Astrampsychos

Auteur
Tannery, P.
Verschenen in
Revue des Etudes Grecques
Jaar
1898
Onderwerp
ASTRAMPSYCHOS
Taal
Français
Categorie
C14 Numerologie
Archiefnummer
5570

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In: Revue des Études Greques, XI - 1898 . ‘ oS > Q $ TANNERY,P. aa? à D Tannery, Pal Text Ashram psychos | m Mn des Etudes Sg que EN a , Fopuscule de géo , mancie en question a été considéré comme astrologique sous le titre cela: pythagoricum et attribué à Astrainpsychos. va 1g 32 (Ke: 7 pd )

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1. « Après Zoroastre», dit Laertius, I, 3, «il y eut nombre de Mages, les Ostanès, les Astra(m)psychos, les Gobryas, les Pazats, qui se succédèrent jusqu'à ce qu'Alexandre détruisit l'empire des Perses. » _ . | Sous le nom du second de ces anciens Mages (1) circulèrent plus tard divers écrits. Suidas dit, en effet : “Actpapduyos, ds * Bu6 Mov latpixdy els dvwv bepumelay memolmxe zul Óvetpoxprtixóv. Le verbe reroinxe semble indiquer qu'il s’agit de deux opuscules ‚en vers ;. du second, Suidas nous a d'ailleurs conservé, épars. çà et là, une centaine de trimètres qui ont été réunis et édités plusieurs fois, à la fin du xvi siècle et au commencement du xv (2). . D'un autre côté, Rodolph Hercher a publié-(Berlin, Unger, 4863) : Astrampsychi Oraculorum Decades CII, en utilisant. deux manuscrits d'Italie (le Laurentianus, pl. XXVIII, 14, et le. Marcianus 324) (3), et en faisant, d'après Pitra (Sprcileg. Solesm., TIL, p. 394), quelques emprunts à trois manuscrits de la Bibliothèque Nationale de Paris, gr. 2421, 2422, 2424. Krumbacher (Gesch. der bys. Litter., 2 €d., p. 631), ren* (1) De même sous celui du premier, dont la légende a fait un maitre de Démocrite, ont ‘circulé des écrits alchimiques. Il en subsiste un, recueilli dans la Collection des Alchimistes grecs, publiée par MM. Berthelot et Ruelle. — Gobryas apparaît dans un: dialogue apocryphe de Platon, l'Axiochus. — Sur Pazatés, je ne connais que la mention de Laertius. ‘ (2) Voir Fabricius (éd. Harles, V, 266) et Krumbacher, 2° éd., p. 649. ' (3) Le Marcianus 336, du xve siècle, comme le ms. 324, contient également le méme opuscule.

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voyant à Fabricius (éd. Harles, XI, 582), paraît dire que, dans le Colbert. 2202, la Géomancie en vers du moine Arsénios ‘(ouvrage inédit, composé en 1266) serait attribuée à Astrampsychos. Il y a là une erreur (1); le Colbert. 2202 n'est autre, en effet que notre manuscrit Bibl. Nat. gr. 2422, qui contient en réalité un traité de Géomancie, mais anonyme et en prose. Ce traité a pour titre : "Apyh ody eg tod rulaopixod Aaeurnptou Aro. sod paboMtou, OUTW WE deyousvou meporoti. Inc. : To etdog öde 7: 10 dvopà tori To haytäu, 65 doce xúpuos tod TEWTOU OLX pato. Des. : Sndot Sì xat murráxny (2) ¿Aelv and tov othov (sic) xal x0hosóvny xa dyadoy amd roy tHAdGev (3). Rubrique : Téhog * toy toy dotépwy n0n Téhoc. Ce traité est évidemment traduit ou compilé de Parabe (non du persan), probablement au xm° siècle, de même que le poème d'Arsénios est une paraphrase d'un auteur arabe (Zanath) (4). Nombre de mots sémitiques ont été simplement transcrits dans ce traité en prose. 2. A la vérité, les catalogues de la Bibliothèque Nationale n’enregistrent pas ce dernier opuscule comme traitant de géomancie, mais d'astrologie, sous le titre Cælum pythagoricum ; ils qualifient encore plus singulièrement les Décades publiées par Hercher d’Astrologia persica, ad Ptolemæum regem; et ils attribuent le tout à Astrampsychos avec un troisième opuscule : Siderum contemplatio (Ocwpla civ äotépuy). L'erreur paraît remonter à Du Cange qui, dans son Glossaire, cite assez souvent « Astrampsychus mss. (5) » et (Index auctorum) regarde (1) En fait, d'ailleurs, Fabricius dit tout autre chose, en renvoyant au Catalogue des manuscrits de Vienne (Lambecius-Kollar, nos 140 et 441). (2) Une lettre. (3) Des esclaves. (4) Abou Abdallah al-Zanati, qui a écrit en Afrique au xu¢ ou xui° siècle, (3) Ainsi, au mot Ssxdzpwtos, Du Cange cite « Astrampsychus in Theoria astrorum ms. ». Ce mot est tiré des Décades (éd. Hercher, p. 7, 34, etc.). Au mot Aageuviprov (voir le titre donné plus haut), Du Cange met : « Ita inscribitur Astram7

