Le pean delphique a Dionysos 1 - 3

Author
Vollgraff, W.
Published in
Bulletin de correspondence hellenique
Year
1924
Subject
DELPHI
Language
Français
Category
C12 Religion
Archive number
6833

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Vier (Ste 2ANA E ersee \ A 24 Wilhelm Vollgraff Le pean deiphique à Dionysos Citer ce document / Cite this document : Vollgraff Wilhelm. Le péan delphique à Dionysos. In: Bulletin de correspondance heliénique. Volume 48, 1924. pp. 97-208. doi : 10.3406/bch.1924.2989 http:/Awww.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/och_0007-4217_1924_num_48_1_2989 creative commons

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Wilhelm Vollgraff In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 48, 1924. pp. 97-208. Citer ce document / Cite this document : Vollgraff Wilhelm. Le péan delphique à Dionysos. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 48, 1924. pp. 97-208. doi : 10.3406/bch.1924.2989 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1924_num_48_1_2989

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LA MÉMOIRE DE JEAN DE MOI on zy! ’ TIOULMJOLT! ’ TETUVTA, La pierre qui porte le texte du célèbre pean à Dionysos, œuvre du poète Philodamos de Scarphée, a élé retirée, non loin de l'autel de Chios (1), du dallage de la voie sacrée du téménos d'Apollon, à Delphes. Elle est incomplète et brisée en plusieurs morceaux. Les fragments ont été d'abord rapprochés par M. Homolle « avec une sûreté de méthode », comme on l'a dit justement, « qui ne laisse pas place au moindre doute ». Une copie du texte faite par MM. Homolle et Bourguet (2) a permis à Henri Weil de restituer huit des douze slrophes dont l'hymne se composait; les quatre autres, bien qu'il en reste quelques mots, semblent irrémédiablement perdues. Aussitôt le travail de restitution accompli, Weil en a publié les résullats dans un admirable article dans le Bulletin de correspondance hellénique, en 1895 (p. 393-118). Complété par quelques notes supplémentaires dans le Bulletin de 1897 (p- 510-513), et répété, par la suite, sous une forme légèrement améliorée, dans les Etudes de littérature et de rythnique grecques (Paris, Hachette, 1902), le travail de Weil est resté Jusqu'à ce jour le seul dans lequel on ait essayé d'interpréter (4) Poulsen, Delphi, p. 18,3. (2) BCH, XIX, 1895, pl. XVI-XVH. BCH, XLVIIL (1924).

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dans le détail et de comprendre en son ensemble ce document des plus nobles, voire des plus intéressants parmi ceux que nous ont donnés les fouilles de Delphes (4). ll est vrai de dire que l'hymne a été réimprimé, en 1900, par Arthur Fairbanks, dans une remarquable étude sur le péan des Grecs (2). Cette publication ne mériterait pas qu'on en dise du mal. Elle est accompagnée d’un commentaire qui contient des remarques originales et justes, et j'aurai plus d'une fois l'occasion de la citer. Toutefois, le texte donné par Fairbanks ne diffère pas, dans tout ce qui est essentiel, de celui de Weil. Il se peut qu'on en ait conclu que les restitutions de ce dernier doivent être considérées comme à peu près définitives... Mais ce serait là une grave erreur; car, en réalité, le travail de Weil n’est encore qu'une première ébauche. Weil a retrouvé le mètre des strophes, et le sens général de la plupart des différentes parties du poème; sa vaste érudition et sa connaissance du langage des poètes lyriques et tragiques lui ont permis de combler d’embide mainte lacune, d'une facon convaincante; mais il me semble s’êlre. mépris sur le sens de quelques passages capitaux, qui, seuls, correctement expliqués et restitués, donnent la clef de l'interprétation générale de l'hymne. Quant au commentaire qu'il a ajouté à ses notes critiques, il est insuflisant, même au point de vue purement philologique, et c'est d’ailleurs surtout dans l’histoire des religions, en particulier dans celle du culte de Dionysos, qu’il convient de puiser les données nécessaires pour pénétrer la pensée de l'auteur du péan delphique et de ceux qui l’ont inspiré. J’essayerai, dans cette étude, de préparer Ja voie à celui d’entre nous qui se chargera de publier Vhymne à Dionysos, (1, Poulsen (Delphi, p. 18) aflirme avec raison que l'hymne à Dionysos est le plus beau des hymnes trouvés à Delphes. Il est vrai que ce n'est pas encore beaucoup dire. M. Paul Foucart (Les Mystères d'Eleusis, p. 451) n'a pas grande estime pour « le versificateur qui a composé cette cantate assez médiocre ». Certes, Philodamos n'était pas un grand poète: mais c'était assurément un auteur qui exprimait sa pensée avec aisance et goût. (2) Fairbanks, A Study of the greek Paean (Cornell Studies in Class. Philol., XII, p. 139-153.

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dans les Fouilles de Delphes. Pour contrôler la copie sur laquelle a travaillé Il. Weil, je me suis servi de trois estampages. le premier fait en 1901 par moi-même, avec l'assistance de Contoléon; le second fait en 1921 par mon élève J. Hondius; le troisième, qui est le meilleur, envoyé tout récemment par les soins de M. Ch. Picard, directeur de l’école d'Athènes. On sait que la première copie d’un texte difficile à déchiffrer est presque toujours défectueuse à beaucoup d’égards, et M. Bourguet a poussé la modestie jusquà faire douter de Vexactitude de la sienne (1). Je crois donc devoir envisager d'abord la question de savoir quelle est la valeur de la copie sur laquelle le texte de l'hymne repose uniquement, depuis 1895. Cela est d'autant plus nécessaire que MM. Iomolle et Bourguet ont lu sur la pierre beaucoup plus de caractères que je n’en retrouve maintenant sur les estampages (2). Or, il résulte d'un examen approfondi et répété à plusieurs reprises que la copie du Bulletin a été faite avec la dernière conscience et avec une honnétete scrupuleuse. Je dis honnêteté, et je m'explique. H n'y a pas de méthode plus honnéte que celle qui à été suivie rigoureusement par nombre de membres de l'Ecole d'Athènes; elle consiste à copier les inscriptions tout d'abord sans chercher à les comprendre. En agissant ainsi, on s'expose évidemment à confondre quelquefois des caractères qui se ressemblent, mais on évite, d'autre part, de faire des conjectures tout en copiant. La copie de MM. Homolle el Bourguet a été faite ainsi: la preuve, c'est que dans un passage faisant partie du refrain, la copie porte IOF, alors que le lapicide avait certainement gravé 1O1 (3). On se rend compte, par cet exemple, qu'il nous est permis de nous écarter parfois de la première copie, pourvu que l'erreur commise par les copistes puisse être expliquée ei il) BCH, NX. 1896, p. 237,1 : « La planche qui reproduit le pean en caractéres épigraphiques contient plusieurs fautes ». (2) Cf. Weil, art. cité. p. 400: « Pour les lecons douteuses une nouvelle collation ne nous avanca gurre, beaucoup de caractères s'étant effacés en plein (3: Weil, ibid.

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justiliée paléographiquement. Il va de sot que des erreurs de ce genre, el méme de plus graves, seront inévitables surtout dans les parties de la pierre où les caractères sont à demi, voire presque complètement ellaces. J'ai donc pris pour règle, par rapport aux passages qui ne sont pas lisibles en entier sur Vestampage, d'accepter les lecons de la copie du Bulletin, partout où elles sont en accord avec la grammaire, le mètre, les données historiques et le sens du contexte. Je ne reproduis pas ici cette copie et je suppose connu l'arlicle de Weil, pour n'avoir pas à citer textucllement tout ce qu'il contient. Mais je prendrai comme point de départ le texte de chaque strophe tel que Weil Va publié dans le Bulletin, et jexaminerat partoul ses reslitulions, avant de proposer les miennes. On voudra bien voir, je l'espère. dans cette facon de procéder, non une chicanerie, mais un hommage rendu à un maitre dont les opinions valent d'être pesées mürement, même quand on incline à ne pas les admettre. Tout en craignant d'avoir l'air de fatre montre d'érudition sous prétexte de commenter mon texte, je ne pourrai éviter ni les longs développements, ni même, de temps à autre, les digressions. On me pardonnera peut-être : ceci n'est pas un livre, mais un simple mémoire. qui demande à ne pas être jugé uniquement d’après sa forme. Le lecteur versé duns la critique des textes grecs, mais moins peut-être dans celle des documents épigraphiques, doit savoir que l'inscription étant gravée s70:/n26%, le nombre des caractères perdus se trouve être exactement connu, chaque fois que le texte présente une lacune. Cette règle ne soutfre d’exceptions que par suite des deux circonstances suivantes : d’une part, le lapicide s'est réservé la liberté d'intercaler le iôta entre deux rangées verticales de caractères; et, d'autre part, les lignes du texte épigraphique n’ont pas toutes exactement la même longueur, parce que la fin de chaque ligne doit coïncider avec la fin d'un mot, ou tout au moins d'une syllabe. Voici done un premier moyen pour controler la justesse des

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restitutions. Un second moyen non moins efficace est fourni par le mètre des strophes dont voici le schéma (1; : —uu— | u—u-— | —Gu— | u—u— | —uu— | u—u— | —uu— | u—Y¥ -— - | vu—— | uu— YYG—u | v—u— | —¥---u | UUUU— | u-— - U_y | uU¥u-- | --U-u | UUUU.. | —Y—u | uU UU--— | UU-- — U I U-U— | u lu II me reste à dire d'avance un mot sur la date approximative du péan. La forme des caractères permet d'attribuer l'inseription, sans contestation possible, à la seconde moitié du 1v° siècle. Une date plus exacte peut être fournie par le décret en Phonneur du poète Philodamos de Scarphée. Ce décret, qui est gravé immédiatement au-dessous du texte de l'hymne, doit avoir été rendu peu de temps (2) après la composition, ou tout au moins, après l'exécution de l'œuvre de Philodamos. TI est daté d'après Varchonte de Delphes Étymondas. Malheureusement. nous n'avons pas un texte précis qui permette de fixer de facon indiscutable la date de Parchontat d’Ftymondas. Nous savons seulement par plusieurs inscriptions qu'Étymondas était un des notables de Delphes les plus en vue entré. disons, les années 339 et 328 avant notre ère. M. Bourguet (3) a placé l'archontat d'Étymondas en 333/4, date qui a été également acceptée par M. Pomtow (4). Je ne conteste en aucune sorte la possibilité de cette date qui semble avoir rallié la plupart des suffrages. Mais il faut avouer que, pour l'établir, on s’est servi d'un argument sans valeur. Je veux dire qu'on à conclu, avec Weil (5), du (1) Cf. Wilamowitz, Berl. Sitz. Ber.. 1902, p. 894. (2) Weil a dit. et Von a répété après lui, que le décret honorifique a été rendu apparemment immediatement après l'exécution du pan ‘art. cité, p. 396;. Hv aurait peut-être lieu d'être plus prudent. L’hymne a été chanté au printemps istrophe 1), c'est à dire pendant le deuxième semestre de l'année delphiqne. Le décret a pu être rendu soit aussitôt après, soit au commencement de Vannée suivante. (3) BCH, XXIV, 1900, p. 503. (4; Pauly-Wissowa, Renl-Eneyel., s. v. Delphoi, p. 2612; Dittenberger. Nyll5., 270. (5) Art. cite, p. 396.

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commencement de la IX® strophe, que le péan a été exécuté dans une deuxième année olympique. En réalité, on ne peut rien inférer de pareil, d'après notre texte, comme je m’elforcerai de le démontrer plus bas. La date qui, à mon sens, convient le mieux pour l'exécution de hymne, est le printemps de l’année 335. C’est le moment où le jeune Alexandre, devenu roi à vingt ans après l'assassinat de Philippe (été 336), solennellement reconnu pour souverain dans l'assemblée des Amphictyons aux Thermopyles (1), ouvre sa campagne contre les Thraces et les Illyriens (2), d'où le rappellera bientôt (été 335) (3) la révolte qui se terminera par le sac de Thèbes. STROPHE J. ~ " + ! [Ac5o’, ava Atfucoube Boxy LN , a Q .. elute, Nusan]pes, Boatr Us ue = Th, Sodutle', Lotvaits 1409 NEN ° ~ A r > er TANTUIE)| VEOULS EV WIA: rj. N ‘ 3? 5 + Evo: © 46 [Baxy’ > * ON © 1e Tard|y : [Oy OvGars mow’ ev evians AARD velar | YORMROS Quays. ravtes 3° [aovéges ayy Joceu% # * - TIN, TOTES GE Hootot [a f 10 - Si Q a sav sais] Baxyte, yévvars. "IE Hardy, "4. sols, eupauv Tayoe| TOAL puhaso ” , ~ - ra 9 suaiwv. suv [oA6m1]. ’ L Ha Vs. 1 : (600° ava]. Cf. Oren. Hymn., 12, À : Seüoo, Tuyn. Hymn. in Hecat. éd. Abel, A : 6299’, "Exarn. Vs. 1-4. Les quatre sretniers vers, tout mutilés qu'ils sont, contenaient sûrement une invocation à Dionysos {témoin le (1) Diod., XVII, 4, 2 : mapHABev sig Ilúhac val td thy “Auctetiovuy cuvédotoy suvavoy ERELTEV PxuTD KOL) ourwat: Dobivat shy ray “EAA gv Pyepoviav, (2) Arr. Exped. Alex., 1,414: dpa 6s zó Tor Ehauverv ext Boden. Diod., XVII, 8, 1. (3) Cf, Cloché, BCH, XL, 1916, p. 130, 3.

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vocalif Baóute:, et une invitation au dieu de se rendre parmi ses fidèles, Zorvalts] … fesats ev aac, à une fête qui se célébrait au printemps. L'épithète [AïBücuu$s n'est plus visible sur la pierre (1). Je reconnais à grand’peine sur l’estampage quelques traces de caractères que je copierais : PAMOE ou PAMBE. Cependant, il n’y a nul doute que le mot ait été correctement lu lors de la découverte de l'inscription : A.O5s2u6os est un nom rare, mais dûment attesté à côté de OstauGos etde Osraubosıhüpaunns (2). En revanche, je n'ai pas confiance dans les mots [Buss]7sss et Baars. L’estampage ne me donne rien pour le premier; à la place du second, je distingue AITA, peut-être XAITA. Ovasípes serait un mot nouveau, formé comme novynons. « On pourrait aussi conjecturer », dit Weil, « 177725, quoique Nusaiwy òpsov x 2soñpets O79a. (Sophoele, Ant., 1131) n'offre qu'un parallèle plus éloigné. La division des syllabes exclut ogovs|agés et les composés analogues. » Il est vrai; mais il convient d'ajouter qu'elle semble exclure tout aussi bien Gugs|ñoes. Quant à Sozizz, jai dit naguère ce que je pense de cette épithète nouvelle et singulière (3), qui a donné matière à des explications assez surprenantes. Ma manière de voir a été admise par Perdrizet (4) et par Miss Harrison (5). Gladys Davis (6), par contre, et, au dire de celle-ci, M. Farnell sont restés fidèles au texte et à l'interprétation de Weil. Force m’est done de revenir sur la quesLion etde lâcher de démontrer, d'une façon plus explicite, que Saat n'est wy pas a grec. Weil s'est demandé si l'on peut dériver Boara du verbe Foato — 5210, briser. Le sens que l'on obtient (1) J'ai vu la pierre même au musée de Delphes. au printemps de 4901, et jy ai lu fa moitié de la premiere strophe. (2; Fur. Bacch., 526 : %:, Aijozuf: Athen., XI. p. 465, a (d'après l'atthidographe Phanodémos: : avarahoûrres Ebay +: eal Arbsoambov xxi Baxysutiv xxi Bséuiov: Athen. I, p. 30, b : tiuata: 63 mack Aaubaurvoïs 6 Hotynos u aöTds Oy zu Atoway, €2 imGétov xxnOUEUNS ObtHs, Ús (Hs 221?) Oplaubos ual Adicanos; Etym. Magn... p. 274, 44 : AvhiexnGos ed. Westerm.; Pratin., fr. 4, 16. a Atéveses; Olympiod., Vita Platon., p. 384 . (3) Mnemos., XXXUI, 1905, p. #19 sq. ‘4; Perdrizet, Culfes et mythes du Panger, p. 61 sq. 1D Class, Reo. XXIV, 4910, p. 245. ‚6, Davis, The Asiatic Dionysos, Londres, 191%, p. 172 .

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ainsi (« celui qui frappe et qui brise ») pourrait à la rigueur être jugé acceptable. Une épithète de ce genre paraîtrait tout au plus un peu déplacée dans une invocation où une divinité est „ priée de se rendre à une fête printanière. Mais c'est surtout la forme du mot qui prête à la critique. « Un dérivé satzys (Boats) à côté de ga:sc7s », écrit Weil, « ne fait pas plus de difficulté que Saris à côté de Brasths, Untere à COLE de Axess ». Le raisonnement est peu convaincant. On a rain et Bıaszis,>37 Sram et Braas, On a Amers à côté du verbe 24 fou, et ris à côté du substantif Anis, mais à côté de 530, qui fait à Paoriste du passif . OUNTTS, # VALGOULTTAS, KUYOOULTTYS, Le Ld id p= UTTOOEULTTS, or — ! me et sarorys, e x ct jamais autrement. Ensuite, si nous admettons que Jato a été à l'origine Faal, comment un poète dorien a-t-il pu écrire fepour Fo-, orthographe qui n’est attestée que chez les poètes éoliens du vi siècle? (1) Enfin, peut-on croire sérieusement que ce même poète contemporain d'Alexandre se soit permis de ne pas contracter, dans 3saira. les vovelles a el : en une diphthongue (25, et de traiter le iòta comme une longue? Non, si Fon veut s'en tenir à la lecon BPAITA (3), il faut, ou bien admettre une faute du lapicide (4), ou bien penser avec Fairbanks (5), que nous avons affaire à un mot d'origine barbare. (1) Cf. Wilamowitz, Sappho und Simonides, p. 95. (2) Homère, déjà. les a contractées dans Buuosxistns; v. Fraenkel, Gesch. d. gr. Nom. agentis, I.p. 44. 4. (3) Je passe sous silence la thèse de Miss Harrison, qui a vu dans Ardvusos Bexttzs le dieu de la bière, Dionysos le Brasseur (Proley. to the study of Greek relig.. p. 447 et suiv.). Elle ya renoncé elle-même depuis longtemps. (4) Weil a conjecturé : Bovarrti, Bréal : Soret. (5) Ouvr. cité, p. 144: « If the word is correctly cut on the stone, it no doubt has some connection with the name of the Macedonian tribe Roxıssi, which, according to Stephanos of Byzantium, was mentioned by Dionysios in the third book of his Bazezse:24. —evidently a book which dealt with some subject relating to the worship of Dionysos ». I serait intéressant. si le poéte avait voulu marquer des les premiers vers l’origine septentrionale du dieu par une épithète macédonienne... mais le rapport établi avec trop de confiance par Fairbanks entre l'énigmatique Ssatrx et les Boarso! d'Etienne de Byzance me paraît avoir a peine la valeur d'une conjecture.

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Mais ne serait-il pas étonnant de voir attribuer au dieu, dans cet hymne du ıv® siècle dont la langue et le style sont si clairs et si classiques, telle épithète? Elle ne se lit nulle part chez les poètes (et l’on sait s'ils sont nombreux !), qui ont parlé de Dionysos. Je conclus, toutes choses pesées, qu'il y a lieu ici de mettre en doute la lecon des premiers copistes, malgré l'autorité de Fournier, qui a affirmé que BPAITA se lit « très distinctement » sur la pierre (1). Je ne sais s'il existe de l'inscription des estampages plus anciens et meilleurs que les miens. Pour le moment, je reste convaincu qu'au commencement de la ligne 2 de l'inscription, il faut lire : [xian '/aïzs. On comparera le vers de Kratinos (2) : „ a=: EINE AUTTO one SANT en. INAS, yaa, 20904’Leggy?’ Exoayetons, et le fragment de Pratinas (3) : ~ LLTTO/ IT + OM r ” « hd x r f IIS. AADIE TAY EUR Aworov ope. ae Plutarque, dans un passage connu (4), déclare que Dionysos ne reçoit pas de moindres honneurs à Delphes qu’Apollon, et raconte que l’année y est comine partagée entre ces deux divinités, Dionysos étant censé être présent durant les trois mois de l’hiver, et Apollon durant les neuf autres mois. C'est apparemment un compromis destiné à mettre fin à une période d’antagonisme entre le culte d Apollon et celui de Dionysos. Chaque printemps, Apollon rentrait triomphalement du pays des Hyperboréens, et Dionysos lui cédait la place (5). Mais comment se fait-il alors que Dionysos est prié ici de se rendre à Delphes précisément au printemps? C’est, a répondu Weil, A, RCH, XXI, 1897, p. 510. (2) Meineke, FCG, II. p. 19%. ‘3) Pratin., fr. I, 17. — Le mot revient dans la XII° strophe de notre hymne, vs. 3-4: où [yoojoise.. (x)j:55 07 juives. (4 Plut., De ei apud Delphos, IX : ..zor Atguucey, @ wu Atkz@u ausiy FTtov T, win "Ahh: wdtestiv... Tov uiv dAAoy Suxutoy made, yout, megol mas Quoixs, Zoyousvo BE yerumvos dnzyelsaurss thy Aubjoxuber, tov SE nardva HATARLUGAVTES, toits uurs AVT) Bnei TONTOY LATARAROSUTAL Tov Beóv, 5: V. Weniger, Ueber das Collegium der Thyiaden von Delphi (Eisenach, 1876),

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parce que la fête à laquelle on l'invite est celle des Théoxénies. Cette fête se célébrait annuellement au mois Théoxénios, qui correspondait au mois attique Elaphebolion (mars-avril). Il est fait mention des Théoxénics dans la IXe strophe de notre hymne, aux vers 110 et suivant (ey Geviors events Bey). Weil a interprété ce passage de manière à y lire que notre péan est un Spvos #inrxés composé pour les Théoxénies. Je montrerai plus bas qu’il faut l'entendre d'autre facon. A la fète des Théoxénies, le dieu pythien recevait la visite des dieux de l'Hellade (1), en d’autres termes, les hommages des représentants des différentes cités grecques Cela est prouvé par le péan delphique de Pindare, vs. 60 suiv. : 47094 Aosta zarabov ~ r ae sucuy év Bev Eevig. , x nm OEE Güezot vo varus unie Maveshd x hl ~ ’ 1 AEGOS... et par l'hymne écrit par Nieocharés pour les Théoxénies. Le poète s'y adresse aux Muses en ces lermes : UdheTe, TUVELALUGY Wya Doïboy mortar uéAdrre -/suceurxona. r ' er ~ = — Fu . 1 Dionysos peut avoir été parmi les dieux invités, mais rien n'indique qu’il occupait une place à part. Nous n'avons aucune raison de penser que la fête printanière à laquelle le poète convie Dionysos doive être précisément les Théoxénies. li peut s'agir tout aussi bien de quelque autre solennité, soit ancienne, soit nouvellement instituée (2). La question de savoir 4) Cf. Schol. Pind. Ol., LIT : @zo%eviwy Eooraì maa’ “ÉAANIIY oÙtws Emivehobver: ABTE Tas Ggisusvas Tudors, ós 2TH Toy Oev Emer noors vals There, (2) Le jugement que M. Nillson a porté sur les Théoxénies dans ses Griechische Feste, est faussé par son adhésion à la facon de voir de Weil. Cf. p. 161 : « Jetzt wissen wir aber, dass Dionysos einen sehr hervorragenden Platz innehatte, und zwar durch das von Philodamos aus Skarpheia auf ihn für die Theoxenien gedichtete Ruflied ». P. 162: « [litten wir nun nicht den Pian des Philodamos, so würden wir durch den IIyımnus des Kleochares den Eindruck erhalten, dass Apoll nicht nur der Hauptgott, was vielleicht wahr ist, sondern überhaupt der Gott der Theoxenien sei ».

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PEAN , 107 pourquoi Dionysos est rappelé ici en la saison même où, d’après la croyance régnante, il quitte ou vient de quitter la ville, reste donc tout entière. Dira-t-on que l'on pouvait à Delphes sacrifier à Dionysos en toute saison? Il serait inutile de citer des preuves à l'appui de cette thèse, car cela va absolument de soi. L’important, c'est seulement de se rendre compte que Dionysos semble recevoir ici des honneurs extraordinaires, j'entends qui ne lui sont pas dis en vertu de la coutume et de la tradition, mais qu'on se plait à lui accorder par surcroit. Nous verrons plus loin, surtout lorsque nous nous occuperons de la XI° strophe, que Vhymne a été dicté par le désir de donner au culte de Dionysos un plus grand éclat que par le passé. Vs. 5. Weil a écrit d’abord : © ‘à Baz’, etensuite : & "löbazy', ce qui est plus juste, puisqu'il n'existe pas d'interjeetion +4, tandis que ‘’lé6xx70 est un nom existant et usité dans le culte. A partir du vs. 6, le poète célèbre la naissance de Dionysos. Au vs. 7, la restitution de Weil: Znfvi Yeivaro} a été confirmée par la découverte d’un nouveau petit fragment de la pierre (1). Le même fragment a permis de lire au vers suivant rävres 0’ fafiajvaco. [y|úgeuTas, lecon qui s'était tout d'abord présentée à l'esprit de Weil, mais qu'une réflexion moins heureuse lui avait fait écarter. Vs. 7 : zakhirars Quave. Le poète se range à la version de la fable la plus répandue d'après laquelle Dionysos était né d'une mortelle, dans la ville de Thèbes. I n'adopte pas la croyance d'une partie des Orphiques (2), d’après laquelle Dionysos était le fils de Zeus et de Perséphoné. Les traditions ‘t) BCH., XXI, 4897, p. 510. 2) CE Orph. Hymn., XXX, 6 sq. : Arès wal Hessesovetns 20527016 RÉATONITL texv0~ hets. Par contre, Dionysos est fils de Sémélé fHymn.. XLIV, 2 sq.: Seudany... wrréox Guoousdooto Atwvusoy.

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delphiques l’obligeaient, peut-être, à prendre ce parti (1). Le mot xaAkinats équivaut à xahov ide Ternüce (2). La même épithète est appliquée à Perséphoné dans l'Oreste d’Euripide, vs. 963 sq. : a xarù “7 fovds vepripwy xarhinars Avasoa, el par Hippolytos à l'un des Cabires (3). Aux vs. 9 et 10, je note une légère faute dans la copie du Bulletin : entre le X qui suit le mot Bsozof et le groupe de caracteres AXXIE, il y a place non pas pour dix, mais pour neuf caractères (4). Il s'en suit que la restilulion proposée par Weil est trop longue. Il faut lire : mavtes 68 Bpocoì y[aoev] (sars, . + © Blayıyıs, . A wy yevvans Î “se Pour admettre cette restitution, qui paraît la plus courte possible, on doit supposer que le idta de oats était écrit entre les lignes, hypothèse qui na rien d’anormal en soi, et qui est favorisée par les circonstances. Le graveur se trouvait ici à l'étroit, le E de Buyys: touchant presque aux caractères de la deuxiéme colonne. Vs. 10. Le texte porte [Biayyıe et Bayytate (vs. 14), à côté de Baxy’ (vs. 1), '16ôax/’, Baxyou (vs. 132 et 138), Baxy[e.w ]zav (vs. 144). De même, on lit dans un texte archaïque de Kymé : zov Bebuyrysvuévoy (5); une inscription attique, qui date du (4) Cf. Plut. Quaest. Graec., XII {à propos de la fête appelée “Howis, qui se célébrait à Delphes) : é% 42 ia Gowudvny gavesme Lenéhne av Tee avaywviy eiuxgete. (2) Cf. «an Aiteuvos, sbteuvos, eömars; Nonn. Dion., XVII, 19 : Deveans Beórardos ; Kaibel, Epigr. Graec., 44 (épigramme du Pirée. du ıv° ou du mie s. av. J.-C.) : Mrtods Tavtotézvov. {3j Hippol. Refut., NV, 7. 4 : Afpvos xarhinarsa Kafipoy appitw Ereuvasev épyracpe. Cf. Cic.. De nat. deor., HI, 58 : Dionysos multos habemus... tertium Cabiro patre (natum). (4) Le deuxième X de AXXIE se trouve clairement placé juste au-dessous du N final de la ligne 3 du texte. (5) SGDI, IV, p. 851, 2.

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ui ou du n° siècle, porte : Iayxo (1); c'est une orthographe basée sur une prononciation différente, et non une faute du lapicide, comme le pense Kern (2). Fairbanks a dit à tort que l'emploi de -/ivva dans le sens de naissance (yévests, yeverf,) est nouveau (3). On rencontre le mot dans ce sens dans Parménide : , > > ~ ziva yuo vévvav Oliaent autoy (4); dans Empedocle : “Axx vewav (5), qui équivaut à Ara = ao (6), et dans Hippocrate : vévva ond’ Av win suvrshéouto (7). Un commentateur d’Aratos (8) dit, dans un passage tiré des ouvrages de Posidonius (9) : vevva ct geknvns xa avazohn Gravége, * wewh vas Tocis 7, viooagus TOU vern van Tuécas gaivera xa 09 aux To yevvy4yve.. On lit de même dans les scolies Y ul 0] ~ kj x ~ mA , . # d’Aratos : ano Ge vévyns Toleny e ° , > id = \ uéoav avousca 7, sernvn (10)... emercay 68 THY Wsounıulav nacahiden, TOTE RAA vévvav aus (11); s mA Ax . + # Sr ™ Là , ’ 1. 9m yévvns (12); … evs and suvddou osx vak +êvvns (13). ~ r L’existence de ce terme d’astronomie implique qu’on a dit vévrz dans le sens de naissance. On retrouve enfin le même mot dans la littérature magique (44), et dans les Péres de Véglise (15). (1) AG, II, 1592. (2) Pauly-Kroll, Real-Encycl., IX, p. 648. (3) Cf. Wilamowitz, Her?., Il, p. 188 sq. (4) Diels, Vorsokr., Parmen., B, 8, 6. (5) Jbid., Emped., B, 17, 27. (6) Ibid., Emped., B, 38, 1 ; d'autres exemples 22, 7 et 9. (7) Hippocr., Meg! susi0; avbourou, 3. La lecon des manuscrits yevvi a été corrigée en yévva par Ermerins ; cf. Fredrich, Hippokrat. Untersuch., p. 28, 2. (8) Achilles in Arat., 21. (9) Maass, Commentariorum in Aratum rell., p. 49. (10; Schol. Arat., 735 (Maass, o. l.. p. 474). (il) Ibid, (12) Ibid., 736. (13) Ibid., 119 (Maass, o. l.. p. 482). On trouvera d'autres exemples dans le Thesaurus d'Étienne. (14) Pap. mag. Lugdun., Dieterich, Abraras. xóepou wal TAlov. (15) XeretoS véwa, p. 174, 9 sq. : Esti yao yauvx

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VOLLGRAFF Dans le refrain (vs. 14-13), on remarquera que les termes soie (1), cuzsmy (2), edaiwy (3) et 6260¢ (A) ont une nuance dionysiaque. ou même orphique. Ge sont des mots qui étaient usités dans les chants sacrés des mystères, où la pensée se tournait vers la vie future STROPRE IE "Hy, zóze Baxyrate 15 DEV [ALUMETER vos ] ze KaQuou Mivuay ze zóknlos AULe [ex TE HUAAANITOS : Evo. © 15 Bia’ a* ~ a. r > o 18] Maudy: d y. , re te © Yuvoßs Uns ‘102E0~ © 20 9 #2 LA LA ~ : ~ gy Acne |y MiLeodx UAL DA Je 00. . x » uurs © Se tov o[urs „ ALYY As de Lg guy “OE0.15 ceov |asoouU ide Saas. "je Daury x. T. €. A) Dans le culte, Dionysos ne paraît avoir recu l'épithète de Xwrfe qua Maroneia de Thrace fcf. Head, Hist. num?., p. 251). (2) Cf. Hymn, Orph., L, T : Ausız, Qussouxvés, Bodur, she, mist EL DPO. ) Ct. W. Schmid. Philol., LXXVIIE, 1922, p. 178. Dans l'épigramme funéraire en Vhonneur de Kydimachos. il ne fault pas, comme le font Schmid et Kern (Bert. Phil. Woch.. 1945, p. 55), ponctucr après 626:9y, de manicre à rapporter l'adjectif sdatovx a Gonov. Les mots %2#10% euxiwva formeut un asyndéton ct se rapportent tous deux a Kufinzzsv. C'est ce que prouve le passage de Callimaque (Hymn.. V, 417) déja cité par Kaibel (Epigr. gr., 67) : GhGiatay gods: ce xx stxioux vevechar. Le poete veut dire : ci git Kydimachos, lequel est mort heureux: Kvtinayov yhoo 742 ratpis stip volo. 4x} ËRTEL Orbn 2oaiova Blou TAEUGAYTA THOS Houoy. Pour bien couiprendre la pensée qu'expriment ces vers, il faut remarquer d'ailleurs que les termes GA6:05 et coaiov sont detournes à dessein et malicieusement de leur sens eschalologique. La parole est ici à un « libre-penseur », pour qui les joies de ce monde sont les seules qui comptent. Le distique qui suit révèle en etfet que le bonheur de Kydimachos est entierement rétrospectif: maièxs yx[0) T2idwvesiCov nal views ZAv[ Tov] chy navtwy wolvev wotoay [£yer] wOeuévuv. (4) Cf. Wieten, De tribus laminis aureis, These de VUniv. de Leyde, 1915, p. 105.

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Vs. 14-20. Le poéte continue à décrire la joie universelle qui s’empare du genre humain à la naissance du dieu sauveur. Vs. 14: fv. L'interjection fv est très rare dans la haute poésie. Nile a ordinairement trait à un fait qui se passe à l’instant même, ou qui vient de s’accomplir devant les veux de celui qui parle. Ici, elle serait suivie d'un verbe mis au prétérit imparfait, et se rapporterait à un événement lointain, ce qui est, je pense, sans exemple. Véritication faite, le H n'est pas visible sur l’estampage; à sa place, je distingue une faible trace de deux lignes obliques convergentes. Je livais donc : ms Sy obese Barrinke usV5 VOTES a IHR En: LA ce qui équivaut à : zove avebaxyiaSe uév. Le composé est nou. - Q 4 veau; mais.on trouve 4v26ex eve dans les Bacchantes : 5 , ~ oe) Ey TEAWVU'f LOG 793295 na u De TW ROTE AEUROY 7660’ gvabaxysdouts (1)..., M3 dans Pollux (evisusızear, exvfizracu., avabaxysoen, wineolnve: eco (2)), et, employé au sens transitif, dans l'Héraklés (3) et dans l'Oreste (4) d'Euripide. Pour le sens, on comparera avooyersoa, exsullare (5), el avayozsuer, danser de joie, qui se lit dans l’/on Gre wa, Aus 7750076 aveyoseugey ailing (6).., LU , hd r ray dans | Herakles: et ailleurs encore. Vs. 16 : Mwu3v te 07 Gest, selon Weil, le golfe maliaque. Cela est-il bien sûr? Le nom des Minyens est (1) Eur. Bacch., 862 sqq. (2) Poll., I, 16. (3) Eur. Herc., 1085 : avaéaxnyevce. Kaducioy moa. (4; Eur. Or., 338 : patépos x'ux zis, 6s avabanysver. (5) Eur. Suppl., 719. (6) Eur. Ion., 1078 sq. ‘3; Eur. Herc., 783.

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attaché, en Béotie, à la ville d'Orchomène, dont l'influence a pu, à certaines époques, rayonner assez loin, mais non pas spécialement, à ma connaissance, en Locride orientale, ni surtout en Malide. Cependant, dès la première moitié du v° siècle, et probablement longtemps auparavant, on a appelé Minyens les Argonautes (1). Le golfe des Minyens ne serait-il pas le golfe pagasétique (2)? Ainsi. après avoir nommé la /hùv Kacuov, c'est-à-dire la Béotie, le poète mentionnerait la Thessalie méridionale. Quant à fa troisième région dont il ne reste que la terminaison -tz, on ne saurait songer à y voir, avec Weil, une localité aussi insignifiante que Aöysra. Weil a rappelé que le poète était citoyen de Scarphée, et qu'il y a eu, dès le temps d'Homère, dans le voisinage de Scarphée, une petite cité locrienne nommée Aùvyerat (3), ou Adyeız (4). Je le veux bien. Mais, de nos jours, un poète que le hasard aurait fait naître près d’Yvetot ne serait pas pour cela excusable d'écrire, par exemple, qu'une joie universelle se répundit à Paris, a Rouen, et à Yvetot. De même, le poète locrien n’a pu nommer Avyeve à côté de Thèbes et du golfe minyen. Ce nest pas qu'il ne faille pas, en pareille matière, tenir compte du lieu d’origine et de la résidence de celui qui écrit. A mon sens, après avoir nommé la Béotie au Sud, la Thessalie au Nord, et avant que de mentionner Delphes à l’intérieur du pays, le poète de Scarphée n'a guère pu parler d'une autre région que de la grande île dont il voyait constamment devant lui les montagnes, à l'Est. Je voudrais donc restituer : (1) Pind. Pyth., IV, 69; Herod., IV, 145: Deinetr. Sceps. in Schol. Apoll. Rhod., I, 230; Robert, Die griech. Heldensage, 1, p. 57. (2) Cf. Ov. Metam., VII, A : iamgue fretum Minyae Pagasaca puppe secabant: Schol. Townl. Hom. 11. XXIV, 428 : Ozémounes grau \AÒEZavônov beoxtov Ardwosov covey Ilayasais, 65 enaheivo Ilendyıos, cuseGety ciacdsws. A partir de 352, Pheres a appartenu aux rois de Macédoine, qui n'auront certainement pas donné moins d'éclat au culte du Dionysos de Pagasae que ne l'avaient fait les tyrans de Pheres. Diod., V, 50 : gubakoyoövra: Bogéos vevéshat Rates Bouts val Auwoveros .. Of weal thy Boutr,. (Boxes) dnobdvres Eni Thy yoouy TELÉTU/OY Tais Atovusou teosots Teo! td xahoïuevoy Apios tip Be Spyiatovears Ev tH Phrwriö: Ayatz. (3) Hom. Il., Il, 532 : (4) Steph. Byz., s. v. Mespery te val Advetds ÉoaTE vds.

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- ww 443 D] Mivuay ze xoAn|us Eu-: [Bo].a ze xmÂhixapnos. Vs. AT: xxhhixaonos. Cf. Soph. frg. ap. Strab., IX, p. 392 : xtnov Eybotas. Dans \' Antigone, le chœur supplie Dionysos de se rendre à Athènes, soit qu'il se trouve à Delphes, soit en Eubée : ’ a , pro >eïv xafoos tu root Taovactay Drip xAttoy À otovóevra moofuôv (1). Ezovóevza moofpeyv, c'est à dire l'Euripe. Vs. 19. ‘Ypvo6ouns esl un composé nouveau dont on peut tirer argument pour défendre une lecon du LVI* hymne orphique, où Adonis est appelé : Bovoy 6ô%ot roßewvais. Ruhnkenius achangé »özer. en won, d'après Hymn. Orph., XX VI, 3: (Tata) zarzis boot Botouaz. Faiblement combattue par Gesner, la conjecture de Ruhnkenius a été acceptée dans les éditions de Hermann et d'Abel. Comment ces savants n’ont-ils pas pensé aux lamentations et aux chants plaintifs des femmes, qui, dans ies villes grecques, retentissaient aux fêtes d’Adonis? Le poète orphique a pu appeler Adonis : 3suwv bôrgst rofervars tout aussi bien qu’Herakles : Bovwv aBAorer xoarzuois (2). Adonis est Spvebpuns, c'est à dire, moAvupvos, honoré par beaucoup de chants, comme le sont Aphrodite (3) et Dionysos (4) et la ville d'Athènes (5). rokuuuvstos. mot que Pindare emploie pour le _téménos de Zeusà Némée (6). Ayant ces exemples sous les yeux, on peut se demander si Philodamos a employé vjvobgúr,s au sens (1) Soph. Antig., 1144 sq. (2) Hymn. Orph., XI, 2; ef. ibid., LIE, 13 : (Siévusos) nete: Betuws; LIE, 10: (Atévusos) eûtégots waproie: teAecarydvers: Bougtwy: XXIX, 10: (Hepcesdvn 2607, x2prois: Sovovcaz, IX, 7 : (Seton) xxrots TRAVYTS vupgewy vaopoie: Bovoverns; ovporst Bovevsa; XXI, 8 : (TyOus) wir XXXII, 6. Cf. Aesch. frg. 281, WolGov Betov avevdie aröux... mavtiun Sedov Tiyur. (3) Ibid., LV, A. (4) Hymn. Hom, XXVI, 73 Eur. Ion., 1074. (9) Aristoph. Eg., 1237 sq. : exis apyaiaisiv “ADF vas xxl Gasuzstais Kal nodvipvors. ‘6j Pind, Nem., II, 4. BCH. XLVIN (1924).

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prédicatif (« rempli de chants », buvors Öeôovnpévn) (1), ou bien s’il faut voir là plutôt une simple épithète, comme on dit : ai, aoiôtuot Alvar. | Certains milieux religieux ont une prédilection pour certains mots bien déterminés. Il y a des mots dionysiaques et orphiques, comme il y ades mots chrétiens et bibliques. ‘Yuvoéoüns pourrait bien appartenir à ce vocabulaire spécial. On trouve xtss66puoy dans les Hymnes orphiques (2), et ce que dit Aristophane à propos d'lakchos : ROAUXAETTOV BEY TAG TU Y Tepl xpath om Sovovta crépavoy puotwy (3), n'est en somme que la périphrase d’une épithèle telle que uuptobaueg OU xuoTobEUnc. Les vers 21-23 ont trait à l'épiphanie (gaivey, vs. 22) de Dionysos à Delphes, et à l'institution des fêtes triétériques que les Thyiades célébraient sur le Parnasse (4). Un nouveau fragment de la pierre (5) a permis à Weil d'établir la leçon du vers 21 de la façon suivante : autos 6 agtecdey [0]épas > 4 +, > LA Lo ’ caivey. Cette lecon avait d’ailleurs déjà été retrouvée, par conjecture, par M. de Wilamowitz. A propos d’ actepéev, Fairbanks cite le chœur de l Antigone dans lequel Dionysos est appelé le (1) Cf. Eur. Hel., 1436 : xäoav Cè ypr, yalav fodobar paxagiats Guvepdiats. (2) Hymn. Orph., XXX, 4. Cf. Eubul., fr. 56, 6 (Meineke, FCG, III, p. 231): wast Kipa Bovovucay. (3) Aristoph. Ran., 328-330. (4) Sur le Parnasse, mais non pas sur ses sommets, comme le semble dire Nilsson (Griech. Feste, p. 284 : « Der Platz der Feier waren die Gipfel des Parnass »). Tous ceux qui ont fait l'ascension du Parnasse me donneront raison. Une expression poétique telle que celle d’Euripide : tav Baxgeúousav Atovicw Haovéarov xopupäv (Eur. Iph. Taur., 1243) ne doit pas être entendue à la lettre du sommet le plus élevé du Parnasse. (5) BCH, XXI, 1897, p. 511. Ce fragment n'a pas été joint aux autres au musée de Delphes. Mes estampages ne donnent pas plus que la copie du Bulletin de 1895.

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« conducteur des astres (4). Je 445 préférerais citer Diodore, I, 14 : Evpodxos piv Ev vois Baxytxols Erect onary : astoocar Arovucoy Ev axctlvero, nUGWTÓV. ~ hd > L’épithéte aoceodev se rapporte à l’apparence radieuse (2) du dieu. Le corps de Dionysos brille comme le soleil. Son vétement est souvent parsemé d’étoiles (3). Vs. 22 : Achyton su xdoats, avec les Thyiades. Cf. Eur. Ion., vs. 714 et suiv. : to Getcaoes Mapvasou nétous Érousat œxémehoy oupavioyv 0 pav, tva Baxyros auginuoous avé ywy meuxac haubroù TNO vuxriméhors Gus shy. Baxyors. w [4 u » , r ’ A + er” 3 Eur. Hyps., fr. 752 Nauck : Atévuous, Ös Auacoısı xa vebadvy dopaic xahanzds ev mevxator [apvacoy xara THO yoosvwy naoBévors suv AcArviony. Eur. fon., 551 sq. : : og pe Aehololv xopars er hd , > x ~ pm) „nu LS 5 r r J ’ — ehiassuc’ À roc 740 avoas; — Marvaciy ye Baxy tou. (1) Soph. Anlig., 1147 : yopxy’ dstpwv. (2) Cf. Philostr. Imag., 1, 14, 2 ; 6 8 A:dvuges tie iv pytpds éxOowsxe:... ofov atte vis Zrastpairetov;, Hom. Il., XVIII, 369 sq. : "Hpaiotou... 6duov... dotepdevtz; Schol. B : zavegdevtx tov hauroôv, ody! tov datzepaddy, (cf. Schol. D Il., XVI, 134); Hymn. Hom., 1, 440 sqq. : . "ATGAAwY aotépt elöonevos uéew Apart * tod ©’ Aro moAAat onwwapides nwtdvto, géhas 6 eig odpavov Txev. Hom. 11., IV, 75 sqq. : EN olov 6 aogtéca fre Kpóvou matc 2ynuAOpAtEw... To etnul’ Tiev ani 700va Mad 'AOr vr. Aristoph. Ran.. 344 sq. : "lauy’, @ “Iaxye, vuxtépou zekerde zwopópos octo; Av., 1109 sq. : Tpocéoyeta, Yao 0:05 OÙTE Tauwañc aatho idelv Éhœude yousauyet Spdpw. (3) Voir plus bas au v. 137 sq.

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Aristoph. Nub., 603-606 : Iaovassiav 0 65 xatéywr TETORY TUV TEURALS Te kaye: 4a ~ = am . Baxyats Asdotow éutoiroy ‘eo a ‘ ‘ xwpasTns Arövucos (1). STROPHE 111. [Otvobalkès SE yetoi nai ov Ölénlas evbéors [oùv olo)30 spots Epohes puyous ['Ehe]uaives av [devbepw jers * Evot & 10 Baxy © „je Haas * Féfvos Evh’] Say "EINACOS vas aust) 2 4lvvaszaus 4 | ointov] erf dz] vats 0 RS opytwy og|twy "Iaix> 35 , t # ar gov [rheiet oje 4 .« fe | re Pee vOs AN \ TOVWYV @E[as ©’ 6ofuov |AkAunov :] IE Has x. [2 . €. Dans la II* strophe, le poète avait fait venir Dionysos de Thèbes à Delphes. I] commence maintenant la relation des pérégrinations que le dieu entreprend à travers l’Hellade pour y propager son culte. Ge récit était un moreeau obligatoire pour qui voulait parler de la jeunesse de Dionysos; mais il était permis à chaque poète de le faire à sa manière. Dans les Bacchantes, pièce écrite en Macédoine parmi les adorateurs encore à demi barbares du dieu, Euripide lui fait parcourir la Lydie, la Phrygie, la Perse, la Bactriane, la Médie, l’Arabie, (4) Apollon aussi avait ses suivantes parmi les filles de Delphes. Les poétes les désignent par les m@mes termes. Cf. Pind. Paean. in Delph., 16: 768; Aatotéav Oxpiwx AsApüv xdpa:... PeEATGUE vat... Paean. in Abder., 98 : duzt te Ilzovasalaı métpars Opnhats api Acdvdy EAuwn:ôes istauevar yopév; Hymn. delph. in Apoll. : @olGov... 65 avi S:xdovuba Ilxevaccises TÄcde rétous Edpav ip’ dyaudvrais Achoiaiv Kagtaklôns edúôgou vipat’ ér'vissetat.

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les côtes de l’Asie Mineure (1). Il le ramène ensuiteà Thèbes, avant de lui faire visiter tout autre cité grecque du continent /2). Dans la Bibliothèque d’Apollodore (3), Dionysos se rend de Thèbes en Egypte; peut-être le mythographe avait-il pris pour guide un poète alexandrin. Le jeune dieu visite ensuite la Syrie, la Phrygie, la Thrace, Thèbes, Argos et Naxos. Il descend aux enfers pour en ramener sa mère, et monte au ciel avec elle. Un grand nombre des sanctuaires de Dionysos avaient la prétention d’avoir été fondés par le dieu lui-même, pendant le cours de sa vie terrestre. Les endroits où l'on adorait Dionysos étaient même si nombreux que les poètes étaient tous réduits à faire un choix. Chacun ne nommait que les villes et les temples qui lui tenaient le plus à cœur, ou dont la mention était le mieux appropriée aux circonstances sous lesquelles lon écrivait. L'ordre aussi selon lequel les différentes localités étaient placées pouvait varier d'après les besoins et les préférences de chacun. Philodamos ne pouvait guère faire autrement que d'accorder à Delphes la première place. Il est du reste possible qu'il ait suivi, sur ce point, une tradition locale. Mais, après cela, il était sûrement libre de mener Dionysos où il voulait. Pourquoi, alors, l’a-t-ıl conduit d’abord à Éleusis ? C'est apparemment parce qu'il tenait à accentuer les rapports qui existaient entre les mystères de cette ville et le culte de Dionysos. Nous allons tâcher de pénétrer plus avant sa pensée, et de mieux comprendre ses intentions. « Parmi les divinités des Mystères, » écrit M. Paul Foucart (4), « il faut compter Dionysos, quoiquen général les modernes qui se sont occupés de la mythologie grecque n'aient pas reconnu la place qu’il tenait dans la religion d’Eleusis. » C'est absolument juste (5). «Il est surprenant », dit(1) Eur. Bacch., 13-19. (2) lbid., 20 : eis tivôe Tpatov 1,A00v EXAvuy réa. 13) Apoil., Bibl., IMI, § 33-38. (4) Foucart, Les Mystères d’Eleusis, p. 106. (3) Du moius pour l'époque qui nous intéresse seule ici. Dans l'hymne homé-

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il encore (4), « de ne rencontrer aucune mention de Dionysos dans le cours de l'initiation. Les auteurs et les inscriptions s'accordent à dire que les mystes étaient consacrés à Demeter età Core. Mais cette absence est plus apparente que réelle. Déjà pour les Petits Mystères, un texte formel (2) atteste que. les aventures du dieu étaient mises en action dans le spectacle auquel assistaient les néophytes. Quant à l'initiation des Grands Mystères, si le premier degré appartenait exclusivement à Déméter et Coré, je crois pouvoir démontrer... que le second degré était réservé à Dionysos et que son histoire était le sujet des cérémonies de l'époptie ». M. Foucart a en effet rendu probable, dans la troisième partie de son magistral ouvrage, que la religion de Dionysos occupait (ou avait fini par occuper) une place éminente dans l'initiation des époptes (3). Cependant, parler uniquement de Dionysos à propos des mystères d’Eleusis, comme l'a fait l'auteur de l'hymne delphique, sans dire un mot des deux déesses auxquelles revenait sans contredit la place d'honneur, c'était aller à l’encontre de ce qu'on racontait à Athènes (4) et à Éleusis même, c'était reléguer, en quelque sorte, la Déméter attique au second rang, et revendiquer Éleusis et les mystères pour Dionysos. La même tendance s’observe dans le 40° hymne orphique, qui est écrit rique à Demeter, il n'est pas encore question de Dionysos. Cf. Soph. Artig., 1119 sqq. : mébers Où Tayxolvots 'Eheusuvias Anoûs Ev wóknois, & Baxyeö. (1) Foucart, Ouvr. cite, p. 109. (2) Steph. Byz., : "Aypa xai “Ayout © ywplov mpd wis móhews, ev D Ti winok pustroix emscterettat ulurua tay repli tov Audvugov. (3) La manière de voir de M. Foucart sur ce point n’est pas universellement partagée; cf. Deubner, Arch. f. Rel. Wiss., XX (1920), p. 160. Ridgeway (The dramas and dramatic dances, p. 36) exagére en disant : « The cults of Zeus, Tacchus, Zagreus and Dionysus were not indigenous at Eleusis, but were later additions..., all being introduced posterior to 350 B. C. » Mais il se peut fort bien que le culte de Dionysos ait pris plus d'importance à Eleusis a partir de l'avènement d'Alexandre. (4) Isocrate, dans son Panégyrique, écrit en 380, attribue la fondation des mystères d'Éleusis à Demeter seule : AAuntoc: yip âptuouévns eis thy fhpav… zat Öovens Öwpeis Sittag, almen pévigtar tuyyavoucty OGA, TOU TE KaPTOUS, OF TOD pr, Bmorwids Civ tds alto: veyrdvası, xxi Thv Teherhv, To petacydvees mepi te TAG TOU Blou veheut zal TOO sUpmavtos aldivos fôloug tag ÉAR(ORS Efouow.

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en l'honneur de Anpñino ’Ekeustvix, mais dans lequel on ne rencontre pas Ja moindre allusion aux mystères. Les anciens disaient qu'il y avait plusieurs Dionysos, et ils avaient raison; j’entends que le cuite de Dionysos n'était pas connu et pratiqué partout de la même manière. Or, quel est l'aspect du dieu que Philodamos a voulu comme souligner et mettre en lumière? I! nous le présente non pas comme le dieu du vin, ainsi que les Grecs faisaient d'habitude, mais comme le dieu des mystères et des croyances orphiques (4). Il l’identifie nommément avec Jakchos, qui était en Attique le génie conducteur du cortége des mystes (2). Cette identification date au moins du v° siècle; mais elle n’était pas généralement acceptée (3). Vs. 28. Weil a restitué oféx]as, quoique non sans hésitation. On sait combien sont fréquentes dans l'art grec les représentations de Dionysos avec le canthare, la corne à boire ou le scyphos à la main A.övusov Ödoxeo, Deluzeon yeıp! zunehhopbonv (4). Deux objections, pourtant, se présentent. Peut-on dire : vero! ra wy Géras? On ne brandit pas un vase à boire. D'autre part, le poète a-t-il pu vouloir nous montrer Dionysos fondant les mystères d’Eleusis, une coupe de vin à la main? C'est assez peu probable. Weil avait songé, un instant, à restituer òfép las, mot par lequel le poète aurait désigné la nébride (5). Fairbanks a même déclaré préférer Géons à Gémac. Aéoos, cependant, n'est guère meilleur. Dionysos est vêtu de la nébride, mais il ne l’agite pas de la main. lakchos ne porte même pas du tout la (1) Foucart, ouvr. cite, p. 430 : « La doctrine des Orphiques et celle d'Éleusis, Comme l'ont constaté les anciens, présentaient une grande ressembiance, résultant de leur commune origine ». Cf. p. 252 et suiv. (2) Strab., X, 3, 10 : “laxydv ze val Tov Avdvusov xxhoDst eal tov Gpyrvétrs tm”? uystnpioy Ts AÂUTTROS Zaiuova. 13) Foucart, Ouvr. cité, p. 112. ‘4) Procl. ‘v. Abel, Orphic., p. 276 ; Dorvillius ad Chariton., p. 385). (3; Eur. Bacch.. 835 : veGo0G avintùv Séoxg.

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nébride (4). Les seuls objets que Dionysos brandit en mainte occasion sont le thyrse (2) et le flambeau (3). Or, s’il n’existe pas de substantif en -as de cinq caractères qui signifie « thyrse », il y en a un par contre, qui sert & désigner le flambeau chez les poètes : c'est le mot seras (4). Weil y avait pensé, mais pour y renoncer aussitôt; car, dit-il, « la première lettre est très certainement un A ». Mes estampages me font douter de la justesse de cette assertion. Ils ne me donnent pas A, mais Z, ce qui peut être la partie inférieure d'un ©. Car dans notre texte, le trait inférieur du X, bien qu'il soit le plus souvent netlement oblique, est cependant quelquefois horizontal (5). Le flambeau est un des attributs les plus communs de Dionysos dans la littérature. Sur les monuments, le dieu lui-même ne porte qu’exceptionnellement le flambeau à la main (6); mais lakchos, avec lequel le poète l'identifie, était, semble-t-il, habituellement représenté avec cet attribut (7). On comprend assez pourquot : la procession des mystes conduite par Iakchos entrait dans Eleusis à la lueur des torches (8), temoin le passage bien connu de |’Jon (1) Pringsheim, Arch. Beitr. zur Gesch. des eleusin. Kults, diss. de Bonn, 4905, p. 89, 5 : « Die Nebris wäre für lakchos ganz singular ». (2) Cf. Eur. Bacch., 80 : avz Biosov te tiwacocwy; 308 : náAAovra val oelovra BaxAEtov nAddov: 555 sq. : mÓhe, /puowré, tivaccwy, Ava, Búosov; Fragm. trag. adesp., 406 : tls xxAAlezprov Bupsov dvaaeis: Beöv; Hymn. Orph., LIL, 4 : dupsoriwvaxrı. (3) Aristoph. Ran., 340 : Aapnadas iv yepet Tıvdoswv. (4) Hom. Hyma. in Cer., 52 : “Eaatr, céhag Ev Yelpescıv Eyouca; Apoll. Rhod. Argon., IV, 808 : séhas yeioeasr, avésyov; Anth. Pal., IX, 46,6 : “Aptepis... dpyevvóv owordoos 7, oektwv; Paus. 1, 34,4: ’Aprép:60ç Lekacpdpou Bwpol; Opp. Cyneg., IV, 304 sq. : io, péxao © Atdvuce, Xxte célaç vAoyeodv natpdiov; cf. Eur. Bacch., 594 : irre Kepaúviov alhona Aaundôae. (5) Voir le £ dans xahAïrats (vs. 1, ligne 5 du texte épigraphique), et, dans la 1. 4 du décret en l'honneur de Philodamos, le = qui précède le mot 45ehwats. (6} Voir Lenormant, art. Bacchus, dans le Dict. des Antiq., 1, p. 264; Rizzo, “ Rôm. Mitth., XXV, 1918, p. 428,5; Vallois, BCH, XLV, 1921, p. 256. {7) Paus., 1,2, 4 : vads Eart Afpntpos, aytApate 62 adey, te wat T, nals nal Cäie Exwv “Jaxyos: Liban. Declamat., X11, 28 (ed. Foerster, vol. V, p. 550) : toy guosixdv fedv Baxyevovta wal dadouyotvta xai tis EE avaxtdsou Aapınddas alwpoüvra. Pringsheim, Ouvr. cité, p. 67 sq., 78 sq.; Svoronos, “Ey. à&py., 1911, p. 39 sq. (8) Foucart, Ouvr. cité, p. 338 sq.

