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PERIODIQUES
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texte et de lecture préférés sont, en têle, ceux de Darwin et de Spencer,
et, à la suite, ceux de Bain, de Jevons, de Maudsley, Carpenter, Abercrombie, Haeckel, Lewes, Tylor, Lubbock, Sidgwick, etc. « C'est là un
fait, dit M. Sergi, qui remplit l'âme de plaisir et qui fait espérer pour
l'avenir de la science, qui fait espérer que la philosophie évoiutionniste
deviendra universelle. » Oui, mais la France et l'Italie sont bien loin du
Japon.
La Nuova Scienza.
tDicembre 1884. — Settenrhre 1885.)
M. E. Gaporati est toujours rédacteur unique de sa revue, déjà fort
répandue en Italie. 11 met un talent brillant el une Erudilion rare au
service d’une philosophie tout à fait expérimentale par certains côtés,
mais qui n'en est pas moins un monigme idéaliste.
La Pensée italienne contemporaine en Italie. Crilique du kantisme
négatif de Cesca, et du kantisme néoplatonique et du pessimisme de
GC. Cantoni, — Critique de la philosophie de l'histoire platonique et
hégélienne; exposé des idées de Federici, de Colajani et autres mazziniens, — Critique (sévère) des Origines des phénomènes psychiques,
de G. Sergi. — Revue de la philosophie du droit; critique du déterminisme fataliste.
:
La formule pythagorique de l’évolution cosmique. — Fasc. IV.
Gomme tout atome cherche A s’unir aux autres, ainsi font entre elles
les molécules pour former des cristaux, el les celiules pour former des
organismes. La reproduction cellulaire par segmentation implique un
germe de sensation et de figuration. Chaque molécule des deux segments
tend à la concentration; la spontanéité est codivise à toutes les molécules du protoplasma, si bien qu’à Vimitation de la première Ame il en
naît deux. La reproduction sporoïde et la reproduction sexuelle sont des
concentrations successives de la cellulaire. L'âme des générateurs se
borne à donner aux cellules de l'œuf le type à imiter. Cette figuration,
chez les animaux supérieurs, arrive à faire des symboles dans les prutistes cérébraux de la sensation. L'être véritable est toujours le sentiment ou nombre réel, qui fait la force et la matière en restant toujours
un, Connaître est sa représentation unifiée; vouloir est sa projection
sur la voie figurée qu'il a choisie,
Fasc, V. M, Caporali critique les théories matérialistes de la gravitation. L'éther cosmique est incapable de la produire. Il a été d’ailleurs
démontré (Fechner, Lotze, Wundt, etc.) que les atomes doivent sentir.
L’elan vers l'union fait Vattraction et la cohésion, et la conservation du
mouvement reçu, ou loi d'inertie, peut s'expliquer par la même tendance, L'irradiation calme fait la gravitation en rapprochant, L’irradiation troublée (à la suite d’un choc) fail la chaleur en éloignant. En
somme, l'électricité, les combinaisons chimiques, les molécules, les
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cristaux, les cellules, et le reste, s’expliquent par la faculté de multiplier les formes de l'énergie.
Fasc. VI. Les premiers multiples que s'oppose l'unité absolue, ou les
points indistincts. en faisant les atomes éthérés, en attiraient déjà les
formes vers leur propre centre, Se condensant, ils attirérent aussi les
voisins; et la cohésion et la gravitation s’en suivirent, Dans la chimie,
il y a une irrilabilité lente, qui prépare Virritabilité prompte du protoplasma. L'évolution de Yautorité sociale est l’évolution de l'idée numérique, qui a fait le mouvement et les formes de toute la nature inférieure, évolation appliquée enfin au bien commun des hommes réunis
en société,
Spencer a trop revêtu de phrases kantiennes l’évolution, Ses forces
incidentes, son pur mécanisme, n’expliquent ni la différenciation ni
l'intégration. Cela peut former des couches et des d&pöts uniformes,
être l'occasion de l'évolution, mais pas la faire par soi-même. II tient
trop peu de compte de la sensation rudimentaire, Il ‘ne peut expliquer
comment naissent les différentes forces. La véritable évolution a
toujours pour principe la sensation. Si l'atome ne sentait pas les changements du dehors, il ne serait ni attiré, ni apte à réagir. Il n'y aurait
point de Cosmos.