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ces trois opuscules comme formant un seul tout. Comme ils sont, en réalité, d'une origine, d'une date et d'un caractère très différents, je crois qu'il y a un certain intérêt, au point de vue des recherches glossologiques, à rétablir la vérité. Du Cange a simplement prouvé qu'il ignorait absolument ce qu'était la géomancie, puisqu'il en a méconnu les figures caractéristiques et que quelques rares similitudes de nomenclature ont pu lui faire prendre le texte comme astrologique. Cette ignorance est tout à fait excusable (4);..cependant il aurait pu être mis en éveil, én relevant sur le catalogue alphabétique des manuscrits de Fontainebleau, dressé en 1530 par Ange Vergèce (2), que fa6ékoy était interprété en grec daupopayreta, ce qu'il note dans ses Addenda, p. 212, en ajoutant 2d ' est divinatio per arenas. Or, sur le premier feuillet du manuscrit décrit par Vergèce, il aurait pu lire, de la main de Pierre de Montdoré : « nept yewpavreias, f° 163.> 3. Je remarquerai tout d’abord queMM réunion dans les manuscrits gr. 2424 et 2422, dont la composition est identique: A, des Decades, qui n’ont absolument rien d’astrologique, ni de géomantique, et qui portent seules le nom d’Astrampsychos, avec la rubrique finale : T&Xos cuy leg toy Gexdöwy Tod rapbvros B6Alou; B, de quelques pages d’astrologie purement grecque sur la signification des conjonctions et oppositions des planètes, sans titre et avec la rubrique’ finale : Téhoç ns Newpias av astépwy ; E, de l’opuscule de géomancie précité; D, de quelques psychi Astrologia persica » ; au mot ‘Pa6éhov (voir le même titre): « Astrampsychus in Cælo Pythagorico »."Mais le plus souvent l'indication donnée est simplement « Astrampsychus ms. ». | (1) Montfaucon ne devait pas se tromper de méme; au moins pour le Colbert. 1240, actuellement gr. 2421, et sur lequel le gr. 2422 a été copié, il a noté « Geomantia et ars divinatoria ». Mais Fabricius a reproduit surtout les fausses indica~ tions de Du Cange ct des catalogues. (2) Voir l'édition de M. Omont : pour le Regius 2732, aujourd'hui gr. 2424: val To xadobpevov Teparoti “Pa6odAtov Aro: pappropavría. Le radical arabe, non persan, ramel, signifie effectivement sable. — C'est la note de Du Cange que Kollar a visée, en constatant que le ‘Pa6dArov était un ouvrage de géomancie, mais sans s'élever contre l'attribution à Astrampsychos, ce qui a entraîné la confusion commise par Krumbacher et signalée plus haut.

