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Nouvelles Philosophiques
MARDI 18 NOVEMBRE 2008
Pythagore, mythe ou réalité ?
par Pierre Nzonzi
"Le nom de Pythagore a lui seul est une légende, un mythe. Le mythe est
généralement compris comme une nécessité de fondation. Les hommes aiment les
mythes. Mais cet amour n’est pas un péché en soi. Il relève simplement des besoins
profonds qui sont en nous. Les mythes résident eux-mêmes dans notre inconscient.
Ils sont à l’origine de toute civilisation. Pythagore comme tous les avatars à l’origine
de toute société sont des mythes parce que dans une société tout procède d’eux, ils
sont les figures et les fondements de tout ce qui caractérise toute tradition. Toute
tradition quelle qu’elle soit se fixe à partir d'un personnage marqué qui sera le visage
le plus profond de celle-ci. Le guide, tel est son nom. Le guide est un personnage
dont on ne conteste pas l'autorité. Ceux qui subissent son autorité lui donnent toutes
les qualités projetant un idéal de vie. Ainsi, non seulement on attribue à celui-ci
toutes les valeurs de beauté mais aussi toutes les puissances et tous les miracles. On
transgresse les lois de la nature pour élever ce personnage à la hauteur des dieux. De
la, la difficulté de savoir quoi que ce soit sur ces personnalités." (..)
PYTHAGORE, Mythe ou Réalité, par Pierre Nzonzi
sciences philosophiques
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Le nom de Pythagore a lui seul est une légende, un mythe. Le mythe est
généralement compris comme une nécessité de fondation. Le hommes aiment les
mythes. Cet amour des mythes réside dans l'inconscient des hommes comme valeurs
et besoins fondamentaux parce que ce sont eux qui sont à l’origine de toute
civilisation. Les Pythagore comme tous les avatars à l’origine de toute société sont
des mythes parce tout dans une société procède d'eux, ils sont les figures et les
fondements de tout que révèle toute tradition. Toute tradition quelle qu’elle soit se
fixe à partir d’un personnage marqué qui sera son visage le plus profond. Le guide,
tel est son nom est personnage dont on donne toutes les qualités projetant un idéal
de vie. Ainsi, non seulement on lui attribue toutes les valeurs de beauté mais aussi
toutes les puissances et tous les miracles. On transgresse les lois de la nature pour
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Nouvelles
Philosophiques
MARDI
18
NOVEMBRE
2008
Pythagore,
mythe
ou
réalité
?
par
Pierre
Nzonzi
"Le
nom
de
Pythagore
a
lui
seul
est
une
légende,
un
mythe.
Le
mythe
est
généralement
compris
comme
une
nécessité
de
fondation.
Les
hommes
aiment
les
mythes.
Mais
cet
amour
n’est
pas
un
péché
en
soi.
Il
relève
simplement
des
besoins
profonds
qui
sont
en
nous.
Les
mythes
résident
eux-‐mêmes
dans
notre
inconscient.
Ils
sont
à
l’origine
de
toute
civilisation.
Pythagore
comme
tous
les
avatars
à
l’origine
de
toute
société
sont
des
mythes
parce
que
dans
une
société
tout
procède
d’eux,
ils
sont
les
figures
et
les
fondements
de
tout
ce
qui
caractérise
toute
tradition.
Toute
tradition
quelle
qu’elle
soit
se
fixe
à
partir
d’un
personnage
marqué
qui
sera
le
visage
le
plus
profond
de
celle-‐ci.
Le
guide,
tel
est
son
nom.
Le
guide
est
un
personnage
dont
on
ne
conteste
pas
l’autorité.
Ceux
qui
subissent
son
autorité
lui
donnent
toutes
les
qualités
projetant
un
idéal
de
vie.
Ainsi,
non
seulement
on
attribue
à
celui-‐ci
toutes
les
valeurs
de
beauté
mais
aussi
toutes
les
puissances
et
tous
les
miracles.
On
transgresse
les
lois
de
la
nature
pour
élever
ce
personnage
à
la
hauteur
des
dieux.
De
là,
la
difficulté
de
savoir
quoi
que
ce
soit
sur
ces
personnalités."
(..)
PYTHAGORE,
Mythe
ou
Réalité,
par
Pierre
Nzonzi
sciences
philosophiques
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commentaire
Le
nom
de
Pythagore
a
lui
seul
est
une
légende,
un
mythe.
Le
mythe
est
généralement
compris
comme
une
nécessité
de
fondation.
Le
hommes
aiment
les
mythes.
Cet
amour
des
mythes
réside
dans
l’inconscient
des
hommes
comme
valeurs
et
besoins
fondamentaux
parce
que
ce
sont
eux
qui
sont
à
l’origine
de
toute
civilisation.
Les
Pythagore
comme
tous
les
avatars
à
l’origine
de
toute
société
sont
des
mythes
parce
tout
dans
une
société
procède
d’eux,
ils
sont
les
figures
et
les
fondements
de
tout
que
révèle
toute
tradition.
Toute
tradition
quelle
qu’elle
soit
se
fixe
à
partir
d’un
personnage
marqué
qui
sera
son
visage
le
plus
profond.
Le
guide,
tel
est
son
nom
est
personnage
dont
on
donne
toutes
les
qualités
projetant
un
idéal
de
vie.
Ainsi,
non
seulement
on
lui
attribue
toutes
les
valeurs
de
beauté
mais
aussi
toutes
les
puissances
et
tous
les
miracles.
On
transgresse
les
lois
de
la
nature
pour
élever
ce
personnage
à
la
hauteur
des
dieux.
De
là
la
difficulté
de
savoir
quoi
que
ce
soit
sur
ces
personnalités.
