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View in PDF(opens in a new window)USAGES ET FONCTIONS DU SECRET
DANS LE PYTHAGORISME ANCIEN
Présentant une triple dimension: religieuse, philosophique et
politique, le Pythagorisme ancien est, en ce qui concerne le secret,
exemplaire à double titre: il s’agit là, dans le monde occidental à
tout le moins, de la première « société secrète » sur laquelle nous
possédons quelques informations à peu près incontestables; et, dans
ses grandes lignes, l’organisation de cette «société secrète » est
similaire à celle de la plupart des autres « sociétés secrètes » connues.
Le contexte historique et la localisation géographique
Pythagore, originaire de Samos, une île de la mer Égée, au large
de l'Asie Mineure entre Éphèse et Milet, aurait quitté sa patrie en
532/1 av. J.-C., pour échapper à la tyrannie de Polycrate, et serait
venu s'établir en Italie du Sud, à Crotone', qui était alors au plus
bas, par suite d’une défaite que lui avaient infligée les Locriens?.
Avec ses disciples?, Pythagore aurait joué un rôle politique déterminant, en conseillant aux Crotoniates, entre autres choses, de rejeter
Pultimatum de Sybaris exigeant l’extradition de quelques aristocrates
exilés. Ce refus aurait entraîné une guerre entre Crotone et Sybaris,
cité dont l’opulence était proberviale; défaite, Sybaris fut détruite
en 510 av. J.-C.*, Au lendemain de cette victoire, des troubles
éclatèrent à Crotone, peut-être au sujet du partage des terres des
vaincus; Pythagore dut quitter la cité pour Metaponte‘.
Mais
le
départ
du
philosophe
de
Crotone
n’entraina pas
disparition de ses partisans. Dans les années qui suivirent, en effet,
l'influence du Pythagorisme ne cessa de s'étendre en Italie du Sud®.
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View in PDF(opens in a new window)Cette influence se faisait sentir par l'intermédiaire d'hetairíai *, groupes
toute cette période, les différents groupes pythagori
ciens qui éclorent
dont les membres partageaient les mémes convictions (religieuses,
çà et là présentérent un certain nombre de traits communs.
philosophiques, politiques, éthiques etc.) et le même genre de vie ;
Voilà pourquoi, dans un article récent, Walter Burkert U s’inspirant des travaux du sociologue Bryan R. Wilson” et de l'historien
de l’Antiquité gréco-romaine, Arnaldo Momigliano”, assimile
ces
groupes qui, par ailleurs, avaient pour but soit d’accaparer les
magistratures soit d’y exercer une influence determinante. L’opposition
groupes pythagoriciens à des sectes. Une secte peut être ainsi définie.
suscitée par ces groupes, qui devaient avoir une orientation oligarchique, laisse penser que leur action n’était pas sans effet.
Dans la première moitié du V° siècle av. J.-C., on trouve la
trace de groupes pythagoriciens à Métaponte, à Tarente, à Locres,
Il s’agit d'un groupe de protestation minoritaire qui présente ces
4
caractéristiques :
1. il propose un genre de vie différen:
t
2. il impose une organisation impliquant
2.1. des réunions de groupe régulières,
2.2. un certain type de propriété commune ou co-opérative ;
3. il suppose un niveau élevé d’intégration spirituelle qui procéde
à Rhégion et jusqu’en Sicile’. Par ailleurs, expansion politique de
Crotone à cette époque ne fait aucun doute ; il est cependant difficile
de savoir si le Pythagorisme servit à cette expansion. La prépondérance de Crotone inquiéta ses voisins, puis buta sur l'hostilité de ses _
d'un accord relatif à des croyances et à des pratiques
:
3.1. cet accord se fonde sur une autorité qui peut être
alliés. De plus, à l’intérieur, les tendances oligarchiques des Pythagoriciens soulevèrent l'hostilité du peuple. À une date inconnue,
3.1.1. soit un chef charismatique,
3.1.2. soit une doctrine interprétée d’une façon non orthoentre 455 et 445 av. J.-C., les Pythagoriciens de Crotone furent
massacrés, exilés, pourchassés et leurs lieux de réunion furent brûlés e
doxe ;
3.2. cet accord implique, par choc en retour, une autoidentification du groupe fondée sur l'opposition eux/nous,
3.3. et cet accord justifie que des mesures soient prises contre
les apostats ;
Le Pythagorisme semble alors disparaitre comme facteur politique,
une telle impression pouvant toutefois s'expliquer par un manque
d'information. Il ne réapparaitra qu’au début du IV“ siècle av. J.C., à Tarente cette fois. On sait peu de choses sur l'histoire de
cette cité dans le premier quart du V° siècle av. J.-C. Touchée par
l'influence du Pythagorisme, Tarente n’entra cependant pas dans
4. et il présente une grande stabilité
l'orbite de Crotone. À partir de 470 av. J.-C., elle fut régie par
une démocratie modérée (Aristote, Politique VI 5, 1320 b 7 sq.),
avec une Assemblée, un Conseil et des magistratures annuelles, dont
la
«Stratégie»
était
la
plus
importante.
