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Van 3
CHAPITRE V
Signification augurale
de la droite et de la gauche
Parmi la grande variété de pratiques de l’art divinatoire (1),
y seules entrent dans le cadre de la présente étude la divination
par le vol des oiseaux et la divination par les signes célestes,
i’ éclairs et tonnerre, car seules elles comportent un caractère
en rapport avec la droite et la gauche. Encore ne peut-il
s'agir ici de faire une étude complète et approtondie de
ces genres de la mantique ancienne (2), mais seulement de
(1) On distinguait généralement cinq espèces différentes de signes
auguraux. « Quinque genera signorum observant augures : ex
caclo, ex avibus, ex tripudiis, ex quadrupedibus, ex diris » (FEstus, de Verbor. signif., éd. Mueller, 260 a).
(2) Sur les augures et l’art augural, voir : Th. Mommskx, Hand.
buch der Rim, Alterthümer , Römisches Staatsrecht, t. T, p. 1-41
(Leipzig, 1871); t. II, 1 sqq. (Leipzig, 1574); L. Laxce, Römische
‚Ilterthümer, 12, $ 50, Berlin, 1863; BECKER-MARQUARDT, Handbuch der Rim. Alterthümer, 111 (1849), p. 68 sqq., IV (1856), p.
345-301; MEZGER, art. divinatio, dans la Regl-Encyclopacdie de
Pauly-Wissowa, Stuttgart, 1842; REIx, art. augures, dans la Real
Encyclop., 1866; ROUCHÉ-LECLERCO, Ilistoire de la divination dans
l'antiquité (1879), particulièrement t. IV passim, et art. augures,
dans le Dict. des Antig. de DAREMBERG et SacLto; THULIN, Die
Etrusk. Disciplin. (Gotebbrgs Hogskol. Arsskrift, 1905 et 1906);
MATERNUS
mount ri BUE
von
Cırano,
Römische
Alterthümer,
Il,
p
221
sqq.;
FiscnennacH, De auguriis veterum (Piss. Acad., pp. 551 sqq.),
Mascov, De jure auspicii apud Romanos, Tipsiae, 1721; Moris,
Des augures (Fist. de l'Acad, des Inscr., 1, pp. 291-293); MaxuTus, De auspiciis, dans le Thesaurus antig. Roman. de SALLENGRE,
Page 2
View in PDF(opens in a new window)dégager la signification augurale,
attribuée dans les
pot
homériques à la droite et à la gauche, à l’occasion “prin
ex avibus et des caelestia auguria. Nous
aurons lo È
examiner le fondement de cette
signification augurale et ;
nous demander de quelle norme
naturelle la droite et la
gauche tiennent la valeur bonne ou
mauvaise qui Jen ho
conférée : question ardue, que notre sujet
nous impose \ >
ehercher à résoudre.
D
*
++
Qu'il y ait eu, chez les Grecs de
l’époque homérique, une
science
augurale
bien
établie
et
faisant
autorité,
règles traditionnelles relatives à l'observation
avec
des
et à l'interpré.
tation des signes naturels qui constituaient
les auspices, cela
est hors de doute. À maintes reprises, Homèr
e nous parle de
la science, becxpcrin ou becrpémev (1), qui
a pour objet de
révéler aux hommes ies arrêts divins; et dans
le nombre de
ces interprètes des dieux, lissapéra (2), figurent
avec un rôle
important les augures, cimvetai (3) ou
cimvertiz (4),
inspirés
d’Apollon (5), « dont le cœur connaît le sens
exact des présages et à qui les peuples obéissent ». (//.
XII, 228-229}.
Nous connaissons méme les noms de plusieur
s de ces
hommes, bien versés dans leur art (Vd. II, 170),
accrédités
d'une façon quasi officielle et jouissant d'une grande considération auprès de la
foule.
Tel est le Geoxpéxse otmviosrs
Calchas, fils de Thestor (/. XIII, 70), « de beaucoup le meil‚eur des devins, qui connaît le présent, le futur, le passé,
et
qui a su conduire les nefs des Achéens jusques
à Ilion,
par
I, pp. 805-810; BULLENGERUS, De sortibus, auguriis,
ominibus, dan:
le
Thesaurus
antig.
Roman.
de
GRAEVIUS,
V,
NIPHUS, De auguriis, ibid., V, Pp. 324-360.
p.
362
sqq.;
A
n
(1) Il. 1, 85, 87, 385; VI, 438; XI, 794; XVI, 50; Od. I, 45; II,
201. V. BOUCHÉ-LECLERCQ, op. cif., I, 275; 11, 10; III,
(2) M. XII, 228; XIII, 70.
(3)
U.
cit., I,
1, 558;
XIII,
70;
107
XVII,
218.
V.
BOUcHÉ-LEcLERCO
126, 127 sqq.
(4) de
fl.ie
1,69; VI, 76;
7
cf, Od. XV, , 225 225 et
et
252,
252
Lite
(5) I. 1, 72; Od. XVI, 252.
246.
7
op.
327
"art divinatoire qu'il doit à Phoebos Apollon » (12. I, 69-72);
| avait prédit le nombre d’années que devait durer la guerre
“ide Troie (/4 Il, 322) et c'est lui qui révéla la cause de
"SP Epidémie qui ravagcait l’armée des Achéens (11. I, 92 sqq.).
el est encore le vieil Halitherse, fils de Mastor, « qui exceliseaux et à prédire l’avenir » (Od. LI, 158-159). Dans l'assemblée du peuple, à Ithaque, il siège parmi les gérontes
(id. 14) et nous le voyons se lever pour interpréter avec
"autorité un presage qui vient d'apparaître au-dessus de la
y foule (ibid. 161 sqq.). Déjà, à l’époque du départ pour
+ Troie, il avait prédit les « erreurs » d'Ulysse et Son retour
‘- à Ithaque au bout de vingt ans (¿bid. 174-176). — Un illustre
% devin, le plus ancien dont il soit fait mention, est Mélampos
(Od. XV, 25). Originaire de Pylos, établi ensuite à Argos,
il devint l'ancêtre des Mélampides (1), race de devins qui se
transmettaient de père en fils les secrets de la divination et
parmi lesquels on compte Amphiaraos (ibid. 253) et Théoclymène (id2d. 225). En débarquant à Ithaque, Théoclyméne
interprète fort pertinemment un vol d'oiseau, favorable à
Télémaque (Od. XV, 529-534); le lendemain, dans le palais,
il révèle à Pénélope le retour d'Ulysse (Od. XVII, 151) et
annonce aux prétendants leur mort imminente (Od. XX, 350).
Du côté des Troyens, le chef mysien Ennomos est présenté
comme étant un cious: (12, II, 858; XVII, 218), et le fils de
Priam, Hélénos, est considéré comme de beaucoup le meilleur
des augures (//. VI, 76).
Vus à l'œuvre dans la pratique de leur art, ces experts de
la tradition augurale pouvaient nous fournir des renseignements d’une authenticité précieuse sur la question qui nous
intéresse. Malheureusement ils ne nous sont jamais montrés
dans l'exercice de leur fonction, en des cérémonies officielles,
par exemple Calchas, lors du départ de l’armée achéenne
pour Troie (//. 1, 69-72); ou, s'ils interviennent Sous nos
|
où
où
l'anetite est
es
Vaugure
aqua
-
——
(1) Voir Boucué-Lecrercg, op. cit., 1, 12, 112, 118, ete; 11, 13
sqy.; IV, 129.
Page 3
View in PDF(opens in a new window)yeux, c'est chaque fois à titre privé et dans
des circonstances
tout à fait fortuites, comme Théoclyméne en Od. XV,
205
sqq. et Halytherse en Od. II, 157 sqq.
Maintes fois,
les phénomènes sont interprétés par
des
augures privés, tout occasionnels et sans connaissances
spéciales en la matière : ainsi, par Polydamas, en //. XII,
210
sqq.; par Amphinomos, un des prétendants, en Od. XX,
244; par Hélène, en Od. XV, 171; par Epéritos, personna
ge
imaginaire, en Od, XXIV, 305-306. Le plus souvent merne,
le présage n’est suivi d’aucune interpretation d’augur
e public
ou privé, ct pourtant la signification qu'il comporte est immédiatement
et
nettement
comprise
de
ceux
qui
en.
sont
témoins, voire de foules entières, peuple ou armée: c'est le
cas en Il. 1, 353: IX, 236; X, 277; XIII, 822; XXIV, 321;
Od. XV, 165; XX,
104,
120.
Il est vrai que la plupart des présages mentionnés dans
les poèmes homériques se présentent sous forme de signa
eblativa (1) et constituent des avertissements subits, ayant le
caractère d’encouragement, plus souvent de menace, inattendus de ceux à qui ils sont destinés. L'absence d'augure
s'explique en de tels cas, et ainsi, l'absence d'une interprétation autorisée,
Il y a cependant des exemples où le présage est formelle
ment sollicité, soit pour connaître la volonté du dieu, soit
pour lui demander aide et protection,
et dans ces cas la
signification du présage ne laisse aucun doute du fait même
que l’impetrant a précisé d'avance la nature du signe qu'il
attend, par une formule qui correspond à la legum dictio des
Latins (2).
Au nombre de ces auguria impetrativa (ou impetrita),
il
laut ranger les signes envoyés, sur leur demande, à Priam en
11. XXIV, 290, 308 sqq.; à Ulysse en Od. XX, 98-101; aux
Achéens se préparant à faire
la
traversée
320
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
SIGNIFICATION AUGURALE
du
retour, en
(1) Sur les auspicia oblativa et impetrita, voir ROUCHÉ-LECLER: Q.
op. cit., IV, 185; cf. 145.
(2) CE Servius, in En, 111, Sy; NIL, 176; Stack, Théb, 11T, 406
sqq.; T, LIVE, I, 18; Symaague, Ep. JUL, 44.
yd. 1 I, 173-175; et probablement aussi à ces mêmes Achéens,
Fors de leur départ pour Troie, en Zt. Il, 350-353.
LE Bien qu’on pit s’y attendre, en ces cas du moins où les
ugures
sont
formellement
demandés,
ni
les
pratiques
fituelles, ni le formulaire particulier de la cérémonie d’auspication ne se trouvent spécilés. C'est par une simple allusion
¿qu'il est parlé des cérémonies qui durent se dérouler pour
a consultation des dieux à l'aller et au retour des Achéens,
ans leur expédition contre Troie. Quand Ulysse se décide
présenter à Zeus sa demande d’assentiment, nous le voyons
‘quitter la couche au il reposait, lever les mains au ciel et
yprier l'Olympien de lui envoyer un double signe, à l'inté‘ rieur et à Pextéricur du palais (Od. XX, 95-101); les signes
demandés se manifestent : une bonne parole prononcée par
È" une servante, un coup de tonnerre provenant de l'Olympe.
Nous ne sommes pas autrement renseignés.
L'exemple de l'augurium sollicité par Priam comporte des
indications plus précises sur les circonstances de l’auspication.
Le vieillard, après s’être purifié les mains avec de l’eau claire
(Il. XXIV, 303-304), se place dehout au milieu de la cour
du palais, près de l'autel de Zeus Hercios (67d. 306), reçoit
une coupe pleine de vin qu’ Hécube lui tend de la main droite
(ibid. 284), fait la libation rituelle (¿bid. 306), lève les yeux
au ciel et adresse sa prière à Zeus-Père qui règne sur l'Ida
(zBid. 307-308), en spécifiant l’objet de son vœu (did. 309;
cf. 287-288) et le signe favorable qu’il attend en sanction
de ce vœu (ibid. 310-313). Le dieu entend la prière et fait
connaître son approbation par un présage qui se manifeste
tel que Priam l’avait souhaité (did. 314-320).
Nous verrons dans un instant la nature ct la qualité de ce
signe. Dans l'attitude des personnages de cette scène, certains détails sont de nature a nous intéresser. Le geste d’Hecube tendant à Priam, de la main droite, la coupe des libations (1), fait penser au geste de l’échanson qui, procédant de
(1) Heraclite, au rapport de Cicérox (de divinat, 1, 23), assure
que la mère de Phalaris avait vu en songe Mercure — où plutôt
une statue de Mercure — répandre du sang d’une coupe qu'il
Page 4
View in PDF(opens in a new window)gauche à droite, tend toujours sa droite vers les convives pou
leur verser à boire, et rappelle aussi la coutume que les Er
ves avaient, dans le symposton, de se passer l’un à l’autre
;4
coupe de gauche à droite.
|
Pour interpeller le dieu qui règne sur l'Ida (ibid.
zus
Priam dut se tourner lace à la région méridionale, et ss.
avons déjà tiré de ce fait la déduction qu'il convenait, Au
rapport de Tite-Live,
le roi Numa,
pendant la cérémonie
inaugurale de son intronisation, était tourné aussi face à la
région méridionale ; « ab augure.., deductus in arcem, in
lapide ad meridiem versus consedit » (1. Live, I, 18); mais
ce fut sans doute pour une autre raison et la concordance
des deux attitudes peut n’étre que fortuite,
Notons toutefais, à propos de cette cérémome, que !'augure latin, à côté du roi, tenait rituellement le Z/uus (1) de
la main droite, comme Hécube, à côté de Priam, tenait la
coupe de libation : « dextra manu baculum... tenens quem
htuum appellarunt » (T.
Live,
7. ei£.). En outre, dans la
cérémonie grecque comme dans la cérémonie latine, une désignation identique est préalablement faite des signes que l'on
demande au dieu de manifester, et l'envoi des signes demandés est semblablement tenu pour être la manifestation de
l'assentiment
divin
mitti
quibus
vellet;
+ «
Tum
inissis,
peregit verbis auspicia quac
est rex Numa...»
declaratus
CT. Live, 2. cit.) (2).
Mais voici, dans la pratique de l’auspication,
une autre
concordance entre les traditions grecque et latine, sur un point
pour nous capital. A la suite d’un présage qui venait à l’encontre de ses desseins, Hector déclare que, des oiseaux d’augure, il n’a aucunement souci, « qu'ils aillent à droite, vers
tenait de la main -droite : « Mercurium e patera, quam dextra manu
tencret, sanguinem visum esse fundere. »
At) Sur le lituus, bâton augural, et son usage pour délimiter les
régions de l’espace, cf. Cic. de divinat. 1, 17. V. Bouchk-Lrenercn,
op. cit., IV, 19, 58, 104, 282, 294.
(2) Cf.
auguria,
Servius,
certa
ad se pertinere.
sibi
in
-En.,
sputia
VI,
Ñ
191 : moris
designarent,
quibus.
erat
ut
volébant
captantes
videnda
33!
‘l'aurore et le soleil, ou à gauche, vers l'ombre brumeuse »
"wu. XII, 237, 239-240). C'est un passage que nous avons déjà
étudié et qui nous a mené à une conclusion importante. Il
nous suffira de rappeler ici certaines indications que nous en
‘avons déduites, pour voir se dégager une conclusion nouvelle.
Hector ne fait pas une déclaration qui le concerne seulement,
dans la position où il se trouve en personne, par rapport au
présage survenu; mais il exprime son avis personnel sur
l'observation et l'interprétation des augures d'une façon
| générale, tels qu'il les voit observés et interprétés cominuné
‘+ ment autour de lui. Or +1 se trouve qu'en exprimant sor
dédain pour l'art augural, Hector nous fait connaître le
principe fondamental qui règle la pratique de cet art. Il
n'est pas douteux en effet que les deux directions « vers
l’aurore et le soleil » d'une part, « vers l'ombre brumeuse »
d'autre part, indiquent des directions diamétralement opposées d’une seule et mème ligne idéale passant par l’observa
teur et constituant. pour lui un axe d'orientation en vue de
observation des signes auguraux; et il n'est pas douteux
non plus que ces mêmes directions, l'une à gauche, l’autre
à droite, ne définissent pas seulement, par des points de
repère, le champ de l'observation augurale, mais déterminent
aussi l'interprétation favorable ou défavorable qu’il convient
d’assigner aux présages observés. C'est véritablement le
templum qui se trouve ainsi délimité, comme il l'était par
le baton de l’augure, dans l'étendue de la voûte céleste et
dans la surface terrestre qui lui correspond, avec la ligne principale ou cardo qui le divisait, déterminant la région de
droite et celle de gauche. Quant aux régions de devant ét
d'arrière, elles se déterminent ensuite d'elles-mêmes par le
tracé d’une ligne idéale, le decumanus, perpendiculaire à la
première. Et dès lors se trouvent constituées les quatre directions augurales, chez les Grecs comme chez les Latins (1).
{
(1) Festus, p. 157 : Templum est locus... ut... angulos 11]
adfixos habeat ad terram: Servius, in ¿En,, Il, 512 : Varro locum
quattuor angulis conclnsum acdem docet vocari debere; v. VARRON,
de L. lat., VII, 6, 7, 8; A--GELLE, NIV, 7, 7.
Page 5
View in PDF(opens in a new window)Mais vers quelles directions
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
de l'espace était en fait orien
té
la ligne principale ou cardo (1)
Epostica ad occasum, sinistra ad septentrionem, dextra ad
dans le temple augural iL
meridiem
réponse a cette question nous
est
d’ores et déjà connue: de
nous a été fournie par un exam
en antérieur du texte n ame
qui nous occupe ici : dans la
tradition homérique,
l'oriente.
pv ylvetar ta
et le Sud à sa droite: l'a
du temple augural était ainsi const
(1)
» ;
chez
les
Grecs,
par
Denys
pis thy Rputov imospigovra pépn, Segue D <ù wees
empbpiav gépcvta (Denys d'Halic., Antig. rom., II, 5). Les
oints de vue sont donc en parfaite concordance dans la
itué par une ligne idéale
Nord-Sud qui Coupait perpendi
culairement, au centre d'a
servation cu decussis, la ligne limit
e du
spectans
"Halicarnasse : 20éìpax pév tom nat stasis apiocy av cleovets
¡pavisvopávo» % Brérousx mpi: avarchà:. ¿lev vico 7 avaocpai
fvovrar nat cehivas... * sot: SE mois avarchas fAsazuon, apiorepa
lion se pratiquait face au
Levant; l'observateur homé
rx di
avait donc le Nord à sa gauche
333
‘tradition homérique et dans la tradition grecque et latine
champ dotati. n
ipostérieure.
ou decumanus, orientée, elle, par
conséquent, de l'Est %
l'Ouest. Or telle était exactement,
Par rapport aux quat <
»
On constate, il est vrai, chez les Latins, un usage primitif
points cardinaux, la disposition du temp
lum romain d'a “
le rite augural dont Tite-Live nous a trans
mis la description
preci
‘qui paraît avoir été de diriger l’axe du temple ou cardo
Pompilins
f°. voit généralement dans cette pratique une influence des idées
i. %trusques qui plaçaient au Nord le siège des dieux. Nous
se,
à
propos
de
l'intronisation
Voici en effet, selon l’historie
n latin
Prospectu
a le champ d'observation
in
urbem
regiones ab oriente ad
oe
Numa
, comment l'augure tree
le litres en main, détermin
ubi,
de
partes,
agrumque
occasum
laevas
elio I,
suivant le méridien, de façon que l’observateur, tourné vers le
Sud, eût à sa gauche l'Orient, à sa droite l'Occident, et Pon
ad
capto,
deos
determinavit ;
septentrionein
: à Inde
dextras
en
,
| lisons en effet dans Varron (de 7. lat. VII, 7) : « Calum..
* dictum templum...; ejus templi partes quattuor dicuntur
niet .
d
sinistra ab oriente, dextra ab occasu, antica ad meridiem,
| postica ad septentrionem »; dans Festus (de verb. sientf.,
Ep. p. 220) : « Ea caeli pars quae sole illustratur ad meridiem
dixıt ”
RD. L'usage rapporté par
o
Tite-Live | est enco
re
ement attesté par divers
auteurs; ainsi chez les Lati
ns
par Servius i « Simistras
partes septentr
ionales esse augur
disciplina censentit » (2); par
pos designatus ad orientem
Gicebatur; cujus
partes
Isidore de Séville : « Saat
a contemplatione templum
quattuor
erant :
antica
ad
an cst une
ligne transversale tracé
e du Nord
pale
i
i
da
-
AA
sores
AULUS
et
cx
opposée
FESTO,
|
au
62,
decimanus
25,
éd.
qui
va
de
ortum ,
l'Est
à
Müller
{ou decumanusy, voir les
interprétations diffé
Sur le cardo et le decumanus.
rents dom.
(éd.
v.
Lachmann,
Ro nil
a
divination dans l'antiquité, IV, pe ee
ci-dessus, p. 325, note 2.
(2) SERVIUS, in Ain, Il, 693
au
p.
367),
dividuntur in duas partes, orientem et ‘occidentem »; dans
5 Cicéron (de divinat., 1, 17) — il s'agit d'un certain Attus
x: Navius accomplissant rituellement son vœu — : « Sue inventa,
ad meridiem spectans, in vinea media dicitur constitisse... ».
Mais on n'a pas assez pris garde que, dans le texte méme,
au Sul
1839
:
« Deci
a nes appellatur
limes qui fit ab ortu
solis ad occasum
alten ex
Posse currens
appellatur cardo.
». — Pour le sens
du
ot
( e
= - pa a at
a veteres
antica nominatur, quae ad septentrionem postica; rursumque
:".
par Paur.
med ve Beer, «
e Leep DA:
: cité plus haut, de Tite-Live qui rapporte un rite authentique
d’auspication et qui atteste une orientation préliminaire face
au Levant, il est dit aussi que l’on se tourne face au Midi;
mais le personnage qui se tourne face à cette direction, ce
n'est pas l’augure définissant le ¿em plum, c'est Numa, l’auspiciant, que l’augure ,assiste en qualité d’interprète autorisé
des ‘dieux : « Ab augure... deductus in arcem, in lapide ad
meridiem versus consedit. Augur ad laevam ejus, capite
(1) IstborE DE SÉVILLE, Origin., XV, 4, 7; cf. VARR., 1. cit,
Page 6
View in PDF(opens in a new window)"335
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
|
ns, les Celtes et les Grecs
N De la méme manière que lesEtLatipour
tant les Celtes qui, A
|
LE
velato, sedem cepit » (T. Live I, 18). Plutar
que est d'accord
avec Tite-Live sur ce point : Evr200x rüv pavtémy E né EPT
'orientaient face au Levant.
du dieu de la
de
leur Pèrea
ur
séjo
le
d
Nor
au
ort, situaient cux aussi
nt issus
|
émoigna
ge de César, se prétendaie
no”
(Numa)
piv
si:
peompbpiav
tpida:
Irnenaduppevev,
asie
mapacta: 2Sémushcv, wth. (Plut., Numa, 7).
Si donc, dans les cérémonies rituelles d’auspi
cation,
D
Vaffirme Varron, l'auspiciant regarde du Nord,
considéri:
comme le siège des dieux, vers le Midi, « Varro libro
V E pis.
tulicarum quaestionum ait : a deorum sede cum
in meridiem
spectes, ad sinistram sunt partes mundi
exorientes, ad dex.
tram occidentes » (Festus, éd. Mueller, p. 339),
il s'ensuit
que Numa, roi de droit divin, est placé dans la position
sym‘bolique des dieux, dont il est le représentant aux yeux
du
peuple. De méme, assistés des augures, siégèrent les
magistrats (1),
héritiers des rois.
Attus Navius,
t bens =
aint (1). Au Nord, dans la region hasse et divini og er
t leurs
y pos, les Grecs eux-mêmes reléguaien
comme
le des er N
ales, Japet, Cronos, les Titans, et le peup
s, Vau re - È x
Milesquels, avec Perséphoné, régnait Hadètradi
tions gr pri :
| “Zeus parayhévss (Ul. IX, 457) (2). Les 2 nr
hd in
atine concordent par pana Ni
:
‘l’orientation en matière augurale.
4 ment où, de prime abord, elles paraissent
a la gaue
rôle attribué respectivement à la droite el
dans l’anecdote
{l'interprétation des présages.
de Cicéron,
prenait, semble-t-il aussi, la pose rituelle des
dieux, face au Midi, puisque c’était en leur nom et
è leur
es
place qu'il opérait pour choisir la grappe de raisin qu'il leu:
egles
Dans le champ d'observation auguralenawine
Laanpoa »
avait promise
: avec lui et par lui, les dieux surent bien
choisir, car, ajoute Cicéron (de divinat. |, 17), « mirabili
magnitudine uvam, ut scriptum est, invenit. »
S'il en est ainsi, il n’y a donc pas, dans la pratique augurale, antinomie entre l'orientation tace au Levant, qui est
celle de l’angure au moment où il détermine le templum, et
l'orientation face au Midi, qui est celle de l’auspiciant,
sie.
geant en la place fictive des dieux. Ce ne sont pas là deux
rites différents, mais seulement deux aspects distincts d'un
seul et même rite. Ce rite, d'ores et déjà, et avant même
que nous en donnions une explication rationnelle, apparaît de
la sorte assez cohérent dans son ensemble, pour qu'il ne soit
pas nécessaire d’en considérer l’un des aspects comme un
emprunt fait tout spécialement aux Etrusques, qui plaçaient
Nous
un ido ie
SA in sur d’autres points encore, sursi
= Mes
« signes parlants » envoyés par a uri
fa
c
= Sanzio. geil de leur nature même, soit de o©gnn
y
ertaine mesure, tenir leur
ctère
. 4
diverses dont leur apparition s'accompagne
njeci =
nécessaire, pour préciser nettement ef sans con fusio
la
Mt Ja signification augurale de la droite et de lo, gane o deant
dégager des autres éléments d'appréciation qui, s'y o le
impliqués, peuvent contribuer à conférer aux signes |
benny oe
sens propre de103-10
célestes, dans(3).le En
4 TT cs es
4, cui
XX,
Od.
re
tonner
le
ir et
ig
ité bonne ou mauvaise.
sont l'écla
tonne, s6pévrqczv, du haut de l'Olympe. Ce grand coup àe
tonnerre (ibid. 113), par un ciel serein (ibid. 114), est tout
leurs dieux au Nord.
(1) Voir plus haut chap, IMI, p. 202,
(1) a On a voulu, dit CICÉRON (de divinat, IT, 35), pour l'intérêt
de la République,
que, dans les assemblées où les citoyens sont
juges, législateurs on électeurs, les principaux de l'Etat
seuls interprètes (des signes auguraux). »
fussent
S,
at <ant| tonat » (FESTUsi
auguria vocant quum fulmivivat
tia g
i
rsaeles
ve?
al,
fulgur
l'art
Sur
—
r).
E, 8, &l.I, Muelle
dock wantin’, op.
cié.. 199; IV, 32 sqq.
Boucni-Iaciercy
Page 7
View in PDF(opens in a new window)LE
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
fait favorable, car auss
itôt Ulysse ge réjouit
proie interprète,
elle aussi,
ral mek
fi
det
Nous ne savons pas
ili;
an
cial
La
Pd
4
exp
i
ome
ai
FA
La
si
Ni
—na
-
n
ria
tion
unique
ment
serein
?
de
bon
par
le
C'étai
t,
3;
eur
excell
ence,
ion
Cass.,
expéditio
n
‚aravelsu,, N.
II,
aus
mi
fait
nous
le
contre
qu'il
Savons
se
a
donné
Achéens en
lanca
des
signes
tav
vo
o..
vers
la
eipu Lag u
n
e leur Sì E
n, Ces t
Pendant toute une nuit
, Zeu s fait entendre
d’effr
cou
À me
ps de
ton
de
nerni
re
s
ae
>
tl:
‘
-
VII,
pigra
en
47
des
479).
des
Il
météores
‚en cette circon
stance
n'est
: mais d'
sett
Acheens,
s'agit
dont
il
évidem
ment
Pas
medite
ici
d'un
expressém
ent
indi
ite
i
|
3Ñ Pet a pen
es
ser qu’i
1ls se produisirent vers
| gaushe
la
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;
i
tandis que la
bataille
rei E l pda fait ent
+ as pris
=
LA
omede
-eus,
il
i
fait
suite
rage,
du
«
réci
Zeus,
vers
l’armée
des Ach
chéens.
de stupeur et,
XIII,
ne
bronche pas; en
75-77).
montre
mé
du
d
êche une
+
se
la
endre un fracas terrible
et dép
amboyante
a
après
tous,
dépit
de
me plus hardii
Ceux-ci
|
une terreur livi
de les
L'armée s’en
fuit,
en
déroute.
Seul
l’ave
de
qu’aup
aravant. Mais
rai er in = ok ee:
l'a vu: il tonne alors de
terrible
a
Di
gta
Ge
VI
il
N pe
le
sol
devant
le
crdre aussi menaçant et fer È RI
N, Pree segale
a vit pes les railleries d’H
gant
B
re n
ector, à trois reprises D
pour
li sa
Tables
aux
faire
front
avaotot ys riya, ¿bid. 176), toutes ces manifestations tonifuantes du dieu sont, par contre, favorables aux Troyens, à
ui elles présagent leur revanche et une victoire glorieuse
id.
171,
176). Or, le soir méme, Ulysse, évoquant les
vénements de la journée, nous apprend que les présages
nanifestés par la foudre, Zeus les fait paraître à droite pour
es Troyens (cp. <Teussew>... evdebia styata saivev/aotedntet.
IX, 236-237), et donc à gauche pour les Achéens.
Zeus
manifestaient
éclairs se sont pride que come
serein, La seule rai
son qu 1
mati
n
13).
Troie,
v) qui constituaien
t
rings a E
picinm
XXVIII,
350) aux
a éclairs (aerpéntw
Pr ne
favo.
p
a
ide
104), et la
dans quelle direct
io
significa
ique-t-e
lle
un
(¿bid
le phénomène cu
me
337
.
“La discrimination du caractère favorable ou détavorable
e se fait pas ici sans doute en considération de la nature
u phénomène, car éclairs et coups de tonnerre, déchainés
fr au-dessus de la mêlée, se présentent par nature comme étant
également redoutables pour les deux armées aux prises, et
la menace de la foudre reste continuellement suspendue sur
‘l'une autant que sur l’autre armée, en admettant même'que,
“de fait et chaque fois, comme cela est spécifié pour Diomede,
les coups atteignent les Achéens. I! est vrai qu'il convient
ici encore de faire sa part au merveilleux, et Zeus, dès le
début, manifeste clairement auquel des deux partis il en veut.
Toutefois, il n’en reste pas moins que le caractère favorable
ou défavorable se présente formellement marqué par la direction du météore : favorable, quand il va à droite; défavorable, quand il va à gauche.
Chez les Latins, c’est la foudre de gauche qui est de bon,
voire d’excellent augure; en effet, dit Ciceron, « bulmen sinistrum auspicium optimum habemus ad omnes res, practerquam ad comitia ». (Cic. de divinat. Il, 35; cf. II, 18). Si
incompatibles qu'ils paraissent — car ce n'est qu'une apparence — les idées des Grecs et celles des Latins se concilient
sans peine, ainsi que nous le verrons bientôt.
En ce qui concerne les signes fournis par les oiscaux, la
question est plus complexe, en raison des éléments de toute
Cep
end
an
de
nouveau
foudre
pour l'en empéch
er
Grecs,
qui
sont
mis
à
:
mals
(ibid.
une
trois
sorte qui, outre la direction du vol, servent à l’interprétation.
fois
Il semble que tous ‘les oiseaux indifféremment pouvaient
Défa
donner des signes fortuits, comme chez les Latins (cf. Servius,
épreuve
in En. 1, 398 : « posse quamlibet avem auspicium attestari
170).
rude
iqué
Page 8
View in PDF(opens in a new window)Rain quia non poscatur ») (1).
Mais il est probable
qu'il y avait des espèces déterminées d’oiscaux sica
an augurales aves (cf. Servius, /. cit.; Marc € elt
N 26; Amm. Marc. XV, 7, 8), les seuls dont on tir
apparition,
comme fit
Priam
au XXIV" chant
de 1
ltiad
Telle est du moins la conclusion que suggère la sini .
suivante a Ilya beaucoup d'oiseaux sous les ra ons du
soleil, mais tous ne présagent pas l'avenir. » (Od TI 18 i
182). Dans l’interprétation des signa ex avibus père jte 2 A
donc tenu de l’espèce, et la valeur du signe sia dig h y
quent avec l’importance attribuée à l'espèce. C'est = fait ©
que nous constatons. Le heron, !zmärd: (I. X, 274) le va.
SOME ou faucon, ziex:: (Od. XV, 526) sont spiciñiós ls i
étant des <twvci dont la valeur augurale ne fait aucun doute.
Mais, entre tous, l’aigle noir (Z4 XXIV, 316) est considéré
comme le plus parfait des oiseaux de présage, le plus des
à Zeus et celui dont la force est la plus grande (14 XXIV,
293, 311, 315). Oiseau augural par excellence, c'est l'ail
que nous voyons le plus
fréquemment
chargé
de
missior
(Il. XII, 201; XII, 822; XXIV, 316; Od. II, 146; KV,
161 ; XX, 243). — Toutefois, si l'espèce peut confina sn
signe une importance plus ou moins grande, elle ne lui confèr
pas sa qualité de bon ou mauvais augure. Nous voyons =
effet des oiseaux appartenant à la même espèce se mei.
fester tantöt comme favorables, tantôt comme ditelo,
ainsi l'aigle apparait favorable, en /2. XXIV, 316 sqq. et ei
Bd. EN, 101 506, défavorable an A, XII dui sa .
et
Od. II, 154 sqq., XX, 243 sqa.
_ bebe espèce d’oiseaux,
aimée ou redoutée (2),
n’a-t-elle pas de ce fait un caractère
al le hier se autres
|
ire
Urs
2
abi
3
servent
nn
étant consacrée à une divinité
peuples,
dit Cicéron
de presque toutes les
les espèces
es
5; nous, d'un très petit nom!
ed
>,
5
(de
divinat
‘oi
;
d'oiseaux
ni ape voir BOUCHE-LECLERCO, op. cit., IV a “Qu
Pi $
‘
“iu in Æn., V, 517
3 y
G,
d'
singulae
aves
re.
a
—
Sur
les
er
pour
auspici:
nità
ve Nulla enim avis caret consecranuminibus sunt consecratae.
».
En., IV, 462; OVIDE, Melam., 550; PLIND,y X,
12“15.
13 |
“¿dy
— Cl
n
339
ropice ou funeste a priori ? Il est évident qu'une divinité
‘bienveillante envoie généralement un signe propice a ceux
‘qu'elle favorise. Ainsi Athéné dépêche un héron de bon
“augure (11. N, 274) à Ulysse et à Diomède, dont elle s’est
faite la protectrice (ibid. 279-280, 285-286); de mêmeOd.il est
tout à fait normal que les aigles envoyés par ZeusparenApolloII,
n,
‘146, XV, 161, XX, 241, et le faucon envoyé
pour
ux
heure
ges
présa
des
t
ituen
const
len Od. XV, 525,
s. Mais
‘Ulysse et Télémaque, fächeux pour les prétendant
‘il s'en faut que ce soit une règle absolue, toujours suivie.
de
| Depuis l'engagement solennel qu'il a pris surns.la prière
pourEt
Thétis, Zeus protége manifestement les Troye
tant l'aigle qu'il dépêche en Il. XII, 201 sqq. leur est défadieu
vorable, et en 71 XIII, 822 sqq. aussi. C'est que le qu'il
s
même
ceux
e
tantôt approuve ct tantôt désapprouv
protège, et s’il leur envoie volontiers des encouragements,
sil n'hésite pas à leur envoyer aussi, à l’occasion, des avertiau
uée
attrib
le
augura
é
qualit
La
sements et des menaces.
signe ne réside donc pas nécessairement dans la personnalité
du ‘dieu dont il provient. Réside-t-elle dans la personnalité
nt
de ceux à qui le signe est destiné, certains oiseaux n'ayanes
certai
de valeur augurale que dans certains cas el pour 393: VI,
personnes (cf. Pline, X, 8, 21; Servius, in ¿En. I,
n
193) ? Sans doute, l’auspice, avec son caractère d'approbatio
ou de menace, survient généralement en des conjonctures
graves et critiques, dont telle ou telle issue est probable et
d'avance attendue: mais, heureuse ou malheureuse, l'issuee
est considérée non pas comme étant le dénouement logiqu
de la crise même, mais plutôt comme résultant d’une interven?
tion divine, dispensatrice du bonheur et du malheur.
Quant aux personnages intéressés, souvent le même mesroi
sager divin les visite, et ils sont fort divers cependant :monarmée
(11. XXIV, 315), peuple assemblé (Od. II, 150),
X,
tant à l’assaut (72. MIL, 201), guerriers en embuscade (71.
Son
de
quête
en
274) ou en pleine bataille (11, XIII, 822), fils
père (04. XV, 160), voyageur errant (Od. XXIV, 310). Ce
ne sont pas EUX, bien stir, qui conftrent au signe sa valeur
Page 9
View in PDF(opens in a new window)URALE
bonne ou mauvaise;
‘Puisque la circonstance se trouve à maintes sgh
ils ne font que l’a
dme
ttre de bon ou de
mauvais gré. Il
leur est loisible,
à leurs risques et
périls, de
récuser un pré
sage qui leur est
contraire : ainsi
fit Hector en
fl, XII, 237-243 (1)
; ainsi firent les pré
tendants en 0%.
Il,
178 sqq.; mais ind
épendamment d'e
ux et en dépit de
leur
obstination, les évé
nements suivent leur
cours, tels qu'ils
leur ont été
Quand
signifiés par l'envoyé
se
trouvent
en
des
groupes dont les
et les Troyens dans
l’Iltade, Ulysse ou Tél
émaque et les prétendan
ts dans l'Odys
intérêts sont contraire
s, comme les Grecs
sée, tout présage
favorable aux uns
est naturellement
défavorable aux
l'opposition
autres: à l'antagon
isme des intérêts
correspond
du
caractère
toujours la divinité
qui
augural
des
Signes, mais
départit aux uns
autres le malheu
r.
Il ne peut y avoir dou
te parfois que sur le
i
encore,
le bonheur,
c'est
aux
destinataire, non
171 sqq.).
du moins Pour la
catégorie des
me que réside l’é
lément essentiel qui
du bon et du mauvai
s aug
ure.
(1) En réalité Hec
tor dénie toute
valeur aux prés
vol des oiseaux,
ages tirés du
dont il n’a, com
me il dit, cure ni
les Latins, les
souci. — Chez
signes observés, pou
r être valables, dev
acceptés ou du
aient être
moins reconn
us comme des
tinés à soi par
l'obserPrine, H, N., XXV
III, 17 + « neq
ue dira neque ulla
pertinere ad cos,
quienmque... obs
ervare se ea neg
rint o»; SERVIUS, in
aveÆn., XII, 260
: 4 in oblativis aug
uriis in potestate videntis est,
utrum id ad se
pertinere velit an
refutet et abominetur »; CAT
vateur; cf.
auspicia
ON ap. FEST, p. 234
: « Quod ego non sens
mihi vitium faci
t ».
i, nullun:
(2)
« Marcellus disa
it que, s’il méd
itail quelque expé
ne pas être dét
dition, pour
ourné par
les auspic
es » il allait en
litière fermée, »
(Cre. de divinat.,
IT, 36). « Mais,
ajcmite Cicéron, emp
pice ou refuser de
êcher Pausle voir qu'est-ce autr
e chos
pas être averti par
Jupiter? »
au Anal
st favorable en /2. XII, 822 et XXIV, 320, mais ee
rable en Z/. XII, 201, en Od. Il, 147 et e | pat
donc pas en raison de la hauteur qu'un vo si or =
comme étant de bon ou de mauva's augure.
Es
Ua.
En
,
,
et
Pisi
où se trouvent Télémaque et le fils de Nestor, a
y ds son essor á droite en passant devant les È i =
Hi y a là en présence deux groupes de personnes, oe
reise nettement auquel des deux a Di ip en
ine Hélène, sa par
èdre (did.
sert à la discrimin
ation
de l'espace. En fait, nous constatons que, volant
5
‘
se
olu le privilége
de faire une interp
rétation autorisée
du signe apparu,
et, à
div
Ce ne peut donc être
,
ais d'un vol vers la région du haut ou vers vo ped
tela : Télémaque qui prend congé de ses Aal et ps e
de famille qu’est dev
elites, que dans le
vol mê
= aves inferae, volant en bas (2). Toutefois nous verrons p
ne sont-ce pas
dans ce cas,
décider, mais le rep
résentant qualifié
du dieu. Ainsi, en
Od. XV, 167-168,
c'est à Ménélas en
sa
son défaut, à la
n'est probablement pas indifférent que one na
vole bas. Nous savons qu’en fonction ae a he Ñ e ba
‚atins distinguaient les aves praepeles, volant en hast ( i
du dieu (2).
présence
341
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
e que de ne
vouloir
qui l'accompagne, d'une part; Ménélas et Héiène, ue
art.
=;
È en cette circ onst
"il
i est présenté
Le vol, tel qu’i
de Pisistrate (did.
tion
i
destine,
et la question
DER. 167-1lues
but
:
écision
f
1 par le vol bas n’avait pas
d'a
fournie
ue la précision
" Le Lawine des aigles au-dessus de l'assemblée “es
oe en Od. II, 151, a probahlement aussi une ur
cation particulière que le contexte éclaire : pani u es
i
ils
i
les coupables
igles désignaient
sur toutes les tétes, les aig
enfermaient
dans
un cercle
2a
fatal (152) (4).
i
ao qu
3 vise
“qui
a ol » : « Praepetes aves dicuntur quac se 4a
rmologiqueinent
i
vo ea
ferunt,
Nam
l'expression
pressi
€lésigne
des oiseaux
pracpetere dicebant
pro anteire. J
a
«q
sc
"e
— Ce
senstourna
primitif
s'explique aisément : po AL
a
244, ie; ) ices
on se
it vers le Sud ct la région gue
Top
ain a han! soi était celle du haut dans l'espace. Ñ i
a aft
pe
rest de noter que les aves praepetes sont toujours opposées
VI, 6;; *SERVIUS, Ín
3
Cicéron, de divinat., 1, 48; A.-GELLE,
a) CLciGx
reste
$
Æn. 111, 361.
(3) Voir p. 422.
(4) Servius, in Æn., 1, 397.
Page 10
View in PDF(opens in a new window)venaient en oiseaux
«d’autres détails,
Quand on vou,
funestes,
cela,
dans les airs,
ils le
marquaient
|.
per
des oiseaux auguraux y.
battre et se déchirer mutuellement (Od. Il, 153); lutter soupe
un énorme serpent qui se défend désespérément et oblige Je
rapace à lâcher prise (//. XII, 202 sqq.); emporter dans leurs
serres une colombe trembiante (ud. AA, 243) qu'ils déchirent
en éparpillant ses plumes (Od. XV, 526-527), ou une gross
volaille après laquelle les gens courent avec de grands sl
(04. XV, 161-163), on ne peut douter que ces circonstances
contribuent a donner au vol augural qu'elles accompagnent
ine signification fâcheuse ou, pour le moins, assez troublante.
Mais en réalité ce ne sont ia que des indications accessoires
destinées à rendre l'interprétation plus claire, Peer
plus net et plus catégorique. Indications accessoires, en effet,
puisqu'elles se réièrent à un aspect particulier,
distinct ct
tout different de celui sous lequel l’auspice se présente dans
son ensemble. Ainsi i’aigle dépéché à Hector,
en /2
XII,
200 sqq., constitue pour lui et pour les Troyens un présage
incontestablement
défavorable
:
le
sentiment
exprimé
par
Polydamas et l'attitude de l'armée le prouvent. Or l'éner
gique ct victorieuse défense du serpent contre l'aigle ravisseur constitue au contraire un signe qui est en soi favorable
aux adversaires, c'est-à-dire aux Achéens. — En Od. XV
533-534, Théoclymène dégage du vol augural qui vient de
se manifester,
un heureux présage pour Télémaque et les
siens; et pourtant l'épisode de la colombe écorchée dont les
plumes tombent à terre laissent une impression pénible : c’est
que cet épisode, signe de malheur, se rapporte sans doin:
non a Télémaque, mais aux prétendants. — En 04. II, 154.
un vol à droite est formellement rapporté à Télémaque ave
une signification favorable (did. 146). Or dans l'attitude des
deux aigles qui se battent ct se déchirent l'un l’autre, il y a
un signe menaçant, défavorable par conséquent, mais c'est
pour les ennemis de Télémaque. De la même façon s'explique,
accompagnant un présage dont le sens général est propice,
l'épisode
fächeux
Od. XV, 160-163.
de
de
la
l;
volaille* enlevé
enlevée
d
par
un
aigle,
i
we
343
[I reste donc, en dernière analyse, que c'est la direction
‘du vol qui, dans la catégorie des alites, confère au présage
son caractère essentiel de bon ou de mauvais augure. Nous
avons vu plus haut (1) qu'il n’y a pas lieu de ranger dans la
y catégoric toute spéciale des oscines (2) le héron qu'Ulysse
et Dioméde entendirent crier dans la nuit et qui leur donna
un présage favorable (ll. X, 274-276). Le poète en effet dit
expressément que la direction suivie par l'oiseau fut repérée
à droite (¿bid. 274). Mais comme elle ne pouvait être repérée
par la vue, elle dut l'être par le son. Le cri du héron, en cette
nce, doit donc être considéré comme un indice de
‘circonsta
.
,
repérage non d'auguration, et c'est la direction du vol, ici
encore, qui sert A déterminer la qualité et la valeur du signe.
Le rôle de la droite et de la gauche s'avère ainsi d’une
importance capitale dans l'interprétation des auspices. Reste
à déterminer la valeur respective qui s'attache à l’une et à
l’autre direction, Pour cela, nous allons passer en revue tous
les passages dans lesquels une signification augurale est
attribuée respectivement à la droite et à la gauche.
En Il. II, 353, des éclairs ayant lui à droite ont paru favorables aux Argiens (2cospámiwv imèéit, ivaicua céuara gaivey).
Par ces signes, Zeus leur a donné une assurance {zazavedcat,
ibid. 350) évoquée par Ulysse, en un jour de désarroi, comme
une promesse qui ne Saurait mentir (ibid. 349). C'était en
même temps un présage sinistre pour les Troyens, à qui les
Argiens allaient porter le massacre et le trépas (¿bid. 352).
En A. IX, 236, Zeus envoie aux Troyens des signes favorables, en faisant luire des éclairs à leur droite (ivoéeux
chuazz): en homme qui s’assure en Zeus (rtsvvs: Au, ibid. 238),
Hector sévit furiensement. Mais du coup c’est une terrible
menace pour les Achéens, qui risquent de périr loin de leur
patrie (¿bid. 244-246).
(1) Voir chap. LI, pp. 129-130.
(2) Voir Varros, de L. lat.. VI, 76; Cıc., de nat. deor, 11, 64; de
divinat. 1, 53; PLIN. X, 19, 43; SERV., în En. I, 303, 398; ITI, 246,
361; IV, 462; FEST. Pp. 197; ÍSID., Orig. NU, 7.
Page 11
View in PDF(opens in a new window)345
Sur la droite d'Ulysse
et de Diomède, Pallas-Ath
énd
dépêche un heron (Il. X, 274);
Ulysse aussitôt de se ron
heureux du présage (ibid. 277).
cent
Lui assurant aide et prot
ection de la part de Zeus,
u
aigle apparaît à la droite de
Priam dl. XXIV, 320) si
qu'il l'avait souhaité (idid. 312;
)
cf. 294); à cette vue fer
gresse est générale (7024. 320-321)
et Priam va se rendre par
confiance au camp des Grecs (ibid.
295, 313).
nn
Un aigle a pris son essor à la
el l’armée achéenne le salue
droite d'Ajax (44 XIII,
831;
d'un cri, enhardie par le
thse, È
(ibid. 822); par contre, c'est pour
l'ennemi l’annonce de 1
déroute prochaine (ibid. 81 7-820).
u
Au-dessus de l'assemblée des
Ithaciens, deux aigles sont
apparus ; il volent vers Ia droite,
Ze: (04. II, 154). [ eur
attitude est si menagante que le
peuple en est
sent un
malheur
(ibid.
156).
La
direction
troublé ei pros,
vers
la
serait-elle donc fácheuse, en l’occu
rrence ? Nullement.
en
acquiescement
à
la
prière de
Télémaque,
c'est
intention (ws gaze T'anépayss
, si Pater... 222. ibid.