Le nombre réel
est qualité, c'est-à-dire sensation et sentiment,
c’est-à-dire unification et direclion de nombreuses sensations, mesurées toujours par leur propre unité d'énergie. Toute unité sentante
détermine la direction de ses forces, ses fonctions et ses formes, ses
instruments et organes. Et ces déterminalions successives, créatrices
du mouvement, font peu à peu la nature inconsciente et nécessaire.
Fasc. VI. Toutes les sensations humaines sont des différenciations
des sensalions animales, celles-ci dérivant, comme celles des plantes,
de l'irritabilité (psychique) du protoplasma.
Comme fonction intellectuelle, la douleur est la désharmonie ou la
dissolution de Punite. Il y en a trois espèces : les sentinelles et les
éperons de la vie, les poisons et les corruplions de la vie, les extinctrices de la vie. Toute l’évolution cosmique est un effort pour éliminer
la douleur. Le plaisir n'est pas, comme le dit Spencer, dans la répétition des fonctions biologiques, c'est-à-dire dans la nature faite; il est
dans les échanges et les contrastes de la nature qui se fait, dans la
réduction du multipla à l'unité, dans la nouveauté des proportions
figurées. Lejeu, le comique, le rire, la musique, la poésie, la peinture,
sont toujours des contrastes harmonisés. Le beau est la condensation
de la vie. La loi du plaisir est le progrès de l'inconscient au nouveau,
un élargissement de notre unité embrassant plus de choses inférieures
et entrant dans des unités supérieures.
Evolution anticléricale. Anglo-saxonne de Béda à Mac Clintock
{méthodiste américain) el à Abbott (agnostique kantien), — Id. allemande dans sa vie intime; critique historique du pessimisme philosophique allemand. — Évolution anticléricale allemande dans ses critères
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ver ss 6 Se]
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REVUE PRILOSOPHIQUE
La Nuova Scienza.
{Ottobre 1885.— Marza 1886).
La pensée italienne contemporaine. — Le professeur Fr, Bertinaria,
eonnu comme contradicteur de Mamiani, adopte, à l'Université de Génes,
la philosopbie de la Nuova Scienza. — G. Caroli et N. Pitreli font des
objections au nombre réel. Ils sont dualistes, et confondent le nombre
abstrait et le nombre réel. Mais la conception de la science pythagorique est le monisme le plus exact.
La formule pythagorique de l'évolution cosmique. — Pas d'esprit
saps matière, pas de matière sans psyché, ni dans la nature qui se
fait, ni dans la nature faite. Les forces actives, gravitation, calorique,
électricité, lumière, affinilé chimique, se communiquent à de grandes
distances et avec une extréme rapidilé à travers l'éther cosmique,
tandis que les forces passives se communiquent seulement en contact
imniédiat par le heurt, Dans les forctions de nutrition, de respiration,
de relation, la psyché active engendre la variabilité; la psyché passive
Mhérédité. La psyché humaine s'étudie bien dans le somnarnbulisme
qui affaiblit ou supprime la conscience centrale; le plus souvent
elle forme deux individualités, ajoutant à l'individualité native une
seconde individualilé supérieure, qui raisonne mieux, a plus de mémoire et de sensibilité. Les phénomènes de suggestion prouvent la
vérilé du pythagorisme. L’auleur parle ensuite des médiums, qui se
meitent d’eux-n.&mes en état de somnambulisme, et il condamne la
supersiition spiritiste, toute fondée sur des hallucinations,
L'évolution anticléricale italienne dans les cinguante premières
années. — La révolution catholique prolêtaire proposée pur Lazarus et
Guni, La révolution protestante hégélienne proposée par Vera et Mariano. Diificulté de la révolution athée, Le mieux est que l'État dissolve
le catholicisme, laissant au peuple pleine liberté, donnant aux laïques
dans loute paroisse l'administration des biens ecclésiastiques, le droit
de les venrlre et de les convertir à un autre usage.
IL, — Eclaircissements en réplique aux observations de C. Sergi.
