Contraires et categories dans la Philosophie Hellenique

Author
Lenoir, R.
Published in
Revue d'Histoire de la Philosophie
Year
1931
Subject
HISTORY
Language
Français
Category
C7 Philosophy
Archive number
5183

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NER. Cy LENS An . CONTRAIRES ET CATEGORIES DANS LA PHILOSOPHIE HELLENIOUE = Qui vit la pensée, si assoiffé d’éternité soit-il, se prête bon gré mal gré au cours des événements. Le dessein des sociétés, leur évolution, la subordination de la politique des cités 4 un plan poursuivi par les ordres du monde affrontent groupe a groupe pour opposer génération à génération. Les contrastes naissent des disputes qui privent l'effort s’ajournent. L'intelligence devient pratique au moment même où elle humain de sa vertu créatrice. Les hommes s’acheminent et les idéaux se croit volontaire. C’est qu’elle cède au besoin d'action. Fait-elle violence au piétinement qui la maintient dans les sentiers battus trace à trace, ses mouvements intérieurs révèlent les impulsions ancestrales qui la placent face au cosmos. Ses notions éparses sur les êtres et les choses, s’ordonnent. La pensée se retrouve complexe, pour n'être plus. de surface. Quand un aspect se fragmente pour apparaître à la lumière, et le populaire concentrent ici dans l'intelligence disciplinée, là dans la les autres demeurent dans J’ombre où se tiennent les mystères. Le sacré sensualité diffuse, les forces naturelles. Ainsi la révélation se subordonne aux temps comme aux révolutions astronomiques. Où rejoindre dans son ensemble, pour la comprendre, la pensée? Ni chez les modernes ni chez les primitifs. Les uns et les autres reçoivent et perdent trop de noms dans les mêlées de races pour maintenir au antiques offrent, des empires orientaux aux confédérations helléniques, delà de quelques générations une tradition vivante. Seules les sociétés l'alliance d’intuition et de science par qui la vie des idées se conquiert sur l’asservissement et la mort des groupes. Ombres et clartés incorporées par la religion et la sagesse s’émancipent avec les hommes rendus libres par la mer au sein des cités. Dès qu'elles deviennent assez

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LENOIR. — CONTRAIRES ET CATEGORIES DANS LA PHILOSOPHIE HELLENIQUE 227 dominatrices des passions pour oser discerner les méchants et les meiltique des choses. Calcul et discours en développent la série. La police s'est-elle imposée aux esprits comme aux cilés’? Les hommes se trouvent. dès l'enfance, devant une pensée toute faile qui vientà eux du dehors. Les formules ordonnent plus qu'elles ne persuadent. Les des êtres. D'un même mouvement, limitation du monde au moyen des vibrations impose la constitution numérique et la structure onomas- Cratyle, « Celui qui sait les noms sait aussi les choses ». Les donneurs de noms et de lois se sont contentés d'observer le monde et d'en approfondir la nature par le moyen de la lumière et de la voix. Les rythmes et les arythmies discernées ont révélé à la fois la communauté des crises et des périodes auxquelles sont soumis les corps et la singularité à la connaissance du monde.Comme il est dit dans le choses président férer un nom est diriger l'intervention de l’être qu'il désigne sur un sübstrat. Les noms des forces invisibles, des ancêtres, des dieux, des puissances président aux opérations; de même les noms des êtres et des humaines leur ont enseigné le caractère sacré de l'énumération. Procorps de métier se présentent unis par des analogies, cependant que les composés symbolisent avec les simples. L'observation et l'expérience poursuivies au sein des démocraties brisent les tables. Les philosophes conservent pourtant le respect des termes. Des rites manuels et oraux accomplis pendant des siècles à l'occasion de toutes Jes actions gions, climats, météores, éléments, métaux, jours, humeurs, organes, influx des vies sidérale, minérale, végétale, humaine et sociale. Rédes listes de noms et des tables qui établissent la correspondance par reçoivent des organisations religieuses conune des sociétés primitives De là le fond commun à toutes les spéculations. Les philosophes liés de manière ouverte ou en