Le Probleme des influences etrangeres sur la secte juive de Qoumran

Autor
Dupont-Sommer, A.
Erschienen in
Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses
Jahr
1955
Thema
JEWS
Sprache
Français
Kategorie
C12 Religion
Archivnummer
5425

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Volltext anzeigen11 Seiten

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CONGRÈS D’ARCHEOLOGIE ET D'ORIENTALISME BIBLIQUES DPporm , SOCrAM=ER A Le Problème des influences étrangères sur la secte juive de Qoumran Parmi les historiens modernes du judaïsme, il en est peu qui, traitant des Esséniens, n’aient été frappés par les particularités multiples que les notices de Philon d’Alexandrie, de Flavius Josèphe et de Pline Ancien permettaient de leur reconnaître et ne se soient posé la question : l’essénisme est-il à considérer comme un pur fruit du judaïsme, ou bien a-t-il été marqué par des influences étrangères ? A cette question, depuis 200 ans, les réponses les plus diverses ont été apportées. Passons-les brièvement en revue. Voici d’abord ceux qui ont cherché à expliquer par des développements internes du judaïsme même les particularités de l’essenisme. Pour nombre de savants juifs, Frankel!, Gratz ?, Derenbourg *, Geiger *, mais aussi pour Ewald’, Clemens, Reuss 7, Renan 8, les Esséniens ne sont autre chose qu'une variété des Pharisiens qui ont poussé jusqu’à l’extréme les principes du pharisaïsme. D’autres, sans sortir du judaïsme, ont cherché a serrer le problème de plus près. Pour Ritschl®, par exemple, Yessénisme a voulu réaliser, de façon conséquente, l’idée du sacerdoce universel; le véritable Israël, en effet, doit être, selon l’expression de l’Exode 196, un « royaume de prêtres ». Bestmann 1° reste dans la même ligne, mais relie plus précisé1 Die Essäer. Eine Skizze, dans Zeitschrift für die religiôsen Interessen des Judentums, 1846, p. 441-461 ; Die Essäer nach talmudischen Quellen, dans Monatsschrift für Gesch. und Wissensch. des Judentums, 1853, p. 30-40, 61-73. & 2 Geschichte der Juden, t. III (4: éd), p. 91 ss, p. 697-703 (note 12). Histoire de la Palestine (1807), p. 166-175, 460-462. 4 Jüdische Zeitschrift für Wissenschaft und Leben, t. IX (1871), p. 30-56. 5 Geschichte des Volkes Israel, t. IV, p. 483 ss. 6 Die Quellen für die Geschichte der Essener, dans Zeitschrift für wissenschaft. Theol, 1869, p. 328-352. T Geschichte der heiligen Schriften des Alten Testaments, =? 547. 8 Histoire du peuple d'Israël, t. V (1893), p. 55-77 = Œuvres complétes de Ernest Renan, t. VI (1953), p. 1292-1304. ® Ueber die Essener, dans Theol. Jahrb., 1855, p. 315-356 ; Die Entstehung der altkathol. Kirche (2° éd., 1857), p. 179-203. 10 Geschichte der christlichen Sitte, t. 1 (1880), p. 308 ss.

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CONGRES D’ARCHEOLOGIE ET D’ORIENTALISME losophie grecque ed Zeiler à 'sminent historien de la phi 10, 4, S 371) avait à da le Josèphe lui-même (Ant. Jud. XV, l'essénisme en rapp avec le façon expresse et précise, mis ment l’essénisme à l’idée du sacerdoce aaronide !!, Pour Lucius !?, d'autre part, les Esséniens, à l’époque machabéenne, se seraient séparés du culte du temple de Jérusalem, qu’ils tenaient Eart Orale ge pythagorisme : yevos 8t Todt e race (les Cett « r, jag Mudaydoov xaradedetyév pour illégitime, et c’est ce schisme qui expliquerait leurs singularités. Tout autre est l’idée d’Hilgenfeld!®: les Esséniens ascèse n’ayant d'autre but que de les rendre plus aptes aux révélations divines. Ces diverses explications ont paru à beaucoup insuffisantes. > Juif, 1 Si la ion.. L'historien tent de retemr Joseph parent brit établi rém si net des leurs paint plement voulu piquer l'attention Hilgenfeld lui-même a signalé, dans des études ultérieures, la possibilité d’une influence perse, et même d’une influence boudment sim aussi careers je an iene aurait-il employé une formule ris s dhiste 14. Lightfoot admit aussi, à titre secondaire, influence du parsisme 1°, D’un autre côté, Lipsius, tout en maintenant le : Mais, pour tous ces auteurs, l’influence étrangère n'aurait été qu’un élément accessoire, Pour beaucoup d’autres — et ils sont aujourd'hui la majorité —, l’essenime présente tant de traits étrangers ou contraires au judaïsme traditionnel qu’il faut admettre à son origine l’action déterminante, caractéristique, Pacisaiwy aioéost , .., wae À cienne, malgre son, sucess Toutefois, la thése pythagori adhésion unanime ae enn croissant, fut Join de recueillir une peu vrais ne autorité considérable, ont juge auteurs, d'u Us Sri Rie B Be vS“ Les précurseurs de cette thèse furent F. Chr. Baur et Gfrörer 2° ; mais elle fut surtout soutenue, il y a presque cent ans, par rechen, Die Philosophie der Grie 433 ;: Die h, XV (1856), p. 401-_433 ., 1899, pe u 2e Theol h. ensc wiss für t chrif Zeits ( ome m 2, get Tania : nd siécle de notre ére, Hippo sie ° 22 Notons encore qu’au seco < & st ee déclare curieusement que eee \ notice sur les Esséniens, niens) Essé (des reçu ont qui t les Stoiciens d’Egypte s ce 8ible ,— Beth go rinemar doct . Le rapprochement des es ut a Lesteur Eevpte » wt Kas 27, , 3). école > (Elenkos, y IX, des Stoiciens d’Egyp 1 le rapport ‚marc historique, ant de toute évidence avec celles, de on s-la. celle de la dépendance i ss., 509 ss. Jisrael, t. III, p. 368 ss., 388 celles Geschichte des Volkes Lu met u 306. 24 Geschichte Jesu, t. I, p- 282sap. 573-584. (4 IT t. s..., Volke n sche jüdi 25 Geschichte des . p. ), (1893 yia Nel: ; =. 26 Abraxas (1891), p. 144 | _ . istentum, HI, p. 14 s. 27 U 269 riss Theologie, III (1860), p. 358 ss.; X (1867), p. 97 ss.; XI (1868), p. 343 ss.; XIV (1871), p. 50 ss.; XXV (1882), p. 257 ss.; Ketzergeschichte des Urchristenthums (1884), p. 141-149. 1% St, Paul's epistles to the Colossians and to Philemon, 2° éd., p. 355-396. 28 La légende de Pythagore 16 Article Essäer, dans Schenkel, Bibellericon, II, p- 181-192. 19 Israelitische und jiidische Geschichte (2° éd., 1895), p. 292-296. 20 Philo und die alexandrinische Theosophie, II (1831), p. 299-356. 7, ot ürer 25, A, Dietrich on ment Herzfeld Ri Keim *, E. Schy » Max ellm ‚ I. Lev O. Pfleiderer 2%, et, plus récemment, és euce etc. Marchal *, F. Cumont 3°, J. M. Lagrange *’, L. essentielle, d'une influence venue du dehors. Pour certains, cette influence serait celle du pythagorisme. 