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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)NLRRANTE S KA.
ei ses Conditions géographiques, Carbonel, Alger, 1935; L'Organisation
de la Propriété rurale dans la Mitidja (1851-1867. Conséquences sur
la Vie des Indigénes, Imprimerie Joyeux, Alger, 1949; La Vigne en
Algérie. Etude géographique, 2 volumes, Ophrys, Gap, 1951-1954; L'Algèrie, Arthaud, 1954; Madagascar, A. Colin, 1955.
Robert J. VAN EGTEN: né en 1903; études techniques et scientifiques dans différents pays et différentes écoles: jeune ingénieur auprès
d'une firme américaine de télécommunications; en 1937, collaboration à
une firme belge d’ingenieurs-conseils. Au cours de ces activités, à l’occa-
N° 28
sion d'études de matériel industriel classique, tentatives (souvent prématurées) d'introduire auprès de la clientèle les concepts d'automatisme
et d’automation. Depuis 1949, collaboration à un groupe belge de
textiles artificiels. Participation active à l'Association internationale de
cybernétique; collaboration au Comité national belge d'organisation
scientifique et à VInformation Committee for Cybernetic Technology.
Publications: Avant guerre. plusieurs articles dont La Reléve par ta
Machine : Malthus avait-il raison ?; plus récemment: « Cybernetique
OcTOBRE-DECEMBRE 1959
À
et Automation - Quelques Points de repère », dans Rayonnes et Fibres
synthétiques; & Le Démarrage de l’Automation », dans Actes du Premier Congrès International de Cybernetique;
« De l’Automation à la
Cybernétique ». dans Revue A.I.T.C.; « L’Effort de Modernisation du
Matériel », dans Etudes et Documents du C.N.B.O.S; L'Automation Incidences humaines - Hypothèses (publié par Association Internationale de Cybernétique); « L’Automation - Où en sommes-nous
? »
dans Cybernetica; « L'Automation, un Problème d’Organisation des
Automatismes », dans Cedora; « L'Utilisation de Machines cyberné-
SOMMAIRE
Difficulté du Langage
CHARLES KERÉNYI
Naissance et Renaissance de la Tratiques dans le Cadre de l’Automation du Textile ». dans Actes Union
I K. A. NiLAKANTA SASTRI
=——-
textile.
Jean CAZENEUVE
: né en 1915; études au Maroc et à Paris; ancien
élève de Ecole normale supérieure; ancien pensionnaire de la Fondation Thiers; diplômé d’ethnologie; agrégé de philosophie; docteur
.
José Orreca y Gasser
Mic Capex
gédie
en
Sur les Contacts entre l'Inde et
l'Occident dans l'Antiquité
Vers un Elargissement de la Notion
de Causalité
47
75
ès lettres; maitre de conférences à la Faculté de lettres d'Alexandrie,
1948-50; études à l’Université Harvard et enquêtes ethnographiques
dans le Nouveau-Mexique, 1954-55; actuellement chargé de recherches
au Centre national de la recherche scientifique. Principaux ouvrages
:
La Psychologie du Prisonnier de Guerre, P.U.F. (prix de la Société des
gens de lettres; ouvrage couronné deux fois par l’Académie française):
Psychologie de la Joie, P.U.F (prix Dumarest. de l’Académie française):
en collaboration
avec C. Lehec:
Cabanis,
2
vol,
P.U.F.;
»),
Cahiers
CHRONIQUES
ALFRED MÉTRAUX
Les anciennes Civilisations de l'Amazonie ses...
Les Dieux
dansent à Cibola, Gallimard; Les Rites et la Condition humaine, P.U.F.
{ouvrage publié avec le concours du ministère de l'Education nationale): La Philosophie médicale de Ravaisson, P.U.F.: collaboration à
Annales, L’Année sociologique, Bulletin signalétique du C.N.R.S. (comme
chef de la rubrique « ethnographie
sociologie, Revue philosophique.
TAC
internationaux
RoBERT CAUSSIN
Le
Transfert des Fonctions de
l'Homme à la Machine .....
de
NOTES BIO-BIBLIOGRAPHIQUES
des collaborateurs du numéro 28 .
L'IMPRIMERIE MODERNE, MONTROUGE (SEINE). — Dép. Iég.: 3° trim. 1959.
Ne d'édition : 7010. — N° d’impression : 4621. — Imprimé en France.
Le gérant: Jean D'ORMESSON,
Pagina 2
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)du quatrième acte. La plupart des éditions et des représentations plus récentes se terminent avec cet acte. On
NL
a toujours connu le texte du cinquième acte, mais l’on n'en
a retrouvé et publié la musique que depuis peu 2°. Citer
des passages de ce texte ne représenterait rien. On pourrait
croire un instant que la tragédie ressuscitait en effet dans
l'opéra. Dans la coulisse, Orphée est déchiré, sur la scène
les Ménades triomphent et chantent; mais ce n’est pas un
chant de femmes thraces ivres, c’est un chant fervent,
digne de bacchantes habitées par leur dieu, et semblable
au chant pieux du chœur dionysiaque qu’Euripide avait
fait entendre dans sa tragédie. Elles célèbrent Bacchus,
vainqueur de l’Orient, lion victorieux. Deux ans plus tard,
Monteverdi supprimait cette fin, renoncant A cette ultime
note dionysiaque. Dans l’edition de 1609, il fait apparaître
Apollon, père du chanteur, à la place des bacchantes. Le
dieu emmène son fils. L’opéra se termine avec l’ascension
d’Orphee.
Le mythe a célébré la toute-puissance du chant d’Orphée
que la tragédie a porté sur la scene en tant que victime
des lois tragiques de la nature que subit tout être vivant.
Sa libération de ces lois, l’apotheose du chanteur omnipotent, ouvrit à l’opéra un monde libre où tout devient
possible; possible avec une facilité qui permettait même
de « jouer » avec le tragique. C'est précisément ce qu'a
choisi de faire l’époque baroque. Orphée put à nouveau
être déchiré et cela dans le premier opéra joué en France,
POrfeo de Luigi Rossi, 1647. Je cite la fin de l’action fantastique dans le résumé de Romain Rolland qui a consacré,
dans ses Musiciens d'autrefois une étude particulière à
cette première représentation d’un opéra à Paris
« Bacchus et les Bacchantes déchirent le chanteur thrace.
Apothéose. La constellation de la Lyre s'élève au firmament. Les chanteurs chantent la grandeur de l’amour et
de la fidélité conjugale: et Jupiter, dans un air récitatif
à vocalises pompeuses, tire la morale de l’histoire en un
madrigal à l’adresse de la Reine. »
Charles KERENYI.
(Ascona.)
Traduit de Vallemand par Mme Anne-Elisabeth Leroy.
20. G. Francesco MALIPIERO : Per canto e pianoforte, Milan, 1950.
SUR LES CONTACTS
ENTRE LINDE ET L'OCCIDENT
DANS L'ANTIQUITÉ
par
K.A. NILAKANTA SASTRI
Au cours du siècle dernier et des premières décennies
du nôtre. les historiens de l'Inde ont insisté sur l'isolement
de ce quasi-continent, isolement provoque par les montagnes et les mers qui l'entourent de tous côtés el le constituent en un univers séparé. Le progrès de la recherche
moderne a montré l'erreur de cette opinion. Actuellement
les faits réels nous apparaissent plus clairement que
jamais. Les barrières des montagnes, formidables en beaucoup de points, sont coupées par des ouvertures qui. de
tout temps, ont permis un commerce considérable s’étenau nord-ouest, au nord-est,
dant par-delà les frontières
au nord. Située au centre.
points
s
certain
aussi bien-que sur
du littoral de l’océan Indien, I’Inde avait de grandes faci.
t
lités de communication par mer avec les pays de l'oues
et de l’est et nous savons maintenant que depuis un temps,
immémorial elle et ses voisins en ont bénéficié. La
libre
navigation dans Pocéan Indien date déjà d époques recu-
Afrique,’
lées, même préhistoriques; entre les peuples de
le, de
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plus
façon
de
ou,
de l’Inde et de l’Indonésie
série
la partie sud-est de Asie, s'est produite une
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d'échanges : migrations,
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début, l’Asie occidentale et les pays avoisinants
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La
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monde
et d’idees entre l'Inde et
Pagina 3
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)propose de retracer brièvement l'histoire des contacts
entre l'Inde et les pays occidentaux dans l'antiquité, à
peu pres jusqu'au moment où l’apparition et la diff usion
de l'islam et son établissement dans l'Inde introduisent
une nouvelle ère.
L'archéologie nous apprend que l’aurore de la civilisation survint d’abord en Mésupotamie, vers 4000 avant
J.-C. et que, à peu près mille ans plus tard, l'Egypte et la
vallée de l’Indus se développèrent selon des tendances
similaires. Ces civilisations ainsi que celle de Minos présentent tant de ressemblances que Sir John Marshall fut
amené à postuler une commune parenté entre toutes les
quatre : une culture afrasienne chaléolithique. Chacune
en aurait été une expression adaptée aux conditions
locales.
