Le miroir de Pythagore

Author
Baltrusaitis, J.
Published in
Medecine de France
Year
1973
Subject
MIRROR
Language
Français
Category
C9 Medicine
Archive number
87

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LE MIROIR PYTHAGORE JURGIS BALTRUSAITIS ms . AL|TRUSA ne en PYTHAGORE - ROME MUSEE DU CAPITOLE | 8+ (193 % Boru possible de faire paraitre des lettres sur la lune? La question a été posée par Athanase Kircher (1646) (1) dans son chapitre consacré à /a Cryptologie nouvelle où il reprend, en les reproduisant in extenso, deux textes, l’un de G-B. della Porta (1589) (2), l’autre de Corneille Agrippa (1529) (3). J'ai dit et j'ai observé que nous pouvons utiliser cet artifice (un miroir conique tronqué concave) pour des grandes et merveilleuses choses et principalement en inscrivant des lettres sur le disque lunaire, car quoique nous ayons tracé sur ce miroir, ainsi que j'ai dit, il l'envoie à une distance illimitée aussi loin que la lune étant particulièrement aidé par sa lumière. écrit l’auteur de /a Magie naturelle à la fin de sa démonstration sur la section parabolique pouvant lancer des langues de feu sur des distances illimitées. . Le deuxième texte provenant de la Philosophie occulte, de beaucoup antérieure est moins précis en ce qui concerne la nature de l’instrument, plus étendu sur la légende. ° Il y a autre prestige bien plus admirable, c'est que quelqu'un après avoir peint des images ou écrit quelques mots d'une certaine manière, les exposant andx

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tout autre la nuit, dans un beau temps de pleine lune, aux rayons de la lune, rence les peut voir ou lire étant informé de ces choses dans la circonfé es et dans multiplié cercle de la lune, leurs représentations s'étant élevées et Pair, ce qui est fort utile pour faire savoir des nouvelles, quand les places et les villes sont assiégées. C'est un secres que Pythagore a pratiqué autrefois et qui est connu aujourd'hui même de quelques personnes comme je le connais. Agrippa lui-même, ainsi que Trithème, aurait confectionné des miroirs de cette espèce qui seraient en fait des appareils de projection et non des téléscopes comme le suppose Mirami dans la préface de son livre. . Kircher, et a sa suite Schott (1657) (4), admettent une pareille transmission d’images à travers des espaces infinis à condition d’une contribution diabolique. Sa date exacte, l’an 3511 du monde, l’année des Jeux Olympiques où Pythagore a paru avec une cuisse d'or, est indiquée dans le Trésor chronologique de Guillebaud (1642) (5). L'article Pythagore du Dictionnaire de Bayle (1697) (6) récapitule un historique de la légende avec une importante bibliographie. Le conte est né autour d’Aristophane et de ses exégétes. Le miroir et la lune se trouvent directement associés dans les Nuées (427 av. J.-C.) ou Strapsiade réplique a Socrate : Si j'achetais une magicienne thessalienne et si je faisais descendre la nuit la lune, si ensuite je l'enfermais dans un étui rond comme un miroir, puis si je la tenais sous bonne garde ?... Et si la lune ne se levait plus, nulle part je ne paierais les intérêts. A cause que c'est au mois que l'argent se prête (7). Sans doute, il n’y a pas encore de lettres, ni transmission des signes dans le ciel ni méme de miroir proprement dit. Mais on savait par Platon et par Pline (8) que les sorcières de Thessalie étaient célèbres par leur art de faire descendre l’astre de la nuit (8). Aussi c'est ce passage qui a fourni à un scoliaste le prétexte de relater une histoire de Pythagore (9) plus ou moins en relation avec cette scéne. Nous en donnons la traduction de Bachet (1625) (10) qui procéda a une étude critique de tous ces textes : Il y a un jeu de l'invention de Pythagorus, qui se fait avec un miroir, de ceste sorte. La lune estant en plein quelcun escrit dans un miroir tout ce qu'il voeut avec du sang et ayant adverti un autre, il se tient derrière et tourne vers la lune les lettres escrites dans le miroir, alors cet autre là brachant son regard attentivement dans le globe de la lune, y lit tout ce qui est escrit dans le miroir comme s'il estoit escrit dans la lune... La note est due, sans doute, à Didyme, commentateur passionné d’Aristophane qui clôt la période alexandrine et elle a eu une très large diffusion avec les œuvres de l’écrivain (11). Suidas (12) l’a recopiée avec certaines incorrections, au x* siècle, d’après un exemplaire annoté de l’archetype. L’extraordinaire outil n’était pas le seul de son genre. Un autre miroir lunaire figure dans un récit sensiblement contemporain. Dans son voyage céleste au cours duquel il a atteint la lune, une grande île suspendue en l'air, luisante et ronde, Lucien (13) décrit un appareil semblable : Je vis une bien plus grande merveille dans le palais du Roi. C'était un grand miroir suspendu au-dessus d'un puits assez peu profond. En descendant dans le puits, on entendait tout ce qui se disait sur la terre et en regardant dans le miroir on y voyait toutes les villes et tous les peuples comme si l'on était au milieu d'eux. J'y vis ma patrie et tous mes amis. Je ne sais s'ils me virent, je n'oserais l'assurer, mais si quelqu'un refuse de me croire, il verra, quand il y aura été, que je ne suis pas un menteur.