La formule pythagorique de l'évolution cosmique. — Le nombre
réel est le sens de l’én: sgie, des proporlions, et commence dans les
atomes éthérés, qui se menvent toujours en rythme, répartissant également espaces et temps. Les alomes pondérables se réunissent pair
à pair, excluant le dissembluble, et suivant la même, loi que la logique
humaine. I) y a dans les molécules une exacte distinction de l'équipollence, La segmentation des cellules est un acte synthétique complexe, car il n'y a pas de passage matériel de 1 à 2 : ainsi lexigent
la sensation elle-même et la logique, Le sens musculaire ne se confond
pas avec le sens universel de l'énergie des proportions, qui est la base
de tous les autres, La cause de la sensation est l'unité, qui absorbe Ix
différence des mouvements; elle est une relation réelle, un nombre
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)réel, qui jouit et souffre; tout animal mesure les distances et les durées
et a le nombre réel. Le nombre abstrait se trouve assez tard, comme
une monnaie qui sert d'échange même au Japon. Les sauvages et les
enfants la méprisent, mais ils en reconuaissent l'utilité. Toutes les
sensations, tact, saveur, odeur, son, vision, résultent de la synthèse
d'un grand nombre de vibralions; entre ces divers sens, il y a toujours
harmonie, Il y a une correspondance parfaite continue entre le microcosme et le macrocosme. Les problèmes gnoséologiques kantiens se
résolvent pythagoriquement. Les problèmes de force se réduisent à
des équations numériques, Les sciences considèrent le mouvement
comme objectif dans l'espace absolu, et cherchent à rendre tout le
savoir sensible, visible.
L'évolution anticléricale allemande dans la confusion de l'espace.
— Le germe de l'idéalité de l'espace dans la scolastique du moyen âge
et dans Leibnitz, d’où dérive la confusion d’aujourd’hui, Critique de la
confusion de Kant, Fichte, Schelling, Hegel, Herbart, Schopenhauer,
Hartmann, Behusen, Lange, Spencer, Stallo et des métagéomètres.
Progressive victoire sur l'erreur de Lotze, Ueberweg, Wundt, Kromann,
— L'auteur conclut, avec G. Bruno, Newton et Euler, que l'espace
absolu, invariable, est très réel.
B, P.
Philosophische Monatshefte.
BAUMANN. — Wundt, sa theorie de la volonté, et son monisme animiste, Baumann avait déjà autrefois ! adressé un certain nombre d’objections à la métaphysique de Wundt, qui domine toute sa psychologie
physiologique. Wundt y a répondu dans ses Philosophische Studien.
Baumann replique et résume ainsi les diverses remarques qu'il a faites
aux réponses de Wundt. Le concept de la volonté chez Wundt ne
s'accorde ni avec la langue de la science, ni avec Ja langue littéraire,
et, par suite, devient une cause d'erreur. Autant on peut accepter la
partie fondamentale de son opinion, à savoir que l'âme est active dès
l'origine, autant on doit s’opposer à une manière de parler qui conduit
nécessairement à l'erreur. S'il fait valoir en faveur de sa conception de
la volonté le point de vue génétique, ce point de vue est une hypothèse
métaphysique, car il suppose un étroit parallélisme entre Le psychologique et le physiologique, qui, tous deux, ne formeraient en principe
qu'une seule et même chose. L'explication qu'il donne de son monisme
animiste ne s'accorde pas bien avec ses développements antérieurs, et
sa théorie tombe sous les mêmes objections que le spiritualisme monistique. Cependant, il convient d'attendre les explications plus étendues
qu'il a promises.
VAIHINGER, — Une prétendue réfutation de l'erreur de pagination
dans les Prolégoménes de Kant, Vaihinger reprend successivement les
4, Revue philosophique, XV, p. 344, XIX, p. 110.
Pagina 5
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P. ABG AS}
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REVUE PHILOSOPHIQUE
ments de Ja connaissance Quelle en est la valeur? La sensation n'est
pas un pur produit de l'activité psychique : elle implique la réception
d’une excitation extérieure. La sensation n’est pas d’ailleurs une image
de l'objet; elle est simplement un signe de son existence; sa valeur
est relative et subjective. L'élaboration de la sensation par la pensée
produit la connaissance. La pensée ne peut avoir qu'une valeur formelle;
elle ordonne, dispose et réunit Je variable de la sensation, et n'a aucune
valeur matérielle, ni relative ni absolue. Bien que n'ayant qu'une valeur
subjective, la perception elle-même n'est pas un état d'origine pure-ment snbjective : c'est la transcription subjective en états de conscience
de leffet objectif produit sur nous par les choses extérieures. Mais.
cette rejalivité de la connaissance doit être entendue dans ce sens que
la connaissance se rapporte aux phénomènes, et non à la chose en
soi. On peut dire que la connaissance est absolue et parfaite, adéquate,
en tant seulement que les objets ne sont que des phénomènes, Cette
restriction ne détruit pas notre savoir, mais seulement le limite.
