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BOUSSOULAGN,
o | ‘as a
Métaphysique
—
et de
Morale
“1
Les Pythagoriciens
Essai sur la structure du Mélange
dans la pensée présocratique
Avec le Pythagorisme, nous assistons pour la premiére fois dans la
philosophie grecque à la formulation systématique ainsi qu'à l'énumération des entités principales qui entrent dans l'univers de toute mixtion.
Aristote nous a conservé dans la Métaphysique la liste de ces structures
pythagoriciennes. Elles étaient au nombre de dix :
Limite et illimité, impair et pair, un et multiple, droite et gauche.
mâle et femelle, bon et mauvais, carré et oblong !.
Parmi tous ces opposés, ce sont les deux premiers, à savoir la limite
et Pillimité qui sont de beaucoup les plus importants. Mais de ces deux
opposés, seule la limite, synonyme
de la
forme, est spécifiquement
pythagoricienne, constituant, pour reprendre les termes de J. Burnet *,
« la grande contribution de Pythagore à la Philosophie » Le &zetpev
pythagoricien accuse, lui, l'influence milésienne, en premier lieu, celle
d’Anaximandre dont Pythagore fut le disciple. Or nous savons, d'un
côté, que Jes Pythagoriciens considéraient Villimité comme étendu (la
res extensa) et des formes géométriques telles que le point, la ligne et la
surface comme des formes de la limite * ; et, de l'autre, qu'ils « faisaient
consister matériellement toute figure géométrique en un nombre » *.
En expliquant les éléments des corps sensibles comme formes des
figures géométriques et en fusionnant la géométrie et l'arithmétique, les
Pythagoriciens étaient arrivés à « construire, d’après expression d'Aristote ', le monde entier au moyen de nombres ».
1. Cf. Méta A 5.986a15 (comparer à 32B5) : mé:2ç xat dmerzuv, mepittov xai Epriow,
iv mal FARO, dafıöv ma aorcrepôv, Aspev xxi Gidv, Yoimedv xai xivedmevor, edu
xai xaumuÄov, Ging xal oxóros, gig“ Rat xaxiv, TETPIYOVOV xat ÉTEPOUTXES.
2. Cf. Greek Ag À Part 1: Thales to Plato, y. 44.
3. Cf. L’Aurore de la hilosophie grecque, p: 334.
È
4. Cf. G. Milhaud ; Les philosophes geometres de la Grèce, p. 108. qui nous décrit
cette fusion de l’arithmétique et
de la géométrie.
5. Cf. Méla M, 6 1080 b, 18 sq, 1083 b, 8 sq. de Coelo, 1”, 1300 a 16.
REVUE DE MÉTA. — N° 4, 1959.
Page 2
View in PDF(opens in a new window)ste AIUUDIOU LI
Or ils pensaient, toujours d’après le témoignage du même auteur,
que les éléments du nombre sont l’impair et le pair et les éléments de
ces derniers la limite et l’illimité :.
Autrement dit. le nombre impair était
considéré par les Pythagoriciens comme relevant de l'univers de la limite et du fini, tandis que le
nombre pair ressortissait, selon eux, à l’illimité et à l’infini.
Les anciens
commentateurs ont tenté d'expliquer cette conception
par le fait que l'impair met un terme à la division par deux. ce que ne
fait pas le pair, qui comporte ainsi une division à l'infini.
car la division en égaux et derniers continue ad infinitum. Mais si l’impair est ajouté, il le limite, car il empêche sa division en parties égales » *.
Dans l'Aurore de la Philosophie grecque *, J. Burnet explique cela par
qui représentaient les nombres
« Si nous songeons », écrit-il, « à ces figures, nous verrons dans quel
sens il est vrai que la bipartition continue ad infinitum. Si grands que
soient les nombres, il n’y a jamais une unité au milieu d’un nombre
pair. » De son côté, G. Milhaud ‘, s'appuyant sur la Physique d’Aristote 5, a montré que « les nombres impairs donnent une forme invariable,
déterminée, fixe, le carré; les nombres pairs donnent des formes qui
changent indéfiniment ». Et il voit la justification de ce qu'il avance dans
dixième
couple
des
opposés
pythagoriciens,
et érc:óurxes, couple dans lequel le
carré
celui
du
st¢z;wvev
correspond à la limite et
l’hétéromèque à Villimité. C'est grâce justement à cette correspondance
que Milhaud a réussi à ramener presque ® tous les autres opposés pythagoriciens aux catégories fondamentales du Même et dé I’Autre, du Repos
et du Mouvement
; catégories qui joueront un si grand rôle dans la pensee platonicienne en illustrant parfaitement la limite et Pillimité. Or.
