Etudes sur la magie grecque: 1 Sphere magique du Musee d’Athenes

Auteur
Delatte, A.L.
Verschenen in
Bulletin de correspondance hellenique
Jaar
1912
Onderwerp
SPHERES
Taal
Français
Categorie
C12 Religie
Archiefnummer
6062

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Delatte, A.L. Etudes sur la magie grecque: 1 Sphere magique du Musee d'Athenes Bulletin de correspondance hellenique. 1913, 37, p 247-278 C12 spheres Go Cz DELETE, A AL

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Persée http://www.persee.fr Études sur la magie grecque : I. Sphère magique du Musée d'Athènes Armand L. Delatte Bulletin de correspondance hellénique, Année 1913, Volume 37, Numéro 1 p. 247 - 278 Voir l'article en ligne Avertissement L'éditeur du site « PERSEE » – le Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche, Direction de l'enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation – détient la propriété intellectuelle et les droits d’exploitation. A ce titre il est titulaire des droits d'auteur et du droit sui generis du producteur de bases de données sur ce site conformément à la loi n°98-536 du 1er juillet 1998 relative aux bases de données. Les oeuvres reproduites sur le site « PERSEE » sont protégées par les dispositions générales du Code de la propriété intellectuelle. Droits et devoirs des utilisateurs Pour un usage strictement privé, la simple reproduction du contenu de ce site est libre. Pour un usage scientifique ou pédagogique, à des fins de recherches, d'enseignement ou de communication excluant toute exploitation commerciale, la reproduction et la communication au public du contenu de ce site sont autorisées, sous réserve que celles-ci servent d'illustration, ne soient pas substantielles et ne soient pas expressément limitées (plans ou photographies). La mention Le Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation sur chaque reproduction tirée du site est obligatoire ainsi que le nom de la revue et- lorsqu'ils sont indiqués - le nom de l'auteur et la référence du document reproduit. Toute autre reproduction ou communication au public, intégrale ou substantielle du contenu de ce site, par quelque procédé que ce soit, de l'éditeur original de l'oeuvre, de l'auteur et de ses ayants droit. La reproduction et l'exploitation des photographies et des plans, y compris à des fins commerciales, doivent être autorisés par l'éditeur du site, Le Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation (voir http://www.sup.adc.education.fr/bib/ ). La source et les crédits devront toujours être mentionnés.

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ETUDES SUR LA MAGIE GRECQUE (Dessins de Sven Risom: planches II et III). Dans les fouilles exécutées par Rhousopoulos et Pervanoglou au théâtre de Dionysos à Athènes, on découvrit en 1866 une sphère de marbre couverte d'inscriptions, de dessins et de figures en faible relief. Elle se trouve maintenant au Musée épigraphique d’Athénes (Salle 4, n° 1044) où j'ai pu l’ötudier à loisir grâce à l’obligeance de M. Kéramopoullos, directeur du Musée. Les représentations et la signification de ce monument sont restées un mystère; je n’ai pu en trouver que de bréves descriptions dans les comptes-rendus des fouilles parus à cette époque dans divers périodiques (1) et deux dessins très frustes et inexacts publiés sans aucun commentaire dans certains exemplaires des Zoaxuxd de la Société Archéologique du mois de mai 1866. La sphère, en marbre blanc d’un grain assez fin, me‘sure 0TM91 de circonférence. La figure principale est un bas-relief d’un art assez grossier, représentant un dieu imberbe, à tête radiée (le Soleil), vu de face, assis sur un trône, les pieds posés sur un tabouret. De la main droite, il tient un fouet en partie mutilé, de l’autre un long sceptre qui repose à terre et qui se termine en haut par trois petits flambeaux. A ses pieds, à gauche et à droite, sont (1) En particulier, Bollettino dell’ Istituto, 1866, p. 111 et p. 132 (Rhousopoulos et Pervanoglou). G. Thiele, Antike Himmelsbilder (Berlin, 1898), p. 43, ne fait que rapporter la notice du Bollettino.

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assis deux chiens, dont l’un à tête radiée, qui le regardent. Le dieu est sous une arcade supportée par des piliers. Sur l’autre face de la sphère sont représentées, à doite du Soleil et orientées en sens inverse, quelques figures, accessoires, encore qu'elles aient de grandes dimensions. On voit d’abord un serpent dont la tête barbue porte une crête; il est tourné à gauche et dressé sur sa queue plusieurs fois enroulée sur elle-même. Devant lui, tourné dans la même direction, un lion est assis sur son train de derriére; enfin, devant le lion est sculptée une énorme torche flamboyante. Un cercle d’environ 0TM64 de circonférence s’étend audessus de la tête du lion et du serpent; à l’intérieur est gravé un triangle de forme assez régulière dont les côtés mesurent 15 4, 134 et 174 centimètres et dont les angles ne touchent pas le cercle. A droite du Soleil, un autre cercle de 0:60 de circonférence contient divers dessins et, suivant une même ligne, cinq petits cercles sécants aux diamètres respectifs de b6, 58, 49, 49 et 46 millimètres. Enfin, des inscriptions inintelligibles et des signes magiques sont répandus sur toute la sphère. On voit ici (fig. 1) deux dessins représentant l’un les cinq petits cercles avec les signes magiques qui les accompagnent, l’autre un groupe de dessins semblables qui se trouve au-dessus de l’arcade du trône du Soleil. Il faut encore mentionner quelques signes placés aux pieds du Soleil, près du côté gauche de l’arcade, au-dessus de la téte du serpent et enfin, entre le lion et la torche; on en trouvera le dessin sur les planches IT et III. Voici la description aussi exacte que possible des inscriptions. La gravure du marbre a assez souffert en beaucoup d’endroits, comme les reliefs d’ailleurs, et il est difficile en plusieurs passages d’obtenir une lecture certaine, d’autant plus qu'on ne peut être guidé, comme dans l’épigraphie ordinaire, par le sens des mots. a) entre le serpent et le Soleil, empiétant un peu sur le

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Bulletin de Correspondance Hell énique, XXXVII (1913), p. 248.

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pilier de droite et orientée en sens inverse du Soleil, on lit Vinscription: uovofin ueopeoBeo. b) au-dessus de ces mots une inscription disposée en un cercle complètement fermé: iedovvopeoyAMieviev. c) sur le corps du serpent: ew. ApenwoveptBooger. d) entre le serpent et le lion, en quatre lignes: : vydavxdwAexgo | avoxAegpgosgar | -BDEU | Bheqagobn. — | e) sur la poitrine du lion: Baden; sur les pattes de devant: gauche: xxypya, droite: 588581. f) sur le haut de la torche: tdi. g) en bordure extérieure, le long de trois côtés du triangle: 1°) adatakBevBevBAwdvopatopone. 2°) obogouüevaaetafrovooardenBonzo. 3°) TT yyy nana PPPPPPP 8885 MA AAA A h) dans chacun des cing petits cercles et chacune des portions communes 4 deux cercles, sont gravés les mots suivants, les lettres de chaque mot se succédant dans une direction verticale: «ôaep | evmayes | avaBxa | ayer | avviaey | adela | edeBom | (Vintersection des 4° et 5e cercles est anépigraphe) azıoßı. En dessous, onze lettres sont disposées à peu près selon une ligne horizontale; les lettres de chaque groupe se touchent: xxx 5353 nnnn. Des considérations tirées de l’épigraphie permettent de rapporter le monument au IIe-IIIe siècle ap. J. C. On ne relève pas sur la sphère de traces d’instruments qui auraient servi à la tenir suspendue. Il n’est pas impossible qu’elle ait reposé autrefois sur les épaules d’un Atlas comme la sphère astronomique de l’Atlas Farnèse et de certains bas-reliefs; mais on peut imaginer encore d'autres modes d'exposition. Sur un sarcophage du Louvre (1) on voit, au milieu d’une assemblée de personnages divins, une sphère posée sur un trépied apollinien. Un bas-relief du même Musée (2) montre, à côté d’une femme appuyée sur une grande urne (une Muse?), une sphère posée sur une sorte de plat que soutient un génie ailé. (1) Overbeck, Kunsimythologie, Apollo, Atlas, tab. 25, 7. (2) Schreiber, Reliefbilder, tab. 50.