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Les éléments sont renversés, mais il s’agit encore d’une communication interplanétaire à l’aide d’un instrument de même espèce. Sans relations directes entre elles, les deux légendes procèdent d’un même fonds catoptrique dont le côté magique a excité les imaginations depuis Euclide et plus encore avec Héron d'Alexandrie. Il Mentionnée dès 1516, sans références aux sources, par Ricchieri (Coelius Rodrigincus) (14), la légende antique a été rapidement reprise par différents auteurs et enrichie. Sa rédaction classique qui servira de base à tous les développements a été établie vers le milieu du xvi" siècle. On la doit à Natale Conti (1551) (15), un mythographe milanais dont le chapitre De la lune contient toute l’histoire de sa genèse et ses dernières extensions. ; L’érudit procéde méthodiquement en évoquant d’abord les filles de Thessalie qui faisaient tomber la planéte en pronongant des paroles fabuleuses. Virgile l’affirme entre autres : Les vers magiciens tirent du ciel la lune... La citation des Bucoliques vient à l’appui des croyances populaires qu’Aristophane a évoquées depuis longtemps dans ses Nuées : Or les Anciens ont escript que cette opinion est venue de ce qu'on accommodoit certains miroirs ronds en telle sorte qu'ils représentoient la lune tout ainsi que si on l’eust arrachée du ciel. Et ce traict fut de l'invention de Pythagoras... La suite reprend toute la notice du scoliaste. Le miroir de Pythagore n’était donc pas un conte de sorcellerie d’une Grèce archaïque. C’est lui qui s’est trouvé, en fait, à l’origine des légendes thessaliennes. C’est lui aussi qui a été reconstitué par les Modernes qui s’en seraient réellement servi. Agrippa ne laissait-il pas entendre qu’on en pouvait tirer parti pour les communications entre les armées ? Ce qui fut fait du temps que le grand roi François 1°" faisait la guerre à l'Empereur Charles V pour le Duché de Milan. Car on dit que, plus d'une fois, ce qui s'estoit passé à Milan le jour fut reçu à Paris la nuict suivante. _ , Néa Milan vers 1520, Conti s’est certainement souvenu ici de l’une des rumeurs qui circulait dans la population durant le siège qu'il a subi lui-même étant encore enfant. Il s'agissait déjà d’une transmission par satellite. A cette époque, l'opération apparaissait toutefois comme un prodige du diable. Ce seront donc des démonologues qui succéderont maintenant à l’historien des dieux antiques et aux savants. Le Loyer (1580) (16), un magistrat d’Angers spécialisé en sorcellerie, fut le premier d’entre eux qui s’occupa de la légende. Il donne d'abord une traduction versifiée d’Aristophane où apparaissent quelques détails nouveaux : Si j'allois achetant une Thessalienne Qui attirast la lune estant magicienne Et après l’enfermast dans un lieu certain Comme dans un miroir ventru luisant. Le miroir de Pythagore était ainsi sphérique-convexe comme cet étui du disque lunaire décroché du ciel. lequel on y tragaitE les lettres : . Et il y avait enc i ore toute la question du sang avec Et la-dessus 5 l'interprète (le scolia ste) Et plea Sur apporte ce î ce trés-docte philosophe écrivoit avec du sang-humai le miroir ventru que les Grecs appellent catyoptron. . 45 qui sui; suit. Pythagore n, précise Le ate

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à quelques détails près. Le miroir creux remplace, depuis Martin del Rio, sans doute à la suite des paraboloides de Porta, le miroir ventru et Le Loyer. Il est d’acier depuis de Lancre. Il y avait encore une controverse autour du sang. Du sang . | | humain ? du sang de bouc? Ni l'un ni l’autre? recette antique tres une : solution troisième une Naudé (1625) (22) propose recueillie par Moreau (1625) (23) : des fèves broyées et exposées pendant un certain temps à la lune qui se convertissaient en un liquide sanguin : L'on peut dire qu'il n'y avoit rien d'extraordinaire en toute cette conversion qu'il (Pythagore) faisoit des febres en sang, veu que M. Moreau montre très clairement que suivant les principes des Chymistes, c'est une chose qui se peut faire. Or Pythagore, s’il a vraiment pratiqué ces fabuleuses opérations, n’avait aucune raison de préférer le sang humain à un élixir végétal donnant le même résultat. La fable a eu parallèlement un autre développement. Les communications par satellite ont été réalisées non seulement entre Milan et Paris. Selon Risner (1606) (24), Lutèce pouvait recevoir des messages de Constantinople. Selon Schott (1657) (25), considérant en Jésuite le procédé comme diabolique, c’est à Constantinople qu'on lisait par une nuit claire ce qui