dans l’ancien pythagorisme illimité et limite ont avant tout un sens cosmologique. D’après J. Burnet ?, « il semble certain, en effet, que Pythagore identifiait la Limite avec le Feu, et Pillimité avec l'obscurité »
(d’où le couple sci; cxsto: dans la liste des opposés). Il concevait cette
obscurité comme cvincidant avec la respiration du « souffle illimité »
« en dehors des cieux »*. Et ce a champ » d’obscurite ou de souffle infini,
1. Méta A 5.986a : Tou de dubuod eroyeta 76 +: dprrov Kai tó meprerdv, tovtwv Ci
to pe Z-eipcy, 72 GE merecaculvov.
Phys., p. 455,20.
3. P. 833,
4. Cf. Les Philosophes géomètres de la Grèce, p. 117.
5. Phys., Ul, 4.
6. A l'exception du couple mäle-femelle (1psev-07Av).
7. Cf. Aurore, p. 123.
8. Ibid., p. 122. Cf. Aristote, Phys. à 6, 213b 22.
De mème, selon Anaximène, l'illimité se confond avec le vide.
386
Or Aristote, Simplicius le feu qui vun aap pur he i
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Pythagoriciens appelaien
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selon les Pythagoriciens.
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Autrement dit. il y avaiettAéti
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D'après Simplicius, en effet, « tout pair se divise en parties égales, et ce
qui se divise en parties égales est illimité sous le rapport de la bipartition,
« les arrangements de pions en figures
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Page 3
View in PDF(opens in a new window)N. Boussoulas
Les pythagoriciens
nie. del témoignages de Théop
hraste : et d'Aétius * : le
premier
ot pen = a e pole ee la mona
de ou Un, et le nd
ecade-tetr
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qui
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contient
dans
son
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la
limite
et
en du Philébe qui, ainsi
que nous avo
e le montrer dans un travail précéden
t ®, est, en mé
qu'elle produit, le x£:as et le äre-oov.
a
e
Mi pa 1c1, avec le Pyth
agorisme, de multiples points
communs
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platonisme le plus mir,
celui de la toute derni
ère période.
nn dans le cas du
Philébe on
Ainsi
peut retrouver les Idées
(ou Etre
u n) Lan sous
la forme de limite et d'ill
imité au sein de la
ome
p
ien-
+ Etre par excellence,
de méme chez
Lérieurs Pl tre suprême devient le synonyme
e a et le ixerpow, le iv et le mazo ;.
n
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sens, y
|
cet
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Un
l
pytha
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Cause que nous décrit le Philèbe : elle met en contact
de
la
maniére
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le
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la
comment
le
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mutuel.
LA
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tous
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pythagoriciens — qui ne
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font en somme qu'illus-
>
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limite
et
|
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qui
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cesse
lui-même,
. Aét : I, 38
(D.
Eon
tel
le
Logosea 1900) : inibita (les Pythag
oriciens) ótt ti
arta ty Me xat xevov dmeipav, 72
Elvai
pro,
Ex Titres cuyxersat,
3. La Causali
SE THY
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I
è
6° dro cay db
e platonicien.
,
nai povx; Myvnpocuvr, wvonzchr.
388
été emprunté (en particulier chez Héraclite, Parménide, Anaxagore,
Cette justice sera conçue par Jes Pythagoriciens comme le nombre 4.
c'est-à-dire, ainsi que l'écrit M. P. Guérin *, comme « le premier carré
produit de deux facteurs égaux, ce qui indique la réciprocité parfaite » *.
Nous retrouvons là la justification des vues que nous venons d'exposer
relativement à la causalité de la tetraktys-décade-Un, nombre parfait
d'après les Pythagoriciens. Cette entité, synonyme en somme de la Justice par le fait de réaliser la pénétration de l'illimité par la limite, s'avère.
sous sa forme de nombre, la cause universelle des choses et des êtres *.
Elle fut appelée encore dieu par les pythagoriciens Lysis et Opsimos : cf. fragment
douteux d'Athenagore, 5 p., 6, 15, Schwartz «d'après 32 13 15, p. 316. 3».
