Pythagore

Autor
Moges, H. d'
Publicado en
Cahiers des Etudes Cathares
Año
1973
Tema
CATHARES
Idioma
Français
Categoría
C14 Numerología
Número de archivo
394

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Mostrar texto completo22 páginas

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MoGEs H., Pythagore: CEC 24 No. 58 1973 25-66. Synthèse de la vie et des doctrines de Pythagore, que l'auteur fonde woke M en particulier sur trois découvertes archéologiques: le sarcophage de Cornelia Urbanilla, la basilique de la Porte Majeure, le tombeau du Viale Manzoni. Mogès s'intéresse de façon particulière aux. degrés de ' l'initiation pythagoricienne et à la parenté entre le Gnostici sme et le ' Pythagorisme. Plusieurs notes sur la doctrine des nombres , le théorème de Pythagore, la répercussion des vies, le «saut de Sappho», la loi | re | d'entraide dans la confrérie pythagoricienne, la loi du secret. + rn ou TC Communication faite au Camp de l’Estagnol au cours de l'été 1972. Le 23 Avril 1917, l’affaissement d'une portion de ballast, sous la voie ferrée de ROME à NAPLES, non loin de la Porte Maggiore, révéla l'existence d'une crypte qui, une fois déblayée, parut, au premier abord, être une chapelle chrétienne souterraine, à laquelle auraient accédé les fidèles par un étroit tunnel en pente douce. On y trouvait toutes les particularités d'une basilique primitive; nef, bas-côtés limités par deux rangées de piliers quadrangulaires, taillés à même le tuf, chaire de l'évêque, face aux fidèles. Mais lorsque on cut gratté les murs ct la voûte, parurent de délicats moulages en stuc, représentant des scènes qui ne répondaient pas au symbolisme chrétien ni aux sujets mythologiques grecs ou romains usuels. Les techniques stratigraphiques, le style des moulages permirent de situer la construction de ce temple ainsi que sa destruction voulue, entre l'avènement et la mort de l'Empereur Claude (41-54 A.D.). Ce temple, ou lieu de réunion d'une secte mystérieuse, avait été, cn effet, systématiquement comblé. Un passage des « Annales » de Tacite, raconte que, à-la suite d'un sénatus consulte, l’empereur demanda que tous les « mathematici », c'est-à-dire mages et néopythagoriciens fussent exilés d’Italie (1). Cet événement a été mis en corrélation avec la destruction de la Basilique de la Porte Majeure. Un éminent archéologue, F. Cumont, en examinant les moulages, reconnut qu'ils représentaient. les épisodes du voyage de l'âme à travers ses épreuves successives. C'était

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là le thème de tous les cultes à rituel initiatique (Mystères égyptiens d’Isis et d’Osiris, mystères de Demeter et de Dyonisos à Eleusis, mystères orphiques, culte pythagoricien). L’harmonie des admirables proportions de la basiligue, son éclairage uniforme tombant d'un « trou » de lumière au sommet de l’atrium, fit opter Monsieur Cumont pour l'hypothèse d'un « antre » ou « maison de philosophe » d'une association pythagoricienne. Porphyre et Jamblique, philosophes néo-platoniciens qui vivaient H>A Cette découverte de la Porte Maggiore, a ainsi rendu à l'actualité, ce domaine peu connu de la doctrine religieuse et du rituel des Pythagoriciens. Les ouvrages publiés par la suite par MM. Delatte, Meautis et Isidore Lévy, permettent maintenant de mesurer la prodigieuse influence du Pythagorisme sur le monde antique et sur le développement subséquent de la pensée européenne. vers 330, disent que, à Samos, le Maître avait aménagé une grotte représentant les mêmes caractéristiques. D’autres signes et détails découverts dans les fouilles qui suivirent permirent d'adopter la théorie de M. Cumont. Mais il appartenait à M. Carcopino de fournir un nouveau faisceau de preuves qu'il expose dans son très beau livre intitulé « La Basilique Pythagoricienne de la Porte Majeure ». Grâce à un texte de Pline le Jeune, mis en lumière par M. Carcopino, et à l'interprétation d'un moulage important de l’abside par M. Cumont, la thèse de M. Cumont se trouvait confirmée. Le moulage en question représente une jeune femme tenant une lyre, qui, sous les yeux d'Eros, plonge du haut d'un rocher... Une sirène semble l'attendre pour la recevoir et la conduire vers l’île où trône un Dieu Solaire. eune M. Cumont y avait vu une allégorie de l'âme humaine qui, poussée par l'Amour, se confie à l'épreuve passagère de la mort pour retrouver la révélation: Apollon, Dieu de Pythagore. M. Densmore Curtis avait cru reconnaître le saut de Sapho, amoureuse de Phaon, du haut du rocher de Leucade. D'après la légende, elle fut recueillie par Apollon. Or, le texte de Pline dit expressément que les Pythagoriciens s'étaient emparé de cette légende. La