions,
leur réalité
permet
de comprendre que la substitution de
termes passés dans le langage courant à des termes mythiques
ne s'est faite qu'avec discernement et choix au sein même des
(1) Le maintien de Yi donne, pour la Triade, 100 et, pour l'ensemble, 188,
La substitution de «bpx à dnp donne, pour la Triade, 171.
La substitution de sedán à cehévn donne, pour la Triade, 195, et,
semble 480 ou 537.
Le nombre de jours de l'année lunaire est 59 x 6.
pour l’en-
Pagina 17
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)Mystères. Aussi bien Socrate refuse-t-il, dans le Cratyle, de
répondre à la question d'Hermogène, et de dire l’origine de
mp et de Üöwp, employés sous une forme à peine modifiée par
les Phrygiens.
Tous les Milésiens adoptent une doctrine qui est connue de
tous pour avoir été révélée dans les Mystères, s’il
faut en
croire Thalès parlant des « moAU@pÜAnTE rérræpa » (1). Ils ont pu
la recevoir de Chaldée, puisque les symboles des éléments se
trouvent sur les cylindres (2). Ils ont pu la devoir à la Crète,
puisqu'aussi bien la somme des six éléments correspond à
— 272, distant de 276 constitué par les couples d’Epiménide de
4 monades. Mais,
selon toute vraisemblance, l’existence de
cultes locaux et l’affiliation aux sociétés dites secrètes ne leur
permettent pas de présenter dans un Mepì &py&v ou un Ilepl
(LOSE l'ensemble de la doctrine. Thalès, fidèle au culte des
Phrygiens pour les eaux, et au culte de: Mlose.5úy, retient. le
souvenir de la cosmogonie chaldéenne et les survivances de
clans totémiques dominants (3). Considérant que toute nourriture est humide et que les, semences des choses sont humides,
il met en relief 5e et y correspondant à ’Queavés et Doi.
Leur somme 75 les-identifie à rNfdos; elle est l’antithelique de
mégas. Leur difference 58 ‚les identifie à &ppny, sous. Anaxi-
(4) Thalès,
Tept *Apyav, 11, 1 (Diels, Fragmente der Vorsokratiker). La même
expression se retrouve chez Xénophane (Diels, 51, 29). Cette théorie devait
présenter d'ailleurs un caractère plus complexe, s'il faut en croire le texte donné
par Diels,
111,
Sidmupov xúbov. »
22« mepi md
Ailleurs
pécov riv ceosdouv atoiyeluv xelodal vive
tvadindy
il est parlé d'une manière tout aussi imprécise ou
mystérieuse de « #1 peragú mupós nal dépos. »
(2) L. Delaporte, La Mésopotamie, fig. 28.
(8) « EéGovra: rav iydiv. » 17, 15. Diels, I. 1.
Pour les hommes qui font des affaires,
l'ingéniôsité créatrice de richesses et
de ruines modifie à tout moment l'équilibre des fortunes. Elle donne un démenti
aux prévisions fondées sur la progression régulière d'un état déterminé dans un
temps donné. Il faut la convoitise des hommes et la connaissance de l'ordre
astral pour imposer aux acquisitions de richesses, devenues communes à plusieurs hommes, des proportions. Ces proportions font l'objet de déterminations
de la part des groupes, pour autant que le taux d'usure est fixé,
et que des
prestations sont prévues pour apaiser le créancier en cas de non-exécution du
contrat,
Pagina 18
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)mandre, respectueux de l'interdiction concernant les choses de
Váme, exprime sa pensée par antiphrase, Il a la hardiesse (1)
de considérer l’äreısov à l'intérieur duquel le ryedpa vivifiant
permet la constitution des cieux, des mondes et des âmes (2)
C'est de l’énetpov que vient le mouvement. Il est &y&vnrov,
diplaprov, et diSiov. “Aretpov correspond, à une monade près, au
couple de Thalès, S8p et +4. La différence d'énetpoy et de
atétoy donne 51. Or Anaximandre insiste sur le rôle des vents
chargés de pluie et des vapeurs qui montent de la terre. Anaximène ne fait que rendre plus complète et plus explicite sa
doctrine en admettant comme principes änsıpov et ang. Leur
somme 104 ala vertu mystique due à la symétrie des monades,
qui polarisent a droite et à gauche, comme
la lumière se
diffracte dans un morceau de quartz. Sa différence avec la
somme des six éléments est de 171. La succession des éké-,
ments «ip, mp, dvemos, vépos, ÚSwp, Aldos devient la succession
arithmétique 25, 53, 64, 72, 65, 64, 25 où une proportion croissante et une proportion: décroissante s'établissent entre un
point maximum 72 et un
point
minimum 25.
Nul doute
qu'elle n’exprime pour le wuatxés, d'une manière rigoureuse, le
rythme où s'informent les forces naturelles.
a
Un mouvement analogue gagne dans le méme moment, en
Lydie, Colophon, colonie de Crotone, puis Éphèse, où aboutit
la route de l’Euphrate, sanctuaire d’Apollon. Ces marchés, qui
‘ignorent Vimpressionisme des ports, joignent au culte de la
(1) « 'Bröiense », Agathemeros (Diels, 12, 9) et « &däppnae », Thémist, 12, 16.
(2) Le Dept nvevpdruv d'Hippocrate montre comment le rveópa règle le cours
du monde et l'organisme humain. De rveipara qui dans le corps s'appellent.
gteat, en dehors du corps, «fp, viennent toutes les maladies. L'homme respire,
il prend beaucoup d'air avec le manger et le boire. Le mveüux exerce sur les
organes une pression mécanique, rétrécit les voies du sang, cause les douleurs.
L'altération en quantité et en qualité de l'air, la contamination par les miasmes,
une mauvaise manière de vivre déterminent des changements dans les púsa:.
