Sur les contacts entre l'Inde et l'Occident dans l'Antiquite

Auteur
Nilakanta Sastri, K.A.
Verschenen in
Diogène
Jaar
1959
Onderwerp
ORIENT
Taal
Français
Categorie
C7 Filosofie
Archiefnummer
5217

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NLRRANTE S KA. ei ses Conditions géographiques, Carbonel, Alger, 1935; L'Organisation de la Propriété rurale dans la Mitidja (1851-1867. Conséquences sur la Vie des Indigénes, Imprimerie Joyeux, Alger, 1949; La Vigne en Algérie. Etude géographique, 2 volumes, Ophrys, Gap, 1951-1954; L'Algèrie, Arthaud, 1954; Madagascar, A. Colin, 1955. Robert J. VAN EGTEN: né en 1903; études techniques et scientifiques dans différents pays et différentes écoles: jeune ingénieur auprès d'une firme américaine de télécommunications; en 1937, collaboration à une firme belge d’ingenieurs-conseils. Au cours de ces activités, à l’occa- N° 28 sion d'études de matériel industriel classique, tentatives (souvent prématurées) d'introduire auprès de la clientèle les concepts d'automatisme et d’automation. Depuis 1949, collaboration à un groupe belge de textiles artificiels. Participation active à l'Association internationale de cybernétique; collaboration au Comité national belge d'organisation scientifique et à VInformation Committee for Cybernetic Technology. Publications: Avant guerre. plusieurs articles dont La Reléve par ta Machine : Malthus avait-il raison ?; plus récemment: « Cybernetique OcTOBRE-DECEMBRE 1959 À et Automation - Quelques Points de repère », dans Rayonnes et Fibres synthétiques; & Le Démarrage de l’Automation », dans Actes du Premier Congrès International de Cybernetique; « De l’Automation à la Cybernétique ». dans Revue A.I.T.C.; « L’Effort de Modernisation du Matériel », dans Etudes et Documents du C.N.B.O.S; L'Automation Incidences humaines - Hypothèses (publié par Association Internationale de Cybernétique); « L’Automation - Où en sommes-nous ? » dans Cybernetica; « L'Automation, un Problème d’Organisation des Automatismes », dans Cedora; « L'Utilisation de Machines cyberné- SOMMAIRE Difficulté du Langage CHARLES KERÉNYI Naissance et Renaissance de la Tratiques dans le Cadre de l’Automation du Textile ». dans Actes Union I K. A. NiLAKANTA SASTRI =——- textile. Jean CAZENEUVE : né en 1915; études au Maroc et à Paris; ancien élève de Ecole normale supérieure; ancien pensionnaire de la Fondation Thiers; diplômé d’ethnologie; agrégé de philosophie; docteur . José Orreca y Gasser Mic Capex gédie en Sur les Contacts entre l'Inde et l'Occident dans l'Antiquité Vers un Elargissement de la Notion de Causalité 47 75 ès lettres; maitre de conférences à la Faculté de lettres d'Alexandrie, 1948-50; études à l’Université Harvard et enquêtes ethnographiques dans le Nouveau-Mexique, 1954-55; actuellement chargé de recherches au Centre national de la recherche scientifique. Principaux ouvrages : La Psychologie du Prisonnier de Guerre, P.U.F. (prix de la Société des gens de lettres; ouvrage couronné deux fois par l’Académie française): Psychologie de la Joie, P.U.F (prix Dumarest. de l’Académie française): en collaboration avec C. Lehec: Cabanis, 2 vol, P.U.F.; »), Cahiers CHRONIQUES ALFRED MÉTRAUX Les anciennes Civilisations de l'Amazonie ses... Les Dieux dansent à Cibola, Gallimard; Les Rites et la Condition humaine, P.U.F. {ouvrage publié avec le concours du ministère de l'Education nationale): La Philosophie médicale de Ravaisson, P.U.F.: collaboration à Annales, L’Année sociologique, Bulletin signalétique du C.N.R.S. (comme chef de la rubrique « ethnographie sociologie, Revue philosophique. TAC internationaux RoBERT CAUSSIN Le Transfert des Fonctions de l'Homme à la Machine ..... de NOTES BIO-BIBLIOGRAPHIQUES des collaborateurs du numéro 28 . L'IMPRIMERIE MODERNE, MONTROUGE (SEINE). — Dép. Iég.: 3° trim. 1959. Ne d'édition : 7010. — N° d’impression : 4621. — Imprimé en France. Le gérant: Jean D'ORMESSON,

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du quatrième acte. La plupart des éditions et des représentations plus récentes se terminent avec cet acte. On NL a toujours connu le texte du cinquième acte, mais l’on n'en a retrouvé et publié la musique que depuis peu 2°. Citer des passages de ce texte ne représenterait rien. On pourrait croire un instant que la tragédie ressuscitait en effet dans l'opéra. Dans la coulisse, Orphée est déchiré, sur la scène les Ménades triomphent et chantent; mais ce n’est pas un chant de femmes thraces ivres, c’est un chant fervent, digne de bacchantes habitées par leur dieu, et semblable au chant pieux du chœur dionysiaque qu’Euripide avait fait entendre dans sa tragédie. Elles célèbrent Bacchus, vainqueur de l’Orient, lion victorieux. Deux ans plus tard, Monteverdi supprimait cette fin, renoncant A cette ultime note dionysiaque. Dans l’edition de 1609, il fait apparaître Apollon, père du chanteur, à la place des bacchantes. Le dieu emmène son fils. L’opéra se termine avec l’ascension d’Orphee. Le mythe a célébré la toute-puissance du chant d’Orphée que la tragédie a porté sur la scene en tant que victime des lois tragiques de la nature que subit tout être vivant. Sa libération de ces lois, l’apotheose du chanteur omnipotent, ouvrit à l’opéra un monde libre où tout devient possible; possible avec une facilité qui permettait même de « jouer » avec le tragique. C'est précisément ce qu'a choisi de faire l’époque baroque. Orphée put à nouveau être déchiré et cela dans le premier opéra joué en France, POrfeo de Luigi Rossi, 1647. Je cite la fin de l’action fantastique dans le résumé de Romain Rolland qui a consacré, dans ses Musiciens d'autrefois une étude particulière à cette première représentation d’un opéra à Paris « Bacchus et les Bacchantes déchirent le chanteur thrace. Apothéose. La constellation de la Lyre s'élève au firmament. Les chanteurs chantent la grandeur de l’amour et de la fidélité conjugale: et Jupiter, dans un air récitatif à vocalises pompeuses, tire la morale de l’histoire en un madrigal à l’adresse de la Reine. » Charles KERENYI. (Ascona.) Traduit de Vallemand par Mme Anne-Elisabeth Leroy. 20. G. Francesco MALIPIERO : Per canto e pianoforte, Milan, 1950. SUR LES CONTACTS ENTRE LINDE ET L'OCCIDENT DANS L'ANTIQUITÉ par K.A. NILAKANTA SASTRI Au cours du siècle dernier et des premières décennies du nôtre. les historiens de l'Inde ont insisté sur l'isolement de ce quasi-continent, isolement provoque par les montagnes et les mers qui l'entourent de tous côtés el le constituent en un univers séparé. Le progrès de la recherche moderne a montré l'erreur de cette opinion. Actuellement les faits réels nous apparaissent plus clairement que jamais. Les barrières des montagnes, formidables en beaucoup de points, sont coupées par des ouvertures qui. de tout temps, ont permis un commerce considérable s’étenau nord-ouest, au nord-est, dant par-delà les frontières au nord. Située au centre. points s certain aussi bien-que sur du littoral de l’océan Indien, I’Inde avait de grandes faci. t lités de communication par mer avec les pays de l'oues et de l’est et nous savons maintenant que depuis un temps, immémorial elle et ses voisins en ont bénéficié. La libre navigation dans Pocéan Indien date déjà d époques recu- Afrique,’ lées, même préhistoriques; entre les peuples de le, de généra plus façon de ou, de l’Inde et de l’Indonésie série la partie sud-est de Asie, s'est produite une le Dès e. cultur et rce comme d'échanges : migrations, du Levant début, l’Asie occidentale et les pays avoisinants ndises marcha de rce comme ce à prirent également part se étude te présen La . monde et d’idees entre l'Inde et