Il est utile de rappeler que des historiens de l'art
(A. K. Coomaraswami, Parmentier. etc.) ont été frappés par
des formes et des motifs architecturaux (par exemple des
dragons et des serpents enlacés sur des pierres, des vases,
des manches de couteau, ou encore le cerf à quatre corps
et une seule tête) communs à un territoire très vaste s'élendant de la Méditerranée à la Chine et à l'Indonésie: par
conséquent, ils se sont sentis tenus de se rallier à I"hypothèse que Marshall a proposée. La civilisation de la vallée
de l’Indus se place peut-être au premier rang du fait de
son immense extension d’origine et de son influence ininterrompue sur les civilisations hindoues suivantes. « La
civilisation de l’Indus, dit le professeur Gordon Childe,
représente l’adaptation parfaite de la vie humaine à un
environnement particulier qui n'a pu résulter que du
patient effort de longues années. Et elle s’est maintenue;
elle est déjà d’un caractère spécifiquement hindou et constitue la base de la civilisation moderne de l’Inde 1. » Les
rapports entre la civilisation de l’Indus et les pays de
l'Inde occidentale semblent avoir été constants et d’une
grande importance culturelle. Les villes du Sumer et celles
des bords du Nil et de l’Indus étaient liées par le commerce; les produits spécialisés d’industries urbaines se
vendaient réciproquement dans les bazars. Dans certaines
villes mésopotamiennes on a découvert des sceaux, des
éléments de colliers et même des récipients isolés qui
1. Nem Light on the Most Ancient East, 1934. p. 220.
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
49
n'étaient pas sumériens mais appartenaient aux villes
contemporaines du Sindh et du Pendjab, eloiguces de
1 000 milles. Nous pouvons nous représenter des caravanes
qui traversaient régulièrement les montagnes et les déserts
de l'Iran, des flottilles longeant la côte du golfe Arabique
et des colonies de marchands de l’Indus installés a Our,
Kish et Babylone. Citons encore le professeur Childe :
« Cependant ce genre de commerce en Orient n'est pas
et n’a jamais pu être un simple transport de lots de marchandises d'un lieu à l’autre. Arrivés au but ou stationnant en route, les caravanes et les bateaux marchands ont
dû faire des haltes prolongées. Des représentants -— probablement des colons en provenance du pays exportateur
— recevaient sans doute les marchandises et organisaient
le chargement du retour, tout en divertissant les voyageurs. À l'exemple des colonies britanniques permanentes
à Oporto, Istanbul et Shanghaï nous pouvons en imaginer
constituées de marchands indiens qui s'étaient installés à
Our et à Kish. Dans ces conditions le commerce devient
un véritable moyen de relations réciproques, un canal qui
permet de diffuser les idées sur une échelle internationale. » 2 Nous ne sommes pas en mesure de déterminer
la nature et la portée des idées de cette époque et pour
être éclairés à ce sujet il nous faut attendre l'interprétation des inscriptions des sceaux de l’Indus. Nous savons
cependant que le commerce effectué à travers le golfe
Persique et peut-être la mer Rouge, entre l'embouchure
de l’Indus et l'Asie occidentale, a continué jusqu’à l’époque
bouddhique. Hiram, roi de Tyr, importait « de ivoire,
de grands singes et des paons » pour décorer les palais
et le temple du roi Salomon (vers 975 avant J.-C.) 5. Des
singes, des éléphants de l’Inde et des chameaux bactriens
sont représentés sur Yobélisque
de Shalmaneser II
(860 avant J.-C.) et le Baveru Jataka fait mention de mar-
2. Man Makes Himself, Watts, \hinkers' library N° 47, 1941, pp. 14950, Stuart Piggot semble fortement sous-estimer le rôle de la civilisation
de I’Indus en appliquant à son histoire entière des traits qui n'appartiennent qu'à sa décadence vers 1500 avant J.-C. Some Ancient Cities
of India, O.U.P. 1945, pp. 16-17. TOYNBEE : A Study of History : I, 107-8,
aire
et Lancpon : JRAS. 1941, p. 593, ont souligné l’affinité extraordin
entre les civilisations du Sumer et de la vallée de l’Indus, admettant
leur parenté étroite ou même leur identité.
3. Livre des Rois, 1, 10-22.
Pagina 4
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)que le terme Sindhu trouvé dans la bibliothéque d’Assurchands hindous. H. G. Rawlinson * dit : « On a considéré
banipal (668-626 avant J.-C.) est employé dans le sens
de coton indien et qu’il est beaucoup plus ancien, car en
réalité il appartient à la langue akkadienne où il est
exprimé par des idéogrammes signifiant tissu végétal. »
On sait qu'Assurbanipal était un grand cultivateur et qu’il
envoyait chercher des plantes en Inde, parmi lesquelles
des « arbres portant de la laine » comme les appelait
Hérodote. Après la chute d’Assynie en 606 avant J.-C.
rencontre de toutes les races : Iraniens, Juifs, Phéniciens,
Babylone se développa en un marché surpeuplé, lieu de
Indiens et autres, tous venus pour vendre leurs marchandises. Il est clair que les terines grecs pour éléphant et
étain (kassiteros) proviennent de l'Inde et ont pour origine le sanscrit (ibha-danta et kastira).
L’époque du Rig-Véda, au deuxiéme millénaire avant
J.-C., est la seconde étape de la civilisation indienne. Les
ressemblances entre les langues et la mythologie, les religions, les traditions et les institutions sociales des Indiens
et des Iraniens d’une part et celles des Grecs. Romains,
Celtes, Germains et Slaves d’autre part sont trop connues
d'environ le début du xiv° siècle avant J.-C. portent les
pour avoir besoin d’être exposées ici. Toutefois indiquons
les preuves découvertes pour l’Asie occidentale. Des rois
hittites ont porté des noms aryens; et des inscriptions de
Boghaz Keui et d’autres lieux en Asie Mineure, datant
noms de Mitra, Varuna, Indra et Nasatyas, ainsi que
pas sous leur forme iranienne future mais sous l’anquelques chiffres et autres mots qui apparaissent non
cienne forme indienne. Ceux-ci sont considérés comme
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
51
connu et non pas une divinité aryenne de l'époque préhindoue: par conséquent nous devons présumer qu'au
milieu du deuxième millénaire la civilisation indienne
s'était étendue jusqu’en Mésopotamie et au-delà, ce qui
renvoie ses débuts à une date beaucoup plus reculée. L'intervalle était peut-être long, car dans le traité de Mitani
on en appelle manifestement aux Asvins pour protéger Je
mariage de la fille de Subbiluliuma avec Mattiuaza, roi
de Milani; autrement dit, il faut considérer comme existant, déjà avant la date du traité précité, le volume du
Rig-Véda avec l'hymne matrimonial dans la dixième
nord de l’Inde mais tenir compte du sud également. Très
mandala.
Mème dans une étude de ces tout premiers contacts nous
ne devons pas limiter notre attention au nord-ouest et au
justement J. Kennedy a signalé? que « le riz, les paons,
le bois de santal, et tout article inconnu que nous trouvons importé à Babylone par la voie maritime avant le
époque ou à une autre un peu plus récente fournissent
v siècle avant J.-C. portaient une dénomination non pas
en langue sanscrite mais dravidienne ». Au vn siècle, des
marchands de l’ouest « introduisirent en Chine méridionale
un système de monnaies à inscriptions fondé sur un
modèle babvlonien »; or un commerce maritime entre
Babylone et la Chine doit forcément inclure l'Inde méridionale. Une poutre en cèdre indien découverte dans le
palais de Nabuchodonosor (604-562 avant J.-C.), les morceaux de teck trouvés au temple du dieu de la Lune à
Our à des niveaux appartenant à peu près à la même
d'autres preuves du rôle que jouait dans ces échanges
l'Inde méridionale. Des faits de ce genre devraient attirer
davantage l’attention de la génération actuelle d’archéologues de l’Inde qui, comme Sir R. E. M. Wheeler, donnent
India
and
the
Western
World,
Cambridge.
7. The Early Commerce of Babylon with India, JRAS., 1898.
moment et la grandeur de l'empire persan des Achéménides au vi siècle avant J.-C. attira les Grecs de l'ouest
l'Inde et les pays occidentaux, n’a pu s'arrêter à aucun
l’époque Maurya ou à peise plus tôt.
Le commerce préhistorique par voie de terre, entre
une importance trop grande au témoignage de fouilles
des documents de peuples aryens qui ne s’étaient pas
encore divisés en Iraniens et Indiens5; même si
faites à Brahmagiri, Arikamedu et d'autres lieux et situent
les débuts de la civilisation dravidienne historique à
cette opinion est juste — et pour une grande part elle
est considérée comme telle — ces documents n'ont pas
beaucoup de valeur pour l’étude des rapports entre l’Inde
et les pays occidentaux. Jacobi cependant formule une
between
autre opinion, fortement soutenue par Sten Konow®. Il
pense que l’Indra des Mitani était le dieu hindou bien
4. Intercourse
5. Cambridge Ancient Historg, 1. 13,
6. The Aryan Gods of the Mitani People (Krishtina), p. 39.
Pagina 5
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)les Upanichads que chez Parménide, « on trouve un mode
d'expression élevé et vigoureux et que des vers y sont
employés à cet effet » 10, Ce même savant, tout en désap- €
présent; que tout ce qui est multiple et variable n'est pas
réel; et que penser et être sont identiques. D’aucuns voient
même dans le style de la présentation une conformité
remarquable. Par exemple, Garbe note qu’aussi bien dans
de ce seul être universel, incréé, indestructible et omniphilosophie grecque, concevait tout comme issu de l'eau:
cela rappelle le mythe védique selon lequel les eaux furent
créées d’abord et l'univers entier se développa à partir
d'elles. Un peu plus tard, l'école éléatique, Xénophon. Parménide et Zénon, enseignèrent des idées très semblables à
celles des Upanichads, à savoir que Dieu et l'univers sont
indivisibles, éternels et inaltérables; que la réalité dépend.
par sa vraisemblance. Thalès (vers 640-550). père de la
elles; l'hypothèse contraire, selon laquelle les Grecs et
les Indiens seraient parvenus, indépendamment les uns
des autres, à des conclusions similaires, ne s’impose pas
hindoue et grecque sont si fréquentes qu'il convient d’admettre l'existence de certains rapports historiques entre
d’une révolte contre le polythéisme traditionnel reflété
dans Homère et contre le développement de la spéculation philosophique. Les analogies entre les philosophies
L’ére des Upanichads en Inde eut également de l’importance pour l’histoire des idées en Grèce. Elle témoigne
anciens. » ?
influencé la pensée occidentale depuis des temps très
de l'homme, ce qui signifie délivrance ou libération. » Il
ajoute : « Cette conception religieuse semble avoir
selon la loi du Karma jusqu’à la réalisation de la destinée
sur une discipline ascétique; les réincarnations successives
53
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
DIOGENE
52
lui-même; la connaissance supérieure et inférieure; la via
negativa en tant que voie d'accès à la conscience mystique; l'incomplétude de l’univers pluraliste avec ses
existants indépendants, vivants ou conscients; l’insistancé
communications par voie de terre n’étaient plus accesgrace aux routes bien construites qui existaient dans l’empire entier. Les rapports entre les Grecs ioniens d’Asie
Mineure et les pays orientaux étaient si nombreux et d'une
telle variété que fréquentes ont dû être les occasions
d'échange d'idées entre les Grecs et les Indiens qui
vivaient alors en Perse. « A aucun moment les moyens de
sibles, ni les conditions plus favorables pour l'échange
d'idées entre l’Inde et l'Occident. » Des troupes indiennes
prirent part à invasion de la Grèce en 480 avant J.-C. et
des fonctionnaires et mercenaires grecs servaient dans
diverses parties de l’empire, y compris l’Inde. Filliozat8
note : « A l’époque achéménide, la vallée de l'Indus,
conquise par Darius, demeura pendant deux siècles attachée à empire iranien et soumise aux mêmes statuts que
l'Egypte, la Syrie, l'Asie Mineure et la Mésopotamie et elle
entretint un commerce très développé avec ces pays.