L'intelligence du rôle du
vedo dans ses rapports avec la Quyf ne va pas
sans la connaissance de la théorie des souffles établie par Preuss. La parenté
entre les conceptions des sociétés dites primitives exposées dans Der Ursprung
der Religion und Kunst, (Globus 1904, t. LXXXVI; 1908, t, LXXXVII) et les conceptions des sociétés méditerranéennes ne fait aucun doute.
REG, XL, 1927, ue 184,
Pagina 19
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)terre, qui leur est commun avec les Hittites et les Phrygiens, le
souvenir des volcans et le culte du feu; Xénophane admet,
comme Thalès, yaia et 059. Mais Héraclite, disciple de Xénophane et de Hippasios, allie sans doute à leur doctrine, sous
le gouvernement des Perses, la sagesse enclose dans le culte
de Zoroastre (1). À regarder l’action du feu et les métaux en
fusion, le yüua, il se convainc que les astres sont des conglomérats en fusion et que, suivant un rythme, du feu sort l'embrasement et l'organisation du monde. Hôp est 53, soit la moitié de ypusós. Il est antithétique d''Avéyxn. La somme des
trois éléments en face de lui est comme Xp6vos, d’où Phérécyde de Milet fait sortir mvp, mvedpa et Udwp. Héraclite conçoit
les transformations des éléments à la manière des peuples
maritimes, comme une dyrapor6h... Sxwerep youcod para
nal. ypnpdtwy yeusós (2). Ainsi il restitue sa place
à “Haug
réservé aux prétres de Dot6os et aux Asclépiades.
Les événements
survenus
en Asie Mineure, la chule de
Sardes, la destruction de Milet,
l'occupation des îles provoquent le déplacement du centre d'attraction. La pensée libre
d'Asie Mineure retrouve sans doute une atmosphère ionienne,
puisqu'aussi bien la Lydie envoya des colons peupler l'Étru- rie. Mais l'existence des sociétés orphiques contrebalance l’action des
tyrans formés
par une lutte séculaire contre
les
Carthaginois, les Libyens et les Iböres. Les écoles de médecine
sont sans liens apparents avec les Asclépiades. Ces conditions,
jointes à l'influence orientale toujours présente, permettent à
un habitant de Samos, familier avec la science de Delphes et
Apollon Hyperboréen, de révéler et de transmettre, dans son
ensemble, la science des nombres et des astres. Pythagore restitue à l'explication du x6cpos, abstraction faite de son origine
physique, toute son ampleur. Il ramène au second plan la
(1) Les Perses vouent aux astres un culte sans images dans Ectabane, aux
sept enceintes de sept couleurs, blanc, noir, pourpre, bleu, rouge-orangé,
argent, or.
(2) Diels, 75, 90,
Pagina 20
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)recherche de Patria, qui a pu paraître prépondérante, comme
elle le paraîtra aux philosophes modernes. Il lui substitue
la recherche du Aöyos, de la combinuison des nombres, qui rend
raison d'une forme et d'une force. De proche en proche, les
analogies
aidant,
explication
par
la vertu des nombres
s'étend jusqu'à la xosuonorie el s’efforce de pénétrer le mystère
de la +üyn, cachée à la pensée humaine comme quelque chose
qui serait propre aux dieux et aux génies. Les Pythagoriciens
déterminent les vertus des nombres, dont les étres se rapprochent par piwnow, des ordres, des ensembles. Ils adoptent
la triade (1). Ils déterminent les proportions entre les lettres *
qui permettent de constituer l'algèbre, les proportions entre
les nombres qui permettent de constituer la povowi. Ils
reprennent la considération du spaipos; cercle de feu, en dehors duquel est l’&revooy, à l'intérieur duquel est le népas, pour
grouper, d’une part, ce qui présente un caractère d'imperfection, de l’autre, ce qui présente un caractère de perfection, de
manière à constituer une décade. Ils transforment ainsi et
appliquent aux notions arithmétiques, géométriques et morales,
la division fondamentale du droit et du gauche commune à
toutes les sociétés dites primitives (2). Le nombre est bien
pour eux, comme le dit Hippasios, « napdderypa Be »,
« xpttixdy xogpovoyod heod Opyavov.
6
»
Dès
le
v° siècle, la
plupart des
esprits
quittent. l'Asie
Mineure pour la Grande-Grèce el pour Athènes. Les revolles
intestines des cités de Sicile provoquent la dispersion d'un
(1) Archelaos, Okellos, Hippon admettent 3 principes. Ion de Chios admet
3 vertus: cúvecis, xpéros et ty. Hippodamos fait de 3 le principe d'une division générale comme l'atteste Aristote dans la MoXxte{a. Comparer H. Diels, Die
Antike Technik.
(2) R. Lenoir, Les Sociélés Secrèles dans le Bassin du Pacifique (Anthropologie,
t. XXXV, n°5, p. 497).
Les dix couples dptvoy-nepiredy; népac-dmetpov; EvimAAP0| ödkiov-dpiarepdv; dppnvOU; hpod pevovax
vo ÚpLevoy ; eDOU-napmUrov; püx-axdrog; dyabdv-naxdy; rerpdywvovéseoduyxes correspondent aux nombres de droite 687 et aux nombres de gauche
880. Les sommes des différences fournies par chaque couple correspondent è
Pagina 21
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)ordre qui fut maitre de Crotone, de Sybaris, de Rhégium et
d’Agrigente. Les membres sont relevés de leur vœu de silence.
Le
mouvement de curiosité qui accompagne
les étrangers
célèbres dans l’art de la parole semble autoriser toutes les :
hardiesses. De la sorte la spéculation se déplace. Tous les
philosophes sont aussi avertis de l'enseignement de Pythagore
que de l'enseignement des guotxol; ils en saisissent le lien
logique, et ils se contenteraient d’allier l’un à l’autre dans des
proportions diverses, s'ils ne developpaient un aspect laissé
jusqu'ici dans l'ombre. La cosmogonie établissait, de part et
d’autre de la première agdipa, le mépas et l'éxetpov. La spéculation
pythagoricienne étudiait les qualités à
elles se réfractent sous forme d'&priov el
était loisible à l'imagination de ne pas dé
les limites du
monde visible ou de se perdre dans la pluralité des mondes.