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Sites LOOT" rept TERY OLS 7 EtH Tape K2AAL a ed x vom ABATED Qewoov etx300v &UTVOS SVYU 105 odetar (1), et le chant des mystes dans les Grenowilles (2), pour lequel Aristophane s'est inspiré de la danse aux flambeaux autour de la fontaine Kallichoros : w ’ + lazy, © Taxge, ns OV DONS EINE cove’ ON = ~ , ava hetuwya yooeuTwy... Eyerpe phoyéans hapnddas Ev peor) Tıvässwv L 72 ~ | ¢ axy’, © > + | a an. y 4 r “laxye, e JUXTÉOOU TehetHS owspd00g ETAO, à ry ss À. b ‚ End Là > phovi pévvezar DE hety. .. x m. ~ pr r TU OF AAUTAÔ! walywy en vr 329 ronbaonv ESay' en) 0 1 enn nr a avOnoov Eheuov damedoy jopororov, paxas, nbav (3). La er Si Pon admet 3/4/25, on restituera de préférence au vs. 27: r t [vuxsie ]xés. Le mot se trouve dans Parménide (4), dans les Hymnes orphigues (3), et dans Nonnos (6). Weil Lit : [o!voßa]Ags et met en note : « AEX ou AEX. Les copies different ». L'estampage donne clairement AEX. Vs. 30 : av’ [avdeuw]ôers. Weil a comparé Aristoph., Ran., 449 : Jwp@gev is TOAUCEOGOUS herumvas avhepwders. Peut-être pourrait-on voir dans |avfegw]òe:s, supposé que la restitution soit correcte, une allusion au mythe de I’ « anthologie » de Koré (7). D’aprés la tradition locale (8), que Von retrouve chez les Orphi(1) Eur. /on., 1075 sqq. (2) Aristoph. Rar., 325 sqq. (3) Cf. Soph. Oed. Col., 1048 sqq. : Azurds:v aurals, oF Ilorvızı geuva Tbr voörra: zen, Bvarolaıv; Stat. Silv., IV, 8, 50 sq. (4) Plut. Mor.,p. 1116, A. (5) Hymn. Orph., LIV, 10 : Sosa vuxtioat. {6) Nonn. Dion., XLIV, 218 : vuxtigaès Aidvuse; 219 : vont gains A:6vugos. (1) Hom. Hymn. in Cer.. 6 sqq.; Orph. Argon.. 1191. (8) Paus., 1, 38, 5. Cette tradition remonte au moins jusqu’au ve siècle. Voir le skyphos publié par Hartwig, 4. M., XXI, 1896, p. Arch. f. Rel. Wiss., XIE, 1909, p. 435. 377 sqq., pl. XII; Malten»

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ques (1), le rapt de Koré avait eu lieu près d'Eleusis même. Vs. 32-35. Voici comment Weil semble avoir compris ces vers : « où le peuple de l’Hellade tout entier, affectueusement groupé autour des époptes attiques des mystères sacrés, te salue du nom d’Iakchos ». C'est du moins ce qui me paraît ressortir de sa note : « ®thtov. Les autres Grecs se faisaient présenter par un myste athénien aux Kérykes ou aux Eumolpides, familles sacerdotales dont les membres avaient seuls le droit d’initier aux mystères d'Éleusis. Introduits ainsi dans la famille éleusinienne, ces étrangers avaient des relations affectueuses avec les autres iniliés ». Compris de la sorte, le mot piktov est extrêmement gênant dans la construction de la phrase. Aussi M. Foucart, tout en se rangeant pour le reste à l’interprétation de Weil, l’a-t-il rapporté, non à 24vos, mais à “laxyov. M. Foucart traduit: « Là, le peuple entier de la Grèce se joint aux habitants de cette terre pour te célébrer sous le nom d’Iakchos, cher aux époptes des saintes orgies » (2). La construction devient assurément moins dure. Seulement, il reste une autre objection à faire à la fois à Weil et à M. Foucart. Si l’on comprend le mot evyaézars comme ils le font, le poète semblera vouloir accorder une sorte de préséance aux mystes attiques. I] faut bien remarquer, à ce propos, que le texte a porté : afl ejvvaeıaıs, « autour des évvæitar », et non pas, par exemple, gùv évvaëtats. Les époptes athéniens constitueraient ainsi le noyau de l’assemblée, autour duquel il serait permis aux mystes d'autre nationalité de venir se grouper. L'objection deviendrait encore plus forte, si l’on remplacait oA:ev par un adjectif au datif pluriel, tel que giko ou Eévors, restitutions qui se sont un moment présentées à l’esprit de Weil. Or, nous savons que dès la seconde moitié du v® siècle, les Hellénes étaient admis 4) Hymn. Orph.. XVI, 19 sqq. : Eö6ouN’, &yvoréhos Aruftepog 0 zove Tale voupeisas heuwwdvog anosraîinv Gi aóvrou stomeots imnotaty On "Arhldos Tyayes dvtcov A dou Eheustvos. 756: mes mUÜA%: eis’ "AfdaN. cité, p- 451, 2) Foucart, ounr.

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aux mystères d'Éleusis, sans distinction de nationalité. Seuls, les meurtriers et les barbares étaient exclus de l'initiation (4). Il est vrai que les autres Grecs avaient à se faire initier par un citoyen attique. Au milieu du v* siècle, le droit d'initier quelqu'un aux mystères d’Bleusis était réservé aux Kérykes et aux Eumolpides (2), et il est au moins douteux que cette règle ait été abandonnée au 1v° siècle (3). Il faudrait donc entendre par les mots : ivvaérots ènónzats oeyiov dciwy (ou, si l'on suit M. Foucart, par le mot êvvaérars seul) les prêtres, et les mystagogues attiques des initiés étrangers. Les Athéniens ont évidemment désiré garder le droit séculier qu’ils avaient d'initier les étrangers aux mystères attiques. Les autres Grecs, au contraire, ont dû chercher à faire considérer de plus en plus les mystères comme panhelléniques, avec égalité de droits pour tous ceux qui y prenaient part. Par conséquent, si l'hymne avait été composé par un Athénien, et d’un point de vue attique, je ne m'étonnerais pas fort d’y voir réserver la place d'honneur aux mystes d’Athénes. Mais est-il vraisemblable qu’à l’époque d'Alexandre, un poète delphique eût cherché à mettre en évidence, d'une façon aussi marquée, le privilège des Athéniens en tant que mystagogues ? (1) Aristoph. Ran., 354 sq. : edonpety yon wablstacdar vois fiuetéoorst yepotety, darıs reroos vor vie Adywy À veounv un xabapeder. Cf. Liban. Declam., XIII, 19 (ed. Foerster, vol. VI, p. 20) : o3ro: yo Td +’ AM xaBapois siva: toïs gúataig Ev word nooayooedousiv, ofov tis yeloas, thy busy, Thy puviy “EAtvas evar … 52 (ibid., p. 40) : Boris tag gelas ph xxOaods ... Satis "EARÉvov guviis abdvetoq; Isocr. Paneg., 8 157 : Eòuoknriôx: dt val Kfounes Ev TT, TEhETA TOY uugTrpiuv 01k TÒ TOUTWY (sc. THY Mepsiy) pisos xal Tos EAnots Baobsoors elpyzoOa: Tv tepdv, Ganep Toïs Avôposôvo:s, rpoayopssouc:s. Cf. Willems, Aristophane, t. II, p- 111 et suiv. Si le texte de Zonaras (VIII, 19, 7) qui dit que, peu de temps après 228, les Romains furent admis à se faire initier aux mystères d’Eleusis (cf. Holleaux, Rome, la Grece et les monarchies hellenistiques, p. 146 sqq.), renferme quelque vérité, cela voudrait dire que, à partir de la date que je viens de nommer, les Eumolpides et les Kérykes cessèrent de ranger les Romains parmi les nations barbares. (2) Dittenberger, Syll3., 42, 144 : uuiv 6’ elvar cols Sat Kegdxwy xai ESpoanaay: (3) Schoemann-Lipsius, Griech. Alt. (1902), IJ, p. 391 sq. On trouvera une autre manière de voir dans le Dictionnaire des Antiquités, IL, p. 556.

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Non, si l’on persiste A entendre êvvaézais dans le sens de : indigenis, on serait plutôt tenté, je pense, de s’inspirer du vers d’ Apollonius de Rhodes : où ágov Ooyua zetva Gatuaves evvaéra. (1), Nr > r et de chercher une autre restitution que én[éxt]o.s, de manière à faire dire au poète : les mystes de l’Hellade entière viennent se réunir à Eleusis autour des divinités locales qui ont institué les mystères et y président d’année en année. Seulement, dans cet ordre d'idées encore, on se heurte à une difficulté insurmontable. 'Evvaézars, en effet, est un masculin, Eleusis est le domaine des deux déesses. Cependant, et c'est ici que nous commençons à entrevoir la solution du problème posé, nous ne sommes pas astreints à considérer évyxétats comme le datif pluriel de év-vaérns, indigène. On peut tout aussi bien dériver la forme évvaetats de évva-efs, qui a neuf ans. Les adjectifs en -ezús se déclinent, parfois, dans les textes de l’époque romaine, avec les terminaisons de la première déclinaison. On trouve des exemples de cette anomalie dans Josèphe, dans Dion Chrysostome et dans Philostrate (2). Elle doit même être notablement plus ancienne. puisque Hérodien l’attribue aux Attiques (3). Il y en a un exemple dans une des épigrammes de Méléagre (4), et peut-être deux autres dans celles de Callimaque (3) et d’Antipatros (6). Une inscription de Telmessos, qui date de lan 240 avant notre ère, porte : Bouy sotfér|nv (7). Fairbanks, déjà, s'est engagé dans la voie que j'indique, sans d’ailleurs discuter l’opinion de Weil. (1) Apoll. Rhod. Argon., I, 920 sq. (2) V. Kühner-Blass, Griech. Gramm., 1,1, p. 544, 7. (3) Herodian. ed. Lentz, vol. il, p. 697 : of “AOnvato:... Ent thy mapa té Eros Gta To a Toots: Thy altiatinny Tv nAnbuvrixdv olov ... à ENTRETTS, TOU ENTZETOUG, tods ENTAETAS. THY Bt edbetav Tüv TATOvVVTLRDY Sk Th at StpOdyyou xorova.y ext ToUTuv otov ... ol éxtaétar. (4j Anth. Pal., Vil, 468, 2: éxtwxacdexétav. (3; Call. Epigr., XIX; Anth. Pal., VII, 453, 4 : dudexécyy. (6) Anth. Pal., VIE, 467, 2 : GwSezxéeny. (7) BCH, XIV, 1890, p. 164; Dittenberger, OGIS, 55, 27.

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En vérité, la note dans laquelle le savant américain a exposé sa manière de voir est très brève et très obscure. Philodamos aurait pensé, à tort, que les mystères d’Eleusis étaient régis par un cycle ennéatérique, analogue, ou semblable à celui qu'on observait dans les myslöres (sc) de Delphes. Je ne vois pas du tout de quelle facon Fairbanks a compris le texte grec. Néanmoins, je crois fermement qu'il a deviné juste, quant au sens à attribuer à Evvaerais. On m'en demandera la preuve. Elle est dans le vers 29 de la XX VI: idylle de Théocrite. Malheureusement, l'interprétation de ce vers, que nombre de commentateurs ont avoué ne pas comprendre, est hérissée de difficultés, et ces difficultés s’étendent à l’explication du poème tout entier. A quoi Théocrite a-t-il pensé en écrivant, à qui s’adresse-t-il, et que veut-il bien dire? Voilà un problème qu’on a vainement tenté de résoudre Jusqu'ici. Je ne puis donc me borner à citer et à expliquer le vers 29. Pour faire œuvre definitive, je dois aborder Vinter= prétation générale du poème de Théocrite. Méme la question de l'authenticité, qui est fortement contestée, ne peut être écartée, parce qu'elle tient par trop de côtés aux autres difficultés que j'ai signalées. On ne m’en voudra donc pas, je l'espère, d’intercaler ici un commentaire et des développements qu'il serait facheux pour le lecteur de devoir chercher ailleurs. Tutocrive XXVI. Voici le texte d'après l'édition des Bucoliques grecs de M. von Wilamowitz (1): Anvat. s e - a r Ivo xAvvovóa ya uahondpauos Avaue ~ ‚ s „ ~ „ | , 4 4 — roets HLasws Es Oos Tpeis dyayov aura) sotoar. et + + r - ‚ ~ a LA Jaa I HEY ameoEdpevar ALTLAS GOVOG Aor OUAAM (1) Bucol. graeci, ed. Wilamowitz, Oxford, 1905, p. 141 sq. Cf. Wilamowitz, Tertgesch. der griech. Bukol. (1906), p. 209 sqq.

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x3TÔV ze Cwovra xual arwodehov Toy URED Yas 5 + cv 00206 hetudv xiuoy Suoxaisexe Bwpws, eye ey d ~ Arovdcur. y TOs -Teensz zat var Scud) Sepéhat, mere TOS evvea tae + ~ ~ , = Fan fe La EX KLTTAS TETOVELEVS peootv EAgioat evoap ws xaTéGevte veoogsnrwv en So uv, ws 20,007", ws 2705 Éfuuager Atovuaos. [evbeus 6’ &AtGatou nérous dro wave élewpet, oyivoy ÈS apyatay xaTodus, ETLYWPLOV ÉCVOS. Auzovóa nokta viv avénparye Getvey Lootoa, giv 6’ Erapabe nooty mavımöeos Opyıa Báxyo, Sarivas emroton te 6° ouy épéovtt BéBnhot. ualvero mév À” abca, patvovto 6° do” evbu zul adda. Hevdsus prev weuyev negoßnevos, al Ô' Eölwxov, méthus Ex Lwornpos Es tyyuav Epboarsar. nen 10 ~ ù hl hd hl 8 # cy A x r ”„ hd re ~ r 3 r 4 hd , nr , , 3 [2 3 ss + 20 e r x 45 5 a] vw 9 r e ! ‘ ~ ~ s > > a ı 938, MevGsug pév +00" Esıme ‘zivos xéyonode vuvatnes; ? Ave = € Taya Yvoont YVOONL maty mp dxoucat’, Aùzovóa 760’ eure ‘saya [2 \ Ax ? ~ \ ° ~ UATAD LEY XEOAALY LUXYTATO na dbs EAoLoa, er = , , öscov mep Toxddog Tehéler uÜxnux Aeatvas: Ivo 6’ e5éoonbe sùv œuonmhdtar uévay dpov AGE El yaotéoa Baca, «ai Aürovéas Gus wurös BY &hhat Th mepuood Koeavopdovro yuvaixes. 2 a iat hd x ‘ pe » ’ fa r x bl + a e 4 e + LU. “Sty sre nn Hs Q a. NF, Ar 9 Or pas G , fi er ~ APLAGVTO MEDUSUEVEL ALMATL TATA, 9s Ögeos névOq po at où Heyla ogporoar. oux Shéyw: no aAos drefBoudvo Atoyuswt moovziCot, WAS EL EL Yah pakenwreoa LOYT Cat GOOVTESOL, AG epa THYOE T gone, bid 6: x 3 07 , sty, 6” Syvadens 7 na Gexdtw Ernißatvor' be! ms) > ? \ ’ Ld an AUTOS 6 evayéoujt zul evayeecoty Aoorns. ex Aros alysoye tidy eye aletog OUTWS. w 30 ’ As hal * La + Li » 1 [4 = Ld \ 9 LU # 3 a er suceBéwy maldsoor Te Abia, Ousaséwy 6” où. > , .. ‘-paioor ev Atévusos, bv Ev Apaxdvmı vrpéevrt [7 x ° er f + PEN , ry Leds Inaros peydhav snuyouvida xatbeto Aucas' yatoo. 3° everons SeuéAa zo de hgeal aUTas , 35 , ry a} a hd « a! 7 3 r \ Q LE QA y Kaòpgelat nokdois pepshnuévar rowtvar, Pr ‚rn m ” > p N al zóôe Épyov Epebav Oplvavıos Auovúow % A ~ 5 aux ETLAWPAaTOV? undeis TK Hedy vóoarto.

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Commentaire. Azvar. Le mot est ionien (A), arcadien (2), el hellenistique. Il n’appartient pas au vocabulaire des poètes attiques. Vs. 1. Le poète avait dans la tête le vers bien connu d’Hesiode : "Ivo vat Sepékny zal “Ayauny xakAtndonov Aùztovónv 6’. (3). ow x ~ ~ + > + ‘ ’ -—n Arne ’A Ayaun on, Toten 0 v 19% évòs uev Autovdn, TOU OeuTépou J 5 , Òë& Budsous TRES YUVALKELWY YOPUY, LY er Oa Ma)ondoavos, qui a les joues blanches (4) : éolisme. Hérodien (5) atteste que la forme napave (= att. nagetx) est éolienne. Théocrite s’en est servi dans un de ses poèmes écrits en dialecte éolien (/d., XXX, 5). Vs. 2. Dans ce vers, le poète s’est souvenu des Bacchantes d’Euripide, vs. 680 sqq. : "ie ! men had an x - ~ Ivo yooou. L'expression Miasov aye eis boos se lit dans la même pièce, vs. 115 sq. : Boôpos edT Av srr, Brdoous + Es 0905, ES 0006... 4 + $, Adtat, seules. Le vers signifie non pas, comme semble l'avoir pensé M. Legrand : « elles conduisirent à la montagne trois (1) Heracl., fry. 14; Anvatben frg. 15. (2) Hesych. : Afvar” Bixyar. 'Apudôec. (3) Hes. Theog., 976 sq. . (4) Hesych. : pardanapxvos Aeuxonépstos; Theocr. Epigr., 1, 5 : xepads Tpivos oötos 6 gakós. Schol. AB Hom. Il., XXII, 68 : pebopaNiôes, blanches de visage, mot éolien. Etymologiquement, uahordoauas pourrait signifier aussi : qui a des joues semblables à des pommes »; mais ce serait ja une épithète ridicule pour une héroïne, s’il fallait songer à la forme des pommes, et inconciliable avec l'idéal grec de la beauté féminine, si nous devions penser à la couleur. Les joues des enfants et des jeunes Amours ailés peuvent être comparées à des pommes rouges (Theocr. Id., VII, 117; XXII, 8), mais non pas celles d'une belle jeune femme. (5) Herodian. ed. Lentz, Il, p. 563, 25 sq. : maoxta:... Aeyovarv oi Aioders.

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thiases, étant elles-mêmes trois », mais : « elles conduisirent, à elles trois, trois thiases à la montagne, étant seules entre femmes ». "Eotsat, participe féminin avec terminaison éolienne, comme cela est de règle dans les poèmes doriens de Théocrite. De même : £Aoïout (vs. 7), worse (vs. 12), Entoioa (vs. 14), éoûsaroar (vs. 17), ékoïoo (vs. 20), wéporoat (vs. 26). Vs. 3. A ai uév correspond, vs. 14, Ievheus dé. Il faut donc mettre une virgule, et non un point, après le vs. 6, et, de même, après le vs. 9. | Aastas, hirsutae, densae. Fritzsche a observé avec raison que Aasıos est un des mots favoris de Théocrite (1). Les mots dactas Spuö; se lisent au même endroit du vers, dans une épigramme de Théocrite (V, 5). On comparera aussi Callim., Hymn., HI, 192 : hactyow urs Souot; Apoll. Rhod., Argon., II, 1270 : xaototev em dpuds Angeuöveset. “Aveta. L'adjectif dora se rapporte grammaticalement à púrka, mais, pour le sens, à ôpués. Les botanistes anciens distinguaient les évôpa &youx et les cévcox Auepa; il est intéressant de voir là-dessus les développements de Théophraste (2), et de Pline (3). La distinction était d’ailleurs courante; cf. Paus., IX, 24, 4 sq. : A Kvozwvn, en Béotie, se voit un &Asoç, fueon Dè dpolws nävea dv zò Hass. Sevösa; non loin de là, il y a un endroit d 6 mod eisıv. Au « chéne sauvage », on opposait la ueoé- 07 nommé: Kopseix, ond 6: avr® Ssévdowy Ahaus OÙUY AuéooY* roivor ous (4) ou rueois. Cf. Theophr., Hist. Plant., TI, 8, 2 : ôovòs 8 & yévn — Tavrnv yhp péhusTa Suatpovor: zal Évioi ye edùs thy Lev Tgegov xahoust, Tv 0’ Ayplav, où tH yhuxbent Tod xapnoù Grarpodyweg, ETE yhuxúvarós YEO TS SHYOU, tAUTHY 6 deypiay moLoüsıv. Théocrite a écrit : &ysıov inv (XXII, 36) et : dyplausw ext ayicoro. (XXIV, 91), entendez : « sur des copeaux provenant d’un Sévôsov &yotoy ». (1) Cf. Legrand, Ét. sur Théocr., p. 343. (2) Theophr. Hist. Plant. MI, 2. (3) Plin. Nat. Hist., XIII, 5. (4) Hesych., s. v.

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Vs. 4 : xissdv Gwovex, lierre vivant, c'est à dire : encore vivant, fraichement cueilli, hederam vivam (1). Pour Fritzsche, xıccöy Swovra équivalait au latin : hederam vivacem, « lierre qui vil longtemps (2) ». M. Platt (3) a protesté avec raison contre cette interprétation tout arbitraire, mais sans comprendre lui-même le texte. Il propose de changer la leçon, pourtant si claire, des manuscrits en zisody &ë Swovra, ou xtoody aeilwov ze. Ce sont des conjectures inutiles et improbables. 'AapòÒekov tay Urko yas. Ces mots n’ont pas été compris par les commentateurs. Dans la vieille traduction latine, souvent réimprimée, d’Eobanus Hessus, ils sont rendus par : terra iacentem, « couché sur le sol », comme si le texte portait non dép, mais Ext yas. Eobanus s'est sans doute imaginé que l’asphodèle est une plante rampante comme le lierre, à côté duquel il est ici nommé dans le même vers (4). La traduction de Kiessling : Aumi nascentem est pareillement fautive. La plupart des savants semblent se ranger aujourd’hui à l'avis de Brodaeus, d'après lequel l’auteur oppose l'asphodèle terrestre à l'asphodèle qui croît sous terre, dans l’Hadès. La même explication a été donnée indépendamment par Wuestemann. Reiske et Fritzsche la citent dans leurs commentaires, sans la combattre. Elle n’en est pas moins parfaitement inepte : tout lecteur comprend, sans qu'on ait besoin de le lui dire expressément, que les filles de Kadmos ne vont pas cueillir aux enfers les asphodèles dont elles veulent décorer les autels rustiques qu'elles élévent. Il faut, pour résoudre le problème, commencer par bien connaître le végétal dont il est ici question. L’asphodèle est ‘4) CR. Ov. Metam., IV, 300 sq. : vivo caespite; XIII, 891 : viva harundo; Hor. Carm., 1, 19,13 : vivum caespitem; III, 8, 4 : caespite vivo. (2) Cf. Sen. Oed., 455: vivaces hederas; Hor. Carm., 1, 36, 16 : vivax apium. (3) Journ. of Philol., XXXIV, 1918, p. 148 sq. (4) Une fois commises dans les éditions principales d'un auteur, les erreurs de ce genre se perpétuent et se transmettent de génération en génération. Cf. Lizzie B. Marshall, L'horticullure antique ef le poème de Columelle, Thèse de Paris, 1918, p. 68 : « .. le lierre à fa vie persistante et l'asphodèle qui croît près de la terre ». BCH, XLVIIE (1924).

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une plante commune en Grèce, qui croît sur les terrains incultes et infertiles. L’ &syoôe%s Aeruov qu Homère le premier a placé dans la région des morts est, non pas une prairie émaillée de fleurs, mais un terrain nu où il ne pousse que de l’asphodèle. L'asphodèle est une liliacée qui atteint une hauteur d'une ou même de deux coudées. Sa tige droite et ferme se ramifie à son extrémité en plusieurs petites branches, qui se terminent par de minces bouquets de fleurs. Les feuilles sont couchées au ras du solet peu apparentes. La racine est longue et volumineuse (1). Elle est entourée, vers son extrémité inférieure, par un cercle de bulbes; on en compte jusqu'à quatre-vingts par plante (2). Ges bulbes sont comestibles (3). La population rurale utilise encore maintenant la substance qu'ils contiennent. Elle ne s'en nourrit plus; mais il est acquis que, dans l'antiquité, les bulbes servaient de nourriture en temps de disette, et aux indigents. C'est par conséquent la partie souterraine de la plante qui était considérée comme la plus importante. Aussi les Grecs ont-ils parfois limité le nom d’ äspòôstos à la racine et aux bulbes (4). Nous faisons de même, en parlant de la carotte, du navet, dela betterave. Pour qui tient compte de ce fait, les mots du texte <ov unto a; n'offrent plus de difficultés. Le poète a en vue la partie de l'asphodèle qui s'élève au dessus de la terre, par opposition à la racine qui est cachée aux regards, mais à laquelle le nom d'xsvédehos était souvent réservé exclusivement. “Acodcedoy, (1) Théophr. Hist. plunt., VII, 9, 4: roourxers nai Sadavaders ; Dioscor., 11, 199: ÉTINRELS, GTPOYYUARL. (2) C'est pourquoi l'asphodèle est appelé xoképilos sur un vase provenant de Vitalie méridionale (Heydemann, Vasensamml., 2868). (3) Cf. Hes. Op., 41; Suid. s.v. depódekos : 7 EISx xoxtopévyn pete sdxnwv rhclarnv Gunaın eye. (4) Pline (Nat. Hist., XXI, 109) affirme que Pythagore et Théophraste, et les Grecs en général, appellent la racine, avec les bulbes, aoposedos (radicem vero, id est bulbos, asphodelum), et la tige &vBéoixos. Cela n'est pas absolument exact. Pline a généralisé un usage spécial de ces mots qui se rencontrait chez les Grecs à côté d'autres. Cf. Schol. Theoer., 1,52, a, avec les passages cités par M. Wendel dans son édition des scolies. V. aussi : Wendel, Ueberliefer. und Enisteh. der Theokrit-Scholien, Gött. Abh., 1921, p. 130 sqq.

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est-il besoin de le dire, est employé ici au sens collectif; la traduction exacte de : aspddehov cov Urtp yas serait : « des tiges d’asphodele ». On trouve la même locution dans un texte de Théophraste : at 6: (sigs. etal) vovarwders, Hones at TV Kad oy za dyowaTeuy Kal EL TL Kahapddeg, val pdvar 67, avtat 7, padicd’ Sposa, Tots umeo vac (A). Le poète, je crois l'avoir démontré, a employé une expression fort juste, qui était en méme temps une locution usitée. Mais ne devons-nous pas lui reprocher de s étre servi d’un mot trop exact, d'un terme de botanique? J'avoue que, sous ce rapport, il n'est peut-être pas à l'abri de toute critique. Remarquons cependant, à ce propos, que Théocrite, quoi qu’on en dise, n’a pas échappé complètement à la manie des poètes de son temps, celle de faire montre d'érudition (2). On rencontre dans son œuvre, à tout bout de champ, des noms de fleurs, de fruits, d'herbes et d’arbustes, noms qui étaient d'un usage peu courant en poésie. La v° idylle à elle seule contient les noms des végétaux suivants : xumetoos (vs. 45), nréguv (v. 55), vhaswy (vs. 56), épixac (vs. 64), xuvosbaros, avepwva (vs. 92), axúhors, Ogopadtdes (vs. 94), aoxeviw (vs. 97), pupixas (vs. 104), oxthras (vs. 121), xuxdquivoy (vs. 123), six (vs. 125), xutisov, atrrihov (vs. 128), zopdpors. (vs. 129), peiretx (vs. 130), x:ooc (vs. 131). Le poète ne craint même pas de grouper par trois ou quatre les noms de plantes qui lui tiennent à cœur : IV, 25 aryimupos xa. 4V0Ca «ai evans mehiteux, VII, 68 xv0Ÿa + aopodéhw ze noluyvduneo ze sehive, V, 128 Ta uèv Eu. xuTicdy te zal atyuhov aives Édovte fa oy Lvov TATEOVTL HAL EV ZOPAOOUTL KEOVTAL. (1) Theophr. Hist. Plant.,\, 6, 7. Cf. Nic. Ther., 534: Hype: 6’ &szoôéhoto GravOéog aAAotE pilav, Ehdote wal xavheïoy Gre otep ov Avdepixo:o. Dioscor., IV, 177: xdwviz cue À Tola... pixody Ones THE vis aloov7Tx... dezoôëhe raparınsia.. (2) Cf. Wilamowitz, Goett. Nachr., 1894, p. 192-195.

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Nous avons de même, dans l’idylle que nous commentons: doves... xtooóy … aspòekav (vs. 3 sq.) (1). Le lecteur moderne de Théocrite cherche tous ces noms dans son dictionnaire, qui, bien souvent, ne lui apprend là dessus rien qui vaille. Les philologues ont recours, pour déterminer leur sens exact, à Théophraste, Dioscoride et Pline. Les lecteurs anciens ne les comprenaient souvent pas plus que nous, si bien que les scoliastes avaient dû se mettre en peine pour subvenir a leur embarras. Pour ce faire, ils avaient mis à contribution les écrits des botanistes et des herboristes les plus renommés, ou du moins consulté quelque ouvrage général dans lequel les résultats des recherches de ceux-ci se trouvaient résumés. L'on voit par ce qui reste de leurs notes qu'ils avaient réussi à élucider plus d’un point obscur, encore qu'ils ne fussent pas toujours unanimes (2). Bornons-nous ici à un seul exemple. Théocrite s’est laissé aller jusqu’à prêter à sa petite magicienne Simaitha des notions de botanique assez peu communes : e x R hd LTROMAVES DUTOY ent! TAS x ~ , hd HAL HWOAO! paLvovraı ay > 7? 9» r = Apxast, 7G) A ™> GO + ET TATA vo OPEX At Boat LTTTOL (3). Cette plante était si peu connue qu’un des scoliastes, et pas le premier venu, puisqu'il cite Aristote et Théophraste, en a dit : ixnopavés ... GUTE ouróv gotty Or’ Ev 'Aoxadia Ywópevov. Un autre scoliaste nous apprend cependant que l'irnopaavés était décrit dans l’ouvrage du rhizotome Krateuas. Vs. B : év xafasw Aetusv., « dans une prairie ouverte ». Ovide, dans son récit de la mort de Penthée, s’est exprimé à peu près dans les mêmes termes : purus ab arboribus spectabilis undique campus (4). (1) Cf. Legrand, Et. sur Théocr., p. 378, n. 1 : « D’une facon générale, rien n’est plus fréquent chez Théocrite que la succession de trois groupes de mots ou de trois développements parallèles ». (2) Wendel, Ouvr. cilé, p. 130-136. (3) Théocr. Id., 11, 48 sq. (4) Ov. Metam., Ill, 709. Dans les Bacchantes (vs. 1048 et 1054 sq.), la scène du meurtre de Penthée se passe dans un ravin ombragé d’arbres.

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Kájov. Ona inféré de ce passage que les anciens construisaient parfois des autels uniquement 4 l'aide de branches et de feuillages (1). C'est une erreur dans laquelle ont versé tous les commentateurs de Théocrite, sauf Wuestemann. L'auteur dit simplement : « après avoir rassemblé des feuilles et des branches, elles construisirent des autels ». Avec quoi les construisent-elles? Avec des mottes de gazon, sans nul doute (2). Les plantes qu’elles cueillent servent, non à construire, mais à décorer et à purifier les autels. La façon d'élever et d’orner les _autels rustiques est décrite clairement dans Ovide : statuitque aras e caespite binas... has ubi verbenis silvaque incinxit agresti (3).. La « silva agrestis » correspond aux &ypta wpúdia Gouös de notre auteur. Le lierre et les asphodèles sont les « verbenae ». On entendait par là des plantes qui étaient consacrées aux -dieux, ou à certains d’entre eux. Or, le lierre était consacré à Dionysos, comme chacun sait, et le chéne (4) aussi. L’asphodéle appartenait à Pluton, que beaucoup, à exemple des Orphiques, identifiaient avec Dionysos. Le méme procédé d’élever des autels en plein champ se trouve mentionné dans Horace : hic vivum mihi caespitem, hic verbenas, pueri, ponite (5).. (1) Dict. des Antiq., s.v. ara, p. 347. (2) Cf. Verg. Aen., XII, 148 sq. : aras gramineas ; Ov. Melam., XV, 573 sq.: viridique e caespite factas ... herbosas … aras; Trist., V, 5, $ : araque gramineo viridis de caespite fiat; Apul. Metam., VII, 10 : aramque cespite virenti Marti deo faciunt. (3) Ov. Metam., VII, 240 sqq. (4) Cf. Eur. Bacch., 109 sq. : warabanyıoüsde Gpuds 7 Ehdtas nAdborer: 683 sqq. : T‚udov 68 maeat sHpaciv TAPELMÉVEL, ai pev mods Adr: vow £oelsasaı pibnv, ai 8" Ev Gouds wünkorst... Ibid., vs. 102 sq. : exit 0° Fbevto xissivous zTeoÂvug Opus TE. Le chêne est également consacré à Cybèle; cf. Apoil. Rhod. Argon., 1, 1124. (5) Hor. Carm., 1, 19, 13 sq.; IH, 8, 3 sq. : positusque carbo in caespite vivo. Voir aussi les vers 8 et 43 de notre idylle. Les ustensiles dont on se servait dans

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Vs. 6. Sémélé apparaît souvent associée à son fils dans le culte (1). Le nombre trois, et surtout le nombre neuf, jouent un rôle important dans la religion dionysiaque. On trouve des jeûnes de neuf jours, des collèges de prêtres ou de prétresses de neuf personnes. Le neuvième jour du mois était le jour de fête de l’association des lobakchoi à Athènes. Ausone a dit: | ter bibe, vel totiens ternos; sic mystica lex est (2). Vs. 7 : teoz. Le mot ‘so désigne entre autres choses les € gateaux de sacrifice (3). On ne saurait entendre rien autre chose par les ieoù xexovayéva de notre texte, témoins les vers bien connus des Syracusaines : HA ELOLT § > « ~ DA r , osx YUVALKES ST. rAadavo TOVEOYTAL alex pioyorsaı eux ravsora parevow (4). LA Ld « ~ ~ = ’ C'est ce que le scoliaste de Lucien, parlant des Thesmophories, appelle : tes& x oréatos vou sitou xatesxeuasuéva (5). On sait, par d’autres témoignages, que les xisrat employées dans les mystères contenaient en premier lieu des gâteaux (6). Ilexovagéva le culte secret de Bacchus étaient garnis de « verbenae » (Hor. Carm., I, 18, 12: variis obsita frondibus). (1) Cf. Eur. Baceh., 998 : êri sé, Baxyt’, Goytx patpos ve aäs; Phoen., 1755; Pind., frg- 15. (2) V. Roscher, Abh. der süchs. Ges. der Wiss., XXIV, 1, p. 51 sq. (3) Cf. Stengel, Opferbräuche der Griechen, p. 89, 4. De même égteed IG, III, 14, 24, et Eorepós Poil., VI, 76. . (4) Theocr., Id., XV, 115 sq. Le mot ävdex a été expliqué de différentes manières. Voici ce qu'en dit le scoliaste : và 62 dwdea ta énimicuata thy Äprwv ’ Aéyor 6’ dv tx cfsxua. Pour les modernes, #v6sa désignerait le suc de certaines fleurs, ou le miel. Cette dernière supposition est impossible, parce que le miel est nommé avec son nom propre dans le vers suivant. A mon sens, ävbex a ici, comme dans beaucoup d'autres passages, le sens de couleurs (p. e. Plat., de republ., p. 557, ce: tpatiov.. nice Sec. nevorz:Apevov; cf. les mots avO(Ew et avOivds). Je comparerais surtout Sappho frg. 20 : navtodanats ueperymévx ypotataw, et Orph. frg. 142 Kern, vs. 30 : ovéé [re rauTrav] [yhoxos] Aredavoto piyuovaer dvOer Acuxd. On notera l'opposition entre les mots du texte dvbea et Acvxe. (5) Schol. in Luc., ed. Rabe, p. 276, 16. (6) Cf. Clem. Alex. Protr., II, 22: ofa: 8è nai at nigtar at puotinal > Get yap

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a été changé par Wordsworth, et, après lui, par plusieurs éditeurs, en roraveöuara. C'est qu’ils ne connaissaient pas le sens spécial que fes a ici. Herovauéva est ce qu'on appelle un hyperdorisme pour rerovnpeva. Théocrite a : xenovapévos (XIII, 44) et erövacav (XV, 80). Vs. 8 : veoögenzwv. Le mot a contribué à faire croire que les autels nommés au vers 5 consistaient uniquement en feuillage. Aoérety, qui signifie arracher, cueillir, moissonner, pourrait difficilement, dirions-nous, avoir pour complément direct un substantif désignant des mottes de gazon. Hartung a conjecturé : vcoszérrwy. Dans le même ordre d’idees, on approcherait peutêtre davantage de la lecon des manuscrits en corrigeant : venpétrtwy (ou même vewpérrwv), de épéweuv, couronner. Mais, en définitive, le texte se peut défendre, tel qu'il nous a été transmis par les copistes. Les autels, quand on y a mis la dernière main, consistent en gazon ef en feuillage : l’adjectif veooaerzov s'applique au feuillage. et, par extension, aux autels tout entiers. C'est une sorte de zeugma dont les auteurs grecs offrent de multiples exemples. Vs. 9: 65... ds. M. Maass (4) écrit Os... Os. La correction n'est ni nécessaire ni probable. On trouve l’anaphore de la particule os dans Callimaque : x rn os 0€ Minave, prov, ws Keil Evs TARYYOY (2).. comme on rencontre celle de wt et de velut dans les poètes latins (3). On a souvent remarqué que Théocrite a une prédilection marquée pour l'emploi de l’anaphore, même 1a où elle ne semble pas avoir de raison (4). aroyuuvasaı tk ya aùrüv al Te Geontx ekermety. où sHozpat Tata wal nupapides wal vohóna: wal nónava moAvdpoadz..; Foucart, Les myslères d'Éleusis, p. 384. U en était de même dans le culte de Déméter Thesmophoros, Cf. Thesm., 284 sq. : thy zigenv zabihe, nat èEÉhe RÓT2vOv, Btw, Aabolen Oje Toi, Beoïv. Aristophan. (1; Maass, Herm., XXVI, 1891, p. 184. (2) Call. Yymn., VE, 91. (3) CF. Ovid. Ibis, 470-475; Ex Ponto, 1, 1, 69-12; Metam., VII, 286, (4) Legrand, Et. sur Théocr., p. 311 sqq.

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W. VOLLGRAFF Aùzós, leur maître. "Efupdoer. Le verbe Aupapeiv, se plaire à, dérivé de l'adjectif Buuaoñs, agréable, ne se lit qu'ici. On trouve, dans Théocrite, un assez grand nombre de ces âna5 Asyöueva (4). L’auteur, on le voit, a fait des filles de Kadmos des suivantes fidèles du nouveau dieu. Il est en désaccord, en cela, avec Euripide, d’aprés qui les trois femmes avaient été punies par Dionysos & cause de leur manque de foi en sa nature divine (2). On voit au vs. 33 que le poéte veut associer Ino, Autonoé et Agavé au culte de Sémélé et de Dionysos. Ce n’est donc pas par ignorance ou par mégarde, mais sciemment et de propos délibéré, qu'il s'est écarté ici de la version courante de la légende. Vs. AA : oyivos. Le lentisque pousse en effet parfois sur les rochers escarpés (3). Dans les Bacchantes (4), et dans les Dionysiagues de Nonnos (5), Penthée ne se cache pas dans un buisson, mais se perche au haut d’un sapin. M. von Wilamowitz (6) a dit avec raison que la version de notre idylle fait l'effet d’être plus primitive, et par conséquent plus ancienne, que celle d’Euripide. Le mot sy'vos se lit dans Théocrite, /d., V, vs. 129. Ertyogrov. Si lon traduit ici êrtydotov par indigène, on obtient un sens qui n’est guère satisfaisant. Le poète n’est pas tenu de savoir que le lentisque est rare en Béotie (7); mais il est au moins inutile qu’il fasse remarquer au lecteur qu'il ne (1) Cf. ibid., p. 271 sqq. (2) Eur. Bacch., 26-38. (3) Cf. Miliarakis, lewypæwfa ‘AoyoAiôoe vai Kopwdias, p. 198 : aoû ro Kaztékkt (a Poros) roùc A, ént Äxoas Gens Zoaywdous nai droxchuvou, ep’ Ts ayivog wak uatat Eywy tas [Sag tou ext tiv Goyudv Boayou, ontoyer Bésts ws oxonik Eyivos LAAOURLÉVT,. . (4) Eur. Baceh., 1061 sq. (5) Nonn. Dion., XLVI, 149 sag. (6) Wilamowitz, Textgesch. der griech, Bukoliker, p. 214. (7) Cf. Maass, Aratea, p. 316: « Planta ista per Atticam et continentem rara, creberrima per maris aegaei et insulas et oramı orientalem ».

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s'agit pas ici d'un végétal exotique. Certains commentateurs ont senti la difficulté, qui est réelle, et ils ont cherché à la tourner en traduisant ér/wotov par «qui se trouvait planté là par hasard» (Eobanus Hessus) ou par: «commun dans cette région » (1); mais le sens auquel on arrive ainsi est futile, et le mot n’a pas pareille signification. Voici maintenant une autre solution. Nous avons un texte sûr qui prouve qu’au commencement de l’époque hellénistique, et dans les milieux de la Grande Grèce parlant dorien,. éx-ymo.os a eu le sens de ETOLXOS, TOOT W606, rposywotos, finitimus, vicinus. On lit dans la première des Tables d'Héraclée : roi rohtavouor... Soxm&Eovrt xa, avavyehtove. ev Aha Gacdkpevor thy yav nor thy TOV Èrtywpiwy (2). « Les polianomes.., procéderont à une expertise et feront leur rapport à l'assemblée du peuple, après avoir comparé la nature du sol à celle des propriétés voisines » (3). Le même sens convient ici; en-/wory Éovos signifie: « un arbuste voisin », un arbuste qui se trouvait à proximité de là. On peut comparer Call. Aymn., III, 57 sq.: yeirwy ’Itair,; Ach. Tat., I, 2 : de§:oduai =’ adrèy nal Ent tivog äkhoous Ayu veitovos; Nonn. Dion., XLVI, 149: ASLALNY EAATNY TONNAÉX Yelzovı TÉTON 3 + ’ — 3 , ‚ r - XIV, 364: (Bot) zeynvóra veitovs unga; XXIV, 441 : ext veisova neuznv; XXI, 104 : yelzovı medxn. non sine montium clamore vicinaeque silvae. e Hor. Carm., III, 29, 38 sq. : "Epvos. Ce mot désigne dans Homère un rejeton, une plante ou un arbre jeune. Tel est bien le sens du mot dans: épvet Toos (4) et dans une foule d’autres passages. Ailleurs, £2vos signifie: branche, rameau. Ici, le mot a trait à un vieil arbuste, goyain ryivos; il ne signifie donc plus que : végetal, plante en (1) Edmonds: « such as grow in that country ». (2) IG, XIV, 645 ; SGDI, 4629, 1, 118 sqq. (3) Inscr. Jurid. Grecques, I, p. 205. (4) Hom. /l., XVIII, 56.

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général. On s'en est étonné; mais 1) est facile de montrer par d'autres témoignages que ësvos avait pris ce sens à l’époque hellénistique. Nicandre a dit trois fois ¢pvos en parlant de plantes peu élevées, à la verité, mais non pas jeunes (f). Dioscoride s’en est servi en parlant d'un arbuste (2). Nonnos (3) enfin, qui regorge de motset de réminiscences hellénistiques, est allé jusqu'à appeler Eovos le gigantesque sapin sur lequel Penthée était monté: nderov eis Sova Simrerv £ovos Ouoù Mevlys. . Ailleurs, il appelle le même arbre 0%}46$ (4) (vs. 154) et faœuvos (vs. 183). Mais il y a là abus. Nonnos semble s’étre inspiré de plus d'un modèle, et avoir contaminé, en quelque sorte, les deux versions de la légende qui ont survécu, l’une chez Euripide, l'autre dans notre idylle. Vs. 12. Avtovén rodra. Cf. Eur. Bacch., 4114: nowrn o& pine. I] aurait été tout aussi facile d'écrire: roätx ©’ Avsovéx. Si le poéte a préféré la construction asyndétique, c'est sans doute pour donner au récit une tournure toute populaire, et comme enfantine. M. de Wilamowitz voit-dans l’absence de toute conjonction copulative au commencement de la proposition, ici et plus bas (vs. 16, 18, 19 et 20), un indice que les Avvo. ne sauraient être de Théocrite (5). Mais Théocrite n'a pas méprisé les effets de style que peut procurer l’asyndéton. On en trouve quatre exemples à la file dans les vers 126-134 des Syracusaines : a MiAaros êcet yo sav Zapiay zaraBösxwy * « ESTOWTAL xhiva TWSOVLOL TO KAAG And». (1) Nic. Ther., 391: papdbo:o Eovos; 550 : woasioun... doves; 618 : Tehio:o vannaks iseve pov Eovos. (2) Dioscoride (IV, 81) décrit Vazoxuvoy comme un Eovos fv. 1. Bäpvnç),.. 5488ou: Zywv uaxpds. Cf. Strab., XVI, A, 24 : wpa edepvis. (3) Nonn. Dion., XLVI, 182 sq. (4) Cf. Eur. Bacch., 1068 : Av’ Gpatov; 1107: rröphon. (5) Wilamowitz, Ouvr. cité, p. 246: « Es ist Stimperei, denn es kommen die Asyndeta hinzu, die nur berechtigt waren, wenn solche Gruppen abgesetzt wären, wie wir oben gesehen haben ».

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sav wev Kúmors eye, cay 8’ 6 Soddray US ORTWHALGEXETHS 1 EVVERKALOEY 9 YAU500S a bd w ~ Là 439. ~ n hd End hd La . Z Deux autres exemples non moins caractéristiques se lisent dans le récit de la mésaventure d Hylas : 7 % ~ ” vo, MEY TOSTEGOLS Er), youvazı XOUGGY E/OLTAL Ld è a + ~ >’ fa Öaxaudevr’ dyxvoist nage buporr’ ETESTELY.. % ’ rois ev “Vay Ausev... (1) Il serait facile de multiplier les preuves de ce que j’avance (2). ’Avérowye dervov. Cf. Theocr., XXV, 137: deuvòv 6’ eBouywveo. Vs. 43. Tous les commentateurs, sauf un ou deux, croient que le poète veut dire qu'Autonoé renversa la vaisselle sacrée, pour la soustraire aux regards profanes de Penthée. Cette manière de voir a été défendue avec talent par Crusius (3). Elle est possible grammaticalement, parce que le mot os-1« désigne en effet, quoique rarement, ce que Prudentius appelle mystica organa (4), les objets sacrés des cultes orgiastiques (5). Crusius (4) Theocr. /d., XIII, 53sq.; 58. Cf. Call. Hymn., VI, 94: xhaïe piv x paren. (2) Comme la question a son importance pour le problème de l'authenticité de Vid. XXVI, je me permettrai encore une observation de détail. Dans les Syracusaines, vs. 96 sqq., Gorgo dit à sa compagne: « Tais-toi, Praxinoa, la fille de l'Argienne va chanter l'hymne à Adonis. C'est une excellente cantatrice; elle a remporté le prix au concours de l’année dernière : 99 „Heykelrai vi, skp’ ot6a, aahöv ' SixBodateta: Ton. C'est ainsi que ce vers est imprimé par tous les éditeurs. Souvent, une ponctuation plus ou moins incorrecte décèle une erreur de syntaxe. C'est le cas ici: le point en haut de la ligne après xeAdv masque l'asyndéton, véritable et absolu, entre les deux propositions principales dont se compose le vers. Gorgo ne dit pas: «Elle va chanter: voilà qu'elle commence », mais: « je suis sûre qu'elle chantera bien. — Ah! elle commence déjà à minauder ». (3) Rhein. Mus., XLV, 1890, p. 267 sq. (4) Prudent. Hamartig., 460 sq. (5) Cf. Maass, Herm., XXXI, 1896, p. 383; Luc., De Syria dea, 16; Clem. Alex. Protrept., 11, 22: do&xwv, Spyro, Atovúgou Bacsipou ; Senec. Herc., 593 sq.: nos Cadmeis orgia ferre tecum solitae condita cistis.

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a voulu démontrer que le renversement et l’&parpillement des objets du culte étaient des actes rituels pour lesquels on avait créé une justification, un a!zıov, dans la légende. A ce propos, il cite : 1° Homère, Il, VI, 133 sqq. : Lycurgue poursuit les Bacchantes dans la montagne, | ai, 0’ Sine race QucbAn papat xacévyevav (1), Un’ avöpomövoro Auxovovou Bervönevar Bounhnyt … > r ~ x 2 e > + 8 et ’ ~ ‚ 2° Apoll. Bebl., III, 8, 1 : La ville de TouneÇoùs a été ainsi dénommée, parce que Zeus y avait renversé la table (<paneGa) à laquelle on l'avait convié; a 3° Plut., De defectu orac., 15 : A Delphes, aux fétes ennéatériques, on met le feu & une chaumiére, et on y renverse la table, aprés quoi on s’enfuit sans regarder derriére soi. L’hypothése est ingénieuse, mais elle n'est pas convaincante. J'avoue que le mot du texte qui m’empéche de m’y rallier est nosiv. Admettons un instant que le poètea voulu dire qu’Autonoé renversa et brisa la vaisselle sacrée sur les autels : fallaitil lui faire accomplir cette destruction à coups de pied? Il me semble préférable d’adopter l’explication donnée par Fritzsche. On lit dans Théocrite, XXII, 90 : suv 6E pdyny écapate, «il commença une lutte furieuse ». On trouve, dans le même sens, suvraoarseıv nôdegov dans Polybe et dans Plutarque; l’expression raparzeıv veixos, povov, moAcpov, yóov est même usuelle. | D’autre part, on rencontre ôpyia dans le sens de « danse orgiastique » dans les Bacchantes : mae avayopeuer BaoSdowy +40" Goyra (1). Ellis, et d'autres avec lui, admettent à tort que Catulle a déjà employé le mot dans le même sens. Voici ce qu'a dit Catulle (LXIV, 260 sq): pars obscura cavis celebrabant orgia cistis, orgia quae frustra cupiunt audire profani. Le mot celebrare suffit seul à démontrer que le poète entend parler des orgies que célébraient les Ménades. Cistis est un datif instrumental. (1) Eur. Bacch., 482.

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Le vs. 13 des Añvat peut donc se rendre ainsi : «elle commenca la danse orgiastique, la course extatique (1) des Bacchantes ». Ovide a une expression toute pareille : hie oculis illum cernentem sacra profanis prima videt, prima est insane concita cursu... mater (2). Vs. AA : te ©’ ody dogovee Béfdnhor. Les mots ovy 6péovrt peuvent-ils signifier : «ne doivent pas voir»? Je ne crois pas qu'on employe jamais en grec l'indicatif avec une négation pour exprimer une défense. Il faut donc traduire : « les profanes ne voient pas ces choses », « ces choses demeurent cachées aux profanes»; Dionysos les aveugle et soustrait ainsi à leur vue ce qui doit rester secret. La méme chose se remarque dans les Bacchantes d’Euripide. Penthée, conduit par Dionysos et accompagné d'un serviteur, surprend les Ménades dans le Cithéron, dans le but d’épier leurs orgies. Le serviteur, qui décrit ce que font les Ménades (vs. 1053-1055) les voit apparemment; Penthée, lui, ne les voit pas: HevOeds 8’ 6 <AñpEyY Anhuy oùy Cody oyhov (vs. 1058). L'indicatif ooéovr s’explique de la sorte sans difficulté. La particule oé, cependant, a donné du fil à retordre, dès le début, aux commentateurs modernes. Etienne et Valckenaer se sont décidés à la supprimer, malgré l'hiatus insupportable qui en résultait. Je crois probable que nous devons écrire avec Meineke : pris error our Opéovr. 60koveı Taz ouy érioïsa, <a éfarivas BEBar0: BéfBador. Théocrite a employé plus d’une fois le pronom relatif sae (3). Le poète a varié ici la vieille formule des Orphiques : Gooas 8’ emibeohe, Béfndor (4). (4) Cf. Eur. Baech., 1090-1094. (2) Ov. Metam., II, 710 sqq. Ovide a eu ici pour modèle un poème de l'époque alexandrine. (3) Théoer. Id., V, 18; Vil, 75, 103; XXII, 49. (4) Cf. Schol. Plat. Symp. p. 218, b. Callimaque (Hymn., VI,3) a varie la même

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Au lieu de 8é8n)o., on s’attendrait à trouver chez lui la forme dorienne 5282/01, comme dans Théocrite, /d., HI, 51 : a“ md. ’ r er > D ~ § CG ıM ) 65 zooowv ExUONnTEV, OS OÙ TEUGELTHe, PéDahot. BéSnhot est, selon toute probabilité, une lecon fautive des manuscrits. Vs. 15. L'emploi de pév ze, qui signifie à proprement parler : et assurément, est conforme à l'usage des poètes épiques. ©’ aëra. Il faut plutôt écrire : © aurz. Par adza, l'auteur oppose Autonoé aux autres Bacchantes. Matvero ... patvovto. Pour la fréquence de l’anaphore dans Théocrite, voir au vs. 9 (1). L’imparfait paivero est ici à sa place. Dans le vers précédent, Autonoé entre en extase; l’imparfait décrit l'état dans lequel elle se trouve maintenant. Il n'en est pas de même pour l'imparfait gaivovro qui suit. Les sœurs d’Autonoé n’entrent en extase qu'après elle; l'adverbe evdu ne laisse aucun doute à cet égard. On s’attendrait donc à trouver un aoriste (2); logiquement, il faudrait lire urivavro (3). Je me demande cependant si patvovro pourrait être considéré comme un cas d'attractio temporis sous l'influence de l’anaphore. L'attractio temporis est un phénomène grammatical connu (4). Je n’en connais cependant pas de cas parfaitement semblable à celui que je crois reconnaître ici. "&2’. C’est, selon M. von Wilamowitz, une cheville. Mais on remarquera que 0’ ao’ n'est pas ici un mot unique, comme yóp formule à sa manière en recommandant aux profanes de ne pas chercher à voir les objets cachés dans le x32x00: de Déméter: rdv ufhabov xatidvtx yapal Oaseiade, Bedadant... (4) Voir aussi Legrand, Et. sur Théocr., p. 399. (2) Wilamowitz, Ouvr. cité, p. 216 : « Der Tempusgebrauch ist mindestens V. 14 anstössig : notwendig fordern wir den Aorist, wenn die Bakchen nicht schon vor dem Eindringen des Profanen rasend gewesen sein sollen ». Cette note se rapporte apparemment à Vimparfait gafvovro du vs 15. (3) Cf. Theocr. Id., XX, 34 : ufvaro. (4) Cf. Brugmann-Thumb, Griech. Gramm., p. 560; Kühner, Ausführl. Gramm. der lat. Sprache 2, 11, 2 (1914), p. 195; Ellendt-Mehler, Latynsche Spraakleer, p. 259, § 237, 4; Wilamowitz ad Eur. Herc, 532.

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ou záp. Ce sont deux particules distinctes : le ò£ correspond au uév qui précède; doa se prend dans le sens de : en sus, ou ensuite. Cheville, soit. Mais il n’y a pas de cheville plus fréquente dans Homère que précisément aoa, ap, 5x, 5. Théocrite a d’ailleurs plusieurs fois ©’ &ox dans ses poèmes. Je cite les vers 82 sq. de idylle XVII, et 58 sq. de Vidylle XIII, parce que ce sont des exemples de l'emploi de ©’ zoa dans l’anaphore : uéy olot nokiwy TOALWY Exarovri SxaTovrhdes òes Evòépnv vÒlo rn vrat s= pév rar, ns LA f ~ + x Led rpeis O doa yrdsddes Torrouis Ent pucradeo nt … 4 ‘ ‘ ‘ A A wars wey N TOMS Ö > Char ww Hr ap er A - 4 . LA “Vay ausev, Osov Bals nouye Autos ~ 7 . 9 O TA UTMAXOUTEY. “Adaas. Il faut lire : Ada. avec Ahrens et Edmonds, sans quo le poète donnerait à entendre que l'extase ne gagna qu'une partie des femmes. On lit ar 6 &hAat au vs. 24. Vs. 17 : &% Cwsthoos. Emploi assez rare, mais classique, de la préposition ex dans le sens de : «au moyen de». Cf. Soph. Oed. Col., 848 sq. : » OUX OÙV TOT EX TOUTOLY YE LAY, THATTOOU ET aöormoerons. + ni ’ Homère appelle Gws-7¢ le ceinturon des guerriers, et Sovn la simple ceinture, telle que la portent les femmes, et les hommes non revêtus de leur armure. Après Homère, le sens du mot Cosrío, pour autant qu'on sen sert encore, n'a guère varié. Rarement, il désigne la ceinture, large et solide, d’un campagnard (1). Il n'y a, je crois, que le passage de notre idylle où Coers s'applique, à coup sûr, à une ceinture de femme (2). Cela nous fait l’effet d'un emploi abusif d'un vocable homérique. On en conclura que l’auteur avait lu Homère curieuse(1) Hom. Od., XIV, 72; Théocr., 7d., VII, 18 (ceinture d'un chevrier). Cf. aussi Orph. fry. 238 Kern, 8 (ceinture du Bacchus orphique). (2) Pausanias (I, 31, 1) explique que le promontoire dit Zwstip a recu ce nom, parce que Latone y avait dénoué sa ceinture. Mais on ne peut guère tirer argument de ce témoignage; car les étymologistes ne craignaient pas de forcer le sens des mots, s’ils y trouvaient avantage.

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ment, mais qu’il manquait d’erudition vraie. (a été le cas pour Théocrite, comme je Pai montré ailleurs (1). 'Iyvóav. On a : tyvua (2) et tyvus, donc à l’accusatif: tyvuav, et iyvov ou tyvüa (3). On peut séparer : én’ tyvúäv épusaisar, ou : er’ tyvi’ aversÜosasat (4), comme le voulait Valckenaer. La dernière leçon semble préférable, parce que le verbe aveguw est ici plus approprié que ‘ouw. Ceux qui en ont jugé différemment ont sans doute pensé que l'allure de ce vers où l'auteur parle de femmes se préparant en grande hâte à la poursuite d'un homme, serait par trop retardée par le spondée du cinquième pied. On comparera Theocr. /d., XIV, 35 : äveroúosaoa 6& RÉTAWS. Vs. 18 : 760’ gexme. Ces deux mots reviennent dans le vers suivant. On a jugé cela intolérable; on a estimé que le dernier des poètes grecs ne se serait pas exprimé d'une façon aussi maladroite : « Penthée dit ceci - - - Autonoé dit ceci - - - (5). Ahrens, cependant, a reconnu que le second vers peut être entièrement sauvé en ponctuant : Avtovóa * « +00 », deine, « Taya vvo, molv axousat ». ’ A, bd , ~ Quant au premier, on lit dans Théocrite : Aeye saura: (II, 24); apis tade … owvé * (Il, 43); autos gym 740° Berna - (XXII, 153); xnvo vdo zis pet Toro; Lowy ao * (XXVIII, 24); 6 8& voor Evan’ - (XXX, 25) (6). L’objection à faire au passage incriminé consiste (1) Mnemos., XLVII, 1919, p. 336. (2) Cf. Theocr. Id., XXV, 242 : iyvénatv. Le mot !yvör, désigne le jarret. (3) Cf. ibid., XXL, 45 : iy60a. (4) La zouk, xat& tétaptov teoyaïo, est adoucie par l’élision de l'a dans iyvúa. Cf. Anthol. Plan., IV, 253 : 7,68 mods Axonv iyvónv »olvıE ménhos EAuogógevos. Anthol. Pal., XII, 176,2 : an’ iyvóns Autos AveAxöpevos. (5) Wuestemann défend à tort la lecon des manuscrits en comparant Theocr. Id., VIII, 44 sq. Il faut plutôt comparer Ev. Matth., XXVI, 34 : Eor, 25t@ 5 "Insoös... héyer adtw à Mérpos ; XXVII, 22. (6) Cf. Theocr. Id., VI, 20; XV, 91; XX, 2; XXIII, 44-48; Epigr., IX, t.

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donc uniquement en ceci, que les mémes mots se lisent au même endroit du vers, dans deux vers qui se suivent l’un l’autre. Cependant, même ainsi formulée, elle demeure assez grave. Devons-nous supposer que les mots +68’ ere figurent à tort dans le premier des deux vers, par une faute du copiste, à la place d’un verbe à l’aoriste signifiant s’écrier ou demander? Ou vaut-il mieux se borner à corriger : Ievdeùs wav 167’ (ou tx’) ceume ? Vs. 18 : xéyonoûe. Le participe parfait xeyonumévos, avec le sens d'un présent (« ayant besoin de, désirant ») se lit déjà dans Homère et dans les tragiques. Théocrite s’en est servi dans la XX Ve idylle, vs. 35 : OUTLVOS MGs xeyonmévos Eiht hov4as, et au vs. 101: AVE xeyonuévos Epyou. Il ne s’en est d’ailleurs pas tenu au seul participe, témoin le vers 73 de la XVIe idylle : ” + 3 ’ EFGETAL OYT0OS LYN, À > ~ , 5 SME KEY ONSET >? En + GZOLOGV. Vs. 20 : uuxñouro. Les verbes puxäofor, « mugir », Souyächar, « rugir », et opvecda., « hurler », s’emploient par extension en parlant de cris d'hommes surexcités ou angoissés. Cf. Aesch. frg. 55 : zavporhoyyor ©’ Urouvxwytai moßev EE &pavous wobepo', (go6epa.?) pue; Eur. Herc., 810 : Sea puxara. SE (il s'agit d'Héraklès); Aristoph. Ran., 562; Nonn. Dion., XLV, 136; 334 (mugissements de Dionysos). M. von Wilamowitz trouve le mot trop fort, lorsqu'il s’agit d'une femme. Mais Nonnos a écrit : sonyaréov min Or népos E6peuev “Hon (1), et: Bassapiswy Bouynpa (2); Nicandre a appelé Waypös les cris désordonnés d'une prètresse de Cybéle (3); les poétes latins se servent du verbe (1) Nonn. Dion., VI, 201. (2) [bid., XLV, 284. (3) Nic. Alexiph., 220. BCH, XLVILI (1924).