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Plusieurs problèmes se posent à l’examen de cette sphère. Quelle est la nature de ces inscriptions en caractères grecs et cependant inintelligibles? Que signifient les signes cabalistiques qui y sont tracés? Enfin par quels rapports faut-il expliquer la réunion sur ce monument de représentations du Soleil accompagné de deux chiens, d’un lion, d’un serpent, d’une torche, d’un triangle et de cinq petits cercles? Autant de mystères que cette étude se propose d’élucider. Le problème le plus important est évidemment celui de la signification, ou si l’on veut, de la destination du monument lui-même. La forme sphérique, de même que la représentation du Soleil au milieu d'animaux pouvant avoir un sens astronomique, font penser tout d’abord à un horoscope. Il me paraît certain que les deux chiens désignent les deux constellations du Chien (Sirius) et du Petit Chien (IIooxiwv). Le fait qu’ils sont auprès du Soleil et que l’un d’eux a la tête radiée en est une preuve décisive. Ces deux constellations sont figurées sous la forme de deux chiens, dont l’un a la tête ornée d’une auréole et de sept rayons, dans les miniatures d’un manuscrit astronomique, le Codex Vossianus (1), et sur la carte céleste d’un autre manuscrit semblable, le Codex Philippicus (2). la sphère de l’Atlas Farnèse, Sur Sirius est aussi représenté par un chien à tête radiée, le petit Chien étant caché par la main d’Atlas. Enfin sur le calendrier athénien en basrelief de la petite Métropole (3) ainsi que sur les monnaies des villes de Cos (4), Sirius est encore figuré par le même symbole. D’autre part, i le lion est un des douze signes du Zo- (1) Reproduites dans Thiele, Antike Himmelsbilder, p. 121 (fig. 46) et p. 130 (fig. 55). (2) Thiele, ibid., p. 164. (8) Thiele, ibid, p. 59 et 61. (4) Mionnet, Médailles Antiques, II, p. 313 et 314 373, 375, 380 et 386. et Supplém.

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diaque, celui qui correspond à peu près au mois d’ Aoiit. La torche peut aussi étre interprétée astronomiquement. D’abord l'étoile qui représente l’œil du Taureau (constellation zodiacale du mois de mai) s'appelle en effet Aoun«- diag (1). Je ne crois pas cependant que, dans l’hypothèse d’un horoscope où auraient figuré plusieurs signes du zodiaque, il faille l’expliquer ainsi; dans ce cas, l’artiste aurait représenté cette constellation, qui est en aspect quadrat avec le Lion, sous la forme ordinaire du Taureau; en outre, le 3° et le 4° signes, qui devraient compléter l’aspect astrologique en carré, manqueraient ici. Mais Auuradías et Aaurds servent aussi à désigner un genre de comète, avec la queue tournée en haut, qu’on comparait à une torche et qui était spécialement remarquable par les perturbations qu’elle amenait dans les phénomènes atmosphériques (2). Les monuments sont très rares, qu'on peut considérer avec certitude comme horoscopiques. On possède l'horoscope du roi Antiochus I Épiphane, retrouvé en Commagène par Humann et Puchstein (3): il est figuré par un lion constellé d'étoiles, portant un croissant sur la poitrine, et par trois étoiles qui désignent les planètes Mars, Mercure et Jupiter. Il indique une date où ces trois planètes se sont trouvées en conjonction avec le Soleil et la Lune dans la constellation du Lion. Sur un zodiaque circulaire découvert dans le temple de Palmyre, des figures de planètes sont accolées à certains signes pour représenter, semble-t-il, un horoscope indiquant la position de ces planètes au moment de la fondation du temple ou de la naissance du fondateur (4). Une gemme publiée par Ca- (1) Ptolémée, Tetr. I, 8. (2) Cf. Bouché-Leclereq, L’ Astrologie grecque, p. 359, 1 et p. 360, 4. (3) Reisen in Klein-Asien und Nord-Syrien (Berlin, 1890), p. 330 sq. Cf. la critique des calculs horoscopiques dans Bouché-Leclercq, op. eit., p. 373, n. 2. (4) Bouché-Leclercq, op. eit., p. 228, note.

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pello (1), montre, au droit et au revers, les sept planétes accompagnées chacune d’un signe du Zodiaque; comme «ces signes ne sont pas ceux des domiciles des planètes, il est vraisemblable que cette gemme est un horoscope. On peut généraliser cette conclusion et considérer un bon nombre de gemmes qui représentent une constellation du Zodiaque comme des monuments du méme genre. Suétone nous apprend (2) qu’Auguste frappa le denier d'argent à la marque du Capricorne, qui était son signe horoscopique, et cette assertion est confirmée par la numismatique. Les méthodes pour calculer et représenter l’horoscope sont très nombreuses (3): tantôt on cherchait simplement quelle était l'étoile dont le lever héliaque avait coincidé avec la naissance ou la conception de l'individu; tantôt on prenait pour signe horoscopique la constellation zodiacale où se trouvait le Soleil (et d’autres astres quelquefois) au moment de la naissance ou de la conception. Mais pour l'antiquité plus récente, l’horoscope n'est plus ni un signe ni un astre, mais un thème beaucoup plus compliqué, un lieu géométrique avec des conjonctions et des rapports d’astres nombreux. Il ne serait pas absurde à première vue de considérer notre sphère comme l’horoscope, soit d’un individu, soit d'une ville ou d'un monument quelconque, —‘car nous savons par les textes que ce genre d’horoscopes devint aussi à la mode. Les deux chiens indiqueraient la Canicule, c'est à dire une période allant (dans l’antiquité) du 24 juillet au 26 août; le lion désigne précisément la même époque. La torche pourrait représenter une comète qui apparut certaine année et qui laissa un profond souvenir. Mais nous (1) Prodromus Iconicus, (Venise, 1702), n° 8. (2) Auguste, c. 94. (3) Cf. sur cette question, Bouché-Leclercq, L'Astrologie grecque, p- 383 ss. Les papyrus égyptiens nous ont conservé quelques exemples d’horoscopes longuement décrits, par exemple les Pap. du British Museum n° 98, 110 et 130 (Kenyon, I, p. 126 ss.).

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aurions alors un mélange de deux systèmes astrologiques, l’un établissant le thème de la géniture et les influences astrologiques d’aprés une étoile fixe située hors du Zodiaque, l’autre par le Zodiaque, ce qui est peu admissible. En outre, la présence du serpent qui est aussi un signe de constellation, mais qui n’a de rapport ni avec le Lion ni avec la Canicule, ne s’explique pas. Enfin le triangle, qu’on le considére comme le signe d’une constellation boréale ou comme le triangle astrologique zodiacal, reste aussi un mystère, aussi bien d’ailleurs que Jes cing petits cercles que nous avons décrits. Il faut donc chercher dans une autre voie et examiner une autre hypothèse, beaucoup plus simple d’ailleurs, celle d’un monument votif au Soleil. Le dieu est représenté sous les traits d’un homme jeune et imberbe, la tête entourée de sept rayons. Ce sont des signes destinés à marquer sa qualité, qu’on retrouve aussi bien dans la littérature que sur la plupart des monuments, peintures de vases, bas-reliefs mithriaques et autres, statues, gemmes, monnaies,ete . L’épithéte éxréxnis est un des noms mystiques du Soleil dans la théologie des Chaldaei (1). D’ordinaire il est figuré sur un char, dirigeant un quadrige et armé de la lance ou du fouet. Ici au contraire, il est considéré comme régnant dans le ciel et dominant la sphère céleste. Encore qu’elle soit rare, cette conception n’est pas sans exemple: c’est dans cette position que l’imagine aussi Proclus, Hymne au Soleil, v. 5: uecoatinv yao ov Úneo aidépos ¿deny | xal xdopov xpadiaiov Exwv Egipeyyéa wixhov | advra reñc Exhnoas &yegatvoro xgovoins. La sphère sur laquelle il est représenté est une image du monde dont il est le maitre; c'est ce qu'indiquent aussi le globe qu'il (1) Proclus, in Tim., p. 11 e. Julien, Or. V, p. 172 d. Cf. sur cette particularité une étude de Stephani, Nimbus und Strahlenkranz, Mémotres de l'Académie des Sciences de St Pétersbourg, VIe série, t. IX (1859), p. 25 ss.

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tient en main sur certains monuments (1) ainsi que l’épithète atwvoroAoxodtwe (Papyrus de Berlin, I, 200) et ces vers du Papyrus de Paris, 438 ss. (cf. 1959); aidepíoia roiBouor péyav nökov dupiedico®v | .... xdapov dravra toémwv TE terdomov ele éviautdv. Sur la sphère de l’Atlas Farnése, dans la région du pôle Nord, il y a des vestiges d'un trône; mais comme le globe est mutilé en cet endroit par une profonde cassure, on ne peut plus savoir quel dieu s’y trouvait assis. Thiele pense que c'était Zeus (2); à mon avis, il serait plus vraisemblable d'y supposer le Soleil (3) trônant au milieu des constellations célestes. Dans l’une de ses mains, le Soleil tient un fouet. Cet attribut lui est familier; il s’explique par le fait que sur les monuments et dans les textes (4), le Soleil dirige habituellement un quadrige lancé en pleine course. Cependant il n'est pas nécessairement inséparable de la représentation du quadrige. Sur certains bas-reliefs mithriaques (5) et d’autres monuments du culte des sept planètes (6), où le Soleil est figuré debout ou en buste, sans son attelage, il tient pourtant un fouet. Dans notre bas-relief où il est assis sur un trône, la présence de cet instrument étonne davantage. Il faut l’expliquer d’abord comme une survivance des représentations les plus ordinaires. En outre on doit lui reconnaître une signification symbolique qui lui est prêtée par les écrivains mystiques; c’est ce qu’on (1) Ainsi sur l’autel octogone du Musée de Metz (De Witte, Gazette archéol., 111 (1877), p. 77), sur un bracelet d’or trouvé en Syrie (ibid. p. 83), une miniature du Codex de Dresde (Thiele, p. 162, fig. 71), une peinture murale (Mus. Borbon., VII, 55) etc. (2) Himmelsbilder, p. 41. (3) Le Soleil est encore considéré comme un dieu du pôle dans le Papyrus de Paris 1280 ss. et dans |’ änodavatıonög mithriaque du même papyrus (Dieterich, Mithrasliturgie, p. 14, 11). (4) Cf. l'hymne orphique au Soleil, v. 18: & &Adoınne | néovuye Ayuoÿ tetedogov dopa Sidxev. (5) Cumont, Mon. 18 b, 114 a, 4, 235 c, 3. (6) Réunis par De Witte, 77-85. Gazette Archeol, III (1877), p. 50-57 et

