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Selon
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La science
grecque et le
problème
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de la mesure
par Geoffrey ER.„Heyd
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Lors de la « révolution scientifique »,
au XVP et au XVIP siècles, les astronomes et les
physiclens ont pratiqué couramment la mesure et ont
utilisé délibérément le langage mathématique.
Mals qu’en était-Il dans l'Antiquité?
Les Grecs, en particuller, ont-ils été capables d’élaborer
une sclence quantitative? La réponse de certains
historiens est plutôt négative. Certes,
Aarons.
Dans L'Omtiquité
greco- Remane en eft
Mer journée étoit d'oisde
em douze heuren, de même
qua fa! muit, oles Hour,
au counh
de L'année
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‘un des grands reproches qu'on a
fail à la science des anciens Grecs.
c'est d'avoir été essentiellement
qualitative. Tant dans les sciences physiques que dans les sciences de la vie.
a-t-on dit, les théories des Grecs ne revétaicnt pas une forme strictement quantitaaFs
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(D aus C.Gimger ef of (eds.),A history
of _febhmology, ca I ‚Ôrford, 4957)
790 VOLUME 19
les Grecs ont eu l'idée de mathématiser la nature;
parfois même, en astronomie par exemple,
Ils ont victorieusement recouru au quantitatif. Mais le
bilan, selon ces historiens, demeure modeste.
G.E. R. Lloyd, qui étudie depuis longtemps la science .
ancienne, réexamine ce problème ef formule
des conclusions beaucoup plus nuancées. Loin d'avoir
ignoré les mesures, les Grecs ont souvent été
tentés d'en faire un usage abusif...
tive (comme c'est le cas dans la physique
et dans la chimie): et elles n'étaient pas
davantage étayées par des données quantitatives précises. L'un des principaux défenscurs de cette thèse était l'historien
des sciences Alexandre Koyré. Dans son
étude intitulée Du monde de U à-peuprès » à l'univers de la précision. il affirmait que les Grecs n'avaient aucune vere
table technologie ni aucune véritable
un instrument de mesure et même de
mesurer quoi que ce soit en dehors des
distances ». Parlant de la science avant
Galilée, il écrivait: « Personne ne s'est
avisé de compter. de peser. de mesurer.
Ou, plus exactement. personne n'a jamais
cherché à dépasser l'usage pratique du
sique au sens où nous l'entendons.ff} re
n'ont jamais cherché. poursuivait-il. à
nombre. du poids. de la mesure dans
l'imprécision de la vie quotidienne. »
L'article de Koyré a cu le grand mérite
d'attirer l'attention sur un problème fondamental et la thèse qu'il avance est claire
et nette. IH lui a tout de même apporté
quelques nuances, en particulier pour tenir compte des réussites des Grecs dans le
domaine de la physique céleste : et. cn ce
qui concerne la physique sublunaire, il a
accordé une mention honorable au « divin Archimède ». L'accent, cependant,
mathématiser la physique de la Terre. La
était mis sur les limites des réalisations de
mais essavé (...) d'employer sur la terre
ce dernier : il avait une statique, mais pas
de dynamique. Comme le montrent ces
science antique, selon Koyré, « n'a ja-
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ON ef me
2) pans da Mioie glatomicienne
der étéments (qui ert une va-chacun
),
riante de 2) atemunne
des quatu efernent er ridentifié & L'un des solide
nagutiens :
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u compexceptions, Koyré s'est bien rend
lexe que
te que le probléme est plus comp
certaines de ses généralisations ne
gèrent. Dans la brève analyse qui
le sugsuit, JC
metenterai d'abord de voir dans quelle
de
sure Koyré a raison lorsqu'il parle util'incapacité fondamentale des Grecs à
liser la mesure. Puis j'illustrerai quelques
uns des aspects tant positifs que négatifs
de la recherche de l'exactitude chez les
reAnciens. Je formulerai quelques
prédes
-uns
ques
quel
sur
,
enfin
marques,
supposés épistémologiques qui sous-tendaient leur attitude.
Aristote a-t-il formulé des « lols » du
mouvement?
Commençons par deux domaines qui
semblent fortement corroborer la thèse
de Koyré: la dynamique (qui constitue
son exemple principal) et la théorie des
éléments. Dans ce que nous appelons la
dynamique, c'est-à-dire l'étude des corps
en mouvement. il est notoire que, jusqu'à
Aristote, les Grecs ne sont pas allés audelà de l'expression de quelques vagues
principes tels que « les semblables s'attirent ». Les atomistes du v“ siècle, par
exemple, ont appliqué ce principe aussi
bien aux objets inanimés qu'aux êtres
animés. aussi bien aux oiseaux qu'aux
galets. Il est bien connu qu’Aristote luimême n'a pas donné une théorie des facteurs qui influencent la vitesse des corps
en mouvement (que ce mouvement soit
« naturel », comme dans la chute libre,
ou « violent », comme dans le cas d’un jet
de pierre). Il s'est contenté de glisser
quelques affirmations souvent très vagues
sur ce sujet dans les exposés consacrés à
d'autres problèmes. Parfois, cependant, il
a suggéré l'existence de proportions remarquables. Ainsi, à propos du mouvement naturel. il a écrit ceci: « Si un certain poids se déplace sur une certaine
distance en un certain temps. un plus
grand poids mettra moins de temps à parcourir la même distance, et le temps écoulé
sera inversement proportionnel au poids:
par exemple, si un poids couvre la distance
en un temps donné, un poids double la
couvrira en la moitié de ce temps. » De
même, au sujet du mouvement « forcé »:
« Si À, qui cause le mouvement, déplace B
sur une distance C en un temps D, alors
dans le même temps, la même force À
deplacera la moitié de B sur deux fois la
distance C. »
D'où ce problème d'interprétation:
Aristote a-t-il voulu formuler des lois précises relatives au mouvement ? A-t-il vraiment voulu établir une relation mathématique du type V x P (la vitesse varie
proportionnellement au poids)? Ce qu'il
dit des proportions a souvent été compris
ainsi. dans l'Antiquité comme à l'époque
moderne. Mais, ainsi que l'ont montré
plusieurs chercheurs modernes. c'est là de
toute évidence une interprétation abusive. Le but principal d’Aristote. dans le
premier passage cité, n'est pas d'étudier
les facteurs régissant la vitesse des corps
LA RECHERCHE
N° 200 JUIN 1988
en mouvement naturel, mais plutôt de
réfuter l'idée qu'il puisse exister un corps
infini de poids infini. Pour cela, il lui suffit
de faire remarquer qu'il existe une proportion, une relation finie entre les temps
ou les vitesses d'une part et les poids
d'autre part. Non seulement il n'énonce
aucune formule du type V a P, mais il ne
s'interroge même pas sur les conditions
dans lesquelles se produit l'accroissement
de vitesse dont il parle. Il tient pour
acquis que l'accroissement du poids entraîne un certain accroissement de la vitesse et ne cherche pas à préciser cette
notion, encore moins à la mesurer.