Cependant le centre de la civilisation indienne à cette
époque était la vallée du Gange où florissait, dépassant
tous les autres, le royaume oriental de Magadha. Après
au-delà. Loin d'être une conquête, la prise de ces terriavoir traversé l’empire persan, Alexandre envahit rapidement les anciennes satrapies indiennes. Il ne put aller
quence que les Achéménides avaient su éviter. »
toires permit plutôt à la civilisation indienne de se réapproprier ces régions après une courte période. conséchads, deuxième grande époque dans l’histoire de la civi-
L'importance grandissante de l'empire achéménide
coïncide avec la fin d’une période d'intense spéculation
religieuse et philosophique en Inde, la période des Upanilisation de l’Inde après celle du Rig-Véda. On peut présumer que cette époque a duré de 900 à 600 avant J.-C.
Radhakrishnan résume ses caractéristiques comme suit:
« Pour la première fois dans l’histoire des idées, les Upanichads indiquent une vue religieuse dont voici les éléments intégraux : la suprématie de esprit absolu; la
réalité de la conscience mystique; Ja distinction entre l’intellect contemplant rationnellement lintelligible et l’intellect transporté par enthousiasme et élevé au-dessus de
8. « Les échanges entre l'Inde et l’Empire romain aux premiers
siècles de l'ère chrétienne », Revue historique, janv.-mars 1949; traduit
en anglais par Sourindranath Roy, M. A., Journal of Indian History,
XVIII.
prouvant sur cette question des points de vue outranciers
et dogmatiques, est nettement d’avis que dans le cas par- :
ticulier la Grèce était débitrice de P’Inde. Il dit encore ::
+
19. The Philosophy of Ancient India, Chicago, 1899, pp. 32-33.
9. Eastern Religions and Western Thought, Oxford, 1939, p. 133.
« Il faut indubitablement admettre la possibilité histo-
Pagina 6
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
51
de la Perse et en même temps la possibilité d'un transrique du monde grec comme influencée par l'entremise
fert d'Inde en Grèce des idées citées plus haut”. » De
contemplative et
d'une philosophie
plus
même, Stutfield a écrit? : « Il semble de plus en plus
probable que l’Inde, en tout cas du point de vue historique, ait été le lieu de naissance de nos conceptions de
religion
d’abord ces croyances prédominaient en Inde non seulement « environ à la même époque » que la date des
plaquettes en or, mais bien des siècles auparavant; ensuite
il est aujourd’hui erroné de vouloir nier la possibilité et
_à la seconde partie, elle est contestable en deux points :
étude sur les vers orphiques gravés sur un certain nombre
de minces plaquettes en or provenant de Thourioi et de
Petelia, les plus anciens documents sur l'orphisme dont
nous disposons et qui « appartiennent à une époque où
l’orphisme était une croyance vivante », le professeur
Burnet écrit 15 : « Ce qu’on peut en tirer sur cette doctrine
ressemble de manière frappante aux crovances prédominantes en Inde environ à la même époque, bien qu'un
contact effectif entre l’Inde et la Grèce semble impossible
à ce moment. » La première partie de cette remarque qui
admet une ressemblance frappante est recevable: quant
de l'amour ainsi que celle de l'œuf cosmique. » Dans son
remarqueront que les adeptes de l'orphisme ont adopté
les conceptions de la nuit et du chaos et de la naissance
gonie indienne. « Ceux qui sont familiarisés avec les
hymnes védiques de la création, dit Radhakrishnan 4,
mique joue un rôle aussi important que dans la cosmovolontaires. Dans la cosmogonie de l’orphisme, l’œuf coslimites des liens du sang et prétend que tous les hommes
sont frères. Il ne tient guère compte des vertus civiques
qui caractérisent la morale grecque. Toute vie est une et
avec sa lyre Orphée répandait harmonie dans le monde
animal et adoucissait le cœur des hommes. La religion
orphique se distinguait fort du culte anthropomorphique
de la Grèce d’Homere. Ses adeptes étaient groupés en des
communautés fondées sur une adhésion et une initiation
la
haute. > Il y a aussi des analogies frappantes entre l'enseignement de Sankhya et les conceptions d’Héraclite,
d’Empédocle et d’Anaxagore qu’il est inutile d’exposer ici
dans tous leurs détails 13. De plus, le logos était pour Héraclite la loi éternelle du cours du monde. Dans le Rig-Véda
(X. 125), vak (substantif féminin signifiant voix, langage,
mot) apparait déja en tant que force active et prend dans
les Brahmanas une signification plus proche de celle du
logos au début de l’Evangile de saint Jean; car vak est
considéré comme complément de Prajäpati, le créateur,
uni auquel et par lequel il accomplit sa vocation. La doccomme Thrace, devint le prophète d’une secte religieuse
trine du logos fut empruntée à Héraclite par les stoïciens
et par Philon et constitua plus tard la base du néo-platonisme 13.
C'est en nous tournant vers le culte des mystères et
l’enseignement de Pythagore et de Platon, que nous trouvons la preuve la plus évidente de la dette de la Grèce
envers I’Inde et une rupture presque décisive avec les
tendances générales du rationalisme grec. Orphée, connu
purificateurs et expiatoires. Dionysos est le dieu du culte
qui suivait un code de règles de vie et un système de rites
et de la foi en l’immortalité de l’âme, trait essentiel] de la
religion orphique. Il n’existe pas d’abime infranchissable
même la probabilité d’un contact entre l'Inde et la Grèce
16. Early Greek Philosophy, 1908, p. 88.
14. Op. cit. p- 188.
——m
n’est pas très vraisemblable. » Il ajoute dans une note :
l'œuf universel, l’éventualité d'une coïncidence fortuite
Yon v ajoute les métaphores telles que la roue de vie et
tere divin de l’âme, à l’emprisonnement de âme dans le
corps et à une libération possible par la purification. :Si
se référent à la réincarnation, à l’immortalité et au cardcà cette époque. Le commentaire de Radhakrishnan sur les
entre Dieu et l’âme: le but de la discipline et de la reliremarques du professeur Burnet résout la question: :
« Les croyances adoptées en commun par les deux pays
gion orphiques est d’aider les hauts éléments divins dans
l’homme à se libérer des bas éléments non divins. Le chemin qui conduit à cette libération est long et l’âme transmigre de corps en corps en un perpétuel voyage à travers
le grand cercle de la nécessité. La roue de la naissance
continue à tourner jusqu’au moment où l’âme lui échappe
en atteignant à la libération. L’orphisme transcende les
11. Ibid, p. 38.
12. Mysticism and Catholicism, 1925, p. 31, cité par Radhakrishnan.
13. Cf. Ganse, pp. 33-37; 53-55.
Pagina 7
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)« Il existe des ressemblances frappantes pour ce gui est
du transfert au ciel. Dans le Rig-Véda le ciel est le pays
de l’äme auquel elle revient purifiëe après la mort
(X. 14.8); avant d'arriver au ciel il lui faut traverser
un
fleuve (X. 63.10) et passer devant les chiens vigilants de
Yama, les chiens tachetés de Sarama (X. 14-10). »
Etroitement apparenté à l’orphisme, le culte d’Eleusis
ulilisait les hymnes orphiques et était essentiellement
magique plutôt qu’éthique. A condition que le rite soit
correctement exécuté, la grande déesse protège celui qui
Fexécute, maintenant et pour toujours — doctrine qui,
à
la base, ressemble au sacrifice védique. Le fondement
théorique est le même que celui de Forphisme. La divinité habite l’homme, enveloppée d'obscurité; l'initiation
au culte, considérée comme une seconde naissance, et
l'exécution correcte du rite assurent la récupération de
notre véritable moi. A la fin de initiation, Vinitié doit
aller en paix, ce qui rappelle le refrain des Upanichads :
Santih, santih, santih. Aristote a noté : « Les initiés ne
sont pas censés apprendre quelque chose, mais être affectés d’une certaine manière et mis dans un certain état
d’esprit. » Tous ceux qui ont pris part aux cérémonies
n'en ont pas bénéficié dans la même mesure ou n’ont
pas compris la pleine signification de ce qu'ils voyaient et
entendaient. Mais ces cultes mystiques furent favorisés
par les tragiques grecs et jouirent d’une grande popularité avant d’être supprimés par des empereurs chrétiens.
La doctrine orphique fut reprise par Pythagore de
Samos, homme de génie, qui alla s'installer à Crotone en
Italie où il trouva bon accueil. Les Grecs eux-mêmes ont
considéré sa doctrine comme étrangère, ce qui est une
preuve de l'influence qu’exercaient sur lui la philosophie
et la science de l'Inde. Depuis que Sir William Jones fit
remarquer les analogies entre le système de Samkhya et
la philosophie pythagoricienne et que Colebrooke les a
soulignées, les savants modernes ont accepté cette opinion
à l’unanimité comme un fait indéniable. Pythagore enseigna dans la deuxième moitié du vr siècle et regardait
Orphée comme son maitre. L’univers, pour lui, est non
seulement un ordre de proportions mais encore une harmonia, un accord musical. Il prescrivait un mode de vie
ascétique où l’abstention de la viande était une des règles
essentielles. Il croyait à la réincarnation et certains récits
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT ©
57
attestent sa propre capacité de se souvenir de ses ‚naissances anterieures et de reconnaitre celles d’autrui. De
même, il croyait à la purification de l’äme par des naissances successives de plus en plus élevées, Platon affirme
que le mode de vie pythagoricien était encore connu a
son époque. L’ordre pythagoricien était une confrerie
religieuse recrutée par voie d'initiation volontaire. Dans
le Phédon, Platon se réfère à la doctrine pythagoricienne
qui enseigne que les hommes sont des étrangers dans Je
monde, que le corps est le tombeau de l'âme mais que
s’en échapper par le suicide est une faute. La contemplation est considérée comme le but de l’honinte car elle
conduit à la purification de l'âme et à la fin des incarnations. Pythagore croyait avec les Upanichads que la difference entre les étres humains et ceux d’une autre espèce
n’est pas absolue et que toutes les âmes sont de la même
espèce. Selon son biographe Jamblique, Pythagore considérait le soleil et la lune comme les îles des bienheureux;
dans les Upanichads, la lune est la demeure des esprits.