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peut conclure de ces vers de l’hymne de Proclus, 27 ss.: deipatvovar de celo Joñs pudoriyos AneıAmv | Saípoves dvdpgórov ônAñuoves, äygıödunor | Yuxais fiuerégars Övegais xaxd mogoúvovtes. Cette vertu particulière et magique qu’on lui attribue contre les démons du mal, explique sa conservation sur ce monument (1). Le Soleil appuie la main gauche sur un sceptre dont la pointe supérieure se termine par trois petits flambeaux. Je n’insiste pas sur la valeur mystique du nombre 3 qui est bien connue. Mais le fait même qu’on donne au Soleil un attribut qui paraît devoir être réservé à Hécate-Séléné, parce qu'il éveille naturellement l’idée de lumière nocturne, peut de prime abord causer de l’étonnement. D’ordinaire, les représentations se bornent à environner d’un nimbe radié la tête du Soleil pour figurer l’éclat de la lumière du jour. Cependant chez les poètes la torche est quelquefois considérée comme un symbole de la lumière solaire. Ainsi dans Euripide, Médée, 353: ei o’ í 'mıodon Aourûçs Swerar deod (cf. Suppl. 991); Zon, 1467: deklov è’ ávaBréxer Aayndow; Sophocle, Antigone, 879: oimerı por 160€ kaunddog ipdv Supa Bépic 6pûv radaiva et Théodecte (fgt 10 N.): & xaMuqeyyîj Aaundd’ sthicowy qhoyds he. On retrouve cette conception dans les hymnes des Papyrus magiques, Paris. 1217: ¿mmadodual oe tov év 1 yovo® rerálo (Horus) & 6 &ofeoros Avyvos Sinvexs naoaxdera, et sur les monuments. En effet, le Soleil porte une torche sur un bas-relief de la Villa Borghése (2), un relief d’une boite de bronze (3), une gemme de Naples(4) et des miniatures de deux manuscrits, l’un de Madrid, l’autre de Dresde (5). On constate la méme particularité sur plusieurs bas-reliefs mithriaques. La plupart des monuments qui représentent la (1) On trouve encore cette idée dans un Papyrus magique du British Museum 46, 169: iva por À bsrixoos näg Saipwov..... xai udotiti deot. (2) Millin, Galerie mythologique, I, pl. 27, n° 88. (3) De Witte, Gaz. archéol., III, p. 81. (4) Furtwángler, Gemmen, pl. 42, 27. (5) Thiele, Himmelsbilder, p. 147 et p. 162.

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naissance de Mithra lui attribuent la torche comme symbole de la lumiére solaire (1). Sur le bas-relief n° 192 bis qui représente le Soleil dirigeant son quadrige, le dieu porte un flambeau. Ailleurs (mon. 70), la torche figure simplement dans le champ de la composition. Enfin le fait que la torche est un symbole solaire est mis en évidence par la présence sur la plupart des bas-reliefs mithriaques, de deux dadophores, dont l’un tient une torche abaissée, l’autre une torche élevée, destinées à représenter, l’une, le Soleil vigoureux du matin et de l’été, l’autre, le Soleil déclinant du soir et de l’hiver (2). Ainsi s’expliquent non seulement le sceptre qui se termine comme un flambeau à trois branches, mais encore la torche monumentale placée devant le lion. . Les autres détails de la sphére doivent ötre interprétés semblablement comme des attributs solaires. C’est trés clair en ce qui concerne les deux Chiens, symboles de la Canicule. Les anciens avaient remarqué en effet que les rayons du Soleil étaient le plus ardents (3) pendant le lever héliaque de Sirius, c’est 4 dire pendant la période ot Sirius se levait en méme temps que le Soleil (24 juillet26 août) On attribuait d’ailleurs à Sirius une importance extraordinaire dans l’astrologie très ancienne. L’observation de la Constellation du Chien formait la base non seulement de l'astrologie égyptienne (4), mais encore d’un système astrologique spécial qui paraît avoir une origine asiatique et qui fut particulièrement en honneur à Cos, ainsi que l’attestent les monnaies des villes de cette île et une note d’Héraclide Pontique (5). Ce qui contribua (1) Cumont, nv 18, 155, 172 a, 180, 203, 204, 209, 210, 213, 246 f, 253 j, 273 a. (2) Cf. Cumont, I, p. 210 ss. (3) Cf. par exemple, Manilius, V, 206 ss. (4) Bouché-Leclercq, Astrologie, p. 367, n. 2. Cf. encore Plutarque, De Iside, 41. (5) Mionnet, Médailles antiques, 111, 313, suppl. IV, 373 etc.; la note d’Héraclide Pontique se trouve dans Cicéron, De divin. I, 57, 130.

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peut-étre encore ä resserrer les liens entre le Soleil et Sirius dans les croyances grecques c’est que, chez les poétes anciens, le Soleil lui-möme est quelquefois appelé Sirius (1). Rappelons enfin que sur les bas-reliefs mithriaques on voit toujours figurer un chien ; vraisemblablement il avait été identifié à la Canicule, à cause du rôle important qu’on pouvait reconnaître à cette constellation dans les cultes solaires (2). Les rapports entre le Soleil et le lion sont encore plus étroits, pour deux raisons d’origine et d'ordre très différents. D'abord il représente une constellation du Zodiaque naturellement unie au Chien et au Soleil; c’est en effet pendant que le Soleil est dans le Lion qu’a lieu le lever héliaque de la Canicule et que la chaleur solaire est le plus ardente. Les astrologues anciens avaient découvert des rapports naturels entre le lion et le Soleil, qui sont résumés dans cette note d’un commentaire de Ptolémée, Anonym. in tetr. p. 36: ¿ori nal ügyınöv nai Bactdixdv 16 CHôtov xai Ddeoyóratov: tadra Sè advra xai olxeia xai ouuraôñ Aim. Même remarque dans Macrobe, Sat. I, 21, 17, dans Elien, H. an. XII, 7, Julien, Or. V, p. 167 b et 186 b, et Tertullien, Adv. Mare. I, 13. Ces raisons diverses, zoologiques et astrologiques, amenérent les anciens à regarder la constellation du Lion comme le domicile (olxos) du Soleil (3). D'autre part, d'une façon plus générale, le lion, — je ne parle plus ici du lion zodiacal — est considéré comme un symbole du Soleil ou du feu. Cette conception est, semblet-il, d’origine orientale et égyptienne, mais elle se répandit promptement dans les milieux hellénistiques. Le dieu du feu des mystères mithriaques est un personnage léonto- (1) Plutarque, De Iside, 52. Voyez par exemple Archiloque, fgt. 61. (2) Cumont, I, p. 202. (3) Firmicus, II, 2, III, 1. Sextus Empir., Adv. math. V, 34. Proclus, in Ptol. I, 22, Anon. in Ptol. p. 36, Macrobe, Sat. I, 21, 17 ete. Voyez aussi les monnaies astrologiques d’Alexandrie frappées par Antonin, Catal. Br. Mus. t. XIV, no 1084 ss.). BULL. CORRESP. HELLÉNIQUE, XXXVII