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autres fragments de diverse nature : 1. zóbey yivovtar xopiar. 2. mepl toy dotépwy TOY xahouuévoy Srattdvtwy xal wis, 8 adroy onpermsews. 3. door riv Miwy ete dvayuxhy Cakns mal pix bas dadasens. 4. ex roy Aauosteërou (sur des animaux marins); que cette réunion, dis-je, n'implique nullement l'attribution de l'ensemble è Astrampsychos.. De ces deux manuscrits, en effet, qui, de la bibliothèque de Mesmes, sont passés dans celle de Colbert, le second a été copié sur le premier vers la fin du xvr siècle, et le premier lui-même, qui est de la main de Christophe Auer (milieu du xvr siècle), a été extrait du gr. 2424, où les mêmes opuscules se retrouvent dans un ordre tout à fait différent, à savoir : C. Le traité de géomancie, qui occupe les f°* 163 v°-188 v° et fait suite à une volumineuse compilation astrologique, remontant à de bonnes sources grecques. D. Après le feuillet 189, qui contient au recto un tableau astrologique, au verso un relevé d’abréviations astronomiques et le commencement du fragment mepi xopizwy (l. xoprizov), viennent, f°° 190 v°-191 v°, les extraits qui terminent les mss. 2424 et 2422. A. Après le poème astrologique de Camaterus et une série d'autres opuscules de même nature, viennent, f” 226 v°-239 v°, les Décades sous la rubrique : Basthsi peyähy [rokeuaiw ’Asrpapbuyos tepsús xal Bibiwy STI TOPAYLITHS Lol deondty yalpew. B. Enfin, pour terminer le volume (f° 239 v°-240 v°), les trois pages de la prétendue Osopía av dotipwy. De mon assertion sur l’origine des mss. 2424 et 2422, je me contenterai de donner une seule preuve, que je-n’ai, du reste, rencontrée qu'une fois ma conviction faite sur l’examen attentif ‘des trois manuscrits. Tout à la fin du ms. 2422, on trouve la copie du feuillet 489 du ms. 2424, copie qui, comme je Pai indiqué, manque à la place qu'elle devrait occuper dans les deux manuscrits dérivés; mais cette copie n'est nullement de la main’ qui a écrit le

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gr. 2422; elle est de celle de Christophe Auer, c’est-à-dire du copiste du gr. 2421, et on lit en tête (de la même main) le renvoi indiquant la véritable place de ce feuillet détaché : és =ékos mod Anfeurnpiou Ato. paboliov reporsri Xeyouévou 189 (précisément Je numéro du feuillet ¿y 7@ mada dvtrypdow) Ev dì tH vewsti perayeypapuévo 75. Le dernier feuillet du Aafeuriprov, dans le gr. 2421, est précisément coté 74 d'ancienne main; le suivant est blanc, sans cote, et appartient à un autre cahier. Ainsi Auer avait copié à part, sur une feuille détachée, le f 189 du gr. 2424, sans doute à cause du soin particulier que demandaient les figures et les abréviations. Cette feuille, n'ayant pas été mise en place, ne fut pas transcrite par le copiste qui fit le double (le gr. 2422) pour la même bibliothèque, mais se trouva réunie et reliée avec ce double (1). 4. Je crois la preuve décisive : cependant comme Hercher (p. vu) dit qu'il emprunte au Parisinus 2424 le mot aifiob, manquant dans le ms. 2424, je dois rectifier cette assertion. — ' Il s’agit du titre de la décade 13, qui, comme les autres, porte, dans les manuscrits de Paris, un nom de prophète, précédé du numéro d'ordre de la décade, et suivi d'un autre numéro (ici 78), lequel correspond au nom du prophète dans une table précédente: Xpnopot xaì onpcia. Enfin est ajoutée l'interprétation du nom hébraïque. Or, pour la décade 13, les mss. 2421 et 2422 donnent ty’. incods L'. alliod. Dans le ms. 2424, le titre avait été omis, mais il a été porté en marge : ty. ous L'. aiftod. L'encre rouge a singulièrement päli et Pon peut aujourd’hui ne pas remarquer cette note de prime abord. De plus, sur le mot vouoñ, il y a une tache qui le rend presque illisible. Auer ne l’a pas déchiffré et a recherché simplement dans la table des prophètes au numéro L. (1) Ce double parait avoir été fait par les soins de Casaubon et communiqué à Joseph Scaliger en 1601 (voir les n°s 60, 63, 66, 68 des Epistolee de ce dernier). — Je remarque d'autre part que le ms. gr. 2420 (Colbert. 2079, provenant également de la bibliothèque de Mesmes) contient la copie par Christophe Auer des matières du ms. gr. 2424, qui ne se retrouvent pas dans le n° 2424. Il n'a guére laissé de côté que le poëme de Camaterus.