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propose de retracer brièvement l'histoire des contacts entre l'Inde et les pays occidentaux dans l'antiquité, à peu pres jusqu'au moment où l’apparition et la diff usion de l'islam et son établissement dans l'Inde introduisent une nouvelle ère. L'archéologie nous apprend que l’aurore de la civilisation survint d’abord en Mésupotamie, vers 4000 avant J.-C. et que, à peu près mille ans plus tard, l'Egypte et la vallée de l’Indus se développèrent selon des tendances similaires. Ces civilisations ainsi que celle de Minos présentent tant de ressemblances que Sir John Marshall fut amené à postuler une commune parenté entre toutes les quatre : une culture afrasienne chaléolithique. Chacune en aurait été une expression adaptée aux conditions locales. Il est utile de rappeler que des historiens de l'art (A. K. Coomaraswami, Parmentier. etc.) ont été frappés par des formes et des motifs architecturaux (par exemple des dragons et des serpents enlacés sur des pierres, des vases, des manches de couteau, ou encore le cerf à quatre corps et une seule tête) communs à un territoire très vaste s'élendant de la Méditerranée à la Chine et à l'Indonésie: par conséquent, ils se sont sentis tenus de se rallier à I"hypothèse que Marshall a proposée. La civilisation de la vallée de l’Indus se place peut-être au premier rang du fait de son immense extension d’origine et de son influence ininterrompue sur les civilisations hindoues suivantes. « La civilisation de l’Indus, dit le professeur Gordon Childe, représente l’adaptation parfaite de la vie humaine à un environnement particulier qui n'a pu résulter que du patient effort de longues années. Et elle s’est maintenue; elle est déjà d’un caractère spécifiquement hindou et constitue la base de la civilisation moderne de l’Inde 1. » Les rapports entre la civilisation de l’Indus et les pays de l'Inde occidentale semblent avoir été constants et d’une grande importance culturelle. Les villes du Sumer et celles des bords du Nil et de l’Indus étaient liées par le commerce; les produits spécialisés d’industries urbaines se vendaient réciproquement dans les bazars. Dans certaines villes mésopotamiennes on a découvert des sceaux, des éléments de colliers et même des récipients isolés qui 1. Nem Light on the Most Ancient East, 1934. p. 220. SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT 49 n'étaient pas sumériens mais appartenaient aux villes contemporaines du Sindh et du Pendjab, eloiguces de 1 000 milles. Nous pouvons nous représenter des caravanes qui traversaient régulièrement les montagnes et les déserts de l'Iran, des flottilles longeant la côte du golfe Arabique et des colonies de marchands de l’Indus installés a Our, Kish et Babylone. Citons encore le professeur Childe : « Cependant ce genre de commerce en Orient n'est pas et n’a jamais pu être un simple transport de lots de marchandises d'un lieu à l’autre. Arrivés au but ou stationnant en route, les caravanes et les bateaux marchands ont dû faire des haltes prolongées. Des représentants -— probablement des colons en provenance du pays exportateur — recevaient sans doute les marchandises et organisaient le chargement du retour, tout en divertissant les voyageurs. À l'exemple des colonies britanniques permanentes à Oporto, Istanbul et Shanghaï nous pouvons en imaginer constituées de marchands indiens qui s'étaient installés à Our et à Kish. Dans ces conditions le commerce devient un véritable moyen de relations réciproques, un canal qui permet de diffuser les idées sur une échelle internationale. » 2 Nous ne sommes pas en mesure de déterminer la nature et la portée des idées de cette époque et pour être éclairés à ce sujet il nous faut attendre l'interprétation des inscriptions des sceaux de l’Indus. Nous savons cependant que le commerce effectué à travers le golfe Persique et peut-être la mer Rouge, entre l'embouchure de l’Indus et l'Asie occidentale, a continué jusqu’à l’époque bouddhique. Hiram, roi de Tyr, importait « de ivoire, de grands singes et des paons » pour décorer les palais et le temple du roi Salomon (vers 975 avant J.-C.) 5. Des singes, des éléphants de l’Inde et des chameaux bactriens sont représentés sur Yobélisque de Shalmaneser II (860 avant J.-C.) et le Baveru Jataka fait mention de mar- 2. Man Makes Himself, Watts, \hinkers' library N° 47, 1941, pp. 14950, Stuart Piggot semble fortement sous-estimer le rôle de la civilisation de I’Indus en appliquant à son histoire entière des traits qui n'appartiennent qu'à sa décadence vers 1500 avant J.-C. Some Ancient Cities of India, O.U.P. 1945, pp. 16-17. TOYNBEE : A Study of History : I, 107-8, aire et Lancpon : JRAS. 1941, p. 593, ont souligné l’affinité extraordin entre les civilisations du Sumer et de la vallée de l’Indus, admettant leur parenté étroite ou même leur identité. 3. Livre des Rois, 1, 10-22.

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que le terme Sindhu trouvé dans la bibliothéque d’Assurchands hindous. H. G. Rawlinson * dit : « On a considéré banipal (668-626 avant J.-C.) est employé dans le sens de coton indien et qu’il est beaucoup plus ancien, car en réalité il appartient à la langue akkadienne où il est exprimé par des idéogrammes signifiant tissu végétal. » On sait qu'Assurbanipal était un grand cultivateur et qu’il envoyait chercher des plantes en Inde, parmi lesquelles des « arbres portant de la laine » comme les appelait Hérodote. Après la chute d’Assynie en 606 avant J.-C. rencontre de toutes les races : Iraniens, Juifs, Phéniciens, Babylone se développa en un marché surpeuplé, lieu de Indiens et autres, tous venus pour vendre leurs marchandises. Il est clair que les terines grecs pour éléphant et étain (kassiteros) proviennent de l'Inde et ont pour origine le sanscrit (ibha-danta et kastira). L’époque du Rig-Véda, au deuxiéme millénaire avant J.-C., est la seconde étape de la civilisation indienne. Les ressemblances entre les langues et la mythologie, les religions, les traditions et les institutions sociales des Indiens et des Iraniens d’une part et celles des Grecs. Romains, Celtes, Germains et Slaves d’autre part sont trop connues d'environ le début du xiv° siècle avant J.-C. portent les pour avoir besoin d’être exposées ici. Toutefois indiquons les preuves découvertes pour l’Asie occidentale. Des rois hittites ont porté des noms aryens; et des inscriptions de Boghaz Keui et d’autres lieux en Asie Mineure, datant noms de Mitra, Varuna, Indra et Nasatyas, ainsi que pas sous leur forme iranienne future mais sous l’anquelques chiffres et autres mots qui apparaissent non cienne forme indienne. Ceux-ci sont considérés comme SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT 51 connu et non pas une divinité aryenne de l'époque préhindoue: par conséquent nous devons présumer qu'au milieu du deuxième millénaire la civilisation indienne s'était étendue jusqu’en Mésopotamie et au-delà, ce qui renvoie ses débuts à une date beaucoup plus reculée. L'intervalle était peut-être long, car dans le traité de Mitani on en appelle manifestement aux Asvins pour protéger Je mariage de la fille de Subbiluliuma avec Mattiuaza, roi de Milani; autrement dit, il faut considérer comme existant, déjà avant la date du traité précité, le volume du Rig-Véda avec l'hymne matrimonial dans la dixième nord de l’Inde mais tenir compte du sud également. Très mandala. Mème dans une étude de ces tout premiers contacts nous ne devons pas limiter notre attention au nord-ouest et au justement J. Kennedy a signalé? que « le riz, les paons, le bois de santal, et tout article inconnu que nous trouvons importé à Babylone par la voie maritime avant le époque ou à une autre un peu plus récente fournissent v siècle avant J.-C. portaient une dénomination non pas en langue sanscrite mais dravidienne ». Au vn siècle, des marchands de l’ouest « introduisirent en Chine méridionale un système de monnaies à inscriptions fondé sur un modèle babvlonien »; or un commerce maritime entre Babylone et la Chine doit forcément inclure l'Inde méridionale. Une poutre en cèdre indien découverte dans le palais de Nabuchodonosor (604-562 avant J.-C.), les morceaux de teck trouvés au temple du dieu de la Lune à Our à des niveaux appartenant à peu près à la même d'autres preuves du rôle que jouait dans ces échanges l'Inde méridionale. Des faits de ce genre devraient attirer davantage l’attention de la génération actuelle d’archéologues de l’Inde qui, comme Sir R. E. M. Wheeler, donnent India and the Western World, Cambridge. 7. The Early Commerce of Babylon with India, JRAS., 1898. moment et la grandeur de l'empire persan des Achéménides au vi siècle avant J.-C. attira les Grecs de l'ouest l'Inde et les pays occidentaux, n’a pu s'arrêter à aucun l’époque Maurya ou à peise plus tôt. Le commerce préhistorique par voie de terre, entre une importance trop grande au témoignage de fouilles des documents de peuples aryens qui ne s’étaient pas encore divisés en Iraniens et Indiens5; même si faites à Brahmagiri, Arikamedu et d'autres lieux et situent les débuts de la civilisation dravidienne historique à cette opinion est juste — et pour une grande part elle est considérée comme telle — ces documents n'ont pas beaucoup de valeur pour l’étude des rapports entre l’Inde et les pays occidentaux. Jacobi cependant formule une between autre opinion, fortement soutenue par Sten Konow®. Il pense que l’Indra des Mitani était le dieu hindou bien 4. Intercourse 5. Cambridge Ancient Historg, 1. 13, 6. The Aryan Gods of the Mitani People (Krishtina), p. 39.

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les Upanichads que chez Parménide, « on trouve un mode d'expression élevé et vigoureux et que des vers y sont employés à cet effet » 10, Ce même savant, tout en désap- € présent; que tout ce qui est multiple et variable n'est pas réel; et que penser et être sont identiques. D’aucuns voient même dans le style de la présentation une conformité remarquable. Par exemple, Garbe note qu’aussi bien dans de ce seul être universel, incréé, indestructible et omniphilosophie grecque, concevait tout comme issu de l'eau: cela rappelle le mythe védique selon lequel les eaux furent créées d’abord et l'univers entier se développa à partir d'elles. Un peu plus tard, l'école éléatique, Xénophon. Parménide et Zénon, enseignèrent des idées très semblables à celles des Upanichads, à savoir que Dieu et l'univers sont indivisibles, éternels et inaltérables; que la réalité dépend. par sa vraisemblance. Thalès (vers 640-550). père de la elles; l'hypothèse contraire, selon laquelle les Grecs et les Indiens seraient parvenus, indépendamment les uns des autres, à des conclusions similaires, ne s’impose pas hindoue et grecque sont si fréquentes qu'il convient d’admettre l'existence de certains rapports historiques entre d’une révolte contre le polythéisme traditionnel reflété dans Homère et contre le développement de la spéculation philosophique. Les analogies entre les philosophies L’ére des Upanichads en Inde eut également de l’importance pour l’histoire des idées en Grèce. Elle témoigne anciens. » ? influencé la pensée occidentale depuis des temps très de l'homme, ce qui signifie délivrance ou libération. » Il ajoute : « Cette conception religieuse semble avoir selon la loi du Karma jusqu’à la réalisation de la destinée sur une discipline ascétique; les réincarnations successives 53 SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT DIOGENE 52 lui-même; la connaissance supérieure et inférieure; la via negativa en tant que voie d'accès à la conscience mystique; l'incomplétude de l’univers pluraliste avec ses existants indépendants, vivants ou conscients; l’insistancé communications par voie de terre n’étaient plus accesgrace aux routes bien construites qui existaient dans l’empire entier. Les rapports entre les Grecs ioniens d’Asie Mineure et les pays orientaux étaient si nombreux et d'une telle variété que fréquentes ont dû être les occasions d'échange d'idées entre les Grecs et les Indiens qui vivaient alors en Perse. « A aucun moment les moyens de sibles, ni les conditions plus favorables pour l'échange d'idées entre l’Inde et l'Occident. » Des troupes indiennes prirent part à invasion de la Grèce en 480 avant J.-C. et des fonctionnaires et mercenaires grecs servaient dans diverses parties de l’empire, y compris l’Inde. Filliozat8 note : « A l’époque achéménide, la vallée de l'Indus, conquise par Darius, demeura pendant deux siècles attachée à empire iranien et soumise aux mêmes statuts que l'Egypte, la Syrie, l'Asie Mineure et la Mésopotamie et elle entretint un commerce très développé avec ces pays. Cependant le centre de la civilisation indienne à cette époque était la vallée du Gange où florissait, dépassant tous les autres, le royaume oriental de Magadha. Après au-delà. Loin d'être une conquête, la prise de ces terriavoir traversé l’empire persan, Alexandre envahit rapidement les anciennes satrapies indiennes. Il ne put aller quence que les Achéménides avaient su éviter. » toires permit plutôt à la civilisation indienne de se réapproprier ces régions après une courte période. conséchads, deuxième grande époque dans l’histoire de la civi- L'importance grandissante de l'empire achéménide coïncide avec la fin d’une période d'intense spéculation religieuse et philosophique en Inde, la période des Upanilisation de l’Inde après celle du Rig-Véda. On peut présumer que cette époque a duré de 900 à 600 avant J.-C. Radhakrishnan résume ses caractéristiques comme suit: « Pour la première fois dans l’histoire des idées, les Upanichads indiquent une vue religieuse dont voici les éléments intégraux : la suprématie de esprit absolu; la réalité de la conscience mystique; Ja distinction entre l’intellect contemplant rationnellement lintelligible et l’intellect transporté par enthousiasme et élevé au-dessus de 8. « Les échanges entre l'Inde et l’Empire romain aux premiers siècles de l'ère chrétienne », Revue historique, janv.-mars 1949; traduit en anglais par Sourindranath Roy, M. A., Journal of Indian History, XVIII. prouvant sur cette question des points de vue outranciers et dogmatiques, est nettement d’avis que dans le cas par- : ticulier la Grèce était débitrice de P’Inde. Il dit encore :: + 19. The Philosophy of Ancient India, Chicago, 1899, pp. 32-33. 9. Eastern Religions and Western Thought, Oxford, 1939, p. 133. « Il faut indubitablement admettre la possibilité histo-