date du texte de Pline concorde avec la destruction de la Basili— — 26 que. Et M. Carcopino de conclure: « La preuve est là, irrécusable et péremptoire, que cette religion de Pythagore dont quelques textes trop rares, hélas ! elliptiques et décousus, nous avaient appris l'existence à la fin du I*. siècle avant notre ère, possédait, dans la Rome impériale et sous le règne de Claude, une église. Et de ce fait... découlent les plus grandes conséquences ». —e1 Les données historiques que nous possédons sur Pythagore sont rares. Les documents transmis par l'antiquité ne permettent pas de retracer la vie du philosophe avec précision et certitude... « L'homme à la cuisse d'or » semble, à l'instar d'Orphée, appartenir aux temps mythologiques. On a accumulé à son sujet des récits merveilleux, des fables, des miracles, tant et si bien qu'après sa mort, Pythagore est devenu un héros d’une légende déjà cristallisée au IV° siècle avant J.-C. Des auteurs ont retracé la vie du Maître de Samos. Les biographies de Diogène, de Laerce, de Jamblique, furent écrites au III° siècle après J-C. et sont parvenues jusqu'à nous... Enfin, aucune œuvre écrite par Pythagore n'est parvenue jusqu'à nous. Etant donné le caractère initiatique et secret de l’enseignement pythagoricien, on ne peut attribuer aucun crédit aux divers travaux propagés par de prétendus disciples. 11 est donc prudent de s'abstenir de vouloir donner un cachet d'authenticité à tout ce que l'on peut écrire sur Pythagore et sur son œuvre. Dans ce modeste travail, il ne saurait être question d'une étude complète et détaillée. Cela exigerait une compétence professionnelle que son auteur est loin de posséder. Voici donc l'essentiel de ce que l'on croit savoir sur la vie et les principaux faits de l'existence du Maître de Samos.

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Pythagore naquit à Samos entre 592 et 572 av. J.-C. c'est-à-dire au cours de ce VI" siècle qui vit Bouddha, Zoroastre, Confucius, Tao Tsé, composer avec le Philosophe, une pléiade étincelante de surhommes, demi-dieux ou « daimonos ». Samos était une ile des plus florissantes de l’Ionie. Le Tyran Polycrate y régnait. Il avait privé les habitants de leur liberté, mais s'appliquait à donner à son enBcD+-m: ou Pythagore y arrive, trois religions se partagent le haut sacerdoce babylonien: les antiques prêtres Chaldéens, les survivants des mages persans et l'élite de la diaspora juive en captivité. Par leur côté ésotérique, ces trois religions s'entendent parfaitement. Pythagore étudie leurs territoire le lustre des arts et de la magnificence. Pythagore était le fils d'un commerçant thyrrennien. Son père, qui entretenait des relations commerciales avec les ports de la Grèce et de l’Asie Mineure, le fit voyager avec lui de bonne heure. A Samos, Pythagore eut pour maitre Hermodamas qui l'engagea à suivre les enseignements des philosophes réputés de l'époque. C'est ainsi qu'il alla à Lesbos entendre Phérécide de Cyros, le premier grec qui traita de l'immortalité de l'âme; à Millet, où il suivit l'enseignement de Thales, le plus ancien et le plus illustre des sept Sages, et celui d’Anixamandre, astronome et philosophe de l'infini. Ensuite, Pythagore se rendit en Egypte pour y solliciter l'accès des sanctuaires où l'on enscignait la science des mystères. Son initiation dura vingt deux années. Sa patience et sa persévérance furent mises à dure épreuve. Ce ne fut en effet que lorsque les prêtres égyptiens eurent reconnu en lui une force d'âme exceptionnelle et cette passion de la sagesse qui le déterminait, qu'ils lui ouvrirent les portes des Temples de Memphis, de Thèbes et d'Héliopolis. C'est là qu'il se forma, qu'il se trempa. C'est là qu'il approfondit les mathématiques sacrées, la science des nombre, principes universels dont il fit le centre de son système. « La science des nombres et l’art de la volonté sont les deux clefs de la magie. Elles ouvrent toutes les portes de l'Univers », doctrines dont quelques rares initiés connaissaient la synthèse. I] approfondit la connaissance des Mages, héritiers de Zoroastre. Il compara les avantages et les inconvénients du monothéisme juif, du polythéisme grec, du dualisme persan. Pour lui, toutes ces religions n'étaient que les rayons d'une même vérité. Il tenait la clef de toutes ces doctrines, par la synthèse qu'il en avait faite. RE-iy byse fondirent sur l'Egypte et la ravagèrent. Pythagore, prisonnier, fut transporté et interné à Babylone. Cette — 23 — Au bout de quelques années, il obtient l'autorisation de rentrer en Grèce et il retourne à Samos après trente quatre années d'absence. Il n'y retrouve que sa mère qui avait toujours espéré revoir un jour son