C'est
d’ailleurs
comme
« Stratège » qu’Archytas exerga, dans la première moitié du IV°
siècle av. J.-C., une autorité quasi absolue pendant sept années
consécutives ", À cette époque et dans ce contexte, il représentait
bien l'idéal du philosophe-gouvernant que Platon, qui avait rencontré
Archytas en 388/7 av. J.-C. avant de se rendre à la cour de Denys
I
de Syracuse, exposera notamment dans la République, dialogue écrit
4.1. à travers le temps
aenNeOS
4.2. et à travers l’espace.
Or, plusieurs des critères intervenant dans cette définition de la
secte : différence, exclusivité, auto-identification notamment appellent
tout naturellement la pratique du secret, pratique consistant, selon
l'étymologie du mot « secret » qui vient du latin secernere « séparer,
mettre à part », à réserver un certain type d’information à un nombre
limité de personnes. D'ailleurs Aristote “ et ses disciples, Aristoxène !
de Tarente et Dicéarque de Messine, portent témoignage de
l'existence de cette pratique dans les groupes pythagoriciens.
entre 385 et 370 av. J.-C.
En définitive, les groupes dont je vais parler se situent d’un
point de vue géographique en Italie du Sud. Le premier qui se
développa à Crotone sous l'influence de Pythagore à partir de 530
La pratique du secret
av. J.-C. fut dispersé entre 455 et 445 av. J.-C. ; et le second eut
pour figure centrale Archytas qui, à Tarente dans la prémière moitié
du IV" siècle av. J.-C., exerça une influence politique et scientifique
considérable. Il est pratiquement impossible de déterminer sur quels
points et de quelle façon évolua le Pythagorisme entre 530 et 350
av. J.-C.
88
en Italie du Sud.
Mais tout porte à croire que,
durant
Replacée dans un contexte plus large, celui de la théorie de la
communication, la pratique du secret chez les Pythagoriciens résulte
d'un double choix concernant d'une part le moyen de transmission
et de l’autre le mode de formulation du message transmis.
Page 3
View in PDF(opens in a new window)L'opposition parolelécriture en Grèce ancienne
et
Le choix fait par les Pythagoriciens en faveur de Poralité
q,
ue
historiq
e
context
son
dans
replacé
être
doit
e
l’écritur
contre
Au cours du XII siècle av. J.-C., en Grèce continentale, s'écroule
la civilisation mycénienne, dont le centre était le palais, oú un
personnage nommé wanax entassait les produits du pays dans ‚ses
magasins, contrólait l'élevage et comptabilisait hommes, bétes et biens
avec une extraordinaire minutie, comme en témoignent les tablettes
en écriture syllabique, dite linéaire B, provenant de Cnossos, Mycènes,
Pylos et Thèbes, et que déchiffra Michael Ventris en 1952 tO
Suivent quatre siècles qualifiés d’« obscurs », surtout en raison de
notre ignorance les concernant. Il n’en reste pas moins que la
disparition de la civilisation mycénienne entraîna une véritable régression de la vie matérielle et culturelle; entre autres, l’usage de
l'écriture disparut. Comme invitent à le penser VIliade et l'Odyssée,
le centre de la civilisation devint alors le « domaine » ofkos aristocratique appartenant à des nobles, guerriers et propriétaires fonciers,
dont l’un s'impose aux autres comme roi, juge, législateur et chef.
L'époque archaïque qu'on situe entre 800 et 500 av. J.-C. est
probablement la plus importante de l'histoire grecque. Dans tous les
domaines, s'y produisent des innovations fondamentales. Sur le plan
politique, la nouveauté majeure est le développement de la « cité »
(polis) ; et sur le plan culturel, la réapparition de l'écriture présente
une importance capitale. Après une éclipse de plus de quatre siècles,
l'usage de l'écriture est réintroduit en Grèce ancienne. | Ayant
emprunté aux Phéniciens leur syllabaire consonantique, qui lui-même
n’est qu’une variante des systèmes sémitiques occidentaux inventés
au II° millénaire av. J.-C., les Grecs, dès le début du VIII" siècle
av. J.-C., notèrent la voyelle à côté de la consonne et en combinaison
avec elle. Cette innovation technique entraîna une véritable révolution
dans le domaine de la lecture qui ne fut plus réservée, comme c’est
le cas dans un système d'écriture syllabique, à un petit groupe de
professionnels capables de suppléer les déficiences d’une notation des
seules consonnes: elle devint une activité à la portée de tous les
citoyens possédant quelque loisir. Par ailleurs, en Grèce ancienne,
la lecture à haute voix pour un auditoire était beaucoup plus
fréquente que la lecture individuelle et silencieuse. Bref, ces deux
caractéristiques: système d'écriture où sont notées les voyelles et
lecture à haute voix, destinaient tout écrit à un très large public,
potentiellement à tout le moins”.
Si on le considère du point de vue du rapport entre l’émetteur
d'un message et ses destinataires, l'opposition parole/écriture peut
90
être ainsi décrite. Lorsqu'un message est transmis oralement, cette
transmission se déroule dans le cadre d'un face à face où l'émetteur
peut choisir ses destinataires. En revanche, lorsqu'un message est
transmis par écrit, en Grèce ancienne notamment, l'émetteur n’a plus
aucune prise directe sur les destinataires du message. Voilà pourquoi
Pythagore et ceux qui se réclamèrent de lui, jusqu’à Philolaos, un
contemporain de Socrate, se refusèrent absolument à utiliser l’écriture
comme moyen de communication ?.