Jamblique écrit aussi que Pythagore faisait de songs
voyages, étudiant entre autres l'enseignement des bra -
manes. De plus, en tant que mathématicien, il exprimait
ses idées cosmogoniques en formules mathématiques. u
etait « une rare combinaison de haute puissance intellectuelle et de profonde penetration spirituelle » (Radhakrishnan). Plus tard, ses disciples se diviserent en deux
écoles, dont une rationaliste et l’autre religieuse. Une
“influence directe exercée par l’Inde sur la pensée de Pythagore a été généralement reconnue comme une hypothèse
tout à fait vraisemblable et indispensable. Ainsi Gomperz
écrit! : « Il n’est pas exagéré d’admettre que le Grec
curieux, contemporain de Bouddha et peut-être aussi de
Zoroastre, ait acquis dans cette ère de fermentation intellectuelle des connaissances plus ou moins exactes de
l'Orient par l'intermédiaire de la Perse. » Et dans son
commentaire de l'hypothèse d’Hérodote, selon laquelle
Pythagore aurait emprunté aux Egyptiens sa doctrine de
la réincarnation, le professeur H. G. Rawlinson #7 dit: « I]
est vraisemblable que Pythagore a subi l'influence de
l'Inde plutôt que celle de l'Egypte. Presque toutes les
théories religieuses, philosophiques ct mathématiques
16. Greek Thinkers, I, p. 117, cité par Radhakrishnan.
17. Legacy of India, 1937, p. 5.
Pagina 8
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)trop
cosmique » qui contient le germe de toutes choses, est
que la
proche de l’histoire indienne de la création pour
hindoue
similitude soit accidentelle. Rappelons la théorie
el artisans
des varnas et la division en gardiens, guerriers
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
us”
59
DIOGÈNE
58
dans la politique idéale de la République de I laton. 1
dans le Purusha-Sùkta du Rig-Véda. Le contraste
en e
ces classe
toire que Socrale raconte sur l'origine divine de
al
quoi
pour perpétuer le système de Plat — « suns
proc 1e « 0
périra certainement » — esl évidemment tres
trouvee
mythe védique sur l'origine des quatre castles
enseignées par les pythagoriciens étaient connues en Inde
au vi siècle av. J.-C.; et comme les djaïns et les bouddhistes, les pythagoriciens s’interdisaient de détruire la
vie et de manger de la viande et considéraient comme
tabou certains légumes, par exemple les haricots. » Rawlinson ajoute : « Il semble aussi que le théorème du carré
de I’hypotenuse, dit pythagoricien, était déjà connu en
Inde au début de l’époque védique, donc longtemps avant
Pythagore » (sulbasûtras). Beaucoup de savants adoptent
le même point de vue bien que A.B. Keith s’en sépare et
le critique sévérement
18,
La tradition mystique continue avec Socrate (470-399
avant J.-C.) et trouve sa pleine expression chez Platon
portal une
e de I son
l'esprit grec en général et la ligne de pensé
s répu es.
a souvent été remarqué par des savant
est le repre
Sir Richard Livingstone a constalé : € Platon
encore ur
sentant le plus éminent des hérétiques. » Et
ent. »
ns
a
de P usieurs a van
149, nn. 1.
PP. 148 -149,
i
ADHAKRISHNAN, Op. cit,
s
en Truw — Voorbeeld bij Sextu
21. Kir DET er Slang
Med. der Kon. Akad. van Weetens1 ricus en in Inde ». Versl. en.
Empi
230-244.
chappen, Amsterdam, IV. IX, pp.
eux les connaissance
longtemps, laissérent loin derrière
Plus
t.
que les Européens possédaient de l'Orien
et homm
nrent a led “es
taires dans un pays ennemi, parvi
peuples de wer sur
connaissances considérables sur les
‚Pe
utumes, leurs industries, etC.
es d’action qui, malgre leurs préoccupatio
Alexandre était en effet accompagné
entre les image
dans | extus En pila philosophie indienne, qui se trouvent
littéra ures a cam
ricus et nulle part ailleurs dans les
systéme scept que
et latine. Pyrrhon fut le fondateur du
5
field, plus clairement: « L’esprit de Platon
ment religieux. Eusèbe (315 de notre ère) nous a conservé
une tradition attribuée à Aristoxène qui écrivit (vers 330
dérivai es nr
forte charge de mysticisme orphique qui
depuis toujours
tiellement de sources asiatiques. L’Inde,
probabien
le pays de la dévotion mystique, y contribua
attentif de ces indications isolées, même
conçues sur les anciens rapports entre les deux pays. »
avant J.-C.) sur les harmonies et selon lequel quelques
(427-347). Socrate était le grand défenseur de la maitrise
rationnelle de soi, mais il était en même temps profondésavants indiens auraient effectivement rendu visite à
Socrate à Athènes. Ceux-ci lui auraient demandé de leur
expliquer le but de sa philosophie. Socrate avant répondu :
« l’examen des choses humaines », l’un des Indiens aurait
éclaté de rire et demandé : « Comment un homme pourrait-il comprendre les choses humaines avant les divines? »
Rawlinson
constate très justement: « Si nous devons
croire Eusèbe. il nous faut réviser bien des notions préaventure en
e ae nice, avant de se lancer dans son
de la pensée
Inde, avait peut-être une vague conception
Pendant qu i etal
et des hommes religieux de ce pays.
de Dion! ne. chez
à Taxile, il envoya Onésécrite, disciple
voisine. pren 5
les sages qui vivaient dans une foret
>
Kalanos ( aly’
parvint à persuader un ascète nommé
yer! me qu
de se joindre à l'entourage d'Alexandre.
.accompagnait Alexandre en Inde, acquit la Coste
que remonie 1a aloe
dé la pensée indienne et c'est à lui
res de à
s de la corde et du serpent, ¢ ei
Un examen
vagues et légendaires telles qu’elles le sont parfois, semble
aboutir à la conclusion qu’il ne faut en aucun cas négliger
la contribution que l’Inde lointaine a apportée à la pensée
grecque, même dans ces temps reculés.
Les échos de la pensée des Upanichads dans les dialogues de Platon sont trop nombreux pour être exposés
en detail ici; le lecteur curieux peut cependant s’en faire
une idée d’après des passages de Eastern Religions and
Western Thought (pp. 144-148) de Radhakrishnan. Remarquons que la légende orphique (dont nous avons déjà
brièvement parlé) d’un univers formé dans le corps de
Zeus une fois qu’il eut avalé Phanès, fruit du grand « Œuf
18. JRAS., 1909, pp. 569 sq.
19. Indian Art and Letters, X, 1936, pp. 57-58. Aristoxène est justifié
par un fragment d’Aristote, RADHAKRISHNAN, op. cit. p. 151 et n.
Pagina 9
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)rable encore, à cet égard, fut l'importance des ambassadeurs des rois hellènes qui succédèrent à Alexandre et
maintinrent des relations amicales avec les grands empereurs mauryens de l'Inde. Mégasthéne est l’un des plus
connus de ces ambassadeurs et l’étude attentive des fragments qui ont survécu de ses écrits sur l’Inde a donné des
résultats remarquables. Si Alexandre avait atteint un âge
normal, son rêve d’un mariage entre l’Europe et l'Asie —
rêve auquel il donna une expression concrète par son
propre mariage avec Roxane, princesse sogdienne, et par
le mariage avec des femmes asiatiques de centaines de ses
officiers supérieurs et de milliers de ses suivants plus
modestes — aurait pu aboutir à des résultats concrets
par le développement d'une culture .eurasienne, Méme
sans cela, l'ancien isolement de l'Etat-cité, avec son loyalisme étroit, commençait à céder devant la naissance
d'idées universelles sur la place de l'individu dans la
société et sur une fraternité entre les hommes, sans distinction de Grecs
et
de
barbares.
Zénon
fondateur
d
stoicisme, ébaucha
la
vision
d’un
monde
ressembla
nt
à
une grande cité unique obéissant à une loi divine uni
8
rappelons dans ce contexte que l'idée d’une loi univer.
selle et d’un empire mondial gouverné par un ch kra.
varti-sarvabhauma avait été chère à l'Inde au moins
depuis l’époque védique tardive (Aitareya Brahmana) et,
dens l'histoire réelle, l'empire mauryen fut tout près ae
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
61
depuis le v* siècle avant J.-C., comme Petrie l’a lui-même
:
pensé à la lumière d’autres preuves encore, Il ajoute
« Il n'y a pas d'obstacle à considérer l'Inde comme la
source de l'idéal ascétique, totalement nouveau pour l'Oc-
Les ambassades des Etats helléniques, dont il a été briècident. » 2
que de nombreux enseignements du Christ et quelquefois
vement parlé plus haut, étaient certainement un autre
élément stimulant pour l'échange des idées.
D’une façon ou d'une autre, des idces et des légendes
indiennes semblent avoir été bien connues dans les milieux
de la
où sont nés les récits des Evangiles. Les Manuscrits
qu’en
mer Morte découverts en 1947, qui n’ont été examinés
penpartie et dont l’étude promet d'occuper les savants
déjà
dant de longues années à venir, semblent montrer
, était très
viennent les nombreux rouleaux en question
cinquante
ses paroles elles-mêmes étaient connus au moins
ans avant sa naissance 2.
côte nord
Venue s’installer à Khirbet-Qumran sur la
de la mer Morte, entre 100 avant J.-C. et 70 apres J.-C.
d'où prola « Communauté » ou « Nouvelle Alliance »,
Christ
appaprobablement formée d’Esseniens ou d’une secte
sance
rentée et qui vivait dans la même région. La connais
de
des doctrines et des rites des adeptes nous permet
la période
mieux comprendre le judaïsme pendant
le tronc,
romaine. « L'arbre, dont l’Ancien Testament était
suite furent
avait alors de nombreuses branches qui par la
eux du prens non
1955. Voir également
», dans Dingène, 22, pp. 89-118.
des manuscrits de la mer Morte
_—
bouddhistes, JRAS., 1898, p. 875;'
29. Pierres avec des symboles
Man, VIII, 1908, n° 11; MemPetrie sur la colonie hindoue à Memphis,
Israel, 1923, p. 134, cité par
phis, 1908, ch. VII, ainsi que Egypt and
RADHAKRISHNAN, p. 150.
s, New York 1957. Cf.
93. MILLER Burrows : The Dead Sea Scroll
ment », Hindu, 11 déc.