fils. Son vicux Maitre Hermodamas meurt dans ses bras. L'île de Samos est ravagée, presque détruite, écrasée. Les écoles sont fermées ; ses savants ont fui. Il prend alors la décision de réunir quelques biens et, avec sa mère, il quitte l'ile et fait voile vers la Grèce. I] entreprit alors d'effectuer une sorte de tournée de | tous les Temples connus. Il assista aux Jeux Olympiques. Il presida aux Mystères d’Eleusis. Il arriva enfin à Delphes où il était attendu, tellement sa réputation était grande. A Delphes s’exercait l'art de la divination, par l'intermédiaire de femmes appelées Pythies ou Pythonisses. Les prêtres interprétaient leurs déclarations. sortes d’Oracles plus ou moins confus, les arrangeaient, les traduisaient, car souvent ils étaient inintelligibles pour le commun des mortels qui sc pressaient dans ce sanctuairc. disaient les prêtres de Memphis. C'est donc en Egypte que Pythagore acquit cette vue d'en haut... Il était parvenu au sommet du sacerdoce et à ce moment-là il pensa peut-être revenir en Grèce. Mais Ja guerre s’abattit sur la vallée du Nil. Les hordes de Camville considérable constituait un magnifique champ d'observation. Elle constituait une sorte de pandémonium de peuples, de langues, de cultes et de rcligions. Au moment --— Pythagore demcura un an à Delphes. Il instruisit les prêtres de tous les secrets de sa docrine. Il forma Théocla, jeune prétresse d'Apollon, à son métier de Pythonisse. Puis il partit pour la grande Grèce, où sa renommée =D mer

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l'avait précédé. Il débarqua à Sybaris vers 529. Puis il se rendit à Tarente où il enseigna et à Crotone où il reçut droit de cité ct où il se fixa. Crotone occupe l'extrémité du Golfe de Tarente, près du promontoire Lacinien. C'était une colonie Dorienne. Le but de Pythagore était d’enseigner Ja doctrine ésotérique qu'il avait pensée au cours de ses lointains et longs voyages, à un groupe de disciples soigneusement choisis, et d'en appliquer le principe à l'éducation de la jeunesse et à la vie de l'Etat. Ii ouvrit une école où se manifesta rapidement la puissance du rayonnement de son enseignement qui embrassait à la fois une doctrine religieuse, une éthique et une théorie scientifique. Le tout était relié par des clefs mathématiques condensant les relations et les principes communs à ces trois disciplines. Vers l'âge de 60 ans, Pythagore épousa une jeune fille d'une grande intelligence et d'une remarquable beauté: Théano. Ce fut son meilleur disciple et après la mort du Maître, son opinion fit autorité dans l'interprétation de la doctrine. Elle donna à Pythagore deux fils et une fille. Un de ses fils, Thélaugé, fut le Maître d'Impédocle. Lorsque Milon, à la tête des Crotoniades, eut vaincu les Sybarytes avec lesquels il était en guerre, Pythagore recut comme part du butin de magnifiques jardins où il fit construire l'Institut dont il r&vait. C'était à la fois sa résidence, celle de ses disciples vivant avec lui en communauté de biens, une Ecole philosophique, un Temple initiatique et une Maison d'éducation. A ce moment-là l'influence de Pythagore connaît son apogée. Son pouvoir n'était pas seulement celui d'un philosophe mais celui d'un réformateur. Il exerça en effet une puissante action politique par l'influence souveraine de son grand esprit et de son noble caractère. L'INSTITUT PYTHAGORICIEN La création de cet organisme fut une remarquable, la plus remarquable peut-être, tentative d'initiation laïque, synthèse anticipée de l'Hellénisme et du Christianis— 30 — me. L'enseignement y était donné par des laïques et non par des prêtres, dans des temples destinés, non à des cérémonies religieuses mais dans un institut, en dehors de toute affectation à l'exercice d'un culte religieux quelconque. Il y avait un externat largement ouvert aux élèves des deux sexes et un internat d'accès plus difficile où Pythagore contrôlait l'enseignement donné par des disciples triés sur le volet et où il donnait lui-même des leçons (2). Les jeunes gens qui désiraient rentrer à l'Institut devaient subir un temps d'épreuves et d'essais plus ou moins prolongé. Présenté par les parents ou un des Maîtres, le novice accédait d’abord au gymnase où il se livrait aux jeux de son âge. Une discipline faite de discrétion, de simplicité, veillait au respect d'une convenance très libérale. Les luttes de corps à corps y étaient interdites. La franchise des propos qui s'échangeaient entre le nouveau venu et les anciens, l'absence de toute contrainte, encouragcait l'ouverture et permettait à des observateurs bienveillants de juger le jeune novice... Et au bout de quelques mois, on pouvait avoir unc idée assez précise de son