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« ululare » en parlant des vociférations des Bacchantes (1); Virgile a écrit: ° Cumaea Sibylla horrendas canit ambages antroque remugit (2), et ailleurs : Proetides implerunt falsis mugitibus agros (3). On remarquera aussi que guxósba: appartient au vocabulaire des mystères (4). Muxisaro, et au vs. 21 : uuxnuo. Les formes doriennes seraient puxacato et puxapa. Théocrite, cependant, écrit : puxjcato et uuxntAs (5). Peut-être se servait-il d'un présent puxéopa:. “"Eioisa. Le poète entend-il dire par éAotca que la mère arracha la tête de son fils (6)? Si tel est le cas, on comprend assez que M. von Wilamowitz reproche à l'auteur de s'être servi ici d'une expression trop faible. Mais peut-être veut-il dire simplement qu’Agavé saisit la tête de Penthée (7)? Philostrate s'exprime à peu près de même : at pév amopenyvöear Tas fetes, À 6: éntonwoa tov vidy zhe yairnc (8). On pourrait dire encore à la défense du poéte que les Ménades, lorsqu’elles déchirent des étres vivants, le font sans effort visible, ovy une ofévous, HAN’ 6 Beds evpaperav énedtôou yepoty (9). Peut-être enfin l’auteur a-t-il choisi le mot &Xois«, simplement parce qu'il avait dans la mémoire les vers d’Euripide : (1) Par exemple Ov. Metam., LI, 725: ululavit Agave. (2) Verg. Aen., VI, 99. Cf. Call. Hymn., IV, 56 avec la note de Schneider; Ov. Metam., VII, 190; Claudian. Rapf. Pros.., Wi, 343; Nonn. Dion., X, 83; XVI, 353; XXI, 109. (3) Verg. Ecl., VI, 48. (4) Cf. Dieterich, Eine Mithrasliturgie, p. 4. (5) Theocr. Id., XVI, 37; VIII, 6. (6) Cf. Ov. Metam., HI, 722 : abstulit. (7) Brunn, Münch. Sitz. Ber., 1819, 11, p. 16 : « Die Mutter ergreift den Sohn beim Kopfe ». (8) Philostr. Imag., 1, 18. (9) Eur. Bacch., 1127 sq.

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“ada 6’ afktov mes habousa vuyyaver unrns peso (4). Vs. 22. Deux des filles de Cadmus enlèvent à Penthée chacune un bras, la mère prend la tête. C’est La version que l'on retrouve presque partout, dans la littérature (2) comme dans l’art figuré. Lov Oo nhar uéyay © toy. Cet hémistiche n'est pas inharmonieux : il y a une certaine recherche d'élégance dans la répétition d'une même paire de syllabes. M. von Wilamowitz a remarqué cependant qu'un mot comme œuorAëta nest pas usité en poésie. C’est un terme qu'on rencontre dans les écrits des médecins, dans les traités de zoologie d'Aristote, dans le mémoire de Xénophon sur l'équitation, dans le petit traité sur la chasse attribué au même auteur, et dans un texte éolien relatif à la distribution de certaines victimes (3). La poésie classique a en horreur les termes spéciaux et techniques, et la même tendance s’observe jusque dans la prose. Thucydide, entre autres, évite les termes techniques dans la mesure du possible. Les poètes hellénistiques sont moins sévères à cet égard. Les écoles de rhétorique, cependant, n’ont jamais cessé de donner des règles rigoureuses concernant le choix des mots. D'après Denys d’Halicarnasse (4), ce sont surtout les hommes _ de « Re OTL xEV KE OTL ( jeunes qui se permettent d'employer, en écrivant, le premier mot qui leur vient à l'esprit, atoiuay vAwToay Erroc EIN Abn. xatoiuay vAwTTaysmog Notre poète est-il de ceux-là? Rien n’empéche de se l’imaginer très jeune. Nous l'avons vu se servir d'un terme de botanique au vs. 4; il ne serait donc pas si étonnant de rencontrer ici un terme d'ostéologie. Nous commentons Théocrite par Théophraste, lorsqu'il est question de végétaux, ct nous avons raison de le faire. Si le hasard nous avait conservé le (A° Ibid., 1139 sq. {2) Cf. Eur. Bacch., 1125 sq. (3) Hoffmann, Die griech. Dial., Il, p. 68, n° 93, 2. (4) Dion. Halic., De compos. verb, 1.

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traité nept sxchezüy de cet autre élève d’Aristote, Kléarchos de Soloi, nous mettrions probablement en note ici le paragraphe concernant l’omoplate. Il ne faut d’ailleurs pas s'exagérer la faute de style que M. von Wilamowitz impute à l'auteur des Afva.. Les Grecs ont emprunté leurs termes techniques au langage ordinaire. Le mot xAs7n, que l’on trouve, dès Hippocrate, à côtéd'bporjarn, a dû appartenirà la langue commune; dans le grec moderne, il est devenu au moins aussi usité que (vouos, dans le sens d’ « épaule ». Un poète contemporain de Théocrite, Rhianos, s'est servi d'un terme d’analomie non moins rare en poésie qu'aporiarn : avyévos 5 Undroro xuGors Erurtékhevar tEvs (1). Ku6orc, d’après Pollux, désignerait les vertèbres (spovôv deus) ; je n'en suis pas convaincu. ct les grammairiens anciens aussi paraissent avoir hésité sur ce point (2), ce qui prouve que le sens technique du terme était inconnu aux laïques. Avant Rhianos, Homère s’ctait servi du terme xorûAn, cavité cotyloïde : <a BAhev Alvetao zor’ ioytov, Eva ze unpös v a ns w evorodoerar, KOTUANY GE TE puy xaktouour (3). Peut-on proclamer indigne de Théocrite ce que Rhianos ct Homère ont cru pouvoir se permettre ? Théocrite a vécu un certain temps dans l'île de Kos; quelques uns de ses poèmes en font foi (4). Nous n’apprenons pas ce qui l'y a amené; mais il est à rrésumer, au moins, que la grande école de médecine établie à proximité de la ville et fréquentée par un nombre considérable d'étudiants n'est pas restée sans influence sur son développement intellectuel. Edmonds a conclu d’une scolie sur l'idylle XI que Théocrite avait lui-même (1) Meineke, Anal. Alex., p. 202. Cf. Antimach. /rg. 65 Kinkel. (2) Cf. Athen. 1X, p. 399, b: Zinpäpiatos … obtug yodwer © dopuss ai éx mAaylav gäprecs Enavesennulaı WÚa: * tk Ö' ExatrdowBer rothwuaTza Aéyouat xÜ6OUS. (3) Hom. Il, V, 305 sq. (4 V. Wilamowitz, Texigesch. der griech. Bukol., p. 161 sqq.

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étudié la médecine, comme son ami Nikias (1). Cette hypothèse comporte un léger. changement du texte de fa scolie en: question. Mais elle semble logique en soi. On peut aller s'établir à Oxford pour y vendre des drogues ou pour y écrire des sonnets; mais la grande n ajorité des jeunes gens qui viennent s’y fixer y font leurs études. Et ne doit-on pas aussi conclure des vers adressés à Théociite par son ami Nikias (2), auquel il avait dédié son Cyclope : hy ao” aAnles voorn, Oedxorze * où vas MOAAOUS TOLNTHS enloabav vous TOLY que Théocrite avait commencé par s'engager dans une autre carrière avant de s’adonner à la poésie? Si Théocrite a réellement abordé, dans sa jeunesse, Fétude de la médecine, qui implique celle des sciences naturelles, la fréquence des termes de botanique, de pharmacologie et de zoologie dans son ceuvre s’explique de la façon la plus aisée du monde. Vs. 23 : SuAuos words. Brunn (3) admet à tort que pulmos a ici le sens de « mouvement rythmique ». ‘Pufuôs wurd: ne saurait significr : « d'un geste symétrique à celui d’Ino », comme l'a justement remarqué M. Legrand (4). D'après ce dernier, l’auteur veut dire : « Autonoé suivit le mouvement, en fit autant ». Le vers 1129 des Bacchantes : Ivo 6& sant Oarep’ eferoyalcro peut en effet sembler suggérer cette interprétation. Mais je comparerais plutôt Eur. Electr.. 772 sq. : moi Toon 68 zal tive puué povou zelve. Ovéstou nada, Boukopa. pabery5 + (4) Edmonds, The Greek Bucolic Poets (4919), Introd., p. IX. (2) V. Edmonds, £. L., p. x11. (3) Brunn, !. I. : « (Diese Worte) erklären sich, wenn der Dichter sein Auge auf ein Bild gerichtet hat, in welchem die Gestalt der Autonoe in Bewegung und Handlung das künstlerische Gegenstück zu derjenigen der Ino bildet ». (4) Legrand, Et. sur Théocr.. p. 221.

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et Cycl., 397 sq. COTE sUppdcadas 500 Zonal’ Etatowy TOY Euv EURE seve. Notre poète semble s'être souvenu de ces passages, ou d'autres semblables, et avoir employé Sufiuós dans le sens de 6ubues pévau. Vs. 24. Ta neotosa, pour te neotoseuovta, « le reste » est une façon de parler hellénistique. On rencontre l’expression: tè koud xoéx dans une inscription du im® siècle d’Halicarnasse (Dittenberger, Syl/.,* 1044, 40), dans l'inscription d’Andania, 1. 96, et dans le papyrus orphique de Gurob (Kern, Orphic. frg. p. 102, 14). Cf. Dittenberger, op. /., 1025, 23 et 55 : và dike xoea. Mesıssöos dans le sens requis ici se lit dans une inscription de Delphes de lan 462 avant notre ère (4). retrouve ensuite le mot dans le même sens dans les teurs grecs de l’époque impériale. Fallait-il en conclure que notre poème est plus récent, disons d'un siècle, que les idylles de Théocrite? Cette conclusion est de celles que modifient les découvertes ultérieures (2). Théocrite, d ailleurs, n’est pas de ceux qui évitent rigoureusement les néologismes. N’a-t-il pas employé ailleurs le verbe r'4%o (3) (et xustrtéCw) (4), en lui aftribuant le sens de : saisir, agripper, lequel se rencontre pour la première fois, après lui, dans la version des Septante? Kosavouéovto. L'emploi de ce mot peut se défendre à l'aide des textes cités par M. de Wilamowitz et d'autres textes similaires. Lycophron (5) appelle xpeavójgos Lykaon, qui égorge son fils Nyktimos pour le banquet des dieux. On parlait de la (1) Dittenberger, Syll3.,672, 19 : +x hour à eos, « les autres excédants ». (2) Dans l’épigramme sur Sophocle attribuée a Simias de Rhodes (Anth. Pal., VIE, 21; cf. Wilamowitz, Sappho und Simon., p. 225 sqq.), le temps a venir, que Détmosthènes appelle 6 gékÀwv aidv, est appelé 6 neptssös aiwv, femporis omne guod venit (Grotius), religuum lempus, à Aoırös yoóvos dans le sens de veniens aevum. N’est-ce pas déjà le même sens de xeo:oads que dans notre idylle ? (3) Théocr. Id., IV, 35 ; zudêas. , (4) Théocr. Epigr., VI, 4 : apoertake. (5) Lyc. Alex., 481. Cf. ibid., 203.

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xpeovoyia (1) de Pélops. Un passage de Clément d'Alexandrie est plus significatif encore : at Segékne ns xepauvias adervat, a pavddes, al Ousayvoy xpeavoutay pruobgevat (2). A mon sens, xpeavouix est un terme que Clément emprunte au langage des mystères même. Ce n'est pas un mot qui sent forcément l'abattoir ou la boucherie (3); c'est aussi un terme rituel et mystique. La chair de l’animal sacré qu’on immole et qui représente le dieu est partagée entre les fidèles qui la mangent pour s’assimiler la force divine. Le meurtre de Penthée et le dépecage de son corps par les Ménades (4) est une des multiples légendes par lesquelles on s’était anciennement efforcé de rendre compte de l’origine du rite de la xoeavojta (5). Nonnos, dans le récit du meurtre du premier Dionysos par les Titans, emploie un synonyme de xpexvoucty : xa. Joaods BrAUTE TAU0OS * auotôain SE COVES up > or"? ad à : nes ravooœuñ Arovucoy ELTTVAA ovro pavyetor, (6). Cf. Orph. Argon., 24 : ~ r ” Zayonos (7) TE OLD Ov Ap U Euv. Euripide, dans les Bacchantes, rend trois fois l'idée du verbe xocavogelv par une courte périphrase : (4) Gregor. Nasianz., Adv. Julian, Ill; Etym. Magn., 219, 14, 8. v. öl: 76¢,c2vt2. Cf. Schol. Aesch. Choeph., 144; Apoll. Bibl., 1, 144. (2) Clem. Alex. Protrept., 119, 1 (c. XID). (3) Il est presqu’inutile de faire remarquer qu'il n’y a aucun rapport entre la wocavopiz des mystères, et la xoeavouix à Athènes, la distribution de viande organisée par l'Etat aux jours de fête. (4) Cf. Eur. Bacch., 1133-1135. (5) Cf. Gilbert Murray, dans Harrison, Themis, p. 345 sq.: « Pentheus is only another form of Dionysos himself, like Zagreus, Orpheus, Osiris and the other daimons who are torn in pieces ». (6) Nonn. Dion., Vi, 204 sq. Cf. au vers suivant : zootéaoro Gatfoudvoy Atovóanu Proel. Hymn. VII, vs. 11 (Kern, Orphic. frg., p. 234) : 7 woxälnv égawoac apretudAeutoy Avaxtos 2'Bépos Ev yudAors: nestsonevou mote Baxyou. Le texte porte "Hozxréos. La correction Zavetos est de Lobeck.

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Stepopovvte cards Evôura (1) ; ~ © , nasa 6As huaTrw miv sn ~ bid eous Òreopatorle oaoxx Mevis (2) ; r x # ~ r wois ze Anpos Zopa Srevoorsauev (3). Ainsi compris, le terme xpeavouetv ne saurait être jugé inadmissible en poésie. Les tragiques ont d'ailleurs dit xpeoxonety en parlant d’étres humains (4), et les poètes latins ont employé couramment /aniare et dilaniare de la même manière. Tel, par exemple, Ovide, à propos du démembrement du corps d’Itys par Procné et Philoméle : vivaque adhuc animaeque aliquid retinentia membra dilaniant (5). Vs. 25 : neguouévar aiuart naat, hémistiche fait de réminiscence. Homère a dit : meguopévoy atuacı moko (6). Cf. Eur. Bacch., 1135 : räsx à TUTO evn. Vs. 26 : révOnua, xat od Ilevhna,. Jeu de mots quia été fait souvent. Cf. Eur. Bacch., 307 : x + et \ ’ ’ , n 1! Tevfeug 2! oxws un nivhns sisoiser Doors. [evGnx. La forme dorienne serait IIev§éa. Théocrite forme presque toujours'en -5a l'accusatif des substantifs en -cús. Vs. 27-38. La fin du poème, à partir du vers 27, se compose de deux péricopes de six vers chacune. Vs. 27. L'histoire de Penthée est terminée. Nous voyons maintenant que l’auteur ne l'a pas racontée pour elle-même. Après la fable vient la morale : ainsi périssent tous les ennemis de Dionysos. Mais cette morale, à son tour, n'est pas ‘une lecon faite à quiconque en veut profiter. Elle s'applique à un cas (4) Eur. Bacch., 146. (2) Ibid., 1135 sq. (3) Jbid., 1240. (4) Aesch. Pers., 463 ; Eur. Cycl., 359. (5) Ov. Melam., VI, 644 sq. Cf. Diod. XXXIV, 34 : xpeavopay tz supara raperideı zoïs auyyevenrdrots Avaveodpevos The marzııs Exelvag Tyoéws 7 Avéstoy Bowde. (6; Hom. Od., IX, 397.

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spécial, comme on va s’en apercevoir, et c'est ce qui donne à Vidyile un surcroît d'intérêt; car il s'agit maintenant de déterminer à l'intention de qui, et en quelle occasion, le poète a dépeint les conséquences fâcheuses de l'impiété, avec un réalisme si peu voilé. Oùx &héyw, « je m'en ai cure », « et après »? L'auteur veut dire : « Quelqu'un dira-t-il que ceci est une histoire cruelle? Point du tout. Nulle pitié pour l'impie; il a mérité le châtiment qu'il a reçu ». …. *’Aké-et est un verbe épique (1). Pindare emprunte à Homère, Eschyle l'emploie une seule fois. 'Arzyeıv n’est pas attique et ne fait pas partie du langage courant de la «own. Les poètes de l’époque hellénistique s'en servent de nouveau à l'occasion. Il est assez remarquable que Théocrite ait mis la locution : oùx adéyw dans la bouche d’une de ses Syracusaines (2). Ces femmes s'expriment dans le dialecte de Syracuse (3). Le verbe xdéyvew, tout en n'étant plus généralement en usage, a pu survivre dans certaines parties du monde hellénique. 'Aneybopévo est une correction de Bergk, qui a été acceptée par Ahrens, Wilamowitz et Cholmeley. La leçon des manuscrits est aney/Nönevar. Elle ne donne aucun sens. Autrefois, on avait changé àre-/fôuevar en aneyfépevat, mais un infinitif en -pevar détonnerait dans le dialecte dont se sert le poète, et il faudrait, de plus, un passif (4). Le participe aneyfouevos se lit dans Théocrite, XVI, 105 : 3 Opyopevov prhéotrar aneyAduevey note Onbar. Ld 9 la La Vs. 28 : rwvôe poyños.. Les manuscrits portent : r®vö’ euöynse. Cette leçon supposerait que le poète avait en vue une personne déterminée à laquelle le courroux de Dionysos avait attiré un (1) V. par exemple Hom., Il., XI, 389 : oùx arévw, (2) Théocr., XV, 95. (3) V. Magnien, Le syracusain littéraire ef lid. XV de Théocrile (Mém. de la Soc. de linguistique de Paris, XXI). Magnien n'a rien dit de oöx &kéye. (4) Magnien (2. L., p. 114; adopte tacitement la conjecture : &rey@éuevat, lorsqu'il dit: « L'infinitif en -ueva: (Théocr., XXVI, 27) est une forme poétique ».

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sort pire que celui de Penthée. La correction d’Ahrens : zévée goysoe, est rationnelle; car il est évident que l’auteur entend parler en général des ennemis de Dionysos, quels qu'ils soient, et quel que soit le châtiment qu'ils encourent. V. 29. C'est ici que commencent les principales difficultés. Reiske a mis le doigt sur la plaie en disant : « Versum hunc et vs. 31 : aterós non intelligo ». Il est clair en même temps que celui qui réussira à interpréter ces deux vers correctement aura la clef du poéme tout entier. Je voudrais, pour ma part, mettre un point après poyAcaı, et considérer le vers 29 comme une courte proposition principale mise dans Foptatif. La ponctuation universellement adoptée fait dire au poète : « Foin du mécréant qui renie Dionysos, même s'il était puni encore plus sévèrement que Penthée et qu'il fût dgé de neuf ans ou entré dans sa dixième année ». Les commentateurs, pour autant qu'ils n’ont pas avoué ne pas comprendre, ont donné là-dessus des explications qu'il ne vaut pas la peine de citer. Il faut faire exception pour celle de M. von Wilamowitz, qui ne manque pas de logique; mais le résultat auquel elle aboutit la condamne irrémédiablement (1). Le véritable sujet des Añvx aurait été le suivant. On avait assassiné un enfant. Ceux, ou celles, qui avaient accompli ce crime, non sans succès, étaient en butte à une critique malveillante. Le poète prend leur défense, et loue leur action comme agréable aux dieux (2). Mais un pareil poème, qu'il fat de Théocrite ou d'un autre, serait une infamie, une honte pour la poésie des Hellènes ! Nul doute que l'on ait, à toutes les époques, accompli des infanticides, pour des raisons (1) M. Legrand avait formulé une hypothèse du même genre dans la Revue des Et. grecques, 1894, p. 217. Il l'a rétractée depuis (Et. sur Théocr., p. 63) en ces termes: « J'ai risqué naguère l'hypothèse que le vers 29 était une sortie contre Évergète enfant, ennemi supposé du roi; Évergète pouvait avoir dix ans vers 472; Théocrite eût donc été dès lors courtisan des Lagides, et même assez certain de son crédit pour aller à Cos en villégiature. Je ne crois plus moi-même à cette combinaison ». (2) Wilamowitz, Texigesch. der griech. Bukol., p. 213 : « Ein Kind ist umgebracht worden; seine Mörder oder Mörderinnen finden trotz ihres Erfolges feindselige Beurteilung; daher bekennt der Dichter sich zu ihrer Partei und rühmt ihre Tat als Gott wohlgefallig ».

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politiques et autres. Mais il est des abominations qu’on n’écrit pas, et l’on chercherait probablement en vain, dans toute la littérature grecque, un second exemple d’un morceau aussi déshonorant pour son auteur. J'ajoute que la défense du crime supposé serait peu habile; car on ne pourrait raisonnablement formuler contre un enfant de neuf ou dix ans la charge d'être un ennemi de Dionysos. Je me borne, pour l'instant, aux remarques que je viens de faire. Je reviendrai sur le vers 29 après avoir interprété le poème jusqu'au bout. Acxätw, entendez sexatw Ereos. L'auteur s’est souvenu apparemment d'un passage d Homère tel que Od., V, 106 sqq. : astu neg. [otxuoco (LR bid vr = ! 4 nk | LA 7% LA r OVTO ” etyaeTtes, Oexdvup GE TO).y néosavreg EOnoav olxads.. ou Od., XIV, 240 : Eva prey eivderes moleptlopev vies ‘Ayaröv, ~ ~ HU LA , I la bd TH OexdTp GE TOALY Hptuou méocavtes EÓn ev otxade (1).. w ~ Acxatw énbaivor. La plupart des poètes éviteraient un pareil hiatus. Théocrite est moins sévère à cet égard. Il s’en est permis, par exemple, un tout semblable dans sa XIV° idylle : zöknw érMuurousa (vs. 33). ’Ertbaivor. Cf. Plat. Leg., p. 666, b : zerzapdxovra GE TLOKLvovTa êzéwv ; Herodian., Ab excessu divi Marci, V, 7, 4 : zo = ~ id OWOEXKATOU (Ezoug) Enıbatvovra. L'alternative À xa! Sexdtw exi6aive. n’est intelligible que si l'on admet que éwaerjs est pris, non dans le sens de : « qui a neuf ans accomplis », mais dans celui de : « qui est dans sa neuvième année ». Nous disons couramment : « un enfant de neuf ou dix ans », et Théocrite a dit à peu prés de la même facon : OxtoxatdexeThs 7, evveaxatosy’ 6 vauGods (2). (1) Il y a dans Homère d'autres passages semblables avec éxtaetes et avec dwinag. (2) Théocr. Id., XV, 129.

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Mais n’y au: nit-il pas quelque chose de singulièrement lourd et prolixe à parler d'un enfant « qui est dans sa neuvième ou bien qui entre dans sa dixième année »? Je proposerai plus bas une interprétation toute différente. Vs. 30. Callimaque a écrit : evayéwy dE xxi Edayéeost pedoiuny (1). Les deux poétes semblent avoir adapté 4 leurs fins une mème formule liturgique. L’adjectif svayns, « qui est sans péché, saint », et le verbe evayéw font pertie du vocabulaire mystique Cf. Hom. Hymn. in Cer., 273 sq. : noßnscter, ws AY Exeita Ener Ooyta 0° ave Th ey evav vrobneerna.., wo Av ° La hd A La Lan) La | evaysos Ephovres ELOY vOnv LAdsxorode ; Orph., fr. 222 Kern : ù a 2 r , + a on pév x evayéorty un’ AUVAS 12 Al0ro, + ’ Y avrg amopbijevor uahaxwreooy nisov Egovaw. Eur. Bacch., 1009 : edayoovt’ eùsebciv. Dans une des inscriptions orphiques de Pétélia, lame du mort dit : Evayéoust... om. Rime à lintericur du vers. Théocrite en offre un grand nombre d’exemples, que Fritzsche a réuni dans son commentaire (3). Citons en guise d’exemple /d., I, 96: „ah ©’7 ave Auudyv eyotca APN A ty vekdorsa, JEAAOUTE, Saody Das i EX 9 et VII, 62: (] fi vu. Opa TAYTO. yévouto, xaì EUTAOOS ôppaov FXDLTO. M. Norden, dans son ouvrage sur la prose rythmique des (1) Call. Hymn., 1V, 98. Cf. Dieterich, De hymnis Orphicis, p. 34. {21 IG, XIV, 641, 2; Olivieri, Lamellue aureae Orphicae, p. 2. Diels a proposé de lire : eis ebavedvrwv. (3) Cf. Gebauer. De poet. bucol. idylliis, p. 65 sqq.: Legrand, Et. sur Théocr., p. 406 sqq.

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Grecs, n'a pas omis d'étudier ce phénomène (1). Il le constate entre autres chez Callimaque. Les passages analogues dans Théccrite auraient-ils échappé à son aitention? Suavyé ecgot. C’est la terminaison du datif pluriel de la troisième déclinaison dont Théocrite a coutume de se servir. On lit de même au vs. 32 : zaidecc:. Vs. 34 : 2% Atés. Cf. Theocr. Id., IL, 30; VII, 55 : 2E 'Aogodiras; VII, 44 : èx Ards; 129 : 5x Moroay. A la fin du vers, les manuscrits ont o¥tws. La plupart des éditeurs écrivent oöros, ce qui est un changement des plus légers, étant donné surtout que la tradition manuscrite de la poésie bucolique grecque est misérable, du moins pour toutes les questions de détail. On s'est longtemps contenté de dire que ateros doit avoir le sens de otwvos, c'est à dire de présage, d’augure, et par suite celui de devise; la devise serait ce qui est dit au vers 30. L’explication est on ne peut plus bizarre. Aussi a-t-elle à bon droit été jugée inadmissible par M. von Wilamowitz et par Cholmeley, qui ont chacun proposé une nouvelle solution. M. von Wilamowitz part de la leçon oözwg et traduit : « Puissé-je être pieux moi-même et agréable aux pieux. C’est ainsi qu'Aétos est honoré par Zeus ». Aétos doit, dans cet ordre d’idees, être un modèle de piété. Or, on racontait parfois que l'aigle était devenu l'oiseau de Zeus, parce qu'il était allé le premier au devant du jeune dieu après sa victoire sur les Titans. Dans les scolies de Virgile, la légende de l'aigle apparaît sous une forme quelque peu différente, qui doit être l'œuvre de quelque poète hellénistique : Aétos aurait été le premier jeune homme qui vint offrir ses hommages à Zeus adolescent. L'explication de M. von Wilamowitz est ingénieuse. Mais on lui objectera qu’à moins de vouloir écrire exprès en énigmes, à la manière d'un Lycophron, tout poète qui aurait voulu puiser dans la légende un exemple insigne de foi ou de confiance dans les dieux, se serait astreint à citer un nom uni- 4) Norden, Ant. Kunstprosa, Il, p. 832 sqq. Cf. Couat, La poésie alexrandrine, p. 18 sqq.

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versellement connu. Cholmeley adopte la leçon oövos et traduit alerós par : « toit, maison ». Le mot dezós, qui désigne dans toute la Grèce, le faite d'un édifice, le toit d'un temple, est employé dans le sens admis par Cholmeley dans une inscription du u? siècle avant notre ère, qui provient de l'Italie du Sud (1). On y lit: un... oxo tov autov &eroy UnéAGor, « puisse cet homme ne pas s’abriter sous le même toit que moi ». Le vers de Théocrite signifierait donc : « Ce toit, cette maison est honorée par Zeus ». On ne voit guère, cependant, de quelle maison il serait question. Cholmeley s’est borné à vouloir faire la lumière sur un point. Il a laissé tout le reste du poème dans l'obscurité. Vs. 32 : evse6iwy natôsoor. Cf. les locutions : raïôes ‘EAANvoy, molôes latowv, etc. Abia, selon M. von Wilamowitz, est incorrect pour ova, et ne se rencontre que dans la poésie de bas aloi (2). El est vrai que la forme Awa est rare. Mais le poète peut parfaitement l'avoir employée, puisqu’on tit dans Théognis : 6s x’ eten vyAwoor, A@a, voovn 0” Etepa er Vs. 33 : yatpor pév Arévusos ; 35: yalooı 6’ everons Zepéha. Cf. Theocr., ld., II, 165 : o « a -o Re nn I, 144 : © y ToAhaxt, Moïout, gatser; XV, 149 : yatoe, "Adwy ayanaré; X VIT, 135 : AAPE, svat {ItoAcpate; XXII, 214 : jarpere, Andas zénva. Aouxdvw. C’est le nom d'une montagne à l'extrémité ouest de Kos (4), et d'un promontoire d’Ikaros (5). Les deux îles se disputaient l'honneur d’être le lieu de la naissance ou de la (1) SGDI, 1658. (2) CE. Wilamowitz, Herakl., 112, p. 53 sq. (3) Theogn. 96. (4) Strab., XIV, 2, 19, p. 657 (le texte porte Acéxavov); Agathem. Geogr., 18 : ini Aoénavov Kwac otddsx p’. (5) Euphorion dans Anth. Pal., VII, 654, 3 : aimewfs Apaxzvoro; Strab., XIV, 1,19, p. 639; Steph. Byz. : Aoáxovov.

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seconde naissance de Dionysos, naissance d’ailleurs localisée en beaucoup d'autres endroits encore. Un hymne homérique de date assez récente. dont Diodore de Sicile a cité un fragment (4), énumére un certain nombre de ces endroits, en donnant au Drakanon de Kos la premiére place : où pèv yo Apoxdvep a’, où à “Ixtow nivepoéosr.., leçon qu’il n’y a pas lieu de corriger avec M. von Wilamowitz (2) en : 4 r ot ‘uev vin Aoaxavw ak \ ‘ s ? 9 r se ev Ixaco TVELOETTY,. vos ‘ Nonnos (3) aussi a placé la délivrance de Zeus sur le mont Aséxavov, sans dire toutefois s’il s'agit de celui de Kos ou de celui d'Ikaros. La légende de Kos était probablement plus répandue que celle d’Ikaros, en raison de la plus grande importance de Vile. J'ai déjà insisté plus haut sur le séjour.que Théocrite a fait a Kos ainsi que sur le fait qu’il y a composé plus d’un des poèmes qui nous sont conservés. On serait donc tenté de voir dans la mention du Aozxavoy un indice en faveur de la thèse que les Ajva. sont bien de Théocrite. MM. Maass (4) et Legrand (5) se sont notamment placés à ce point de vue. Mais le Apaxavov de Kos a-t-il des cimes neigeuses? M. von Wilamowitz (6) voit dans l'épithète v.odevte que le poète lui donne un obstacle sérieux contre la facon de voir de ces érudits; selon lui, le Apaxavov de notre texte serait plutôt une montagne mythique, comme le mont Nysa. En effet, le sommet le plus élevé de Vile de Kos n’atteint, paraît-il, qu'une hauteur de 4178 m. (7). Le Kábos Agpvn (Apaxavov) est notablement plus bas. Les habitants de l’île ne connaissent donc pas les neiges (1) Diod., IH, 66. (2) Wilamowitz, Tertgesch. der griech. Bukol., p. 210. n. 4. (3) Nonn. Dion., IX, 16. (4) Maass, Herm., XXVI, 1891, p. 178 sqq- (5) Legrand, É6. sur Theocr., p. 63. (6) Cf. Palmerius, Exercilationes (1668), p. 814: « Neque in Co. minus in lcaria, tam alti montes inveniuntur, ut iis conveniat epitheton wwdevr: ». (7) Cf. Pauly-Wissowa, Encycl., s. v. Kos, p. 1473, a, 48.

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éternelles ou quelque chose qui en approche. Reste à savoir si les poètes ont appliqué lépithète vioóers uniquement à des cimes très hautes, comme celles de l'Olympe, du Parnasse, de Etna, ou s'ils l’accordent également, à l'occasion, à des montagnes de moindre hauteur, qui ne se couvrent de neige que parfois, en hiver. Voici ma réponse. Le Mimas, le massif bien connu entre Smyrne et Chios, ne s'élève nulle part, si mes renseignements sont exacts, à plus de 1200 m. Il surpasse donc de peu en hauteur le Pentélique et l'Hymette. La neige du Mimas figure dans Callimaque à titre d'image de ce qui diminue et disparaît à vue d'œil : we GE Minavrı prov, ds dekt Eve nhayyov. (1) 4 Et cependant, Aristophane a dit dans les Nuées : axorehoy vıpoevra Miuavros (2). L'auteur des Avy: n'a-t-il pu en user de même à l'égard du Aoáxavov de Kos?Je croirais qu’oui. Du reste, Théocrite luimême a écrit ailleurs: vugóevzos.… Tlöovrou (3). Vs. 34: éntyouyi52. Mot qui se litdeux fois dans Homère et que les auteurs postérieurs lui ont parfois emprunté (4). Ce n'est certes pas à leurs yeux un mot plus vulgaire que son synonyme unpös. Ka-ero. Kazaribesha:., ou anotifesba. (5), dans ce sens spécial, est connu. Cf. Cat. XXXIV, 8 : Latonia.. quam mater prope Deliam deposivit olivam. Adsas. Selon M. von Wilamowitz, AUoæs ne serait pas ici correctement employé. Mais on dit ve non seulement de (1) Call. Hymn., VI, 91. (2) Aristoph. Nub., 273. Cf. Soph. Oed. Col., 1060: rérpas vous; on n'a pas encore réussi à déterminer, je crois, de quelle montagne Sophocle a voulu parler; Simon. in Anthol. Pal. VI], 496: vipoudvns &pol Mebovorddos; 3° hymne delph. à Apollon, 4 : vrooBöhous Terpas ‘EhxwviSaxc. (3) Theocr. Id., XXII, 28. (4) Cf. Apoll. Rhod. Argon., Il, 875; Nonn., V, 239; XLII, 159. (5) Call. Hymn., 1, 15.

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liens que l’on dénoue, mais aussi d'objets dont on détache les liens. Euripide a Avew yodpgara, Oéhzov, solvere epistulam. Vs. 35. Le poète associe Ino, Autonoé et Agavé au culte de Dionysos et de Sémélé (1). On identifiait Ino avec Leukothéa, déesse adorée par les marins et qui avait un culte dans l’île de Kos (2). Vs. 36. Kaôuciat pourrait signifier: « thébaines » (3). Mais il est plus probable que le poète a voulu dire: « filles de Kadmos ». Cf. Théocr. /d., XV, 110 : % Bepevixetia uvyarno. [o/hoïs ueuchrnuévar nowivar. Cette leçon repose sur une conjecture faite par Graefius et par Hecker. Les manuscrits portent : moxhoïs. peueArnuévar iowivars. Fritzsche a essayé de défendre la lecon des manuscrits à l’aide d’un passage de Théocrite où il est dit qu’Alkméné sera chantée par beaucoup de femmes grecques pendant leur travail. et révérée par les Argiennes (4). Mais ce passage me suggère plutôt une autre correction: il faut, je pense, se contenter de supprimer le ¢ au bout du vers, de façon à lire: noddaïs pepeAnpévat Acova. Vs. 37: at code Eayov Spekav. Cf. Hom. Od., XI, 272: 7 péye Eoyov Epegev; XXIV, 358 : of péya Zovov gostav. Theocrite a dit de même : Sébavzes xane Eoya (XVII. 6) et: Aba =, Athaduevos usys. épyoy (XXII, 118). Vs. 38: envpwuarós. Mot rare. Il se lit une fois dans Hésiode, Op., 13. 'Ovösaızo. On remarquera que l'auteur parle ici à l’aoriste, et non au présent. Il ne termine pas par une sentence générale. Il se borne à aflirmer encore une fois que, dans le cas de Penthée, nul n'a le droit d'être offensé de la vengeance de Dionysos. (1) Voir au vs. 9. (2) Paton-Hicks, Inser. of Kos, 37a. (3) Eur. Bacch., 1160: Baxyaı Kaôpetat. (4) Theocr. Id., XXIV, 74-16. BCH, XLVII (1924).

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Je voudrais tâcher de démontrer que les termes evvaerss (vs. 29) el atezós (vs. 31) appartiennent tous les deux au langage des mystères, et y désignent des grades auxquels les mystes pouvaient atteindre après une attente plus ou moins longue. Si mes conclusions sont justes, elles nous donnent la clef de idylle. C'est un petit poème composé à l'occasion de l'initiation d'un jeune garcon aux mystères (1). Le mythe de Penthée, le châtiment du mécréant, y est relaté avec tout le sérieux possible, comme lorsque nous racontons nous-mêmes aux enfants telle légende du moven-âge, qui nous semble propre à leur inspirer une sainte frayeur et de bons sentiments. Le poète semble craindre instinctivement que l'enfant qu’il a en vue, et ses petits camarades, ne protestent, malgré tout, contre ce que l'histoire racontée a de cruel et de barbare. Aussi se donne-t-il une peine raisonnable pour prevenir leur étonnement et leur représenter qu'il n’y a rien là qui les doive choquer. M. Edmonds, dans son édition récente des Bucoliques grecs, a déjà deviné qu'il s'agitici de l'iniliation d’un enfant aux mystères. Seulement, l'éditeur anglais n'a rien démontré de ce qu’il avance, et il n'a notamment pas compris les termes aievós et evvaerns. Il admet que l’initiation, dans les mystères de Dionysos, consistait en un simulacre de meurtre (2), et il nous renvoie à un hymne de Callimaque où Artémis demande à être servie par des fillettes de neuf ans (3), passage qui n’a manifestement aucun rapport avec celui des Añva:. Je commencerai par le mot aterös. L'aigle est un ancien symbole religieux très répandu en Orient. Ç’a été, à l'origine, l'image de l'âme humaine, qui, délivrée par la mort du corps de sa prison lerrestre, prend son essor vers les régions (1) Le LXXXIVe Hymne orphique est un poème du même genre, témoin le vers 3 : . , | on vojgÔe ob Ev teActats Ostarg puotag avadelgatg. (2) Edmonds, The greek Bucolic Poets, p. 325 : « This poem was probably written in honour of the initiation of a boy of nine into the mysteries of Dionysos by a mock slaying-rite » . (3: Call. Hymn., HJ, 14.

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célestes (4). Dans les mystères, le terme aetós avait pris un sens plus spécial. Les noms des différents grades des mystes dans la religion de Mithra sont connus par un passage de saint Jérôme (2)et par un passage de Porphyre (3), lequel est tiré des écrits d’Euboulos, auteur du n° siècle de notre ère. D'après saint Jérôme, il y avait sept grades, dont voici les noms: 1° xooaxes, 2° xoúpto:, 3° milites, 4° Agovcec, 5° Ilépoar, 6° nArododmor, 7° natéges, les nazépes étant placés au degré le plus élevé de l’Echelle hiérarchique. Porphyre ne nomme pas tous les grades. Il cherche à démontrer qu’il existe une sorte de parenté entre l’homme et l’animal, et il suppose que cette conviction n'était pas étrangère à ceux qui donnèrent des noms d'animaux à certaines catégories de mystes. Il n'a donc intérêt qu’à citer ces catégories-là. Voici le texte de Porphyre : ds tous piv petéyovtas zv aurav Opylwv puotas AËovras xaheïv, ths GÈ vyuvainas valvas (4), Tous 08 URNPETOUVTAS KÒpaxas * en OF TOV nareowy aero ko xar tépaxes (5) oto: noosayopetoyrar. On a remarqué depuis longtemps qu'il y a une lacune dans le texte après rautéowy, Je proposerais d’écrire : én. 9 toy ratéowy @oauTwS " deto! yuo xa’ Lepaxes OTOL roosayocetovrot. « I] en est de même des mazépes (entendez: les wxtepe; aussi soni désignés par des noms d’animaux): on les appelle aigles et faucons». Le texte de Porphyre n'est pas en contradiction avec celui de saint Jérôme. Porphyre nous apprend simplement quelque chose de plus, a savoir que les natéges, qui formaient la classe des mystes la (4) Cf. Cumont, Études syriennes, p. MT: « L'opinion la plus vraisemblable ıne parait être que dans la Syrie du Nord, l'aigle, dès une haute antiquité et probablement déjà sous les Ilittites, représenta simplement lame du mort : c'est Pameoiseau qui s'envole au moment du décès. conception qui se retrouve chez beaucoup de peuples primitifs »; Gruppe, Bursians Jahresber., vol. 186 (1921), p. 138 sq. (2) Hieron. Epist. ad Laelam, CVIL (vol. Il, p. 18). (3) Porphyr., De ubstin., IV, 16. (4) ‘Vaivas, hyènes. On a proposé de changer ozivzs en realvas. (3) Jl est assez curieux de voir que ces mémes oiseaux ont été considérés comme sacrés en Egypte; cf. Aristid., ‘Axohoyix wept Beocefelac ed. Hennecke 11893) p. 29 sq. : Tivès yao aùröv (sc. tüv Alyuntiny) ésesacbysayv....tdv xdpaxa wai THY iépana wal Tv yoru nal tov deróv.

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plus élevée en rang, étaient subdivisés en « faucons » et en « aigles ». Le témoignage de Porphyre est, de plus, confirmé par quelques textes épigraphiques (4). C'est Erwin Rohde qui a le premier attiré l’attention des savants modernes sur Ja signification symbolique de l’aigle dans les mystères (2). M. Cumont a commencé par émettre quelques doutes à cet égard (3). Pour Dieterich, au contraire, il n'y avait pas d hésitation possible (4) : la remarque de Rohde lui paraissait convaincante. Partant de la, Dieterich a rétabli le mot aterós, dans son sens mystique, au commencement du papyrus magique qu'il a étudié dans son livre intitulé : Eine Mithrasliturgie (1903). Il est question, dans ce texte curieux, d’un homme auquel la divinité accorde la grâce que son âme monte au ciel et y contemple les choses qui sont cachées aux mortels. L'homme ainsi favorisé parle de la force que le dieu du soleil, Mithra, lui a fait donner par son archange, « 6mws £yb pôvos aintns ovpavòy Saive nai xaronreuw rävrx ». Or, il n'existe pas de mot 21715 qui donne ici un sens approprié (5) ; mais on trouve atïnzós, à côté de aïezos. Dieterich a donc changé aintns en atevòs, et cette correction semble s'imposer (6). M. Cumont, aujourd’hui encore, ne la croit pas certaine, tout en renonçant expressément à son doute concernant la thèse de Rohde (7). Celle-ci a d’ailleurs été brillamment confirmée depuis (8) par un nouveau texte : 5 detòs (1) Cumont, Textes ef monum. fig. relatifs aux myst. de Mithra (1899), II, p. 172 sq. — Inscription trouvée en Lycaonie : Aoÿutos dvéornoev... Exuròv aetdv. (2) Rohde, Psyche!, p. 679,1. (3) Cumont, Ouvr. cite, I, p. 315. (4) Dieterich, Die Religion des Mithras, Bonner Jahrb., CVII, 1902, p. 37. (5) Il ya le mot alien: = ath, vent, souffle. C'est un mot poetique ; cf. Plat. Crat., p. 410, b: of yap romral mou ri nveiparta ahtas wakoörw. (6) Dans l’/caromenippe de Lucien, le philosophe qui monte au’ ciel et pénètre auprès des dieux se pare d’une aile d’aigle et d'une aile de vautour (§§ 3 et 10). Il y faut voir une parodie du ravissement mystique de lame (cf. Helm, Lucian und Menipp., p. 104). Les passages suivants corroborent cette facon de voir: 81:79 8 zò todtou à adtov Faq tov odpavòv xal try Anpörodıy Thy Tod Alès dvodos * wai tata vévorvo edtevw det prac uépac; § 2: SAcAROe1 Fut épars tee À xoAoLös 8E àVbponou yevdwevos. (1) Rev. de Uhist. des relig., LXIL, 1910, p. 146, 2; Et. syr., p. 56, 3. (8) V. Boll, Arch. für Rel. Wiss., XIX, 1919, p. 553 sq.

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(Gm A0t) gúsvas, paveaCousvous, noésunaz Basırna 7 nept Basıkeis oveas (1). On remarquera que ce texte ne limite pas l’appellation d’aigles aux seuls mystes de Mithra (2). On savait d’ailleurs déjà qu'il y ade nombreux points de ressemblance entre les mystères de Mithra, et ceux de l’époque hellénistique, et méme des temps classiques. Je crois pouvoir ajouter aux textes que je viens de citer quelques preuves du sens mystique d’zerös beaucoup plus anciennes que celles sur lesquelles on s’est appuyé jusqu'ici. 1° On a trouvé à Sparte, dans le sanctuaire d’Artémis Orthia, un grand nombre de plaquettes votives de calcaire de petite dimension et de forme irrégulière. Elles portent, en caractères archaïques, de courtes inscriptions mentionnant le nom du donateur, et souvent rien autre chose. Sur l’une de celles-ci se voit le dessin incisé d’un aigle (?) tenant dans son bec une couronne (3). Le même symbole se rencontre fréquemment sur les pierres tombales syriennes (4). Comme nous avons affaire ici à un ex-voto, l'oiseau stéphanophore qui y figure ne saurait avoir une signification funéraire. C'est ce qui ajoute à l'intérêt de la trouvaille. L’aigle représente ici, à mon sens, la personne du donateur en sa qualité de myste; la couronne est la couronne de vie (5). Sur d’autres reliefs votifs trouvés an même endroit, se voit un cheval, autre emblème de l’âme désireuse de s'enfuir vers l'empyrée quand ses liens seront rompus (6) : (1) Boll, Sphaera, p. 41 sq. (2) Cf. Phytian-Adams, The problem of the Mithraic grades, Journ. of Rom. Stud., 11, 1912, p. 63. (3) Hondius et Woodward, A. B. S., XXIV, 1919-1921, p. 97. (4) Cumont, Ed. syr., p. 39-41; 485 60; 81. (5) Cf. ibid., p. 65-68; 352 (Mon. Mattheiana, Ul, p. 139, n° 44). La « couronne de vie» est déjà nomimée dans la vieille formule orphique : tweeted 6’ éxéZav ateodvou moo) zaprakluersı, ce qui veut dire: « j'ai ravi la vie éternelle » (16, XIV, 641, 1, 6, inser. du ive s. avant J.-C.). 6) 4, BOS XW, 1905-6, p. 333 sqq.: XXIV, 1919-4921, p. 90,92. Parmi les autres sujets représentés, notons un chien assis ibid. XII, p. 335), un sanglier (XXIV, p. 94), un lion :p. 95 , un bateau à voiles (2) (p. 98), un homme et une femme debout qui se font face et se donnent la main droite (p. 100); l'objet placé entre

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afavaros Lun... 2° La collection Scheurleer, à la Haye, renferme une plaquette de terre cuite en forme d’édicule, qui a pour décor unique un aigle tenant un serpent dans ses serres (2). C'est un objet de l'époque hellénistique; il provient du Péloponnése. On sait que les plaquettes de cette forme, les v#sxot, jouaient un grand rôle dans le culte de Cybèle (3); elles étaient notamment portées sur la poitrine par les Galles. Le plus souvent, on y voit l’infage de la déesse elle-même. L'aigle représenté sur la plaquette Scheurleer est évidemment un symbole eschatologique, et je tiens pour assez probable qu'il représente un myste de Cybèle. On retrouve d’ailleurs l'aigle sur un assez grand nombre de monuments relatifs au culte de la déesse phrygienne. M. Graillot y voit partout l'oiseau de Zeus; mais je doute fort qu'il ait raison (4). eux est, à mon sens, un joug (joug droit attaché au timon) qui symbolise le mariage (coniugium). (1) Philostr. Vil. Apoll., VIII, 31, 3. (2) Lunsingh Scheurleer, Cutal. (19095), p. 269; pl. XXV, 2 (haut. 0 m. 07). (3) Graillot, Le culte de Cybèle, p. 186, 2; 237: 298; 500; pl. IH; Winter, Die Typen der figürl. Terrakotten, 11, p. 175, 3. (4) Graillot, ouvr. cité, p. 15, n. 2 : « L'aigle de Zeus Brontôn figure très souvent sur les tombeaux phrygiens..; » p. 195, et note 2 : « L'aigle de Zeus va se poser à côté de la déesse, dont il manifeste ainsi la souveraineté. Intaille de l'époque impériale : Furtwängler, p. 267, n° 7158. Aigle … éployé sur une sphère, symbole de Caelus (Cumont, Mithra, I, p. 88), sur un autel taurobolique : CIL, XII, 1827»; p. 254 : « Effigie de Laberia Felicla, qui fut Sacerdos Maxima de Rome (Visconti, Museo Pio-Clementino, pl. XVIII, p. 101 sq.) ... La main droite tient la patère au-dessus d'un petit autel de Zeus, et la main gauche une guirlande de chéne»; ibid. n. 3 : « L'aigle est sculpté sur l’autel rond (cf. un aigle sur le tombeau de la prétresse (salena); la guirlande de chêne paraît également se rapporter au culte de Jupiter. » Et pourquoi s’agirait-il ici d'un autel de Jupiter plutôt que de Cybèle ? Pour ce qui est du chêne, j'ai déjà dit (p. 133,4; qu'il était consacré à Cybèle tout aussi bien qu'à Zeus. On trouvera la pierre tombale de Laberia Felicla reproduite dans Baumeister, Denkmäler, p. 802, fig. 868, et dans Äwelüng, Die Sculpturen des Vatic. Mus., Il, pl. 58 (d'après une photographie). Il ressort de la description d’Amelung que la main gauche de la prêtresse

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3° Le caractére votif des deux objets que je viens de décrire n'est pas douteux. Lorsque nous trouvons l'emblème de l’aigle sur un tombeau, nous sommes la plupart du temps loin d'être sûrs qu'il faille lui attribuer une signification eschatologique ou mystique. Mais je ne puis m’empécher de rouvrir ici la discussion sur le décor du bûcher sur lequel Alexandre fit brûler le cadavre d'Héphaestion, en 323, à Babylone (1). Les torches qu’on y voyait étaient ornées, au dire de Diodore, en haut, d'aigles, et, à la base (2), de serpents; les poignées consistaient en couronnes d’or. Quelle a été, dans l'esprit d’Alexandre, la signification de ces trois emblèmes ? Pour M. Cumont, il v a là un souvenir confus de la fable chaldéenne d’Etana (3). Mais bien qu'il ne faille pas nier qu'il peut y avoir un rapport très réel, quoique très lointain, entre le mythe d'Étana et le groupe hiératique de l'aigle et du serpent, je me refuse à croire qu’un roi tel qu'Alexandre ait songé à puiser dans la mythologie babylonienne les symboles religieux destinés à faire éclater, aux yeux des soldats de son armée, sa foi dans l’immortalité de son ami le plus cher. Ces symboles, Alexandre a dû les empruuter aux croyances nationales des Macédoniens et aux siennes propres. J'ai montré plus haut que l'aigle stéphanophore et le groupe de l'aigle et du serpent se rencontrent, l'un, en pays hellénique dès une haute antiquité. l'autre, dans le culte hellénistique de Cybèle. Sur le bücher d’Hephaestion, l'aigle symbolise l’äme du défunt qui monte au ciel, le myste, le mort divinisé; ce sont termes synonymes, puisque l'effet de l'iniliation dans les mystères est d’unir l'homme à Dieu et d'immortaliser l'âme humaine en lui infusant la force divine. et une partie de la guirlande qu'elle tient sont modernes; la guirlande serait une guirlande de laurier. Cf. Oesterr. Jahresh., XVII, 1914, Beibl., p. 126. (4) Diod., XVII, 115; Cumont, Ouvr. cité, p. 73. :2) Le texte porte : napa 62 tas Bagets Sornovtas Zwoobvra Toùs derous. Une grande torche placée sur une base et enlacée d’un énorme serpent est fyurée sur certaines monnaies de Cyzique iv. Rubensohn, Die Mysterienheiligtümer in Eleusis und Samothrake, p. 179). (3) Cumont, ibid., p. 82 sqq.

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Le serpent et la couronne sont d’autres emblémes de la même croyance. Le flambeau lui-même enfin est un quatrième emblème mystique. Le rapprochement de la torche et du serpent se rencontrait dans le culte du grand sanctuaire de Samothrace dont l'entrée était flanquée de deux gigantesques flambeaux enlacés de serpents (1), et ailleurs (2). Le groupe de l'aigle enlevant le serpent, ou du serpent qui enlace l'aigle, groupe qu’on rencontre déjà très anciennement, me semble résulter, de même que la figure de l'aigle stéphanophore, de la combinaison, par les artistes, des deux emblèmes primitivement juxtaposés. Les fables qui parlent d’un combat entre Ie rapace et le reptile sont des mythes étiologiques inventés après coup pour expliquer l'association des symboles. I] serait évidemment absurde d'attribuer un sens eschatologique au groupe de l’aigle et du serpent, partout où celui-ci se rencontre au cours des siècles. Ce que j'en dis vise uniquement son origine, et certains cas spéciaux. Je n’ai garde de généraliser. L'aigle avec le serpent qui paraît sur les monnaies d’Amyntas III de Macédoine et sur les monnaies contemporaines de Pydna, peut étre un symbole religieux (3). Pareillement les surnoms Atsrös et ‘Iéa7§ portés par des princes hellénistiques d'origine macédonienne et épirote (4) ne me semblent pas avoir été, à l’origine, des œhaxËovixù dvouata, comme s’exprime Dion (14) V. Rubensohn, ouvr. cité, p. 163 sq. (2) Cf. Head, Hist. numm *. p. 527 (monnaies de Cyzique de l’époque impériale) : « Circular building, on each side, torch entwined by serpent (Imhoof. Gr. u. röm. Münzkunde, 1908, p. 41); … torch entwined by serpent … ». (3) Dans le roman d'Alexandre, l'âme du conquérant est portée au ciel par un aigle accompagné d'un serpent de feu (v. Cumont, Fé. syr., p. 13, 3). (4: Pyrrhus était surnommé ’Aetés (Plut. Pyrrh., 10, 1; Ael. Hist. Anim., VI], 43). Antiochus, fils dAntiochus Théos, portait le surnom de ‘Iéoaë. L'explication donnée par Justin est inepte : « Hierax est cognominatus, quia non hominis, sed accipitris ritum in alienis eripiendo vitam sectaretur » (Just. XXVII, 2, 8). Celle de Plutarque n'est pas beaucoup plus heureuse: TohtooxnTai xai Kepauvoi xai Niuärnoss, Evie: 6 "Aetol zal "Téoaues Éyatoov rposayopzruönevar, Thv 2d tHe lus vai Tis Suvapems, Gs Bore, pFAAOV À thy ano tHe dperiis Öókav ayarüvtes (Plut, Aristid., 6).

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Chrysostome (1), pas plus que les surnoms ®eós et Keoauvés (2). Tous ces noms ont un sens mystique. Par contre, il faut sans doute reconnaître dans l'aigle l'oiseau sacré de Zeus sur les monnaies de l'Élide où le groupe de l'aigle avec le serpent alterne avec l'aigle qui emporte le lièvre (3). 4° Sur un monument sépulcral de Kios (4), on voit, à côté de la représentation d'un combat naval, et d'un banquet funéraire, un serpent enlacant un aigle, lequel figure apparemment Pame du mort (5). 5° Sur un tableau d'un peintre de l'époque d’Auguste, Philocharès, on voyait un vieillard avec son fils, et, au-dessus de ce groupe, qui représentait le dernier adieu, un aigle tenant un serpent dans ses serres (6). 6° Sur un disque de bronze du Musée de Bruxelles qu’a publié M. Cumont (7), l'emblème de l'aigle et du serpent (8) est combiné avec un de ces masques d’homme à longue chevelure et & barbe flottante, qui représentent, & n’en pas douter, (4) Dio Chrys., LXIV, 22. (2) Cf. Usener, Rhein. Mus., LX, 1905, p. 7. (3) V. Catal. of Greek coins Brit. Mus., Peloponnesus, pl. X: Synopsis, pl. 14, mes 26-28. (4) Philippe Le Bas, Voyage archéol., (publié par S. Reinach, Paris, 1888), p. 114; pl. 131. (5) C'est M. Pfuhl qui a le mérite d'avoir le premier interprété de la sorte l'aigle du monument de Kios dans l'Archaeol. Jahrbuch de 1905, p. 149. M. Pfuhl a attiré, au même endroit, l'attention sur une cenochoé à figures noires du Musée Britannique (Walters, Catal. of the Greek and Etr. vases in the Brit. Mus., vol. Il, B, 647; Lenormant-Witte, Élile céramograph., 1, pl. VID, sur laquelle on voit un groupe de deux guerriers combattant, dont l'un tombe frappé mortellement, et au-dessus de ce dernier un aigle tenant un serpent dans ses serres. Mais il convient de distinguer. Je croirais, pour ma part, que le sujet représenté ici est un épisode de la lutte entre les dieux et Jes géants, et que l'aigle est, en conséquence, l'oiseau de Zeus. Tel l'aigte attaquant le serpent dans la frise de l'autel de Pergame ‘Alf. von Pergam., 111, 2, pl. XXIII; Ussing, Pergamos, fig. 15; p. 93), et, ailleurs, la chouette qui vole au-dessus d’Athena en lutte avec le géant Enkelados (Müller-Wieseler, I], 229). (6) Plin. Nat. Hist., XXXV, 28 : supervolante aquila draconem complexa. (7) Cumont, Festschr. far Benndorf (1898), p. 291 sqq.; Et. syr., p. 60 sq. (8) On comparera le serpent qui enlace le corps du dieu Aion,

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le dieu suprême des mystères et que l’on retrouve sur nombre de monuments dionysiaques et orphiques (1). Appliquons maintenant les notions acquises au vers qui a été notre point de départ : + A hd 4 \ EX Atos Ay LOW TEV bid y A LA SEL ALETOS OUTOG. Je voudrais corriger éye.en ¢yot, pour enlever ce que ces mots sembleraient avoir, sans cela, d’orgueilleux et d'insolent. « Puisse Zeus », dit le poéte, « honorer cet aigle », entendez le myste dont il célèbre Vinitiation. Le jeune initié est-il, à ce moment déjà, pleinement en droit de porter le nom datetés? Il se peut, s’il s'agit pour lui de la seconde initiation qui lui confére le grade d'épopte; et, en tout cas, le poète peut le saluer, par anticipation, du nom d'« aigle », en guise de bon présage pour son avenir. Après avoir établi le sens de atevós, nous avons à chercher celui de evsxeris. Si l’on rapproche le texte de l'hymne delphique : | | afppt e]vvaerais...... en|önrlaıs opyio[vl dct[ wv] du vers du poète hellénistique : ein 9 evvaerns À nal dexdrw extrSaivor, il devient impossible de douter qu'il s’agisse dans les deux passages de mystes d'un rang élevé, nommés évvaetai. Dans le péan de Philodamos, les srôrza: évvaezat constituent une élite d hommes hautement vénérables que le gros des mystes entoure de son respect. Dans idylle, le grade d’evvaerns est dépeint comme un degré trés haut qu’on ne dépasse qu’exceptionnellement. On comprend maintenant le xaì : « Puisse-t-il devenir évyaerhs, ou méme arriver à la dixième année ». C'est comme ‘4, Cf. Leopold, Mededeelingen van het Nederlandsch historisch Instituut te Rome, |, 1921, p. 78. Macchioro, Zagreus, p. 120 : « la maschera sostituisce e rappresenta il dio stesso ».