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céphale (1), de même que Nergal, le dieu babylonien des ardeurs du Soleil, est représenté sous la forme d’un lion ailé à tête humaine (2) et que Ra, le dieu solaire égyptien, est quelquefois figuré avec un chef de lion (3). Sur de nombreux monuments mithriaques apparaît le lion qu’on interprète généralement comme un symbole du feu; le plus souvent, dans la scène du taurobole, il forme une trinité avec un cratère et un serpent qui symbolisent d’autres éléments (4); mais on le trouve aussi dans d’autres scènes en compagnie de Mithra ou des dadophores (5). On sait que dans les mystères de ce culte solaire, le titre lion désignait l’un des degrés d'initiation (6). j Sur de nombreuses gemmes magiques, le lion représente le Soleil lui-même. L'identification est certaine grace à diverses particularités, comme les rayons qui entourent sa tête (King, Gnostics, K, 1), à la compagnie du scarabée solaire (ibid. J, 3) ou à la présence des étoiles-planètes (Cumont, II, p. 450). Quelquefois le lion est chevauché par le Soleil (King, ibid. J, 5; K, 3 et 4; Kopp, Palaeogr. erit., IV, p. 78, p. 304, p. 293. Athènes, coll. Dimitriou, n° 1729) (7). Ailleurs encore le Soleil, reconnaissable à la tête radiée, à ses attributs (globe, fouet, etc.) ou aux inscriptions, est représenté par un personnage léontocéphale Capello, Prodr. icon, n° 111; (King, L, 2, gemme de Gôttingue (8); (1) Cumont, I, p. 78. Cf. la description du Chronos orphique (dieu du Temps, du Feu et de la Lumière) dans Athénagore, Leg. 294 e. (2) Roscher, Zezie, s. v. Nergal, p. 254. . (8) Cf. Drexler, Myth. Beiträge, I (1890), p. 53, n. 1. (4) Avec le serpent et le cratére: mon. 240, 241. 245 b, 246 b, 251 d, 1, 253 b, 265 c, 288 bis b, 273 ter b. Avec le cratère: 122 b 1, 123 e 3 et 4, 153, 154, 163 b 3, 167 a 2, 168 a 2, 169 a, 170 a, 192 a 3, 192 bis a 3. Pour l’interprétation, cf. Cumont, I, p. 100. (5) Mon. 246 c. 10 et 284 c. Cf. 289 a. (6) Cumont, I, p. 315. (7) Cf. une gemme du Caire publiée par L. Barry, Annales du Service des Antiquités d'Égypte, 1906, p. 241, n° 8 et une autre décrite par Smolenski, ¿bid., 1908, p. 92 ss. (8) Wieseler, Côttingische Antiken (1858), fig. 35 a et b et p. 30.

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Cabinet de Paris, n°“ 2168 et 2171). Cette tradition subsista au moyen-âge, car dans des miniatures de deux manuscrits, de Vienne et de Munich (1), où se trouvent les images des quatre éléments, le génie du feu est figuré par un jeune homme assis sur un lion et tenant une torche. Dans les recettes des Papyrus magiques pour la fabrication des amulettes, le rapport du lion et du Soleil est très nettement exprimé aussi: Pap. Paris, 2111: éovi dè vd sic tov üuéva yoapónevov T@diov avdoràs Acovtongdcwmmos meguetwopévos »garav 1 ded GdBdov Ep’ fi Zorw Sodxwv ri de dproriod yeıpi avrod Sin donls us negtuliyBo Ex Sì tot oróparos tot Adovtog 100 aveéro: ibid. 2131: noinoov daxriàiov Ep’ © yeylúpdo Mov dxépalos: avril de ris xepadtic éyérw Baotaesov (Baoıkıov Pap.) "Ioıöog (couronne d’Isis, les cornes et le disque, symbole solaire); Pap. Berlin, I, 143 (préparation pour une invocation au Soleil): éotiv de 6 yAvpôpevos eis tov Mov rúxos (raveos Pap.) Avdpıäg heovtongdcwnos (kewvtongwoonos P.) ri pèv doroteod gel xgatdv (xAavov P.) mékov xai udoriya. Une gemme de Paris (n° 2171) qui représente un dieu à tête de lion radiée, tenant le fouet et le globe, parait répondre assez exactement à cette description. Le caractére du lion et du serpent et leurs rapports avec le Soleil sont encore définis dans un hymne du Papyrus de Paris, v. 939 ss. qui commence ainsi: zaige dedxov, dxpais Mov, pvoial aveds doyai, et où ils sont appelés les ounßoAa pvorıxd du Soleil invoqué sous la forme du Scarabée. On retrouve une tradition analogue dans Porphyre, De abst., IV, 16: xai Úeods 58 rosrovs Inpiovoyods odro xeoonydoevoay: viv uèv "Apreprv Auxaıvav, tov dì “Hluov cadgov, Aéovta, dedxovta, iépaxa. Il convient enfin d'ajouter que dans deux hymnes magiques des Papyrus où on énumère les formes diverses que prend le Soleil à chaque heure du jour (Paris, v. 1667 et Mimaut, v. 190), le lion représente la forme du Soleil à la sixième heure, c’est à dire à l’heure la plus (1) G. Thiele, Zu den Vier Elementen des Empedokles (Hermès, 1897,

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chaude de la journée. Ces conceptions empruntées aussi bien aux cultes d’origine orientale qu’aux milieux gnostiques et magiques, montrent surabondamment combien le symbolisme solaire du lion est répandu à l’époque hellénistique. L’invocation au Serpent mée par le passage de du Papyrus de Paris, confir- Porphyre qui vient d’étre cité, prouve que cet animal était aussi un symbole du feu solaire. Cette croyance n’est pas uniquement égyptienne et orientale, puisque Euripide déjà se représentait le Soleil sous la forme d’un serpent (fgt 943): muopryevìs dì dodumv Ódov fiyeitar tergauógpors Heats Cevyvic dopovig xoléxaprov Synpa. Mais elle se répandit surtout à l’époque hellénistique sous les influences signalées précédemment. Le rapport du serpent avec le feu est attesté en particulier par les monuments des mystéres mithriaques. Ainsi, dans les scénes qui représentent la naissance de Mithra, figure souvent un serpent qui léve la téte vers l’enfant de lumiére (1). Le dieu du feu, le Kronos léontocéphale, est entouré d’un serpent et, entre les circonvolutions du reptile, on apergoit quelquefois les signes du Zodiaque, ce qui atteste plus particulièrement un symbolisme solaire (2). On sait aussi que le serpent fait partie intégrante des reliefs de Mithra tauroctone. Dans les textes magiques et gnostiques, le serpent est considéré comme le symbole ou la personnification même du Soleil. Telle est la doctrine d’un papyrus de Leyde qui décrit les diverses formes que prend cet astre à chacun des points cardinaux, V, 2, 15: èv dè rois mods vórov pégeoiv Sedxwv el xregoedyc. La tradition du papyrus de Berlin, II, 163, est différente: év dì rois mods danAudtyv pégeorv ôpéxovra (1) Cumont, Mithra, I, 161, n. 9. (2) Ibid. p. 79.

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Byers aregopuh Bacídeiov Exwv deposidñ. De même dans l’énumération des 12 heures du Papyrus de Paris, v. 1655 (cf. Mimaut, v. 190 ss.: lacunes), le Soleil revêt la forme d’un serpent à la troisième heure. Le Soleil est identifié d’une façon plus générale à un serpent dans ce même Papyrus, v. 1636: 6 Aauroòds Altos adyálov xad’ 6Anv viv olxoupévnv ob el 6 péyas dqis hyodpevos toúrov (aávrov?) rüv deóv. . . Ailleurs il emméne simplement comme compagnon de voyage, ainsi qu'on le voit sur les monuments égyptiens, un serpent dans la barque solaire, v. 992: dei Be&v, edepyéra: A6yos: "Ido sanv' 6 diérmv véxra xai fuéoav ‘Auaw fviogov xai xvfeov@v olaxa, xaréxov Sodxovta dyatév tegdv Saipova, @ Svopa "Apfacavoy etc. C’est aussi un serpent solaire qui est ainsi décrit dans une recette d'amulette du Pap. de Paris, v. 2427: eis dè rdv Saipova (le Serpent que tient Hermès) rò övona tod dyadot Saipovos (yoyo) 5 Eorıv, ds Afyer ’Enappödırus, 8 ¿oriv (sie) ro úxoxsiuevov: Don (forme copte du nom égyptien du Soleil Ra) av wipwoyw etc. Sur l’amulette décrite ibid. 2111, le dieu solaire léontocéphale tient aussi deux serpents. Le dedxov áyados daiumv (mots qui désignent le Soleil, Pap. Paris 1596 ss.) est particulièrement invoqué dans les Papyrus de Paris, v. 944, et de Leyde, V, 3, 3; 4, 28; 7, 32. Le dieu à tête de serpent dont il est question bid. 5, 19 (où les termes de la prière indiquent le Soleil), n’est autre que Sérapis qui est représenté sous cette forme, portant le disque solaire, sur une gemme de King, Gnostics, fig. 16, p. 358. Enfin le dieu-Serpent adoré par la secte gnostique des Ophites paraît être aussi, à l’origine du moins, une divinité solaire (1). Il est vraisemblable que la légende du serpent pythien d’Apollon, divinité constamment identifiée au Soleil dans les doctrines et les hymnes magiques, a dû favoriser dans les milieux purement grecs la reconnais(1) Irénée (Adv. haer., I, 30, 8). Cf. les théories des Chaldaei et de certains astrologues sur le grand Serpent céleste (Hippolyte, Refut., 1V, 6,3 et un fragment astrologique du Codex Vaticanus 190, édité par Cumont, Mithra, I, p. 35).