72, ta, f, oan) ws ues « la secte des Fharisiens, lq EN Seat beyond e on tes chez qu'on appelië est presque semblable à celle s en ler ae et ns stoicienne » 2%. Quoi qu’il en soit tionnons uteurs; 0 n gra iécle, un i Conybeare '*, aurait influé sur l’essenisme, tandis que, selon Wellhausen !°, ce serait à la fois le parsisme et le platonisme. … Pt Zur Entstehungsgeschichte des Christentums (1894), p. 98-142 ; Die religidsen Bewegingen innerhalb des Judentums im Zeitalter Jesu (1905), p. 11468. 972 18 Art. Essenes, dans Hastings, Dictionary of the Bibel., t. I (1898), p. 767- e en termes nuane > mais là, remarquons-le, il s’est exprim contraire, l’hellénisme alexandrin qui, selon Friedländer !7 et 14 Zeitschrift für wissenschaftliche cque, celle des re e gre ee autre école philosophiqu certains emprunts au paganisme syro-palestinien 16. C’est, au p- 552). 1? Der Essenismus in seinem Verhältnis zum Judenthum, Strasbourg, 1881. 13 Die jüdische Apokalyptik, 1857, p. 243-286. Josèphe s’est plu a rappr it, caractère principalement juif de la secte essénienne, y découvrit en était aussi une du sacerdoce... » (La Palestine au temps de J.-C. 3° éd., 1885, p. 434-436 ; cf. art, Esséniens, dans Encyclopédie des Sciences religienses, t. IV, Ee) hen seme © oe à ore enseigna chez le Mi tique le genre de vie que Pythag que les Esseniens emprunt ren Ce texte, il est vrai, ne dit pas iciens ; mais le rap ochemen leur genre de vie aux Pythagor seraient essentiellement une école d’apocalypticiens juifs, leur 11 Cf. E. Stapfer: « ..les Esséniens ne sont que des israélites exagérés. lis ont pris au pied de la lettre le mosaïsme; ils l'ont poussé à ses conséquences extrêmes. Ils ne sont que des pharisiens conséquents jusqu’à la folie... Si Vessénisme était une exagération du pharisaisme, il est juste de dire qu'il 77 BIBLIQUES 2: 29 d pe de Grèce en Palestine (1927), Bolos Democriti os una Die bucixxL des Bolo sa, ; gier er Anax:ilaos aus Laris @ Magi d der . pce. Akademie, phil.-hist. Klasse, 1998 Abhandlungen der preussischen séances ns, dans Comptes rendus des Br Esseniens et Pythagoriciep. 99 9 ss. 1930, … ions ipti ript 5 Insc imie des ; ), p. 323 ss. CUT 1933) s-Christ (1931 > deme, Le judaïsme avant Jésu . Supplément, t. Bible la de aire ionn Dict 32 Art. Esséniens, dans col. 1127-1128.

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ME BIBLIQUES REVUE D'HISTOIRE 7 ET DE PHILOSOPHIE RELIGIEUSES , 78 CONGRES D’ARCHEOLOGIE ET D'ORIENTALIS wae le dede du pythagorisme en Palestine méme, et, du fait | udaisme postexilique, , dans son en semble, trahi trahit déjà combinaison spontanée d’influences ont cons us plausible de chercher dans le mond igi iranien — ou irano-babylonien — Yorigi l'origine des traits traits ca : ristiques de l’essénisme. . L’infl uence sur la secte juiv sit i done nouvel apport iranien, ‚ plus un| nouvel pl profond et plus ae étendu. étendu. Cet Cotte Fe nt un peu sèche, des Cette revue rapide, et nécessaireme le sur problème de l’origine opinions si variées qui furent émises tre à quel point ce problème, et de l'essence de l’essenisme mon avec pie modalités diverses, est représentée . # « . ; t — outre Hilgenfeld, Lightfoot, Welll sj annéesP mentionné plus haut 3 — par Cheyne **, Bousset ‘aset 55 Holset *°, Hölscher wie #6, xe et difficile. On ne peut ce très vieux problème, est comple diversité plus grande, ique une guère imaginer en matière scientif un plus inquiétant désaccord. |A ces auteurs, ‚il il convient i j \d'ajouter W. . Bauer : 38, ‚ bibien femme p tout en admettant une influence irano-babylonienne, ne celle-ci pour unique, mais la idé Ô mm Pun des éléments : d’un ] arge syncrétism ncréti eont Feecenicme dont l’esséni icert Mais voici qu'aujourd'hui, grâce ran, le problème de l’essénisme se kJ pythagoricienne *, Quant a Guignebert *?, il admet à la fois jen es active influence pythagoricienne » et une certaine nce iranienne; mais il s’agirait, selon lui, « plutôt d’une (1901 itisc i der israelitischen jüdi und jüdischen Religion (1922), p. 207, £ 37 | Le mouvement baptiste en P alestine i et Syrie... 5 Pe ne refuse pas de « conceder que Vesschisme ao), s ne e certaines doctrines ou coutumes » (p. 25) i ” use. L'auteur, evable au pytha- | dans Pauly-Wis sowa, Supplementb., Essener, Art. cit, 38 On. 35 p 384. IV, col. 426 ss. an Essenist e, 40 L’Essénisme, dans Revvne d des questions i historiques, CIX est une branche séparée du tronc judaigque, greffe eve pe aes Pre an trone grécc pythagoricien. Mais le pythagorisme lui-même depend trés pro> doctri es. On arriverait ainsi à moyenne et conciliatrice que }’essenisme dépend de Porient lis sed? gnée, par l'intermédiaire du pythagorisme. > 1 on atisme d'une manière à. La Religion d'Israël, 3* éd. (1933), p. 316 2 Le Monde juif vers le temps de Jésus (1935), p. 226-232 En oi ee RBa D. 209, 36 Geschicht DT e présente à l'historien avec Si donc les ouvrages trouvés dans 33 Voir notes 14, 15, 19. ne est de JÉtithes 7 A ae us l’ensemble de(§l’article nce que pythagoricienne 6). is se prononce pou, rinieens 35 p.Die454Religi es Judentums 1926), r i i eligion des isti im späthellenistischen Zeitalter (3 éd. aux trouvailles de Qoumsi du moins l'on identifie la des données toutes nouvelles, — secte essénienne même. Cette secte juive de Qoumrân avec la n'est pas pour le moment identification, comme chacun sait, a, en moins de quatre ans, unanimement admise, mais elle iques des tendances les plus rallié un très grand nombre de crit ceux qui, au début, s'étaient diverses, et méme plusieurs de 42, Nous ne saurions entrenettement prononcés contre elle n’est pas le sujet de la présente prendre ici de la démontrer : ce ent que la plupart de ceux communication. Observons seulem thèse essénienne reconnaissent qui hésitent encore à adopter la n une parenté étroite avec du moins à la secte de Qoumrâ . l’essénisme. **. de Qoumrân un produit : influence IK du bouddhiisme serait i même ààenvisager envisa pour expliquer le célibat et la communauté des biens ; esse. primitive le Frs ait ee que le mandeisme, une forme ( ühform ») de la Gnose. Notons que Schii i ue pal n'exclut 1 ; Osh si exclut pas la partisan de la thèse pythagoriccienne, que i bilité d’une influence d u parsisme ism s’exercant par l’intermédi ia re ntermédiai du pythagorisme ou concurremment avec celui-ci 3° ; telle est aussi l’idée dee d’Ermoni d’ i #0 *°. Loisy, i au contraire, i penche vers la Art, Essenes, 1dans