Enfoncées
dans
l’imaginaire
collectif,
chaque
société,
chaque
civilisation
s’enferme
dans
une
tradition
qui
fabrique
sa
conscience
et
a
peur
de
faire
éclater
sa
sécurité.
Le
mythe
devient
par
là
rempart,
forme
de
vie,
une
manière
d’être
au
monde,
pour
ne
rien
laisser
une
tradition.
A
tel
point
personne
ne
songe
plus
à
interroger
cette
tradition
qui
se
plonge
dans
la
nuit
des
temps.
Or
la
plupart
des
avatars
qui
inscrivent
ces
traditions,
ces
manières
de
vivre
Page 3
View in PDF(opens in a new window)n’ont
jamais
écrit.
Ce
que
l’on
rapporte
d’eux
sont
souvent
des
panégyriques
venues
des
réminiscences
lointaines.
Parmi
les
disciples
acharnés
qui
racontent
les
prouesses
de
ces
hommes
arrivent
plusieurs
générations
après
la
disparition
de
ces
meneurs
d’hommes.
Il
est
donc
difficile
pour
nous
d’atteindre
la
vérité
sur
eux.
Même
si
dans
le
cas
de
Pythagore,
beaucoup
de
témoignages
peuvent
être
fiables
dans
le
sens
où
trois
de
ses
Lettres
confiées
à
un
de
ses
disciples,
Philolaüs
ont
été
achetées
par
Dion,
disciple
de
Platon
à
la
demande
de
celui-‐ci.
Ce
n’est
pas
hasard
que
l’on
trouve
beaucoup
d’éléments
du
Pythagorisme
dans
l’oeuvre
de
Platon.
La
Parole
sacrée,
l’oeuvre
fondamentale
de
Pythagore
ne
nous
est
pas
parvenue.
Malgré
les
efforts
qui
ont
été
faits
par
les
anciens,
Pythagore
reste
un
avatar
dont
l’oeuvre
et
la
vie
restent
encore
pour
nous
une
légende,
un
mythe.
Les
disciples
de
Pythagore
comme
ceux
de
tous
meneurs
d’hommes
considèrent
leurs
maîtres
comme
des
dieux.
Ils
leur
attribuent
des
forces
extraordinaires.
A
tel
point
qu’ils
sacralisent
ces
hommes
et
prennent
eux-‐mêmes
des
distances
avec
eux.
C’est
cette
distance
qui
inscrit
l’élitisme.
On
subit
une
violence
sans
le
savoir
ou
bien
on
le
sait
mais
on
l’accepte
parce
les
choses
sont
ainsi.
En
réalité
cette
situation
est
le
fait
de
notre
propre
impuissance
et
de
la
faiblesse
de
notre
esprit.
Le
phénomène
d’ubiquité
qui
consiste
à
voir
partout,
dans
ce
qu’on
fait,
ce
que
l’on
dit,
ce
que
l’on
voit
le
visage
du
maître
est
lié
à
toute
cette
faiblesse
de
notre
entendement.
Les
disciples
de
Pythagore
le
voient
partout
au
même
moment.
Il
est
dans
plusieurs
villes
à
la
fois.
On
le
voit
parler
avec
le
fleuve.
On
voit
interpeller
un
aigle
qui
passe
à
coté
d’eux.
Pythagore
le
caresse
et
le
relâche
Il
ordonne
aux
pêcheurs
de
lancer
leurs
filets
et
compter
un
nombre
de
poissons
qu’il
leur
donne.
Aucun
poisson
ne
meurt
au
contact
de
l’air
même
en
se
retirant
de
leur
élément
naturel.
A
la
fin
de
ce
miracle
Pythagore
ordonne
de
remettre
les
poissons
dans
la
mer.
Ce
genre
de
miracles
s’apparentent
à
beaucoup
d’autres
traditions
comme
cette
similitude
qu’on
constance
dans
le
chiffre
quarante.
Pythagore
revient
à
Samos
où
il
est
né
après
quarante
ans
de
voyage.
Platon
revient
à
Athènes
à
quarante
ans.
Jésus
passe
son
temps
dans
le
désert
pendant
quarante
jours.
Mahomet
commence
à
recevoir
ses
révélations
à
quarante
ans.
Ces
phénomènes
étranges
ne
doivent
pas
nous
laisser
indifférents
mais
laissons-‐les
à
la
mythologie
et
aux
traditions
des
peuples
qui,
sans
doute
se
sont
interpénétrées.
Plongeons-‐nous
dans
l’enseignement
proprement
dit
d’un
des
serviteurs
de
l’humanité,
cet
ami
de
l’homme,
celui
qui
s’appelle
Pythagore
dont
le
nom
sonne
encore
comme
un
écho
dans
nos
oreilles.
Pythagore
est
originaire
de
Samos,
petite
Île
florissante
de
l’Ionie,
vouée
à
la
culture
et
aux
arts.
L’île
possède
une
flotte
de
cent
navires
et
vit
une
période
brillante.
Au
moment
où
vient
Pythagore
au
monde
(580
av
JC),
Polycrate,
homme
au
destin
particulier,
amis
d’Amasis,
l’égyptien
gouverne
cette
Île
qui
se
fait
face
à
Milet.
C’est
Hérodote
qui
nous
raconte
comment
aux
conseils
du
sage
Égyptien,
Polycrate,
tente
de
se
débarrasser
du
poids
de
son
destin
que
la
balance
des
dieux
ne
veut
plus
équilibrer.
C’est
à
la
cour
de
Polycrate
que
Pythagore
passe
sa
jeunesse
avant
de
voyager
en
Égypte.