était écrit en Angleterre, à Londres. Campanella (1620) (26) rapporte de son côté que l’on croyait en Italie, que Rome communiquait de cette façon, aux heures convenues, avec l'Espagne et Naples. Reprise au cours du xvi" siècle dans des traités de philosophie occulte, de mythologie et de démonologie, l'histoire d'un scoliaste d’Aristophane s’est répandue et développée sans heurt jusqu'aux années vingt du xvi" siècle où elle a dû faire face à quelques réactions critiques. L'attribution du système même à Pythagore a été mise en doute à la suite d'une découverte tardive d'un texte de Suidas, grammairien byzantin du x° siècle dont les publications, celle de 1610 entre autres, comportaient des transcriptions faussées de certains noms. C'est un Pythas et non Pythagoras qui y figure, en effet, dans la notice relative aux Nuées. | Meursius (1625) (27) a relevé le fait en concluant qu'il s'agissait du nom d'un Jeu antique avec des miroirs, sans relation aucune avec l’illustre philosophe. Ni Diogène Laerce, ni Porphyre ne mentionnent d’ailleurs une pareille invention dans l'histoire de sa vie. Bachet (1625) (28) s’empresse de remettre les choses au point : Quant à Suidas, il semble qu'il ne fait que transcrire ce passage mot à mot, mais dans tous les livres imprimés de cet autheur, il y a plusieurs fautes et je m'estonne que Meursius peut soutenir ce mot (Pythas) qui ne signifie rien, croyant que ce jeu d'escrire dans la lune s'appeloit Pythagus. . | Boulenger (1627) (29) et Cesi (1636) (30) ont fait la méme rectification en faisant toutefois dériver le nom du jeu (Pythagus) de celui de son inventeur. _ Le fameux instrument fut lui aussi l’objet de violentes attaques. Deux raisons techniques le rendaient parfaitement inopérant : I — L'affaiblissement de la lumière des inscriptions s'élevant vers la lune. 2 — L’écartement progressif des rayons projetés à une si grande distance. Les arguments ont été avancés par Campanella à l’occa sion des prétendues "étai un hérétigue srét) aples. C'était communications nocturnes de Rome avec l'Espagne et N a > av :Spagi ayant passé vingt-sept ans en prison qui combattait ne croyait pas à la sorcellerie. les traditions scolastiques et cm ° SUques et qui

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la nuit, dans un beau temps de pleine lune, aux rayons de la lune, tout autre les peut voir ou lire étant informé de ces choses dans la circonférence et le cercle de la lune, leurs représentations s'étant élevées et multipliées dans Pair, ce qui est fort utile pour faire savoir des nouvelles, quand les places et les villes sont assiégées. C'est un secres que Pythagore a pratiqué autrefois et qui est connu aujourd'hui même de quelques personnes comme je le connais. Agrippa lui-même, ainsi que Trithème, aurait confectionné des miroirs de cette espèce qui seraient en fait des appareils de projection et non des téléscopes comme le suppose Mirami dans la préface de son livre. Kircher, et à sa suite Schott (1657) (4), admettent une pareille transmission d'images à travers des espaces infinis à condition d'une contribution diabolique. Sa date exacte, Pan 3511 du monde, l’année des Jeux Olympiques où Pythagore a paru avec une cuisse d’or, est indiquée dans /e Trésor chronologique de Guillebaud (1642) (5). L'article Pythagore du Dictionnaire de Bayle (1697) (6) récapitule un historique de la légende avec une importante bibliographie. Le conte est né autour d’Aristophane et de ses exégètes. Le miroir et la lune se trouvent directement associés dans les Nuées (427 av. J.-C.) ou Strapsiade réplique à Socrate : Si j'achetais une magicienne thessalienne et si je faisais descendre la nuit la lune, si ensuite je l'enfermais dans un étui rond comme un miroir, puis si je la tenais sous bonne garde ?... Et si la lune ne se levait plus, nulle part je ne paierais les intérêts. A cause que c'est au mois que l'argent se prête (7). Sans doute, il n’y a pas encore de lettres, ni transmission des signes dans le ciel ni même de miroir proprement dit. Mais on savait par Platon et par Pline (8) que les sorcières de Thessalie étaient célèbres par leur art de faire descendre l’astre de la nuit (8). Aussi c’est ce passage qui a fourni à un scoliaste le prétexte de relater une histoire de Pythagore (9) plus ou moins en relation avec cette scène. Nous en donnons la traduction de Bachet (1625) (10) qui procéda à une étude critique de tous ces textes : II y a un jeu de l'invention de Pythagorus, qui se fait avec un miroir, de ceste sorte. La lune estant en plein quelcun escrit dans un miroir tout ce qu'il voeut avec du sang et ayant