Enc yclopaedia sn 34Ai i Biblica, t. II ibli venues de foyers indépenet simple de Pune d’entre dants... que de la transposition pure e syncrétiste de Bauer. elles ». Ainsi rejoint-il a peu prés la thés au au Iugement ah peaucouD d'importan ’i ts emprunts à l’Iran ° ik these iranienne, 79 les grottes e bibliothèque essénienne, il est sont réellement les vestiges d'un en en présence du problème clair que la situation de Vhistori ement transformée. Au lieu de de l’essénisme se trouve véritabl d’auteurs anciens étrangers à disposer simplement des notices brèves, ne livrant qu'une inforla secte — notices relativement ecter mation incomplète, et dont on pouvait plus ou moins susp ceux de la génération précéJa véracité (les critiques, surtout t le faire) — , le voici maintenan dente, ne se sont pas privés de leur s dan s ervé cons entiques, en possession de documents auth hui la majorité e essénienne groupe aujourd' 43 On peut dire que la thésjour en jour de nouveaux partisans. Qu'il nous e de le début de des critiques et qu’elle gagn l'avons proposée el soutenue dès sur le Comions soit permis de rappeler que nous rvat Obse 89; p. , 1949 et s, juill Pari aires sur les manusla recherche ; cf. Revue de , p. 26 ss.; Apercus prélimin mentaire d'Habacuc, mai 1950 ss. , p. 105 crits de la Mer Morte, 1950 to be probable that exemple, « it would secm ments 44 Selon H.-H. Rowley, par Essenes » (The Zadokite Frag the into d lope deve ls the sect of the Scrol 1952, p. 82). and the Dead Sea Scrolls,

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OSOPHIE RELIGIEUSES langue originale, copiés par les scribes mém es de la secte, documents non suspects de remaniem CONGRÈS D’ARCHEOLOGIE ET D'ORIENTALISME BIBLIQUES d ent tardif ou d’inter , la. tion étrangère. Grâce aux manuscrits des Pessénisme se révéle à nous directement, grottes de Qoumrân, en pleine lumière, a ses institutions, ses rites, ses doctr ines, celles mêmes dont le secret etait protégé par des serments redoutables. ° Certes, nous ne connaissons encore qu’u ne partie des docu ments trouvés en 1947, et rien n’est enco re publié de ceu i furent trouvés en 1952. Notre examen ne saur ait donc aboutir pour le moment qu'à des conclusions provi soires. Mais dé maintena nt, croyons-nous, il n'est pas inutile de marquer les progres positifs déjà réalisés pour la solu tion d’un problème ea Fa être tenté naguère de cons idérer comme à peu petite halaka sur le Sabbat que nous a conservée l’Ecrit de Damas *® se montre, sur certains points, plus sévère que le Talmud. Mais notons immédiatement un second point : si la secte de Qoumrân, ardemment et indissolublement attachée à la Loi de Moise et aux révélations des Prophétes, est juive, intensément juive, elle a pleinement conscience aussi de représenter une élite dans le judaïsme, d’être proprement la communauté des élus de Dieu. Les autres Juifs, à ses yeux, sont rejetés par Dieu la et voués à la damnation. La secte est seule dépositaire de », ce l’Allian véritable Alliance ; elle est à proprement parler « « la Nouvelle Alliance ». Hors de cette Nouvelle Alliance, pas qui, se de salut! Pour faire partie de cette société nouvelle, superposant et se substituant a l’ancien Israël, est comme PIsraël véritable, l'Israël de Dieu, il ne suffit pas d’être né Juif ; * LE Le premier point que les textes de Qoum rân mettent en lumière, c'est le caractère juif, expressément juif, de la secte de Qoumrân. Ses fondements, c’est la Loi et ce sont les Prophé tes. A tout instant, les documents de Qoumrân se réfèrent A es sources authentiques de la foi juive. Conversion a la Loi à la Loi de Moïse, telle est l'obligation fondamentale de quicon ° entre dans la secte : « ...et qu’il décide, par un serment d'abstinence, de se convertir à la Loi de Moise selon tout ce qu’Il à ordonné, (de se convertir) de tout son cceur et de toute son ame... » *°. Toute faute contre la Loi entraîne l'expulsion de la communauté : « tout homme d’entre eux qui transgressera un point quelconque de la Loi de Moïse délibérément ou chement, on le chassera du Parti de la Comm par relàunauté et il ne reviendra plus; et nul d’entre les homm es de sainteté ne se melera a ses biens ni à son conseil en aucune chos e » 4 La Loi de Moise est Fobjet d'une lecture et d'une médi tation constantes : « Et qu'il ne manque pas, dans le lieu où seron t les dix un homme qui étudie la Loi jour et nuit, constamm ent concernant les devoirs des uns envers les autres. El que les Nombreux veillent en commun durant un tiers de toutes les nuits de l’année pe e r lirel le Liv et pour étudi ze Studi er le droit i et pour béni éni r (Dieu i ) Le Sabbat, notamment, était scrupuleusement observe; la ls, il faut, en outre, une décision et un engagement personne pénètre L’initié le. solennel on initiati une une longue préparation, ent alors dans un monde véritablement nouveau: si étroitem déborde nouveau Israël cet e, judaïsm soudé qu’il soit à l'ancien celui-ci de toutes parts. Trop nombreuses et trop graves sont les innovations, quant aux rites et quant aux doctrines, pour qu’on spontapuisse les considérer simplement comme une évolution est nouveau e judaïsm ce fait, En née du judaïsme traditionnel. les si : rmé transfo ément profond et considérablement enrichi rabbins, si la Synagogue officielle en vinrent. vers 100 de notre celui-ci ere, à excommunier lessénisme, c'est sans doute que du normes des éloigné trop apparut dans son ensemble comme judaïsme et, en quelque sorte, hétérogène. Un fait concret nous semble bien illustrer à la fois l'attace en quoi chement de la-secte de Qoumrän au passé d'Israël et bibliothèla elle y ajoute et le dépasse. Quels livres comportait la Bible de que de Qoumran ? D’une part, l’ensemble des livres ions pres — juive canonique (tous ces livres — à trés peu d’except part, un lot ont été en fait trouvés dans les grottes); d’autre de Vaux a considérable de livres non bibliques, dont le P. déclaré, d’après les vestiges découverts, qu’ils étaient trois fois plus nombreux que les livres bibliques en gros *°. C'est à peu de IV près la même proportion que celle qu’indique l’auteur se, est Esdras pour les livres qu’Esdras, selon cette apocalyp sa memoire et censé avoir miraculeusement retrouvés dans 45 Manuel de Discipline, V, 7-10. 46 Ibid, VIII, 21-24. 47 Ibid., VI, 6-8. 48 Ecrit de Damas, X, 14; XI, 18. 38 Revue Biblique, 1953, p. 565.