("ec
à
son
146) que
destiné : Télémaque vient d'exp
rimer le souhait que soient
enfin châtiés ceux qui sans vergo
gne pillent sa maison (ibid,
143-145). La menace qui, signif
iée par l'attitude des oiseaux
plane sur la tête des prétendants (ibid. 163)
est conforme sai
souhait de Télémaque. Ce vol à droite
présente donc aussi
un caractére favorable, puisque,
destiné à Télémaque, il lui
est propice.
Une autre fois, Télémaque ayant
exprimé le vœu que
Zeus fasse enfin luire le jour du
malheur pour les prétendants (04. XV, 523-524), un oiseau
augural (ibid, 532) s'envole à sa droite (ibid. 525) :
signe interprété par Tifo.
mène, qui s’y connaît, comme étant tout
en faveur de la race
d'Ulysse (ibid. 533-534), et par là même
en défaveur de ses
ennemis.
Ce méme Télémaque, un jour, revena
nt à Ithaque, farmnle
de trouver son
père
de retour en
son
vers la droite (2bid. 312).
droite
Zeus a dépêché les deux aigles.
C’est donc par rapport h
Télémaque qu'il faut considérer
le présage, puisqu'il lui est
encore le vœu
È äugural, en l’absence d’aucune autre indication, même
Féconcernant l'espèce des oiseaux observés, est présenté comme
favorable (ibid. 311), uniquement en raison de sa direction
palais
Voilà pour ce qui est de la droite.
x
Voyons maintenánt les indications sur la valeur attribuée
à la gauche. Sur ce point, les indications sont moins nom-.
Fy breuses, mais ellés sont aussi nettes et. aussi catégoriques.
Pleines d'ardeur, les troupes troyennes, Hector à leur tête,
g’élancent à l'assaut du rempart qui protège le camp des
* Grecs, lorsque survient un aigle volant haut sur leur gauche,
Ex aptorepé (Il. XII, 200-201). Dès l'apparition de l'oiseau,
on voit les troupes s’arrêter, hésitantes, sur le vord du fossé
È (ibid. 199); iminédiatement leur ardeur est tombée, leur élan
refoulé (Aaèv tépycov, ibid. 201). Par sa seule direction, le vol
à gauche est donc apparu comme de mauvais augure, déjà,
avant même que soit observée la lutte dramatique du serpent
contre son ravisseur. Au reste, cette lutte ne fait que confirmer,
‘en la précisant, la ‘signification qui, tout de suite et à premiere
. vue, s’est imposée à la foule : « Jes Troyens frissonnent en
voyant à terre au milieu d’eux le serpent qui se tord, présage
et Polydamas, interprétant
de Zeus Porte-Egide » (208-209)
le signe, y voit l'annonce, pour Hector et les siens, d'une
‘déroute sanglante (225-227). Défavorable aux Troyens, à
qui l'avertissement est destiné, le
présage est
favorable aux Achéens, leurs adversaires (227).
contre
Page 12
View in PDF(opens in a new window)SIGNIFICATION AUGURALE
Les prétendants trament un complot pour mettre à mon
Télémaque. Or voici qu'un aigle vient vers eux, en volant
à leur gauche (Od. XX, 242). Ils ne se méprennent pas sur
le caractère nettement défavorable pour eux, =:imv. de ce vol
à gauche. « Amis, déclare Amphinomos, notre projet de faire
périr Télémaque ne réussira point » (245-246).
Ainsi, tous les passages sans exception, avec une concordance frappante, mènent à une seule et même conclusion :
dans les poèmes homériques, qu'il s'agisse de signes célestes
ou du vol des oiseaux, la direction à droite est toujours de
bon augure ct la direction à gauche, toujours de mauvais
augure.
Comme dans la tradition homérique, la droite a constamà-dire en présentant le côté droit à l’autel. — Chez les Irlandais du Moyen-Age, ainsi que nous l'avons vu (1), le tour
"3 droite ou dessel assurait une heureuse chance (2). — Pour
adorer leurs dieux, les Gaulois se tournaient à droite (3).
Parmi les divinités gauloises, il y en avait une Dexsiva ou
Dexivia dea (4), déesse, protectrice des Dexivates, qui habi
taient les bords de la Durance (5).
Quant à la gaucne, les peuples celtiques sont tous d'accord
avec Homère pour la considérer comme le côté fâcheux et de
mauvais augure (6). En Irlandais, ‘wath, outre le sens « à
gauche » ou « au Nord » qui a été signalé plus haut, a dans
les composés le sens de « sinistre, défavorable, méchant »,
par exemple tuaith-chleas, traduit par Whitley Stokes (7)
outre mesure. Rappelons seulement quelques exemples signi-
« awkward prank or. trick ». Le mot a aussi le sens de
« magique, magicien » comme dans l'expression tuaith-cherd,
« l'art magique (8) ». Ban-tuath signifie « magicienne, Sorficatifs.
cière (9) ».
ment été, dans toutes les traditions aryennes (1), le côté de
bon augure, favorable; heureux. Il serait oiseux d’y insister
En sanscrit däksinah veut dire « qui est à droite, méri-
Dans ses Contributions à l'étude des Romans de la Table
dional, habile ». En latin dexzer a, comme le grec 22:43. le
sens de « ‘favorable, de bon augure ». « Les auspices vers
Ronde (10), J. Loth, identifiant ful avec /ualk, donne au
saluez les dieux, mon avis, déclare Plaute, est que ce soit
nom de Morgan Tui le sens de Morgan « le magicien » et
‘néme le sens de. « bon magicien ». M. Vendryes, cité par
J. Loth (11), a établi en effet que le premier sens de tuath est
à droite (3) ». « Que la divinité vienne bienveillante par la:
« bon, favorable ». La contradiction ne serait qu’apparente
la droite sont favorables (2) », assure P. Festus. « Si vous
droite (4) », lisons-nous dans Quintilien. Et ceci rappelle la
prière adressée par les Saliens à Hercule, dans Virgile (5) :
suivant J. Loth : la gauche est bien le côté sinistre, détavorable; mais, par crainte de mauvais présages, c'était le côté
« Viens, par lá droite, d'un pied favorable, vers nous et vers
tes offrandes sacrées ». — Chez les Latins, dans le mariage
religieux par confarréation, pour obtenir une heureuse union,
les époux faisaient le tour de l'autel de gauche à droite, c'est(1) Voir J. Grimm, Geschichte d,
D. Sprache, pp. 980-986; 0.
SCHRADER, Prehistoric antiquities of the aryan peoples, pp. 254-257.
(2) « Dextra auspicia, prospera. » (P. FEstUs, 65, 6).
(3) « Si
deos salutas, dextroversum
censeo.
1, 1, 70; Rud., 1, 2,87; 2, 3, 38).
(4) « Dextrum ac volens assit <numen>.
procem.)
»
(PLAUTE,
IL
(Quint.
»
Pist. 4,
(Vir, «Pa.
P
(2) Voir p’ARBOIS DE Junarxvinie, La civilisation des Celtes et
celle de l'épopée homérique, pp. 143 et 155.
(3) Posfinonios ap. ATHENER, IV, 36.
{4) ORELLI, 1988.
(5) V.J. LOTH, Chrestom., p. 24; DOTTIN, Manuel..., pp. 315, 328.
(6) V. Mélanges bret. et celt. offerts à J. Loth, pp. 268-272.
(7) Wh, STORES, Lives of Saints from the book of Lismorc, 180,
p. 402.
»
(5) « Et nos ct tua dexter adi pede sacra secundo.
VIII, 302.)
Cure.,
{r) Voir p. 287-288.
(8) Wh. STOKES, È. cit.
(9) V. Revue celtique, XH, 113; NV, 310, 402.
(10) V. Revue celtique, XXV, 249 sqq., surtout 254-255.
(11) V. Rev. celt., 1. cit.
Page 13
View in PDF(opens in a new window)qu'il ne fallait pas nommer ou que l’on nommait par ;
phrase. Semblablement, les Grecs donnaient aux Erynies tc
nom d'Euménides, « les Bienveillantes ». De même pome de ©
_gner la gauche, à côté des anciens termes a: et Aa: con.
servés en poésie avec un sens défavorable, les écrivains voce
employaient couramment les expressions Agıszegt:, Elan si
« le meilleur còté », « le bien nommé », dont la vale
phrastique est évidente.
nti.
“a
De même aussi, correspondant au grec mau; (pour *zxal'i:)
et hard; ‚(pour * hal‘é:), les Latins avaient scaevu
s et Boone
qui signifiaient également « à gauche » et « funeste
». Ainsi
dans P. Festus (438, 8) : « Scaeva res dicitur mala quasi
sinistra, cxatéy enim graece sinistrum dicitur »; dans Valérius
Flaccus (6, 70), « laevum omen » signifie un présage de mal.
heur; dans Stace (7éb.
1, 634), “ laevus ignis », c'est la
peste. « Le divin Auguste nous a appris, dit Pline plaisamment (H. N., 5, 24), qu’il avait chaussé son pied mets
laevum calcem, avant le droit, le jour où il faillit être cine
d'une sédition militaire ».
D'un radical identique à l’irlandais cé, gall. cledd,
corn
cleth, breton cleiz signifiant « gauche », le latin empleyail
clivius dans Vexpression « clivium <auspicium> -», avec le
sens d'auspice annongant
des malheurs
: « clivia auspicia
dicebant quae aliquid fieri prohibebant; omnia enim ditficilia
clivia vocabant. » (Festus, 56, 19). — « Cliviam avem
hibitoriam » (Pline, to, 14, 17).
;
T°
ro-
Quant à l'adjectif sxister, on le trouve employé avec son
veins originel « à gauche », d’où « exposé au Nord »r dans
l'expression de Columelle « (solum) sinistrum soli » (1, 5,
a med.),
puis avec le Sens de « funeste,
contraire,
défavorable », dans Virgile: « arboribus satisque Notus pace
sinister ». (Géorg. 1, 444); dans Ovide: « Si qua <matrona>
est studiosa sinistri », « portée, adonnée au mal » (Zrist.
1
257); « Di, precor, a nobis omen removite sinistrum » (H Er F i
49); « avibus sinistris », « sous de fâcheux auspices » (ibid >,
I 14); dans Properce: « sinistra pugna Cannensis » (3 39); dans
Tacite : « Sinistri sermones de Tiberio », « bruits Seder
349
« Sinistris
sur Tibère » (Ann. I, 74); dans Valére-Maxime : profic
iscı »
pede
ro
sinist
©
:
e
Apulé
auspiciis » (7, 2); dans
«
à-dire sous
Met. 1, 2, 104), « partir du pied gauche », c'estde facheux auspices ».
Toutefois, à côté de ce sens défavorable, c'est u n fait bien
ntent
'établi qu’en latin les adj. scaevus, laevus et sinister prése
présa
‘aussi un sens favorable : « bona scaeva », « bon a, idgeest»
(Plaute, Stich. 461, 472 ; Pseud. 113); « scaev
imantur »
sinistra, quod quae sinistra sunt bona auspicia existimant
ur »
exist
era
prosp
(Varron, de L. 1. VII, 97); « laeva
»
mum
opti
cium
auspi
(Pline, 2, 142); « fulmen sinistrum
(Cic. de divinat. 2, 35, 74; cf. ibid. 2, 39. 82).
créer chez les
Cette dualité d'interprétation a fini par exem
ple sinister
par
e
trouv
l’on
Latins une telle confusion que
on dans le
Cicér
par
sens
deux
employé à la fois dans les
39).
II,
et
16
I,
t.
même ouvrage (de divina
idées et
On a imputé cette confusion à une influenceux des
le côté
était
de la langue des Grecs, chez qui le côté heure
Il est toutedroit (1). Le fait paraît difficilement contestable.
rvateur
conse
t
fois surprenant qu'un peuple aussi notoiremen
de la
ait
n
romai
e
dans ses observances rituelles que Ir peupl
voir
de
re
maniè
sa
sorte abandonné, sur un point essentiel,
ire. Si
traditionnelle pour en adopter une autre toute contra
es
formé
con
sion,
expres
les vues des Latins se sont, dans leur
nant
celles des Grecs au point que la locution grecque concer
fm»
'.. la gauche a fini par prévaloir en latin (2), ne serait-ce pas que
ces vues n'étaient divergentes qu'en apparence, mais non
foncièrement opposées ? N'oublions pas qu'en effet, dans la
pratique augurale, les Latins, comme les Grecs, conservaient
l'orientation traditionnelle face au Levant : les témoignages
de Tite-Live et de Servius, cités plus haut, sont formels à
ce sujet. I] est constant aussi, qu'en ce qui concerne la droite,
la tradition des‘ Latins n’a jamais varié et qu'elle se trouvait
conforme à celle des Grecs, à preuve Vauspicium maximum,
(1) Voir Th. Berex, Griech..Literaturgesch. 1, p. 386.
(2) Cf. VIRGILE, Egl. IX, 15; SUÉTONE, Vitell. 9, etc...
Page 14
View in PDF(opens in a new window)favorable oe
de
ae
gauche
à
3
droite,
i
Jéfav orable
n °. désaccord à Propos de la gauche ne peut
L
dans
le
tendx'
parceze.queMailes signe
Edu Nord, a deorum sede;pì;le HaGrec,
tous deu
s'fMév
Fipar l'Est vers le Sud,
reconnaître qu'il va de gauche à droite.
sens
Misont d'accord pour
ateur tourné vers le Sud,
Supposons maintenant l'observlors
de la cérémonie rituelle,
s
donc proveni
q . une simple difference de points de vue dans une
int
comme l'était l’auspiciant latinest à sa droite. Un oiseau de
et l'Ou
Hi avec l'Est à sa gauche
est.
t et, par le Sud, tend vers l'Ou
l'Es
à
raît
présage appa
te,
droi
la
vers
vole
Pour l’:iwrstf; homérique, l'oiseau e par conséquent; pour
n
pet ation identique de la réalité, Rien de plus suggestif à ai
ee ur Ha de Cicéron, se plaisant d’abord à poter 1
accord des Latins, , pour qui la uche est favorab
Ñ
i
l
“
a
des Grecs, pour qui c’
h
i
n
cet
ass
. Favorabl
De Er? eked, c'est un deliri: Boisest
réputé favorable aussi, appaseau
l'oi
,
latin
N l’auspiciant
différente: parce qu'il vient de
qui c'est la droite,
out
puis reconna
alssa
i
nt aussit
i ôt
que ce que les Latins disent étre de gauche peut aussi bien
étre dit & droite : « Ita nobis sinistra videntur, Gratis
baris dextra meliora. Quanquam haud ignoro,
È" remment pour une raisonsinistra sunt, bona auspicia existigauche et « quod quae
raison identique : parce
et bar. :
quae
bo
sint, sinistra nos dicere, eliamsi dertra sint: ni bon în
Sisto nominaverunt externique dexirum, quia erre
mantur » (1); en réalité, pourilune
va de gauche à droite, car
qu’allant de l'Est à l'Ouest, m Quae
stionum ait : a deorum
caru
« Varro libro V Epistuli
stram sunt partes mundi
cede cum in meridiem spectes, adessini
ent que
y exorientes, ad dextram occident » (2). — Il est evid
i “i“à os scene (2) D. — On le voit, de l'aveu
même de
=
ct
Bde
mes en
soi contradictoires que sont la
gauche
la droite peuvent se trouver appliqués, par un m&me
ot,
ob
un seu] et méme phénoméne et comporter la même
signification augurale. Il est évident
:
1
contradiction de la gauche et de la defini ne oilre au’ ii
apparence et que c'est d'une seule et même mii ‘ oil
s agit. Pour voir comment se concilient des points de vu
qui paraissent inconciliables, il n’est que de considérer les
faits auguraux possibles, dans des conditions authenti js
ne soient valables à la fois pour la tradition grecque et De
à tradition latine, puis de confronter l'interprétation que
onnent de ces faits l’une et l’autre tradition.
Le Nord tant i gauche et le Sud la droite pour les
a
come
i
sp les Grecs, supposons l’observateur tourné
à
im vien de présage apparaît qui, venu du
|
est, l'oiseau continuait son vol
N si, au lieu de s'arrêter à l'Ou
restent valables et le vol,
f vers le Nord, les memes raisàonsdroit
e, garde la même Signiayant méme sens, de gauche
È
3
— a agé Pun
€
bon
augure
comme l’autre
:
le Latin,
(1) CH Servius, in An. 1, 693;
is
CICÉRON, de divina!.,t., 1 IT, 35;; VIRGILE,
VI
I
:
?
23
DET
(2) CICÉRON, de divinat., II, 39.
le considérera
parce que le
Dioy
Cass.,
comme
signe vient
XXXVII,
fication favorable.
un vol qui s'effecObservé dans des conditions identiques,doute
une significatuerait en sens opposé comporterait sans ion rituelle, pour
tion augurale contraire. Dans l'auspicattés face au Sud, si
>; = J'ohowsrés grec et pour Vaugure latin orienà l'Ouest et tendait
it
un oiseau venu du Nord, appart aissa
de droite à gauche,
vol
un
serai
par le Sud vers l'Est, ce
eur
ervateur grec et pour l’observat
q défavorable; pour l'obsLevan
nt
t, si l'oiseau apparaissa au
i latin orientés face au
estat, tend par l'Est vers le Sud. Un Latin dira du si
x Il est « de gauche », sinister: un Grec dira qu'il est cà
a
3
a
Sud, tendait par l'Est vers le Nord, .ce serait encore un vol
de droite à gauche, défavorable aussi
respectives des Grecs et
De cette confrontation des vues ques
ides Latins sur les ‘mêmes faits, quel remarques se dédu
sent logiquement, qu’il importe de souligner.
13:
En, TI, 692; DENYS n’Hansc.,
351
‘A
(1) Varios, de L. 1.. VII, 07.
(2) FRSTUS, P. 339.
Page 15
View in PDF(opens in a new window)’
TE
ne = oo qu'à l'épreuve Grecs et
Latin
ase, fen ci en contradiction pour ce qui concerne Fi
rn ern hs ils ne le sont pour ce qui concerne la
différemment les quahtés
de Fi= eg
gauche etTone
de lal'o
fs
ber en tant que region
s opposées
è > dae de
paroles de Cicé
I
n bres et de mort, l’autre de lumière
onvient-il probablement d'entendre les
iceron : «
Nobis sinistra
barbar
E
is dextra
“xt
meliora » (de divin
vi at.
videntur,
Graiis et
S, dans le
repérage du vol augural, la gauche telleci
que e
la conçoive
nt
les Latins et la droite tell e que la
de se contredire et de s’exclu
‚Xclure,
|
concoivent |]
;
pur désigner ensemble une méme
réalit
sae dence
eae
enn
eae es
so
mouvement.
atins,
un
feel
s accordent
vol à
et
se joig nent
é objective : la direc.
Un
vol
droite,
de
gauche
DR
de gauche à droite
les Latins le considér
ent dans son
ae$ uche,
DS
his
i
au
point
d'où
‘atlas wi
d
porel rel
oat
le
n
ue
pere,
I
va.
re
a
vient:
en
le
disant
des
notions
de
qu’elles comp
ortent
mouvement
observé
entre
la
droite
essentielledeux
points
dont l’un est le point
d'où le mobile part,
celin vers lequel il tend , tous
:
le même cement
di
s
i
a
l’autre
‘4
deux ins
deux inséparablemnt liés dans
Au reste, les textes he
confirme:nt
des signes auguraux
de
à
dans son aboutissemen
t, Pa
L'analyse
montré
cun
il
Sens
va
dans
favorable,
as
rmal, la gauche était bien envisagée
>,
l'interprétation
c’est-à-dire
5
c'està-dir
S
par
B
e
comme
une origine, non un terme du mouvement les Latins
»
!
qu'il
et
nt,
,
e
:
daie
atent les adjectifs sinister, lievus ou sense
Ment de gauche » (2) et non « qui'va à
(1)
QUINT
QUINTILIEN
TL
(Insti
tt.
orator.,
eee
«
en
wus au sens
gauche », Servius
1
aa
Fe tro °‘ (en» pt
le4 mouvement a Stnis
di 1 a4
isting
ae’), p
e wh
pr
11
an Sinistrum « (en allant) vers la Pe ne
un
Moi
ra
in = m, par
e
divimat., II,
les
Etrnsques,
du
templum en
18) accorde qu'il leur était
er « de quelle direction provenait
À
È
..
st formel à ce sujet, pour les signes célestes, éclairs et tonrum discierre : « Sinistras partes septentrionales esse augu
esse fulora
icanti
signif
lina consentit, et ideo ex ipsa parte
pas moins
ina
». (Serv. in din. II, 693). Cicéron n'est
se
formel, en ce qui concerne les signz ex avibus, qu'il s’agis
t
canan
parte
ra
sinist
a
tum
,
dextra
des oscines : u Tum a
Cur
«
:
alites
des
ou
(1)
53)
1,
t.
oscines » (Cic. de divina
‘autem aliis a laeva, aliis a dextra datum est avibus, ut ratum
auspicium facere possint » (did. 11, 38) (2). Pline également,
,
;. pour tout signe en général : « Larva prospera existimantur
142).
quoniam laeva parte mundi ortus est » (Plin. A. N. 2,
Il n'est pas sans intérét de noter que tel était aussi le point
(de vue concernant la gauche dans le rite augural ombrien,
vanté par Cicéron (de divinat. I, 42) et dont on a signalé les
comme disent lx
È i pag fn seul et
méme vol
ahi
353
16
ote
la fonde “fal.
€
»,
.
er
:
IUlè
£
E
e méme, Cicéron
men qua ex parte venisset. — Or, dans le context
imum auspicium,
détermine la direction de la foudre, en tant qu’opt
m auspicium bakepar l'adjectif sinistrum : « fulmen.. optimu
fulmen sinistrum, dans
pus, si sinistrum fuit ». — L'expression
: ex sinistra parte.
sens
au
ndre
s'ente
donc
doit
,
Cicéron
de
l’idée
dit encore Cictron (de divinat., 1, 17), cesse
(1) « Que Carnéade,
s, si Jupiter a ordonné
done de demander, comme le faisait Panétiu
corbeau, de droite »,...
an
et
gauche
de
r
chante
de
le
corneil
la
à
canere jussisset.
dextra
a
corvum
laeva,
a
em
cornic
Jupiterne
prodige que Tarquin
un
te
(2) Cicéron {de divinat., 1, 22) rappor
d’Accıus : le soleil
tus
le-Bru
s
d'aprè
songe,
en
vu
aurait
e
Superb
le
dextrorsum :
droite,
la
vers
cours
son
de
on
directi
la
ant
change
/ Radiatuns
eum
flamm
orbem
rsum
dextro
,
« Mirifieum facinus
fut intersonge
le
nt
comme
voici
Or
—
»
solis liquier cursu novo.
tout prochain allait se proprété par les devins : un changement
très favorable, puisque le
duire pour le peuple; le signe à était
, « ...haec bene verruncent
droite
e
gauch
de
aller
paru
soleil avait
cursum ab laeva signum
cepit
|
am
dextcr
ad
quod
populo, nam
rem rumanam summam
est,
atum
augur
rrime
praepotens ; pulche
dans les deux pas
sions
expres
des
e
fore. » — Notons l'&quivalenc
ment est dite vers
sages : dans le premier, la direction:,duellemouve
inée à partir
déterm
est
second
le
dans
rsugn;
dextro
droite,
la
direction,
même
et
seule
qu'une
n'est
Ce
Jacva.
ab
,
de la gauche
elle
lequel
vers
terme
le
dans
là
ine,
d’orig
point
définie ici en son
le
ct
quo
a
print
le
e,
passag
ème
deuxi
le
tend. Au reste, dans
terme ad quem se trouvent expressément formulés ensemble : abe
ion du mouvement est réputé
laeva... ad dexteram, et cette direct
elle Vest par les Grecs.
favorable par les Latins, comme
Page 16
View in PDF(opens in a new window)analogies
le rit
avec
Les Tab
€ romain (1)
ables Eu
È
nilns
instructions rituella es qui caver
certaia nes
en: effetpene
att
exstia
ites EN
sur la borne, dis à l’auspiciant n
2
énoncent
e
.
È
N
.
ri
leà pic à hall3 o ne:» l'épervier
à droite, la corneille à dro Ite,
|à
me, la pie à gauche, , les oi!seaux: volants de
pane
‘
;
et les ois
Pauspicianta pr
cantones de gauche étant Tate
Que
- on
5
stipule ainsi :: Je> 1les observe (vé
la 7
a
Cpervier,
.
t
neille, ur
chant
les oiseaux volants de gauche et les ois au.
a ari
€ gauche étant favorables pour moi ’
3
ehde
ur
e déterming » (Tab, VI dan
ve templantiguio
a Cana italic.
LerindEee€ A inscripl.
ris aevi... de Fabre °
n, 1867; cf. Bréal, Les Tables Eugubines, 1875)
Ainsi,
bien que l'expression par laque
lle il
soit différente,
ie
eaeon et Lati
ie
ae
inte
d'arts
n
kan
ae
caus ie a
se
de
r essentiellement
oh as est
ee
re
une
—
an
autre
leur
et
Pic
différente.
remarque
Interpre
tation
le
Di à o ent
i
en men
ns n’ont pas, sur le signe
augural,
Principe
cette
est
Quant
qui
des
identique
faits
aussi
Voici,
favorabl
e,
fa
s’impose,
mémes
interprétation.
epee
est
à
s’il
se
eN
nıa nidéfavorable s’il se mani
leste
e droite à gauche. Le
principe qui règle la
discriminati
joe
oe pates augure réside donc,
oi
a
a
Ouvement
am nn
rig
de
Bes
ar
|
i
irection
le
ce
nest
les
ni
péres, c'est le mobile même.
. pe
st
Ñ
au
rs se
en dei
observé
est
dans l'espace,
déterminée
cadre
du
miss
he
n. tourné face au Sud, le signe dE
:
au
rega
BoucHkÉen ECLER co,»
&
Y =
Augures,
Sag] 10, et dans son H 2stoi
r e de ta di vinglig
IV,
p.
69 i,
s
sqq,
où
ù l'aut
Fog
l
eur étudi
li
udie
le
ÀP
pre
i
rd
de
ne = pd
par consequent étre dit & gauche, s’il
di
\
p
|
nn rituelle, l'au gure déclare
que la gauc
ord et la droite, au
Sud: mais
Voir
la
les
Mais l'objet
mouvement
ni
t
{ I)
et
d'aprés
points cardinau
x,
le
agire
mouvement.
est
mobile
que sont
»
du
1
i
est au Nord
Darember >
H dans vA ntiquité t
i
ritue
l
augural
t
d’Iguvium
355
que le signe
Yenu du Nord, s'il apparait à l'Ouest, c'est alors s'il
apparaît
ra dit à gauche, tandis que, venu du Nord, auspi
,
méme
du
l'Est, il sera dit à droite. Au regard non à droite,ctant
le
et
face,
n signe qui apparait au Sud est en
Sud vers l'Ouest
Sud pourtant est la droite; c'est allant du lant
du Sud vers
qu'al
s
tandi
que le signe sera dit à droite,
VEst, il sera dit à gauche.
Dans l’auspication occasionnelle, un signe fortuit peut
cette
apparaître dans n'importe quelle direction de l'étendue; Nord
le
que
ion
direct
direction peut donc être toute autre
quel que
ou le Sud, gauche et droite de l'espace. En outre,son
appadès
repère
le
an
lequel
soit à l'horizon le point sur
,
rition, le signe pourra éventuellement être dit soit à droite
sur
soit à gauche, et cela ne dépend nullement du point ion,
lequel il est repéré, mais seulement du sens de son évolut
de gauche à droite ou de droite à gauche. En A. X, 274-276,
Ulysse et Dioméde purent, au premier cri qu'ils perçurent,
repérer le héron d'Athéné devant eux, au Sud, ou méme sur
leur gauche, à l'Est; il est dit « à droite » cependant, 22ct2v
(274) : c'est qu’Athéné l'envoie, fzev, de gauche à droite, et
tel est en effet le sens de son vol, s’il est vrai qu'il va de
l'Est par le Sud en direction de l'Ouest. — L'aigle dont
l'envoi est à l'intention d’Ajax en /2. XII, 821-822, vient
probablement d'entre Est et Sud, c'est-à-dire d'une région
qui est à la gauche d’Ajax; mais son vol est dit à droite,
inéntaro ei: : allant vraisemblablement du Sud-Est par le
_
Sud et par l'Ouest en direction du Nord-Ouest, il va aussi
avait
qu'il
e
de gauche à droite. — Priam dut voir l'aigl
est
demandé apparaître au Sud ou au Sud-Est; le vol ant
évolu
,
encore 2etré: (72. XXIV, 320), de gauche à droite
du Sud ou du Sud-Est par l'Ouest en direction du Nord ou
Zeus
du Nord-Ouest. — Si le coup de foudre, lancé, ilpar
provient
en 72. II, 353, provient du Nord ou du Nord-Ouest
a,
de gauche pour les Argiens; mais Zeus l'ayant lancé imit
Sud
le coup de foudre tend du Nord ou du Nord-Quest audroite
.
à
e
gauch
ainsi
ou au Sud-Est par l'Est : il tend
Page 17
View in PDF(opens in a new window)oluant en sens inverse, | '
dépéché
ent at Sad ee: Est, u leur droite, allant nen
Et voici quelques signes évol
allait de" Asma To l'Est vers le Nord-Ouest Pots
— En
e
foudre ue
eAP
de he.
le coup gauc
a Vitene
formidab
Tera
soÈa
sm
vii, sele cd din © es Achéens, tournés face à da
trajectoire du "i a ud-Est, du côté de leur aile droi po
précédent, va Pe hee le vol de l'aigle dans le ca
le; la
Vedia da rater st par l'Est vers le Nord-Ouest,
a: Ten die ca gauche, au regard des Achéens. Mais
en pipa ont orientés en sens opposé, face à l'Ouest,
le Nord Cia panda du Sud-Est par l'Ouest vere
oia
357
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
35 6
'
Sa direction se présente de cette fa
nt pour eux de gauche à droite, ¿v3é¿ta (12. IX 230),
a
*
1
A!
a
Li
téristique essentbieieln oudesenbonmals ,ausaurait donc son fondement ct
en
s leur conformité ou leur non
„sa raisonmed’êidetrealedan
.
a la nor
Il serait pour le moins té mérair
-conformite
ne de prétendre que l’ordo
pure
e sans doute que de laaucun
ance du rite augural ne procèdles
réalités naturelles,
c
r
‘fantaisie et ne comporte, ave
ré. Nous venons de voi
ent
rapport qui puisse être démont
ns l'apparence d’uuran lfoestndemconsi:
qu'elle se présentere,avel'icnteaurprmoi
du fait aug le caracobjectif. En out xpression d'uétanetiovoln ont
ine, avec
dérée comme l'e ent impératif d’une loié div
naturelle qui s’impoporset
{dre catégoriquempar conséquent sous la for
me d'un « rap
à l’homme et
choses » (1).
nécessaire qui dérive desoilaentnattrourempédes
yant à l'existence
Que les Anciens se et intime entsreen lecrofait
augural et la
.
“+
s un mouvement quide,
entiellement danapp
orme idéale résVoidebseess
it évoluant
rvateur terrestre, ara
aux yeux de
) que
ns
ciel; et nous avolyse,vul'a(p.spect354car
“gauche à droitemen, tdanausssi,le en
dernière ana eur des sigac"1 est exacte
nes
pices. La val
ite
d'une relation étro
naient pour norme, peuleurimpconortcepe;tioil nsuffdesit
don
lu:
réalité qu’ils
: c'est seulement de
;
tion de l'observateur et que le ‘ch am
: aussi| le champ de luttes SA Bee RANE dre
mine
é
i
.
cons
an Par
dies
u dans l'auspication rituelle, l'augure qui
ale cale a E rémonie, déclare que la fagauche
ce de estlui audereMe led
nsé avoir àen |
|
ciel, | un ek; e r€ éala4gappa.cerais
sant
Est, et | y
u’avce È a: il définit ensuite dea l'Est
à l'Ouest t mig
par le
limi
ca
les limites
s
dan
ce
spa
l’e
te
ésen
repr
uct
censé
est
il
duquel
vole re mobile decires.
de son : en le mobile régulateur et par le processus mé
King di ion entre le point où il apparaît et celui SR ti
LeiséE.
tant
en
qui,
mais
le,
temp
du
on
ituti
const
r
ment
n
o
di
aux
to
ante, impose son tri
o! consetitureférant
vale‘urur exaugurale
een N
ne norme idéale se révèle qui ne préside as
au temple. Par le ie
€
,
2
qu'ils y aient cru
lement leur façon de voir que
choses qu'il s’agit ici, c'est seu
étrant
nous cherchons à préciser en pén
plus avant dans leur
ander Sur
Sans raison, de se demaug
Il y a donc lieu, et non
ural, se
fait
le
oncée par
quelle réalité, implicniteancmenient nedénqui
vement
mou
le
s
dan
voyait
fondait la conceptio
e son
omm
l’h
à
nt
osa
la manifestation d'un ordre divin imps la droite ou la gauche
pensée.
malheureux, etou danmauvais, en définitive le
destin heureuxceou qui
bon
le critère de ou du est
mal.
vement
ple qu'est observé ledramou
Puisque c'est dans ledrotem
bord
d’a
it
ite €t la gauche, il fau
critère du bien
savoir exactement quelles régions de l'espace
et que sont repérées la
(1) MONTESQUIEU, De L'esprit des Lois
étaient repré-
Page 18
View in PDF(opens in a new window)sentées par ce
temple (1),
acception
extrémement
pourquoi et com
ment. dans une
large,
il
peut,
au
témoignage
Varron, se concev
oir Sous un triple
aspect et s'étendr
ciel, sou
de
s le rapport de la
nature; à la terre,
du fall de
l’auspication, et
mê
me aux régions
ur
infern
ales, Par analogie
« Templum tribus
.
medis dicitur, ab
natura, ab ausNc
iendo,
ab similitudi(ab
ne;
) natura in caelo,
ab auspiciis in ter
ra, ab
similitudine sub terr
a » (Varr., de l.
tat, 7: 6) (2),
S'il est vrai que, dan
s son acception
signifiait pour les
observé »,
ou
propre, le mot tem
ple
Anciens « un esp
ace défini (3)
bien
« d'où
Pon
peut
359
DE. LA DROITE ET DE LA GAUCHE
qui peut être
observer
— il ait désigné le ciel visible, l'hémisp
hère —je
in
l'horizon, par la voûte azu
rée (1). Mais po
dessus ce
r analogie, alors qu'elles sont invisibles, le al |
a
endet par aux régions infe
es
(2),
dr
ag
E ’hemisphöre inférieur? Pourquoi rnal
fe
et comment, même
visi
côtés
bars
rain us
; l'hémisphère supérieur, le temple célestee visible
ete
regar
age
a
fau-dessus de l’horizon se
bi
re, limité
limité (3) àala
la seuledencia,
région er
n
on
N vateur terrestre,
L'art
ypuisqu'en fait c'est la région située «
va
I pication (4), et que c'est elle que l’auspiciant cons
DN
JS
ee wean
’
11
?
du point de vue
recueillir les presages 5
|
a ar
:
Mais il faudrait en même temps, puisque FE ende
(1) Sur le temple
Qugural, voir dan
s le Thesaurus anti
de GRAEVIUS, V, P.
g. Roman.
541-591
le mobile qui, régulateur authentique du temp al o hai
côtés
» (4), on s'expl
ique aisément que
,
auguralis
(Tolos.,
1637);
: P. LE Bet, Diatri
NISSEN,
de
tous
ba de partibus templi
Das Templum,
Berlin, 1869; H,
USENER, Templum,
dans Jahrb, ). Phil
ol,, 1878; Ottfr.
Etrusk., 11, PP.
Munnkr,
128-164; C. O, THU
LIN, Die Etrusk.
(Goteborgs Hogsko
Disciplin.
l. Arsskrift., 1905
et
1906
; J. VALETON, /%
modis auspicand
i Romano
rum dans Mné
mos, XVII (188
594, 418 sqq.;
9), pp.
XVIII, 208 54d,
35
À
406 sqq.; NIX
, 75 SYQ., 229
405 sqd., ete.
syq.,
; "BOUCHK-LECL
ERCQ, Hist. de
la divination,
Sqq.; article
IV, P: 17
de Weinstock
dans Mitteilun
gen des de utschen
chäol. Instit., Rom
ar.
. Abt. 47 (1932),
p. 95.
(2) VARRON cite
des exemples de
ce triple aspect,
des œuvres archaî
empruntes 4
ques. Ainsi le tem
ple est le ciel étoi
passage d'Hécu
lé d’après ce
be : « O magna
templa caclitum
/ Commixta stel
Splendidis, » —
lis
I est rapporté à
la terre, d'après
cette citation de
Péribée : « Scrupe
a saxa, Bacchi /
Templa, Prope asgr
Par similitude, il
elitur, n —
se dit de l’espace
qui s'étend sous la
vers d'Androma
terre, en ce
que
:
«
Acherusia
fera. » (ap. Varr.,
loc. cit.).
(3)
ERNOUT-MEILLEr
templa
alta Orci,
salvete,
in-
(Dict. étvm. de
la
1. lat., s. v. tem
prochent le gre
plum) rape
répevos
« enclos divin
», cest-d-dire ave
racine du grec
c ja
Timm a je coupe
». De fait, l'idée
d'une portion
de territoire, découp
ée et réservée, dist
inct
e
de
toutes autres, appa
raft très nettement
dans l'évocation
faite par Homère
nos » que les
du x téméLyciens assigner
ent à Belléroph
on : of Avzese
Téuov Enver GA
TUE UNS
(ft. VI, 194). Dan
s les gl. galloise
s d'Oxford
(XXe s.), nom
(var. de nem) glose
templa; or le dérivé
(vieux-celtique nem
nemeth
eto-n } désignait, en
Irlande paîenne, un
sacré, à découver
espace
t, ayant pou
r voûte le ciel et
délimité par des
menbirs, (V. J. Lor
n, Fanum et simu
lacrum.,., P. 4.)
(4) VARR., Op.
cit., 7%: 4 Quaqua
intuitus erat oculi,
primum templum
a tuendo
dictum... » ef 7,
9 : « Intra eas regi
ones qua
; définit le champ de l'observation, identilier am
ui
triple aspect,
in
ue
doit évoluer dans l'hémisphère ei mp
o ’hémisphère
ce inféricu
; r aussi,i et dont l’évolution,
mi
\
j
au.
ak par analogie au-dessous de l'horizon, mer n
de s de l’horizon, dans le ciel où naturellement : e ”
essus
i
|
aus
manifeste, cette particularité de n'être observée que
d .
.
,
3
,
région méridionale, de l’Est à l'Oues
t.
.
uli
conspiciant, id est tueamur, a quo temream
tool ich est
un plare
, » — Cf, Festus, P. F., 34, 9
Mer p uo omnis pars
que lo, i e. loco
j
1
et
conab uiomni parte aspici, Pa it. :
sg otest quemquiantiq
templum nominaban Vann.
i cit). —
0 por qua attuimur dictum ap US atra Top
VARR.,
i
ee
‘HemiaA phacelur ubi ~~ ie par panei date
+ CW.)
è
I)"
A
:
li
i
.
n
« Caeli cacrula temp am.
-Di
ei
t).
nn
me tea ubi concha
— La leçon
—
i
D
Er
stat
»
e eon >
ur
Templa alta Orci infera » (ap. VARR., I. ct apli causa
E « In
3)
* k
o
i
’
SI
terris dictum templum locus
rn aut
du.
ei
VARR., op. cil., 7, 5).
ma
st.
aus
,
a ) dl caeli pars quae sole illustratur ad meridiem ¢
1. cit,).
— «
Es
pena
nominatur » (FESTUS, op. Cit., p. 220).
Pe
,
TARQUEà
(Nunta,
(Nunta,
!
7)
joy
t
FY
wév (il
Toy yey
O montevory thy
cond
doi
s’agit
Y TONTEUR
Y sepa
Thy ue
àà Thy
Nous...
n.patin
divinat.,
— CICÉRON
(de» div
1,
17)
17
dé
Numa) Navius)
als uernpholes
vpiyuse.. Me
ctans, in vinea media dieitur
ad meridiem spectans,
(Attus
constitisse, »
Page 19
View in PDF(opens in a new window)360
4
SIGNIFICATION AUGURALE
Tel est le problème qui se pose. Si complexe qu'il
soit d
l'avoir posé avec netteté, c'est déjà l'avoir un peu
éclaire,
Pour résoudre ce problème objectivement,
du point de ie
tout particulier qui est le nôtre dans cette étude, peu nom.
breux sont les documents que nous puissions
Elena
utiliser. Quelques minces fragments épars, sans
cohésion et
d'authenticité parfois douteuse, de simples indicati
ons sèche.
ment fournies par des polygraphes et des
compilateurs ne
sauraient suffire ni même comporter une valeur démonstr
ative
que sous réserve de confrontation avec des réalités antiques
dûment établies.
Mais nous avons la bonne fortune de disposer d'un texte
d'une authenticité indiscutable, explicite à souhait, où la
question
qui
nous
intéresse
se
trouve
posée
précisément
comme elle se pose pour nous, puisqu’il y s’agit de la déter
mination de la droite et de la gauche, en considération
du
mouvement dans le ciel. Ce texte est d'Aristote; il tient son
importance documentaire,
pour nous capitale,
de
l'autorité
du grand philosophe, non point tant par ce que « le Maître
dit » que par ce qu'il contredit, car les vues qu'il combat se
révèlent, à l'examen, aussi exactes, voire plus objectives
que
les siennes et, de l'opposition même de ces vues,
la lumière
jaillit où régnait la confusion. La vraie pensée
d’Aristote
nous est garantie et précisée par les commentaires
de Simpli.
cius, rédigés à Athènes au VI° siècle de notre ère, qui,
bien
loin de n’étre qu'un simple délayage, constituent une
mine
de renseignements fort utiles (1).
Plus compréhensif en cela que le Stagirite, Platon, dans
le Timée et dans la République notamment, s’est fait avec
complaisance l'écho fidèle de cette doctrine, mystérieuse par
ses origines et remarquable à tant d’égards,
(1)
dont Aristote
« SIMPLICIUS résume ou cite textuellement une foule d'ouvrages aujourd’hui perdus.
T’exactitude de ces résumés et de ces
citations est garantie par la très grande valeur intellectuelle du
Commentateur.
»
(P.
Dune,
Le
système
doctr bres co -smolog Ù de Platon a Co p PrHIE
rnic
note 2.)
|
du
monde.
Hist.
I aris
1i
91 3
]
>
des
È > © | nn
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
361
"nous permet de connaître les vues en les réfutant, Le témoignage de Platon sera donc pour nous précieux à recueillir et
à mettre en valeur. Toutefois — et l'an ne saurait nous en faire
le reproche — nous ne pouvons songer à rendre compte,
par
une explication détaillée, des grandes réalités qui se drapent
‘dans le voile du mythe platonicien (1).
De telles autorités, à elles seules, par leur documentation
‘cet par leur garantie, sulfisent pour notre information; aussi
bien, elles sont de nature à authentifier d'autres témoignages
moins autorisés, mais concordants avec le leur. Ce sont la
des guides sous la ‘direction desquels il nous est permis de
pousser plus avant notre enquéte, avec assurance. Devant
nous va se dresser, dès l’abord, un obstacle, en apparence
insurmontable, constitué qu’il est par une contradiction
formelle entre les expréssions de droite, de gauche, et la
réalité qu'elles expriment. Ce n’est pas tout. Nous allons
faire des constatations qui semblent ruiner de fond en comble
le système des divisions de l'espace, tel qu'il nous est apparu
dans la tradition homérique, en conformité avec la tradition
des Celtes. Ni cette impossibilité, ni ce risque ne doivent nous
(1) Comme l'a lumineusement montré M. À. Rivaud (Le problème du Devenir ‚et de la matière dans la philosophie grecque
depuis les origines jusqu'à Théophraste, Paris, 1906, p. 10-11),
« pat sa nature même, le mythe cosmogonique ou physique est
d'ordre rationnel, Les images qu'il combine ne relèvent pas de la
fantaisie seule. Une part considérable d'entre elles provient directement de l'expérience... » — « Si merveilleux que soit le mythe,
c'est la réalité observée qui en fournit les premiers éléments »
(p. 65) — « Nous avons perdu aujourd’hui ce don-de vision directe
qui appartenait aux plus anciens des hommes. La légende qui a
recueilli leurs visions est vénérable, non seulement comme les
choses très vieilles, mais parce qu’une sorte de révélation s’y est
fixée » (p. 280). — « Les conceptions astronomiques... montrent
combien la doctrine ‚(de Platon dans le mythe) touche à l’expérience » (p. 338). M. Rivaud refute, comme vraiment trop simpliste et inadéquate (op. cil., p. 281), la formule d’Olympiodore :
« Un mythe est un discours faux qui figure une réalité. » — Voir
aussi Brocuaro, Le mythe dans la philosophie de Platon, dans
l'Année philos., 1901, p. 1 $44.
Page 20
View in PDF(opens in a new window)DE LA DROITE ET
rebuter. Bien au contraire. Nous ne cherchons que la vérité,
ct ıl est heureux qu’une occasion se présente à nous pour
DE LA GAUCHE
363
est d'essence divine (1) et affecte à nos yeux une torme parfaitement sphérique (2), doué d'un mouvement circulaire
continu (3). À s'en tenir aux apparences d'un univers limite,
mettre nos déductions précédentes à l'épreuve.
{ait connaitre certaines données d'un système cosmologique
— et c'est ce que font la plupart (4) -- la ‘lerre, mere et
nourricière des êtres vivants, est étendue Immovile au milieu
dans lequel ie ciel, conçu en fonction du mouvement qui
de la sphere céleste (5).
Dans son traité De carla, Aristote, en les discutant, nous
l'anime, est représenté comme un immense corps, avant une
droite et ‘une gauche; telle était la conception des Pythagoriciens (I) : wivéz story ct easy sivzi ct Zeziiv mat aptocipov vob
«
A
A
»
”
.
oa
‘
.
~
Bien qu'elle en soit distincte, la Terre immobile est hee
nécessairement, en qualité de partie
intégrante, au ciel en
mouvement, puisqu'elle se présente conıme le centre même —
cosasd. uxbants ci nancipever Ilubavrsssı. Zusivov yag 2072: [an
un centre fixe — de Ja révolution céleste {6;. Ainsi, en raison
nes: istiv (Arist. De caelo, I, 2, 284 db).
précisément de son immobilité au centre, la Terre est le lieu
Afin de peuvoir mieux préciser les données en discussion,
degageons
brièvement quelques points tondamentaux sur
lesquels Aristote se trouve d'accord avec ses adversaires et
qui, du reste, étaient alors assez communément admis.
Le Cosmos,
forme
ordonnée
de
l'univers
(72 av) est
constitué par l’ensemble de deux parties essentielles, le ciel
et la terre, avec les réalités que chacune de ces deux parties
comporte dans son ambiance (2). Ces deux parties du grand
Tout sont absolument distinctes l'une de l'autre (3). Véritables corps animés (4), Ciel d'une part, Terre d'autre part se
présentent comme des organismes différents par nature
comme par position. Le corps du Ciel, 723 sugaves soya (5),
(1) Sur Pythagore et les Pythagoriciens, voir E. ZELLER, La
philosophic des Grecs (Die philosophie der Griechen...) considérce
dans son développement historique, trad. F. Boutroux. — SCHMExeL, Philosophie der mittleren Stoa (1892). — DELATTE, Etudes sur
la littérature fivthagoricienne (1915). — G. MÉéauTis, Recherches
sur le Pythagorisme, Neufohâtel (1922). — Sur la distinction des
Pythagoriciens Mathématiciens et Acousmatiques, voir note 3,
page 364.
(2) héguos pes ds invi cucenua ii odoovel ral is vat Tov Ev TOUTOLS
naturel par rapport auquel peut étre repéré je mouvement du
ciel
dans
les
diverses
udirections
(7;.
Encore
ımporte-t-ıl
d'observer que non seulement le mouvement est dans le ciel,
mais que le mouvement même des astres, c'est cela essentiellement qui,est le ciel mouvant, et la sphère céleste n'est que
la, forme fde leur mouvement
circulaire, Y, sigaviz :5:5::2
ropaté: tom epaugındv Eysves: sy%yx (Simplic.