adverti un autre, il se tient derrière et tourne vers la lune les lettres escrites dans le miroir, alors cet autre là brachant son regard attentivement dans le globe de la lune, y lit tout ce qui est escrit dans le miroir comme s'il estoit escrit dans la lune... La note est due, sans doute, à Didyme, commentateur passionné d’Aristophane qui clôt la période alexandrine et elle a eu une très large diffusion avec les œuvres de l'écrivain (11). Suidas (12) l’a recopiée avec certaines incorrections, au x* siècle, d’après un exemplaire annoté de l’archétype. L’extraordinaire outil n’était pas le seul de son genre. Un autre miroir lunaire figure dans un récit sensiblement contemporain. Dans son voyage céleste au cours duquel il a atteint la lune, une grande île suspendue en l’air, luisante et ronde, Lucien (13) décrit un appareil semblable : Je vis une bien plus grande merveille dans le palais du Roi. C'était un grand miroir suspendu au-dessus d'un puits assez peu profond. En descendant dans le puits, on entendait tout ce qui se disait sur la terre et en regardant dans le miroir on y voyait toutes les villes et tous les peuples comme si l'on était au milieu d'eux. J'y vis ma patrie et tous mes amis. Je ne sais s'ils me virent, je n'oserais l'assurer, mais si quelqu'un refuse de me croire, il verra, quand il y aura été, que je ne suis pas un menteur.

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Les éléments sont renversés, mais il s’agit encore d’une communication interplanétaire à l’aide d’un instrument de même espèce. Sans relations directes entre elles, les deux légendes procèdent d’un même fonds catoptrique dont le côté magique a excité les d'Alexandrie. imaginations depuis Euclide et plus encore avec Héron II Mentionnée dès 1516, sans références aux sources, par Ricchieri (Coelius Rodrigincus) (14), la légende antique a été rapidement reprise par différents auteurs et enrichie. Sa rédaction classique qui servira de base à tous les développements a été établie vers le milieu du xvi" siècle. On la doit à Natale Conti (1551) (15), un mythographe milanais dont le chapitre De la lune contient toute l’histoire de sa genèse et ses dernières extensions. L’érudit procède méthodiquement en évoquant d’abord les filles de Thessalie qui faisaient tomber la planète en prononçant des paroles fabuleuses. Virgile l’affirme entre autres : Les vers magiciens tirent du ciel la lune... La citation des Bucoliques vient à l'appui des croyances populaires qu’Aristophane a évoquées depuis longtemps dans ses Nuées : Or les Anciens ont escript que cette opinion est venue de ce qu'on accommodoit certains miroirs ronds en telle sorte qu'ils représentoient la lune tout ainsi que si on l’eust arrachée du ciel. Et ce traict fut de l'invention de Pythagoras... La suite reprend toute la notice du scoliaste. Le miroir de Pythagore n’était donc pas un conte de sorcellerie d’une Grèce archaïque. C’est lui qui s’est trouvé, en fait, à l’origine des légendes thessaliennes. C’est lui aussi qui a été reconstitué par les Modernes qui s’en seraient réellement servi. Agrippa ne laissait-il pas entendre qu’on en pouvait tirer parti pour les communications entre les armées ? Ce qui fut fait du temps que le grand roi François I°" faisait la guerre à l'Empereur Charles V pour le Duché de Milan. Car on dit que, plus d'une fois, ce qui s’estoit passé à Milan le jour fut reçu à Paris la nuict suivante. Né à Milan vers 1520, Conti s’est certainement souvenu ici de l’une des rumeurs qui circulait dans la population durant le siège qu’il a subi lui-même étant encore enfant. Il s’agissait déjà d’une transmission par satellite. A cette époque, l’opération apparaissait toutefois comme un prodige du diable. Ce seront donc des démonologues qui succèderont maintenant à l’historien des dieux antiques et aux savants. Le Loyer (1580) (16), un magistrat d'Angers spécialisé en sorcellerie, fut le premier d’entre eux qui s’occupa de la légende. Il donne d’abord une traduction versifiée d’Aristophane où apparaissent quelques détails nouveaux Si j'allois achetant une Thessalienne Qui attirast la lune estant magicienne Et après l’enfermast dans un lieu certain Comme dans un miroir ventru luisant. Le miroir de Pythagore était ainsi sphérique-convexe comme cet étui du disque lunaire décroché du ciel. Et il y avait encore toute la question du sang avec lequel on y traçait les lettres : Et la-dessus l'interprète (le scoliaste) apporte ce qui suit. Pythagore, dist-il, ce trés-docte philosophe écrivoit avec du sang-humain, précise Le Loyer sur le miroir ventru que les Grecs appellent catyoptron.