1. Le régas, tel le male, pénétrant l’2r-15.v femelle.
2. Ci. Timée, 50d : ro piv d:youevoy ptet.
3. Cf. De Coelo, 11, B 13 293a.
4. Cf. le v-üc el le mélange dans le système d'Anaxagore (Buttetin association Guillaume Budé, n° 3, 1956). Ce serait ce sens qu'impliquent le aro Gpixzou et la
E Cf. L'idée de justice dansp. la51.conception de l'Univers chez les premiers philosophes
mepty
menor du fr. 12 (d'Anaxagore).
que nous avons proposé plus haut que l'on peut
6. C'est justement par=le4schéma
= 10. La ( ause = Un (dans le sens du Parmenide pe
grecs de Thalès à Héraclite,
lun.
ils.
té du Bien et ta Métaphysique du mélang
po;
Nous avons déja essayé de montrer dans notre Causalité du Bien et la
Métaphysique du Mélange platonicien que le thème de la pénétration chez
Platon, tout aussi bien que chez les grands présocratiques auxquels il a
mále-femelle.
pe gl PUn pythagoricien nous
apparail comme le grand
y
le milieu et l'enveloppe de l'Univers sont tous les deux des limites.
Pillimité — doit envelopper
card
dialogue d'inspiration pythagoricienne. On y voit la matière (ou illimité)
assimilée à la mère’, traversée par l'âme ou voi; (constellation des
Idées) ; v-i; ou âme, image même de la Limite. L'Ame du Monde pénètre
l'infini de la spatialité-matiére en son centre, en même temps qu'elle
l'enveloppe circulairement : or, d'après le témoignage formel d’Aristote *,
l'infinité.
mez:
les fait entrer en contact
o
limite à l'illimité ? ? On n'a pour s'en persuader qu'à se référer au Timée.
et
lequel on
comment
de pénétration pour ce qui concerne la modalité de l'adjonction de la
Cause
Fees
par le carré suivant :
ne
En effet que fait d’autre le couple mäle-femelle sinon désigner un
thème de pensée de tonalité érotique et, par conséquent, une structure
Empédocle) se développe sur un mode linéaire, en mème temps que circulaire : la limite traverse Yillimit en tant qu'infiniment petit et Penveloppe en tant qu'infiniment grand ‘. Or cette pénétration s’avère être
chez tous les Présocratiques, ainsi que chez Platon, le synonyme de
l'action de la Justice : c'est la Justice en somme qui fait que la limite pénètre
limite et Fr
pour engendrer le mixte.
On pourrait représenter cette entité
Pythagoricie
Justice d’Héraclite ou la Justice-Nécessité de Parménide, pour constituer
l'Être et le Cosmos.
s'expliquer l'identité 1
tonicien) est en mème temps limite (2), illimité (3), mixte (4). Mais1 2-3t+
= 10.
7. Cf. le fr. Il de Philolaüs (Théo Smyrn. 106, 10) : regi 1 (tie texaees) xai
Apgueas dv to a mesi TT dsxdôue » xoì riddacs dv ti a mipi quer » made
Sızkiacıy (comp. Aus].
Page 4
View in PDF(opens in a new window)| C'est elle qui, d'après Jamblique !, égale el définie,
applique dans « des
L'ADIONETION DE LA LIMITE A S'ILLIMITÀ
éléments index, incommensurables
et infinis », « une commune me-
ET
sure n. En tant que nombre parfait, elle est principe
d'harmonie qui
apporte, selon l'expression de G. Milhaud ?, « l'unité,
Ju similitude, l’homogéncilé là où apparaissent d'abord le multiple et
le dissemblable ».
On
Lous les niveaux
de la réalité visible instaure l'ordre et la symétrie : cette cause,
que limite pénétrant l’infini,.sera immanente par rapport
aux choses
n'est pas, en effet, transcendant, ywatords. Par conséquent, la piume
dont parlent les Pythagoriciens aura, d'après l'expression heureuse de
G. Milhaud, « un sens spécial » : elle sera « une sorte de reflet extérieur
d'une réalité interne » ?. Mais en tant qwillimité +, c'est-à-dire comme
comme
Ja causo matériclle 5 dans le même sens que celui que donne le pythagoricien Timée du dialogue platonicien à la spatialilé — matière — ou
errante.