287 a) (8). Tous les astres,
op.
cit.
Il,
étoiles fixes et planètes,
4,
sont
(1) © oveavis torito: did
> cou on ze hzins (ARIST. de caelo,
II, 3. 286 a). Cf. SIMPLIC., op. cit., IT, 3, 2S6 n : Kunde au sineiy Fee 4
wupavng Heus * © votobros Gels bios omud inte.
(2) Syiua d'éviyen spatooedis exer rin avervi (ARIST. de caelo, Il,
4. 286 D}. Tpurpormes suo tè avivo +0) xvvcez VARIST.,
285 a; cf. SIMPLIC., op. cit., 11.4, 287 a et 301 b).
ibid.,
Il,
>,
(3) Ovsuvös 7%p tergo: drá tad Aourrotinoss hartas... ZURIMPOGLAOY Tux
(SIMPLIC., op. cit., Î, 1. Prowmium, Heiberg, p. 1. — ‘Ev dé +5 beim
coute
(4)
ORI
Gyre zul KINKY nervous (SIMPLIC., Of. cit., II, 2, 285 b).
Or tov hoy odgaviy FEREDATUAEINY stvut pare (ARIST. de caelo, 11,
13, 293 a).
(5) Terne di T0 niv péoa» dxtuntay re zul Duales vv, à ganéd Ses lx
e yi,
revendorivo Com» toria ve ara rel wenn (ARIST. de mundo, II, 391 b).
— Nepi uév ody Serene... thy Restos ini 202 mére rela
de caelo, Il,
yoo Ts (ARIST.
13, 293 a).
repuegomivai guaiwy (ARIST, de mundo, éd. W. L. Lorimer, II, 391 Db).
(3) ‘N 337% vod 2iapav wigos ti Fazi. 03 pivror tos uvpevov (SIMPLIC., in
(6) Ovx fate rod odpavod aéoos Y Pry zato. TOD xtyavutro ween “soos Elvas
foúkeras ta pásos à ciò air (SIMPLIC., Op. cit., II, 3, 286 a).
op. cit., 11, 1, 284 a.
(7) Voir DUHEM, Le système du monde, 1, pp. 203 et 223.
(8) Kuzkopopixòv oun, Gmep xai Écyuror ovgavi» (= le ciel des fixes)
DE xke <'Aprorortàn:> (SIMPLIC., op. cit., 1, 1, Proamium). —
Aristot. de caclo Comment. 11, 3, 286 a, éd. Heiberg).
(4) 0 S'nspevüg Eufuyos (ARIST. de caelo, 11, 2, 285 b; cf. SIMPLIC.,
.
(5) SimpLic., op. cit., 1, 3, 286 a.
Avazcutyns xai lai:
a Tis FEpigoody tiv EEUT AT THs pis vee TOY Wann
Page 21
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d’un
seul
et
unique
DE LA DROJTE ET DE LA GAUCHE
mouvement
d'ensemble (1),
A la lumière de ces données qui dominent la discussion,
dans une direction toujours la même qui, dans chaque hémiexaminons
sphère, va de l'Orient à l'Occident (2).
doctrine pvthagoricienne.
Aristote, ainsi que Plaion, reconnaissaient aussi avec les
commune. à tous les astres, une révoiution annuelle en sens
inverse, de l'Occident à l'Orient (4).
les
critiques
formulées
par
concernant
Aristote
contre
la
l'espace et le mouvement dans l’espace.
Mathématiciens » de l'école de Pythagore (3) que les pianètes — avec le soleil — effectuent, outre la révolution diurne
305
Les Pythagoriciens parlent d'une droite et d'une gauche
du ciel, et ils en font les éléments primordiaux de détermination du mouvement céleste. Le ciel étant de forme spherique et par conséquent semblable
en
toutes
ses
parties,
comment pourrait-il comporter une droite et une gauche, non
(Stobée, Eclov, 1, 23, 1. cd. Wachsmuth, p. 200). — "Avakwiuns mí
plus qu'un haut et un bas, un avant et un arrière, toutes
Reoiveoyy Tas tithe Torino sr
notions
42,
ar
> USER. Quaesi evang., XV.
1,93: h).
-
iii bbs JUS à MY RAGES Tig ERDAS ist Rous 74 Rode um uditi: zussuusve
introduisent
une
différenciation
par les
rapports de fonction qu’elles repre sentent ? Im: yas comprado:
à
e
IC
ry)
Ù
.
»
è
wy 5 oupaviz val operspecys Ti Teiniv Eyer nat 72 Agromigio Y 22
RTT OU (SIMPLE, op. cit., 11, 12, 292 b).
IL) AR guetontiy Ge im er véperbus EL
wur ans ius (StoB..
Felog., 1, 24, 1 0). —- Avakoyoous, pr Meiidaline um Guosoàd®y int
ati val sì nage 7 ci Eungesfley val ti Inicdey vai coli syfipani
zav Bragiczue icsuhivzov (1); —
Au
reste les choses mani-
1,
mées n’ontet ne peuvent, par nature, avoir droite ni gauche,
Mubnuvrizoi désigne sans doute l'ensemble des
haut nf bas, avant ni arrière; si ces déterminations leur sont
duzuns ptcrróm ravrus tods dotipas (EUSEB.,
Praep.
ev., XV, 47,
$47 a).
fz) « Le nom de
qui
Pythagoriciens qui se sont oceupés spécialement de mathématiques, d’astronomie et de sciences naturelles. Ce sont les philosophes qu'Aristote désigne... par les mots of x20duzvce Muberyöpese (Métaph., A. 5, 985 b; A. 8. 989 b. Cf de caelo, B, 2, 284 hb). La
citation du de cacto, B . 13, 293 a, est particuliérement typique:
ni meee The Irene xd uo Hobeyiazior.» (DELATTE, Etudes sur la litappliquées, ce n’est que « selon leur position relativement à
nous : mais leur position est seulement objet de pensée sans
réalité objective Opec ya
apıszzga.
THY my sv rois riti yet Fen at
M3 pévov adz@v voeichen civ Désiv, slaEycvix bse
tér. pvthagoric.. p. 308; cf. ibid., p. 271-272). — A cóté de cette
T00TwY fnart:v (2).
secte de « savants », 11 y avait une autre secte, celle des Acous-
Le ciel. il est vrai, se présente comme un corps anıme,
matiques qui, d'après la Vie pvthagoricienne de JAMBLIQUE, semble avoir été plus attachée à la vieille tradition pythagoricienne,
puisqu'il a en lui le mouvement, et il v a, ainsi que nous
particulitrement 4 sa morale très élevée, qu'aux études scientifil'avons vu (3), un lieu par rapport auquel ce mouvement peu!
ques. Voir à ce sujet DELATTE, op. cit., pp. 308-312.
(4) Tav uobnurrizio sets uds dis Móros vuoi»... Tous dé rhavitos vols
driaéqus ira sous ie devorar inzıpiperhen (STOR., Eclog.. I, 24. 2 b).
être repéré à tout moment et défini dans toute direction. Les
diverses déterminations sont donc évidemment
applicables
"Alruaiav xvi of nahnnarızoi tous mhavitas Tuis Amhuvéty ¿vuytiovs * &rù
au ciel, 5 S’oöpavs; Eubuysz- nat Ey: druviceu: apynv, Roy in Eyes
ap durar Ir avarohus a
nat 7) Ava. rai tó natw nat To Deloy nat tó apuozspés (4). Mais de
(EusEB., Praep. ev., 47, 2, 847 a).
Avtepepousvae <rh> rovri civ zocd wives (en
longitude) er» kryouevrs
aa (THÉON DE SMYRNE, Il, tr, éd. Dupuis, p. 220). — Hoppupiav
toutes façons, elles se reférent toujours au corps central qui
iz voù Ilagi AAMT. Kal 5 Anus... uvtis And duspdy ext Tag Avararag
constitue le lieu, à nous par conséquent qui, situés dans ce
esonivos (PORPH. ap. Stor., Eclog., I, 25, 2).
STORÉE (Ecl.. 1, 23, 3) rapporte que « Pythagore fut le premier
à concevoir lobliquité de l'écliptique à travers le zodiaque, conception qu (Enopide de Chios s’appropria comme sienne propre ».
Sur la découverte astronomique de Pythagore et son importance,
voir Louis Roucier, L'origine astronomique de la crovance pythagoricienne a l'immortalità des-ämes (1933). P. 20 sqy.
(1) Simpric., of. cit., Il, 2, 285 a.
(2) ARISTOTE, Phys., IV, 208
(3) Voir plus haut, page 363.
(4) ARISTOTE, de caelo, Il, 2, 285 a.
Page 22
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-
heu, définissons le mouvement du ciel,
nivapiv Tl
ava
val nato val ci
dai
34%
lv
piv
<eScets
Aussi est-il assez étrange que, de tous les principes de
détermination
(1), les Pythagoriciens ne fassent cas expressíval 3
inavagicoviz: (1).
Encore rent de s’entendre sur la facon dont on
ment que de deux seulement, la drotte et la gauche, et passent
sous silence les autres (2), à savoir le haut et le bas, l’avant
envisage cette relativité. Car on peut en parler en sc placant
et l’arrière, dont l'importance pourtant n'est pas momdre,
a un triple point de vue : au point de vue de l’observateur,
Rio nat div Ilubaysssiov av cts haymassıev Ta Ido va causa:
comme dans la pratique augurale, où la droite, par exemple.
du mouvement observé est définie par notre droite, 4 nous
qui observons, $ ve 32x Mivipev 2% zacà ck pizza sita,
erp si pidvists (2); ou bien au point de vue de l'objet observé,
auquel par analogie nous prétons, comme à une statue, en
le personnifiant, une droite et une gauche, # 20" una col:
Kaszisstz,
apya: Mov. ci 225154 7.2! agri Ess“y, =2: 25 TET TAPAS RATIOS
>
».
n°
2
I
(1) Les principes de détermination sont au nombre de six, opposés deux par deux, suivant les trois dimensions : en longucur
tuñxos), le haut et le bas; en largeur 1224555). la droite et la gauche; en profondeur (Batir). l'avant et l'arrière (ARIST., de ¿acta
MITE <a 355 xviguaves: {3}; ou enfin à un point
de vue où se trouvent opposés de front
à la fois l'observa-
11, 284 bj. — Cf. Arıst., P’hvs., 200 a, 5 : MOTIVOS ui 03) EJ
EL TZ.
uns voi mocos vai Bons. ots holkerzı Ton min.
‘eur et l'objet observé, telle notre image et nous, tace à tace,
dans un iniroir, auquel cas la droite de l'objet correspond à
faisaient état des principes de détermination en longueur (haut et
notre gauche et sa gauche èa notre droite, È +2 ivavziw: fyovra
largeur ;| (droite
vi» ‘=
=
»
Th hier, Saltiv wiv 73 nacà
73 a
i aprozsgiv.
dcrotegdv Sì cè
2272 ti ; LÉTEC2Y Talviv. [val mister =:22772 si muéticsv Yurooshev] (4)
OZ AVTRESCORA Tousi uv stem. mo Ev cei: natizzzot; (5).
Tous ces points de vue sont possibles, indifféremment, et
Pon s'expose, avec la droite et la gauche, a de regrettables
confusions, car si, au lieu d'un point de vue, on se place au
point de vue opposé, toutes les déterminations changent de
nom
: la droite devient la gauche, le haut devient le bas,
l'avant devient l'arrière, ou réciproquement, Ev adrot: 23coder:
rn.
.
véepiav Epúper Stagepav
Cmok
x
4
~
-
1
4
3
~
© lav vas avarantv otpap%,
7
tà
,
Evavriz
copsy cite zal apustepa nai Ava uxt uam nat Zpnoosbey zat
x
.
,
’
“
ace,
(1)
ARISTOTE,
de
caelo,
(2) ARIST., toc. cit. —
auuboloy deftov ottm Aeyopsy
Il,
2, 285 a.
Koi yun nekrav Hpvin tay ty this Debtoie VfL xt
(SimpLic., Comment. ad loc.).
-
(3) ARIST., I. cit, — De Ext tiv Außnekuram delta Xsipa hégouss nai
apotepís, (SIMPLIC., Comment. ad.
loc.).
(4) ARIST., 1. cit.
(5) SrmpLic., Comment. ad loc.
(6) ARIST., 1. cit.
A
j
(2) Aristote lui-même reconnaît ailleurs que les Pythagoriciens
bas) et en profondeur (avant et arrière) et non „pas seulement en
et
gauche) : Tí, 7oùv Gebeoy nat am zwi Eurcorhe ui
æyabov sions. to CEApertegdv Rai RUT nat nre rat xoxov ÈEhzyov, ws eros
"Apeotoréhus igzépnosy dy 7% zo Tluboynostrs ADAN ST cuya" per (SIMPLIC.,
In Aristot. de caclo comment., 11, 284 b, 6).
Comment expliquer cette incerfinde d'Aristote touchant les dunnées pythagoriciennes du probléme? A s’en tenir a la déclaration
du De caelo, les Pythagoriciens paraissent avoir, dans la définition
du mouvement céleste, attribué à la droite et à la gauche, avec
une valeur absolue, une importance de, tout premier ordre, tandis
qu'ils n'auraient accordé aux autres principes de détermination
(haut et bas, avant et arrière) qu'un rôle secondaire, avec une
valeur toute relative, variable selon les lieux. — Mais de voir
qu'Aristote est obligé de chercher à déduire de la définition de la
droite et de la gauche ce que peuvent être les autres principes de
détermination, Ara tov dele) rai zu) Aperze009 76 Yon roi vecio UNO
y ros
(SımpLic., op. cit., II, 285 b, 28), lv fait ne laisse pas d'être troublant et atteste qu’Aristote ne connaissait pas bien exactement la
théorie qu'il avait entrepris de discuter. L’ignorance d’Aristote
sur ce point n’a rien qui puisse surprendre. On sait que « l'enseiguement des Pythagoriciens était ésotérique » et que « la divulgation des doctrines religieuses ct scientifiques était sévèrement
défendue » (DELATTE, Etudes sur la littérature pythagoricienne, p.
266). Le secret pythagoricien portait sur des théories, non pas tant
sur des rites, et. « les doctrines mathématiques n’en étaient pas
moins l’objet que la religion et la philosophie » (DELATTE, op. cit.
. 94). JAMBLIQUE (Vit. Pyth., 88 et 247) raconte que le pythagoricien Hippase fut condamné par les dieux à périr dans un nanfrage pour avoir publié l’inscription du dodécaèdre dans la sphère.
Page 23
View in PDF(opens in a new window)cúbzv Frzcv xvpiz: sbras (1). — Ces principes laissés comme
En ce qui concerne notamment la priorité
- de la droite
369
flottants et variables par les Pythagoriciens, sont méme, au
par rapport à la gauche, Simplicius
dire d'Aristote, antérieurs logiquement
à la
d’Aristote en précisant que c'est en la droite, singulièrement,
gauche dans le processus de la détermination, le haut notamque réside la puissance d’agir et que c'est de la droite par
ment qui est tout à fait à l'origine et dont tout nutze derive,
conséquent que procède le mouvement quand la puissance
comme, dans la filiation, du père procède le fils, zpézepcv av
sty, 32 Av 759 Seitcd nave ¿veo (2)... En effet, de la position
se réalise en acte (1) : observation importante qui s'inspire
de la tête et. de la face dépend celle de la droite et de la
qui montre déjà posé le troublant problème de la droiterie
gauche; mais une fois déterminée la position de la téte et
et de la gaucherie (2).
à
la droite et
de la face, anssitöt et par le fait même se trouve déterminée
la
pensée
sans doute directement de la doctrine pythagoricienne et
Or le Cosmos se manifeste à nous avec une organisation
parfaitement
aussi celle de la droite et de Ja gauche.
commente
ordonnéc.
Les
principes
logiques
que
nous
De méme, dans chaque catégorie, il y a logiquement un
venons de dégager. comme postulats de la conception prthaordre de process'on, et donc une prééminence nécessaire entre
goricienne, doivent donc, si cette conception est réellement
les principes opposés deux par deux
: en longueur, le haut
fondée, se révéler conformes à la réalité objective du moua la prionté de concept sur le bas; en largeur, la droite a
vement qui
la priorité sur la gauche, et en profondeur, l’avant a la priorité sur l’arrière. D'oú il suit que les principes de déterminal’ordre qui préside à ce mouvement. C'est ce que nous allons
parait animer l'Univers et
rendre compte de
voir (3), gn nous souvenant qu’ il ne s'agit. dans l'idée d'Aristote, qué du mouvement relatif, d’un mouvement par consétion du mouvement sont par excellence le haut en longueur,
la droite en largeur et l'avant en profondeur, ist. 3: =: wiv ave
quent rapporté à son lieu naturel de repérage qui est la terre,
"sù "ici Ash 35
et repéré par nous qui, sur terre, l’observons de l’hémisphère
Se dele Lol RAAISUZ. T3 Ci mpiobew
toi Pabsvs.
"Es: PA: tà tà; ee, "asyaz vas cabeza: héro3She» LOY
3 IVT
|
boréal (4).
Etant réputée là d’où part le mouvement, =: î:îèv 22° :7
Apuros a pures sol: Fysucew (3).
Cette prc du haut, de la droite et de l'avant ou du
(n réviac}) (5),
ou
plus exactement — car pour Aristote ıl
en fait : en effet, c'est d'en haut que le mouvement s’accroit;
s'agit d'un mouvement relatif — lá où le mouvement commence à être perçu, la droite du ciel, pour notre hémisphère,
c'est de la droite qu'il procede selon le lieu ; c'est de devant
se situe à l'Orient où les astres apparaissent sur l'horizon,
devant n'est pas fondée seulement en raison, elle l'est aussi
qu'il est perg et qu'il devient objet de connaissance, ton
3
ant piv ted av 1 abEnors. and DE cav de Y rara térov, amd dE civ
Eurpooev Yzara thy aishqow " Eurpschev vag Dé yen ¿9 6 ai aishoers (4).
(1) Voici comment s'exprime SIMPLICIUS commentant ce passage
d'ARISTOTE ( IL, 2, 284 b) : dele xeio xui dprotspo, rai iO: Gusiws ovdtv
navy ar tx axñuero. Stagé porte TH duvaust uovov Juapépouat " ztip wey yap
delia: ths haras ippwpevsotice, TA si woomy È uv duros Rous To ornoizerGat
(1) Arıst., de caelo, 1, cit. — Cf. SIMPLIC., ad loc.-: ‘Atémmç-oùy
To
Delio zu dgratepàv ropolabavtes 70 Gram Kal Th vet tupi)aroy (oi Nvbayeoecor).
(2) ARIST., de caelo, 1. cit, — Cf. SimpLic., ad. loc.: Ai to unxous
Age Gpyoi. THUTETTE TH divw vai xro THY TOU TAATOUE Apr Tou re eb ıoö xml
TAU dprotepo) mpore
i sict Th quat... ° ws rachp vibo;, TÚ avon, gnei, TOU -
deko) xara yéveres Zu sin roûrecov.
(3) ARISTOTE, de caelo, I. cit.
(4) ARIST., Op. cit., 11, 2, 284 db. — Pour ce qui est de la droite,
cf. encore : deze
yJap iraatou yours. Ce 7; 207%The 2UTÁ TOTOV FLVÉTENS
(11, 2, 285 b).
Moy érerderor, 44 de delie mobs Tú 17200 xivigso;, XUL Toy Muay úuoims È
py hurtos mposro dyBopopriv, è de Askıös npòs To xevetabue imimideros.
(2) Voir plus loin, page 461 et suiv.
(3) Exerréoy TÔTEPOY Tobrav yee toy tparoy ms Exsivar (les Pythagoriciens)
Meyouery, fi uaddov erépws, simeo Jet mpockrvery tH to mavots adore terra;
Tac dpyie (ARIST., op. eil,. Tl, a
2 285 dI.
(4) “AXA” Ev wey TOÚTOLS Meyouev To Ava mul it» rail To Decoy zui dprotspiy
mods riu iravapionvrır (ARIST., Op. cit., II, 2, 285 a).
(5) ArRist., op. cit., U, 2, 285 a:
Page 24
View in PDF(opens in a new window)371
et la gauche, par suite, à l'Occident où ils disparaissent sous
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Goes.
(1).
observable, Éyrpsshev vag Klum io 2 xl aishnoss. Eurgoshey
fi var atomo. le devant du
ciel est la partie de la
celeste,
l'horizon
vis'hle
au-dessus
l'hémisphère boréal
de
de la terre; en
et
qui
sens
fait
inverse,
voûte
face
à
l'arrière
la partie de la voûte celeste, invisible au-dessous de l'honzon,
et qui fait face à |’ hémisphère austral,
agyopivi
a
mins" 20
ick Tono arm sagem
>
4
=
A
wy 2 vonsamen Imelsurmevnv sbbiatav. fiv tive: 2gev2
vaio unos tote. 308 in. ar pis ya ia via weed
Consistant dans l’espace où la trajectoire du mouvement
est
4
vivai
im
tx
piloto
vivisa.
s
ACA
vas ant av tery
CA
Sot
#
Rei
s
TS
ay
SO
VES Rest ina #3 dì One i Solow LT
BE Oba mr ep (I)
Au reste,
du moment que l'on pose la ligne Est-Oues!
comme axe d’une première coordonnée en largeur 1722:::1. de
droite a gauche, une deuxième coordonnée se trouve du
.
.
i
,
:
,
A
‘même coup nécessairement posée, avec une ligne Sud-Nord,
pour la longueur (u#2::). de haut en bas: car, conjugué avec
l'équateur, il n’y a pas, sur Je plan de la sphère céleste, de
diamètre du cercle autre que celui aui passant par le centre,
aboutit aux pôles (2).
dent, si d'autre part le devant est placé face à nous qui
Les pôles seraient donc l'un le haut, l’autre le bas
nai tv rido civ piv vo, thy DE varo (3). Et donc aussi, le
pôle Sud, qui pourtant se trouve au-dessous de notre horizon,
nous le haut, tandis que le pôle Nord, qui se trouve
serait pour
au-dessus de notre horizon, serait pour nous le bas, «@v è:
l'observons de l'hémisphère boréal, il s'ensuit nécessairement
xénov È wiv bris us gawiysves 2 uate piece eotiv. 1 Trav
que, par rapport à nous, le haut se trouve du côté du Sud et
Finto: 73 Zvo (4).
Quant au haut et au has, en raison du silence des Pythagoriciens a leur sujet, on ne peut que les déduire des autres
déterminations, particulierement de la droite et de la gauche.
Mais si l’on situe la droite à l'Orient et la gauche à l’Occide bas du côté du Nord, Par le fait, dans notre hémisphère
Etrange conclusion, à première vue, et cependant logiqueboréal, la montée des astres se faisant vers le Sud et leur
ment déduite. Jugez-en plutôt: La droite étant à l'Est et
descente
vers
le
sur
la gauche à l'Ouest, s’il est vrai que le mouvement commence
l'horizon
peut
donc être considérée comme étant celle du
Nord,
la
direction
du
Sud
repérée
Or cette ligne Nord-Sud correspond précisément à la ligne des
à partir de la droite et accomplit sa révolution de gauche
à droite, ¿mi 7x Jeux. il faut bien que la tête ou le haut soit
le pôle Sud, invisible pour nous; car si la tête ou le haut
pôles laquelle, avec ses deux extrémités immobiles, constitue
était le pôle Nord, c'est la gauche qui serait à l'Est et la
l’axe de rotation de la sphère céleste autour de la terre consirévolution céleste se ferait de droite à gauche, ix
haut, et la direction du Nord comme étant celle du bas. —
,
2p15:5fp3,
dérée comme centre, ft. pévror d vómios mhAce toriv ¿To ave tod
cbpavct.. ua 5 Boeeres so nato... detavusw 2% ted delibv wév elvas
tè dvarchuniv.
apiorsphv 22 76 Curuxtv (3). —
Tod & Lente
oupaved se nat vospov sompredsDsLycos nat mveupeveu... Evdekeyos.
Cso di Avayunz anlvera tor onpela, xataveinph
AAA
Oy, raBdrep
(1) ARISTOTE, de mundo, uy, 391 b.
(2) Ady» de pñxos piv outod vo vara sods many devaenuz (ARISTOTE, de
caelo, II, 2, 285 bi. — Mixos 1% dy mame Tols Tuuyee hiyerze To mpress
ty autnic Gragrous * el ouy uSpratov, Ey ayri
Th 2074 tiv Sezuerooy i ary 788
peyiren Ta i avr evGaady * „Areipous © 5Dtsuitpeus Buvetuu Vee È en
apaipy, Thy mpLsusuny Anmtioy * Spera de “ 1020. Thy Love rasen pa panos
lt} ARIST... OP. ci, IL, 2, 285 b.
(2) SIMPLIC., ey ad loc. (Il, 2, 285 Db).
(3)
SimpLic.,
loc.
cit.
toi oussvov. Toi dé prixous za ripara i div “ai ch rm tly. Wan: TOU
merous Ti dz nai 75 2peoteoós (SIMPLIC., ad. loc., 11,2, 285 b).
(3) ARIST., de caelo, II, 2, 285 b.
(4) ARIST., 1. cit,
Page 25
View in PDF(opens in a new window)ce qui est contraire à l'affirmation posée en
principe, ll est
être en bas ct à gauche : 24/40 7%: wiv Zeutépas mesuscos. ev ot:
donc évident que le péle Sud, invisible au-dess
ous de
l'horizon, doit être tenu pour le haut, st sv Apyazor ant
civ
desuiiv uxt exh ce Shia nepiofestar, avévur = vo siva tov
aay4
TOY TAAVG TOY. finto piu dv
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Y devi cr:
nivicews Bort Sia co évaveias silva cis 92025. wrote cupeaivery yun:
wiv Elva, mess TH ay. Encivsus 22 mpéz cw sénat (1). — Et a ce
propos encore, les Pythagoriciens n’ont évidemment pu dire
Et voilà encore une autre étrangeté : comment concevoir
que tout le contraire.
qu'un mouvement circulaire parti de droite puisse
être dit
S’il en est ainsi, la doctrine pythagoricienne, loin, comme
évoluant de gauche a droite, et qu’un mouvement parti
de
il se doit, de « sauver les apparences » (2), se révéle, a en
gauche puisse être dit évoluant de droite à gauche ? Mais
juger d'aprés- le principe même qu’eile pose, en contradiction
n’insistons pas, pour le moment, et passons outre pour suivre
flagrante avec la réalité et reçoit des faits qu'elle prétend
Aristote dans san argumentation.
interpréter un démenti formel.
Etant admis d'une part qu'au Sud est le haut, au Nord
le bas, et d'autre part que le Nord se trouve à notre
gauche,
de montrer. Mais aussi, selon lui, vice de méthode, Aristete
le Sud à notre droite, lorsque nous reperons le
mouvement
céleste dès son apparition à l'Orient, il s'ensui
t, eu égard
à ce mouvement, que nous, dans l'hémisphère boréal,
nous
nous
trouvons
être
en
bas
et
à
gauche,
tandis que,
dans
‘’hémisphère austral, on se trouve être en haut
et à droite.
Or les Pythagoriciens disent tout le contraire
: c’est nous,
affirment-ils, qui sommes en haut et à droite,
tandis que,
dans l'hémisphère austral on est en bas
et à gauche
6 agavhz mile: dott + Ayo. Kai ci viv otnotvtes Ev th Ayo zloty
Hpssparpien war mp; voli Belicti. muet: BE iv 10 note
ai mpis ste
apiotepcts, ivavilo; f 6: ubariosis Agyouow " ixcivo:
yap Anz:
dives rasen nai Ev ma Zehn wesen, sodi Dixel ud
nal Ev ta
apirzepó. Nupbalvar di cobvaveicy (2).
En ce qui concerne la révolution planétaire annuell
elle se
fait en
sens
inverse
de
la
révolution
être,
dans
notre hémsphère boréal,
en
(1) ARIST., ibid.
Pythagoriciens dans leur interprétation de la réalité. « Ce
qu’ils affir ent, dit-il, ils n'y parviennent pas en cherchant
comme il convient de le faire, les raisons et les causes des
phénomènes; mais au contraire ils sollicitent les phénomènes
dans le sens de certaines opinions et raisons qui leur sont
propres; ts s’efforcent de les adapter à ces opinions, ce qui
est inconvenant au plus haut degré (3) +.
Tout imbus de pythagorisme, les Platoniciens se sont attiré
de la part d’Aristote le même reproche de ne pas déduire la
certitude, en physique, de l’observation des phénomènes,
mais de l'extraire plutôt de leurs raisonnements, 12 mı772v sur
ix Tov gawoudvor afipolriv. FARA nancy Ex sv Kéyev. Ceux-là,
e, comme
ajoute-t-il,
à.combiner des raisonnements en vue des apparences sensibles;
de
haut et
à
droite, tandis que dans l’hémisphère austral on se trouve
(2) ARIST., ibid.
a en effet jugé sévérement la méthode employée par les
diurne
l'ensemble des astres, c'est-à-dire de l’Quest
à l'Est, avec
montée vers le Nord et descente vers le Sud,
étant face à
l'Ouest eu égard au mouvement à son début, nous
nous
trouvons
Erreur de principe, au dire d'Aristote : c'est ce qu'il vient
ne
cherchent
pas
a
découvrir
les
causes
et
(1) ARIST., ibid. .
(2) Ziatew 72 poriueva, c'était Vadage cn houneur chez les anciens
philosophes naturalistes, particulièrement ceux qui s'occupaient
d'astronomie; il témoigne chez eux d'un réel souci d’objectivité.
(3) SIMPLIC., op. cit., 11, 13, 293 b, éd. Heiberg, p. 512. — Dans
ce passage, Simplicius rapporte ia pensée d'Aristote, en se référant à son ouvrage « Sur les doctrines de: Pythagoriciens », qui
ne nous est pas parvenu.
Page 26
View in PDF(opens in a new window)mais tls tirent a eux ces apparences, dans le sens des opinions
proche donnent à penser que la condamnation formulée par
ci des raisonnements qui leur sont propres; ils s’efforcent de
lui contre eux est
les accommoder à ces opinions et à ces raısonnements » (1).
l'interprétation de leur pensée (1°.
374
— Aussi qu'advient-il ? « Lorsqu'ils discourent
de ce qui
375
fondée seulement sur une méprise dans
Cette pensée pythagoricienne, essayons de la saisir et, si
apparait aux sens, il leur arrive de dire des choses qui ne
possible, de la restituer sous sa forme véritable,
s'accordent nullement avec ce que l'on constate » (2).
confronter à notre tour avec les apparences, suivant les prin-
Quelle valeur scientifique accorder à une doctrine dont les
spéculations dédaignent ainsi l'examen objectif des taits
pour la
cipes logiques qui lui sont appliqués par Aristote et qui
s'imposent à elle nécessairement.
qu'elles prétendent expliquer et n'hésitent pas, pour main-
De quoi s'agit-il ? Il s'agit, en se basant sur l'observation
tenir des principes antérieurs à l'expérience, à delormer la
directe des phénomènes, de rendre compte, d'une maniere
réalité, au lieu de s’y conformer ? Le reproche d’Aristote est
adéquate et intelligible,
du mouvement dont le ciel parait
grave.
animé. Or de
EOS
Mais est-il fondé : A peine semble-t-il possible que nous
cn doutions, à voir la logique implacable avec laquelle Aristote a ruiné jusqu'en son principe la conception pythagoricienne de l’espace et du mouvement dans l'espace. Et pourtant n'est-1l pas surprenant aussi que le point de vue pythagoricien, si vraiment ıl était ıllogıque en principe et démenti
en
lait par
les
réalités
apparentes, ait
pu
être
Cosmos par des savants réputés parmi les plus éminents de
dont
le
souci
constant
était
précisémeni
de
« sauver les apparences », et par le gémal Platon lui-méme,
qui fut le maitre d’Aristote ? Que la logique d'Aristote ait
porté à faux, sans atteindre la doctrine qu'il attaque, l'hvpothèse peut à priori sembler invraisemblable; pourtant, elle
n'est pas impossible. Car si Aristote les taxe’ d’absurdité,
il
se peut que ce soit pour n'être pas entre comme il convenait
dans les vues de ceux qu’il réfute, pour avoir envisagé les
choses d'un
point
de
vue différent
du
leur, voire même
opposé au leur. Et précisément les absurdités qu'il prête à ses
adversaires, les trop évidentes contradictions qu’il leur re_
,
tr) Arıst., de cuela, TI, 13, 203 b :«...
.
Ov mps ti parvopeya Toys
nus zul Tap airing Envira, DAR Tm pos Teves doyous nai dokas uvriov rd
GYLIOUEYG TROTENAUITES 20: FEL GGMLEVOL OU YAUT LEY.
(2) ARIST., op. cit., MI, 7.
»
éléments
l'observation en pareil cas
se
compose essentiellement
? Il y a d'abord l'objet de la
perception, qui n’est autre que le mouvement céleste; puis
le sujet qui perçoit le mouvement et qui est représenté par
l'observateur terrestre; enfin le repère immobile constitué sur
terre par le plan de l'horizon, auquel l'observateur rapporte
le mouvemeht céleste.
d
d'emblée
adopté et soutenu, voire érigé en système d'explication du
l'antiquité,
quells
(1) E. ZELLER (La philosophie des Grecs cansidirie dans son
développement historique, trad. E. Boutroux, 1877, t. I. pp. 417418) a cherché d'après un texte, du reste fort mutilé, de PHILO
LAOS (ap. STOBEE, Ecl., 1, 360), à interpréter la conception pythagoricienne du Cosmos, avec une droite et une gauche, un haut ct
un bas. J'avoue, a m2 confusion, n’avoir rien compris aux explications du savant allemand, pas même dans la traduction française d’E. Boutroux.
Critiquant les vues de ScHaarschMmipr (Die angebliche Schriftstellerei des Philolaiis, 1864), E. Zeller lui reproche d'avoir prétendu que « le texte de STORÉE, Ecl., 1, 360, est en contradiction
avec le texte d’ARISTOTE de caclo, 1, 2, 285 a, suivant ‘lequel les
-Pythagoriciens n'ont admis dans le monde qu'une droite et une
gauche, et n’ont pas admis de haut et de bas, de devant et de
derrière (op. cit., p. 32 sqq.). Les Pythagoriciens, dit E. Zeller,
n’ont pas admis le haut et le bas dans le sens ordinaire et propre
des mots, parce qu'ils identifiaient le haut avec la droite, le bas
:
avec la gauche.
Nous verrons plus loin pourquoi et dans quelle mesure les Pythagoriciens ne faisaient pas état du haut et du bas, comme ils faisaient de la droite et de la gauche. Mais il est faux de dire qu'ils
identifiaient haut et droite, bas et gauche
ils les associaient seulement dans un rapport étroit, d’après les constatations mêmes de
la réalité.
Page 27
View in PDF(opens in a new window)DE LA
DROITE
ET
DE
LA
GAUCHE
377
Entre ces divers éléments, et en raison de la complexité
suivant un grand cercle HH’, en deux parties égales, dont
inhérente à la»notion du mouvement relatif, plusieurs contul'une, celle où se trouve le zénith est l'hémisphère superieur ou
sions sont possibles, qu'il importe d'éviter
ciel proprement dit, et J'autre, celle où se trouve le nadir,
l'hémisphère inférieur. L'horizon marque donc la limite de
: contusion de
i'observateur toujours censé, où qu'il se trouve, debout au
centre du plan de l'horizon terrestre, avec le plan couché de
ce même horizon aux confins duquel il fait le repérage du
séparation de deux régions, celle du haut et celle du bas:
ainsi un point quelconque de la voûte céleste du même cóté
mouvement céleste; contusion du point de vue de l’obserde l'horizon que le zénith
vateur, sujet qui perçoit, avec le point de vue du mouvement,
haut et un point quelconque du méme côté que
objet de la perception, alors que tous deux doivent se
est
considéré comme étant
en
le nadn
est réputé comme étant en bas.
concevoir directement opposés l’un à l’autre; contusion, plus
Cette conception du haut et du bas est conforme à la
insidieuse et d’autant plus à craindre, du concept du mouvement observé dans le ciel avec le concept de ce même mouvement rapporté a la terre, celui-là représentant le mouvement
pensée homérique, car, à n’en pas douter, c'est au zénith et
dans sa réalité objective, celui-ci n'en étant que la réplique
figurée sur le plan de l'horizon terrestre, aux fins de repérage,
réplique, il est vrai, exactement à l'image de l'original, mais
ne se contondant pas plus avec lui que la terre ne se contond
avec le ciel, ni le repère avec le mouvement repéré.
Voyons comment, en fait, se présente le mouvement diurne
pour un observateur que nous supposerons — c'était le cas
de l’ancien observateur grec — situé dans l’hémisphère boréal.
Soit un lieu O, d'où se fait l’observation (fig. 48). La
verticale ou direction de la pesanteur en ce lieu, par laquelle
est définie la direction du haut et du
au nadir qu'il est fait allusion dans le vers
: 12372 tusst
"Algew ico sôgavis ies ari yates ill. VIII,
16). Et Aristote,
lui aussi l'admet, du moins pour ce qui est du haut : =: È par
E
“sig AR
A
ER
20... CUpave: Wvipastar (Arist., de mundo, Il, 391 b).
Quant ay bas, Aristote le place au centre de la terre, point
— commufì à tous lieux — vers lequel tendent naturellement
les corps lourds.: ewes... 75 Si Sapo si mate, Ti piev Res: 77 pisiv
negro mega: vato Esti, vat alti +: pésov (Phys.
IV, 212 a).
Mais cette conception du bas n'entre certamement pas dans
les vues pythagoriciennes que-nous cherchons a. discerner
dans la figuration de l’Univers sous forme d'un grand corps,
si la téte qui est le haut du corps représente le zénith dans
bas, perce la sphère céleste en deux
points diamétralement opposés, l'ur
la
Z appelé le zénith, exactement auy représentent en sens inverse le nadir, la main droite et la
dessus ct dans le prolongement de
la tete de l'observateur, l'autre Z'
appelé le nadir, exactement au-dessous et dans le prolongement de
ses pieds. Par rappori à un observateur situé dans un lieu O, le zénith
Z est donc le haut du ciel, et ie
voûte
du ciel,
il saute
aux
yeux, par
une
raison
bien
simple de symétrie, que les pieds qui sont le bas du corps
main gauche se trouvant respectivement aux points où l’horizon coupe la sphère céleste en deux hémispheres, à l'Orient
et à l'Occident.
.
A supposer méme, comme le veut Aristote, que la téte ou
le haut du grand corps corresponde à l'un des pôles, il est
rig. 48
nadir Zen est le bas. D’autre part.
le plan mené par ©. perpendiculairement à la verticale ZZ’,
c'est-à-dire le plan de l'horizon, coupe la sphère celeste,
évident que les pieds ou le bas correspondraient au pôle de
nom contraire, à l'autre extrémité de l'axe du monde.
De toutes façons, dans cette figuration pythagoricienne de
l'Univers, le centre de la terre n'est et ne peut être que le
milieu
du
corps,
è
car,
ainsi que
reconnait
Simolicius,
Page 28
View in PDF(opens in a new window)DE LA
d'après Aristote lui-même : > péscv. pts 2 % papa teh;
Eyes pages um ag 20 tots woes yap don cb many too andycy
Or
venons
à
DROITE ET
l'observation
DE
LA GAUCHE
379
du
mouvement
céleste. Pour
étudier le mouvement des astres, il faut pouvoir determiner
153 !syarcu (Simplic., ln Arist. de caelo, IV, 4. 311 Db): et,
avec précision leur position sur la sphère céleste.
comme l’affirme avec force Platon : « Le ciel tout entier étant
sphérique, celles de ses parties qui sont à égale distance du
centre en constituent au même titre les extrémités, et ce
quelconque A (fig. 48,
centre, qui est également distant des extrémités, il taut
admettre qu'il est à l'opposite d'elles toutes également... Le
lieu qui, dans le monde, est au milieu, il n’est pas exact de
l'appeler « haut » ou « bas » naturel : il est simplement au
indiquée par un système de coordonnées, dont l'une est l'arc
milieu » (Platon, Timée, 62 D).
aiguilles d'une montre, et l’autre, l'arc ZA qui représente la
D'après les 1lées anciennes, et par analogie avec le corps
humain, le centre de la terre, au dire de Varron, était représenté comme son nombril ou ombilic, et le centre du monde
était locahsé aux environs de ce nombril terrestre, mais un
peu au-dessous (1), dans la partie du corps où se distinguent
les deux sexes. où la vie prend naissance en son milieu
naturel, et cette figuration était appelée d'un
nom assez
Un astre
p. 376) aura pour vertical le deniigrand cercle ZAZ'. Si A’ est l'intersection du vertical de A
avec horizon HH’, la position de l'astre sur la sphère sera
HA’ ou azimut. compté à partir d'un point d'origine H que
l’on sera convenu de prendre,
dans le sens que les astronomes appellent rétrograde,
celui
ou
du
mouvement
des
distance zénithale de l’astre, ou bien l'arc AA’ qui représente
la
hauteur
de l'astre au-dessus
de
l'horizon.
li
suffit
de
convenir que ie point du lever de tel ou tel astre {1}, du soleil
par exemple, à l’equinoxe (2), soit, sur l'horizon, le point a
partir duquel on comptera l'azimut; que ce point d’origine,
on l'appellera la droite (3) et le point directemeni opposé, la
gauche, le zénith étant d'autre part le haut, ainsi que nous
curieux à noter, % yhwv Llubx--#px. « la terre de Pythagore » (2).
l'avons vu, et la distance zénithale ou son complément, la
mesure de la hauteur de l’astre : il apparait aussitôt que la
(1) Dans son de caclo, IV, 1, 305 a, et sa Phys., IV, 4, 212 a,
Aristote dit que le centre de l'univers est « vers le bas » :
zu di piro zac. Aristote rapporterait-il là un écho de la doctrine
droite et la gauche, le haut et le bas dont la doctrine pythagoricienne faisait les principes de détermination du mouvement céleste représentent un véritable système de coordonnées
pythagoricienne ?
horizontales et constituent un
qui umbilicum certum terrarum obtines » (vers d'ENNIUS, avec
valeur scientifique pour déterminer la position des astres et
par suite pour rendre compte de leur mouvement,
terrarum, ut umbilicus in nobis... Pingitur quae vocatur y „Nav
Supposons le mouvement de la sphère céleste observé du
point O de latitude boréale, où la hauteur du pôle Nord P
au-dessus de l'horizon ait une valeur déterminée d'arc PN
(2) Voici le texte de VARRON, L. L., VII, 17 : « O sancte Apollo,
variante, d’apr. CICÉRON, de divinat., 2, 56 : « obsides »). — Umbilicum dietum aiunt ab umbilico nostro, quod is medius locus sit
lvheveos, ut media caeli ac terrae linea ducatur infra umbilicum
per id quo discernitur homo mas an femina sit, ubi ortus humanus, similis ut in mundo, ubi etiam omnia nascuntur in medio,
quod terra mundi media.
procédé
d'une
incontestable
|
Il est possible, d’après G. M&autis (Recherches sur le pythagorisme, p. 22). que Varron, le grand érudit, ait fait partie du
cercle de Nigidius Figulus, qui fut préteur en 58 av. J.-C., membre
influent du Sénat, ami personnel de Cicéron et qui, au dire de
CICÉRON (Tim., 1, 1), « renguvela la discipline pythagoricienne ».
(1) «ey we averodul tov Zorowy (ARIST., de caclo, Il, 2, 285 b)
(2) Repéré a l'équinoxe de printemps, c'est le point vernal qui
eu fait est adopté par les astronomes comme origine des ascersions droites, mais dans le sens direct, celui du soleil sur l'éclip-
« Nous savons en tons cas par le témoignage de Prise (H. N., 35,
tique. (Voir E. TISSERAND et ANDOYER, Op. cit., p. 81). — On prend
généralement aujourd'hui nour origine des azimuths le Sud; mais
suivant le rite pythagoricien. » — Voir aussi DELATTE, Etudes sur
cette origine est purement
ANDOYER, Op. cil., p. 9).
160), ajoute G. MÉAUTIS (ibid., p. 23), qu'il demanda à être enterré
la littér, pythagoric., p. 301.
(3) -.. Sete
conventionnelle
(V.
TissERAxD et
dp oF (x) xémoes (ARIST., de caelo, IT, 2, 28: LA] a).
Page 29
View in PDF(opens in a new window)ou une valeur d’angle PON (fig. 49). Les étoiles considérées
coupe également le plan de l’horizon en deux points, dont
380
381
décrivent, d'un mouvement uniforme et dans le sens rétrol’un, N, le Nord ou Septentrion, se trouve, dans notre hypugrade indiqué par les flèches, autour de l'axe des pôles PP’,
des cercles parallèles AA’, BB’, CC’, inclinés sur le plan
thèse, du même côté de l'équateur que le pôle Nord P, ei
l’autre le Sud,
S, ou Midi. D'où il suit que, perpendicude l'horizon et d'un diamètre d'autant plus petit que l'on
s'approche davantage des pôles. L'étoile, voisine du pôle P,
laires l’une à l’autre en un lieu O, les deux lignes E.W. (Estqui décrit le petit cercle AA’,
reste toujours au-dessus de
l'horizon, phénomène exprimé par Homère, lorsqu’a propos
de la constellation arctique il dit :
Ouest) et N.S. (Nord-Sud) ne sont pas autre chose que la
projection sur le plan de l’horizon, l'une E.W., de l'équateur
céleste. l’autre N.S., du méridien.
Or, dans les parallèles qu’elles décrivent, toutes les étoile.
shy 2 xppapéz va Acetpw@y Clusaveis (Od. V, 275).
passent au méridien deux fois en 24 heures sidérales, une fois
Les étoiles qui décrivent les cercles BB’, CC’, se trouvent
du côté du zénith Z, une fois du côté du nadir Z’. Ainsi
au-dessus de l'horizon et sont par conséquent visibles dans
dans la fig. 49, les étoiles. considérées passent au méridien,
la partie de leur trajectoire B,BB,, C,CC,; elles se trouvent
la première aux points A et A’, la deuxième aux points B
au-dessous
la partie
et B’, la troisième aux points C et C’, les points A,B,C étant
B,B’B,, C,C’C,, et leur lever est repéré respectivement en
du même côté de la ligne des pôles PP’ que le zénith Z, et
les points A’, B’, C’, du même côté que le nadir Z’. Dans
le ciel, le zénith étant le haut et le nadir le bas, pour un
de l'horizon et
donc invisibles dans
B,, en C,, leur coucher en B,, en C,.
Les cercles, décrits par les étoiles sont tous parallèles entre
eux; ils sont en outre parallèles au grand cercle QQ’ (fig. 50),
l'équateur céleste, dont le plan coupe celui de l'horizon en
observateur situé en O, les étoiles montent quand elles vont
deux points : E, l'Est ou Orient, et W, l'Ouest ou Occident.
descendent au contraire quand elles vont de A vers A’, de
D'autre part, le plan d'un grand cercle. qui passe par les
pôles PP’ et par le zénith Z et qui est le méridien du lieu O,
B vers B’, de C vers C’. En A, en B, en C, qui sont les points
respectivement de A’ vers À, de.B’ vers B, de C’ vers C; elles
de leur plus haute montée du côté du zénith, elles se trouvent,
Page 30
View in PDF(opens in a new window)comme disent les astronomes, à leur passage supérieur ou à
leur culmination; en A’, en B', en C’, points de leur
plus
basse descente, elles sont à leur passage inférieur.
et les pieds, qui sont le bas, au point du passage intérieur.
Observé
du
même
lieu
O
de latitude
boréale,
le
soleil
383
‘Ainsi, dans la fig. 49, p. 380, la tête sera, pour les divers
parallèles, respectivement en A, en B, en C, du même cóté
de la ligne des pôles que le zénith ou le haut, et les pieds,
décrit chaque jour, à l'époque des
en A’, en B’, en C’, du même côté de la ligne des pôles que
equinoxes, un parallèle SS’, c’estle nadir ou le bas.