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Le deuxième élément nouveau — le sang humain — provient, sans doute, d'un livre de sorciers. Une autre hypothèse envisagée ne peut qu’en confirmer la . LI s [4 9 source Je laisse maintenant à penser aux Pomponatiens, si ce miroir de Pythagore et ces lettres escriptes en sang humain n'estoient pas semblables à leur sang de bouc et leurs deux miroirs opposés ensemble vers la clarté du soleil ou de la lune, tous deux venant de l'art du diable non d'autre chose. Les origines du procédé ne peuvent faire le moindre doute : Quant à Pythagore ça esté le plus grand magicien qui fust de son temps et qui a en plus d'alliance estroite avec le Diable, temoings les faux miracles et impostures qu'on list de luy, digne d'un tel homme qu'il estoit. Représenté au Moyen Age, conformément à Cassiodore et à Isidore de Séville, avec les Arts Libéraux, comme l'inventeur de la musique (une harmonie universelle) (17), le savant est relégué maintenant dans le domaine de Satan. Nous sommes en pleine époque d’une offensive générale déclenchée contre les sorciers dans toute l'Europe par les Jésuites (18), accompagnée d’une prolifération de textes destinés à leur servir de base et de justification. Une Summa daemoniæ faisant pendant à la Summa theologiæ a dû être élaborée d'urgence de toutes pièces. Jl en résulte une floraison de traités diaboliques définissant et classifiant avec méthode les manifestations du Malin. Ce sont de vastes compilations où d’obscures superstitions se mêlent aux connaissances éclairées. Une fois démonisé, le mythe pythagoricien se répand avec ces dogmes. Les docteurs ès-sorcellerie, chargés aussi de le combattre par la torture et par le feu, n'ont pas manqué de s’en servir pour leurs démonstrations et parmi eux le plus illustre, Martin del Rio (1612) (19) qui a sévi en Flandre : Quelques Autheurs récents récitent que Pythagoras avoit coutume d'écrire sur un mirouer creux des lettres détrempées de sang humain et deviner par ce moyen en opposant le mirouer à la lune. Il s'agirait d'un sortilege divinatoire opéré avec un miroir concave. Torreblanca (1615) (20), inquisiteur espagnol, reprend la même version du miroir creux servant à la catoptromancie. Pour de Lancre (1622) (21), l'outil serait métallique : Pythagoras avoit un miroir d'acier bien net dans lequel il effectuait tout ce qui bon luy sembloit et le monstroit peu après à la Lune estant en son plein et fichant le point de sa vue sur icelle, il pouvoit lire tout ce qui estoit contenu dans le miroir, de mesme que s'il eust escrit dans la Lune. Et par ceste manière nous pouvons escrire et mesme faire scavoir les conceptions de nostre cœur à une personne en pays bien esloigné de nous... Ceci s’est fait au temps de François I°", roi de France, entre Milan et Paris. Divination des choses secrètes et transmission de la pensée sont accomplies avec le même instrument. Le Père Jésuite était un raffiné dont la maison s’élevait avec sa chapelle et ses grottes tapissées de coquilles d’huîtres, sur le sommet du « Mont Parnasse des Muses » de Loubens. Il a brûlé les sorcières basques comme il aurait brülé les Thessaliennes. Tout en étant incorporée dans la catoptromancie, la légende demeure stable

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a quelques détails prés. Le miroir creux remplace, depuis Martin del Rio, sans doute a la suite des paraboloides de Porta, le miroir ventru et Le Loyer. Il est d’acier depuis de Lancre. Il y avait encore une controverse autour du sang. Du sang humain ? du sang de bouc ? Ni l’un ni l’autre ? Naudé (1625) (22) propose une troisième solution : une très antique recette recueillie par Moreau (1625) (23) : des fèves broyées et exposées pendant un certain temps à la lune qui se convertissaient en un liquide sanguin : L'on peut dire qu'il n'y avoit rien d’extraordinaire en toute cette conversion qu'il (Pythagore) faisoit des febres en sang, veu que M. Moreau montre très clairement que suivant les principes des Chymistes, c'est une chose qui se peut faire. Or Pythagore, s’il a vraiment pratiqué ces fabuleuses opérations, n’avait aucune raison de préférer le sang humain à un élixir