Nous
ne
savons
pas
très
exactement
si
c’est
Polycrate
qui
le
recommande
à
Amasis
de
le
présenter
aux
prêtes
Égyptiens
sur
les
conseils
de
Thales
dont
il
a
suivi
les
cours,
ou
Thales
lui-‐même
qui
le
recommande
de
pousser
ses
recherches
près
des
sages
Égyptiens.
Une
chose
est
sûre,
l’entrée
de
Pythagore
dans
les
écoles
Égyptiennes
ne
se
fait
pas
sans
difficultés.
C’est
par
son
courage
et
son
obstination
qu’il
entre
dans
les
secrets
Égyptiens.
La
tradition
veut
qu’il
visite
l’Arabie,
la
Chaldée,
l’Inde,
la
Syrie
et
Babylone
où
il
reste
pendant
douze
ans.
Ensuite,
il
revient
au
moment
où
Polycrate
devient
le
pouvoir
absolu,
après
trente-‐quatre
d’absence.
Page 4
View in PDF(opens in a new window)A
son
retour
Pythagore
remarque
que
sa
patrie
a
perdu
sa
liberté.
En
homme
libre,
il
ne
peut
plus
vivre
là
où
la
conscience
ne
peut
plus
s’émouvoir.
L’homme
libre
a
ceci
en
particulier,
il
ne
peut
vivre
dans
un
endroit
où
le
jeu
de
la
liberté
absolue
de
conscience
n’est
plus
possible.
L’homme
libre
ne
désire
plus
au
monde
que
cette
libre
activité
de
l’esprit.
Il
quitte
donc
Samos
et
s’installe
en
529
à
Crotone,
en
tout
cas
c’est
que
semble
nous
dire
Diogène
Laërce,
l’un
des
biographes
de
Pythagore.
D’autres
disent
qu’il
part
de
Samos
pour
le
climat.
Mais
selon
Hegel,
le
motif
de
son
départ
de
Samos
pour
Crotonne,
en
Italie
est
plus
complexe
qu’on
peut
le
dire.
Hegel
s’appuie
sur
Hérodote.
Dans
son
Histoire,
au
livre
III,
chap.
45
à
47,
Hérodote
montre
que
Polycrate
vient
de
bannir
les
citoyens
qui
fomentent
un
coup
de
force
en
tentant
de
provoquer
une
guerre
civile.
Ces
citoyens
demandent
l’aide
des
Lacédémoniens.
Dans
un
premier
temps,
les
Lacédémoniens
soutiennent
les
démocraties
parce
qu’elles
instaurent
le
pouvoir
du
peuple.
Mais
dans
un
second
moment,
ils
suppriment
les
démocraties
pour
installer
les
aristocraties.
La
famille
de
Pythagore
nécessairement
mêlée
à
cette
situation
désagréable,
et
une
telle
situation
n’est
pas
profitable
à
Pythagore
qui
voit
anéantir
ses
projets.
Il
voyage
en
Grèce
et
se
fixe
définitivement
à
Crotone
où
il
installe
une
école
dont
l’écho
ne
cesse
pas
jusqu’à
nos
jours.
Tous
ceux
qui
voient
Pythagore
témoignent
d’un
homme
beau,
élégant,
d’une
belle
allure.
Sa
personne
est
captivante
et
impose
le
respect.
Il
se
dégage
en
lui
une
force
extraordinaire.
C’est
un
être
à
part.
Il
ne
laisse
personne
indifférent.
Il
transpire
le
mystère.
A
cet
aspect
extérieur
qui
trouble
s’ajoute
une
grande
éloquence
et
de
profondes
lumières
qu’il
communique
sans
se
limiter
au
cercle
d’amis
qui
le
suivent.
Il
veut
exercer
une
action
sur
la
totalité
de
l’homme.
Il
veut
donner
une
définition
absolue
à
l’homme.
Son
intervention
se
situe
dans
la
chose
publique,
dans
la
science,
dans
la
morale
et
dans
la
métaphysique.
Notre
manière
est
liée
au
monde
suprasensible
des
divinités.
Platon,
son
disciple
le
plus
plus
profond
parle
lui
du
monde
intelligible
ou
des
Idées.
Ses
vêtements,
le
lin
blanc
sont
soumis
à
des
règles
précises.
De
même
ceux
de
ses
disciples.
La
nourriture,
il
manque
pas
n’importe
quoi.
Il
est
végétarien.
La
conduite
des
activités
de
la
journée
suivent
une
trajectoire
mathématique.
Pythagore
dit,
rapporte
Jamblique
que
quoiqu’un
homme
fasse
dans
la
vie,
dans
les
sciences,
dans
la
politique
et
la
morale,
le
principe
est
prépondérant;
car
tout
procède
d’un
principe.
Mais
malheureusement
le
principe
ne
se
livre
pas
à
n’importe
qui.
Le
principe
relève
lui-‐même
de
la
métaphysique.
Il
faut
avoir
des
connaissances
sérieuses
ou
une
vision
pour
cerner
un
principe.
«
Le
principe,
écrit
Jamblique
est
l’une
des
choses
les
plus
importantes
que,
aussi
bien
dans
les
sciences
que
dans
l’expérience
ou
que
dans
la
génération,
ou
encore
dans
une
maison,
dans
une
cité,
dans
une
armée
ou
dans
les
rassemblements
de
ce
genre,
la
nature
du
principe
est
difficile
à
considérer
et
à
voir
».
Dans
les
sciences
il
n’est
au
pouvoir
de
n’importe
quel
esprit,
après
avoir
porté
son
regard
sur
les
diverses
parties
de
la
discipline,
de
comprendre
et
de
juger
correctement
laquelle
d’entre
elles
est
le
principe.
Si
on
ne
détermine
pas
correctement
le
principe
on
risque
de
se
tromper
du
tout
au
tout.