caractère, de son tempérament. Venaient alors les épreuves décisives, imitées de l'initiation égyptienne, mais bien adoucies et fort éloignées des mortelles épouvantes des cryptes de Memphis ou de Thèbes, que connaissait Pythagore. On faisait passer la nuit au novice dans une caverne que la rumeur publique disait hantée par des monstres et des apparitions. Ceux qui n'avaient pas la force de supporter cette idée de solitude et d’effroi, refusaient d'entrer ou s’enfuyaient au cours de la nuit. Ils étaient jugés trop faibles et étaient renvoyés. Ceux qui supportaient cette premiére épreuve étaient enfermés dans une cellule contenant en tout et pour tout, un vase d'eau, du pain sec et une ardoise & écrire. Le novice devait trouver le sens de symboles pythagoriciens, qu'il lui était matériellement impossible de connaître. Après 12 heures de cellule et d'un jeûne presque complet, on le faisait entrer dans une salle où se

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trouvaient réunis tous les élèves de l'Institut. La, il était assailli de questions et de railleries. Les questions qui lui étaient posées dépassaient son entendement. Irrité, accablé par le jeûne et la fatigue, humilié de n'avoir pu résoudre une énigme, qu'il ne savait pas incompréhensible pour lui, il réagissait de deux façons: par la colère, la violence, des pleurs, des injures à ceux qui l’accablaient ; en opposant un calme olympien à la meute hurlante, la fermeté, le désir d'être renseigné sur la question posée. Il est évident que le premier était renvoyé. Quant au second, il était solennellement reçu comme Novice et était félicité, PREMIER DEGRÉ. NOVICIAT. PREPARATION A LA VIE PYTHAGORICIENNE. Cela durait de 2 à 5 ans. La première règle à observer était la Loi du Silence. Le novice n’a ni le droit d’interroger le Maitre, ni celui de discuter son enseignement. I] doit écouter avec respect et méditer en silence. Les novices ne voyaient pas le Maître pendant les cours. Ils en étaient séparé par un rideau. D'où le nom donné aux auditeurs: ils étaient « ceux du dehors », ou exotériques. Les initiés qui voyaient le Maître étaient « ceux du dedans »: ésotériques. È Dans son enseignement, Pythagore voulait avant tout développer l'intuition, le sens de la vérité. Il enseignait des choses simples, les sentiments naturcls, les devoirs les plus élémentaires de l'homme envers sa famille, ses semblables. Il inculquait le respect et l'amour du père et de la mère, le culte de l'amitié. « L'Ami est un autre soimême ; il faut l'honorer comme un Dieu ». Ainsi l’obeissance devenait assentiment. Matin et soir résonnaient à l'oreille des novices les Vers Dorés: Rends aux Dieux immortels le culte consacré. Conserve ensuite ta foi... L'enseignement montrait ainsi que les Dieux étaient les mêmes chez tous les peuples et qu'il fallait respecter toutes les croyances. La tolérance envers tous les cultes devait = être comprise et admise, pour en arriver à l'unité des peuples de l'humanité, l’unité de la religion, de la Science. Ces idées nouvelles préparaient le novice à juger par analogie. Celle-ci leur était présentée comme la Loi primordiale, la maîtresse clef de la science sacrée. La méthode analogique devait permettre aux novices de voir dans la même phrase une proposition de géométrie, un principe d'esthétique, de cosmogonie, de métaphysique, de théologie (5). On préparait ainsi le novice à comprendre le grand secret de la vie future et le mystère de l’évolution universelle. On ne le lui dévoilait pas encore; on le réservait pour l'initiation proprement dite. On lui laissait entrevoir seulement cette Vérité au travers de ce qu'on lui disait de la puissance des nombres et de la musique ; car le nombre, disait le Maître, contient le secret des choses: les sept notes de l’heptacorde, correspondaicnt aux sept coulcurs de la lumière, aux sept planètes... Les novices suivaient parallèlement à cet enseignement, un régime d'hygiène physique et morale et une sévère discipline des mœurs. Purifications, ablutions, lustrations commengaient la journée au lever du soleil... Ensuite la musique, la danse contribuaient à l'éducation psychique par la mise en harmonic et la libération des sentiments. Vaincre ses passions était d'une part le premicr devoir de l'initiation. On recommandait la chasteté aux novices et la modération aux initiés. « Ne cède à la volupté que lorsque tu consentiras à être inféricur à toimême ». ° La journée pythagoricienne s'ordonnait sous la forme suivante: 1°) le réveil est une résurrection. L'Ame doit se recueillir et rester vierge pour les enseignements de la journée. 2°) Au lever du soleil: hymne à Apollon. 3°) Ablutions et promenade silencieuse.