En second lieu, la suite du passage
relatif au mouvement « violent » montre
qu’ Aristote est conscient des limites d'applicabilité du principe qu’il esquisse. Rien
ne prouve que la moitié de la force considérée soit capable de déplacer le même
objet, si peu que ce soit. Autrement,
dit-il, « un seul homme pourrait déplacer
un navire, puisque la force des haleurs
comme la distance sur laquelle ils font
avancer le bateau sont divisibles par le
nombre d'hommes ». Ceci indique clairement que les proportionnalités ne sont
pas, en l'occurrence. destinées à s'appliquer strictement en tant que règles universelles. Les choses sont encore plus nettes
si l'on considère l'éventail des phénomènes qu'Aristote accepte comme iliustrations de ces proportionnalités. Car il y
inclut le développement et la croissance,
la poussée, l'élévation de température,
ainsi que tout changement de qualité ou
tout mouvement quels qu'ils soient. Et
comme Aristote se fait une conception
essentiellement qualitative du chaud et du
froid, il est évident qu'il n'est pas question pour lui en pareil cas de traduire les
proportions en termes de quantités
exactes.
Quelle qu'ait pu être son importance,
Aristote ne fut pas le seul théoricien de
l'Antiquité à se pencher sur le problème
du mouvement. Plusieurs auteurs postérieurs devaient mettre en cause ses idées.
certains s’efforgant d'élargir la base empirique du débat. Ainsi, au ii siècle av.
J.-C., Straton de Lampsaque s'est appuyé
sur des faits pour confirmer le phénomène de l'accélération (comme nous l’appelons) dans les mouvements naturels;
mais ses observations, à en juger par les
comptes rendus, étaient tout à fait imprécises: « Si l'on observe de l'eau qui se
déverse d'un toit et qui tombe d'une hauteur considérable, on voit tout en haut un
écoulement continu, tandis qu'en bas
l'eau parvient au sol par portions discontinues. Cela ne peut se praduire que si cette
eau traverse de plus en plus rapidement
les espaces successifs (...). Lorsqu'on
laisse tomber une pierre d'une hauteur
d'environ une largeur de doigt, l'impact au
sol n'est pas perceptible, mais si on lâche
l'objet d'une hauteur d'une centaine de
pieds ou davantage, alors l'impact est extrêmement puissant. »
Beaucoup plus tard, au vi‘ siècle de
notre ère. Philopon, le plus virulent criVOLUME 19 PAGE 791
Geoffrey
ER. Lioyd
est professeur
de philosophie
et de science
anciennes
à l'université
de Cambridge
's
College).
il est
l'auteur
de plusieurs
ouvrages
importants
sur la
science
grecque.
la
obtenu
en 1987
la médaille
Sarton,
une haute
récompense
décemée
par lo
History
of science
society
(Etats-Unis).
Seite 3
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VIGICES
oe MESUIEN
avec précision la circonférence de la Terre.
2) suite
Pour consbuuine ces fiquees , IIoton
utilise deux types de Aniamgle de
tique d'Aristote en matière de dynamique, allait tenter de réfuter les conceptions de ce dernier en faisant appel a des
considérations à la fois logiques et empithéorie d’Aristote. Mais la description
qu'il en donne est d’une imprécision remarquable: « Car si vous laissez tomber
éléments, qui étaient essentiellement
qualitatives (telle celle d’Aristote), l’ocriques. I] discerne chez Aristote cette
idée : pour tout mouvement naturel à tra-
(our fe cube)
vers un méme milieu, la durée est inversement proportionnelle au poids du corps
qui se déplace. Ce qu'il commente en ces
4 demi „Triangle
termes: « Ceci est entièrement faux et
Arade bots bus)
porte quelle démonstration abstraite. » Il
envisage alors un test qui réfuterait la
arr
pour
see que um de
er YS dams P autra (c'est
à dine des
vofeuns“ ianotionme Fes >). four
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soie de Démocril
da. lume des alomes varie à Llin-
, chu, Platon,
9
em aecuncha,
"Dos adorée ont des foumes hien
determimeer; mais ath pontdenr
ume earacheustique qui Aug one
qus. ta Abuclins on diumental e cles
jet materiels à quelque chose
! inzationmel .