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si l’on disait : « Puisse cet enfant atteindre l'âge de soixantedix ans, ou méme devenir octogénaire ». Cependant, la signification exacte du terme évvaec7¢ demande encore à être déterminée. . It est bien apparent, pour peu qu’on veuille y réfléchir, que les evvaevai ne peuvent être littéralement ceux qui étaient initiés depuis neuf ans. S'il en avait été ainsi, comme on pouvait faire initier les enfants dès l'âge le plus tendre (1) et que le grade d’épopte se conférait un an après l’initiation du premier degré (2), on aurait pu être evvaeıns à quinze ans. Même ceux qui se faisaient initier à l’âge adulte, auraient été svvaerat à trente ans. Or, les mots : 7, xx! cexazw erıßatvor, et la préséance que Philodamos accorde aux évwaevat, montrent que ceux-ci sont des hommes âgés et jouissant d’une longue expérience dans les choses du culte. Je pense donc que dans évvaeris nous devons entendre par #70; une « grande année », comme disaient les Grecs, c'est-à-dire une ennéatéride (3). Le péyas éviaurés, appelé aussi &ïôtos êvuauvvós, ou même £viaurés tout court, se rencontre dans la littérature grecque dès une très haute antiquité. Parmi les textes qui y ont trait, et qui se rapportent tous à la durée du châtiment d’un dieu ou d’un héros, les plus probants sont ceux qui traitent de la servitude de Kadmos : Kaduos av8’ Gy Exrervev Körcv Evrauròv sGñreuses “Apers Av dE 6 evıaurös TÓze Oxt Evy (Apoll. Bibl, III, 24); mpózepov dE éxéAeucey aùzòv &vrì Ts Avansisews TOU Godxovroc Evraurdy Anzeüsaı (Schol. A Hom. I., II, 494); Káòpos... ehnreusev “Apen outa Ern (Suid. s. v. Kadpeta vien). (1) Cf. Anrich, Das ant. Mysterienwesen, p. 55; Pringsheim, Arch. Beitr. zur Gesch. des eleusin. Kulfs, diss. de Bonn, 1905, p. 20 sqa.; 118 sq.; Homolle, Rev. arch., XI, 1920, p. 57 sq. | (2) Plut. Demelr., 96 : Enurrteuov SE todAdytotOV And Thy peydAwv Eviauröv diadeinovtes; Anrich, Ouvr. cité, p. 9, n. 3: Foucart, Les mystèrrs d’Eleusis, p. 432. (3) Cf. Censorin., De die natali, XVIII, 4 sq. : hoc quoque tempus (sc. quadriennium, revtæstrois) ... duplicatum est et octaeteris facta, quae tunc ennaeteris vocitata, quia primus eius annus nono quoque anno redibat. Hunc circuitum vere annum magnuin esse pleraque Graecia existimavit... Ob hoc im Graecia multae religiones hoc intervallo temporis summa caerimonia coluntur. Delphis quoque ludi qui vocantur Pythia post annum octavum olim conficiebantur.

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Viennent ensuite les textes dans lesquels il est question de la servitude d’Apollon chez Admétos : ’AxédAwy... xat 'Aômúta Qntevwy eüpiaxerar aby zat ‘Houxzet MEyay eis eviautoy. (Clem. Alex., Sérom., I, 24, p. 69 Stählin); Tov ’And)dAwva wufosovousty... "Acurz@ nasafnreusaı uéyav eis Eviautéy (Plut. Mor., p. 761, E); ThA, 6° doyveózolos “AndAAwy dvoo. mapa & Avante Anveuduer ets evrautov + 4 ~ ~ , hd hd (Panyassis, fr. 16, Kinkel, Epic. fr., 1, p. 264); mao’ autoy cov "AdurToy opera: "AndAAwY Onzevswy éviautdy (Pherec., fr. 76, b); éviautoy avòol Bnreusar (Zenob., I, 18). La durée de l'exil d’Apollon après sa victoire sur Python est fixée dans Plutarque (De def. orac., 21) à neuf ennéatérides : To 0’ Amoxseivavıı pv Evvéa toy ust eis va Tépnr, yevéodar Tv ours, ARM... Gozepov.. sviauT@y peydAwy Evvia meptodots ayvoy yevöpevov... xaTeMQovta co pnsTnproy nagahadeiv. Il n’est pas douteux enfin qu'Hésiode ait attribué le même sens aux termes éviautdés et péyas évrauros dans le passage de la Théogonie (vs. 793-803) où il est question de la peine infligée aux immortels qui se parjurent par le Styx : 6g xev Thv Eniopxoy Amorheibas enopösen... RELTAL VAUTROS TETEASTREVOY eis ÉVLAUTOY. autao émel voùsov TEAËTN pévay eig EVLAUTOY, ähhog y 25 Ghhou Géyetar yahenwrepos Gus. er A % + hd - = a x ~ Ld + , 3 + r 3 LA hd * , civasrès Dè Oev dnapelperat atév cdvtwy, Sr , * mn MON hl Ld yay un + oùdë nor’ ès BuuAhv Erntulsyerar oud’ En) Gartas % + A e a ! ~ w EVVER TAVTA ETN" 3 ’ ’ LA re SEXATW Ô se , LA ERLULTYETAL LITE. oe Cf. Serv. ad Verg. Aen., VI, 565 : « Fertur namque ab Orpheo quod dit peierantes per Stygem paludem novem annorum spatio puniuntur in Tartaro ».

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Enfin, le péyas éviaurés de huit années se trouve mentionné, à côté de périodes d’une durée plus grande, dans les Placita Philosophorum de Plutarque (II, 32, 2) : vòv 2 péyav êvuauròv of wey sv tH OxtaeTyotoL Tilevtar, où 6 Ev Th EVVEURALGEXETHOLGL, OL 6’ Ev zoïs ÉEnxovTzx Evòg GEousıv. Si l'on tient compte de l'ensemble des textes cités, et, en outre, du fait que l’ennéatéride, et le nombre neuf en général, ont joué un rôle important dans certains cultes grecs (1), et notamment dans celui de Dionysos, on ne jugera peut-être pas trop hasardée l’explication du terme évvaez7¢ que je viens de proposer. Je citerai encore une épigramme funéraire provenant d’Eleu- SIS : ynaahénv boyv en’ dxpaip couse. l'Axdxos nal, xahier xeoaoas KOELTTOVA TW POT Ooyta nasıy Éparve Bootots pueciubsora Anouc evvacrtés, 0EXATE oO HAE npòs aQavatous. 7, XLAGY ER LaxLOWV UUTTTOLOY, OD Möyov elvar zòv Advatov Bvnzois ov xaxdv, dh’ ayabdy (2). Le sens du premier vers ne peut faire de doute. Il s'agit d’un homme mort vieux, qui était resté sain de corps, tandis que son esprit avait acquis la mesure, la modération, la sagesse que donne l'âge (3). On a conclu des vers 3 et 4 que Glaukosétait hiérophante, et qu'il était mort après avoir rempli ses fonctions pendant dix ans (4). C'est admettre que le terme doys. désigne ici, comme d'ordinaire 7x ‘eed, les objets sacrés du culte que le hiérophante était chargé de découvrir aux mystes (5). J'ai montré plus haut (p. 139,5) que le terme öpyra (1) V. Roscher, Die ennead. und hebdomad. Fristen und Wochen, Abh. der süchs. Ges. der Wiss., Phil.-hist. KL, vot. 21, 1903, IV; Pind. frg. 133 Schroeder. (2) "Ep. apy., MI, 1883, p. 81, n° 8 (rme siècle après J.-C). (3) Cf. Eur. fry. 293 : Yuyal & apelvous Toy yegartépwv Todd. (4) Foucart, Les myst. d’Eleusis, p. 174. Cf. 1G, I, 713, 3: Os teAeTa¢ avéwnve nai Soya ndwuza pustacs. (5) Ibid., p. 179.

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ne se prend que trés rarement dans ce sens, A partir du premier siècle de notre ère. Le mot òaytopdvens ne se rencontre qu’exceptionnellement à partir de l'époque impériale (1). Dans Hymn. Orph., V, 119, où le mot est au pluriel : és +ekeriv aytyy mohuttotxdov Osytowdvrars, il ne désigne apparemment pas le hiérophante, qui était unique, mais, d'une facon générale, les ministres du culte orgiastique. Je croirais donc que les mots oe yu Epatve de l’épigramme d’Eleusis signifient : « il enseignait les mystères ». On comparera, par exemple, Hom. Hymn. in Cer., 476, où le poète dit en parlant de la déesse elle-même : éméepadey Opyta räcıv (2), Opp. Cyneg., IV, 248 sq. : TOOTS 6 Eparvov Ooy te, et une épigramme attique de l'époque d'Hadrien (3) où il est question d'une femme a he’ a BJ LA ~ N oteretas avéwarve Geoïv Tap ry > hd , ~ AVAXTOOA Anous. à v Glaukos aurait-il été exégète des mystères (4)? Ou bien doiton penser que l'expression un peu vague : öpyta épatve indique qu'ayant été voué dès sa Jeunesse aux offices sacrés, il avait parcouru successivement plusieurs charges élevées? Si tel est le cas, je verrais en lui un homme qui avait atteint précisément ce que l’auteur des Afvat souhaite au jeune épopte dont il dit: six 0” Evvaerhs 7 xat Sexztw emr6atvor, y Ag 9 A bal x ! bd # ° c'est à dire que Glaukos avait atteint, puis dépassé la neuviéme ennéatéride, après être devenu épopte. Les savants modernes ont beaucoup discuté la question de (1) Cf. Anth. Pal., IX, 688. (2) Les vers 477 et suivant doivent, je pense, se lire ainsi : seuvi TA T° oönwe Earl, wapse puertye:, ruñéchat 008’ fiyéetv: péya yap tt Oeds dyos loyaver addy. (3) Kaibel, Epigr. gr. ex lap. conl., 950. (4) Sur les exégétes éleusiniens, voir Foucart, ouvr. cité, p. 236-241.

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savoir si le péyas éviaurés des anciens comptait primitivement huit années, ou neuf. M. Roscher tient en faveur de la seconde hypothèse; M. Gruppe (1), à l'avis duquel je me raliie, adopte la première. La +zoternois, la nmevreznois, l’évvearnots des Grecs avaient une durée respectivement de deux, de quatre et de huit ans. Notre interprétation du terme êvvaer%s confirme cette manière de voir. En effet, si l’on prend comme base de calcul une « grande année » de huit ans, il s’écoulera, à partir du moment où l’on devient épopte, un laps de temps de 8 x 8 = 64 années, avant que l'on devienne ewaeri.s, et de 9 >< 8 = 72 années, avant que l’on entre dans la dixième ennéatéride. Si, au contraire, on fixe la durée d’une ennéatéride à neuf ans, ces chiffres deviendront respectivement 8 >< 9 = 72, et 9 >< 9 = 81 années, c’est-à-dire que même celui qui aurait été épopte dès l'âge de cing ans ne serait devenu evveeris qu'à l'âge de 77 ans révolus, et n'aurait dépassé la neuvième ennéatéride qu'à partir de l’âge d2 86 ans. Les chiffres auxquels on arrive ainsi sont manifestement trop élevés : le grade suprême n'aurait de la sorte été atteint que par quelques rares survivants, à un âge où un nombre minime d'hommes sont encore en pleine possession de leurs facultés morales. J'ai essayé de montrer quel est le sens que l'on doit attribuer aux vers 29 et 31 de notre idylle; mais je ne les ai considérés encore Jusqu'ici qu'en eux-mêmes, sans m'occuper du contexte de la péricope dont ils font partie. Pour peu que mon raisonpement ait pu paraître convaincant, on m accordera, Je pense, que l’ordre des vers que donnent les manuscrits ne saurait être le vrai. Les vers 31 et 29 doivent nécessairement se faire suite dans cet ordre. Il suffit d’ailleurs, pour obtenir un sens satisfaisant, de déplacer le vers 29 de la manière suivante : 27 28 09% dhEyw und AAAos areyhonevo Arovusw gaovrilot, uno’ zt 4… AMETOTEDL TOVOE oyAoat (1) Gruppe, bie mythology. Litteratur 1898-1905 (1905), p. 364.

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31 29 AUTOS 0’ evayéorp!. wat evayéerotv &ootrut. sx Atos atyuóyw thay 2/0! aletos ONTOS, ” As 2 \ x un , ’ , eur, 0 Evvasııs 7, Hal Gendvw erGaivor. 32 evtebiny roiGesot và Awta, Gussebewv 6’ ov. 5 9 ~ 4 * à] ’ r , La a x in hd N [3 x 9 oe S » fa ” L’authenticité de Vidylle XX VI a souvent été contestée. Je me suis attaché à mettre en lumière dans mon commentaire qu’elle est écrite dans la langue, le dialecte, le vocabulaire, le style, la manière de Théocrite, auquel elle semble avoir été atiribuée dès l’antiquité. L'examen de la métrique conduit au même résultat (1). Répétera-t-on encore, à défaut d’autres arguments, que, considérée comme œuvre poétique, elle est indigne de Théocrite? Si l'idylle, sous ce rapport, prêtait à de justes critiques, il faudrait toujours se rappeler combien beaucoup de poètes, même de premier ordre, sont inégaux dans leurs productions. Mais, pour moi, je me rangerais volontiers à l'avis d'hommes tels que Dilthey (2) et Couat (3), qui ont témoigné en excellents termes de leur admiration sincère pour cet exposé concis et rapide des effets foudroyants du délire orgiastique. Rappelons aussi qu’au cours de notre commentaire nous avons noté les particularités suivantes qui semblent être autant d'indices d'authenticité : 4° prédilection pour la botanique (vs. 4); 2° emploi du mot êrt/wpros dans un sens qui ne nous est connu que par un texte dorien de la Grande Grèce, à peu près contemporain de Théocrite (vs. 11); 3° fréquence de la construction asyndétique (voir au vs. 12); 4° localisation de la seconde naissance de Dionysos sur le (1; Dans l'id. XXVI, qui compte 38 vers, on trouve 10 vers avec césure masculine, mais sans diérèse bucolique (vs. 4, 44, 24, 23, 24, 26, 27, 29, 35, 38), 4 vers avec césure féminine et diérèse bucolique (vs. 32), 1 vers avec césure masculine précédée d’un mot iambique (vs. 13). Pour Vid. XI (KüxAwd), qui compte 81 vers, ces chiffres sont respectivement: 13, 21 et 6. (2) Arch. Zeit., XXXVI, 1878, p. 46 sq. (3) Couat, La poésie alerandrine (1882), p. 404. Méme appréciation dans Brinker, De Theocriti vita carminibusque subditiciis, diss. de Rostock, 1884, p. 74. Voir aussi Croiset, Hist. de la litt. grecque, V (1899), p. 199.

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Drakanon, promontoire de l’île de Kos, qui est la scène de plusieurs idylles de Théocrite (vs. 33). A ce sujet, il reste un point à démontrer. Si lidylle a été écrite à Kos, il doit y avoir eu là un culte de Dionysos comportant la célébration de mystères comparables, dans une certaine mesure, à ceux d’Eleusis. Or, non seulement Dionysos avait un culte dans l’île de Kos (4), mais il y a eu aussi là, non loin de la ville principale, un sanctuaire de Déméter et de Koré, qui semble bien devoir être considéré comme une filiale du grand sanctuaire attique (2). Les trouvailles faites dans l’enclos sacré découvert par M. Herzog vont du vie siècle Jusqu'à l’époque hellénistique. A Kos, comme à Éleusis, les Deux Déesses ont dû former avec Dionysos une triade à laquelle les mystères étaient consacrés (3j. L’époptie, en particulier, appartenait à Dionysos, comme l'a montré M. Foucart (4). Rien, donc, ne nous empêche d'admettre que Théocrite a écrit les Añvar pour célébrer l'initiation d'un jeune garcon, dans les mystères éleusiniens de Kos. STROPHE III (suite). Vs. 33. Après avoir établi le sens du terme [2 vvearais, revenons encore un court instant sur le passage où il a place. Je restitue (sogots| avant er[örz]aıs, et je traduis : « où le peuple entier de l’Hellade, réuni autour des sages époptes ennéatériques des mystères sacrés, te salue du nom d'Iakchos ». La présence (1, Cf. Maass, Herm., XXVI, 1891, p. 179; Dibbelt, Quaest. Coue mythologae, diss. de Greifswald, 1891, p. 62 sq. Il est fait mention, dans les inscriptions de Kos, d'un Dionysos EuudXirag et d'un Dionysos @uAhooógos. On dérive ces épithètes de sxuAhis, quHésychius rend par xAnuatis, ct de 99AA0v, qui est, d'après même auteur, un synonyine de «Azéo0s. Cf. Theocr., Id., XXVI, 3 sq. le (2) Herzog, Arch. Anz., 1901, p. 136 sq. : « Ueberhaupt zeigen die Kleinfunde... viele Aehnlichkeiten mit den Weihgeschenken von Eleusis... und der Demeterheiligtümer von Knidos, Tarent u. s. w. Die verschiedenen Typen des Kultpersonals sowie der Brunnen als wichtiger Teil des Heiligtums erinnern an die Mysterien von Andania ». (3) Foucart, ouvr. cité, p. 447. (4) [bid., p. 452. BCH, XLVlil (1924).

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des évrasrai aux fêtes religieuses d'Éleusis, la place centrale qu'ils y occupaient, le respect dont on les entourait, sont des traits intéressants à ajouter à l'image que nous nous faisons de la célébration des mystères. Si je ne me trompe, nous pouvons arriver, ainsi, à mieux comprendre un tableau des Bacchantes d Euripide. La scène où Kadmos et Tirésias, parvenus à une extrême vieillesse et infirmes par l'âge (1), se présentent devant le public en costume bachique et se mettent en route pour le Cithéron, l'un soutenant l’autre, ne serait guère possible dans le théâtre moderne : elle risquerait de tomber sous le ridicule. À mon sens, elle ne devient pleinement compréhensible que si l'on songe que le poète athénien et ses auditeurs étaient habitués au spectacle des vénérables êvvaeraf se rendant à Éleusis dans le cortège des mystes. Vs. 34 : [’Ixjxyov. Philodamos identifie ici Iakchos avec Dionysos, comme cela s’est fait souvent, et déjà assez anciennement (2). En ce point encore, le poète va à l’encontre des croyances éleusiniennes. Vs. 35 sq.: mover... [öp]pov [&Aurov]. La restitution [6o]uov est due à Weil. « Si », dit-il, « la première lettre était un N, il faudrait écrire oïvov: Je pensais un instant à suppléer ev “Arédou; mais la félicité des initiés dans les Enfers serait trop faiblement exprimée par xôvwy dopov ». Weil s’est donc arrêté à la conviction que Dionysos est ici célébré comme le dispensateur du vin, qui fait oublier aux mortels leurs maux et leurs tristesses. En buvant ce breuvage divin qui lui exalte l'esprit, qui apaise (4: Eur. Bacch., 110 sqq. Voir surtout les vers 184-198 et 363 sqq. : ZAA’ Exov po: xisolvou Baxtpov weTa - Pu mep 6° Kuophnüv gun Eudv, xaya TO adv. végovte G aisypèv Guo Tegeiv * ftw 6" Opus. Cf. Aristoph. Ran., 345 sqq. : Yóvo TAAsTAL yepóvru aroselovrzı G& Aura, yoovious T° étGv RNadkztov Évtœutodc fends Und TIWAS. (2) Cf. Kern dans Pauly-Wissowa, Encycl., s. v. lakchos, p. 619.

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la souffrance et assoupit la douleur, l’homme se réfugierait en quelque sorte en un port, en un lieu sûr où il serait à l’abri des déboires de la vie quotidienne. Que dire de cette explication? La restitution [&Aurov] a été suggérée à son auteur par le souvenir de nombreux passages dans la poésie grecque où Dionysos est glorifié comme le créateur de la ravaikunos Zuneros. J'en citerai quelques uns, puisque Weil a omis de les alléguer à appui de sa manière de voir : Alc. /rg. 44, 3 sq. : oLvoy yao Lepehas xxi Aros vids daGtxacéa avipwrorsty ÉdWX"... Eur. Bacch., 279 sqq. : Bovcuss uypbv np’ nÚpe xElonvéyxato Aunrois, & made, vous vahaunrwpous BootoUs AUT, S.. Ibid., 421 sq. : May © eis Te TOV O)Gtoy zóv ze ‘etoovx Oax’ every oïvou A téobw ef T° 4A Au Tov 3 Ibid., 772: Thy 4A EN ” IN ~ ~ TAVTLAUTOY Aumsinv GOUVaL Boaters, Astydamas, frg. 6: Bynroïst THY axeszéoovy AUTRNS Enver OlvopnTop’ Aumerov, ~ « hl ? bid Orph. /rg. 297 Kern, vs. 5 sq. : otvos … er ~ r ~ ~ oo, ~ Gy ze Bootoïs evpev huTwY xHAATOOR nasty zaveoyevhs Arovucos, Orph. Hymn., L, 6 : Baxye.. maucinovoy Gvrtoist waveis OS, Nonn. Dion., XII, 158 : motoy pelérers, Bpstens Aurauna yevébars.

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Cependant, il est très clair que Weil a eu tort de penser qu’il est question ici des qualités miraculeuses du fruit de la vigne. Le Dionysos d’Eleusis, l’Iakchos des mystères n'est pas en premier lieu le dieu du vin. C'est ce qu'ont vu d’emblée MM. Fairbanks (4) et Foucart (2). Comme l’a dit ce dernier, par le port ouvert aux mortels « il faut entendre non pas l'oubli passager des maux que procure l’ivresse, mais le repos fortuné de l’autre vie qu’assure l'initiation ». I! n'est pas vrai de dire que névwv 5ppoy soit une expression trop faible pour désigner le séjour des bienheureux après la mort; il suffit presque, pour s'en rendre compte, de comparer les vers mystiques bien connus : Qaoperte, puta, 709 Beau ceswsuévou: ” x e ~ a) , ‚ ETAL YRS TV EX TOVOY GWTNPLA (3). LY 4 À Pour établir que le sens de notre passage doit avoir été tel que nous le disons, il n'est même pas nécessaire de remplir les lacunes du texte. Du reste, les restitutions que Weil a trouvées, en quelque sorte d'instinct, me paraissent acceptables. On lit effectivement sur l'estampage Olz et MON, et je ne crois pas possible de restituer autre chose que &Exc 6’ 0p Ov. La métaphore qui consiste à dire « port » pour « refuge » esl déjà classique (4). La construction avec le génitif dans 6puos movwv est très grecque; Eschyle, déjà, a dit de la même façon Atuñy xxx6v (5). La mort, le sépulcre sont plus d'une fois appelés (4) Fairbanks, ouvr. cité, p. 145. (2) Foucart, ouvr. cité, p. 451. (3) Firm. Mat., De err. prof. rel., 22. Cf. Orph. fr. 232 Kern : 6 Ardvusos húseus égtiv aïtioc” 6:6 xal... 6 ‘Opyeus urowv... ab GE toto Eywv kokos, OÙs x’ EbéAr Sa, Augers Ex te FOvVEY yaherdy val amelpovos ofetpon. Pind. fr. 131 : Augiëmévuv rereräv; cf. Wilamowitz, Pindaros, p. 497: Eur. Herc. 427. Aristoph. Ran., 185 : tig els avarauhac Er xax@yv nal npaypatey; Plato, Respubl., Il, p. 365, a: tedetas... at tav Exel xaxdv arodvouow Auds. (4) Eur. Andr., 891; Med., 169; Diog. Laert., IV, 48 : (Biwv) tO yfpas ÉAcyev Öopov eivat tov xaxwv. Dans une épigramme de l'Anthologie Palatine (VII, 388, 10), un tyrannicide est appelé öpuos EheuBepias. (5) Aesch. Suppl., ATI.

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le port qui doit héberger tous les mortels. Voici quelques uns des passages les plus caractéristiques : Siou mAevoavra mods öouov (épigramme attique du iv® siècle) (1); névrwv 6 Aw ny Tov geoórmov 6 Bávarós éorty (Sotadès) (2); xorvòs mace Aiuñy “Alongs (Leonidas de Tarente) (3); Susx2#a9705 "Atôou Aury (Sophocle) (4); hipqy xaxOv 6 Gavaros (l’auteur du Traité sur le Sublime) (5); TOU xotvou TdvTwY TwUdTWY O91.0U (Élien) (6); 222” Spo TAYTES ets Eva tov Kad Vis Sppov âme ny öpeba (Palladas) (7); « sepulchrum... portum corporis » (Ennius) (8); « portum quietis intrantes » (St Jérôme) (9). Le texte qui se rapproche le plus, au point de vue de la forme, de celui de notre hymne, est un vers d'un poète tragique anonyme, qui appelle la mort many avızv (10). Plusieurs des passages cités, sinon tous, ont, depuis Ruhnkenius, attiré l'attention des commentateurs. Mais je voudrais me demander s’il y faut voir, partout, une simple expression imagée, comme le langage poétique en admet tant, ou bien, parfois du moins, une allégorie empruntée à des paraboles mystiques dans lesquelles la vie humaine était conque sous l’image d'un voyage par mer (44). A cet égard, je fais surtout (A) Kaibel, Epigr. graec., 61,3; Kern, Berl. Phil. Woch., 1915, p. 53. V. plus haut, p. 110, note 3. (2; Stob. Flor., CXX. 13) Anthol. Pat., VII, 452. (4) Soph. Antig., 1284. Cf. Eur. Here., 710 : Acuévx ... rdv 'Aysoóvriov. (5) Ps. Long., De subl., IX, 7. (6; Ael. Var. Hist., IV, 1. (7) Anthol. Pal., X, 65. (8) Cic. Tusc., I, 8 107. (9) Hieron, Epist., XCVILL, 19. Cf. Proel. Hymn., VI, 11 sq. (10) Plut. Mor., p. 106, D (Consol. ad Apoll., 10) : & Odvare, zauav ixteds undnız Rıutv yao Gvtws 'AlSas avdy (mss. av alav; corr. Ruhnkenius:. (11) Cf. Plat. Leg., p. 803, b : dt tod TADS toërou tHe Guns. Plat. Phaed., p. 85, d : dtarAsisa: tov Biov; cf. 2 Alc., p. 146, e, 147,a: Leg.. p. 803, b: Anth. Pal., vn, 23, bs äardosaz.. Blov; Themist., p. 7, A : tov Blou Standhelv asgakms; Clem. Alex. Paedag., Il, 41 (p. 270, 7 sq. Staehlin) : at 6 syoaylös; nulv Eotwy renetàs 7, iyôùs Fo vais 0%0:060p66100g2%x f, Aupa uoustxt,... À dyxupa vaurter,., Le navire est un des symboles les plus communs sur les tombeaux chrétiens (cf. Usener, Sintfluthssagen, p. 219): il y figure évidemment, non pas la mort en général, mais Varrivée an port du salat. Sur les tombeaux paiens, le sens exact

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état des trois passages suivants, qu’il importe de comparer entre eux : 4° Eur. Bacch., 902 sqq. Le chœur des Ménades chante : evoaipwy piv ds Ex Baddsons Épuye Erna, AtuÉva G exvyev ' hd . in . euGainwy © 6s Ureohe uoyGar svéveQ’. N'allons pas dire, avec M. Bruhn, que la seconde métaphore est tirée du langage de la palestre (1). Geux qui sont « au delà » des labeurs et des peines, ce sont les morts : toïs yao Aavodo. poyfos où neosyiyverar (2). Maxäotor ot vexoot où Ev xusten Aroßvisxovsss... va avanadcwvtat éx zov xÓnwvy auzav (3). Dans le cas donné, il est question de la mort mystique (4), par laquelle passe l’initiE pour renaître à une vie nouvelle et consacrée au service de la divinité. Heureux ceux qui ont touché le port, dit le poète, et il entend par là ceux qui sont morts au monde et aux espérances vaines (Bacch., vs. 907 sqq.) du même symbole (cf. Usener, /öid., p. 218) est moins certain. Cf. Dölger, Sol Salulis, p. 207-219 : « Die Fahrt der Seele zum Hafen des ewigen Friedens ». (1) Eur. Bacch. éd. Bruhn, Berlin, 1891, p. 100 : « Das Bild ist vom Ringkampf entlehnt ». Ct. Theogn., 621; Wilamowitz ad Aesch. Eumen., 562. (2) Soph. Trach., 1473. Cf. Eur. frg. 904, 12 sq. : tive Set paxdowy éxbucauévous edoety poyOwy avenavazyv; Front. ed. Naber, p. 233 : mors... pausam laborum adfert et sollicitudinum et calamitatum. (3) Joann. Apocal., XIV, 13. Cf. Herod. V, 4: Tera: of abavatigovtes... tov anoyevGpevoy wallovtds te wal FO0usvo: YA KpúnTougt, ERLÄEYOVTES Gouv xaxdv ÉEaraÀhaybeis got. Ev ndon sûdatuovin. (4) Cf. Dieterich, Eine Mithrasliturgie, p. 157 sqq.; Eur. Bacch., 1002 : anpoodsıcrag... Bävaros; Apul. Metam., XI, 21; 23 : accessi confinium mortis; De Jong, De Apuleio, diss. de Leyde, 1900, p. 99; Das ant. Myst. wesen 2, p. 242 sqq.; Plut., De anima, 11,5 : Otay éy ro reXeuräu Aôn yévatar (sc. % Guy), vote Ôè wigger mio: olov of vTeherats peydhats uatooyiaféuevor, SO wai to Epa tm Óhuar wal To Éoyov tH Loyw Tod TeheurTiv xai Tereishar xpocéotxev; Plotin. Ennead., p. 768 : evtavOz wal avanavetar Puy wal xaxdiv sew sig tov thy Kaub nuabasdv ténov avaGpepotca; Firm. Mat., 18,1 : ut in interioribus partibus homo moriturus possit admitti ; Harrison, Epilegomena, p. 15 sq. ; Macchioro, Zagreus, p. 162 sqq.

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et ont trouvé la paix dans la religion. On rencontre les mémes allégories dans Herm. Trismeg., VII, 1: 4 vag ons eyvwotas xaxia... cuurofleice, Thv... Vuyhv wh e@rx évopuileofar sors TNS swrnpias Atuéot, ara. 2° Le myste d’Apulée, Lucius, recoit, après son initiation, les félicitations du prêtre, qui lui adresse ces paroles : « Multis et variis exanclatis laboribus magnisque Fortunae tempestatibus et maximis actus procellis ad portum quietis et aram (1) Misericordiae tandem, Luci, venisti (2) ». 3° Cic. Tuse., I, $ 118 : « Profecto fuit quaedam vis, quae generi consuleret humano nec id gigneret autaleret, quod cum eranclavisset omnes ladores, tum incideret in mortis malum sempiternum : portum potius paratum nobis et perfugium putemus ». Ce sont, on le voit, dans les trois passages, les mêmes images et les mêmes termes. D'où peut venir pareille concordance? Certes, Apulée n'a pas imité Cicéron, et Cicéron, à son tour, ne doit rien a Euripide. Les trois auteurs ont puisé a une source commune, qui esi, pensons-nous, le langage (3), ou, pour mieux dire, la foi mystique du vr° siècle. Quoi qu’il en soit, on accordera que l’expression rôvwy 6ouov n'est pas venue par accident sous la plume de Philodamos : c'est un terme religieux, qu'il a choisi à dessein, un terme qui éveillait, chez ceux pour lesquels, il écrivait des souvenirs et des idées de nature spéciale. Rien n'est plus contraire à la vérité que la remarque de M. Foucart (4) : « On irait trop loin en attribuant une intention précise à tel ou tel des termes employés par le versificateur qui a composé cette cantate assez médiocre ». On jugera l’hymne à Dionysos médiocre par rapport aux chants de (1) L'association des termes figurés portus et ara est fréquente chez les auteurs latins. Cf. Cic. Verr., V, § 126 : hic portus, haec arx, haec ara est sociorum; Ov. Her., I, 110 : tu citius venias, portus et ara tuis; Pont. If, 8 : vos eritis nostrae portus et ara fugae; Trist., IV, 5, 2-5 : ara … portus. (2) Apul. Melam., XI, 15. (3) Voir les remarques de M. Gruppe, Bericht über die Litt. zur ant. und Rel. Gesch. aus den J. 1906-1917, p. 62. (4) Foucart, Les mystères d'Éleusis, p. 451. Myth,

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Pindare, ou méme de Bacchylide; mais nous n’avons pas moins à faire avec un poète qui sait ce qu'il dit. Nous ne savons pas, par un témoignage ad hoe, comment la théologie orphique a dépeint le séjour des bienheureux. Du moins la description donnée par Plutarque dans le chapitre de “son traité De sera numinis vindicta a une allure et une saveur tout orphiques. Qu’on en juge. L'âme d'un homme resté inanimé par suite d’un grand choc parcourt l’univers, pour retourner dans le corps le troisième jour et raconter ce qu'elle a vu. Le lieu où résident les âmes des justes (örog eùss6úv) est, placé, non pas dans les Enfers, mais à une distance immense de ceuxci, comme c'est le cas, entre autres, dans le Phèdre de Platon (1). C'est un vaste abîme, avec un orifice étroit, autour duquel tournoyent les âmes qui n'y osent pénétrer : yaopa (2) ya Hah née Gtyxzov etre piv Ogâtva. vois Baxyixots dvronts ógolws Yin zal hopérntt xa rd dvhéwy Andsars drarenoimi— pévov ° skémver DE uahaxñy nal moaeiav mdouy Gras Avamlnousay Nôovñs ze Axupasias (3) ua xoworw olay 6 olvos cols usbucxopévors SUTOGUTAY KA, Toy TÔnov Ev Kunde xarEetye Baxyeta xal veAws xn näga UoUer Tatdvtwy xal Teprouévwv * Eheye SE TAUTH TOV Atovusoy avedfery eig heoùs ual cay Leuédny aververy Ustepov (4) * xaAcicla. òë Anns zòv zórov. Nous voici loin de la description ordinaire de la plaine de Léthé chez Pluton. Est-ce un hasard que {1) Plat. Phaedr., p. 249, a: eis todoxvoS twa sózov. Cf. Verg. den.. Malten, Arch. Jahrb., 1913. p. 35 sq., 46. VI, 887; 12) Cf. Plat. Resp., p. 614, c: Radermacher, Das Jenseits im Mythos der Hellenen. p. 87, 1. (3) CF. Pind. /rg. 129 sq. Schroeder : 6 Eoxtöv zarı yoooy alövarzı: Petr. Apocal. : nai thy viv aÖrhv Awdoüsav duapdvror ¢ Ades: zal dowuitwv nation “xi v gutsy ehavBav,.. tosottoy 62 Tv 1) Kubas Ws val go huis excivoy véoesha:: Prud. Hamartig., 856 sq. : illic (anima) Floribus aeternis spirantes libat odores. - {4) Cf. Quint. Smyrn. XIV, 224 sqq. : ns aide &° 2: 'Hhúctov reñlov uiev, Ty: Tétuxtat otpzved 85 ondroro xatarGaciy, t Evocds ve Sbavator paxapessry.

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l’on rencontre deux fois en poésie l’expression métaphorique Añôns Avwyy (1)? M. Foucart a pensé que la restitution sv "Arcou, à laquelle Weil avait songé d’abord, mériterait peut-être d'être acceptée. Je ne le crois pas. Il n'est pas du tout certain que le poète ait voulu situer son rôvwy 6suos dans l’Hadès. La restitution [&aumov) me semble être de toutes la plus appropriée (2). L’adjectif adunos éveille dans l'esprit non seulement l'idée des béatitudes de l'ivresse, mais tout aussi bien celle de la parfaite quiétude et des doux transports qui sont l'apanage des bienheureux. Euripide a qualifié la vie des mystères de adumos Bios (3. On lit de même dans l’Axiochos : eis tov thy s0se6wy y@pov olxilovrat, Eva ...caxrjouros ahurix (4). Cet état exempt de maux et de craintes a d’ailleurs souvent été assimilé par les anciens à l'ivresse. Les sculpteurs et les peintres de vases figurent les morts héroïsés attablés et banquetant (5). D’après Platon (6), Musée et Orphée avaient dit des bienheureux : zsresavw mévous ...70v Gravee ypovoy hon Srayerv ucvovtas (7), parce que la plus belle récompense de la vertu était, selon eux, une ivresse éternelle, Aynodjgevot xdkheoTov Aperns utsfov éôny alwvıov. Aristophane raille cette conception populaire et naïve dans un passage des Taynvırzai: QUGE yuo av aroliavóvves Estevavupévor hd * x > hd , moouxeijgel’ nvt Baxnace. xe-youmévor, ‘1) 2G, XII, 3, 107 : tov otuyvov Abas Favdev ets Attéva: Antipatros de Sidon ‘Anth. Pal., VII, 498, 8) : zov Adu zuTòs Fou Areva, ‘2) On trouve les termes aduriz et Sous associés dans une des yous uovds+70: attribuées à Ménandre (318) : Arurv mholou tés, akunria 6" Gomes Bicu. (3) Eur., Bacch., 1004. _ (4) Ps. Plat. Arioch., p. 371, c, d. Cf. Plut. Consol. ad uxorem, IX, p. 611 : éncivn Ô' eig tO ŒÂurov frouga.., (cf. X : ...Ti posting tUUBoAs tiny Teal Tor A10- wogov Opyıasumv, & cuvicguey SAR AOL Of KOtvwvoovres). (5) Cf. aussi Oldfather, Philol., LXIX, 1910, p. 114 sqdq. (6; Plat. Resp., p. 363, c, d. ‘1) Cf. Plutarch., De anima, U, 7 : Éctepavwpévos Opyıder.

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x r nr , vn un yarabaytas culléws mivety Eder. La TayTa Yeo Tor xak xahoùvza! paxasıo. (1). Un auteur hermétique la combat en disant : Sntnoxze yetoaYaybv Toy Oönyicovra Uuas Ent tag Ths Yvosews TÚÀag, Grou Earl zò haumoov pus, vò xaflapdv sxdtous, Órou oud els meldet, AAAR ndvves vnooue. (2). Vs. 36 : plas. On dit couramment au figuré « ouvrir un refuge à quelqu'un ». Peut-on dire, dans le même sens, «ouvrir un port », ou même, pour traduire plus exactement, « un mouillage ? » Ainsi conçues, les deux métaphores seraient par trop incohérentes. Non; « ouvrir » doit s’entendre ici dans le sens de rendre accessible ce qui était auparavant fermé ou inconnu, comme on dit: « ouvrir une voie nouvelle ». Cf. Anthol. Pal. XVI, 269 : LA + + Ld AE al ~ , DITOS AXETTOOLHS ROVOLAS LGE xe devbous [aviv weootwy, Kavos e ‘Imnoxoatns; Pind. Pyth., V, 118 : ads Saherav xékeutoy AYOLY WY ; Schol. : a,=\ zou rAotuny Aoınov nerdy Thy éni Thv Aubúnv Badascav té Thv Kugnvav xtiterw ° tote yao GL TO Épnuov Ts y Sons 09% émheïto exsivn 1, Behage; Diod., I, 67, 9 : avém be tots àAAors EAvect za ara Thy AAAnY yoouy £unopıa; Liban. Or. LIX, 117 : avewyuevor Aumeves, avanentapévar möhar, Ov. Trist., IV, 5, 5 sq. : qui veritus non es portus aperire fideles fulmine percussae confugiumque rati; Quint. Decl., IX, 16 : quasi portum benignitatis aperire; Sidon. Apoll. Epist., I, 2 : tunc petitionibus …absolutionis subitae portus aperitur. J'ai dit plus haut que l'auteur de notre hymne aspire à détrôner Déméter, Koré, et à revendiquer Eleusis et les mystères 44) Aristoph. frg. 488 Kock. (2j Corp. Herm., Vil, 2, 3.

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pour Dionysos seul. C’est encore clairement le cas ici : d’après l’hymne homérique à Demeter, c’est elle qui a enseigné aux hommes la ôpnœumoouvn tepwv et les boys seuva qui assurent aux âmes le salut après la mort (1). STRoPHE IV. La quatrième strophe est entièrement perdue, sauf les mots Gt xa. ‘opaiç, qui formaient la fin du premier vers. Weil a remarqué justement que la restitution [ravvuyisıw] 5: xal -ropois remplirait exactement la lacune; mais toute conjecture serait ici condamnée à rester incertaine. On ne peut même se rendre compte si le poète parle de fêtes célébrées à Eleusis, avant le départ du dieu, ou bien de danses par lesquelles les habitants de quelque autre localité saluèrent son arrivée. Il serait surtout intéressant de savoir quel était le pays que Dionysos visitait, après Kleusis et avant la Thessalie et la Piérie. On me permettra, à ce sujet, une remarque, et une hypothèse. Weil et Fairbanks ont hésité entre l’Eubée, et la Lydie ou la Thrace. Mais rien n'indique que Philodamos, à l’instar d’Euripide et d’autres poètes, ait dépeint le dieu parcourant l’Asie pour y recevoir les hommages de la population. Il nous le montre visitant successivement quelques uns des principaux sanctuaires helléniques, pour y greffer son culte sur les cultes existants. A-t-il pu manquer de le conduire à Samothrace? Les infiltrations dionysiaques dans le culte des Cabires (2) ont été si souvent signalées que je n’ai pas besoin 14) Hom. Hymn. in Cer., vs. 473-482. Cf. Plut., De facie in orbe lunae, XXVII, 4 : tous vexpods 'ABrvaio: Anpnrpsious ovóuazov TO nahaidv. (2) Schol. Apoll. Rhod., I, 917 : of 88 Guo sivar obs Kafeïcous wast nedtepov, moezbúteoov pèv Aix, vewtepov 62 Aróvuzov; Lyd., De mens., IV, 38 : zolros [Atévugos) Kabioou nats, bave tHe ('Asias) ébaalheuges, ao’ ov À Kabıpıch teneth; Cic., De nat. Deor., III, 58 : (Dionysum) tertium Cabiro patre, eumque regem Asiae praefuisse dicunt; Ampel., IX, 11; Clem. Alex. Protr., II, 19 (les Cabires auraient transporté en Tyrrhénie la ciste contenant le phallos de Dionysos); Rubensohn, Die Mysterienheiliytitmer in Eleusis und Samothrake, p. 186.

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d'y insister ici. De plus, je ferai voir dans mon commentaire de la XI* strophe que notre hymne réflète les innovations faites dans les cultes de Delphes par ordre du jeune roi Alexandre. Or, celui-ci a dû avoir été initié, comme ses parents (1), aux mysléres des Mey#hot Geot, qui ont d'ailleurs joui, on le sait, d'une grande popularité en Macédoine (2). Est-il vraiment téméraire de supposer que la IVe strophe racontait l’accueil fait à Dionysos dans Samothrace (3)? STROPHE 55 V, (“Eyvigev sla 09605 ‘pHoves Ocilérvdas) Exensas, à scviaje uévos z(e) ‘Ohvurijas: ES ar IN a) . s5oaltav ve zier dv: Rooi © 10 Baxy’ Fa To 1: Mou ov. ~+ Mover. Io J| autina rashevor zivece:| ste[U]eueva, zoude se TATA: 60 hd ’ r uledıbav]) abaval zov] és zei r 3 hd \ Tlaxy? evade. + ola xAéo]u= ~ hl ~ hd lamme gas ©. [xalsaoge 6€) "We Marky x. 7. x ? Ny 10 AnóAhuy. 2. Vs. 53-56. Dans sa premiére publication, Weil comprenait ces vers comme suit : « Ensuite tuabordas dans le bienheureux pays d'Aphrodite Thelxinoa (Chypre), qui mit fin à la colère de l’Olympienne (Héra) et à ton fameux exil ». Au vs. 55, Weil avait changé ZTHTE en ZTHZE, correction qui lui semblait s'imposer. Je m’abstiens de critiquer la leçon obtenue de la sorte, vu qu’elle a été aussitôt abandonnée par son auteur lui-même (4), et remplacée par celle-ci : (1) Plut. Alex., 2. (2) Cf. Pauly-Wissowa, Encycl., X, p. 1413. (3) Je montrerai plus tard que l'ou doit assigner à la strophe IV le fragment commencant par IXPH dont il est question BCH, XXI, 4897, p. 543. Il n'y a d'ailleurs rien à en tirer. (4) BCH, XIX, 1895, p. 548: XX1.1897, p. 511. Cf. Diels, Berl. Sitz. Ber.,1896, p. 459.

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VE Miley e jr’ odGlas ghovòs Oss] santas; Erchsas, dGen Tiwsvos Tz) OdAuuree ov} Hd t 4 ? “tt hi ‘ Treo jiav ze zien jay : Diels a proposé de lire au vs. 56 : lad ]iav te xerjæv. Mais l'Italie méridionale a beau être un des pays où l’on révérait grandement Dionysos (4), elle n’est certes pas en méme temps le berceau des Muses, et l’on ne voit pas comment le poète delphique aurait pu être amené à placer en Italie le théâtre de l’apotheose de Dionysos. Le vrai pays des Muses, chéri de Bacchus (2), c'est la Piérie. Au vs. 54, mes estampages confirment la lecon OEZ dont il est presque impossible de tirer autre chose que @essxkixs. La seconde restitution de Weil, que Fairbanks a adoptée intégralement, peut donc étre considérée comme à peu près définitive. ILreste seulement à examiner les suppléments du vs. 33, ainsi qu'à corriger la ponctuation du vs. 54. Il importe ensuite de fixer le sens exact du terme tépevos "OAdurrov. Comme Vindique la virgule qu'il placait après Exehoas (3), Weil admettait que ce verbe était construit, la première fois, avec ini et le génitif : Exehoas ert A: ok6tas yovòs tHe Oecoudtas, et, la seconde fois, avec l’accusatif : (&xehsas) doen “Téuevós =’ ‘Odvunov. Cette manière de voir a un triple inconvénient. D'abord, la construction devient d'une dureté presque sans exemple. En second lieu, on ne voit pas très bien quels sont les datz, que le poète a en vue (les villes de PElide?). Enfin, j'ai bien peur que la construction de xékker avec ext et le génitif ne soit pas grecque. On dit pareillement, il est vrai : zhetv er’ Alyunzov et mAetv ex’ Atyünrou. Mais, dans le premier cas, la préposition dénote le but que l'on atteint (se rendre en Egypte par voie de mer), dans le second cas elle ne marque que la direction (cingler vers l'Égypte). Le verbe x£Xxe1:v signifiant, à (1) Cf. Soph. Antig., 1117 : vAuTav Gs iupérets Trakiav. i21 CF. Eur. Bacch., 565 sq. : gixzo © Ilteota, sé6etai s° ES:0¢. (3) Weil, Et. de litt. et de rhythm. grecques (1902), p. 41.

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proprement parler, échouer, et, de là, aborder, toucher terre, se construit logiquement soit avec l’accusatif de direction, soit avec les prépositions ms6¢ ou Eri suivies de l’accusatif (1), mais jamais, à ma connaissance, avec éxi et le génitif. La ponctuation de Fairbanks, qui place la virgule après äs-n, est meilleure. Mais l’ordre des mots demeure singulier, et le début de la phrase admet une redondance peu commune: ohGias /Bovòs Gesouiias pour 6Ablas Gesoarias. C'est pourquoi je voudrais proposer de lire comme suit : [G]v [pev aj’ òAGtas -~Aoves, Ges[sxAtasl Exeisas ao- ™m x. T. É., &v se rapportant aux habitants du pays dont il avait été question à la fin de la strophe précédente. Vs. 55: tépevds =’ “OAuurt[ov]. Devons-nous entendre par là le téménos de Zeus à Olympie? C’està quoi les érudits modernes ont pensé naturellement, vu que le poète semble vouloir peindre le jeune dieu se rendant de sanctuaire en sanctuaire. Je ne puis cependant adopter cette manière de voir, pour les raisons que voici. D'abord, s’il en était ainsi, pourquoi le poète aurait-il imaginé unitinéraire aussi fantastique : la Thessalie, l’Elide, la Piérie, alors qu’il pouvait placer Olympie après Éleusis, par exemple? Ensuite, on sait que la tradition voulait que le sanctuaire d'Olympie eit été fondé par Héraklès, longtemps après l’apothéose de Dionysos. C'est ainsi qu’Herodoros, qui écrivit vers 400 avant notre ère, raconte qu'Héraklès consacra aussitôt dans le téménos qu’il venait de créer un autel aux Charites et à Dionysos (2). Enfin, nous avons à nous demander si la fiction de Philodamos, imaginant une visite (4) Cf. Aesch. Eumen., 9sq.: hund GE Alpyvay Anılav te youpzéa, nérgaug Ex’ axtze vauröpous Ts MadAddos... {2} Herodor. in Schol. Pind. Ol. V, 40; Jacoby, Fragm. griech. Histor., 1, F,

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du jeune dieu au téménos d'Olympie, pourrait paraître justifiée, eu égard au fait avéré que le culte de Dionysos n'occupait pas là une grande place, au rv° siècle. L'ancien culte de Dionysos à Olympie paraît avoir été transplanté à Elis dès le vi‘ siècle (1). Pour l’époque classique, on ne connaît dans l’Altis que l’autel de Dionysos et des Charites que je viens de mentionner (2). La difficulté a été sentie par Fairbanks, qui, d'ailleurs sans insister davantage sur la question, déclare entendre par répevos ‘Oldpr'iov la région du mont Olympe. Je retrouve la même idée dans une note succincte de Powell (3); le savant anglais, qui ne paraît avoir eu sous les yeux que le premier article de Weil, écrit non moins catégoriquement : « Tépevos "Oivurtov; I take to mean : the sacred region of Olympus ». C’est trancher la question de façon cavalière, et forcer le sens du terme <épevos, peut-être. J'ose dire, malgré cela, qu’il y a, au fond, dans cette interprétation douteuse, plus de sens du vrai que dans celle qui identifie le +épevos OAüurioy du texte avec le sanctuaire d'Olympie en Élide. Les Muses, la Piérie et "Olympe sont trop intimement associées dans la poésie et les croyances des Grecs, pour que nous puissions nous ranger à cette dernière manière de voir. Hésiode, déjà, appelle les Muses ['icoides (4), et Homère ne cesse de les invoquer comme Moösa: "Ohuurtaz douar’ Eyouszı. Et faut-il encore rappeler le passage connu de la Théogonie : e ~ r \ , bY \ une rf buveügar réonoust Ards vóov Evròs Ohvprou Mousa. ’'Ohujuriddeg, xovpm, Aros alyıöyoro, vs êv ITvepty, Kooviôn céxe nazpi ptyetoe x a [4 Le , un‘ ~ Mynposovy, (5) … (1) Cf. Weniger, Das Kollegium der sechzehn Frauen und der Dionysosdienst in Elis; Rhein. Mus., LXXII, 1917-48, p. 7-12; Arch. f. Rel. Wiss., XX, p. 43, 72, 74; Paus., VI. 26, 4. (2) Paus., V, 44,40. | (3) Class. Quart., VIII, 1914, p. 288. (4) Hes. Scut. Herc., 206. (5) Hes. Theog., 51 sqq.

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ou les vers célèbres d’Euripide qui ont trait non seulement aux Muses, mais aussi à Dionysos: Le problème que nous avons soulevé comporte cependant une solution plus juste et plus élégante que l’interprétation grossière dont se sont contentés Fairbanks et Powell. Il existait, aux confins de la Thessalie et au pied même de l’Olympe, à Dion de Piérie (2), un autre téménos olympien, qui était grandement en honneur à l’époque de notre hymne. I] me -parait évident que c'est de ce sanctuaire là (3) que Philodamos entend parler. Les jeux en honneur de Zeus Olympien et des Muses y avaient été institués par Archélaos (4), qui régna sur la Macédoine de 413 à 399. Thucvdide les a en vue, lorsque, parlant des jeux olympiques d’Elide, il appelle ceux-ci expli(14; Eur. Bucch., 409 sqq. Cf. ibid., 556-561; Varr., De ling. lat., VII, p. 306 Spengel: Musae quae pedibus magnum pulsatis Olympum; Orphic. Frg. 237 Kern, 6 sq. : Atwyvsos 6° èrexhtôn, aövera Giveîtat HAT Iteipova paxpdv "OAuprov (le poète considère Nösz comme un synonyme de “Ohvuros); Hymn. Orph., XLV, 4 : (Avdvuce) cdafuv zat’ "OAupTOY. (2) Cf. Thuc., IV, 78, 6: Alov tio Tlepölunou doyts, à Grd tH 'Ohúgrw Maxcôovias mode OesTsanods röhrspa weiter; Archestr. ap. Athen., VII, p. 326, d. : év Afw zó Ikep:xö; Schol. Apoll. Rhod, 1, 598 : “Ohuurat dé siotv EE: Maxeâovias, Gertadlac, Ev & xai Oprit znw Anokkódwpos Ayasdar..; Strab., VII, p. 330, frg. 17: vò Alov 4 mTÓhis, 00% Ev TH alyiahp Toü Gepuaiou uÓlmou Eoriv Ev tals Onwpelais TOÛ "OXiurov, AK Scov ints anéyer sraôlous; Paus., IX, 30, 7: Maxeôdrwy 8 of yoipav thy Dr To Öpog thy Iltepiav Eyovtes xxi móher Aïov ..; IX, 13, 5: avéflecav © wal of &v Dapsihp Hesgxhoi «ai Maxeddvev ot Und vi Ilepia nöd: Atov olxotvtes..; Diog. Laert., Prooem., 5: év Alw tf< Maxeôoviac; Steph. Byz. : Alov: got: nal Maxedovias, Evôa tov “OAvptiaxdy aydva ETÉAOuY, (3; Cf. Baege, De Macedonum sacris, p. 10-13; Plassart, BCH, XLVII, 1923, p. 163 sqq. (4) Diod., XVIl, 16; Arr. Arab. Alex., 1, 11,4; Ulpian. ad Demosth., XIX, 192.

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citement Okupr:a za ev Mehoxovicw (1). Les 'Orsur:z de Dion furent célébrés avec une grande pompe par Philippe après la prise d'Olynthe (2); en 348, par Philippe et Alexandre après la bataille de Chéronée (3); en 338, par Alexandre, après le sac de ‘Thèbes (4), peu de mois après la composition de notre hymne. Les concours scéniques y ont eu, dès Pabord, une place prépondérante. Euripide a pu y faire jouer ses Bacchantes, son Archelaos, et son Alcmeon (5). Le temple de Zeus, les portiques qui entouraient le téménos, les trésors qu’il renfermait, sont plus dune fois mentionnés par les auteurs (6;. Tous les grands dieux de l'IHellade ont dû avoir là leurs autels (7). Nul doute que les rois de Macédoine, comme autrefois Pisistrate, aient voulu rivaliser avec le vénérable sanctuaire du Péloponnése, en instituant chez eux des fétes olympiques, et en créant, en quelque sorte, une nouvelle Olympie. La fille du roi des Molosses qui épousa Philippe adopta, entre autres noms grecs, celui d’Olympias (8). Son fils Alexandre était, lui aussi, particulièrement altaché au sanctuaire de Dion. C'est la, et non à Pella ou à Aigai, qu’il fit placer les statues faites par Lysippe des vingt-cing cavaliers de sa garde tombés dans la bataille du Granique (9). Plus tard, on racontait que. dans son testament, (4) Thuc., 1, 126. Le scoliaste dit avec raison : totto moosébrec, : ar 2 € TEST, EST OAyurız at Ev Maxedoviz … (2) Demosth., XIX, 192: Diod., XVI, 55. Cf. Philostr. Vita Apoll., I, 35. (3) Dio Chrysost., U, 2. (4) Diod., XVII, 16: Arr. Anab. Alex., 1, 11,1. (3) Cf. Zielinski, Mnemosyne, L, 1922, p. 325. — Si les Bacchantes n'avaient pas élé jouées à Dion, elles auraient dû être représentées a Pella. Seulement les vers 565-571 : 0 Iheoix, séberai 3° Elros Fee. 72... Gia6c ’Akıbv ... Avdlay ve s'accorderaient mal avec cette hypothese: pour qui vient de la Thrace, Pella est en deca du Lydias. (6) Polyb., IV, 62; T. Liv., XLIV, 6 sq. La terre promise pour les archéologues, c'est la Macédoine et la Thrace. La reprise des fouilles à Dion, après les premiers sondages de l'École francaise (1914), paraitrait bien indiquée. (1) Cf. Baege, op. L., p. 235. (8) Cf. Plut., De Pyth. orac., 14 : thy yoüv 'Ahc6dvâpou untéox Ilohvéévny, cita Mvptaany Ohvun:döx te wal Stoatovieny xaAnbiva: Adyous:; Justin., UX, 1. (9) Arr. Anab. Alex., I, 16. BCH, XLVIII (4924).

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le grand roi avait prévu la reconstruction du temple de Zeus à Dion pour une somme de quinze cents talents (1). La visite de Dionysos au téménos de Dion (2) est une fiction poétique dans laquelle il nous faut voir un hommage à la Macédoine ct à Alexandre. En écrivant comme il le fait, le poèle élève le sanctuaire macédonien presque au même rang que les sanctuaires panhelléniques dont il avait parlé dans les strophes précédentes. En même temps, il hellénise les Macédoniens, naguère encore considérés en Grèce comme des Barbares (3). Enfin, il vieillit habilement les origines d'une institution qu'on savait de création récente. C’est ce que d'autres ont dû faire également, avant ou après lui; car nous retrouvons un écho de la même tendance dans un discours de Dion Chrysostome (II, 2) : zóze G ody and sroussias fuovses (Diinnos za. "ADEGavd605) év At This Iresiag £Byov tats Moúsars, wat cov ay va TOY N - EN er + ~ + Ohuurioy stihsorv, Gy zactv defarov eivat mag « a ~ UT. Vs. 54-55 : Gersahtas. .. 2551. Ces vers ont été écrils en 335. Les Thessaliens, dès 344, s étaient voués corps et âme à Philippe, qui avait su gagner leurs sympathies en délivrant. leurs différentes villes des tyrans qui les opprimaient (4). On sait aussi (4) Diod., XVII, 4. (2, On remarquera peut-être que nous n'avons pas de preuve irrécusable que Dionysos ait eu un culte à Dion. Mais le culte de Bacchus était répandu dans toute la Macédoine. et, pour la région de l'Olympe, nous avons le témoignage d'Euripide (Baech., 412-415, 553 sq., 560 sq., 565 sqq.) et celui de l'auteur d'un des Hymnes orphiques (XLV, 4). (3) Thrasymachos de Byzance, frg. A : ‘ApyzAiw Souhevsopev "Ehr ves Gvtes BapS4ow, Cf. Herod., Hegi roxr:rziaz, p. 478 sq. Reiske; Isocr., V, 107; Demosth. Olynth., Wl (348 av. J.-C), 16: od Säofzous, Philipp., MHI (341 av. J.-C.), 31 : .. Din nov... où wdvov 097 “EAANIOS Svt05 0548 Toogtnovros GUSiv Toïs “EAAT Sty, GAA’ zoo Erreöhen Öhev aadöv eimety, AAN OMEBoou Maxzôóvoe, deu 058’ avâpdmoöov emous2zioy 0562 Tv Toóteonv noixsba:. Hypéride, en 323 (Er:tactos, 38), se place de nouveau au même point de vue. La guerre lamiaque était appelée 6 £XAnvixds réksusos (Dittenberger, Syll.3, 317,40; 346. 17; Plut. Phoc., 23. (4) Isocr. Or., V, 20 : où Gettxhods... OF tus sixeiws mobs aûTdy Steaxetoba: TeTOls,nEv (Bikunros!, 530° Exdstoug adTos prAhov éneivu mistevery À vols œuuprohtTeuopévots; Epist., 11, 20; Demosth., XVII, 43 : of wiv zardrtusto: OetzaAol... slhov edepyétry swrion tay Pikinnoy fyoïvro RAT éxcivos Tv adroïs + 9062 cuwvhy Tovey, ef zis AAO rt Bovro:to Aéyatv. Diod.. XVI, 8 : maps fav eis try Berrarnlav vai Tous Tupivuous Ex

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que le roi de Macédoine avait pris la précaution de coordonner les forces armées des Thessaliens aux siennes d’une façon presque indissoluble. A l'avènement d'Alexandre, les Thessaliens eurent peut-être certaine velléité de reconquérir leur indépendance (1). Mais Alexandre sut les prévenir et les gagner cntièrement à sa cause (2). Il n'est donc pas étonnant que les villes thessaliennes soient nommées ici immédiatement à côté du principal sanctuaire de la Macédoine. Vs. 58 : Mousa. En plus d'un endroit de la Grèce, les Muses étaient adjointes dans le culte à Dionysos. Une telle association, qu’on retrouve dans l'art figuré (3), n'est pas, comme d’aucuns le prétendent (4). purement secondaire et due à ce fait que les fêtes de Dionysos étaient rendues plus attrayantes par les arts des Muses. Elle date, au contraire, de l’époque primordiale où la Piérie était habitée par les tribus helléniques (5) qui, plus tard, se répandirent dans la Grèce, emportant çà et là la croyance que les dieux résident sur le mont Olympe. On peut même se demander si, à l'origine, les Muses étaient bien différentes des Nymphes, des Charites, et des autres suivantes de Dionysos (6). Au v° siècle, Sophocle nous dépeint TAUETKE MEN LA a A VX ° 4 , LY Ms Lycurgue s'en prenant, dans sa haine contre Dionysos, indistinctement aux Bacchantes et aux Muses : vhéous yuvatxas eULdv TE UO ~ w ~ Là œuhauhous 7 np 19€ Be Moucas (7). Thy núhewv ExBahdv iÖlous tals edvolars Exortjeato Tous Hettahoûs; Polyaen., LV, 2, 19; Kaerst, Gesch. des Hellenismus, 12, p. 243, 1. (1) Polyaen., IV, 3, 23. (2) Diod., XVII, 4, A : roWrous dl Getrahods... Aóvors shavGownots, Ets 62 meyadzız emauyyeAfars nitemopioqus Exeits thy marponapdöorov Hyeuovlav Ts 'EAAdôos 2076 guyyuetou: zo TAG Osttarias Sovuat:. (3) Cf. Roediger, Jahrb. f. class. Philol., Suppl. Bd. VIII, 1875-76, p. 268, 3; 278 sqq.; Maass, Hermes, XXXI, 1896, p. 375 sq., 387. (4) Voir la note de M. Bruhn sur le passage de Sophocle cité dans le texte. (5) Cf. Wilamowitz, Griech. Tragoedien, vol. IV, p. 120. (6; Cf. J. Harrison, Proleg., p. 286 sqq. : « The Maiden-Trinities ». (7) Soph. Andig., 964 sq.