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dictés à ses secrétaires: 24 livr es destinés aux « dignes et indignes » (ce sont les livres biblique s canoniques), et 70 réservés aux « Sages » (ce sont les livres secrets, propres aux initiés) 5°, Nous ne connaissons encore que quelques-uns des livres non bibliques trouvés à Qoumran; il s’y trouve plusieurs des « Apocryphes et Pseudépigraphes de l’Ancien Testament », tels que Tobie, Jubilés, Hénoch. Il s’y trouve aussi d’autres livres, antérieurement inc onnus : Commentaire d’Habacuc, Manuel de Discipline, Psaumes d'action de grac es, Guerre des fils de lumiéres, Apocalypse de Lamech, etc. Cette masse d’éécrits, que la Synagogue n’a pas retenus dans son canon des livres saints, ce sont précisément ces « ouvrages des anciens » auxquels, rapporte Josèphe 51, les Esséniens « s’appliquaient avec un zèle extraordinaire ». C’est là que se révè lent à nous, dans toute leur singularité, les doctrines et Les usag es propres à la secte. S’y trouve-t-il certains traits permettan t d’éclairer le problème, ici posé, des influences étrangères ? I] nou s semble qu’il faut répondre affirmativem ent. Limitons-nous ici à quelques exemples. Voici d’abord ce qui concerne Pi nfluence iranienne. Dès la publication, en 1948 et 1949, de quelques extraits des rouleaux trouvés dans | a première grot te de Qoumrân, certains reconnur ent immédiatement que la doctrine de la secte juive était fortement marquée d’un certain caractère gnostique et dualiste, révélant une influence très nett e des conceptions zoroastriennes. Le rouleau appelé « La Guerre des fils de lumière contre les fils de ténèbres » se montrait, à cet égard, de l’Université de Göttingen, déclarait : « Cette structure gnostiparticulièrement significatif. Dès 1950, le prof esseur K. G. Kuhn, que des nouveaux textes peut difficilemen t avoir son origine dans la tradition juive. Elle concorde étonna mment avec la prédication primitive de Zarathoustra, et, de ce fait, elle pose de façon entièrement nouvelle la vieille ques tion de l'influence pars iste sur le judaïsme » %, De notre côté, dès la même année, nous attirions également l'att ention sur l'influence exercée sur la secte. 50 IV Esdras, XIV, 37-47. n 1951, du Manuel de Discipline, devait icati Le peur ee point de plus abondantes lumieres. Dans ce ffet, se trouve insérée une longue instruction sur rae tion hem we bi uement mazdéen, des deux Esprits. Cette instruc an posséd 26), IV, ave tne section nettement distincte (III, 13 a tion instruc al « re, qui précise qu’elle est destinée a titre pt el STe Pienement de tous les fils de lumière » : c'est dire ie ue c'est une catéchèse fondamentale qu’on dev ait ‘lai ment s ie Seulquer a tous les membres de la secte. Nous ne pouvon du celui , ae mer. Dieu a créé lui-même deux Esprits it lumiedes Prince le c’est bien, du L'Espr Mal. du que la celui ténèbres. Br ‘A a ‘a Verité ; l'Esprit du mal, c’est l'Ange des ennemi. Toute Le eme est aimé ‘de Dieu ; le second est son iquent par la s'expl monde du ire Fhitoire m maine toute l’histo e sont sous lumièr de fils Les . mite inc ante de ces deux Esprits es sous a ténèbr de fils les Ind mination de l'Esprit du bien, eux voles, deux , armées Deux à Onation de l'Esprit du mal. A la fin des temps, l'Esprit du mal disparaitra domine me rituals à ce * LE] large mesure », semblait avoir 51 BJ, 11, 8, 6, § 136. 52 Zeitschrift für Theologie und Kirch e, XVII (1950), Heft 2, p. 211, 53 Aperçus préliminaires.., (1950), p. 107, 113, 119. 83 E D’ARCHEÉ OLOGIE ET D ’ ORIENTALISME BIBLIQUES CONGRES RELIGIEUSES la victoire définitive de Dieu et de l'Esprit du même en ce bien, M: is attendant en chaque âme humaine, a sn Je ts présen sont pen is de lumière les deux Esprits 1G purifiées et éme Visite, c'est-âerre ement Jugem nt les Pets des Eus ront entièr jo Brent de la plénitude de la Connaissance divine. Un la coché de rapp ne tel enseignement ne peut pas ne pas être doctrine même des Gäthä, ces poêmes archaiques ine porés ta, et dont il est généralement admis qu ils repré , TA s Qu'on s. proche tant la pensée propre de Zoroastre ou de ses rappelle, par exemple, cette strophe : r:i a dit ucteu : tence, desir l'exis co mmsement de a au com 1 ount saint, disc vais le plus «Je dont tes, ales oa ord rec ni nos choix, ni nos paroles, ni nos ord. ni nos consciences, ni nos ames ne son ” Ni nos pensées, ni nos doctri1nes, nt1 nos forces menta saint Espritt a) és Espri atha, sont appelés Ces deux Esprits, dans les Gatha 3 iman RE you Main (Anra is (penta Mainyou) et Esprit mauva , e choses nest toutes es de r sateu e, cre uniqu i dieu Ahoura Mazda l'Espr,itle saint, re part, les deux Espr Paar et,i d'aut déclarés « jumeaux ». Radicalement opposes , ’ tra uction i j emin, uchesne — Guill dans5 ) a ( (1948). critique avec une traduction commentee des Gäthä asnd I Zor oustre. Etude

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ceux-ci se livrent une guerre acharnée, incessante. Le monde est comme un champ clos: la vie de l’homme est tout entière un combat, un drame grandiose, où sont engagées toutes les forces surnaturelles, réparties en deux armées. Lutte inexpiable des bons contre les méchants, de Dieu et de ses auxiliaires contre les démons, des vertus contre les vices ! Mais le Bien, à la fin, sera victorieux: le Mal sera exterminé. Ce sera le moment décisif, la terrible ordalie par le feu et par le métal fondu. Les sectateurs du Bien seront récompensés dans la « demeure lumineuse », tandis que les méchants seront dans les ténébres et se lamenteront. Faut-il rappeler que l'ancien Israël ignorait totalement cette doctrine des deux Esprits, cette division si tranchée et si totale du monde surnaturel et moral en deux camps radicalement hostiles ; il ignorait ces rétributions d’outre-tombe, cette espérance du « terme ultime » et du Jugement général. A partir de Exil, apparaissent dans les croyances du judaïsme d’importantes innovations, dans lesquelles plus d’un critique, nous l'avons rappelé plus haut, avaient antérieurement reconnu l’influence du monde religieux iranien. Mais jamais ne s'était encore présenté un document ancien d’origine juive portant avec autant de netteté que l'instruction sur les deux Esprits dans le Manuel de Discipline la marque iranienne. Certes, cette instruction juive n’est pas une copie matérielle, une transposition pure et simple de la doctrine iranienne ; en pénétrant dans le judaïsme, celle-ci a abandonné certains traits originaux, qui n'étaient pas assimilables, D’autre part, elle a été démarquée: le nom d’Ahoura Mazda a été remplacé par celui de Dieu (5x), de Dieu d'Israël (nier Ss), et les deux Esprits sont devenus l’un l'Ange de vérité (max 7x2). l’autre l'Ange des ténèbres Gen x). L’Ahriman iranien a pris des noms hébreux : Belial, Mastéma, Satan. Les concepts iraniens ont été le plus possible adaptés à d’anciens concepts juifs : une telle adaptation est de règle dans tous les cas d’emprunt doctrinal. Mais, en dépit des retouches et des corrections partielles, l'ensemble laisse clairement reconnaître, selon nous, une influence iranienne précise. C’est ce que nous avons exposé, dés 1952, dans la Revue de IBLIQQUES ME BIBLI ’ IENTALIS’ É LOGIE; ET D'OR F D’ARCHEO CONGRÈS 85 ante, a des conclusions stude aboutissant, de facon indépend élou s’est ainsi exprimé 5 i s nblables. Récemment, le R.P. Dani pr 5) doctrine (des deux te rave sujet : « L'origine de cette ais des éléments bibliques. Dose une question. Elle comprend Une influence iranienne structure en implique d’autres... _ 57 | : semblable » °'. ‚rai comme Ia vm L’instruction sur les deux Esprits, notons-le, était dontl'écho retrouv ee nien. On en n i me esseéni base de tout le catée chis en ( te e r v ce , s e hes, ! iarc Douze Patr Dou ment dans les Testam ents des aujo e n'est guer lien avec la secte de Qo umrân s aux fils des hommes. 