végétal donnant le même résultat. La fable a eu parallèlement un autre développement. Les communications par satellite ont été réalisées non seulement entre Milan et Paris. Selon Risner (1606) (24), Lutèce pouvait recevoir des messages de Constantinople. Selon Schott (1657) (25), considérant en Jésuite le procédé comme diabolique, c’est à Constantinople qu'on lisait par une nuit claire ce qui était écrit en Angleterre, à Londres. Campanella (1620) (26) rapporte de son côté que l’on croyait en Italie, que Rome communiquait de cette façon, aux heures convenues, avec l'Espagne et Naples. Reprise au cours du xvi‘ siècle dans des traités de philosophie occulte, de mythologie et de démonologie, l'histoire d'un scoliaste d’Aristophane s’est répandue et développée sans heurt jusqu'aux années vingt du xvu® siècle où elle a dû faire face à quelques réactions critiques. L'attribution du système même à Pythagore a été mise en doute à la suite d'une découverte tardive d'un texte de Suidas, grammairien byzantin du x° siècle dont les publications, celle de 1610 entre autres, comportaient des transcriptions faussées de certains noms. C'est un Pythas et non Pythagoras qui y figure, en effet, dans la notice relative aux Nuées. Meursius (1625) (27) a relevé le fait en concluant qu'il s'agissait du nom d'un jeu antique avec des miroirs, sans relation aucune avec Pillustre philosophe. Ni Diogène Laerce, ni Porphyre ne mentionnent d’ailleurs une pareille invention dans l'histoire de sa vie. Bachet (1625) (28) s'empresse de remettre les choses au point : Quant à Suidas, il semble qu'il ne fait que transcrire ce passage mot à mot, mais dans tous les livres imprimés de cet autheur, il y a plusieurs fautes et je m'estonne que Meursius peut soutenir ce mot (Pythas) qui ne signifie rien, croyant que ce jeu d’escrire dans la lune s'appeloit Pythagus. Boulenger (1627) (29) et Cesi (1636) (30) ont fait la même rectification en faisant toutefois dériver le nom du jeu (Pythagus) de celui de son inventeur. Le fameux instrument fut lui aussi l'objet de violentes attaques. Deux raisons techniques le rendaient parfaitement inopérant | — L’affaiblissement de la lumière des inscriptions s’elevant vers la lune. 2 — L’écartement progressif des rayons projetés à une si grande distance. Les arguments ont été avancés par Campanella à l’occasion des prétendues communications nocturnes de Rome avec l'Espagne et Naples. C'était un hérétique ayant passé vingt-sept ans en prison qui combattait les traditions scolastiques et qui ne croyait pas à la sorcellerie.

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Un mathématicien français, le Père Leurechon, était moins catégorique. En évoquant, dans la réédition de ses Récréations (1626) (31), le miroir de Pythagore, il ne manque pas de signaler que, pour que les lettres soient lisibles sur la lune, elles doivent être écrites à l’envers. Mais Pythagore et toute son œuvre se trouvent maintenant au cœur d’une polémique générale, vieille de mille ans, sur la magie et la science, reprise par Gabriel Naudé, bibliothécaire de Richelieu. Les connaissances qui dépassent l'intelligence commune des hommes et qui ne sont pas explicitement reconnues par l’Église, sont-elles, oui ou non, suspectes ? La physique et les mathématiques ont été particulièrement visées au cours de ce débat : Les mathématiques sont cause de la ruine de notre République chrétienne. s’exclame Massé (1579) (32), qui réunit dans un ouvrage passionné de nombreux textes anciens en faveur de ses thèses. séduit et séduisant, déçu et décevant. a dit saint Augustin de l’un de ces savants en rappelant d’autre part que les Mathématiciens ont été expulsés de Rome : César Auguste, sous lequel nasquit notre Seigneur, entre autres préparations qu'il feist à ce Roi céleste et sa Loy a comme en luy servant en cela, chassé de Rome et de toute l'Italie, non seulement les Magiciens, mais aussi les Mathématiciens et entre autres un grand Phylosophe Pythagoricien, nommé Anaxilas, ainsi que le réfère Eusèbe en ses Chroniques. La loi du chiffre s’oppose à la loi du Christ et ses adeptes sont des suppôts du diable. Martin del Rio, (33) qui fait état du miroir de