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Pour le poète tragique, les Muses sont donc parmi les compagnes de Dionysos, ainsi que cela est dit expressément dans Diodore : gast GE x cas Moûsas aûté suvanoanpeiv raohevous côsas . ame ‘ x + ~ a ~ 9 Les textes concernant les rapports anciens entre les Muses et Dionysos ont été réunis en dernier lieu par O. Gruppe (2). Il est inutile de les passer en revue ici. Je demanderai seulement à y ajouter le témoignage de notre hymne. Loin de décerner au hasard aux Muses le rôle de chanter et d'accomplir l’apothéose de Dionysos, Philodamos a évidemment voulu rappeler et souligner par là un rapprochement qui n'était peutêtre pas étranger au culte de Delphes même (3), et qui était familier aux Orphiques (4). Vs. 59: xissowr| oveldjagevar. Weil a dit excellemment : « Les Muses se couronnent de lierre pour faire honneur à Bacchus ». M. Théodore Reinach paraphrase le texte d'autre manière : « quand Dionysos arriva en Thessalie, les Muses... le couronnèrent de lierre (5) ». Tel n'est pas le sens du moyen stéveq4a:. Comme on porte la couronne de lierre dans les fétes dionysiaques (6), les Muses s'en parent elles-mêmes, lorsque le dieu parait parmi elles. De méme, Nonnos fait prendre le lierre aux Nymphes qui entourent le jeune Iakchos : Kor o& zodonv “lax yov éxuxhMgaveo -yooety, He “ = ~~ v A A v 7. N fj vouvat 21750p000! Masafwyides (7). . A On lit dans une épigramme de Thespies inscrite sur une base de statue : (4) Diod. IV, 3. Cf. Preller-Robert, Griech. Myth., 1, p. 281 : «.. den Musen, deren Dienst ursprünglich dem des Zeus und des Dionysos näher stand als dem des Apollon ». (2) Gruppe, Griech. Myth., p. 829, 3. 13) Roediger, &. l., p. 269. (4) Hymn. Orph., LXXVI, 1: (Moösa: Iliepides), af tenetas Guntois Avedsiéate pustimokeúvove; cf. Maass, Orpheus, p. 184; Hermes, 1. 1. p. 381. (3) Diet. des Antig., IV, p. 269. (6) Etym. Magn., p. 220, 20 : dei yap Tais Arovusıanals tedketais nica Eatezavoövro. (7) Nonn, Dior., XLVIII, 959 sq.

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x.ozòs Tepbryóon, Boopio 6’ Enpebev 6 Awros (1). ? Entendez que le sculpteur avait échangé à dessein (2) les attributs du dieu et de la Muse (3), afin d’accentuer leur union. Les textes et les monuments où les Muses prennent le thyrse doivent être jugés de la même fagon (4). Vs. 60: ufékbav). La restitution est due à Weil. Elle est particulièrement heureuse. Dans le sanctuaire de Atévusos Mehnôuevos à Athènes, Pausanias mentionne des statues des Muses et de leurs parents, et il ajoute: «Ce Dionysos est nommé Meinôuevos pour la même raison pour laquelle on appelle Apollon Mousxyérns » (5), en d'autres termes, parce qu’on le conçoit, lui aussi, comme le Conducteur des Muses (6). Vs. 64 : Mozy’. Dans Homère (7), et dans Hésiode (8), Harwy est un dieu guérisseur. Il est le médecin des dieux et le père des médecins des mortels. A l’époque classique, Iatév devient une épithéte, ou un autre nom (9), d’Apollon et (1) IG, VIL, 1799. (2) Kaibel, Epigr. yr., 188. (3) Cf. Anth. Maass, Pal., IX, 504, 5: Teobiycor, Hermes, 1. |. yaoieoox Töpev Teyriuuvas a hoûe; p. 388: « Die Musen führen also, wenn sie dionysisch sind, den Epheu auf den Monumenten wie bei den Dichtern ». (4) Prop., IV, 3, 35: haec hederas legit in thyrsos (il s'agit des Muses de l'Hélicon); Nonn. Dion., I, 11 sq.: REATÉ nor vepOnxx, tivdsate xo Baha, Moüger, “ai rahäiun cote Aúpsov derânudvnv Atovÿzov; Maass, /. L., p. 375 sq. '5) Paus., I, 2,5; cf. 31, 6 : Atévusn, MeAnouevoy val Kisod, tév abröv Dean. (6) Dionysos Keyrvws, qu'on adorait à Samos, et qui a été chanté par Euphorion (frg. 18 sq. Scheidweiler}, est le même que Atdvusos Meanouevos (le Chanteur): v. Meineke, Anal. Alex., p. 141.Cf. Call. Epigr., XLVI, ot il est question d'une image consacrée aux Muses et qui représentait Dionysos la bouche grandement ouverte (xeyrvwos... toU Zauiou 27h60). (7) Hom. 11., V, 401 ; 899. (8) Hes. frg. 194 Rzach?: el uk NN ‘Datos Sréx Havaroın sawsı: F, abrös Marty, 35 Andvrov siopaxa oldev. (9) Cf. Fairbanks, A study of the Greek Paean,p. 5: « Paian is rather another name for Apolio than a simple epithet»,

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d’Asklépios. Les savants modernes (1) considèrent généralement Péan comme un de ces dieux anciens dont la réputation a pâli et qui ont fini par être identifiés avec d’autres divinités plus universellement adorées. Tel n'est pas l'avis de M. Deubner. Celui-ci dérive le nom de IHarë» du chant nommé péan et du cri rituel ‘exatay, hypothèse déjà énoncée, mais rejetée, par d'autres auteurs avant lui, et qui implique que la figure du médecin des dieux Hatjwv a été créée de toutes pièces par l’auteur du V° livre de Y’lliade (2). Quoi qu’il en soit pour cette question d’origine, il est certain qu’au iv® siècle, Hay n’a été une épithète usitée de Dionysos, ni dans le culte public. ni dans le langage courant (3). Nous avons donc affaire, dans le péan delphique, à un cas de théocrasie peu commun. Les Muses célèbrent Dionysos, élevé au rang des immortels, sous le vocable de Péan, c’est à dire, le poète se plaît à identifier ces deux divinités. D'autre part, quelque rare que soit cette conception, elle n'est pas absolument sans exemple (4). Je classerailes témoignages à ce sujet de façon à commencer par les plus récents en date et à lerminer par ceux du v° siècle. Le lexique d’Hésychius dit, sans autre explication : Hotwvtos : Avovuoos. Au 1°" siècle de notre ère, Columella invoque Apollon et Dionysos sous cette forme: Delie te Paean, et te, euie, euie Paean (5). (4) K. O0. Müller, Die Dorier?, I, p. 299 sqq.; Usener, Götlernamen, p. 155 sqq; Fairbanks, Op. L., p. 4-13; Eisele s. v. Paian, dans Roscher, Lex. der gr. und rôm. Myth.; Gruppe, Griech. Mylh., p. 1240, 1. (2) Neue Jahrb., XLIII, 1919, p. 401. (3) On lit dans le Critias de Platon (p. 108, c}: tov Ha:äv& te wal tas Movoas Enı#ahovuevoy. Je crois probable que Ilxiiv n'est ici qu'un autre nom pour Apollon. (4) Je ne sais s’il convient de faire état ici des passages d'auteurs où Dionysos est appelé ‘Iatcés ou ‘Yytétns (Athen., I, p. 22, e : Mvncibeos 5° 6 ’Abnvaïos Atdvucoyv ‘latody ono. thy Muôiav ofoa tidy 'AOnvatois ; p. 36, b: 616 xai xaxheïobat tov Aróvuanv navtayod ‘latpov. 5, GF OX elonxé tis. Atévuooy Yyiatry xaheïv; Plut. Davis, The Asiatic Dionysos, p. 195). (5) Columella, De cultu hortorum, 224. Sympos., III, 1, 3, 3.

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On lit dans le LIT hymne orphique, adressé a Dionysos AWAAHTA TE, AXIS, TOÂAUVEYUUE, uaıyora, Baxyed... Harry Busseyyäs.. A La Sur un vase peint (1), on voit un homme nu, appelé HAIAN, un flambeau et un broc à la main, marchant à la tête d’un zwpos. C'est, a-t-on dit, la personnification du péan que l'on entonnait après la fête des Choés. Je croirais plutôt que c'est Dionysos en personne (2). On cite enfin le passage suivant des Saturnalia de Macrobe (I, 18, 6): « Euripides in Licymnio Apollinem Liberumque unum eundemque deum esse significans scribit: DÉTTOTA ılöoamve Baxye. ar "AmoAhov sUAUgE ». # = 3 LS we Macrobe a raison, et les savants modernes confirment son interprétation du vers d’Euripide qu'il cite : grhódapve et evauos (3) sont des épithètes d’Apollon, cisxove s'applique à Apollon comme a Dionysos (4), mais Báxys montre bien que le poète a voulu confondre les deux divinités en une seule personne. Peut-on déterminer maintenant à qui se rapporte exactement le nom Ia.a, dans ce passage? Il me semble qu'on a tort de restituer, comme il se fait généralement, une seule virgule au milieu du vers, après Baxye. L'épithète piióöxoves se trouve ainsi mal placée. Il faut ponctuer à la manière des hymnes orphiques : Öéonora, prhóOapve, Baxye, Ilarav, “Arodhov, evduge. ~~ eh = Va Chaque épithète. chaque nom est une invocation à part. On peut comparer, par exemple, oracle donné aux Rhodiens: 1) A. Z., 1852, pl. 37, 2; Diet. des Antig., fig. 1429. f \ f 2) Fairbanks, op. l., p. 6. Cf. Hymn. Orph., LU, 7: (Baxyed), fyétz xuuwv. (3) Eur. Ale., 510 : 6 [[s8:0; euhvors “AxdAAwY; Aristoph. Thesm., 969 : tov \ Edhsoav péArousa; cf. ibid., 315. (4) Eur. Bacch., 582; Aristoph. Acharn., 247; Thesin., 988; Vesp., 815 ; Kaibel, Epigr. gr., 1040; Hymn. mag. 1, 1 Abel.

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! + + # ~ 8 = — 3 9 ur. + N» Ns 2 > a [21 , Qetov, pévav, xyvov, "Adovi, 206107, nee € waov, Eumdóxagov, Argvucoy (1), ou le début de Vhymne orphique à Apollon, qui se compose d'une série tout analogue d'adjeelifs et de noms propres : 27.92, wns‚a, Maus, Tervorzóve. @otbe, Auzwosy... Javsoldan, Treppeios, doôrgre, Muse, Tray (2). Euripide était done allé plus loin que Philodamos: celui-ci identifie Péan avec Dionysos, tandis que le poète tragique avait confoudu en une seule personne Dionysos, Apollon et Péan. On voit bien & quelles influences sont dues de pareilles tentatives de théocrasie. Elles ne peuvent qu'être empruntées aux doctrines orphiques. Mais j'ai hate d'en arriver aux derniers mots de lastrophe qui porteront une pleine lumière sur les intentions du poète. Je dois seulement remarquer encore qu’Eisele a eu tort d'inférer de notre hymne que Videntification de Péan avec Dionysos était chose recue dans le culte de Delphes (3). Rien n'indique qu’il en était ainsi. Philodamos est un novateur assez hardi, et tout son pan paraît destiné à célébrer une réforme assez radicale du culte de Delphes, qui a probablement peu duré. Vs. 61 : 9x22. Si l’on considère, comme on l’a fait jusqu'aujourd'hui, sòx)fa comme un adjectif, on est forcé de construire et de traduire la phrase comme suit : « les Muses te chantèrent en chœur, en t’appelant immortel à jamais et un glorieux Péan ». Mais cela serait fort mal dit; le poète aurait l'air, ou bien de supposer l'existence non pas d'un seul, mais d'un grand nombre de Péans divins, ou bien d'employer le nom de maisy dans le sens métaphorique de guérisseur ou de sauveur (4), ce qui serait ici trop faible comme louange. Weil ne (1) Soer. Hist. Eecles., II, 23; Lobeck, Aglaoph., p. 463. Cf. Soph. Oed. R., 134. (2) Hymn. Orph., LIT, 1 sqq. (3) Roscher, Lex., III, 1, p. 1250 : « … des... die delphische wiedergebenden Päans auf Dionysos ». .4) Cf. Aesch. Ayam., 99 : may ylyvou cide peplpvng. Lokaltradition

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paraît pas avoir senti la difficulté. Fairbanks l'a esquivée en traduisant adroitement : « in saluting him with the cry : Glorious Paean (4) ». Il est vraiment curieux que le péan delphique ait pu être livré à la publicité depuis bientôt trente ans, sans que l'on se soit aperçu qu'Esxkés doit s'écrire avec une majuscule. Il faut traduire : « les Muses te chantèrent en chœur comme immortel à jamais, en tappelant Péan ct Euklès ». Euklès est un autre nom pour Hadès chez les Orphiques (2). Le lexique d’Hesychius dit catégoriquement : Eùxùns * 6 ‘Ans. La formule orphique que l’âme doit réciter à son entrée dans les Enfers, commence par ces mots : Eoyouaı EX x29206 zus, Ieviov Bastkeız, L LA hd ~ e x Evxdns Ev6ouhsds ze xxl gfavaror Geci dor (3). Dès le 1v° siècle avant l'ère chrétienne, on trouve ces vers gravés sur des tablettes d'or que l'on déposait dans la dernière demeure du trépassé; ils sont même, sans nul doute, plus anciens que le 1v° siècle. Il y a quelques variantes dans le second vers, mais qui n'en affectent pas le sens. Il revêt une fois cette forme : Eòxhe vor EdGouhed xa Gro. Geol catuoves dor (4), et une autre fois celle-ci : Edxhees Eyboursd ze, Atos <éxos... (5). Les divinités qui président aux Enfers, selon les croyances orphiques, sont, on le voit, Perséphoné, Euklès (ou Euklos) (6) {tj Fairbanks, Op. L., p. 39. (2) Bücheler, Rhein. Mus., XXXVI, 1881, p. 332 : aequavi... Euclem Diti patri. Hofmann, Robert (Preller-Robert, Griech. Myth., I*, p. 804, 2), Dieterich, Diels (Philotesia, 1919, p. 41 sq.), Comparetti et beaucoup d'autres savants ont déclaré se ranger à l'avis de Bücheler. (3) IG, XIV, 641, 1; Reinach, Cultes, Mythes et Religions. Il, p. 124; Olivieri, Larnellae aureae Orphicae, 4, A; Kern, Orphic. fragm., 32, ce (p. 106). Cf. Foucart, Les mystères d'Éleusis, p. 428 sqq. (4) Olivieri, Op. l., 9, b ; Kern, Op. [., 32, d. (5) Olivieri, 18, B?; Kern, 32, g. :6) Le nom du dieu Euklos se lit en outre dans un texte en langue osque, trouvé a Agnone, dans les Abruzzes (Zvetajeff, Syll. inser. osc., n° 9).

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et Eubouleus. Cependant, nous nous heurtons ici à une difficulté. Quelle peut être la différence entre Euklès et Eubouleus? Il est acquis que ce dernier, dans nombre de textes, n’est autre que Pluton. C’est Bücheler qui a le premier posé l’énigme, et il s'est déclaré incapable de la résoudre (1). Depuis, on a proposé trois solutions que voici : 1° Diels, et Comparetti, dans ses Laminette orfiche, considerent l'Eubouleus des tablettes orphiques comme Dionysos. Leur opinion peut se défendre à l’aide de plusieurs textes (2); 2° Pour Miss Harrison, Eukles et Eubouleus sont deux appellations différentes de la même divinité (3). Cela ne peut se soutenir, d’un point de vue grammatical, qu'à condition de ne pas s’appesantir sur l'emploi des conjonctions ze et xat dans la formule orphique. Il est juste, peut-être, de remarquer que la forme exacte du texte original n'est pas connue avec certitude. Mais il y a une objection plus sérieuse à faire. Euklès et Eubouleus ne sont, dit Miss Harrison, que deux noms différents du dieu unique des Orphiques, qui apparaît sous plusieurs formes, comme Hades, Zagreus, Phanès, etc. Or, ilest très vrai de dire que la théocrasie des Orphiques repose, au fond, sur une croyance monothéiste; les noms divins dont ils se servent ne désignent donc pas, si l’on veut, des divinités différentes, mais seulement des aspects divers de la divinité. Néanmoins on ne saurait dire qu’ils aient, dès le ıv? siècle, cherché à confondre ces aspects en se servant d’appellations ambigues. En d'autres termes, Euklès et Eubouleus, à leurs yeux, étaient un; mais Euklès n'en était pas moins, pour les initiés comme pour le vulgaire, un autre aspect de la divinité qu'Eubouleus. 3° Wieten est parti d'une glose d'Hésychius pour identifier Euklès avec Hermès (4). Le lexicographe nous apprend qu Her(1) Bücheler, £. 2. (2) Plat. Quaest. Conv., VIE, 9, 1: of 62 raumay apyato: moy Atévuroy aûtèv Eÿ6ou- Alas... rooseïrov; Hymn. Orph., XXIX, 8: Macrob., I, 18, 47. (3) Harrison, Proleg., p. 588. (4) Wieten, De tribus laminis aureis, diss. de Leyde, 1915, p. 31-40 : « de deo q. e. Eèx)îs ». Dans la dernière partie de ce chapitre, le raisonnement de l’auteur

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mes était invoqué comme Eÿxokos à Métaponte (1). L’auteur d’une épigramme attribuée à Antipatros dans l’Anthologie Palatine (2) connaît apparemment cette épithète d’Hermes, puisqu'il dit plaisamment : « Hermès, 6 pasteurs, est d'humeur facile (söxohos), vu qu'il ne vous demande qu'un peu de lait et de miel; pour Héraklés, c'est différent : il exige une victime ». De ces deux textes, Crusius (3) me paraît avoir rapproché avec raison une stèle funéraire du iv’ ou du 1° siècle avant notre ère, que Max Fraenkel a vue a Nice (4). L'inscription qu’elle porte a d’abord été lue : ‘HSÿos avélnxer Edxohofs]; elle doit peut-être se lire : "Höuros avéfinxer EdxnA(w) (5), ou Eÿxéholfe], si la pierre provient d’un endroit où le datif singulier des substantifs en -os se terminait en -o.. Comme Métaponte est très près de la ville de Thurii, aux environs de laquelle on a trouvé la plupart des lamelles orphiques, Wieten ne croit guère possible de distinguer le dieu Eukolos de Métaponte du dieu Euklos de Thurii. Le rapprochement est ingénieux, mais il laisse place au doute. Comment expliquer, en effet, la divergence dans la forme des noms? Wieten part d’une forme première Eÿxohos, qui a pu devenir, pense-t-il (p. 34), Euklos chez les Italiotes, comme on a "HsaxAns-Hercles. Mais pourquoi alors les habitants de Thurii, qui étaient grecs, ne s’en seraient-ils pas tenus, au iv? siècle, à la forme Eöxoùos, au lieu d’écrire Eöxkos, et, surtout, Eòxùs ? L’objection est, je crois, sans réplique. Je n’accorde pas plus de poids aux deux autres hypothèses que Wieten signale sans leur accorder ses préférences, à savoir est entaché d'une erreur de fait. Wieten considère la tablette de Caecilia Secundina (Kern, Orphic. fragm., 32, g; comme étant du n° siècle avant J.-C., alors qu'elle date approximativement du 1° siècle de notre ère. {1) Hesych.: Et«oko;... “Eopismaok Metanovtiots. (2) Anth. Pal., IX, 72. It y a Antipatros de Sidon, qui écrivit entre 159 et 120 avant J.-C.. et Antipatros de Thessalonique, qui vécut plus d'un siècle plus tard. On ne sait lequel des deux passait pour être l’auteur de l'épigramme. (3) Roscher, Lex., s. v. Eukolos. (4) Arch. Zeit., N. F., VII, 1874, p. 148. (5) Cf. Arch. Zeit., XL, 1882, p. 390; Svoronos, Das Alhen. Nat. Mus.. Arch. Jahrb., XXIX, 1914, p. 219, 1.

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qu'Hésychius aurait pu écrire par erreur Eöxoùos pour Eòx)os (ce qui est contredit par l’épigramme d’Antipatros et la stèle de Nice), ou que les Italiotes auraient déformé le nom grec Edx)os en Eukolos. Pareille transformation d’un mot grec ne serait certes pas impossible en soi (1); seulement, encore une fois, il est à présumer que les Métapontins et Antipatros s’exprimaient en grec, et non dans la langue osque. Et pourquoi Wieten n’a-t-il pas tenu compte de l'épithète Evxodtivn que portait la déesse Hécaté dans Callimaque (2)? Eöxokos et Eùxohivn sont, ce semble, des appellations euphémiques de divinités réputées austères, voire hargneuses pour les mortels. Aucune des trois solutions qu'on a proposées ne peut, en définitive, être considérée comme sûre. Les Orphiques ont cru qu'à côté de Perséphoné, il y avait, dans les Enfers, non pas un, mais deux Rois des Morts (3), Euklès et Eubouleus. L’hypothèse qui égale Eubouleus au Dionysos chthonien, qui est fils d'Hadès (autrement appelé Zeùs YBövros) et de Perséphoné, me paraît, quant à moi, de beaucoup la plus probable. Mais, quoi qu’il en soit, il ne saurait y avoir de doute sur la nature chthonienne du dieu Euklès, qui nous regarde seul directement ici. La glose d’Hesychius qui identifie Euklès avec Hadès est un témoignage digne de foi. En outre, comme on l’a souvent remarqué, le nom Eùxh%s ressemble aux appellations KAvuevos (4) et MepuxdAvpevos (5). qui désignent le même dieu, et (1) Cf. A. W. de Groot, Die Anaptyre im Lat., p. 11-20; 43. (2) Call. frg. 82,d; Etym. Magn., p. 392, 27 sqq.: Etuohivr %, ‘Euden, Atyerz. maok Kakhpiyw war’ avtiopacv, f, uk, obax ebxodes. 13) Cf. Orph. Argon., 1370 sqq. : éyo 3° txéuyy el Talvapov avepcevta, Özat nev Svtopx Géo dyaxdhertoisg Bastrcdary, of t° doa veoteolwy Becélours wANieas Eyousty. Eur. fr. 904,8: ydoviov 6' "Arén weteyers doyts, « tu partages avec Hadès la souveraineté sur les morts ». L'invocation dont le vers cité fait partie semble adressée au Dionysos chthonien. (4) Lasos d'Hermioné dans Athen. XIV, p. 624, e: Paus.. II, 35, 9 sq.; Kaibel, Epigr. gr., add. 552, a, 2 (p. 5285. (5) Hesych. : TieeıxAönlev)os * à Hhoutwv.

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(Artemis) Eüxhstx semble, à l’origine, avoir été une divinité chthonienne (1;. Il est donc bien établi que devenu immortel, non Philodamos égale Dionysos, seulement à Péan, mais encore à Euklès, dieu des morts. Et ce n'est pas seulement le nom Euklès qui est orphique : l'identification même de Dionysos avec le Seigneur des Enfers trahit les mèmes origines. Elle est attestée ailleurs par les témoignages suivants : 1° Heracl. frg. 15 : mutes Gz ‘Aiôns xal Arcvusos, Gre paxivoyrat Ka Anvaifouaty. 2° Etym. Magn., p. 406, 46 sqq. : Zaypeüs © Atovusos... sox ao 6 Zeus peyrvat ci Heosepovy, : 26 hs yoviosg 6 Atévuaas ... tty coy aùróv pasty eivar tO Ihodruve. 3° Hymn. Orphic., LIT, 1 sqq. : kJ * F ‚ r Ld apprerf, xaréw Baxyov, foveov Asovusey... ~ hl Ld 20454 00 LOLTLY LAU WY 4° Ibid., XLVIT, 3 (Bakchos cause les tremblements de terre, et y met fin). 5° Nonn. Dion., XXXI, 144 : Novioro Avatoy. Ces passages, d’ailleurs peu nombreux, se lisent en majorité dans Jes ouvrages dont les titres reviennent sans cesse sous la plume de ceux qui étudient les croyances orphiques. Les cultes officiels, et la religion des gens lettrés et bien nés, ne pactisaient pas avec les dogmes mystiques de la théocrasie. Leurs adhérents ignoraient, ou voilaient, le coté chthonien de la nature de Dionysos. De là le silence presque complet, dans Ja littérature classique, sur un sujet aussi important. L’art figuré, au contraire, qui est, de par sa nature, plus prés de l’äme du peuple que la haute poésie ou la prose des rhéteurs, réflète plus souvent l’identité de Dionysos et de Pluton, qu'elle exprime soit par une juxtaposition étroite des deux divinités, soit en entremélant leurs traits caractéristiques et (1) Jessen, dans Pauly-Wissowa, Real-Encycl., Vl, p. 998.

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leurs attributs. L'histoire des religions fournit encore d'autres preuves que je me dispense d'alléguer ici. Si je ne me trompe, ce sont surtout les représentations de l'art figuré qui ont, de nos jours (1), familiarisé les érudits avec la figure du Dionysos chthonien (2). Ce serait une tache assez ardue que de chercher à les énumérer systématiquement. Je me bornerai ici à quelques indications. Aux terres-cuiles de Tarente étudiées par Evans (3), aux tablettes votives de Lokro: Epizephyrioi publiées par Quagliati (4), aux vases peints cités par Farnell (5), je désirerais ajouter, en premier lieu, la table d'ivoire et d’or de Kolotès, élève de Phidias. Pausanias, qui la vit à Olympie, v remarqua entre autres choses un groupe de figures représentant Pluton, Dionysos, Perséphoné et quelques Nymphes, dont lune portait une sphère (6). La sphère, d'après Clément d'Alexandrie, était un des symboles orphiques (7). En second lieu, je voudrais attirer l'attention sur un bas-relief votif de l’époque hellénistique qui se trouve au musée de Chalcis. L'objet m'a été signalé par M. G. Snyder, qui a l'intention de le publier. On y voit Pluton et Dionysos côte à côte, avec les mots : voir Geotv pour toute inscription. (1) En 1903, Miss Harrison voyait encore une anomalie dans le fait que les Anthestéries, qui sont une fête des morts, étaient consacrées à Dionysos (Proleg. chap. ID). (2) Je me contente de citer Rohde (Psyche, 112, 13; 45,1), Foucart (Les mystères d'Éleusis, p. 455 : « Les époptes reconnaissaient dans la présentation de l'épi de blé le suzerain auquel ils venaient de s’engager: pour eux, c'était Dionysos, le roi des morts, qui se manifestait en cette forme et s‘offrait à leurs yeux, comme preuve qu'il acceptait leur foi et leur assurait sa protection dans son royaume »), Maass (Orpheus, p. 80 sq.), Weicker (Der Seelenvogel, p. 13), Gruppe (Griech. Myth., p. 1432 sq. : Dionysos Unterweltsgott), Dieterich (Arch. f. Rel. Wiss., XI, 1907, p. 173), Nillson (Ibid., p. 537; 539) et Farnell (Cults of the Greek states, NV, p. 128-132 : Dionysos of the lower world). (3) J. H. S., VII, 1886, p. 12. Cf. Pottier, Statueftes de ferre cuife, p. 206; Furtwängler, Kl. Schr., Il, p. 444,1. (4) Ausonia, II, 1909, p. 176, fig. 29-31. Cf. Oldfather, Philol., LXIX, 1940, p- 115; 117. (5) Farnell, Op. L., III, p. 223. (6) Paus., V, 20,3 : Waodtwv xz! Atbvusos Mepospóvn ze «xi Niupat, opatorv at 7, itépa SécuuT2. (1) Kern, Orphic. Frg., 34.

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L'orphisme a été très répandu en Grèce de tous temps, quoique surtout dans les basses classes de la société. On ne s'en demandera pas moins comment il se fait que Philodamos, pour célébrer le Dionysos de Delphes, se soit placé à un point de vue orphique. Ne disons pas qu'il a pu s'exprimer d'une manière conforme aux croyances populaires de son pays d origine (1); car le poète locrien que le sacerdoce de Delphes chargeait de composer un péan, en l'honneur d'un de ses grands dieux, n'eûl pu sécarter des conceptions théologiques de ses mandataires, pour y subslituer les siennes propres ou celles de son pays natal. Et gardons-nous aussi de conclure que le culte de Dionysos à Delphes a été pendant toute l'époque classique un culte mystique. Mais, ceci dit, tenons-nous en là pour le moment; car pour pouvoir répondre en connaissance de cause à la question posée, il faut d’abord avoir compris ct pesé le contenu des strophes IX et XI de l'hymne. Vs. 60-61 : o[r x)éojusat. La restitution est l’œuvre de Weil. Dans l'épopée, les Muses chantent suet5ômevat ox! zah% (2), dans Hesiode, elles vont vers l'Olympe dryarhógeva, or. zakt (3). Comme le mot & ne signifie pas seulement voir, mais encore chant, on peut comparer aussi le premier vers des Travaur d’Hesiode : Moosor Ilveoinfev, dodo. xheiouoat. Vs. 62 : [xalcasge 9° ’Axéhov, «le chant fut entonné par Apollon ». La première copie portait : TAPTE. Mais Ja révision de la pierre due à Fournier a confirmé la conjecture de Weil : 227398 (4). Préluder, conduire le chant, se dit en grec le plus souvent s6&cyetv, quelquefois arasyetv (5), ou varderpers (6). Le poète nous montre ici Apollon consentant à l’élévation de (4, Cf. Oldfather, Philot., LXVH, 1908, p. 431 sqq.: LXIX, 1910, p. 119. (2) om. [1.,1, 604; Od., XXIV, 60; Hymn. Apoll., 189. (3) Hes. Theog., 68. (4) BCH, XXI, 1897, p. 511. (5) Mnemos., XLVII, 1919, p. 349. (6) Ps. Aristot., De mundo, VI, p. 399, a, 15 : ev 7006 xoougains navdosavros SUVERrgel 6 (40503.

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son frère au rang des dieux de l'Olympe, et s’en réjouissant le premier. Il venait d’égaler Dionysos à Péan et à Eukles; il s'abstient clairement de l'identifier avec Apollon. Avant et après lui, il y a eu des Orphiques qui ont affirmé que Dionysos et Apollon étaient un seul et même dieu, et nous savons que cela s'est dit à Delphes comme ailleurs (4); mais, en l'an 335, les deux cultes y étaient par trop opposés l’un à l’autre pour qu’on y püt juger opportun de sanctionner cette théorie (2). W. VorLLGRAFF. {A suivre.) (4) Voir le fragment du Licymnius d’Euripide cité plus haut, et en outre : Aesch. ap. Macrob. Sat., I, 48,6; Dio Chrys. Or., XXXI (Rhodiaca), 11 : Tôv uèv "ATOM RU zat Toy “H)tov vai toy Aidvusoyv Eviol Daai sivat tov autéyv Kal Duels obte vouiSets; Lucan. Phars., V, 72 sqq. : Parnassus gemino petit aethera colle, mons Phoebo Bromioque sacer, cui numine mixto Delp hica Thebanae referunt Trieterica Bacchae. Menand. rhet., epi éxiserutixey (Spengel, Rhet. gr., vol. lil, p. 446; : Achool 62 Ein Mi ouer vooln Tiuüsty, "AnNGAAwVa Kal Atdvucey Adyovtes: « Aristoteles qui Sedroyouueve scripsit » ap. Macrob. Sat.,1, 18,1; Arnob., III, 33. (2) [Au moment de l'impression du début de son étude, M. W. Vollgraff n’avait pu prendre encore connaissance du commentaire de V. de Falco, Sul peane delfico a Dioniso, commentaire récemment paru. — Lu Réd.]

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SSLLE Rare Ersee _ \ an 5 Wilhelm Vollgraff Le pean delphique a Dionysos Citer ce document/ Cite this document : Vollgraff Wilhelm. Le péan delphique a Dionysos. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 49, 1925. pp. 104-142. doi : 10.3406/bch.1925.2973 htip://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1925_num_49_1_2973 & (=) creative commons

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Wilhelm Vollgraff In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 49, 1925. pp. 104-142. Citer ce document / Cite this document : Vollgraff Wilhelm. Le péan delphique à Dionysos. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 49, 1925. pp. 104-142. doi : 10.3406/bch.1925.2973 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1925_num_49_1_2973

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(Suite) (1). Srropues VI-VIIH. Il n'est resté que peu de chose des strophes VI, VII et VIII. Pour les remarques qui vont suivre, je prie le lecteur de prendre sous les yeux la pl. XVI-X VII du Bulletin de 1895. , Les caractéres des fragments des strophes VII et VIII sont, pour la plupart, clairement lisibles. I] n’en est pas de même de ceux de la VI° strophe. Ceux-ci ont dû être déjà en partie (1) Voir BCH. XLVIII, 192%, p. 97 et suiv. M. Alfred Brückner a eu l'amabilité d'attirer mon attention sur un monument en marbre blanc du Ile siècle de notre ère {Conze, All. Grabrel., pl. 446, n° 2045). Il représente un vieillard debout, vu de face, la tête surmontée d'un aigle aux ailes éployées. Il s'agit d'un personnage très dévot, témoin l'inscription que voici (Kaibel, Epigr., 134) : räsı Beois Baas zat sue navrore Ir’ aut els TÜVSOY xstpat Evvia Eywv Oendôes. Ce monument semble confirmer ce que j’ai dit dans la premiere partie de mon étude (p. 162-175) à propos des termes äetés et äwaerig. L'aigle, ici encore, figure le myste. Les mots êvvéa wv G:xxôes doivent peut-être s'entendre non, au sens littéral, d'un nonagénaire, mais dans un sens mystique. L'auteur de l'épigramme a pu écrire évwéx Zywv Seuttes pour Ôéxx E/wv Evveernotôag, ou dexerhs. Cf. Theocr. Id., XXVI, 29 et 'épigramme que j'ai citée 2. L., p. 173. M. Brückner me signale encove un deuxième monument. C'est un bas-relief du musée de Sparte (Tod-Wace, Catal., p. 135, 6) d'un art très fruste, et de date incertaine (mer siècle de notre ère ? ve siècle avant J.-C. °). Sur un fond de rochers, on apercoit Orphée tenant la lyre et entouré de quatre animaux. Au centre de la stèle se voit un homine assis sur un bloc de pierre rectangulaire, un rouleau dans chaque main. Un aigle plane au dessus de sa tete. C'est apparemment le monument funéraire d’un initié aux mystères orphiques. Sur l'usage des plinthes rectangulaires dans les cérémonies orphiques, voir Macchioro, Zagreus, p. 28 sqq.

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plus ou moins effacés en 1894; aujourd'hui beaucoup ont complètement disparu. Pour la première partie de la strophe, les estampages ne me donnent que ceci : ETAT IM. EO P TEPYOOXPH.......AXAN Weil a reconnu l'adjectif xufoypn{oz]-. Comme la copie de MM. Homolle et Bourguet donne IAXAN, on peut restituer, sans crainte de se tromper : | TEPYOOXPHiz7°7%7e)/1AXAN 68 69 70 ? ze nuo-/pn{sl- [tov Tj tayay U — U (evar, & "16Bexy’, © tè Mory). Mudd-yonstos tyd, c'est la « clameur de fête ordonnée par loracle ». Apollon semble donc avoir enjoint à ses fidèles de célébrer à Delphes une fête bruyante en l'honneur de Dionysos ou, sinon, de quelque divinité étroitement unie & Dionysos. Dans la seconde partie de la strophe le mot AAIA-, comme l’a dit Weil, parait se rapporter à une solennité nocturne célébrée à la lueur de torches. . Dans la VII* strophe, on reconnaît d’abord le mot PPO@H, reoor[T]-, qui en terminait la première partie (1.53). La syllabe finale a pu être longue ou bréve; on serait donc libre, de ce chef, de restituer le féminin zpopntis, ou un cas quelconque du masculin roosñzrns. La seconde partie de la strophe commengait avec NOMOOET, soit une forme du verbe vouoletety, ou du OME<vVOrOM m substantif vogoflerns (1). Je crois devoir rattacher à la strophe VII te fragment que voici : (1) Cf. Ael. Aristid., Acóvusos, p. 47 Dindorf: tobs piv obv Tehéous Duvous te Kai Adyoug neo Arovósou 'Oowel xxl Mousxiw Tapmuev wal tots doyatorg Toy vonoderwv.

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Je ne connais ce fragment que par la copie qu’en a publiée Weil sur lautorité de M. Bourguet (1). On doit forcément admettre qu'il appartient à une des quatre strophes grandement incomplètes de l'hymne. Mais, comme il contient le commencement du refrain : evot, © 'lóBaxy', © të Hausv, il ne peut faire partie de la strophe VI, dans laquelle ce passage est conservé. Restent donc, comme l'avait déjà vu Weil, les strophes IV, VII et VIII. Je ferai voir plus bas qu’il faut écarter la strophe VIII; et je voudrais tacher de prouver ici que la strophe IV doit être également éliminée. Il est facile de se rendre compte que le N placé à la fin de la ligne 27 de la copie du Bulletin doit être le caractère final du refrain : evot, & 'lóBaxy ’, © & Maudy. En conséquence, si l'on fait l'essai de raccorder le fragment dont je parle à la strophe IV, voici ce que l’on obtiendra : 25 AEKAIXOPOIZFT.......AIX EKF1IZEAZ......... E 26 EYOt!t 27 Qtlo B zxyust tx at ayn, c'est a dire que dans la ligne 26 du texte, les deux fragments se raccorderaient exactement, sans qu'il vint à manquer une seule lettre. EKFızEAZ, cependant, ne donne pas de sens. Comme iln’y a absolument rien à en tirer, il nous faut renoncer à assembler les deux fragments ; et la conséquence logique de ce raisonnement, c'est que le fragment non placé doit appartenir à la strophe VII, puisque c’est la seule qui reste. Cette combinaison donne le résultat que voici : 51 [TAA 52 PAONDIA..... ..1 XEAZ 53 QNPPODHITr1S |: EYOIL OA IloBaxryzwrienarav 54 NOMOOET .... O.MAK AI 56 OZ... .... .--. 55 PAAAILZ. .... TAZOIMPA YOPONN L. 51. Le fragment YXO (BCH, XXI, 1897, p. 511) appar(4) BCH, XXI, 1897, p. 513.

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tienta cette ligne, mais onn’en peut déterminer la place exacte. L. 53 : moooi toss]. J'ai restitué le datif du pluriel, parce que c'est le seul cas qui permet de remplir la lacune avec une syllabe de quatre lettres; ce qui semble nécessaire pour la restitution des deux lignes suivantes. L. 55. La copie porte PAAA'Y. Je lis sur lestampage : PAAAIZ : TAZOINPA est le début du vers suivant. On pourrait risquer la restitution suivante : 82 — u u wy nsoonltarsj 83 84 (ever, © "Léa". © tE Mardy) vauoher[er 6 Hz :o[s) panat- 85 [ous U — 86 sasal maal dv UU — u — radars voors), L’iöta de vousher[er] aurait Ele placé entre les lignes. Vs. 84: vouohez[et 6 Geldis}. Cf. Hymn. Orph., XLIE, 1 : Gezuopdpov LANEO vaalinrosgóooy ALövusov. Cette tentative de restitution est hypothétique à beaucoup d'égards. Elle méritait néanmoins d'être faite; car elle confirme et complète mon raisonnement antérieur. Je prouve d'une part que le fragment en question ne peut se placer ailleurs; et, de l'autre, je viens de montrer à présent qu'il est matériellement possible de le placer ict. Voici maintenant ce qui reste de la strophe VIII : 60 NAM EMPE O 1 EE BOY EA Y EAN T EINE XPeor u . TEXQPANEAE 65 FATPOAI...I.L TANAEFOAIN On distingue d’abord cing mots, savoir : neune-, seßou[erv], SUTAVT- 3 LOU, RATIG-. L. 61. OLZEBOY U était apparemment placé à la fin de la première partie de la strophe. La restitution proposée par Fairbanks : co £8ou[À] n'est pas bonne.

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L. 62. AYZANT est placé de telle manière dans de vers qu'il doit être suivi de deux syllabes brèves. I] paraît impossible, eu égard au sens, d’y voir une forme du participe Övsas, ayant submerge. C'est donc à l’adjectif Buodvens que nous avons affaire ici. Ausavers signifie : difficile à affronter. dangereux, terrible. Le lexique d’Hesychius dit : ôvsdvrex * #9%eoû, et : Susavens * row geta, paken, Ovaandventos. On n'a pas signalé jusqu'à présent l'adjectif Gusév-ns dans les auteurs antérieurs à Oppien et Nonnos ; Susäv-ntos, aussi, ne se rencontre pas avant Plutarque et Lucien. Cependant, si le lexicographe accorde une place à l'adjectif Susavers, c'est que celui-ci remonte au moins à l'époque hellénistique. De plus, ousayrrs ne saurait guère être plus récent que sùávens (1) dont nos lexiques signalent un exemple certain (2) dans Apollonius de Rhodes: LA ms AIE GO Ow AVAFSTEN vuxrtıroinv, dovinv, eudvrer Gouvar Eonouriv (3). Les commentateurs rapportent l'adjectif eödvrea à £voousv, et lui attribuent le sens de favorable, ou aisé. Je crois pour moi qu'il faut le rapporter à dGvasozv. Hécaté, car c'est elle, est invoquée ici par Médée sous les vocables vuxzinohos, ybovin et (1) A côlé de eddvrns, on a eùivenvos, qui se rencontre, sans compter les passages que je citerai ci-après dans le texte, dans les Hymnes orphiques, dont la date approximative n’est pas encore définitivement fixée, (III, 13 ; XXXI, 7; 14}: dans une épigramme de Chalcédon, qui semble dater environ du commencement de notre ère (CIG, 3797 = Greek Inscript. in the Brit. Mus., IV, 1012, Klio, XVIII, 1923, p. 373); dans une inscription de Nicopolis ad Istrum (AR. 4., XII, 1908, p. 53, n° 54); dans Nonnos (XXVH, 178; XXXV, 316), et ailleurs encore; cf. Weinreich, Athen. Mitt., XXXVII, 1912, p. 41, 1 et Arch. für Relig. Wiss., XVI, 1914, p. 525 sq. Edandvrr,tos se lit, dans le sens de: affable, dans un texte du ut siècle avant notre ère (Dittenberger, OGIS, 329, 26). (2) E3aven5 se lisait probablement dans Pindare (Paean., VET, 18; Or. Pap., V, p. 51: [edjavees: yonstipov). Je citerai plus bas un autre exemple certain de l'emploi de ce mot. Abel a rétabli par conjecture le vocatif ejavtég dans Hymn. Orph. X,11. Une inscription de Tenos, du commencement du ue siècle avant J.-C. (IG, XII, 5, 918, 1) nous fait connaitre un nom d'homme, Edxvriönz. Bechtel le dérive à tort de %vtn, prière, mot grec créé par Gottfried Hermann. Elavrlöns semble venir de eòdvens, comme on a Edxozuiôa à côté de eöxozuos, Eiradtönsä côté de eörabfs. Eorsoriôas à côté de eöteprús. (3) Apoll. Rhod. Argon, IV. 147 sq.

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evivens (1). De même, dans les Hymnes orphigues, Hécaté moofvaata (2) est appelée: evávente (3). Ce sont des appellations euphémiques (4), car les apparitions d'Hécaté passaient pour funestes : 7, Wuntous gave. gavtdouaciy healer sy pP” 5 ~ x a - © pe o Me O= 2 PN Pay a POS x «a Rr akhoxórors 4 1Òéars ODS TUTOY EXTIOPAYOYTA. … ara Sopoerdia vuxra (5). Je citerai encore quelques textes qui ont trait à la déesse 'Avrata, laquelle est identifiée tantôt avec Hécaté, tantôt avec Rhéa : | Hesych. s. v. 'Avzaia: at Thv ‘Exäsnv GE 'Avralav Àéyoust; Hymn. Orph., XLI, A sqq.: ’Avrain, Basircwa, hed, rovwvunes, uñtec , r ~ 9 = ~ > EJ davarav re Bev nok Iatav avhoorwy,… and, Vek, Aitoual se, nohuAkieen, Basidera, sa > > 3 4 , eAfiets zuavenTov En europ Tea num. ta hd “ ~ , , ~ ar Apoll. Rhod., Argon., I, 1444 : avrain Gatpwv; Schol. :n "Pix outw Atyeran; Etym. Magn., p. 388, 36: Eùávrnzos * 7, ‘Péa (6) (1) Mon interprétation est confirmée par le scholiaste, qui dit : edävrex eddventov wat esetihacroy clanavtntoy. 68 thy Dans un autre passage des Argonautigzes (IH, 862), Médée invoque Hécaté, sous le pom de Brimo, en ces termes: Bou vuxtindrov, /Oovirv, eveoorsty dvagoay, (2) Cf. Procl. Hymn.. VI, 2. (3) Hymn. Orph., 11, 5. Cf. Hymnus in p. 682), 8: Hecaten (Bergk, Poet. Lyr. Gr., UN, Erhorg edaver,tos Ep nueripnsı Bundals. (4) Cf. Gruppe, Griech. Myth., p. 1539, 2. — Autres appellations euphémiques d'Hécaté: MetAwvon, Kadfiser, Eüxohvn, épavr& (Delatte, Et. sur la litt. pythagoricienne, p. 146). (5) Hymn. Orph., LXX, 6 sqq. (6) Cf. Nonn. Dion., XLIV, 256 sqq. : Hepsepévr, wer gev “Epis... ai G2 Aros yOovioto Éusivrei veduart ‘Pains Eögeviôes Ile/Oños Erestpatowvro pence. Les éditeurs corrigentla lecon des manuscrits ‘Peins, le plus souvent en xöper;. Tiedke (Herm., LVIII, 1923, p. 347) propose : vuuors, épouse. Ne doit-on pas tra-

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"Ayzatav vino authy éxdhouy Où SuTavTnTOY Elva, Hat Tois aravroaty Ev sols Goea. GuTysoaivery (1); IG, II, 136 inscription du zò Pirée de l'époque impériale), 2 sq.: Muze: i ov Evaven ‘lazotvn “Apoosizn (l'éditeur écrit à tort : evavz7 (tq) 51 vayven est un iotacisme; l'orthographe correcte eût été Eù4vze.) (2); ibid., 134: 137 (mème provenance) : Mazo: hey Evayveico Etxsostvn (3). A côté de sd%vrns, on trouve le verbe zsvavreiv. Callimaque s'en est servi dans une invocation à Artemis: raise uf HOEOUTA, 2} wak edavencoy woos (4 JUDE, MEY AGL EUXVTNTOY azoLo7 (4). Frappé par cet 22 stonpgvov, Cobet considérait evavzety comme un mot créé par Callimaque lui-méme (5). On peut dire aujourd’hui que c'est tout ce qu'il y a de plus improbable. Philodamos écrit ¢usxyens en 335, Callimaque a evavzetv vers l'an 275, Apollonius dit eùávens vers 260. Que ce soient des néologismes, ou plutôt des termes empruntés à quelque vocabulaire religieux d'une haute antiquité, Òvadvens, evavens et syxyzeiy appartiennent donc sans doute possible au langage poétique de la première période hellénistique. L. 63. Si nous considérons ZIN comme la terminaison d'un mot, la suite: EXPOOT se trouve ne donner aucun sens. Selon Weil, c’est le lapicide qui est en faute: le premier ©, surajouté, devait remplacer le P. Le poète aurait écrit &/#osor-. A mon avis, le lapicide na pas commis d'erreur. Pour déterminer le sens de ZINEXPOOTU, il faut suivre le raisonnement que voici. duire: « les Euménides, filles de Zeus Chthonios (cf. Hymn. Orph., LXIX,8: “AiZew ybdvix:; LXX, 2 : zyval Quyatéess ueyähot Ads /hovioro), obéissant au signe de tête de la terrible Rhéa... », en admettant que le poète s'est plu à identifier Rhéa et Perséphoné ? Cf. Orph. Argon.. 555 sq. Aivéupoy abrix" Enerta Péns Eôos sioavañauytes thagpots fepoic Mains âpéaasde Byars. (4) CF. Wilamowitz, Hellenist. Dichtung, VW, p. 6t, 1 (2) Cf. K. Keil, Philol., XXIIL, 1866, p. 607. (3} Cf. Dieterich, De hymnis Orphicis, p. 14 sq. ; Keil-Premerstein, Wien. Akad., LIL, 1908, p. 82, n° 179. (4) Callim. Hymn., UT, 268. (5) Mnemos., X, 1861, p. 437. Denkschr.

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D'abord, il semble impossible que le groupe OO (1) ait été bien lu. Le lapicide ne peut guère avoir gravé sur la pierre cinq consonnes à la suite l’une de l'autre. Sur l’estampage, je ne vois pas de point dans le premier O. J’en découvre un dans le second, mais qui n’est pas placé au juste milieu; ce doit être un simple petit creux dû à la dégradation de la surface de la pierre par Vhumidité. Il faut donc lire OO. Ceci posé, demandons-nous de quelle facon pourrait s'expliquer la présence d'un groupe POOP dans un texte d'une époque où la contraction des voyelles est absolument de règle. Cela semble impossible, à moins d'admettre une apocope après le premier O. On en vient ainsi à envisager la possibilité de lire 26, c'est à dire une forme du substantif -yows, peau. Que faire alors des caractères qui précèdent: ZINE? Il devient clair maintenant que ces quatre lettres font corps: il faut renoncer à voir dans ZIN une terminaison de mot. ZINE ne peut se rapporter qu'au verbe siveshar, blesser. On serait, peut-être, un instant tenté de restituer : léjotve -/00° ; seulement le verbe sivoue. n'est usité qu'au moyen. Reste alors une seule et dernière possibilité : nous avons affaire à un nom composé (2), swvéyso (== sivsypox) est l'accusatif du singulier ou le neutre pluriel d'un adjectif sıvey/pws, blessant la peau. Pareil adjectif, il est vrai, n’est pas connu par ailleurs; mais son analogie frappante avec l’Epithete- homérique zagezig poa (pahxóv) (3) suffit pour nous mettre à l’abri de la critique, si nous admettons son existence. L. 64: TEXQPANEAE. La syllabe 2e- doit être longue et suivie d'un anapeste. Quel peut donc avoirété le mot commencant par EAE? Je ne vois que heufiegos, 2deusouar, £heïy, qui puissent satisfaire aux exigences du vers et du sens. Nous (1; Ces deux caractères sont plus petits que les autres. Ils occupent ensemble la place réguliérement remplie par une seule lettre. (2) Pour la forme, on comparera ôxxéñuuos, sepéxxcros etc.; cf. BrugmannThumb, Griech. Gramm., p. 199. (3) Hom. Il, IV, 514 | XXIII, 803. Cf. ibid., XIII, 340; 501 ; 649 : 830 ; XV, 316; XVI, 764 ; XI, 571 sqq. : tk 63 Gotex... rioos ox Aeuwdv Eraupelv, dv vain tecavts Arharóueva yoods sut; XXI, 70; 168; Theocr., XXV, 279: saucoiypoos twy oto,

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venons de rencontrer une épithèle ayant trait, selon toute probabilité, à des armes de guerre; „wgav &elty] (1) rentrerait dans le même ordre d'idées. _L. 65. La copie donne PATPQ1... Je constate sur l’estampage que la dernière lettre est sûrement un Z. Le texte portait donc Tatowars ou narpwors. C'était là le mot final de la seconde partie de la strophe. Voila, je crois, ce que l'on peut tirer des restes dela strophe VIII. Tout en sachant ce que l’interpretation détaillée de fragments aussi courts a d’aléatoire et de dangereux, je ne puis me défendre de l'impression qu’il était question ici d'une entreprise militaire difficile ayant pour but la conquête, ou l'occupation, d'un pays ennemi. Téurs, ou meunélzw: (1. 60), pourrait s'entendre de quelque divinité protectrice que le poéle suppliait d’accompagner et de guider le chef de l’armée. Or, de quelle guerre pourrait-il êlre parlé dans le péan de Philodamos, si tant est qu'il a étéécrit au commencement du printemps de 335 ? Ce ne pouvait étre que de l’expédition d Alexandre contre les Illyriens et les Triballes, affaire à quoi il s’engageait précisément alors (2). Il s'agit des opérations projetées jusqu’au Danube, et dont le prince allait être rappelé, l’été venu, par la révolte de ses alliés grecs. Dans xatom!..]s je soupconnerais une allusion à Philippe, sur les traces duquel Alexandre allait marcher (3). . _ Il me reste encore à prouver que le fragment que j’assigne à la strophe VIT ne peut appartenir à la strophe VIII. Si Pon veut l’y réunir, on obtient ceci : 60 NAT EE Mr E ‚ 2 E A zZ 6 ax 7 OI ZEE BO Y[s : \}J: EYOIO1[e wt A ZAYZANT = INE X POOT u en 2x t x vl] O - M A K A 1 TAZOITPAÄA (1) Cf. Soph. Trach., 240 sq. (2) Arr. Anab, 1,4: äux 62 zo Tor Ehaiver Ext Bonn és TorBarkous wai IAAverous. (3) Philippe avait fait la même campagne en 339.

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TEXQOQPANEAE.YOPONN F TATPA TI .|:)z1 Elz x tav t 8 , T ANA ho EFO A 2 +t 3 w 7 vo 9 w v| IN Or, il est, à mon sens, impossible de tirer un sens quelconque des lignes 62, 63 et 64, ainsi constituées, ou même d'y retrouver les séries de syllabes brèves et longues que le métre exige. Weil (1) mentionne, en outre, le fragment suivant : VU m» D m x Û H / A AN QA PAA Pour en déterminer la place, il nous faut d'abord examiner s’il contient quelque partie des deux refrains qui reviennent dans chaque strophe. ANAE pourrait faire partie du refrain : cade TOI zukass’. Mais en partant de cette hypothèse, on ne réussit à placer le fragment nulle part. Si l'on admet, au contraire, que le fragment ne conlient rien des deux refrains, on ne peut le placer que dans la partie gauche d’une strophe, parce quil compte quatre lignes, et que, dans la partie droite de chaque strophe, il n'y a gu’un intervalle de trois lignes entre les deux refrains. Cette observation suffit pour attribuer le fragment à Ja strophe IV. Voici la combinaison la plus probable : 29 ee eee AEKAIXOPOIZF....... Al zZ IXPH -EK SE +. AEA/...... ‚il ev ce otw 1 eee HJANAE IO PA A 30 ...Y@O.. YP .A-TO...N.... EYPPNIV:2 -Lt ty MT Al)la v:dıswrup] D Y À A Eler zt ove Ser Ye v) [jYlvo A Gud (1) BCH, XXI, 1897, p. 513. BCH, XLIX (1925). . À 9 Banxnyorenas

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SrropHE IX 105 Exrerdsar tk molalkuw 'AupixTuóvas QYeos} zedeuet sayos, wis errJabohos ny Wél Tas) wardi, £ - hal a À LA je Evot © [6 Bjax,’ © te a 110 Q- M x x Gergaı] 8° sv Sevier Ereiors hie'av leon éven suvalum - x rar e nr « ~ ! » mc! , rn - RA VONN MULS TRETEN NIS. le Marty x. =. €. Vs. 108-108. Pour Weil, le sens littéral de ces lignes était le suivant: « Le dieu ordonne que les Amphictyons achévent promptement leurs démarches, afin que le mois convenable retienne les pèlerins. » En d'autres termes, le poète aurait voulu dire à peu près : Foracle invite les Amphictyons à mener incessamment à bien les démarches qu’ils ont commencées pour favoriser l'affluence des étrangers à Delphes, en assurant la célébration des Pythies à la date fixée par l'usage, c’est à dire au mois Boukatios. Ce qui est bizarre là dedans, c'est, avant tout, le rôle attribué à l’oracle. Le conseil des Amphictyons, évidemment. s'efforcait toujours, de son propre mouvement, de faire réussir la fête des Pythies, et d’y attirer le plus de monde possible. Il v allait de son intérêt. L’oracle n'avait guère besoin de lui recommander d’être diligent en cela. Du reste, à quelles démarches spéciales des Amphietyons serait-il fait allusion? Weil a pensé pouvoir en préciser la nature. 11 s’agissait, selon lui, de l'achèvement de la construction d'une partie du sanctuaire de Delphes, particulièrement consacrée à Bacchus, et qui devait être inauguree à la grande fête des Pythies. Ii ne se peut pas que Weil ait vu juste en cela. Dans le temple d’Apollon qu'on était occupé à réédifier en 335, il y avait

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assurément le tombeau de Dionysos (1), mais il ny avait pas, il ne pouvait guére y avoir une partie spécialement consacrée à Bacchus. Du reste, comme un temple grec n’est pas un ensemble de constructions diverses, mais un édifice unique pourvu d'un seul toit, j'ai peine à imaginer qu'on eût pu en inaugurer une partie alors que le tout était si loin d'être achevé. J'ajoute que le terme mo%f1s, étant donné le rôle que Weil prête aux Amphictyons, ne paraîtrait pas bien choisi.[Ioäls se dit de négociations, de pourparlers, et de toute espèce d'affaires qui se traitent entre égaux. Or, si le conseil des Amphictyons, auquel était confiée l'intendance du sanctuaire de Delphes, avait voulu hater la construction du temple, ce n'est pas une prière, ce sont des ordres qu'il aurait adressés aux architectes et aux naopes. Quelque importance qu’ait pu prendre la commission de ces derniers, il est clair que l’oracle n’a pu recommander au conseil amphictyonique de traiter avec elle comme de puissance à puissance. Je me suis demandé, en conséquence, s’il serait possible de modifier l'explication de Weil: en ce sens que 7925.5 devrait s'entendre de véritables négociations avec un ou plusieurs états grecs, auxquels les Amphiclyons auraient demandé libre passage pour les théores des jeux pythiques. Les difficultés que je viens de signaler seraient ainsi évitées. Mais il en surgirait une autre, en revanche. En 335, comme pendant tout le règne d'Alexandre, la Grèce a connu une paix forcée; aussi les théores n'ont-ils dû rencontrer nul obstacle sur leur chemin, ce temps-là. Vs. 107. La restitution o/s; ¢x}260i0¢ ne laisse pas place au doute. Je vois même sur lestampage la barre inférieure du = final de ®s. Mais a-t-on le droit d'attribuer, comme l'a fait Weil, à éexadohos le sens de convenable, approprié, indiqué par l'usage? Je n’en suis nullement sûr. ’Er460)0; a, d'abord, un sens aclif, qui est assez fréquent; il signifie : qui met la main (1) Philoch., frg. 22 (FIG, 1, p. 387) : Estiv ifaiv try tasty zùvoù Eu Achpols nao rdv "AzdhAwva Tv yousodv. Cf. Paus., X, 24, 5 : & Dè 760 vaal te isutdtew, raciasi te és aûTÒ CAlyot wal yousody 'AnóAAwvos Erepov Zvakua avdxertar.