A. Vaccaro : Sur la vie des peuples par rapport à la lutte pour:
l'existence. — Livi Davip : Étude critique sur les « Fureurs hérotques » de G, Bruno. — ACANFORA-VENTURELLI: Sur le principe d’identilé, — B, BATTAGLIA : Apport pour le concept de causalité.
La Nuova Scienza
(Fase. It, HI, IV, 4886, Aprile à Dicembre.)
Tout en expliquant tout par la sensibilité, la figuration et Pactivité
immanentes aux éléments premiers, la Nuova Scienza, toujours riche
en informations, ne tourne jamais le dos aux explications mécaniques
de la philosophie expérimentale, et l'on peut dire qu’elle fait une
œuvre, non opposée, mais parallèle à celle de l’école positive.
La formule pythagorique de l'évolution cosmique.
Logique de Ja volonté, de la sensation, de la figuration dans la nature
inférieure,
La première forme de la volonté est la tendance à Punification.
L’essence du mouvement est une figuration désirée, un effort; dans tout
corps, les atomes agissent de divers points de l'espace. La fonction
spécifique sociale, dans tous les organismes, est la conlinuation de la
psyché active qui les a faits. L'origine de la force est toujours l’harmonie qui veut être sentie, unité très réelle qui meut toute la matière
(p. 192).
La logique de la sensation est dans la recherche du vrai entre les
impressions contraires; cette logique se développe dans toute la série
zoologique et différencie par les sens subjectifs les sens objectifs. La
sensation n’est pas un symbole, une langue étrangère,
qui ait besoin
d'interprétation, comme le supposent Spencer et Paine : les sens sub.
jectifs (saveur, odeur, couleur, etc.) ne se traduisent pas, ne donnent.
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)pas des informations exactes sur le monde externe
; ils servent uniquement au plaisir de varier la vie. Au contraire, les sensations objectives
{vision des formes, ouïe, tact et sens musculaire) donnent des informations exactes du monde externe, avec des photographies correctes
en relief pour le tact et le sens musculaire, et des appareils téléphoniques pour les sons. Comme le son engendre dans un aimant des courants électriques périodiquement interrompus, il est possible que
Vaflaiblissement des courants électriques dans les atomes des cellules
grises corticales fasse réentendre le son qui les produit (pp. 430, 479,
500). La mémoire des sons exige la persistance d'un reproducteur des
faits particuliers qui excitent le son dans unité de conscience, ou d'une
âme qui vibre électriquement avec les mêmes intervalles de temps.
La nature du dehors devient la nature du dedans (microcosme) par le
simple mécanisme des deux convergences, c’est-à-dire : 1° convergence
des forces incidentes au moyen des nerfs dans les tubercules quadrijumeaux et dans les couches optiques; % convergence des sensations
éprouvées dans le point des couches corticales où se place l'unité de
conscience qui perçoit. Au delà des unités organiques particulières,
dans les quadrijumeaux et dans les couches optiques, divergent les
sensations isolées. Au delà de l'unité de conscience générale qui unifie
les diverses sensations dans le cerveau supérieur, divergent les figures
de la perception,
L'umté de conscience (qui est unité mème de l'organisme) ne traduit
pas des langues étrangères, mais se borne à mesurer l'énergie reçue
el dépensée et à confronter dans son point inétendu les figures et
vibrations diverses,
La pensée ilalienne contemporaine. — La nouvelle école pénale fonde
la responsabilité juridique uniquement sur le fait objectif, tandis qu'elle
cherche le critérium correctif dans l’impressiounabilité de accusé, dans
‘les intentions du délinquaut, ce qui manque de cohérence.
Critique des moralistes récents, catholiques, utilitaires {Gaballi), sympathiques (Ardigo), auloritaires et machiavéliques (Bovio), criticisles et
pessimistes (Cantoni, Negri, etc), Preuves que le déterminisme absolu,
exagéré, ne correspond pas à la nature des faits.
L'évolution anticléricale allemande, dans les erreurs finalistes,
depuis Leibnitz jusqu'à Hartmann.
.
L'évolution des sentiments moraux dans les animaux, dans les sauvages, et dans les civilisations touraniennes, aryennes et sémitiques.
Liévolution des modernes théories morales ; écoles éthiques contemporaines, allemandes, frangaises, anglaises, américaines.
Rivista italiana di filosofia.
Marzo-dicembre 1886.