Pythagore, affirme, lui aussi, de son côté, que tous les artifices contraires à la nature se fondent sur une géométrie et une arithmétique maléfiques. Naudé (34) déplore ces fallacieuses dénigrations. Ce sont toujours les meilleurs mathématiciens qui étaient soupçonnés en sorcellerie et diffamés par leurs ennemis pour avoir acquis des connaissances plus profondes. Peyera (1597) (35), l’un de ces Jésuites spécialisés en la matière, ne distingue-t-il pas deux sortes de magie, la magie naturelle et la magie artificielle ? Celle qui dépend exclusivement de la Physique dont les vertus occultes produisent souvent des effets admirables et étranges, celle qui construit, selon les règles de mathématique où il n’y a rien de corrompu, des artifices et des machines montrant des choses plus surprenantes encore où la nature est dépassée par l’art qui la maîtrise ? Or Pythagore (36), aux dires de Cicéron, déduisait tout des nombres auxquels étaient attribués de grands mystères et même les noms de certains dieux. Il s’en servait, selon ses propres assertions, pour accomplir une infinité de miracles et c'est à tort qu'il a été traité par Le Loyer de magicien et d'enchanteur. Il semblerait que, dans ces conditions, le miroir, la lune, les lettres ne soulèveraient aucun problème. Des réserves ont pourtant été formulées malgré certaines contradictions, précisément sur ce point. Naudé admet, d’une part, que Pythagore pouvait utiliser, au lieu de sang, le suc des fèves, mais, d’autre part, il doute avec Campanella de l'efficacité de l’instrument. En ce qui concerne le récit de Natale Conti concernant François I°" et Charles Quint : Sa relation est une pure fable controuvée par ceux qui ont voulu joindre la magie aux armes de ces deux grands Princes, comme on dit que firent autrefois Ninus.et Zoroastre, Pyrrhus et Craesius, Nectanebus et Philippe de Macédoine.

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On ne saura jamais quelles ont été les vraies raisons de cette démolition d’un mythe de Pythagore par l’un de ses adeptes convaincu de la puissance surnaturelle de ses moyens. Une crainte des mathématiciens modernes? Une contreattaque sans compromis de la démonologie jésuite ? C'est le démon qui finira toutefois par triompher. Jacques d’Autun (1670) (37) oppose à /’Apologie de Gabriel Naudé, pour tous les grands personnages qui ont été faussement accusés de magie, une anti-Apologie pour les Sçavans qui ont justement accusé les grands personnages de magie. Le miroir sur lequel il marquoit des caractères avec du sang qu'il faisoit réfléchir dans le rond de la Lune, lors qu'elle estoit au plein, n'estoit-ce pas, en effet, de l'Art Magique, un ouvrage de Démon qui fascine les yeux de ses Disciples pour leur faire croire qu iestoit l’un des génies qui habitoit dans la Lune, la Lune que Pythagore adoroit comme une Divinité. « L'incrédulité savante et la crédulité ignorante » ont complètement faussé le jugement sur les grands hommes et sur leurs entreprises scientifiques où la mathématique était à l’origine de tous les égarements : Si les effets doivent ressembler a leurs causes, qui sera surpris d’ouir que la Mathématique est le principe de la Magie ? Quoy cette Science toute brillante de lumière ne produira que des ténèbres ? Ces rares objets qui charment nos yeux deviendront des spectacles d'horreur et les observations des Sphéres Célestes, à qui des pures intelligences donnent le mouvement, nous font précipiter avec l'Ange rebelle qui voulut en faire son Thrône. La marque du diable est encore apposée sur les sciences exactes dans un ouvrage postérieur d'un quart de siècle à Descartes. Mais ranimée au cours de toutes ces discussions byzantines la légende a eu aussi son propre rayonnement. Elle est depuis un certain temps un conte populaire qui en retient toutefois surtout les éléments récents, c’est-à-dire le siège de Milan. Narrée par N. Conti (1551), mythographe et témoin des événements, reprise ensuite par un démonologue (de Lancre, 1622) et par un historien (Guillebaud, 1642), la fable est reproduite maintenant, entre autres, dans un almanach (1680) (38), avec une histoire pour chaque jour de l’année. Elle y figure un vingt-deux