(D ame GER. Lloyd, Eanty Greek
Greek
Science
Thales
,
to Aristotle . dondnsh,
«
1969,
4969 . P Friedländer loto. An
introduction, trad. H. Meyerhof?,
vol I, dondnes, 1958)
Qhikon de Byzance vers 200
3) arn JC) ee eeua
xandnie (Ar riécle de mo
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eumatiques
4 on a den-
Wr
mé
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nes
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l'observation le montre mieux que n'imen méme temps et d’une méme hauteur
deux poids très différents l'un de l'autre,
vous ne constaterez pas que la proportion
casion était rarement saisie de procéder à
des mesures directes. A l'instar du sec et
de I'humide, le chaud et le froid euxentre les durées des deux mouvements
correspond à la proportion entre les
poids, mais que la différence des durées
mêmes apparaissaient comme des qualités non mesurables. Aristote conçoit les
phénomènes à expliquer et ses propres
est minime. » Même dans ces textes, qui
nous rapportent la discussion la plus serexplications dans un style résolument
qualitatif. Les problèmes qu'il soulève
rée des problèmes de dynamique qui ait
eu lieu dans l’Antiquité, Philopon se
concernent des propriétés de ce genre:
est-ce qu'une substance peut ou non être
contente de montrer de manière tout à
fait générale que les proportions supposolidifiée, fondue ou brisée? Et il se satisfait d'une explication classant les composées par Aristote sont loin du compte: il
sés en fonction des corps simples qui préne rapporte lui-même aucune mesure
exacte obtenue lors d'expériences effecdominent en eux. Son principal ouvrage
tives, si tant est qu'il en ait réellement
effectuées.
Il ne faut pas voir là seulement un blocage conceptuel. Il entre également en
jeu un facteur technique: la difficulté
par um
tube courbe
(b) & um récipient contemant de
J'eou (C). dovique fa Aphira est
chauffée ce grâce à ume erporition au
Hotel » (mau on obtienr rl
même
nésuftaf mote Rhifen, em chouffamt
de aphine par d'
moyens),
Lain he degag e dams e nicipienr
(e) em fourtocn! cles huffes, eb fersLa. höre
pe refroidi, Peau nemonte dams fe bebe vers
La »
A postind'un tef apnaneif, iP aurait
steferal de procéder
à des merugu moins priciser de temyurobe. Hoi mi Pom mi Héron mefaissent Faroparaîhe
‘WW onl
eu +idee d'une teffe apptiication. deurs
dioporitifs (comme tamb d'autres
decrit, dams deurs ceurrer)neserven! qu'à i
um
ends W. Schmidt , Heronis
om&ra
Dlexandrini
CO
opera ,vol.I , deiipgig 1899) ”
792 VOLUME 19
différents types de composés, mais également des phénomènes tels que l'évaporation ou la combustion. Le livre, pourtant,
ne contient pas une seule mesure précise.
Or la pesée et la mesure des composés et
de leurs composants ne se heurtaient pas
appel à des techniques de mesure du
ment parce que les phénomènes à expliquer étaient eux-mêmes conçus en termes
qualitatifs. Dès lors, toute réduction au
procédés en usage dans l'Antiquité (voir
rment of nefiée
consacré à ce travail, les Méréorologiques
(livre IV), évoque souvent non seulement
qu'il y a à mesurer avec précision de
courtes durées. Il ne faut pas, toutefois,
exagérer l'importance de cet obstacle;
car, après tout, certaines des expériences
rapportées par Galilée lui-même dans ses
Discours sur deux sciences nouvelles font
temps guère supérieures aux meilleurs
ChegSe
„une apie (a) nem js
ie Te et fermee heumetiquetration aux théories; elles font plutôt appel à de vagues analogies physiques. A ce
propos, il est frappant de constater
qu'Aristote, lorsqu'il critique les atomistes pour leur incapacité à expliquer les
modifications et interactions des corps.
s'élève entre autres contre leurs tentatives
pour réduire les différences qualitatives à
des différences quantitatives. Et pourtant, aucune théorie atomiste ancienne
n'a réussi à dériver celles-la de celles-ci.
Dans les théories dominantes sur les
À triangle rectangle
quifateral
tiquement pas de mesures précises dans
les relevés-d'observations servant d'illusau genre d’obstacle technique qui existait
à propos de la mesure du temps. Si les
théories qualitatives l'emportaient sur les
théories quantitatives, c'était tout simple-
« Galilée et l'expérimentation » dans
notre numéro d'avril 1983).
Le second domaine qui semble bien
quantitatif prêtait le flanc à la critique: il
ne fallait pas se tromper de « catégorie »!
corroborer la thèse de Koyré est la théo-
La mesure de la circonférence
rie des éléments. La tradition dominante
dans l'Antiquité, en ce domaine, est représentée par les doctrines qui considèrent la terre, l'eau, l'air et le feu (ou
encore le chaud, le froid, le sec, l’humide,
etc.), séparément ou combinés, comme
les éléments fondamentaux. Certes, l'atomisme, dans chacune de ses variantes
grecques anciennes, présente un aspect
quantitatif. Les particules indivisibles
fondamentales se distinguent par la
forme. par la taille, par la disposition et
— parfois — par le poids. Mais, bien que
partiellement mathématiques, les théories
atomistes
de
l'Antiquité
restent
toutes très approximatives, très « impressionnistes » dans leurs applications. On
ne peut pas dire qu'il n'y ait pas de
« règles de correspondance » (l’épistémologue Hempel désigne ainsi les énoncés
qui permettent de relier les énoncés observationnels aux hypothèses initiales);
mais ces règles sont formulées de façon
complètement vague. On ne trouve prade la Terre.