.
a-dire l'équateur (fig. 51); mais sa
1 est aisé de voir qu’à la latitude supposée, aucun des
déclinaison ‘variant, avant et après
les équinoxes, entre + 23°27’ et
paralleles AA’, BB’, CC’, ni aucun parallèle quelconque que
l'on puisse figurer, n’a et ne peut avoir à la fois sa culnuna-
— 23°27’,
valeur
représente
tion ou la tête au zénith et son passage inférieur ou les pieds
Vobliquité de l'échptique, le soleil
au nadir, et cela vient, pour cette latitude, de la hauteur
decrira au solstice d'été le parallele
du pôle P au-dessus de l'horizon. Il n’y a qu'un cas, quand
S,S’, et au solstice d'hiver le paralla hauteur du pôle est nulle et que
lele S,S”,. Durant l'année, il passe tous les jours à midi au
méridien, au Sud du zénith : en S, au solstice d'été, en S
la ligne des pôles se trouve être la
aux équinoxes, en S, au solstice d'hiver. Son passage supéléle, un seul coincide exactement, en
rieur annuel le plus proche du zénith ou sa plus haute culmisa culmination avec le zénith, en son
qui
ration annuelle se fait ainsi en S, au méridien, à midi exactement, le jour du solstice d’été (1): en sens inverse, son
méridienne N.S. (fig. 52), où un paralpassage inférieur avec le nadir
passage inférieur annuel le plus proche du nadir se fait en S',,
c'est le grand cercle de l’Equateur
céleste. De ce seul parallèle, on peut
la nuit du solstice d’hiver, à minuit, point et moment où le
alors dire, en le personnifiant, que
soleil se trouve au plus bas de son cours, sous l'horizon.
sa tête est « au plus haut », + au faite suprême », avorérw
D'après ces constatations, si l'on veut, a la manière des
Pythagoriciens, représenter sous la forme d'un corps humain,
dans le ciel, et ses pieds « au plus bas », 22767256 (1).
Etant par excellence indicateur du haut et du bas,
l'Equateur l’est aussi, de la droite et de la gauche : de tous
le parallèle décrit dans le ciel par chaque étoile, il conviendra
naturellement de placer la tête, qui est le haut du corps, au,
point de la culmination ou du passage supérieur au méridien
(1) C'est au solstice d'été que la portion de parallele décrite par
le soleil pendant la nuit s'écarte le moins du plan de l'horizon,
car, des trois points S’,, S', S’,, c'est S’, qui est le plus voisin du
plan HH’ (fig. 31). — Si, avec la latitude, le pôle P se rapproche
du zénith, cestáxdlire si l'observateur avance vers les régions
arctiques,
il est évident que
davantage du plan
le
de l'horizon
voint S',
se
rapprochera encore
: ainsi sans doute s'explique le
vers de l'Odyssée, où il est dit qu'au pays des Lestrygons « proches sont les chemins de la nuit et du jour »,
Eyyas yao vuntéc Te xvi uuris ioe viiesbvi
(Od., X, 86.)
les parallèles, en effet, il est le seul (comparez les parallèles
AA’, BB’, CC’ dans la fig. 49, p. 380, et le parallèle QQ’ dans
la fig. 50, p. 381) dont la ligne d'intersection E.W. avec le plan
de l'horizon passe par le centre d'observation O et définit,
pour l'observateur situé en O, deux points de repérage, l’un
du lever, c'est-à-dire de la droite exactement à l'Est (E),
(1) Dans ce cas, qui se réalise 4 la latitude de l'équateur terrestre, le grand cercle de l'Equateur céleste, décrit par le soleil
dans son cours diurne, définit l'idéale « limite du matin et du
soir » dont parlait Héraclite, suivant le rapport de STRAROX iL, Y,
6) : rob; nai domions típuara ri Zpxtos nai Autiov Th; Zorros vipre alónina
Atos ».
Page 31
View in PDF(opens in a new window)l'autre du Coucher, c'est-à-dire de la gauche exactement à
l'Ouest (W), auxquels les points du lever B, C, et ceux du
coucher
B,,
C.,
pour
tous
les
385
DF LA DROITE ET DE LA GAUCHE
SIGNIFICATION AUGURALE
autres
parallèles,
U
LI
,
.
Lg
x
tote, to mepréyoo... * TD puiv
ne
y
e
4
=
CUY ZvOTATM Users
LT
TSU
maia
mapiiyovizi.
es
iv
cod: Tévts raavhraz 90 Alco val señor 232200, nica: (1).
En cela, Philolaos était d'accord avec Anaximandre, Metrodore et Cratès : ‘Avaîipavòozi mat Mete¢fmocs ¢ Kiss vai Neacy:
sont
rigoureusement symétriques sur l’horizon. Le privilège de la
droite et de la gauche ainsi définies en fonction de l'Equaraten pv ravrmv tiv Flaco 227%/0m (2), et le soleil était cons:-
teur est tel que, si l'on considère les trois diamètres ZZ’, Q0'
dere par eux comme la grande norme divine des phenomenes
et SN, passant par un centre commun O (fig. 50), on constate
célestes, 0570: piv abests i piva tiny var! sbpaviv pain
que les mémes points E (Est) et W (Ouest) représentent la
Heb: Fc: (3).
droite et la gauche ou — suivant la direction supposée de
la face — la gauche et la droite à la fois pour l’observateur
qui a la tête en direction du zénith Z et les pieds en direction
En définitive — et cette déduction s’avere conforme» à
l'antique conception pythagoricienne — c'est donc le cours -
du nadir Z’; pour le mouvement observé qui, décrivant le
parallele de l'Équateur, a sa culmination et donc la tête en Q,
son passage Intérieur et donc les pieds en ©’; pour le plan
de l'horizon enfin où le haut et le bas de ce mouvement se
trouvent repérés sur la
méridienne,
respectivement
en N
et
en S.
Ainsi, en vertu de la singulière propriété de l'Equateur, type
de tous les parallèles, se présentent harmonieusement conjuguées, dans un rapport d’une indeniable logique, les diverses
données du problème que pose l'observation du mouvement
céleste.
Mais l’Equateur en soi n'est qu'un parallele idéal, purement
théorique, tandis que le problème à résoudre suppose l’observation
d'un
mobile
réel," dont
le
mouvement
constitue
un
phénomène perceptible par les sens : ne s'agit-il pas en effet, ,
de « sauver les apparences » ?
Une étoile existe, c’est le soleil, la plus universellement et
la mieux observable de toutes les étoiles, qui décrit précisément l’Equateur à l’époque des équinoxes et des parallèles
voisins de ]’Equateur, entre les équinoxes ét les solstices. A
ce titre, sans-aucun doute et pour la raison que nous avons
dite,
Philolaos,
l’illustre
pythagoricien,
au
rapport
planètes, au plus haut de la sphère céleste, dans l’empyree :
2
Pinshacs zip dy pio mepi td névipov... nai maw rip Erepov avo“
y
NN
~
~~
letitude/boréale, qui est l'hypothèse envisagée, la culmination
du soleil décrivant l’Equateur (v. fig. 51, p. 382) se fait dans
le ciel au Sud du zénith et son passage inférieur se fait au
Nord du nadir. Le corps divin qui, étendu tout de son long
dans le plan de l’Equateur, est censé représenter l’ensemble
du mouvement céleste, aura par conséquent (v. fig. 50, p. 381)
la tête vers le Sud, en O, au-dessus de l'horizon, les pieds
vers le Nord, en Q’, au-dessous de l’horizon, la main droite
en E, au Levant, la gauche en W, au Couchant; la face,
naturellement, sera tournée du côté du Nord, vers l'observa_teur.
A cette figuration du mouvement dans le ciel correspond
nécessairement sur l’horizon terrestre une figuration de pose
identique, qui est le repérage du mouvement; en effet, sur
le méridien, le point Q qui est le haut ou la tête sera repéré
en S, le point Q’ qui est le bas ou les pieds sera repéré en N,
de
Stobée, plaçait la culmination du soleil, accompagné de ses
.
du soleil qui s’impose a l’observation comme étant la norme
exemplaire la plus représentative du mouvement diurne, dont
nous nous occupons en ce moment, tout en S’imposant aussi,
par son mouvement propre annuel au long de l'Ecliptique,
comme la norme éminemment représentative du mouvement
planétaire, dont nous aurons à nous occuper tout à l'heure.
Or, par rapport à un observateur situé en un lieu O de
9
(1) Ap. Stone, Ecl., I, 22, éd. Wachsmuth, I, p. 195.
(2) Storér, Ecl.. I, 24; EUSEB., Praep. evang., XV, 46, 6 (846 d).
(3) Euses., Praep evang., XV, 25, 4 (837 c).
Page 32
View in PDF(opens in a new window)en sorte que le plan de l'horizon personnifié avec la tête au
céleste. Quant à la largeur (32 742723) avec sa droite et sa
386
Sud, la face tournée vers le Nord, les pieds au Nord, la main
gauche, elle est représentée par le diamètre EW, perpendidroite à PEst, la gauche à l'Ouest,
culaire en O au diamètre qui figure la longueur.
se trouve, en tant que
Ce qui prouve bien qu'en réalité la
‚ligne des pôles n'est nullement la
dimension indicatrice du haut et dv
bas ni, par suite, de la droite et de
la gauche du mouvement céleste,
@
sion de rapporter et de commenter précédemment et d'après
c'est que, si le pôle se trouve au zénith et donc au plus haut, la hau-
7.
laquelle le Sud est la région du haut, le Nord la région du
teur du mouvement au-dessus de
T
bas. Non pas que le Sud soit à proprement parler le haut,
Vhorizon est nulle (fig. $3), tandıs
qu'au contraire si le pôle se trouve
à l'horizon et donc que sa hauteur
soit nulle, la culmination de chaque
ctoile se fait au plus haut (fig. 54),
repérage du
mouvement
céleste,
être
l'exacte
réplique
du
plan, personnifié lui aussi, de l'Equaieur, modèle et norme de
tous les parallèles célestes.
Ainsi s'explique et se justifie,
comme étant la véridique
expression d’une réalité naturelle, la tradition ancienne des
Grecs, des Celtes, des Germains, que nous avons eu l’occani le Nord, le bas : le plan de l'horizon ne comporte en soi
ni haut ni bas; il les repère seulement (1).
Ce qui, sur l'horizon, est repéré au Nord comme étant le
has, ce n’est et ce ne peut étre le pole Nord qui, se trouvant
eu-dessus de l'horizon dans notre hypothèse, se trouve de
ce fait en haut; mais, vers le Nord, c’est le point du passage
inférieur au méridien qui,
se trouvant au-dessous de l’horızon, se trouve de ce fait en bas.
De même, sur l'horizon, au Sud, est repéré comme étant
le haut, non pas le pôle Sud, qui se trouve au-dessous de
l'horizon rt donc en bas,
mais bien le point de culmination
qui, vers le Sud, se fait au-dessus de l’horizon et donc en
Q
le parallele qu'elle décrit étant perpendiculgire à l’horizon, et la culmination du soleil: décrivant l'Equa‘ur se fait dans ce cas au zenttn 12.39.
(hg. 52, p. 383).
En faisant du pôle Sud le haut et du pôle Nord le bas.
Aristote a donc commis une grave méprise, qui a eu pour
conséquence logique de l’amener a sacriher des apparences
manifestes qu’il se devait de sauver et ainsi se retourne
haut.
En d'autres termes,
Pz
la longueur (<2 y#%x::) du plan du
mouvement céleste personnifié avec ses points extrêmes le haut
ou la tête et le bas ou les pieds ne doit pas être considérée
suivant la ligne des pôles ou axe de rotation PP’ (fig. 50,
p. 381), mais suivant une ligne qui, perpendiculaire à celle
des pôles, Joint le point de culmination d’une part et le point
du passage inférieur d’autre part, sur Île méridien, et que
représente par excellence
le diamètre
QQ’ de
l’Equateur
(1) C'est done à tort qu’Henri Martin prétendait faire du Nord
le haut et du Sud le bas, dans la couception grecque ancienne (H.
MARTIN, Comment Homère s'orientait, dans les M&m. de l'Acad.
des Inscr., t. XXIX, 1879, p. 2).
contre lui l'accusation qu'il avait lancée contre ses adversaires. I.’erreur, en effet, est imputable à lui seul, nullement
à eux. Les Pythagoriciens omettaient de définir à priori le
- haut et le bas, en tant que principes de détermination du
mouvement céleste: mais — nous le voyons bien maintenant
— ce n'était pas sans raison (1) : le haut et le bas, définis
en fonction du mouvement céleste, se présentent comme essentiellement variables. En fait, ne varient-ils pas, sous une
même latitude, avec les divers parallèles et, pour un même
? Aristote, qui ne s'en
parallèle, avec les diverses latitudes
(1) Voir plus loin p. 392-393, pour ce qui est de la profondeur.
Page 33
View in PDF(opens in a new window)DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
pas avisé, s'étonnait ironiquement de l’omission par
les Pythagoriciens de principes qui sont aussi nécessai
res que
la droite et la gauche pour la détermination : 33
vai tiv
tablement pour ses diverses parties, chacune pouvant avoir
y a mouvement et quel est ce mouvement.» Le ciel, dit le
Mohzyzpziov dv zu: Oxupassıev En io piva: sagra: Ley
az Enzrsy,
fidèle interprete du Stagirite, se mouvra d'un mouvement de
dezív val apirtapiv, sa: Bi técraca: mapólam
ov cóbiv forov xupia:
rotation, mais non point vers le haut ni vers le-bas ¡emendez :
Atait
-
»
4e
shox:
...(de caelo, Il, 2, 255 a), et 11 ieur en laisan reprocu
e
comme d’une absurdité : acémws civ +: 3ev
Lat- pute ny
mupanaSgvee: > vo vai sb arm racéaurey
(Simpli
de caclo, 11, 2, 284 b, 6).
i
ibm
Voulant réparer cette omission dont il ne saisissait
pas la
raison et faire disparaître cette prétendue absurdité, Aristote
,
se substituant aux Pythagoriciens, leur prétait
vues,
gratuitement,
pour
en
faire
ensuite
la
ses
propres
critique.
Il
se
389
dans quelque autre un lieu repère qui permette de juger qu'il
ci 4 uit II Vela saute pores.
ju, ul ai
y ACpaesentent le haut et le bas); Je mouvement de rotation peut
en effet être celui d’un corps qui, pris dans son ensemble,
ne passe pas d’un lieu dans un autre, et pourtant ses parties
sont animées d’un mouvement local... » (1).
Sans doute. Mais, en ce cas, ou est le mouvement? Virtuellement, dans les mobiles que sont les astres (2); effectivement,
dans les orbes parcourus par les astres et qui constituent Jes
donnait beau jeu, certes. Non pas que je mette en doute
sa
bonne foi. Mais, mathématicien assez médiocre au
jugement
parties mouvantes du grand Tout immuable. Et dans quel
su,
nous
perpendiculaire à cet axe. C’est donc perpendiculairement a
appelons le point de vue cinématique (3), comme le faisaient
ceux-là, mieux avisés, qu'il combat. Le grand corps sphérique
la ligne des pôles, identique à l’axe de rotation, dans les
de G. Milhaud (1) et de P. Duhem (2), le Stagirite n'a pas
pour traiter
du
mouvement,
se
placer
à
ce
que
couché en longueur suivant la ligne des pôles, par lequel il
prétend expliquer le mouvement circulaire du ciel,
+ cdpavia
Regtecpz Tanarsz.ı. epa Éyevre: cyfua
4, 287 a,
23),
(Simplic., 02. cit. II,
ne saurait méme se concevoir animé d’aucun
mouvement local, le seul dont il puisse être ici question
, car
sens évolue ce mouvement ? Evidemment, dans le sens même
de la rotation autour de l’axe du monde, le long d'un plan
parallèles décrits par les astres qu'il faut envisager le mouvement céleste; l’envisager suivant la ligne même des pôles ou
| parallèlement à cette ligne serait une bévue grossière. Or une
réalité porte naturellement en elle-même les dimensions selon
lesquelles on mesure son étendue.
Soyons logiques
: c'est
donc sur le plan des parailéles, perpendiculaire à la ligne des
ce grand corps.
pêles, qu’il convient de considérer le mouvement en sa lonquelque part,
gueur, c’est-à-dire vers le haut et vers le bas aussi bien
qu'en sa largeur, vers la droite et vers la gauche; sur ce plan,
la ligne des pôles loin de se profiler en longueur, ne s'inscrit
qui par définition contient tout, n’est pas
n’a pas de lieu et ne peut par conséquent
changer de lieu. Dire que l'Univers ainsi conçu se meut est
un non-sens (4).
Admettons avec Simplicius que, sans changer de lieu,
l'Univers pourra tourner sur lui-même et que le mouvement
local, s'il n'est pas concevable pour l’ensemble, l’est incontesqu’en un seul point, le centre, où elie passe comme axe de
rotation et le centre n'est, dans le cercle, qu’un point moyen
à égale distance des points extrêmes que sont le haut et le
bas, opposés. nécessairement l'un à
(1) G. MiLHAUD, Etudes sur la pensée scientifique chez les Grecs
et les modernes, Paris, 1906, pp. 112-117.
j
(2) P. DUHEM, Le système du monde. Histoire des doctrines
cosmologiques de Platon à Copernic, Paris, 1913, t. I, p. 192.
(3) Voir HAMELIN, Le svstème d’Aristote, Paris, 1920, P. 311.
(4) Voir P. Dunes, Le système du mande..., t. I, p. 202.
l’autre sur la circon
férence (3).
(1) Sımeuicıus, In Aristot. Physic: lib. IF Comment., IV, 5,
éd. Herm. Diels, p. 588.
(2) ARISTOTE, Phys., 200 b. 32.
(3) Cf. PLatox, Timée, 62 d. — Voir plus haut, p. 375.
Page 34
View in PDF(opens in a new window)Il est vrai que la ligne Nord-Sud
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
représente exactement
la longueur avec le bas et le haut, dans le repérage du moument
céleste
sur
le
plan
de
l’horizon
terrestre.
Mais
il
391
Cette erreur d'interprétation ayant nécessairement jeté ja
confusion dans le rapport des coordonnées du systeme
pythagoricien, il nous faut préciser la direction dite de
importe d'observer que, sur ce dermer plan, la ligne Nordprofondeur pour la mettre en harmonic avec la longueur et la
Sud n'est en réalité que la méridienne du lieu, et non pas
largeur, Ce ne sera pas peine perdue.
— il s’en faut — l'axe du monde. Identifier la méridienne
avec cet axe, c'est conlondre avec le mouvement qui est dans
Nous avons vu (1) que la protondeur qui se mesure d'avant
en arrière, =à Sì meéchev <apyr> 725 Babes: (2), d'après la
le ciel son repérage qui est sur la terre et c'est, du coup,
direction où le mouvement est perçu, Furzesbev yap Livo io
suppruuer toute possibilite de repérer le mouvement.
A supposer méme que méridienne et axe coincident en fait
— le cas se présente a l'équateur, mais
a l’equatäur seulement (voir jig. 52, p. 383) — que se produit-il + Figurons le
grand corps spherique de l'Univers étendu de son long,
bai airbiseus (3), se trouve défime, s’il fan en croire Aristote,
par deux dlirentians diamétralement opposées, l'une devant,
« au-dessus de la terre », l’autre derrière, « au-dessous de la
terre », det th niv brio viv meéow desi. ci de dat yyy inizo (4).
Comme il s'agit d'observation faite en un lieu donné, il serait
comme le veut Anstote, suivant l'axe de rotation, la tête au
plus exact de dire « au-dessus » et « au dessous de l'honzon »,
púle Sud P' et les pieds au pôle Nord P, exactement a l'une
prime abord que la droite puisse se fixer a l'Est, en E, et la
encore que ceci ne concorde pas absolument avec la pensée du
Stagirite, puisqu'il voit la longueur suivant l'axe du monde,
et non,suivant la méridienne, sur le plan de l'horizon, où elle
gauche à l'Ouest, en W; que l'avant puisse de même se fixer
n'est du reste que reperee.
et
a
l’autre extrémité
de la méridienne SN.
I]
semble
de
au-dessus de l'horizon, tourné vers le zénith, et l'arrière, au-
Cette réserve faite, si le mouvement céleste n'est observable
jusqu'à
qu'au-dessus de l'horizon, de toute évidence l'avant doit se
situer au-dessus et par suite l'arrière au-dessous de l'horizon.
Mais même ainsi entendue, la profondeur ne correspond que
vaguement à la réalité. Le mouvement est perçu dans le ciel
et repéré sur l'horizon; mais c'est l'observateur qui le perçoit
et qui le repère : c'est l'observateur par conséquent qui Seul a
cccuper les positions les plus contraires: la droite qui était
qualité pour définir la direction où le mouvement est perçu.
i l'Est se trouve à l’Ouest et la gauche qui était
à l'Ouest se
puis repéré, et pour le déclarer évoluant devant ou derrière,
trouve à l'Est: l’avant qui faisait face au zénith fait tace
de l'horizon. Le point de vue, des
au-dessus ou au-dessous
au nadir et l’arrière qui était tourné vers le nadir se tourne
lors, est tout différent : tandis que le repérage du mouvement
dessous de l'horizon, tourné vers le nadir. Il en serait ainsi
en effet sı la figuration du mouvement était immuablement
défime dans le ciel, comme elle l'est sur le repère immobile
de l'horizon. Mais dans ce grand corps qui tourne perpétuellement autour de son axe, la droite et la gauche, l’avant et
l’erritre
se
déplacent
incessamment
aussi,
allant
vers le zénith. Toute détermination du mouvement devient
impossible, les diverses directions d'après lesquelles on pouvait le déterminer étant variables, mouvantes et incertaines,
hormis la longueur {1).
C'est que
précisément
la
longueur
pose la” tête au pôle Sud ou au pôle Nord, la face tournée vers le
haut ou vers le bas, peu importe : un corps qui tourne avec le
ciel autour de l’axe du monde, cuunestpzceuevoy tp alpine ne peut
fixer, dans le lieu. la direction — variable, par supposition — ni
de sa droite ni de sa gauche, ni de son avant ni de son arrière.
avait été mal définie.
(1) Voir plus haut p. 370.
(1) 11 est oisenx, dès lors, de s’attarder à l'examen des divers
schémas imaginés par SimPLicius (In Arist. de caelo, II, 2, 285 (1
(2) ARISTOTE, de caelo, 11, 284 b.
pour mieux faire saisir
(4) Stmprictus, Comment. ad. loc.
le
point de vue d'Aristote.
Que l’on sup-
(3) ARISTOTE, 1. cit.
Page 35
View in PDF(opens in a new window)est figuré couché sur un plan horizontal, la position normale
de l'observateur se présente debout, dans un plan vertical,
la face tournée vers le mouvement en évolution.
Notons que, pour l'instant, il n’est pas question de déterminer le cene dans
lequel
gerait l’observateur,
évolue le mnuvement.
ce qui oblıévoluant autour de sa verticale,
a se
tourner successivement vers des points différents de l’espace,
mais’ de determiner la région dans les limites de laquelle on
le voit évoluer, ce qui suppose l’observateur immobilisé, avec
son plan vertical, pour définir dans son ensemble la région
où le mouvement est perceptible et qui s'étend du point où
le mouvement apparaît à celui où
il
disparaît.
La
ligne
droite qui relie le point du lever d'un astre du côté de l'Est
à celui de son coucher du côté de l'Ouest et qui est perpendiculaire à la ligne Nord-Sud (fig. 49 et 50, p. 380 et 381) en
inéme temps qu'elle établit une démarcation entre le segment
de parallèle visible au-dessus de l'horizon et le segment invisible au-dessous de l'horizon,
départit, l'une vers le Nord,
l'autre vers le Sud, les deux régions dans lesquelles se situe
précisément l’un ou l’autre segment. Par conséquent, eu égard
au plan vertical qui coupe l'horizon suivant cette ligne, c'est
d'un côté la région septentrionale et de l’autre côté la région
méridionale qui
derrière,
se trouvent
déterminées
soit
devant
soit
selon que le mouvement évolue au-dessus ou audessous de l'horizon.
Au reste, les plans verticaux menés par le centre des divers .
paralléles étant tous paralléles entre eux, si, par rapport a
‚son plan vertical, telle ou telle direction se trouve déterminée
« devant » ou « derrière » pour un parallèle quelconque, cette
détermination vaut également pour tous les parallèles. Mieux
encore : on constate que sont absolument égaux: entre eux tous :
“ les angles que fait le plan des divers parallèles avec la verticale
‘menée par leur centre et qui donnent la mesure de l'amplitude
“du mouvement « en avant » ou « en arrière » de la verticale.
Ainsi, avec la profondeur « en avant » ou « en arrière »,
une nouvelle coordonnée se trouve introduite dans le système
servant à la détermination du mouvement céleste; elle a pour
destination de préciser si la longitude du mouvement observé
393
est boréale ou australe et avec quelle amplitude elle l'est dans
l’un ou dans l’autre sens. Dans un lieu de latitude polare,
la verticale passe par les pôles mêmes (v. fig. 53, p. 387) :
les parallèles perçus sont visibles en entier, nu-devant, uni
derrière; mais étant perpendiculaires à la verticale et par
sui paralicles à l'horizon, par rapport au heu d'où l'observateur la définit, leur profondeur est nulle. — Dans un leu
situé à l'équateur, le plan des divers parallèles (v. fig. 32,
p. 383 et fig. 54, p. 387) coincide exactement avec le plan
vertical mené par le centre de chacun d'eux : par rapport
au lieu, leur profondeur se trouve au maximum avec une
valeur d'arc de 90”, mais leur deterinination :
devant . ou
« derrière » est abolie pour l'observatcur, puisque le mouvement ne passe plus devant ni derriere lui, mats exactement
au-dessus de sa tête ou au-dessous de ses pieds (fig.
52,. —
Entre les pôles et l'équateur, les parallèles sont repérables
en partiex devant », en partie « derrière » et l'arc qui mesure
leur profondeur « en avant » ou « en arrière » du plan vertical
a une valeur variant entre 0" et go”.
Outre que l'amplitude en profondeur varie avec la latitude
dans un même hémisphère, le sens même suivant lequel se
définit cette amplitude change absolument
avec
les
hémisphères. Dans l'hémisphère austral, la profondeur, d'avant
en arrière,
doit étre mesurée sur le
méridien à partir du Nord, car, au.
dessus de l’horizon, le passage au
méridien se fait vers. le Nord du plan
vertical mené par le centre des parallèles et, au-dessous de l'horizon, il se
fart vers le Sud de ce plan (fig. 55), en
en sorte que,
pour
un
observateur
de cet hémisphère, la région septentrionale
se
situe
«
devant
»
et
="
Fig. SF
la
région méridionale « derrière ». — Dans l'hémisphère boréal
au contraire, la profondeur se. mesure à partir du Sud, car
(v. fig. 50, p. 381) le passage supérieur au méridien se fait
‘en direction du Sud par rapport au plan vertical, le passage
rote
Page 36
View in PDF(opens in a new window)395
inférieur en direction du Nord et ainsi c’est la région mérientre l’Est et l'Ouest, la région méridionale, dezané, entre
dionale que l’observateur situera « devant », la région sepl'Ouest et l'Est, la région septentrionale, derrière; et deux
tentrionale qu'il situera « derrière ».
autres délimitées par le méridien du lieu : entre le Nord et
Remarquons en passant qu’en raison d'une telle variabilité
les Pythagoriciens ne pouvaient — et Aristote n'est nullement
le Sud,
la région orientale,
à gauche; entre le Sud
et le
Nord, la région occidentale, à droite.
fondé à leur en faire le reproche (1) — présenter l'avant et
Enfin, se référant au lieu même, quatre directions, opposées
l'arrière, non plus que le Aauz et le das (2), comme des prindeux à deux en formant quatre angies droits et déterminées
cipes de détermination absolus et définissables à priori, .au
par l'intersection, au centre d'observation, de la ligne Nordmême titre que fa droite et la gauche. Nous verrons que seules
Sud, projection du méridien, et de la ligne Est-Ouest, prola droite et la gauche peuvent être considérées comme des
jection du plan vertical sur l'horizon, soit nos quatre points
principes absolus,
cardinaux : le Sud devant, le Nord derrière, l'Est a gauche,
fonction
du
parce que seules elles se présentent, en
mouvement,
avec
un
caractère
invariable et
l'Ouest a droite.
permanent.
Dans l'espace ainsi divisé et méthodiquement repartı en
D'après nos déductions précédentes, voici en somme comvue de l’observation du mouvement céleste, i] est impossible
ment, pour un observateur situé selon notre hypothèse dans
de ne pas reconnaitre, absolument identique par l'agencement
l'hémisphère boréal, l’espace se divise en champs d'observade ses parties constituantes, l'ordonnance du temple destiné
tion et comment s'y répartissent les régions ou directions
diverses, en considération de la norme représentative du
mouvement céleste, le cours du soleil décrivant l'Equateur (3)
(ig. 50, p. 381).
à l'observation augurale. C'est
le
temple
sous
son
triple
aspect, par hature, par analogie, par auspication, « templurn
tribus modis dicitur, ab natura, ab auspiciendo, ab similitudine (1) », l’un dans ie ciel, un autre sur la terre, un troi-
D'abord, se référant au mouvement, trois champs circonscrits de l'espace : l'un au-dessus de l'horizon, dans le ciel,
où le mouvement est observé et qui, par nature, constitue le
sième sous la terre, « <ab> natura in caelo, ab auspiciis in
terra, ab similitudine sub terra (2) »; — le temple avec son
axe ou cardo tracé du Nord au Sud suivant le méridien, dans
champ proprement dit de l'observation; un autre au-dessous
le sens de la longueur, et sa ligne transversale d’Est à Ouest
de l'horizon, où le mouvement, inobservable, est seulement
induit et qui ne peut constituer un ‘champ d'observation que
ou decimanus (3), suivant la projection du plan vertical, dans
par analogie; un troisième sur le plan de l'horizon terrestre
délimitées deux à deux par le cardo et par le dectmanus et
où
le
mouvement
observé ou
seulement
induit
se trouve
projeté par.repérage de sa phase supérieure et de sa phase
inférieure.
Puis,
se reférant
le sens de la largeur; — le temple avec ses quatre régions (4) _
nommées semblablement par l'augure comme par l'observateur,
.« ..templi_ partes quattuor dicuntur, sinistra
oriente,
dextra ab occasú, antica ad «meridiem, postica ad septenà
l'observateur,
quatre
régions
dans
l'étendue, dont deux délimitées par le plan vertical du lieu :
(11 Varron, L. L., VII, 6. — Voir ci-dessus, p. 358.
(2) VARRON, L. cit.
( 1) - ROTA pavers Totus ZaAd ¿drow To deltry nat Apurreobr, td; dE cirrapas
nuptnro» cúbsy Hero uupius odour (ÁRISTATE, de caelo, U, 2, 285 a).
— Voir plus haut p. 367.
(2) Voir ci-dessus p. 387.
(3) Voir p .384.
ab
=
(3) Prange, H. N., 17, 169. — COLUM., 4, 20, 5, éd. Schneider.
(4) « Les Etrusques, dit Cic£rox (de divinat., TI, 18), ont partagé le ciel en 16 parties. Il ne leur a pas été difficile de doubler
les 4 que nous connaissons, puis de doubler encore les 5, pour
pouvoir préciser de quel côté partait la foudre, »
Page 37
View in PDF(opens in a new window)DE LA
DROITE ET
DE
LA GAUCHE
307
trionem (1) », — le temple avec ses quatre directions cardı-
Mais quel rapport y a-t-il entre le vol d'un oiseau ou la
nales ou’décimanes, formant quatre angles opposés au somtrajectoire «le la foudre et la révolution des astres, le cours du
met
soleil, en particulier ? À peine osons-nous poser sérieusement
dans
locus...
«
le lieu
méme
ut... angulos
de
[III
l'auspication :
« templum
est
adfixos habeat ad terram (2) n
Varro locum quattuor angulis conclus::
LAS,
of
SU
Dei
une telle question et Cicéron s'étonnait
que
deux
augures
pussent se regarder sans rire. C'est que, comme Cicéron (1),
does (3)
| 3 — et, parmi la complexité de tant d’ Héments
nous avons perdu la foi profonde des anciens âges de l'hudivers. le temple proprement dit nettement limité, de l'Est
:nanité,
1 l'Ouest, à la seule région méridionale, comme à sa partie
constitutive essentielle : « ...ab oriente ad occasum determinavit, ad meridiem versus... (4) ». Ce n'est pas tout. Dans
le temple,
même concept et
même destination
de
l’espace
défin : espace determine en vue de l'observation, « contemplari dictum est a templo (3) », mais en vue de l'observation
précisément
trajectoire
du
de
mouvement
météores;
dans
même
le
ciel, vol
norme
d’oiseaux
régulatrice
de
et
toute
l'ordonnance : le cours diurne du Soleil, « ea caeli pars quae
sole illustratur ad meridiem antica nominatur (6) »; même
principe
fondamental
et
permanent
de
détermination
du
mouvement céleste, d’une part, et de discrimination du vol
augural,
d'autre part
: le sens du mouvement à droite ou
a gauche.
Dans la croyance antigue, un rapport existe, un véritable
rapport de nature. D'une part, en effet, tel oiseau, tel coup
de foudre ne sent pas simplement des mobiles qui vont a leur
gré ou au hasard à travers l'espace, indépendants des «dien,
indifférents aux hommes; ce sont des signes d'assentiment ou
à l'adresse
de désaveu qui émanent directement de la divinité
de l’homme et le mouvement qui les constitue, vol ou trajectoire, est assimilé à un mouvement de tête, par lequel la divirité maniféste catégoriquement sa volonté dans certaines conjonctures (2), si bien que souvent un signe augural, la foudre
en particulier, est intimement associé au geste divin d'assentiment ou de désaveu pour le corroborer: ainsi en //. 11, 350,
353 : vasavsdsan únsppevía Kocviava... Arızintav imbizia: en Hl.
Une identité aussi absolue — qui en douterait ? — ne peut
étre fortuite. De toute evidence, elle révèle un dessein formel
(1) « Ne me parle ni du baton angural de Romulus ni du ciilet prémédité de conformer exactement l’observation du signe
temple, loin de surgir de la pure fantaisie, se trouvait constilon d’Attus Navius : les fables ne sont point du tout philosophiques... Quelle est la nature d'une science qui prétend que les
oiseaux, dans leur allure capricieuse, nous avertissent de tout et
que, par leur vol et par leur chant, ils ordonnent ou délendent
tué selon des principes rationnels
? Pourquoi les uns de gauche, les autres de droite ont-ils
d'agir
augural
à
l'observation
du
mouvement
d’une
céleste.
Ainsi
le
indéniable valeur
scientihque, et l'auspication elle-même se fondait
sur une
grande réalité, le mouvement de l'Univers, auquel
le
augural était rapporté comme à sa loi.
fait
le pouvoir de donner un bon présage? Et comment, quand et par
qui ces règles-là ont-elles été inventées ? » (CicERON, de divinat.,
II, 38).
(2) Grec veóm, a incliner la tête », veux, « inclinaison de tête » :
tp)% Raruvedaounı (11.5 1, 324; cf. 527), voran pty ro aya xepodí (Od,
XVI, 283), ne weas (H. à Hermès, 5109), vive di of Rate quon
(1) Varroy, L. La Vil 7 cf. FEST., Ep., p. 220.
(2) VEst., Ep., p. 157.
{3} SERVIUS, in a HI, 539,
(4) Trre-Lave, 1,
18. —- Voir ci-dessus p. 332.
15) Frst., P. F.. 34, 9. -- Voir ci-dessus q. 358.
itv
TEST,
Ef., p.
220
éuuever (Il, NUTT, 246; cf. H. a Cer., 445, ete.). — Latin numen,
« assentiment (divin) », dans VIRGILE, En., I, 137. « Jam caelum
terramque meo sine numine, venti / Miscere et tantas audetis
tollere moles ? », et « inclinaison » (au sens matériel), dans LrCRÈCE, IV, 179 : « In quem quaeque locum diverso numine tendunt » (quelques éditeurs écrivent : nomine) ; cf. nuto, « faire signe
de la téte »; nutus, « signe de téte », etc.
Page 38
View in PDF(opens in a new window)XV,
SIGNIFICATION AUGURALE
374,
377
:
+
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
sò Boxicyss val natéveura:...
.
©
309
pira incor:
Mais quel est le sens de l’évolution des astres ? C'est ce
umziesa Zeóz: on /2 1, 528, 530 : ex’ dp do. vedos Kpoviww... pévav
que nous allons examiner du point de vue pythagoricien, a
,
ss
la suite d’Aristote.
D'autre part, les astres ne sont pas, non plus, simplement
de la matière inanimée et inconsciente qui gravite à travers
l'espace suivant les lois aveuglément rigoureuses de la physique : membres divins du grand corps de l'Univers, une
*
* è
La
direction du mouvement selon
le lieu est défini en
général d’un point d’où part le mobile à un point vers lequel
intelligence infuse, l'áme même de la divinité, les meut dans
il tend, rihev ra (Aristote, Elk. Nic. X, 3, 1174 a, 30), à: 2b
l'immensité des cieux (1) et leur mouvement, d'une régularité
parfaite, est la manifestation la plus authentique de l’ordre
va ei; 5° Tara yap ivan; En tives wat cts st (Phys. V,
divin, lequel s'impose à toute la nature, en tant que loi de
la vie, et 4 l'homme, en tant que norme infaillible de discrila catégorie du lieu : d’avant en arrière, de haut en bas, de
mination du bien et du mal.
34) et plus spécialement d'un des contraires à l'autre dans
droite à gauche (PAys. V, 1, à partir de 224 b 35 et chap. 2).
Toutefais, parmi ces contraires qui sc refèrent aux trois
|
I] était logique. dans cette conception foncièrement religieuse des phénomènes, que les mouvements d’un caractère
augural perçus dans le ciel fussent scrupuleusement confrontés
avec le mouvement des astres comme avec leur règle idéale
et fussent interprétés en bien ou en mal, d’après leur contormité ou leur non-conformité à cette règle.
1, 224 a,
Quand le dieu
manifeste sa volonté par des « signes célestes », assimilés A
des signes de tête d’assentiment ou de désaveu — et c’est
l'assimilation la plus ordinaire — le mouvement de la tête
dimensions de l'étendue, certains jouissent du privilège de
constituer des principes premiers, pour la détermination du
mouvement surtout,
parce que précisément ils s'appliquent
à l’origine même du mouvement perçu : c'est le haut pour la
longueur, la Jaroite pour la largeur, l’avant ou devant pour
la profondeur, Zor 32 <8 piv ave 700 páxoo; deyr. <> TE Dr
250 rAdrsus, 733i apiohev 203 Bafcus
En d'A Aes ATA AG AT"
2pyaz yao tastes Ayo ¿ev Gpyovrar xpatov al mvkzers tots Eyousw
(de caelo, II, 284 b).
à indiquer si le dieu
En fait, et par application de ces principes, voici comment,
approuve, accorde, ordonne ou au contraire s’il désapprouve,
pour un lieu supposé de latitude boréale, le cours diurne du
refuse, interdit. Le sens du mouvement constitue donc à lui
seul un critérium, le critérium infaillible de l’ordre divin,
soleil, représentatif de la révolution des astres.
valable non pas
mais
celle où il est observable, le mouvement, évoluant par devant,
en toutes circonstances, éternellement — car le bien se dis-
Eurpootev, va de droite, axt %cbiav, vers le haut, iv. c'est-àtingue éternellement du mal — et tel par conséquent qu'il
apparaît à tous, partout et toujours, dans le mouvement
sa seconde phase, celle où il est inobservable, mais qui se
céleste, cette norme indéfectible de l’ordre divin.
déduit par analogie en sens opposé, le mouvement, évoluant
dans un sens ou dans l’autre suffit
seulement
dans certaines occasions,
se trouve
défini selon les trois dimensions : dans sa première phase,
dire monte au-dessus de l’horizon, de l'Est vers le Sud; dans
par derrière, ¿mobev. va de gauche, ar aptczectiv. vers le bas,
xatw, c’est-à-dire descend au-dessous de l’horizon, de l'Ouest
(1) Cf. VirGILE, En., 726-727 : « Spiritus iutus alit totamque
infusa per artus / Mens agitat molem et magno se corpore miscet ».
vers le Nord. — Cette définition est conforme à la réalité,
— Ici Platon et peut-être les Stoiciens ont présenté à Virgile un
ensemble de doctrines élaborées d’abord par les Pythagoriciens.
mais elle est incomplète, car elle omet de préciser, dans chaque
(V. Puessis et Leyay, éd. de Virgile, ad. loc.). — Cf. l’expression
des Stoiciens, ti mvedua vdciizov dl 5hov cod xro.
phase, le terme du mouvement; à l'indication du point de
départ, il n'est que d'ajouter celle du terme pour formuler
Page 39
View in PDF(opens in a new window)SIGNIFICATION AUGURALE
avec exactitude et dans sa continuité la direction de
tion céleste,
par derrière
la révolualternativement visible par devant et invisible
: au-dessus de l'horizon, le mouvement va de
401
minée sans égard au lieu ni à l'observateur. Il est vrai que
l'on fait mention d’un point de départ et d'un pont
d’arrivee repérés sur la droite. Mais cette droite n'est celle
droite à gauche par le haut, soit de l'Est à l'Ouest
par le
Sud; au-dessous de !’horizon, il va de gauche à droite par
céleste,
le bas, soit de l'Ouest à l'Est par le Nord.
même, personnihe selon le plan de son évolution. La distinc-
De droite à gauche, de gauche à droite, ce sont là deux
directions contraires incompatibles dans le mouvement circulaire qui est continu (1) et toujours évolue dans le même sens.
tion est pour nous d'une importance capitale et nous aurons
La révolution céleste n’a et ne peut avoir qu’une seule
et
unique direction. Mais laquelle ? Aristote, exprimant la pensée
À résoudre est posé tel que l'entend Aristote — il ne s'agit
que du mouvement relatif, <#: atx zxcv mwosmz (1); le sens
des Pythagoriciens, nous apprend que la révolution procède
de la droite et s’accomplit vers la droite: &i cóv Systm dn:
a définir est par conséquent celui d'une révolution considérée,
non pas en so: absolument, mais relativement au heu immo-
Thy say nai Eni 2 da riprsésssa (2). Qu'est-ce à dire?
ni du lieu ni de l’observateur: c'est la droite de la révolution
22%: 725 copaved migrerexz.
et
donc
du
mouvement
1 y revenir.
Dans la pensée d’Aristote au contraire — et le probleme
Pour
bile, qui est le plan de l'horizon terrestre. Par rapport à ce
les Pythagoriciens — et Aristote n'en disconvient pas — la
lieu, la révolution céleste s'accompljt en deux phases succesrévolution
mouvement essentiellement à droite, ir: Hist. L’affırmation
sives, de sens inverse : l’une, scule observable, qui passe
devant; l’autre inobservable, qui passe derrière. Le sens de
est nette, Sur ce point; acceptons-la comme un dogme, reconnu
la révolution doit logiquement être déterminé en considéradu reste et maintes fois affirmée aussi par Platon, notamment
dans le Timée (36 c), dans les Lois (6, 760 d), dans la
tion de fa phase antérieure, non de la phase postérieure, pour
la raison évidente que le mouvement ne peut être déterminé
République (10, 617 c) (3).
qu’en tant qu'il est perçu et qu'il n'est normalement de
perception visuelle que par devant, Eurecshev vag néyo i9° © al
céleste
apparait
dans
son
ensemble
comme
un
S’il en est ainsi, comment expliquer que le sens du mouvement soit défini de la droite à la droite ? Le mouvement,
aiciser: (2). Or c'est un fait que le mouvement céleste, dans
sans doute,
la phase où il est observable, évolue de l'Est ‘à l'Ouest.
Puisque, suivant la conception pythagoricienne, l'Est ou
région du lever des astres, c'est la droite et que l'Ouest ou
est circulaire, r:ggîssta: son point de départ,
róbev. va être aussi son point d'arrivée, +21, et parti de la
droite, ar: civ 3:hw, il retourne à la droite, ¿mi sà su :
l'interprétation est simple, logique et il semble bien que, sur
ce point non plus, aucun doute ne soit possible quant à la
pensée des Pythagoriciens.
région de leur coucher, c'est la gauche (3), il tauclrait nécessairement en conclure que le mouvement céleste se présente,
par rapport au lieu, comme évoluant de droite & gauche,
d’un point
bref comme un mouvement tendant vers la gauche, èx° asıstzz2.
— Point du tout. Aristote reconnaît, avec les Pythagoriciens,
de vue Purement objectif, et sa direction se trouve déterqu'il évolue vers la droite, ¿mi det. bien que, procédant de
Toutefois, prenons garde : dans une telle interprétation,
le mouvement est considéré absolument en soi,
(1) ARISTOTE, Phys. VIII, 8; cf. V, 219 a 12; VI, 1, 231 b 18 et
232 a 18, etc.
(2) ARISTOTE, de caelo, II, 2, 285 b.
(3) Tay pav 0% raros (le mouvement du Même
diurne) éxi td delta mepemyayıw (Timée, 36 c).
(1) ARISTOTE, de caelo, II, 2, 285 b.
(2) ARISTOTE, de caclo, II, 2, 284 b.
(3) « Tov d'ovpavod VALI THS repupopñs, Nev i Avxtolai thy ZITOMI, MOTE
ou
mouvement
rout’ dv cin Sekedv, od Sat duces aprotepiv » (ARISTOTE, de caelo, Il, 2,
Page 40
View in PDF(opens in a new window)la droite, il soit, en tant que mouvement relatif, défini
par
Des savants, qui ne sont pas des linguistes — et c’est leur
rapport au lieu, èeftiv vas indosso Myopev, they À dpyi sie vara
excuse — interpretent (1) dans ce passage les expressions
imapistepa et Erıd£ız avec le sens « de la main gauche », « de
ToROY vLvATss (1).
|
|
|
Ne nous permettant aucun doute à cet égard, Simplic
ius,
interprète fidèle du Stagirite, va même jusqu’à préciser que
le sens de la révolution céleste dans son ensemble est défini
ent 24, vers la droite, en considération justement de la phase
antérieure, % var Simons int kid raves eli 25 Eurpoch:v (2),
celle qui. seule observable au-dessus de l’horizon, ¿et 13 piv
ong viv rpisw tori, 73 88 oni vîiv irizo (3), et procéda
nt de la
droite (4), % an: how Apyspew, vives: int va rpézo viverar (5),
va
de la
droite,
Shev al avarchal cov dotpéiv... Defév, è
la
gauche, 78 Tai Suess, agustepév, (6), c’est-à-dire logiquement
Er
apiotssa.
Nous
vers la gauche.
ne voulons,
nous ne pouvons croire à une telle
défaillance de logique chez Aristote. Il n’y a sans doute
qu'un malentendu dans une aussi Aagrante anomalie.
Cette contradiction formelle entre le sens de l’expression
ex: 2252 et la réalité qu'elle exprime se retrouve exactement
Ja même, en des conditions tout à fait analogues, dans la
tormule en usage chez les anciens Grecs et Romains pour
désigner certaine façon, rituelle, semble-t-il, de se vétir. Dans
la comédie d’Aristophane, Les Oiseaux, Poséidon, s’adressant au dieu barbare Triballe qui, avec Hermès, l'accompagne en Néphélococcygie, lui fait avec impatience observer
qu'il ne met pas son manteau comme il convient :
ob perabahets Botparioy m8 mbéñia; (6)
=
Eh! toi, que fais-tu ? C'est ainsi que tu te-dra
pes* à
gauche ? Veux-tu. bien ramener ton mante
au, comme «ceci, i
à droite ? ».
(1) ARISTOTE, 1, cit.
E
(3) Sic, L cit,
à
(2) SimPLICIUS, In Aristot. de-caelo Comm it.
|
PRE
(4) Simeuic., 1. cit,”
(5) Simpric., 1. cit,
|
(6) ARISTOPHANE, Les Oiseaux, v. 1567-1568.
la main droite », traduisant ainsi un accusatif adverbial de
direction régi par des verbes de mouvement comme S'il
s'agissait d'un instrumental et laissant par suite vague, incertaine, la direction qu'il s'agissait au contraire de préciser :
interprétation désespérée que du reste aucun texte n'autorise
et qu’il faut par conséquent résolument écarter.