second. La où les Pythagoriciens partaient des astres et de la numération que ceux-ci facilitent, Aristote, Stoiciens et Épicuriens partent des idées et de la nomenclature. plus ou moins cohérents et savants, ils ne font. que rejoindre la polymathie du Pythagorisme,4 qui Jes philosophes ultérieurs se sont raltote, Stoiciens et Epicuriens réunissent tous ces chapitres en systèmes de l’ontologie une création véritable et un poème. Platon développe la psychologie en des dialogues où s’entrelace la dialectique. Quand Arisserve aux iniliés les Ages de la terre et la succession des peuples et des dynasties. Les physiques communiquent au vulgaire théorémes et expériences, démonstrations et théorie des éléments. Les Eléaies font leurs, elles chargent les uns du fardeau de haine qui poursuit Phumanité ; elles gardent pour les enfants des autres les dons des héros à ceux La où l’action requiert l'élan de générosité, l'appréhension du monde qui ne savent pas aimer et qu’ils aiment. demande le concours d’hoimes attachés à leur poursuite pendant des siècles. Comme le danseur construit le lieu où viennent de tous les orients les forces, l’astronome réfléchit en un même temps le faisceau lumineux des étoiles pour le répandre sur la terre. Les groupes arrêtés dans leur course se fixent et s’unissent comme en une constellation. L’espérance et le désespoir que cause le labeur des hommes épousent la carriére du soleil. Périodes et crises se résorbent dans les retours. Incohérence et cohérence entrent dans l’ordre. Les mouvements des corps se plient, comme les désirs des âmes, à la nécessité révélatrice de l'harmoés sont à nouveau en nie visible. Le vouloir les traverse les uns et les autres el. provoque les hasards, en qui s’epanouit l'harmonie invisible. De l'amour naissent. : la fois l'amitié et la haine, Les êtres désac point de départ. A l’école des médecins devant les cadavres. les philoproie aux dissensions intérieures. La curiosité comblée revient à son sophes dissèquent l'être spirituel qu'ils ont tue. Démembrement et denombrement se prêtent au partage stellaire du monde. Le soleil, la lune, la terre, Hermès, Zeus, Arès et Chronos règnent sur Rhodes, Éphèse, Halicarnasse, les Pyramides d'Égypte, Athènes, Babylone, Jérusalem. De ces régions partent des mouvements d'idées qui se concentrent dans l’espace de quatre siècles sur les côtes d’Asie Mineure, en Italie et en Grèce. Des écoles se constituent, comme institutions locales, subordonnées aux centres mondiaux dispensateurs des connaissances célestes, terrestres et infernales. Les maitres répartissent aux élèves leur enseignement et réservent pour deux disciples la poésie et la familiarité de leur doctrine. Si capricieuses paraissent les opinions des sectes, elles suivent la marche même des observations sur la nature dans un milieu qui ne sépare jamais le fait du mythe. Astronomie, cosmologie, physiologie, ontologie, psychologie et théologie ordonnent tour à tour la pensée, En Thrace, les forces du ciel et de la terre animent les dionysies et l’orphisme. Les unes sadressent au peuple pour le jeter dans des états d’extase, L'autre s'adresse aux meilleurs et les | re en une asehse, La cosmologie con-

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termes s‘allitérent suivant que l'imagination est féconde ou stérile. Les esprits précis s'en inquiétent. Une mise en contradiction devient. nécessaire comme une mise en jugement qui purifie la pensée et restitue aux termes leur proportion originelle. Les termes en sont donnés par l'activité humaine elle-même : le même sujet n'est pas capable en même temps et par rapport au même objet d’actions et de passions contraires. Le spectacle de la nature suggére d’ajouter que les contraires naissent des contraires et y reviennent sans cesse. Un cercle se forme ainsi, dont le mouvement se peut effectuer indifiéremment dans le sens des astres ou dans le sens des fixes. Aussi bien l’expérience attestet-elle la réversibilité de sens des contraires. I n'y a rien là que de popufaire. Plus savante est la mise en œuvre des mixtes établissant que deux corps ne se peuvent combiner sans un troisième. Les acceptions physiques font naitre