Ici l'intuition cherche, en dehors de toute donnée numérique,
un secours dans la parole, Si Empédocle l'Orphique invente
le Sntootxy, si Zénon invente le Sex dont le sens demeure
* obscur, c'est qu'il est facile, lorsque nous parlons, « ¿Ada Xéyew,
dda ppovely. » Il importe donc d'user d'une réyvn qui y remédie et délivre des ämoptat, comme élle empêche les amphibologies et le paralogisme naissant de ce qu'il n’y pas adéquation
entre
le raisonnement, quand
nous
l’appliquons
au
nombre et le raisonnement, quand nous l’appliquons à l'être,
Quoiqu'il en soit; si Zénon semble se contenter de prouver
que la méthode fractionnelle qui conslitue
péya et du wxpé n'est pas appliquable
la relativité
du
a l'être (uéyebos 700
dvros duepée), parce qu'il est &meıpov, Parménide n’a pas rompu
avec les ever. Il admet lov, et à côté mp et yñ (1). Leur
somme 63 est le nombre de Udwo moins deux monades. Leur
différence 43 est le nombre de ap accru d'une monade; 63
correspond à ebopd. La différence avec la somme des quatre
a) Diels, 109,8, 110, 6, 7. — "Ov, sous sa forme ionienne, ‘Edy, CORTE à 33.
Le nombre 63 est celui de aertp et de ods,
Pagina 22
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)éléments correspond à év0j.6¢. Pour la première fois Empédocle
dévoile dans leur ensemble les quatre éléments qu'il qualifie
de racines. Pour la première fois il ajoute aux 249 Ur ce qui
est actif, Didia et Neixos. Leur somme est 121. Leur somme
ajoutée à la somme
des quatre éléments correspond à la
somme des six éléments, accrue de deux monades. La diffé:
rence de 32 marque l'écart qui est entre läpyın Sóvapis ou
aitia identique à Zeds et le mádos identique à 3e\4yn. En mème
temps il restaure un système de références emprunté aux cosmogonies : “Hox, Atdwveds, Nestis, Zeus qui correspondent à
yn, whe, Up et mde. La différence de l’un à l’autre est antithétique de 04h400%
malogue à xivnoi accru d'une monade,
Un texte assez
d’Aristote montre qu'il n'est pas resté
toutefois indi
aux spéculations de ses devanciers (1), Ion
de Chios, fide
triade, adjoint au couple de Parménide
dep. Hôp et le couple Yñ-&fp sont antithétiques comme 53 et
35. Leur somme est 88, soit x6ouo. Leur différence avec la
somme des quatre éléments correspond à: 65, antithétique de
xevóy; la différence de leur somme et de la somme des six
éléments est 484.
Hippon paraît admettre mdp et Vèwp.
La
différence entre leur somme et Ja somme des quatre éléments
35 correspond
à
quatre
éléments
"Apns,
Atóvusos,
’Av&yxn. Philolaos adjoint au système des
un
système de références : Xpóvos "Aldns,
correspondant à
100, 39, 43,
112 ou 294.
Si l'on adjoint à Xpévos, "Alöns et “Apne, Lean, Epuñe, ‘Pea,
Anpntne et ‘Eerta; ou 250, on obtient 432. Alors transparaissent les relations qui s'établissent entre
les éléments, les
figures géométriques, les divinités et les nombres (2).
.
(1) Diels, 459.23,
(2) A la même origine se rattache la classification des’ couleurs, malgré sa présentation d'allure savante : « A. quasi piv paiiv elvas ypôua
Ta piv yap aotorgeia
dimora, vá te vaord xal o vevdv, má Sì dt abrüv cuyxpluara nexpdodal Statayhi ce
val pub: xal mporpomfr, dv h pév dort cdkig, 6 Sé cyrus, À dè Deets map radra
dp al vayraalaı + todrwy Be sav mpde thy pavraciav ypwpdrwy céerapes.at dtapopal,
Aevx08, puédavos, ¿pubpod, oypod. » Diels 372, 125. Att. et Diels, 377, 378 (18) (83).
Texte de Théophraste,
Pagina 23
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)D’autre part, une réaction se dessine contre Parménide et
Xénophane. Des habitants d’Abdere, Leucippe et Démocrite, se
portent pour ainsi dire à l'opposé dans le domaine de l’invisible. De l’infiniment grand, de 1'óy qui enveloppe les sphères,
ils vont
à l’infiniment
petit, si petit qu'il ne peut soufrir une
dimidiation, Ea demeurant dans.le domaine de ce qui peut se
concevoir sans être l’objet d'un contact direct comme les aistntua, ou d'une démonstration comme les palnparixd, ils se rapprochent ici des enseignements secrets de la Grèce continentale, héritière des thalassocraties. Un certain nombre de termes
employés pour qualifier soit les propriétés des atomes, fuouée,
Cult, teow, soit le milieu dans lequel elles actualisent leur
effet, péya xevéy, soitle mouvement tourbillonnaire auquel elles
se prêtent, Sivn, correspondent moins à la langue profane qu’à
la langue sacrée. Certains se relrouvent ‘dans les Mystères
d'Eleusis ou de Delphes. C'est qu'ils viennent d'une cosmogonie où sont sans doule présentés de la même maniére:la composition des corps et la composition des mondes. Ils ne suuraient le faire sans un appel à l'intuition, puisqu'aussi bien ils
tiennent la vue, l’ouie, l’odorat, le goût, le toucher. pour une/
vo
pen oxotty,, et qu'ils considèrent comme yyasta
la youn
amoxexptuévy taverne. Ils ne: sauraient le faire sans rompre la
divine continuité établie au sein des sphères pleines d’être, et
sans considérer le non-être comme un grand vide. Ils mettent
en œuvre la symbolique. ‘Pusuos, Stabuyy, spor correspondent
à 100, 52, 74. 100 est identique à ypévos et à la somme de dp,
USwp, yf. 52 est identique à tp moins une
monade. 74 est
identique à äreıpov moins deux monades. Leur somme est 226.
