Pythagore et les Haricots 1

Auteur
Lebeaudin, A.
Verschenen in
Chronique Medicale
Jaar
1920
Onderwerp
BEANS
Taal
Français
Categorie
C9 Geneeskunde
Archiefnummer
4819

PDF openen(opent in een nieuw venster)

Volledige tekst tonen1 pagina's

Pagina 1

Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)
LA CHRONIQUE MEDICALE (24) LA CHRONIQUE MÉDICALE esprits, et ne permettait pas à l’àme de posséder la quiétude nécessaire à la recherche de la vérité. On a dit également qu'il fallait voir dans celte défense un principe de chasteté, en raison de la ressem- Correspondance. médico-littéraire APBEAULRQ IAAak JARS . : Réponses | Pythagore et les haricots (XXV, 116). — Le D Pron (d'Alger) demande, dans un récent numéro de la Chronique, ce que pensent ‘ses lecteurs du précepte de Pyruacone: « Abstiens-toi des haricots. » Tout d’abord, s'agit-il bien de haricots ? Le vers pythagoricien disait : i blance entre la fève et le testicule. Certains auteurs donnent d’autres raisons, saintes et mystérieuses, dont le secret fut scrupuleusement gardé par les disciples du philosophe: JamBLIQUE raconte qu’un certain nombre de Pythagoriciens préférèrent la mort à la révélation d'un tel secret. Il nous semble que la raison la plus vraisemblable est la suivante: les fèves, particulièrement les noires, étaient une offrande funèbre. On disait qu'elles contenaient les âmes des morts et qu'elles ressemblaient aux portes de l'Enfer (Noez, Dictionnaire de "Isoy tor xudmoug todiyery zepaddo Te TORT WY. Le mot xiauos signifie fève, suffrage (parce qu'on tirait au sort avec des fèves), ou testicale (en raison de la ressemblance entre cette graine et la glande génitale) ; le sens du vers est donc le suivant : « Manger des fèves, c'est dévorer la tête de tes parents ». Je trouve dans le Songe de Lucien le passage suivant (il s’agit d’un pauvre cordonnier s’adressant à un coq, lequel, doué subitement de l'usage de la parole, affirme avoir été jadis Pythagore luimême): « Tu as menti ou tu as pris un faux nom, si tu es, en effet, Pythagore, tu as violé tes lois et commis en avalant des fèves (xu&1.0u5) une impiété aussi grande que si tu avais mangé la tête de. ton père. » wee . la Fable). Fesrus prétend qu'il y a sur les fleurs de celte plante une marque funèbre; la métempsychose étant un des dogmes de la philosophie pythagoricienne, l’abstention d'un tel légume, susceptible de renfermer l'âme d'un ancêtre, devait donc être conseillée. Dr A. Lesraurin (Moisdon-la-Rivière). Origine des fauteuils de malades (11; XVII, 276). — Une gravure de Hans Burcxmain (1) représente un goutteux de marque, probablement Philippe II, transporté par deux serviteurs sur un fauteuil, et dont les pieds reposent sur un confortable coussin. Tout le membre inférieur est œdématié. Une seconde gravure montre un malheureux infirme, également assis sur un fauteuil, et dont la jambe est couverte d'ulcères, On sait que Pythagore fut un des premiers, parmi les philosophes, à faire entrer la médecine dans la philosophie ; il fut surtout hygiéniste, comme tous les grands législateurs qui s'intéressent à la santé publique : Cetse assure qu'il hata les progrès de la médecine. Le D' Coccut a publié, en 1762, un Régime de Pythagore, dans causer quelque appréhension. lequel il peint le philosophe comme auteur du régime frais végégine du « fauteuil pour malade ». Nous avons ailleurs (2) publié, sur en train de subir une opération (ou cautérisation), qui semble lui LR — Ila été question à plusieurs reprises, dans la Chronique, de l’orital : c'est l'ancêtre des végétariens; il excluait la viande et conseillait l'usage de tous les légumes, sauf la fève. Il est possible que Pythagore qui, dans sa jeunesse, voyagea en Egypte sur les conseils de Thalès de Milet, y fréquenta les prétres et médecins égyptiens et prit de ces derniers leur horreur pour les fèves, Les Egyptiens, en effet, praliquaient l’abstention absolue de ce légume; on assure le « trémoussoir » de l'abbé de Saint-Pierre, l’ancètre du « fauteuil trépidant » de Charcot, un document que le maître n’a pas dédaigné d'utiliser, dans une de ses Cliniques de la Salpétriére. qu'ils évitaient même de toucher celle graine, quand le hasard la ‘cours d'un séjour dans cette ville, où nous étions allé poursuivre quelques recherches locales. | leur faisait rencontrer. On raconte que Pythagore se laissa tuer, plutôt que d'échapper à la poursuite de ses ennemis, en fuyant à travers un champ de cette légumineuse, . Les Anciens ont donné plusieurs raisons de la défense dont il est question: AnistoTE nous dit qu'il faut voir dans cette abstention un précepte moral, par lequel le philosophe défendait à ses disciples de se mêler du gouvernement fondé sur ce qu’en général le scrutin d'élection se donnait avec des fèves, Au livre Ier dé la Divination, Cicéron nous apprend que celte interdiction était fondée sur ce que ce légume échauflant irritait les ‘ Voici, sur le mêmesujet, une très curieuse lettre, que nous avons lieu de croire inédite, et dont nous avons pris copie sur un des registres manuscrits conservés à la Bibliothèque de Bordeaux, au La lettre qu'on va lire fut adressée à M. le Président Banoor, par l'ingénieur Du Quer, en 1735. Le Président Barbot était un ami intime de Montesquieu, un des familiers dont l'auteur de l'Esprit des lois goùtait les avis et dont il aimait à solliciter le | jugement éclairé. : « C'est un disait Montesquieu que C'est du président Barbot (1) Hans Buncxuan, peintre et graveur du seizième siècle; était l'ami et, croit-on, l'élève d'Albert Dürer. (2) Cf. Intermédiaire des chercheurs, 30 août 1892, col. 235 et suiv.