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Mais, par un singulier hasard, dans cette table le numéro 0 manque et tous les suivants se trouvent par suite trop forts d'une unité; on lit donc : L'. ingots 08’ — La’. vouch . ty”, au lieu de 10”. tnoods. 08". — 4’ . pous%. ty’, comme Hercher l'a imprimé avec raison (p. vi), d'après Pitra (4). Et c'est là ce qui fait qu'Auer a inscrit ’Incods au lieu de Povo au titre de la décade 13, avec l'interprétation «Biol qui devient alors ridicule, et quoique ‘Incods revienne bien à son rang, à la décade 72. Ainsi l'examen de ce point particulier ne fait que confirmer absolument ce que j'ai avancé sur la filiation respective de nos trois manuscrits. | 3. Les Décades restent donc seules sous l'attribution à Astrampsychos, et même cette attribution n’est valable que pour la lettre au roi Ptolémée qui sert de début à l'introduction. C'est ce qui me reste à expliquer. | Il s'agit, en fait, d'un mode de divination tout à fait enfantin, malgré les quelques complications apparentes sous lesquelles ona pu chercher à en déguiser la futilité. Voici en quoi il consiste. | On peut poser à l’oracle une question choisie sur une liste comprenant 92 numéros, qui se suivent de 12 (le premier) à 103 (le dernier) (2). On se donne au hasard (ou l’on tire au sort) un nombre de 1 à 40 inclus; on l’ajoute au numéro de la question, ce qui donne une somme comprise entre 43 et 113. On cherche cette somme dans une seconde liste qui donne en regard de chaque nombre, comme on l’a déjà vu, un nom de prophète et un autre numéro, lequel indique le rang de la (1) En corrigeant d'ailleurs avec assez de probabilité, d'après l'interprétation aißloy, pous% en Xods (Chus). — Le texte publié pour ces interprétations contient, au reste, diverses erreurs provenant de l'emploi des manuscrits dérivés : évtdAAaypa À Aadv è Oeds se rapporte à x8. MaXeAehà et non à pO. Aduva, où il faut substituer oixoëouñ. — xf. "EAtod, lire drmóxprois Seouévou (non Seopéveov). — An. ’Idped, ajouter thxtusuós — pe’, Meuv:60068, lire aioyüvn otdpatos aùriv (Vinterprétation xapepyépevas et la suivante 8Aéxwv devant être, chacune, baissée d'une ligne) — ER". 'Hoaó, ajouter öpüs xal Sacis. — 0’. "Eixavd, lire Bco) xatorxntiprov (au lieu de oixnrptov). (2) Ce dernier manque dans les manuscrits de Paris.

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décade où il faut chercher la réponse. Ces seconds numéros, dans la liste des prophètes, ont été disposés suivant un désordre tout à fait arbitraire : ils vont de 4 à 103 (4). Chacune des décades comprend dix réponses; on prend celle dont le rang est celui du nombre pris au hasard de 4 à 10. Cherchons, par exemple, quelles réponses nous obtiendrons en prenant successivement les nombres 4 à 10 pour la question 104, à savoir st Pon deviendra évéque. Voici ce qu'on trouvera : | Nombre Somme Prophète Rang pris au | avec le no de la de la hasard | de la question décade décade . ° Réponse (texte du gr. 2424). 1 102 Topdy 16 |Ovx Éyets yéveotv EmIO4ÓTOV. 2 103 "loyal au. 2 Oùx yes TÜynv Ériaxomäoat * wh fit. 3 104 Mnxá 51 |Tivn Exloxoros nai peravo%s. 4 105 "lovörd. 28 l'Erisxsnos ylvn wonıdsas Todd. 5 106 Piveés 36 [0% yivn étlouonos * wh roosdóxa. 6 107 Sapdey 63 |Oùx Éyers thy ny emioxoráca: * wh Emile, 7 108 "Ayya 82 ’Erısuoreig TOAAS AywvicápEvos: 8 109 PEAxavæ 88 |Tivñsn étioxonos, Xptt dè où * peivov. 9 140 EapouñÀ 91 |Bpañéws yevhon ¿micxoros. 40 444 *lecoat 92 Ody Ferg Exicxon oat * wh Too TEE. | j En somme, cing réponses affirmatives contre cing négatives. Il a fallu que celui qui a composé ce petit livret de xAnpoı eût une singulière espérance d’être pris au sérieux et comptat bien qu'il ne serait consulté, sur la question 401, que par des gens ayant réellement chance d’arriver à l’Episcopat. Il est vrai qu'il a imposé, dans l'introduction, des conditions destinées à écarter les questionneurs frivoles. Ainsi, il faut commencer par adres{1)D y en a donc deux d'inutiles, le 47° et le’ 69°, qui correspondent aux deux derniers numéros (114 et 115) de la liste des prophètes. — De plus, il n'y a que 920 combinaisons possibles de questions et de nombres à choisir; il s'ensuit que, dans les 101 décades utiles, il y a 1010—920 —.90 réponses qui ne servent point et ont pu être mises absolument au hasard. C'est ce que Hercher n'a pas reconnu, et ce qui lui a fait supposer, dans les manuscrits, nombre d'erreurs qui n'existent point.