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sur (1), gui a part à, maitre de, en possession de, en Etat de. Le sens passif correspondant est infiniment rare; c'est celui de : sur quoi on peut mettre la main, qui est à la portée de, accessible à. dans le pouvoir de. On le rencontre sculement (2), à ma connaissance, chez Apollonius de Rhodes, dans les trois passages que voici : 4° Argon., 1, 694: ~ \ m. 4 x a Ee “oF hl YYy Vos On, TASH TOSTLY ENTOGAOS ETT » OAEWST, « car voici le salut qui s'offre à vous, sur lequel il ne dépend que de vous de mettre la main. » 2° Ibid., 1, 1280 : el ze Kat AAAOLN, Ths En/,Gor0g Esser Gout, bid « ou si quelque autre manière d’engager l'affaire se présentera, paraîtra possible ». Le scoliaste, qui ne fait pas autorité en pareille matière, explique ici 27460405 par zacanrg, et il ajoute : astm xa “Aucotas anddexsy ev tats Drossaıs. Il est intéressant de constater que le grammairien Amérias, que l'on croit antérieur à Aristarque, estimait devoir expliquer le sens passif de enr‚bodos. C'est apparemment parce que ce sens là a toujours été extrêmement rare dans les auteurs, même à l'époque hellénistique. 7 oO. n un , OS 190%, TAVTETT. ©? 3° Ibid., IV, 1380 : in en ~ THGOAGS TYGLIE Ts, « ainsi parla-t-il, et le projet (de transporter PArgo par voie de terre en la prenant sur les épaules) leur parut à tous exécutable. » (1) Je préfère cette explication à celle des grammairiens anciens, d'après laquelle le sens premier de ërfbohos serait : qui frappe le but. (2) L'orateur Hyperide a peut-être, lui aussi, employé 27606 au sens passif. Hermogène lui reproche l'emploi de ce mot en ces termes (ep! ideev, MI, p. 397 Rabe) : tS:0v 62 ‘Yreginu zò ual vais Melesıy averdéoteodyv Tws ai apereozzoov ypf,oda:, Gores brav LOYOTATOS Néyr, MAL YA ES pYA AA ERAOUROÉCELY rai iotnhordrnTar na T6 ohNS zal üsa rot20Tx. Or, ériéohos est dans Homère, Hérodote. Eschyle, Sophocle, Platon, Callimaque, etc., seulement toujours au sens actif. Hermogène a donc peut-être en vue l'emploi de érñ6ohos au sens passif.

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Dans un quatrième passage du même auteur, le sens de èxt6ohos est également passif, mais, pour le reste, foncièrement différent. Apollonius appelle la borne que les chars doivent contourner dans l'hippodrome : érr60)0$ Apuarı vas (Argon., IV, 1272). Or, éx7Goros se dit, nous l’avons vu, de ce que l'on peut atteindre, alors que le sens devrait être ici : ce qui doit être atteint. Comme cela ne se concilie guère, il nous faut chercher, pour ce quatrième passage, un autre sens premier. “Em6s))ew signifie assez souvent: amposer (une contribution, une amende, une peine); d'après cette analogie, èrn- 6vhos peut avoir le sens de: wnposé, donné pour but. 'Enúbohos Hours vóosa pourrait se rendre en latin par : meta curribus statut. En résumé, nous connaissons en tout quatre ou cinq exemples de l'emploi de ërr6070$ au sens passif, lesquels se rencontrent tous entre 335 et 260 avant notre ère. Il s’agit ici d'une locution qui n’est pas classique, et qui n’a pas prévalu non plus chez les auteurs de l’époque hellénistique. Je ne crois done pas, toutes choses pesées, que uv irééchos puisse signifier « le mois convenable ». Il est vrai que d'après Hésychius znıräreıns et enúbohos sont synonymes, ou, tout au moins, demi-synonymes. Mais c'est là une assertion du lexicographe qui n’est pas confirmée par les textes existants. Tout au plus doit-on concéder que le sens de êrzú6o%os peut approcher de celui de én7742106, . Vs. 408 : txé[sas] xur#syr. Il me semble douteux que le poète ait pu appeler \zerar, suppliants, les théores qui se réunissaient aux Pythies, altirés par la splendeur des fétes et des jeux. Weil ne s’est pas prononcé sur le sens qu'il attribuait à zaan ft. Kaséety ne signifie jamais recevoir. Le seul sens du verbe qui cadre en quelque mesure avec l'interprétation de Weil me semble être celui de retenir (1). Mais, sinous prenons ce sens-la, il faudruit avouer que le poète s’est exprimé d’une Ay Cf. e. g. Xen. Memor., 11,6, 11.

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facon peu heureuse : passe encore s’il disait que les efforts des Amphictyons devaient tendre à attirer les étrangers; mais a-til pu écrire uniquement : à les retenir, ce qui reviendrait presque à dire, à empêcher qu'ils ne repartent bientôt, mécontents et désillusionnés ? Je conclus que l'explication proposée par Weil est inadmissible tant par rapport au sens général du passage, qu’eu égard à l'interprétation des détails. Nous devrons, je crois, adopter une explication différente et, aussi, une autre lecon pour la fin du passage. L'examen des estampages confirme l'exactitude de la copie de MM. Homolle et Bourguet, sauf sur un point. Je ne lis pas comme eux : KATAZXHI, mais KATAZ.HI. Le sixième caractère est entièrement effacé; ce sont les éraflures de la pierre qui donnent vagueinent l'illusion d'un X. Rien n'empêche donc de restituer : x2:25{-jñ. 11 est loisible aussi d'écrire iré[ sers] au lieu de ixé[rus] (1), puisque ce mot se trouve placé à la fin d’une ligne du texte épigraphique et que, par conséquent, le nombre des lettres manquantes n’est pas exactement déterminé. Ainsi reconstitué, le passage se lit comme suit : CN e ‚ Mrv Waelzars Ji n'est pas question d'un mois du calendrier, mais du dieu Mr en personne. Il s'agit de l'introduction officielle de son culte à Delphes. «Apollon ordonne que les Amphictyons hâtent leurs démarches pour que Mén devienne accessible à ses fidèles », en d'autres termes, afin que dorénavant ceux qui veulent implorer le secours de Mén, n’aient plus & le chercher au loin, mais qu'ils puissent l’adorer sur place, comme une divinité présente au milieu d’eux. On comprend maintenant le mot =o%§ts : Jes Amphictyons avaient dû engager des pourparlers avec quelque sanctuaire de Mén à l'étranger — il n’y en avait pas en Gréce a cette époque — pour le prier de préter (1) Fournier, si je ne me trompe, a assuré à Weil que le bas du T et l'A entier de ixé[taic] étaient lisibles sur la pierre (BCH, XXI, 1897, p. 511). Je ne les vois pas sur mes estampages.

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LE PÉAN DELPHIQUE DIONYSOS 449 son concours à l'institution dun même culte à Delphes. Weil a inféré de la IX® strophe que le péan de Philodamos a été chanté à Delphes au printemps d'une deuxième année olympique (1). Cette conclusion. fondée sur la mention présumée de la fête des Pythies au vs. 107 et suivant. est désormais caduque. J'aurai à répondre à la question de savoir pour quelle raison le culte de Men a été introduit à Delphes à l’époque d'Alexandre. Mais je m'en vais auparavant expliquer la seconde partie du texte de la strophe. Elle confirmera mon interprétation de la première péricope. Vs. 110-113. Pour Weil, la deuxième moitié de la strophe avait peu de rapports avec la première. C'était comme un second oracle d’Apollon faisant suite au premier. Si je comprends bien la portée des notes succinctes du savant philologue, Weil traduisait à peu près comme suit : « (Apollon ordonne) qu'aux Théoxénies on exhibe le présent hymne à son divin frère, et qu'on annonce un sacrifice en son honneur »; en d'autres termes, qu'on ajoute aux solennités des Théoxénies, fête apollonienne, un sacrifice à Dionysos. Fairbanks (2) a compris le passage un peu différemment, puisqu'il applique les mots tep® évet ouvaiuw non à Dionysos, mais à Apollon. Pareille interprétation est possible grammaticalement, si l'on détache l'infinitif Set£ar de eos xekever (3), en lui donnant la valeur d'un impératif, de manière à traduire : «on exhibera aux Théoxénies le présent hymne au frère divin (de Dionysos) », c'est à dire à Apollon. Mais elle offre un très grand inconvénient : c'est que le sacrifice dont la mention suit viendrait, en ce cas, se rapporter grammaticalement à Apollon, alors que le sens exige qu'il ait trait à Dionysos. Je puis donc me borner à examiner l'opinion de Weil. La manière de voir de ce dernier me paraît inadmissible pour trois raisons. Je les indiquerai ici sommaire(4) Cf. BCH, XL VIH, 1924, p. 101 sq. (2) Fairbanks, A Study of the greek Paean, p. 141. (3) C'est ce que Weil n'avait pas in fine. voulu faire; cf. BCH, XIX,

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ment; car jaurai à revenir plus loin, de mon côté, sur les mêmes questions. léver suvaiuw, quoi qu'en dise Weil, ne peut avoir en grec le sens de 262/09. Le mot yévos, accompagné d'un nom propre ou d’un substantif mis au génitif, se prend dans le sens de progéniture, de rejeton ; mais jamais dans celui de frère ou de parent collatéral. Ousiay suive n’est pas une locution connue. La leçon Buls]iav n’a d'ailleurs été obtenue par Weil que grâce à un changement arbitraire du texte qui lui avait été transmis. La copie du Bulletin porte OY.PAN. Pour ma part, je lis O:.PAN, et je propose de ponctuer comme suit : VEVEL TUYOLILG > LEOG 4 U s’agit toujours de Mén, comme on peut le voir ici et comme je le prouverai plus bas par une restitution certaine du vers 114. Mèn doit être introduit auprès des autres dieux quand ils seront assemblés au banquet des Théoxénies, et recevoir à Delphes les honneurs et le culte qui lui sont dus. Je traduis : « (Apollon ordonne) qu'aux Théoxénies on le présente aux dieux, ses parents, et qu'on lui chante un hymne...» U importait de fixer d'abord la construction et la coupe de la phrase. Je passe maintenant aux observations de détail. Vs. 110 : defaut). La restitution est due à Weil. C'est apparemment la seule possible. Aerxyüvor tive signifie parfois présenter quelqu'un, introduire quelqu'un auprès d’autres personnes (1). Vs. 110 sq. : Eeviors... Nlejov. Pindare s’est servi de la même périphrase dans son péan en l'honneur des Delphiens Eoxizar) GF mole) ” a ep LA VAOTTS REALTOS ZWTOY (A) Cf. Soph. El, 492 : matoi u’ os Geikng oihw: Af. 567 sqq. De même, Sroûctxvüyat, Plut. Quaest. Conv, VII, 1, 3: Zevoobv osx Aszusdr... thy vehwtorotdy véowy dDiarrrov.., Omodetga. tots aveoze:. Voir les lexiques grecs de Passow et de Liddell et Scott s. v.

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~ 424 7 vaunuy [natay estaba: ayove Aoëta xx x62 + ~ rr 7 Pl + evouy gv Bev Sévex (1). hl a La fête des @eo5iv.a est connue par un assez grand nombre de textes, épigraphiques (2; ct autres (3). On a beaucoup écrit sur elle, sans parvenir à se mettre d'accord sur toutes les questions attenantes (4). G'était une féte donnée, en quelque sorte, par Apollon (5; les autres dieux y étaient conviés en qualité d'hôtes (6). Le sacrifice qu'on y faisait pour la prospérité de l'Hellade entière est mentionné par Pindare (7), par Polémon et dans les textes épigraphiques; il était suivi d’un banquet. C’est à cette réunion solennelle des dieux que le dieu nouveau dont on souhaitait et préparait installation à Delphes, allait être invité, afin d’y être, pour ainsi dire. officiellement présenté à ses pairs. Il est juste de supposer que l’on assem(1) Pind. Paean., VL, 58-61. Les éditeurs écrivent à tort : Aoffz, et : év Oev Evia. L'auteur veut dire : »xraßavrı wo: sis thy ebolv àvoux tod Aofiou, eis tk Ocoïéve. Cf. ibid., vs. 13 sqy.: warehav.. %ho0s ‘ArGhAwvos ; Nem., II, 23 : Aros aves; Isihm., VAN, 67: Ahuaôdou © avers Pyth, X, 30 : "Vreobosewv ayóva. (2) SGDI, 2561 (inscription des Labyades, commencement du ive s.j, D 3 sqq. : Hotvar GE [vlaiôfe vRauımlo:‘... Beotevia... ; 2722 (= Syll.3, 450, vers 227 avant J.-C.), 1. 2 sqq. : Kieozaons... yéyoaue th Get wolddiov te val nardva wal Üuvoyv, Grws äâwver of maïôes TH Ducia thy Henksvioy; ibid.. 1. 6: 2756 (fin du wie siècle avant notre ère), I. 1 sq. : £re:ôn “Eopondts... tov “eoxtipa éxdoxse toy Ipyüneov torts eozevior... [férodote (1, 51: appelle la méme fête Bsosiux. ; 13, Polemo, ap. Athen., IX, p. 372, A: raox Aehgols tH Ousia thy Hanzeviov Plut. Mor., p. 557, F. (4 Voir surtout Nillson, (iriech. Feste, p. 160 sqq., et Wilamowitz, Pindaros, p- 128 sqq. Weniger (Archiv für Relig. Wiss., XXII, 1923/4, p. 32 sqq.) ne s'est pas servi des renseignements fournis par le Vie pan de Pindare. (5) Cf. Hesych. : Geukéuix, ‘Arúhhuvos Eoatf,; BCH, XLVHI, 1924, p. 106, 2. (6) Les héros aussi paraissent avoir té invités a la fête. Cf. Pind. Nem., VII, 46 sq. : Néoptolémos est censé présider au banquet des héros à Delphes, f,pofaus Si nourals Beurorónov stuciv Eóvra mokhubúrois ; Schol.: yivera: G2 Aehvors Tower dvix av ofz Anne? 6 Beds emt £évix varelv Tous Fowas. Les cérémonies ont d'ailleurs pu durer plusieurs jours. Le banquet des héros peut avoir été fixé à un autre jour que le banquet des dieux. (7) Pind. Paean., VI, 62 : Odera: yao ayAxds Into Mavennicos. Ce sacrifice a du gagner singulièrement en actualité, depuis que Philippe eut formé, en 338, une ligue nationale, qui comprenait effectivement presque tous les états grecs,

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blait, à cel effet, les images des dieux à l'endroit où se faisait le sacrifice. | Les Théoxénies se célébraient au mois @ecéévios ou Oeusévios (Mars-Avril). Le péan de Philodamos a été chanté au printemps, ainsi que cela est dit expressément au vs. 3 et suiv. : rptvalts].. [sais] Leoats ev boats (1. Il semble extrêmement probable qu'il a été composé en vue d’une fête dionysiaque qui venait d’être instituée par l'oracle, et dont il était question dans la strophe VI (2). La date de cette fête ne peut évidemment avoir été très éloignée de celle des Théoxénies. Elle a dû vraisemblablement précéder ou suivre de peu. Mais il n'y a plus maintenant aucune raison de penser, comme on l'a fait jusqu'à présent, que c'est pour les Théoxénies elles-mêmes que le péan de Philodamos a été écrit (3). Les Théoxénies y sont seulement mentionnées d'une manière incidente. Lorsque le culte de Mên sera installé à Delphes, il y aura une cérémonie de réception le jour des Théoxénies. Voila tout. Vs. 140 sq. : êzelors. "Ereros est un mot poétique qui équivaut à énéverog en prose. Les Théoxénies étaient une fête annuelle. C’est ce qu’atteste également la scholie mutilée écrite en marge des vs. 62-64 du VIe Péan de Pindare (4) : ... &s xar pépt [sou vov ......| éxastlolu sous, La fête delphique appelée “Houts que mentionne Plutarque (5) n'a rien à faire avec les Théoxénies : elle était ennéatérique et avait un caractère mystique (SeusAns AY zis Avaywyhy EtxaTELE). Vs. AAA : Ofe]oyv eos yéver. Le genitif Gedy est placé and xo:vo5 : il dépend à la fois de Seviors et de yéver. On lit dans la Theogonie {1) Beaucoup de fêtes en l'honneur de Dionysos se célébraient au printemps ; cf. Farnell, Cults of the greek states, V, p. 200; Pind., frg. 75 sq. Cela n'a pu être le cas anciennement à Delphes, parce que Dionysos était censé n’y séjourner que pendant les mois d'hiver : au printemps Apollon faisait son entrée joyeuse. et Dionysos quittait la place. Cf. Pind., Pyth., IV, 5. (2) Vs. 68 sq. : nußöyen[stöv T°] iayav. V. plus haut p. 105. (3) Cf. BEH, XLVIU, 1924, p. 105 sq. (4) Ox. Pap., V, p. 43. (3) Plut. Quaest. Graee.. 12.

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d’Hesiode : 2Gavaztwy tesdy vévos (1). L’expression Seay yéves (2) ou Öxpôvwv yévos (3) est d'ailleurs d’un usage assez fréquent dans la poésie classique. Vs. 4111 : suvaiue. Mot poétique équivalant à suyyevei. Nous ignorons comment le poète s’est représenté la parenté de Men avec les dieux de l’Hellade. Nous ne connaissons même pas du tout la généalogie du dieu phrygien. Sabazios, que l’on identifiait parfois avec Men, avait pour parents, d'après Diodore, Zeus et Perséphoné (4). Je vois dans zuvaxigpo un des principaux arguments pour lesquels il est nécessaire de séparer les mots <évo” et Duvov l'un de l’autre. A moins d’adopter la ponctuation que je propose, on n’aura que le choix de traduire 8e&v teow yiver suvaiuw par : « au saint rejeton des dieux, son frère », ou bien par: « à la sainte famille des dieux ». Ni Pune ni l’autre des deux lraductions n'a la moindre probabilité. Toute difficulté disparaît au contraire, si l’on rapporte zóvòce à Mxv : le tesov évos des dieux esl appelé suvaruov, apparenté, à Men. Le poète veut que Mén soit le parent, et, partant, l'égal des dieux grecs. Vs. 112 : ove’. Le pronom 42: se rapporte parfois, en poésie, comme dans Hérodote (5), à un objet ou à une personne mentionnée dans ce qui précède (6). On a remarqué aussi que 46e se dit quelquefois de personnes pour lesquelles on éprouve un grand respect. et oövos de gens que l'on méprise {7). Nous avons 4} Hes. Theog., 21; 105. 2; Pind. Nem.. VI, 1; Soph. Ai., 399; Eur. Med. 147; Hipp., 7; Trag. fra. adesp., 99: Plat. Phaedr., p. 246, D. :3) Aesch. Sept., 236; Eur. Hec., 490 ; fry. 581, 2: Crit., frg. 1, 42. ‘4) Diod., IV, 4, 4 : außohoyolsı GE vives Hal Erepov Ardvyosns vevovévas moa Tis FEO, Tootsootvta TOUTOU * wast vio Ex Ass wal Peozepóvrs Atdvugey vevéshiat thy BRO tivwy Sabisinv Dvoualomevov. (5) Cf. Kühner-Gerth, Gramm. der griech. Sprache, 11, A. p. 646 sq. 6) Je me bornerai à un seul exemple, Eur., frg. 434: “Fows yip Avöpas 0) povov ênéoferar 058 ab vovalxas, AHA: “ai Geo Eve Woy ag yaodoser Karl movtoy Eoferar nai TOvÒ' ansloverv 027 4 mavandeng tAéves Zeus... (7) Cf. Kühner-Gerth, op. L., p. 644.

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peul-étre ici un exemple de cet emploi spécial de 6e (1). Il n'y aurait pas lieu, enfin, de s’étonner de ce que le poète a placé le complément direct <ovce à la fin de la phrase; il y a, dans Sophocle, plus d’un exemple d’un pareil ordre des mots (2). Vs. 112 : Gulsjiev. La copie du Bulletin porte OY.PAN. Je copierais sur l’estampage : ©1-PAN; le deuxième caractère est placé juste dans la cassure de deux fragments de la pierre qui se raccordent entre eux. Fournier a aflirm€ que la lecon Austov, à laquelle Weil était arrivé par conjecture, est confirmée par la pierre (3,. Avec les estampages sous les yeux, je doute que cela puisse être vrai. La lecon Gustav, d’ailleurs, présente un double inconvénient. D'abord, expression Austav oxivery serait, sinon inexplicable, du moins sans exemple. L’objection est grave. S'il avait existé en grec une locution poétique gatvers Gustav ayant à peu près le sens de: « offrir un sacrifice », il serait bien étonnant qu'elle ne se rencontrât nulle part dans les auteurs lyriques ou tragiques dont les écrits nous sont parvenus. Weil expliquail bustav gaivetv par : « annoncer un sacrifice, y convier d'avance ». Une telle locution lui semblait plus particulièrement dorienne : il comparait un terme de guerre des Lacédémoniens : œuiverv ooousavy, ce qui équivalait, selon lui, à xpoypagety srgarızv. Tel n’est cependant pas. quoi que d'aucuns aient dit, le véritable sens de patver goousay (4)- Cela ne signifie pas autre chose que : faire voir l'armée, c'est à dire faire une sortie, ou une pointe, contre l'ennemi. En second lieu, si l'on adopte la lecon de Weil, les mots üuvoy Gustav se trouveront former unc asyndele, le =: qui suit Gustav servant à relier l’infinitif zaivew à l'infinitif Sea. Une asyndète de cette sorte serait, pour ne pas dire impossible (5), du ff) Men a été considéré, du moins dans certains milieux, comme un dieu universel, témoin l'inscription de Saittai de Lydie : zis 6eds 24 otpxvots péyac, Miv OSoivios (Denkschr. der Wien. Akad. der Wiss., LIV, 1911, p.110, no 415. (2! Soph. Oed. Col., 874 sq. : Zw fix, wel podves eis, vóvde; Oed. Rex, 1147: 3. ut, 20ha%e, ToésSv, tavde; 619 : vôvar, Tf merke noullerv Gouwy +672 Eau; (33 V. BCH, XX, 1897, p. 11. (4; Voir Etienne, Thes. graec. ling. ed. Dindorf, VIII, p. 587 sq. {#3 Cf. Soph. Oed. Col.,481: Diatos uenrieers.

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moins insolite. Voilà les deux raisons d'ordre grammatical qui contribuent à me faire douter de la justesse de la lecon Au[ejiav. Nous devons en venir ainsi à nous demander si le 9 ne peut pas être lu 4, c'est à dire ze, ce qui supprimerait l’asyndete. Or, si nous partons de cette idée, la restitution qui se présentera d'abord à notre esprit sera celle-ci : Uuyoy 0 tieloay ze suive. Mais on la rejettera aussitot. Il ne serait pas inconcevable que Mén, en sa qualité de divinité androgyne (1), fût servi dans son sanctuaire par une femme (2). L'expression ‘tso4v oatvery pourrait à la rigueur se justifier (3). Mais un hymne et une ‘es (A), une diaconesse, sont choses disparates; il eût été grotesque de les associer. Force nous est donc de chercher une autre solution. Je voudrais diviser le groupe I.PAN en deux mots, de facon à lire : vuror D er N G° roo WED AV TE OULVELY, Mi A7 -n [4 mp c'eslà dire : Unvov re tesa ze Avazalverw, ef de chanter un hymne et @instituer des cérémontes de culte en son honneur. Pour tâcher de défendre cette manière de voir, on étudiera ici le sens et l'emploi des verbes zaivers el avacatvery, tant par rapport à Suvov (1) Plat. Symp., p. 190, B: Mymn. Orph., IX, A (Mey) ORACS ze wai doony; LVS, 4 sq.; Spartian. Caracalla, VH, 5; Quintil. De Mus., Ill, 158; Lobeck, Agluophamos, p. 932. La croyance, selon quoi la lune serail androgyne, est égyptienne (Plut. fs. ei Osir., 43: et orphique. (2) Cf. Macrob. Saturn., Vil, 8, 3 : Philochorus... adfirmat esse lunam et ei sacrificium eandem (sc. Venerem) facere viros cum veste muliebri, mulieres cum virili, quod eadem et mas aestimatur et femina; Stengel, Griech. Kallusalt., p- 34, 13. La femme qui figure à côté de Mén et de Pan sur le bas-relief attique publié par Smirnoff (voir BCH, XX, 1896, p. 78, fig. 5; Roscher, Lex. der Myth., If, p. 2733, fig. 10) pourrait être une prétresse, ou une ‘soi, de Mên ; mais il est plus probable que ce soit une Nymphe. (3) Cf. Soph. Trach., 642 sq.: gavetv Geots Burtox, faire voir, c'est à dire pré“senter un sacrificateur aux dieux; cf. $e{t£z:] au vs. 110 de notre hymne. (4) Pauly-Wissowa, feai-Encycl., NII, p. 1474 sq. : Theophr. Charact., XX VII, 9 : nai éoùv ieoës (on corrige à tort izoïs en étatoxs); Strab., XII, 36; Picard, Éphèse et Claros, p. 134 sq.

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W. VOLLGKAEF que par rapport à legd 4}, et, étant donné l'incertitude de la leçon, à Gustav. (baive.y Guvoy est une expression poétique assez usilée (2). Elle signifie : chanter un hymne. Dans cette locution, gatvery a passé du sens de faire voir à celui de faire entendre. Daiver lez, ou busisv, serait une expression inconnue. Je n’irais pas jusqu'à dire qu'elle serait incompréhensible, si elle se présentait, ou contraire au génie de la langue grecque. Le verbe oaive:v a. dès les temps les plus anciens, un grand nombre de sens divers dont voici la filiation, en ce qui nous concerne ici : 1° faire voir; 2° montrer: 3° indiquer du doigt; 4° désigner; 5° assigner; 6° accorder, offrir (3), donner. On approche notamment du sens de donner, dans les deux passages d’Homère que Voici : "Erevn GE feo yovoy ouxér’ Ecatvov (4), x r les dieux n'accordèrent plus d'enfants à Helene; cy . . ~ A ‚ae, Os els a HE zot ofvaT. Geo. xucory masanoımıy (5), jusqu'à ce que les dieux Faccordent une épouse. Si donc un poète grec avait dit Ausiav ou ‘sx ovivey dans le sens de: offrir un sacrifice, un culte, il n'y aurait pas lieu de s'en étonner grandement (6). Mais il n'en reste pas moins vrai que la locution saivet bead, du moins à ma connaissance, ne se lit nulle part. (1) Je ne fais pas état, en cette matière, des epigramınes du ne et du me siècle de notre ère que j'ai citées : BCH, XLVIU, 1924, p. 473 sq. 2; Hom. Od.. VIII, 499 : gaïve 9° Souîrv: Bacchyl., XII. 223 sq. : Sawov tive Téva visotmhdamy Bô) paivo, Aesch. Eumen.. 568 sq.; Soph. Antig., 1079 sq.: Apoll. Rhod. Argon., IV, 782: oatvé ze uöhov; Theoer. fd., IX, 28 : Moiga:, … vaivets à Wô4s.. (ce qui, quoi qu'en disent les commientateurs, signifie simplement : « Muses, chantez les chants »...}. Acıxzvivx:, aussi, se prend peut-être dans le méme sens; cf. Aleman., frg. 37: 7058’ 282d Mwsäv Ëôerkev GHpov uixxtox rachéyou % Sarà Meyxnosrp ata. (3) Soph. Trach., 239 : euxtaiz galvwy. (4) Hom. Od., IV, 12. (5) Ibid., XV, 26. (6; Il n'est guère possible de dire avec certitude quel est le sens premier des termes iepocavers et Gayioodvens; ef. Opp. Cyneg., IV, 248 sq. : mobta 3° Zoxıvov Opytx.

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LE PEAN DELPHIQUE A DIONYSOS ‘Avavatvery Duvoy équivaut exactement à ozivery Guvov (1). 'Avagrivers 125%, enfin, se justifie pleinement par l’analogie des passages suivants : 1° Marm. Par., 28 : Eguoanas ... TA PUTT roux NEE ANN] ev "Ersusiv ; 2° Hymn. Orph., LIU, 10: Gaver WURTWIAT, TEASTANG dy Lats5 AVSDAVY 5 è 3° Ibid., LXX VII, 8 : TOWTH 29 TEASTES avias Ayr TONS INEINVIS. Ces textes prouvent que, dès la première moitié du ru’ siècle avant notre ère, on a employé vazsivet dans le sens de fonder (un culte, des mystères), d'institwer (des fetes religieuses ou orgiastiques;. Ce sens semble découler de celui d’arcorder, dont il a été question plus haut. C'est ce qui ressort de passages tels we Eur. Bacch., 470: os, 05714: Anton. Liber. Metam., NV, 3: ou06var 594. et surtout, si je ne me trompe, du passage ~ Le] EN + LS G HIS N ° Ms suivant de l'{phigénie en Tauride : w ’ sa. Gustas, 1, M Ly YO Hos s% 097 6 , 9 FLIS eens ~ EAlne. 0100CD CALAIS ES (2). . ~ Le dernier vers est considéré comme inintelligible et corrompu, par les commentateurs, à l'exception de Patey. Aréous x Avazııye. équivaut à So! xa avacaiver, Je traduis : « Recois les sacrifices — impies aux yeux des Hellenes — que la loi du pays accorde et institue ». Si mon interprétation est bonne, ayacczivey, dans le sens de : instituer, remonte jusqu'au v* siècle , (1) Xenophan. ap. Athen., XI, p. 462, F. : Ds és0hx mov avapaien (il doit s'agir de chansons chantées pendant le sympusion; ; Aesch. Suppl., 829: Soav Ausxivw: Aristoph. Av., 144 sqq. : [3 vevuns Kovbfs us hé ‘2005s avacaive,. ‘2) Eur. Iph. Taur., 464 sqq.

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avant notre ère. On rencontre, du reste, œvañetxvüvaer tepá (1) dans le méme sens. | Nous avons donc parfaitement le droit de rendre avaoaiverv .esa (2), dans le péan delphique, par : instituer un culte. Seulement, si nous prenons ce parti, pouvons-nous persister néanmoins à entendre Uuvov Avasaivery dans le sens de chanter un hymne? ll me semble que oui. Je constaterais ici un exemple de la figure d’élocution connue sous le nom de zeugma. On ne peut nier que le sewyma, et en particulier le genre spécial de seugma que nous aurions ici, n'est pas rare dans les poétes grecs (3). Je remarque encore que ce n’est pas sans raison que l'infinitif de l’aoriste ÒstSat est suivi par l'infinitif du présent patver. Dans le premier cas, il s'agit d'une présentation qui ne peut avoir lieu qu’une seule fois; dans le second il est question d’un hymne dont l'audition pourra être répétée de temps en temps, voire même devenir un élément habituel du culte du nouveau dieu, et de solennités qui reviendront tous les ans (4). {4) Dioscoride {me siècle avant J.-C.), Anth. Pal., IX, 340 : Tine MITTE teok Tav KuBéhois molt’ dviderke Oz. Cf. Hymn. Orph., XXIV, 10: Duels vaa Tota, Tahiti ausüsitare Teven. 'Avaôcraviva. a aussi le sens de consacrer (aux dieux). (2) Le terme test peul se prendre dans le sens général de sacra, cérémonies du culte. Cf. Eur. Bacch., 485 : ta @ fs0a voxtwo 7 mel" fuéozv tenets; ‘so est ici un synonyme de ösr:x (ibid., 470, 476, 482); Syll.2, 651 (= Syll.8, 1050), inscription attique du ive siècle avant J.-C. : éretôt, ... suseBGs toy Tepav Eniue- Acita:, «ex frequentissima sermonis consuetudine omnia quae ad cultum dei spectant sacra caerimoniaeque hac appellatione comprehenduntur » (note de Dittenberger). (3) Cf. Kühner-Gerth, Griech. Gramm., I], 2, p. 570 sq. ; Bruhn, Soph. Anhang, p. 1143; Soph. Trach., 237 sq. : bolseta. Bouods Tern, 7’ Ernaara Kavaiw Asi; ibid., 353, avec la note de Biaydes. (4) Cf. CIG, 2715 (inscription de Stratonicée de l'époque impériale), 15 sqq.: Tòv … tepéa THs ‘Eutens natadréyetv … maïbas … Aeovras tov ouvfbr Guvov TT, Gem, “dw: Avmbev Eyévero,

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On m'objectera peut-être que si Fon écrit Gjvov tés’ Ay ze gaiveu, les mots ne seront pas placés dans leur ordre naturel. Ici, il importe de distinguer deux choses. On remarque dans ces mots, d'abord, une tmèse : 2v...saives, ensuite, une transposition, la conjonction zí devant normalement être placée immédiatement après !eoz. La tmèse est tout ce qu’il y a de plus usité dans les auteurs que Philodamos a surtout pris pour modèles, je veux dire dans les poètes lyriques et tragiques du v* siècle (1). La transposition de zé n'est pas non plus très rare (2). Ce qui frappe dans la lecon que je propose, c'est peutêtre la combinaison, dans un membre de phrase aussi court, de la tmèse et de Vhyperbate. Je ne crois pas cependant que l'on doive pour cela la rejeter. Vs. 113 sq. : sus “EX}ados a) Stas ma vous tasteturs. Pour établir le sens de ces deux lignes, je partirai de l’avant-dernier mot. La restitution zalvòlsgots est erronée, parce qu'elle contient une faute de dialecte : il faudrait xavözuoıs. Le péan tout entier est écrit dans le dialecte dorien; il serait vraiment inconcevable que le poète, en ce seul endroit, se fût servi d’une forme ionienne ou attique. Impossible aussi de mettre en cause le graveur de la stèle : à Delphes, au ıv“ siècle, tout le monde prononcait et écrivait 6&uos, et non Gñpuns. La copie du Bulletin porte PA.-HMOIZ. L’examen de l’estampage confirme la justesse de cette leçon; les deux premiers caractères sont très nets; les deux suivants sont détruits: les cinq derniers sont faiblement visibles. Je ferai cependant une réserve : le sixième caractère me paraît être N, et non M; les jambages ne sont pas légèrement obliques, mais perpendiculaires et le second jam(1) Il sutfira de citer quelques exemples : Eur. Hipp., 251 : and + osacba; Bacch., 80 : ava Güpzov te twadsowy ; 519 : ris robes 6 xéna0os ave ga’ Exdtarecev Eîiov ; (2) V. Pind. Ol., LIL, 18 : Suvòv Zußswrroıs grégavov + agetav; Bacchyl., XVII, 52 sqq. : _ , STOVE TOPLÚPEOV Stéovor; t Auvoi nal obarov Besoxhdv yhayus’. Theocr. Id., IV, 54 : vai, vat, tote OVDYEGTIV Eyw TE viv. BCH, XLIX (1925).

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bage se prolonge moins vers le bas que le premier. Il faut donc lire ra| uujivors. Cette restitution est certaine; car il n'y a pas en grec d'autre adjectif de huit lettres commencant par zaet se terminant en -nvos. L’adjectif zzupnvos (1), comme son synonyme ravzeı.vos (2), se rapporte à la pleine lune. Je reconnais dans rai uulñvots la preuve absolue de ma thèse qu'au vers 108 le mot MHN désigne le dieu Mên : le poète parle du culte de cette divinité jusqu’à la fin de la strophe. Je traduis: « qu’on lui chante un hymne et qu’on lui rende des honneurs coïncidant avec les supplications de la Grèce le jour de la pleine lune », ou, si l'on veut : «avec Vadoration de la pleine lune par les Grecs ». Vs. 440 : vv. Dans le langage poétique, notamment chez (1) Arat. Phaenom., 189 : vozt! vastvouévr, rauurvi! Kacoténeia ; Plut., De facie in orbe lunae, XXIE : tis sehtvrs, ite Zépunves éot:; Maneth. Apotelesm., IV, 545 : Tv 62 seAnvaly, xatéys, ndugrva xéhev0zx, Le mot räuurvos se lit, en outre, dans un passage connu de l'Electre de Sophocle (vs. 850 sqq.) : Kayo TOUS Tstwp, Lrepiotos RAVIVOTO TALPAVO TOAAGV way otuyvoy tT ay éwv, (Cf. Anth. Pal., VIII, 24 (épigramme de Grégoire de Nazianze), 4 : ayéwv ‘ztopa). On s'accorde généralement a attribuer, dans ces vers de Sophocle, un sens tout à fait different à riuunrves ich. raväuecus, Soph. Trach., 660). Je ne suis pas absolument convaincu que cela soit nécessaire. Happyyves pourrait ici tenir lieu d'un substantif désignant la pleine lune, comme c'est si souvent le cas pour mavséhrvos, Je traduirais : « Moi aussi je le sais, pius que personne je suis témoin avec Séléné d’une infinité de douleurs terribles et odieuses ». La lune est ravôsprrs, comme le soleil ; son œil grand ouvert voit tous les crimes et toutes les injustices; cf. Roscher, Lex. der Myth., H, p. 3138; Lucian., XLVI, 21 : xaito: nóox éyw cuvenistanar 20r0% Üsa TOATTOVT: THs VUXTOY aloyox KA xatarrusta. Mavouetos pourrait être une épithète de la lune, parce qu'elle est pärrg ypovov (Hymn. Orph., IX, 5) et que le temps, comme on dit, entraîne tout; cf. Synes. Hymn., IX, 62 sq. : 90705 ydovss Znyova supwv. Ma traduction ne me semble audacieuse qu'en un seul point; c'est que je prends Srepistwp dans le sens de orepsuviotrwp. Cf. Hesych. : téviow: uÁptupes ... ot G& auvistopes. | (2) Eur. Ion., 1155 : kóxdos ravséArvos; Aristot., Hist. anim., TAS VORTAS TRS HAVSTANVOUS,

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Pindare (1), la préposition svv marque parfois la simultanéité. Vs. 113 : ‘R))20os. Bien que le poète prétende rattacher Men par des liens de parenté aux dieux de Olympe, le dieu étranger ne pouvait en fait, au 1v° siècle, être mis au rang d'une divinité grecque, voire panhellénique. Mais on pouvait chercher à greffer son culte sur un culte déjà existant, puisque le peuple, en Grèce, avait depuis tout temps plus ou moins adoré la lune. C'est pourquoi loracle avait ordonné sagement que la fête du nouveau dieu lunaire coïncidât avec les fétes lunaires .... de la Grèce, dit le poète, trahissant ainsi, comme malgré lui, la nature exotique de Mén. " Le culte de la lune, pas plus que celui du soleil, n'a certes pas été prédominant dans la Grèce historique. Dans un passage de la Paix W’Aristophane (2), Trygée dit à Hermes : Séléné et Helios nous veulent du mal et trahissent l'Hellade pour les barbares ». « Pourquoi cela?» lui demande Hermès. Et PAthénien de répondre : « Parce que c'est à vous que nous sacrifions, à eux que sacrifient les barbares » (3). Aux temps classiques, il y avait longtemps que la lune et le soleil avaient cédé la première place à des divinités anthropomorphisées dont les origines premières ne transparaissaient plus guère. Il restait cependant beaucoup de traces de la vénération du peuple pour les corps célestes. Je dois me borner ici aux hommages rendus . à la pleine lune, et aux croyances attachées à celle-ci. Roscher, après avoir étudié spécialement les restes du culte de la June (A) Pind. Pyth., XI, 8 sqq. : Ods teck Webava te “eshachszet Kuga sv ESTÉOA: VILE, 7 : raro sùv atosxs?; IV, 10 : $440un Kat civ Gexata weven: frg. 4123, 2: avy Ahıniz; Bacchyl., X, 23 : weivw ye suv uaz.; XII, 95 sq. : 52% sauna ont "Aut; Eur. lon., 1582 : ov goóvw Terpmusvo; Duris ap. Steph. Byz. s. v. "Egesos : voet. sùv deteuzel; Theocr. Id., NIE, 4 : toit suv vont) zal dol. 2) Aristoph. Par, 406 sqq. (3) Cf. Herod., 1, 131 : Queue. o& (sc. of Iléosa:) til ze wal sekive, wal yf Ka: rupi wai Séac. wat Avdnoısıı Arr. Anab., MI, 7, 6 : 'ANEZavôons ve TT, Te erh, “ai zo AM “a tH vi. Dans un autre passage d’Herodote {V11,-37,, les Mages font entendre a Xerxès qu'ils considèrent le soleil comme le patron des Grecs, et la lune comme la protectrice des Perses. Au virt siècle de notre ère, le poète Georgios Pisidés appelle encore la lune 7, 3755 111, 1). deös vfs NMepaisos (Exped. Pers., A,

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chez les Grecs anciens (1), est allé jusqu'à admettre qu’anciennement tous les jours de pleine lune étaient consaerés à Séléné (2). Le savant allemand déclare fonder sa conviction, à cet égard, principalement sur le 32° hymne homérique (vs. 11 sq.), et sur le fragment 53 de Sappho; il y est question de femmes groupées autour d’un autel, une nuit de pleine June. Il se peut que Roscher ait deviné juste; mais les témoignages et les preuves allégués par lui ne sont, à la vérité, nullement péremptoires. Si certains sacrifices ont leur place dans le calendrier au milieu du mois, on n’est pas en droit de conclure de cela seul qu'on rendait anciennement un culte à la lune quand elle était dans son plein (3). On peut en dire autant des fêtes dont la célébration coïncidait avec la pleine lune; les Káovera (4) et les jeux olympiques (5; étaient dans ce cas. Seulement, après avoir écarté les preuves trompeuses et insuffisantes, reconnaissons qu’il reste d'autres indices dont il est permis de se servir en cette matière. Il n’est pas douteux que le jour de la pleine lune ait été considéré comme particulièrement sacré et propice. Voici un passage des Travaux d’Hésiode, jusqu'ici : mal compris zeto4ôt 6 Give wiley * neo nivrwvy ecdy Tao uéson (6). Ponctuées comme elles sont, ces deux courtes phrases semblent à peine intelligibles. Il faut lire apparemment : DEN LE TETOLOL Q Ton if x . . = N GLYE TG (rest TAVTOY LEGOY TURC) ‘ (1; Roscher, Ueber Selene und Verwandtes 1890}: Nachtrüge (1895); Lex. der Myth., s. v. Mondgöttin et Selene. (2) Roscher, Ueber Selene, p. 411: «Ein ... regelmässiges Monatsfest der Selene scheint der Vollmond gewesen zu sein»; cf. Lex. der Myth., 3181. . (3) Cf. IG, III, 3; Prott, Fasti Sacri, p. 7 sq. (4) Eur. Alc., 449 sq. (5) Schol. Pind. Ol., Hi, 35. (6) Hes. Op., 819 sq. ‘1; Pap. Oxyrrh., 813 : usssnn, c'est a dire wésor, corrigé en uéssn.

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LE PÉAN « Ouvre la jarre le quatrième jour de la deuxième décade : c'est le jour sacré entre tous ». Le jour où la lune est dans son plein, c’est à dire le quatorzième ou le quinzième jour du mois synodique, était d'ailleurs pareillement sacré chez les Égyptiens (4), chez les Romains (2), et chez les Celtibères (3). Nous savons très bien aussi que le jour de la pleine lune était tenu, en Grèce, pour favorable aux mariages (4) et aux naissances (5). Mais de là à dire avec Roscher et avec Gruppe (6) qu'on adorait Séléné tous les jours de pleine lune, il y a loin (7); et le texte du péan delphique ne vient pas non plus à l'appui d'une telle idée. On présentera Mén aux autres dieux aux Théoxénies, et on célébrera en son honneur une fête coïncidant avec l’adoration de la pleine lune en Grèce. Est-il probable qu'il s'agisse ici d’une fête qui se répète tous les mois? En Phrygie, le culte de Mön parait, à la vérité, avoir comporté des cérémonies mensuelles. Cela résulte avec évidence d’un passage d'un chœur des Troyennes: « O Zeus », y lisons-nous, « tu as trahi la ville d’Ilion. Tu as perdu avec elle les sacrifices, les chants des chœurs. les fêtes nocturnes, les images dorées qu’on t’y consacrait, et les fêtes lunaires des Phrygiens revenant douze fois lan», Douyoy te Tadeo. cedava, suydWOexX ner (8). (1: Herod., II, 47 : EeXfvn 32 val Atovogu poÿvois!, Tod aùToù Ypdvay, tH 2077, ravsertvw Ajsavres. (2) Plut. Quaest. Rom., 24 : elboös GE riuéoxv tepdv evourtov. (3) Strab., III, 4, 16 : voùs 52 KeAtiGnoxs al tole moorZopous TV Syopmy xÙTois Avwvouw tivi Be Tais navsehAvors VUXTWO Tod TOY muv Tavareious TE yooevew Kal nawyy erv. Cf. Roscher, Nachtrige, p. 19, 1. (4) Pind. Isthm., VII, 44 sqq.; Eur. Iph. Aul., 116 sq.; Suppi., 990-999 ; Dio Chrysost., VII, 70. Cf. Soran. Gynaec., 41, p. 205, f Rose. (5) Chrysipp. in Schol. B Hom. Il, XXI, 483 (cf. Rose, The Roman Questions of Plutarch, p. 201); Plut. Quaest . Rom. LXXVII; Quaest. Conv., (6) Gruppe, Griech. Myth., p. 941. X, 10. (7) A. Legrand (Dict. des Antiq. s. v. Luna) a eu raison de passer sous silence l'hypothèse de Roscher. (85 Eur. Troad., 1075. Le scholiaste se demande si Euripide entend parler d'une fête annuelle ou mensuelle : auciBdru¢ Eyer métepoy wat Eviaurùs Ct& TÔ

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Rien ne dit cependant que Philodamos ait voulu faire entendre qu'il en serait dorénavant de même à Delphes. Les dieux helléniques dont Mén allait désormais devenir le frère avaient en général à se contenter d'une, ou, tout au plus, de deux fêtes par an. Des solennités mensuelles eussent élé un excès d'honneur pour le nouveau venu. Il y a, d'autre part, apparence que l'oracle rapporté par le poète indiquait exactement la date de la fête de Mön. Examinons donc à nouveau notre texte pour tâcher de découvrir cela. Il me parait vraisemblable que les mots &y Zeviors êtelors s'appliquent non seulement à Geta. (vs. 110), mais encore à apeatvery (vs. 112 sq.). S'il en est ainsi, le texte nous apprend non seulement que la féte projetée de Mén sera annuelle, mais encore qu'elle aura lieu lors des Théoxénies mêmes, le jour de la pleine June du mois Théoxénios. Il est un fait qui me donne grande confiance dans Ja. justesse de l’interprétation que je propose. C'est que, ainsi, la fête delphique de Mên se trouvait coïncider avec une autre fête lunaire grecque, la seule dont nous ayons une connaissance quelque peu certaine. Le mois Théoxénios, on le sait, correspond au mois atlique Élaphébolion (mars-avril). Or, la pleine lune de ce mois, la première après l’équinoxe du printemps, était à Athènes un grand jour sacré. Les Grandes Dionysies prenaient fin le quatorze du mois, et étaient suivies immédiatement des Pandia (1). Dès l'antiquité, les érudits se sont efforcés de trouver une explication adéquate du terme Iavo.%. D'après les uns, c'était une fête de Zeus; selon Jes autres, une fête en l'honneur de Pandia, fille de Séléné, ou Séléné elle-mème; d'autres enfin attribuaient l'institution au héros Gwéerxaséhnvos elvar tov Eviausdv 7, 01 Öhou Too Eviautod wark ufvz. Il a eu tort de douter. Les termes du vers d'Euripide ne sont pas ambigus. (4) Cf. K. F. Hermann, Lehrb. der griech. Antig.?, 859,5, p. 407; A. Mommsen, Feste «er Stadt Athen, p. 433; Roscher, Lex. der Myth., I, p. Schoemann, Griech. Alt.+, If, p. 527 sq.; Dict. des Antig., 1516; IV, p. 313; Gruppe, Griech. Myth., p. 938, 1. Aux passages d'auteurs cités généralement à ce propos, il convient d'ajouter Soph. Oed. Rex, 1090 : ziv aöprov ravséhrvoy ; voir les notes de Wolff et de Jebb,

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Pandion. Je crois devoir écarter d'abord la dernière manière de voir. Le héros Pandion doit, inversement, son nom et son existence à la fête des Pandia, pour laquelle on a voulu créer un fondateur (1). Reste à choisir entre les deux autres explications. Les opinions des savants modernes sont trés divisées à ce sujet. A mon avis (2), les Mave.e ont été sûrement une fête consacrée à Zeus, comme les MavaSxva.x se célébraient en l'honneur d’Athéna (3). La forme du mot indique que les Ilé&vôt« sont nés, un jour, de la fusion de plusieurs fêtes locales. Mais, ceci posé, il reste cependant à répondre aux questions que voici. Pourquoi l'auteur du 32° hymne homérique a-t-il fait naître de Sémélé et de Zeus une fille nommée Ilavêin (4)? Ilésiode, encore, ne connaissait pas de déesse de ce nom (5). Pourquoi Séléné ellemême a-t-elle été surnommée Pandia ? Sur quoi se fondaient les grammairiens anciens pour dériver le nom des IIávòra de celui de la déesse Mavcta (6)? Comment Ulpien, commentant le discours de Demosthenes xx7% Merôtou (S 7-9), a-t-il pu écrire si positivement : 7yov oöv xa. TAS Neknvns Eopthv perk TH Atovúsra ? Voici, je pense, la solution de l'énigme. Lorsqu'il s'est agi, très anciennement, de marquer dans le calendrier un jour pour la célébration des IIavòra, fête alors nouvellement instituée, on s’est avisé de la faire coïncider avec la première pleine lune après l’équinoxe du printemps, parce que ce jour-là était déjà réputé sacré depuis un temps immémorial. L'ancien culte lunaire persista naturellement à côté de celui de Zeus. Il y eut un poète qui s'avisa d'attribuer l'institution des Pandia à un héros nommé Pandion; d'autres imaginèrent la déesse Pandia. Il est curieux de constater que les Romains aussi célébraient une fête lunaire vers la même époque de l'année. Luna avait, à (1) D'après Autran (Phéniciens, p. 26), Pandion porterait un nom caro-lycien. (2) Cf. Wilamowitz, Aus Kudathen, p. 133, 34. 3) Cf. Phot. Onom., Vi, 462 sq. : Tide pévror Ex TOU wav zovbera * ... Mavabfvara ©: wat Maviovia zat [lavart@aca xal Ilzufotueix wat Tavera. (4) Hymn. Hom., XXXII, 14-16. (5) Le héros Pandion, lui, était déjà connu du temps d'Hésiode (Op., 658). (6) Elym. Magn., p.651, 21 : Mävösıa > Eoorh Avro: 2nd Mavcetas 7: SeAfivrs.

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Rome, un temple trés ancien sur l’Aventin. Du temps d’Ovide, son jour de féte avait été fixé au 31 mars (1). Comme a Athénes, cette fête suivait de près les fêles dionysiaques (2) : les Liberalia tombaient au 17 mars (3). On croit d’ailleurs possible que le culte de Luna 4 Rome ne soit que le culte de Séléné, anciennement introduit de Gréce en Italie (4). It y a cependant encore une autre coincidence beaucoup plus importante. Les fètes lunaires que je viens de mentionner coincident aussi avec la paque des Hébreux, laquelle était fixée à la pleine lune du mois Nisan. Or, la päque juive remonte certainement à une époque antérieure à Moise et au culte de Jéhovah (5); le sacrifice de l'agneau, que les fidèles mangent en entier pendant la nuit sacrée, s’adressait primitivement à un dieu lunaire (6). La même fête et la même religion lunaires se retrouvent chez les anciens Arabes (7). Le jour de la pleine lune qui suit l’equinoxe du printemps n'a, en lui même, rien de particulièrement remarquable. Si donc l’on constate que ce jour-là a été considéré comme sacré par excellence chez les Grecs. les Romains, les Hébreux et les Arabes, il en faut conclure que ces peuples ont emprunté l'un à l'autre certaines conceptions religieuses, ou bien qu'ils les ont puisées à une source commune. Cette dernière hypothèse (4) Ov. Fast., 883 sq.: CIL, 1°, p. 314: Wissowa, Relig. und Kultus der Rômer ?. p. 316. (2) De même, en Égypte, on associait la lune au eulte d'Osiris {Herod., If, 47). (3) Ov. Fast., III, 713; CIL, BR, p. 342. (4) V. Roscher, Lex. der Myth., 11, p. 2459; Nachträge, p. 19. {5) V. Beer, Die Mischna, vol. 111 : Pesachim, p.14 sq. {6} On en viendrait ainsi à conclure que la fête de Pâques des temps modernes aurait été célébrée à l'origine en l'honneur de l'astre qui décline et disparaît a la fin du mois, pour réapparaitre et renaître, en quelque sorte, le troisième jour. Cf. Frazer, Adonis, Altis and Osiris?, p. 360 : « Thus the dismemberment of the god [Osiris] would begin with the waning of the moon»; ibid. p. 371; A. van Gennep : Les rites de passage, p. 263 : « La mort et la renaissance rituelles peuvent, dans certains cas, provenir d'une assimilation des étapes de la vie humaine aux phases de la june » : Nielsen, Die altarab. Mondrelig., p. 157-163; Id., Der dreieinige Gott, p. 256,1. (7) V. Nielsen, Die altarab. Mondrelig., p. 94; 144 sq.; 199: Der dreieinige Gott, p. 59 sq.

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“semble même la seule exacte; car les Grecs, du moins, ne peuvent avoir appris directement des Sémites méridionaux à adorer la lune à une date déterminée. Je n’aperçois qu'un seul centre de civilisation, c’est la Mésopotamie, d'où une même solennité religieuse ait pu se propager, tant chez les Occidentaux que chez les Sémites. Les Babvloniens adoraient le dieu lunaire Sin comme une divinité puissante et vénérable entre toutes (1). Ses principaux temples étaient situés à Ur, lieu de naissance d'Abraham (2), et à Harran, endroit où le patriarche aurait séjourné avant d’aller habiter le pays de Canaän (3). La fête de Sin à Harran se célébrait le 17° jour de nous ne savons quel mois, donc pendant que la lune est dans son plein ou commence à peine à décliner (4). Il n'est guère possible, à l'heure actuelle, de déterminer avec certitude, si le dieu Sin est d’origine babylonienne, ou arabe (5), ou araméenne (6). Mais quoi qu'il en soit de son origine première, ce n'est guère qu'après avoir pénétré en Babvlonie que son culte a pu rayonner au loin et influencer les cultes lunaires d'autres pays (7). Vs. 114: txece[t]arg. Au vs. 108, le poète appelle txé<as les adorateurs de Mén. Le terme ‘xeteiars dontil use ici correspond à cette appellation. Dans le langage ordinaire, le mot ixézrs ne désigne que le suppliant, soit qu’il réclame l'assistance d'un homme, soit qu'il invoque l'appui d'un dieu. Le serviteur des dieux est appelé Aarpız, Bestrwv, ou òrndòs Bev, l'adorant harpeuris, Mecareuris, où woosxuvvneis. Nous connaissons toute(13 V. Nielsen, Der dreieinige Gott, p. 103 sqq., fig. 3. (2) Vet. Test., Gen., XI, 28; 31; XV, 7; Neh., IX, 7. (3) Gen., XI, 31 sq.: XH. 4 sq.; cf. Combe, Hist. du culte de Sin, thèse de Univ. de Paris, 1908, p. 84 sq.; Bury, Cook et Addock, The Cambridge Ancient History, 1, p. 234. (4) Winckler, Alloriental. Forsch., 11, p. 305°sq.; Combe, Op. 1., p- 58 sq. ; Roscher, Lex. der Myth., IV,p. 903. (5) V. Nielsen, Die altarab. Mondrelig., p. 31. (6) V. Baudissin, Mond bei den Hebräern, Realenzycl. fiir protestant. Theologie und Kirche, XII, p. 337-349 ; Archiv für Relig. Wiss., XVI, 1946, p. 405: 419. (7) Mén n'est pas un dieu d'origine sémitique ; v. P. Perdrizet, BCH, XX, 1896, p. 91 sqq.

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fois encore deux autres textes grecs dans lesquels les adorateurs d'une divinité lunaire sont désignés par le terme ixérns. Ce sont un vers de Hymne orphique a Séléné : soGousa véous inétag Tio, zoup (1), r + La L La LA et un passage de la Vie de Pythagore de Diogéne Laerce (VIII, 34 : te90¢ To Mnvôs zat ixéens) dont il sera question plus loin. La raison pour laquelle on employait le terme ‘xézq¢ dans ce cas spécial n'est pas difficile 4 trouver. Les Grecs saluaient en général les dieux d'un geste de la main, mais ils avaient coutume de se prosterner devant la lune, tout comme le faisaient les Orientaux (2). Cela est attesté par un texte bien connu de Platon (3). Sur un bas-relief votif consacré à Mén, les adorants sont représentés dans l’attitude qui est la plus caractéristique pour le suppliant (4), ’agenouillement (5). O. Walter (6), et, plus récemment, G. van Hoorn (7) ont montré combien pareille attitude est rare sur les monuments. Les Grecs ne s’agenouillaient apparemment que devant les divinités ayant un caractère chthonien, tel, par exemple, Dionysos Lysios (8). (A) Hymn. Orph., IX, 12. (2) Vet. Test., Deuter., IV, 19 : « de peur aussi que... voyant le soleil, la lune et les étoiles... tu ne sois poussé à te prosterner devant eux ». (3) Plat. Leg., p. 887, e : ….avaréhhovros te fAlou wal centvns Kai Teds Buspas Iov- … Tuv ToonvaAisers dpa wal reosusrigets AuoûovTÉs te “AL hoövres EX AG UMY te vai Bros ipuy mivrws Zu suppopzis ravtoiats ÉJouÉvwY wal Ev soToayints... (4) Supplex, en latin, signifie étymologiquement celui qui a plié les genoux. (5) Cuperus, Harpocrules?. p. 199; Wolters, Festschrift für Benndorf, p. 127; Walter, Ost. Jahresh., XMI, 1910, Beibl., p. 237, E. (6) Walter, 4. &., p. 229-244. Voir aussi Dict. des Antl., 3, p. 81; Stengel, Griech. Kultusalt.2, p. 73 sq.; Walter, Beschreib. der Reliefs des kleinen Akrop. Mus., n° 182. (1) Rev. arch., XIX, 1924, p. 261-266. Je me suis demandé si la déesse représentée sur la bague minoenne publiée par G. van Hoorn ne serait pas une déesse lunaire. Elle est coiffée d'un couvre-chef qui rappelle vaguement par sa forme les cornes dites de sacrifice (cf. AJA, XNX, 1915, pl. X sqq. et p. 239). Malgré - ce qu'en a dit Scheftelowitz (Arch. für Relig. Wiss., XV, 1912, p. 461-471), il n'est pas certain que le motif des cornes, dans l'art religieux, ne soit pas d'origine lunaire. Sur le culte de la lune en Crète, voir J. Harrison, Themis, p. 190 sqq. ‘8) V. Weinreich, Arch. für Relig. Wiss., XVII, 1914, p. 527 sqq.; Ael. Aristid., vol. I, p. 513 Dindorf — vol. II, p. 435 Keil : Zöeı vo vóvu tO Gekròv uAivavta teetevery Te val aadelv Aucıov thy edu * uxt Event: tates iv tots Aouastv.

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Après avoir interprété la strophe jusqu’au bout, nous avons deux questions à poser. Pourquoi l'admission de Men à Delphes est-elle mentionnée dans le péan à Dionysos? Et pour + quel motif un culte lunaire d'origine étrangère a-t-il été officiellement introduità Delphes, au début du règne d’Alexandre? La première question est facile à résoudre. Selon quelques uns, Mén était identique à Sabazios (1), qui est le Dionysos (2) phrygien, et thrace (3). Voilà comment Mén est identifié avec Dionysos dans la dédicace bien connue de Thasos (4). On peut ajouter d'ailleurs que le Dionysos grec prêtait peut-être même à une identification directe avec Mén, parce qu'il semble avoir parfois été considéré, lui aussi, comme le dieu de la lune (5). Il est beaucoup plus ditlicile de répondre à la seconde question. Le culte de Mén, dieu phrygien (6) et micrasiatique, se rencontre en Attique dès la première moitié du 11° siècle avant J.-C. (7). Le bas-relief de la collection du comte Lanckoron{4) Procl. ad Plat. Tim., IV, 251: ragethfoxuev taps dpuiis Mivx ©x3%2%0v Duvoÿpevoy wal gv uiers ExGañlou Tehetaïs. Cf. Lobeck, Aglaophamos, p. 1047; PaulyWissowa, Real-Encycl., s. v. Sabazios, p. 1550 in fine. (2) Amphitheus in Schol. Aristoph. Av., 874 : A:dvocosg val TaSaftos el; got: Beds. {3) Schol. Aristoph. Vesp., 9 : Xa8atiov 62 tov A:dvusay of Bpäxes xadotar; Alex. Polyh. apud Macrob. Saturn., I, 18, 14 : « In Thracia eundem haberi Solem atque Liberum accipimus, quem illi Sebadium nuncupantes magnifica religione celebrant ». Cf. Cumont, Diet. des antiq., s. v. Sabazius, p. 929. (4) IG, XII, 8, 587 : Gem Mavi Tuoivw Arovucw (inscription de l’époque impériale). (5) V. Davis, The Asiatic Dionysos, p. 11; 14 sq.; 198 sq.; Soph. Antig., 1146 sq. : io, 750 avedvtwy pooxy’ Zstomy; Schol. : wark yao Teva uuatixdv Adyov Tv astiowy ist! yoonyss; Hor. Carm. Saec., 35 sq. : « Siderum regina bicornis audi, Luna, puellas »; Hyma. Orph., IX, 10 : (Sedfvr) âstoioyn; Precatio ad Lunam, ed. Abel, T : (Zen) ästorot xwiLXT0us2 ; Herodian., Ab escessu divi Marci, V, 6, 4: Alßuss pév odv abthny Oonaviav urdoücı, Doivnes SE 'Aotondoyrv Svoudrtous:, gehivnv evar Béhovres; Symes. Hymn., IN, 46 sq.: oekdva, Tommy voylwv Bev; Roscher, Nachträge, p. 13. (6) Lucian., NLIV, 42 : bosve; 62 Myvi (@vevtes); Schol. Lucian., XLIV, 8: 6... 4 Mtv bovyiss; Maury, Hist. des relig. de la Grèce ant., Ill, p. 123,3; Pfister, Der Reliquienkull, p.138, n. 497. <i) Voir Perdrizet, BCH, XX, 1896, p. 55 sqq. Une des comédies de Ménandre était intitulée Mnvzysprns (Stob. Flor., XCIV, 7). Le mot a été expliqué de différente facon. Comme les prêtres mendiants de Cybèle étaient appelés ur‚roavrvora:, il me semble logique de voir dans les wryvayvera: les quéteurs de Mén.