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sance du caractére solaire de cet animal: un passage du pap. W de Leyde, p. 179, 17, permet de le conjecturer. Mais c’est spécialement le serpent ourobore, enroulé en cercle et se mordant la queue, qui constitue un symbole solaire bien défini: il représente la course annuelle du Soleil qui revient chaque année 4 son point de départ pour recommencer le même voyage à l’infini. L’explication de ce symbole nous est donnée par Macrobe, Sat., I, 17, 68 (cf. 58 et 62 et 1, 20) et par une amulette du Pap. V de Leyde, 8, 26: fluo yASperar ¿xi Aou florgoniou tòv tedxov roirov: dgdxov orm zyxtpov otepévou oyıjparı odgav Ev 1H oröparı Exov’ toro Sì Evrög tod ôpduovros xdvdagog áxuivoros fegdc. Il est encore question du serpent ourobore comme symbole solaire dans les Pap. de Berlin, I, 143 ss. de Leyde, W, p. 175, 10; V, 6, 27. du Br. Mus. 121, 580 (avec formule solaire) etc. Il apparait aussi sur certains monuments mithriaques (n° 25, ef. 81) et sur une quantité considérable de gemmes magiques et gnostiques (King, C 5, M 2. Cabinet de Paris, nos 2170, 2176 ss., 2180, 2194 etc.) avec des représentations ou des formules qui indiquent un dieu solaire. Enfin, on voit encore un serpent à tête de lion radiée, tantôt seul, tantôt accompagné de sept étoiles symbolisant les planètes et d'inscriptions presque toujours semblables: Xvoößıs, Xvoîpis, Xvodpis ou Agathodaemon (King, p. 217) sur de nombreuses gemmes de la même catégorie (1). La tête de lion, les sept rayons qui l’entourent et les autres symboles désignent à coup sûr le Soleil. Le nom le plus ordinaire Xvoÿfu est une forme grecque du nom du dieu égyptien Chnum qui fut confondu 4 une certaine époque avec Ammon et avec Rä, le Soleil (2). Ces représentations sont connues aussi par des recettes d’amulettes médicales décrites par Galien, t. XII, p. 207 (1) Par exemple, King, et Marcellus Empiricus, I, D 1, 2, 3, 4, et p. 340, n° 15. Capello, Prodr. icon. 28, 29, 105, 157, 172, 181, 182, 193, 207. Kopp, Palaeogr., III, p. 291, IV, p. 259 etc. Cabinet de Paris, n°s 2185 à 2190, 2220 etc. (2) Cf. Roscher, Lexie., s. v. Knuphis, II, p. 1250 ss.

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20. A ce propos, on peut se demander si le serpent de notre sphére porte une simple créte (semblable en cela 4 certains serpents des monuments mithriaques (1)) ou si les dentelures qu’on voit sur sa téte ne sont pas des rayons, comme sur les gemmes en question et sur un monument mithriaque, n° 25 (2). Quoi qu’il en soit, ces comparaisons et ces rapprochements suffisent à éclairer la signification du serpent sur un monument dédié au Soleil, ainsi que la présence simultanée du serpent et du lion qui sont si souvent unis dans les cultes solaires. Pour expliquer le triangle inscrit dans un cercle, il faut aussi lui trouver une relation avec le culte du Soleil. Je ne pense pas qu'il faille y voir l’image du AfArotov, la constellation triangulaire située dans la région boréale près du Bélier (3), car dans cette hypothèse il ne serait pas inscrit dans un cercle. Le triangle est aussi en rapport avec un culte solaire dans la religion phénicienne: on connaît le symbole qui apparaît sur presque tous les monuments, et qui est composé d'un triangle surmonté d’un croissant et d’un soleil. Mais le triangle n’est, dans ce cas, qu’une forme dérivée de la pierre conique sacrée de l’astrologie phénicienne (4). Par contre, la forme en est beaucoup plus nette sur les monuments des mystères mithriaques. Un triangle est gravé dans le marbre à côté de la tête de Mithra, sur le bas-relief de Patras (5). Dans les fouilles du mithreum d’Heddernheim, on a retrouvé une plaque triangulaire portant un croissant (n° 253 c); sur une autre (1) Nos 158, 163, 229 a, 239 a. (2) Le serpent de notre sphére est aussi barbu, comme sur certains bas-reliefs mithriaques (nos 163, 165, 230) et sur des monuments funéraires: mais je ne pense pas que cette particularité ait une importance ou un symbolisme quelconque. (3) Aratus, v. 233. Voyez aussi les miniatures du Cod. Vossianus et du Cod. de Madrid dans Thiele, op. eit., p. 109 et p. 164. (4) Voir sur ce sujet une note de Schulten, Arch. Anz., 1898, p. 113. (5) Publié par MM. Avezou et Picard, Rev. d'hist. des Religions, 1911,

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plaque semblable, mutilée, figurent le Soleil, un croissant, une croix et un cog (1). On peut se demander si c’est là une image du triangle formé par les trois portes que, d’après une notice de Varron, certains mystiques plaçaient dans le ciel: #nam ad signum Scorpionis, qua Hercules ad deos isse diceretur, alteram per limitem qui est inter Leonem et Cancrum, tertiam esse inter Aquarium et Pisces (Servius, Georg., I, 34). Il vaut mieux sans doute le considérer comme le trigone zodiacal astrologique, théorie beaucoup plus répandue que celle de ces trois portes célestes. Parmi les associations polygonales ou aspects des signes du Zodiaque qui sont en usage dans l’astrologie (diamétral, trigone, quadrat, sextil) tous les théoriciens s’accordent à regarder Vassociation en trigone comme la figure efficace et bienfaisante par excellence (2). Cette construction, compliquée par le fait qu’on encadra les planétes dans les trigones zodiacaux ainsi formés, tient une place primordiale dans les grands systèmes d’astrologie. Je penche plutôt vers cette hypothèse parce qu'il semble certain que le magicien qui fournit les indications pour la préparation de cette sphère devait être un fervent des théories astrologiques, inséparables du culte du Soleil et de la magie, et que le trigone zodiacal est comme le symbole le plus expressif de l'astrologie grecque. D’autre part, une notice de Proclus établit, entre le Soleil et le triangle, une relation spéciale qui explique mieux encore la présence de cette figure sur les monuments mithriaques et sur notre sphère: in Remp. II, p. 58, 26: 16 pév roiywvov doyî tis yevécews êonv fis 6 “Haws deorórns. Proclus explique d’ailleurs par des considérations analogues qu’il y ait dans le ciel une constellation en forme de triangle, In Tim., p. 30 a: dvádoyov (1) Cumont, Mithra, II, p. 434. (2) Sextus Empir., V, 39. Ptolémée, Tetr., 1, 14. Manéthon, III, 361. Firmicus Maternus, II, 22. Proclus, in Remp.. II, p. 43, 26; 57, 22; 65,

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Sé ¿ori mai mods tiv piav Lpoyövov amynv ris Belas dAng Tos xat êv rois éupavéor meds td odedviov tetywvov tò mdonç Sv cuvventi xòv tic yevéceos 1H Korò yewrvidtwv «ri. Dans ce même passage il reprend une théorie du Timée de, Platon qui reconnait dans le triangle la figure fondamentale de la constitution des éléments cosmiques (p. 53 ss.) (1). Cette remarque qui met davantage en lumière l’importance astrologique déjà attribuée au triangle, nous amène à con$idérer la signification des cinq petits cercles situés à la droite du Soleil. " La première hypothèse qui se présente à l'esprit au sujet de ces dessins, c’est qu’ils représentent les sphères célestes. Les planètes figurent quelquefois en effet sur des monuments des cultes solaires, bas-reliefs mithriaques ou gemmes astrologiques. Mais, outre qu’elles sont représentées sous la forme d’étoiles, de croix ou d’autels flamboyants (2), elles sont toujours au nombre de sept. Il est vrai qu’on distingue parfois en astrologie les simples planétes des deux grands luminaires, la lune et le soleil (3); mais on se demande pourquoi la sphére de la lune et surtout celle du Soleil, précisément honoré par ce monument, n’y figureraient pas. Il faut donc chercher une autre interprétation. Certains systèmes philosophiques admettent aussi une forme sphérique pour les Éléments. Il est vraisemblable que cette théorie est d’origine stoicienne. Elle est attribuée à Chrysippe en termes propres par Stobée (4) et il semble que la plupart des Stoïciens restèrent fidèles à (1) Dans le De Iside, 56, Plutarque rapporte les spéculations de quel. ques mystiques sur la valeur du triangle comme symbole de la trinité égyptienne Osiris-Isis-Horus, ce qui montre l'importance reconnue à cette figure géométrique dans les cultes égyptiens. (2) Cumont, I, p. 89, n. 4 et p. 115. (8) Bouché-Leclercq, Astrologie, p. 88 et 187. Un exemple gnostique est fourni par la Pistis-Sophia (Schmidt, Koptisch-gnost. (4) Eclog. I, 446. Cf. Plutarque, Plac. I, 6, 3. Schriften,