Les termes courants, cyfpa, thers, Adots correspondent à 58,64,
88. Leur somme est 177. La différence des deux sommes est 49,
identique à Zeug.
Aussi bien cette révolution était-elle préparée par Anaxagore, qui admettait tks wars dmelpous et la notion S'éprorouépera pour mieux faire ressortir
les vertus dela puissance active.
Mais ni lui ni Arcésilas ne peuvent se défendre de prolonger
Pagina 24
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)la tradition des puctxot. Ils admettent l'un et l’autre «np et allie.
Leur somme 67 est identique à rvedpa et correspond à la puissance active vo moins une monade, antithétique de “Apyuovia,
Leur différence 17 est antithétique de yévests. Ils trouvent en
Diogène d'Apollonie un continuateur, qui accepte comme principe ae constituant avec la somme des quatre éléments une
différence de 128 ou 25 >< 5 + 3. Leur influence peut s'exer- -
cer à Athènes, Anaxagore peut avoir comme auditeurs, selon
la tradition, Euripide, Périclès, Socrate, Il n’en est pas moins
accusé d'äsééeu pour avoir dit «soy fAtov ¡LúSpoy “Sidmupoy »,
encore qu'il échappe à la mort dont fut frappé en Grande-
Grèce Hippasios, convaincu d’avoir divulgué le dodécaédre inscrit dans la opaipa. Dans un milieu où l'esprit thrace et l'humeur belliqueuse appuient l'insolence des fortunes récentes et
la piété des marchands d’aigrettes peu sensibles au raffinement d’Ionie, toute accusation peut être mortelle, Il n'est pas
inutile de biaiser. Si Socrate paie du prix de sa vie la hardiesse d'avoir révélé une théorie de Satyoves qui est familière
à toute la pensée grecque, comme elle l'est à l'Orient et à la
Perse, s’il introduit, comme l'acte d'accusation le précise, des
Dieux nouveaux ainsi que le feront dans la Rome impériale
les philosophes de la décadence, la plupart des esprits se
montrent plus réservés et plus circonspects. Ils feignent de
désacraliser la pensée, et instaurent des rapports nouveaux en
faisant de l'idée un objet d'échange correspondant à un salaire
et non plus un don (1). S'ils demandent un puodés, c'est pour
bien montrer qu'elle est quelque
gaire, c’est
pour jouer
chose de profane, de vulune parade dialectique
à l'abri de
Taquelle ils mettent leurs véritables sentiments. Quelque doc:
trine qu'ils professent, quelque &rosta qu'ils fassent miroiter,
quelque soin qu'ils mettent à ne pas sortir de l'éptosx4, les
copistal apparaissent bien comme
les conservateurs secrets
Pagina 25
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)des Mystères, Protagoras n'est pas seulement le disciple de
-Démocrite. Fils d'un
hôte de Xerxès, il a fréquenté les
Mages qui lui ont enseigné le Ketmán (1) et l'art de ne pas
se prononcer devant ceux qui ont les yeux
fermés.
Dans la
Cité prompte à décréter de Médisme, il cherche peut-être un
homme avant Diogène le Cynique. Il n'échappe ni à la mesintelligence de Platon, étranger, semble-t-il, à la sagesse persane, ni à la condamnation des Athéniens,
livres.
qui brülent ses
Devant l’intransigeance des souvenirs
l’etroitesse des croyances
locales,
nationaux
et
la physique de Gorgias se
masque derrière les discours. Une évolution se manifeste vers
l'action par la parole pour servir des desseins politiques. C'est
l'instauration d'une pey%An réyvn qui ne donne pas les secrets
de la Nature, mais la direction des passions. Comme la monnaie d'or de Lydie, la monnaie d'argent de Grèce continentale, la monnaie de cuivre de
Sicile tombent dans le trésor
de la Confédération.
Quelque Lransformation qu'aient pu subir les doctrines, les
voyages refont sans doute pour Platon la grande unité rendue
méconnaissable par le particularisme des sectes et la xevodoyia
des discoureurs. L'Athénien cheminant avec Clinias le Crétois _
et Mégillos le Lacédémonien le long du chemin qui va de la
ville de Cnossos à l'antre et au temple de Zeus leur révèle
(1) « Il faut donc considérer le silence comme utile, et savoir que parler, en
‘exposant la personne du croyant et souvent la religion même, est inopportun et
devient quelquefois impie. Pourtant il est des cas où le, silence ne suffit plus,
où il peut passer pour un aveu, Alors on ne doit pas hésiter, Non seulement il
faut alors renoncer sa véritable opinion,
mais il est commandé d'accumuler
toutes les ruses pour que l'adversaire prenne le change....
C'est là ce que la
philosophie asiatique de tous les âges et de toutes les/sectes connait et pratique, et que l'on appelle le Keémdn, Un Européen serait porté à voir dans ce
système, qui ne rend pas seulement la réticence indispensable, mais qui détermine l’emploi du mensonge sur la plus vaste échelle, il
y verrait, dis-je, une
situation humiliante. L'Asiatique au rebours la trouve glorieuse. » Gobineau,
Les Religions et les Philosophies dans l'Asie Centrale, Ed. Cres, t, 1, pp. 17, 18.
a Td Sè dmopstv odousm, elre clot Bro stre oûx elal, Bonet po: Ipwraydpag du vic Ilepans Tarbesocwe mapavopica:. » Philostr, V. Soph., 1, 1, 10, ff. Diels, 527, 2. Pros
tagoras ajoutait
Bids
« roXXd yAp ma uwdvovea elòfuxi À =’ adnAdeng xal Bpaybs dv 6
00 dvópmou, » 537, 4, Diels.