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ski qui représente Mén au bélier, remonte méme probablement au 1v° siècle (4). On admet généralement que le culte de Mén a été importé en Attique, comme les autres cultes phrygiens, par des négociants et des esclaves venus d'Asie Mineure (2). Cela semble en effet extrêmement probable. Mais, sil en est ainsi, il ne peut y avoir le moindre rapport entre l'importation du culte de Mén en Attique, et l'institution, d’ailleurs, selon toute apparence, antérieure en date, du même culte à Delphes. On a pensé souvent que Mèn a pu recevoir un culte chez les Thraces, peuple apparenté aux Phrygiens (3), et chez les Macédoniens (4), nation qui s'est superposée sur un fonds de population thraco-phrygienne. Mais on n’a jamais réussi à trouver la moindre preuve de cette hypothèse. Elle ne peut donc servir à expliquer la présence de Mén à Delphes sous le régime macédonien. A cette époque, le culte de Mèn se hornait, géographiquement, à l'Asie Mineure. Il est vrai que, dès 336, un corps d'armée macédonien avait franchi l'Hellespont et occupé une partie de la Troade et de l'Éolide (5). Dès le début de son règne, Alexandre a eu l'intention de se maintenir en Asie-Mincure. voire de la conquérir toute; peut-on penser qu'il a voulu sempresser d’annexer, en quelque sorte. les divinités nationales du pays étranger, avec, ou méme avant, le pays même? Pour peu qu’on y réfléchisse, une telle supposition paraîtra trop absurde pour qu’on s y arrête. . Je crois cependant être en mesure d'indiquer une solution du problème que je pose, sinon certaine, du moins digne d'être prise en considération. En interprétant la V° strophe, nous nous sommes rendu compte que Philodamos, en matière de religion, embrasse, ou, du moins, reproduit les idées des Orphiques. Il a identifié Dionysos avec Euklès, dieu des morts, (1) Ibid., p. 83. (2) Ibid., p. 75. (3) Ibid., p. 94. . (4) La figure des rochers de Philippes qui représente Mén ou Méné date vraisemblablement du rer siècle apr. J.-C. I] n’y a donc pas a en tenir compte ici. Cf. en dernier lieu, Ch. Picard, Rev. de Vhist. des velig. LXXXVIJ, 1922, p. 188 sqq. (5) Diod., XVII, 7, 9-10.

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dont le nom ne se retrouve dans le culte que sur les tablettes d'or des tombeaux orphiques de l'Italie méridionale. Les Orphiques ont eu un certain nombre de dieux à part, inconnus au vulgaire. Ils les avaient empruntés en partie à l’Asie, telle, par exemple, la déesse phrygienne Misé, et cette autre divinité au nom barbare, 'Hs:xerztos, qui, nous le savons maintenant, était adorée en Lydie (1). Si nous pouvions admettre que Men a été, lui aussi, parmi les dieux adoptés, des le ıv* siècle, par les Orphiques, la difficulté que nous éprouvons disparaîtrait tout entière. Je n'oserais risquer pareille hypothèse sans preuves à Pappui. Mais il y a effectivement une raison valable pour croire qu'il en a été ainsi. Le premier chapitre du huitième livre de Diogène Laerce renferme une série de préceptes attribués à Pythagore. On y lit au § 34 : äAsxrouovos un Gnveshar heuxod, Gr. besos 700 Mayas val intens (2). Il n'y a pas longtemps, on estimait généralement que l'ensemble de ces préceptes était de date récente. Aujourd'hui, après les études de Delatte, il n'est plus possible d'en juger de même. C'est dans Aristote que Diogène, à son dire, les a pris; il a dû les trouver dans l’ouvrage intitulé rest [ubzx-oociwy, lequel était attribué à Aristote (3). L'auteur de ce livre rapportait des préceptes religieux d'une antiquité assez haute, en y joignant des explications tirées, comme le dit Delatte, « des livres de propagande pythagoriciens (cf. Jamblique, }. P., 87), ou des observations qu'il avait pu faire dans le domaine du folklore et de l’ethnologie ». Il ne peut guère avoir écrit après le in°, ou, au plus tard, le n° siècle avant notre ère (4). Les livres de propagande pythagoriciens (1) Orph. frg., ed. Kern, p. 103 sq. ‘2) La même règle se lit aussi, à peu près dans les mémes termes, dans la Vie de Pythagore de Jamblique (§ 84), et ailleurs encore. Voir Delatte, Et. sur la littérature pythagoricienne (Bibl. de l'Éc. des Hautes Et., fasc. 211), p. 213 sq. ; 289 sq. La Vie de Pylhagore de Diogène Luërce {Mém. de la Classe des Lettres de l'Acad. royale de Belgique, XVII, 1922,2), p. 237 sq. (3) Aristot. ed. uum. Bekker, p. 1510 sqq. 4) Le précepte pythagoricien qui précède celui dont je parle, dans la Vie de Pythagore de Jamblique, se retrouve dans le premier livre des Otxovou-xz (p. 1344, a, 10 sq.): livre écrit par un péripatéticien, probablement dans la seconde moitié du ue siècle.

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dont il se servait doivent avoir été plus anciens; car Fécole pythagoricienne a traversé, au 11° et n° siècles, une telle période de déclin qu’on a pu la croire éteinte. Supposons maintenant que le culte de Mén n'ait été connu en Grèce que pour avoir pénétré peu à peu en Attique vers la fin du iv‘ siècle. I] semblera alors impossible qu'on ait songé, si peu de temps après, à se réclamer de ce culte pour expliquer un commandement prohibitif de Pythagore. L’anachronisme aurait été vraiment trop fort. Le texte heureusement conservé par Diogène Laerce et Jamblique donne à penser au contraire que le dieu Mén était déjà révéré dans l’école de Pythagore : secte dont les doctrines, on le sait, avaient beaucoup d’afhinité avec les croyances des Orphiques. (A suivre).

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vonconee) Peres_ Wilhelm Vollgraff Le pean deiphique à Dionysos (suite) Citer ce document / Cite this document : Voligraff Wilhelm. Le péan delphique à Dionysos (suite). In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 51, 1927. pp. 423468. doi : 10.3406/bch.1927.5193 hitp:/www.persee.frAveb/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1927_num_51_1_5193 creative commons

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Wilhelm Vollgraff In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 51, 1927. pp. 423-468. Citer ce document / Cite this document : Vollgraff Wilhelm. Le péan delphique à Dionysos (suite). In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 51, 1927. pp. 423468. doi : 10.3406/bch.1927.5193 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1927_num_51_1_5193

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(Suite) (4). STROPHE XI. I1uhLasıv 58 nevhernpotoft rlporat[s] take Baxyou Ausiav yoowy te rof)135 kv} xuxdhtay &urhdav : evel © [0] Baxy’ [@ if Hauav : zebyerv * &koweyy[é]s{tv] 5’ apyo| doux] !sov 2600 Ayalyıa Baxyolu| éver. P... youséor )edve 140 av srnoat] Caféwr ze -[eü]Eat Be TOÉTOY &vtpov. [We Haus[lvl x. +. €. Vs. 132-135. Le texte dit clairement que la célébration des Pythies comportera désormais un sacrifice à Dionysos et un concours de chœurs cycliques. Mais il y a deux graves difficultés. La première, c'est que la phrase n'a pas de sujet. Qui a ordonné (ËtaËe) d'ajouter à la fête d’Apollon des honneurs pour Dionysos? Est-ce l’oracle? En ce cas, il faudrait: eds Zzafe. Et ce n'est certes pas parce qu'il y a : G[edc] xeheder dans la IX* strophe (vs. 106 sq.) que le poète aurait pu omettre ici le (4) Voir BCH, XLVI, 1925, p. 97 et suiv.; XLIX, 1925, p. 104 et suiv.; L, 1926, p. 263 et suiv.

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mot Beös. En second lieu, il est impossible d’expliquer congrüment les mots : Nubracıv mevecypots[t zJooraijs|. Littéralement traduits, ils signifieraient: « aux solstices quadriennaux des Pythies », ou encore, en mettant une virgule après revberr,pora[t] : « à la fête quadriennale des Pythies, au solstice ». Mais nous voici bien étonnés; car les Pythies, on le sait, ne se célébraient pas au mois de juin de notre calendrier, mais beaucoup plus tard. L’année delphique, comme celle d’Aihénes, commencait à la première nouvelle lune après le solstice d'été. Les Pythies avaient lieu dans le deuxième, ou vers la fin du premier mois de l’année. Sur ce point, il n'y a pas de doute possible (4). Il ressort d'un passage de Pindare (2) que vers la fin du vi siècle les Jeux pythiques tombaient dans le même mois que les Panathénées, pour lesquelles Proclus (3) nous donne la date du 28 Hékatombaion (juillet-août). En 394, les Pythies ont été célébrées peu de temps après l'éclipse solaire du 14 août (4). Des textes du 11° siècle prouvent que les Pythies avaient lieu au mois Boukatios (5), le second de l'année delphique (août-septembre). Au rv‘ siècle, la date ordinaire de la fête paraît parfois avoir été sensiblement reculée (6). Rien n’indique au contraire qu’on l'ait jamais avancée. La difficulté quoffre le mot [t]ooraìls] dans la restitution de Weil, est donc très grave. Elle n'avait d’ailleurs pas échappé à l'attention du premier commentateur lui-même; mais celui-ci a cru pouvoir se tirer d’affaire en remarquant que le poète ne s’est pas exprimé avec une exactitude rigoureuse. Cependant, il ne peut s'agir ici d’un défaut d'exactitude : l’hymne a été écrit par un poète delphique et pour un public qui savait la date de la fête principale de Delphes. Le mot tooxat ne pouvait donc, dirions-nous, venir ici sous la plume de l’auteur, si tant est que personne n’associait en pensée les Pythies avec le solstice. (1) Cf. Dict. des Antiq., IV, p. 189 sq. (Gaspar). (2) Pind, Ol., XIII, 51 ; cf. Klee, Zur Gesch. der gymn. Agone, p. 52. (3) Procl. Comm. ad Timaeum, p. 9, B. (4) Xenoph. Hellen., IV, 3; cf. Momusen, Delphika, p. 131 sqq.: 154-163. (5) Syli3., 692, 3; SGDF, 1075, 1 sq. (6) Cf. Bourguet, L'administrat. fin. du sanctuaire pyth., p. 142.

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Nous aboutissons à la conclusion que [7Jporxt[s) est une restitution manquée. Le mot est embarrassant, et il est de trop, puisque Hu$taow reverisots offre déjà un sens complet et satisfaisant. A sa place, on aimerait trouver le sujet manquant du verbe ëraëe. Après ces remarques, la vraie restitution du vers 133 ne me semble pas difficile à trouver. Il ne s'agit en vérité, que de combler une lacune minime. Comme la copie du Bulletin Vindique (4), il y a réguligrement place pour une lettre seulement entre revberhpors et POTAI (2). Je crois donc devoir lire le commencement de la strophe de la facon suivante : Tufiaow dE never aous [ä]p' 6 mats] cake Báx(ov... « A la féte quadriennale des Pythies, le fils de Bacchus a ordonné... » Vs. 132 sq: Tubro. mevberspors. La fête des Pythies est appelée lui dans Pindare (3) et dans un texte épigraphique du ıv° siècle (4). Le pluriel Huñriôess s'employait lorsqu’on avait en vue plus d'une célébration de la fête (5). [evhezrpots n'est pas ici une épithète oiseuse. Elle sert à marquer qu'il s'agit de la grande fête quadriennale, et non de la (tepomnvia) II Gids qui avait lieu tous les ans (6). Vs. 133 : {&]2’. Dans Homère la particule &x se rencontre très souvent dans le sens de : ensuite, aussi, porro, iam. Le même sens de xox se remarque dans Pindare (7), dans Théocrite, et même dans les prosateurs du v° et du iv‘ siècle (8). On (4) NYOIAZINAETENOETHPOIZ . POTAI ETAZEBAKXOY 12) Weil en a mis deux (« le lapicide a omis I'l, ou l'a rapproché du T », BCH, XIX, 1895, p. 409). (3) Pind. Pyth., 1, 60; V, 26. (4) Syli3., 145, 36 sq.; 38. (5) Syil3., 195, B: näsas Iv[O:]adas. Plut. Mor., p. 192, F : ronds Mv@cddac. (6) Cf. Sylls., 445, 44 : éviautia & fepourvix à MuBrás. (7) Cf. Rumpel, Lexic. Pindar., p. 62. (8) Cf. Kühner-Gerth, Griech. Gramm., Il, 2, p. 320.

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ne dira donc pas, j'espère, que j’introduis dans le texte une cheville indigne du poète. Lorsque la même phrase contient les particules dé et doa, elles se font habituellement suite dans cet ordre (9° éoa, 6 &p) ; mais on les trouve aussi quelquefois séparées l’une de l’autre par un ou plusieurs mots, tant dans l'épopée (1) qu'ailleurs (2). Vs. 133 sq. : 6 mats... Baxyou. Qui est celui que le poète appelle de la sorte? Qui est le « fils de Dionysos » que l’on voit intervenir ici dans l'organisation des jeux pythiques, et les transformer en partie en y ajoutant des honneurs pour son père céleste? Ce ne peut êlre qu Alexandre. Alexandre seul avait alors, pour ce faire, le pouvoir et l'autorité nécessaires; les Amphictyons venaient de le reconnaître formellement comme le chef de l’Hellade (automne 336) (3). Et nul autre que lui ne pouvait, à l’époque où écrit Philodamos, être salué du nom de ma's Baxyou.. L’appellation : fils de Dionysos doit s'entendre littéralement. Je sais bien que d’après Satyros (4), les Ptolémées et les rois de Macédoine descendaient à la fois d'Héraklès et de Dionysos, parce que Déjanire, qui fut épouse d’Héraklés et mère de Hvllos, aurait été fille de Dionysos. Je ne prétendrai certes pas qu’une telle généalogie n’a pu être imaginée avant le n° siècle. Mais nous n’en avons que faire ici; car je ne crois pas qu’on ait jamais dit en grec, même en poésie, rats, au singulier, dans le sens de @röyovos ou Exyovos. Les mots maïs Baxyou (5) dénotent (1) Hom. Il., V, 148 == VII, 392: “Hon 62 pisrtıyı Oos énepaler’ Ap’ innous. Ibid., XXII, 410 : tH 62 padrcor” dp” Env Evadiyaıov. (2) Xen. Cyrop., 1, 4,10 : 6 82 ‘Aetudyns dpa elnev. Apol., 27: ús 6% Heleto dpa TG TapEetopéevous SaxpvovTas. (3) Cf. Diod., XVII, 4,2 : maphAGev eis Ilúhag zal td tev ’Apotmeudvwv suvédprov govayayùv Exetcev aut zouw Sdypatt Bolivar thy Tv “EAAtvwv hyepoviav. (4) FHG, I, p. 164 sq. Cf, Plut., De Alex. fort., 1,10 : Acovisou ... God yevapyou nal HpOTATOPOS. (5) Pareillement, le poète Hermodotos avait nommé le roi Antigonos “HAloy maïs, et Beós, dans un péan écrit en son honneur (Plut., De Is. ef Osir., 24). Séleukos est appelé fils d’Apollon dans quelques vers ajoutés a un péan en l’hon-

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donc sûrement ici la filiation directe, et non une descendance lointaine. Notre texte confirme ce qu’on avait déjà auguré du commencement de la Vie d'Alezandre de Plutarque (chap. II et suiv.). Une légende rapportée par Eratosthéne disait que le père d’Alexandre était en réalité le Bacchus thrace, qui s’était uni & Olympias sous la forme d’un serpent (1). On savait déja qu’Alexandre avait consenti à être honoré comme un véos Alövusos, c’est-à-dire comme une incarnation de Dionysos, à partir de son retour de l'Inde (325) (2). Nous apprenons maintenant en outre que le jeune roi a prétendu à la filiation divine, à titre de fils de Bacchus, dès les débuts de son règne. C'est en effet de 335, comme je l’ai supposé (3), ou, sinon, d'une année très voisine de 335, qu'il convient de dater le péan de Philodamos. Il est vrai que M. Bourguet vient d'établir (4) que l’archontat d’Etymondas, sous lequel a été rendu le décret honorifique gravé au bas de la stèle qui porte le texte du péan, ne doit pas se placer en 335/4, comme on l'avait pensé, mais en 329/8. Le péan a donc été gravé en 329 ou en 228; mais rien ne doit nous empécher, à tout prendre, de croire qu’il a pu étre écrit et exécuté pour la premiére fois quelque temps auparavant. La récompense accordée à Philodamos de voir son poème gravé tout au long sur pierre, avec un décret officiel en son honneur au bas, est de tout point extraordinaire. Elle pouneur d’Asklepios { Wilamowitz, Nordion. Steine, Abh. Akad. Berl. phil.-hist. Kl., 1909, p. 47; Powell, Collect. Alex., p. 140). (4) Cf. Perdrizet, Rev. des Et. anc., XII, 1910, p. 227; Radet, Zbid., XXVIII, 1926, p. 223-225. M. Perdrizet a eu raison de tenir pour apocryphe le mot de Diogène rapporté par Diogéne de Laérce (VI, 2, 63) : yrpiezpévwy 'Aônvalwv ‘AXE Seov Atévugov © xané, Eon, Stpan novjesate. Le décret des Athéniens en question pourra sembler lui-même insuffisamment attesté par une semblable anecdote. Mais n'oublions pas qu'on peut invoquer un grand nombre de preuves secondaires en faveur de son authenticité (Ael. Var. Hist., I, 19 : "Adégavdpog... exéaterre mois “Einer Bed aûrèv dnofousôat. Hyper., I, col. 51 Blass?; Plut. Apophth. Lac., p. 219. e ; Dinarch., 1, 94; Polyb., XII, 42, b, 3; Plut. Praec. ger. reip., VIII: -AAgEavSpos … Bv dnpihecbe Oedv eivar. Athen., VI, p. 251, b. CT. Kaerst, Gesch. des hellenist. Zeitalters, 1”, p. 485). (2) Cf. Pauly-Wissowa, Real.-Encycl.. ll, p. 487. (3) BCH, XLVIII, 1924, p. 104. (4) BCH, XLIX, 4925, p. 54.

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vait assurément lui être votée aussitôt; mais on peut tout aussi bien admettre comme possible qu'elle ne lui soit échue qu'après un certain laps de temps. La fête printanière en l'honneur de Dionysos pour laquelle le péan a été composé a vraisemblablement été répétée (1), et il apu y avoir par conséquent plusieurs auditions successives du péan. Si je persiste à placer le péan approximativement en 335, j'ai, pour ce faire, les raisons suivantes : 1° le poéte écrit sous le règne d’Alexandre, mais il ne fait, du moins dans la partie conservée de son œuvre, aucune allusion à la conquête de l’Asie; 2° il ne semble même pas connaître le sac de Thèbes (vs. 6); 3° il écrità un moment où les travaux pour le relèvement définitif du temple d'Apollon n'avaient, pour ainsi dire, pas encore commencé (vs. 148-4121); or, il est évident qu’Alexandre, vainqueur de Orient, n’a pu laisser le temple de Delphes en ruines (2); 4° il est bien peu probable qu'une fois parti pour l’Asie, Alexandre se soit encore occupé personnellement de régler les détails de la célébration des Pythies; 5° l'appellation de « fils de (Zeus) Ammon », que le roi s’est fait accorder solennellement en 331, semblerait avoir dû supplanter après cette date, du moins pour un certain temps, l'appellation antérieure de « fils de Bacchus ». j Le problème de l'origine divine et celui de la déification d'Alexandre ont beaucoup intéressé les savants modernes (3), surtout ces dernières années (4). Leurs recherches n'ont cependant pas abouti à un résultat bien établi et universellement accepté. On ne peut même pas dire qu'elles ont toujours été (4) Cf. Athen., XV, p. 696, e-f. (2) Cf. Plut., De Alex. fort., 1h, 13 : ‘AXéEavôooç 6¢ tx tHv Bapbdpwv ypypata AzGov Erepipev eis thy “EAAdda, vaods tots Beots ao pupiwy Tahi/tws olxosopigat wEACUTAG. (3) Cf. Kiio, I, p. 56, 3 : Beurlier, De divinis honoribus quos acceperunt Alexander et successores ejus, thèse de l'Université de Paris, 1890; Radet, La déification d'Alexandre, Rev. des Univ. du Midi, 1, 1895, p. 129 sqq. (4) Cf. Wilcken, Berl. Sitz. Ber., 1922, p. 414 sq.; Birt, Alexander der Grosse und das Weltgriechentum, 1924, p. 109; Pauly-Wissowa, Real-Encycl., Suppl, IV, 1924, p. 808 sq. et 853; Berve, Das Alexanderreich, 1, 1926, p. 95; Jouguet, L'impérialisme macédonien et Vhellénisalion de l'Orient, 1926.

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conduites avec l’acuite et la pénétration nécessaires. Ainsi, il me semble que F. Taeger (1) a reproché avec raison & Th. Birt de n'avoir fait qu'etfleurer, dans son livre récent, la question de savoir pourquoi et comment Alexandre a été déifié de son vivant. Je me dispenserai de passer en revue ici et de critiquer toutes les opinions qui ont été émises & ce sujet de nos jours et autrefois, et ce, parce que le péan delphique nous apporte un témoignage nouveau que je crois de nature à réduire à néant ou à modifier considérablement les diverses théories existantes. Je me bornerai à indiquer brièvement quelques-unes des conclusions contradictoires qu’on a formulées. Une partie des contemporains d'Alexandre et de ses successeurs ont vu dans les prétentions du roi conquérant un excès de superbe et d’outrecuidance, avec une nuance, soit d'impiété, soit de ridicule. Ce sentiment est exprimé avec le plus de gravité et de mesure dans quelques vers attribués au poète Rhianos (2) : Ös 6€ xev eloyhner, Beds 6’ Ent 6260v ôndin xa. moAuxorsavinv, énthknetar obvexa yarav noosiy entotelber, Av7,c0. dé où stot roxñec, HA UTepoTtAin xat auaorwGor vóoro Toa Ath Bpopéer, xepaday © Undoauyoy avisyet... (3). C’est le jugement de la philosophie rationaliste, et en même temps celui de la démocratie grecque, ennemie des états non républicains, et opposée de tout point à une création aussi hétérogène que la monarchie orientale ou hellénistique. C’est sans doute sous l'impression de semblables protestations venant de la part d’auleurs grecs que certains savants modernes se sont persuadé que l'idée de l'élévation d'Alexandre au rang des dieux a dû naître en dehors du monde hellénique. Alexandre, d’après eux, aurait décidé de se faire adorer de la même (1) Gnomon, 1, 1925, p. 94. (2) Stob. Flor., IV, 34; Meineke, Anal. Alex., p. p. 9 sq. 199; Powell, Coll. Alex., (3) Cf. Memnon ap. Phot., Bibl., 224, p. 222, b; Plut., De Is. et Osir., 24 ; BCH, XLVIII, 1924, p. 168 sq.

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manière que les souverains orientaux qu'il prenait pour modèles. Les Egyptiens, on le sait, ont véritablement assimilé le roi régnant à la divinité. La position du roi de Perse était autre; il est peut-être plus malaisé de la définir au juste. Les rois achéménides ont pu faire fonction de représentants de la divinité en quelques occasions, et recevoir quelques honneurs divins en cette qualité. Quoi qu'il en soit, les hommages excessifs qu'on leur prodiguait, ont fait aux Grecs l'impression que le peuple les adorait comme des dieux, ou à l’égal de la divinité (4). Mais on a observé d'autre part, avec beaucoup de justesse, que le raisonnement reproduit ci-dessus est loin d'être convaincant. L’attribution d’honneurs divins à un homme, bien que réprouvée par beaucoup de Grees, n’était pas chose inconnue en Grèce même (2). Nous en trouvons notamment des exemples à la fin du v°et vers le milieu du 1v° siècle. Lysandre, Agésilas, Dion ont été honorés de la sorte (3). Or, ce sont des cités grecques d'Asie Mineure qui paraissent avoir été les premiéres à décerner des honneurs divins à Alexandre ; ce fut au lendemain de la bataille du Granique, donc avant que le vainqueur eût pris contact avec l'Egypte et avec l’Orient (4). Ceci, assurément, ne prouve pas que l’idée de la déification d’ Alexandre ait germé dans un cerveau grec. Mais on est en droit de dire qu’une telle idée pouvait naitre en Occident aussi bien qu’en Orient. (41) Cf. Aesch. Pers., 157 (le coryphée s’adresse à Atossa) : Beoü pèv edvdéretpa Tepoóv, Beoü 62 wal pijtrp Eous. Q. Curt., VIII, 5, 11 : Persas quidem non pie solum, sed etiam prudenter reges suos inter deos colere; V, 12,16 : rex curru paulo ante vectus et deorum auspiciis ac suis honoribus cultus. (2) Cf. K. F. Hermann, Griech. Antig., 11, p. 58 sq.; W. Weber, Der Prophet und sein Gott, p. 86. (3) Duris ap. Plut., Lysandr., 18 : rpury … "EAAñvey execivw Bwpods ai móheus dvégrnaav ac dew rai Buolac EBuaav * ele G8 rpoTov raidves Achnzav. Plut. Mor., p. 210, d : ray @actwv... vaots adtdv (sc. Agesilaum) xai drobewusgert riureävruwv... Diod., XVI, 20,6 : 6 adv Simos … otpatnydy éyetpotévacey adtoupatopa tov Alwva xal Tike anévergev Apwixds. (4) Cf. Birt, 2. 2., Strab., XIV, 1,22 (d'après Artémidoros d'Ephèse).

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Personne, jusqu'ici. ne s'est demandé si l'idée de l’origine divine du roi de Macédoine ne pouvait être une croyance proprement macédonienne. Le caractère sobre et patriarcal de la royauté dans l’ancienne Macédoine semblait exclure une telle supposition. Le roi n'y passait pas sa vie emmuré dans un vaste et somptueux palais ; il se mélait au contraire librement à la noblesse et au peuple. Aussi les généraux et les soldats de l’armée d’Alexandre s habituèrent-ils avec peine à voir les Asiatiques se prosterner devant leur chef. Toutefois, le texte que nous avons sous les yeux maintenant, nous oblige, je pense, à adopter un autre point de vue. Le péan de Philodamos date, nous l'avons vu, du commencement du règne d'Alexandre. Ce n'est donc certes pas en sa qualité de successeur des souverains orientaux que le roi y est appelé fils de Bacchus. On ne peut y voir non plus une tentative d’adulation de la part des Grecs. Si les Hellénes s'étaient avisés, dès cette époque, de proclamer dieu leur jeune maître, en lui élevant des autels, comme cela avait été fait pour Lysandre à l'apogée de sa puissance, cela eût été par trop intempestif; et ce qu'ils n'auraient en aucun cas pu faire de leur propre autorité, c'est de lui donner Dionysos pour père. Sicette filiation est attribuée au roi, en quelque sorte officiellement, à Delphes, c'est que celui-ci l'avait agréée. Or, on ne voit pas comment, au début de son règne, Alexandre eût pu prétendre à cette origine, s’il ne se trouvait en cela d'accord avec la coutume, la tradition, les croyances de la cour et du peuple macédonien. Rappelons-nous, à ce propos, qu'avant Alexandre, Philippe a reçu lui aussi les honneurs divins. On a quelquefois mis en doute la valeur des témoignages que nous avons à ce sujet (1); ils apparaissent maintenant singulièrement corroborés par le texte delphique. Diodore (2) rapporte qu'aux grandes fêtes célébrées par Philippe à Aigai en 336, on porta dans une proces- (1) Kornemann, Klio, I, 1904, p. 156. (2) Diod., XVI, 92. Cf. Neoptolemus ap. Stob., Flor., ed. Gaisford, XCVIII, 70 ; ed. Wachsmuth-Hense, vol. V, p. 846.

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sion solennelle les images des douze dieux, etcelle du roi par surcroît, súvbpovov Eauvby anodetxvuvtos TOU BaorAdms Tols Bwôexa heo's. Les Ephésiens avaient érigé à Philippe une statue dans ' l’Artémision (1), ce qui revenait également à peu près à le déclarer sûvooves de la déesse. Les Athéniens, au dire de Clément d'Alexandrie, lui avaient décerné des honneurs non moins grands (2). Lui-méme avait fait construire le ®:Atnme+ov, à Olympie, après la bataille de Chéronée (3). Plus tard, son culte a été associé parfois à celui d'Alexandre (4). Ne sommes-nous pas en droit de supposer que les rois de Macédoine passaient, d’une façon générale, dans leur pays pour être de sang divin? On sait que la mème croyance se retrouve chez beaucoup d’autres peuples. Les rois de Mésopotamie (5) et d'Egypte (6) étaient pareillement fils de dieux. Les rois d'Athènes ont dû l'être eux aussi; car la cérémonie annuelle de l'union de la Bactiwva avec Dionysos date d’une époque très ancienne, et doit avoir eu primitivement le but de faire engendrer chaque successeur au trône par Dionysos luimême (7). Je ne croirais pas cependant que la dynastie macédonienne ait eu le désir d'imiter l'étiquette des cours d'états plus puissants ou plus anciens. Toutes ces croyances et les cérémonies qui y correspondent ont vraisemblablement partout une même origine; et il devrait être hors de doute aujourd'hui que celle-ci est d'ordre religieux (8). Reitzenstein (9) et (1) Arr. Anab., 1, 17, 11 : après la bataille du Granique, Alexandre vint à Ephèse, 6 68 ôfuos 6 Tov 'Ezeoiwv.,. voùs viv einóva thy DiAinrou thy Ev tH leg warabakövras... Gppnsav anoxtetvar, (2) Clem. Alex. Protr., IV, 54,5: ... vÖv pév tov Maxeddva tévéex Mearns tov 'Apúvou Dikinmoy Ev Kuvosapyer vopoberoüvres mposxuvely..., aUdıc 62 tov Anurrpiov 6264 xaiadtdav dvayopevovtes. (3, Cf. Paus., V, 20, 9 sq. (4) Diod., XIX, 22. (5) Cf. W. Weber, Op. l., p. 100. (6) Cf. A. Moret, Du caractère religieux de la royauté pharaonique, Ann. du Mus. Guimet, XV, 1902, p. 17 sqq. (7) Cf. Crusius, dans Pauly-Wissowa, Real-Encyel., V, p. 1215. (8) Cf. W. Weber, Op. l., p. 101, 2. (9) Reitzenstein, Die hellenist. Myst. rel.?, p.8.

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Kampers (4) ont été frappés de la ressemblance que l'on remarque entre le rite d’initiation des mystères d'Isis et le mode du couronnement des rois d’Egypte. Ils font dériver le premier du second, alors qu’il me paraît évident qu’ils auraient dû conclure en sens inverse. La cour royale ne crée pas le rite ni la foi religieuse, mais elle les consacre en s’y conformant. Dans le mème ordre d’idees, la filiation divine du roi de Macédoine devra s’expliquer par les croyances religieuses qui avaient cours en Macédoine. Or, quelles étaient ces croyances? La Macédoine et la Thrace (2) ont été pendant des siécles le principal foyer de la religion et du culte dionysiaques. Elles lont élé à ce point qu'elles ont pu passer longtemps pour leur unique berceau (3). Le pays considéré conıme la patrie d'Orphée a été par excellence le terrain des pratiques des thiases orphiques (4). Lorsqu Alexandre partait pour son expédition contre les Perses, l'antique idole d'Orphée, dit-on, sua abondamment (5). Ceux qui ont raconté cela, ont pensé sûrement qu’Orphée était grandement honoré dans le milieu où vivait Alexandre. Et ils ne se sont pas trompés, à mon sens; car on peut montrer par ailleurs qu’Alexandre, prince profondément religieux (6) et pénétré de sa mission divine dans le monde (7). a dû être tout imbu des idées orphiques. Ephippos, un des généraux d’Alexandre, a écrit que celui-ci paraissail en public habillé tantôt en Ammon, tantôt en Hermès, tantôt en Héraklès, et même par- (1) Kampers, Vom Werdeganye der abendliind. Kaisermystik, p. 22 sq. (2) Cf. Herod., Vil, 111 ; Dio Cass., LI, 25. (3) Cf. Mededeel. Kon. Akad. v. Wetensch., Afd. Lelterk., 37, A, 1924, 2 (Amsterdam), p. 33. (4) Plut. Alex., 2: madoa. uèv ai te yuvaikes Évoyor tots "Oporxois oÙgat xai tots mepì tov Aidvugoy dpytagpois Ex tod navy makaroö, KAdGwvés te zat MipanÂdvEs Exwvupilav Eyougat, TOAAS tale 'Hôwvle: «ai tals neni tov Alpov Gossozis Opera Soda. (5) Plut. Alex., 14 : td mep) Act6rBcx tod ’Opoéws Edavov (Tv 62 xuTxpittivov) dpaetx Roh ono tas Auéoac exeivag doe. (6) Cf. Berve, Op. L., 1, p. 85 et 92 sq. ; Pfister, Der Reliquienkult. p. 176. (7) Cf. Plut. Fort. Alex., p. 329 : xowos Kxeıv Oed8ev zppootis xai Srakhauths tiv drwy vogikuv.

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fois en Artemis (1). Comment le roi a-t-il pu s’assimiler à des divinités de nature apparemment si différente ? La doctrine de la théocrasie des Orphiques fournit seule une explication satisfaisante. Elle nous fait comprendre en même temps qu Alexandre n'a pas eu de scrupules à se faire appeler premièrement fils de Dionysos, et ensuite fils d'Ammon (2) ou de Zeus. Pour qui voyait depuis son enfance dans les dieux que les hommes adorent sous des invocations multiples, les différents aspects d'une seule et même divinité suprême et universelle, il n'y avait pas dans tout cela de contradiction réelle (3). La théologie orphique avait en outre ce trait en commun avec les croyances mésopotamiennes (4) qu’elle se représentait la divinité comme étant à la fois mâle et femelle (3), concept qui semble appartenir au vieux fonds de la doctrine orphique en Grèce (6); car il se rencontre déjà dans un hymne orphique cité dans Pseudo-Aristote. neo: x6suov (7), hymne que Platon paraît avoir eu présent à la mémoire, lorsqu'il écrivait son ouvrage sur les Lois (8). Seule, la croyance à la nature androgyne de la divinité peut nous aiderà comprendre comment (4) Athen., XII, p. 537, e-f :"Eoırrog 6é ynotv ws "ARÉEavôpos val tas iepèc ecb tac épôost Ev vols Seizvors, ÓTÈ pèv Thy 765 "Auuovos Toppupiôa wai TepioytÖsis wai xépata xxOdrep à Beóg, OE 52 Tnv tHe 'Aptéprôos, fiv xai exi tod Xouatoc éodoe. TONAdxis, Eywv thy Meoctxiy stodkhy, Unowaivws dvwhev tay duuy tH te TOËOv nal thy oubÚvrv, éviote 82 wal thy tod 'Eopoö * tz piv Edda ayedov wat wab’ Exdotyy huépav yAapvda ze Toopupay Kal yırava peadAcuxoy ai tiv xavalavéyougay TÒ Öudönpa To Baorhixóv, Ev 88 tH ouvougia té te MEOLAR “xl tov zétagov ER TH Kepahd xal TO xpUxcLOV Ev TH yerpi, TOAARHLs Dè wal Acovtiy zal porahov worep 6 “Hoaxkis. (2) Cf. Droysen, Gesch. Alexanders des Grossen, 12, chap. 3, p. 321 sqq. ; Radet, Notes sur Uhist. d Alexandre, Rev. des Et. anc., XXVIII, 1926, p. 213 sqq. (3) Je m'abstiens à dessein de parler à ce sujet de l’iconographie d’Alexandre. (4) Cf. Ziegler, Menschen-und Wellenwerden, Neue Jahrb., XXXI, 1913, p.529 sqq. (5) Cf. Wobbermin, Relig. geschichtl. Stud., 1896, p. 49. Wobbermin adit avec raison : « (Die Mannweiblichkeit) stellt eine Entschränkung, eine Ausweitung dar ». . (6) Cf. BCH, XLVIII, 1924, p. 198 sqq.; Rohde, Psyche, I1?, p. 114, 3 : « die Theokrasie wird von Anfang an zur orphischen Theologie gehört haben... » (7) Zeùg Hoary yévero, Zebs Aubporos ÈRAETO vowon... Zens Atos #58 gen. Cf. Beth, Wiener Stud., XXXIV, 1917, p. 290. (8) Cf. Kern, Orphic. frg., p. 90 sqq., frg. 21 et 24, a.

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Alexandre a pu se travestir en Artemis (1). Nous pouvons d ailleurs pour déterminer le caractère de la religiosité d’ Alexandre tirer un indice supplémentaire de notre péan delphique luimême : si celui-ci est teinté d'orphisme, comme je l’ai montré, il v faut voir sans doute. non le retlet des idées du sacerdoce de Delphes lui-même, mais une concession et un hommage forcé à la mentalité étrangère du roi de Macédoine. Il est donc permis de conclure que nous devons voir dans Vorphisme le substratum religieux propre à expliquer les visées d’ Alexandre à une origine céleste. Or, d'après la religion orphique, l’homme était originellement de nature divine (2) et pouvait redevenir fils de Dieu, s'il y aspirait. Pour citer un mot attribué dans l’antiquité à Alexandre lui-même, Dieu est le père commun des hommes, et il adopte spécialement les meilleurs d’entre eux pour ses fils (3). Les hommes, d'après les Orphiques, s’étaient détournés de Dieu; mais il était en leur pouvoir, croyaient-ils, de se tourner de nouveau vers lui, et de s’unir à lui, par la voie de la communion, intimement et indissolublement. « Moi aussi », dit l'âme du myste qui descend aux Enfers, « moi aussi je me glorifie d’être de la race bienheureuse des dieux » (4). Or, si ceci vaut pour la généralité des hommes, le roi, qui est à la tête de son peuple et qui le représente auprès de la divinité, ne doit-il pas tout le premier accepter la filiation divine ? Il n'y a là rien autre chose, à l’origine, qu'une pensée religieuse. (1; La doctrine de la théocrasie orphique explique aussi l'attitude respectueuse et conciliante adoptée par Alexandre, dès 332, à l'égard du dien Melkart de Tyret des cultes égyptiens. Le syncrélisme est toujours resté à la base de sa politique vis-a-vis des nationalités vaincues. Dans la suite, les successeurs d'Alexandre ont respecté comme lui les dieux des pays conquis en s’efforcant de toute manière d'inculquer aux populations la conviction que leurs dieux étaient les mêmes que ceux des Grecs. Est-ce aller trop loin que de penser que le syncretisme religieux des empires hellénistiques est simplement la mise en pratique du dogme orphique de l'hénothéisme et de la théocrasie? (2) Adtap Euoì yévos ovpiviev (Kern, Op. L., p. 105, frg. 32, a, 7). (3) Plut. Aler.. XXVII. Je crois me rappeler avoir lu quelque part le mot d'Alexandre sous une forme plus antithetique. Le roi aurait dit : « Dieu est le père de tous les hommes; mais tous les hommes ne sont pas enfants de Dieu ». (4) Kal yap éyov Spey yévos BXGiov sûyoua: sivan (Kern, Op. L., p. 106, frg. 32, c, 3).

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Le roi se faisait initier aux rites par lesquels on se proposait d’effectuer l’adoption du myste par la divinité. Et c'est précisément parce que cet acte avait un caractère purement religieux que le roi de Macédoine continuait néanmoins à être traité par son entourage comme un simple mortel. Si quelques villes d’Asie Mineure ont accordé ensuite à leur libérateur des honneurs divins, si Alexandre lui-méme, aprés son retour de l'Inde, en a exigé de ses sujets, il y a la un développement ultérieur, qui peut avoir été provoqué par des influences étrangères à la Macédoine. La filiation divine, à un moment donné, a paru insuffisante ; on en est venu, à exemple d’autres états, à l’apothéose officielle du souverain régnant. Ce sont là des choses dont nous n’avons guère à parler ici. Notre texte peut seulement servir à constater que la filiation divine était chose donnée pour Alexandre, en tant que roi de Macédoine, dès son avènement au trône. | Vs. 133 : éxa€e. Les Grecs se servaient du verbe +iosetv pour exprimer une injonction ou une prescription catégorique (1). C'était par excellence un terme militaire. Hypéride appelle éxr&yuata les ordres qu’Alexandre envoyait d'Asie en Grèce (2). Pour la construction de caccew avec l’infinitif, sans indication de la personne à qui l'ordre s'adresse, on peut citer Polyaen. IV, 1: "Apyetos... tks mapGévous... xAñGerv evate... Miuardovas, et Dittenberger, OGSI, 4, 10 sq. : ’Avtinatow yap émitabavtos yorpara... eioweonv. Vs. 434 : Gusiav. Le mot Busta s’emploie souvent en parlant de sacrifices solennels accomplis avec grande pompe. Plusieurs savants en ont fait la remarque (3). Il va sans dire que la célé(1) Cf. Soph. Ai., 528 : td zaydiv... tedeiv, exécuter l'ordre donné; Herod., I, 144: rd npostaydiv cx tod Küpou, 145 : tx Erıracaöuzva. Xen. Hell., IV, 3,2 : einev * ei su tattots, GAAd Tirtw, Eon. Soph. El, 1495 : ph räose. Oed. Col., 839 : gr ‘rivage’ & ur xpavets. Xen. Hell., Ill, 3,4 : Höovrog adtou Tas tetaypéevwy tivk Bugröv. (2) Hyper., 1, 18, 91 sq. : rav éxitaypatoy dv Frey wépuv Tao 'Ahckdvôoou Tepi Te Tv puydiovxai nepi tod ri. Ch. Syll3., 22,5; Herwerden, Lex. Suppl. : Erırdrteiv et éxltaypa vulgo ita differunt a xpootdttew et npóetaypa, ut usurpentur de iussis imperiosis. (3) Cf. Schweighäuser, Lexic. Herod., 3. v. Buoin: « sacrificium, praesterim

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bration des Pythies n'allait pas sans un magnifique sacrifice à Apollon. Cela est d'ailleurs attesté par un fragment de Pindare : nevraernpis éoprà Bovroumos (1). La xoury du même sacrifice à Apollon est mentionnée pour l'année 394 dans la Vie d'Agésilas de Plutarque (2). Xénophon (3) parle des grands préparatifs que le tyran Jason de Phères fit faire aux villes de Thessalie pour les Pythies de 370 : le nombre des bœufs destinés au sacrifice s’élevait à mille, celui des autres victimes à dix mille au moins. Enfin, la #usix des Pythies figure encore dans une inscription de Delphes du commencement du 11° siècle avant notre ère (4). Mais ce n’est pas de ce sacrifice à Apollon, qui était habituel et réglementaire, qu'il s'agit dans notre texte. La dust qui sera faite aux Pythies sur l'ordre exprès d'Alexandre, s'adresse à Dionysos, sans quoi il n’en serait pas parlé dans un péan en l'honneur de ce dernier. On sera peut-être tenté de m'objecter que cela n’est pas dit clairement dans le texte. Mais nous avons le droit de considerer le mot Baxyou comme placé ano xo:voù (5), de façon publicum et solenne »; Ast, Lexic. Platon. s. v.: « sacrificium, etiaın dies festus qui sacris celebratur (vern. Opferfest)»; Cf. Ael. Var. Hist., 111, 37 : éoprastixhv bustav. Babr., CXXXII, 3 : Ovsin... éoptain (correction de Rutherford) ; Plat. Leg. VII, p. 809, d : Ouaiar mai éoptal, Ion., p. 535, d : Ev buotais Kat gootats, Epin. p- 985,e : &opras te... wai dusias. Ephipp. ap. Athen., XII, p. 538, a : év 'Ex6azwivors Où morfoas TO Arovóowy Buetar (sc. 6 ’AhéEavionc: ai mavtwy Saad, Ev tz Balve, nmzpagacuzsbévtwy... Ps. Aristot., De mir, ausc., p. 842, a, 18 sqq. : eodv Arov9TOU..., EVO THE Booths xxi TFS Ousixs obers. Parthen., XIII, 3 : twos éopgrre mai Qusias Tag’ 'Aoveiorn teAouudvng. Dans une inscription d'Oropos du ıv® siècle (IG, VIL, 235; Syll3., 1004, ll. 27 et 34), la même fête annuelle du sanctuaire d’Amphiaraos est appelée une fois 7 dusin et une autre fois 4, éop7t%,. Cf. Xen. Hell., IV, 5,1; Arr. Anab., I, 11,1; IG, 1,5, 614, b, 30: Thuc., VIE, 73,2 : ... goptts codons (gtuye yap adtois tautyy trv Tpipav bueia ovaj; la conjecture de Hude : taëtn Tú fpépa est mauvaise. (4) Pind. frg. 14 Puech, 193 Schröder. (2) Plut. Ages., 19. 7 (3) Xen. Hell., VI, 4, 29. (4) BCH, XVIII, 1894, p. 84, 7; Syll3., 648, B, 5 sq.: peta toy yuuvexoy TH Buota. (5) Même genre d’haplologie dans Hérodote, I, 129 : Hépcag 62 SevAous Edvtas TÔ rpiv Mrduw (i. e. MAöwv, MY,öwv) vov yeyovévas Oeonóras. 1, 137 : wire TOVv dAAwy [lepséov pnôéve (i.e. prdéva unôévx) Tüv Éwurob olxetéwy ini wih alrin avixertov Talos godev, J'ai signalé plus haut un cas tout semblable au vers ill. BCH, LI (1927).

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à entendre : 6 mate Safe Baxyou Baxyou (1) Ausiav zeuyer. Vs. 134 sq. Xopov... xuxilav Zurarkov est une énallage pour yop@v xuxklov Apıddav, un concours (2) de chœurs cycliques, c'est-à-dire dithyrambiques (3). Les jeux pythiques se composaient de concours gymniques et hippiques, et, en second lieu, de concours de musique, très anciens eux aussi. Il y avait notamment un concours de citharodie. Alexandre fait ajouter au programme le dithyrambe, genre artistique comparable en quelque mesure à l’opéra des temps modernes, et qui avait la vogue à son époque (4). Le dithvrambe s'était chanté, à l’origine, au banquet qui suivait le sacrifice à Dionysos (3). C'est dire qu’il avait un caractère dionysiaque très marqué (6), qui ne s’atténua que peu à peu dans la suite, à mesure que la coutume prévalut de mettre les poésies dithyrambiques au programme de toutes les grandes fétes. Pour représenter le dithyrambe, tel qu’il était du temps d'Alexandre, il fallait avoir un théâtre. Or, Delphes n'en possédait probablement pas, avant cette époque; car il n’y avait pas eu de jeux scéniques aux Pythies jusque-la. L’ordre donné par Alexandre a dû obliger les Amphictyons de faire élever un théâtre. C'est sans doute celui que l’on voit encore aujourd’hui près du temple et dans l'enceinte même du téménos d’Apollon. La scène actuelle est évidemment due à un remaniement pos- {1} Pour le génitif, on rapprochera Eur. Hel., 1333 : dewv Guoixt, Syll.3, 1107, AA sq. : tav Buster tod Arc, 559, 31 sq. : was Bustag Ts 'Aptéurdos tig Azuxovpurvas, Liddell et Scott, Greek-English Lex.’, p. 688 : « either Busia 900 or Oucia Bew was used ». (2) Le mot usité dans les pays non ioniens était &ywv. Dans Platon, äpt).Aa se lit dans le sens de concours de chant dans un seul passage (Leg., VII, p. 834, e: Saar Ev Éootats Æuihkat zopwv avayzalaı ylyveodar). Cf. Schol. Aristoph. Nub., 314 : of Atovuctaxo! dyöves Ev ols af Audi tüv yopay. Eur. Iph. Taur., 1143 sqq. : yopous 8 iatalny... Es aplrrag yaoituv, (3) Cf. l’article Cyclicus chorus dans le Dict. des Antig. (4) Cf. Christ-Schmid, Gesch. der griech. Lité®., 1, p. 254. (5) Cf. Crusius dans Pauly-Wissowa, Real-Encycl., V, p. 1206 sq. (6) Cf. Plut. Mor., p. 389 : prtoGdav yap, Alayúhos onal, nperer Öcbvpagbov Gpaptety guyawpov Atevucw.

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térieur; mais la construction de la cavea peut parfaitement remonter à l'époque d’Alexandre. | Vs. 134 sq. : ro[Aiv]. Je ne doute aucunement de l'exactitude de la copie, bien que je ne distingue pas les caractères TO sur l’estampage. Mais la restitution de Weil n’est guère satisfaisante. Aux Dionysies attiques, les chœurs cycliques étaient au nombre de dix (1). Si l'on voulait rivaliser avec Athènes, il fallait donc en effet s’assurer le concours de nombreux chœurs cycliques. Une petite ville comme Delphes pouvait en fournir tout au plus quelques-uns elle-même. Pour la plupart, les chœurs participant à la fête devaient forcément venir d’ailleurs. On pouvait espérer qu'il en viendrait beaucoup attirés par la splendeur des jeux. Mais le roi n’a pu prescrire expressément que les concurrents fussent nombreux. Je n'accepte donc pas la leçon zoùA{wv), et je proposerais la restitution suivante : „ogv +’ éro[é][xwy] xuxAiav dura. "Erc!xos se rencontre dans Eschyle dans le sens de voisin : OROTO! T’ ETOLKOV dyväs "Actas Eöog venovrar (2). Les chœurs des éxoract (3), des habitants des villes ou des villages (4) du pays d’alentour, si Je comprends bien, seront invités à venir prendre part au concours. Ce sont eux qu'on y attend d’abord : pour les communautés situées loin de Delphes, les frais de déplacement auraient pu devenir exorbitants. Une autre manière d'agir ett été d'abandonner dès le commencement toute la nouvelle partie du programme des fêtes aux technites dionysiaques, comme étant les mieux qualifiés pour l’exé{4} Cf. Reisch, De musicis Graecorum certaminibus, thèse de l'Univ. de Vienne, 1885, p. 27; Brinck, Diss. Philol. Hal., VII, 1886, p. 86. (2) Aesch. Prom., 411. Cf, ériywotos, BCH, XLVIII, 1924, p. 136 sq. (3) Cf. Soph. Oed. Col., 506 : fot’ Exorxos, Ös opúger. (4) Les auditions musicales des chœurs dionysiaques xarı xwu2¢ sont mentionnées dans Platon, De republ.. V, p. 415, d.

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cuter dignement. C'est ce qu’on a fait dans la suite, au risque d’enlever au concours ce qu’il a pu avoir au début de spontané et de populaire. Le sacrifice à Dionysos institué en 335 et les concours dithyrambiques qui s’y ajoutaient ne semblent pas avoir été abolis, lorsque la domination macédonienne eut pris fin. Un texte épigraphique (1), fortement mutilé, il est vrai, tend à prouver qu’ils s'étaient perpétués jusqu'à la fin du mr siècle. Je veux parler d’un décret amphictyonique fait aux Pythies (1. 5 : MuGtous), qui commençait par ces mots : önws Av 7, Gusia +6 Atovúso (1. 14). Immédiatement après, il y était question du xowdy Toy reyvırav zv eis Iohuov [xa Neuéav] (1. 12 sq.). Il s’agissait donc, dans ce texte, non d’une simple offrande, mais d'un sacrifice solennel suivi de représentations scéniques. Vs. 137 : seuyetv. A limitation d'Homère, presque tous les poètes grecs se sont servis du verbe reöyew. Malgré cela, l’emploi de ce mot, tant par rapport à Justav que par rapport à duthdayv, paraît ici assez recherché. On disait communément Quctav avery; Sophocle, cependant, a dit une fois : modubúvoug revyetv spayäs (2). Je ne connais pas d'autre exemple de &urtA)av ou dyöva zeuyeıv pour ayöva Tifévar ou rier. Vs. 137 sq. : aroveyylélo{ jv 6° aoyolüsaıs] tsov. Selon Weil, ces mots signifieraient littéralement: « quand les jours règnent aussi longtemps que les nuits ». Ce serait une périphrase de tonuepta, à l'équinoxe. Une telle interprétation est à rejeter pour plusieurs raisons (3). ‘Aùtopevyús, mot qu'on rencontre seulement ici (4), est à coup sûr un adjectif. Pour la forme, on rapprochera l'adjectif gousopeyyús (5), qui s'applique lui aussi (1) CIG, 1689; SGDI, 2532. (2) Soph. Trach., 756. (3) Elle a été acceptée récemment par Powell, Coll. Alex., p. 169. (4) L’association des mots #Alou véyyos est, en revanche, très fréquente dans les poètes classiques. Cf. Bacchyl., V, 161 sq. : dekiou.. wéyyoc. Soph. Trach., 605 : péyyos fhiou. Ané., 808 sq. ; Eur. El., 729; Hipp., 850 : oéyyos dektou. Hec., 250; Aristoph., FCG, Il, p. 1019, EX : yaïpe, pévyoc f‚Aiou. Apoll. Rhod., Ul, 1229 Sq. : péyyos hehiou. (5) Aesch. Agam., 288; Orphic. frg. 236 Kern, 4.

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à l'éclat de la lumière du soleil, xxhAtweyv#s, 444 épithète de l'Aurore (A), et du Soleil (2) et Aresozeyyas (3). Il est juste de reconnaître que, dans la langue populaire, où puisent les poètes, certains noms substantifs sont parfois remplacés par une épithète. Ainsi, dans Hésiode, le limacon est appelé #epéo:xos (4), ‘le poulpe &vöszeos (5), la lionne äzpryos (6); ailleurs, la brebis et la chèvre sont nommées 60974 (7), ce qu’on écorche, et le porc edstoy (8), ce qu'on flambe. Ce sont là vraisemblablement des termes inventés pour éviter le mot propre, dont l’usage était supposé pouvoir porter malheur (9). Eschyle lui-même a dit une fois agtavros pour B&rasca (10). Malgré cela, il paraît presque impossible qu'un poète de l’époque d'Alexandre ait risqué aAvogeyvas pour ápépa. Autre difficulté : régner, en français, se prend dans le sens de durer; mais il n’en va .pas de même en grec pour &p'yetv. "Isov, enfin, pour donner un sens compréhensible, devrait avoir nécessairement un complément (tov vais vuët). La restitution de Weil est donc insoutenable. H. Diels (11) en à proposé une autre, qui a été acceptée par Diehl et par de Falco, mais que je ne crois guère meilleure. A Athènes, les neuf archontes juraient de consacrer aux dieux une statuette d'or, s’ils transgressaient la loi (12). D’après Platon (13) et Plutarque (14), ces offrandes étaient placées dans le sanctuaire de (1) Eur. Hipp., 455 : h xadkAweyyis … “Eus. Cf. Apoll. Rhod., IV, 981 : "Has àptyerns péyyos Sake vissopévorst. (2, Eur. Troad., 860 : & xakAweyyès TAtow aëhas. Frg. 781, 13 : © warhuperyds "HAL: (v. |. yousopeyyës). ‘ (3; Hymn. Orph., Ill, 3; V, 5; Nonn. Dion., 1, 465; XXXIII, 371. (4, Hes. Op., 511. (3) Ibid., 524. (6) Hes. frg. 96, 91. Cf. W. Morel, Hermes, LXI, 1926, p. 231 sq. (7) Syll3., 57, 31. (8) /bid., 1037,5. (9) Cf. Meillet, Linguisé. hist. et linguist. gen., p. 281 sqq. (10) Aesch. Pers, 578 : avasöwv naldwyv TA Autävrou. Cf. Ja note de Mazon. (41) Berl. Sitz. Ber., 1906, p. 461. (12) Aristot., 'Abrv. moa., VII, 1. ‘13; Plat. Phaedr., p. 225, d: ypusts einova. (14) Plut. Sol., 25 : avépidvea ypucotv.

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Delphes. C'est sur ces témoignages que Diels s’est fondé pour écrire: &hroveyy[é]o[t]y ©’ apyölvrwv] tov... &yadkpa « une figure pareille aux images des archontes, brillantes comme le soleil ». La construction : dyakja toov ahtoweyyéorv (ayóùpas:) est dure, et le lecteur est censé comprendre de lui-même que c’est aux archontes d'Athènes que le terme &5y0vrwv a trait. Mais l’objection principale est celle-ci. Il s’agit, dit-on, d'un dya\pa doré de Bacchus. En ce cas, l’auteur, en homme de bon sens, est tenu de dire, en termes poétiques, je veux bien, mais cependant clairs, que la figure du dieu doit être d'or. Ii ne peut se permettre la bizarrerie de dire seulement qu’elle doit être du même genre que les ex-voto des archontes. Et la comparaison serait d’autant plus extraordinaire que l'image de Bacchus qui devait être placée, un jour de grande fête, dans un char attelé de lions, était à coup sûr colossale, tandis que les statuettes offertes par bes magistrats attiques n'ont pu être bien grandes, sans quoi la fortune des délinquants n'y aurait pas suffi. Et, du reste, est-il bien raisonnable d’admettre qu’à Delphes subsistaient encore, à cette époque, des exempiaires de ces statuettes ? Je veux bien croire, sur la foi de Platon et d'Aristote, qu'il en ait réellement existé un jour ; mais nous savons que pendant la guerre sacrée, les objets de métal précieux du sanctuaire ont servi aux Phocidiens pour en battre monnaie. Il est donc assez probable qu’en 335 le téménos d’Apollon ne renfermait plus un seul spécimen des eixöves d’or des archontes athéniens. Pour pouvoir arriverà une solution meilleure, il importe d’abord de vérifier si les cinq caractères AAPXO, qui se trouvent placés à la fin de la ligne 87 du texte, ont été lus avec certitude. La copie de M. Bourguet indique que le troisième et le quatrième caractère n'étaient visibles qu’en partie. L'estampage ne me donne que la première et la dernière lettre : A...O. M. A. Salaë, qui a eu la bonté de revoir le passage en question sur la pierre, le copie comme ceci : A...O. M. Salaë m écrit : « Il faut lire A, au lieu de A; les trois lettres entre A et O n'ont laissé que des traces incertaines ; © à la fin seul est presque sûr ». Ceci nous prouve une fois de plus combien la lecture des

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syllabes en fin de lignes est difficile dans notre texte. Il semble ‚impossible, en quelques endroits, de distinguer avec certitude un À d'un A. La dernière syllabe de a:oveyy{[é[o[t]y doit être longue dans le vers ; elle ne peut donc avoir été suivie par une voyelle. Je ne sais si nous pouvons retrouver le mot manquant avec une entiére certitude. Mais je suis persuadé que nous obtenons le sens requis en écrivant: anovery(é|a[tjy rYi a’ alvr]oliars] (A) teov 2600 dyahpa Báxgol u], ‘ «une image de Bacchus semblable à l’orient empourpré ». Si c'est bien cela qu’a écrit Philodamos, il s'est peut-être souvenu du vers 791 du Prométhée d’Eschyle : mods dvrokds pAoyanas nAtosTubets. x ? A - ~ en ~ Pour justifier ma manière de voir, je vais montrer d’abord que les poètes grecs de toutes les époques se sont plu à comparer l'éclat d’objets d'un brillant incomparable à la clarté du soleil, et que c'est là une sorte de lieu commun poétique. Je ferai voir ensuite plus loin que l’expression employée est de mise ici, parce que le Dionysos dont parle le poète, est le Bacchus thrace et orphique, qui est un dieu de lumière dont l'image doit resplendir de mille feux. Homère appelle les chevaux de Rhésos atvos axciverow dotxotec neiloro (2). Le œäpos de Pénélope est jeri evartyxov 78 sednvy (3). Le visage d'un dieu est àytiAtov, c’est à dire, radieux (1) Dans Pseudo-Callisthène (ed. C. Muller, p. 27, ad 1, 26), Alexandre le Grand porte un vêtement dont la ceuleur brillante égale celle du soleil levant : "AX¢ZavSpas avatéAAwy Erdt,rx Ty T,uwiespevos. Le texte est corrompu, mais le sens n'en est pas moins clair. HH faudrait à peu près : duxtéAAov(t: Guoiav) esbita, si du moins nous pouvons admettre qu'on a dit parfois avatéAnwy pour avatéAAwy fA:0s, comme en latin oriens pour sol oriens (Verg. Georg., 1, 250; Aen., V, 7139; Ov. Fast., 1, 653). (2; Hom. /l., X, 547. Hs sont d'une blancheur éclatante (cf. ibid., 437: Aeuwórtego: (3) Hom. Od.. XXIV, 148.