les acceptions logiques. Les termes s’épurent. La compréhension du monde s’amenuise. Macrocosme et microcosme cessent d'être développés dans leur étendue et leur connexion par l’enseignement exotérique. Listes de notions se font fragmentaires. Aux contraires délimités succédent les contrastes de rencontre, où la réflexion critique n’asservit plus la sensation. Seule une confrontation de tous Jes textes ioniens, italiens, platoniciens, aristotéliciens, stoiciens et épicuriens permet de restituer les tables de notions communes à toute l’Hellade dans leur ésotérisme. I] est des tables dont la version hébraïque et la version hellénique affrontées traversent l'Orient, qui précèdent les spéculations des philosophes et leur survivent. Elles groupent les astres, les éléments, les saisons, les couleurs, les modes d’activité et rejoignent Jes classifications du Haut-Orient, de la Chine et des civilisations dites primitives. L’époque byzantine les réunira en un ensemble sur lequel tous les « philosophes inconnus » tenteront des variations. Distinctes sont les notions des choses et les démarches de l’esprit qui leur paraissent essentielles. Pour elles, il n'est ni terme propre ni définition univoque. Le mieux qu’on en puisse dire est qu'elles évoquent la structure interne du monde en produisant le dynamisme de la pensée. Les systèmes dans leur expression incomplète, leur interprétation faussée, là où les textes font défaut, les présentent sous des formes diverses à des moments diferents de Ja speculation. Une élaboration progressive à partir des LENOIR. — CONTRAIRES ET CATÉGORIES DANS LA PHILOSOPHIE HELLENIQUE 229 classifications vitales (1) ne se poursuit pas moins à travers eux. Les Physiques trouvent la genèse des choses dans la réciprocation des contraires à travers le mouvement éternel. Thalès, extrayant les corps simples des passions de la matière, délermine les candensations, les raréfactions et les associations. Anaximandre détermine les contrariétés de l'être quand il énumère les contrastes de la matière. Anaximene considère comme éléments primordiaux l'air et l'illimité, par quoi il faut entendre le temps, que Phérécyde a déjà élevé au rang de principe. Les contrastes ont le même sens chez Diogène et Démocrite. Héraclite oppose, sans grande discrimination, le mâle et la femelle, le blanc et le noir, l’ocre et le rouge, le léger et le lourd, le long et le court, le sonore et le silencieux, les animaux sauvages et les animaux domestiques, le bon et le mauvais, le droit et le courbe, le haut et le bas, le jour et la nuit, l’hiver et l’été, la guerre et la paix (2), la querelle et Ja justice, la faim et la satiété, la maladie et la santé, le jeune et le vieux, l'éveillé et le dormant, la fatigue et la trêve. I] développe le tout en dieu et juste, père et fils, calcul du temps et éternité, mortel et immortel, séparable et inséparable. Avec, maintenant, en même temps, un et continu, incréé, immortel, inséparable sc retrouvent chez Parménide et se joignent à sans mouvement pour former quatre séries de couples concordants, auxquels s’ajoutent l’intelligence et la sphère, le jour et la nuit. Mélissos complète l’incréé, immobile, l'inséparable par les qualités d’éternel, d’illimite, d'un, de semblable, et joint le plein et le vide, le dense et le raréfié. Anaxagore considère l’être comme illimité, autocrate, sans mélange; il énumére ensuite le dense et le raréfié, le ‘chaud et le froid, Pobscur et l’illustre, Phumide et le sec. L’opposition de l'amitié et de la haine domine chez Empédocle les mélanges et les séparations. Les contrastes ordonnés en deux groupes de cing couples font figure chez lui de divinités : Terre et Soleil, Discorde et Harmonie, ‘Callisto et Ja Honte, Thonssa ef Danae, Vérité et Incertitude, Création et Destruction, Repos et Eveil, Mouvement et Immobilité, le Três Grand el Ornement, Silence el Voix. La réflexion des Pythagoriciens a pour base une contemplation du (ij R. Lenore, Les Caractires généraur de la Philosophie hellénique (Revue de Synthèse historique. Juin 1930, p. 33-34). (2) R. Lenoir, Le Curacteres L généraur de la Philosophie hellénique (Revue de Synthèse historique. Juin 1930, p. 42).