D. Berri : Discours sur G. Bruno. — R. BENZONI : La philoso
phie de l'Académie romaine de Saint-Thomas.
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REVUE PEILOSOPHIQUE
sidérer tous les événements naturels comme tendant à: une fin, et en
trouve la preuve dans l'ordre et dans les lois du cosmos; la finalité
interne des organismes dans lesquels tout tend à la conservation de le
vie, et les organes aussi bien que les fonctions montrent cette tendance
vers une fin; et la finalité humaine dans l’action volontaire et la moralité,
tous les hommes se fixant des fins et choisissant des moyens pour les
atteindre. La conception téléologique n'est valide que dans le champ
d'action de l’homme et des animaux intelligents; mais elle ne peut prétendre ailleurs à une valeur objective. L'homme en quête d’explications,
pour couvrir sa propre ignorance, suppose des causes et des processus
qu'il éprouve en lui-même et projette au dehors ses propres phénomènes, qui manquent isi des conditions nécessaires d'application et de
vérification.
Revue analytique: Le progrès de la science et ses rapports avec la
révélation. (E. Morselli.) — La faune et la pensée humaine. (G. Cattaneo). — Traité d'économie politique. (B. Morselli.) — Revue synthétique: De quelques formes de transition dans la série animale.
(G. Mazzarelli.)
La Nuova Scienza.
(Novembre 1886 — Luglio 1887.)
I. — La formule pythagorique de l'évolution cosmique. La gendse
du nombre conceptuel doit étre cherchée dans la longue évolution cosmique, et non dans la simple expérience humaine (qui serait impossible sans mesure ni nombre), ni dans la réminiscence platonique ou
cartésienne, ou dans le réveil de l'idée inconsciente supposé par
Leibnitz. Le caractère vaporeux de la philosophie ontologique ancienne
et moderne se manifeste par le peu d'importance qu'elle a donné au
nombre, qui est l’idée la plus pure,fla plus universelle et la plus sûre
de toutes.
La réalité du nombre se trouve déjà dans Les modes d'être des atomes,
bien qu’opprimee dans la lutte incessante. Dans la réalité physique, it y
a plusieurs éléments du nombre conceptuel : l'unité toujours identique
à elle-même qui fait la masse; l'exclusion du contraire (répulsion, impénétrabilité); la tendance aux formes d'unités plus hautes, qui fait Pattraction moléculaire, la cohésion, Ja gravitation, l'électricité, etc.; la
répétition des actes, visible dans les vibrations et les ondulations; le
rythme avec lequel se font ces répétitions; le sens de l'énergie reçue et
dépensée qui gouverne l'électricité, et l’affinité chimique, etc.; la synthèse, qui unifie l'équilibre instable de la cellule, qui se maintiont et se
renouveile par la chaleur et les aliments.
La tendance synthétique, dans les cristaux, n’est qu’un effort extraor:
dinaire pour donner à partir du centre la direction des axes; dans les
cellules, elle devient continuelle et développe les sensations "des corps
durs au contact, froids ou chauds, etc. Dans leur centre commun existe,
à ce qu’il semble, la représentation, qui oppose le sujet à l'objet.
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)La ressemblance et la différence sont remarquées & mesure que se
développent le systéme nerveux et les sens objectifs, La faculté de former des concepts se montre dans les animaux pourvus de simples ganglions. La formation des concepts conduit à l'unité de conscience, à la
classification et à des jugements d’&quipollence entre les objets, Le caractère spécifique de l'homme est la capacité de substituer, très faible
chez les animaux qui ont très peu de fibres transversales, auxquelles
Beale attribuait la logique. Pour que je pense le 2, il ne suffit pas que
je note la ressemblance entre deux objets, ou que je les classifie : il
faut que je puisse substituer immédiatement quelques-uns de leurs
caractères. It faut que j’établisse entre les images de mes celiules
grises un rapide courant, qui permette de porter l’une dans l'autre et
de les sentir en même temps dans le point inélendu de l’unité de conscience. Pour arriver à la substitution, il faut que la logique de la figuration
(esquissée dans le volume Ill, 1886) devienne plus délicate et plus raffinée, et arrive à circonscrire en un inslant une quantité semblable en
deux ou plusieurs images des cellules grises et à les subroger entre
elles. C'est comme un réseau de fils très subtils qui saisit et embrasse
certaines formes, couleurs, certains sons, reliefs ou mouvements, et néglige les autres. Alors seulement se présente à l'unité de conscience
le
multiple comme nombre conceptuel (que Pythagore appelait le nombrable ou le nombre, pour le distinguer du nombrant ou nombre réel).