Mais, à côté des domaines que j'ai
cxaminés jusqu'ici et qui corroborent plutôt le jugement de Koyré. il en est
d’autres qui montrent que ce dernier doit
être séricusement nuancé. Considérons
tout d'abord un exemple tiré de la géophysique. Dès l'époque d’Aristote, on
tenta de déterminer la taille de la Terre,
Sa circonférence, comme le rapporte
Aristote lui-même, fut évaluée à quatre
cent mille stades. Nous ne savons pas
quelle fut la méthode employée, ni laquelle parmi les diverses valeurs possibles
du stade fut utilisée pour ce calcul. Selon
les conventions, cette unité de longueur
pouvait avoir diverses valeurs, par
exemple 148,8 mètres ou 180 mètres;
c'est une difficulté qu'on rencontre
souvent en étudiant les Anciens. Par la
suite, on recourut à diverses techniques:
ou bien on utilisa la méthode d'Eratosthène décrite dans l'illustration 4 ; ou bien
Seite 4
Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)FUSILAKE LTD DLATINLEO
4) Enartolflöne de Cynéme (U ‘siècle
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la méthode de Poséidonios, qui consistait
à comparer certaines observations relatives à l'élévation d'une étoile remarquable au-dessus de horizon. La précision des résultats obtenus est diversement
appréciée par les historiens. Mais cela ne
change rien au fait que, à cette Epoque,
on a alors cherché à évaluer la taille de la
Terre en termes quantitatifs précis, par
des calculs effectués à partir d'observations et de mesures.
L’astronomie fournit un bien plus large
éventail d’exemples. De nombreuses observations détaillées étaient faites soit a
des fins essentiellement descriptives (élaboration d’un catalogue d'étoiles, par
exemple), soit pour établir les paramétres
de certains modèles astronomiques, et
N
nos principales sources révélent un souci
constant quant à la précision des instruments utilisés pour ces observations.
Etant donné que Koyré lui-même a déclaré que la physique céleste des Anciens
Alexandre,
©
Syène
rayons
du soie!
était exception qui confirme la règle,
nous n’énumérerons pas ici en détail les
observations astronomiques effectuées
par les Grecs. Micux vaut se demander si
les raisons qui expliquent les succès de
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Je houvaient
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es deux iles concernées.
A quai af
if fst ger que clarus {Arn
l'astronomie quantitative chez les Grecs
sont bien celles invoquées par Koyré.
Selon lui, en effet, la différence entre
physique céleste et physique terrestre
avait pour fondement la doctrine métaphysique selon laquelle le monde supralunaire et le monde sublunaire constituaient deux domaines tout à fait
distincts. Le monde supralunaire, parce
qu'il était considéré comme parfait, apparaissait comme incarnant un ordre immuable.
En astronomie, il est important de s’interroger sur la fiabilité des instruments et
de se rendre compte que l’exactitude des
données varie suivant le contexte. Cela
fait comprendre que la précision des mesures n’a rien d’automatique et que l’objectif a toujours été de parvenir au maximum de précision possible compte tenu
des circonstances. Dans l'Antiquité, rigueur et exactitude ont fait l’orgueil de
cette science. Mais ce n'étaït pas essentiellement parce que l'astronomie s’intéressait aux phénomènes célestes en les
considérant comme immuables: plus simplement, c'était parce qu’elle reposait sur
les mathématiques.
de FT
L'unité de &
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(environ 4h9,8 meh) 7Dams te jou mier cab, de risultaf d vErastolbace
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de 46% trop haut, dams fe 4ecemd can de 4% trop bas par happot à fa memne2 achvellsment adLA RECHERCHE
N° 200 JUIN 1988
Des mesures, en tout cas, ont été effectuées dès une époque très reculée. Platon, déjà, critiquait pour leur « labeur
inutile » les chercheurs qui tentaient de
mesurer les rapports qu'entretenaient les
sons audibles les uns avec les autres.
Mais, comme nous l’apprenons par toute
une lignée d’auteurs postérieurs ayant
écrit sur l'harmonie, d’Aristoxéne à Ptolémée et Porphyre, nombreux ont été les
chercheurs qui, malgré les critiques de
Platon, ont fondé leur théorie musicale
sur des données empiriques, par exemple
grâce à des observations sur le monocorde. Cette étude des « harmoniques »
constitue sans aucun doute l'un des premiers et des plus remarquables exemples
d'une explication quantitative réussie de
certains phénomènes qualitatifs.
L’optique, elle aussi, illustre le développement parallèle, dans l'Antiquité,
des études purement géométriques et des
recherches
empiriques.
En
ce
qui
concerne ces dernières, l’ouvrage le plus
marquant est l’Optique de Ptolémée, tant
à cause de ses tests empiriques destinés à
corroborer les lois de la réflexion qu'à
cause de ses recherches minutieuses sur la
réfraction. Le livre V indique les valeurs
de la réfraction par intervalles de 10° pour
tous les angles d'incidence compris entre
10° et 80°, d’abord pour le passage de l'air
dans l'eau, puis pour le passage de l'air
dans le verre ct enfin pour le passage de
l'eau dans le verre. Il est vrai qu'on a là
l'un des plus beaux exemples de « tripatouillage » de toute l'Antiquité, car Ptolémée a de toute évidence « ajusté » ses
résultats pour mieux les faire cadrer avec
la loi générale. Mais il n'en demeure pas
moins que cette loi complexe n'a pu être
mise en évidence que grâce à un certain
nombre de recherches empiriques impliquant la mesure d'angles d’incidence et
de réfraction; et ce, même si ces recherches n'ont pas toujours donné effectivement les résultats rapportés par Ptolémée.
Il y avait une technique simple de mesure, la pesée, qui était utilisée dans un
grand nombre d'activités, et celle-ci ne
nous écartera guère de notre sujet. Si le
lourd et le léger sont souvent cités dans
l'Antiquité comme étant des propriétés
des substances naturelles, ils étaient
souvent perçus en termes purement quali-
Les succès de la quantification:
théorie musicole et optique.
tiquite , i? avoit au moins
Le slade . Des discunions onl donc flea
monie à une pure théorie des nombres.
