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LA CHRONIQUE MÉDICALE
esprits, et ne permettait pas à l’àme de posséder la quiétude nécessaire à la recherche de la vérité. On a dit également qu'il fallait voir
dans celte défense un principe de chasteté, en raison de la ressem-
Correspondance. médico-littéraire
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JARS
.
:
Réponses
|
Pythagore et les haricots (XXV, 116). — Le D Pron (d'Alger)
demande, dans un récent numéro de la Chronique, ce que pensent
‘ses lecteurs du précepte de Pyruacone: « Abstiens-toi des haricots. » Tout d’abord, s'agit-il bien de haricots ? Le vers pythagoricien disait :
i
blance entre la fève et le testicule. Certains auteurs donnent d’autres
raisons, saintes et mystérieuses, dont le secret fut scrupuleusement
gardé par les disciples du philosophe: JamBLIQUE raconte qu’un certain nombre de Pythagoriciens préférèrent la mort à la révélation
d'un tel secret.
Il nous semble que la raison la plus vraisemblable est la suivante: les fèves, particulièrement les noires, étaient une offrande
funèbre. On disait qu'elles contenaient les âmes des morts et
qu'elles ressemblaient aux portes de l'Enfer (Noez, Dictionnaire de
"Isoy tor xudmoug todiyery zepaddo Te TORT WY.
Le mot xiauos signifie fève, suffrage (parce qu'on tirait au sort
avec des fèves), ou testicale (en raison de la ressemblance entre
cette graine et la glande génitale) ; le sens du vers est donc le suivant : « Manger des fèves, c'est dévorer la tête de tes parents ».
Je trouve dans le Songe de Lucien le passage suivant (il s’agit
d’un pauvre cordonnier s’adressant à un coq, lequel, doué subitement de l'usage de la parole, affirme avoir été jadis Pythagore luimême): « Tu as menti ou tu as pris un faux nom, si tu es, en effet,
Pythagore, tu as violé tes lois et commis en avalant des fèves
(xu&1.0u5) une impiété aussi grande que si tu avais mangé la tête de.
ton père. »
wee
.
la Fable). Fesrus prétend qu'il y a sur les fleurs de celte plante
une marque funèbre; la métempsychose étant un des dogmes de la
philosophie pythagoricienne, l’abstention d'un tel légume, susceptible de renfermer l'âme d'un ancêtre, devait donc être conseillée.
Dr A. Lesraurin (Moisdon-la-Rivière).
Origine des fauteuils de malades (11; XVII, 276). — Une gravure
de Hans Burcxmain (1) représente un goutteux de marque, probablement Philippe II, transporté par deux serviteurs sur un fauteuil,
et dont les pieds reposent sur un confortable coussin. Tout le membre inférieur est œdématié.
Une seconde gravure montre un malheureux infirme, également assis sur un fauteuil, et dont la jambe est couverte d'ulcères,
On sait que Pythagore fut un des premiers, parmi les philosophes, à faire entrer la médecine dans la philosophie ; il fut surtout
hygiéniste, comme tous les grands législateurs qui s'intéressent à la
santé publique : Cetse assure qu'il hata les progrès de la médecine.
Le D' Coccut a publié, en 1762, un Régime de Pythagore, dans
causer quelque appréhension.
lequel il peint
le philosophe comme auteur du régime frais végégine du « fauteuil pour malade ». Nous avons ailleurs (2) publié, sur
en train de subir une opération (ou cautérisation), qui semble lui
LR
— Ila été question à plusieurs reprises, dans la Chronique, de l’orital : c'est l'ancêtre des végétariens; il excluait la viande et conseillait l'usage de tous les légumes, sauf la fève. Il est possible que
Pythagore qui, dans sa jeunesse, voyagea en Egypte sur les conseils
de Thalès de Milet, y fréquenta les prétres et médecins égyptiens et
prit de ces derniers leur horreur pour les fèves, Les Egyptiens, en
effet, praliquaient l’abstention absolue de ce légume; on assure
le « trémoussoir » de l'abbé de Saint-Pierre, l’ancètre du « fauteuil
trépidant » de Charcot, un document que le maître n’a pas dédaigné
d'utiliser, dans une de ses Cliniques de la Salpétriére.
qu'ils évitaient même de toucher celle graine, quand le hasard la
‘cours d'un séjour dans cette ville, où nous étions allé poursuivre
quelques recherches locales.
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leur faisait rencontrer. On raconte que Pythagore se laissa tuer,
plutôt que d'échapper à la poursuite de ses ennemis, en fuyant à
travers un champ de cette légumineuse,
.
Les Anciens ont donné plusieurs raisons de la défense dont il est
question: AnistoTE nous dit qu'il faut voir dans cette abstention
un précepte moral, par lequel le philosophe défendait à ses disciples
de se mêler du gouvernement fondé sur ce qu’en général le scrutin
d'élection se donnait avec des fèves,
Au livre Ier dé la Divination, Cicéron nous apprend que celte
interdiction était fondée sur ce que ce légume échauflant irritait les
‘ Voici, sur le mêmesujet, une très curieuse lettre, que nous avons
lieu de croire inédite, et dont nous avons pris copie sur un des
registres manuscrits conservés à la Bibliothèque de Bordeaux, au
La lettre qu'on va lire fut adressée à M. le Président Banoor,
par l'ingénieur Du Quer, en 1735. Le Président Barbot était un
ami intime de Montesquieu, un des familiers dont l'auteur de
l'Esprit des lois goùtait les avis et dont il aimait à solliciter le
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jugement éclairé.
: « C'est un
disait
Montesquieu
que
C'est du président Barbot
(1) Hans Buncxuan, peintre et graveur du seizième siècle; était l'ami et, croit-on,
l'élève d'Albert Dürer.
(2) Cf. Intermédiaire des chercheurs, 30 août 1892, col. 235 et suiv.