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ser une prière particulière à Dieu; l’oracle ne doit être consulté qu'une fois par jour, ‘et de préférence le dimanche ou le mardi à la 3° heure, le jeudi à la 5°, le samedi à la 6°. Il faut aussi observer les jours de la lune; sur trente, sept doivent être évités, six sont bons le matin seulement, treize le soir, deux à, la | 3° heure, etc., ete. 6. La composition des Décades-n'a été, en somme, qu'une œuvre de patience, et leur auteur ne s’est mis en frais ni pour le fonds ni pour la forme des réponses. Pour mériter que son œuvre survécùt, il aurait au moins dû la versifier. La liste des questions est relativement plus intéressante, soit pour la langue, soit pour l’état social qui nous est ainsi révélé. En tout cas, on ne peut guére supposer que cette liste remonte plus haut que le vr” siècle de notre ère. ‘ Quoi qu'il en soit à cet égard, le rédacteur du livret n'a pas eu l'audace de le présenter comme composé par Astrampsychos pour le roi Ptolémée. Le texte publié par Hercher est très formel. Après la fin de la lettre à Ptolémée, marquée par Éppuco, et la phrase : obrw pév odv 6 ‘Aotpdpduyoc, il est expressément indiqué que la prière monothéiste qui doit précéder la consultation n’a été prescrite que plus tard. Il est vrai que la lettre mème contient une minutieuse description du procédé à suivre, en prenant un exemple qui se rapporte aux Décades, telles qu’elles nous sont parvenues. Mais dans les manuscrits de Paris, où l'introduction est sensiblement différente, ce détail est rejeté après la lettre qui ne contient que des indications sommaires (1); il en est de même de la fable qu’Alexandre aurait dû ses succès à un livret analogue; enfin, on n'y trouve plus aucune trace de christianisme; notamment on n’y lit pas la formule que Hercher a signalée (p. ıv) comme empruntée à saint Paul. (1) Elle semble, d'ailleurs, supposer une complication de plus; la seconde liste ne donnerait que les noms des prophètes; les numéros correspondants des Décades seraient à chercher sur une troisième liste, disposée sans doute suivant l'ordre alphabétique des noms des prophètes,

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Hercher a écarté en principe les manuscrits de Paris comme entachés de fautes innombrables (1). Mais, en pareille matière, il ne s’agit point de choisir le texte le plus correct grammati-. calement (pour les. œuvres non.littéraires, la grammaire des manuscrits grecs n'est le plus souvent que celle des copistes) ; il s’agit de déterminer la rédaction qui représente le moins imparfaitement l'original primitif; je dis le moins imparfaitement, car il reste toujours douteux que cet original n'ait pas été plus ou moins déformé. Or, si la question est ainsi posée, il n’est pas douteux qu'elle ne doive être résolue en faveur des manuscrits de Paris. Sans parler de la suppression des noms des prophètes dans les manuscrits d'Italie et des differences que j'ai déjà indiquées, on pourra juger sur la phrase suivante que le remaniement du texte originaire a été beaucoup plus profond dans une des rédactions que dans l’autre : ° MANUSCRITS DE PARIS - MANUSCRITS D'ITALIE fori Se h Pi6hos grdocopixh | Foti dè $ BiGhoc cUonpa MudaNubaydpou, werten mpoyvo- | yépou toù othosdgou, oxeemg OU Apıfdlanrınav ¿Ando | wtih rpoyvosews Ov Apıd oy. | xhudavey (l. xAnddvev). La seconde rédaction, qui prend soin d’indiquer dans la lettre méme & Ptolémée une particularité scripturaire (2), peut trés bien n'être que du xıv* siècle; le texte des manuscrits de Paris pour cette lettre, quoiqu'il soit défiguré par une lacune non apparente, est écrit dans une langue assez soignée, nettement différente de celle des Décades et du reste de l'introduction. On est donc en droit de se demander si le livret (questions et (4) Leur plus grand défaut est d’être incomplets; il manque au gr. 2424 un feuillet qui comprenait les quatre dernières réponses de la décade 90 et les décades 91 à 99. De plus, la décade 18 a été omise par inadvertance. (2) Dans la teble qui sert à trouver les numéros d'ordre des décades, ces numéros.sont en rouge (84 xtwaGdpewc); les numéros d'entrée sont, au contraire, en | noir (&& péhavos). Cette particularité n'existe pas dans les manuscrits de Paris,