Kixcstey MARTIN : € New Light on Old Testa men : € Les problèmes
l'étude d'André Dupont-Som
latio
mier siècle avant J.-C. est plein de spécu
traits centraux |
judaïques qui anticipent quelques-uns des
Le Livre d'Enoch, remarquable ouvrage hébr
élaguées ou se desséchérent. » L'enseignement du
salisfaire l'aspiration légendaire de l’Inde à un Bhäratade concepts
apparaît de plus en plus comme un mélange
notamment,
empruntés tant au judaisme qu’à l'Orient,
Même le
sous une forme ou une autre, au bouddhisme.
t dépourvu —
judaïsme plus ancien n'était pas entièremen
nt, orientales.
d’influences indiennes ou, plus généraleme
figurines moulées vers 200 avant J.-C.; Petrie a considéré
ceci comme la preuve de l’existence d’une colonie indienne
à Memphis à cette époque; en effet, cette colonie semble
avoir existé de façon plus ou moins continue environ
en Egypte quelques pierres portant les symboles bouddhiques de la roue et du trident et à Memphis quelques
Pattention sur les idées qu’elles proposaient. On a trouvé
Cyrénaïque et Epire, où elles surent certainement attirer
prêcher le nouvel enseignement. A en juger par les propr
édits d’Asoka, ces missions furent sans doute bien revues
dans les cinq Etats helléniques : Svrie, Egypte, Macédoine
L'empereur mauryen Asoka fit tout ce qu’il put pour
répandre Pévangile de Bouddha dans le monde. Au milieu
du mr siècle, un conseil fut tenu à Pätaliputra qui décida
d envoyer des missionnaires dans le monde entier afin de
ay BP ME
AD AS
Pagina 10
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)est également très remarquable. Sir Charles Pot
nie x
443.
26. Hinduism and Buddhism, 1921, iff, p.
Inde après l'invasion bactrienne, furent rapidement
india
+ de eiviti
tianisme était encore en pleine formation.
cr
En Inde, l’époque mauryenne de grandeur e
|
ivie p par une autre qui appoD
ifie e fut suivie
unifié
j
sation
les Grecs de
troubles et des invasions étrangères. D'abord
piusieurs
la Bactriane envahirent le nord-ouest et créèrent
e, N ut
colonies et principautés indo-grecques. Ensull
geen par
des vagues successives de peuples nomades, dép
;
Asi
une violente tornade d’événements survenus en
les herein
trale sur le territoire chinois limitrophe et qui
bien
erent
ser
À
vers l’Inde. Ces peuples cependant se redres
un grand.
et, au début de l'ère chrétienne, fondérent «
empire L nde
empire indo-scythe qui unissait en un vaste
une par ie de
occidentale et l'Afghanistan actuel ainsi qu
te ile avant
l’Asie centrale. Adoptant en Inde (comme He
‚ike
„is ast
eux) la culture du pays et la religion bou
usion de June et1 de l'autre, non s eulement .
if
é
la diffus
rèrent
made .
mais | aussi sur les routes
e,
ire,
,
dans le reste de l’empi
it
» (Filliozat). Te
€
en Chine
i quii menaiient en
Haute-Asie
se formait .
la situation de univers indien au temps où
|
u
ire romain.
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qui. . en nombr7 e considérable, :s'établirent en|
T
S
Grecs
a
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c:
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i lale po ssibilité de
i admis
5 avoir
« Apres
de, cro waqu
le de
inci dences, il est po urtantt difficije
de coinci
sion,
aa shes
cal,, lala confes
t clérical
É
tels qu e le céliba
i
ensemble de rites
des reliques, l’emplai du rosaire elet dede MO
i
sneration
la vener
=
: deux religie
en dans les
inde endam ment
indep
i
i pu naitre
ait
emps tere
Le bouddhisme était une religion depuis longt
avec sa propre tradition et ses institutions lorsque
63
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
DIOGENE
62
|
de la prise de conscience de Jésus.
R.
Otto,
qui
en
étudie
les analogies avec la pensée orientale, a trouvé leur
source
dans le Aaushitaki U panishad %,
naient du commerce, ne possé
daien
t
pas
d’escl
aves
et
ne
fabriquaient pas d’armes de guerre. L’admission dans
leur
tement végétariens et ne buvaient pas de vin. Ils s’abst
ed'esprit bouddhique. Bien que Juifs de naissance,
les Esséniens renoncaient au mariage,
observ
aient
quant
aux
biens
materiels une sorte de communis
me
et
refusa
ient
le
culte
dans le temple et les sacrifices animaux. Ils étaient
stric-
Les Esséniens et d’autres sectes alliées sont imprégnés
som
qui marchait sur l’eau tant qu'il croyait en lui, mas
t a sow
bra des que sa foi diminua. Comme Max Mulle
r elle
ligné, marcher sur l'eau n'est pas un fait nee
S
en
i au moyen d e Ja la 1foi et sombrer
s'y
i enir
, maint
man
s’evanouit ne peut être explique que par quelque
pe es
historique et les Jätakas sont plus anciens ae
un autre Ja ka CO);
angil es. Dansun
que less EvEvangil
ir
centenaires
Ra
le Bouddha nourrit ses cinq cents frères avec
n
gâteau qui avait été posé dans sa sébile de men
Pessem
La res
senj
i faut . en jeter.
et il en reste encore tant 4 u'il
s
blance entre les cérémonies catholiques et D
secte exigeait une initiation minutieuse et des serments
solennels. Saint Jean-Baptist
e
était
un
Essén
ien
et
en
insistant sur le baptéme,
il
se
référa
it
à
un
usage
esséni
en.
Jésus fut fortement influencé par leurs principes
mais,
malgré ce que croient certains, il n’a, a aucune période,
appartenu à cette secte. L’idée de la non-résistance au
mal qu’il souligne avec tant d’insistance pourrait étre
due aux Esséniens. Méme dans la conception essentielle
du royaume du ciel,
deux
éléme
nts
ont
été
identif
iés
:
d’une part une conception messianique appartenant à
la
tradition palestinienne, d’autre part une conception mystique qui découle de la description de la libération dans
les Upanichads. « Quoique Penseignement de Jésus soit
du point de vue historique une continuation du judaïsme,
il ne s’est pas développé à partir de lui dans ses points
essentiels » (Radhakrishnan) 2; une grande part de son
enseignement est empruntée
à
l'Orie
nt.
En fait, l’histoire de l'Evangile tout entière présen
te
une ressemblance frappante
avec
la
vie
et
l'ens
eigne
ment
du Bouddha Gautama. En ce qui concerne la vie, noton
s
surtout la conception et
la
naiss
ance
mirac
uleus
e
du
Bouddha; l'étoile au-dessus de son lieu de naissance:
la
prophétie du vieil Asita, le Siméon bouddhiste: la tentation de Mära; les douze
discip
les
avec
Anand
a,
«
le
disciple aimé »; les miracles qu’en même temps le Boudd
ha
désapprouve en tant
que
preuve
s.
«
Bien
plus
frapp
antes
encore, constate Rawlinson, sont les similitudes entre
les
paraboles et les miracles bouddhistes et chrétiens. » Le
numéro 190 du Jätaka mentionne un disciple du Bouddha
24. RADHAKR
ISHNAN,
op.
cit.
pp.
160-161.
25. Op. cit. p. 176. Le passage entier dont cette citation
est tirée
tente de démontrer cette conclusion en détail et doit être
Pagina 11
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)nises. L'étendue de ce processus est attestée par une inscription brahmi du ue siècle avant J.-C, gravée sur un
pilier de pierre à Besnagar près de la station de chemin
‘de fer de Bhilsa, en Inde centrale. Voici l'inscription
:
« Cette colonne garuda de Vasudeva (Vichnou) fut érigée ici par Héliodore, fils de Dion, adorateur de Vichnou
(Bhagvata) et habitant de Taxile, qui est venu comme
ambassadeur grec (Yonadüta) du grand roi Antialcide
auprès du roi Kasiputra Bhâgabhadra, le Sauveur, dans
la quatorziéme année de son régne prospére. » 27 Nous
possédons une inscription karoshthi du début du 1” siècle
avant J.-C. gravée sur un vase de Swat par le méridarque
grec Théodore qui était bouddhiste et enchâssa quelques
reliques du Bouddha?. Dans les grottes de Nasik et de
Karla se trouvent de nombreuses inscriptions votives en
brahmi faites par des colons grecs qui demeuraient dans
les environs. Ménandre, par certains aspects le plus grand
des rois indo-grecs, se convertit au bouddhisme grace au
maitre bouddhiste Nagasena (180-160 avant J.-C.) et l’ouvrage pali Milindapanha se donne pour un témoignage
des dialogues entre le roi et Je maitre. On voit ainsi les
Indo-Grecs embrasser l’hindouisme ou le bouddhisme à
mesure de leur ralliement.
Ce second contact avec les Grecs, plus durable que l'épisode éphémère de l’incursion d'Alexandre, fit-il sentir son
influence sur la civilisation de l’Inde du nord-ouest ? A
l’époque, cette influence n’était probablement pas très
grande et l'adoption des religions indiennes par les Grecs
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
65
ce qui concerne le style des images indiennes (non-gandhara) de Bouddha mais il ne semble pas infirmer l’opinion de Foucher que l'idée de représenter Bouddha (ou
n'importe quelle divinité) sous forme humaine ait été
conçue par les Grecs. Les premières sculptures bouddhiques n’indiquent la présence du Maitre que par des
symboles: arbre bodhi, empreintes de pieds, stoupa, etc.
Une fois l'idée concue au nord-ouest, elle a pu facilement
parvenir 4 Mathura par les routes de grand trafic commercial qui reliaient Mathura à Taxile, Peshawar et d'autres
lieux en Gandhara. Citons ce que Tarn pense de la question 29: « La civilisation indienne était assez forte pour
se maintenir en face de la civilisation grecque. mais non
assez forte, semble-t-il, à l'exception du domaine religieux, pour influencer cette dernière comme le fit Babylone; nous pouvons néanmoins trouver des raisons pour
penser que l’Inde fut, des deux. le partenaire dominant. »
Et encore: « D’un point de vue général, l'Asiatique prit
du Grec essentiellement des choses extérieures, des questions de forme; à l'exception peut-être d'institutions
civiles, il a rarement pris la substance et jamais l'esprit.
Car en ce qui concerne l'esprit, l'Asie était tout à fait
sûre qu’elle pouvait l'emporter sur les Grecs et elle ’emporta en effet. » Ces remarques trouvent leur confirmation de manière frappante dans les grottes de Sitabanga
et de Jogimara des montagnes de Ramgarh, 160 milles au
‚sud de Bénarès. Elles contiennent un curieux théâtre de
plein air et un théâtre fermé dont les plans ont été consirenforce cette opinion. Les monnaies de Démétrios sont
dérés d'inspiration grecque; des inscriptions du ım ou
toutes helléniques, en revanche celles de Ménandre font
apparaître un compromis intéressant entre la Grèce et
l’Inde. Sagala, la capitale de Ménandre, n’a pas laissé de
hétaïre, et des aménagements d’une maison de repos pour
elle avait adopté le style grec pour son aménagement.