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SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT 51 de la Perse et en même temps la possibilité d'un transrique du monde grec comme influencée par l'entremise fert d'Inde en Grèce des idées citées plus haut”. » De contemplative et d'une philosophie plus même, Stutfield a écrit? : « Il semble de plus en plus probable que l’Inde, en tout cas du point de vue historique, ait été le lieu de naissance de nos conceptions de religion d’abord ces croyances prédominaient en Inde non seulement « environ à la même époque » que la date des plaquettes en or, mais bien des siècles auparavant; ensuite il est aujourd’hui erroné de vouloir nier la possibilité et _à la seconde partie, elle est contestable en deux points : étude sur les vers orphiques gravés sur un certain nombre de minces plaquettes en or provenant de Thourioi et de Petelia, les plus anciens documents sur l'orphisme dont nous disposons et qui « appartiennent à une époque où l’orphisme était une croyance vivante », le professeur Burnet écrit 15 : « Ce qu’on peut en tirer sur cette doctrine ressemble de manière frappante aux crovances prédominantes en Inde environ à la même époque, bien qu'un contact effectif entre l’Inde et la Grèce semble impossible à ce moment. » La première partie de cette remarque qui admet une ressemblance frappante est recevable: quant de l'amour ainsi que celle de l'œuf cosmique. » Dans son remarqueront que les adeptes de l'orphisme ont adopté les conceptions de la nuit et du chaos et de la naissance gonie indienne. « Ceux qui sont familiarisés avec les hymnes védiques de la création, dit Radhakrishnan 4, mique joue un rôle aussi important que dans la cosmovolontaires. Dans la cosmogonie de l’orphisme, l’œuf coslimites des liens du sang et prétend que tous les hommes sont frères. Il ne tient guère compte des vertus civiques qui caractérisent la morale grecque. Toute vie est une et avec sa lyre Orphée répandait harmonie dans le monde animal et adoucissait le cœur des hommes. La religion orphique se distinguait fort du culte anthropomorphique de la Grèce d’Homere. Ses adeptes étaient groupés en des communautés fondées sur une adhésion et une initiation la haute. > Il y a aussi des analogies frappantes entre l'enseignement de Sankhya et les conceptions d’Héraclite, d’Empédocle et d’Anaxagore qu’il est inutile d’exposer ici dans tous leurs détails 13. De plus, le logos était pour Héraclite la loi éternelle du cours du monde. Dans le Rig-Véda (X. 125), vak (substantif féminin signifiant voix, langage, mot) apparait déja en tant que force active et prend dans les Brahmanas une signification plus proche de celle du logos au début de l’Evangile de saint Jean; car vak est considéré comme complément de Prajäpati, le créateur, uni auquel et par lequel il accomplit sa vocation. La doccomme Thrace, devint le prophète d’une secte religieuse trine du logos fut empruntée à Héraclite par les stoïciens et par Philon et constitua plus tard la base du néo-platonisme 13. C'est en nous tournant vers le culte des mystères et l’enseignement de Pythagore et de Platon, que nous trouvons la preuve la plus évidente de la dette de la Grèce envers I’Inde et une rupture presque décisive avec les tendances générales du rationalisme grec. Orphée, connu purificateurs et expiatoires. Dionysos est le dieu du culte qui suivait un code de règles de vie et un système de rites et de la foi en l’immortalité de l’âme, trait essentiel] de la religion orphique. Il n’existe pas d’abime infranchissable même la probabilité d’un contact entre l'Inde et la Grèce 16. Early Greek Philosophy, 1908, p. 88. 14. Op. cit. p- 188. ——m n’est pas très vraisemblable. » Il ajoute dans une note : l'œuf universel, l’éventualité d'une coïncidence fortuite Yon v ajoute les métaphores telles que la roue de vie et tere divin de l’âme, à l’emprisonnement de âme dans le corps et à une libération possible par la purification. :Si se référent à la réincarnation, à l’immortalité et au cardcà cette époque. Le commentaire de Radhakrishnan sur les entre Dieu et l’âme: le but de la discipline et de la reliremarques du professeur Burnet résout la question: : « Les croyances adoptées en commun par les deux pays gion orphiques est d’aider les hauts éléments divins dans l’homme à se libérer des bas éléments non divins. Le chemin qui conduit à cette libération est long et l’âme transmigre de corps en corps en un perpétuel voyage à travers le grand cercle de la nécessité. La roue de la naissance continue à tourner jusqu’au moment où l’âme lui échappe en atteignant à la libération. L’orphisme transcende les 11. Ibid, p. 38. 12. Mysticism and Catholicism, 1925, p. 31, cité par Radhakrishnan. 13. Cf. Ganse, pp. 33-37; 53-55.

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« Il existe des ressemblances frappantes pour ce gui est du transfert au ciel. Dans le Rig-Véda le ciel est le pays de l’äme auquel elle revient purifiëe après la mort (X. 14.8); avant d'arriver au ciel il lui faut traverser un fleuve (X. 63.10) et passer devant les chiens vigilants de Yama, les chiens tachetés de Sarama (X. 14-10). » Etroitement apparenté à l’orphisme, le culte d’Eleusis ulilisait les hymnes orphiques et était essentiellement magique plutôt qu’éthique. A condition que le rite soit correctement exécuté, la grande déesse protège celui qui Fexécute, maintenant et pour toujours — doctrine qui, à la base, ressemble au sacrifice védique. Le fondement théorique est le même que celui de Forphisme. La divinité habite l’homme, enveloppée d'obscurité; l'initiation au culte, considérée comme une seconde naissance, et l'exécution correcte du rite assurent la récupération de notre véritable moi. A la fin de initiation, Vinitié doit aller en paix, ce qui rappelle le refrain des Upanichads : Santih, santih, santih. Aristote a noté : « Les initiés ne sont pas censés apprendre quelque chose, mais être affectés d’une certaine manière et mis dans un certain état d’esprit. » Tous ceux qui ont pris part aux cérémonies n'en ont pas bénéficié dans la même mesure ou n’ont pas compris la pleine signification de ce qu'ils voyaient et entendaient. Mais ces cultes mystiques furent favorisés par les tragiques grecs et jouirent d’une grande popularité avant d’être supprimés par des empereurs chrétiens. La doctrine orphique fut reprise par Pythagore de Samos, homme de génie, qui alla s'installer à Crotone en Italie où il trouva bon accueil. Les Grecs eux-mêmes ont considéré sa doctrine comme étrangère, ce qui est une preuve de l'influence qu’exercaient sur lui la philosophie et la science de l'Inde. Depuis que Sir William Jones fit remarquer les analogies entre le système de Samkhya et la philosophie pythagoricienne et que Colebrooke les a soulignées, les savants modernes ont accepté cette opinion à l’unanimité comme un fait indéniable. Pythagore enseigna dans la deuxième moitié du vr siècle et regardait Orphée comme son maitre. L’univers, pour lui, est non seulement un ordre de proportions mais encore une harmonia, un accord musical. Il prescrivait un mode de vie ascétique où l’abstention de la viande était une des règles essentielles. Il croyait à la réincarnation et certains récits SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT © 57 attestent sa propre capacité de se souvenir de ses ‚naissances anterieures et de reconnaitre celles d’autrui. De même, il croyait à la purification de l’äme par des naissances successives de plus en plus élevées, Platon affirme que le mode de vie pythagoricien était encore connu a son époque. L’ordre pythagoricien était une confrerie religieuse recrutée par voie d'initiation volontaire. Dans le Phédon, Platon se réfère à la doctrine pythagoricienne qui enseigne que les hommes sont des étrangers dans Je monde, que le corps est le tombeau de l'âme mais que s’en échapper par le suicide est une faute. La contemplation est considérée comme le but de l’honinte car elle conduit à la purification de l'âme et à la fin des incarnations. Pythagore croyait avec les Upanichads que la difference entre les étres humains et ceux d’une autre espèce n’est pas absolue et que toutes les âmes sont de la même espèce. Selon son biographe Jamblique, Pythagore considérait le soleil et la lune comme les îles des bienheureux; dans les Upanichads, la lune est la demeure des esprits. Jamblique écrit aussi que Pythagore faisait de songs voyages, étudiant entre autres l'enseignement des bra - manes. De plus, en tant que mathématicien, il exprimait ses idées cosmogoniques en formules mathématiques. u etait « une rare combinaison de haute puissance intellectuelle et de profonde penetration spirituelle » (Radhakrishnan). Plus tard, ses disciples se diviserent en deux écoles, dont une rationaliste et l’autre religieuse. Une “influence directe exercée par l’Inde sur la pensée de Pythagore a été généralement reconnue comme une hypothèse tout à fait vraisemblable et indispensable. Ainsi Gomperz écrit! : « Il n’est pas exagéré d’admettre que le Grec curieux, contemporain de Bouddha et peut-être aussi de Zoroastre, ait acquis dans cette ère de fermentation intellectuelle des connaissances plus ou moins exactes de l'Orient par l'intermédiaire de la Perse. » Et dans son commentaire de l'hypothèse d’Hérodote, selon laquelle Pythagore aurait emprunté aux Egyptiens sa doctrine de la réincarnation, le professeur H. G. Rawlinson #7 dit: « I] est vraisemblable que Pythagore a subi l'influence de l'Inde plutôt que celle de l'Egypte. Presque toutes les théories religieuses, philosophiques ct mathématiques 16. Greek Thinkers, I, p. 117, cité par Radhakrishnan. 17. Legacy of India, 1937, p. 5.