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4°) Les leçons de la matinée se déroulaient sous les ombrages du bois sacré ou à l'abri des portiques. 5°) Repas frugalà midi: miel, pain et olives. 6°) Après-midi: gymnastique, études et méditations sur l’enseignement de la matinée et la‘ leçon du Maître. 7°) Repas du soir au cours duquel le plus jeune fera une lecture qui sera commentée par le plus ancien. Ce Pythagore désigne ses disciples sous le nom de Mathématiciens parce que son enseignement commengait par la doctrine des nombres. Il distinguait deux sortes de nombres: le nombre-divin ou nombre-idéc, et le nombre scientifique, lequel comprenait le nombre abstrait et le nombre concret. Le nombre idée était le modèle idéal du nombre scientifique et il était aussi généralement l'Archétype, directeur de tout l'Univers. Ainsi Pythagore considérait les nombres comme des étres substantiels faisant L'année se rythmait d'après les grandes fêtes astronomiques. découler par analogie de ces nombre tout ce qui est, tout ce qui se produit. Si un novice quittait l'Institut, on lui élevait un tombeau. Il était considéré comme mort. « Tout est arrangé d'après les nombres ». Cette affirmation, attribuée á Pythagore, fut considérée par certains comme étant la plus importante des révélations philosophiques. DEUXIÈME DEGRÉ Arrivait enfin « le jour d'or » où Pythagore recevait le novice dans le cour de sa demeure personnelle. II l’acceptait ainsi au rang de ses disciples. En pénétrant dans la cour intérieure, on devenait « ceux du dedans »...: ésotériques. L'initiation commençait. Ce début s'appelait Purification (en grec Katarsys). L'enseignement consistait en une exposition complète et raisonnée de la doctrine cachée, depuis les principes de la science des nombres, jusqu'aux dernières conséquences de l'évolution universelle. -Cette théorie mystique des nombres, comme on l'appelle parfois, n'était que le début de la véritable initiation. On en a fait cependant le principal enseignement de Pythagore. Elle donnait en réalité la clef de toute la doctrine et on la tenait secrète. Chiffres, lettres, figures géométriques n'étaient compris que de l'initié. Le Maitre de Crotone en formula Je texte dans un livre écrit de sa main: « Hieros Logos »: Ja Parole Sacrée. Ce livre ne nous est pas parvenu. Mais les écrits postérieurs de Philolaos, Archytas, Hieracles, les Dialogues de Platon, les Traités d’Aristote, de Porphyre et de Jamblique nous en font connaître les principes. - Platon reprit cette idée et écrivit: « Les nombres sont le plus haut degré de la connaissance » et aussi « Le Nombre est la connaissance méme ». La seconde Ecole Pythagoricienne, celle d'Alexandrie, donna à la théorie des nombres de vastes développements. Les Alchimistes et les Kabbalistes firent une large place aux Nombres. La Renaissance, avec le réveil des idées platoniciennes et pythagoriciennes, fit revivre la théorie des nombres. Plus tard, Kant fait de l'idée de nombre l'intermédiaire, par lequel s'applique aux phénomènes de l'expérience, la catégorie pure de la quantité. Revenons à la notion grecque du nombre. C'est une notion tripartite. Les membres de la Confrérie fondée par Pythagore en Grande Grèce donnèrent, du nombre, trois définitions partant de trois points de vue différents. Le Nombre est d'abord divisé en Nombre pur ou Divin. Ce sont ceux dont s'occupe la mystique du nombre; en nombres scientifiques, dont nous allons nous occuper et en nombres concrets dont s'occupe le calcul proprement dit. Les nombres scientifiques sont dits « Nombres figurés » par des assemblages de points correspondant aussi à des croissances homothétiques des figures géoméu SE sc

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triques (3. La formation des nombres figurés est une introduction remarquable aux opérations de certaines machines à calculer et une introduction aussi à la géométrie des polyédres réguliers. Mais on remarqua que chaque nombre, malgré un mode de formation uniforme, posséde des caractéristiques qui le distinguent des autres. Il est remarquable, en effet, que l’addition de l'unité, du nombre 1, change chaque fois entièrement les propriétés d'un nombre entier. Dans la « Société des Nombres » apparaît ainsi un nouvel individu. La Monade, ou nombre Un, est cet élément additif, mais aussi en logique pure, la racine du principe d’identité. Nous retrouverons plus tard les constructions métaphysiques échafaudées sur l'Unité. j La Dyade, ou nombre Deux, premier nombre pair et féminin, apparaît dans le calcul des Combinaisons en arithmétique. En métaphysique, c'est la racine de l’idée de Dualité, de l'opposition entre lc Moi et le non Moi. La Triade, premier nombre impair ct masculin (le Un, l'Unité, est « plutôt un principe qu'un nombre »), déploie son importance dans la théorie des nombres figurés. Nous l'avons déjà vu (note 3), l’image triangulaire géométrique est un assemblage de 3 points et fournit le principe de formation et de croissance de toutes les figures régulières planes et solides à 3 ou à un nombre quelconque de dimensions (4). La Tétrade, où