Deux autres domaines d'investigation,
qui ne concernent ni l’un ni l’autre les
phénomènes supralunaires et qui étaient
tous deux perçus habituellement comme
mathématiques, nous permettront de tester cette thèse. Dans la science de l’harmonie, qui étudiait les rapports entre les
sons (en particulier dans le cas des cordes
vibrantes), il y avait un débat ancien sur la
nature des phénomènes musicaux étutatifs, au même titre que l’humide ou le
sec, le salé ou l’amer. Parfois, cependant,
il est clairement fait état d'une pesée;
c’est le cas, naturellement, avec le fameux
principe
hydrostatique
d’Archimede.
Chez les auteurs médicaux, la pesée et la
mesure sont au cœur d'un autre débat:
dans quelle mesure la médecine peut-elle
être considérée comme une science
exacte? Certains théoriciens prétendaient
que c'était le cas. Mais d’autres se sont
élevés contre l’idée même de pratiquer la
médecine comme une science exacte, aldiés; certains adoptaient un point de vue
lant parfois jusqu’à refuser une procédure
radicalement empirique, d’autres au
contraire allaient jusqu’à réduire l’harcomme la pesée. Le traité hippocratique
sur L'ancienne médecine déclare par
VOLUME 19
PAGE 793
Seite 5
Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)Selon Pythagore, « fout est nombre ».
Mals que signifie exactement cette affirmation ?
suite
Dau : 40009 kifomébus -Tapnefons qu'Arustote acceprail ume evacmille plades pour
duatiom de
fa cinconfenence de da terre.
0
‘aus
G.E.R.
Lloyd, Greek
exemple: « Vous ne trouverez #1 nombre,
ni poids pour déterminer ce qu'est un
régime alimentaire correct, le seul critère
étant les sensations du corps. »
Ce n'était pas une querelle de pure
forme, car il avait une incidence directe
serait absurde de prétendre que toute la
recherche menée par les Anciens sur la
nature a été hypothéquée par une attitude
de méfiance à l'égard des perceptions. Ce
serait ignorer, pour commencer, que
nombre de philosophes avaient adopté
dans le débat épistémologique un point
Or Gide re 13)
sur la pratique pharmacologique. Alors
que beaucoup d'experts s'étaient contentés de quelques vagues descriptions des
Piaton. Non seulement Aristote avait re-
5) ola. Synk
drogues et de leur dosage, certaines recettes hippocratiques faisaient appel à la
donné un rôle important à la perception
et proclamé que la nature pouvait faire
ggn.
©
A
comnede
intion
des pumdnauy
instuumen
eh
pesée ou à d'autres mesures de matières
sèches ou liquides. Mais, quels qu’aient
été les progrès vers la quantification, on
était encore loin de la perfection; la
quantification elle-même n'était souvent
qu'une façade. Certains auteurs, en fait,
critiquaient même la notion d'exactitude
ubitises ;
effe donne
de vue diamétralement opposé à celui de
l'objet de recherches précises, mais, à
l'époque hellénistique, les deux grandes
écoles positives de philosophie, celle des
épicuriens et celle des stoïciens, avaient
considéré la perception, d'une certaine
manière, comme le fondement ultime de
la connaissance.
dans le dosage et la jugeaient trompeuse.
Ils affirmaient que le traitement devait
Une conception réaliste de ia mesure.
toujours être adapté au malade particulier, en fonction de son état, de sa
des” in foumatiens
Jun Leurs dumemsions
er jun Leun. mode
N
de construction.
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d'imexac
titudes
Bien que bon nombre parmi les grands
robustesse, toutes choses qui n'ont rien à ‘savants n'aient pas pris directement part
voir avec la pesée.
au débat épistémologique, rien ne permet
Un débat analogue réapparaît dans des de supposer que des hommes comme
contextes où l'exactitude prenait la forme Aristoxène, Eratosthène, Hipparque, Ponon plus de la pesée, mais du comptage. séidonios ou Ptolémée aient été animés
Nombre d'auteurs de l'école hippocra- d'un scepticisme radical quant à la valeur
tique attachaient une grande importance de la perception pour leurs recherches.
à l'étude des rapports numériques pour la Plusieurs textes mettent même l'accent
détermination des périodicités, aussi bien sur les difficultés particulières que préà propos des grossesses et des accouche- sente l'observation dans certaines cirments qu'à propos des divers stades des constances. Mais c'est précisément parce
maladies et notamment de leurs phases que l'observation, normalement, ne se
critiques (c'est-à-dire des moments où se heurte pas à de telles difficultés que
produisent aggravations ou rémissions). celles-ci méritent d'être soulignées lorsDans ces deux domaines, certaines des qu'elles se présentent. Il aurait été abidées exprimées reposaient sur des bases surde de la part de Hipparque ou Ptolésolides. Avant l'avènement des antibio- mée de critiquer leurs prédécesseurs pour
tiques, des études ont révélé l'existence
de périodicités marquées dans certaines
affections aiguës (le paludisme, par
exemple). Les thèses soutenues dans certains textes hippocratiques étaient toutefois extravagantes. Mentionnons par
exemple l'idée selon laquelle les douleurs
de la grossesse se produiraient selon un
cycle bien précis (tous les trois jours
quand le fœtus commence à bouger au
bout de soixante-dix jours: et aussi le
troisième jour après le cinquantième jour
de la grossesse et le sixième jour après le
centième); ou encore les combinaisons
fort complexes de jours pairs ou impairs
sur lesquelles reposeraient les périodicidams d'ufilisalion de ces instrummemby, comme, pan epemple
, fer
Onreun» dues à um mauwrain
portionnememl ou à un mauvrais étafonnage . A prone de a
sm
if
arm bins. equatoriafe ,
mote qui? Aufpir d'un ecarf
de sr mimutes dane par nappot au stan de f'équateun
tés relatives aux fièvres. En de tels cas, la
recherche de l'exactitude ne débouche
que sur une quantification trompeuse, sur
une numérologie ad hoc, et non sur
l'« univers de la précision» cher à
Alexandre Koyré.