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cette conception. On la trouve aussi dans le. De mundo du Corpus aristotélicien, ouvrage dans lequel, comme on le sait, les influences stoiciennes s’accusent d’une façon très sensible. Les Stoïciens, cependant, ne reconnaissaient que quatre sphères d'éléments qu’ils rangeaient dans cet ordre: la terre, l’eau, l’air, le feu. Mais dans le De mundo, (c. 3), la théorie stoicienne de la forme sphérique est mêlée à celle des cinq éléments, propre à Aristote et à une partie de l’ancien pythagorisme: xévre dì ororyela rabra Ev xévre x0quis oparginds éyxeipeva, meouegouévns del ts EAdtrovog tA peiCovi (Aeyw dè yiic pèv Ev Barr, Údaros 8° av déol, úépos è’ Ev uo, muods È’ Ev aidégr) tov ÖAov xdopov ovveotijcato. La doctrine des cing éléments fut reprise et répandue par une partie des Néo-Orphiques (1) et par les Néo-Pythagoriciens, dont certains adoptérent aussi la conception de la forme sphérique (2). Mais pour quelle raison les cinq sphères des éléments sont-elles représentées à côté du Soleil? Dans les textes magiques comme chez les Néo-Orphiques (3), en particulier dans la cosmologie du Papyrus W de Leyde (4), le Soleil est considéré comme le créateur du monde, comme le dieu qui a formé et disposé les éléments. Voici les passages les plus intéressants: Pap. Br. Mus. 46, 99 (cf. 473); 46, 155; Pap. Paris, 1200 ss., 1596 ss., 1168: ôeüp6 por 6 ¿vpuoñoas rdv ovpravra xdopov, 6 tó ave xpeudoas &x tod Údaros xai mv yñv yootsas And tod Bdatoc, modoeye, uogph xai rvedua xal yi xai dálacoa etc. Leyde, V, 8,3: off duvaneı otoryeia née nal pied’ änuvra | hediov uñvns te Sodpos vuxrós te nai hoc | déor xai yaig xal Bdatog nai nuods druò. Br. Mus. 46, 247: 6 tà advra xtlous &Buvocov, yaiav, nio, tiwo, &éoa xal mkv aidépa (5). (1) Voyez Hymne V, «à l’Ether». (2) Cf. par exemple l’exposé de doctrines « pythagoriciennes » dans Photius, Bibl. cod. 249 (source anonyme). (8) Proclus, In Remp. p. 385, In Tim. I, p. 35 e. (4) Étudiée par Dieterich dans son livre Abrazas. (5) Ardoa: Pap. alégav: Dieterich, Abrazas, p. 57.

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Un hymne au Soleil conservé dans un Papyrus du Br. Mus. 122, 74 ss. et dans le Pap. de Paris (v. 437 ss. et 1958 ss) (1) est particulièrement intéressant au point de vue des rapports qu’il établit entre le Soleil et les Éléments; “Hite, xovooxdua, Siéxov ployós dxduarov ave | aldegiorar toiforor ué-yav adhov Guquedicoo, | yevvüv adrós dnavra rep adv EavaAves, | & cod yao otoreia terayuéva colo véuoroi. C’est aussi le rôle qui est prêté au Soleil dans l’hymne de Proclus, v. 13: otoweimv È ôguuayôds En’ GAAjAoLoW lövıwv | nadcaro celo pavevrog éx’ doorirov yeverfigos. D'autre part, les Papyrus magiques et les philosophies gnostiques reconnaissent une importance considérable aux Eléments. Dans le Pap. de Paris v. 713, le magicien en invoque les génies: Séonxota $daroc, xarápya yîjs, duvdora xvevpatos; on trouve une prière semblable au v. 1147 et dans I’ arodavatiouòs mithriaque (ibid. 487 ss.) Ici il semble que l’éther soit distingué du feu comme dans le Pap. Br. Mus. 46, 247, ce qui attesterait la croyance aux cing éléments: xal nvedon av &uol tó fegdv veüua ... tva Bauudow tó tepdv ave ... iva Bedomuar 10 dBuocov ris avatodiic pouxrdv Hime... «ai dxovon pou 6 Tooyóvos wal regmeyupévos aldo... etc. Le culte des Éléments fut très en honneur non seulement chez les Orphiques (2), chez les Gnostiques, dans certaines écoles de philosophie, chez les astrologues et les alchimistes, maïs encore dans la religion isiaque (3) et dans les mystères de Mithra (4), où il est particulièrement remarquable parce qu'il est joint à un culte solaire. Nous avons vu d’autre part que la doctrine de la forme sphérique des éléments se répandit beaucoup grâce aux Stoi(1) Cf. encore un Pap. de Berlin, I, v. 315 et le pap. 122 du Br. Mus. v. 73, où reparaissent des vers du même poème. (2) Abel, Orphica, fgt. 129. (3) Apulée, Met. XI, 23: «per omnia vectus elementa remeavi». Je persiste à croire, malgré M. Collomp (Rev. de Phil. 1912, p. 196 ss.), qu'il est question dans cette phrase des éléments cosmiques et non des astres. (4) Cumont, I, p. 103,

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ciens et que le Soleil créateur du monde est souvent mis en rapport avec les éléments cosmiques. Si le fait que les cinq cercles se coupent n’est pas dû au hasard ou à la fantaisie de l'artiste, il faut y voir un symbole du mélange et de la transformation des éléments. Tous les philosophes anciens, en particulier les Pythagoriciens et les Stoiciens,. reconnaissent que les éléments ne ‘sont jamais dans le monde à l’état pur, mais qu’ils se mêlent continuellement. En outre la théorie de la transmutation des éléments est un des axiomes de la plupart des phie, à commencer par systèmes de philosola physique des Ioniens. Il est possible que le magicien à qui on doit la composition de cette sphère ait voulu représenter cette croyance par le symbolisme des cercles sécants. Nous avons souvent fait appel jusqu'ici aux doctrines des papyrus magiques pour expliquer les détails de notre monument, non seulement parce que ce genre de littérature date à peu près de la même époque, mais encore parce qu'il représente des tendances d'esprit et des croyances analogues. Nous en avons une nouvelle preuve en ce qui concerne les mots grecs inintelligibles qui figurent sur la sphère. Ce genre de mots barbares, d’origine inconnue le plus souvent, se retrouve dans la médecine tous les peuples et dans la magie primitive de de toutes les époques. On en distingue diverses espèces dans la magie grecque: a) les combinaisons de voyelles qu’on trouve dans les papyrus et sur les gemmes magiques. Elles ont souvent un rapport avec les planètes, désignées chacune par une des voyelles; dans les cultes égyptiens, elles étaient modulées de manière à servir de cantiques (1). b) les séries alphabétiques, qu’on trouve sur des monuments .assez rares (2). e) les mots barbares dont l'origine et le sens précis (1) Démétrius, soi éou. e. 71. Cf. Apulée, Met. XI, 17. (2) Etudiés par Dieterich, ABC—Denkmäler, Rhein. Mus., 1901,p. 77 ss.

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échappaient souvent aux magiciens eux-mémes. Quelquesuns désignent des divinités ou des démons qu’on peut encore identifier. Un grand nombre cependant n’ont aucun sens et, soit qu’ils fussent inventés par le magicien, soit qu’ils dérivassent d’une langue étrangére corrompue, ils étaient employés simplement à cause de la vertu qu'on attribuait aux donna ôvôuara, aux mots privés de sens. Nous ne trouvons sur notre sphère qu’un exemple de combinaisons de voyelles; les autres inscriptions sont composées de séries alphabétiques et de mots barbares. L'inscription la plus importante par la grandeur des lettres, novoßn ueopeofeo, se dirige vers l’image du Soleil comme pour le désigner. Movoßn ne se rencontre pas dans la littérature magique mais on en retrouve la racine dans povgeveve. (Pap. Br. Mus. 121, 344, dans une invocation où figure aussi un nom du Soleil avox [Leyde V, 7, 6]), uovonava (ibid. 307) povegove (ibid. 357, dans une prière a plusieurs démons). Enfin, sur deux gemmes, l’une de Paris (n° 2190), l’autre de Berlin (Tôlken, I, 183), on lit à la fin d’une légende gravée autour du serpent solaire Chnoubis: povgar povorpar (Cf. Pap. V de Leyde, 10, 31). Meogeoßeo prête à des comparaisons plus nombreuses et plus intéressantes. La répétition d'une même syllabe dont on modifie chaque fois soit la voyelle, soit la consonne initiale ou finale, sert à former de nombreux mots magiques. Dieterich a étudié ce procédé dans ses ABC-Denkmáler. Plusieurs de ces noms ressemblent beaucoup à uegpeoßeo. Un papyrus de Leyde, W, p. 182, 16 (cf. p. 176, 16 et 177, 2) formule ainsi un nom du Soleil: avox Bıadıag BagBee Pegoı. Le dieu du feu est appelé dans ce même papyrus, p. 183, 3: ßeooev ßegıdev Beoio, dans un autre (V, 4, 9) dag dag Sapaga (cf. 3, 17: Bag Bag adwvaı). La répétition de syllabes qui se terminent par un ç est particulièrement recherchée dans les invocations au Soleil: Br. Mus. 125, 34; ueveopeo pin; 121, 532: pepuepeo, pwopagnoto, anagapactwe etc. On retrouve des mots semblables sur les gemmes magi-