nombre Quatre, participe au caractère de la Dyade dont il est le carré, mais aussi au caractère sacré de la Tétractys, qui était un symbole ésotérique aussi important que le pentagramme, signe de passe secret de la Confrérie Pythagoricienne. C'est sur la Tétractys que les membres de la Confrérie prétaient leur serment de ne jamais divulguer leur secret. « Non, je le jure, par celui qui a transmis à notre âme, la tétractys, en qui se trouve la source et la racine de l'éternelle nature » (Jamblique). La tétractys participait aussi à la nature de la Décade — — 36 ct aussi à l'harmonie musicale qui occupait dans le système une place très importante, à la fois comme symbole de l'harmonie du Cosmos et comme technique suggestive cmployée pour produire une atmosphère au rituel de la secte. I] y avait aussi à cet effet un parfum spécial de formule secrète et une boisson également secrète. La Pentade, ou nombre Cinq, était aussi importante que la Décade. Composée du premier nombre impair, Trois, et du premier nombre pair, Deux, l'un masculin, l'autre féminin, c'était le nombre de l'amour, archétype de la génération. La pentade est aussi le nombre de la santé harmonieuse, de la beauté du corps humain. L'emblème géométrique de la Pentade est le pentagramme, étoile régulière à 5 branches qui était le signe de passe secret et le symbole de la Confrérie. Le nombre Six ou Hexade- Il représente la stabilité et l'équilibre. C'est un nombre parfait puisqu'il est la somme de ses Facteurs: 6 = 1 X 2 X 3 = 1 + 2 + 3. Il représente pour les Kabbalistes ct Alchimistes, héritiers de la tradition Pythagoricienne, la nature inorganisée. Le Sept est surtout important comme nombre sacré dans la mystique chaldéenne et hébraïque. Pour les Pythagoriciens, il était l'emblème de la virginité. On ne peut, en effet, diviser un cercle en 7 segments égaux, alors que cela est possible pour 3 et pour 5. C'est un nombre « archi-premier ». Arrivons à la Décade. Il est inutile d’insister sur l'importance du nombre 10 dans le système de numération adopté par Ja plupart des nations civilisées... Mais ce n'est pas cela qui intéresse les Pythagoriciens. Pour eux, elle a la triple qualité d'être le double de la Pentade ; elle représente la somme des points contenus dans la tétractys: 1 + 2 + 3 + 4 = 10; enfin, elle est symbole du Cosmos. Citons Nicomaque: « Mais comme le tout était une multitude illimitée, il fallait un Ordre... Or, c'est dans la Décade que préexistait un équilibre naturel entre l'ensemble et ses éléments. C'est pourquoi de par sa

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Raison, le Dieu, arrangeant avec art, se servit de la Décade comme d'un Canon pour arranger le tout ». Et, pour conclure, Nicomaque nomme la Décade le Tout, car « elle servit de mesure pour le Tout comme une équerre et un cordeau dans la main de l'Ordonnateur ». Les architectes et les artistes de l'Antiquité usérent de la théorie du nombre. Elle est symbolisée par la Grande Pyramide. Les monuments de la Grèce et de Rome lui doivent leur profil harmonieux. Les maçons opératifs s'en inspirèrent. Les peintres, les architectes avaient une vaste culture mathématique. Léonard de Vinci, Dürer, Raphaël, Michel-Ange pensaient que dans la nature vivante, et dans l'Art, qui en est l'émanation, résonne la Loi du Nombre. D'autre part, transposée au centre d'une métaphysique épurée, la notion de nombre fut à la base de la fameuse formule déjà citée: Tout est arrangé de par les nombres. Dans cette formule, le terme de Cosmos (monde harmonieusement arrangé) fut attribué par Pythagore a croyaient au mouvement de la terre autour du soleil. Il est bien exact, en effet, que Pythagore enseignait à ses disciples du 3° degré, les mouvements de la terre. Egalement que les planètes issues du soleil tournaient autour de lui. II savait que les étoiles sont autant de systèmes solaires gouvernés par les mêmes lois que celles qui gouvernaient la Terre. Chaque monde solaire forme ainsi un petit univers. Ces notions, qui bouleversaient la mythologie re ne furent enseignées que dans le secret le plus absolu. Ainsi, d'après son enseignement, l'Univers visible, le ciel avec toutes ses étoiles, n'était qu'une forme passagère de l’âme du monde. La cosmogonie du monde visible, toujours par le systeme d'analogie, nous conduisait de l'histoire de la Terre au système de l’äme humaine. Et le Maître de Samos passait ainsi de la cosmogonie « physique » à la cosmogonie « spirituelle ». l'Univers. Après l'évolution de la terre, il enseignait l'évolution de l'âme à travers les mondes. Cette transmigration des TROISIÈME DEGRÉ: âmes, cette métempsycose était présentée aux profanes sous une forme puérile et ridicule. Il appartenait à Le disciple avait reçu du Maître les principes de la Science. La Science des Nombre était le préambule de la grande initiation. Elle réunissait en un ensemble merveilleux la métaphysique de l'harmonie de l'Univers, l'harmonie du microcosme, l'harmonie musicale, l'harmonie des proportions dans les arts, selon le grand principe d’analogie (5). L’esthétique et la philosophie de Pythagore se trouvaient ainsi dominées par la suprématie du nombre et de sa « servante », la Géométrie. « Dieu lui-même géométrise » Ecrivait-il. Et il interdisait, comme on le sait, aux « non géomètres » de pénétrer dans le sanctuaire... Et le troisième degré ou degré de perfection était réservé à l'étude de la cosmogonie, de la Psychologie et de la métempsycose. D’après Aristote, les pythagoriciens Y — Pythagore d'en donner le véritable sens, le véritable objet. LA PHILOSOPHIE PYTHAGORICIENNE Trois découvertes archéologiques vont nous donner à cet égard de précieuses indications. 