juin comme une recette pratique «LA MANIERE DE SCAVOIR LES CHOSES ABSENTES SANS MAGIE ». // les faut escrire en grosses lettres sur un Miroir et le présenter à la Lune laquelle les fait connoistre dans un autre miroir où on la regarde. De cette manière François I°" faisant la guerre à Charles Quint pour le Duché de Milan, on le scavoit la nuit suivante à Paris. Sans doute une tradition solidement implantée et les deux noms des grands monarques ont-ils permis ces interprétations désinvoltes d’un mystère. Mais il y avait aussi les mondes féeriques des machines catoptriques des cabinets et des laboratoires où il n’est rien d’inconcevable qui ont environné ses différentes transpositions. JURGIS BALTRUSAITIS

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BIBLIOGRAPHIE (t) A. Kircher, Ars magna lucis et umbrae, Rome, 1646, p. 908-909. (2) G.-B. della Porta, Magiae naturalis Libri XX. Naples, 1589, lib. XVII, cap. 17, p. 276. (3) H.C. Agrippa, De occulta philosophia, Cologne, 1529, lib. I, cap. 6; nous citons d’après la trad. française, La Philosophie occulte, La Haye, 1727, p. 17. (4) G. Schott, Magia universalis, Bamberg, 1657, p. 439. (5) P. Guillebaud, Trésor chronologique, 1, Paris, 1642, p. 519. (6) P. Bayle, Dictionnaire historique et critique, 11, Rotterdam, 1697, article Pythagore, p. 281. (7) Aristophane, les Nuées, coll. Budé, Paris, 1934, v. 745-755, p. 195. (8) Platon, Gorgias, 513 a; Pline, Histoire naturelle, XXX, 1; Virgile, Bucoliques, 8, 69. (9) Aristophanis comadiae undecim cum scholiis antiquis, Averliæ Allobrugum, 1607, p. 169. (10) CI.-G. Bachet, les Epistres d'Ovide, Bourg-en-Bresse, 1626, p. 608. (11) P. Boudraux. Le texte d’Aristophane et ses commentateurs, Paris, 1919, p. 64. (12) Voir Suidas, Lexicon, Cologne, 1610. (13) Histoire véritable de Lucien, Paris, 1885, p. 286. (14) L. Ricchieri (dit Coelius Rodriginus), Lectionum antiquarum Libri XVI, Venise, 1516, Bale, 1542, lib-IX, cap. 23, p. 347. . (15) N. Conti, Mythologiae sive explicationum fabulorum libri decem, Venise, 1551, nous citons d'après Noël le Comte, Mythologie, Lyon, 1604, p. 237. (16) P. Le Loyer, Des spectres ou apparitions et visions d'esprits, anges ou démons se montrant sensiblement aux hommes, Angers, 1586, p. 78. (17) F. Mâle, L'Art religieux du XHI* siècle en France, Paris, 1925, p. 87. (18) H. R. Trevor-Roper, The European Witch-Craze of the 16th and 17th Centuries, Londres, 1969, p. 40 et s. (19) M. del Rio, Les controverses et recherches magiques, Paris, 1612, p. 78. (20) F. Torreblanca, Epitomes Deliciorum libri in quibus aperta vel occulta invocatio daemonis intervenir, Madrid, 1615, vol. 57 v. (21) P. de Lancre, L'incertitude et mescreance du sortilège pleinement convaincues, Paris, 1622, p. 252. Voir aussi H. R. Trevor-Roper, op. cit., p. 80. (22) G. Naudé, Apologie pour tous les grands personnages qui ont été faussement soupçonnés de Magie, Paris, 1625, p. 227. (23) R. Moreau, Schola salernitana, Paris, 1625, p. 325. (24) F. Risner, Opticae Libri quatuor, Paris, 1606, p. 211. (25) G. Schott, op. cif., p. 442. (26) Th. Campanella, De sensu rerum et magia, Francfort, 1620, p. 329. (27) J.Meursius, Gracia ludibunda. De Ludis Graecorum, Lyon, 1625, p. 58. (28) Cl. G. Bachet, op. cit., p. 608. . (29) J. C. Boulenger, De Ludis privatis ac domesticis veterum, Lyon, 1627, p. 58, De speculo Pvrhagore seu Pythago. (30) B. Cesi, Mineralogia sive Naturalis philosophiae Thesauri, Lyon, 1638, p. 466. (31) Le P.J. Leurechon, Récréations mathématiques, Pont-à-Mousson, 1626, p. 171. (32) P. Masse, De l'imposture et tromperie des diables, devins et sorciers, Paris, 1579, p. 71, 109, 122. (33) M. del Rio, op. cit., p. 52. (34) G. Naudé, op. cit., p. 55, 76 et s. (35) B. Peyera, Adversus fallaces et superstitiosas artes, id est Magia, Lyon, 1529, lib. I, cap. 9, p. 58 et s. (36) G. Naudé, op. eit., p. 201 et s. (37) Jacques d’Autun, L'incrédulité scavante et la crédulité ignorante, Lyon, 1670, p. 935 et 992. (38) le P. David l'Enfant, Histoire générale de tous les siècles de la nouvelle Loy, laquelle enseigne ce qui est arrivé de plus notable dans l'Église et dans le monde tous les jours de l'année, VW, Paris, 1680, p. 216.