Il
faut
connaître
le
principe
véritable
pour
dire
tout
net,
sinon
rien
dans
ce
qui
suit
n’est
plus
correct.
Même
chose
pour
l’autre
principe
qui
concerne
l’administration
de
la
cité,
d’une
maison,
d’un
groupe
s’il
y
a
pas
un
véritable
chef
tout
s’écroule.
Mais
un
chef
doit
avoir
à
l’esprit
ce
principe
lui
tout
seul
sans
l’autre
partie,
la
gouvernée,
rien
ne
peut
s’effectuer.
De
même
un
enseignant
ne
peut
rien
enseigner
sans
un
élève
reconnaissant.
Tout
procède
dans
ces
formes
d’un
rapport
réciproque.
«
Pour
que
les
connaissances
viennent
correctement,
il
faut
qu’elles
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volontairement,
parce
que
les
deux
côtés
le
veulent,
tant
l’enseignant
que
l’élève
».
Ce
principe
qui
met
la
juste
figure
de
l’autorité
dans
la
reconnaissance
est
une
grande
importance.
Elle
révèle
des
profondeurs
d’une
grande
philosophie.
Pythagore
est
d’abord
philosophe
avant
d’être
scientifique
et
politique.
Il
est
le
premier
homme
à
s’attribuer
le
qualificatif
de
«
philosophe
».
Le
philosophe
selon
Pythagore
est
celui
qui
a
un
rapport
à
la
sagesse
en
tant
qu’objet.
Il
est
celui
qui
s’occupe
de
sagesse
en
tant
qu’il
la
cherche.
Le
philosophe
aspire
seulement
à
être
sage
mais
ne
peut
l’être.
De
même
ce
que
dit
Platon
va
dans
le
sens.
Le
philosophe
n’est
pas
celui
qui
saisit
la
vérité
mais
seulement
celui
qui
la
contemple.
Il
voit
mais
ne
touche
pas.
D’où
la
réminiscence
qui
lui
donne
le
sentiment
du
déjà
vu.
Il
y
a
ici
cette
idée
que
la
vérité
échappe
au
philosophe.
Ce
qui
est
seulement
contemplé
ne
peut
nous
atteindre
réellement
mais
simplement
de
manière
abstraire.
Un
commentaire
pour
“PYTHAGORE,
Mythe
ou
Réalité,
par
Pierre
Nzonzi”
André
Perron
a
dit
:
11
avril
2009
à
18:46
Bonjour,
Le
sujet
est
le
3,1416
et
+.
33
X
12,6
=
415,8
X
72
=
29
937,6
Il
monte
au
ciel
33
X
11,2
=
369,6
X
72
=
26
611,2
Il
est
mort
33
X
23,8
=
785,4
X
2,5
=
1963,5
/
37,5
=
52,36
1963,5
/
625
=
3,1416
Le
ciel
29
808
+
29
937,6
+
26
611,2
=
86
356,8
/
43,2
=
1999
Néfertoum
1500
+
Sekhmet
118
=
1618
1584
X
18,9
=
29
937,6
1584
X
16,8
=
26
611,2
1618
X
18,9
=
30
580,2
1618
X
16,8
=
27
182,4
1618
-‐
1584
=
34
+
=
3202
-‐
34
=
3168
X
9
=
28
512
/
72
=
396
/
12
=
33
Osiris
Vivant.
Merci
André
PYTHAGORE,
Mythe
ou
Réalité,
par
Pierre
Nzonzi
Hegel
et
la
philosophie
africaine
de
Mèdéwale
K.J.Agossou,
par
Pierre
Nzonzi
nov
17
PYTHAGORE,
MYTHE
OU
RÉALITÉ,
par
Pierre
Nzonzi
sciences
philosophiques
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Deuxième
version
Le
nom
de
Pythagore
a
lui
seul
est
une
légende,
un
mythe.
Le
mythe
est
généralement
compris
comme
une
nécessité
de
fondation.
Les
hommes
aiment
les
mythes.
Mais
cet
amour
n’est
pas
un
péché
en
soi.
Il
relève
simplement
des
besoins
profonds
qui
sont
en
nous.
Les
mythes
résident
eux-‐mêmes
dans
notre
inconscient.
Ils
sont
à
l’origine
de
toute
civilisation.
Pythagore
comme
tous
les
avatars
à
l’origine
de
toute
société
sont
des
mythes
parce
que
dans
une
société
tout
procède
d’eux,
ils
sont
les
figures
et
les
fondements
de
tout
ce
qui
caractérise
toute
tradition.
Toute
tradition
quelle
qu’elle
soit
se
fixe
à
partir
d’un
personnage
marqué
qui
sera
le
visage
le
plus
profond
de
celle-‐ci.
Le
guide,
tel
est
son
nom.
Le
guide
est
un
personnage
dont
on
ne
conteste
pas
l’autorité.
Ceux
qui
subissent
son
autorité
lui
donnent
toutes
les
qualités
projetant
un
idéal
de
vie.
Ainsi,
non
seulement
on
attribue
à
celui-‐ci
toutes
les
valeurs
de
beauté
mais
aussi
toutes
les
puissances
et
tous
les
miracles.
On
transgresse
les
lois
de
la
nature
pour
élever
ce
personnage
à
la
hauteur
des
dieux.
De
là,
la
difficulté
de
savoir
quoi
que
ce
soit
sur
ces
personnalités.
Enfoncés
dans
l’imaginaire
collectif,
ces
esprits
prennent
place
dans
chaque
société,
dans
chaque
civilisation
et
dans
chaque
individu
pour
enfermer
tout
ceci
dans
leurs
Page 6
View in PDF(opens in a new window)caractères
afin
de
propulser
une
tradition.
Ils
deviennent
traditions
avec
cette
nouvelle
appellation,
ils
inscrivent
l’origine
de
toutes
valeurs
qui
se
traduisent
dans
la
conscience.