A en croire certains hellénistes (2), la façon correcte de
revêtir l’himation értéïua aurait consisté à ramener le manteau « du côté droit » : apparemment en accord avec la
formule, cette traduction se trouve contredite par le témoignage des monuments figures qui montrent tous la disposition
inverse, c’est-à-dire le manteau ramené « du côté gauche »,
plus exactement sur l'épaule ou sur le bras gauche (3).
t
(1) C'est hrinterprétation donnée par Léon Heuzey, dans son
a
4
ouvrage d’ailleurs remarquable, Histoire du costume antique, Paris, 1922, pp. 98 et g9. — L'auteur se refuse à admzttre que la
locution imdff puisse être à l'acensatif, car on aurait, dit-il,
éri dev : il n’a pas pris garde que le grec possède aussi un
accusatif pluriel neutre.
(2) H. van DAELE, par exemple, dans son édition des Oiseaux,
coll. Guillaume Bude, Aristophane, tome 111, p. oy.
(3) Voir par ex.-dans Hruzev, Hist. du costume ant., p. 101, la
fig. 52 (d'après une stèle funéraire de Smyrne) : manteau drapé,
. rejeté sur l'épaule gauche, laissant à découvert l'épaule droite et
le bras droit; — p. 81, la fig. 42 (image de Zeus,-d’après un vase
‘ peint) : ici le dernier pan est rejeté sur le bras gauche; — p. 56,
obras, th pis; Eraplorep' crus auréyer;
«
403
ake
be
WAREN,
j
la fig. 27 (d’après une statue, d’Antinoos?) : exomide attachée
par .un nœud à l'épaule gauche, après avoir passé sous l’aisselle
droite; — p. 53, la fig. 25“et p. 56, la fig. 27 : exomides avec
‘la fig. 27, Vattache consiste en
attachesà l'épaule gauche.{dans
51 * himation dont le premier pan est
: un: nœud); — p. 99, la fig.
posé sur l'épaule -gauche et dont le deuxième pan, ramené par
devant, va être rejeté par la main droite sur l'épaule gauche; —
‘p. 95, la fig. 48 (Pénélope surprise par le prétendant Antinoos au
moment où elle défait l'ouvrage de la journée) : Antinoos porte
un manteau dont un premier pan a été posé sur l'épaule gauche
et qui enveloppe le corps, en passant de derrière devant par dessous
l’aisselle droite, laissant à nu et libres l'épaule et le bras droits;
le dernier pan du manteau se trouve jeté sur l’avant-bras gauche;
Page 41
View in PDF(opens in a new window)mode In
plus
AUGURALE
DE LA
répandue consistait à
draper
la
pièce
rectangulaire d'étoffe de biais
autour du corps, un des bras,
le bras droit, restant
dégagé,
»
On
commençait
par jeter
l'himation obliquement dans le
dos, de facon que l’une de
ses
extrémités
couvrit
l'épaule
gauche;
ramende alors avec la main droite
sous
l'autre
extrémité,
le bras droit, pouvait
cure rejetée soit sur l'épaule gauch
e, ce qui est le cas le plus
DROITE ET DE LA GAUCHE
405
hauteur de la hanche, un nouveau paquet de plis que l'on
fait passer obliquement sur la poitrine (1) ct que l’on rejette
derrière l'épaule gauche (2) +.
Ce qui est remarquahle dans le costume antique ainsi drape,
c'est
l'impression
très
nette
qu'il
donne
dU
mouvement,
« Rien, dit exceliemment Leon Heuzey (3), ne marque mieu:
le caractère vivant de la draperie que la disposition oblique
frequent, soit sur l'avant-bras gauc
he (1) ».
des plis... Cette direction biaise et, comme on dit, en sautoir,
Les Romains revétaient leur toge absol
ument comme les
Grecs leur himation: « On commence
par prendre dans les deux
a pour raison la nécessité de dégager le bras droit et de le
mans le bord rectiligne de la
draperie, vers le tiers environ
de sa longueur, et par le masser
en an paquet de plis, que
l'on place sur l'épaule gauche...
L'une des extrémités de la
toge, laissée par devant, couvre
le Eras gauche (2) et tombe
Jusque
sur
les
pieds...
Il
suffit
alors
de poser
le bord
Ensuite,
pour
ramener la
toge
par
devant,
contraire, en est augmentée, car c'est lui qui porte et retient
tout l'édifice du costume...
Loin de reproduire,
l'inégalité de force que la nature y a mise : al sacrifie Sans.
hésitation les règles mortes de la symétrie à l’expression du
on
mouvement; »
Le sens ‘du mouvement, tel qu'il apparait dans le drapereprend l'étofte sous le bras droit, non
pas au bord, mais au
de sa largeur. On forme à
ce point, vers la
tiers environ
ment du manteau antique, se trouve tout naturellement étre
le sens même suivant lequel la piece d'étoffe a successivement
enveloppé les diverses parties du corps.
cf. Monumenti dell’ Instituto,
IX,
pl.
42;
nr
Roxenatn,
immobile,
Tapisserie dans l'antiquité, p. 53. —
Dans SagLio et DAREMBERG, Lict
des antig., s. v. pallium, cf. fig. 5470
(éphèhe mettant son manteau) : Véphébe ayant un premie
r pan posé sur l'épaule gauch
e
s'apprête
avec
la
main
droite
à
rejeter
par
devant
le
deuxième
pan sur l'épaule gauche; — ibid.,
fig. 5461, drapement sur l'avantbras gauche — Cl. encore BAUMEISTER,
Denkmacler, S. v. himation (BLÉMSERO, fig. 748. -- PERROT et
C HIPTEZ, Hist. de l'Ari, t.
IX, fig. 109 tt T10, — GERHARD, Auserle
s. Vas., taf. 187 et 231, 1.
— Hectic, L'épopéc homérique
(trad. Travinsky), p. 286, fiz. 3453.
etc. — Mémes observations dans
PauLv's Real Encyclop. {PLANCK
et REIN) s. v. vestes. — W. AMELUNG,
Die Gewandung der alten
Griechen und Romer,
dung, 1928.
(1) G.
Leroux, dans
1903.
— MARGARETE
BIEBER.
Griech. Klei:
|
Sacrio+DAREMBERG, Dict. des antig., S. v.
pallium. — Voir une description minuti
euse de l'opération, d'aprè:
des documents figurés, dans Léon HEUZEY
, Hist. du costume antique, pp. 96-90.
¿(y
«
lio, V).
Partem
|
quidem
de laevo promittat
»
(TERTOLLIEN,
u
comme le
font nos vêtements, le parallélisme apparent qui existe entre
les deux moitiés du corps humain, le costume drape accuse
de
l'étoffe sur l'autre épaule et le dos
se trouve complètement
enveloppé.
rendre libre pour l'action. La passivité du bras gauche, au
l’étoffe a effectué en
Autour du corps
deux phases,
l’une postérieure, l’autre antérieure, une giration complete avec retour
au point de départ,
puisque le dernier pan est rejeté sur
l'épaule gauche, où le premier pan avait été posé : d'abord
par derrière,
l’aisselle
l'étotfe est descendue de l'épaule
droite;
puis,
par
devant,
elle est
gauche
rementée
l’aisselle droite à l'épaule gauche, exécutant ainsi un mouvement qui, dans la phase postérieure, va de gauche à droite
vers le bas et, dans la phase antérieure, de droite à gauche
vers le haut.
Constatation curieuse et qui mérite l'attention : l'enroule. ment de 1'himation ou de la toge autour du corps humain se
(1) «
Sub humero dextro ad sinistrum oblique ducitur velut
balteus + (QUINTILIEN, Institut. orator., NI, 140).
De pala
(2) Léon HEUZEY, Hist. du costume ant., pp. 240-242.
(3) Léon RHO, op. cit., pp. 25-26.
Page 42
View in PDF(opens in a new window)fait exactement selon le méme processus que la révolution
du ciel autour de la terre, et il est défini relativement au corps
humain tout comme la révolution du ciel l’est relativement
à la terre ; sa définition, en tant que repérage du mouvement,
n'exprime pas seulement dans les mêmes termes un rapport
de position de l’etoffe et du corps identique en tous points
- DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
407
nom de péplos au ciel considéré comme étant le vétement
des dieux célestes, cito wat mapa sò Opgei % Kim fric io
mavrès nol smeigspuevsu Egopes, lotoupyctca mapadédezar. Tv mara
nai Tov odpaviv zéxAov stonxdtuy, .olov Gediv cupaviey mipifn
pa (1).
Un fragment de poème orphique que Macrobe nous a
conservé dans ses Salurnales, identifiant avec le solei Liber
et à tous moments à celui du ciel et de la terre, mais accuse
ou Bacchus qui semble avoir été d’abord un dieu de la germien outre la même anomalie d'un mouvement qui, considéré
nation et dont la parèdre Libera a été assimilée a Perséphoné
dans sa
apparem-
(2), énumére parmi les « ornements sacrés » dont 1! convient
ment de droite à gauche,
&sapio-sza
et pourtant nous est
de revêtir la statue du dieu lors des cérémonies religieuses
présenté comme
réellement
de
célébrées en son honneur (3) : d'abord, pour envelopper le
phase
antérieure
caractéristique, évolue
évoluant
gauche
à
droite,
Emoécia.
x
La conformité ne laisse pas d'être troublante, tant elle est
précise et absolue et il semble bien que, loin d’étre imputable
au hasard, elle représente une intention formelle de la pensée
antique. Les compilateurs grecs et-latins nous ont transmis
maints
échos
d’une
vieille
tradition
cosmologique
qui
anthropomorphisait j' Univers à la manière pythagoricienne
corps, un péples couleur de pourpre et semblable au feu,
puis, de haut en bas, le long de l'épaule droite, la peau
large, toute pointillée, d'un faon au pelage bigarré, à
limitation de Padmirable disposition des astres et du firma“ ment sacré |:
dora ye mávia tiksty lee suivy TUVATAYTA
cópa God marte Écuauy:d: yeAtore
et dans laquelle le-ciel était assimilé à un vêtement, manteau
| npüra piv apyuptons evadrtyxoy axcivescy
et tunique, tout constellé d'étoiles, dont s’envelöppait la
memaov pomixecy rupt sluchov apprbaréchar *
divinité (1). A propos d'une tradition orphique qui montrait
adrap Imeple vebcoic mavaikou sipd xabadat
Core, la déesse chtonienne de la germination, tissant
une
toile, Porphyre nous apprend que les Anciens donnaient le
(1) Dans un fragment de-Phérécyde de Syros, le plus ancien pro-0
sateur philosophe de la Grèce, retrouvé sur un papyrus égyptien,
il est question du manteau cosmique de Zas : bret On: mävee:roja |
ytAUTRE |tov yepov 7TOLÑOLY . XATAÔN Tpera nuépn yiyseraı Ta. giò, nora es
Toei pa pos péya zul nohuy xvi dv cles morxidret l'An zul "Nynvöv ei, Tu “Alynvoÿ
TUYA:
AGRENFELL-H UNT..,
Greek--Papyr,, ‚ser.
II, né 11, P. 23,
reproduit 'par‘H. Dreis, Fragmente' der Vorsokratiker,:‚Berlin, 1934, a
licferung 1, ps '48:) — Cf, ap. ‘Dios. 1, 11945:I;44;Y) 246 alvkai X
Tom dei xui Nóovin* Xonsin dé ivopa dyévero Pi, ercerdy arn Las yay yinasdeBoi.
H. Dres, op. cit., p. 47, interprète yipus] « den Peplos, der die
Erde darstellt ». — Dans son ouvrage
-intitulé Weltenmantel und
Himmelszelt (Münich, 2 vol., 1910), Rudolf EIsLER commente minu-*,
tieusement (p. 321-632) le fragment de Phérécyde et rappelle Jes
diverses variantes dé «l'antique:image du. monde »°à travers. tes
Ages; le manteau étoilé ou orné des signes du zodiaque que portaient les dieux aësyriens Marduck et Hadad, la ceinure étoilée
d'Hoama et celle de Mithra, l'égide : étoilée d’Athene,. la toile
..
Céppa moAdotentoy Onpos mara defıbv dpév,
hop Zar8argov plpnp' legoó te móhero (4).
fici de Pénélope, 1'habit étoilé.et la ceinture zodiacale de la
mère des dieux et une foule ‘d'autres vêtements sacrés jusqu'au
. manteau de. ‚l’empeteur, du St-Empire. romain’ germanique, plus
* particulièrement le inanteau du couronnement d'Henri le Saint,
conservé 4 la,cathédrale de Bamberg et brodé. de figures. d'astres,
‘ d'étoiles, qui sont.des symboles cosmiques. .
““(1) PoRPHvRE, De-aniro.Nympharum, 14, in tthe. o
(2) Vi "ERNOUT-MEILLET, Dict. étym. L. lat., s. v. Liber. — Of.
e ap. AUGUST., Civil. Dei, 7, 3 : « omnitim seminum emit-
‘tendorom' ‘{potestatem. habere) ‘Libérnm et .Liberam et ideo his
=
‘0% etiam|pracesse', quae: ad. substitnendos, ‘homines pertinent. —, Cf.
| Wissowa,’ Rel.3, 120, 298.
2°
{3)** ..Orphets,” > iberia: ‘atque solem unum esse deum eun- "
| demque ‚demönstranis, -«de ornatyi. À ae
ejus in sacris Libe-
“ralibus ita‘seribit.. »; (MACROBE, Sk I, 18).
48). Macross, Sabırn.; un18...
Page 43
View in PDF(opens in a new window)SIGNIFICATION AUGURALE
409
nous retrouvons encore cette assimilation
Les anciens rois de la Grèce et de l’Italie — il en fut de
du ciel à un grand péplos sur lequel se déploie la broderie
même à peu pres dans tous les pays — étaient aussi des
de toute beauté des constellations, tov sbpmavta cbpavèv, slov
prêtres (1) et, comme eux, ils s’affublaient des vêtements et
Dans Eusébe,
péyas rémhov, navecicus vpagii: nannenvMirtegavnsev (1), ou à un
des attributs de la divinité, en vue de s’identifier à elle.
immense
toutes
parts
Cette ambition de s'assimiler a la divinité devint plus tard
autour de l'habitacle de la divinité et nous séparant,
nous
— c'est un fait connu — une des plaies de l’uupérialisme
qui en sommes hors, des bienheureux qui y résident, pécos
romain. Alexandre lui-même avait la manie des déguise-
3 aporErrar péyas cupavis mepimécacua audvecy, Tobs ducts Toy
ments mythologiques, dans ses réceptions d’apparat (2).
voile
d'un
bleu
sombre,
tendu
de
stow basano sixty Èisipvov (2).
|
Or, parm les chlamydes royales, celle que portait Démé-
N'y a -t-il pas lieu d'évoquer aussi, à ce propos, le péplos
magnifiquement brodé et tout constellé de signes divins que
trius Poliorcète, l’ambitieux fils d’Antigone, est décrite par
Athénée avec des détails précis qui constituent pour nous
l'on portait en grande pompe à l’Acropole d'Athènes, lors
un témoignage fort intéressant. « Pour la couleur de l’étoffe,
des grandes Panathénées, tori mivznsts Llavabnvaicis à minAos
il avait adopté une nuance fort appréciée alors sous le nom
d’orphinon, sorte de pourpre presque noir avec de chauds
METTII TG TUTO ende dvanitan Ets Thy dupérone (3).
A notre façon moderne de voir les choses, le ciel n'est un
reflets. Sur ce fond, comme sur un ciel nocturne, le tissage
vêtement que par fiction purement verbale, par simple comavait semé des étoiles d’or et dessiné les signes du zodiaque...
paraison.
réalité
C’était l'image méme du ciel dont le roi était revétu (3) ».
Pour les Anciens, c'était l’expression même de la
: Leucippe et
etomistique,
tendaient
Démocrite,
en
cercle
ies tenants
autour
du
de la
Voici le texte d'Athénée : ai BE yAguvi:s abr:3 Foav Zecuwev
théorie
Monde
Eyoucat = Beyyos tHe AROS, to de nav 5 nénos ivbgavis, yous:
une
tunique, qui lui servait d’enveloppe, tenue effectivement par
astépas Éycv natà Sweexna Lwarx (4).
des astres ou des atomes crochus en guise d’agrafes, Asóxurros
72! roa: arriva Können ZO beva megrisivovar 2) néspw, À
“Parallèlement à l’analogie qui existait entre le ciel et un
vêtement, une analogie existait aussi, dans la façon de voir
tay artes
de l'antiquité, entre la terre et le corps humain. En-s’unissant
Acre (var. arbumv) cuurerheyuévoy (4).
On salt que le prétre ancien portait non seulement le nom,
mais le masque et l’habit du dieu,
a elle, le Ciel s'adaptait exactement à la taille de la Terre-
Mère et l'enveloppait de toutes parts de son voile étoilé :
dont la force ainsi le
remplissait, et cette identification pouvait se perpétuer dans
Tata dé tor reürev piv byelvore lsov £ abrí
la race sacerdotale (5).
Oôpavèv aotepdevO iva puv mepi pavianadirter (5).
Une vieille tradition de l’Hermès Trismégiste, rapportée
(1) Euser., De laudibus Constantini,
coll.
Migne,
Patrol.
vol. XX, t. III, p. 1344, 616 B, go.
gr.,
; date
Stobée,
Sapient la Terre, sous da
- forme d’une femme,
2
. (2) EusER,, op. cit., 605 B, 36, p. 1319.
(3) PLATON, Eutyphr., 6 c. — EUSEB., Praep.nie. XIII, 4, 3
(6:0 b).
(4) STOn&E, Eclog., I, 22, 5. 1; éd. Meineke, t. I, p. 135: Asp
, 10 Agnone, Polit., 7,51.=
éd. Wachsmuth, t. 1, p. 197: arsuov. — Cf, EUSEB,, Praep. evang.,
“a (2) ATmáNER,“Deipnosoph.,. XII, 53,. él. Tauchnitz,
XV, 38, 2 (844 a); ÁETTUS, II, 7, 2, éd. Diels, p. 336. — Voir
(3) Léon Hruzev, Fist. du costume ant., p. 138.
BERGER, Die Alvlische Kosmographie der Griechen, 1904, p. 6.
(5)
Voir Otto Grurrr,
Griechische
geschichte, Hdb. d. Kl. Alt.
Mythologie
und
(4) ‚ATHÄNER, Th, sore.
Religions-
DS
wees * salma
(5) Histone, "Thöog., 196-196:
W. -- München, 1906, vol. II, p. 924.
Page 44
View in PDF(opens in a new window)411
milieu du grand Tout et regardant le ciel (1); elle est étendue.
la tête se trouve à l'Est, la droite au Nord, la gauche au Sud
la tête au Sud, l'épaule droite du côté du Levant, l'épaule
et les pieds par conséquent à l'Ouest : Alyórua vap cisvza 22
gauche du côté du
l'Ourse : % vi
Couchant et
pérev od wave;
les pieds au Nord,
sous
Oria zei morip po.
niv ¿ma 33) nicpico apóswmsv sivar.
T'obpavi...
val mods
niv tH vitw 730 raved: vsuévny
existait de se revétir symboliquement du ciel comme d'un
ups 82
vétement divin, le vétement divin dont s'enveloppe le corps
nat cov eRovepsvo>, bad 32 7% Gents sode módas (2).
de la Terre, il est naturel qu'avec un scrupule religieux l'on
Plutarque signale une tradition analogue chez les Egyps’en revétit à l'instar même des apparences. Ainsi s'explique
Eyes chy reparo, made Bo amghudry civ situ wucv,
La]et
Gelbiv Cera, ta 2
S'il est vrai — et le fait parait constant — que l'usage
copaviy Bhériusa, ususousudvy, dì val isa pian E poros penikerar '
zußngner
2 di apt
moi; vétsy apistegz. (1).
tiens, mais la disposition des membres est différente (3)
:
la conformité, étrange
de
prime
abord, que
nous
avons
constatée entre la façon dont on s'enveloppait de l’himation
(1)
De tout temps, la Terre « à la large poitrine »
(IÉSIODE,
Théog., 117, Vat shgorrepuos: cf. NAGEISBACH, Nachhomerische Theologie, 1857, p. 117; DIETERICH, Nekva, 1593, p. 102) a été considérée comme la « Mère » et la a Nourriciere des vivants » (Il,
VII, 446; Od., Ill, 453; I. homér. à Guía : ‘io pavipa rivi, Ed.
Baumeister, XXX, 78; So.ox, fr. 36 (Bergk); fr. orph. Hymn., 26
(72), 37 (78). etc. « De très bonne heure, dit A. Rivaup (Le problème du Devenir et la natiau de la matière dans la bhil sophie
grecque, 1906, p. 25), un des cultes les plus anciens de la Lsrece
avait été, par le secours d'une étymologie sans doute fantaisiste,
rattaché à la terre elle-même. La Déméter, protectrice de l'orge et
du blé, est devenue Gaia-méter, la Terre, mère des hommes et des
moissons,
»
(Cf.
Eurir., Bacch., 256 sqq.
: Anpirng Gea 7% d'eoviv.
— Voir Frazer, The Golden Bough (1901), II, 170-171.) — Dans
la Théogonie d'HÉSIONE, Ouranos s'était, avant sa mutilation, uni
clopes; et ils s’unirent parce que le Ciel se superpose exactement
à la Terre : Vai di soe memrev niv iysivaro doo à ré | obpuvèv koteodes0'
ive uty mıpi race rta: (Théog., 126). — V. BERGER, Die.Mytische
Kosmographie der Griechen, 1904, p. 6.
(2) STOKER, Ecl. physic. et ethic., 1, 41, s. 45). — Au lieu de
«ui 20% Meineke donne xai 254 264, leçon d'un ms, récent (XV* s.),
puis dans ses Annot. crit. il propose de lire : tire Sea. — Mpts...
cévpss est une addition proposée par HERREN. — Au lieu de
vr tag &pxrau, certains mss. donnent : dri cobs (ou vir) Apxtous.
|
ou
de la toge et la modalité apparente suivant
laquelle
s'effectue la revolution du ciel. Il s'ensuit que l'emploi de
l'expression imééGtz. qui
semblait
anormal,
se trouvera
en
méme temps et par la même raison justifié pour définir le
mouvement de l’himation ou de la toge autour
du
corps
humain, sf de quelque manière il se justifie pour définir le
mouvement du ciel autour de la terre.
Nous avons vu (page 370) qu'en raison de la complexité
inhérente à la notion du mouvement relatif doni il s'agit ici,
il importe, pour éviter toute méprise, de distinguer Soigneusement les trois éléments essentiels de l'observation, à savoir :
l'objet de la perception qui n'est autre que le mouvement
céleste; le sujet qui perçoit le mouvement et qui est représenté par l'observateur terrestre: le repère immobile constitué
sur terre
par
le
plan
de
l'horizon,
auquel
l'observateur
rapporte le mouvement céleste. C’est à la contusion de ces
trois éléments et des points de vue différents qu'ils representent que l’on doit imputer l’inadmissible anomalie d'un
mouvement en apparence à gauche, en réalité à droite, et la
(3) Probablement parce que la latitude est différente. La. moyenne
méconnaissance, à cet. égard, de l’idée pythagoricienne toute
Egypte se trouve en effet sous le tropique du Cancer, au voisiobscurcie qu’elle se trouve être et. deformee. Sans doute, il
nage par eonséquent de l'Equateur. De ce fait, la culmination
solaire est toujours voisine du zénith et coïncide même avec le
zénith à l’époque des équinoxes. Dans la représentation figurée
de l'Equateur'céleste décrit par le soleil en ces régions, la projection de la tête et des pieds, c’est-à-dire du haut et du bas, à
la manière pythagoricienne, sur le plan de l'horizon, ne s’y fait
donc plus en direction du Nord et du Sud. comme en des régions
plus boréales, mais tend A se confondre avec la ligne Est-Oucst
et, par suite de cette disposition, la droite et la gauche se trouvent
projetées, l’une vers le Nord, l'autre vers le Sud, cxactement
comme l'indique le texte de Plutarque.
(1) PLUTARQUR,
de Iside, 32.
Page 45
View in PDF(opens in a new window)413
nest que de rapporter la révolution céleste, telle que nous
est perçu dans le ciel et repéré sur la terre, c'est l'observateur
‘'avons définie, à chacun de ces points de vue successivement,
qui le perçoit
et qui le repère, et c'est
pour que d'emblée, à l’un d’entre eux qui se revélera ainsi le
par conséquent le seul qui a qualité
pour en définir la direction devant ou
véritable point de vue des Pythagoriciens — ?usivéiy va: cun;
2 12023 ici — l’anomaile s'évanouisse d'elle-même et que la
pensée antique se dégage avec une lumineuse évidence.
Le mouvement céleste va de gauche à droite, ¿mi dcha;
voilà le fait, voilà le dogme. Mais est-ce de la gaucheà la
droité du repère, ou du mobile, ou de l'observateur
?
Ce n’est assurément pas du repère, car, ainsi que nous
l'avons
montré (voir
p.
401
et
402),
par
devant
le plan
personnitié de l'horizon terrestre, la direction du mouvement:
céleste est repérée au contraire de droite à gauche, l’évolution
se faisant de l'Est à l'Ouest, droite et gauche du plan, dans
derrière, en haut ou en bas, a droite
ou à gauche. En fait, étant tourne
face à la
région
méridionale qui
constitue le champ d’observation ct,
dans cette position, ayant l'Est à
sa
gauche, l'Ouest
à
sa
Fic. 36
droite
de vue de l'ob.
(v. page 305), l'observateur, dans Point
our dans Uhémtl'hémisphère boréal, voit devant lui
le mobile céleste évoluer de gauche à
. droite, ir! 3:24. Comme il se tient
sphère boréal.
le mouvement de l'himation ou de la toge ne peut pas être
immobile au centre même de la giration, c'est donc en défnitive par rapport au centre O du cercle (v. fig. 56) décrit
réputé de gauche à droite en considération du corps revêtu
par le mobile céleste que la
la phase observable qui sert à la caractériser. De même aussi,
direction
du
mouvement
se
qui constitu: le lieu de repere, puisque, par devant, le mantrouve En La giration du manteau qu'est le ciel autour
teau est reieté de l'aisselle droite sur l'épaule gauche.
du corph de la terre étendu dans l'espace, la tête au Sud,
en S, les pieds au Nord, en N, a son centre d'évolution
On n'a pas davantage. pour déterminer le sens du mouvement, eu égard au plan persennihe qui represente la révolution céleste autour de la terre, et dont la tête figure la culmination, les pieds, le passage inférieur au méridien. La disposition de la droite et dle la gauche clans le plan de la révolution céleste est en effet la méme que dans le plan de son
repérage terrestre, celui-ci n'étant en fait qu'une projection
- en O, où, ainsi que nous l’avons appris de Varron (v. p. 378),
se situe le nombril, ou plus exactement la 06v llutaréga,
c'est-à-dire la région de l'organe sexuel du corps figuré. Ce
serait donc aussi de ce même point central du corps humain
que, pour définir la direction réelle de gauche a droite, il
directe de celui-là; ct même, le plan du repérage terrestre
convient de considérer le mouvement
de l’himation ou de la toge dont an
est si exactement la réplique du plan de la révolution céleste
se revétait, comme la terre se revêt
qu’il
du ciel.
varie avec lui
et
comme
lui
suivant
les
latitudes :
luéhére© sooavp < > vallaxes marpl iim, observe le texte
‘de PRES Trismégiste cité plus haut, Emo sal Eueivsu
me Echate mat act wa ia ruypizafannr (ap. Stobée, Eclog.. I,
1, 8. 45).
Dans l’hémisphère austral, comme
la culmination -se fait au Nord du
zénith"(v. fig. 57), le plan de l’Equa-
“reste l'hypothèse que le sens du mouvement céleste a.
teur céleste QQ’ sera repéré sur l’horizon:-pâr une-figuration dont la tête
été défini du point de vue de l’observateur.
se.situera au Nord, les pieds au
_
En principe, rien de plus logique; car, ainsi que nous ‘en
avons déjà fait la remarque (v. p. 391), le mouvement qui
4
FIG. 57
à l'Est, la droite à Point de vue de l’obSud, la ‘gauche
l'Ouest. Par rapport à la terre re- servateur dans l'hémiSphère austral.
présentée dans cette ‘position, le mou-
Page 46
View in PDF(opens in a new window)AUGURALE
vement du ciel de l'Est à l'Ouest va en apparence de gauche
à droite, Ext 314. En réalité, défini du centre O par l'observateur faisant
face au Nord (v. page 393) et avant l'Est à
sa droite, l'Ouest à sa gauche, le mouvement doit être
considére comme évoluant de droite à gauche, !x' apirtepd (1),
Si,
dans l'hémisphère boréal,
perçu allant
le mouvement céleste est
de
gauche à droite, tandis que dans l’hémisphère Austral
‘il est perçu allant de droite à gauche, cette
divergence vient de ce que, par rapport au mouvement
915
(fig. 58), regarderaient, l'un du Nord vers la région meri.
dionale, l'autre du Sud vers la région septentrionale et verà l'Ouest dans le ciel
raient tourner devant eux de l'E
une immense roue dont ils n'apercevraient chacun qu'une
moitié et un côté différent, émergeant au-dessus de l'honzon. Ji n’y a diff@renciation de sens que dans les sujets
qui perçoivent, nullement dans l’objet perçu : pour l'un
comme pour l’autre hémisphère, c'est, autour d'un centre
identique, un même mobile qui évolue dans une seule et
de mire commun vers lequel converünique direction, point
gent et dans lequel se rejoignent les vues les plus diverses
pour nécessairement s’y harmoniser. Si Pon veut s'entendre
sur le sens du mouvement céleste par une définition adéauate qui, conciliant des vues opposées, soit intelligible à tous,
il n'est donc que de le définir objectivement, c'est-à-dire du
point de vue du mobile considéré dans sa trajectoire.
Dans ce tas, le mouvement céleste personnifié à la manière
pvthagoridienne, ne se présente plus face à l'observateur,
dans le plan immobile du grand cercle de l'Equateur, ınais
de profil, le long de la trajectoire, la tête en avant dans le
sens du mouvement,
=
FIG. 55. — Opposition des points de vue
dans l'hémisphère boréal et dans l'hémisphère austrál.
observé, les points de vue de l’un et de l’autre hémisphère
sont diamétralement opposés, comme — pour employer une
comparaison analogue à celle de Simplicius (voir. page 390
et note), inais plus. exacte que la sienne — seraient. opposés.
les points de vue de deux observateurs qui, aux antipodes,
l’un
par rapport à l'autre, et immobiles au centre de .là rotation
(1) Dans la comédie d’Aristophane, le barbare Triballe, peu au
courant des usages, avait sans doute jeté Je dernier. pan.de son
la main droite en direction de l’un
des hémisphères et la main gauche en direction de l’hémisphère opposé. Eu égard au mouvement ainsi figuré, les
deux hémisphères terrestres se trouvent donc être l'un à
droite, l'autre à gauche. “En outre, ils se trouvent l'un en
haut, l’autre en bas, xatk 2095 Tlubayspsious * exstver vas sé
Beko td Aye val 1d Éurpsoev suvitattav, té SE aprorepi) xò vato LA
‘vò ¿modes (1). Il ne s'agit ici que d’un haut et d’un bas tout
“relatifs qui, pour un astre, sont d'une part sa’ culmination,
“ et: d'autre part son passage inférieur au méridien. Comme
“au ‘passage ‘inférieur pour -un ‘hémisphère : correspond la
culmination pour l’autre hémisphère, l'opposition du haut
et du bas. pour les deux. hémisphéres se traduira exactement
par l’opposition des culminations respectives.
manteau, par devant, sur son €paule droite, pensant de bonne foi
$ être ainsi drapé dx éri dekıa : en réalité, il s'était drapé à
gauche, ir aperrepé,
de la même façon que la terre s'enveloppe
d
ciel, dans l'hémisphère austral.
È
—
Il, 285 b, 8, éd. Hei(1) Simeric., In Arist. de caelo Coniment.,
berg, p. 392.
Page 47
View in PDF(opens in a new window)Mais, se demande Simplicius, comment
peut-on dans un
hémisphere être à la fois en haut et à droite, et dans l'autre
en bas et à gauche, ir le haut et le bas, chacun en particulier, Aristote les2 parcillement séparés et de la droite et
de la gauche :Pon, naz yas ci iv tH ave Guargaeln © nat mess tlt
Seiists » stor. za Ev cò aT © 22 vole nik amersozi: D, EURE
VI.
TD
LIU) FAL 77
KATO
LILY
EDATIOTY
NBEO
AE
i
=
Qui a raison ? Qui a tort ? Examinons la realıte, d'abord
telle qu'elle se présente à l'équateur terrestre, où la position
respective des deux hémisphéres par rapport au mouvement
céleste apparait on ne peut jlus exactement repéréc en lau:tude, a gauche et a droite, et d'où elle sera le plus nettement
deduite en longitude, vers le bas et vers le haut.
Il suffit de jeter un coup d’eil sur la hg. 59 pour constater
que, dans sa trajectoire, en pasapiotipodi (Simplic. loc. ci.)
La réponse est aisée à donner. Aristote, qui ne conçoit le
riciens, eux, envisageant le mouvement dans la continuité de
la trajectoire décrite par le mobile,
voient entre les points
et l'hémisphère Sud sur sa gaumobile (PA»s. 200 b 32), considere ce dernier en des positions
mais
sans connexion
entre elles:
les
Pythago-
ZQ
sant de l’Est à l'Ouest par le
zénith et de l'Ouest à l’Est par
le nadir, le mobile céleste qui
décrit l'Equeteur a constamment
l'hémisphère Nord sur sa droite
mouvement que dans un mobile et comme une propriété du
successives,
417
NE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
SIGNIFICATION AUGURALE
SP’
PN
passage supérieur au méridien d'une part,
che. La ligne des pôles coïncide
entre ceux du coucher et du passage inférieur d'autre part,
sur l’horizon avec la méridienne
repérés les uns et les autres sur l’Equateur céleste, une corrélation qui permet, par un systeme de deux coordonnées, de
et leur hadteur est nulle: étant l’un et l’autre à égale distance
du zénith et du nad:r, aucun ne peut être dit en haut ou
déterminer en longitude et en latitude, non pas seulement la
en bas.
position du mobile, mais son mouvement et la direction de
Si nous passons dans l'un ou dans l’autre hemisphere,
tout l'équilibre du Cosmos semble s'être modifié. Dan”
l'hémisphère boréal, le plan de l'équateur céleste (v. fig. 56,
p. 413) s'est penché vers le Sud du zémth; dans l’hémisphere
du lever et du
ce mouvement.
Or, au sujet précisément de cette détermination. Aristote
prétend que la théorie pythagoricienne est en contradiction
formelle avec Ja réalité. « Ceux, dit-il, qui habitent par là
(entendez «
dans l'hémisphère Sud
»
: Aristote vient de
parler du pôle « qui ne paraît pas », è &gavi; r£Ac:) sont dans
l'hémisphère d'en haut et sur la
droite,
et nous sommes
dans celui d’en bas et sur la gauche, contrairement à ce
Fic. 59
Q'Z”
austral, il s'est en sens inverse penché vers le Nord du nadir.
L'air, expliquait Empédocle, ayant cédé sous la poussée
du soleil, les pôles se sont inchnés; le pôle Nord s'est élevé,
le pôle Sud s’est abaissé », ‘EureècrAÿ: Eheys... wth. * 723
S'aépez eikavtes tH +20 viso Spa exrrnchyvar «dc pacos nai sa
qu’affirment les Pythagoriciens; ces derniers en effet soupiv Rope idobrvas, tz dì vima tanetwnbiivar, vali val civ cv
“tiennent que nous sommes en
xsspsv (1). — On peut dès lors parler de hauteur des poles:
comme disent les astronomes, en langage scientifique, ia
hauteur du pôle Nord, considéré comme pôle principal, est
une quantité positive qui peut varier jusqu’à +90°, celle du
haut et dans la partie de
droite, tandis que les habitants de l’autre hémisphère sont
en bas et dans la partie de gauche : c'est tout le contraire
qui correspond à la réalité », of pév ¿net chactvtes dv tH avo
eisty tyrsoatplw zat res “>
el ot LA)
3
.
.
are
~
Lu
x
ov étste, ie d'Ev 10) nat val mpós
Toi: Apıszepel;, Evavitws À ws Se
© Tluday
io
tor
=
Aéyous, * Enelvor yap
pôle Sud est une quantité négative qui peut varier jusqu'à —00°.
m
Hpac veo Tudor war iv =p seks dots, Tod:
à Î'inei uate nat Ev to
apiezssem * cupéatver Sì tebvavtisy (De caelo, II, 2, 285 b).
(1) Ap. Sro8ér, Eclog.. I, 15, 6 d (ed. Wachsmuth, t. I, p. 147).
Page 48
View in PDF(opens in a new window)Dans ces conditions, l'hémisphère boréal qui est le nôtre se
trouve, par rapport à la trajectoire du soleil décrivant
Zenıth
l'hémise
trouve
point initial (1) : il revient donc a la droite ou à la gauche
dans les deux hémisphères, mais successivement dans l’un,
fo). Ce sont dune les Pr-
Fig. ño. — Projection de l'Est
de vue objectil ou is seg POmst, Hémisphère boréal en
placent et qui est le point haut et à droite. Hémisphère
puis dans l’autre, les deux phases, initiale et finale, du circuit
se situent l’une dans un hémisphère,
i
austral en bas er à gauche.
S.
g
d
“Phase finale
se trouvent avoir raison contre Aristote.
im! fa
Mais, objectera-t-on peut-être, si le Nord est à la droite
et le Sud à la gauche du mobile considéré dans sa trajectoire,
les Pythagoriciens ne
l'autre dans l'hémisphère opposé; dans ces conditions, bien qu'il procède alterque, interpretent la réalité
avec exactitude et
ahoutissement, car,
Toutefois, comme le mobile ne paraît pas simultanément
WAT AH EV Gi ZEVITEQGI CV, DIE.
scientifson
459
pour l'hémisphère austral.
et sur la gauche, 72d: Suet
de vue vraiment
comme a
LA GAUCHE
Tpòs tH tés. c'est-à-dire Ar} tiv dorrtspiiv val ini tx aprecia
être en même temps en bas
thagoriciens qui, du point
DE
évolue de la droite, sei: 3% 227%. à la droite, +22: zu Enz.
c'est-à-dire 272 20v 3eiuv val int 12 5:52 pour l'hémisphère
boréal; il évolue de la gauche, zei: 7% 2877. à la gauche,
droite, fax: Ava val iv eu
austral
l'Est
ET
Ainsi repéré de part et d’autre de sa trajectoire, le mobile
î la fois en haut et sur la
sphère
mobile retourne à
DROITE
dans la phase finale, la phase «22; 206 s#4: du circuit.
voisin de l’Equaäteur, être
que
LA
dans le mouvement circulaire, le point final comcide avec te
l'Equateur ou un parallele
picos. tandis
DE
WA Gas ofs)
CES
sont-ils pas
illogiques de poser en
principe qu'à l'Est se situe la droite, à l'Ouest la gauche et,
si la droite n'est pas à l'Est, mais au Nord, comment conce-
Phase ins lia
tx.
a
“e
are dif rd
voir que le mouvement céleste puisse évoluer de la droite à la
droite ?
L'objection ne tient pas et c'est mal entendre les données
du problème. Dès l'Est, où il commence à paraître et-d’ou,
pour cette raison, comme d’un point de départ, est repéré
9:67.
nativement de la droite et de la gauche, le mouvement dans
son mouvement, le mobile présente sa droite à l'observateur
son ensemble est défini, avec un sens unique, de la droite a
de l'hémisphère boréal, sa gauche à celui de l'hémisphère
austral, en sorte que la direction de l’Est coïncide et s’identifie, pour le premier, avec la droite ‚pour le second, avec la
la droite, ou de la gauche à la gauche, suivant l’hémisphère
gauche du mobile considéré à l'origine de son évolution.
L'Est sera donc, suivant les hémisphères, la droite ou la
gauche d'où procède le mouvement dans la phase initiale,
la phase agì: 7% apy% de son circuit. Mais, parti de l’Est, le
où se situe la phase initiale, le point de départ se désignant
lui-même comme le point de retour du mouvement,
(1) ARISTOTE, Phy's., 185 a, 2. — Cf. PLATOS, Timée, 58 a . « La
rotation périodique du Tout, qui a enveloppé en elle-même les
éléments, étant circulaire, veut toujours naturellement revenir sur
elle-même.
Page 49
View in PDF(opens in a new window)Le
schéma
ci-dessus
(fig. 61)
représente
avec
ses
deux
phases successives l'évolution du mouvement d'un hémisphère
à l'autre, conformément aux données pythagoriciennes qui,
faisant
de l'Est la droite, origine du mouvement (1).
nous
placent, nous observateurs de l'hémisphère Nord, O (N), en
haut et à droite, xm va iv 220 vise. dans la phase initiale
du circuit, et ceux de l'hémisphère Sud, O (S), en bas et à
On y voit qu’en effet le mobile, procédant d'abord par
devant, au dessus de l'horizon,
droite,
ar: 10 ils. vers
#72:20:v.
le Sud-qui
de l'Est qui est la
est
le haut,
va.
évolue ensuite par derrière, au-dessous de l'horizon, Zmchev.
de l'Ouest ou la gauche, ar: 20% zgrsrigó. vers le Nord ou
le bas, 7230.
.
-_
te
pour revenir finalement à l'Est ou la droite,
ace i ye At 1%.
0
=
On
constatera
qu’en
boréal correspond
fait
l'Est
a
dans
l'Ouest
dans
l'hémisphère
l'hémisphère
austral,
pour
repérer la gauche à .la fois au terme de la première phase et
au début de la seconde du circuit, mais que la définition de
l’ensemble du
mouvement
n'en est
pas modifiée
raison que, au cours de la seconde phase, le
pour
la
mobile est
invisible au-dessous de l'horizon et que son mouvement doit
normalement être défini en considération de la phase où il est
visible, par devant, ynzecHev. non de celle où il est invisible,
par derrière, Imifev.
C'est seulement dans le cas où l'Est repère la gauche du
mobile dès le début de la phase visible que la direction du
mouvement
sera
définie
de gauche
à
gauche,
et
alors
Ce cas se trouve étre exactement la
réalité dans l'hémisphère austral, mais
il
est
le
contraire
a dei un po rahe To natura, eu Esther y 2671 Thr ALYÑTENS
ESIMPLICIUS,
(2)
In
Aristo!.
ARISTOTE, de caelo,
De cacle,
Il,
2,
285
U, 2,
h.
285 b).
même de la réalité dans l'hémisphère boréal: avec les Pythagoriciens, Aristote reconnaissait le lait à sa façon --- lort
inexactement du reste, puisqu'il faisait état de la hauteur
des pôles au lieu du passage supérieur au meridicu — quand
il disait : a she Foto. i gaviges rênes = 30 DD in 47177257
tom od vw. Emp 2d gapev (De cacto, 11, 2, 285 bi.
A l'Est dans un hémisphère, c'est donc aussi l'Est dans
l’autre hemisphere, mais à l'évolution par le Sul, ces
l'évolution par le Nord qu'il convient d’öpposer pour confronter la divergence de sens, à droite ou à gauche, du
mouvement céleste, telle qu'elle se présente cu egard a
l'opposition des hémispheres. Comme le niontre le schéma
de la fig. 61, dans l'hémisphere austral, le mobile céleste,
evoluant de l'Est a l'Ouest par le Nord, vent constamment
l'observateur O(S; sur sa gauche et tend incessamment vers
la gauche: dans l'hémisphère boréal, le mobile, évoluant de
l'Est à l'Ouest par le Sud, tient l'observateur O(N) sur sa
droite et tend sans cesse vers la Aroite (1).
Chacun de ces aspects contraires de l'évolution du mobile
doit évidemment étre considéré comme normal dans l'hémisphère auquel il se rapporte, el comme anormal dans l'autre.
Le mouvement im 2222 de l'Est à l'Ouest par le Sud représente la norme naturelle qui s'impose à nous dans l’hemsphère boréal: mais le mouvement «a xptistee2? de l'Est a
l'Ouest par le Nord se trouve être pour nous contralre à
l'ordre établi; il n'a valeur de norme que dans l'hémisphère opposé au nôtre, et dans lequel il apparaît après avoir
disparu dans le nôtre. Repéré à notre point de vue, de
la
culmination se fait non plus vers le Sud, mais vers le Nord
par rapport au zénith.
421
n
mment la
(1) Cette évolution vers la droite, en présentant consta
on
duquel
autour
e),
personn
ou
autel
(lieu,
droite vers le centre
ou deisel,
évoluait, les Irlandais la désignaient par le nom deisil
cho
les Latins par le nom dextratio et les Grecs par le verbe drfesi
11)
(ARISTOPH., Plut., 7535 NEN, CIT. 7, di $, etc. Lys. 194,» (MM.
mains
les
avec
a
zest.
ental
instrum
datif
d'un
agné
accomp
homer. a Aphrodite, 16). szigerı « avec la bouche (LUCTEX, Alva,
41), Gmouts SARIST., de mundo, 1, în fine).
Page 50
View in PDF(opens in a new window)"hémisphére boréal,
avec
l'opposition
BE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
de ce double aspect
de son mouvement,
le mobile céleste évolue, d'une part, à
droite par devant dans la région méridionale, qui
est la
région lumineuse d'en haut, d’autre part, à gauche
par
derrière dans la région septentrionale, qui est la région
ténébreuse d'en bas.
Constatation interessante : ainsi se révèle l'accord de
la
conception
pythagoricienne et
de
la
tradition
homérique
concernant le principe de discrimination du bon et du mauvais augure, tel qu'il a été énoncé par Hector, quand ıl distinguait,
en
les
opposant,
les oiseaux qui volent «
vers la
droite, du côte de l'aurore et du soleil », et ceux qui volent
« vers la gauche, du côté des ténèbres brumeuses »,
htiedbe N»Ov
4
Tel
ssi
A
rimæmn »
ton Tres: yw STERN ce
-
- e
x
(11, XII, 238-240).
Ainsi s'explique probablement aussi la distinètion que l’art
augural antique établissait (1) entre les aves praepetes d'une
part, qui volant de l'Est à l'Ouest par le Sud évoluaient à
droite dans la région méridionale dite antérieure et par suite
étaient réputés de bon augure, et les aves inferae d'autre
part, qui. volant de l'Est à l'Ouest par le Nord, évoluaient
à gauche dans la région septentrionale dite intérieure et de
ce fait étaient réputés de mauvais augure. Ainsi également
(1) L'opposition des aves pracpetes et des aves inferae dans la
langue des augures est attestée par P. Nigidius Figulus,
qui fut
préteur à Rome en 58 av. J.-C., et dont le témoignage nous
est
rapporté par Aulu-Gelle : « Avibus autem praepetibus contrarias
aves
inferas
appellari
Nigidius
Figulus
in
libro
primo
augurii
privati ita dicit : discrepat dextra sinistrae, praepes inferae. N
{A
GELLE, VII, 6, 10). — Suivant la remarque de A. ERNOUT
(La éléments dialectaux du vocabul. latin, 1928, p. 185), inferus
sert à
epposer les chuses et los êtres infernanx aux di
superi; cf. Tann
. ras fr. VI (70). Ribb.* : Acherunsia
templa alta Orci 1 palida leto nubila tenebris
loca,
salvete, infera
<noctis>.
423
-- car la pensée antique assoctait intimement la lumière et
la vie, les ténèbres ct la mort — on s'explique que le tour a
droite, évoquant l'évolution du mobile céleste dans la région
supérieure de lu luunére, ait ete pratique au cours de ccremonies où se manilestait la joie de vivre, particulicrement
a la naissance ou dans les Lestins, et que le tour a gauche,
symbolisant !’&volution dans la région interieure des teu
bres, ait été réservé aux cérémonies funèbres, telle la course
de chars aux funérailles de Patrocle.