3 voie deux é donn a doute: « Dieu ex eux i s, etd et deuxN conduite i lls, j ns-nous, et deux conseeils, liso c a 2 toutes i e, et deux fins. A cause de cela, de vivr au 1 effet, les vo En re. l’aut e de d ? e en face ar deux, l'un re: ene et „B; et celle du mal... hombre de deux, celle du bien « Sachez donc, 6 mes enfants, que deux Esprits s ocenP l'Esprit de mensonge » er une Yhomme : l'Esprit de vérité et des deux Esprits estS attestee, avec i plus, la doctrine i Bien en e: Voici, menee. Le N Adrie mem A exan i on d'Al netteté= frappante, danss Phil oo = Exo 1 tiones in ffet, ce qu’on lit dans le s Qaes Ae la nance ce e mem ent mom au ‘ Dane toutes les âmes, ulaire et iss Sy lu ne sances, é e temp s deux Puis get: rent en mém énét ] obtient ] av antage, aut et Pautre malfaisante. Si la première ses fins. Si, au contrair os rendue impuissante pour réaliser salutaire n'obtient rien, ou un la seconde qui l'emporte, la ment un gain tout à fait minime. C'est par ces Puissances « “ » Suit alors un long ei h open ele monde entier a été fait... Puissances, qui régissent à la ment sur le thème des deux du monde entier. ici suivant le destin de chaque âme et celui , sances Il est clair que les deux Puis désignen Anges les deux Esprits ou les deux la terminologie philonienne, unique estt ,2 e raique. Un tel tex te, A vrai dire ébra échèése héb de Ja catéch h 1hi nent spe E.R. Goodenoug dans Philon, ainsi que l'a note °’. Mais il n’en cialiste des études philoniennes p (1953), p. 129. 57 Dieu Vivant, n° 25 , er, Ld 58 Testament d'AsJuda , Esprits dans le Manuel de Discipline. Voir aussi Nouveaur Aperçus sur les manuscrits de la mer Morte (1953), chap. VII. arméra yer s nou ve une e sar t on "est conservé seulemen i eo Testament dee Phil Le er. Auch i i à la Sorbonne rre Boyancé, professeur émen re ne et latin PBie nienne, qui son côté, Ya très opportun de , élou Dani RP. ie :D ettres Db € » p. 131. h 19 1953), trim. trim. e (4* 25 ° n° nt, ri Viva i 2 rtait vraiie i l'original grec po tion d'Aucher, virtules; ms goo" Dans dans tjuc u 56 T. XLIX (1952), p. 296-316; article intitulé Die Sektenschrift und die iranische Religion. En Light l'Histoire des Religions 55. Un peu plus tard, le professeur Kuhn, dans la Zeitschrift für Theologie und Kirche 56, publiait une 55 T. CXLIT (juillet-septembre 1952), p. 5-35: L'instruction sur les deux 5 | (1935), Gospel of Hellenisti c Judaism ic Myst The t, Ligh nt duva wets. p. 205, n. 44.

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CONGRÈS D’ARCHÉOLOGIE ET D'ORIENTALISME BIBLIQUES remarquable ; comme l'a écrit cet auteur, la Puissance malfaisante est manifestement Ahriman, et le passage en questio n de Qoumran. Nous ne saurions ici le démontrer en détail. grottes « révéle que Philon connaissait la doctrine perse et en admett ait les postulats ». Quand il écrivait ces lignes, en 1935, Goodenough, évidemment, ne connaissait pas le Manuel de Discipline ; maintenant que nous est connu cet écrit essénien, un peu antérieur à Philon, il est sans doute permis de penser que c’est de la catéchése essénienne, et non pas directement de la doctrin e perse, que Philon s’est inspiré, — de la catéchèse essénienne qui avait elle-même subi l’influence de la doctrine perse. Une telle facon de voir suppose que d’étroits contacts existaient entre les Juifs d’Alexandrie et la secte juive palestinienne. Ce fait, à de nombreux indices, nous parait extrêmement probable. Tout récemment, le R.P. Dubarle, dans la Revue des Sciences philosophiques et théologiques °°, a soutenu que, sur plus d’un point, la Sagesse de Salomon, cet écrit judéoalexandrin si remarquable, qu’on date, généralement, du premier siècle avant J.-C. reflétait l'enseignement même du Manuel de Discipline: « Le judaisme alexandrin, conclut-il, a connu les écrits de la communauté (de Qoumrân) ». Et l’on pourrait encore alléguer bien d’autres faits. Mais les contacts entre le judaïsme alexandrin et les Esséniens de Palestine ont vraisemblablement abouti à des influences réciproques. Parmi les membres de la communauté de Qoumrân, il en est sûrement qui lisaient le grec: n'a-t-on pas retrouvé dans lune des grottes des fragments d’une version grecque de la Bible 6 ? Or, le judaïsme alexandrin, nul ne le conteste, était largement ouvert à linfluence de l’hellénisme. Les Esséniens — par lintermédiaire du judaïsme alexandrin, ou de quelque Laissant de côté des traits importants, tels que le mode de vie communautaire, l’abandon de la proprité privée, le serment d'initiation, Vinterdiction générale de jurer, le port des ve ements blancs, l’ascétisme, etc, nous voudrions seulement, à a Jumière des nouveaux textes, attirer l'attention sur trois pui 3 la prière au soleil, le calendrier propre à la secte, la sainteté | igne noun. FPE d’abord, l’invocation au soleil, Josèphe a note que les e Esséniens, « avant le lever du soleil, ne font entendre rien esse Ya a s ancestrale prières profane, mais récitent certaines du soleil, comme s'ils le suppliaient de se lever » ; en cette cérémonie, Josèphe a reconnu expressément « une forme ae 1x propre de la piété envers la divinite » 65, J] ne sagt one pas d'une pratique répandue dans l'ensemble du ju sm 1 a d’un rite caracteristique de la secte essénienne. En ou noté encore Joséphe, quand les Esséniens ont a satis aire ur > besoin naturel, « ils creusent un trou... et Sy acerouPisse yon T es enveloppes de leur manteau, pour ne pas outrager de Dieu » 6; il est clair qu’ici « les rayons de ieu », ce sont les rayons du soleil : mais cette expression curieuse, qui se mle Bi eus identifier le soleil avec Dieu, révele pour le moins qu aux des Esséniens, l’astre du jour était le symbole même . Dien. Or, Pun des psaumes de la secte de Qoumran conten > ae la cérémonie matinale des Esseniens; le psalmiste, en verit parlant à Dieu, s'exprime ainsi : « et, comme une Dieu, « au point ‚du jour », apparal tau nant examiner. le soleil le symbole et comme la presence de Dieu lu Bien des arguments présentés autrefois par les partis ans de la thèse de l'influence pythagoricienne sur Pessén isme * n’ont rien perdu de leur valeur, selon nous, mais se trouve nt au contraire renforcés par les documents nouveaux proven ant des 62 T. XXXVII (1953), p. 426-443 ; article intitulé Une source du Livre de la Sagesse, 63 Voir R. de Vaux, Revue Biblique, 1953, p. 86. 64 Leur liste est donnée plus haut, p. 2-3 Mi aurore, au point du jour (Ein?) Tu mes appart ne ut ur encore: « „et Tu m’es apparu en Ta force au poin (amd) » 67: Si de on nous, une nette allusion à cette croyance, en même emp ave autre manière — n’ont-ils pas subi eux-mêmes influence du monde religieux hellénistique et, plus précisément, l’influence du néo-pythagorisme ? Telle est la question qu'il nous faut maintes , a sree fidéle « en sa force », « comme une véritable aurore KAA dal s vande evant soleil le nt pas parce que celui-ci, contempla i . ina Chez les Thérapeutes d’Egypte, Philon décrit un rite ma one ore le et semblable à celui des Esséniens : « Les yeux guett nt entier tournés vers l'Orient, écrit-il, ils (les Thérapeu es se le lever du soleil : dès qu’ils le voient, levant les mains ve | ciel, ils prient pour demander une heureuse journée, 65 BJ. 1, 8, 5, À 128. 66 BJ. II, 8, 9, 8 148. D. 9. — Sur la traduction Genouzöt, II, pl. IX, 1, 2 et 19. i nik Testamentum, 11 (1952) Vetus dans ation explic notre voir < au pode p. 235, note 2.