Pagina 26
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)quels ouvrages ont été écrits, les uns en vers, les autres
en
prose, sur les Dieux, qui ne leur sont point connus à cause de
la bonté de
leur
gouvernement. Les plus anciens de ces
ouvrages disent que le ciel et les autres corps ont existé avant
que naissent les Dieux. Les écrits des sages modernes
disent
que soleil, lune, astres, terre, ne sont que terre et pierre incapables de prendre aucune part aux affaires humaines. Le feu,
l'eau, la terre et l'air sont les productions de la nature et du
hasard. De ces éléments privés de vie ont été formés, suivant
l'affinité des complémentaires,
les astres, puis le ciel avec les
corps célestes, les animaux, les plantes, l'ordre des saisons.
Les Dieux, différents chez différents peuples, existent par art
et en vertu de certaines lois. Cet athéisme et cette impiété
viennent de ce qu'ils ont renversé l'ordre des choses et refusé
la qualité de principe à l'être, objet d’une expérience intime, la’
buy (4). Prend-on soin de l'approfondir comme le souhaitait
Socrate, surmontant l'attrait des pusiwot, à la lueur des Mys:
tères, ce
principe
de
vie animé
d'un
mouvement propre
pénètre les astres et le monde. Alors seulement il est possible
de réndre à la doctrine des quatre éléments son sens plein, en
l'incorporant dans une Genèse. Le Dieu qui est de toute éternité médite sur le Dieu qui sera un jour. Le corps de l’univers se fait d'abord de feu et de terre, puis de deux moyens
termes, l'eau et l'air; il est arrondi en une sphère et doug
d'une âme en son milieu. Puis viennent les corps célestes, le
corps humain, les corps élémentaires formés par le concours
de nombres exprimés par quatre figures : le cube, la pyramide, l'icosaèdre et l'octaèdre, dont les mélanges et les transformations font naître les espèces diverses; le règne du haut
\
(4) En réalité il y a 3
Yuyai
qui demeurent en des lieux différents et ont des
mouvements propres! Une guy immortelle demeure dans la téte. Une âme
mortelle se divise en une; force de droite et une force de gauche situées l'une
dans le cœur, l'autre dans lo foie,
Suivant une inscription tombale de Potidée il semble que le lieu de cúya
soit yala et que le lieu de puyx soit aldíp. Suivant des textes de Xénophane et
d'Anáxagore, buy est identifiée à rvebpa.
Pagina 27
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)et du bas. Puis ce sont les impressions communes à tous les
corps; Mes impressions propres à certaines parties du corps,
c'est-à-dire aux organes des sens, les impressions propres aux
organes internes gardiens de la partie mortelle de la duy#, la
moelle, les os, la chair, les nerfs, la nutrition, la respiration,
les maladies du corps, les maladies de l'âme, la génération de
quatre sortes d'animaux.
Ainsi se trouve condensée en deux œuvres toute la sagesse
antérieure.
Sans
doute
sacrifie-t-elle
au
travers athénien
prompt à suspecter l’orthodoxie des philosophes, et méconnaitelle le sens profond de la réserve ionienne (1). C'est l’existence de groupes antagonistes, vainqueurs et vaincus, sur le
méme domaine, qui fait de la science des astres un objet interdit au vulgaire.
mode
de
secrètes
Or la majeure partie des cités grecques a un
formation différent qui donne aux sociétés
une tout autre physionomie.
dites
Platon n'en fait pas
moins surgir les nombres (2). Le couple xp et y% constitue
63 qui équivaut à Pas ou dori. Le couple Sup et dp correspond à 80, soit &ptôués. 63 et 80 constituent,
avec les différences des couples et de la somme des quatre éléments, soit 90
(1) Pour n'exposer ici que les maën Dare, ils n'en admettent pas moins une
activité créatrice dont ils ne disent rien, sinon sous une forme énigmatique qui
rattache leur conception des forces impersonnelles ou personnalisées à l’expé-
‘rience de l'humanité tout entière, ou sous une forme dialectique à laquelle
s’accoutumera, pour son mal, la pensée occidentale. L'étude de la théorie des
forces dans leur essence et dans leurs rapports avec la notion de mana propre
aux sociétés dites primitives a été toutefois réservée,
(2) Henri Martin, Etudes sur le Timée, 1841.
Dupuis, Le Nombre géomélrique de Platon, 1882.
E. Halévy, La Théorie platonicienne de la Science, 1896.
Les éléments d'une théorie des nombres sont disaéminés chez les philosophes
attentifs à déterminer le nombre,
sa génération, les rapports d'égalité et d'inégalité, les rapports de similitude et de dissimilitude. De quelque soin qu'ils
soient l'objet de la part de Platon et d'Aristote, ils n'atteignent jamais pourtant
la clarté qui leur est conférée par dés esprits accoutumés, comme Théon de
Smyrne, á la mesure des réalités. La correspondance de quatre âges du soleil,
de quatre âges du monde, de quatre éléments et de quatre révolutions de la
nature causées par les éléments permet une lecture des textes interprétés en
fonction des
périodes astronomiques. Une esquisse en est présentée dans le
Soulava et le Quipu (Revue de l'Institut de Sociologie, Juillet-Septembre 1927).
Pagina 28
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)et 73, une proportion renversée et accrue d'une Décade. Alto
est distingué de dp. Ads est distingué de rüp. Si Pon ajoute
l’un qui correspond à 42 et l'autre qui correspond à 64, soit
Aios, ils forment, avec les quatre éléments, une somme globale de 256. Cette somme correspond à la somme 276 présentée
par Epiménide et diminuée de deux Décades. Sans aucun
doute, ces proportions Sunissent, dans le Timée, aux précisions sybillines empruntées à
la réflexion pythagoricienne
pour sous-tendre d'une trame de nombres le dessin rythmé
du monde.