La confrontation des phases initiales, de V’Est a l'Ouest,
dans chaque hémisphère, permet de donner de la direction
du mouvement céleste, sous ses deux aspects opposes, une
définition adéquate, réduite, semble-t-il, à sa plus simpic
expression : le mouvement est à droite, avec culmination vers
le Sud, pour l’némisphère boréal; il est a gauche, avec culmnation vers le Nord, pour l’hémisphère austral,
Cette définition pourtant doit être simplifiée encore. A
considérer en effet les choses du point de vue objectit, il ne
peut être question de culmination, non pius évidemment que
de passage inférieur, puisque ce n'est la en fait qu une pure
apparence de projection du mobile dans un sens ou dans
l'autre toute relative à l'observateur, et nullement une réalité
attribuable au mobile en quelque point que ce soit de Sa
trajectoire, Dans le mouvement circulaire dont il s'agit, il
n'y a, il ne peut y avoir, a proprement parler, ni haut ni
bas; à quelque moment, en quelque point qu'on le considere
de sa trajectoire, le mobile se trouve toujours a égale distance du centre de rotation, mais tout moment, tout point
. indifféremment et au même titre doit être considéré comme
extrême, ¿sa per agertósa izov TÚ péreu vÉyevev Ecyara, Suites
aa yon impara mequnéva (Platon, Timée, 62 d). Dès lors
les notions de haut et de bas s'évanouissant, il ne reste plus
que la droite et la gauche commie principes de détermination
objective du mouvement considéré en sot, absolument : c'est
précisément ce qu'enseignaient les Pythagoriciens, au grand
étonnement d'Aristote, qui ne concevait, lui, le mouvement
Page 51
View in PDF(opens in a new window)que dans sa relativité
: 25 vat cov Ilubayoguó ay sts bauuz-
DE LA DROITE ET
DE
LA GAUCHE
425
quel serait le sens originel : li saute aux yeux que c'est de
eu fn fio ai ir ur Chessy <2 iv au eh.
sens de « rectitude », ainsi qu'en temoignent le fatin rectus,
(de cato, Y, >, 285 a).
dom le français drws est un derive, l'anglais 24: et Vaile-
Encore convient-il d'observer que, si le cercle de l'Equateur
mand vecké, qui sont identiques au latin.
Il y a plus. Dans cette idee ue
céleste, telle une unmense roue qui tourne autour de l'axe de:
rectitude : est impliquee,
poles, présente deux faces latérales, l'une à droite, l'autre
iu
à gauche, ce ne sont là que deux aspects opposés d’une seule
comme l’attestent, en latin, le verix: 7e #-0, entre autres mots,
la
base,
l'idée précisément
d'une
norme
qui
s'impose,
et iméme réalité, analogues par leur dualisme aux principes
avec ses deux sens du reste voisins : +
contraires, l’un bon, l’autre mauvais, qui se conjuguent dans
mander »; en sanscrit, les formes rdj. + commander », « goule concept antique d'une seule et même divinité. L'opposition
verner », ri-j-ras,« conducteur », a cote deryrus.« dro »,
des directions à droite et à gauche n'est pas le fait du moutju. correct, droit » et en celtique, l'irlandais sect, « loi »,
le breton 7ezz, « ordre » (1).
vernent, mais le nôtre et parce que nous sommes les uns a sa
diriger + et +
comdroite, les autres à sa gauche. La raue qui tourne n'a qu'un
Quant au rapport que dénonce le mot « droit » entre les
seul mouvement, et elle tourne toujours dans le même sens.
deux idées « aller droit » et « aller 2 drone », c'est dès l’ori-
Le mobile qui en decrit la circoniérence ne va ni à droite
gine même qu'il a dû s'établir, puisque c'est le sens étymoni à gauche; il va toujours droit devant lui, en sorte qu'il
logique du mot qui l’éclaire el le justifie. Etymoiogiquement,
revient infailliblement
au point même dont il était parti.
la droite étant la direction qui, sans dévier, conduit droit
Projetée sur le plan terrestre, de l'Est où il apparaît à l'Ouest
au but et qui s'impose impérieusement en raison même de sa
où il disparait, sa trajectoire est repérée par une hgne droite,
limite commune de démarcation de la région qui est à sa
rectitude, comme la seule vraie, la seule bonne voie (¿he 7224:
way), il faut, si Pon n'y est déjà, en conformité du bon sens
droite et de celle qui est à sa gauche. La voie idéxle que
(to &
trace ainsi la norme céleste, c'est donc la voie droite et c'est
ramener à la
à l'idée de « droiture », au sens de rectitude, que nous aboudrone (keep io the right); faute de ce redressement pour se
tissons en dernière analyse, quand, avec les Pythagoriciens,
ramener et tenir a la droite, on court se jeter directement
nous considérons le mouvement céleste du point de vue .
dans le fossé (who 35 unable io right his car runs straight
pureinent objectif.
Notre langage, par des expressions qui gardent encore
l'écho d'une tradition ancienne, semble de singulière façon
confirmer cette déduction. Nous employons le même mot
« droit » pour exprimer les deux idées « aller droit » et
« aller à droite »; right en anglais, rech/ en allemand ont
également le double sens « qui est droit » et « qui est à
in lic right),
redresser sa direction, c'est-à-dire la
droite (so
righáf) et
tenir constamment à la
into the ditch), De celui qui sait faire œuvre comme il faut,
conformément à la règle de son art (arigAt), on dit qu'il est
.« adroit », qu'il opère d'une façon « adroite » et l'on dit
aussi qu'il opére avec « dextérité ».
Mais celui qui, dans la pratique
de son art, procède « à
tort et à travers », sans se conformer à la rectitude de la
norme, nous disons de lui que c’est un « maladroit » et qu’il
procède avec « gaucherle ». — Awkwardness, « gaucherie »
droite ». Ces deux idées, aujourd’hui tout à fait distinctes,
voire absolument différentes, pour être restées ainsi associées
sous un inême signe, auralent donc entre elles un rapport
étroit, au point de comporter une origine commune? Mais
(1) BRÉAL et Ramniy, Dict. étymol. lat., p. 306, s. v. rego. —
ErxouT et MEILLET, Dict, dtvm. de la langue lat., s. v. rego et rex.
— V. Hexry, Lexique étym. des termes les plus usuels du breton
moderne (1900), Ss.
v. reiz.
Page 52
View in PDF(opens in a new window)DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
ou « ınaladresse »,.gardait encore en moyen-anglais le sens
mod. clezz (1), au gallois cledd, au v. irl. cle, Se trouve en
archaique de « tendance dans une direction anormale » (1). —
irlandais sous la forıne even, avec le sen: : qui est de tra
En Jatin, à rectus s'oppose pravus, « tors, de travers » au
vers »,
sens physique {jambes, bras, bouche, etc.) (2) et « perverti,
« pencher, incliner, obliquer +, le mot celtique a été rappruche
dépravé » au sens moral; depravo s'oppose à corrigo, dans
du
Varron
Clon,
gl.
vbliguus (2);
gotique Alezduma (3),
derivant
« à gauche »,
427
d'une racine cldu
slave 4/22,
généralement
considéré
« pencher » (4), du lituanien S/eivas, « aux jambes torses » (3),
comme formé du prélixe péjoratif per- (=7aza,
indiquant
du grec xAi-vw. « pencher », du latin ¢/zv0, notaminent dans
(L. L. 9, 11).
Pravus
est
« déviation », que l’on trouve dans perdo (cf. skr. pard-43),
ses composés 2#clinv, « ıncliner, infléchir, dévier », decimo
pereo,
gr. rapz-snevècs) et
« (se) détourner, (s')éloigner, (s')écarter ». et dans les tormes
notamment dans perperus, qui est ancien et qui est resté dans
clivus, « pente », clivis (ci. clzvia auspicia, expression de la
l'accusatif adverbial perperam, « de travers » (3).
langue augurale
perimo,
perfidus,
perjurus
(ci.
Pour désigner la « gauche » par opposition à la « droite »,
les mots sont divers et semblent impliquer à la base l'idée
acchvis,
= « quae aliquid fieri prohibebant (6)
acclivus,
dans
Festus
(s. v.
+);
clitellae), interprete
« Oblique erectus »,
de quelque chose qui est « oblique, de travers, tortueux »
Ainsi, a en jugér d’après le témoignage des mots mêmes,
par contraste avec ce qui est « droit ». Le grec *cral'éc, identel qu'il se dégage de leur étymologie et des locutions traditique au latin scaevus, est de même racine que le gallois
tionnelles où ils sont employés,
chutth, « gauche » et les formes irlandaises czofachk, « gaude la droitg et de la gauche réside dans la contormité ou
!’opposition
fondamentale
cher », ciotan, ciotog, « gauche », que Pedersen (4) rapproche
dans la noh-conformité d’une tendance avec la norme de
du moy. haut-allem. schzef, schiec, « oblique, de travers ». —
rectitude qui s’impose à elle : seule, la droite est normale,
Correspondant au grec *rxıFi: (cf. v. sl. lev), « gauche » et
mais elle l’est par essence et, comme telle, s'impose avec la
probablement dérivé d'une racine */e2-, « courber » (5), l’advaleur
jectif latin laerus comporte le sens archaïque de « courbé »
partout et toujours. Quant à la gauche, elle est anormale par
(vers la terre) dans Servius : « laevı <sezlic. boves> quorum
essence, puisqu'elle est la négation même de la norme de reccornua ad terram spectant (6). — Un autre mot pour désigner
titude et de ce fait, logiquement, elle est frappée d'interdit.
la gauche et apparenté au vieux breton cled (7), au breton
Or ce témoignage étymologique et traditionnel des mots,
d’un
impératif
catégorique,
dont la valeur probante ne saurait
(1) Moy. angl. awk-, probablem. isl. afug, « turned wrong
way » + suff. ward signifiant « direction » (CHAMBER'S Dictionary of the English language, s. v. awkward).
(2) Cf. CicéRon, de fin., V, 17 : « Videsne ut si qua in membris
d’une
façon
absolue,
être récusée, concorde
remarquablement avec le rôle attribué respectivement à la
droite et à la gauche dans la conception pythagoricienne du
mouvement céleste. Nous avons vu en effet que, considéré
prava, aut debilitata, aut imminuta sint, occultent homines ? » —
Ci. Horace, Sat., I, 3, 48 : « Pravis fultum male talis. »
(3) V. ERNOUT-MEILLET, Dict. étvm. l. lat., s. v. per et pravus.
(1) Victor HEXRY, Lex. étym... du breton mod., Rennes, 10900.
— Br£aL et Barty, Dict. étym. lat., s. v. per.
:
(4) H. PEDERSEN, Vergleichende Grammatik der Keltischen Spra-
(2) E. WixbiscH, Irische texte mit Worterbuch, Leipzig (1880),
p. 42.
|
chen, Göttingen (1908-1913), vol. I, p. 77.
(5) ERNOUT-MEILLET, op. cit. s. v. lacvus; Bolsaco, Dict. étym.
l. grecg., S..V. deus.
(6) SERVIUS, in Georg., 11, 55.
.
(7) J. Lotu, Vocabul. vieux-breton, Paris (1884), p. 74.
(3) Victor HENRY, op. cit.
(4) CURTIUS, Grundzüge der Griech. Etvm., st éd., p. 150,
(5) ERNOUT-MEILLET, op, cit., s. v. cli.
(6) P. FESTUS, 56, 19.
Page 53
View in PDF(opens in a new window)DE LA
DROITE ET
DE
LA GAUCHE
429
du point de vue objectil, absolument, le mobile céleste, sans
unique, ni uniforme, ni régulier (1) ». Pourtant, avec sa réelle
jammus devier d'un cöte nm d'autre, va droit devant sol, avec
ermplextto et
une rectitude quí le ramene ınlailliblement an point même
rentes des
dont il était parti; mais que, consideré relativement à nous,
des planetes,
li nous Ment constamment à sa droite el constamment évotue
semble une véritable unité
a notre drone, de PEst à l'Ouest par le Sud dans sa phase
visible, de l'Ouest à l'Est par le Nord dans sa phase invisible.
Si
vraiment
il constitue notre norme,
est celle de la droite et, pour aller avec lui, il n'est que d'aller
à droite comme lui. Aller à gaucie, ce serait, comme si le
mobile céleste évoluait de l'Est à l'Ouest par le Nord et de
l'Ouest a l'Est par le Sud, nous engager dans un sens
contraire à celui dans lequel nous voyons la norme évoluer
réellement et
par
conséquent
aller
à l'encontre
de
la
loi
établie.
Toutefois la gauche n'est pas seulement et simplement la
direction opposée a la droite, c'est plus précisément, ainsi
que l’atteste l'étvmologie,
la direction
qui
va
de
travers
opposée à celle qui va droit, l'obliquité opposée à la rectitude.
Cela étant, puisque l'analyse de la pensée antique nous induit
à chercher dans le mouvement apparent de l'Univers un
il
les irréguiarites apps
se compose,
comme celui des fixes,
M Rpts ca WIAA in
le
mouvement
présente dans son en-
; e: xs Y uaz nes the anos:
ER RSR. Sut Ft Barum
iv Rotgov Reis tag vavevpivas alzi 21.27 messes (2),
pour suivre la
voie droite qui est la sienne, la direction qu'il nous impose
malgré les variations,
divers arbes dont
Cette unité, c'est le soleil qui la lui contére par son mouvement propre. en entrainant à sa suite, Je long de
tout
Je
systeme
excellence et
planétaire,
dont
il
pour amsı dire le cœur,
est
le
l'Eclipugue,
réguiateur
suivant
par
la très juste
image des Pythagoriciens : yéssy sim dovacasve, st [lobes
PEL
Toy til ADS
THY Tansy
NITRATO vai
thts
vapliav sob navies (3),
Eminemment
représentatif
du mouvement diurne en sa
simplicité,. 11 se trouve donc que le soleil l'est en nıeme temps
aussi du’ mouvement annuel en sa complexité ; tous deux. si
dissembläbles qu'ils soient, il les associe intimement en lui,
de sorte que par lui les crrants, avec leurs variations, leurs
irrégularités apparentes. sont ramenés et soumis à la règle
invariable des fixes et ainsi intégrés dans l’ordre universel (4).
archétype de gaucherie-distinct de l'archétvpe de droiterie.
si la rectitude de la droite a son madèle idéal dans Je mou-
11) THÉON DE SMYRNE, II], 22, éd. Dupuis, p. 242.
vement des fixes suivant le plan de l'Equateur céleste, P’oblıquité de la gauche ne peut avoir pour exemplaire que le
mouvement des errants suivant le plan de l’Ecliptique, incline
(2) SIMPLIC., In Arist. de caelo,
I.
11,
12
(292 b 30), éd. Heiberg.
éd.
Dupuis.
401.
(3)
Tuños
pe
SMYRSE,
IT,
15,
p.
226.
— Théon
sur celui de l’Equateur. C'est ce qu’un bref examen de la
rapporte encore Ja mème tradition plus loin, 111, 33. p. 302. —
Cf. MACRORE, Saturn,, 1, 19, à propos du cours des planètes
conception ancienne du mouvement planétaire va nous
montrer, en nous permettant de faire une mise au point
svmbolisé, dit-il, par les sept cordes de la lyre d'Apollon : « Ut
Ivra Apollinis chordarum septem tota calestium sphacrarım
nécessaire.
tituit. »
*
*
*
Par un contraste dont les Anciens semblent avoir été
vivement frappés, « le mouvement des étoiles est simple et
unique, régulier et uniforme; mais le mouvement des planètes, bien qu'il soit circulaire, n'apparait ni simple, ni
motus pracstat intelligi, quibus solem
moderatorem natura cons-
(4) Les trajectoires compliquées et irrégulières décrites par les
planètes sur la voûte céleste donnent l'impression que ces astres
se meuvent au hasard (cf. F'LATON, Lois, Sar c, 17-21). Mais ce
n'est là qu'une apparence. En réalité « ce que l’on pense communément du soleil, de la lune et des autres planètes n'est pas une
doctrine saine »; en effet « jamais ces astres n’errent, leur cours
est tout’ l’opposé d'une marche errante » (PLATON, Lois, S22 a, 4348). A Pythagore est attribué le mérite de l'avoir découvert (voir
Page 54
View in PDF(opens in a new window)En sens inverse du mouvement diurne qui va de l’Orient
l'Occident, le mouvement solaire annuel évolue de }'Occident
à
s'agit-il pour nous que de
directement,
comme le
gegéueve:
mouvement
(1),
diurne,
—
mais
non
la
conception
intelligible à
tous, le
sens
générai
des deux
mouvement,
inverses et conjugués du ciel des fixes rapporté au plan de
pas
l'Equateur et du système planétaire évoluant dans le plan
de biais,
alternativement vers le Nord et vers le Sud, de sorte qu’il
s'effectue, dans le même temps, à la fois en longitude et en
de lEclyptique.
latitude, à. travers l’obliquité du zodiaque,
bas, ce sens est comparativement indiqué par le schéma ci-
Abstraction faite de toute determination de haut et de
¿vz secénever (le
soleil, Ja lune et autres planètes) > rav chy zack Van:
contre (fig. 62) pour un lieu
adt@v
quelconque
Asycudvyy
goody...
R-VATAALY TOÉTOVTAL,
#
x
o,O7
+
vat
and
cav
popcioy
ext ta
véina
de latitude bopar un obserDéfinie
réale.
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DE ane Tod Mepivod
THY
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made:
mote
may
mocópevo
yor
x
+
perábaci ‘ Ar
>
#
vateur situé en O, au centre
DI
vosrmmed apts civ yarnesiviv val AVATANIV PEPÓMLEVOS
12 THY 750 jodo Mii
fictif
vedasi be Gy del de wpstvrat (2).
commun
du
double
En conséquence des deux mouvements en sens inverse dont
mouvement circulaire, la traelles sont animées (3) — car tout en effectuant leur mouvement
jectoire du’ soleil décrivant
propre, elles participent au mouvement d'ensemble de l'univers — les planètes, « passant d'un parallèle à l’autre, décripuissg être. l'orientation de
l'Equateur QQ’, quelle que
Tobsérvateur, est ‘repérée de
vent des spirales semblables aux vrilles de la vigne
; c'est
comme si l’on enroulait une courroie autour d’un cylindre,
gauche à droite, ¿mi S:Ëta.
soleil décrivant l’Ecliptiques 5 est repéree de droiteà gauche,
Nous ne pouvons songer à nous engager dans un dédale
aussi compliqué, au risque de nous égarer. Aussi bien ne
dat
plus haut p. 364, note 4). « La découverte de Pythagore établis.
sait que le mouvement des planètes errantes n'est pas.plus.irrégulier* que celui des étoiles fixes.» (L;. ROUGIER, «LI‘origine :‘astro: a
nomique de la croyance pyihagoricienne a l'immortalità desâmes,
p’
în ” aprorepd.
| Même constatation, si on définit le sens des mouvements,
du point de vue de l’observateur, mais du point de
non plus
‘vue du mobile qui décrit l’une et l’autre trajectoire : durant
toute son évolution, le soleil décrivant l’Equateur tourne
incessamment- vers sa droite, ix) dé et tient constamment
leurs dépéches (4) ».
DS
Pie. da
tandis que la trajectoire du
d'un bout
a l’autre: telles étaient les lanières enroulées sur
les scytales de Laconie et sur lesquelles les éphores écrivaient
4
Bs ‘20.),
i
ay PORPHYRE, Nepi dopati, ap. | Sronie;“Edg
e I 25,
“xVE‘centre. d’observation O sur:sa droite, neds tot: deftoic, tandis
- que, décrivant PEcliptique, il tourne incessamment vers sa
in’ agistepa, et tient constamment le centre d’obser
i
em
tots apısmepalz.
Wachsmuth, ‘I, 209). -— Tüv pabnyariry Teves pb e:Maras”gaotı;..
‘vation sur sa gauche, rpès
E clog., I, 24, 2 b (éd. Wachsmuth, I, 205). — "Alpin rai oi pon
parexot TOUS rdavitus This aravéciy dvavriovs È and yap ducnay in.
à . varo)akg
sphère boréal, qui est situé à la droite du plan de l'Equateur, se trouve être à la gauche du plan de l’Ecliptique.
e
Tous Havre toîs Amlavioımò Suousy br” duaroldediripépebne (S Tobie, ~~
x
découvrir, dans
431
pythagoricienne, sous une forme imagée destinée a le rendre
l'Orient, è arcs mov ivaveley ci) woke metsirn Bpépov....
aurez ani usw rt saz dvaschà:
LA GAUCHE
&vrepeperdae (EUSEBE, Praep. evang., XV, 47
2 (847, a).
(2) THÉON DE SMVRKE, II, 12 (éd. Dupuis, pi 220).
(3) "Edexa di ypdper rd mlavénusva xora ouußsönxös bra: Th So umveioda:
revises évovrias ¿Midas (THÉON DE SMYRNE,
1.
cit.).
(4) THÉON DE SMYRNE, III, 43 (éd. Dupuis, p. 328).
D'où il suit que, eu égard au sens du mouvement, l’hémi-
Quant à l'hémisphère austral, sa position respective est natu
rellement toute contraire : à la gauche du plan de l'Equateur, à la droite du plan de l’Ecliptique.
Page 55
View in PDF(opens in a new window)433
des pôles de l'Equateur est nulle. En un tel lieu, le soles),
décrivant l'Equateur, passe exactement au zenith les 10ur-
Cela étant, d'ores et déjà nous pouvons déduire avec certitude lequel des deux hémispheres définis, soit par l'Equateur, soit par l'Ecliptique, doit être réputé « en haut », et
des équinoxes et, sur Phorizon, ces qours-la, VESI repere le
lequel « en bas », dans la conception pythagoricienne. Pour
point de son lever, l'Ouest celui de son coucher. Un simple
coup d’ceil sur la figure 63 permet de constater qu'en fan
les Pythagoriciens, en effet, en tant que principe de détermination, le haut ne se sépare pas de la droite, cinze 4273 cd:
Tubayepsisus è iv ÊsEtév ton (Simplic. ln Arist. de caelo,
II, 2,:285 b, 28), non plus que le bas ne se sépare de la
gauche, en sorte que ce qui est déterminé « à droite » l’est
aussi.de ce fait « en haut », et ce qui est déterminé « à
gauche » l’est en même temps « en bas », iv +6 Avo val xpd¢
este Berit...
iv tH) vato val api: 721; apiocipet: (Arist. de
caelo, tI >2, 285 b). En conséquence, ante traduire fidèlement
la pensée pythagoricienne, nous devons, des deux hémisphères
définis par le plan de l'Equateur, repérer celui du Nord « en
haut » et « à droite », celui du Sud « en bas » et « à gauche »
i
— déterminations dont nous avons déjà vérifié l’exactitude
A
FIG. 03
G“
7
Q’Z’
(v. p. 417) — mais, des deux hémisphères définis par le plan
les deux mouvements considérés, l'un dans le plan de
de l’Ecliptique. repérer au contraire celui du Nord « en.bas
»
Nord) év rete %vo mal
l’Equateur, l’autre dans celui de l'Ecliptique, s'effectuent
en sens inverse, ìvavzia; elvaı 2253 gesà: (Arist. 2. c.), et que.
repérés tous deux à l'horizon de leur point d’origine apparente
à leur point ‘d’aboutissement, ils, procèdent respectivement.
dans le plan de J'Equateur. de l'Orient à l'Occident
an’ avazshüv ixt Buenas. dans le plan de l’Ecliptique, de
10% SeStotc isudv, ineivor dE (hémisph. Sud)iv +25: xara xl reis
l'Occident à l'Orient, ar: Zospiev ir avassnas. Comme à partir
aprotepote (de caelo, II, 2, 285 b). Et Simplicius précise l’afdu point vernal +. le soleil
‘et « à gauche », celui du Sud « en haut » et-« à droite ».
.
Aristote taxe les Pythagoriciens d’erreur dans. la, détermi- :
nation du mouvement du système planétaire Come dans
celle du mouvement du ciel des fixes et les contredit: formellement en déclarant : ‘Ada tH“ yiv Beutéoac-méprgopäs. stoy o
ans cv mhavhsov, fusi: wey (hémisph.
firmation du « Maitre » : ti; TA2vopéws Suwiseos>...Sve
pivà Popstog niicc, 1470 25O vétise (07. cit., ad loc.).
Nous allons voir qu’Aristote n'a pas mieux compris la
_qu'à
partir
de
d'automne y? il passe dans
que sur celui des « inerrants » et que la réalité leur donne
l'hémisphère austral, la partie ©
encore raison contre lui.
supérieure y:
du plan de
l’Ecliptique correspondant à
détermination comparée de l’Ecliptique et de -PEquateur
la période qui va de-l’équidans le ciel et sur le plan de l'horizon terrestre, supposons
noxe de printemps à l'équid’abord: que l’observation est faite en un lieu où ‘la hauteur
|
l’equinoxe
doctrine des Pythagoriciens sur le mouvement des « errants.»
Pour plus de clarté dans l'oste, puisqu’il s'ágit d’une
Nord
décrivant l’Ecliptique passe.
dans l’hémisphère boréal et
.en passant FIG. 64
roxe d'automne
Page 56
View in PDF(opens in a new window)435
par le solstice d’été, se projettera sur le plan de l’horizon, au
Nord de Ja ligne E-W, et la partie intérieure +’ e’ y du plan,
correspondant à la période qui va de l'équinoxe d’automne
a l’équinoxe de printemps en passant par le solstice d’hiver,
se projettera au Sud de la méme ligne (v. fig. 64). Or, par
le fait même de l'inclinaison du plan de l’Ecliptique sur
celui de ]’Equateur, dans'le sens que nous venons d’indiquer,
le pôle Nord.P, de l’Ecliptique (fig. 63) se situe nécessairement
au-dessous de l’horizon, donc en bas, raw è fiopetos móhos et
le pôle Sud P,’, au dessus de l'horizon, denc en haut,
&vw 6 vómos. contrairement à l’assertion d’Aristote et de son
commentateur; car la
ligne des pôles est normale au plan
du mouvement et leur hauteur,
negative pour le pôle Nord,
positive pour le pôle Sud,
est,
pour la latitude dont il
Fi. 65,
s'agit, de 23°27’ environ, c'est-à-dire d’une valeur.égale à
celle de Vobliquité du
plan
de l’Ecliptique sur celui
l’Equateur.
z’Q
©”
que dans une région de l’hémisphère boréal précise, scientifide
quement déferminable, celle évidemment où s'est constituée
7
Naturellement la hauteur des péles varie avec la latitude. ..
Mais quelle que soit la latitude, le rapport demeure identique ..:
re, le pôle Norde >
de l’un a l’autre plan : dans notre hémisphé
la doctrine ‘en discussion: cette région ne peut être située
|
que par une latitude comprise entre 0” et 23°27’, et sans
“
aucun doute sensiblement ‘inférieure à 23°27’, latitude où les
0
jours plus.haut, c'est-à-dire plus près du zénith que les pôles
pôles de l’Ecliptique se trouveraient encore à l'horizon, sans
hauteur notable. S'il en est ainsi,,le berceau du pythago| risme que l’on s’accorde à placer en Egypte, se Situerait vers
correspondants de l’Equateur.
le Sud bien au-delà de Thèbes, au-delà même d’Ombos
de l’Ecliptique se trouvera toujours plus bas, c’est-à-dire plus *
près du nadir, le pôle Sud de l’Ecliptique se trouvera tou|
Il est vrai que la hauteur des pôles se mesure normalement,
'
de Syène et d'Eléphantine, en Nubie.
- {aujourd’hui Ballas);
non par leur distance zénithale, mais par l’angle, de valeur
positive ou négative, qu'ils font avec le plan de l'horizon. .
Nous sommes dès lors forcément amenés à constater; d'après
Or une vieille tradition égyptienne, attestée par les historiens
anciens et confirmée par. des découvertes archéologiques
récentes, fait venir les Egyptiens, À une époque très reculée,
du fond précisément de la Nubie (1).
les données mêmes de la controverse instituée pat Aristote, : :
que, suivant que l’on envisage le mouvement du ciel des” :*
(1) « Au témoignage presqu'unanime des historiens anciens, dit
Masréro-(Hist. anc. des peuples de l'Orient, 1879, p. 13), ils <les
fixes ou le mouvement du système planétaire, un pôle de nom
contraire se trouve: alternativement en haut, doric“au-dessus ... :
de l'horizon : sö’d'supavod... cis mepipopag.:. 5 &pavfis. Téhes >,
ott th dive... “AAA tHe piv Beurépac meppopie, -clov “tig Tüv- +
2.
.Egyptienss...appartenaient à une race africaine qui, d'abord éta-
5,
propos, un long texte de DIODORE DR SICILE (III, 8), qui débute et
ME er
= a
TAavitoy, Aasls piv iv cò avo, uta. (De caelo, loc. cit.); et,
contre l’opinion d’Aristote.
le Nil ‘moyen, serait graduellement descendue
blie én.Ethiopie sur
vers Ja mer; en suivant le conrs dn flenve. » Maspéro cite, a ce
que l'Egypte est une
se résume ainsi : « Les Ethiopiens affirment
nous avons montré que c'est,
de leurs -colonies...: » Mentionriant une autre tradition qui rattache
les Egyptiens aux gaces d’Asie venues par l'isthme de Suez ou
d'une part le pôle Nord de PEquateur (v. p. 417), et d'autre .
part, le pôle Sud de l’Ecliptique (v. ci-dessus).
+
“a
i
$
n
we
Page 57
View in PDF(opens in a new window)La déduction, si elle s'avérait fondée, ne manquerait certes
pas d'intérét. Mais elle n'est recevable que sous toute reserve,
car la donnée dom elle déroule, à savoir la hauteur simultanée
des deux nóles opposes de l'Equateur et de 1'Ecliptique auwlessus de Phonzen, n'apparait pas, à travers la sèche argu-
43;
mentation d’Aristote ni méme le commentaire pourtant plus
explicite de Simplicius, comme exprimant à n'en pas dou:
la pensée pytliagoricienne authentiane. Une chose ajpara
certaine, c'est qu'à propos du mouvement planétaire comme
a propos du mouvement des fixes, Aristote prenrl exactement le contrepied de l'opinion des Pythagoriciens. Toutepar une route plus au Sud à travers la mer Rouge ct le désert
fois, comme il ratsonne d'un point de vue différent du leur,
ambigue, Misréro ajoute
a Cette tradition qui fait venir les
Egvptiens d'Asie par Visthme de Suez était connue des auteurs
classiques, car PHne l'Ancien attribue à des Arabes la fondation
sa logique, en portant u
l'opinion
serait « en haut », et l’hémisphère austral ne serait + en bas »
d'Héliopolis; mais elle na jamais eu parmi eux la popularité de
qui
Nue»
In
faisait
descendre
les
Egvptiens
du
fond
de
la
.
discmio
rapportée
par ©
Jéouier
La
civilisation
égvpone, po api declare que c'est Knonm d’Elephastine qui formal,
premier homme. aprés Jéguiex, un texte tres ancien donne le
nem de la tribn Wed sortait la race rovale. Cette tribu est incontestablement Nubienne.
Un texte .l'Hérodote confirme les prétentions égyptiennes à la
Haute-Eyvpte, au delà d'Eléphantine, vers le Sud : « L'oraci:
d’Amon tans le désert ]vbique) déclare que tout le pays recouvert
change.
faux,
risque de nous donner le
:
l’hénusphère boreal ne
Si nous en croyions Simphcius,
qu'en considération du mouvement planétaire seulenient, moza
van
si al Ku: Da aby du ions ata ne sai a
8
Tei:
td
IV)
3
4
REN.
4
AZ)
Os
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:
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DAL
1
III
rs,
sl
Et,
4
ci mpis TS RAMMOpZVSY agesvzis hivotev. dol: core (Simplicius, 11, 2, 285 b). Qu'est-ce à dire ? 1] serait assez étrange
que les deux hémisphères définis par l'Equateur el par conséquent les Heux pôles du mouvement diurne ne reçussent leur
par la crue du Nil est l'Euvpte et que tons ceux qui, au-dessus
d’El&phantine, boivent les eaux du Nil, doivent être des Egypdétermination en hauteur que du mouvement planétaire, de
tiens. » (HEROD., IT, 17.)
toute évidence,
Les fonilles de J. de Morgan, de E. Quibell, de G. Jéquier, dn
P. Bovier-Lapierre, etc., ont permis de grands progrès dans la
connaissance de la protohistoire égvntienne. Elles sont résumés
dans les deux volumes d'Alexandre MorEr, Histoire aucienne,
parus en 1936 (Hist, universelle de Grorz). 1.’ Egypte serait composée de trois couches successives qui ont tini par Se ınelanmeı
La première civilisation énéolithique est l'œuvre d'une race nettement africaine; l'organisation sociale la plus ancienne découverte jusqu'à ce jour est localisée à Ombos, pres de la nécropole
de Négadah (Moret, op. cit. p. 49). où elle présente déjà un
caractère spécifiquement «
égyptien
»
(ibid.
p.
s3).
Cette nreles pôles,
avec leurs hémispheres afférents,
doivent normalement être considérés en fonction du mouvement même dont ils constituent l’axe.
Simplicius veut-il dire simplement que le soleil,
pour la
partie supérieure de son cours annuel, c'est-a-die lorsqu'il
parcourt
les
signes
de
l’été,
se
trouve
dans l'hémisphère
boréal, et que, pour la partie inférieure, c'est-à-dire lorsqu'il
parcourt les signes de l’hiver, 11 se trouve dans l'hémisphère
austral (1) ? Sans doute. Mais il ne s’agit là que d'un repérage wave zör:v de la montée et de la descente solaire sur le
miére civilisation « africaine, nubienne, éthiopienne », concrétisée
autour du culte de Seth, c’est la Haute-Egypte; partie de Nubie,
elle se serait répandue jusque dans VAIriguc du Nord et en Ibérie
(ibid., p. 53). La seconde civilisation énéolithique serait d'origine
plan de Vhorizon, alternativement en direction du Nord et
asiatique,
moyenne des équinoxes {v. p. 433, fig. 64). Ainsi la détermiélamite,
apportée par des
Cinigrants
qui
auraient tradu Sud, de part et d'autre de la ligne Est-Ouest au ligne
versé la mer Rouge et le désert arabique; établie dans la Passe-
Egypte, elle se concrétise autour du culte .d’Osiris. Une troisième
civilisation enfin, d’origine arménienne ou libanaise, aurait fondé
(1)
Cf. Macrose
(Saturn.,
I,
19,
21)
rapportant
une
tradition
d’origine égyptienne
tie, les races semblent être fondues, mais le souvenir de l'origine
inferiore
: « Inferi autem nomen soli datur eum in
hemisphacrio, id est hiemálibus signis, eursum suum
«
peragit:
superi,
Héliopolis, en y établissant le culte de Rá. Vers la seconde dynasafricaine,
nubienne,
éthiopienne
a persisté dans toute l’antiquité.
»
du fond du
peuple égvptien
cum
partem
zodiaci
ambit
acstivam...,
quia
duodecim signis zodiaci, sex superiora, sex inleriora censentur,
Page 58
View in PDF(opens in a new window)nation n'est pas faite objectivement, comme l’entendent les
ne peut nullement l'être pour définir le mouvement planétaire,
Pythagoriciens,
qui est essentiellement à gauche, Celui-ci doit logiquement
438
b>
sur le plan du mouvement même, dans le
ciel où ce mouvement évolue à travers les signes du zodiaque,
être défini de la gauche, «ri rüv apure pô. dans sa phase
en direction alternativement, non «lu Nord et du Sud, mais
. initiale, wet: tH 2677. à la gauche,im: 72 denispz. dans su
phase terminale, xgès t@ téAe, et d’une façon explicite : de
du zénith qui est le haut et du nadir qui est le bas.
Il y a pis. Du moment que, dans le repérage du mouvement
planétaire, on situe sur l'horizon le haut vers le Nord et le
gauche à droite dans la première phase, de droite à gauche
dans la dernière.
Au reste, la détermination du mouvement solaire annuel
bas versile Sud, la droite se trouve nécessairement située à
l'Occident et la gauche
à l'Orient, xp:
ti Bus tic axhavots
ein av <b dev tic rAavouévrs (1). Or, se basant sur ce fait
que le mouvement planétaire évolue d’Occident en Orient,
ne se fait pas et ne peut pas se faire exactement de la méine
manière que celle du mouvement diurne; car « par-devant »
au-dessous
‘sou « par-derriére », c'est-à-dire au-dessus ou
au rebours du mouvement des fixes (2), et partant de ce
de l'horizon,
avec la culmination
et le
passage intérieur
principe que le mouvement procéde de la droite (3), Aristote
repérés sur le méridien, le haut et le bas du plan de translaen localise la phase initiale de droite vers le haut (4) dans
tion varient incessamment d'un jour à l’autre, et par consél'hémisphère boréal, et la phase terminale de gauche vers
. quent aussi la gauche et la droite considérées comme origine
le bas (5) dans l'hémisphère austral.
.
de la phase de montée et de la phase de descente.
C'est là une nouvelle et grave méprise. Dans tout mouve-
Sur le plad de l’Ecliptique, quatre points se présentent
ment circulaire — et le mouvement planétaire peut dans son
qui sont utilisables en vue de la détermination : les deux
$::- points équinoxiaux et les deux points solsticiaux, l'origine
ensemble être considéré comme tel (6) — le mobile parti-d’un
point retourne à ce même point, en sorte que le terme de la” :*-
pouvant: être indifféremment un point équinoxial ou un point
translation y coincide avec le commencement (7). S'il part .
solsticial. Si l’on adopte comme origine un point équinoxial,
de la droite, axt tav èetuiv, il retourne à la droite, ¿mi cà
Belrd: il en est ainsi du mouvement diurne. Mais le: principe
« Belibv ¿om 72 Cbev È apyh 7% xivhozwz » (8), valable pour
le mouvement sera défini de gauche vers le bas dans une
définir le mouvement diurne, qui est essentiellement
à droite,
évoluant de l’equinoxe de printemps au solstice .d’été; pro-
1
|
439
cédant de gauche à gauche, le circuit annuel ainsi défini de
l’équinoxe d'automne à l’&quinoxe
(2) ‘Avira y2p Toto: Y Ape Tie sviene sore dex Ti ¿vavriac. sivat TA;
popa; ( ARISTOTE, De caelo, 11I, 2, 285 b).-
(3) Tüv 2pKir... Ts ALIÑOEm5. FOUTÉCTL. TO dae (Siuruscrus;..1. Cat).
8
re
(4) Th pv Fit zui Th dekeby Apyai... Tic xar% tomo» xeviosas Ci
de
(5) TU dé 227% not ty Seurresoy Term TOI Wera (SIMPLICIUS, "4 cit.).
(6) Eu réalité, le soleil décrit autour de la terre, dans le plan de
* l’écliptique, une ellipse dont la terre occupe un des foyers;.'
(7) ARISTOTE, Phys., 264 b, 9. — V. ZELLER, Die ‘Philosophie ”
der Griechen... Zweiter Teil (1879), 15, 490,1; 491, i (traduction Fe,
franç.,
1920,
Pp.
I, 465, 3 et 4). —
343.
(8) Sımpricius, 3. cit.
l'hiver, et de droite vers le haut dans une phase terminale
ness
(1) STMPLICIOS, L ch.
I. cit.)
phase initiale évoluant de l’équinoxe d’automne au Solstice
HAMELIN. Le système d'Aristote, Pare,
d’automne
serait, pour
7 da_ repartition de la durée, exactement a
à “l'image du circuit
x eg Pfriode kithreisedela durée, à.ani-déelin solaire, sckeidanit
la:“période”‘lumineuse.et?arquant le début de la durée, jour
où amule a:“Plusieurs peuples dans l'antiquité adopterent
> RL habitnde. de:compter par ribits; la nuit siena le jour
LT.
a«plus haut;*chap. IV, _P. 322, note 2) existait chez les Celtes
MI Lorn, L'année celtique d’après Ics textes irlandais, gallais,
: bretons- et lé calendrier de Coligny, Paris, 1904, p. 4 sqq-; G.
"aces, Manuel pour servir-a l’étude
de l'antiquité celtique, Paris,
ES
x
$
prai;pue
aBE 3 67 $ e a > . '
Page 59
View in PDF(opens in a new window)celte lagon de repérer le mouvement solaire dans le temps
LA
DROITE
ET
DE
LA GAUCHE
44!
amenés à induire que la gauche considérée comme origine
et dans l’espace. C'est le point vernal que l'on adopte comdu mouvement dut être le solstice d'hiver, repéré vers le bas,
imunement aujourd'hui comme origine des ascensions droites.
et la droite, le solstice d’été, repéré vers ie haut, le circuit
Toutelois la
annuel se trouvant en ce cas défini dans son ensembie d'ur
position
du
point
vernal
n'est
pias
tacile
a
déterminer directement, etant donne ia rapidite avec laquelle
solstice d’hiver à un solstice G'hiver
varie la déchinaison du soleil à l'époque des equinoxes.
diurne défini de minuit à minut (1). Par le tait, d'après un
A l'époquedes solstices au contraire, cette variation étant
témoignage
identique
d'Eusèbe et
à l'image du circuit
de
Stohée,
le
fameux
extrémement jente(i) et s'arrétant lorsqu'elle atteint 2 3°27,
son maximum, l'observation est beaucoup plus aisée et le
Empédocle d'Agrigente, au V' siécle avant notre ere, situait
la droite au tournant solsticial d'été, la gauche au tournant
repérage plus sûr. Il y a donc lieu de penser que les Anciens
tHe.
soisticial d'hiver : Bastia
durent d’abord déterminer d'un solstice à l'autre la révolu-
Tecrunév. proeza 22 tx maza 22 youaesiviv (Euseb., Quaest. ev.
tion annuelle du soleil. S'il en a eté ainsi,
nous sommes
41,
2 (845
o
-
siva iv tx vara sey legni
-
a). Kai Tei aleci sd utsusul> 22 vati
civ Gzowy zccminév. Agroticà Ti 22 vata thy yeruiziviv (Stohée,
-
1915, p. 373; cf. CÉSAR, De bello gallico, VI, 18, pour les Gaulois),
chez tes Kemer
|
TAciTE. German., XI), chez les Athéniens (au
témvignage de VARRON, ap MACRORE, Sat., I, 3 et de Pure, II, 79,
88), chez les Egyptiens 1MasPéRo, Histoire anc. des peuples de
l'Orient
XV,
a
class.,
p.
542
ct
note),
chez
les
Numides
(NICOLAS
DE
Eclog. 1, 15, 6 d, Wachsmuth I, p. 147).
Ce principe posé, voici comment se répartissent les deux
temps de ld révolution solaire annuelle : de gauche à droite
Damas, Frag. histor, gracc., t. JU, p. 403, fr. 139), chez les Juits
dans la phase initiale qui évolue du solstice d'hiver au solstice
(BOUCHET, Hémérologie. p. 232).
Quant à l’année, elle commençait, chez les Irlandais, avec la
nuit qui précède le 1* novembre, jour de la fête de Tara vu « nuit
d'été, en passant par l’équinoxe de printemps; puis de droite
de Samhain », oidche Samhain, et au lieu d'année, on disait :
d'une fête de Tara à l'autre (Acall. na senorach, Irische Texte, III,
3552. — V. J. Lotu, cop. cit., p. 14: D'ARBOIS DE JUBAINVILLE, Le
cvele mythologique irlandais et la mythologie celtique, Varis, 1554,
p. 102). — Dans le calendrier liturgique athénien publié dans le
Philologus (BOKTTICHER,. Der antike Fesikalender an der Panagia
Gorgopiko zu Athen, Philölogus, t. XXII, 1863, p. 383-420), Varà gauche dans la phase terminale, : zenzusarsz; iséucc. qui
évolue du solstice d'été au solstice d’hiver, en passant par
Péquinoxe d’automne.
(1) A Lamia, en Beotie, l'année commençait au solstice d'hiver
(Dar. et
Sact.,
1.
cif.). — Chez les
Romains, suivant
le témoitiste a fait commencer l’année avec le 4° mois du cycle de Méton,
gnage de Parménide rapporté par Porphyre, janvier était le mois
Pyanepsion, à J'équinoxc d'automne; il l’a terminée avec Boédroinion, qui précède immédiatement Pyanepsion, en sorte que nous
avons sans discontinuité la fin et le commencement de l'année. —
I,année dorienne, phocidienne, étolienne, macédonienne, commende la « l'orte » (v. plus loin p. 447), qui ouvrait l’anuée au solstice d'hiver, lorsque le soleil, quittant le signe du Capricorne,
commence à remonter vers le Nord, se ¿saves ES Thy rapa nai
SENTE una thy dpaios mpoczirnny: Èv Gs AL ix alyurepm Epos Ey
gait à l’équinoxe d’automne; dans le calendrier de Smyrne, elle
débutait avec le mois Hyperberetaios (octobre), dans le calendrier
éphésien, avec le Dios (24 sept.), dans le calendrier crétois, avec
le Thesmophorion (23 sept.), etc. (DAREMBERG et SAGLIO, art. calenindverse éruoroëVas
È
el; 7% Sogeta (PORPHVRE, De antro nympharum, 23).
darium: — V. KUBITSCHEK, Grundriss der Autiken Zeitrechnung,
ouvrait l'année. On s’est demandé depuis quelle époque janvier
München, 1928, p. 148-149; P. Ninssox, Primitive time-reckoning,
1920, p. 362 sqq.).
(1) La variation de la déclinaison solaire est, par jour, de 24’ au
— PLUTARQUE (Quacst, Rom. 19, éd. Bernardakis. II, pp. 260-261)
affirme aussi que, dans le vieux calendrier romain, décembre était
le
dernier
mois, tod teheuraioy oy Geriufcos auloter. et
que
janvier
marquait ainsi le début: de, l’année chez les Romains"; on reconnaît
que ce fut certainement avant que le calendrier pré-césarien d'Antium ait été rédigé (v. W. Kusirschik, op. cit., p. 103; P. NiLsde 6 an 3 juin et de 2° seulement au 15 juin (Tisserayo et AN-
SON, Op. cit., p. 265, 344). — On sait que l’année liturgique chrétienne s’ouvre avec la féte=de Noël, ou de la Naissance, dans la
Dover, Leg. de Cosmogr., p. 54).
nuit du 24 au 25 décembre, à minuit.
2e mars, de 20’ au 20 avril, de 12° au 20 mai; elle n'est plus que
Page 60
View in PDF(opens in a new window)Une telle répartition
ancienne,
dont
AUGURALE
DF LA DROITE ET DE LA GAUCHE
s'avére conforme à
une
Macrobe nous a transmis un écho
tradition
: «
Cum
enim sol in signo cancri aestivum solstitium facit, in quo est
longissimi diei terminus et inde retrogressum agit ad diminutionem dierum,
Pythius co tempore appellatur, ds répare,
Hew, E zon thy séneusaios dgducy tpéyeuv (1).
Et de la sorte, c'est un mouvement à droite dans la phase
de montée, un mouvement à gauche dans la phase de descente.
Rien de plus aisé, dès lors, du moins en théorie, que de
fixer le rôle du haut et du bas, de l'avant et de l'arrière
dans cette détermination
faite en
fonction
des
solstices,
443
dans le mouvement diurne du soleil décrivant l’Equateur,
le haut est marqué sur le plan vertical par le passage de
l’astre au méridien Supérieur, au Sud du zénith pour notre
hémisphére, le bas, par son passage au méridien inférieur,
au Nord du nadir. — Dans le mouvement annuel du soleil
décrivant l’Ecliptique, le haut correspond, sur le méridien
supérieur, à la région du ciel où parvient l'astre lors de son
ascension maxima, à l’époque du solstice d'été, quand il se
trouve dans le signe du Cancer; le bas, a celle ou il parait
s'arrêter lors de son déclin maximum, à l'époque du solstice
d'hiver, quand il se trouve dans le signe du Capricorne (1).
puisque, suivant les Pythagoriciens, ce qui est déterminé « à
droite » doit l'être en même temps « en haut
» et « pardevant », et ce qui est déterminé « à gauche » doit l'être
également « en bas » et. par-derriére » :
...uaz zb;
Iluheropeicos " insivar yas 70 Cello 72 ave val 22 Éprocchev suvizazioy,
D'accord avec la doctrine pythagoricienne,
dont Platon
s'est inspiré, notamment dans le Timée (3), et d'après laquelle
le haut et le bas, définis pour chaque lieu par la direction où
tendent respectivement le léger et le lourd, sont diamétraleopposés
rapport au
l’un
centre
à
du
l'autre
pour
monde (4),
des
de rotation autour Je son axe expliquant l'alternance du jour et
de la nuit {v., outre ARISTOTE, 1. c., EUSÈRE, Praep. ev., NV, 58,
reconnu
que,
3, 850 d}. Ed. ZELLER (Pluiosophie der Griechen, 1859, t. 1, p. 391,
trad. Em. Boutroux, |, p. 403) estime qu'une telle assertion ne
mérite même nas d’étre répétée et que Copernic a fait aux Pvthagoriciens trop d'honneur. Pour la discussion, v, TIEDEMANS, Dic.
ersten Philosophen Griechenlands, p. 448 sqq.; BORCKH, de Platon,
syst. cael. globor.. p. XI syq.: H. MARTIN, Etudes sur le Timéc,
pour les antipodes, nous avons un témoignage qui est explicite
:
Alexandre POLYHISTOR, ap. Dioc., VIII, 25 (éd. Mullach, Fragm.
philos. graec. ) : assure que les Pythagoriciens enseignaient RICUNIL è
+a i ya zul wry qu prends zul TELLE suina, etvat dé «ut
Ava,
247 sqq.) il ne peut y avoir aucun doute que Pythagore et son
école entendaient par anti-terre Vhémisphere opposé au nôtre, et
qu'ils attribuaient au globe terrestre, astre isolé parmi tant d'autres, & tay dotowy army Cry yiv> TARIST.. I. cit, un mouvement
nous avons
bles pour chaque lieu, étant diamétralement opposés l’un à l’autre
sions
b). Pour ROETH (Geschichte uns. abendl. Phil., Il, a 517 sqq., b
par
(4) Voir P. DUHEN, Le système du monde, t. I, chap. 6, pp. 4950 : La pesanteur dans la cosmologie de Platon. — Sur
la croyance
pythagoricienne à la sphéricité de la terre, le haut et le bas, varia-
2% valo nico
lagoricienne | Sol Iufayipeud Evavriun
è
Chin TUITE YOTHINE
SD A
opposés
(3) PLATON, Timée, 62-63 (éd. Schneider, II, pp. 227-228).
dvrimodue ui
terre py
lieux
{1} MACROBE, Saturn., I, 17.