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CONGRES D'ARCHÉOLOGIE ET D’ORIENTALISME BIBLIQ REVUE D'HISTOIRE ET DE PHILOSOPHIE RELIGIEUSES séder la vérité et une vue pénétrante dans leurs réflexions » * Et la Sagesse de Salomon contient une allusion a la méme pratique : « ..pour qu’on sache qu’il faut devancer le soleil pour Te rendre graces et Te rencontrer au lever de la lumiére » (16 35) ; quand se lève la lumière, c’est Dieu que le fidèle « rencontre », c'est Dieu même qui lui apparait. | Josèphe n’a rien dit de la prière du soir chez les Esséniens ; mais il y a tout lieu d'en supposer l'existence, à l’analogie de ce qui se passait chez les Thérapeutes. Voici, en effet, ce que Philon rapporte de ceux-ci : « Ils ont coutume de prier deux fois par jour, à l’aurore et au crépuscule : quand le soleil se lève pour demander une journée qui soit belle — mais de la véritable beauté —, pour avoir l'intelligence inondée de la lumière céleste ; et quand il se cache pour que leur âme, pleinement soulagée du fardeau des sensations et de l’univers sensible, se mette à la poursuite de la vérité » °°. A ces prières du matin et du soir, le Manuel de Discipline fait nettement allusion ; le fidèle de Alliance exprime ainsi sa volonté de se conformer à cette pratique fondamentale (X, 10) : « Quand tombe le jour et quand cesse la nuit, jentrerai dans l'Alliance de Dieu ; et guand commence le soir et quand se lève le matin, je dirai Ses Décrets. » °°, Ainsì, chaque jour, quand le soleil apparait et quand le soleil disparait, PEssénien ranime en lui le sentiment de l'Alliance divine et célébre avec allégresse la sainte Loi du monde. . Semblablement, ainsi que l’a noté le R.P. Festugière ™, « la prière (du matin et du soir) au soleil est un trait de la piété pythagoricienne ». Apollonius de Tyane, par exemple, rapporte que les disciples de Pythagore, à Crotone, se levaient de bonne heure et « observaient le soleil, afin de le prier au moment de son lever » 72, Lui-même avait coutume de le prier au point du jour, et aussi le soir 7°. Et le même rite était en usage chez les adeptes de la Gnose pythagorisante d’Hermés Trismégiste : « Eh bien donc, mon enfant, tiens-toì debout en un lieu à ciel ouvert, 72 Jamblique, De vita Pyth., 256. 13 Philostrate, Vita Apoll., IT, 38, VI, 10, VII, 31, VIII, 13 du Soleil couet, face au vent du sud, au moment de la chute du soleil, en lever au e encor même chant, fais adoration, et de les Esseniens, une prate tournant vers le vent d’est » 75 Chez au reste du judaïsme, tique aussi typique, totalement étrangère me. goris pytha au semble bien révéler un emprunt juive de Qoumrân Voici notre seconde remarque. La secte entiquement conforprétendait détenir un calendrier révélé, auth nté divine. Ce calendrier, me au « Décret du Temps », à la volo s, toutes les fêtes, qui servait à déterminer tous les temps sacré l'ensemble des Juifs. était différent de celui que suivait alors T) nous (LXXII-LXXXI Le livre des Jubilés et le livre d’Henoch ce calendrier spécial, de ques typi ns font connaître les dispositio l’année en quatre saisons tout entier fondé sur la division de exactement 13 semaines, de trois mois, — chaque saison comptant re comptait donc 364 c'est-à-dire 91 jours; l’année tout entiè aire, l’année, un, au contr jours. Selon le calendrier juif comm seulement de 354 jours, était comprenant douze mois lunaires, à autre un mois supplés — ce qui obligeait à intercaler de temp l'année solaire. Le avec mentaire pour rétablir la concordance petit poème sur un côté, Manuel de Discipline présente, de son drier de la calen du tique les temps sacrés, où le trait caractéris ns, est saiso re quat en secte, à savoir la division de l’année 7%. remarquablement souligné (X, 1-8) saisons n’est nulleOr, cette division de l'année en quatre juif. ainsi que chacun sait, ment d’origine juive ; l’ancien monde distinguait seulement deux saisons annuelles : l'été (saison pluvieuse). L'ancien et sèche) et l'hiver (saison froide et chaude ant longtemps que deux monde grec lui-même ne distingua pend r de l'époque hellénistiou trois saisons ; c’est seulement à parti quatre saisons annuelles. que que se répandit le système des attribué à l’école L'origine de ce système est généralement drier de la secte calen le , ainsi pythagoricienne °°. S'il en est bien ce du pythagondan dépe en de Qoumrân se montre, lui aussi, risme. parler’ est inclus Le troisième point dont nous voulons dans le passage du Manuel dans les mots suivants, qui se lisent uction Festugière). Cf, Asclepius, 41, 74 Corpus Hermeticum, XII, 16 (trad on à l'exégèse du Manuel de Disibuti 75 Voir notre étude intitulée Contr (1952), p- 229-243. 68 De Vita contemplativa, § 89, 69 Ibid, § 27. 70 Voir encore Manuel de Discipline, X, 1-3. . 71 Corpu Belles Lettres, icum, t. II (Paris, Les (note 342 s Hermet 89 1945), tum, II cipline, dans Vetus Testamen p. 398 253). 76 Daremberg-Saglio, art, Horae (p. Moun » ulée La sainteté du signe € Belgi intit n atio unic comm notre que, Voir 17 e de royal démie l'Aca de tin Bulle dans le Manuel de Discipline, dans Classe des Lettres, 1952, p- 184-1

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de Discipline relatif aux temps sacrés que nous avons mentionné plus haut (X, 4) : 2 mx Dwmp wip ; ces mots sont à traduire littéralement ainsi : « pour la sainteté des saintetés et le signe noun ». Le mot « signe » (mx) en hébreu sert notamment à désigner les lettres de l’alphabet ; tel est ici manifestement le sens de ce mot, puisqu'il est suivi de la lettre noun elle-méme. Mais pourquoi, dans un poéme sur les temps sacrés, faire mention du noun, d’une des lettres de l'alphabet ? I] convient de se souvenir que le monde hellénistique a vu s’épanouir toute une mystique des lettres de l’alphabet ; c’est là l’un des chapitres les plus curieux de l’histoire religieuse de ce temps, sur lequel d’importants travaux ont été publiés 78, Si donc il est question dans notre passage du signe « noun », c'est-à-dire de la lettre noun, c'est vraisemblablement à cause de quelque mystérieux