}
i
‚Le souvenir de la rencontre et de la subordination des
groupes humains,- élaboré
par la science des nombres, se
retrouve dans l’organisation de la cité. Les Egyptiens divisaient,
au
dire
d’Hérodote,
les
membres
d'une cité
en
1 groupes et les traces d'une semblable division se retrouvent
dans la Hoktreto d’Aristote (1). Platon présente d'une manière
ambigüe, sous forme de fable phénicienne, une division en
quatre groupes. Tous les hommes ont été formés au sein de la
terre et sont sorlis du sein de la terre. lls sont tous fils de la
terre d’où émane. la justice, Atxn, et comme tels, ¿Sekpol. Mais
la qualité de leur être, évaluée au prix des métaux, de l'or,
de l'argent, du fer et du cuivre, n'est pas la même. Elle fait
d’eux, suivant leur valeur, des philosophes, des guerriers, des
laboureùrs ou des artisans. Cette division semble confondre
dans une indistinction Youlüe l'exercice de la spéculation, du
sacerdoce, de la divination, de la médecine et de la magistrature. Elle substitue à la transmission héréditaire des métiers.
le choix des métiers selon les aptitudes. Elle exclut l'existence
de la peinture, de la musique, de la politique,
de la poésie, qui
sont des imitations au second degré. Elle passe sous silence
l'esclavage. Mais, si l'homme est bien composé de feu, d'air,
d’eau et de terre, elle est davantage qu'une fable phénicienne.
Pagina 29
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)L'assimilation de l'homme aux éléments suivant leurs affinités et leur caractère,
prédominance d'un
quatre
leurs rapports
des éléments
avec les ascendants, la
correspondant è l'un des
principes permettent de ranger cet homme, avec une
rigueur toute scientifique, dans une catégorie, el de lui assigher une fonction déterminée (1). Platon veut oublier que la
possession des formes permet de pénétrer les mouvements des
êtres et des choses, et libère l'homme de l'emprise cosmique
pour l'égaler aux démiurges. Les quatre classes ne paraissent
expression de l'Ordre et de l’Harmonie que pour faire l'homme
dépendant des forces naturelles,
|
Platon et ses contemporains ont donnéa
do
la spéculation un
objet nouveau, les rapports d’&p.8p6s et d’eldos. Ils n’en ont pas
moins conservé les grandes divisions correspondant aux &roplar
qui
ont
de
tous
temps
mis
à
l'épreuve
la
sagacité
des
écoles. Leur application
était assez grande et leur science
assez vaste pour
du
exiger
désintéressement
des
mêmes
‘hommes qu'ils portent l'intérêt d'une vie à la fois sur le ciel,
sur les nombres, sur les figures, sur les organismes, sur les
cités, sur les phénomènes naturels. Il y faut peut-être une initiation dont les dénominations de prhócopos,
csopuotis, sopós
constitueraient comme les degrés (2). Il y faut à coup sûr de
l'amour.
Et, comme l'amour ne va pas sans inquiétude, la
pensée qui paraît revenir à ses origines acquiert un accent
nouveau. Tout à coup, avec le génie attique, la recherche
(1) Suivant la Joi, les astynomes doivent veiller à ce que chacun n'ait qu'un
seul métier.
Le souvenir des origines différentes des groupes persiste dans la diversité.
des rites funéraires: ensevelissement, immersion, crémation, destruction du
corps et conservation du crâne et de certains os. En général la coexistence
de deux groupes hiérarchisés et ordonnés selon la droite et la gauche rend
compte de la présence simultanée de deux rituels de la mort, L'embaumement,
commun aux Egyptiens, à certains Hébreux, à certains groupes du Pacifique
et aux peuples d'Amérique centrale correspond á un culte du corps comme
centre de forces analogue au 6940, Contrastant avec le mépris orphique pour
le c@pa afpa, il est l'indice d'un état de civilisation plus évolué,
(2) Le texte de Aristid. 46 (II, 401, Dind.) dans Diels, 524, demeure trop confus
pour autoriser la moindre interprétation:
Pagina 30
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)humaine se sait éternelle pour connaître enfin son universalité. A peine la cité couronnée de violettes a-t-elle acquis la
pleine conscience de soi, que les nombres se font vie. Les
Athéniens n’attendent plus de révélation que des vies et des
visages. Comme les proportions hiératiques du $6avov se brisent
et s'infléchissent aux courbes du corps, comme les bustes
cessent d’accuser des origines sémitiques ou crétoises, chacun
est en quête d'un homme qui dise son éxpérience intime du
traitement des figures et des nombres, du vagabondage
aux
étoiles, de la condition d'esclave ou de jardinier, Il importe
assez peu qu'un fils de médecin attaché à la fortune d'un barbare macédonien doué de beauté fasse le catalogue des opinions d'une
manière aussi
sèche et
peut-être
moins compréhensive que ne le fera plus tard Sextus Empiricus. Il
importe assez peu que toutes les superstitions renaissent et que
le monde se peuple à nouveau de divinités et
de
démons.
Quand cesse l’arrogance, quand tombe l'ivresse que donne la
discussion, le besoin d'une certitude s'empare de l'être. Alors
descend sur le monde hellénique la paix qui envahit l'âme
près d'un puits, dans le silence dés jardins, au soir.