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trop cosmique » qui contient le germe de toutes choses, est que la proche de l’histoire indienne de la création pour hindoue similitude soit accidentelle. Rappelons la théorie el artisans des varnas et la division en gardiens, guerriers SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT us” 59 DIOGÈNE 58 dans la politique idéale de la République de I laton. 1 dans le Purusha-Sùkta du Rig-Véda. Le contraste en e ces classe toire que Socrale raconte sur l'origine divine de al quoi pour perpétuer le système de Plat — « suns proc 1e « 0 périra certainement » — esl évidemment tres trouvee mythe védique sur l'origine des quatre castles enseignées par les pythagoriciens étaient connues en Inde au vi siècle av. J.-C.; et comme les djaïns et les bouddhistes, les pythagoriciens s’interdisaient de détruire la vie et de manger de la viande et considéraient comme tabou certains légumes, par exemple les haricots. » Rawlinson ajoute : « Il semble aussi que le théorème du carré de I’hypotenuse, dit pythagoricien, était déjà connu en Inde au début de l’époque védique, donc longtemps avant Pythagore » (sulbasûtras). Beaucoup de savants adoptent le même point de vue bien que A.B. Keith s’en sépare et le critique sévérement 18, La tradition mystique continue avec Socrate (470-399 avant J.-C.) et trouve sa pleine expression chez Platon portal une e de I son l'esprit grec en général et la ligne de pensé s répu es. a souvent été remarqué par des savant est le repre Sir Richard Livingstone a constalé : € Platon encore ur sentant le plus éminent des hérétiques. » Et ent. » ns a de P usieurs a van 149, nn. 1. PP. 148 -149, i ADHAKRISHNAN, Op. cit, s en Truw — Voorbeeld bij Sextu 21. Kir DET er Slang Med. der Kon. Akad. van Weetens1 ricus en in Inde ». Versl. en. Empi 230-244. chappen, Amsterdam, IV. IX, pp. eux les connaissance longtemps, laissérent loin derrière Plus t. que les Européens possédaient de l'Orien et homm nrent a led “es taires dans un pays ennemi, parvi peuples de wer sur connaissances considérables sur les ‚Pe utumes, leurs industries, etC. es d’action qui, malgre leurs préoccupatio Alexandre était en effet accompagné entre les image dans | extus En pila philosophie indienne, qui se trouvent littéra ures a cam ricus et nulle part ailleurs dans les systéme scept que et latine. Pyrrhon fut le fondateur du 5 field, plus clairement: « L’esprit de Platon ment religieux. Eusèbe (315 de notre ère) nous a conservé une tradition attribuée à Aristoxène qui écrivit (vers 330 dérivai es nr forte charge de mysticisme orphique qui depuis toujours tiellement de sources asiatiques. L’Inde, probabien le pays de la dévotion mystique, y contribua attentif de ces indications isolées, même conçues sur les anciens rapports entre les deux pays. » avant J.-C.) sur les harmonies et selon lequel quelques (427-347). Socrate était le grand défenseur de la maitrise rationnelle de soi, mais il était en même temps profondésavants indiens auraient effectivement rendu visite à Socrate à Athènes. Ceux-ci lui auraient demandé de leur expliquer le but de sa philosophie. Socrate avant répondu : « l’examen des choses humaines », l’un des Indiens aurait éclaté de rire et demandé : « Comment un homme pourrait-il comprendre les choses humaines avant les divines? » Rawlinson constate très justement: « Si nous devons croire Eusèbe. il nous faut réviser bien des notions préaventure en e ae nice, avant de se lancer dans son de la pensée Inde, avait peut-être une vague conception Pendant qu i etal et des hommes religieux de ce pays. de Dion! ne. chez à Taxile, il envoya Onésécrite, disciple voisine. pren 5 les sages qui vivaient dans une foret > Kalanos ( aly’ parvint à persuader un ascète nommé yer! me qu de se joindre à l'entourage d'Alexandre. .accompagnait Alexandre en Inde, acquit la Coste que remonie 1a aloe dé la pensée indienne et c'est à lui res de à s de la corde et du serpent, ¢ ei Un examen vagues et légendaires telles qu’elles le sont parfois, semble aboutir à la conclusion qu’il ne faut en aucun cas négliger la contribution que l’Inde lointaine a apportée à la pensée grecque, même dans ces temps reculés. Les échos de la pensée des Upanichads dans les dialogues de Platon sont trop nombreux pour être exposés en detail ici; le lecteur curieux peut cependant s’en faire une idée d’après des passages de Eastern Religions and Western Thought (pp. 144-148) de Radhakrishnan. Remarquons que la légende orphique (dont nous avons déjà brièvement parlé) d’un univers formé dans le corps de Zeus une fois qu’il eut avalé Phanès, fruit du grand « Œuf 18. JRAS., 1909, pp. 569 sq. 19. Indian Art and Letters, X, 1936, pp. 57-58. Aristoxène est justifié par un fragment d’Aristote, RADHAKRISHNAN, op. cit. p. 151 et n.

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rable encore, à cet égard, fut l'importance des ambassadeurs des rois hellènes qui succédèrent à Alexandre et maintinrent des relations amicales avec les grands empereurs mauryens de l'Inde. Mégasthéne est l’un des plus connus de ces ambassadeurs et l’étude attentive des fragments qui ont survécu de ses écrits sur l’Inde a donné des résultats remarquables. Si Alexandre avait atteint un âge normal, son rêve d’un mariage entre l’Europe et l'Asie — rêve auquel il donna une expression concrète par son propre mariage avec Roxane, princesse sogdienne, et par le mariage avec des femmes asiatiques de centaines de ses officiers supérieurs et de milliers de ses suivants plus modestes — aurait pu aboutir à des résultats concrets par le développement d'une culture .eurasienne, Méme sans cela, l'ancien isolement de l'Etat-cité, avec son loyalisme étroit, commençait à céder devant la naissance d'idées universelles sur la place de l'individu dans la société et sur une fraternité entre les hommes, sans distinction de Grecs et de barbares. Zénon fondateur d stoicisme, ébaucha la vision d’un monde ressembla nt à une grande cité unique obéissant à une loi divine uni 8 rappelons dans ce contexte que l'idée d’une loi univer. selle et d’un empire mondial gouverné par un ch kra. varti-sarvabhauma avait été chère à l'Inde au moins depuis l’époque védique tardive (Aitareya Brahmana) et, dens l'histoire réelle, l'empire mauryen fut tout près ae SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT 61 depuis le v* siècle avant J.-C., comme Petrie l’a lui-même : pensé à la lumière d’autres preuves encore, Il ajoute « Il n'y a pas d'obstacle à considérer l'Inde comme la source de l'idéal ascétique, totalement nouveau pour l'Oc- Les ambassades des Etats helléniques, dont il a été briècident. » 2 que de nombreux enseignements du Christ et quelquefois vement parlé plus haut, étaient certainement un autre élément stimulant pour l'échange des idées. D’une façon ou d'une autre, des idces et des légendes indiennes semblent avoir été bien connues dans les milieux de la où sont nés les récits des Evangiles. Les Manuscrits qu’en mer Morte découverts en 1947, qui n’ont été examinés penpartie et dont l’étude promet d'occuper les savants déjà dant de longues années à venir, semblent montrer , était très viennent les nombreux rouleaux en question cinquante ses paroles elles-mêmes étaient connus au moins ans avant sa naissance 2. côte nord Venue s’installer à Khirbet-Qumran sur la de la mer Morte, entre 100 avant J.-C. et 70 apres J.-C. d'où prola « Communauté » ou « Nouvelle Alliance », Christ appaprobablement formée d’Esseniens ou d’une secte sance rentée et qui vivait dans la même région. La connais de des doctrines et des rites des adeptes nous permet la période mieux comprendre le judaïsme pendant le tronc, romaine. « L'arbre, dont l’Ancien Testament était suite furent avait alors de nombreuses branches qui par la eux du prens non 1955. Voir également », dans Dingène, 22, pp. 89-118. des manuscrits de la mer Morte _— bouddhistes, JRAS., 1898, p. 875;' 29. Pierres avec des symboles Man, VIII, 1908, n° 11; MemPetrie sur la colonie hindoue à Memphis, Israel, 1923, p. 134, cité par phis, 1908, ch. VII, ainsi que Egypt and RADHAKRISHNAN, p. 150. s, New York 1957. Cf. 93. MILLER Burrows : The Dead Sea Scroll ment », Hindu, 11 déc. Kixcstey MARTIN : € New Light on Old Testa men : € Les problèmes l'étude d'André Dupont-Som latio mier siècle avant J.-C. est plein de spécu traits centraux | judaïques qui anticipent quelques-uns des Le Livre d'Enoch, remarquable ouvrage hébr élaguées ou se desséchérent. » L'enseignement du salisfaire l'aspiration légendaire de l’Inde à un Bhäratade concepts apparaît de plus en plus comme un mélange notamment, empruntés tant au judaisme qu’à l'Orient, Même le sous une forme ou une autre, au bouddhisme. t dépourvu — judaïsme plus ancien n'était pas entièremen nt, orientales. d’influences indiennes ou, plus généraleme figurines moulées vers 200 avant J.-C.; Petrie a considéré ceci comme la preuve de l’existence d’une colonie indienne à Memphis à cette époque; en effet, cette colonie semble avoir existé de façon plus ou moins continue environ en Egypte quelques pierres portant les symboles bouddhiques de la roue et du trident et à Memphis quelques Pattention sur les idées qu’elles proposaient. On a trouvé Cyrénaïque et Epire, où elles surent certainement attirer prêcher le nouvel enseignement. A en juger par les propr édits d’Asoka, ces missions furent sans doute bien revues dans les cinq Etats helléniques : Svrie, Egypte, Macédoine L'empereur mauryen Asoka fit tout ce qu’il put pour répandre Pévangile de Bouddha dans le monde. Au milieu du mr siècle, un conseil fut tenu à Pätaliputra qui décida d envoyer des missionnaires dans le monde entier afin de ay BP ME AD AS