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comme le soleil (4). Dans Aristophane, Peisétairos, devenu roi des oiseaux et du monde, se montre au public dans un costume éblouissant : 004" hou enhauyes axtivwy séhac zoroûrov EEhapber (2). Dans les Argonautigues d’Orphée, les cheveux de Circé sont comparés aux rayons du soleil : and xpatos Yap Éberpor Tuocais axtivesouy ahbyxtot Hwanvro (3) v LS wu. sy . ‘i en v . Même comparaison ailleurs pour les âmes des morts (A), la face du Christ (5), les yeux d’Alcibiade, qui est comme une incarnation de Dionysos : opfadpot 6’ aptäot Bohas pappapuvats äœutAkwmévas (6). Attis, brille, comme les rayons solaires (8). | selon vals HALOU Julien (7), La comparaison d'objets etde personnes avec l'aurore et le soleil levant se rencontre dans Homère, dans Euripide et dans Théocrite. L'armure d’Achille est elxeros av y 7 mupos œifomévou (9) 7 Zentou Avıöveos (10). (A) Eur. Ion., 1550. Cf. avrideos, avridéwv. (2) Aristoph. Av., 1741 sq. (3) Orph. Argon., 1219 sq. (4) Plut., De facie lunae, XXVIII, 10 : autive tay div Eoıxular. (5) Nov. Test., Ev. Matth., XVII, 2 : &Aagwev vò rpdgwmov we 6 FAtog, và 8 tudtia autod eyévero Acuxd we To ws. Apoc., 1, 16: 7, Gris adroö Ws6 Frog Ev tH Suvdper aûroö. Cf. Norden, Die Geburt des Kindes, p. 106. (6) Liban. Declam., XH, 27 (ed. Förster, vol. V, p. 549). (7) Julian. Or., V, p. 165, c: tats hAtauaïs autiow époepel. Cf. Rhet. Graec. ed. Walz, 1, p. 639, 20 sq. (description d'un baptistere) : éaistov olov aroatiAfoyta wai wats hirauals axtiaw épiïovta. Graillot, Le Culte de Cybèle, p. 540. (8) Ailleurs, l'éclat de l'objet brillant est assimilé à celui de la lune ou des étoiles (Hom. /1., V, 5 5 V1, 401; XIX, 374; 381; Od., XV, 108 ; Hymn. Hom. in Apoli., 441 ; in Ven., 89 sq.; Hes. frg. 142; Aristoph. Av., 1709 sq. ; Mus., 57: ola ve Asuxondono; éravréhhousa sehfvr. Hor. Carm., 11, 5, 18 sqq.). (9) Cf. Hymn. Hom. in Ven., 86: TETAGY Bev yap Eeoto paetvóvepov muoùdc abyhs. (10) Hom. Il., XXII, 134 sq.

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Polynice apparait portant une armure dorée : EMots Gora pleyedwov Bodats adtou (1). RY » as AI Ws avréhotoa xaAdov Ga La beauté d'Hélène évoque l’image du lever de l'aurore : be xa à youcéa ‘EAéva cuapaiver’ ev duty (2). 4 a, . OLEDAVE TOOTWTOY... LA Méme rapprochement dans Nonnos, à propos de la nuque de Béroé : Mehoc etxeros Bodats 6’ avripponos "Ho; ihéxtow auaotoserar avyrv adv (3(3). nAextow Besóne Begons auapusserat A Rome, le vétement de l’archigallus était de couleur aurore (4). L’adjectif ‘cos s'emploie communément dans les comparaisons de ce genre. Il suffit d'en citer quelques exemples : isos “Evuakio (5), whoyt isos (6), Beëv iso coladpots vdo (7), 23005 tsov ovoave (8), Movy kain odor’. ioov (9), sos mupt (10), aoréor tor, (11), Sayuds... toa (12). Or, comment, et en quelle matière a pu être faite une telle image de Bacchus, resplendissant comme les feux du levant ? Etait-ce & proprement parler une statue, j’entends une vraie statue due au ciseau d'un sculpteur ? Je ne le crois pas. Cette image de Bacchus a dû être une idole éphémére somptueusement habillée, tout comme celle qu’on conduisait par les rues d’Athénes dans le currus navalis (13), ou comme l’äyarpa Arovu(1) Eur. Phoen., 16%. (2) Theocr., XVIII, 26; 28. Cf. Eur. EZ. 130 : heuxdv te nodgwrov dots. (3) Nonn. Dion., XLII, 422 sq. " (4) Varro, Menipp. frg. 121 : aurorat ostrinum hic indutus supparum. (5) Hom. Il., XXII, 132, (6) fbid., XIII, 39. (T) Aesch. Pers., 150. (8) Aesch. frg. 214 Dindorf. (9) Eratosth. in schol. ad Nic. Ther., 412. (10) Timoth. Pers., 22. (41) Call. Aymn., IV, 38 ; cf. Apoll. Rhod., 1, 774. (12) Theocr., 11, 110. (13) Cf. G. van Hoorn, Rev. arch., XXV, 1927, p. 113.

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sou qui figura dans la célèbre procession arrangée à Alexandrie par Ptolémée Philadelphe (4). C'est parla splendeur de son vêtement rouge qu'elle était comparable à l’aurore, à |” Has xooxonencAgs de l'épopée (2). Il est permis de penser qu’en faisant représenter Dionysos de la sorte, Alexandre a causé une surprise mélée d’amertume aux Grecs accourus de toute part aux fêtes pythiques. La crocote, il est vrai, était précisément le vétement que la croyance populaire attribuait à Dionysos (3). Mais les artistes grecs avaient commencé à renoncer, dès l'époque des guerres médiques, à la prédilection qu’ils avaient eue jusque là pour les couleurs bigarrées et le luxe oriental. Le cinquième siècle encore avait connu, dans le demi-jour des sanctuaires, les pompeuses statues chryséléphantines. Mais depuis, la mode et le goût avaient changé : cent ans après Phidias, l'apparence radicuse de lidole au manteau aurore, traînée sur un véhicule outrageusement luxueux, n'a pu qu’offenser gravement les Hellènes, accoutumés désormais au charme de l'art discret et languissant de Praxitèle. Comparée aux statues de Dionysos de leur temps (4), Vidole de Bacchus dressée avec ostentation aux yeux des pèlerins d’Apollon a dû leur paraître (1) Callixenus ap. Athen., V, p. 198, c : cent quatre-vingts hommes traînaient un char, Er! 62 vaúrns Entv dyakpa Atovicou Sexdnnyu... yitava Toppupoüv Ey ov Scırebov xai Er’ adtod xpoxuwtdv Stagavi,, mepteSe6Anto SL tudrıiov roppuooDv ypvaonotathov. Cf. Dict. des antiq., s. v. acrolithus, vol. I, fig. 67; 1G, IV, 358 (Mnemos., XLEX, 1921, p. 114), 13 sq.: [Öörtuc xaracxev)wOA AyarApa Atoviscon tH guvóôot äxp[ó]AtBov, ypuadetmov, Étire[ôov] ; Abel, Orphica, p. 276 (épigr. de Proklos). (2) En disant xpoxéxerdoc, Humère a songé apparemment au rouge de feu de l'aurore. Il ya deux variétés de safrans, la rouge et la jaune; et il ya des fleurs dans lesquelles le rouge se méle au jaune. La substance colorante que Fon tire du safran est toujours jaune; mais le poète qui a imaginé l'épithète xpoxörer‘o; a dû penser à la couleur de la fleur même (cf. f0608%xtvA0¢). (3) Cf. Cratin. Dionysalex., Meineke, FCG, Il, p. 37; Aristoph. Ran., 46. Pour la couleur de la crocote, voir Aristoph. Ecci., 329 : muppdv. (4) Je pense au Dionysos du monument de Lysicrate (334), que Farnell (Cults of the Greek States, V, pl. LIL, p. 273) caractérise en ces termes: « We gather the impression of an epicurean god, indifferent and secure and already touched with languor ».

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déplaisante, outrée, extravagante, en un mot, barbare (1). Ce n'était pas là, à leursens, le Dionysos national, c'était celui des Macédoniens, devenus les maîtres de Delphes et de l’'Hellade. | Le sentiment était juste. Une véritable emprise macédonienne commençait à s'exercer sur le culte de Delphes. Nous savions déjà, d'une façon générale, par les plaintes de l’orateur Hypéride (2), que, sous la domination macédonienne, les anciens dieux de la Grèce étaient parfois privés des honneurs que la tradition leur accordait. Nous apercevons maintenant, plus en détail, comment la religion macédonienne est venue réclamer sa place, impérieusement, dans le centre le plus vénérable de l'antiquité hellénique. Le culte de Dionysos, concu d’après les croyances orphiques,- vient empiéter sur le culte d’A pollon. Le dieu qu'Alexandre veut que l'on salue et chante au printemps (3) alors que, d'après les traditions delphiques (qui furent plus tard rétablies), l'hiver seul lui appartenait, le dieu dont il va jusqu’à greffer le culte sur la fête estivale des Pythies (1), est le Bacchus thraco-macédonien. Son manteau (1) Tels hommes, tels dieux. Paris est décrit dans Euripide (Iph. en ces termes : avôrpès pèv eiuäTuv STOM ypusó Te Aaurpôc, Bapôdpw y ALTRUAT:. Taur., 13 sq.) Cf. Plut. Mor., p.65, d = (’AXéEavôoov) naraaroiılöpevov vat avanhkattéuevey ús daha Baphapındv. ‘ (2) Hyper. “Ex:tdép105, 21 : Buciag iv avOpumars yiyvouévas Epoodv, aydApata 352 wat Bwwots xat vaoùs vols puäv Beoïc Zpecdtic, tots 68 Zußawrois ÉriueAGS cuvrerodpeve. 22 : vk pèv mpd Beoüg Bora Sa thy MaxcOdvwy TÓhpav avijontat. 43: tobe vats ttpate tay Bev xatahvepevats BonbAeavras. (3) Cf. vs. 3 sq. L’arrivee printanière de Dionysos répond d'ailleurs à la croyance généralement acceptée. Cf. Aristoph. Nub., 344: tpt © emepyopsven Boopla yapız. Plut. De Is. et Osir., LXIX, p. 378, e: Dovyes G2 rdv Bedv oldpevor Zerpovos naBeúder, Oépous 52 gypryoorvar, ToT? piv watevvaspous, tots Ô' avaydocets Baxyevovres at teaotar. Aristid. 1, p. 373 Dindorf: toes box Tewty, Arovuctors. Himer. Or., HI, 5: Avéot... maivovrar tH Oe@... enerdav adtois zap Evelun... à FA105. XIII, 7: tov Arévusov... Toos ot. to mobrov ExAdupaveos... romeal... Tlapvacoö suonéhous xai Achoiôa nétpazy Aysusı. Dieterich, Eine Er! Mithrasliturgie, p. 127; Wilamowitz, Pindaros. p. 81, 2. (4) Cf. Farnell, Op. l., V, p. 200: «It is a significant record or hint of any summer festival of Dionysos ». fact that we have no

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couleur de feu le caractérise comme le dieu solaire, ce que Dionysos n’était pas pour le commun des Grecs (1), mais ce qu'il était certainement pour les tribus au Nord de l'Olympe et pour les Orphiques. Les poèmes orphiques admettent partout l'identité de Dionysos et d'Hélios. C'est là un fait tellement connu (2) qu'il serait superflu d'en apporter la preuve ici. Les vers orphiques cités par Macrobe : | C7 HAtos, Bv Atévucoy eénixAnTtv xakéougtv, . a r kJ ros a, et: eig Zeus, ets 'Atòns, els "Hiros, els Ardvuses suffiraient seuls à le démontrer (3). Il est bien vrai que la . plupart des écrits orphiques qui contiennent [affirmation de l'identité de Dionysos et d'Hélios sont d'époque assez basse. Mais cela ne veut pas dire que la doctrine qu’ils contiennent soit forcément récente. Il est parfois possible, pour peu qu'on procède avec discernement, de se servir des sources orphiques, même les moins anciennes, pour retrouver les croyances des siècles antérieurs (4). Je crois cependant pouvoir répondre d’une façon plus positive à l'objection que je prévois. Le dogme en question se trouve énoncé clairement dans des vers attribués à Eumolpos et à Orphée dans un passage du premier livre de Diodore de Sicile (5). Or, ce passage a été emprunté par son (1) Les Rhodiens, au premier siècle de notre ère, identifiaient Hélios et Dionysos (Dio Chrysost., XXXI, 11, ; mais cela ne prouve rien pour le 1ive siècle avant J.-C. Les Eléens faisaient de même (EE. M.,s. v. Atévucos:... mapa yao "Hiciot, 6 adrès TH "Hip vopifetat); mais rien ne démontre, du moins pour le moment, qu'une telle croyance ait été bien ancienne en Elide. (2) Cf. Lobeck, Aglaoph., p. 498 sq.; Jensen, dans Pauly-Wissowa, Real- Encycl., VIII, p. 76. (3) Macrob. Saturn., 1,18; Kern, Orphic. frg., p. 248 sqq. (4) De la même facon, il ne serait pas impossible de reconstituer, s’il le fallait, une partie des croyances des chrétiens primitifs à l'aide de textes liturgiques du moyen-âge et des temps modernes. . 45; Diod , 1,44, 3 (Kern, Op. L., p. 250) : tev Si map’ "EXans: rahatüv puboAdyey rivès Atdvugoy rposovouifoust wai Zeiprov (c'est à dire “H:ov) mapwvúgws. dv EüunoArtas tv ev toig Bauytuoïs Ernest pna: * Aotpowat, Arövuaov Ev axtivesst TUPUTÔY,

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auteur à Hécalée d’Abdöre (1), qui fut contemporain de Ptolémée I. Les vers cités sont par conséquent au plus tard du ive siècle ; ils sont même probablement plus anciens. Je remarquerai en outre à ce propos qu’une des tablettes d’or de Thurii (2), qui date du 1v° ou dum’ siècle, contient deux invocations à Helios : navénsa Zed... "Hare, Möp. — Zed "Ode xo avona “At. H. Diels a publié une étude approfondie sur cette tablette (3); à mon étonnement, il explique la place qu’y occupe Helios par le fait que le coucher du soleil serait pour les mystes le signal de rompre le jeûne (4). Les appels adressés à Hélios dans ces vers sacrés prouvent simplement que les Orphiques adoraient le Soleil, qu’ils identifiaient avec Zeus et avec le Feu (5). La même identification de Dionysos avec le Soleil se rencontre chez les Thraces (6). Elle ne leur est pas venue du "Oppeds 62° TODVERS tv Kahdoug: DÉVNTA Te xai Ardvucov. Les mots tév "Oc:o:, qu'une partie des manuscrits de Diodore, et Eusébe (Praep. Ev., 1,9, 27 d)intercalent après pubohóvus tivés, faussent le sens du passage; car les textes cités par l'auteur à l'appui de sa thèse n'ont trait qu'à Dionysos et a Hélios, sans qu'il y soit question d’Osiris. (4) Cf. Schwartz, dans Pauly-Wissowa, Real-Encycl., V‚p. 672. (2) Kern, Op. ¢., p. 11Tsq., n° 47. 13) Diels, Orphischer Demeterhymnus, Festschr. für Gomperz, p. 1 sag. (4) Diels, /bid., p. T sq.; Vorsokr., 112, p. 481, 18; Il’, p. 178, 1. (5) Cf. Davis, The Asialic Dionysos, p. 191. (6) Eschyle, dans les Baosäox:, faisait d'Orphée un adorateur d’Helios qui refusait de rendre un culte à Dionysos. Cela prouve du moins qu’Eschyle connaissait le culte du Soleil en Thrace. Cf. Soph. frg. 582 Pearson : | "He, prAinmois Oonti npéabtstov seta; (ou sébas). Macrob. Saturn., 1, 18, 11 (d'après Alexandre Polyhistor) : in Thracia eundem haberi Solem atque Liberum accipinius, quem illi Sebadium nuncupantes : magnifica religione celebrant; Perdrizet, Cultes et mythes du Pangée, p. 59 sq. (Farnell, Cults of the Greek States, V, p. 99 sq. s'est montré trop sceptique). Arch. epigr. Mitth., X, 1886, p. 241 (inscription mutilée de Yéni-Nikup): ôelas peysans 0. Ati ‘His veya[Aw] w Eebasiw ay[iw]... Quant au prétendu temple d'Hélios que Pearson (The Fragm. of Soph., 11, p. 227) place dans la Chersonése de Thrace, il est permis d'affirmer qu'il n’a

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dehors avec le culte de Dionysos lui-même; car Dionysos, s’il y a quelque vérité dans les idées concernant son origine que j'ai exposées naguère (1), n’a pas été primitivement un dieu solaire. Ce sont les Thraces eux-mêmes qui ont assimilé Dionysos, lorsqu'ils ont appris à le connaître, à leur dieu national, le Soleil (2). Dans l'orphisme grec, cette identification est un élément thrace. | Il existe un fragment d’un poème orphique qui présente les analogies les plus frappantes avec le texte du péan delphique tel que j'ai essayé de le reconstituer et de l'expliquer. On lit dans les Saturnalia de Macrobe : Orpheus Liberum atque Solem unum esse deum eundemque demonstrans de ornatu vestituque etus in Sacris Liberalibus ita scribit : zauza ze TaVTA Te herv teo%, (3) OXEVT, TUAATAVTA sopa Geov, pipnpa neptxAdtou re toto : ~ ad r LA > r nowra Liv OUY shoytars evakhtyarov axtiveraty ~ LS . he én iov potvixeov TAL ELKEAOV aupibardabat... (4) « Orphée, là où il montre que Dionysos et Hélios sont un seul et même dieu, écrit ceci dans les Baxyıxa& à propos de son jamais existé. La pierre sur laquelle on a fondé cette hypothèse (C/G, add. 2016, d) est la pierre tombale dune femme morte assassinée; l'invocation à Hélios et le symbole des mains levées vers le ciel qui y figurent, en sont des signes certains. Cf. Cumont, Il sole vindice dei delitti ed il simbolo delle mani alzate (Atti Pont. Accad. Rom. di Archeol., Ser. Ill, Memorie, vol. I, 1, 1923, p. 65-80). La triade Helios, Séléné, Gé avait un culte en Macédoine du temps d’Hannibal (Polyb., VII, 9, 2). Alexandre a sacrifié à cette même triade lors d’une éclipse lunaire en 331 (Arr. Anab., Il, 7, 6). Le même Alexandre a offert un sacrifice à Hélios après la bataille de l'Hydaspe (Diod., XVII, 89, 3; Q. Curt, IX, 4, 1). (1) Mededeel. Kon. Akad. Amsterdam, Afd. Letterk., 51, A, 1924, p. 19 sqq. (2) L'importance du culte du Soleil chez les vieilles populations balkaniques a été mise en lumière par G. H. Macurdy; cf. Class. Rev., XXVI, 1912, p. 250; XXX, 1916, p. 182; Class. Quart., IX, 1915, p. 70: Max. Tyr., XXXIIL: Maloves sé6over piv "Hhtov, dyahua SE ‘HAlou [Tarovindy Sianos Bpayüs Ürèp gaxpoö Eúhou. (3) Les manuscrits portent ep: ou trepa. On corrige teg ou For. (4) Macrob. Saturn. 1, 18, 22; Kern, Op. L., p. 250, frg. 238. Le fragment compte 15 vers; ceux que je cite ci-dessus sont les quatre premiers. Il est dit dans la suite qu'il faut revêtir l'äyaXpa d'une ceinture d'or, à la pointe du jour, quand la mer seinble faire comme une ceinture au disque &mergeant des flots.

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vêtement. On doit accomplir tout ceci, après avoir revêtu le corps du dieu d’un habillement sacré imitant le soleil dans sa gloire. Il faut donc d'abord le couvrir d'un manteau d’un rouge ardent (1), semblable aux dards de flamme (du soleil)... » Macrobe a emprunté ce passage tout entier, semble-t-il, à Cornelius Labeo, auteur du m° siècle de notre ère. Le poème orphique qu'il appelle Sacra Liberalia n'est autre que les Baxytxá nommés par Suidas parmi les écrits d’Orphée. On les attribuait, d'après le même lexicographe, à Nikias d’Elee, auteur qui n’est pas connu par ailleurs. Nous ignorons la composition et la date de l'ouvrage ; et il n’est pas certain, quoi qu'en pense QO. Kern (2), que les autres fragments orphiques cités par Macrobe appartiennent au même poème. Hérodote a fait allusion à un ouvrage appelé Baxyıza (3) ; rien ne prouve cependant que ce soit le mème. Le fragment cité plus haut est écrit dans le vieux style épique ; mais celui-ci était facile à imiter. L'emploi du moyen aue.dadssher au vs. 4 indique peut-être que le poème ne remonte pas au delà de l’époque hellénistique. Seulement, quelle que soit la date de la composition des Baxyuxá, la règle que contient le passage cité par Macrobe est manifestement ancienne. C'est donc conformément aux vieux préceptes orphiques, qui nous sont conservés dans les Baxyıxa, que l'image de Dionysos qu Alexandre ordonne d'élever à Delphes, est habillée en dieu solaire, d'une robe rappelant par sa couleur les feux de l’aurore (4). (4) Cf. Wunderlich, Die Bedeut. der roten Farbe, Rel. Gesch. Versuche, XX, 1, p. 96 sqq. (2) Kern, Op. l., p. 249. (3) Herod., II, 84. (4) Gesner disait à bon droit des vers de Macrobe cités ci-dessus : « hic habitus debet symbolum esse Solis orientis, et praecedentis eum aurorae » (G. Hermann, Orphica, p. 466). — Osiris, considéré du temps de Plutarque comme un dieu solaire, portait un vêtement semblable ; cf. Plut., De Is. et Osir., p. 312 : dumeyovy 62 pAoyneiöet otéAhougtv autod tae sindvas, KAtov CHa ts tayx0d Suvapews ws dpatov ovsias vontis Tyovpevor. Ibid., p. 382: % 8' ‘Oclordog (stohr) oùx Eye. ROUMAMOV, GAAK Ev draoûy Td owToetdës. surdv odâë

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Vs. 138 : a6oov ayahua Bax/o[u] est probablement une énallage pour 46900 &yakux Baxyou. Dionysos est appelé 46p0:/itwv(1) et &6poxéuns (2) dans Nonnos, et je ne sais si la répartie du dieu dans les Bacchantes (3) : aGootnt eury Aéyers, ? que Fon rend généralement à peu près par : « oh délices » ! ne signifie pas plutôt : « tu fais allusion à cette mienne délicatesse » (4). Les poètes latins, à partir de Tibulle et d’Ovide, accordent à Bacchus l'épithète tener (5), ce qui doit être une traduction de &6pös, parce que les auteurs grecs ne lui ont donné aucune autre épithète que l’on pût traduire de la sorte. Le dieu qui est nommé habituellement 46506 dans les poèmes orphiques, est Eros (6), que l’on assimilait à Pávns (7) et à Dionysos (8). En poésie classique, l'épithète a6pds n'est pas appliquée à Éros. Elle se lit dans les sources orphiques, comme je le disais, dans quelques épigrammes assez tardives (9) et dans les Anacreontea (10). D’autres dieux, particulièrement chéris par les Orphiques, tels Adonis (11), “law (12), Koóvos (13), Osiris (14), et Apollon lui-même (45) ont été surnommés 4696; occasionnellement. (4) Nonn. Dion., XIX, 249; XLIII, 444. (2) Ibid., XVI, 172. Cf. Hymn. in Bacch. (Abel, Orphica, p. 284), 2 : 26poxdyyy. (3) Eur. Bacch., 968. (4) Les substantifs féminins dérivés d'un adjectif et se terminant en -trs expriment la qualité. — Cf. Soph. El., 397: ovx épodbs tpúnoug Afyeız, « tu parles d'un naturel qui n'est pas le mien ». (5) Cf. Carter, Epilh. deor. quae ap. poet. lat. leguntur, p. 62, (6) Kern, Op. L., frg. 14, 83, 170. (7) Procl. in Plat. Tim., 31, a : © hävns... Ovoudberar wal XBoug "Epws. (8) Hymn. Orph., Lil, 10; Gruppe, Griech. Myth., p. 854, 6. {9) Anth. Pal., IX, 325, 4; XI}, 78, 3 (Meleagr.) : tov 460òv Eenbon. (10) Anacreontea, 62, 1. Cf. Meleager, Anth. Pal., 458, 2 : 46conéô:hos "Eows. Nonn. Dion., XXV, 160 : z6poyitwv... "Epws. (11) Sapph. frg. 62,1; Bion., 1, 79; Procl. Hymn. in Sol., 26; Nonn. Dion., VI, 365. (42) Macrob. Saturn., 1, 18, 20. (43) Luc. Saturn., 9. (44) Eus. Praep. Ev., V,7 (oracle de Didymes). (15) Nonn. Dion., IV, 95.

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Vs. 139. La copie du BCH porte : ENEI!. P en fin de ligne. Le second g doit être dû à une faute de lecture. Le métre exige a cet endroit une consonne; car la syllabe ev doit étre longue dans le vers. Le réviseur a mis en note : « aujourd hui on ne lit plus que BAK..-EN./.. « Le trait oblique est en contradiction avec la première copie; je ne le vois pas sur l’estampage. La restitution &v Geuyet de Weil satisfait pleinement aux exigences du sens et du métre (4). [Zevyer| ... Xéoyzwv, un char attelé d'une paire de lions. On disait couramment, de la même façon : inmnwy Leüvos (2), dopo. innwy (3), eheodvtwy koga (4), Zoua hedvtwy (5) etc. (6). Le char de lions de Dionysos se rencontre dans l’art figuré et dans la poésie grecque, depuis le vi° siècle avant notre ère (7). C'est le véhicule que Dionysos a emprunté (8), en méme temps que son costume (9), à Cybèle. Vs. 139 sq. : youcéwh Acévrwv. Les lions qui étaient attachés au char de Cybèle aux jours de fête étaient eux aussi parfois plaqués de métal précieux (10). (4) Pour l'emploi de la préposition év, cf. Call. Epigr. incert., XI, 10 : Xppacw Ev Xapitwv wopnbeic. (2) Andoc., IV, § 26; Isocr., XVI, § 25, p. 351, c ; Sydl3., 1055, 62. Cf. Nic. frg. 90 : Ccdyeoty ... Gohwv. (3) Herod., VIE, 40; Syils., 4169, 114 : konz Cevdtavta tov Gedy txnwy. -Catast., XIII : &ppa Seútavra inrwv (c'est sans doute Ps. Erat., faute de connaître cette locution que Schaubach et Olivieri ont barré inrwy); Dio Cass., LXVIII, 46. (4) Dio Cass., LXXIV, 4. (5) Hymn. Orph., XXVII, 3 : tayvépépov Eppa Aeóvrwv. Nonn. Dion., IX, 193: Eppa Acdvrwv. (6) Nonn. Dion., VIN, 229 : Enoyrpevos Zopat: xuxvwv, XXIV, 84; XI, 345 : éncyhSopa. Sppati vebpav. (7) Cf. Roscher, Lex. der Myth., 1, p. 1095; Fouilles de Deiphes, IV, pl. XII; Pind. Ox. Pap., XIN, 1949, p. 37, vs. 19 sq.; Annual B. S., XV, 1908-9, p. 320, fig. 5; Reinach, Kép. des rel., Ill, p. 59, 3-4; Nonn. Dion., IX, 160 sq. et 182. Cf. Furtwängler, Beschreib. der Vasens. im Antig., 11. p. 909, ne 3257 (Dionysos sur un char attelé de panthéres). (8) Cf. Nonn. Dion., IX, 191 sq.; Graillot, Le culte de Cybèle, p. 213. (9) Cf. Apoll. Bibl, ILI, 33. | (19) Cf. Poet. lat. min. ed. Baehrens, III, p. 292 (poème de lan 394 de notre cre), vs. 104 : vidimus argento factos iuga ferre leones, BCH, Li (1927).

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Vs. 140 sq. : Sabew ... sw. L'épithète Sabeos s'attache très fréquemment, dans les poètes, depuis Homère, aux noms de villes, de montagnes, de fleuves etc. Un endroit est appelé Caßeos, quand il est comme rempli d’un souffle divin. Les dieux eux-mêmes ne portent pas cette épithète dans la poésie classique. Zafico; 0e6s fait l'effet d’une tautologie. C’est pourquoi on s'est demandé (1) si notre texte ne porte pas plutôt : Cadeov ze cevbar hen maénov ävcpov (2). J'avoue que le même soupçon m'est venu, indépendamment des savants anglais qui s’y sont arrêtés. Je ne distingue pas sur l’estampage la terminaison de l’adjectif en question. Mais je crois aujourd'hui la leçon de la copie du BCH défendable. En étudiant l'emploi de l’épithète Cabeos, j'ai constaté que celle-ci a fini tout au moins par être appliquée à des personnes divines. Il est vrai que les rares exemples d'un tel emploi ne se rencontrent que dans des textes d'époque tardive (3). Les Hymnes Orphiques n’en contiennent encore pas un seul. Dionysos lui-même est appelé Céfieos une seule fois dans les Cynégétiques d’Oppien (4). On me fera peut-être remarquer qu'il est dangereux de se servir de textes de basse grécité pour expliquer le vocabulaire d’un auteur du 1v° siècle avant notre ère. Seulement je connais au moins un texte de Pindare qui est de nature à faire réfléchir ceux qui parleraient de la sorte. C’est dans le péan en honneur des Abdéritains, vs. 59 sqq. : zot GUY nokëéuw xınsaylevor] /Hova nokvòwgov, 0Abov Eynareinxav népav ’A[ Ow} Harövov lignea cum traherent iuncti stridentia plaustra... egregios proceres currum servare Cybellae... Graillot, Op. L., p. 135 sq. (1) Cf. H. Powell, Collectanea alexandrina, p. 171. (2) Cf. Eur. Phoen., 232 : [20ed 7’ dvrpa ôpixovtos. (3) Cf. Kaibel, Epigr., 4047, 2 : Cabéns “Istd05. Quint. Smyrn., V, 30 : Saber, ‘Agents. Hymn. in Apoll. (Abel, Orphica, p. 285), 7 (Anóhhwva) Lddeov. (4) Opp. Cyneg., IV, 232 : Gabgoto … Arovösou. Cf. Kern, Orphic. frg., 315: . dat’ Sv tenta: Terp’ em! Labenv, 7, St, téexe prtépa Tivtwy. Procl. : Égriv 68 tetpae 7 Atovucran?, Gedty..

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aty matav [Aaoùs Ehdsavre |¢ Laféas = = zoowou “Pp ry > « par la guerre, ils avaient acquis une terre riche de dons; ils y établirent leur prospérité, aprés avoir chassé de cette contrée, leur nourrice divine, jusqu’au delà de l’Athos, les bandes des Péoniens valeureux » (4). En appelant la terre des Abdéritains leur zpopós, Pindare la personnitie; cela ne l’empéche pas de dire : Caféas toowou. Vs. 141.@e6 meérov (2) équivaut à deonsenes (3), decorum deo(4). “Avtoov. On racontait que l'enfant Dionysos avait grandi dans une grotte (5). Sur le coffre votif des Kypsélides, le dieu adulte était représenté couché dans une caverne (6). Une grotte devant laquelle une Ménade donne le sein à une jeune panthère, se voit figurée sur un camée antique (7). Une inscription récemment découverte à Frascati mentionne parmi les desservants des mystères dionysiaques des aides appelés avroovuhanes (8). Je n'ai pas à m’étendre ici sur la signification que la grotte a eue à l’origine dans le culte de Dionysos et d’autres divinités (9). L'important, c'est que nous savons que, dans les (1) Traduction de M. Aimé Puech. (2) Cf. Eur. Iph. Aul., 133 : ws 6 vupsiots rpéret. Herc., 548 : udopos BE naidwv Tis ODE veptépous mpérwv; Plat. Phaedr., p. 278, d : Bew povw moéne:v. Syll3., 660 (inscription de Delphes de l'an 160 avant notre ère), 4 : ToÉTOVT TOT! te Tov Hedy wai tay TdAW auav, Ibid., 103, 7; Thuc., Il, 34 : ixawov tév rpérovra. Critias ap. Sext. Emp., Adv. math., IX, 54, vs. 38 sq. : Haks TE TH ACYW LATULLGEY av Gaivov’ altos Kav TPÉTOVTL yuolw. Plat. Tim., p. 17, b: Eeviodevrag off Tv npénov Eevlors. Kern., Op. L., frg. 52: detée Se Tavta gupxtos 0882 moémovea TÚTOv. (3) Cf. Pind. Nem., X, 2. (4) Cf. Cic., De leg., 11,845 : color autem albus praecipue decorus deo est. (5) Hymn. Hom., XXVI, 5 sq.; Diod., HI, 69; Paus., Il, 24, 4; Philostr. Imag., 1, 13; Porph., De antro nympharum, 20. (6) Paus., V, 19, 6: Atdvusoc Bà Ev dvtpw xataxeluevos, yévera Eywv... (7) Cf. Furtwängler, Ant. Gemmen, LXV, 46; cf. Meded. Kon. Akad. Amsterdam, Afd. Letterk., 51, A, 1924, p. 26. (8) Cf. Gnomon, III, 1927, p. 250. (9) Cf. Farnell, Cults of the Greek States, V, p. 132; Eisler, Wellenmantel, p. 616 sqq.; Toutain, Les cavernes sacrées dans lantiq. grecque, Ann. du Mus.

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grandes occasions, on construisait parfois, en l'honneur de Bacchus, des grottes artificielles, ombragées de pampres et de lierre. Ptolémée Philadelphe et Marc-Antoine se sont conformés à cette coutume (4). C’est une grotte temporaire de ce genre qu Alexandre a ordonné aux Delphiens d'aménager. Cela n'avait peut-être rien d'extraordinaire pour eux, si ce n’est que c'était aux jeux pythiques qu’ils allaient être tenus de l’élever. L'usage, une fois établi, a pu se perpétuer. Nous retrouvons du moins dans Macrobe la mention des speluncae Bacchicae à Delphes (2). STROPHE XII. "AALS déyecte Baxy[euw- 145 zalv Aufólvuolov, ev 3’ ayur]ars ua coy [yoocrs |e x[1INtoxere) xisofn:/Jairans : E]doï & td Baxy’ & à [Mardy]. Nacay [“EA]\a0" av’ òf Abia| La leçon de ce commencement de strophea pu être légèrement corrigée et complétée par Weil, à l’aide d'un nouveau fragment (3), dans la seconde édition du texte. Vs. 144 sq. : Baxyfetdra)v. Dionysos est appelé Baxyesıwras dans un fragment lyrique (4), et dans Sophocle (5). Mais on a établi depuis que la pierre a porté : Baxy[tajocav. Cette appellation de Dionysos n'est pas connue par ailleurs, sous cette Guimet, XXXIX, 1912, p. 137 sqq.; Saint-Yves, Les grottes dans les cultes magicoreligieux, Carcopino, La basilique pythagoricienne, p. 211-216. (1) Callixenus ap. Athen., V, p. 200, e : ës° 7 (sc. tetpaxdxdou) dvtpov Tv Babd xaB' ömepbokhv xtooû wal udn... Id., IV, p. 148, b: isvopei 6: (Ewxpárns ô 'Póöcos) zal adtév tov 'Avtusviow Ev 'AOfvars ner: tadta Giærpidavra meplontov nip tO béatpov AATATKEVATAVTA TY solav fhwpä Tetvxacpévsy Chn, Waneo Eni rav Baxyindv Avrpwv yiverar, tavténs TÚUTAva nal vebpldas al navrodank GAA 20uppata Arovuataxà EEaprhoavra peta tov pihwv EE gwhivod xataxAtvopevoy uebiouecdar. (2) Macrob., Saturn, 1, 18, 3. (3) Cf. BCH, XXI, 1897, p. 512 sq. (4) Cf. Himer. Or., XIII, 7. (5) Soph. Oed. Col., 678.

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DIONYSOS 457 forme exacte; mais on trouve les épithètes Baxyeutas (1), ou Baxyeurns (2), et Baxysuzwo (3). Vs. 149 : 0[%6:av]. D'après le réviseur, on lit : 6[X6:;jau. L’orthographe oAGiau ne serait possible que devant +. Je crois pouvoir assurer, d’après l'estampage, que la pierre porte 6[X6!]av yav. La lecon : masa "E[I]ARS’ av’ o[AGilav (4) 150 yay rappelle celle du vers 32 et suivant : [vos EvA’] Saray ‘EXA%OOS yas (5)... Après ya», on lit : ....:te. Il y faut probablement reconnaître un impératif en -eise faisant suite aux impératifs Géyeoûe et xwkroxete de la première partie de la strophe. Le poète invite les suivants du dieu qui participeront à sa Joyeuse entrée, à le chanter dûment et à répandre sa gloire à travers l'Hellade tout entière (6). Comme nous l'avons dit plus haut, la date de la fête printanière de Dionysos a dû être très rapprochée de celle des Théoxénies (7). Cette nouvelle fête, en d’autres termes, a été grell&e sur les Théoxénies, tout comme les nouveaux honneurs pour Dionysos ont élé entés sur les Pythies. Le poéte était donc en droit de présumer qu'il y aurait à Delphes à ce moment des représentants de tous les états grecs. La suite du texte, à partir de TAZ et jusqu'à la fin de la strophe, a été lue comme suit par le réviseur (8) : (1) Phanodem. ap. Athen., XI, p. 465, a; Kern, Op. l., fre. 248, a, vs. 13. (2} Antip. Sid , Anth. Pal., 290, 1; Hymn. Orph., XLVI, 6. (3, CIG, 1, 38; Abel, Orphica, p. 284, vs. 3. (4) Cf. vs. 113 : Enñädos GASias. Eur. Iph. Aul., 1381 : A6 ‘as 85 "EAAdöos. 15; Cf. Aesch. Pers., 186 sq. : “EXAaSa uAfow Aayotsx vatav. Soph. Phil., 236: "EAAZö0; vis. Eur. Hec., 340 : Snip yrs "EXASGOS, Iph. Taur., 1386 : & yfis "ENASÔOS valtar veus, etc. Eur. Hipp., 357 : “Banas (al) 2éZe.. Paus., I, 13, 3 (épigramme du ine siècle avant notre ère), vs. 2 : afôe xaì "Erz: (YA) Souhosuvav Eropov. (6) Le culte de Dionysos est apparemment te seul pour lequel l’oracle de Delphes ait fait de la propagande; cf. Farnell, Culis, IV, p. vet p. 383. (1) Cf. BCH, XLIX, 1925, p. 122. (8) Cf. BCH, XXI, 1897, p. 543.

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TOA.~.Y.. ZETEA-~-FAZ.. PEP Iz 98 99 AN......N...1Tv:.L...KYKAI - NA. YFIEIAZ J'omets ce qui reste du refrain final. L'examen de l’estampage démontre qu’a la |. 97 il y aeu trois, et non deux, caracteres entre Y et ZTEA. Cette première erreur en a entrainé une seconde : à la 1. 99 les caractères E et | sont en réalité placés à une distance normale l'un de l’autre. Au commencement de la 1. 97, on distingue sans trop de peine les mots : roA{uG]u[tou]s ze 'Alôá]vas. Une restitution intégrale de la fin de la strophe ne serait qu’un jeu d’erudition. Je crois devoir me borner à soumettre à la critique des futurs éditeurs du péan la restitution partielle que voici : rasav “E[A]Aa0’ av’ of A6: ]av 450 var, fyocelis ela) rod! uGlul cou le =’ ‘Af Aa lvac pen. HUA [yors’, d&lvalE] vyretac. Vs. 150 : [ywoe]i=’ ent]... Si cette restitution est bonne, du moins pour le sens qu'elle donne, le poète a voulu animer la foule accourue à Delphes à aller assister aux Dionysies attiques, qui se célébraient du 9 au 13 Elaphébolion. [oiublulreuls (1) =’ ’Aldalvas. Athènes, ville de fêtes et de sacrifices. Le grand nombre des fêtes religieuses d'Athènes était presque légendaire. Thucydide, déjà, fait dire à Périclès que les Athéniens font des sacrifices toute l'année durant (2). Le scholiaste renchérit encore sur cet éloge en affirmant qu’il n’y a qu'un jour dans le calendrier auquel les Athéniens ne sacrifient point (3). Au 11° siècle, les choses n'avaient pas changé, témoin cette assertion d’un personnage d’un dialogue pseudo(1) Cf. Eur. Iph. Aul., 185 : noXóBurov discos ‘Aotéutûne. (2) Thuc., 11,38, 4 : Quotas Brerroiors vonfinures. (3) Av hou Tou Erous Ovovew of ‘Arvato: nad’ Exdstey, TAY urg huépas. Cf. Ps. Xen.,'AB, mod., II, 2 : oSsrivac moörov piv Set Eoprisat nori: Goxs odiepia toy “EdAnviduy Tókewv. 111,8 : vous: pèv Zootäs E:mAacious Fo of XXAOù.

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platonicien : wAsiotas ... Quotas mai xankistas Tv “Edt voor dyopey (1). | ‚La transposition de ze, qui est placé après nokuvbuvous, tout en ayant la fonction de rattacher ywsetz: au verbe précédent. n’est pas inadmissible dans une pièce de poésie lyrique (2). La mention d'Athènes parmi les villes que doit gagner la contagion de l'enthousiasme religieux, nous rappelle l’oracle de Delphes cité par Démosthènes, en 347, dans son discours contre Midias. Dans ce texte, déjà cité par Weil à propos de sa belle restitution [2vusjais (3) au vers 145 et suiv., Apollon ordonne aux Athéniens de célébrer une de ces grandes fêtes populaires (önporern tepa), qui avaient lieu, non dans l’enceinte de quelque sanctuaire, mais dans les rues mêmes des villes (4), Vs. 152 : xuxkt... Le poète parlait, je pense, du concours de chœurs cycliques qui avait lieu à Athènes le premier jour des Dionysies. _ ; V. 153. La restitution [&]va[§| dyreias est due à Weil. Elle est probable, bien que Dionysos ne soit appelé ainsi nulle part ailleurs. On s'est servi en Grèce de tous temps d’appellations de divinités de même nature, quoiqu'il faille avouer que celles-ci ne deviennent fréquentes que chez les poètes d'époque tardive (5). Voici du reste deux passages d’Athénée que lon (1) Ps. Plat. Alcib., 11, p. 148, e. (2) Cf. Eur. fph. Taur., 987 sq. : Bert, Tie Govt, Darpovuy ÈTÉSEGE, ch Tayriieıoy oméoua Gia ndvuy T° Éyer. BCH, XLIX, 1925, p. 129, 2. (3) Cf. Soph. Ant., 1136. (4) Demosth., XXI, 52 : ad8ö ‘EpeyBeiënom, Goo Ilavéiovos Zotu vaiete wal matoiota: vdpots uved? Eupräg, ueuvhsôa Baxyoto “ai eöpuyópous Kat dyvtis istéva: woztwy Boouiw 7401 Auuiyx mävras wal wuıräv Bwopote: kÉON FTESÄVOLS UAL ANTAG. (5) Cf. Hymn, Hom. in Mercurium, 14 : nytrop' övelpos. Fra. lyr. ap. Plut., Mor., p. 1130, a (Diehl, Anth. Lyr., V, p. 161) : voxtüs ardväg aeoyrAcié 0° Unvou xoieavas (sc. "Ardns); Eur. Fon., 1049: eivoôia Biyares Aduartoos, & Tüv vuxtindAwy éedtwy dvacgers. Eur. Med., 426 : DotGoc, ayi,tws ueréwv. Call. Hymn., IV, 5

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peut citer à l’appui de la restitution du savant helléniste : 7 & Hubix etonxé test Aróvuoov ‘Yyrarnv xadety (II, p. 36, b); Mvaotfens 8’ 0 ’Afnyatos Atovuoov 'Taroóv ono why Mufiav yonsar tay "Añrvatots (1, p. 22, e). Ces textes prouvent qu’à Delphes, au moins à partir de la première moitié du 1v° siècle (1), ce n'étaient pas comme à Épidaure (2), et, depuis 420, à Athènes, Asklépios (3) et Hygie qui passaient en premier lieu pour donner la santé aux mortels. L'oracle de Delphes a propage le culte de Dionysos, en tant que dieu guérisseur, même dans un grand centre tel qu’Athénes, où la médecine avait à celte époque d'autres divinités tutélaires. Au commencement du rv° siècle (4), les poètes Ariphron et Likymnios avaient écrit, en l’honneur d’Asklépios, l'un un péan célèbre, l’autre un dithyrambe (5). Philodamos de Scarphée, en poète lettré, voire friand de littérature, les a sans doute connus aussi bien, et mieux, que nous. Mais il en est venu à les contredire en quelque sorte, ayant adopté, pour sa part, la tradition de Delphes que la voix de l’oracle répandail au dehors. Dans l'hymne à Dionysos qui lui fut commandé, il s'est cru obligé de rappeler, au moins d'un mot à la fin, le titre du dieu à la gratitude des hommes, en sa qualité de dispensateur de la santé. Ainsi, dans sa dernière strophe, l'auteur s’est adressé d’abord Doïéov, dotôdwy pedéovta. Leon. (Anth. Pal., VI, 10, 2) : IIaAAds, anetpotéxou Georôr: zapbevirs. Luc. Trag., 138 sq. : tis thy avientdy pe Gesrôtt, nóvuv oùx olde Toöfyoav; Buresch, Klaros, p. 106 : Ziva ve mayvevétry, tapiny Cwaonta Tvorfs. Hymn. mag. Abel, II, 2, 7 : abröc val poarts pode avdwe uoÂrts + dydktup. Nonn. Dion., XXI, 14 : “Apec, &vaë rnohëuo:o, XX VI. 284 : YAwosns Tyepovi,a, cops iBúvropa pwvis (sc. "Eoufv), XXVII, 253 : vofosüvrs sxrxrodye (sc. “AToAAov), XXX, 66 : w nätep, Epyonóvoro nupinvoz xoipave téyvrs (sc. “Hoaistoy); Kaibel, Epigr., 421, 8 : (Xprotèv) &vauta Cots. (1; Le médecin Mnésithéos est cité par le poéte comique Alexis (Athen., X, p- 419, c), qui a écrit vers le milieu du rv® siècle. {2j Cf. Isyll. Paean in Aescul. (Diehl, Anth. Lyr., VI, p. 284 sq.; Powell, Coll. Alex., p. 134) : 'Aoxhantòv ... Bwrtip’ Syielas … yato’, ‘Aocxharté.., (3) La procession annuelle en l'honneur d'Asklépios avait lieu à Athènes le 8 du mois Elaphébolion. C'est dire qu'elle coïncidait à peu de chose prés avec les Théoxénies et avec la nouvelle fête printanière de Dionysos à Delphes. (4) Cf. Wilamowitz, Griech. Verskunst, p. 495. (5) Cf. Diehl, Anth. Lyr., V, p. 130 sqq.

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LE PÉAN aux suivants de Dionysos (vs. 144 : deyeofe, 146 sq. : x[xñoxeve!, 150 : [Ywpe]ise), pour finir, comme il avait commencé, par une invocation à Dionysos. Il ne me semble pas trop téméraire de restituer, en conséquence, & la dernière ligne : ~ oo? LA [yarp’, alva[é] vyretac. . Les hymnes homériques se lerminent presque tous, ceux de Callimaque sans une seule exception, par de semblables invocations finales (1). La formule ato’, äval y est très communément employée (2). ADDITIONS ET CORRECTIONS Vs. 27 sq. M. Roussel a constaté sur la pierre que la restitution o[éA]zs que j'avais proposée est impossible, puisque la première lettre est décidément un A. Je crois maintenant que Philodamos avait écrit : [aatpoplais SE -verot TOA} 2 load Pi à NS ® N i Awy 6[é0]as, « en agitant de la main la nébride étoilée » (3). De méme, dans l'épopée et ailleurs, les dieux agitent l'égide, qui est une peau de bête tout comme la nébride. L'expression rarreıy déoas correspond à la locution ertoeierv, ou Avaseicıy, atvyica, qui se lit dans l'Iliade (4) et dans Hésiode (5); et il paraît même assez certain que l’épithète «atyioyos a désigné, à l'origine, celui qui agite, et non celui qui £ent, l'égide. L’addition de ‘gero à ndihwy ne doit pas étonner, puisqu'on lit dans l’{liade : (4) Cf. BCH, XLVIII, 1924, p. 158. (2) Cf. Hymn. Hom., XV. 9; XVI, 5: XIX, 48; XXI, 5: XXVI, 11 ; Aristoph. Av., 868 ; Simiae frg. 17 (Powell, Coll. Alex., p. 614); Call. Hymn., U. 113. 13) Cf. Nonn. Dion., XIV, 133 sq. : éAdguy dvriooonow Zotowy … Yıravı. (4) Hom. Il, IV, 167: XV, 230. (5) Hes. Scut., 344. Cf. Nonn. Dion., VI, 117 : KooviSns Öóhtos véos aiylda seiwv, XXVII, 291 : aiylöa 6’ aif0osovoa. 301 : aiylda ceio vivace.

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’ ard Tu Y Ld ev LENDBETTE “1p? 726 > ad ALY Loa A Gusavectoay, Thv par éntoseiwy ooGéery 1,pwas 'Ayasous (1). La solution à laquelle je me rallie avait du reste déjà été en visagée par Weil. Elle a été adoptée par J. U. Powell. BCH, XLVIII, 1924, p. 146. C'est par erreur que j'ai cité Verg., Ecl., VI, 48. Ibid., p. 170 et suiv. Un fragment d’une élégie d'un poète hellénistique publié en 1893 par Mahaffy (2) et réédité en 1924 par E. Diehl (3), contient, si je ne me trompe, un nouvel exemple de l'emploi du terme stvaeris dans le sens d'épopte ennéatérique (vs. 6). Le terme Ge-/errs se rencontre quelques vers plus bas (vs. 12). Il s’agit, dans ce fragment, malheureusement mutilé, du mariage projeté d'une jeune fille, et des cérémonies religieuses auxquelles elle avait été précédemment initiée. Je m’abstiens d’en parler plus longuement, parce qu'on m’annonce que le fragment sera prochainement republié par H. J. M. Milne dans son Catalogue of Literary Papyri. Ibid., p. 178. Au vs. 35, il faut mettre une virgule, et non un point après [xAster oJe. La proposition qui suit dépend toujours de £vôz (vs. 32), du moins au point de vue du sens. L'auteur veut dire que c'est à Éleusis que Dionysos a ouvert un refuge aux âmes angoissées. Ibid., p. 184. Il s’agit dans le chap. xxn du traité De sera numinis vindicta de Plutarque, non des demeures définitives des bienheureux, mais de l'endroit où séjournent les âmes destinées à être réincarnées. Cf. Méautis, Recherches sur le Pythagorisme, p. 170, 2. Ibid., p. 193. Lire au haut de la page: « Les ‘Okvuri de Dion furent célébrés avec une grande pompe par Philippe, en (1) Hom. Il., XV, 229 sq.; cf. XI, 3 sq. : Zeb à "Epiôx mooiahhe bods Ei Tac Aja Apyahény, twoAguoto tépas peta yeoaiv Eyoucay. TloAgpoto tépas, c'est encore l'égide, que Nonnos appelle xuGepvitetpay (Dion., XXVII, 291). (2) Flinders Petrie Pap., 11, n° 49, a. (3) Diehl, Anth., Lyr., VI, p. 238. "Evuotc

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348, après la prise d'Olynthe, par Philippe et Alexandre, en 338, après la bataille de Chéronée etc. », BCH, XLIX, 1925, p. 105 sq. M. Roussel m’a communiqué une nouvelle copie du fragment de la VII* strophe. La voici : ı ızE AZ EYOI QI OZ MA K A I 1 AE O!IM PS ZOPONN EF lbid., p. 114 et suiv. Dans la IX° strophe, les observations que je dois à l'amitié de M. Roussel (BCH, L, 1926, p. 263) permettent d'améliorer sensiblement la lecon des vers 107 et suiv. Elles sont du reste de nature à remettre sur le tapis la question de savoir s’il s'agit dans cette strophe de l'introduction du culte du dieu Mên à Delphes. La pierre a porté sûrement : ols Elxa6òhos MHNIKE XATATYT. Il ne manque donc plus que la terminaison du substantif txéras, qui était placé en fin de ligne. Malgré cela, le sens du passage n'apparaît pas nettement dès l’abord. Pour ma part du moins, j'ai hésité fortement sur le parti à prendre. Voici le raisonnement auquel je me suis arrêté. ‘Exa6620< ne pouvant être un adjectif se rapportant à pv ou à Msv, il faut y voir une désignation d'Apollon lui-même (1). Si nous écrivons : ols 'E]xa602.05 Je er 1 r Ty’ Wél vac) xataoyy,. nous obtenons le sens : « pour qu’Apollon retienne ses suppliants pendant un mois » (2). Ce serait de Vexcellent grec, mais le sens serait loin d’être satisfaisant; car le mot txéta¢ n’est pas le terme approprié pour désigner ceux qui viennent assister aux fétes apolloniennes, et, en second lieu, les fétes (1; Cf. Pauly-Wissowa, Real-Encycl,, VIL, p. 2800 sq. (2) Cf. Herod., Vi, 128 : xatéyuv èviaurdv, « les retenant toute une année ».

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delphiques ne duraient pas un mois. Les jeux olympiques avaient une durée de sept jours, et on estime également à six ou sept journées celle des concours pythiques, en y comprenant les cérémonies religieuses qui les encadraient; or, il n’y avait pas de plus grandes fêtes en Hellade. Je crois par conséquent plus juste de restituer le passage comme suit: als 'E]xabóhos May’ ixé[ vas] zardeyn, « pour qu’Apollon garde Men pour ses suppliants », en d’autres termes, pour que le culte de Mén provisoirement et inofficiellement introduit à Delphes y demeure définitivement fixé. lôid., p. 124, 2. Cf. Eur. lon., 78: GoW yap exbatvovta Aoëtou yóvov Li =e Tove . Comme la leçon 4ujcjtav est certaine, il faut accepter que les mots Suvoyv Bustav forment un asyndeton. [bid., p. 127, 2. Cf. Aesch. Ayam., 101, avec la note de M. von Wilamowitz. p. 129. La leçon de la copie du Bulletin TA - - HMOIZ Ibid., apparaît désormais inattaquable. Devons-nous par conséquent revenir à la restitution de Weil: zal vö}%uots? (1) Je ne le pense pas; car ce serait imputer au poète une faute de dialecte qu'il n’a pu commettre. Il est vrai que le dialecte de Delphes a subi dès le 1v° siècle l’influence de la xo.v74, encore que le premier texte delphique dans lequel on rencontre la forme önpos soit de la fin du 15° (2). Mais Philodamos, en poète lettré qu'il est, n'écrit pas dans la langue des décrits amphictyoniques. A tout prendre, il serait même peut-être plus rationnel d'admettre, dans ce texte poétique, une erreur du lapicide qu'une aussi grave faute de dialecte. Mais nous ne sommes pas réduits à avoir recours à un expédient de cette sorte. Je crois qu il faut lire ra[lpp|npors pour mauurvors, comme on lit Mnpéwrhos pour (1) Cf. Pind. Paean., VI, 62 sq. : Beta: yap ayAads Unip [MavehAdôoc. (2) SGDI, 2645, Syll3., 548. Cf. Rusch, Gramm. der delph. Inschr., p. 46.

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Mnvéothos dans une inscription attique du ur° siècle avant notre ère (1). C'est simplement un cas d’assimilation progressive d'une consonne (2). BCH, L, 1926, p. 284, 4. Cf. le Mithraeum de Diebourg (3). Ibid., p. 298. Cf. Simon., frg. 4, 8 sq. : LOTS wévav „ehourwe évaby te xdéoq> (4) . vS PET WE ANSE ET] 5 x00u0v po v an Je fais suivre, pour terminer cette étude, le texte du péan tel que j'ai taché de létablir et de le restituer : I [Gede’, ava Altfuoaube Baxy’, e[Ute, taupe, xioco | yal za, Bodus’, notvalis (ov| ng € ~ hd hid [zaioò'] teoors Ev wpats ' D (evor, & 'lóBaxy’, © te Masa) [6], On bars mor’ Ev eviats Zn|vi| yetvar[o] xx kirats Buva ravres ©’ [aha]varoı [-y Jéseu- Gav, ? Tavtes> 68 Boorot [doe] vv Le v we 10 (sais, & Blayyre, yevvars. & Mardy, tt swrio, EUPPOY TRYÔE TOALY phase La 1 Lee r ° Evaiwve ov 0460, , II 45 ’ a Edd [&]v tose Bayyiate per I0|v peyarovuuds| ze Kadpou Mivuüiy ze xéAn(os Ev-| [Soja [ze XAALXLOTOS + (evoì, @ “Id6axy’, © 18 Mardy), (1) Defir. tab. Att., ed. Wuensch, 64, 9. (2) Cf. Meisterhans-Schwyzer, Gramm. der att. Inschr:., p. 85; BrugmannThumb, Griech. Gramm., p. 156, § 123, 2, b. (3) Gnomon, 1926, p. 687; Cumont, Journ. des Savants, mars 1927, p. 122. (4) Cf. Eur. frg. 219, 2.

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LE PÉAN DELPHIQUE À DIONYSOS Sntehésar DE mol dE 'Apwixtvovns Beds] xeheuLA a 4 1 A La „er 72/05, wls “E Jxa6óhos May fans) nation (sever, © 'I6bar,’, © LE Mardy), STE 410 = « oef …5atr 0 r ”, > à EY SEVLOLG ETELorg A[elév teo@ -+éver suvatum cove’, Upvoy Qusiay ze waivetfv] ov "ERAASOS 0 6iac 23 a , er , La afuulnpors wwerelijars. te Waray, tO. octo, 115 [4 EUPOWY ThvOE TOW SUR LA r ~ r 0] > ” 3’ 2 SUaLWYL sv CLOW. 120 me © CA] yoússov yous TUTONS nalotov, & Bévivoly Heat ‘yxuxhoùj vrat] 14 rw,» [ayerav u u |ôoy, xôpav à 1? He 125 "+ + r 9 ra pi I G aayalvovz' shevavrilvavj, va [2 [e]v 9° auroyBovı zösum. „>, bl os + Ld Q : Tlarav, tO. cotrp, u i] u ~ 7 EN EYPOWY TAVOE TOALY BUAXTO” hd 130 ’ , euxtwrvt suv A6. XI DuAvacw SE mevfesxots [alo © mails] raie Bax„ov Yucizy yoswv T° exo[i-] [xwy] xuxkiav Zuuddav evor, © ‘IdGaxy’, © !& Harzv) 135 rebdryerv, aAtoweyylé]o{e]" 5’ a[vrlo[ huis] toov 26p0v avanua Baxyoly| As N + ev [Geuyer] gouotw) Aeöv-

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