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ciel qui leur fait adopter le même principe qu’Anaximéne : «Le ciel est un. A l'illimité s'ajoutent le temps, le souffle et le vide qui délimite toujours la place de chaque chose (1). » La puissance du démiurge ordonne le soleil, les planètes, la terre et la lune, que les Pythagoriciens nomment antiterre ou terre sauvage (2). Leurs mouvements sont générateurs d’un partage du ciel en sept orients, autour desquels se groupent les êtres et les choses. Les Pythagoriciens, contents du dualisme symétrique du corps humain, l’imposent au ciel pour v délimiter deux pôles et.y distinguer deux hémisphères. Ils recoivent des sociétés orientales les listes de phénomènes, d'êtres vivants et de vertus. Le développement de l’astronomie, de la musique, de la médecine, de la-mantique et de la théologie leur impose des regroupements et des réductions sucvessives, Certains caractères sont abandonnés comme trop peu dominants. Le dualisme transforme Ja polarisation en contraste logique; des contrariétés naissent, qui demeurent distinctes des catégories de l'être comme des puissances. Les concordances qui les unissent à la liste . des éléments et qui font encore l’air analogue du droit (3) demeurent dans l’enseignement secret. Les classifications remaniées sont exprimées de plusieurs manières. Suivant Simplicius, à côté de la droite se le mauvais (4). Suivant Aristote, aux trois premières séries, concernant rangent le haut, le devant, le bon ; à côté de la gauche, le bas, l'arrière, le nombre, le pair et impair, Fillimité et le limité, l’un et la pluralité, s'ajoutent, en désordre et brouillés à dessein, en mouvement et en repos, droit et courbé, tétragone et oblong, mâle et femelle, lumière et ombre, bien et mal. D'autres textes révèlent les oppositions de l’égal LENOIR.— CONTRAIRES ET CATEGORIES PANS LA PHILOSOPHIE HELLENIQUE 231 prendre el de tenter une restitution de l’enseignement à partir du Même et de l'Autre. Platon ne retient pas les oppositions de l’autocrate et du dépendant, du pur et de l'impur. du disséminé et du dense, du ténébreux et de lillustre, de 'humide et du sec, qui caractérisent Je tout pour Anaxagore. ll se contente de faire allusion, en de nombreux passages des Dialogues, à Ja doctrine pythagoricienne. Séries de termes rapprochees les uner l'économie véritable des idées, que les contradicteurs dispersent comme des autres et comparées aux séries des systèmes antérieurs font surgir ils gaspillent intelligence. A partir du soleil se développent la lumiere et l'ombre, le même et l'autre, l'être et le non-être, le solide et-le liquide, Je plein et le vide, le rythme et le nombre, le droit et le gauche, le scheme et l'informe, l’un et le plusieurs, le plus et le moins, le peu et le beaucoup, le grand et le petit, l'illimité et le limité, l'égal et l'inégal, le semplan et le solide, le triangle et le carré, le létragone el Toblong, le cube blable et le dissemblable, le droit et le non-droit, le point et la ligne, ke et la pyramide, l'énergie et la puissance. le mouvement el le repos, l'éternité et le temps, le contact et la séparation, la permanence et le changement, la génération et la destruction, le masculin et le féminin, vrai et le faux, le beau et le laid, le bien et le mal. le nécessaire et le utile et le nuisible, l’honnète et le déshonnête, le juste et l'injuste, le spontané, l'harmonie visible et l'harmonie invisible. Cette suite de contrastes, obtenue grâce à une confrontation avec la Métaphysique titués par un passage du Timer. Ce sont le cercle équinoxial et le cercle même et l’autre entraînent un ensemble de termes astronomiques resd’Aristote, ne présente pas un caractère arrêté. I] se peut que tous les termes n'en soient pas à leur place. Il est certain que des séries intercalaires concernant une discipline en sont absentes. C'est ainsi que le des autres, mais de véritables têtes de chapitre réduites à quinze, -eident en Orient, les astres et les planètes, le cosmos ct l'ouranos. Au sont plus des vertus de même importance énumérées les unes à la suite et de linégal, du plein et du vide, du vrai et du faux. De la sorte, ce ne dimidiation de trente, à douze suivant l'ordre babylonien, puis à dix . saire, mieux à la penséc qui gouverne, comme causé divine, le coscause des mélanges correspond à l’âme du monde comme cause néces- -et de moins, aux éléments, aux corps el aux mouvements des corps ; la les êtres, la cause de la nature. L’étre correspond au limité ; le non-être reste, ces énumératians se détachent d’un plus vaste ensemble que le Philèbe restitue. Suivant lui, il est. quatre genres : l'être, le non-être, écliptique, le mouvement d'Orient en Occident et le mouvement d’Ocsuivant l’arithmologie pythagoricienne qui est « système de monades » Fo soucieux de la tétrade. La dialectique de Platon permet de le com. re ii été retenu ni par Burnet, dans U Aurore de la philosophie grecque, traduction | 15} Preis. Fragmente ar Vorsolirati her. 1, 276, 21, 25. avoir francuise, p. 347-848, ni par Léon Robin, dans la Pensée grecque, p: 77. imı Dies, Fragmente der Vorsokratiker, 1, 276, 114. - ‘45 Dints, Fragmente der Vorsokratiker, 1, 276, 26-28.