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est également très remarquable. Sir Charles Pot nie x 443. 26. Hinduism and Buddhism, 1921, iff, p. Inde après l'invasion bactrienne, furent rapidement india + de eiviti tianisme était encore en pleine formation. cr En Inde, l’époque mauryenne de grandeur e | ivie p par une autre qui appoD ifie e fut suivie unifié j sation les Grecs de troubles et des invasions étrangères. D'abord piusieurs la Bactriane envahirent le nord-ouest et créèrent e, N ut colonies et principautés indo-grecques. Ensull geen par des vagues successives de peuples nomades, dép ; Asi une violente tornade d’événements survenus en les herein trale sur le territoire chinois limitrophe et qui bien erent ser À vers l’Inde. Ces peuples cependant se redres un grand. et, au début de l'ère chrétienne, fondérent « empire L nde empire indo-scythe qui unissait en un vaste une par ie de occidentale et l'Afghanistan actuel ainsi qu te ile avant l’Asie centrale. Adoptant en Inde (comme He ‚ike „is ast eux) la culture du pays et la religion bou usion de June et1 de l'autre, non s eulement . if é la diffus rèrent made . mais | aussi sur les routes e, ire, , dans le reste de l’empi it » (Filliozat). Te € en Chine i quii menaiient en Haute-Asie se formait . la situation de univers indien au temps où | u ire romain. ” qui. . en nombr7 e considérable, :s'établirent en| T S Grecs a bles n sembla u c: de causes i lale po ssibilité de i admis 5 avoir « Apres de, cro waqu le de inci dences, il est po urtantt difficije de coinci sion, aa shes cal,, lala confes t clérical É tels qu e le céliba i ensemble de rites des reliques, l’emplai du rosaire elet dede MO i sneration la vener = : deux religie en dans les inde endam ment indep i i pu naitre ait emps tere Le bouddhisme était une religion depuis longt avec sa propre tradition et ses institutions lorsque 63 SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT DIOGENE 62 | de la prise de conscience de Jésus. R. Otto, qui en étudie les analogies avec la pensée orientale, a trouvé leur source dans le Aaushitaki U panishad %, naient du commerce, ne possé daien t pas d’escl aves et ne fabriquaient pas d’armes de guerre. L’admission dans leur tement végétariens et ne buvaient pas de vin. Ils s’abst ed'esprit bouddhique. Bien que Juifs de naissance, les Esséniens renoncaient au mariage, observ aient quant aux biens materiels une sorte de communis me et refusa ient le culte dans le temple et les sacrifices animaux. Ils étaient stric- Les Esséniens et d’autres sectes alliées sont imprégnés som qui marchait sur l’eau tant qu'il croyait en lui, mas t a sow bra des que sa foi diminua. Comme Max Mulle r elle ligné, marcher sur l'eau n'est pas un fait nee S en i au moyen d e Ja la 1foi et sombrer s'y i enir , maint man s’evanouit ne peut être explique que par quelque pe es historique et les Jätakas sont plus anciens ae un autre Ja ka CO); angil es. Dansun que less EvEvangil ir centenaires Ra le Bouddha nourrit ses cinq cents frères avec n gâteau qui avait été posé dans sa sébile de men Pessem La res senj i faut . en jeter. et il en reste encore tant 4 u'il s blance entre les cérémonies catholiques et D secte exigeait une initiation minutieuse et des serments solennels. Saint Jean-Baptist e était un Essén ien et en insistant sur le baptéme, il se référa it à un usage esséni en. Jésus fut fortement influencé par leurs principes mais, malgré ce que croient certains, il n’a, a aucune période, appartenu à cette secte. L’idée de la non-résistance au mal qu’il souligne avec tant d’insistance pourrait étre due aux Esséniens. Méme dans la conception essentielle du royaume du ciel, deux éléme nts ont été identif iés : d’une part une conception messianique appartenant à la tradition palestinienne, d’autre part une conception mystique qui découle de la description de la libération dans les Upanichads. « Quoique Penseignement de Jésus soit du point de vue historique une continuation du judaïsme, il ne s’est pas développé à partir de lui dans ses points essentiels » (Radhakrishnan) 2; une grande part de son enseignement est empruntée à l'Orie nt. En fait, l’histoire de l'Evangile tout entière présen te une ressemblance frappante avec la vie et l'ens eigne ment du Bouddha Gautama. En ce qui concerne la vie, noton s surtout la conception et la naiss ance mirac uleus e du Bouddha; l'étoile au-dessus de son lieu de naissance: la prophétie du vieil Asita, le Siméon bouddhiste: la tentation de Mära; les douze discip les avec Anand a, « le disciple aimé »; les miracles qu’en même temps le Boudd ha désapprouve en tant que preuve s. « Bien plus frapp antes encore, constate Rawlinson, sont les similitudes entre les paraboles et les miracles bouddhistes et chrétiens. » Le numéro 190 du Jätaka mentionne un disciple du Bouddha 24. RADHAKR ISHNAN, op. cit. pp. 160-161. 25. Op. cit. p. 176. Le passage entier dont cette citation est tirée tente de démontrer cette conclusion en détail et doit être

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nises. L'étendue de ce processus est attestée par une inscription brahmi du ue siècle avant J.-C, gravée sur un pilier de pierre à Besnagar près de la station de chemin ‘de fer de Bhilsa, en Inde centrale. Voici l'inscription : « Cette colonne garuda de Vasudeva (Vichnou) fut érigée ici par Héliodore, fils de Dion, adorateur de Vichnou (Bhagvata) et habitant de Taxile, qui est venu comme ambassadeur grec (Yonadüta) du grand roi Antialcide auprès du roi Kasiputra Bhâgabhadra, le Sauveur, dans la quatorziéme année de son régne prospére. » 27 Nous possédons une inscription karoshthi du début du 1” siècle avant J.-C. gravée sur un vase de Swat par le méridarque grec Théodore qui était bouddhiste et enchâssa quelques reliques du Bouddha?. Dans les grottes de Nasik et de Karla se trouvent de nombreuses inscriptions votives en brahmi faites par des colons grecs qui demeuraient dans les environs. Ménandre, par certains aspects le plus grand des rois indo-grecs, se convertit au bouddhisme grace au maitre bouddhiste Nagasena (180-160 avant J.-C.) et l’ouvrage pali Milindapanha se donne pour un témoignage des dialogues entre le roi et Je maitre. On voit ainsi les Indo-Grecs embrasser l’hindouisme ou le bouddhisme à mesure de leur ralliement. Ce second contact avec les Grecs, plus durable que l'épisode éphémère de l’incursion d'Alexandre, fit-il sentir son influence sur la civilisation de l’Inde du nord-ouest ? A l’époque, cette influence n’était probablement pas très grande et l'adoption des religions indiennes par les Grecs SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT 65 ce qui concerne le style des images indiennes (non-gandhara) de Bouddha mais il ne semble pas infirmer l’opinion de Foucher que l'idée de représenter Bouddha (ou n'importe quelle divinité) sous forme humaine ait été conçue par les Grecs. Les premières sculptures bouddhiques n’indiquent la présence du Maitre que par des symboles: arbre bodhi, empreintes de pieds, stoupa, etc. Une fois l'idée concue au nord-ouest, elle a pu facilement parvenir 4 Mathura par les routes de grand trafic commercial qui reliaient Mathura à Taxile, Peshawar et d'autres lieux en Gandhara. Citons ce que Tarn pense de la question 29: « La civilisation indienne était assez forte pour se maintenir en face de la civilisation grecque. mais non assez forte, semble-t-il, à l'exception du domaine religieux, pour influencer cette dernière comme le fit Babylone; nous pouvons néanmoins trouver des raisons pour penser que l’Inde fut, des deux. le partenaire dominant. » Et encore: « D’un point de vue général, l'Asiatique prit du Grec essentiellement des choses extérieures, des questions de forme; à l'exception peut-être d'institutions civiles, il a rarement pris la substance et jamais l'esprit. Car en ce qui concerne l'esprit, l'Asie était tout à fait sûre qu’elle pouvait l'emporter sur les Grecs et elle ’emporta en effet. » Ces remarques trouvent leur confirmation de manière frappante dans les grottes de Sitabanga et de Jogimara des montagnes de Ramgarh, 160 milles au ‚sud de Bénarès. Elles contiennent un curieux théâtre de plein air et un théâtre fermé dont les plans ont été consirenforce cette opinion. Les monnaies de Démétrios sont dérés d'inspiration grecque; des inscriptions du ım ou toutes helléniques, en revanche celles de Ménandre font apparaître un compromis intéressant entre la Grèce et l’Inde. Sagala, la capitale de Ménandre, n’a pas laissé de hétaïre, et des aménagements d’une maison de repos pour elle avait adopté le style grec pour son aménagement. Foucher était d'avis que l’idée de représenter Bouddha sous forme humaine dans les sculptures était née chez les Grecs; cette opinion peut être juste quoique plusieurs savants indiens la refusent et pensent que cette idée fut conçue à Mathura et que les images primitives yaksha de ce centre d’art et d’autres précédaient les statues ultérieures de Bouddha. Ce point de vue peut être exact en 27. JRAS., 1909, p. 1092; RADHAKRISHNAN, op. cil., p. 156. 28. Smitu : Early History of India, 1924, p. 255, n. 1. les comédiennes. Mais le drame indien est indien dans les traits essentiels de son origine et de son esprit et il faut chercher ses racines dans l'ère des védas et des brahmanas. Des termes comme Yavanika, pour rideau, sont une nouvelle preuve que les Indiens empruntaient ailleurs des formes extérieures sans modifier d'aucune manière l'esprit de leurs institutions. L’exception que fait Tarn pour les institutions civiles se trouve justifiee dans la célèbre Arthasastra : son auteur, Kautilya, avoue que, pour composer sa grande œuvre, il a consulté non seule29. The Greeks in Bactria and India, 1938, pp. 375-76 et 67. trace, nous ne pouvons donc savoir dans quelle mesure we siècle avant J.-C. portant le nom de Sutanuka, une