Foucher était d'avis que l’idée de représenter Bouddha
sous forme humaine dans les sculptures était née chez les
Grecs; cette opinion peut être juste quoique plusieurs
savants indiens la refusent et pensent que cette idée fut
conçue à Mathura et que les images primitives yaksha de
ce centre d’art et d’autres précédaient les statues ultérieures de Bouddha. Ce point de vue peut être exact en
27. JRAS., 1909, p. 1092; RADHAKRISHNAN, op. cil., p. 156.
28. Smitu : Early History of India, 1924, p. 255, n. 1.
les comédiennes. Mais le drame indien est indien dans
les traits essentiels de son origine et de son esprit et il
faut chercher ses racines dans l'ère des védas et des
brahmanas. Des termes comme Yavanika, pour rideau,
sont une nouvelle preuve que les Indiens empruntaient
ailleurs des formes extérieures sans modifier d'aucune
manière l'esprit de leurs institutions. L’exception que fait
Tarn pour les institutions civiles se trouve justifiee dans
la célèbre Arthasastra : son auteur, Kautilya, avoue que,
pour composer sa grande œuvre, il a consulté non seule29. The Greeks in Bactria and India, 1938, pp. 375-76 et 67.
trace, nous ne pouvons donc savoir dans quelle mesure
we siècle avant J.-C. portant le nom de Sutanuka, une
Pagina 12
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)ment les anciens traités de son propre pays, mais aussi
les coutumes en vigueur a l’époque dans d’autres Etats
(hellénistiques) 3% Et la haute qualité de lu sculpture mauryenne dérive peut-être d'éléments grecs aussi bien que
d'éléments iraniens.
Grâce au développement de l'Empire romain, les rapports entre l'Inde et l'Occident devinrent beaucoup plus
fréquents. Nous nous abstenons de répéter les détails histariques bien connus de ces contacts — ambassades, articles
de commerce, eic. Nolons pourtant que la Par Romana
contribua au développement d’une culture cosmopolile au
Proche-Orient et au Moyen-Orient. A Antioche, à Palmyre
et à Alexandrie, des marchands et des hommes de lettres
indiens el grecs se rencontraient librement afin d'échanger
des idées. Une monnaie de Ménandré, trouvée avec une
autre de Vespasien à Tenby en Pembrokeshire, évoque
l'image d'un marchand gréco-romain qui, dans l'intérêt
de ses affaires, visitait l'Inde aussi bien que la Grande-
Bretagne. D'autres monnaies de l'Inde septentrionale et
leurs imitations ont été découvertes en Scandinavie et le
commerce de l'Orient a laissé ses traces le long de FOxus
jusqu'à la mer Caspienne ®!. Alexandrie était la deuxième
ville de l'empire. « Les bateaux marchands de la moitié
du monde antique s’amarraient le long de ses quais. et
des savants venant des quatre coins du monde s’v rencontraient et discutaient dans le Musée, utilisant les vastes
ressources littéraires de ses grandes bibliothèques. Ils
n'avaient pas Je mépris du « barbare » des anciens Ftatscités grecs et une grande partie de la population, les Athéniens par exemple, ne passaient leur temps à rien d'autre
qu’à raconter ou à écouter quelque chose de nouveau... »
Le Milinda Panta mentionne Alexandrie comme un des
lieux où les marchands indiens venaient régulièrement
et Dion Chrysostome faisant, sous le règne de Trajan (98-
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
67
Arabes, des Bactriens, des Scythes, des Persans et quelques
Indiens qui sont parmi les spectateurs et résident ici
en permanence | »
|
H en résulte que Ja philosophie indienne fut reconnue
de plus en plus dans les écoles helléniques d'Asie mineure
et d'Egvpte. Apollonius de Tvane (vers 50 après J.-C),
gnostique célèbre et marchand de miracles, alla à Taxile
pour étudier avec des précepteurs brahmanes. Bardésane
le Babvlonien (né en 155 après J.-C), un maitre gnostique
bien connu, apprit de nombreux fails enrieux sur l'Inde
par une ambassade indienne qui vint en Syrie sous le
règne d'Héliogabale (218-222 après J.-C); il dut beaucoup
au gymnosophiste indien Dandamis qui accompagnail
l'ambassade et avait de grandes connaissances concernant
les brahmanes et les bouddhistes, leur discipline et leur
mode de vie. Bardésane décrivit dans ses détails authentiques la vie dans un monastère bouddhique, ainsi que la
visite d'un temple dans une grotte de Inde occidentale,
où se trouvait une image de Ardhanarisvara, c'est-à-dire
Civa sous sa forme androgyne. L'ouvrage de Bardesane
sur les gymnosophistes indiens est perdu: cependant deux
fragments précieux d'une certaine longueur onl été préservés par Porphyre (233-305 après J.-C.) et Stohce (vers
500 après J.-C.) 2. Clément d'Alexandrie (150-218 apres
J.-C.) connaissait le bouddhisme: il mentionne souvent la
présence de bouddhistes à Alexandrie et déclare que « les
. Grecs ont volé leur philosophie aux barbares ». C'est le
premier écrivain grec qui se réfère nommément à
Bouddha : « Il existe des Indiens qui suivent les commandements de Boutta que, par suite d'une vénération excessive, ils ont élevé au rang d'un dieu. » Il sait que les
bouddhistes croient à la métempsycose et qu'ils « adorent
une sorte de pyramide (sfoupa) sous laquelle ils pensaient
qu’étaient enterrés les ossements de quelque divinité ».
117 après J.-C.), une conférence à Alexandrie, dit : « Je
vois parmi vous non seulement des Grecs et des Italiens.
A l'encontre d’autres écrivains qui les confondent, Clédes Syriens, des Libyens, des Siciliens et des hommes habimanes. « Archélaos de Carrah (278 après J.-C.) et saint
tant plus loin encore, mais aussi des Ethiopiens et des
ment distingue clairement entre bouddhistes et brahJérôme (340 après J.-C.) mentionnent tous deux Je nom
de Bouddha et racontent la légende de sa naïssance d’une
80. Cf. Rosrovrzerr : Social and Economic History of the Hellenistic
World, 1941, pp. 650-551.
.
31. MARMINGTON : The Commerce between the Roman Empire and
India, 1928, p. 302. Cet ouvrage ainsi que Intercourse, de RAwLınson,
sont les meilleures &tudes d’ensemble sur la question.
vierge. L'histoire de Bouddha pénétra peu à peu en Occident jusqu'à ce que, par une coïncidence pratiquement
32. Me Grixsore : Ancient India, 1901, pp. 119-74.
Pagina 13
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)sans pareille dans la littérature, Jean de Damas la racontät, au vin siècle, comme la vie d’un saint chrétien. Le
Bodhisattva Gautama entra dans l’église chrétienne sous
l'apparence de saint Josaphat et fut inclus dans le Martvrologe de Grégoire XIII (1582). » 33
Les Thérapeutes ou Moines contemplatifs d’Egypte dont
parle avec ferveur Philon (20 aprés J.-C.) et qui se vouent
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
69
Karma: sa théorie de la personnalité a de fortes affinités
houddhiques : « l'âme est dépourvue de qualités, mais les
passions, comme les skandhas bouddhiques, s’attachent a
elle en tant qu’appendices ou « parasites ». Dieu est indéfinissable, presque inexistant et la divine entité de Jésus
n’est entrée au nirvana qu’à sa mort. » Basilide voyait dans
contemplation pure, avaient certainement subi l’influence
le christianisme l’élément essentiel de son système; cependant son interprétation est profondément bouddhiste.
Citons encore Kennedy : « Toutes choses portent en ellesde la pensée hindoue et bouddhiste. Leur nom ressemble
mêmes leur propre loi d'existence; la souffrance est inhéà Thera-putta, ce qui pourrait ètre un mot pali et signifier
« groupe de Theras »; Theras ou Sthaviras (Skt) était
une des célèbres écoles du bouddhisme naissant. Philon
donna à Alexandrie une nouvelle interprétation de textes
judaïques en considérant la doctrine du logos comme leur
élément central et déterminant. Nous avons indiqué plus
haut les ramifications antérieures et ultérieures de cette
doctrine.
Le gnosticisme était un effort conscient en vue de fondre
ensemble des éléments de pensée grecs et hindous auxquels vint s’ajouter plus tard le christianisme. C'était un
systeme syncrétique qui fut élaboré bien avant l’ere chrétienne, quoique le christianisme tendit a le considérer
rente à la vie, la réincarnation est le résultat d’actions
antérieures et la métempsycose gouverne les humains avec
une justice inflexible et une nécessité de fer. L'office de
Jésus est celui de Bouddha; seuls les élus sont sauvés
et la masse de l'humanité se contente de renaître. C'est
du bouddhisme pur et simple, tant par ses idées mailresses
que par sa psychologie et sa métaphysique. »
Plotin, fondateur de l'école néo-platonicienne, désira
vivement étudier la philosophie indienne: en 242, il accompagna l'expédition de Gordien contre Sapor, roi de Perse,
dans l'espoir d'un contact personnel avec quelqu'un qui
fût capable de l'éclairer. Le néo-platonisme a une forte
parenté avec les doctrines indiennes du Vedanta et du
Yoga. Plotin emprunte un mode de pensée véritablement
indien pour décrire la manière par laquelle Vindividu
à une vie ascétique, à la mortification du corps et à la
comme une hérésie. I] présentait beaucoup de traits communs avec les Upanichads et la tradition grecque en Grèce.
La gnose ne représente pas une facon de comprendre intellectuellement, mais bien plutôt de voir Dieu, une sagesse
ésotérique, une vision béatifique, une illumination —
qu'on l'appelle comme on voudra. Sans nous occuper des
se fond dans l'âme universelle : « Les âmes qui sont pures
et qui ne sont plus attirées par le corporel cesseront de
dépendre du corps. Ainsi détachées, elles entreront dans
le monde de l’Etre et de la Réalité. » Comme le boudsive que Kennedy a donnée du gnosticisme par rapport
dhisme, le néo-platonisme interdit les sacrifices d'animaux
et les nourritures d’origine animale. On peut dire que c'est
à la pensée indienne : « Le gnosticisme n’est pas de l’hellénisme pur, comme pensent certains, il est plutôt de l’oriendu syncrétisme des religions nées des conquêtes d’Alexandétails de ce système, citons la définition concise et exprestalisme pur sous un masque hellénique. » 3: Basilide,
le grand maitre gnostique contemporain d'Hadrien (117138 après J.-C), a définitivement introduit la pensée hindoue et bouddhique dans la structure du christianisme.