Chaque
homme
s’y
réfère
désormais
de
peur
de
faire
éclater
sa
sécurité.
Le
mythe
devient
par
là
rempart,
forme
de
vie,
une
manière
d’être
au
monde,
pour
ne
rien
laisser
notre
vie
réelle.
Il
actualise
dès
lors
les
temps
primordiaux
qui
expliquent
toute
notre
réalité,
tout
ce
que
nous
sommes.
A
tel
point
personne
ne
songe
plus
à
interroger
tout
cela
devenue
tradition,
qui
se
plonge
dans
la
nuit
des
temps.
Or
la
plupart
des
avatars
qui
inscrivent
ces
traditions,
ces
manières
de
vivre
n’ont
jamais
écrit.
Ce
que
l’on
rapporte
d’eux
sont
souvent
des
panégyriques
venues
des
réminiscences
lointaines.
Parmi
les
disciples
acharnés
qui
racontent
les
prouesses
de
ces
hommes
arrivent
plusieurs
générations
après
la
disparition
de
ces
meneurs
d’hommes.
Il
est
donc
difficile
pour
nous
d’atteindre
la
vérité
sur
eux.
Même
si
dans
le
cas
de
Pythagore,
beaucoup
de
témoignages
peuvent
être
fiables
dans
le
sens
où
un
manuscrit,
confié
à
un
de
ses
disciples,
Philolaüs
a
été
acheté
par
Dion,
disciple
de
Platon
à
la
demande
de
celui-‐ci.
Ce
n’est
pas
hasard
que
l’on
trouve
beaucoup
d’éléments
du
Pythagorisme
dans
l’oeuvre
de
Platon.
La
Parole
sacrée,
l’oeuvre
fondamentale
de
Pythagore
ne
nous
est
pas
parvenue.
Malgré
les
efforts
des
anciens,
Pythagore
reste
un
avatar
dont
l’oeuvre
et
la
vie
restent
encore
pour
nous
une
légende,
un
mythe.
Les
disciples
de
Pythagore
comme
ceux
de
tous
les
meneurs
d’hommes
considèrent
leurs
maîtres
comme
des
dieux.
Ils
leur
attribuent
des
forces
extraordinaires.
A
tel
point
qu’ils
les
sacralisent
et
prennent
eux-‐mêmes
des
distances
avec
eux.
C’est
cette
distance
qui
inscrit
la
sacralisation.
On
subit
une
violence
sans
le
savoir
ou
bien
on
le
sait
mais
on
l’accepte
parce
que
les
choses
sont
ainsi.
En
réalité
cette
situation
est
le
fait
de
notre
propre
impuissance
et
de
la
faiblesse
de
notre
esprit.
Le
phénomène
d’ubiquité
qui
consiste
à
voir
partout,
dans
ce
qu’on
fait,
ce
que
l’on
dit,
ce
que
l’on
voit
le
visage
du
maître
est
lié
à
toute
cette
faiblesse
de
notre
entendement.
Les
disciples
de
Pythagore
le
voient
partout
au
même
moment.
Il
est
dans
plusieurs
villes
à
la
fois.
On
le
voit
parler
avec
le
fleuve.
On
le
voit
interpeller
un
aigle
qui
passe
à
coté
d’eux.
Pythagore
le
caresse
et
le
relâche
Il
ordonne
aux
pêcheurs
de
lancer
leurs
filets
et
compter
un
nombre
de
poissons
qu’il
leur
donne.
Aucun
poisson
ne
meurt
même
au
contact
de
l’air
et
en
se
retirant
de
leur
élément
naturel.
A
la
fin
de
ce
miracle
Pythagore
ordonne
de
remettre
les
poissons
dans
la
mer.
Ce
genre
de
miracles
s’apparentent
à
beaucoup
d’autres
miracles
qui
nous
viennent
des
traditions
bien
connues,
comme
cette
similitude
qu’on
trouve
pour
expliques
quelque
mystère
de
quelques
avatars
dans
le
chiffre
quarante.
Pythagore
revient
à
Samos
où
il
est
né
après
quarante
ans
de
voyage.
Platon
revient
a
Athènes
à
quarante
ans.
Jésus
passe
son
temps
dans
le
désert
pendant
quarante
jours.
Mahomet
commence
à
recevoir
ses
révélations
à
quarante
ans.
Ces
phénomènes
étranges
ne
doivent
pas
nous
laisser
indifférents
mais
laissons-‐les
à
la
mythologie
et
aux
traditions
des
peuples
qui,
sans
doute
se
sont
interpénétrées.
Plongeons-‐nous
dans
l’enseignement
proprement
dit
d’un
des
serviteurs
de
l’humanité,
cet
ami
de
l’homme,
celui
qui
s’appelle
Pythagore
dont
le
nom
sonne
encore
comme
un
écho
dans
nos
oreilles.
Pythagore
est
originaire
de
Samos,
petite
Île
florissante
de
l’Ionie,
vouée
à
la
culture
et
aux
arts.
Au
moment
où
Pythagore
vient
au
monde
(580
av
JC),
L’île
possède
une
flotte
de
cent
navires
et
vit
une
période
brillante
et
le
maître
du
lieu
est
Polycrate.
Polycrate
est
un
homme
au
destin
particulier.
Amis
d’un
égyptien
nommé
Amasis
qui
tente
de
le
sauver
du
destin.
Hérodote
raconte,
voyant
que
ce
Polycrate
réussit
tout,
Amasis
voit
dans
cela
un
mauvais
présage
du
destin.
Il
lui
conseille
de
faire
un
sacrifice
aux
dieux.
Polycrate
offre
aux
dieux
son
anneau
royal
en
or.