D'ailleurs, les termes mêmes qui
désignent les doctrines de
Pythagore et des Pythagoriciens et ceux qui désignent les membres
des différents groupes pythagoriciens et leur lieu de réunion portent
témoignage de ce refus.
Le terme le plus ancien
et le plus couramment utilisé pour
désigner les doctrines de Pythagore et des Pythagoriciens est le
pluriel neutre akoúsmata”. Or, en grec ancien, le substantif dkousma
est formé à partir du verbe akoúó « entendre » et du suffixe -sma,
qui indique le résultat de l’action désignée par le verbe. Par
conséquent, les akoúsmata ce sont ces doctrines auxquelles on prête
l'oreille, parce qu’elles ne sont transmises qu’oralement. Qui plus
est, lorsque, à partir de Philolaos, il exista des écrits pythagoriciens,
ces écrits furent qualifiés d’hupomnémata”, pluriel neutre d'hupómnéma, terme formé à partir du verbe hupomimnéiskomai « se rappeler,
se souvenir » et du suffixe -ma. Un hupémnéma, c'est, conformément
à l’étymologie, un « aide-mémoire », c’est-à-dire un écrit qui se borne
à prendre le relais d’une mémoire défaillante, mais qui ne donne,
en aucun cas, l'exposé intégral d'une doctrine.
Par ailleurs, les membres des groupes pythagoriciens sont qualifiés
d’homäkooi”, un composé formé à partir d'un adverbe de forme
dorienne homäi « ensemble » et du nom d'agent akoós « auditeur » ;
les homäkooi, ce sont donc les « co-auditeurs ».
Enfin, le lieu de réunion des Pythagoriciens est appelé
VhomakoeionTM, c’est-à-dire le lieu d'audition commune.
On comprend dès lors que celui qui entend devenir membre d’un
groupe pythagoricien et qui veut le demeurer doive respecter un
certain nombre d’interdits à usage interne et à usage externe, mais
qui tous ont trait à la parole.
1. Pendant 5 ans, le postulant doit se contenter d’écouter sans
prendre la parole”. La chose laisse penser que les groupes pythagoriciens pratiquaient une sélection à l'égard de ceux qui manifestaient
le désir d’en devenir membres et que ces groupes avaient une
organisation hiérarchique, sur laquelle cependant il est trés difficile
de savoir quelque chose de précis et de certain.
2. Par ailleurs, les membres des groupes pythagoriciens doivent
Page 4
View in PDF(opens in a new window)toujours éviter de prononcer le nom de Pythagore, à qui pourtant
se voit attribué tout point de doctrine par l’intermédiaire de la
formule : autós épha « il (le maître) » a dit (que)... » °°. En définitive,
chaque membre du groupe aliène son identité personnelle pour
acquérir une identité collective qui correspond à celle du chef ou
du grand ancêtre, Pythagore, dont le nom doit être tu, soit par
respect, soit par crainte (tabou). En d’autres termes, le groupe trouve
son identité en s’identifiant à celui qui en est l'áme comme chef
réel ou honorifique.
3. Cette identité, le groupe la préserve en interdisant qu’on
divulgue l'un ou l’autre des points de doctrine qu'on attribue à
Pythagore, sous peine non seulement d’une sanction humaine, c’està-dire l'expulsion du groupe, mais aussi d'une punition divine,
comme l’illustre l’anecdote relative à Hippase. Ce Pythagoricien de
la première moitié du V° siècle av. J.-C. aurait péri dans un naufrage
pour avoir divulgué oralement, puisqu'il n’aurait rien écrit, une
découverte mathématique (la construction du dodécaèdre et/ou l'irrationalité) ”.
4. Enfin,
tout
porte
à
croire
que les
membres
du
groupe
s’engageaient par serment à respecter ces interdits. Les Pythagoriciens
juraient en effet sur Pythagore évoqué comme « celui qui a transmis
à notre génération la tetraktús qui contient la source et le principe
de la nature intarissable ». Or, la tetraktús équivaut à la tétrade
1+2+3+4=10, considérée comme la formule numérique et harmonique qui rend ultimement compte de la structure de l'univers
*. Si
les Pythagoriciens jurent par la tetraktús, c'est parce qu'il s’agit là
de l’élément le plus important de leurs doctrines, dont tout naturellement ils imputent au moins la transmission à Pythagore.
Súmbola
Le terme le plus communément utilisé pour qualifier les doctrines
orales du Pythagorisme est súmbola”. Ce terme grec,
dont le terme
francais « symbole » n’est qu’une translittération et qui
étymologiquement
est
un
composé
formé
à
partir
d'un
dérivé
verbe ballo « jeter, placer vivement » et du suffixe sún-,
nominal
du
« ensemble »,
désigne, suivant son sens premier, un objet coupé en deux
dont la réunion constitue un signe de reconnaissance.
morceaux
|
En un sens second, se voit qualifié de « symbole » (súmbolo
n)
tout objet, tout message susceptible d’un double niveau
d’interprétation, le niveau le plus profond étant réservé à un petit nombre
us
alors que le plus superficiel est à la portée du premier
enu.