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ment les anciens traités de son propre pays, mais aussi les coutumes en vigueur a l’époque dans d’autres Etats (hellénistiques) 3% Et la haute qualité de lu sculpture mauryenne dérive peut-être d'éléments grecs aussi bien que d'éléments iraniens. Grâce au développement de l'Empire romain, les rapports entre l'Inde et l'Occident devinrent beaucoup plus fréquents. Nous nous abstenons de répéter les détails histariques bien connus de ces contacts — ambassades, articles de commerce, eic. Nolons pourtant que la Par Romana contribua au développement d’une culture cosmopolile au Proche-Orient et au Moyen-Orient. A Antioche, à Palmyre et à Alexandrie, des marchands et des hommes de lettres indiens el grecs se rencontraient librement afin d'échanger des idées. Une monnaie de Ménandré, trouvée avec une autre de Vespasien à Tenby en Pembrokeshire, évoque l'image d'un marchand gréco-romain qui, dans l'intérêt de ses affaires, visitait l'Inde aussi bien que la Grande- Bretagne. D'autres monnaies de l'Inde septentrionale et leurs imitations ont été découvertes en Scandinavie et le commerce de l'Orient a laissé ses traces le long de FOxus jusqu'à la mer Caspienne ®!. Alexandrie était la deuxième ville de l'empire. « Les bateaux marchands de la moitié du monde antique s’amarraient le long de ses quais. et des savants venant des quatre coins du monde s’v rencontraient et discutaient dans le Musée, utilisant les vastes ressources littéraires de ses grandes bibliothèques. Ils n'avaient pas Je mépris du « barbare » des anciens Ftatscités grecs et une grande partie de la population, les Athéniens par exemple, ne passaient leur temps à rien d'autre qu’à raconter ou à écouter quelque chose de nouveau... » Le Milinda Panta mentionne Alexandrie comme un des lieux où les marchands indiens venaient régulièrement et Dion Chrysostome faisant, sous le règne de Trajan (98- SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT 67 Arabes, des Bactriens, des Scythes, des Persans et quelques Indiens qui sont parmi les spectateurs et résident ici en permanence | » | H en résulte que Ja philosophie indienne fut reconnue de plus en plus dans les écoles helléniques d'Asie mineure et d'Egvpte. Apollonius de Tvane (vers 50 après J.-C), gnostique célèbre et marchand de miracles, alla à Taxile pour étudier avec des précepteurs brahmanes. Bardésane le Babvlonien (né en 155 après J.-C), un maitre gnostique bien connu, apprit de nombreux fails enrieux sur l'Inde par une ambassade indienne qui vint en Syrie sous le règne d'Héliogabale (218-222 après J.-C); il dut beaucoup au gymnosophiste indien Dandamis qui accompagnail l'ambassade et avait de grandes connaissances concernant les brahmanes et les bouddhistes, leur discipline et leur mode de vie. Bardésane décrivit dans ses détails authentiques la vie dans un monastère bouddhique, ainsi que la visite d'un temple dans une grotte de Inde occidentale, où se trouvait une image de Ardhanarisvara, c'est-à-dire Civa sous sa forme androgyne. L'ouvrage de Bardesane sur les gymnosophistes indiens est perdu: cependant deux fragments précieux d'une certaine longueur onl été préservés par Porphyre (233-305 après J.-C.) et Stohce (vers 500 après J.-C.) 2. Clément d'Alexandrie (150-218 apres J.-C.) connaissait le bouddhisme: il mentionne souvent la présence de bouddhistes à Alexandrie et déclare que « les . Grecs ont volé leur philosophie aux barbares ». C'est le premier écrivain grec qui se réfère nommément à Bouddha : « Il existe des Indiens qui suivent les commandements de Boutta que, par suite d'une vénération excessive, ils ont élevé au rang d'un dieu. » Il sait que les bouddhistes croient à la métempsycose et qu'ils « adorent une sorte de pyramide (sfoupa) sous laquelle ils pensaient qu’étaient enterrés les ossements de quelque divinité ». 117 après J.-C.), une conférence à Alexandrie, dit : « Je vois parmi vous non seulement des Grecs et des Italiens. A l'encontre d’autres écrivains qui les confondent, Clédes Syriens, des Libyens, des Siciliens et des hommes habimanes. « Archélaos de Carrah (278 après J.-C.) et saint tant plus loin encore, mais aussi des Ethiopiens et des ment distingue clairement entre bouddhistes et brahJérôme (340 après J.-C.) mentionnent tous deux Je nom de Bouddha et racontent la légende de sa naïssance d’une 80. Cf. Rosrovrzerr : Social and Economic History of the Hellenistic World, 1941, pp. 650-551. . 31. MARMINGTON : The Commerce between the Roman Empire and India, 1928, p. 302. Cet ouvrage ainsi que Intercourse, de RAwLınson, sont les meilleures &tudes d’ensemble sur la question. vierge. L'histoire de Bouddha pénétra peu à peu en Occident jusqu'à ce que, par une coïncidence pratiquement 32. Me Grixsore : Ancient India, 1901, pp. 119-74.

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sans pareille dans la littérature, Jean de Damas la racontät, au vin siècle, comme la vie d’un saint chrétien. Le Bodhisattva Gautama entra dans l’église chrétienne sous l'apparence de saint Josaphat et fut inclus dans le Martvrologe de Grégoire XIII (1582). » 33 Les Thérapeutes ou Moines contemplatifs d’Egypte dont parle avec ferveur Philon (20 aprés J.-C.) et qui se vouent SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT 69 Karma: sa théorie de la personnalité a de fortes affinités houddhiques : « l'âme est dépourvue de qualités, mais les passions, comme les skandhas bouddhiques, s’attachent a elle en tant qu’appendices ou « parasites ». Dieu est indéfinissable, presque inexistant et la divine entité de Jésus n’est entrée au nirvana qu’à sa mort. » Basilide voyait dans contemplation pure, avaient certainement subi l’influence le christianisme l’élément essentiel de son système; cependant son interprétation est profondément bouddhiste. Citons encore Kennedy : « Toutes choses portent en ellesde la pensée hindoue et bouddhiste. Leur nom ressemble mêmes leur propre loi d'existence; la souffrance est inhéà Thera-putta, ce qui pourrait ètre un mot pali et signifier « groupe de Theras »; Theras ou Sthaviras (Skt) était une des célèbres écoles du bouddhisme naissant. Philon donna à Alexandrie une nouvelle interprétation de textes judaïques en considérant la doctrine du logos comme leur élément central et déterminant. Nous avons indiqué plus haut les ramifications antérieures et ultérieures de cette doctrine. Le gnosticisme était un effort conscient en vue de fondre ensemble des éléments de pensée grecs et hindous auxquels vint s’ajouter plus tard le christianisme. C'était un systeme syncrétique qui fut élaboré bien avant l’ere chrétienne, quoique le christianisme tendit a le considérer rente à la vie, la réincarnation est le résultat d’actions antérieures et la métempsycose gouverne les humains avec une justice inflexible et une nécessité de fer. L'office de Jésus est celui de Bouddha; seuls les élus sont sauvés et la masse de l'humanité se contente de renaître. C'est du bouddhisme pur et simple, tant par ses idées mailresses que par sa psychologie et sa métaphysique. » Plotin, fondateur de l'école néo-platonicienne, désira vivement étudier la philosophie indienne: en 242, il accompagna l'expédition de Gordien contre Sapor, roi de Perse, dans l'espoir d'un contact personnel avec quelqu'un qui fût capable de l'éclairer. Le néo-platonisme a une forte parenté avec les doctrines indiennes du Vedanta et du Yoga. Plotin emprunte un mode de pensée véritablement indien pour décrire la manière par laquelle Vindividu à une vie ascétique, à la mortification du corps et à la comme une hérésie. I] présentait beaucoup de traits communs avec les Upanichads et la tradition grecque en Grèce. La gnose ne représente pas une facon de comprendre intellectuellement, mais bien plutôt de voir Dieu, une sagesse ésotérique, une vision béatifique, une illumination — qu'on l'appelle comme on voudra. Sans nous occuper des se fond dans l'âme universelle : « Les âmes qui sont pures et qui ne sont plus attirées par le corporel cesseront de dépendre du corps. Ainsi détachées, elles entreront dans le monde de l’Etre et de la Réalité. » Comme le boudsive que Kennedy a donnée du gnosticisme par rapport dhisme, le néo-platonisme interdit les sacrifices d'animaux et les nourritures d’origine animale. On peut dire que c'est à la pensée indienne : « Le gnosticisme n’est pas de l’hellénisme pur, comme pensent certains, il est plutôt de l’oriendu syncrétisme des religions nées des conquêtes d’Alexandétails de ce système, citons la définition concise et exprestalisme pur sous un masque hellénique. » 3: Basilide, le grand maitre gnostique contemporain d'Hadrien (117138 après J.-C), a définitivement introduit la pensée hindoue et bouddhique dans la structure du christianisme. Comme Bouddha, il est pessimiste. « La souffrance et la crainte sont inséparablement liées aux choses humaines. » Il croyait fermement à la transmigration des âmes et au 33. RAWLINSON : op. cit, p. 142. 34. « Buddhist Gnosticism », JRAS. 1902, p. 383. dans le néo-platonisme que fut atteint le point culminant dre et de la fondation de l'Empire romain. Porphyre (230-300) vulgarisa l’enseignement de Plotin. Pour lui, le but essentiel de la philosophie, comme dans toutes les doctrines indiennes, est le salut de l’âme et il recommande un ascétisme rigoureux afin d’y parvenir. Quelques années avant que Plotin, en 245, s'établit à Rome, Hippolyte, évêque d’Ostie (230), dans son ouvrage Philosophumena ou Réfutation de toutes les hérésies, donna un bref apercu de l’enseignement des brahmanes qui habitaient sur les bords du Tagabena (Tungabhadra) au Deccan,