Si on fait un bilan, il apparaît donc qu'il
est un peu trop simple de dire que les
Anciens ont été totalement incapables de
l'imprécision de leurs observations astronomiques s’il y avait eu à leurs yeux des
raisons épistémologiques fondamentales
de considérer toutes les observations astronomiques {y compris les leurs) comme
sujettes à caution. Ptolémée, tout particulièrement, reconnaît souvent
les
inexactitudes des informations astronomiques qu'il utilise, mais ce n'est ni par
indifférence pour leur ampleur, ni parce
qu'un quelconque principe métaphysique
les lui ferait considérer comme négligeables. Au contraire, il prend toujours
soin de souligner qu'il s'agit d'inexactitudes mineures et que toutes s'inscrivent
dans des limites acceptables vu la nature
du problème traité.
Peut-être est-ce paradoxal. mais le fait
même qu'il ait pratiqué une certaine sélection et un certain ajustement de ses
données en fonction de ses théories révèle
chez lui cette conviction: observations et
schémas théoriques peuvent et doivent
s’accorder. C'est souvent vrai dans la Svntaxe; mais c'est encore plus frappant dans
recourir aux mesures. Interrogeons-nous
l'Optique. Ici, dans les tables de réfracches de Lromze de La pafertia
d'Aferandnie , il a, celle romanmaintenant sur les causes épistémologiques de cette situation. Beaucoup considèrent que le principal facteur qui a joué
contre l’utilisation des mesures a été l’inmilieux étudiés, les résultats sont donnés
comme corrects à un demi-degré près.
Mais ils cadrent tous exactement avec la
de eur option, moarvmemt de
celle.
dur
omd er
être prudent. Car s'il est vrai que Platon
souligne que les phénomènes sensibles
pour emfnaîner une euwun de
Mot hounes dans de cafouf de
S'équimere Partant der cer.-
que ee M gramde esf a. de formation
amcien Tomba eux , que Pers794 VOLUME 19
fluence du platonisme. Il faut cependant
sont trompeurs dans certains contextes, il
tion établies pour les trois couples de
loi générale sous-jacente. Et pourtant cet
aspect même de son travail (qui montre
que Ptolémée a ajusté ses résultats) révèle également un autre aspect de sa penLA RECHERCHE N° 200 JUIN 1988
Seite 6
Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)HISTOIRE DES SCIENCES
5) vite
sée: il estime possible de parvenir à une
parfaite adéquation entre les données obtains détails rapportés dans ces compies
servées et la théorie. Non seulement une
rendus, ils n'en illustrent pas moins la
concordance parfaite entre les généralisations induites des observations et la théorie, mais entre ce qu'il présente comme
manière dont le pythagorisme pouvait
stimuler l'étude quantitative des phénomènes.
étant les résultats de l'observation euxmêmes et cette théorie. On ne voit aucune trace ici des inhibitions engendrées
Condamner la science antique comme
si elle avait toujours été incapable de
par l’idée que les données ne peuvent pas
s'adapter exactement au cadre théorique.
Cet exemple montre au contraire que
l'erreur est due, du moins en certains cas,
au fait que l’on espère (ou que l'on suppose) possible une concordance trop
étroite entre théorie et données.
« Tout est nombre. »
Je me suis attaché jusqu'ici aux aspects
épistémologiques de la pensée grecque
que mous effectvens may ohserwoles « choses ». Même s'il faut rejeter cerquantification est donc tout a fait abusif.
Encore une fois, les présupposés épistémologiques et méthodologiques des Anciens n'étaient pas toujours ni partout
défavorables à la recherche de l’exactitude sous l'une ou l’autre des deux formes
qui nous intéressent ; c’est-à-dire premièrement dans la formulation des théories
rigoureuses et deuxièmement dans la collecte de données précises. En ce qui
concerne le premier point, l'application
des mathématiques à la compréhension
des phénomènes naturels était l’une des
tim», if antive que feurs 4urqui peuvent être considérés (ou qui ont
dois ume modification d'eclainage
été considérés) comme des obstacles à
principales et des plus fructueuses préoccupations de la science antique. En ce qui
une prise de conscience de l'importance
concerne le second point, il y a des cas où
du quantitatif, Mais une autre grande
les Grecs ont tout mis en œuvre pour
constituer des bases de données larges et
faces concaves aubiment par deu
ouront Ja même équimoye
.>>
£
idée des Anciens avait plutôt l'effet inverse, à savoir la doctrine pythagori-
C.Singer ef al. A History
AAA ‚vol. ‚Oxford, (954)
cienne selon laquelle « tout est nombre ».
Il est vrai que la signification de ce prin-
6) Prolémée a dot dams AON
à FemiÀ da
i
AM
laine.
ie
if
senvanf
um
on
Aimewr Jarquie name de Lain
dudams Î'eau ef inversement
(néfnocrion). C'et un disque den!
er quadnarte zont Aubdimsés
-vingh dix panties , comme fe
eur;
it
or „enge dans d'eau de Ace
Jagen que fe miveau de P'eau
Ae comfonde avec fe diamèbu hotigentaP. Em aun point denne de {a
cincemférence du demi-cence pilue
hors de Î'eau (30° par exempfe) est
qdacé um rage de couleur :
cipe est très incertaine : parfois même, il
a pu engendrer un certain obscurantisme.