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ques et les tablettes d’imprécations. Une formule solaire qui apparaît fréquemment est oeoeyyevßagpagayyns: Pap. Br. Mus. 47, 34; 121, B, 7; gemmes de Paris 2181, 2224, 2225; Pap. Berlin II, 108, 122 et 174. Mimaut, 12, 79, 110, 155; Audollent, fab. def. 16, 1, 9; 267, 14, ete. D’autres, comme papuapadan, Beoßeoereyas (gemmes de Paris 2211 et 2228) s’appliquent aussi à des dieux solaires. Enfin parmi celles qui se rapprochent le plus de neogeoßeo, il faut citer une longue formule solaire: opovopeppeoyap Bao pagorovgitys qui reparait avec des variantes sur plusieurs gemmes où figure surtout le serpent solaire Chnoubis (Caire n° 1, Paris, n° 2186 et 5 gemmes publiées par H. Köhler (1), n° 10, 17, 21, 24, 25), ainsi que sur des tablettes d’imprécations (Audollent, n°5 252, 24 et 253, 34) et dans les Papyrus (Paris, v. 1567, où elle désigne le Soleil). La littérature magique ne fournit pas de points de comparaison avec l’inscription circulaire située à gauche du Soleil. Habituellement les formules circulaires, destinées apparemment à être inscrites sur des anneaux sont anagrammatiques, c'est à dire qu’à partir d'un point déterminé elles se lisent de la même façon dans les deux sens. On en trouve de nombreux exemples dans les papyrus, par exemple Br. Mus. 121, 311 et 717. W, 179, 19 (10 évayeappari{épevov) et sur des gemmes et d’autres monuments magiques (2). Tel n’est pas le cas ici. Le corps du lion et du serpent, ainsi que la torche, sont couverts d'inscriptions. C'est aussi une coutume de la magie connue par les recettes et les images des papyrus (Berlin II, fin. Paris, v. 2427. W, p. 179, 16 etc.) ainsi que par les gemmes (par ex. Paris, n° 2181). Ces inscriptions présentent malheureusement des points de contact très rares avec les (1) Mémoires de l'Académie des Sciences de St Pétersbourg, VI° série (Se. hist. phil.) t. III (1834), p. 1 ss. (2) Par exemple sur les pierres trouvées à Pergame et publiées par R. Wünsch, Antikes Zaubergerät aus Pergamon (Jahrbuch des Arch. Inst., suppl. 1905), nos 8-10.

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autres textes magiques. On y remarque le procédé déjà signalé, qui consiste à répéter la même syllabe tev-tev, vxôavxdw. A la seconde ligne de l’inscription située entre le serpent et le lion, on lit dans un passage où le marbre est mutilé \NOF: on songe à restituer avox qui reparait très fréquemment dans les textes et qui est un nom du Soleil (V, 7, 6: cf. Xvovfis avoy sur une gemme de King, p. 340, [aJvox pon dans Audollent, 304, B, 9). La troisième ligne est composée d’une série de voyelles comme on en trouve par centaines dans les papyrus et sur tous les monuments magiques qui ont un rapport avec l’astrologie. Le mot gravé sur la torche: iÈ dui, est presque anagrammatique et je pense que ce phénomène n’est pas dû au hasard. Les inscriptions des pattes du lion, de méme que celle d’un des còtés du grand triangle, ne paraissent pas composées de chiffres, car leur disposition ne correspondrait 4 aucun système connu, mais de séries de consonnes à qui on reconnaissait aussi une vertu magique (cf. Pap. Br. Mus. 121, 940 et Audollent, n° 256, 4-10; 275, 1, 4, 11 etc). Ce genre de formules a été spécialement étudié par Dieterich, qui a réuni dans ses ABC- Denkmäler tous les exemples de ce genre. Dans les deux autres lignes d’inscriptions qui bordent le triangle, on remarque encore des répétitions de syllabes agak, Bevßev. Dans la seconde ligne, je détache oCwoovtev qu’il faut rapprocher de nombreux mots magiques qui commencent par ocog: ocogvoupt, Br. Mus. 121, 445 (nom d’Osiris); ocogvææpor, Br. Mus. 46, 353 (=le Soleil), Paris, 1077 (=Osiris) et 1628; ocopovv@geis, Br. Mus. 46, 101 et 114 (= dieu solaire), Audollent, Tab. n°s 22, 34; 24, 19; 26, 23 etc. Ce sont des déformations du nom d’Osiris, souvent honoré dans ces textes comme un dieu solaire. Il faut encore signaler particulièrement fiou qui apparaît comme un nom du Soleil dans un papyrus de Berlin I, 239 (avec Xvougı, le serpent solaire), un papyrus de Leyde, V, 3, 8 (Biptov BuBrou, invocation à Erés-Horus), dans des invocations au

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Soleil sur des papyrus de Paris (v. 498), de Leyde (W, p. 197,6 avec avoy, dieu solaire), et du Br. Mus. (46, 484. Cf. Berlin II, 123: fifra, Bıßıa). Il se présente aussi sur des gemmes: Athénes, coll. Dimitriou n° 1012 (au revers d’un Horus), Capello, n° 14 (désignant un dieu solaire anguipède), et sur une tablette d’imprécation (Audollent, n° 269, 14). Restent les inscriptions gravées sur les petites sphères des éléments. Le mot dont la lecture est la plus sûre est œÿoso qui occupe le premier cercle. Il est très vraisemblable que nous devons y voir le nom déformé du premier élément, l’éther. Le second mot peut être aussi un mot grec pour lequel on peut présenter deux interprétations: ebrayés ou eb ndges. Etxayés (invocation au vocatif, comme aidaéo) est une épithète qui convient à l’éther. Ei adges pourrait être comparé aux formules d’invocation que certains Gnostiques recommandaient d’adresser aux Archontes des planètes dans le voyage de l’âme après la mort: adges pe Tapdévov avespori xexadapuévov; does pe ofjc untods pépovré vor ovpBodov (Origène, C. Cels., VI, 31). Il se pourrait que nous ayons ici une priére de ce genre; la premiére conjecture me plairait davantage cependant. Les autres noms sont si mal conservés qu’on ne peut guère leur trouver de parallèles qui en éclairciraient le sens. Je rapprocherais pourtant encore de aype, axpupiw d’un Pap. du Br..Mus. 123, 3, qui paraît être le nom d’un génie parèdre du dieu Solaire Pawxaway, et aydımgı, 121, 317, nom d’un autre génie dont on ne peut déterminer la nature. A Avaßra qui avec aype désignerait dans notre hypothèse la sphère du feu, il faut comparer avox, que nous connaissons déjà, et une foule de noms commençant par ava et avi, comme avi-Batvyowwy, père du Soleil dans BM. 123, 1. Les lettres de grandes dimensions gravées sur une même ligne au-dessous des sphères pourraient être des chiffres, mais il est plus simple de les faire rentrer

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dans la même catégorie d'inscriptions que les séries alphabétiques signalées plus haut. Les dessins bizarres dispersés sur la sphère ou disposes en groupe aux pieds du Soleil doivent s'expliquer par la même origine que les mots barbares. On pourrait penser d’abord à des signes astronomiques; mais on ne les retrouve ni dans les manuscrits astrologiques ni dans les écrits des Alchimistes. Par contre, les papyrus magiques sont pleins de signes semblables dans les descriptions d’amulettes; ils portent le nom de yagaxrfjoes, comme dans un passage de St Augustin, De doctr. Chr., II, 30. Les magiciens leur reconnaissent une efficacité spéciale: Pap. Br. Mus. 46, 311; 121, 193 et 195, 392, 413, 421, 462, 588, 860, 920, 925; 124, 24; 125, 2. Paris, 406, 1887. Berlin, II, 27 et 41. W (Leyde) p. 203, 24 Dans W, p. 204, 9 et 23, il s’agit d’un péyas xvguos ápdeyxros xapaxmo qui se rapporte au Soleil. Un papyrus de Berlin leur donne le nom de óvorixol yagaxıjosc, «les signes puissants et salutaires» (ibid. 197: Guoux est le titre d’une recette d’amulette, cf. Paris, 9). Leur vertu magique est particulièrement mise en relief par les invocations des tablettes d’imprécations qui s’adressent à ces dessins, appelés dyio. yagaxtijgec, comme à des divinités: Wünsch, Seth. Verfl., 16 A 26; 16 revers 74; 17 A 38; 23 C 22; 26 C 28; 31, 5. Dans le gnosticisme copte, le mot xogaxro désigne le dessin géométrique qui représente un être divin, quelquefois même d’une façon plus générale un être de la création (Schmidt, Kopt. gnost. Schr., p. 262, 263, 340, 341, 343, 358). Ces dessins ressemblent beaucoup aux signes cabalistiques des Papyrus et de notre sphére. La Pistis-Sophia, les livres de Jeti et un autre livre très ancien sont pleins de dessins semblables qui représentent tantôt des émanations divines (cixou), tantôt les sceaux dont l’âme doit se signer en arrivant devant les puissances célestes (opoayiôes, p. 261, 290, 322 etc). Apulée parle aussi (1) d'un livre sacré, plein (1) Met. XI, 22. BULL. DE CORRESP. HELLÉNIQUE, XXXVII