symbolisme attaché à cette lettre. Or, du fait que les lettres de l’alphabet servaient chez les Grecs à noter les nombres, la mystique des lettres se trouva intimement associée à la mystique des nombres: l’arithmologie pythagoricienne vint ainsi enrichir de significations nouvelles les spéculations sur le caractére sacré des lettres. Quant à la lettre noun, nul n’ignore que sa valeur numérale en hébreu (comme celle du nu, en grec) est 50. Or, Philon QUES ALISME BIBLIQUE ’ IENT E D’ARCHEOLOGIE ET D'OR CONGRES i erlatif grec ay aros, äyiér K 91 la fie . . le plus3 saint | », et il qualifie la lettre noun elle-même, si bien que l’on doit comprendre ainsi ême sainteté de la (avec hendyadis) : « pour la supr En ». noun our la très sainte lettre , © est sacré e ctèr cara tel un PW Gertes Fi la lettre noun possède au un de le que ons ut-étre aussi pour d’autres rais lavue S de e que l e, lettr e e : surj une mêmnet sentte nombre qu’elle represen en am n e s nous i rs on pouvalit imaginer ! Mais il j es dive lism s i ue de la lettre noun est au moin r arithmologiq , est ente sainteté. Ph oe ine “ments essentiels de son émin | de Disci far el le Manu tion du « signe noun » dans intances de et precis des acco vrobablement un indice nouveau pythagoricien. de mon le Ja secte de Qoumran avec * ++ on 1 nous faut maiintenant c onclure. avons cru devoir discerner Dans la secte de Qoumrân, nous Pintuene RE missLe à la fois l'influence iranienne et édait des centre ’oublions pas, possédai jui e, ne l’ou i spora juiv Dia Part : Pneus drie, d’autre en Babylonie, dune part, à Alexan x e re le mon Be i avecei È lawifois sm sme seni L’es ue. eniq én hell e N i n et ave c Je mysticism irano-babylonie était en conta ct à j me étai j aïs le jud pentécontade — est « le plus saint et le plus substantiel des nombres, vu qu’il est constitué, explique-t-il, par la puissance set où se mélérent et se fus fut, ’ en Palestine, comme le creu | | | srent les deux influences. . oda ine erm det , ent pour le mom ne On ne saurait, du moins tgénération de l'univers » 7°. L’excellence hors de pair de la pentécontade est mise, on le voit, en rapport avec le théoréme fameux de Pythagore: le nombre 50 est l’expression parfaite du triangle rectangle, en tant qu’il est égal à la somme des carrés l'influence ira notamment que, sur certains points, n a gr éco-orie e Sti sme sy! réti diaire de ce sync ’i termeédia exercéÄ e par l’in de ce d’Alexandrie nous apprend précisément que le nombre 50 — la (le carré) du triangle rectangle, lequel est le principe de la des trois côtés de ce triangle (3 fois 3, plus 4 fois 4, plus 5 fois 5), ainsi que l’expose Philon lui-même ®°. Il est, repétons-le, « le plus saint et le plus substantiel des nombres » (dyiúraros vat puouxwtaros àpiBuüv). A la lumière de ces mots de Philon, il nous semble que s'éclaire l'étrange expression du Manuel de Discipline « pour la sainteté des saintetés et la lettre noun ». En effet, le superlatif hébreu cm wp « la sainteté des saintetes », c'est-à-dire la suprême sainteté, correspond ici, croyons-nous, au T8 Signalons notamment F. Dornseiff, Das Alphabet in Mystik und Magie (2 éd., 1926). 79 De Vita cont, £ 65. 80 De Spec. Leg, 1I, $ 177. AT ce peu t que vant avan n n 4à (quelle | date et suiv isio écisio prec i une parfaite 1 : sme. ism seni l’es rent sur lités ces | deux influences s exerce nienne se pe n rraneen b eloppa dans le monde medite se dev ve \ a | ; ‘Oriient par Alexandre le Grand conquêéte de l’Or Us s dan en! iraniennes deferlör syncrétisme, les conceptions Mages lénistique: les diverses gnoses de l’époque hel an « hellénisés ». | | | e Se uences étrangeres sur Vessénism bleme des infl Le pro permet La documentation neuen e c don des plus complexes. on> lus près qu'autreiois. de le serrer de beaucoup Pp au e mesure, aux auteurs modern raison, dans une certaine r pou SO e, l'influence iranienn s'étaient prononcés soit pour tort était de ne eten zun l'influence pythagoricienne : leur reali ES pn et de nier la seule de ces deux influences hen ieurs avaient soutenn Rappelons toutefois que plus -la qui avaient influences multiples : ce sont ceux

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É LOGIE ET CONGRÈS D’ARCHÉO 93: D ’ ORIENTALISME BIBLIQUES _ Mais les auteurs mêmes qui avaient cherché à expliquer l'essénisme comme un développement exclusivement juif, indépendant de toute influence étrangère, n’ont pas entièrement la communication Interventions à propos de de M. Dupont-Sommer de vérité. Ainsi, Ritschl et Bestman avaient raison d'insister sur — Li2 ituation iraniiennes. — questions iran P. de Ménasce, spécialiste des de ee ? por tem con époque travaillé en vain : leurs conclusions renferment souvent une part le caractère sacerdotal de la piété essénienne: les textes de Qoumrân ne nous ont-ils pas appris que les fidèles de l’Alliance se nommaient les « fils de Sadoq » et qu’ils tenaient le sacerdoce en particulière estime? Lucius avait raison de souligner que les Esséniens étaient des réfractaires qui avaient rompu avec le culte du Temple : les nouveaux documents, y compris l’Ecrit de Damas, n’ont-ils pas révélé que les membres de la secte abandonnèrent le service du Temple et furent persécutés par le sacerdoce officiel ? Hilgenfeld avait raison de voir dans Pessénisme une école d’apocalypticiens juifs : la bibliothèque de Qoumrân n’a-t-elle pas livré, en même temps que l’A pocalypse de Lamech, des fragments d’Henoch et de nombreux autres ouvrages apocalyptiques ? Enfin, les divers historiens qui ont cherché à ranger les Esséniens dans la ligne du pharisaïsme, même si leur thèse, dans l’ensemble, est gravement erronée, ont eu quelque peu raison, eux aussi, en soulignant le profond attachement des Esséniens à la Loi et à la tradition juives; les documents de Qoumrân, tout en interdisant absolument de confondre essénisme et pharisaïsme, ont montré que les Esséniens, tout comme les Pharisiens, étaient les hommes de la Térd. En vérité, la secte essénienne, à l’intérieur même du judaïsme, fut l’héritière la plus fervente