(2) SIMPLICIUS, op. cit.. II, 2, 285 h,
mony ia a Ae
Philos. d. Griechen. I, p. 407). Nous sommes ainsi amenés logiquement à pendre position dans la question si débattue de Vanti-
Pouce piv. tv Zuriyßove vou zeviniar (ARISTOTE, De caelo, II, 13, 293
TH Ci apistep@ cb nato nat 22 Emichev (2).
ment
Epicharmear, Bonn, 140, p. 63; NUTZHORN, Philol., NXII, 18653.
Pp. 337; BoOEcKkH, D. Kosmischen svsteme, p. 120 sqg.; E. ZELLER,
—
C'est
aussi
ce
qu’affirme
II, ror sqq.; GRUPPE, D. Kosmischen syst. d. Griechen, p. 48 sqq.
(1) Y fut un temps où le soleil se trouvait en fait dans la consitellation du Cancer, à l’époque du solstice d’été, et dans la constellation
du
Capricorne,
à
l'époque
du
solstice
d'hiver.” Depuis
- environ deux mille ans, il n'en est plus ainsi : en raison du phénomène de la précession des tquinoxes, les constellations et les
signes qui jadis les représentaient ont subi un décalage. Actuellement, quand le soleil, vers la fin de juin, entre dans le signe du
Cancer, il est encore dans la constellation des Gémeaux, et quand,
de plus clair un texte, ee mutilé, du pythagoricien
vers la fin de décembre, il entre dans le signe du Capricorne, il
PHILOLAOS, ap. STOBÉE, Eclog., 1,
16, 7 : © rbcpss ets igtty *... 14 divo
cu)
uta.
est encore dans
Astronom. théog,
vir Imesaniloe 72apoya Tois xiv,
(v.
Léop.
SCHMIDT,
Quaest.
ANDOVER, Leg.
la constellation du Sagittaire (v. He BOUASSE,
et prat., Paris 1918, pp. 47, 190; TISSERAND et
de cosmogr., p. 87).
Page 61
View in PDF(opens in a new window)mouvements
sont
445
valeur scientifique indentable. Nous le trouvons dans Hire
L'antre des Nymyj = à Ishaque a deux pertes © li Eu
côté de Borée, par où se fait la descente ses Loren: l'autre
du côté de Notos, réservée a Uascernsion des seuls Timmmrvaraan. zvon.
Zum ZE zi ot Ina cist
l'horizon, z2 wiv orig viv
nets tors. du .côté du
AG ON 2552 fot
Inn IEN
Ainsi repérées sur le
méridien, d'un solstice à
l'autre, la montée annuelle
du soleil … par devant
s'effectue au-dessus de
Sud, en direction du zénith; la descente annuelle
au-dessous de l'horizon,
« par derrière » s'effectue
plic. I, 2, 285 bj, du côté
7
du Nord, en direction du nadir. ll n'est que de contronter
ces données théoriques avec la réalité représentée par la
goureusement exactes,
fig. 66. pour reconnaitre
qu'en fait elles sont rideux
dans la détermination
qu’elles fournissent de la
montée et de la descente
annuelle du soleil, en
fonction de son mouvement diurne. Mais en
fonction de son mouvement propre — et les
étroitement associés dans le même mobile — constatons aussi
(hg. 67) que les points solsticiaux, repérés de part ct d'autre
zt. Orme sed! mu WET
zie
5!
-
(Od, NIIL, 109-112.
sus t dow tine: sei ware (Arist.
De
cacto,
1,
2,
L'idée d’ascension, seulement suggérée par le texte homerique, est précisée avec netteté par l'interprétation de Nachtectit Ozirenze appliqué vand zieev par Aristote à la region supe‘a la région inteneure,
rieure de l’espace, par opposition
brillante
288 a). et il n’est pas impossible que cette interprétation
soit l’écho d'un sens étvmologique, la région :
nag Bras == créhaucv (Platon, Képubt. VIL. 1, 514 a. Porphyre
L cit). Or, affirme le néo-platonicien Porphyre, c'est précisément cette caverne mythique du monde que symbolise l'antre
exe Zubewmsu; clev iu vasavety vou > staves, srt
du jour. au-dessus de l’horizon, s’opposant tout naturellement à la région ténébreuse de la nuit, au-dessous de l'horizon.
Il serait vain et illusoire d'aller chercher dans l'ilot
d’Ithaque l'antre des Nymphes décrit par Homère : Homère
lui-même déclare que c'est quelque chose de merveilleux, (xdy.x
Wisla. (108), et les commentateurs anciens qui en ont parle
nous préviernent unanimement qu'il s’agit là d'un mythe.
Les Pythagoriciens et Platon après eux représentaient le
monde à l'image d'une caverne, si [lufiayégerst zat pesa 22550;
Widzov àvrosv vat array zov wéouzv Amegtvavs: (Porphyre,
De antro Nympharum, 8), ou encore à l'image d'une prison
dont l'entrée était largement ouverte vers la lumière du jour,
dans le signe du Capricorne au Sud, à l’origine de la montée
annuelle, l’autre, le point solsticial d'été s,, dans le signe
du Cancer au Nord, à l’origine de la descente.
Or telles quelles, avec leur figuration expressive, ces données suggèrent d’elles-mémes et sans qu'on ait besoin de
wispcv zipsvrsz (op. cil. 21 et sacpe).
pauotsr, dvanentaudvyy mp2: TE gs. mv alssdev iycusy, WISE
les solliciter, l’explication d'un vieux mythe cosmologique,
d’apparence mystérieuse, et lui donnent un fondement d’une
de l’Equateur, se situent, l’un, le point solsticial d’hiver s,’,
Page 62
View in PDF(opens in a new window)DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
Quant aux ouvertures de l'antre cosmique, il semble bien
que l'antiquité en ait distingué deux sur le plan horizontal
terrestre et deux sur le plan vertical céleste. Sur le plan de
l'horizon terrestre, ce sont, l'une au Levant, l’autre au Couchant, les portes d'entrée et de sortie des astres dans leur
mouvement diurne, « cornes d'or » qui livrent passage aux
divinités du ciel,
Sur le plan vertical, les deux portes de l'antre cosmique
symbolisaient, aux yeux des adeptes du Pythagorisme. l-deux extrémités opposées du ciel, situées dans la voie lactec,
l'une en haut vers le Nord sous le signe du Cancer, l'autre
en bas vers le Sud, sous le signe du Capricorne, et qu
marquent les limites de l’oscillation annuclle du soleil entre
le solstice d'été et le solstice d'hiver : T=) 2: Wir »\ o oy siva 42:
x
wt?
Cc
sbuhersv not 750 wiopcu si ld Neopets mas ¢ Sun racers
Pi
saben S'aussticole Sus ypicera 125272
avtonin ts Toor:. od ¿del cdpavunvioy
(HA. orphique, ap. Stobée, Ecl. I, 1, 23; cf. fragm. VI, 9-42,
. Hermann, Urph. p. 457). Sans doute est-ce à elles qu'il est
Kpévicz Bio sivar iv chpavd Supa, Ov cir: vesubisgiv don se)
yewcowsd tpommod. cm: Popuióripov 100 Werte * Fo À 2 pin best:
xatà vaprivov. & BE yewepivos var atyéxecwy (Porphyre, De
antro
nympharum,
21). — Alvinegos 23 nat waguives Test
fait allusion dans le texte de Platon cité plus haut, où la
sty yahaklav tà mépara abroad ethmyéses © naprivis piv sa pipeta,
lumière du jour nous est montrée pénétrant par une large
aivoncome 3: ta vina (ibid. 28).
ouverture tout le long de la caverne où les hommes sent
Platon, qui, sur ce point aussi, adoptait les vues des « théologiens », désignait-ces portes sous le nom d’ « orifices » ou
enfermés. Selon la tradition chaldéenne, « Mardouk forgea
le ciel avec un métal dur et résistant. Il y ménagea une
d’ « ouvértures » : 202 cdv Ehevaz mÚnas vagulvev mai abia
caverne immense que deux portes,
ci beshéysk Taty dè db: ara imm (Porph., op. cif., 22).
l'Ouest,
mettaient
en
pratiquées à l’Est et 4
communication
avec
le
soleil sortait chaque matin de la première; il
dehors.
Le
montait au
zénith, de l'Orient au Midi, puis il redescendait lentement
vers le portail
d'Occident, et
rentrait dans l’intérieur du
firmament où il passait la nuit » (Maspéro, Hist, anc. des
peuples de l'Orient classique,
1,
égyptienne,
sacrés
les
cynocéphales
p.
544). Dans la légende
qui
fréquentaient
en
bandes les montagnes de l'Est et de l’Ouest, saluaient en
dansant le soleil à son lever et à son coucher et lui ouvraient
les portes de l'horizon (Maspéro, of. cit. p. 34 et pp. 82-83;
ci. ibid. p. 90, la Bouche de Nouit l'Etoilée où le soleil
s’évanouissait chaque soir, et p. 197 la Fente occidentale par
laquelle les ames des morts, à la’ suite du soleil, pénétraient
dans la mer inaccessible aux vivants). — Le Livre de ce qu'il
y a dans l’Hades (éd. G. Jéquier, p. 71), évoquant les chemins mystérieux qui mènent à l'Autre Monde, fait mention
aussi de la grande Caverne et des portes cachées qui sont
dans la terre de Sokaris.
i
Parménide, qui écrivait au VI" siècle, signalait dans son
traité de Physique l'existence de la même tradition des portes
de l’antre cosmique chez les Egyptiens et chez les Romains;
: (janua;,
chez ces derniers, janvier était le mois de la « porte
parce qu’il ouvrait l'année au solstice d'hiver, = 2: 202 ru &
zobrav peprñichar nat Lappevidys iv 2% Duomo nor “Poyxicos Ti
vai Ayorzisus, «74. (Porph. 02. cit. 23. — Voir p. 441. note).
Dans son Commentaire sur le Songe «de Scipion, Macrobe
nous a transmis avec d’amples détails une conception identique dans laquelle les points solsticiaux, repérés dans le
ciel sur la voie lactée, étaient désignés sous le nom de
« Portes du Soleil 5 : « Zodiacum ita lacteus circulus obliquae
circumflexionis occursu ambiendo complectitur ut eum qua
duo tropica signa Capricornus et Cancer feruntur intersecet.
Has solis fortas physici vocaverunt, quia in utraque obviante
| solstitio ulterius solis inhibetur accessio et fit ei regressus ad
zonae viam cujus terminos nunquam relinquit » (Macr.,
Comment. in Somn. Scip. I, 12, 1).
Page 63
View in PDF(opens in a new window)DE LA DROITE ET
vocatur
d'elles-mêmes et
tuntur » (Macr., Comment, in Sumn, Scrp. 1,
confiées à la
hominum
descensus est,
Cancer,
LA GAUCHE
Il est fait mention des « Portes du soleil », Rent miha:.
dans l'Odyssée (NNIV, 12). A maintes reprises, Homère
parle des + Portes du Ciel +, mona sbezvey. qui s'ouvrent
qui sont
:
DE
quia
per
Capricornus deorum,
440
hunc
quia
in
iniertora
per illum:
amımae
in propriae immortalitatis sedein et in deorum numerum revergarde des Saisons
12, 2). Ce seran
Y, 740: VII, 393%. Il distingue les « Portes de
Olympe u ri (assis (ZU VIII, 411), dans les hauteurs
exactement ce qu'Homère a voulu signifier par le mythe de
de l’éther où siège Zeus avec les dieux de lumière,
et les
Portes d’Hades », sua (AB. (it. NY, 646; IX,
312;
NAT, 715 0d. XIV, 156; cf. 1 V, 397; VIII,
367;
natanianai aylswrsısıw,
XII
I, 12, 3; cf. Porph. of. cr. 23).
(1.
415:
ténèbres et
02.
NI,
de mort;
277%
l’antre des Nymphes, avec ses deux portes, l'une =; be pegas,
in antri
dans les regions infernales de
les « Portes de fer, au
773,
$11),
aussi
distantes
en
tout
en
» (Macr.
of.
«it.
S'il est vrai, comme l’affirmait Empedocle {v. p. 441) que
la droite et celui du solstice d’hiver comme étant la gauche,
Celta pev tà uxtx civ Osowsy aosruiv. Apistesa dl Tz vata thy
Théog. 720, 726,
prolondeur,
Ithacesii descriptione significat
le tropique du solstice d'été doit être considere comme étant
seuil d'arrain, du Tartare +, vba sect te mila: vai Sakis?
23255 {14 VIN, 13), séjour de Cronus et des Titans Ul. V, 508:
732,
Niszu, 20avazev È sts, (0d.
XII, 110, 112) : « et hoc est quod Homer divina prudentia
notamment,
XIV, 200, 279; VIII, 478: ci. Hésinde,
l'autre =p
yeysspiviv. des deux phases de la revolution annuelle du soleil
décrivant l’Ecliptique, celle qui évolue du signe du Cancer
au signe du Capricorne s'effectue de droite a gauche et par
conséquent: la descente s’effectue à gauche, mais celle qui
évolue du signe du Capricorne au signe du Cancer s'opère
bas
sous le sol, que l'est Je ciel là-haut au-dessus de ja terre, 77!
Gabrio» ont yeviz.. frizooe Eves’ Alten too susaves 897 am
vainz (22. VIII. 14, 16).
A l'instar du soleil et à sa suite, la tradition pythagorifaire desde gauche à droite et par conséquent la montée s'opère a
cendre le principe de vie qu’est l'àme des hauteurs du ciel
droite : déductions tout a fait contormes a la réalité, comme
vers les régions inférieures soumises à la mort, par la porte
le montrent les fig. 66 et 67, p. 444.
cienne s'accorde avec la tradition orphique pour
solsticiale du Cancer, du côté du Nord, et pour la faire
Or, au X” livre de sa République, relatant la vision d’Er
remonter des profondeurs mémes de la mort vers les régions
l'Arménien, Platon raconte qu'après leur Jugement, les justes
supérieures de la vie immortelle (1), par la porte solsticial
e
du Capricorne, du côté du Sud : =cózww îè <zuhév> xapniver
recevaient l’ordre « de prendre à droite la route yur montait
9;
_®
.
DEV etvar St
E
ä
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Fr
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RÉ
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LI
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23 zahlasıy al dual, atvexzgmy
+
2 20
°
la
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dans le ciel, en portant pur-desanr un écriteau où était relaté
leur jugement, et aux criminels de prendre à gauche la route
descendante, portant eux aussi, mais par-derrière, un écri-
“
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v. ta BE
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2) sha
vi.
vira
ob ec,
teau où étaient marquées toutes leurs actions », . co 9093
‘
TOY st; Dechz avsusdiv (Porph., of. cit. 22, 23). — u Per
°
LI
has porta: animae de caelo in terras meare et de terris in
caelum remeare creduntur. Ideo hominum una, altera deorum
(1) Le séjour des Bienheureux se trouve dans la Voie lactée, suivant la doctrine orphéo-pythagoricienne (NUMÉNIUS, dans
PROCLUS,
in Remp., Il, p. 126; PORPHYRE, Antr, nymph., 28;
MACRORE,
dom.
Scip.,
1,
12,
3;
L'HILIPONUS,
de
getern.,
290,
3,
etc.).
Voir
DELATTE, Etudes sur la littérature pythagoricienne (1915), IX.
p.
274-275; L. RoGGIER, L'origine astronomique de la crovance
pythagoricienne en Vimmortalité céleste des ames, p. 93 sqq.
|
e
,
4
,
na.
*
LA
DI
à
Pr
Sinaisus... migsosshat THY ceto CEZIZV TE Val Ave Sa TSU
taiei
Dco"n
DI
[LEY
syusavey.
mpela nivimv my Excazav (Plat. Républ. X, 614 c). Est-il
besoin de faire observer comme, dans ce texte, la détermination à droite vers le haut par devant d'une part, à gauche
vers le bas par derrière d'autre part dénonce, par le procédé
même,
une conception
nettement
pythagoricienne ?
Lorsque ton âme aura quitté la lumière du jour, lit-on dans
Page 64
View in PDF(opens in a new window)une inscription
ancienne
45!
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
AUGURALE
à
mouvements diffèrent les uns des autres par le Sens ou par la
droite, comme doit le faire tout homme avisé... A gauche
vitesse, car aux effets contraires i] faut des causes contraires.
est
Aussi, la première circulation [celle des étoiles fixes] ne seraune
source
pres
d'inspiration
d'un
cyprès
identique,
blanc:
prends
garde-toi
d’en
approcher. (1) ».
t-elle point la cause de la génération et de la corruption,
Le chemin de montée, à droite, ct le chemin de
descente,
à gauche, ne sont pourtant en réalité qu'un seul
et même
chemin, 233: vo vo pix za musi (2). Ce sont les deux
cette cause se trouvera dans le mouvement suivant l'Eclij.tique. Ce dernier, en effet. est à la fois perpétuel et composé
aspects opposés d'un seul et même circuit, 1'Ecliptique,
que
et le mouvement propre de l'astre suivant l’Ecliptique (1).
décrit le soleil en associant simultanément en lui deux
mou-
« S'il faut que la génération et la corruption soient perpévements de sens contraire,
le mouvement
de deux mouvements
: contraires,
le
mouvement
diurne
diurne qui est à
tuelles, il faut aussi que quelque chose se meuve d'un mouvedroite et le mouvement propre qui est à gauche : double phase
ment local perpétuel... mais il faut que ce quelque chose se
d'un -courant
de construction et
meuve de deux mouvements, afin qu'il ne se produise pas
de vie, l'autre descendante, de destruction et de mort, dominées l'une et l’autre et intégrées dans l'ordre universel par
seulement l’une de ces deux transformations. Le mouvement
la revolution de la sphère extérieure, celle du ciel des fixes.
Telle est en somme Ja doctrine professée par Aristote luique l’obliquite de l’Ecliptique produira alternativement l'apmême.
«
Il
unique,
a
été
l'une ascendante,
démontré,
dit-il
(3),
qu'il
existe
un
diurne de l'Univers sera donc la cause de continuité, tandis
parition et la disparition... ».
Dans cet ‘exposé d'Aristote, P. Duhem
(/. c.)
reconnait
nécesl'influence les idées exprimées par Platon dans le Timée.
perpétuelle.
Platon, lui aussi, opposait l’un à l’autre les deux grands
Nous supposons, conformément à ce qui a été démontré,
qu'une alternative éternelle de génération et de corruption
mouvements du Ciel : le premier de ces mouvements, la rotacanvienne à la nature des choses; nous disons en outre que
le mouvement de l'essence de l'identique, ci: 724025 piste:
le mouvement local est la cause de la génération et de la corocpá; le second,
ruption.
un” seul
l'Ecliptique, lui semblait un principe de diversité, le mouvemouvement
salrement
local
perpétuel;
cela
posé,
que la génération sera,
Dès lors
il
est
évident
il
elle
que,
en
résulte
aussi,
s’il
existait
tion diurne, lui apparaissait comme
un
principe
d'unité,
le mouvement des astres errants suivant
mouvement local, la génération et la corruption, qui sont oppoment de l'essence du différent, tt: Nartscu oúsem: popa. Pour
sées l’une à l'autre, ne pourraient être toutes deux produites
Aristote, le principe d'unité
par ce mouvement; Car ce qui est toujours le même et se comdevient un principe de perpéporte toujours de la mème manière, doit naturellement protuité; le principe de diversité
duire toujours la même chose : il y aurait ou bien toujours
génération ou bien toujours corruption. Il convient donc qu'il .
devient un principe de géné-
.
»
Æ
y alt un certain nombre de mouvements locaux et que ces.
'
ration et de corruplion.
PS
D'après le Timée, l'artisan
divin qui construisit le Monde
(1) Inscript. grecg. sicil. et ital., 638, dans Bull, correspond.
hellén., 1893, p. 177. — Voy. DECHARME, Crit. des trad. relig. gr.,
1904,
P.
205.
(2) Frag. 60, DIELS,
1903. — Voy. Drks, Le
Die fragmente
cycle
(3) Arist. De generatione
I, p: 236, col. a.
der
Vorsokratiker,
mystique, Paris,
et corruptioue,
Berlin,
1909, p. 84.
II,
10, éd.
Bekker,
ayant, par le mélange des
F;-68
deux essences de l'identique
et du différent, créé une troi-
“9°
in C'est ainsi que Dunem (op. cit., p. 163) précise la pensée
d'Aristote, en la >
Page 65
View in PDF(opens in a new window)DE LA
AUGURALE
sième réalité d'espèce intermédiaire,
DROITE
ET
DR
LA GAUCHE
4n a
« la partagea par une
fente longitudinale en deux moitiés qu'il disposa l'une par
des deux cercles,
rapport à l'autre comme le sont les jambages de la lettre
+:
mouvement de l'identique, le mouvement du cercle intérieur,
Il féchit chacune d'elles et la courba en globe de telle sorte
que chacune d'elles se rejoignit elle méme et qu'elles s'unissent
pour
mouvement
être
il fit l'un extérieur, l'autre intérieur,
du cercle extérieur,
celui
du
différent.
al
Le
ie désigna
Le
pour être
mouvement
de
le
l'essence
d'identité, 1 le fit tourner vers te dreist, sulvant de côté; de
l’une à l’autre au point du croisement. » (Platon, Zimee, 35 a).
mouvement de l'essence de diversité, il le fit tourner cers La
De cette manière, chacun
lettre y se
gauche,
suivant
se
rauen.
int Sa mean,
courbant
afin
que
l'une à l'autre,
ses
des jambages de la
deux
extrémités
vinssent
souder
s'est transiorme en un cercle: ct ces deux
obliques l'un à l’autre et se coupant
la
diagonale
in apistega (Lame, 36 ch
» :
tee
mv
22
wiv
Waciesy
zu
34.300
mara
vas
Polar
La figure 68 illustre les divers
cercles concentriques,
aspects de la réalité, évoqués dans le passage du 71m. que
aux extrémités d'un diamètre commun, figurent l'Equateur
ct
nous venons de citer.
VEcliptique ‘fig. 68) (1).
Sur le plan de protection de la figure ¿O notamment, on ne
manquera pas de constater qu'en
om a
|Qulomne
Hiver
tall, ci comme d'autre:
| Vion |
Fan sl
| Eve
|
Renee
FIG. 70
Orbe extéricur du mouvement diurne
raisons nous l'ont déjà fait présumer {voir pp. 427 et 428), le
conjugué avec l'orbe intérieur de l'Ecliptique
mouvement du ciel des fixes ou de l'essence d'identité dont
(Les sens de rotation paraissent interve
rtis
parce que la Sphère est vue du dedans)
l’évolution se fait vers la droite se présente a nous, suivant
l’Equateur, avec une trajectoire en ligne droite d'une par-
Or les deux moitiés ainsi définies, Dieu «
les enveloppa
d'un mouvement uniforme qui tourne dans
le même lieu, et,
suivant l'Ecliptique, avec une trajectoire en diagonale, de
——
(1)
faite rectifude, tandis que le mouvement planétaire ou de
l'essence de diversité qui évolue vers la gauche, se présente,
Voir à
1913, tome
ce sujet
I,
pp.
ct Suiv. ;
Th.
H.
340-353;
Fraccarout,
P.
51-52;
Dunem,
A.
Martin,
Il
Le
Rıvaun,
Etudes
Timeo,
BOECKH, Ueber die Bildung der
système
du monde,
Timée, notice prelim.,
sur le
Torino,
Timée de
1906,
pp.
Paris,
pp.
32
Platon,
1, pp.
55-56:
Ang.
W'eltsecle im Timacos des Platon
Bd. 111, Leipzig . 1866, pp. 109-151.
travers par conséquent, et toute sinueuse. Au reste, c'est par
le nom de « cercle oblique », 4:35: sizes. que les Anciens
désignaient l'Ecliptique, et cette obliquité, affirme Stobée,
est précisément une découverte pvthagoricıenne, qu'Œnopide
Page 66
View in PDF(opens in a new window)de Chios n’aurait
MEWTEI
i
fait ensuite que S'approprier,
2 >
.
ETAVEVSG LEUR MEETS TRY
© oe
~~ eS
Ilubzvica:
*
WE Zw
rt TED mans) nancy
de
|
veu
2 Nios imivciav ws ttav oosvegitesm (Stob., Eel. 1,
+
Ainsi les deux principaux mouvements qui régissent notre
univers se présentent réellement, l'un, le mouvement diurne
suivant l'Equateur, comme l'archétype de « droiterie » avec
sa rectitude et. sa régularité parfaite, l'autre,
le mouvement
planétaire suivant l’Ecliptique, comme l'archétype de « gaucherie », avec son incessante déviation et sa tendante
constante à l'irrégularité.
Toutefois, aux écarts du cours solaire de part et d'autre
de l'Equateur,
extrêmes,
qui
les
sont
points solsticiaux marquent
infranchissables
:
une
les
limites
loi impérieuse et
inéluctable ramène toujours à l'Equateur, avec le soleil, les
astres errants qui s’en étaient éloignés. «
Le soleil,
disait
Héraclite, ne franchira pas les limites qui lui sont fixées:
autrement, les Erinyes, auxiliaires de Diké, sauraient le trou—
(1) C'est probablement en considération de la marche oblique du
soleil qu’Apollon reçut le surnom de Aofius, « 1’Oblique » (HÉROD.,
I, 91; ESCH., Eumén., 19; Sorn., Œd.-Roi, 410; ARISTOPH., Plut.,
$, etc.). AINÉSIMACHOS, dans sa comédie d'Alcméon, faisait dire à
l'un de ses personnages : « A la manière pythagoricienne, offrons
un
sacrifice
au
Dien-Oblique
», a; Hubeyogiore fieury 7% Avia (ap.
D10G.-LAERT., VIII, 20). -— Par une méthode analogue à celle de
Philolaos, Œnopide de Chios, géomètre qui vécut sans doute peu
après
Anaxagore
{v.
PSEUDO-PLAT., Erast.,
PROCLUS,
in Eucl., 65, 21, d’apr. Eudème;
132 a; Diew., IN, 41), expliquait le surnom
d’Apollon Loxias en le rapportant au cercle de l'Ecliptique. —
D'après DECHARME. Critique des trad. relig. chez les Grecs, 1904,
455
ver » (ap. Plutarque, De l'ex, 11). — Les Pythagoriciens
enseignaient que la Nécessité enveloppe de toutes parts le
Monde, lluhayisaz avaro Ege resvaeisthat cw 225% (ap. Plur.,
Plac. 1, 25, 2; Stobée, Ed. 1, 138; Gahen, c. 10, p. 261) {1,.
S’inspirant sans aucun doute de leur doctrine, Platon, dans
son mythe fameux du X* livre de la Képublique, placan au
centre du Monde Ananké, portant sur ses genoux le grand
fuseau cosmique dont la rotation déterminait celle de toutes
les sphères (Républ. N, 016 c, 617 a et b); et les filles
d'Ananké, les Moires, au nombre de trois, vétues de blanc
et assises en cercle à intervalles égaux, assuraient la continuite
du mouvement universel, dans le sens préétabli par le Createur pour les diverses spheres, a droite pour l'ensemble des
fixes, à gauche pour le système des errants : Clotho, de la
main droite, faisait tourner je cercle extérieur, Atropos, de
la main gauche, faisait tourner les cercles intérieurs. et Lachésis, de l'une et de l’autre main, faisait tourner l'un, puis
les autres, filternativement (617 b et c).
Avec une telle organisation, l'Univers n'est certes livré ni
à un hasard aveugle, ni à une anarchie sans frein: mais une
farce intelligente et juste, qui s’identifie avec la loi naturelle,
y maintient constamment l'équilibre et l'harmonie et, dans
le Monde, grâce à elle, l’ordre ne peut manquer de prévaloir
contre le désordre. — « Au début du Timée, note M. À.
Rivaud (Ze problème du devenir, p. 352), nous trouvons
une allusion à la 5605 Krauss... Au N° livre des Lois (806 d,
807 b, 898 c et d), ce principe de désordre est devenu à son
tour une âme. Le monde appartient à deux âmes, l’une
P- 329 sqq., l'emploi de ce surnom n'aurait été fait que par les
bonne, l’autre mauvaise, qui le gouvernent tour à tour. En
stoiciens, Pour M, A. RivAun (Le problème du devenir et la notion
l'âme mauvaise se concentre, se fixe tout ce qui dans l'Unide la matière dans la philos. gr., Paris, 1906, p. 213)
« c’est peutêtre d'Œnopide que viennent les spéculations relatives
au rôle du
cercle de l’Ecliptique, régulateur de l’ordre des générations. Par
des spéculations subtiles, il montrait que la disposition de 1’Ecliptique rend compte de l’irrégularité apparente du changement :
théorie important
qui
e reparait chez Platon et Aristote, à qui elle
scrt à expliquer l’ordre des naissances et des morts. » À ce sujet,
M.
A.
Rivaud tenvoie À THÉON DE SMYRNE,
98, 2; Macr., Sat., |, 17, 31 et saepe.
”
Il,
12,
2; Diop.,
Ib
vers s'oppose à l’ordre, à la. régularité, à la beauté, aux principes dont l'union, dans le PAziebe, constitue le bien. +
(1) C'est dans le même sens que JAMBLIQUE écrit (Theologum.
arithm., gp. 61) : tiv ävéyzmv of Geadeyor Ti coù russe ovouvod ÉEwTeré
avrvyt tryout.
Page 67
View in PDF(opens in a new window).
L'âme
mauvaise,
principe
de
désordre,
ne
saurait
se
concevoir que dans l'essence de diversité qui tend à gauche,
par la route oblique et tortueuse des errants, vers les régions
inférieures des ténèbres et de la mort. Mats l'âme bonne,
principe
d'ordre,
reside en
l'essence
d'identité
qui,
toute
doctrines
.
pythagoriciennes...
457
», 72 gUv Zeduiv uxt Le
x
+
ns
Ky
4
s
xt
.
Tunseshes avaliy ivaacuy. si SE dpurviziv nai nate vai Srichiv
VARY Shea. 67 gute; Acissecéans iottensey dy ot cv Vobavessict:
2sesnéviwy
Simplicius,
en
cuya” o (1).
nous
transmettant
observer
qu'avant
ce
précieux
témoidivine, évolue à droite, avec une rectitude et une régularité
gnage
absolue, dans les hauteurs sercines de la lumiére et de la vie.
et à la gauche que s’attachent l'idée du Bien et celie du Mal:
Aussi, voulant faire œuvre bonne et non mauvaise, est-ce au
au haut et au bas, à l'avant et à l'arriere aussi sans doute,
mouvement à droite, celui de l'essence d'identité, et donc au
mais subsidiairement, quand ces éléments de determination
grand mouvement d'ensemble du ciel des fixes, que Dieu a
se présentent avec la droite et la gauche, non pas toutetois
donné la puissance dominatrice ‘x227:5) et l'éminent privilège
quand ils se présentent seuls, sans la droite ni la gauche :...ov
(2).
tait
tout
c'est
a
Ja
droite
d'être la tête (::22%1 des mouvements, pour commander sou-
TERRY Eu syiztoy si Boda val destapa maginateo ei Tuba.
verainement (î:772753v)
“ic, apa wiv fu ce valse nai co nancy dvetinvuta, casa '
à tout ce qui existe,
rien de ce qu:
est n'échappant à ses lois (Z'née, 44 d, ed. Rivaud'.
Dans cette conception
du Monde soumis à
l'impérieuse
Ù
coa yodo giov nai dejar by Advowsy 227 20202: di. Pre 23!
AMAL Tap ivavziz:
22 Zi Em. du sty pay ch Selsey mai apızıspäay
nécessité de la loi morale, il est remarquable que les critères
ow. dv ió Ti mat ti avo nat si uan
qui servent à la discrimination du Bien et du Mal sont préciws ¿ 'Aprorsrér: Mersey, cd yes xvanazwv {Simplic., 2. cil.).
sément les principes qui servent à la détermination des mou-
Cette valeur idéale,
nat
cè Eusscchey atss Îmobev,
bonne ou mauvaise, inhérente à la
vements en sens inverse dont le Monde est animé. Ainsi la
droite et Y la gauche, c'est évidemment l’Essence, dont elles
droite, avec sa tendance vers le haut par-devant, se trouve
représentent respectivement la tendance, qui la leur contère,
être le critère du Bien, et la gauche, avec sa tendance vers
en les investissant de ses caractères propres.
le bas par derrière, se présente comme le critère du Mal.
Représentant la tendance
de l'Essence d'identité, la droite,
Après le jugement qui vient de les séparer en deux groupes,
comme cette Essence même, est drvine. À ce titre, la droite
Platon nous montre en effet d'un côté les justes qui prennent
jouit d’une absolue prééminence : à elle sont dus tous les
à droite la route montante, avec Je l'hellé de leur justification
honneurs, à elle conviennent toutes les digmités, à elle apparpar-devant, et
prennent
tiennent toutes les prérogatives. La nobles de sa nature lui
à gauche la route descendante, avec le libellé de leur condamassigne l'élévation aux suprémes hauteurs et elle ne saurait
d'un
autre côté
les criminels qui
nation par-derriere (Képubl. X, 614 c).
déchoir. Par sa rectitude — car elle est la droiture même —
On n'a pas manqué de reconnaître dans ce passage (1) une
elle se présente comme la règle par excellence, la norme unique
influence orphique ou pythagoricienne. Un témoignage fort
et nécessaire de l’ordre qui s'impose à toute créature. Ayant
explicite d’Aristote ne permet aucun doute à ce sujet : « Les
la puissance, elle est dominatrice et souveraine. Ayant la
Pythagoriciens appelaient bon ce qui est à droite, en hant,
plénitude de la vie, elle est éminemment agissante et créatrice.
en avant, et mauvais ce qui est à gauche, en bas, en arrière,
Comme elle procède de la source du Bien, elle ne peut qu'être
ainsi qu’Aristote lui-même l'a rapporté dans son recueil des
favorable et procurer le bonheur.
(1) Voir lim. Cuamnry, éd. de la République de Platon (coll.
des Relles-Lettres), p.
113, ad loc.
(1) Arıst., fragm. 195, 1513 a, 24 suq.
(2) In Arist. de caelo comment. II, 284 b, 6; éd. Heiberg, p. 336.
Page 68
View in PDF(opens in a new window)Représentant la tendance inverse, celle de l'Éssenc de
Véritable univers en raccourci avec sa double nature et le
458
459
diversité, la gauche est inférieure de nature, de dignité, de
dualisme de ses tendances innées, conscient de son humble
droits. En soi, l'Essence de diversité n'est sans doute pas -
condition d’asservi a une lo: supérieure, mais aussi de son
éminente fonction au centre même de la création, l'homme
mauvaise, puisqu'elle émane de la surabondance de la vie
divine; mais elle est
a été instinctivement porté, par le sentiment du divin qui
vibre dans le tréfonds de son être, à réaliser en son microfaite d’une réalité moins pure, plus
grossière et en elle existe cette tendance au
dérèglement
qu'est précisément la gauche. Tandis que la droite noblecosme
ment s'élève vers les hauteurs, la gauche incline vers ce qui
modèle parfait (1). En lui-même, comme dans le Monde, il
l’ordre
nécessaire
dont
la
création
lui
présente
le
est bas et, de ce fait, apparait comme marquée de déchéance;
elle ne mérite par conséquent ni déférence n1 considération,
des ames, est attestée par le passage suivant du Gorgias de Pla-
Oblique et tortueuse en ses voies, rebelle à l’ordre établi que,
de son propre mouvement, elle prend continuellement à
ton : « Les sages, 6 Kalliklès, — ces sages, précise la scholie, ce
sont les Pythagoriciens -- disent que l’amitié, l’ordre, la raison et
-, Ja justice. tiennent ensemble le ciel et la terre, les dieux et les
contre-sens, elle ferait œuvre perverse d'égarement et de
hommes : voilà pourquoi ils appellent cet ensemble le Cosmos,
è ‘’est-A-dire le bon ordre. » (PLATON, Gorgias, 508 A). — C'est que,
désordre, si elle n'était réduite à l'impuissance et soumise,
‘aux. veux
par contrainte, à une obéissance passive à la norme. Serve,
vouée comme telle à un destin misérable, elle ne présente
rien que de fácheux et ne peut comporter que malheur.
—
Pythagoriciens,
la
vie est partout diffuse dans la
sur la communauté (xoerxóvea) de leur participation à un élément
‚ divin qui est la source de toute vie. Cette grandiose théorie de la
€ parenté de tout ce qui vit » a été signalée par G. Méauris (Re-
* Tels sont les caractères naturellement conférés à la droite
cherches sur le Pythagorisme, 1922, p. 42-43), dans un document
et à la gauche par les deux Essences, l’une incréée et immortelle, l’autre créée et mortelle, dont elles représentent les
des
création et il y a entre tous les êtres une parenté (ovyyivere) fondée
d'inspiration py
| (YUl, 27)
agoricienne que nous a conservé DIOGENK LAERCH
: Ay ts xa oeanvny xui TOs os dotinug #ivur beovs * émexpar
tendances opposées et qui, par leur ensemble, constituent,
di TE y2p robeppiüv dværois, orto ¿ori Lang attiov... xei avéporois etvat Tipos
l’universalité des êtres. En attribuant
à la droite et: ala.
e gay. — Cf. PORPHVRE, De vita Pyth., 19 : Sri mévra tà yevópeva
dp
gauche, en tant que principes de determination du mouvements oe :
: x Senda ouyyivey, xara To petizenGvOnuroy Ospuoi 30 xi mpovoriobar Toy Gey
añ
de l'Univers, le rôle de critères par lesquels se discernent
rationnel qui règne dans-la‘création et:qui-s'impose enn
temps et avec la même nécessité impérieuse, étant la”loi”fone
damentale de la vie,:à toute existence de quelque *nature:
qu’elle soit, matérielle ou immatérielle: doctrine .d’ une:singulière grandeur, qui conçoit les tendances morales :“évoluant”
en harmonie avec la gravitation universelle, et une:“norme
identique régissant à la fois le monde des astres et celti-des'
sr
âmes, dans l’unité du macrocosme constitué. par. le, and
Tout (1).
sous une méme et unique loi, à la fois le monde dés. unecali” SS
(1) La croyance pythagoricienne à un ordre universel.
omnium. inter omnia cognationem esse _ducebat ». — SEXTUS EMPI-
RICUS, Adv. Math., IX, 127 : ot fav ody mepi Tov Mubayspus... poorpi
> nova muto Tphs Aou xalmpos tos Geode etai teva zatutoviuv, ARE zat mot;
infailliblement le.Bien et le Mal, le pythagorisme a donc.vu.
dans la loi morale l’expression, intelligible à tous, de. Yordre. *
fuga àopoyevii. dei:vopisery. — SENÈQUE, Ep., 108, 17 : « ut Pythagoras
:
"tà Roya tov thov... Et Pauteur -ajoute que c'est pour cette raison
que les. Pythagoriciens s'abstenajent de se nourrir de la chair des
aux.
— Sur la théorie de la parénté des Ames et des astres
“tiréede:
Pidentite dé leúrs mouvements! d’après le Timée de Plai ‘tom; ‘voitL. ROUGIER, L'origine astronom. de la croy. pythagoric.
en. l'immortalità des âmes, 1933, p. 68. sqq..
f1};Une:preuve. inanifeste que l'ofganisme vivant ou microcosme
. était dans l'antiquité conçu à l'image de’ l'organisme universel ou
_Inacrocosme nous" est. fournie. par1*haruspicine, science augurale
n ‘qui avaitspécialement pour, abjet-l'examen divinatoire des viscères
“des animaux"sacrifiés: L'häruspiéine, elle aussi, était dominée par
"Ja théorie "du:temple. Elle portait. principalement sur le foie où
es Etrüsèues comme les’Rabyloniens ‘placaîent le siège.‘de la vie.
-+On: a découvert dés foies divinatoires de terre cuite en'Chaldée et
en Asie-Mineure (dans l'ancien, royaume hittite), on en a trouvé
si ‘an de
et.
bronze, . à |tous de ‘one schématique semblable
Page 69
View in PDF(opens in a new window)DiuNir ILALLON
AUGURALE
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
aura voulu que le Bien l'emporte sur le Mal, le divin sur le
compliquait
profane, la vie sur la mort; et c'est pourquoi en lui-même,
obscure,
comme dans le Monde, il aura délibérément donné la préhumain,
dominance à la droite sur la gauche. Ce faisant — et sans
doute le fit-il des qu'il eut conscience ct de lui-même et du
Monde,
c'est-à-dire dès qu'il
fut
—
l'homme attestait
sa
supériorité morale entre les créatures et-sa foi en un sublime
d’une
celle de
question
physiologique,
l'asymétrie
congénitale
les anatomistes ont
«depuis
461
troublante
de
et
l'orgamsme
longtemps constaté certaines
differences de structure entre les deux moitiés de l'organisme
humain (1) : la répartition des viscères dans la cage thoraune
cique et dans la cavité abdominale, le volume et la vigueur
du système musculaire, la sensibilité ut la puissance motricr
cause aussi profonde pour rendre compte du fait, remarqué
du système nerveux, le développement de l'ossature speciaidéal.
Il
fallait
vraiment
une origine aussi
lointaine,
par les philosophes (1), que la distinction du droit et du gauche
avec la notion de la prééminence du droit sur le gauche
est une des pieces essentielles de notre armature intellectuelle.
Il y a dans ce fait une énigme, l’une des plus graves que la
philosophie ait à résoudre. La doctrine pvihagoricienne en
suggere une solution qui semble adéquate et de nature a
entrainer une adhésion sans réserve,
si le problème ne se
lement dans la parle supérieure du squelette présentent de:
inégalités notables entre le côté droit et le cóté gauche, en
sorte que notre corps se trouve être normalement asymétrique
par constitution. Ces inégalités n'apparaissent pas nécessairement dès la naissance;
elles
ne
se
dessinent
Vadulte et s'accentuent avec l'âge, mais
monde avec une
prédisposition
au
nous
que
chez
venons
au
développement
asymetrique dans un sens ou dans l'autre. à la druiterie par conséet couverts d'inscriptions (voir dans NoGARA, Li Etruschi e la
loro civilta, 1933, des reproductions du foie babylonien et du foie
de Plaisance. fig. 101-106.) Ils sont divisés eu deux lobes. La zone
qui entoure les deux lobes est divisée en 16 espaces rectangulaires,
comme le temple céleste (voir plus haut, p. 395, note 4) et sur chacun d'eux est inscrit le nom d'une divinité. — « Le sacrifice établissant une communion entre la vie de l'animal sacrifié et la vie
des divinités célestes qui prenaient possession de son Corps (cf.
Lucan, I, 633; PROPERCE, V, 1, 104), les parties du foie étaient
censées correspondre aux parties du ciel, et les régions que le:
diverses catégories de dieux habitaient dans le ciel étaient localisées de même dans le foie. L’animal et spécialement le foic était
ainsi transformé en un temple où les diverses influences divines
‚et célestes se trouvaient localisées. Non: sommes là en pleine
astrobiologie et nous avons affaire à une de ces applications les
plus saisissantes de la théorie médicale qui, dans les pavs hellénistiques orientalises, a fait correspondre l'ordre et la vie du
_« Microcosme », C'est-à-dire de l'organisme vivant, à l'ordre et à
la vie du « macrocosme a, c'est-à-dire: de l’univers, de l’organisıne
universel, » (R. BERTHELOT, L'astrobiologie et la pensée de l'Asie,
dans la Revue de Métaphysique et de Morale, 1937, p. 507). — Sur
le parallélisme entre le microcosme et le macrocosme dans le
Timée de Platon, voir 1. Rousier, L'origine astronomique de la
croyance pythagoricienne en l'immortalità des âmes, p. 68 sqq.
{1) Voir HAMELIN, Essai sur les éléments principaux de la représentation, p. 76.
(1) Sur l'asymétrie de structure de l'organisme humain, en rapport avec 14 droiterie et la gaucherie, voir F. W. THEYLE, Gewichts
Bestimmungen zur Eutwickelung des Muskelsystems (dans Nova
Acta Academica, Halle, 1884, p. 20 sqq.); JOBERT, Les gauchers
comparés aux droitiers au point de vue anthropologique et médicolégal {thèse prés. à la Faculté de Médecine de Lyon, 1585); C.
HAssE, Veber Gesichtsasymmetrien (dans Archiv für Anatomie wird
Gesichtsasymmetrie, Leipzig, 1887, p. 123 sqq. : Anatomische Ah.
teilung‘); H. MarikGka, Ueber Asvinetric der Extremitaten, tm
Osteologischen Material geprüft (Prager medicinische Wochenschrift, 22 novembre 1893); Laxastrix, Zur Kenntniss der Rechts
und Linkshändigkeit, (Deut. med. Wochenschrift, 1900, p. 513 SQg.) :
STIER, Untersuch. Ueber Linkshändigkeit, lena, 1911; J. HERBER,
Essai d’unc théorie clinique de la droiterie (Mém. prés. a 1’Académie de Médecine, 12 nov. 1912); RÉGXAULT, Pourquoi on est droitier (dans la Revue scientifique, 23 juin 1914).
Pour Vexposé et la discussion des diverses hypothéses émises
afin d'expliquer Ja droiterie et la gaucherie, voir J. J. Van BIERVLIET, L'homme droit ct l'homme gauche (dans la Revue philusophiguc, 1899, P. 113-143, 276-296 et 371-389); DANIEL Wilson, Let!
handedness,
Londres,
1891, p.
handigheid, Amsterdam,
149 sqq.; J.
1892, p.
JAcors, Ons.
22 sqq.; J.
JacKsox,
Rechts-
Ambidexterity, Londres, 1905, p. 41 sqq.; Jos. Ioreyko, Théorir psychophysiologique de la droiterie (dans la Revuc philosophique, 1916,
t. I, p. 516 «qq. et t. Tl, p. 65 sqq.).