"I
|
|
au cours de ce processus * ; exactement comme l'ensemble de la série
des polygónes inscrits dans un corcle qui naissent suceëssivement dans
cette poussée vers la circonférence, considérée dans ce cas comme limite.
cause
CU
Or il n'est pas difficile de constater que cette entité sera aussi la cause
efficiente et la cause finale : cause efficiente en tant que c'est elle qui
mel
un contact limite et illimité, instaurant ainsi la statue
du mixte ; cause
finale en tant qu'elle ne faisait de tout temps que viser à cette
tore
instauration.
de la Cauméthode d'approximation formulée plus tard par Eudoxe »?.
salité. En tant que nombre triangulaire parfait, ou triangle premier,
elle constitue toutes les figures (sin ou ¿2ía:) $ des éléments
”, et,
par là, ainsi que nous le montre le Timée, elle crée non seulemen
t toutes
les choses sensibles, mais aussi toutes les structures intelligibles que
plus
tard Platon appellera les Idées ?,
:
'
riciens est correcte, nous
l’autre,
Et dans son Thales to Plalo (p. 156): la théorle platonicienne des Formes (sión,
on
it a
idée) «on ils mathematical side is essentially i blo cto gfthelil
systematic inclus
r
fe can reasonably attribute to the Pythagoreans is
+
or etnies shall call morsi and aesthetic forms on an equality with the mathentatical.»
156) en se
rmule lumincusement J. Burnet (Thales lo Plato, p. equality
i
Sensible
«
:
icienne
pythagor
si
teneur
de
Phédon
a
silane cot came
‘
Stob. Hel. 1 proven. cor. 3 [p. 16, 20 W] dodo :
, Qeugeiv det vá ica mai riv vbciav 50 ¿prod xarráy divaute der dot
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Senade’ meydha var nai mavredie xxl navrorpyds xxl Uri xai obpavio fiw
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Avbpunivip dork zul sysuwy xevuvden .. divaute xol müs dsmddog" dusu BE toórag
»
Y. p.
179
(fr. Melatte, Pol.,
2. Ouvrage cité, p. 106,
3. Cf, Ibid., p. 105.
p. 59)
sli
may come to true e u y»
as it were, equality in the making », but howewer near it es
raised by Zeno is 0 sige
with the difficulti
it never reaches it. The connexion of thisation
which never reaches its goal was a 0
The problem of an indefinite approxim
yéveats to oùctx by the evaluation of x
of
relation
the
e
the age (we may Illustrat
.
°
cité
L.
,
Do
.
ones...
3.
cima) places).
érotiques par lesquels Platon nous décrit u le
Ge ber los in
TM es
le Banquel et le Philèbe, cette tendance vers union ct le mélange: ossfrcvar...
„4. Laur. Lyd. de mens., I, 15 : 429dig oùv adriv à Didólaos Textda
mconnyiosuzev
ús Sentintiv 700 ánmiicou,
7. Cf, Burnet, Thales fo Plato, p. 88, n. 1.
l’Aurore,
avait déjà appelé
primitifs (paragr. 91) et Philistion appelait
Iéar les éléments d'Empedocle. Si l'attribution de cette terminolo
gie aux Pytha-
390
na
u
8. J, Burnet écrit à ce propos (l’Aurore, p. 354, n. 3) : + Parménide
popzal les éléments pythagoriciens
Phedon,
a
* 5, Cf. Meta A. 5 986a 15.
|
|
sen Diels, Elementum, p. 16 et suiv. (référence faite par J, Burnet
dans
pouvons dire que les ¢ formes + pythagoriciennes donnèrent
d’une part, aux htumes de Leucippe el de Démocrite (paragr. 174) et,wsde
Andesite,
aux « Idées » de Platon. +
Ù
lc Anda KIL diario.