Le développement du nombre conceptuel marche avec celui de la
faculté symbolique et du langage. L'évolution du langage est étudiée en
cinq chapitres sur « les téléphones cérébraux des mots », « les photographies cérébrales des écrits », et surl’origine, l'évolution et le perfectionnement du symbole et du langage au point de vue du nombre réel.
En faisant le nombre conceptuel, l'homme n’invente et ne crée rien :
il dessine seulement le schématisme de la nature et de lui-même. Les
plus simples opérations arithmétiques expriment les deux lois fondamentales de l’évolution : la concentration et l'association (addition et
multiplication) et la différenciation et division du travail (soustraction et
division).
La lutte de la nature ne se fait pas par les contradictions des concepts,
comme dans le panlogisme hégélien, mais par un entrelacement de proportions numériques senties, avec effort pour augmenter le plaisir et
éviter la douleur, Tous les individus cherchent le plaisir, c’est-à-dire
l'harmonie. La conversion des forces dans l'unité de conscience se fait
toujours en mesurant avec le nombre réel {et non avec le conceptuel),
temps, espace et mouvement. La série numérique des systèmes qui font
monter l'individuation de l'atome jusqu’à l’homme est toujours réalisée
par le désir d'harmonie, et toujours d'harmonies plus hautes.
IL — L'évolution anticléricale allemande dans le progressif obscurcissement de l'idée de Dieu et dans la critique du mosaïsme.
Ul. — L'évolution mal entendue et sa négation; Bonatelli, Zanella
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)CAN DRA AL
677
La Nuova Scienza.
(Luglio 1887-Marzo 1888.)
M. Enrico Caporali continue toujours à rédiger seul sa Nuova Scienza,
qui abonde en renseignements précis sur toutes les doctrines divergentes, et s'efforce de les ramener à Punité, au moins dans leurs données
propres, sinon dans leurs conclusions, au profit de son système pyéhagorique.
La formule pythagorique de l'évolution cosmique. I. Le mécanisme
de la conceptuation, Dans les animaux supérieurs le cerveau s'organise
de manière à pouvoir porter la concentration de l'énergie nerveuse et
du sang artériel de l’une à l'autre cellule contenant des images. Ce ne
sont pas les images qui se meuven!, comme suppose Taine : c'est le
point de convergence de l'énergie qui change de place.
La Raison n'est que la forme unitaire des images passées en rapide
revue par le point mobile de la convergence. En réunissant les caractères communs des comptes particuliers avec le même mécanisme de
convergence et de divergence minime qui se réalise pour unifier les
sensations et les perceptions, se forment peu à peu les concepts généraux. Le sentiment est l'harmonie dans laquelle toutes les cellules sont
portées à une vie plus haute: c'est la conscience collective. Les cellules
se renouvellent comme les citoyens d'un Etat: les naissantes adoptent
l'idéal organique des cellules mères. La conspiration d'innombrables
unités faibles fait l’unilé puissante et belliqueuse qui fait évatuer l’organisme vers une perfection croissante.
La formule pythagorique de l'évolution cosmique, H. Evolution de
l'énergie logique. — Tout ce qui existe est le développement de Pun
dans le multiple, ou d'une force unitaire qui embrasse le multiple et le
rapporte à elle-méme avec plus ou moins de conscience, Dans ce
processus, l’unil& va notant les ressemblances et les differences des
sensations, et mesure la force reçue et dépensée avec un sens fondamental de l'énergie. Ainsi se forme déjà dans la cellule la première tendance comparative, Toute sensation est une déduction des expériences
antérieuses comparant la sensation actuelle aux passées. Les inférences, les petites induclions, accompagnées d’ailleurs de déduction,
commencent dans les plus simples animaux. Méme dans le règne végétal sont communs les actes synthétiques. Les expériences s'accumulent et la force psychique et logique se concentre, c'est-à-dire la
tendance à comparer, mesurer ét juger. Tout système nerveux est un
organisme croissant de la synthèse et de la mensuration, d'où résultent
avec une promptitude, une facilité et une ampleur croissantes, les jugements particuliers des anthropoïdes et des sauvages, puis les jugements universels, quand les langues passent à l’agglutination et à la
flexion, enfin les jugements scientifiques, fondés sur une large expérience bien systématisée. Dans tous ces jugements, dont M. Caporali
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)REVUE PEILOSOPNIQUE
étudie le mécanisme cérébral, ce n'est pas, dit-il, l'association, qui fait
tout; l'unité de conscience se sert des matériaux des associations, les
transpose, les combine diversement.