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compte rendu concorde parfaitement avec les doctrines des Upanichads. Ceci est un exemple remarquable de véritables contacts et de connaissances réciproques précises au ul’ siècle de notre ère, dont les données connues ne suffisent cependant pas encore à déterminer la nature et les circonstances. Filliozat constate à juste titre : « La vogue des savants orientaux et particulièrement indiens SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT 71 et d'Hadrien (98-138 après J.-C.) favorisa la diffusion d'idées et de formes artistiques helléniques en Inde et en d’autres pays d'Asie. Les artistes indo-grecs puisèrent leur inspiration dans les écoles d'Alexandrie. de Pergame, d’Ephese et d’autres villes de FAsie mineure plutôi que, dans les ouvrages d'artistes grecs plus anciens. Autrement dit, le style Gandhara est grécu-romain el se fonde sur l'art cosmopolite de Asie mineure et de l'Empire romain tel 3° éd. 1958, 36. Smiru : The Oxford History of India, 37. Mansnaut, dans JRAS., 1909, pp. 1060 sq. 38. Op. cit, p. 159. les palais et faire des rondes de nuit dans employait des soldats et des policiers romains ie pp. 154-155. les rues des pour garder villes vivaient à Muziris, Kaveripattinam et dans d'autres on tamils. portuaires. Dans les capitales des Etats de Kanishka. ont été présentées par Charaka, le médecin ne u ont fait supposer que les ouvrages d'Hippocrate les preuves étaient pas totalement étrangers, cependant ' . ne semblent pas convaincantes » (Smith) et Ì Eu Le commerce maritime entre l'Inde méridionale au cours des rope atteignit une importance considérable sujets romain’ deux premiers siécles apres JG: des « Les premiéres connaissances médicales telles que à cet métal de monnaies romaines importées et fondues Kushana effet. Parmi d’autres titres, les empereurs de adoptérent celui de César. Dans l'Inde péninsulaire, mond'autre part, les aurei romains circulerent comme y naie ordinaire, un peu comme le souverain brilannique ne faut pas devint monnaie courante au siecle dernier. Il monnaies conclure des inscriptions en grec que portent les une conde Kanishka et de ses successeurs, qu’il existait les devons naissance générale de l’alphabet grec; nous grecs que peut-être au simple fait que c'est en caracteres ‘elles la langue fut transcrite pour la premiére fois. La monnaie de Kushana ressemblait fort aux aurel des Césars et ne leur était guère inférieure quant au poids el le à la beauté; le plus souvent, elle était frappée dans de travaux au vihara de Kanishka à Peshawar, a la forme d'un coffret à bijoux de dame grecque, malgré l'exécution | grossière et maladroite des figures #7. qu'il a été exercé au cours des trois premiers siècles de dans Empire romain n’est pas pur snobisme: elle corres- Père chrétienne. » % Le reliquaire d'Agésilas, surveillant pond à l'acquisition historique de connaissances diverses véhiculées par des voies nombreuses mais tout a fait déterminées et que nous savons avoir été très régulières. » II semble inutile de démontrer l’influence de la pensée de l'Inde sur d'autres néo-platoniciens et sur les premiers auteurs chrétiens tels que Denys l’Aréopagite, Clément, Origène et même Augustin ®. Athanase (et le Concile de Nicée) ont sevré l'Eglise de ses traditions de tolérance et de recherche scientifique, de Clément et d’Origene. Arrétons-nous un instant à l'action qu’exercaient sur la civilisation de l'Inde les contacts avec l'Occident. Grâce influencèrent les deux religions et contribuèrent à leur à la paix qui régnait dans l’Empire romain, le christianisme naissant rencontra, dans les marchés et les académies en Asie et en Egypte, un bouddhisme pleinement développé; l'ancienne doctrine perse de Zoroastre ainsi que le paganisme polythéiste des divers pays environnants transformation. Les idées nouvelles qui, dans cette atmosphère, occupaient le premier plan, jouèrent un rôle considérable dans les grands changements qui convertirent le bouddhisme du Hinayana en celui du Mahayana où « la vénération du Maître mort se mue en l’adoration du Sauveur vivant ». L'empire Kushana, particulièrement à l’époque de Kanishka — époque à laquelle se tint un grand concile bouddhique — eut sa part d'influence et le cours du règne de Kanishka reflète l’action de forces contribuant à l’accélération d’un processus qui avait commencé longtemps auparavant. La sculpture bouddhique de l’époque Kushana appartient pour sa plus grande partie à l’école de Gandhara : nous avons déjà parlé de l’origine des statues de Bouddha. « L'extension vers l’est des frontières de l’Empire romain sous les régnes de Trajan 35. Pour Hippolyte, cf. FiLLiozaT, op. cit, pp. 27-28; pour les autres, RADHAKRISHNAN, op, cit, p. 219.

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SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT trapa), non seulement les dernières traces d’un règne étranger sur le sol indien disparurent, mais les provinces du Gange s'ouvrirent à d’intenses contacts maritimes avec les pays occidentaux. Dans ses écrits du début du xr siècle, Alberuni parle des grands penseurs et écrivains de cette époque comme des meilleurs représentants de la vaste culture humaniste de l'Inde ancienne; culture qui, de son villes ®. Les résultats de certaines fouilles intéressantes des dernières années montrent l’etendue et la nature de ces contacts de manière concrète et irréfutable. Nous avons d’abord Ja statuette en ivoire finement sculptée d'une femme nue avec ses deux suivantes, trouvée en Italie dans les ruines de Pompéi, en 1938; c'était peutêtre la poignée d’un miroir. Le travail, les détails, l’ornementation sont indubitablement indiens; cet objet a dû arriver en Italie avant 79 après J.-C. date à laquelle temps, avait revêtu un caractère quelque peu exclusif et intolérant; il considère que l'empressement de ces auteurs à reconnaître le mérite des penseurs yavanas (grecs) était un signe de leur véritable supériorité culturelle. Les mathématiques et l'astronomie firent de grands progrès, profitant des écrits grecs sur ces sujets. Le plus célèbre et le plus original parmi les écrivains indiens d'alors était Aryabhata (né en 476 après J.-C.) qui inventa le système décimal pour la notation des nombres, exprimant par leur position les dizaines, Jes centaines, etc. et qui institua un signe particulier pour le zéro, « peut-être le plus important legs de connaissance pratique que l'Inde ail fait au monde » (Smith). Varahamihira, le grand écrivain de l'époque suivante, possédait de profondes connaissances en matière de sciences grecques et introduisit de nombreux termes techniques empruntés à l'astronomie grecque. « Les fresques d'Ajanta attestent les relations Pompéi fut détruite à la suite d'une éruption du Vésuve #. Il y a ensuite la découverte. en 1945, d'un comptoir indoromain dans une région près de Pondichery, le Poduke de Ptolémée, qui nous a livré des terres cuites romaines appartenant, de manière certaine, aux premiers siècles avant et après J.-C., notamment deux vases à anses, ou amphores, caractéristiques du commerce méditerranéen de vins de l’époque, ainsi que des lampes et des articles en verre romains #!, Ajoutons que des objets en provenance de Syrie et datant à peu près de la même époque ont été trouvés à Begram (Kapisi), au sud de l’HindouKouch, et qu’une monnaie d'or du règne d’Antonin le Pieux (138-161 après J.-C.) a été découverte en même temps qu’une image de Bouddha de l’école d’Amaravati de la même époque au cours des fouilles d'Oc Eo, au Cambodge. L'existence de rapports indo-romains établis par voies de terre et de mer pourrait-elle trouver des preuves plus convaincantes ? Une des grandes époques historiques ultérieures en Inde est couramment connue comme l'ère des Goupta, bien que l'empire Goupta, même au moment de sa plus grande étendue, fût limité à une partie seulement de l’Inde septentrionale. Cette période, qui s’étend environ du rv au vir entre l’Inde occidentale et la Perse au début du vur siècle. Mention est faite des missions envoyées aux empereurs romains en 336, 361 et 530 après J.-C. Les monnaies constituent des preuves irréfutables d’une influence romaine réelle et le terme dinara, le denarius latin, était couramment employé pour désigner une pièce d'or » (Smith). Certains savants croient discerner l'influence subtile du goût grec dans le style des sculptures et des productions dramatiques indiennes de cette époque, d'autres nourrissent des doutes à ce sujet. Kosmas Indilopleuste, un moine qui vivait au vr siècle après J.-C, fut le dernier ou vir siècle après J.-C., fut l'époque classique de la civilisation indienne; la littérature et les arts étaient alors à leur apogée et les contacts pris de tous les côtés avec l'extérieur ne furent jamais ni plus amples ni plus 39. Pour plus de détails, cf. K.A.N. Sastri : History of South India, 1957. 40. Voce. dans Annual Bibliography of Indian Archaeology, 1938. pp. 1-5. 41. Ancient India, juillet 1946, pp. 17-124. voyageur occidental de l’Antiquite à visiter l'Inde. | memes intenses, Lorsque Chandragoupta II, à la fin du rv° siècle, renversa les Grands Satrapes du Goudjerate (Muhaksha- 73 L'existence, dans la vallée de l’'Euphrate supérieur, d’une colonie indienne et sa destruction par les chrétiens syrien. au début du rv* siècle est attestée par Zénob, auteur des par construits hindous I] mentionne des temples Indiens qui s’étaient établis dans le canton de Taron à 304 après l’ouest du lac de Van déjà au n° siècle. Vers J.-C. saint Grégoire les atteignit et, malgré la résistance

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héroïque que lui opposèrent les Indiens, il les battit et détruisit les images des dieux de ces temples, hautes de douze coudées #, Sévère Sebokht, maître et évêque titulaire d’un monastère au bord de PEuphrate en 662 après J.-C. défendit les Syriens contre l’arrogance grecque en citant en exemple les Hindous; il énumère : « … leurs découvertes subtiles dans le domaine de la science de astronomie, découvertes plus ingénieuses que celles des Grecs et des Babyloniens, leurs précieuses méthodes de calcul et leur procédé d'évaluation qui défie toute description; je me borneraì à dire que cette évaluation est exécutée à l’aide de neuf signes. Si ceux qui croient avoir atteint la limite de la science parce qu’ils parlent le grec savaient ces choses, ils seraient convaincus que d’autres aussi savent quelque chose. » 43 VERS UN ELARGISSEMENT DE LA NOTION DE CAUSALITÉ par MILIC CAPEK K. A. NILAKANTA SASTRI. (Madras. Traduit de l'anglais par Mme Anne-Elisabeth Leroy. LES ORIGINES DU DETERMINISME CLASSIQUE Si l’on veut parler de l'élargissement de l'idée de causalité, il faut d’abord préciser la signification exacte du concept dont la modification est maintenant envisagée par nombre de philosophes et de savants contemporains. Pour éclaircir le concept classique de causalité, il est presque impossible de ne pas l'approcher du point de vue génétique; sans une perspective historique, on ne comprend que très peu le contenu des concepts classiques par lesquels la tradition, philosophique aussi bien que scientifique, s’est constituée. En montrant les racines profondes et tenaces de notre croyance dans le déterminisme rigoureux, on comprendra mieux certaines résistances qui s'opposent aujourd’hui à toute tentative de Yassouplir. On n'exagère pas en disant que la croyance dans le déterminisme strict est presque aussi vieille que la pensée occidentale elle-même. Sans parler de la croyance mythique en la Destinée impersonnelle a laquelle méme les dieux sont soumis, on trouve la premiére formulation précise du déterminisme chez Démoerite quand il écrit: 42. JRAS., 1904, p. 369. 43. D. E. Smirn : History of Mathematics, 1923. vol. I, pp. 166-167. « Par la nécessité toutes les choses sont déterminées, soit celles qui ont été, soit celles qui sont, soit celles qui vont