La relation entre les « nombres » et les
« choses » est en effet exprimée dans des
posait le recours à la mesure: ils ne se
contentaient pas de la pratiquer, ils
l'avaient élevée au rang de concept.
termes différents, voire incompatibles,
Des quantifications abusives
ou prématurées.
selon les sources relatives au premier pythagorisme. Tantöt il est déclaré que les
choses sonr des nombres ; tantôt qu'elles
sont comme des nombres. Plus important
encore, parmi les exemples cités à l'appui
du principe, plusieurs n’ont rien à voir
avec la science (ainsi quand le chiffre
quatre est associé à la notion de justice).
Mais, dans d'autres contextes, la théorie selon laquelle «toute chose est
nombre » pouvait agir — et a effectivement agi — comme un stimulus incitant à
rechercher ces nombres en observant les
phénomènes et en faisant des mesures.
Les pythagoriciens n'étaient pas les seuls
à rechercher des rapports numériques en
étudiant le domaine de l'harmonie. Mais
il est certain que l'expression des accords
de l'octave, de la quinte et de la quarte en
niveau
}de l'eau
de facom & ce que fe ani er de
depDoce una baguette Aun
fe quadram oppoié Adhd Jams d'eau,
là ce
'extrémite
de
tale: à Anfanaune dans Falk -
gmemenf du nupana de copfeun
oF du cenie du disque
. Cefa. pon -
LA RECHERCHE N° 200 JUIN 1988
hit une erreur de jugement en ce qui
concerne la principale faiblesse de la démarche des Grecs. Loin d'avoir été insuffisamment quantitative, en effet, la recherche dans le monde antique l'a parfois
été à l'excès: cela était dû en partie à
l'influence des succès obtenus dans l'harmonie ou l'astronomie. Dans les spéculations auxquelles se sont livrés les Grecs au
sujet de la nature. il est fréquent qu'on
constate une quantification ou une mala correspondance entre les nombres et
exemple l'extrême complication des rapports numériques dans les théories sur la
périodicité dans les maladies: ou encore
rables. Diverses recherches impliquant
centra
ou disque Aeient vus dans
dum ‚narfair alignem end Ruis à
bon nombre de leurs travaux importants
dans les sciences exactes. Une telle critique, en certains cas, est positivement
fallacieuse : elle dénature les faits et trathématisation prématurée ou insuffisamment fondée. On peut citer comme
ces rapports soient corroborés, sinon découverts, grâce à des données mesu-
J'obseurateur glace afers son œil
Reprocher aux Anciens de n’avoir pas
recherché la précision revient 4 minimiser
termes de rapports (1:2, 2:3, 3:4) représentait pour eux l'exemple parfait de
les choses. Il fallait bien, pourtant, que
boquette.
précises. De plus, certains hommes de
science de l'Antiquité avaient parfaitement pris conscience du problème que
des mesures furent tentées non seulement
sur le monocorde. mais aussi par exemple
en mesurant les quantités d'eau contenues dans des verres qui, lorsqu'on les
frappait, produisaient des notes différentes. Il est bien connu que les comptes
rendus de ces recherches sont parfois extrêmement fantaisistes, notamment en ce
qui concerne les résultats numériques obtenus. Mais cela ne retire rien à leur
valeur en tant que témoignages sur le bur
de ces recherches: découvrir à l'aide de
mesures les « nombres » présents dans
la tentative de Galien pour distinguer
quatre degrés dans le chaud, le froid.
l'humide et le sec. De même. dans diverses variantes de la théorie atomiste. les
formes des atomes sont manipulées d'une
manière géométriquement interessante.
mais presque totalement arbitraire. Les
nombres et les rapports géométriques
pouvaient ouvrir l'accès à une meilleure
compréhension des phénomènes mais,
souvent, ils étaient seulement considérés
comme exprimant des valeurs symboliques. Le recours aux mathématiques
avait fréquemment pour effet d’habiller
les théories d’un faux air de certitude,
VOLUME 19 PAGE 795
Seite 7
Im PDF ansehen(öffnet in einem neuen Fenster)comme si des chiffres précis équivalaient
amet de déteumüner d'amgle de xection jour um amgfe d-inidence denne (Pour Tktofemee,
on incident est cetui qui
maat de Ÿ'objer). Les temftals dont
denne» dams P’Ontiqwe Aoun forme
de tobles , maw, pour len +ois couples de milieux étudiés, ce wemttak sem confermes à ume foi
générale erprimee yar:
à une réelle fidélité aux faits. Toujours
est-il que ce trait caractéristique de certains travaux de l'Antiquité (à savoir la
recherche de l'exactitude là où celle-ci
n'est pas de mise) a fait lui-même l'objet
rythmie,
Galien indique que c'est en partie sous
anciens, par exemple de la part de ces
médecins qui protestaient contre certaines tentatives visant à faire de la médecine une science exacte.