Dès lors, on comprend que, suivant un certain nombre de
témoignages, le pentagramme, objet que, depuis la plus haute
antiquité, on croyait chargé d’une puissance magique, ait été
considéré
par les Pythagoriciens comme un sémbolon®.
le
Par ailleurs, dans un contexte langagier, le súmbolon peut jouer
de « mot-de-passe ». Dans son Rhésus (572 sq) Euripide
rôle
considère explicitement le terme súmbolon comme un
synonyme du
terme súnthéma qui signifie « mot-de-passe ». Or, ce dernier
terme,
il faut le noter, appartient aussi au vocabulaire religieux, celui
des
Mystères d'Éleusis (Clément d'Alexandrie, Protreptique Il 21, 2) et
celui
de
la
tradition
orphique
(OF
311,
=
DK1B23,
p. 20.4
papyrus du III° siècle av. J.-C. trouvé à Gourôb, un village de Poasis
d'Al Fayoúm au sud-ouest du Caire). La chose met bien
en évidence
le fait que les doctrines pythagoriciennes, qualifiées de súmbola, sont
susceptibles
Le mode de formulation du message
À la première restriction portant sur le moyen de transmission
des doctrines pythagoriciennes, vient s’en ajouter une autre concernant
le mode de formulation de ces doctrines. Ces doctrines orales
(akoúsmata) sont, en effet formulées de façon symbolique et énigmatique ; voilà d’ailleurs pourquoi elles se voient qualifiées de súmbola
et d’ainigmata.
de jouer le rôle de « mots-de-passe », c’est-à-dire de
signes de reconnaissance non seulement auprés des autres membres
du groupe, mais aussi auprés des dieux.
Je reviendrai plus loin sur ce point important. Pour l'instant, il
me faut montrer en quoi consistaient ces súmbola*, Suivant Jamblique
(V.P.
82-86). qui,
sur ce
point du
moins,
semble
s'inspirer des
ouvrages qu'Aristote avait consacrés aux Pythagoriciens, les súmbola
pythagoriciens, ressortissaient á trois groupes de réponses correspondant á ces trois types de questions
:
1. Ti ésti ; Qu'est-ce que c'est ? questions sur la nature des êtres
et définitions mystiques.
2, Tt mälista ; Qu'est-ce qui est le meilleur, qu'est-ce qui vaut
le mieux ? Les réponses á ce type de question désignent les étres
ou les actions qui possédent la perfection de chaque qualité.
Page 5
View in PDF(opens in a new window)3. Tí praktéon ; Que faut-il faire (ou surtout ne pas faire) ? Il
s’agit là de prescriptions diverses concernant l’agir.
Voici quelques exemples de réponses à des questions du premier
type: « Il (Pythagore) en (ses enseignements) livrait aussi d’une
manière mystérieuse sous forme de symboles, écrit Porphyre dans sa
Vie de Pythagore ; Aristote en a consigné plus d’un, que par exemple
il (Pythagore) appelait la mer “ pleurs” (de Cronos ?), les Ourses
“mains de Rhéa”, la Pléiade “lyre des Muses”, les planètes
“ chiens de Perséphone ”. Le son produit par un coup sur du bronze
était la voix de quelque démon prisonnière du bronze. » (V.P. 41,
trad. des Places, Les Belles Lettres). Et il en est beaucoup d’autres
du méme genre : par exemple, un tremblement de terre est produit
par les morts qui se rassemblent en masse.
Dans le groupe des réponses aux questions de type tí málista ;
forme de description ou de définition, et dont
il faut deviner le sens
voulu.
Or,
en
formulant
une doctrine
profonde en
d'Alexandrie, Stromates V 57,
1).
Et,
chrétienne,
aux alentours de l’époque
oracles. Par ailleurs, tout incline à penser que les
préceptes pythagoriciens, dont une liste incomplète a été
donnée plus haut, reprenalent
non
pas
une
sagesse
populaire
relativement
façon
abstruse,
mais
auraient
formulée
de
magiques
et
liés
rituels
notamment
aux
des
cultes
à
« qu’est-ce qui est le meilleur, qu'est-ce qui vaut le mieux ? », on
trouve ces formules. La chose la plus juste, c’est le sacrifice; la
chose la plus sage, le nombre; la chose la plus belle, l’harmonie
;
la chose la plus vraie, que les hommes sont méchants
; la chose la
plus sainte, une feuille de mauve
; les formes les plus belles, celle
du cercle et celle de la sphère.
rapport :
une partie de l’inventaire de Porphyre : « Il y avait encore un autre
genre de symboles, celui que voici. Ne pas passer par-dessus une
balance, c’est-a-dire ne pas chercher plus que sa part. Ne pas tisonner
le feu avec un couteau, c’est-à-dire ne pas exciter par des paroles
acérées l’homme bouillant de colère. Ne pas effeuiller une couronne,
c’est-à-dire ne pas ruiner les lois, car elles sont les couronnes des
cités... » (V.P. 42, trad. des Places, Les Belles Lettres). La liste est
langage
au moment où le pythagorisme connaît un
renouveau,
parler di’ainigmön, c'est-à-dire « par énigmes »,
c’est parler more
Pythagorico (Plutarque, De Iside et Osiride 9-10,
Moralia 354 b-e).
| En Grèce ancienne, l'énigme comme forme
littéraire remontait
loin dans le passé. Elle servait notamment à
la formulation des
Burkert a donné de la chose un certain nombre
Enfin, le groupe des réponses aux questions de type ti praktéon ;
« que faut-il faire (ou ne pas faire) » ? est le plus important. Voici
un
inintelligible pour les non-initiés, on s'expri
me par énigme (Clément
simple
qu'ils
commandements
mystères.