Dans
la
dissolution
croyances nouvelles
de
l’Empire
fondé
par Rome,
venues de Palestine gagnent le
des
monde
voué à toutes les philosophies, à tous les mystères. Elles se +
sont réfugiées dans les catacombes. Elles ont été soumises à
l'épreuve subtile de Byzance, à l'épreuve plus ápre de l'Italie
gardienne des traditions étrusques et de l'Afrique. Elles renou:
vellent l'opposition des conditions humaines dans les Mystères
et dans la vie publique des cités, iniquité de conquérants barbares. Elles continueraient peut-être le génie de l'hellénisme,
si le déplacement des Mongols et des Tatars, le réveil de l'Asie
et de l'Afrique, l'apparition des empires dans le Moyen Niger,
l’Indo-Chine, le
plateau péruvo-bolivien ne rejetait l'Europe
vers l'Ouest. Des hiérarchies nouvelles peuvent se fonder, des
‘secrets peuvent s'acquérir au moment des Croisades, Le génie
oriental, contenu en Europe, sauf chez les mystiques, ne se
Pagina 31
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)développe au grand jour que
dans
l’Amérique du Nord et
l'Amérique du Sud. Sans doute des migrations et des relations
maritimes ont uni, dans les temps historiques, le bassin du
Pacifique au bassin de la Méditerranée. A défaut de tradition
orale ou écrite, les monuments et les coutumes l’attestent (1).
Elles ont introduit ainsi la science des nombres chez les peuples
formés par la convergence de groupes descendus le long des
Montagnes Rocheuses et de groupes venus par mer dans le
Golfe de Californie jusqu’aux plateaux en remontant le cours
des Rios. Les Zuñis formés par la réunion des 7 cités de Cibola
comprennent les Peuples
du Nord et les Peuples du Sud. Les
peuples du Nord sont l'ours, le coyote ou le daim, la grue,
le coq d’Inde ou coq de bruyère. Les Peuples du Sud sont le
Peuple du Soleil, le Peuple de l'Eau, le Peuple de la Terre,
le Peuple du Feu. Chacun descend d'un héros mythique. Les
chefs de ces peuples, instruits par les Dieux, sont Ashivani,
maîtres et gardiens des choses sacrées et des mystères corresy pondant à la nature de leur groupe (2). Les Zuñis partagent
le monde, les groupes humains, les saisons, les activités et les
sociétés secrètes en six régions rayonnant autour d'un centre.
Ils reproduisent cet ordre dans la disposition des constructions
faites sous le sol, où six chambres donnent sur une chambre
centrale, kava (3). Ils expriment cet ordre du monde par le
symbole de l'araignée, ensemble de ficelles divergentes de
)
(4) Zelia Nutall, A curious Survival in Mexico of the Use of the purpura Shellfish for dyeing. lowa, 4909; José Imbelloni, Distribution en Amérique d'un Objet
polynésien et ses Dérivalions américaines (Communication à la Société des Américanistes, 8 février 1927).
(2) Le peuple de la chaleur est faiseur et gardien du feu conservé dans une
grande coquille {sulikeinan ulava. Le peuple de la terre conserve
la première
herbe qui pousse, le tabac, le chuelone, substance des grains de blé. Le peuple
de l'eau conserve le kyaelone contenant la semence de la substance ‘de l'eau.
Les peuples de l'ours, de la grue ct du:
coq ont le muelone ou semence contenant la substance de la grêle et de la neige. Le peuple des coyotes ou du daim
est gardien de la substance ou du gibier.
(3) Comparer la pywis en pierre trouvée à Mélos et décrite pat G. Glotz dans La
Civilisation Egéenne, 1923, pi 156.
Pagina 32
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)différentes couleurs (1). De leur côté, de 1226 à 1583, pendant
357 ans, les Incas interdisent l'écriture et confient aux quipos
la science des Amantas tirant leur nom du sanscrit et unissant
rt astronomie, les mathématiques, la géométrie, la musique,
la statistique (2).
À
Dès les guerres d'Italie, Venise, héritière de Byzance, libère
le génie hellénique captif dans les rouleaux de papyrus et sous
la terre. L'amour de générations entières, le dévouement de
familles comme les Estienne ne
rétablit
pas seulement
des
textes. Il donne l'entente d'un monde nouveau. Sans doute les
nécessités inhérentes à la transmission d'une langue dans une
autre, les habitudes mentales propres à l'Occident cessani de
comprendre la combinatoire qu'est la logique
(4) Nord
jaune
air
hiver
Ouest
bleu
eau
printemps chasse
Société de l'Arc
Sud
rouge
feu
été
mariage
Peuples du Grand et du
et médecine
Petit Feu
mugie et
Peuple de la Prétrise ,
Est
blanc
guerre
scolastique à
terre automne
Société.de l'Hiver
religion
Zénith
multicolore (haut)
Galaxy « in the all consumer or scavenger ».
Nadir
noir
(bas)
Serpentà sonnelte, générateur, faiseur
de vie.
Milieu
toutes les:
(centre)
couleurs
F. H. Cushing, Outlines of Zuni Creation Myths (13th An. Rep. of the Bureau
of Ethnol. 91, 2); Elsie Clews Parsons, Notes on Zuni;
Kroeber, Zuni Kin and Clan (Anthr.
Papers
of the
Amer. Museum of Nat.
History, V, XVII, 1917).
Pareille division
se retrouve dans le Turkestan chinois. Suivant les doc:
ments de la Mission Pelliot, la peinture représentant les cinq Bouddhas de médi- *
tation l'atteste. « Les règles très précises de l'iconographie moderne assignent à
chacun de ces Bouddhas une couleur, un geste rituel (mudrä), une situation
par rapport à chacun des points de l'Espace et un animal favori.
Vairocana
Aksobkya
Blane:
Bleu
Enseignement
Centre
Lion
Témoignage
Orient
Elephant.
Ratnasambhava Jaune
Amitàbha
,
Rouge
Charité
Méditation
Midi
Ouest
Cheval
Cygne ou Paon
Amoghasiddhi
Absence de crainte
Nord
Garuda ».
Vert
(Bulletin Archéologique du Musée Guimet, Fasc. Il, Asie Centrale et Tibet, 1921).