Il
le
jette
dans
la
mer.
Un
temps
après,
Page 7
View in PDF(opens in a new window)un
pêcheur
apporte
un
beau
poisson
au
roi
et
celui-‐ci
retrouve
sa
bague.
Dès
que
Amasis
entend
cette
nouvelle,
il
coupe
toutes
relations
diplomatiques
avec
lui.
Il
lui
convient
que
les
dieux
ne
doivent
pas
tarder
d’agir.
Polycrate
a
eu
une
triste
et
violente
fin.
Les
dieux
reprennent
le
surplus
qu’ils
donnent,
telle
est
la
loi
de
la
justice
cosmique.
Au
sujet
du
rapport
de
Pythagore
et
de
Polycrate,
les
anciens
disent
que
Pythagore
passe
sa
jeunesse
à
sa
cour
avant
de
voyager
en
Égypte.
Nous
ne
savons
pas
très
exactement
si
c’est
Polycrate
qui
le
recommande
à
Amasis
afin
que
celui-‐ci
le
présente
aux
prêtes
Égyptiens,
lui-‐même
étant
prêtre,
sur
les
conseils
de
Thalès
dont
il
a
suivi
les
cours,
ou
Thalès
lui-‐même
qui
le
recommande
de
pousser
ses
recherches
près
des
sages
Égyptiens.
Une
chose
est
sûre,
l’entrée
de
Pythagore
dans
les
écoles
Égyptiennes
ne
se
fait
pas
sans
difficultés.
C’est
par
son
courage
et
son
obstination
qu’il
entre
dans
les
secrets
Égyptiens.
La
tradition
veut
qu’il
visite
l’Arabie,
la
Chaldée,
l’Inde,
la
Syrie
et
Babylone
où
il
reste
pendant
douze
ans.
Ensuite,
il
revient
au
moment
où
Polycrate
devient
le
pouvoir
absolu,
après
trente-‐quatre
ans
d’absence.
A
son
retour
Pythagore
remarque
que
sa
patrie
a
perdu
sa
liberté.
En
homme
libre,
il
ne
peut
plus
vivre
là
où
la
conscience
ne
peut
plus
s’émouvoir.
L’homme
libre
a
ceci
en
particulier,
il
ne
peut
vivre
dans
un
endroit
où
le
jeu
de
la
liberté
absolue
de
conscience
n’est
plus
possible.
L’homme
libre
ne
désire
plus
au
monde
que
cette
libre
activité
de
l’esprit.
Il
quitte
donc
Samos
et
s’installe
en
529
à
Crotone,
en
tout
cas
c’est
que
semble
nous
dire
Diogène
Laërce,
l’un
des
biographes
de
Pythagore.
D’autres
disent
qu’il
part
de
Samos
pour
le
climat.
Mais
selon
Hegel,
le
motif
de
son
départ
de
Samos
pour
Crotone,
en
Italie
est
plus
complexe
qu’on
peut
le
prétend.
Hegel
s’appuie
sur
Hérodote.
Dans
son
Histoire,
au
livre
III,
chap.
45
à
47,
Hérodote
montre
que
Polycrate
vient
de
bannir
les
citoyens
qui
fomentent
un
coup
de
force
en
tentant
de
provoquer
une
guerre
civile.
Ces
citoyens
demandent
de
l’aide
aux
Lacédémoniens.
Dans
un
premier
temps,
les
Lacédémoniens
soutiennent
les
démocraties
parce
qu’elles
instaurent
le
pouvoir
du
peuple.
Mais
dans
un
second
moment,
ils
suppriment
les
démocraties
pour
installer
les
aristocraties.
La
famille
de
Pythagore
nécessairement
mêlée
à
cette
situation
désagréable,
et
une
telle
situation
n’est
pas
profitable
à
Pythagore
qui
voit
anéantir
ses
projets.
Il
voyage
en
Grèce
et
se
fixe
définitivement
à
Crotone
où
il
installe
une
école
dont
l’écho
ne
cesse
pas
jusqu’à
nos
jours.
Tous
ceux
qui
voient
et
regardent
Pythagore
un
moment,
témoignent
que
c’est
un
bel
homme,
élégant,
d’une
belle
allure.
Sa
personne
est
captivante
et
impose
le
respect.
Il
se
dégage
en
lui
une
force
extraordinaire.
C’est
un
être
à
part.
Il
ne
laisse
personne
indifférent.
Il
transpire
le
mystère.
A
cet
aspect
extérieur
qui
trouble
s’ajoute
une
grande
éloquence
et
de
profondes
lumières
qu’il
communique
sans
se
limiter
au
cercle
d’amis
qui
le
suivent.
Il
veut
exercer
une
action
sur
la
totalité
de
l’homme.
Il
veut
donner
une
définition
absolue
à
l’homme.
Son
intervention
se
situe
dans
la
chose
publique,
dans
la
science,
dans
la
morale
et
dans
la
métaphysique.
Notre
manière
de
vivre
est
liée
au
monde
suprasensible
des
divinités.
Platon,
son
disciple
le
plus
plus
profond
parle
lui
du
monde
intelligible
ou
des
Idées.
Ses
vêtements
sont
d’un
lin
blanc,
pur
et
soumis
à
des
règles
précises.
De
même
ceux
de
ses
disciples.
La
nourriture,
chez
les
pythagoriciens
on
ne
mange
pas
n’importe
quoi.
Ils
sont
végétariens.
La
conduite
de
leurs
activités
de
la
journée
suivent
une
trajectoire
mathématique.
Jamblique
rapporte
que
Pythagore
dit
que,
quoiqu’un
homme
fasse
dans
la
vie,
dans
les
sciences,
dans
la
politique
ou
la
morale,
le
principe
est
prépondérant;
car
tout
procède
d’un
principe.