Comme Bouddha, il est pessimiste. « La souffrance et la
crainte sont inséparablement liées aux choses humaines. »
Il croyait fermement à la transmigration des âmes et au
33. RAWLINSON : op. cit, p. 142.
34. « Buddhist Gnosticism », JRAS. 1902, p. 383.
dans le néo-platonisme que fut atteint le point culminant
dre et de la fondation de l'Empire romain. Porphyre
(230-300) vulgarisa l’enseignement de Plotin. Pour lui, le
but essentiel de la philosophie, comme dans toutes les
doctrines indiennes, est le salut de l’âme et il recommande
un ascétisme rigoureux afin d’y parvenir. Quelques années
avant que Plotin, en 245, s'établit à Rome, Hippolyte,
évêque d’Ostie (230), dans son ouvrage Philosophumena
ou Réfutation de toutes les hérésies, donna un bref apercu
de l’enseignement des brahmanes qui habitaient sur les
bords du Tagabena (Tungabhadra)
au
Deccan,
Pagina 14
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)compte rendu concorde parfaitement avec les doctrines
des Upanichads. Ceci est un exemple remarquable de
véritables contacts et de connaissances réciproques précises au ul’ siècle de notre ère, dont les données connues
ne suffisent cependant pas encore à déterminer la nature
et les circonstances. Filliozat constate à juste titre : « La
vogue des savants orientaux et particulièrement indiens
SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
71
et d'Hadrien (98-138 après J.-C.) favorisa la diffusion
d'idées et de formes artistiques helléniques en Inde et en
d’autres pays d'Asie. Les artistes indo-grecs puisèrent leur
inspiration dans les écoles d'Alexandrie. de Pergame,
d’Ephese et d’autres villes de FAsie mineure plutôi que,
dans les ouvrages d'artistes grecs plus anciens. Autrement
dit, le style Gandhara est grécu-romain el se fonde sur l'art
cosmopolite de Asie mineure et de l'Empire romain tel
3° éd. 1958,
36. Smiru : The Oxford History of India,
37. Mansnaut, dans JRAS., 1909, pp. 1060 sq.
38. Op. cit, p. 159.
les palais et faire des rondes de nuit dans
employait des soldats et des policiers romains
ie
pp. 154-155.
les rues
des
pour garder
villes
vivaient à Muziris, Kaveripattinam et dans d'autres on
tamils.
portuaires. Dans les capitales des Etats
de Kanishka.
ont été présentées par Charaka, le médecin
ne u
ont fait supposer que les ouvrages d'Hippocrate
les preuves
étaient pas totalement étrangers, cependant
' .
ne semblent pas convaincantes » (Smith)
et Ì Eu
Le commerce maritime entre l'Inde méridionale
au cours des
rope atteignit une importance considérable
sujets romain’
deux premiers siécles apres JG: des
« Les premiéres connaissances médicales telles que
à cet
métal de monnaies romaines importées et fondues
Kushana
effet. Parmi d’autres titres, les empereurs de
adoptérent celui de César. Dans l'Inde péninsulaire,
mond'autre part, les aurei romains circulerent comme
y
naie ordinaire, un peu comme le souverain brilannique
ne faut pas
devint monnaie courante au siecle dernier. Il
monnaies
conclure des inscriptions en grec que portent les
une conde Kanishka et de ses successeurs, qu’il existait
les devons
naissance générale de l’alphabet grec; nous
grecs que
peut-être au simple fait que c'est en caracteres
‘elles
la langue fut transcrite pour la premiére fois.
La monnaie de Kushana ressemblait fort aux aurel des
Césars et ne leur était guère inférieure quant au poids el
le
à la beauté; le plus souvent, elle était frappée dans
de travaux au vihara de Kanishka à Peshawar, a la forme
d'un coffret à bijoux de dame grecque, malgré l'exécution
|
grossière et maladroite des figures #7.
qu'il a été exercé au cours des trois premiers siècles de
dans Empire romain n’est pas pur snobisme: elle corres-
Père chrétienne. » % Le reliquaire d'Agésilas, surveillant
pond à l'acquisition historique de connaissances diverses
véhiculées par des voies nombreuses mais tout a fait déterminées et que nous savons avoir été très régulières. » II
semble inutile de démontrer l’influence de la pensée de
l'Inde sur d'autres néo-platoniciens et sur les premiers
auteurs chrétiens tels que Denys l’Aréopagite, Clément,
Origène et même Augustin ®. Athanase (et le Concile de
Nicée) ont sevré l'Eglise de ses traditions de tolérance et
de recherche scientifique, de Clément et d’Origene.
Arrétons-nous un instant à l'action qu’exercaient sur la
civilisation de l'Inde les contacts avec l'Occident. Grâce
influencèrent les deux religions et contribuèrent à leur
à la paix qui régnait dans l’Empire romain, le christianisme naissant rencontra, dans les marchés et les académies en Asie et en Egypte, un bouddhisme pleinement
développé; l'ancienne doctrine perse de Zoroastre ainsi
que le paganisme polythéiste des divers pays environnants
transformation. Les idées nouvelles qui, dans cette atmosphère, occupaient le premier plan, jouèrent un rôle considérable dans les grands changements qui convertirent
le bouddhisme du Hinayana en celui du Mahayana où « la
vénération du Maître mort se mue en l’adoration du Sauveur vivant ». L'empire Kushana, particulièrement à
l’époque de Kanishka — époque à laquelle se tint un
grand concile bouddhique — eut sa part d'influence et le
cours du règne de Kanishka reflète l’action de forces
contribuant à l’accélération d’un processus qui avait commencé longtemps auparavant. La sculpture bouddhique
de l’époque Kushana appartient pour sa plus grande partie à l’école de Gandhara : nous avons déjà parlé de l’origine des statues de Bouddha. « L'extension vers l’est des
frontières de l’Empire romain sous les régnes de Trajan
35. Pour Hippolyte, cf. FiLLiozaT, op. cit, pp. 27-28; pour les autres,
RADHAKRISHNAN, op, cit, p. 219.
Pagina 15
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)SUR LES CONTACTS ENTRE L'INDE ET L'OCCIDENT
trapa), non seulement les dernières traces d’un règne
étranger sur le sol indien disparurent, mais les provinces
du Gange s'ouvrirent à d’intenses contacts maritimes avec
les pays occidentaux. Dans ses écrits du début du xr siècle,
Alberuni parle des grands penseurs et écrivains de cette
époque comme des meilleurs représentants de la vaste
culture humaniste de l'Inde ancienne; culture qui, de son
villes ®. Les résultats de certaines fouilles intéressantes
des dernières années montrent l’etendue et la nature de
ces contacts de manière concrète et irréfutable. Nous
avons d’abord Ja statuette en ivoire finement sculptée
d'une femme nue avec ses deux suivantes, trouvée en
Italie dans les ruines de Pompéi, en 1938; c'était peutêtre la poignée d’un miroir. Le travail, les détails, l’ornementation sont indubitablement indiens; cet objet a dû
arriver en Italie avant 79 après J.-C. date à laquelle
temps, avait revêtu un caractère quelque peu exclusif et
intolérant; il considère que l'empressement de ces auteurs
à reconnaître le mérite des penseurs yavanas (grecs) était
un signe de leur véritable supériorité culturelle. Les
mathématiques et l'astronomie firent de grands progrès,
profitant des écrits grecs sur ces sujets. Le plus célèbre et
le plus original parmi les écrivains indiens d'alors était
Aryabhata (né en 476 après J.-C.) qui inventa le système
décimal pour la notation des nombres, exprimant par leur
position les dizaines, Jes centaines, etc. et qui institua
un signe particulier pour le zéro, « peut-être le plus important legs de connaissance pratique que l'Inde ail fait au
monde » (Smith). Varahamihira, le grand écrivain de
l'époque suivante, possédait de profondes connaissances
en matière de sciences grecques et introduisit de nombreux termes techniques empruntés à l'astronomie
grecque. « Les fresques d'Ajanta attestent les relations
Pompéi fut détruite à la suite d'une éruption du Vésuve #.
Il y a ensuite la découverte. en 1945, d'un comptoir indoromain dans une région près de Pondichery, le Poduke
de Ptolémée, qui nous a livré des terres cuites romaines
appartenant, de manière certaine, aux premiers siècles
avant et après J.-C., notamment deux vases à anses, ou
amphores, caractéristiques du commerce méditerranéen
de vins de l’époque, ainsi que des lampes et des articles
en verre romains #!, Ajoutons que des objets en provenance de Syrie et datant à peu près de la même époque
ont été trouvés à Begram (Kapisi), au sud de l’HindouKouch, et qu’une monnaie d'or du règne d’Antonin le
Pieux (138-161 après J.-C.) a été découverte en même
temps qu’une image de Bouddha de l’école d’Amaravati
de la même époque au cours des fouilles d'Oc Eo, au Cambodge. L'existence de rapports indo-romains établis par
voies de terre et de mer pourrait-elle trouver des preuves
plus convaincantes ?
Une des grandes époques historiques ultérieures en Inde
est couramment connue comme l'ère des Goupta, bien que
l'empire Goupta, même au moment de sa plus grande
étendue, fût limité à une partie seulement de l’Inde septentrionale. Cette période, qui s’étend environ du rv au vir
entre l’Inde occidentale et la Perse au début du vur siècle.
Mention est faite des missions envoyées aux empereurs
romains en 336, 361 et 530 après J.-C. Les monnaies constituent des preuves irréfutables d’une influence romaine
réelle et le terme dinara, le denarius latin, était couramment employé pour désigner une pièce d'or » (Smith).
Certains savants croient discerner l'influence subtile du
goût grec dans le style des sculptures et des productions
dramatiques indiennes de cette époque, d'autres nourrissent des doutes à ce sujet. Kosmas Indilopleuste, un
moine qui vivait au vr siècle après J.-C, fut le dernier
ou vir siècle après J.-C., fut l'époque classique de la civilisation indienne; la littérature et les arts étaient alors
à leur apogée et les contacts pris de tous les côtés avec
l'extérieur ne furent jamais ni plus amples ni plus
39. Pour plus de détails, cf. K.A.N. Sastri : History of South India,
1957.
40. Voce. dans Annual Bibliography of Indian Archaeology, 1938.
pp. 1-5.