Nous avons affaire ici à un processus d’approximation indéfinie et
d'exhaustion d'ordre mathématique instaurée par la causalité du nombre
de Leibpythagoricien parfait. Nous sommes ainsi tout près du mot
(corps se
e
dodécaédr
du
niz : Dum Deus calculat fit mundus. L'exemple
rapprochant le plus de la sphère) nous porte en effet à croire avec Burnet
que les Pythagoriciens connaissaient « au moins les rudiments de la
. Nous voyons ainsi, en définitive, que cette « essence réalisée », pour
reprendre le mot heureux de G. Milhaud, épuise tous les modes
MIXTE.
comme c'est le cas pour Jes autres grands Présocraliques, métaphysiciens de la mixtion. Or, c'est en tant que traversé par toute l'acuité et
l'efficience de la limite-forme (qu'illustrerait la flèche d’Apollon, sagiltaire éternel) que l’illimité tend, avec ce désir que le Phédon platonicien
nous décrit !, vers-la perfection de la forme el du zip.
Ce mouvement de tension vers l'appel de la limite, synonyme de passage, de traversée, constitucra cn même temps le Cosmos ei les êtres
qu'il contient. L'univers des étants, qui n'est que l'intermédiaire (verazv)
entre la limite totale et l'illimité absolu, surgira sous forme de putxrév
en tant
sensibles :. le nombre pythagoricien, d’après le témoignage d’Aristote,
nombre étendu, la causalité supréme pourra étre aussi envisagée
DU
Nous avons vu jusqu'ici que la Felraktys-Décade, ou Un pylhagoricien (Causalilé suprème) met en contact ct fait pénétrer Pillimilé par
la limite. C'est justement cette pénétration qui constilue la modalité
de Padjonction du sigas et do lénepoy chez les Pythagoriciens, Lou
peul par conséquent la considérer, dans sa vertu
de limitation, comme
la cause formelle, celle qui dans tous les domaines ct sur
LA NAISSANCE
cef
iy
le Philèbe la yivaaıg gie ousiay : MOUVE+ Processus que Platon appellera dans rée
comme zaprôetyue : « Upper hand »,
(considé
limite
la
qu'est
ment vers la ovale
p. 156).
Plato,
lo
ion de Burnet dans Thales
;
4
a Pi. en, SE. Burnet mentionne A ce propos les Lunules d'Hippocrate ann
duréuevov ZAAov...
ANondelle,(L a
de droites ct de courbes + ibid.). R.contre
du ve siècle) ainsi que « l’inclusionala
È. Franc
même vue que Burnet : il s'élève
finito nel pensiero del greci, p. 187)
Page 5
View in PDF(opens in a new window)Les pythagoriciens
e combinaison
nd de la bonn
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corporeloplepo, paséras ll'- èle |
|
ton. illustrée P
,
:
édicale de Cro
“squilibre
O
it
S'il est vrai qu’ils ont « étudié les propriétés du cercle au moyen de
polygônes inscrits et celles de la sphère au moyen de solides inscrits »,
ils n’ont fait que se rendre compte qu'il y a moyen de passage entre la
droite et le cercle, c'est-à-dire entre la limite et l'illimité.
; côtés d’un polygône inscrit dans un cercle, autreEn multipliant les
ment dit, en pluralisant la droite, illustration de la limite, ils arrivaient
à la courbe, image de l’illimité. Et, inversement, en divisant, en monnayant la courbure en un grand nombre de lignes droites, ils rejoignaient
le polygône inscrit dans le cercle, c’est-à-dire le cosmos de la ligne droite,
l'Univers de la limite.
Nous avons essayé de montrer dans 1'£tre et la Composition des miztes
ae
A
.
:
7
p
mee l'isonomie (icovopia) des opposés (
]
:
2301
froid et chaud. amer et ous “ue je mélange harmonieux
Lon
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En somme, la santé n es een se présente cet autre ! el me
ualités opposées * et tel att ui enveloppe dans son sein régie mi
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;
la musique. La crase musica 4Li rmetiques + est tout entiere PE ous de
3
nstellation de rapports mat ‘sation des contraires. Comm: “am vit
Di povia qui découle de Yharmont rere DE vaveiww vera MATT
Loira.
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nous voyons. dans le Timée, le Demiurge, lors de Ja constitution du mixte
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naissance du mixte. ne peut se réaliser que par division de l'infini '.
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Or c’est bien dans la musique et la médecine, arts cultivés par les
Pythagoriciens, que l'on peut en premier lieu trouver l'illustration la plus
une tension
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caractéristique du produit de cette adjonction de la limite à l’illimite.