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nus nécessaires, à défaut du bonheur et de la joie qu’il ne trouve plus dans le travail. C'est dans un effort individuel de culture personnelle qu'il pourra retrouver les possibilités d'expression dont il se trouve aujourd'hui privé. Mais il faut lui montrer ces possibilités, lui donner des rudiments d’initiation aux diverses formes de culture, afin de lui permettre de choisir celles qui répondent 4 son tempérament propre et l'aideront à redevenir un homme complet, Car c’est là le problème fondamental auquel il faut finalement en revenir. Si l'automatisation a dépouillé le travailleur des prérogatives qu’il possédait autrefois lorsqu'il exercait un métier complet, elle doit en contrepartie lui restituer son rôle dans la vie sociale. L'erreur du passé a été non pas de spécialiser les hommes dans leur travail — c'est une tendance à laquelle on ne pouvait se soustraire — mais de spécialiser et de cloisonner le genre de vie en fonction du NOTES BIO-BIBLIOGRAPHIQUES DES COLLABORATEURS DU NUMERO 28 ides José ORTEGA Y GASSET : né à Madrid en is de au Collège des Jésuites de Malaga; licen travail. Le souci général aujourd'hui doit être de préparer l'Université de Madrid, 1898-1902; dot " Les Terreurs de l'An mil (Critique d'ur sites de Leipzig, Berlin et Marbourg, 194x l’homme à toutes ses tâches : non plus seulement à sa tâche de travailleur, par la formation professionnelle, mais aussi à sa tâche de consommateur par une éducation familiale et ménagère, à son rôle de possesseur de biens durables par une formation économique, à son rôle de citoyen par l'éducation civique et sociale, à l'exercice de ses facultés d'homme cultivé par l'entrainement à la pensée et par expression de cette pensée. Travailleur, consommateur, propriétaire, citoven, intellectuel, c’est toujours du mème homme qu'il s'agit. Tout homme doit être tout cela à la fois pour être pleinement homme, Et c'est à tous ces aspects de la vie qu'il faut s’efforcer de redonner accès à chacun. L’automation, par l'effort qu'elle réclame, par la richesse qu'elle peut donner et par le loisir qu'elle promet à l’homme, est l'occasion unique, pour la société, d'opérer cette saine remise en place des valeurs. Ii importe qu'elle ne la laisse pas échapper néo-kantiens; maitre de conférence de fellres a these sur x univer\ on den ssophes tules de wipe tiple den ' A m 910-1936; des 1902, collaboreà de non adri dui © to bain ont publiés ses differents livres AE premier plan sur la vie inteleeluelle en u: la Revista de Occidente en RER de " re Pays-Bas, en Argentine et au Fortuna er un N en Espagne: en 1948, fonde à Maur AUTRES Medi- Œuvres : Œuvres completes ten si N ame in s del Quijote, 1414: El Espertar or, Pen tacione o hee MTT Arte del nn uniste Deshum La 1921: brada, ten belin e las Masus, 0; Ens st mirertes a, 11255 ) parmi Tee La Revel ha Tecnica, 1939; citons pi en Leibniz: Hombre y la Gente; La Idea de Princi : à Temesvar, Hongrie taujourd'hui > YI : né en 1897 à a s , KEREN Charle ata ¢ its x ine à de ph viogic je). Ancien professeur , wo Timishoara Waits hongroises. Etabli depuis 1943à Ascona, en Suisse. Bublfcati ns : Die griechisch-orientalische Romunliteratur in re td ore eldest 1953, 2 da. italienne, Te g, Mili ehtune BelegRen iche, gesch 1953;ichtl Die ontik e Misteri, Turin, 1950; Die Muthologie . op. oe 3e r uss » R ed. u € 1951, éd. ita 1951, éd. anglo-américaine, VN een, 2 éd, Zürich,1952, , Töc ter der Sonne 1955: ise, suédo aise, id nne, 1949; éd. der iche lienne,Gr 1944 éd. franc italie Der göttl Arat, „ed; Darmstadt Robert Caussin. (Brurelles.) Zürich, 1950; La yrinth-Studien. zürich, thagoras und Orpheus, 3 éd. elena et ames egdische Peat, Bed BR zirich, 1950; Das . { , Ge Die ; i i S rau and Mutter der griechischen Die ZU Ss, er, 1952; , ZU nführ Seele theus en Jungf ge Prome Stund in Griechenland, zürich, az m vilt. Wen tiger e g ise. suédo eg. Klene Kunstreisen, Zürich, 1954. Pas . . ’ ° m u 5; ü 4° éd. Zirich, ang In das Wesen der Mythologie, as, oreCe Europ ald. éd. 1951, éd. éd. anglaise, 1951, italienne, 1948, éd. américaine, 1949, DEL ern française, 1953; etc. an B as, stian College de MadrIras, : M. A. du Chriisti nt professent ans veme essi succ ; 1918 913ey NILAKANTA SAS TR Ce>de 94 + , 6;> p -195 {ysore, , de la Conférence a Ange re 1918 1951 et, en R de Madras et de Mys res, iy cteur de ate à Lucknow;; depuis 1957, dire oriental

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l’Education); DIOGENE membre de l'Ecole française d Extréme-Orient; tional Cultures, à Université de Madras; 1959, Visiting Professor à PUniversité de Chicago; membre du Comité permanent d’Indologie constitué en 1953 comme conseiller du Gouvernement de l’Inde (Minisde la Royal Asiatic Society; délégué de "Inde au Colloque international tere de etc. sur l’histoire des relations culturelles Orient-Occident, ‘okyo, 1957, in Chola Principales publications : Pandyan Kingdom, 1929; Studies History and Administration, 1933; History of India (3 volumes), 1952India, 1953; Foreign Notices of South India, 1941; History of South 1941; Historg, 1955: Historical Method in Relation to South Indian History of directeur de publication du volume II de A Comprehensive and MauIndia : Maurgas and Saltavahanas et de Age of the Nandus ryas; nombreux articles dans des revues savantes. et de CAPEK: né en Bohéme, en 1909; études de philosophie des d'Honolulu (Hawaï), il fut appelé à donner Milic , sciences à l'Université de Prague (Dr. philo., 1935); puis à la Sorbonne U.S.A. 1940, et & Chicago, en 1941; professeur au Carleton College, s de la depuis 1948. Publications : These sur Bergson : Les Tendance des revues améPhysique contemporaine, 1938; nombreux articles dans History of ricaines et françaises : The Philosophical Review, Journal of Review of Ideas, Philosophical and Phenomenological Research, The de PhiMetaphysics, The Review of Philosophy of Science, La Revue la Société losophie, Revne de Métaphysique et de Morale, Bulletin de française de Philosophie, etc. été consacrée à Alfred METRAUX : d’origine suisse; sa carrière ajcune un Institut très l'étude des Indiens de l'Amérique du Sud; créa l'Argent ine, ce qui lui de recherches ethnographiques dans le nord de du Chaco et des permit de connaître intimement les Indiens des forêts aphique et archéolohauts plateaux andins: en 1935, mission ethnogr au Bishop Museum gique à Vile de Pâques; après avoir été attaché cours à l'Université de & Washing membre de la Smithsonian Institution, et recherches » du département des affaires de directeur adjoint de Californie et à l'Université Yale; en qualité plusieurs années Vinstitute of Social Anthropology, il fut pendant ton; en 1946, direcl'Amérique du Sud; ‘deux ouvrages teur de la section « Etudes Unesco, a dirigé pendant sociales à l'O.N:U.: sous les auspices de e dans la vallée de Marbial, deux ans une vaste enquéte anthropologiqu er des recherches antéen Haïti; au cours de ce séjour, il a pu complét ux travaux sur les Indiens de rieures sur les cultes vaudons; nombre sur lile de Pâques et plusieurs 1934; La Statistique et : Les Principes de la Distribution, 1936; Ventes, Frais de Vente at études sur l'ethuographie haitienne, e, Belgique; diplômé de l'Ecole ‘Robert CAUSSIN :'né en. 1899, à Binch en sciences commerciales et ié supérieure de commerce de Lyon.et licenc économiques appliquées de P’Uni‘financières de l'Institut des Sciences l’indusdizaine d’annees d'activité dans ‘::versité de Louvain; après une ères, appelé à diriger le Comité Serie automobile et l'industrie des ‘carri ifique; secrétaire général du national ‘belge de Yorganisation scientscientifique de 1938 à 1947: en Comité international de Yorganisation l’Université de Louvain, à FInsà même temps chargé d'enseignement de Mons, à l'Ecole d’ergologie titut supérieur commercial et consulaireanisation scientifique du travail de Bruxelles et à l'Ecole -pégionale d’org Belgique et à Vétranger. Principales "de Lille; nombreuses conférences en ications que, ee de Ta Distribution en Belgi d’organisation des Entreprises, Bénéfices, 1937: Sommaire des Principes ument de Gestion, 1947; Les Rela1944; Le Contrôle budgétaire, Instr etc; a collaboré à de nombreuses tions industrielles en Belgique, 1953, revues. lég. : 3° trim. 1954. MODERNE, MONTROUGE (SEINE). — Dép. 0 on : 4651. — Imprimé en France. Ne d'édition 3 7080. _ Ne d'impressi Le gérant : Jean d'ORMESSON. : n Nilakantra Sasırı Sur les Contacts entre Nude et FOccidenc acht) (Pyıh “Boras is cer der door de , . idecenwe : beïnvloed Egyptenaren zoals Herodotus 4 ereld van India er dan door de