Walter
d'exemples ayant
1. avec les mystères d’Eleusis, en l'honneur de Demeter
et de
Perséphone * :
2. avec la fête attique des Haloa (Moissons), célébrée en
l’honneur
de Déméter, fête qui durait plusieurs jours et qui
commençait à
Athènes pour s'achever à Éleusis”
;
3. avec le culte de Trophonios à Lébadée * :
4. avec les interdits imposés à leurs « patients » par
les « charlatans » contre lesquels se déchaîne l’auteur du traité hippocra
tique
Sur la maladie sacrée
* :
5. avec le culte de Zeus Cynthios à Délos
”;
6. avec une loi sacrée du temple d’Artémis à Lycosura * ;
7. et avec un certain nombre d’interdits relatifs aux temples
d'Asclépios *.
longue de ces súmbola qui présentent ces deux particularités par
rapport aux autres;
1. il s’agit là de préceptes intéressant non le
savoir, mais l'agir ; 2. en outre, la formulation de ces préceptes peut
être considérée comme symbolique, dans la mesure où, semble-t-il,
chaque énoncé est porteur d’un double sens, l’un intéressant la vie
matérielle, et l’autre la vie morale, ce second sens ne pouvant être
La dimension religieuse, politique et associative du secret
appréhendé que par des initiés.
En plus d'une dimension politique, on retrouve donc dans le
Pythagorisme ancien une dimension religieuse qui permet d'établir
Ainigmata
aux mystères d’Eleusis en l'honneur de Demeter et de Perséphone *,
un
C'est d’ailleurs leur double sens qui explique pourquoi les doctrines
orales des Pythagoriciens sont aussi qualifiées d’ainigmata”, c’est-arapport
entre
ces
groupes
de
« philosophes »
et
ceux des
initiés
Pythagore pouvant d’ailleurs, jusqu’à un certain point, être lui-même
considéré comme un shaman“,
dire d’« énigmes ». Par définition, une énigme, c’est un élément de
discours ou un énoncé proposant un sens ambigu ou obscur sous
Page 6
View in PDF(opens in a new window)en l’adjectif verbal en -fos, se seraient d’abord confondues sinon les
Dimension religieuse
Or, ce qui caractérise le culte d'Éleusis et ce qui, peut-être,
explique l’extréme pauvreté des renseignements le concernant, c'est
l'obligation du secret imposée aux initiés. Voici quelques témoignages
sur le sujet.
1. L'auteur de l'Hymne [homérique] à Demeter écrit, en parlant
des rites que la déesse vient elle-même de révéler à ceux qui doivent
en assurer la célébration sur terre à Éleusis: «il est impossible de
les transgresser, de les pénétrer et de les divulguer: le respect des
Déesses est si fort qu'il arrête la voix » (v. 478-479, trad. Humbert,
Les Belles Lettres).
|
2. Au cours de la description qu'il fait de la plaine d’Eleusis
notions de possibilité et d'obligation, du moins celles d’impossibilite
et d'interdiction (lorsqu’intervient la négation). Mutatis mutandis, ne
dit-on pas en francais: « voilà quelque chose qu'on ne peut pas
faire », en voulant dire : « Il est interdit de faire cela » ?
Quoi qu’il en soit, suivant Plutarque * et Nicomaque de Gérase “,
la doctrine des Pythagoriciens était, tout comme celle des Mystères,
ärretos. Or, dans un contexte mathématique, comme celui où avait
pris racine et se développait le Pythagorisme ancien, l'adjectif drrétos
se voit affecté d’une valeur supplémentaire, celle d’« inexprimable »
(en nombres), c’est-à-dire d’« irrationnel » ‘5. C'est d’ailleurs par une
association de l’idée de secret et de l'idée d'irrationalité que
W. Burkert tente de rendre compte de la version suivant laquelle
Hippase aurait été puni de mort pour avoir violé le secret de
l'irrationalité.
dans l'Œdipe à Colone, Sophocle fait allusion aux mêmes cultes et
dans des termes similtaires « ... sur les rivages des Torches saintes.
C'est là que de Grandes déesses maintiennent d’augustes mystères
au profit des humains, sur les lèvres desquels est posée la clef d’or
de leurs servants, les Eumolpides [= les descendants d’Eumolpe] »
(v. 1049-1052, trad. Mazon, Les Belles Lettres).