Bien qu'il faille apporter d'importantes
n étant d'amgle de réfraction,
À d'angle d'incidence, ea ek b
des constantes comespencdamr
aux théorie des éléments, par exemple. ont
milieux etudes.
apa G.E.R. Lloyd Greek geienafter BristoHle > Äomdrss- 1993)
Pe en dam» Jes cours ffottants
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ode Aon mom : ce touf”
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P'inventien d'ume balance à
poid» mobile dent en voit Pe
Achéma. :
e P'ima bu
plateau
de gauche s'inchme . Em motanr
_ekrythmie.
l'influence de la théorie musicale qu'est
née l'idée d'une théorisation quantitative
du pouls: « De même que les musiciens
établissent les rythmes selon certaines séquences précises d'unités de temps, en
comparant le levé et le frappé (le temps
faible et le temps fort), de même Hérophile
voit dans la dilatation de Uartére un phénomène analogue au levé, et dans sa contraction, un phénomène analogue au frappé. »
Le point intéressant, c'est que. pour
suivre les explications d'Hérophile, il falrésultats effectifs ne sont généralement
pas mentionnés dans les textes. Dans certains domaines de recherches, la manière
dont les Anciens formulaient les problémes orientait l'attention vers les aspects qualitatifs et non quantitatifs. Les
instruments permettant d'effectuer des
lait s'y connaître en théorie musicale.
En examinant cette recherche (qui se
poursuit jusqu'à Galien et au-delà), on
qui était à la fois un sympiôme et une
voi se dégager trois particularités remarquables. D'abord, il était difficile de mesurer exactement les courts laps de temps
en question. D'après l'historien Ammien
Marcellin, Hérophile ne se découragea
pas et inventa une horloge à eau portacause du problème); ils permettaient de
faire des pesées ou de mesurer des lonmais on ignore quelle précision il en obmesures étaient de précision variable (cc
tive, réglable suivant l'âge du patient:
gueurs et des volumes de taille moyenne,
tenait ou espérait en obtenir. Ensuite, on
mais ne permettaient pas de mesurer corconstate que les Grecs ont eu la volonté
de transformer cette recherche en rerectement de courts laps de temps.
L'exemple de l'astronomie montre que.
quand les motivations étaient suffisantes,
les Grecs étaient capables de metire au
point
des
instruments perfectionnés.
En dehors de l'astronomie. c'est surtout
dans la pesée et le dosage des ingrédients
ta eh qu'e
heterorythmie,
rarement fait appel à la mesure; même
quand des mesures ont été réalisées, les
Mais, en général, les progrès des instruments de mesure sont restés modestes.
men dams L'eau, De
quence du pouls varie avec l'âge et identifié trois grands types d'anomalies: parade critiques de la part d'autres auteurs
modifications à la thèse qui caractérise la
science antique comme essentiellement
quantitative, cette thèse a néanmoins une
certaine validité. La dynamique et la
x = ai -bi?
critères: « amplitude », _« rapidité »,
« intensité », «rythme », « égalité »,
« régularité ». I avait compris que la fréentrant dans la composition des drogues
que les Anciens ont recouru de façon
habituelle aux techniques de mesure. On
notera tout d'abord qu'il s'agit là d'une
simple application des procédés utilisés
sur les marchés: et aussi que. là encore.
l'exactitude était souvent illusoire.
I est trop simple de dire que la grande
faiblesse de la science grecque tenait à
une mauvaise appréciation de la valeur
cherche exacte, d'élaborer une théorie du
pouls sur le modèle de la théorie musicale
(qui avait réussi à mathématiser les phénomènes harmoniques}. Si les principaux
accords pouvaient s'exprimer par de
simples rapports numériques. pourquoi
n'en irait-il pas de même avec les rapports
existant entre les dilatations et les
contractions des artères ? Mais il est
clair, enfin, qu'on est unc fois de plus en
présence d'une quantification prématurée
ou insuffisamment étayée. Comme pour
les recherches hippocratiques sur la périodicité dans les maladies, on constate que
les théorisations sur le pouls ent pour
point de départ quelques données réelles :
mais ces données ne pouvaient pas servir
de base à des spéculations théoriques
des mesures exactes. Ce qui a manqué
aux Grecs. en fait. c'est de pratiquer des
d'une telle complexité. La tentative faite
pour réduire les données relatives au
mesures dans le cadre de problèmes bien
pouls à des rapports mathématiquement
cxprimables montre comment les Anciens exergaient parfois leur ingéniosité;
Da portion qu'il Paul denner
au poids mmolife peur xasfaudéfinis, ct seulement dans ce cadre ; étant
Co aprés W.R. Knorr ‚ee Ancient
ment résolus grâce à cette méthode particulière.
bien entendu. naturellement que nul
ner Péquiliere en paul connai- homme de science, ancien ou moderne, mais elle illustre également pourquoi
be des poid» 4pécipiques nefa—
ne peut dire à l'avance quels sont les cette ambition pouvait, dans la pratique.
s
tif) des deur métaus.
problèmes susceptibles d'être correcte- conduire à certaines impasses.
and medieval halances > , in Annali_dell’Istituto e Museo di Storia della
Scienza, supplemento 1982 ,2
(1) Première parution dans
Critique, n° 28, 1948, Réédition
dans A. Koyré. Etudes
d'histoire de lu pensée philosophique,
A. Colin, 1961.
796 VOLUME 19
Le pouls et la théorie musicale.
Un dernier exemple nous permettra de
mettre ce point en lumière. La découverte de la valeur diagnostique du pouls.
attribuée à Praxagoras (c. 300 av. J.-C.),
fut sans aucun doute d'une importance
primordiale pour la médecine. Dès la génération suivante, Hérophile poussa très
loin la théorie des différents types de
pouls, dont il entreprit avec ses disciples
la classification systématique selon divers
Pour en savoir plus
@ A. Kovré. Etudes d'histoire de la pensee philosophique, A. Colin, 1961.
@ TS. Kuhn. The essential tension, University of Chicago. 1977.
© S. Samhursky. The physical world of
the Greeks, Routledge and Kegan Paul
1956.
® G.E.R. Lloyd. The revolutions of wisdom, University
of Californta Press. 1987,
© G.E.R. Lloyd. Les débuts de la science
grecque. De Thalès à Aristote (trad. {r.}.
François Maspero, 1974.