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Ainsi que Je Philébe * nous le montrera plus tard. c'est bel et bien dans le
1, Phédon, 86blc : Par, contre la maleate ee Lo
cas de ces deux arts que l'on obtient l’étre symétrique et concordant du
démesurée (Lana 200: Alupale mi, pin re we nh
que le Philébe appellera la usxti xat yeyevypevy cbcta (27b) et qui constisuera dans le cas de ce dialogue, sous son autre nom de xuvó», Je
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roisième genre de l'Être ne signifie, en somme, qu’un arrangement
ıarmonieux, un cosmos : la santé pour notre corps, la musique pour
mareos aise die texte avec cuni à HiPPkimaque) : dans ce deri costs ennemis tels
Banquet (186c|d]e ; di cours tir l'amour et la cenniTnumide, etc. noci nido.
‘otre âme. Ainsi la santé ne sera que le résultat d'un mélange bien
roportionné, d'un équilibre entre les contraires comme nous l’indique
Vert médica! Te chaud. \'amer et Ari imita TÍ aouueT soy Eu zeuovie, usaöTTeFa. Ct. AI méon, Diels. 4 Pi datori uen”
ns el gra arm. a, p. 252. 17 pani
> passage 86b /c du Phédon : le pythagoricien Simmias nous y dit que
4. Tels par exemple di. in Nicom a {p- oa Dai Friedl. Philola. Pour È CLAVE,
mixte qui s’appellera santé dans l’univers de la médecine (muse du corps)
et harmonie dans celui de la musique * (muse de l’âme). Ce mixte (merxtiv)
notre corps est tendu en dedans et son unité maintenue par le chaud
ch PR A petals, nst. mus., IT di ‘la découverte par iano
Cha Fe qui est en rapport étroit av
or de non les E ythagoriciens) pour mettre tout l'accent sur la contridu
1. Nous ne pouvons, por conséquent, être d'accord avec J. Burnet (From Thales
gore de celui d'Anaximandre (auquel celui-là a dû emprunter l'infini). D’après Bur-
6,
.
net, le processus pythagoricien se ferait autrement que par séparation (separating
out) comme c'est le cas pour le mélange anaximandréen. Mais Burnet ne nous explique
pas le fonctionnement de l'adjonction pythagoricienne. Il se contente d'écrire que
« ce qui donne forme à l’areızuy c'est le nepa;. ».
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.
Cf
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5. > Ne Philolaùs ‘ mepi quos TS
Clazoménien.
to Plato, p. 44) lorsqu'il différencie le processus de la limitation de l’illimité chez Pytha-
Timee,
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(Die Sogenannten Pythagorden) á qui il reproche d'avoir trop négligé les prédécesseurs
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[Backh. Philolaos, p. 45).
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View in PDF(opens in a new window)e de Pythagore, Paris, 1926.
sur Les sources dela légend
| Levy (Is.). — Recherches
gore, Rome, 1872.
Pytha
de
ue
nomiq
astro
Hypothése
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Bolog
,
antico
ero
pensi
Mondolfo {R.). — Problemi del
opposées* que l’Un — causalité suprême — englobe et unit dans son sein.
Si tout être enveloppé par lui est un mixte limité, ou, ce qui revient au
même, une mesure, une harmonie limitée *, le Cosmos, lui, sera le mixte
total, le nombre achevé du mélange intégral.
Ainsi, en définitive, aussi bien dans le microcosme humain que dans
le macrocosme universel, ’harmonie qui régit le mélange est toute puis-
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sante : le corps et l’àme de l'univers, aussi bien que de l'homme, est une
crase, un mixte harmonieux. Toute la nature, sous l’effet de la cause
parfaite de l'Un — limite illimitée — mixte accompli, n'est dans sa racine
la plus profonde que nombre et symétrie.
N. BoussouLas.
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1. Cf. fr. 6, de Philolaus qui considère les noms de gis et de &ouovia comme
synonymes (nel púsios xaì xopoviac).
2. Cf. Procl. in. Tim., I, 176, 27, Diehl : ... «lc amovshetex xdopos dl tvavelwv
hpuoziuivos, dx meoztvivewy es xai amipwy doeornawe Axrz tov Diddhaov.
3. Les êtres et les choses au sein du Cosmos étant en somme des-mixtes qui contisnnent Ja limite et l'illimité à des degrés différents de tension (+ attunement »),
394
Halle
ge dans
élan
de mélan
Essai sur
ur |la siructurepis
N., Les Pythagoriciens.
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| Selondans
385-395.
V 1959
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