3. Par ailleurs, Diodore de Sicile (III 55, 9 ; V 49, 5) témoigne
qu'il en allait de même en ce qui concerne les mystères célébrés à
Samothrace en l'honneur de la mère des dieux Cybéle (-Rhéa) et
Dimension politique
de ses fils et serviteurs, les Korybantes.
politique. À Athènes par exemple, la mutilation des Hermès et la
Sophocle glose ainsi l'expression «la clef d'or»: «l'expression
entraîna directement la défection d’Alcibiade et indirectement l'échec
Mais comment interpréter ce secret ? Une scholie au vers de
Ii n’y a pas contradiction entre la dimension religieuse des groupes
pythagoriciens et leur dimension politique. D'ailleurs tout groupe
politique s'exprime lui-même à travers un culte commun, et tout
groupe
religieux
profanation
exerce
d'une
façon
ou
d'une
autre
une
action
des Mystères constituèrent un événement politique qui
s'explique par le fait que les Mystères sont ineffables (ärreta), c’estde
comme si elle était fermée à clef » (Scholie du Laurentianus à Œdipe
sacrifice sanglant à Athènes en particulier et dans les autres cités de
Grèce ancienne en général eût constitué une remise en cause radicale
a-dire que la langue est retenue par l'interdiction de les divulguer
à Colone, v. 1051, éd. Papageorgius, p. 445.22-24). Mais à quoi bon
bloquer une langue pour l'empêcher de divulguer ce qui de toute
façon est « ineffable », ce qui ne peut être communiqué d'aucune
façon ? En fait, le problème réside en partie dans le sens à donner
à l'adjectif verbal érrétos, qui a pour synonymes apórrétos et
anéxoistos. Suivant la grammaire, les adjectifs verbaux en -tos
expriment soit l'état résultant d'une action achevée comme le participe
parfait passif, soit la possibilité (ou plus souvent l'impossibilité),
tandis que l'adjectif verbal en -téos indique obligation ou nécessité.
Mais la règle n’est pas absolue. Parfois, les adjectifs verbaux en
-tos expriment aussi la nécessité (Platon, Philébe 32 d)”.
La chose peut avoir une explication historique et sémantique. En
effet, l'adjectif verbal en -téos semble être d'un usage plus récent
que l'adjectif verbal en -tos ; non attesté chez Homère, on en trouve
le premier exemple chez Hésiode (Théog. 310). D'où cette hypothèse :
96
l'invasion
de
la
Sicile“.
Inversement,
la
remise
en
cause
du
non seulement en matière religieuse, mais même sur un plan
politique; voilà probablement pourquoi, comme le suggère Walter
Burkert, les Pythagoriciens auraient accepté un certain nombre de
compromis qui leur permirent d’accommoder leur doctrine de
transmigration des âmes avec l'institution du sacrifice sanglant *.
la
Quoi qu’il en soit, considéré d'un point de vue politique, le
secret a avant tout une fonction de protection. Un petit groupe ne
peut préserver son existence face à une masse hostile, potentiellement
à tout le moins, sur laquelle il veut exercer une influence, qu’en
interdisant à ses membres la communication de ce qui lui permet
de justifier ses prétentions au pouvoir, et en se dotant de mots-depasse qui lui permettent de reconnaître amis et ennemis.
Page 7
View in PDF(opens in a new window)Dimension associative
Plus généralement, le secret présente une dimension associative.
Il permet de préserver l’identité collective que les membres d'un
groupe n'ont pu acquérir qu’en renonçant à leur identité personnelle,
cette identité collective coincidant par ailleurs avec l'identité de celui
qui est le chef réel ou symbolique du groupe, et à qui on attribue
tout point de doctrine. Bien plus, le secret permet d'établir entre
les membres du groupe une certaine hiérarchie dans la mesure où
l'accès au droit dé parole varie en fonction de la proximité de tel
ou tel membre par rapport au chef réel ou symbolique de ce groupe.
Voilà donc ce qu'il en est de la pratique et de la signification
du secret dans le Pythagorisme ancien en Italie du Sud au V° et au
IV" siècle av. J.-C.
NOTES
1. Aristoxène de Tarente, frag.
d’Athénes, FGrH 244 F 338-339 Ince.
16 Wehrli = Porphyre, V.P. 9;
a
llodore
>.
2. Pausanias MI 19, 11-13.
3. Le nombre varie selon les auteurs: 2 000 pour Nicomaque de Gérase, chez
Jamblique, V.P. 30 = Porphyre, V.P. 20; 300 pour Apollonius, chez Jamblique, V.P.
254, 260; et 600 pour Jamblique, V.P. 29 et Diogéne Laérce VIII 15.
4. Diodore XII 9, 2sq. = DK 14 A 14,
Remerciements
Je tiens à remercier Jean-Louis Cherlonneix, Sylvain Matton,
Denis O’Brien, Jean Pépin et Alain Segonds, qui ont bien voulu
lire le manuscrit de cette contribution et me faire des remarques sur
son contenu et sur sa forme.
Abréviations
D.K. : Hermann Diels, Die Fragmente der Vorsokratiker, 6° éd.
par Walther Kranz, Berlin, Weidmann, 1951-1952 [3 tomes].
Jamblique, V.P. : Jamblique, Sur la vie pythagoricienne [Peri tou
puthagorikoü biou], éd. Ludwig Deubner [1937], editionem addendis
et corrigendis adiunctis curavit U. Klein, Stuttgart (Teubner) 1975.
Il s’agit là non d’une biographie proprement dite, mais d’un ouvrage
sur le meilleur miode de vie.
Porphyre, V.P. : Porphyre, Vie de Pythagore [Puthagörou bios],
texte établi et traduit par É. des Places, Paris, Les Belles Lettres,
1982. Il s’agit-là d'une véritable biographie, ressortissant au même
genre que la Vie de Plotin, dont Porphyre fit précéder son édition
des Ennéades.