de tout le legs mystique du passé d’Israél. Mais c’est sa ferveur même qui la poussa à rechercher et à absorber ce qu’il y avait alors, dans le monde mystique païen, de plus élevé, de plus fort, de plus conquérant : la Gnose essénienne, essentiellement syncrétiste, intégra à la piété juive la plus ardente les conceptions les plus nobles, les plus hautement spirituelles, et du mysticisme iranien et du mysticisme grec. Le produit d’une telle synthèse fut naturelle- ‘ment d’une richesse et d’une qualité rares, Grâce à sa substance complexe, l’essenisme se trouva doué d’une force de séduction considérable sur les âmes éprises du divin à la fois dans le monde juif et dans le monde païen. Ainsi se préparait le terrain où prit naissance le christianisme, cette secte d’origine juive qui devait si vite conquérir le monde entier. Faculté des Lettres de Paris et Ecole Pratique des Hautes-Etudes. ANDRÉ DUPONT-SOMMER. doctrines iraniennes à une dra de acte re de la formation an est mal connue. L'histoi vio eut P hier gue lon ne d'u écrite a été précédée ion act réd la t as om T era A Par certitu loin d'être connue avec pas rat tion oval est encore Pe ape es de Qumrân 0 demander si une étude des text état du | àa ie n pe op its o espr x quer que la doctrine des deu tt Piut n bie s con ia ‘ end a mai , nne dee maz iquement cha meme am "est as spécif que i fut pendu et brülé, on lui rem Man e squ lor t effe En e. q t dans cnéenn ctai obje lui On x Ames dans l’homme. ames eux maigément de mettre ‘deu pré des uell on d e g savoir la q n de la confessio parlait ’ ja bonne il se osait la ou la mauvaise. influences grecques p lutö t n ombreux mots esti Le manichéisme a tennes . q u'iran 1 nen semble reste p as avoir textes de les par Sukenik dans i mpor tant e , tr 1 ranienn e a dû etre e enc flu Yin que nser q laissent a p ens per sans T eleves subi des q ue le: es oin ns moi Qumr An r des Vorst ves , tue. Diane aadet sti con été ont ens eni Ess Les Abbé Vincent. — fuv - u Moor. Ep! iochus uti ant la perséc i on d "Antioc : usalı ecut : rs fou pa ent étai ils ne d’où tres venaient de Babylo idées pres de e s do t en gig lan oraient la s ice s R 18 SS sdras ; même s'ils ign s e d ui-dire. Ils av idé s par oulce de ces idée i i| ave i iran s tion ltra infi des à ent soumis Sent juives , mais ils étai le m totaale tot Perse (livre d'Esther). e. — Il y3 avait des Juifs en P. . de de Ménascsce. de lumière et des Fils r. — Dans La guerre des Fils indice important et , iens iran es term textee.presen te des , le text a bres MD ae de téna clair. nt Jesus: on des Gathas date de 600 ava P. Ménasce. — La compositi 1 s rine doct let »’ donc Vantériorité des a i N, d'après Meil Chrrisi établie solidement. it impo ssible que la i n, il parait eflexio la rréfl M. l'abbé Laffineur. — Ala ux de. la it le respect le plus scrupule * nauté de Qumran, qui te — glan aveu ve preu une r e en avoi En .. Torah — il suffit de lire la e ien. astr rine du dualisme zoro aes) iare Patr ze dou des ts mal des Testamen ener ae lial he ponte du el de passer que fois. Et cela nous perm cha cite ran Qum de sea eee ts Ets scri manu e elle-même. (Les aux ‘a te n du texte de la règl pa ; 18). com un sera x gieu reli des vie La1-23 1953 es,ance ), Les deux puissances forment s ). ux a , par GuxVermuiss (1-2 de:Juda de Pen les ra, iend conv en on est capital, artis (N25), Mais et ceci qi spas y a entre elles toute la distance il ; es égal as nt so ne Don de Pi e Ang son avec raël : « Le Dieu d'Is ts de pe a créatur nde En eréateur 4 ee lumière. C'est lui qui a Ar en idea tous les fils de Règ la de 6)... Le text lumière et de ténèbres (11-25-2

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formel. Bélial est une créature de Dieu, L’activité de Bélial est subordon. née à la souveraineté divine (IV-16). Dieu mettra un terme à l’activité de Bélial (TV-18)... Toute réserve faite sur Pinformation de Josèphe au sujet de la communauté, la traduction de M. Dupont-Sommer du moog TOV Hau ne s’impose nullement. Ne suffisait-il pas que les membres de la communauté se tournassent à l'heure de la prière vers le soleil pour justifier pleinement l’accusatif grec ?... Il faut, en plus et auparavant, lire leur règle et ce qu’elle dit des temps sacrés de la prière (X-1-3)... Il s’agit du lever et du coucher du soleil, Et à ces moments de la journée, la Règle ordonne formellement à l’instructeur l’offrande des lèvres, c’est-à-dire la prière qui doit bénir le Créateur. Le soleil n’intervient donc dans la pensée et dans la vie de la communauté que pour marquer les temps de la prière, Non seulement, il n'est pas Dieu, mais il n’en est pas non plus quelque symbole plus ou moins grec. Qumrân n’a rien, absolument rien, emprunté au culte solaire du Pythagorisme. M. Dupont-Sommer. Le texte de Josèphe est exactement celui-ci : « olv yap dvacyety tov fhtov... Tatpious 6€ Tivas Elc autéy svyas done (xetevovtes d&vatetha:, Avant le lever du soleil, … ils lui adressent des priéres traditionnelles comme pour le supplier de se lever » (traduction du R.P. Lagrange). II ne faut pas minimiser la portée de ce texte, que le R.P. Festugière a très justement rapproché de l'usage pythagoricien (Corpus Hermeticum, t. II, p. 398). La secte juive de Qumran n'a pas identifié le soleil avec Dieu, mais elle semble bien avoir vénéré le soleil comme un symbole de Dieu ; elle ne l’a pas seulement considéré comme servant à marquer les temps de la prière. 65 Oene ENT - SOMMEN A., Le problème des in fluences étrangères sur la s umrän {influences pvthagor iciennes] 3 cf. Religions diver ses. Fete de — Le problème des influences étran gères sur la secte juive de : RHPhR AXXV 1955 75-94. | Tout en étant l’héritière la plus fervente de trai Je legs mystique du passé d'Israël, la secte essén ienne de Qumrân subit à la fois l'influence iranienne et l'inf luence pythagoricienne, et, dans son esprit essentiellement syncrétiste, adme t les conceptions les plus nobles et les lus spirituelles de la religion irano-baby lonienne et du mysticisme hellénique . Open FE liefs.