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réponses) n’a pas été refait sur un texte antérieur, rédigé au moins sous les empereurs païens et mis en circulation sous le nom d’Astrampsychos avec la lettre à Ptolémée. En tout cas, il me semble certain que l’auteur primitif a été juif beaucoup plutôt que chrétien. La prière à Dieu : Havtoxpatop xúpus Bet odpdvie, etc., n’affirme, en effet, aucun dogme propre au christianisme, tandis que des pensées dérivant de la philosophie hellène (ö.unre Aye voodpevos arte dravotg ywpovpevoc) sy mélent avec quelques formules bibliques. D'autre part, la liste des prophetes, dont il est fait mention au reste dans la lettre, est tout entière empruntée à l'Ancien Testament (le nom d’ ’Insods, qui suit celui de Moves, doit représenter Josué). D'après ces motifs, il y a aussi quelque chance pour que l’inventeur du système des Décades soit plutôt un Juif qu’un Hellène, un cabaliste qu'un pseudo-pythagoricien. Sous l’empireromain, les légendes sur l'intérêt pris par Ptolémée Philadelphe à la religion juive étaient, d'ailleurs, assez vivaces pour qu'il n'y eût aucune invraisemblance flagrante à faire parler de prophètes par Astrampsychos. Quant à placer un Mage en Égypte, cela s'était fait pour Ostanès; quant à le mettre au service: d'un Ptolémée, rien de plus simple encore; il était bien entendu qu'il ne s’agissait pas de l'ancien Astrampsychos, mais d'un de ses descendants portant le même nom ; de même encore la légende plagait un second Ostanès sous Alexandre; Laertius lui-méme n’emploie-t-il pas le pluriel, « les Ostanès, les Astrampsychos » ? ' Eu résumé, s'il n’y a eu qu’un seul faussaire ayant pris le. nom d’Astrampsychos, il n'y a point, au moins en ce qui concerne la lettre à Ptolémée, de raison suffisante pour ne pas admettre qu'il ait pu vivre dans un des premiers siècles de notre ère, en supposant toutefois qu'il ait appartenu à la religion juive; mais son livret aurait dui, ce semble, être composé en vers, comme 1'*Overpoxprrixzóv. Comme j'admets que les Décades ont été complètement refaites, je n’y vois aucune impossibilité.

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P.-S. — J'ajoute ci-après, d'après le ms. gr. 2424, le texte de la lettre d’Astrampsychos à Ptolémée. "Or. pnôèy dgerhév ce Toy xardv havbdvery xal tov eis tov dvbowd‘ mivov Blov yoncipuy, emuot&prevog neptgoyvas Eyovtà se xal entdunn> sins, madw Erkpav Siéme pla BLEhov, noAANv xörov Üroueivas * x yd tov d8ttwy, anavOiodpevos tà Soxodvtd ce Aavlaveıy, mpoonxduny émos pndty &yyostov xaraleinnsal cor TOY nposnxövrwy * Foti OF 7 Bi6hos prhosopixn Mulaydpou, oxertixh npoyrosews 61’ Apılunrınav a x r x r > > ~ dins xnddvwv * Sy Sispydusvos evoroers oUTOS &yousavy. ad Al al X . THs éme€ putopévng oxédeus..... cout TH Kobus xinporäpevos mods Toy axenzönevov, mp des TH Tpoxeiutvp THs oxédewc dprbup, al perabàc ebpñoets Ovouata mpoontOy, xal emiCntycas Éxeivoy map” @ tov cupowvalévrs dprbpoy xatà thy doyay eUpricete, mapaxel uevoy Ova divahaubévoy perába vat Crrer nape tous onpavmipas * cita drav eUpns, éxcidey haboy rdv mapaxsiuevoy dobudy, emCyragov nootòs doti * xal II x x , 3 ! ? , 1 5 x an’ éxetvou thy oxédi ebpioets ano TOSOUTWY oly OY api oo dov x)npodii Tpòs TOV TXETTOLEVOY * oUtws TOUTE Yup yp&pevos, peyiote Basıled, Eze aduddkyntov els Emavrag àvhownoue yevouévny te xal éntyivouévny mpdvotay, "Epewoo.