41. Ancient India, juillet 1946, pp. 17-124.
voyageur occidental de l’Antiquite à visiter l'Inde. |
memes
intenses, Lorsque Chandragoupta II, à la fin du rv° siècle,
renversa les Grands Satrapes du Goudjerate (Muhaksha-
73
L'existence, dans la vallée de l’'Euphrate supérieur,
d’une colonie indienne et sa destruction par les chrétiens
syrien.
au début du rv* siècle est attestée par Zénob, auteur
des
par
construits
hindous
I] mentionne des temples
Indiens qui s’étaient établis dans le canton de Taron à
304 après
l’ouest du lac de Van déjà au n° siècle. Vers
J.-C. saint Grégoire les atteignit et, malgré la résistance
Pagina 16
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)héroïque que lui opposèrent les Indiens, il les battit et
détruisit les images des dieux de ces temples, hautes de
douze coudées #, Sévère Sebokht, maître et évêque titulaire d’un monastère au bord de PEuphrate en 662 après
J.-C. défendit les Syriens contre l’arrogance grecque en
citant en exemple les Hindous; il énumère : « … leurs
découvertes subtiles dans le domaine de la science de
astronomie, découvertes plus ingénieuses que celles des
Grecs et des Babyloniens, leurs précieuses méthodes de
calcul et leur procédé d'évaluation qui défie toute description; je me borneraì à dire que cette évaluation est exécutée à l’aide de neuf signes. Si ceux qui croient avoir
atteint la limite de la science parce qu’ils parlent le grec
savaient ces choses, ils seraient convaincus que d’autres
aussi savent quelque chose. » 43
VERS UN ELARGISSEMENT
DE LA NOTION DE CAUSALITÉ
par
MILIC CAPEK
K. A. NILAKANTA SASTRI.
(Madras.
Traduit de l'anglais par Mme Anne-Elisabeth Leroy.
LES ORIGINES DU DETERMINISME CLASSIQUE
Si l’on veut parler de l'élargissement de l'idée de causalité, il faut d’abord préciser la signification exacte du
concept dont la modification est maintenant envisagée par
nombre de philosophes et de savants contemporains. Pour
éclaircir le concept classique de causalité, il est presque
impossible de ne pas l'approcher du point de vue génétique; sans une perspective historique, on ne comprend
que très peu le contenu des concepts classiques par lesquels la tradition, philosophique aussi bien que scientifique, s’est constituée. En montrant les racines profondes
et tenaces de notre croyance dans le déterminisme rigoureux, on comprendra mieux certaines résistances qui
s'opposent aujourd’hui à toute tentative de Yassouplir.
On n'exagère pas en disant que la croyance dans le
déterminisme strict est presque aussi vieille que la pensée
occidentale elle-même. Sans parler de la croyance
mythique en la Destinée impersonnelle a laquelle méme
les dieux sont soumis, on trouve la premiére formulation
précise du déterminisme chez Démoerite quand il écrit:
42. JRAS., 1904, p. 369.
43. D. E. Smirn : History of Mathematics, 1923. vol. I, pp. 166-167.
« Par la nécessité toutes les choses sont déterminées, soit
celles qui ont été, soit celles qui sont, soit celles qui vont
Pagina 17
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)nus nécessaires, à défaut du bonheur et de la joie qu’il ne
trouve plus dans le travail. C'est dans un effort individuel de
culture personnelle qu'il pourra retrouver les possibilités
d'expression dont il se trouve aujourd'hui privé. Mais il faut
lui montrer ces possibilités, lui donner des rudiments d’initiation aux diverses formes de culture, afin de lui permettre
de choisir celles qui répondent 4 son tempérament propre et
l'aideront à redevenir un homme complet,
Car c’est là le problème fondamental auquel il faut finalement en revenir. Si l'automatisation a dépouillé le travailleur des prérogatives qu’il possédait autrefois lorsqu'il exercait un métier complet, elle doit en contrepartie lui restituer
son rôle dans la vie sociale. L'erreur du passé a été non
pas de spécialiser les hommes dans leur travail — c'est une
tendance à laquelle on ne pouvait se soustraire — mais de
spécialiser et de cloisonner le genre de vie en fonction du
NOTES BIO-BIBLIOGRAPHIQUES
DES COLLABORATEURS DU
NUMERO 28
ides
José ORTEGA Y GASSET : né à Madrid en is
de
au Collège des Jésuites de Malaga; licen
travail. Le souci général aujourd'hui doit être de préparer
l'Université de Madrid, 1898-1902; dot "
Les Terreurs de l'An mil (Critique d'ur
sites de Leipzig, Berlin et Marbourg, 194x
l’homme à toutes ses tâches : non plus seulement à sa tâche
de travailleur, par la formation professionnelle, mais aussi
à sa tâche de consommateur par une éducation familiale et
ménagère, à son rôle de possesseur de biens durables par une
formation économique, à son rôle de citoyen par l'éducation
civique et sociale, à l'exercice de ses facultés d'homme cultivé par l'entrainement à la pensée et par expression de cette
pensée. Travailleur, consommateur, propriétaire, citoven,
intellectuel, c’est toujours du mème homme qu'il s'agit. Tout
homme doit être tout cela à la fois pour être pleinement
homme, Et c'est à tous ces aspects de la vie qu'il faut s’efforcer de redonner accès à chacun. L’automation, par l'effort
qu'elle réclame, par la richesse qu'elle peut donner et par le
loisir qu'elle promet à l’homme, est l'occasion unique, pour
la société, d'opérer cette saine remise en place des valeurs.
Ii importe qu'elle ne la laisse pas échapper
néo-kantiens;
maitre de
conférence
de
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these sur
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910-1936; des 1902, collaboreà de non
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bain ont publiés ses differents livres
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premier plan sur la vie inteleeluelle en
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la Revista de Occidente en RER de
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Pays-Bas, en Argentine et au Fortuna er
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en Espagne: en 1948, fonde à Maur
AUTRES
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Œuvres : Œuvres completes ten si N ame in
s del Quijote, 1414: El Espertar or,
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La Revel ha Tecnica, 1939; citons
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je). Ancien professeur
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Bublfcati ns : Die griechisch-orientalische
Romunliteratur in re td ore
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(Brurelles.)
Zürich, 1950; La yrinth-Studien.
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DIOGENE
membre
de
l'Ecole
française
d Extréme-Orient;
tional Cultures, à Université de Madras; 1959, Visiting Professor à
PUniversité de Chicago; membre du Comité permanent d’Indologie
constitué en 1953 comme conseiller du Gouvernement de l’Inde (Minisde la Royal Asiatic Society; délégué de "Inde au Colloque international
tere de
etc.
sur l’histoire des relations culturelles Orient-Occident, ‘okyo, 1957,
in Chola
Principales publications : Pandyan Kingdom, 1929; Studies
History and Administration, 1933; History of India (3 volumes), 1952India,
1953; Foreign Notices of South India, 1941; History of South 1941;
Historg,
1955: Historical Method in Relation to South Indian
History of
directeur de publication du volume II de A Comprehensive
and MauIndia : Maurgas and Saltavahanas et de Age of the Nandus
ryas; nombreux articles dans des revues savantes.
et de
CAPEK: né en Bohéme, en 1909; études de philosophie
des
d'Honolulu (Hawaï), il fut appelé à donner
Milic
,
sciences à l'Université de Prague (Dr. philo., 1935); puis à la Sorbonne
U.S.A.
1940, et & Chicago, en 1941; professeur au Carleton College, s de la
depuis 1948. Publications : These sur Bergson : Les Tendance
des revues améPhysique contemporaine, 1938; nombreux articles dans
History of
ricaines et françaises : The Philosophical Review, Journal of Review of
Ideas, Philosophical and Phenomenological Research, The
de PhiMetaphysics, The Review of Philosophy of Science, La Revue
la Société
losophie, Revne de Métaphysique et de Morale, Bulletin de
française de Philosophie, etc.
été consacrée à
Alfred METRAUX : d’origine suisse; sa carrière ajcune un Institut
très
l'étude des Indiens de l'Amérique du Sud; créa l'Argent
ine, ce qui lui
de recherches ethnographiques dans le nord de
du Chaco et des
permit de connaître intimement les Indiens des forêts
aphique et archéolohauts plateaux andins: en 1935, mission ethnogr au Bishop Museum
gique à Vile de Pâques; après avoir été attaché
cours à l'Université de
& Washing
membre de la Smithsonian Institution,
et recherches » du département des affaires
de directeur adjoint de
Californie et à l'Université Yale; en qualité
plusieurs années
Vinstitute of Social Anthropology, il fut pendant
ton; en 1946, direcl'Amérique du Sud; ‘deux ouvrages
teur de la section « Etudes
Unesco, a dirigé pendant
sociales à l'O.N:U.: sous les auspices de
e dans la vallée de Marbial,
deux ans une vaste enquéte anthropologiqu
er des recherches antéen Haïti; au cours de ce séjour, il a pu complét
ux travaux sur les Indiens de
rieures sur les cultes vaudons; nombre
sur lile de Pâques et plusieurs
1934; La Statistique et
: Les Principes de la Distribution,
1936; Ventes, Frais de Vente at
études sur l'ethuographie haitienne,
e, Belgique; diplômé de l'Ecole
‘Robert CAUSSIN :'né en. 1899, à Binch
en sciences commerciales et
ié
supérieure de commerce de Lyon.et licenc
économiques appliquées de P’Uni‘financières de l'Institut des Sciences
l’indusdizaine d’annees d'activité dans
‘::versité de Louvain; après une
ères, appelé à diriger le Comité
Serie automobile et l'industrie des ‘carri
ifique; secrétaire général du
national ‘belge de Yorganisation scientscientifique de 1938 à 1947: en
Comité international de Yorganisation l’Université de Louvain, à FInsà
même temps chargé d'enseignement
de Mons, à l'Ecole d’ergologie
titut supérieur commercial et consulaireanisation scientifique du travail
de Bruxelles et à l'Ecole -pégionale d’org
Belgique et à Vétranger. Principales
"de Lille; nombreuses conférences en
ications
que,
ee de Ta Distribution en Belgi
d’organisation des Entreprises,
Bénéfices, 1937: Sommaire des Principes
ument de Gestion, 1947; Les Rela1944; Le Contrôle budgétaire, Instr
etc; a collaboré à de nombreuses
tions industrielles en Belgique, 1953,
revues.
lég. : 3° trim. 1954.
MODERNE, MONTROUGE (SEINE). — Dép.
0
on : 4651. — Imprimé en France.
Ne d'édition 3 7080. _ Ne d'impressi
Le gérant : Jean d'ORMESSON.
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