Page 70
View in PDF(opens in a new window)quent ou à la gaucherie. Or la plupar
t des hommes,
08
d'après Van Biervliet (1), sont droitiers; très ” >, la
cont
seulement, d’aprés le méme auteur, sont vanes ne
peut-on dire que la droiterie est physiologiquement n i nni
chez l’homme, et Ja gaucheric, anormale. La Vénu
s de
est un type idéal de beauté normale: elle est droiti Me
tre NN
Par contre, grande est la proportion des gauchers barn pa
enfants anormaux, de méme que chez les fonic
a n les
hommes criminels, et la gaucherie est tenue,
du point de vue
clinique, pour « une inversion psycho-motrice
et parte s
viscérale, un renversement morbide, une vraie asymetrie
le sens pathologique, comparable aux stigmat
es (3) ».
i
dans
Toutes les recherches entreprises pour expliq
uer l'origine
de la droiterie et de la gaucherie montrent
surabondamment
qu’il s'agit
là d’un phénomène essentiellement
primitif
Parmi les hypothèses émises, les unes —
ce sont les los
nombreuses — voient l'origine du phénomène dans l'orge,
nisme même, mais ne s'accordent pas sur
la cause organique
déterminante : c’est, pour Dareste, la positio
n de l’embryon
dans Putérus (4), pour Chudleigh, une distrib
ution inégale
et par suite une pression unilatérale du sang dans le corps:
por Hyrtl, la disposition des grosses artères qui siliconi
de l'aorte; pour Buchanan, la préoccupation
instinctive et
inconsciente du maintien de l'équilibre, résultan
t de l’inégale
répartition des viscères; pour Herber, la loi du siolinire
effort pour éviter la fatigue du coeur; pour Gratiolet et Broca
la prédominance, en raison sans doute d’une meilleure ierigation sanguine,
de l’hémisphère cérébral qui est le centre
d'innervation (5).
(1) VAN BIERVLIET, op. cit., p. 140.
463
De toutes ces hypothèses, la seule qui semble avoir résisté
à l'épreuve des faits est celle qui rattache la prépondérance
de la main droite au développement plus considérable du
cerveau gauche où s’innervent les muscles du côté droit;
comme disait Broca, « nous sommes droitiers de la main,
parce que nous sommes gauchers du cerveau », Encore a-t-on
justement fait observer (1) que le développement plus considérable du cerveau gauche pourrait bien être, non la cause,
mais plutôt l'effet de la droiterie; car un organe $e développe
par l'exercice et l'activité plus grande de la main droite,
exigeant un travail plus intense des centres nerveux gauches,
a nécessairement pour effet d'en favoriser le développement.
En raison de la difficulté que l’on éprouve à assigner à
l'asymétrie une cause organique certaine et adéquate, en
considération aussi du fait que les animaux les plus voisins
de l’homme sont ambidextres (2), quelques auteurs pensent
que ce n'est pas dans l'anatomie qu'il faut chercher l’origine
de la tendance à peu près générale des hommes à la droiterie,
mais exclusivement dans des conditions extérieures à l’organisme (3). S'il en est ainsi, on doit admettre qu'au commencement existaient « des types humains parfaitement symétriques... La grande majorité de ces types symétriques,
guidés par des idées philosophiques ou religieuses ou esthétiques, a préféré la main et le côté droits et les a systémat'quement développés; comme conséquence s'est produit le
développement plus considérable de l'œil droit, de l'oreille
droite, etc. Ainsi s’est formé petit à petit le type de l'homme
droit. L'usage, persistant en vertu des idées transmises
d’abord, et plus tard l’hérédité, déterminant une prédominance congénitale, ont créé le droitier. Par usage continu et
transmission héréditaire, ce type dut nécessairement se ren-
E ne op. cit., p. 123. — VAN RIERVLIET, op. cit., p. 121.
‘
on
en
on Er
vers
tolls op. ot, Nes
laquelle
sont
penche
extraites
de
Van
BIERVLIKT,
l'exposé
de
J.
(1) La remarque i été faite par HERTZ (p. 554) dans une étude
que nous analyserons plus longuement tout à Phetre,
(2) Rou, La taille des grands singes (Revue scientifique, 1889,
p- 198). — JACKSON, op. cit., p. 27.
(3) Jacobs, op. cit., pp: 30, 33.
Page 71
View in PDF(opens in a new window)forcer de plus en plus et devenir de siècle
caractéristique (1) ».
o
Mais comment dans cette hypothèse
expliquer,
sivcle
plus
en f;
droitier traditionnel, le cas du gaucher, demi Le i te s
ment d’une série de droitiers, qui exerce de one hinged
main gauche ct, par ce simple exercice, enraye taie are ~
465
interdit qui pèse sur la main gauche, l'un et l'autre d’institution sociale. Scule, en effet, la main droite cst exercée et
cultivée: la main gauche, au contraire, est comprimée, tenue
dans l'inactien, méthodiquement entravée dans son développement. Par suite, l'homme est devenu un être unilatéral, une
De plus, comment se fait-il que, malgré la coercition al is
espèce d'hémiplégique ne pouvant se servir que d’un côté de
son corps. La raison ne lui conseillait-elle pas, pour réaliser
le plein épanouissement de ses facultés physiques, de chercher à corriger par l'éducation l’infirmité du membre que la
chers gardent toute leur vie une ,préférence instinctive none
] usage de la main gauche (4) ? Il faudrait bien aussi xh
la même époque où la majorité des hommes Rental
commençait à se déformer et à créer le type de plus en n À
marqué de l'homme droit, une minorité, präsent la È n
convenablement exercée et entraînée. le main gauche rend
des services à peu près équivalents à ceux de la droite (1), ct
les méthodes de culture bimanuelle qui ont été appliquées
écoles
depuis quelques années, particulièrement dans lesrésult
ats
des
déjà
donné
anglaises et américaines, ont
de l'hérédité au point de devenir « un type dom eni
reusement et mathématiquement opposable au pueden {23 n à
cruelle que la société leur impose dès l’enfance (3) los a
et le côté gauches, commençait À créer, par l'exercice constant
et l'hérédité, le type de plus en plus accusé de l'homme
gauche, de manière que la somme des exercices faits par ls
deux espèces d’hommes soit à l’heure actuelle tout à
fait
égale (5). On conçoit difficilement, étant donné la sévérité
nature avait le moins favorisé ? L’expérience démontre que,
concluants (2). Si la main gauche est impuissante, c'est donc
surtout parce qu'elle est délibérément négligée. La gaucheriee
est considérée comme une tare n’inspirant, dans une societie
fruste, que mépris ét aversion (3), tandis que la droiter
se présente comme un idéal auquel chacun doit se conformer,
tence de tendances organiques A l'asymétrie, affirme En
sous peine de sanctions sévères. « Ainsi l’asymétrie organique est à la fois, chez l’homme, un fait et un idéal. L’anatomie rend compte du fait, dans la mesure où il résulte de
la structure de l'organisme; mais, si avancée qu'on la
suppose, elle est incapable d'expliquer l'origine et la raison
ces tendances, quelle que puisse en &tre la cause,
d'être de l’idéal (4) ».
des entraves sociales qui lui furent imposées, que la gaucherie
ait pu parvenir à une telle parité d’efficience.
; Une autre théorie, exposée par Hertz dans une remarquable
étude sur la polarité religieuse (6), sans méconnaitre l'exis.
sont manıfestement insuffisantes à elles seules pour rendre compte du
privilège exclusif dont jouit la main droite et du véritable
(1) Van BTERVLIET, op. cit
N
I > BIERVLIBT, op. cil., ue si
3)
D'après le Dr. Jacons (op cit }. dans les
é
les indigènes ligotent le bras gauche de leurs chante ee
u
D'apres
le
s
.
cit.},
dans
de
E
IIERTZ
les
Indes.
empécher de s’en servir,
(4) kC'est encore une remarque
Néerlandaises
re
(p.
555).
entraînement
ome
nea fera
eh d’ un gaucher
che un droitier
iti », affirme
it VANa BIERVRent
—
Auc
a Van BIERVLIET, Op. cit., p. 384
) Hertz, La prééminence de la mai droi
rité religieuse (Revue philosophique, 1909, pp. sa) nba
n
ent
(1) Les gauchers, observe Hentz (op. cit., p. 556), devienn
remarquer
généralement ambidextres, par rééducation, et se font
ale «.
par leur habileté : ils bénéficient de la dextérité congénit
'
droite.
leur
de
acquise
é
habilet
de
leur main gauche et
trous
(2) D'après JACKSON, op. Cil., p. 195 544-5 Lynon, sAmbidex
américaines
drawing, Londres, 1900; OMER BUYSE, Méthode
e qu'il
d'éducation, p. 145 394. — À ce propos, Hertz fait connaîtr
tral
Ambidex
une
années
s
quelque
depuis
rre
Anglete
en
existe
,
Culture Society
une société
(3) Les sentiments qu'inspire un gaucher dans
à ceux qu'inspire
fruste sont comparés par Hertz (op. cit, p. 557)
un non circoncis dans les pays où la circoncision fait loi.
(4) Hertz, op. cit., D. 557.
Page 72
View in PDF(opens in a new window)DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
6 Après avoir fait observer que
c'est sous une lorme mys.
:
:
ue,
Le dualisme inhérent à la pensée des primitifs domine
leur organisation sociale (1). Les deux moitiés ou phratries
que i “pre de Ey fr et d’émotions
religicuses
spie o n 1 les idéaux qui, laicisés, domine
nt
vetada mude e re conduite a)
cation de peli .
rm
Ù
Hertz cherche dans
oe collectives » Pexplige exc Hstvement réservé à
la main droite
nystérieux interdit imposé
à la main gauche, O
y
sommairement, les constatations que cette étude fe on,
pour hous Fo
nc"ee rg à faire :axellesna sont
Lin dans la pensée
* primitive, l'asymétrie polis
.
:
è
NI
onsidéra
téres identiques, test à l'image"CR etn - ri
sclle, la question de la droiterie et le 7 SESE Milk.
plus, contre nous, soulever AN a regi >: alpeuse
conciliant sous une loi commune.
|
mn
seal abe peuprss pra, la const
itution du monde spiripor
icre,
ne Opposition
du pur d'une
fondamentale
:
celle
du
qui constituent la tribu s’opposent réciproquement comme le
sacré et le profane : l'une, au sommet, cst essentiellement
noble, vouée aux œuvres supérieures et occupe Ja droite dans
l'espace tribal; l'autre, tout en: bas, est vile, vaque aux
besognes immondes et occupe la gauche (2).
la même conception préside à la répartition des individus
suivant leur sexe : l'homme est sacré, la femme est profane.
Le mâle représente la force active qui crée et préserve la
vie: la femelle représente la faiblesse impuissante et passive,
apte seulement aux œuvres de sorcellerie et c'est de l'élément
femelle que viennent tous les maux, la misère. et la mort (3).
L'univers entier se partage en deux mondes contraires où
s'affrontent, en une lutte perpétuelle, le divin principe du
bien, de l'ordre, de la vie, et le principe démoniaque du mal,
du désordre, de la mort. Durant le jour, s'exerce l’activité
bienfaisante des êtres de lumière; durant la nuit, se déchaîne
la malfaisance des puissances de ténèbres. A l'Orient et au
Midi, avec le soleil, la vic monte et rayonne; à l'Occident
et au Nord, elle descend et s'éteint. Là-haut, au ciel, c'est
divin
paret
t,
du dé
de l'impur d’autre sett na raison ae E
par la vertu de certains rites, les bros. = e
n
art;
n
mé
se
E ly,
ranger,uch
à 20
bles symboliques
mer
ables
>
:
ssi
l'une :
eux
l'autre,
opposés,
dans
l’une ou
incompatibles,
impénéspécial
la demeure sacrée des dieux immortels; ici-bas, Sur terre,
c'est la région profane des mortels, ct plus bas encore, sous
parmi les puissances surnatu-
Partout domine le même dualisme. Comment le corps de
categories
ayant
chacune
sa
sphère
ieee fants différant de pouvoir et’ de dignité, li
=ee erses que,
ce
*
aga
ses
n
s
ont
ercent
un
en
caractère
harmonie
avec
régulier et
la
nature
auguste qui
terre, le repaire des démons (4).
l’homme, le microcosme, échapperait-il à la loi de polarité
des
qui régit toutes choses? « Une telle conception, déclare
inspire
ation et la confiance; les autres au
contraire violent
et troublent l’ordre universel et le
respect qu’elles i
est fait surtout d'aversion et de crainte (2)
—_
à Mc GRE;
(1) Sur la dichotomie sociale, HERTZ (p. 559) renvoie
Ethn., p. 836
Primitive numbers (19 th. Ann. Rep. Bur. of. Amer.
s formes primitives
sqq., 845); à DURKHEIM et Mauss, De quelque
p. 7 sq).
VI,
t.
gique,
sociolo
Année
(dans
ication
classif
de
l'une à
Tuhoë
a = représentations ont été notées fddement ve
Br Phan
la tribu,
(ay Cette répartition des deux moitiésau decours
des cérémonies
droite, l’autre à manche, dans le camp,
p. 52 sqq-; par
ete,, est attestée par DURKIIEIM et MAUSS, op. lcit.,
ia, pp. 28,
Austral
Centra
of
Tribes
rn
Northe
Gruss,
et
r
Spence
celand
577.
(1)
HERTZ, » op. OP.
È
Pie
citcit.,
“PD,
p, 658.
SES
— „Pa
La
plupart
plupart
;
faits
€
Manris où pluss ones
ue l'étude de Hertz pruvivtitient des
cxactement de la tribu ‘très primiti
Maoris
Fu
Ji
Bi,
E
's
des
faits
ve
ethnograde
ie
ela a articles publiés par les Transactions
of thea Nesi
Insti ‘ute et le Journal of the Polyne
sian Society
(2) HERTZ, op. cil., y. 558.
u
a
(3) Proverbe maori. — HERTZ, op. cit., p. 561.
(4) CI. l'opposition grecque des divinités célestes et chtoniennes,
Page 73
View in PDF(opens in a new window)¡ pas sculement une inexplica
Hert
: rtz, ne serait
ble anomali
ruinerait toute l'économie du monde
|
male,
aux mots « droit » et « gauche » : le premier s'emploie pour
exprimer des idées de force et de « dextérité », de « rectitude » intellectuelle et de bon sens, de norme juridique, de
canon du bon ct du beau, tandis que le second évoque des
»
elle
est
au
centre
de
la
création,
c’est
|
nani.
.
puler, P pour les diris.
mger au micux, les forces redoutables nt
font vivre et qui font mourir
(1) ».
De fait, le dualisme fonc
ier qui se manifeste da
idées toutes contraires (1).
uni
vers se manifeste aussi dans l'ho
mme; il Ave sen ser
en deux parties opposées
de nature et on
sas
caractère : l'une, bonne et sacrée, la
droite: l’autre
N ‘a
= mauvaise, la gauche. L'antith
èse du Het si du mal
aa
5 apercoit déja, rien qu’au choix
des vocables
. les
désigner, Pune et l’autre: tandis que
la pao à
droite se fait remarquer par la stabi
lité dui ® hei
unique (2), auquel on semble s’étre comp
lu en raison de Ñ
signification heureuse, au contraire
pour désigner la emu e
on a eu recours à des termes instables,
multiples (3) voire
à des antiphrases (4). comme si les
mots ne tardaient a i
etre contaminés par la réalité à laquelle
ils servaient de Ri ne ì
ou comme si Pon évitait d’emplover le
mot propre me x
sorte
d’appréhension éprouvée à l'égard du côté «
(5). La même antithèse apparaît
ie à
* (1) HERTZ, op. cit., p. 562.
BRE
à
Mone
sua,
gr.
detre,
lat.
sous des forınes diverses
dex-ter,
Henn, desz-ine, v. slav. des-nif, got. taihs
-wa Les si
ateini
gs
sches
v,
irl.
Etymologisches
Wörterbuch,
1907-1916,
del-eds,
dess
=
&d.
{=
ct
Heidel-
Paris pijo s. v. dexter; Borsaco, Dict. étym. de la langue grecque
>) =
eidelberg,
s.
v.
ete.
|
as a Hui A “i IL
i signaler plusieurs de ces
formes
>:
ET.
Aes
‘cé (cf. lat. clivusì,
.
lat.
‘
(lat,
ete.. (1(v.
dénominations de à gan
i
€
s
a
lacves),
gr,
h
plus haut,
gauche,
i
v.
soc
(lat
Do
4289),
p. 426-7).
indogermanischen Att
Altertums
iskunde, 1901,
i
O.
m.
-
itl
—
Su
con
— S
r
Muero
s
diverse
s
en ae
SCHRADER,
Reallexi
Serg
ei
]
BRUGMANN, Lateinische Eivmologie
n (dans Rheinisches Museum,
t
NLIT, 1888, p. 309 sqq.).
.
"o
x
en
á
di Par exemple, en
ie oe
1
arg
eo
Sar
REC
Evumıs
a
heureux
bischen Heidentums, 4, p. 199.
be ae E, semble, dit
dictions
de
»
s.
vv. vv. Recht
$.
s
Rechts
CL
dorrspis,
en
und
Links;
zend vairy-
8 en v. li, all, winistar (de
wini, « ami »)
(=
M.
»),
eto.
MEILLET
vocabulaire
dans
Mais c'est surtout dans leur application aux réalités diverses du monde humain que la droite et la gauche [ont voir
la profonde opposition de leur nature et de leur valeur.
Dans la croyance populaire, sur notre droite plane la
blanche figure d’un bon ange, mais un ange noir et mauvais
tient notre gauche sous sa domination. La droite en effet
est le côté des dieux, la gauche le côté des démons (2), et
l'on se tourne vers la droite pour s’attirer la faveur des
puissances célestes tutélaires (3), vers las gauche, pour écarter
de soi la menace des puissances infernales toujours prêtes
à nuire (4). Etant vouée aux dieux, la droite est sacrée et
seule elle est digne d'exercer la plus noble des fonctions,
celle du culte divin : c'est du pied droit que l'on entre dans
le lieu saint, et de la main droite que l'on présente aux dieux
l'oblation sacrée (5). Inversement, c'est du pied gauche que
dans la signification donnée
ana Fi Freegg qui
se ee
Ans
469
:
v.
Wi
ISK
ra-
PSE re
(Quelques hypothdses sur des
les
langues
indo-européennes
p. 18 sqq.; v. dans Linguistique historique et générale, p. 281),
qu’en parlant du cété gauche, on évitait de prononcer fe mot propre
et qu'on tendait à le remplacer par des mots divers, constamment
x
renouvelés. »
(1) HERTZ, op. cit., p. 564.
(2) HERTZ renvoie là-dessus à Von Meyer, Ueber den Ursprung
von Rechts und Links, dans Verhandlungen der Berlin, Gesellsch.
f. Anthrop., t. V, 1873, p. 26; GBRUARD, Ueber die Gottheiten der
Etrusker, p. 54 sqq.; Port, Die quinare und vigesimale Zählmethode, p. 260, et il rappelle que, chez les Grecs et les Romains, la
droite est invoquée fréquemment dans les formules d ‘ohsécration;
ef. Horat., Ep., I, 7, 94 squ. : quod te per genium dextramque
deosque penates obsecro et obtestor, -— Cf. Srrmi., Die Gebärden der
Griechen und Romer, D. 29, U. 5.
3
3) OL SonrAner, of. cit, s. v. Gruss; Ei, Boknart, Les traditions islamiques (trad. Moudas et Margais), I, p. 153.
(4) Cf. PLaron, Lois, 4, 717 A i tats ylIuslor Denis... Aproteoà veutov
agitata to tis ebacheing armo TU ZG.
(s) Strri,, op, cit., p. st (n. 2) el p. 88 sqq.; Stmrsox, The Buddhist praying wheel, p. 231.
Page 74
View in PDF(opens in a new window)l'on pénètre dans les lieux hantés par les djinns (1) et, s'il
faut calmer les âmes des morts ou les puissances inlernales
par l'offrande d'un présent, la main gauche est toute désignée pour ce sinistre contact (2) . vouée aux démons, la
gauche n'est pas seulement profane, elle est impure et ne
saurait sans désordre grave servir qu'aux pratiques de sorcellerie, aux rites funéraires et,
471
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
SIGNIFICATION AUGURALE
d'une façon générale, aux
besognes immondes (3).
La noblesse de la droite et la bassesse de la gauche sont
physiquement évoquées par des gestes rituels figurant le haut
et le bas : les derviches tourneurs tiennent la main droite
levée, paume au-dessus, pour recucillir les bénédictions
liée : au jour du jugement, comme dans le mythe platonicien, les justes glorihes montent au ciel à la droite du Christ,
pendant qu'à sa gauche les réprouvés descendent aux enters,
couverts d’opprobre et de confusion (1). Avec le temps, la
différence de dignité entre la droite et la gauche s'est beaucoup atténuée, et pourtant aujourd'hui encore les règles de
l'étiquette, procédant directement du culte, nous font avec
un soin scrupuleux attribuer à nos hôtes la droite ou la
gauche, selon le degré qu'ils occupent dans la hiérarchie
sociale (2).
La droite n'est pas que le côté de la préséance, elle est,
célestes que la gauche,
également celui de la force active ct de la vie : de la droite
émanent et vers la droite convergent les influences vivifiantes
pour évoquer l'idée de « haut », la main droite est élevée
passive et de la mort : de la gauche ne proviennent et vers
baissée vers.la terre, transmet au
monde inférieur (4). Chez les Indiens de |’ Amérique du Nord,
au-dessus de la gauche, qui est tenue horizontale et immobile, tandis que l’idée de « bas » s'exprime en abaissant audessous de la droite « la main inférieure » (5). Les Pythagoriciens, au dire de Plutarque (6), quand ils croisaient les
Jambes, avaicnt soin de ne jamais mettre la gauche au-dessus
de la droite.
|
Aussi la droite, de par sa prééminence, est tout naturellement à l'honneur, alors que la gauche est honnie et humi-
(1) Lane, Modern Egyptians, p. 308. — C'est par la porte gauche
que les pécheurs sont expulsés de l'Eglise (MARTENE, De antiquis
Ecclesiae ritibus, 11, p. 82).
(2) D'après KRUIJT, Het animisme in den
Pp. 259 et 380 (n. 1).
Indischen
Archipel,
(3) HERTZ, op. cit., pp. 570 et 573, avec nombr. référ. — Dans
los rites funéraires et dans les exorcismes, c'est « 4 contre-sens »
et
en
présentant
la
gauche
qu’on
accomplit
(SIMPSON, OP. cit., p. 75 sqq, 90 Sqy.,
le
tour
cérémonicl
183 sqy.; JAMIESON, Elynrological Dictionar of the Scottish language, 2, s. v. viddersinnis).
Les sorcières :
mage
. ntent la gauche au diable pour lui rendre hom-
(JAMIESON, 1.
c.).
|
|
(4) HERTZ, op. cit., p. 566, d'apr. SIMPSON, op. cit., p. 138.
(5) MaLLeRY, Sign-langnage among the North-American Indians
(dans Ann. Reports of the Bureau of Ethuglogy, |, p. 364). -HERTZ, op. cil., p. 569.
(6)
TLUTARQUE, De vit. pud., 8.
et salutaires; par contre, la gauche est le còté de la faiblesse
la gauche ne tendent que des influences déprimantes et lethiféres (3). Voila pourquoi la droite est la main de la lance,
la main puissante de l'offensive; et la gauche, la main du
bouclier, réduite par son impuissance à la délensive (4). On
renforce l'organe faible et particulièrement menacé au moyen
au
d’amulettes, tel cet anneau que nous portons toujours
£
aphic
‘importance de la droite et de la gauche en iconogr
L'art reli
e de Dieu, p. 186, et MALE,
= aa, Histoir
Pr olXIII
siècle en France, p. 224 5qq., 229.
gieux du
p . 572 et 573.
¿RTZ, Op. Cit.,
— Cf. DARMESTETER, Zend-Avesta, Il,
Lage
cit.,
“i
Seon
la
|
.
na
64.
129, n°
P». gdo
auteurs (par ex. Carlyle cité par WILSON, op. wg
an Anthropologist,
p. 15; CusHInc, Manual concepts, dans Americdifféren
t des deux
rôle
t. V, 1892, p. 290) ont cherché dans lestructu
re de l’organisme,
de la
combat, qui résulterait
au des
mains
représentations sur la droite et la gauche. FA
l'origine
574-575), er re
comme le fait remarquer HERTZ (of. cit., pp.
penseji ra
pour la cause ce qui west que l’effet. Hertz
et pre { Ha
{Races et peuples de la terre, p. 316 sqq.)
r dérive du bá on
bouclie
le
que
sqq.)
352
p.
r
Kultu
der
chichte
dextérité. Je suis
grande
une
e
suppos
ent
maniem
le
à parer, dont
er s'explique plutôt, june
porté à croire que l'usage du bouclimoyen
défense passive dn
l'emploi de l’amulette, en tant que exposéde
côté gauche, particulièrement faible et
Page 75
View in PDF(opens in a new window)préter serment et conclure les traités, tandis que la main
quatriéme doigt de la main gauch
e, au « doigt du charn
et qui à l'origine était destiné
à nous préserver de la las i.
nation (1). Le sang extrait du côté
gauche fait rity tae,
mais la plaie d'où coula
le sang qu: régénère le mond
e ei
toujours figurée sur le flanc droit du Christ
crucifie
un
instinct
pieux et
pour
ne
boire
à cette
source
Par
praline
aucun germe de faiblesse, il y
eut des saints qui au berceay
refusaient obstinément le sein gauch
e de leur mère (3). Si
dans le même sens que le soleil, on
tourne trois fois puta
d'une personne ou d'un objet quelc
onque en lui présentant
le cóté droit, on épanche sur l'étre ainsi
enfermé dans un
cercle magique l’énergie vitale et l'infl
uence bienfaisante qui
rayonnent de la droite et si,
de la même
autour
autour
d’un
objet
sacré
s'imprègne soi-même,
ou
façon,
d’un
lieu
l'on tourne
saint,
l’on
par la droite, de la vertu qui réside
en cet objet ou en ce lieu; procéder au
rebours, en tournant
à gauche et en présentant sa gauche, serait
à la fois sacri.
lège et funeste (4).
Enfin — constatation importante entre toutes — la main
droite est celle de la bonne foi (5), légalement
habilitée pour
(1) Hertz, op. cit., p. 566. — Cf. art. anulus et
amuletum, dans
DAREMBERG et SAGLIN; sur le mot scacvola (de
scaevus, « gauche »)
quí signific « charme protecteur
», v.
VALETON, De modis auspicandi Romanorum, dans Mnemosyne, t. XVII,
P. 319. — Cf. Hor-
MANN, Ueber den Verbolungs — und den Trauring,
dans Sitegsb.
d. Akad. d. Wissensch. Wien, Ph. Hist. CL, t.
LXV, p. 850.
(2) HERTZ, op. cit., p. 571, avec référ.
(3) USENER, Götternamen, p. 190-1.
(4) V. plus haut, pages 287-294. — Sur la pradakshi
na brahmanique et
le
deasil
irlandais,
voir GOBLET
D'ALVIELLA,
473
Croyances,
gauche est celle du parjure, de la trahison et des fraudes (1).
Par exemple — pour ne citer qu’un fait juridique parmi tant
d'autres — l'union des mains droites fail le mariage consacré
par la loi ct les enfants qui en naissent, eux seuls, sont légitimes: quant au mariage conclu « de la main gauche », il
constitue une union clandestine et irrégulière, dont ne peuvent naître que des bätards (2). C'est que la notion du
« droit », confrontée avec celle du « gauche », a dès l'ori.
gine et avant même sans doute d'être appliquée à l'un des
côtés du corps, exprimé « l’idée d’une force qui va droit à
son but par des voies normales et sûres, par opposition a
ce qui est tortueux, oblique et manqué (3)' ». C’est donc en
définitive que la droite par sa rectitude même est contorme
à la norme qui s'impose, tandis que la gauche est perverse
et contraire à l’ordre.
.
Résumant toutes les constatations de son enquéte, Hertz
conclut : « Ainsi, d'un bout à l’autre du monde humain, dans
les lieux sacrés où le fidéle rencontre son dieu, comme dans
les lieux maudits où se nouent les pactes diaboliques, sur le
trône comme à la barre du témoin, sur le champ de bataille
et dans l'atelier paisible du tisserand, partout une loi
immuable règle les attributions des deux mains. Pas plus
que le profane ne peut se mêler au sacré, la gauche ne doit
empiéter sur la droite. L'activité prépondérante de la mauvaise main ne saurait être qu'illégitime ou exceptionnelle, car
c'en serait fait de l'homme et de tout, si le profane pouvait
jawais prévaloir sur le sacré et la mort sur la vie. La suprématic de la main droite est à la fois un effet et une condition
rites, institutions, Paris, Geuthner, 1911,
t. I, p. 8 sqq., 14 Sqq.;
nécessaire de l'ordre qui régit et conserve la bonne créa-
Lusratie-Gebruik, dans Versl. en Mededee
l. d. Kon. Akad. %. Wetensch., Afd. Letterk., IV, :, et mon chapitre consacré
à la valeur
rituelle du tour à droite et du tour à
gauche.
tion (4)-».
SIMPSON, op. Cil., pp. 75, 90, 183 sqq.; CALAND, Een Indogermaansch
(5) Les Romains dédiaient la droite à la Bonne Foi;
cf, la formule
rapportée par Tite Live pour le serment
: « Date dextras
fidemque... + (T. Live, 1, 58); sur la
manus romaine, v. DAREMBERG et SAGLIO, s. v. manus, et Sırrı,
op. cit., p.
arabe
129 sqq. — En
le serment porte le nom de jamin, « la
droite »
HAU, ©
cit., p. 186.
: cf. WELıdi
(1) Cf. PeauTe, Persa, II, 44 : furtifica laeva. — En persan,
« donner la gauche è vent dire « trahir : v. Pictur, Les grigines
indo-européennes, Ill, p. 227.
(2) HERTZ, op. cit., p. 572.
13) HERTZ, op. cit., p. 564.
(4) HERTZ, op. cit., p. 576.
Page 76
View in PDF(opens in a new window)DE LA
C’est exactement la conclusion à laquelle nous avons about:
nous Sena par une
voie différente (1). Il se trouve donc
que
l'étude comparée des représentations collectives, ayant toute
la valeur
probante
analyse de la
solution
d'une
expérimentation, s'accorde avec
doctrine pythagoricienne pour donner une
identique
de
l'important
problème
que
pose
fa
DROITE ET DE
LA GAUCHE
475
profane, leur valeur représentative du Bien ou du Mal que
d'une particularité, sinon fortuite, du moins toute adventice
et de minime importance, qui git obscurément dans le corps
humain et qui n’a rien de commun avec le sentiment religieux! N'est-ce pas, après l'avoir invoqué, répudier le témoi- :
gnage formel de la » conscience collective » qui voit dans
prépondérance de la droite sur la gauche. Cette prépondéce caractère et dans cette valeur des propriétés inhérentes à
rance, dès lors, s'explique aisément et comme fait et comme
l'essence même de la droite et de la gauche? Ce n'est pas
idéal, s’il est vrai qu'à l'origine, par suite d'une asymétrie
organique, elle existait déjà, du moins à l'état de tendance
tout. Puisqu’à la droite s'attache, avec l’idée du Bien, celle
naturelle, dans le microcosme, et qu’elle existait aussi, depuis
celle
toujours, dans le macrocosme, avec la valeur catégorique
l'homme et, qui pis est, en son corps, la raison déterminante
ment impérative d'une norme divine qui s’imposait à toute
la création : la tendance innée à la droiterie, devenue légale
de la différenciation du Bien et du Mal, la cause fixatrice
d'une obligation morale, et à la gauche, ‘avec l’idée du Mal,
d'un
interdit,
n'est-ce
pas
aussi: faire
résider
en
en vertu même de sa conformité à la norme et sanctionnée
de l'obligation et de l'interdit et en fin de compte le fondement même de la loi morale ? La conscience unanime des
par une consécration religieuse, à eu
la
faveur de pouvoir
peuples atteste que l'homme n'est pas à lui-même sa propre
bien à l'aise se développer par l'exercice et se transmettre par
loi et qu'il est assujetti corps et Ame à un ordre établi par
l’hérédité en se renforçant de génération en génération, alors
une autorité distincte de lui et supérieure à lui.
que la tendance à la gaucherie, chaque fois qu'elle apparaissait, était justement abhorrée en tant qu'inversion pathologique et impitoyablement réprimée comme étant illégale.
_
Il est surprenant qu'après avoir reconnu combien la question de la droiterie et de la gaucherie dépasse les. limites de
l'organisme humain par le-sens et la portée de l'idéal qu'elle
révèle, Hertz ait cru devoir,
faute d'une explication meilleure, se résigner fihalement à voir dans la structure même
de l'organisme (2) la cause déterminante qui a fait assigner
à la droite plutôt qu'à la gauche le privilège du rang, de la
dignité et des droits : « Une asymétrie corporelle presque
insignifiante suffit, dit-il,
à diriger dans un sens et dans
l'autre des représentations contraires déjà toutes formées (3) ».
Ainsi la droite et la gauche, indifférentes par nature à l'idéal
qu'elles expriment,
—
ne tiendraient
—..._
{1} V. plus haut, p. 459-460.
{2) HERTZ, op. cit., p. 577.
(3) Hertz, op. cil., p. 578.
leur caractère sacré ou
Nous pensons avec Hertz, mais pour des raisons autres
que les siennes (1), que les lois de l'orientation religieuse,
(1) Aux partisans de la théorie basée sur les lois de l'orientation
religieuse (v. Vox MEYER, op. cil., p. 27 sqq., et Jacoss, op. cil.,
p. 33 sqq-), Hertz oppose d’abord une raison de principe : « I.
monde extérieur, déclare-t-il (op. cit., p. 577}, enrichit et précise
les notions religieuses, issues du fond de la conscience collective,
mais il ne les crée point. » Cette raison, nous devons l’examiner,
nour autant qu'elle intéresse notre thèse. Quant aux e faits contraires, d'une portée décisive », qu'il leur objecte aussi, ‚nous
n'avons, pour notre part, à en retenir qu'un seul, à savoir que,
si les représentations solaires jouaient le rôle qu'on leur attribue,
la droite et la gauche devraient être interverties chez les peuples
de l'hémisphère austral; or la droite des Maoris coincide avec la
nôtre (ibid.). l'argument nous touche et il nous L
y répondre.'
Mais nous ferons au préalable observer qu’en Nbuvelle-Zélande,
leur habitat actuel,-les Maoris ne peuvent être considérés comme
des autochtones : ce sont des immigrés, apparentés comme type
humain à la race blanohe caucasique (voir DENIKER, Les races et
les peuples de la terre, 1900, pp. 574 et 578; cf. E. PLartarp, Les
races et l'histoire, 1924, pp. 483, 559, 565; E. GRANGER, J gs ? 365
humaines, Paris, 1924, p. 62).
Page 77
View in PDF(opens in a new window)tout en exprimant une certa
ine dépendance de l'homme
a-vis du monde extérieur, ne suffisent pas
vi
à Bean Wheres
façon satisfaisante le probième que pose la
di érenet van
de la droite ct de la gauche. C'est un fait constant
que pus
ses prières ct ses cérémonies, le fidèle regarde‘ veversper ping
l'Orie nt,
avec le soleil qui monte,
la pr
ea vers la source d'où,
Se répand sur terre; au reste, dans les diverses religio
ns pa
plupart des édifices sacrés sont orientés au
Levant. . cat i
clirection fixe étant donnée, les parties du corps ee ré
Ai
sent d’elles-m&mes entre les points cardinaux: l'Ouest m
trouve derrière, le Sud à droite et le Nord à gauch
e Da
lors, les caractères des régigns célestes rejaillissent
ta le
corps humain
: le plein soleil du Midi
illumine notre côté
droit, tandis que l'ombre sinistre du Nord
se projette sue
notre gauche. Le spectacle de la nature, le contras
te du jour
= de la nuit, de la chaleur et du
froid auraient appris à
l’homme à reconnaître et à opposer sa droite et sa
Les
déterminations
réellement
corps (2)
dont
l'espace
est
gauche (1) »,
l'objet
antérieures à celles qui ont pour
sont-elles
matière notre
? C'est une conjecture que l'étymologie
des mots
désignant la droite et la gauche semble autorise
r, mais qui
na pas d'autre
assez
fondement,
peu; ce n'est
La question
pas de cela qu'il
d'ailleurs importe.
s'agit.
Sans aucun doute, il importe davantage
de ne pas confondre les notions religieuses issues du fond
de la conscience
et les données fournies par Ja perception du
Elles ont constitué, les unes dans la religio
monde extéciene,
n proprement dite
les autres daris la mythologie, deux ordres
d'idées kant
(1) HERTZ, op. cit., y. 577.
oat Bu serle en douter,
2
ind
=
“FO
e
Y
0
Rien
er Gap en
de
PRE
=
no
DU
OF
A
la droite
les
ait eu
mae
droit, avant d'être
devil,
P. 577, après
n'autorise
a
de
à
l’avoit admis, p. 564,
;
affirmer
d’abord
un
formation
appliqués
à
y
que
l'ancien
sens
exclusivement
plus
récente,
È
nom
vonim:
l
api l’idée d'une force qui va
droit à son but par de
‘oles dhsüres
ba
I par opposi
ppc tion
ques
a
l’un
des
cótés
du
corps,
àl cece quiqui est
tortueu
es
E x, oblique
oblique ctct mar
477
différents, souvent même contradictoires (1) : les premiers
penseurs grecs s'apergurent de cette contradiction entre la
mythologie et le sentiment religieux et traitèrent sévèrement
les récits mythologiques qui révoltaient leur instinct moral (2).
Toutefois cet antagonisme final ne dut pas être originel; les
deux ordres d'idées, tout en restant distincts, étaient par
destination faits pour se concilier, puisque la mythologie
n'est que la forme plastique dont le sentiment religieux
constitue comme la substance et la matière. C'est évidemment
le sens interne qui fait la discrimination du bien et du mal,
de l'obligation et de l’interdit. Mais c’est la perception extérieure qui constate l’ordre universel et, en le constatant, établit
le rapport entre l’homme et sa norme naturelle. Ainsi les
deux facultés, chacune à part dans son rôle, collaborent
naturellement de concert à la réalisation de l'idéal qui
s'impose à l’homme. Plus l’une observe et s’éclaire du dehors,
micux l'autre, du dedans, discerne et juge en connaissance
de cause et mieux aussi, par conséquent, l’homme est à même
de réaliser en lui l'idéal. On a dit que la religion à l’origine
fut « la science naissante » et qu'elle est devenue ensuite
« J'ennemie méme de la science » (3). Il serait plus exact
de dire que la religion dès l’origine avait déjà la science
naissante pour compagne, qu'elle est restée son amie et ne
saurait devenir son ennemie que par suite d’un malentendu.
41) Ce point a été développé avec beaucoup de force par Max
Muller dans son ouvrage sur la Science du langage, Nouv. Ler.,
t. II, p. 147 sqq. Cf. le beau livre de Girarv, Le sentiment religieux chez les Grecs d'Homère à Eschyle, 1859,
(2) Pythagore, Xéuophane, Thalès, Empédocle essayèrenf de
déraciner les vieilles légendes en accusant d’imposture Homère ci
Hésiode (v. Nfnormask ap. Sext. Eur, adv, Math,, 1, 289, 9, 193 ;
HfRACLITE, ap. Dios, LAËRCE, 9, 1, 2; cf, DIoG. LAËRCE, 8, 19, 21).
— Les textes ne manquent pas, qui indiquent une conception
toute morale de la divinité chez les Anciens : cf. Escu., Fragm.,
330; Sorn., El., 168; Ajax, 127; Eurtr,, lon, 448 / lléracl., 1341;
fragm. 294 NAUCK (si Gent ve Joie» atagpia, vie etaty Ment); Pinp.,
Olymp., 1, 64; 9, 28; Pyth., 1, 41. — Chez HOMÈRB, of. par ex. IL,
IX, 510-512; XXIV, 527 sqq.; Od., XIV, 443-445.
(3) Ces paroles sont de Guvau, De l’origine des religions (dans
Revue philosophique, 1879, pp. §83 et 584).
Page 78
View in PDF(opens in a new window)Or la
pratique de l'orientation n'a
pu
d'informer la conscience sur l’ord
re
qui
extérieur, Elle en est incapable,
avoir
pour
régit
le
but
monde
d’abord pour cette
raison
bien simple que les notions d'or dre,
fournies par elle, sont
relatives au sujet qui observe,
au licu d’étre, comme il
se
devrait, relatives à l'objet de
l'observation.
l'observation, c'est le soleil qui
se lève: le su
L'objet dé
jet qui observe,
c'est le fidèle tourné vers l'Ori
ent : dans ces conditions,
Sud se présente comme la droite
479
DE LA DROITE ET DE LA GAUCHE
SIGNIFICATION AUGURALE'
le
et le Nord comme la gauche,
non pas du soleil levant,
qui doit pourtant fournir
la norme,
mais du fidéle, qui précisément la
cherche. Au reste, ce n’est
ni au Sud sur sa droite, ni au Nord
sur sa gauche que le fidéle
a égard; il ne regarde, il ne considère
que le Levant, en face
de lui : dans cette attitude, il ne songe
même pas à distinguer
la droite de la gauche, encore moins
à discerner ce qui peut
leur conférer un caractère normal ou
anormal. Il ne les distinguera l’une de l’autre qu’en voyant le
soleil monter vers le
Sud à sa droite, et non vers le Nord à
sa gauche, c'est-à-dire
en observant la direction d’un ‘mouve
ment dont il vient de
repérer le point de départ. Mais dès ce moment
cesse le rile
proprement dit d’adoration face au Levant,
et déjà se trouve
fixé dans son ensemble, pour ne plus varier, le Système
des
divisions de l’espace auquel ce rite a donné
naissance. La
constitution d'un système de repérage, voilà
en somme le
résultat auquel a abouti la pratique de l'orientation rituelle.
Des repères, tout relatifs à l'observateur, ne peuvent
par
eux-mêmes révéler la loi qui régit les phénomènes
mouvants
du monde extérieur; ils ne sont qu’un moyen d'observation
pour dégager cette loi.
En revanche, les conditions dans lesquelles s'exerce l’art
augural permettent d'obtenir une connaissance vraiment
objective et adéquate de l'ordre établi par la nature. De
l'Orient où il apparaît à l'Occident où il disparaît, le soleil
définit dans le ciel une région, pour nous la région méridionale, qui, étant le champ de son évolution visible, est devenu
le temple de l'observation rituélle. Pour observer le cours de
J'astre, l'homme se tournera par conséquent vers la région
méridionale et alors il aura le Levant à sa ee Ber
chant à sa droite. Mais le Levant sera la droite, e —
sera la gauche du temple ou, plus exactement, du + ae
considéré dans le plan de son évolution au-dessus erei
2
zon, et cette lois la droite et la gauche, en tant que
a
ont trait à l'objet observé, non .plus au ayes qui
rep
de
me
systè
eau
nouv
un
De la sorte se trouve constitué
n
tatio
orien
|
de
e
dériv
qui
% fait distinct de celui
de la
Je alement réservéé àà l’observat(1ion|-Das
Lerat, et spéci
pee
face au Levan
ns
e bien défini du ciel
norme solaire dans un espac
.
ce vaste espace, en forme d’hémicycle, para rep aa
si
Levant, au Midi et au Couchant -jalonnent sa
p
co
Ses
pour
trace
,
divin
oyé
soleil, en qualité d'env
s ct
ai
e
jam
i
ide , dont le sens ne varie
teurs une voie sacrée idéale
sì
ie sur
| e de la san!
6 atric
régul
é
qui s'impose à tous comme étant
da
de
sens
t
le
e,
De
ivre,
suivr
' suiti cst celle qu'ili faut
i qu'il
terre : la voie
lequeb il va est celuii dans lequel il faut aller.
Or, c
i qu ’il
: st vers sa droite
i < ce
mouvement, la vie;
a
tend nn
-
sa droite divine qu'il fait procéder le mouvement a seche
si
moments et continuellement dans sa marche en pi
ds Ma
constamment sa droite qu'il présente aux regar sadeje
ar
p
donc
et
iSi
visite
i
les
ù
il
où
le
| le temp
fidèles dans
rhe bre
u
qu'il répand sur eux ses faveurs. Quant sur
=
di
rol
«
o leur
1 et
LE
1 s le voii ent venir
i e qu'il
leur droit
du RE =
qu'ils regoivent ses faveurs. Ainsi les loisjustif
ient la p
le,
diurne, connues par l'observation rituel
adiction, tate È pl 2 >
(1) Il n'y a done aucune contr
entre le système al sul, ef ie
=
oe
wigs
une distinction trés nette
: me Ca
Pobserva y
temple, destiné tout spécialement à par
Mi
orientation, des
l'espace,
syste les divislionsdontde nous
avons montré l'économie Li =
rt énéra
Ae
le Nor in u
nr pP fie le Sud représentant la droite et droit
e et k ves
la
sente
repré
l'Est
-là
celui
dans
ee Èuea sous réserve de cette distinction que paraî
t gies
Le € Mi erpretation donnée par une scholie gr
nn
la gauche.
=
se
‘o
t
sémen
préci
s'agit
il
de, où
hant de l'Iia
ee er
ue ee an
"Opmpaprs déarg
older dpuate
ise
Sunr
Sin
ki
e
crat
a
n
vatio
TÀ pis Juans yu
vurnlüs,
Tone
vation wat eee più
(Voir ché. TIL, Syst. d'orientation, p. 224 ct suiv.).
Page 79
View in PDF(opens in a new window)minence de la droite et il est conforme à l'ordre établi par
la nature que la tendance à droite soit la norme du Bien.
Mais, dira-t-on, si le mouvernent diurne tend vers la droite
dans l'hémisphère boréal, il tend vers la gauche dans l'hémisphère austral. Les critères du
Bien et du Mal varieraient
donc au point de se contredire d'un hémisphère à l'autre
vérité au-decà de l'équateur, erreur au-delà! Comment dès
lors justifier le caractère d'universalité inhérent à la
morale ?
j
lot
Point n'est besoin d'éluder cette objection, en alléguant
que la norme relative à l'hémisphère boréal et valable seulement pour cet hémisphère,
a pu être
formulée
à l’origine,
puis traditionnellement maintenue comme une vérité absolue,
d'une portée universelle,
parce que le monde connu,
voire
soupçonné des Anciens, était probablement restreint à |’hémisphère que nous habitons.
|
i
Il y 3 une meilleure réponse à faire, et les Pythagoriciens
(il s’agit ici, ne l’oublions pas,
d'une tradition pythagoricienne) y ont pourvu avec une hauteur de vues remarquable
et une objectivité vraiment scientifique. Nous avons reconnu
en effet (1),
par l'analyse de leur doctrine, que pour eux
e naturel, et par reo
boréal, qu'un seul et même ordr
et même seat : si ns
aussi un seul et méme Bien, ungraseul
nde pane! cé o+ ltl
unique dans lequel tourne la
at
les —
s'impose comme norme commune à tous
ch
p
re
po
n
rizo
l'ho
de
soient, est représenté sur le plan
a
a
ten
ent,
drem
moin
direction qui, sans dévier le
cant
ss,
t
emen
mouv
le
mais
;
ligne du Levant au Couchant
9
e
au
hant
Couc
du
,
sens
qui vont à l’encontre de ce
Sud,
le
tantôt vers
tantôt vers le Nord,
représente pour l’un e pour l’autre h
émisphère une tendance
il e
à de ore
sens conforme ba
droite, dans let obli
ur àvoiele Bien
iene
pour
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biaisent,
nent anormale.
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des vales ob tet vn
à l'encontre de l’ordre naturel, par
à tous. NoaLada
‚tueuses, voila le Mal, également interdit
moral que | een
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identique sous toutes les latitudes,del'or
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dre
l'or
doit réaliser en lui est à l'image
le n’ést autre ng er
è la vie universelle, et la loi mora
noble et la plus élevée.
plus
la
e
loi de la vie, sous sa form
Rennes, 28 mars 1942.
l'opposition des tendances, l’une à droite, l'autre à gauche,
dans le mouvement
diurne,
n'est
qu’une pure apparence,
toute relative à des lieux d'observation dont les points de
vue sont opposés, mais qu'elle n'existe absolument pas dans
la réalité observée. Le plan de l'Equateur céleste, circonscrit
par le soleil, est comparable à une immense roue qui tourne
autour de !’axe des pôles. Les uns — dans l'hémisphère
boréal — la voient tourner à droite; les autres — dans l'hémisphère austral — la voient tourner à gauche. La roue pourtant tourne dans un sens unique, et ce n'est, vue de droite
ou vue de gauche, qu'une seule et même réalité, animée d'un
seul et même mouvement. I] n’y a par conséquent, il ne peut
y avoir,
pour tous les hommes également, pour ceux de
l'hémisphère austral aussi bien que pour ceux de l'hémisphère
(1) Voir plus haut, page 424.