1°) En Algérie, dans les Aurès, en 1917, une fouille bénévolement entreprise par des officiers français en repos, permet de découvrir la chambre d'un tombeau contenant un sarcophage parfaitement conservé, reposant

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sur un pavement de mosaïques. L'épitaphe indiquait le nom de la morte: Cornelia Urbanilla et indiquait que celle-ci, en succombant, avait échappé à un grand peril...: elle était, en passant dans l'au-delà, devenue Homme. Elle n'était pas «sauvée» (au féminin), mais « sauvé » (au masculin). Cornilia Urbanilla relevait de la Gnose païenne que fut l'Hermétisme. Cette doctrine retenait du Pythagorisme la croyance selon laquelle les dieux n’étaient plus que des personnifications des attributs du Dieu unique, dont la gravitation des astres traduisait la perfection et l'éternité. Ce Dieu unique avait aussi le pouvoir en faveur des élus rendus semblables à lui, de rompre le cycle infernal des métempsycoses. Pour ce faire, il les appelait à partager sa béatitude infinie, au fond d'un ciel étoilé, pourvu qu'ils aient vécu selon ses préceptes de morale. TI est vrai. en effet. auc Pythagore avait enscigné les princines d'une ascèse destinée A préparer l'homme à sa destinée future. Pour garder l’âme de tout contact impur il l’assuiettit à des règles rituelles et morales très strictes. TI l’initie var la musique à l'harmonie du monde. II lui révèle les choses divines par les mathématiques et l'astronomie. Si l’âme peut et sait s’astreindre à ce purgatoire, elle peut espérer se libérer de ses attaches charnelles et échanper ainsi au cvcle des renaissances et parvenir aux Iles des bienheureux. Cette doctrine de la réincarnation est déià sousjacente dans les légendes chamamiques. Mais Pvthagore sut lui donner une vortée générale, alors que ces renaissances successives étaient considérées jusau’alors comme le privilège de auelaues rares favoris. L’Ame, selon Pythagore, est un principe immortel d’origine astrale. Par suite d'une déchéance, clle est obligée de s’incarner. « C'est pour être châtiée, écrit Philolaos, que l'âme est associée au corps et qu’elle y est ensevelie comme dans un tombeau. Au terme d'une vie humaine, qui est en fait la mort, — — 40 l'âme libérée va se purifier dans l'Hadès, puis elle regagne la zone astrale avant de subir une nouvellee réincarnation (6). Pythagore identifiait la vie d’ici-bas à la mort. Cette idée est reprise par Platon qui fait dire à Socrate: « Qui sait si la vie n'est pas une mort et la mort une vie, et notre corps un tombeau ? » En donnant au mot « mort » et « vie» les sens pythagoriciens, la métempsycose se prête à des interprétations du plus haut intérêt et l'on ne s'étonne pas alors de retrouver cette doctrine dans presque toutes les religions de l'antiquité... Mais revenons à Cornelia... qui fut « sauvé » en prenant une forme masculine. Suis Dieu était le précepte des Pythagoriciens et précepte essentiel. Les fidèles, les initiés étaient convaincus qu'ils ne pourraient dans la mort, se réunir à Dicu, qu'en revétant sa forme et que les femmes devaient, de se fait, se transformer en hommes. La Gnose paienne cut une énorme influence chez ces hérétiques (ils existaient déjà...). Dans les Evangiles Gnostiques selon St Thomas, Jésus dit: «Toute femme rendue mâle rentrera dans le domaine des cieux ». Il ne fait aucun doute qu'il s'agit là de l'idée pythagoricienne de l'assomption en Dieu par ressemblance avec lui. Rappelons que Pythagore vivait en 500 avant Jésus-Christ. 2°) Découverte de la basilique pythagoricienne de la Porte Majeure. On y découvre la conception d’un salut d'outre-tombe obtenu par l'initiation et les vertus des Pythagoriciens. Les stucs peints représentent des scènes mythologiques interprétées à la manière ésotérique des disciples du Maître de Samos. Elles représentent le saut mystique de Sapho à Leucade, saut rituel symbolisant la fusion en Dieu de l'âme. Sapho aurait été affolée d'amour pour un certain Phaon et grisée par le suc d'une certain plante: « Candida » ou Centum Capitum, herbe aux cent têtes. aw dl a