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de signes de ce genre, dont on se servait dans les initiations des mystères isiaques. On les retrouve encore sur les tablettes d’imprécations (1), les gemmes et les autres monuments magiques (2), dans les alphabets secrets conservés par les Alchimistes (3), et les Astrologues (4), dans la médecine populaire (5) et jusque dans la religion judaique (6). Dans quelques cas, il est possible que ces signes aient appartenu à un alphabet secret; mais le plus souvent on ne leur attribue pas de signification verbale précise, mais simplement une vertu spéciale contre les démons. Au point de vue de la forme qu'ils affectent, ces signes peuvent se diviser en deux catégories: a) les dessins terminés par de grands apices sphériques ou triangulaires. Les uns ont la forme de lettres grecques, ce qui semble indiquer que leur vertu magique leur vient des apices. Parmi les lettres représentés sous cette forme, on trouve de préférence le Z, en quantité considérable, le N, le T, le x, l’ A, le y, 1’ W; nous n’avons pas de lettres semblables sur notre monument. Les autres, dont nous avons des exemples ici même, sont des dessins géométriques, carrés, triangles, cercles ou demi-cercles, ornés de boules ou de petits triangles. b) les dessins géométriques représentant des carrés, des lignes brisées dont des cercles, la forme la plus fréquente se rapproche d’un Z, des courbes compliquées, des ares de cercle qui se coupent, etc, sans apices. Ces dessins sont ordinairement divisés en parties égales quand (1) Wünsch, Seth. Verfl., no 2, 6 à 8, 12, 13. Audollent, Tab. defix., nos 266, 272, 275, 276, 278, 286 ete. (2) Capello, n° 105; King, L 1; M2; N 6; Wünsch, Zaubergerdt aus Pergamon. (8) Berthelot et Ruelle, Les Alchimistes grecs, I, p. 156. (4) Cf. Boll, Neue Jahrbücher für klas. Alterthum, XI (1908), p. 121 et 126. (5) Exemple dans Marcellus Empiricus, 24, 7. (6) V. Aptowitzer, Revue des études juives, 1910, II, p. 39 et 1913,

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ils forment des surfaces; quand ce sont de simples lignes, elles sont barrées par d’autres lignes. C’est dans cette catégorie que rentrent la plupart des signes de notre sphère. On a déjà songé à faire dériver plusieurs de ces signes d’alphabets étrangers, par exemple de l'écriture égyptienne, ou de vieux alphabets tombés en désuétude, comme les écritures crétoises (1). Plusieurs de nos signes, le carré coupé en quatre, le 8 ouvert en haut, etc. se retrouvent dans les alphabets crétois (2), d'autres se rapprochent de l'écriture égyptienne, mais ce sont sans doute de simples coincidences dont on ne peut tirer parti pour découvrir l’origine des signes magiques, encore moins pour leur chercher un sens. Je songerais plutôt à une utilisation religieuse et magique de la géométrie qui était déjà connue de l’ancien Pythagorisme. Par le genre de conceptions et de doctrines qu’elle nous révèle, comme par les inscriptions et les signes qui la couvrent, la sphère d’Athénes se range dans la catégorie des monuments magiques. Précisément le culte du Soleil qui, à l’origine, était restreint à quelques contrées de la Grèce et à quelques systèmes de philosophie, est un des plus répandus et des plus vivants à l’époque où se place la composition de la sphère. Grâce en partie à de puissantes influences stoiciennes, qui ne se contentent pas d’intéresser le monde cultivé mais qui pénètrent le peuple, en partie à l'invasion de l’astrologie orientale, la plupart des grands dieux de l’époque hellénistique sont devenus des dieux solaires. Mithra, Attis, Sarapis, Zeus, Osiris, Dionysos perdent leur personnalité pour s'identifier de plus en plus avec le Soleil. Les cultes solaires prirent un essor plus puissant encore lorsque certains empereurs, (1) Cf. Boll, Z. e. Wünsch, Zaubergerät aus Pergamon, p. 33 88. (2) Evans, Scripta minoa, p. 57 et 71. Il y a dans ces alphabets plusieurs exemples de lettres terminées par des apices sphériques.

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comme Aurélien, Constance Chlore et surtout Julien, s’en firent les propagateurs et les défenseurs avérés. Les renaissances orphique, pythagoricienne et platonicieune de cette époque font au Soleil, dans leur cosmologie et leur théologie, une place beaucoup plus importante que les anciens systèmes de religion ou de philosophie. Beaucoup de sectes gnostiques reconnaissent une importance primordiale à une divinité du feu ou à cet élément lui-même; l’une d’entre elles, répandue surtout en Gaule et en Égypte, celle des Heliognosti, faisait même profession d’un culte purement solaire (1). C’est aussi l’époque où les mystères de Mithra conquièrent le monde oriental et romain, effleurant à peine la Grèce proprement dite. Mais nulle part l'influence des cultes solaires ne se révèle aussi puissante que dans les textes et sur les monuments magiques. Le Soleil y tient la première place, identifié tantôt à Apollon, tantôt à Sarapis, Mithra, Osiris, Horus, Adonis, Set-Typhon etc, ou adoré sous sa forme astrale. C’est à lui que s’adressent la plupart des invocations et des incantations magiques des Papyrus. C'est lui dont les hymnes chantent la gloire, 4 lui encore que se rapportent la plupart des pratiques magiques qui y sont décrites. Des textes comme le papyrus Mimaut, les papyrus de Berlin et les papyrus de Leyde, et une grosse partie du papyrus de Paris, lui sont entièrement réservés, célèbrent sa divinité, invoquent sa puissance de créateur et de maître du monde, prétendent régir ses volontés. De même c'est lui, sous l’une ou l’autre de ses formes, dieu anguipède à tête de coq (Abraxas), serpent solaire, lion, scarabée, Horus, Sarapis, Set, Osiris, etc. qui est représenté sur la plupart des gemmes gnostiques et des tablettes d’imprécations avec des légendes ou des invocations qui le désignent clairement. Notre sphère est donc un monument magique du même genre que ceux dont les Papyrus ont conservé des recettes (1) Eusèbe d’Alexandrie, Or., VI et Filastrius, Haer., X.

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et dont nous trouvons des réductions dans les gemmes qui servaient d’amulettes. Evidemment nous n’avons pas affaire ici 4 une amulette personnelle ni méme, sans doute, à un quiaxríprov destiné à protéger une maison ou un édifice public, mais à un instrument réservé à des pratiques magiques comme les auteurs des Papyrus en décrivent souvent. Les objets magiques découverts étudiés par Wünsch, une table des clous, à Pergame et triangulaire, un disque, des tablettes etc. avaient une destination analogue. Une recette d’un papyrus de Leyde, W, p. 179, 15, nous montre que les magiciens représenter l’image du dieu ne se contentaient pas de qu'ils voulaient invoquer, faire apparaître ou forcer à agir, mais qu'ils jugeaient encore utile de faire figurer à côté de lui ses attributs, qui avaient leur vertu magique particulière: &ye Sè xal &x Éitns Sápyns tov ouvepyoüvra ’"Anöllwva yeyAvpuévov, magéotyxeEv roinovg xal TIv8io¢ dpdxwv' yAvwpov dè nepi róv ’AndAlwva tO péya ôvoua Aiyuntiax oxfuart, Ent tod oríidovs totto tó évaygauuarifdpevov' Bawowooyowvoyvaf, xal xará tod vórov tot Codiov vo Svopa toro ’IAıAlov “TAuAAov ’TAıAkov, negi de tov Iúdiov dodxovra xal tov roimoda 1800 pagpagavy poxo pofwy. Le lieu de découverte de ce monument nous fournit aussi des renseignements intéressants sur la diffusion de la magie égyptienne. C’est d'Égypte que nous viennent les papyrus magiques, comme la plupart des gemmes de cette catégorie, et le syncrétisme religieux qui se révèle dans ces textes et ces monuments est formé d’un fond de doctrines gréco-égyptiennes. De l'Égypte, ce genre spécial de magie rayonna sur le monde romain en Phénicie (gemmes), en Asie-Mineure et asiatique, (monuments de Pergame, tablettes d'imprécations de Chypre, etc), dans l'Afrique du Nord, l'Italie, les Gaules et la Germanie (tablettes d’imprécations). Il semble que la Grèce propre et surtout l’Attique se protégèrent assez bien contre cette invasion. La découverte de cette sphére 4 Athénes prouve que ces pratiques et ces doctrines n’y étaient cependant

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pas inconnues; mais il faut se garder de tirer d’un monument isolé des conclusions trop générales. On pourrait supposer que la sphère avait été déposée dans le théâtre de Dionysos par son possesseur. Un certain nombre d’actions magiques décrites dans les papyrus visent les succès du stade (Pap. Br. Mus. 46, 39) ou du cirque (Pap. Mimaut, 20 et Tablettes d’imprécations). Gens de sport et gens de théâtre ont toujours été superstitieux. La cérémonie magique du Pap. Mimaut doit se passer dans le stade même (v. 41). On conçoit que cette sphère qui a dû servir à des opérations de ce genre ait pu être cachée ou enterrée dans le théâtre où elle fut découverte; c'était une sorte de prise de possession du terrain et un gage plus sûr de la victoire. A. DELATTE