(2) Erland Nordenskiöld, Le Calcul des Années el des Mois dans les Quipus
péruviens (Journal de la Société dés Américanistes, t. XVIII, 1926).
R. Lenoir. Le Soulava et le Quipu. Revue de l’Institut de Sociologie, 7° année,
Octobre 1927, (Communication à la Société des Américanistes, 4er février 1927).
Pagina 33
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)l'origine et faisant du syllogisme un jeu formel ne tardent pas
à imposer un sens univoque là où le mot écrit conserve l’ambiguité et la
puissance
de suggestion qui sont le propre du
symbole, Les commentateurs s'interposent, dont le travail inutile et considéré retarde les réminiscences de Valois et d'Ile
de France. Pourtant l'esprit passe. Il gagne tout. Il donne la
beauté aux demeures des hommes. 11 donne la sérénité à ceux
qui
ont soif de certitude pour avoir
restitué
son
ordre au
monde.
Dès que la philosophie s'institue avec Descartes comme une
diseipline pouvant user du parler vulgaire,
elle ne peut que
revenir aux traditions d'lonie. Deux œuvres posthumes écrites
en francais, Le Monde ou Traité de la Lumière et l'Homme et
parues en 1664 attestent cette filiation, dont l’aveu est assez
hardi pour
.
avoir
été retenu jusqu'à
la
mort. Descartes a
découvert les "OAvurtxé, Il ne croit pas tout ce que les œuctxot
disent des éléments, et les décrit à sa mode. Il y a le feu
composé de petites parties se rencontrant vite, changeant de
figure à lout moment. L'air est composé de parties qui ont quel:
que grosseur et quelque figure, à peu près rondes comme des
‘grains de sable: La terre est composée de masses dont les parties ont
peu ou pas de mouvement. Les autres corps sont
mélés et composés et sujets à la corruption. Tous les corps
qui sontassez grands pour être comptés parmi les plus notables
parties de l'Univers ont chacun la forme de l'un des éléments
simples. 11 y a trois sortes de grands corps : le Soleil et les
Etoiles Fixes; les Cieux; les Terres, Planètes et Comètes. Puis
viennent, comme dans un écrit hippocratique ou le Timee, la
description du corps
humain et la
description de toutes les
fonctions, tant de celles qui ne dépendent point de l'âme que
de celles qui en dépendent. Enfin tous ces mondes s’ordonnent
suivant des tourbillons, réminiscence de la dtyn.
De leur côté les ordres religieux enseignants font, pour la
plupart, de la doctrine des quatre éléments la base d'un enseignement de la physique qui ne néglige rien des expériences et
Pagina 34
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)des nouveautés. De la sorte la pensée ionienne forme tous les
esprits au xvn° et au xvii? siècles en France, sans rencontrer
les
mêmes
obstacles
qu'en
Angleterre,
où
elle demeure
occulte (1) jusqu'à ce qu’elle éclate dans la Siris de Berkeley,
Malgré le mépris que les « philosophes » affichent pour la
pensée grecque, la doctrine des quatre éléments est acceptée
par les chimistes comme une donnée classique. Elle se trouve
chez
Quesnay,
chez
d’Holbach,
chez
Fourcroy
et jusque
dans les hypothèses premières de Lamarck (2). Et l’établissement d’une nomenclature par un groupe de chimistes réunis
autour de Lavoisier ne paraît mettre un terme à cette domination que pour rejoindre d’une manière plus étroite et plus
profonde l'esprit de la science grecque.
Une révolution, des guerres continentales, l’arrét en Pales-'
tine d'une marche renouant l'antique alliance avec Alexandrie
et Byzancé font passer au premier plan la vertu du nombre,
les méthodes, les
techniques, les instruments, les résultats
bruts dans lesquels la science ne tient pas tout entière. Ils
rendent de moins en moins familière une pensée qui reste à .
mi-chemin
du mystère et de la connaissance,
et qui se fit
ambassadrice de l'esprit pour maintenir face au génie clair des
Persans l’indéfinissable volonté qui voue des hommes à un
sol et à un passé. A peine se retrouve-t-elle à nouveau
des
hommes
ont entrepris
de recommencer
‘humaine.
là où
l'expérience
i
Des hommes épris de beaux arts peuvent dire dans l’Allemagne moderne leur inquiétude. Des mathématiciens comme
Peirce,
des médecins et des-artistes comme William James
peuvent lancer à l'Europe un appel.
tour
à
tour
vers
Hadès les
Muses,
Les
êtres que
Apollon
et
mènent
Bacchus
(1) R. Lenoir, Les Historiens de l'Esprit humain, 1926, p. 10.
(2) Quesnay, Essai Physique sur l'Economie animale, 1736.
D'Holbach, Systeme de la Nature, 1110.
Fourcroy, La Philosophie Chimique, 1192. _
R. Lenoir, Le Mesmérisme et le Systeme du Monde (Revue! d'Histoire’ de la
Philosophie, Avril-Juin; Juillet-Septembre 1927). 3
REG, XL, 1927, n° 186,
Pagina 35
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)s'émerveillent de vivre. Enveloppés de forces qui les caressent
et les rudoient tour à-lour, ils leur prêtent la forme:des mots,
des nombres, des statues, des chants ¡el des danses, des institutions, jusqu’à ce que les forces sociales se révèlent aussi
Apres et violentes que les éléments. Alors ils ont le besoin
de conserver leur foi dans l'honneur pour ne pas détruire le
rève de beauté et de grandeur que font tous les adolescents.
Ils trouvent le courage qu'il faut pour rester égaux à soi,
dignes de soi, même au prix de la mort. Ne sententils pas,
avec ceux qui ont souffert au sein de peuples vénérant la Terre
et la Justice, le fardeau d'une science incapable de se résoudre
en égalité d'âme, amour pour
les choses
créées
dans leur
inégalité sublile, amour pour
les dons dans leur expansion
novatrice ?