5. L'information se fonde sur les témoignages d’Aristote (frag. 191 Rose) et de
ses disciples, Aristoxéne (frag. 18 Wehrli = cn; Ma V.P. 249) et Dicéarque (frag.
34 Wehrli = Porphyre, V.P. 56).
6. Sur le sujet, cf. É. Will, Le monde grec et l'Orient, 1: Le V* siècle (510403), Paris (P.U.F.) 1972, p. 239.
7. Sur le phénomène de l'hetairía en Grèce ancienne du VI" au FV" siècle av.
J.-C., cf. F. Sartori, Le eserie nella vita politica ateniese del VI e V sec. a. C., Roma
(PErma di Bretschneider) 1957; F. Ghinatti, 1 gruppi politici ateniesi fino alle guerre
persiane, Roma (l'Erma di Bretschneider) 1970; et Ch. Pecorella Longo, “ Eterie ” e
gruppi politici nell’ Atene del IV sec. a. C., Firenze (Olschki) 1971. Et sur Pinfluence
politique des Pythagoriciens en Italie du Sud, cf. K. von Fritz, Pythagorean politics
in Southern Italy; an analysis of the sources, New York (Columbia Univ. Press) 1940.
8. E. Will, Le monde grec et l'Orient, 1: Le V° siècle (510-403), Paris (P.U.F.)
1972, p. 239,
9. La
(frag. 18
principale source concernant ces événements dramatiques est Aristoxéne
Wehrli = Jamblique, V.P. 249). Cf. aussi Dicéarque A 34 Wehrli =
Porphyre, V.P. 56) et Polybe (II 39).
10. Diogéne Laérce VIII 79.
11. W. Burkert, « Craft versus Sect : The
problem of Orphics and Pythagoreans »,
dans Jewish and Christian self-definition, vol. III : Self-definition in the Graeco-roman
world, ed. by Ben F. Weyer and E.P. Sanders, London (S.C.M. Press), 1982, pp. 1-
22 ; pp. 183-189 notes.
12. B.R. Wilson,
Sects and society,
London
Religious sects London (Weidenfeld & Nicolson)
religieuses, Paris (Hachette) 1970.
(Weidenfeld
&
Nicolson)
1961
;
1970; trad. frangaise, Les sectes
13. A. Momiglinano, « The social structure of the ancient city », Anthropology
and the Greeks, ed. S.C. Humphreys, London, Henley & Boston (Routledge & Kegan
Paul) 1978, p. 179-193.
14. Aristote, frag. 192 Rose = Jamblique, V.P. 31. Pour une approche plus
générale du phénoméne, cf. G. Boas, « Ancient testimony to secret doctrines »,
Philosophical Review 62, 1953, pp. 79-92; cet article concerne Aristote, Platon et les
Pythagoriciens.
15. Aristoxéne, frag. 43 Wehrli = Diogène Laérce VIII 15-16.
16. Dicéarque, frag. 33 Wehrli = Porphyre, V.P. 19.
17. Tout ce qui suit s’inspire des travaux de E.A. Havelock, Preface to Plato,
Oxford (Blackwell) 1963; Origins of Western literacy, Toronto (Institute for Studies
in Education) 1976, trad. en frangais par E. Escobar Moreno, sous le titre: Aux
origines de la civilisation écrite en Occident, Paris (Maspero) 1981; The literate
Page 8
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Greece
and
its
cultural consequences
[recueil
d'articles],
Princeton
(Princeton Univ. Press) 1982.
5
ra Cratinus, frag. 221 Kock (I, p. 80) = Athénée VII 325 e; Pausanias IX 39,
et
18. J. Chadwick a raconté l’histoire de cette découverte dans The decipherment
of Linear B, Cambridge (Univ. Press) 1958, Hardmondsworth (Penguin Books) 1961 ;
trad. française par P. Ruffel, Le déchiffrement du Linéaire B, Paris (Gallimard) 1972,
19. Cf. FO Kenyon, Books and readers in ancient Greece and Rome, Oxford
(Clarendon Press) 1932, 1951?, p. 20-23.
20. Aristoxène, frag. 43 Wehrli = Diogène Laérce VIII 15; Dicéarque, frag. 33
Wehrli = Porphyre, V.P. 19; Jamblique V.P. 199; cf. Plutarque, Alex. fort. I 4,
Moralia 328 a.
21. Ce terme est le seul utilisé pour désigner les doctrines pythagoriciennes dans
les chapitres 82 à 86 de la V.P. de Jamblique, qui reprennent des informations se
trouvant dans les ouvrages d’Aristote consacrés aux Pythagoriciens. Sur le sujet, cf.
W. Burkert, Lore and science in ancient Pythagoreanism, Cambridge [Mass.] (Harvard
Univ. Press) 1972, p. 166 sq. ; il s'agit là de la traduction par E.L. Minar Jr. d'une
version révisée de Weisheit und Wissenschaft: Studien zu Pythagoras, Philolaos und
Platon, Niirnberg (Verlag Hans Carl) 1962. Dans ce qui suit, je suis de très près cet
ouvrage de W. Burkert, devenu un classique.