TU. — Après avoir donné (1884-1886) la formule d'évolution de la nalure
inférieure et traité (1887) la recherche du vrai, c’est-à-dire du nombre,
du langage, du concept et du jugement,
M. Caporali parle de la consclence
de la représentation, de son contenu, de sa forme et de son énergie. Il
étudie les appareils organiques qui lui fournissent du dehors les éléments sur lesquels elle opère, les photographies cérébrales, les téléphones cérébraux, les registres cérébraux du tact et du mouvement, et
les diverses formes d'innervation centrifuge, celle qui est en rapport
avec les nerfs du tact et du mouvement, celle qui part des cellules
visuelles et auditives, et celle de pur renfort qui se décharge du cervelet.
Sensations, perceptions, images cérébrales dans les cellules grises,
voilà les éléments que l'unité de conscience, ou la convergence mobile
des énergies nerveuses qui lourne dans les couches corticales, va
reliant, et dont elle fait des concepts et des jugements. C'est l'unité
centrale qui recueille et reflète les mouvements lumineux, sonores, etc,
du macrocosme, et les ramène à accroître, si elle le peut, sa propre
harmonie.
Elle s’assujeltit les choses, les mesure, mais elle ne érée rien, Il ne
faut ni exagérer, ni réduire à une pure superfluité l'importance du
foyer de convergence de la conscience. La couche cotticale du milieu,
où se forment les concepts universels, les troncs d'où se ramifient
dans la couche corticale supérieure les concepts et les images parliculières, est en connexion plus intime avec les appareils du langage
que ne le sont les couches supérieures et inférieures, mais elle en est
indépendante. Dans le point mobile où convergent et divergent les
forces extérieures, il y a unité et la raison qui peut faire
un très grand
nombre de concepts et de jugements sans se mettre en rapport avec
les appareils téléphoniques et photographiques de la parole,
L'évolution mal entendue et sa négation. — I. Dans les premières
causes de l'évolution biologique : le hasard (Ardigo); la douleur (Regalia); la polarité (Spencer); la correspondance (Spencer); l’équivoque
(Spencer); le plaisir. — II. Un anti-évolutionniste du moyen âge
{F. Maltese).
L'évolution articléricale. — I. Dans le théisme contemporain :
Labanca, Vacherol, Pfleiderer, Flint, Bowne, Abbot,'—'‘II. Dans Pabus
de la conscience : subjectivisme francais et allemand, phénoménisme
anglais et allemand, solipsisme moraliste, conscience intuilive de
l'absoiu inconscient, conscience reproductive du même, exägération
du phénoménisme kantien, phénoménisme pessimiste, criticisme contemporain.
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REVUE PHILOSOPRIQUEtinguer ce qui est de ce qui n'est pas, d'affirmer ce qui est. Le principe d'identité, sur lequel est fondée la constance de notre pensée
logique, au moins dès le principe, a plus besoin d'expériences intérieures que d'expérlences extérieures pour se manifester et fonctionner. De là la nécessité, rigoureusement démontrée par M. Valeriani, de faire de l'instruction et de l'éducation un sygtème d’expériences et d'idées bien continu et identique à lui-même, et cela dans
toutes les sphères pédagogiques.
PRINCIPAUX ARTICLES. Sergi: Evolution humaine. I. Physique. II.
Mentale. — 8. Lourie : II. Les théories de Vinhibition. — Tanzi et
Musso : Les variations thermiques de la tele sur des individus hypnotisés (avec figures). — G. Bunge : Vitalisme et mécantcisme. — Dal
Pozzo di Monbello : Lumière et chaleur; étude critique sur les hypothèses concernant la nature de la lumière ef sur les doctrines physiopsychologiques de la couleur.— P. Merlo: Etude de mythographie comparée; la plus antique poésie de l'Inde. — A. Vaccaro : Sur la genèse
du délit et du crime. — F. Puglia : Les lois de composition et de
décomposition des agrégats sociaux humains.
La Nuova Scienza,
(Aprile-Ottobre 1888.)