Mais
malheureusement
le
principe
ne
se
livre
pas
à
n’importe
qui.
Le
principe
relève
lui-‐même
de
la
métaphysique.
Il
faut
avoir
des
connaissances
sérieuses
Page 8
View in PDF(opens in a new window)ou
une
vision
pour
cerner
un
principe.
«
Le
principe,
écrit
Jamblique
est
l’une
des
choses
les
plus
importantes
que,
aussi
bien
dans
les
sciences
que
dans
l’expérience
ou
que
dans
la
génération,
ou
encore
dans
une
maison,
dans
une
cité,
dans
une
armée
ou
dans
les
rassemblements
de
ce
genre,
la
nature
du
principe
est
difficile
à
considérer
et
à
voir
».
Dans
les
sciences
il
n’est
au
pouvoir
de
n’importe
quel
esprit,
après
avoir
porté
son
regard
sur
les
diverses
parties
de
la
discipline,
de
comprendre
et
de
juger
correctement
laquelle
d’entre
elles
est
le
principe.
Si
on
ne
détermine
pas
correctement
le
principe
on
risque
de
se
tromper
du
tout
au
tout.
Il
faut
connaître
le
principe
véritable
pour
dire
tout
net,
sinon
rien
dans
ce
qui
suit
n’est
plus
correct.
Même
chose
pour
l’autre
principe
qui
concerne
l’administration
de
la
cité,
d’une
maison,
d’un
groupe
s’il
y
a
pas
un
véritable
chef
tout
s’écroule.
Mais
un
chef
doit
avoir
à
l’esprit
ce
principe
qui
dit
que,
lui
tout
seul
sans
l’autre
partie,
la
gourvernée,
rien
ne
peut
s’effectuer.
De
même
un
enseignant
ne
peut
rien
enseigner
sans
un
élève
reconnaissant.
Tout
procède
dans
ces
formes
d’un
rapport
réciproque.
«
Pour
que
les
connaissances
viennent
correctement,
il
faut
qu’elles
viennent
volontairement,
parce
que
les
deux
côtés
le
veulent,
tant
l’enseignant
que
l’élève
»,
écrit
encore
Jamblique.
Ce
principe
qui
met
la
juste
figure
de
l’autorité
dans
la
reconnaissance
est
d’une
grande
importance.
Elle
révèle
des
profondeurs
d’une
grande
philosophie.
Pythagore
est
d’abord
philosophe
avant
d’être
scientifique
et
politique.
Il
est
le
premier
homme
qui
s’attribue
le
qualificatif
de
«
philosophe
».
Le
philosophe
selon
lui
est
celui
qui
a
rapport
à
la
sagesse
en
tant
qu’objet.
Il
est
celui
qui
s’occupe
de
sagesse
en
tant
qu’il
la
cherche.
Le
philosophe
aspire
seulement
à
être
sage
mais
ne
peut
l’être.
De
même
ce
que
dit
Platon
va
dans
le
même
sens.
Le
philosophe
n’est
pas
celui
qui
saisit
la
vérité
mais
seulement
celui
qui
la
contemple.
Il
la
voit
mais
ne
la
touche
pas.
D’où
la
réminiscence
qui
lui
donne
le
sentiment
du
déjà
vu.
Il
y
a
ici
cette
idée
que
la
vérité
échappe
au
philosophe,
elle
se
dérobe
à
lui
tant
qu’il
la
cherche
toujours.
Ce
qui
est
seulement
contemplé
ne
peut
nous
atteindre
réellement
mais
simplement
de
manière
abstraire.
S’il
est
le
premier
à
se
réclamer
philosophe,
il
est
aussi
le
premier
qui
établit
une
culture
scientifique
en
Grèce.
Les
Grecs
sont
un
peuple
éveillé,
bavard
et
cultivé
mais
pas
scientifique.
C’est
Pythagore
qui
introduit
l’enseignement
scientifique
en
Grèce.
En
ce
sens
on
peut
le
considérer
comme
le
premier
maître
universel.
Tous
les
maîtres
connus
du
reste
du
monde
comme
les
Chinois,
Confucius
et
Lao
Tseu
sont
des
hommes
qui,
comme
Thalès
de
Milet
et
Anaximandre,
son
contemporain
enseignent
des
propositions
et
des
connaissances
isolées,
mais
ne
proposent
à
aucun
moment
une
démarche
scientifique
qui
évite
le
bavardage
et
invite
l’analyse
profonde
des
matériaux.
Pythagore
élabore
d’abord
une
école
où
il
accepte
aussi
bien
les
femmes
que
les
hommes
de
bonne
volonté.
Deux
siècles
avant
Platon,
Pythagore
installe
une
égalité
entre
les
hommes
et
les
femmes
devant
la
science.
Il
met
donc
en
pratique
l’idée
qui
est
la
sienne
qui
laisse
penser
que
les
hommes
et
les
femmes
doivent
avoir
les
mêmes
facilités
pour
s’instruire.
Il
est
vrai
que
Pythagore
inscrit
quelques
différences
entre
la
femme
et
l’homme
que
Platon
ne
reconnaît
pas,
par
exemple
l’instruction
dans
les
arts
ménagers
et
les
soins
donnés
aux
enfants.
Il
y
a
chez
Platon
une
totale
égalité
entre
les
femmes
et
les
hommes
puisque
les
enfants
sont
élevés
par
l’Etat.
Ce
n’est
pas
seulement
une
affaire
des
femmes.
L’école
pythagoricienne
est
une
structure
monacale.
Les
élèves
vivent
enfermés
par
rapport
à
la
cité
autour
du
maître.
Les
élèves
sont
divisés
en
catégories,
primaires,
moyens
et
supérieures.