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accompagnés de l’etroit et du long, du large et du mince, du profond et du peu élevé. du poli el du rugueux, la possession et Ja privation. Sv ajoutent le convexe et le concave, ‘uni et le non-uni, le symétrique et le dissymétrique, l'omoiomère et l'anomoiomére, l'antérieur et l’ulterieur, le rapide et le lent, actif et le passif, le mouvement circulaire et le mouvement tourbillonnaire, la partie et le tout. Suivent le mélange et la dissolution, l’ébullition et la congélation, la prise et le relächement, assemblage et dissociation, contexture et distribution, ordre et désordre. Un tel travail se poursuit dans la Physique et la Métaphysigue pour autoriser une transposition des quatre genres déterminés par Platon dans le Philèbe et une reconstitution des premières séries pythagoriciennes envisagées dans leurs analogues. La théorie des quatre genres devient la théorie des quatre causes. A l'être, au non-être, aux êtres, à la cause de la nature correspondent l'essence. la matière, ce d'où vient le principe du mouvement, la fin. Ce sont les aspects de la forme motrice, de la matière, de la privation et de la représentation “comme principes. D'autre part, les dix premières series de la table de Pythagore sont : l'essence correspondant à l'être et au non-être: la quantité; la qualité; le rythme; l'excès et le défaut ; l'amour se difassis SOPHIE HELLENIQUE 235 LENOIR. — CONTRAIRES ET CATEGORIES DANS LA PHILO révéla toujours ingénieux. Hermès Trismégiste lui rend ses à la tête: es pour rappeler la prépondérance de l'astronomie et placer , la nécessilé, notions Zeus, la lumière, ce qui nourrit tout, le hasard et a mo en lame, les sept planètes, les trente-six décans. 1 transm en lambeaux an äge, avec bien des palimpsestes, des classilications à la mesur ed ses Vingéniosité humaine rapetasse au gre de ses désirs, ams) aux soe “me horizons. Des chaînes de notions parviennent , au point de na rir dernes ; chemin faisant, elles s’allègent de termes . Leur examen nen plus que les lineame nis extérieurs de la pensée la spéculation, la métaphysique ‘essentiel de la pensée. L'esprit de découverte el constitue pas moins l’esse me afirontan! la la combinatoire peuvent 1 vendre par éclairs à l'hom de devenir stérile, À se placer ainsi en travers de la vie, nature son émotion et sa noblesse. Ils mempéchent DO \ DRE . . E MESSRE _ DS main. ea sans lende rribles.8 rével s terrib ment, a des réveil i ) par l’enseigne ralentie n laissent philosophes asse Rien ne passe plus des idées dans l'action. Et les soin de marque: elo aux réformateurs comme aux révolutions le et des sociétés harmonique gnement croissant des societes politiques Raymond LENOIR. | (Aho, RS fractant en amitié et en haine ; le nombre se divisant en pair et impair ; Le PULLS Ses Ainsi se rejoignent dans une même synthèse comme dans une même l’eau engendrant le sec et l’humide ; le feu faisant le chaud et le froid : l'air faisant le dense et le raréfié; la terre faisant le vide et le plein. succession les notions dites abstraites et les éléments physiques. Les Physiques et les Pythagoriciens se sont donc contentés de dévoiler chacun une des tables d’analogie. Il faut donc considérer l'effort de spéculation hellénique tel qu'il se transmet dans le secret des écoles comme un vaste système de notions qui symbolisent. Il ne saurait être question, en effet, pour la pensée orientale, de rien d'autre que de symboles. La dialectique peut les lragmenter et les déployer de bien des manières au gré des tempéraments et des époques. Ces jeux verbaux n’altèrent pas pour autant la nature propre du réel pénétré d'intelligence, au point que tout mouvement y signifie. Que la philosophie rivalise ici avec la mantique. C'est que le besoin d'ordre et. dans ses rebondissements comme dans ses progrès prudents, l'esprit se d'harmonie fait violence au silence actif. Dans la trame des événements qui défont et refont à tout instant le monde, rien n'est définitif. Et,