22. Jamblique, V.P. 199.
23. Jamblique, V.P. 73.
24. Selon Nicomaque de Gérase, chez Jamblique, V.P. 30 = Porphyre, V.P. 20;
8.
36.
37.
38.
39.
Sur la maladie sacrée, VI 355-357 Littré.
Inscription de Délos 2529 = Zieben Lfeges] Sfacrae] 91.
SIG? 999,
Cf. F. Sokolowski, Lois sacrées de l'Asie mineure, Paris 1955, n° 14 (pour
Pergame); cf. aussi Jamblique, V.P. 126 (pour Epidaure).
40. Sur les mystéres d’Eleusis, le livre de référence est celui de G.E. Mylonas,
Eleusis and the Eleusinian mysteries Princeton (Univ. Press) 1961.
41. C'est le jugement de W. Burkert, Lore and science in ancient Pythagoreanism,
Cambridge [Mass.] (Harvard Univ. Press), p. 162-5.
42. Sur tout cela, cf. J. Pépin, « L’arcane religieux et sa transposition philosophique
dans la tradition platonicienne », Mélanges Mario Dal Pra, Milano (Franco Angeli)
1984, pp. 18-35.
43. Plutarque, Numa 22.
44. Chez Porphyre V.P. 57 = Jamblique, V.P. 252.
45. Platon, Rép. VIII 546 c.
46. Sur cet épisode tragique, cf. E. Will, Le monde grec et l’Orientl: Le V°
siècle (510-403), Paris (P.U.F.) 1972, pp. 346-358.
47. Sur le sujet, cf. W. Burkert, Lore and science in ancient Pythagoreanism,
Cambridge [Mass.} (Harvard Univ. Press) 1972, pp. 180-183.
Jamblique, V.P. 74, 185.
25. Timée de Tauroménion FGrH 566 F 13 = Diogène Laérce VII 10; cf.
Jamblique, V.P. 72 sq.
y 26. Jamblique, V.P. 53, 88, 255. Pour la formule autós épha, cf. Diogène Laérce
UI 46.
27. L’anecdote a été rapportée sous différentes formes; l’une de ces versions se
trouve chez Jamblique (V.P.
88, Comm. math.
scient.
77.
IN
crTtufae
ET
Loe em ene
18 sq. Festa). Pour une
étude d'ensemble, cf. K. von Fritz, « The discovery of incommensurability by Hippasos
of Metapontum », Annals of mathematics 46, 1945, p. 242-264.
28. Sur le sujet, cf. L. Delatte, Études sur la littérature pythagoricienne, Paris
oe Qets - OMS
(Champion) 1915, p. 249 sq.
29. Voici trois témoignages en ce sens: 1. Anaximandre de Milet (le jeune, fin
VI", début V* av. 1.0)pu écrit une Explication des symboles pythagoriciens
(Sumbólón puthagoretén exégésis), cf. la Souda, s.v. Anaximandros (I, 179.1-5 Adler
= FGrH 9 T 1 = DK 58 C 6); Philochore (340 ?-256
? av. J.-C.) aurait écrit un
livre intitulé Sur les symboles (Peri sumbölön), dont tout porte à croire qu'il faisait
référence au Pythagorisme (cf. FGrH 328 T 1 Jacoby); Androcyde (1° siècle av. J.-
C.) aurait écrit un livre Sur les symboles pythagoriciens (Peri puthagorikôn sumbölön),
cf. Tryphon (Rhetores graeci TH 193.31
sq.
Spengel). Selon W. Burkert (Lore and
Science in ancient Pythagoreanism, Cambridge [Mass.] (Harvard Univ. Press)
1972,
p. 175-176), il s’agit là du terme qui prévalut pour désigner les doctrines pythagoriciennes en dehors de la tradition aristotélicienne, où ces doctrines étaient qualifiées
d'akoúsmata (cf. n. 21).
30. Sur le pentagramme dans la tradition pythagoricienne, cf. W. Burkert, Lore
and science in ancient Pythagoreanism, Cambridge {Mass.] (Harvard Univ. Press) 1972,
p.176 n. 81, p. 460-1, n. 65-7.
31. On trouvera un inventaire commenté de ces súmbola dans ie livre d’A. Delatte,
Études sur la littérature pythagoricienne, Paris (Champion) 1915, p. 269 sq.
.
32. Cf. Tryphon, Perf tropón (Rhetores graeci 11, p. 193.14 sq Spengel) ; Démétrius
de Byzance (un péripatéticien du 1% siècle av. J.-C.), chez
Athénée X 452d;
Plutarque, De Iside et Osiride 9-10, Moralia 354 b-e; Philopon, In Aristotelis De
anima libros commentaria, CAG XV, comm. à I 3, 406 b 25, p. 116.27-29 Hayduck ;
Olympiodore, In Phaedonem 8.22-24 Norvin = I § 13.2-3 Westerink. Il s’agit là de
témoignages tardifs ; mais ils se bornent à développer une idée que suggère le terme
sümbolon.
33. Porphyre, De abstinentia JV 16 ; Hymne [homérique] à Déméter 50 ; [Alexandre
Polyhistor,
Puthagorikà hupo
}, chez Diogène Laérce VIII 33.
34. Scholia in Lucianum, pp. 278.29 - 281.3 Rabe.