Celui
qui
veut
être
accepté
à
l’école
dit
subir
des
épreuves.
Observé
par
le
maître
qui
a
une
sorte
de
science
physionomiste,
une
psychologie
du
Page 9
View in PDF(opens in a new window)corps
où
il
devine
par
la
structure
du
corps,
ses
mouvements,
ses
attitudes.
Pythagore
ne
laisse
rein
au
hasard
l’examen
porte
aussi
sur
la
situation
psychologique
du
candidat,
ses
opinions
politiques,
religieuses
et
métaphysiques.
Une
fois
le
candidat
admis,
il
reste
en
classe
préparatoire
où
il
doit
garder
le
silence
pendant
cinq
ans.
Toute
l’éducation
de
l’étudiant
se
passe
au
moins
jusqu’à
cinquante
ans
si
on
tient
ferme
les
instructions
du
maître.
Il
y
a
ceux
qui
voient
le
maître
et
ceux
qui
ne
pas
peuvent
le
voir.
L’enseignement
se
structure
sur
deux
niveaux
:
exotérique
et
ésotérique.
Cette
distinction
va
suive
son
cours
jusqu’à
Platon,
Aristote
et
toutes
les
écoles
grecques.
L’enseignement
exotérique
est
celui
qui
est
donné
à
tout
le
monde,
ésotérique
celui
qui
appartient
aux
initiés,
les
amis
de
la
science,
ceux
qui
sont
capables
de
vivre
l’épreuve
de
la
philosophie.
La
philosophie
est
une
épreuve
de
l’homme
pour
l’homme,
elle
le
dialogue
infini
entre
l’homme
et
lui-‐même.
Ceux
qui
doivent
pratiquer
la
philosophie,
les
amis
de
l’homme
doivent
en
être
dignes
de
ne
vivre
que
pour
lui.
C’est
une
forme
de
voeu
qui
pour
les
pythagoriciens
ou
les
philosophes
grecques
reste
une
forme
de
vie.
Les
disciples
vivent
en
communauté.
En
entrant
à
l’école
chacun
dépose
ses
biens
dans
la
caisse
commune
et
ces
biens
deviennent
ceux
de
la
communauté
tout
entière.
Dès
lors
chaque
élève
devient
l’égal
de
l’autre
ce
qu’on
appelle
l’amitié.
Mais
l’idée
d’amitié
qui
a
sa
racine
dans
l’égalité
est
encore
profonde
chez
Pythagore.
Ce
n’est
pas
un
vain
mot
mais
une
valeur
métaphysique.
Il
s’agit
de
la
participation
de
tous
avec
tous,
de
l’humanité
dans
son
rapport
avec
le
cosmos.
Si
toutes
les
confréries
de
l’histoire,
ou
ceux
qui
veulent
établir
l’égalité
parmi
les
hommes,
prennent
appui
sur
la
forme
de
la
vie
des
pythagoriciens
c’est
en
partie
parce
qu’
ils
ressentent
une
véritable
amitié
parmi
eux.
L’idée
de
«
frère
»
ou
de
«
camarade
»
qu’on
pratique
dans
certains
partis
politiques
est
liée
au
pythagorisme.
C’est
lui
qui
en
est
sa
source.
Pythagore,
brûlé
dans
un
incendie
criminel,
fomenté
par
la
haine
et
la
jalousie,
comme
toujours
les
Grands
Maîtres
de
l’éducation
humaine
sont
discrédités
par
les
haineux,
les
violents
;
ceux
qui
n’aiment
pas
l’homme
mais
qui
veulent
l’asservir.
Pythagore
a
eu
la
mort
violente
comme
prix
de
sa
bonté,
de
son
amour
pour
les
hommes.
L’histoire
est
remplie
de
ce
genre
d’exemples.
Jamblique
nous
rapporte
une
histoire
extraordinaire
qui
donne
sens
à
cette
amitié:
A
la
mort
du
maître,
les
pythagoriciens
vivent
dans
la
disette.
Un
pythagoricien
qui
s’est
éloigné
des
siens,
se
retrouve
sans
argent,
malade
et
meurt
tristement
dans
une
auberge
isolée.
Avant
de
mourir,
il
écrit
des
symboles
sur
le
mur
de
l’auberge,
des
symboles
connus
simplement
des
seuls
initiés.
Quelques
années
après
un
autre
pythagoricien
passe
là
et
voit
les
signes.
Il
entre
et
demande
«
Où
est
mon
frère
?».
On
lui
montre
son
tombeau
et
lui
explique
son
histoire
et
les
soins
prodigués.
Le
pythagoricien
demande
la
valeur
des
soins
et
paye
en
disant:
«
Ce
que
mon
frère
vous
doit
c’est
moi
qui
vous
le
doit
».
En
ce
qui
concerne
sa
philosophie,
c’est
presque
Platon
qu’il
faut
interroger
de
nous
parler
de
tout
ce
qu’il
lui
prend,
de
la
formation
de
son
école,
de
la
conception
de
l’harmonie
du
monde,
de
la
valeur
des
mathématiques,
de
l’aversion
pour
la
démocratie,
de
la
passion
pour
l’aristocratie,
de
l’éducation
du
philosophe
qui
commence,
par
la
gymnastique,
la
musique,
la
pratique
des
mathématiques
et
la
dialectique,
opération
connue
des
seuls
philosophes.
Platon
systématise
toute
la
doctrine
pythagoricienne.
Il
en
est
le
légitime
continuateur
qui
éblouie
l’entendement
dans
sa
grande
poétique
de
la
théorie
de
l’âme.
Si
Platon
est
le
fondateur
de
la
philosophie,
Pythagore
en
est
son
principe.
Pierre
Nzonzi
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en
philosophie