I. La formule pythagorique de Pévolulion cosmique. — M, Caporali
consacre deux articles à l'évolution esthétique, et ces deux articles se
recommandent aux psychologues comme aux artistes, par l'abondance
des faits, la précision et l’ingéniosité des vues.
Lorsque la convergence des énergies nerveuses et du sang artériel,
soit par hérédité, soit par habitude, et en vue de sensations plus agréables et plus intenses, se plait à fréquenter les registres cérébraux du tact
et du sens musculaire, l’homme agit avec rythme et vivacité, il se meut
par élans à intervalles réguliers : il devient danseur. En cela plusieurs
espèces d'animaux ont précédé l'homme, Si la convergence. de l'attention court de préférence aux photographies cérébrales, l'homme acquiert
les dispositions naturelles pour devenir peintre, soulpteur, architecte,
ou du moins habile constructeur, dessinateur, ciseleur, graveur. Si
elle tourne avec plus de plaisir entre les téléphones cérébraux,
l'homme a l'aptitude à devenir musicien, compositeur, ou chanteur,
s’il a une bonne voix. En cela aussi les oiseaux ont prévenu le roi de
la nature. Si la convergence reste dans le district du langage et des
mots symboliques des choses, le discours deviendra rapide, enflammé,
vivant, et nous aurons le poéte, l'orateur, ou du moins le rimeur facile,
l’homme loquace.
Cependant on ne devient pas artiste par le fait seul de diriger l'attention ou la convergence des énergies nerveuses, dans un des quatre
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)districts spécifiques dont nous venons de parler; l'unité de conscience
générale doit mesurer le mouvement et la force dans ces. convergences; celui-là seul est artiste qui sait former des conceptions esthétiques et gouverner sa fantaisie avec l'énergie unitaire (nombre réel)
qui, en embrassant la variélé des images, en repousse toute contradiction et dissonance.
L'art est la nature populaire qui se fait avec les matériaux de la
nature faite dans le cerveau de l'homme d'élite. Celui-ci sent plus profondément les proportions qui plaisent au peuple, les relations essentielles de son type social avec la nature, et il l’exprime d'une manière
splendide, qui éclaire les âmes, concentre la vie et accroit l'harmonie,
en commençant presque à réaliser ce qui est le plus souhaité. L'art
sera donc toujours un grand éducateur ou un grand corrupteur.
La religion de l'homme nu, de l'Hercule vainqueur des monstres, de
Yincarnation des dieux dans les hommes forts et beaux, courant et
luttant dans les gymnases et dans les jeux Olympiques, a fait l'art en
Grèce. La religion de la nature, le goût du paysage, des jardins, des
scènes pittoresques des Apennins, de la vie agreste décrite avec tant
de grace par Horace, Virgile, Catulle, Properce, Ovide, Lucrèce, l'étude
des têtes, de l'expression personnelle, ont fait l'art romain. Le sentiment x la nature, déjà bien développé chez les Romains, éclate chez
les Italiens de la Renaissance. L’admiration des belles nudités fait
renaitre la peinture et la sculpture. Michel-Ange s'inspire de la
Réforme, Raphaël du platonisme. L’impossibilitö de réaliser ces deux
tendances nouvelles a étouffé les beaux-arts par les caprices du luxe.
L'art germanique est animé par la religion] de la pensée; il réussit
mieux dans la poésie lyrique ou dramatique, ou dans l’architecture
irrégulière.
L'élan vers le vrai et le bien fait la bonne poésie. Les peuples qui
ont cherché avec le plus d’ardeur la vérité sont ceux qui ont laissé
la poésie la plus profonde et la philosophie la plus sérieuse. En Italie,
la poésie de la Renaissance est une réaction contre le conventionnel
de l'art byzantin. La décadence vient lorsque Arioste abandonne la
recherche de la vérité dans ta nature, pour divertir avec les fables,
La vie intime des peintres et des sculpteurs est plus dépendante de
la nature extérieure; celle des compositeurs de musique dépend des
exécutants : Wagner en dépend trop; son instrumentation suffoque la
vie du chant.
Le plaisir poétique, comme le plaisir des peintres, des sculpteurs et
des musiciens, est essentiellement pythagorique. Les plus grands
artistes sont ceux qui sentent le mieux le nombre et les proportions;
les dignes admirateurs des œuvres d'art sont ceux qui comprennent
la formation des plus hautes unités.
IL. L'évolution biologique bien entendue. — La sélection d'assimilation, commune à toutes les cellules, la faculté de changer le mode de