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Que vient faire Sapho dans toute cette histoire? Les pythagoriciens avaient en réalité annexé Sapho à leur école. Leur mainmise sur le plus grand génie lyrique de la Grèce ancienne était commandée par l'attitude qu'ils avaient adoptée envers la poésie et la musique, envers l’Harmonie... Cette harmonie était dédaignée par tous les biens que n’accompagnait pas la pratique du bien moral: « l'argent sans la vertu, n'est qu'un hôte incommode ». « Celui qui est beau, reste beau le temps de le regarder »... « Celui qui est bon, l'est aujourd’hui et le sera demain ». philosophes. Les Pythagoriciens utilisèrent, grâce à cette annexion, une tradition populaire, belle, forte, en l’adapservir Pythagore ? D'autant plus que Sapho professait aussi, avec un art inégalé, la musique... et la musique, comme on l’a vu, était un art que Pythagore avait divinisé en le faisant dériver de la science des Nombres. Elle avait tant à leur manière, insinuant ainsi en des textes universellement connus, leur doctrine ésotérique, s'assurant de | cette façon d'une diffusion également universelle. Cette exégèse rallia Aristote, les stoiciens, les néoplatoniciens. Elle réconciliait la morale avec la culture antique. Pythagore jugeait les poèmes d’Homére capables de redresser l'âme. Homère était l'ancêtre de la poésie grecque... Or, on retrouvait dans l'Odyssée des vers provenant de Sapho... en droite ligne... Par elle, Homère a été transformé en un « prophète de Pythagore » (Jérôme Carcopino). Et c'est vraisemblablement là, la raison de l'intérêt que les Pythagoriciens portèrent à la poétesse... Ne l'auraient-ils pas fait, l’eussent-ils négligée, ils auraieni ainsi méconnu tout ce qui, dans la gloire et l'œuvre dc Sapho, sollicitait leur faveur. j Quel poète mieux que Sapho aurait donc pu ainsi consacré sa vie aux compagnes d’Apollon.; ces muses,, dont le culte dominait les conceptions et commandait les pratiques du. Pythagorisme. Sapho était la 10° Muse. Sa maison était la Maison des Muses, semblables aux deux sanctuaires des pythagoriciens: Crotone et Métaponte. « Sapho était en somme Frtuagorisée » (J. Carcopino). Les Pythagoriciens transformèrent Sapho en une figure de salut en la faisant plonger du haut du Rocher Blanc de Leucade. La célébrité de l’île de Leucade lui est venue du culte d'Apollon qui y fut célébré pendant toute l'antiquité classique. Le rite très ancien que des prêtres y entretenaient, exigeait que soit précipitée dans la mer une créature Selon Jérôme Carcopino, la littérature grecque doit à Sapho les plus beaux cris d'amour qu’ait proférés une voix humaine. Sa réputation, qui offensa les Romains et les chrétiens, n’offusqua jamais les anciens grecs enthousiasmés, sans restriction aucune par les vers de Sapho. Elle jouissait d'une gloire considérable, on la célébrait de multiples façons. Il s'agissait d'une véritable dévotion humaine destinée à s'y engloutir sous le poids de ses fautes ou au contraire à en réchapper de ses souillures... envers laquelle ne s'éleva jamais aucune entrave. être aussi la recherche d'une rédemption collective, par le sacrifice d'un seul... le bouc émissaire. Les Pythagoriciens ne pouvaient la refuser. Ils se seraient retranché de tout l'Hellénisme. Ils étaient indifférents d’ailleurs à l'objet de ses amours. Puis Saphisme mis à part, Sapho était une femme irréprochable. Elle avait une école de Poésie. Elle enseignait le dédain des AF us we C'est la vieille ordalie commune à toutes les civilisations naissantes et dans tous les pays. C'était à la fois, la rigueur sanglante des premières expiations religieuses et la clémence hasardeuse du jugement de Dieu. Cela pouvait Les plongeurs ou plongeuses emportaient avec eux tous les péchés de la cité tout entière en se noyant cérémonieusement (Chypre, Marseille, Athènes, Ephèse, etc.,

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Par ailleurs la plongée guérissait le mal d’amour, procurait la fin des souffrances, soit par la mort du patient... soit par la satisfaction du sacrifice accompli (7). Les Pythagoriciens s’intéressaient au Rite de Leucade, d'une part parce que c'était le rite d’Apollon qui s'y célébrait et au service de l’Amour..., d'autre part parce que Homère y avait posé le jalon qui séparait la vie, de la terre, entre la terre et l'au-delà (Odyssée).Apollon était le libérateur (il libérait les hommes de leurs fautes); il était le sauveur universel, le médecin infaillible. Les Pythagoriciens ont insisté sur ce rôle bienfaisant et consolateur de la divinité: Ils ont créé ainsi le mythe de la plongée de Sapho par amour pour Phéon. Les Pythagoriciens ont proposé ainsi une interprétation symbolique de l'odalie spécialisée à Leucade. Pour eux, le saut était une tentation, agréable à Apollon, de transmucr l'Amour profane en Amour sacré, cet Amour sacré qui contient la promesse de l'immortalité. L'épisode du Saut de Leucade aurait été rédigé à Tarente par Aristoxène, dans la seconde moitié du IV° siècle avant J-C. Pythagore avait disparu depuis près d'un siècle... Mais l'intervention littéraire d'Aristoxéne avait été préparée par les pythagoriciens depuis fort longtemps. Ils avaient, on se le rappelle, pythagorisé Homère. Ce dernier ne pouvait se tromper. Ses vers étaient porteurs du message qui était à la base de leur Philosophie. Et ainsi, ils furent conduits à interpréter le saut de Leucade comme une sorte de rite de passage où l’âme dépouillait ses appétits charnels pour s'élancer dans le pur amour de Dieu, C'est cette interprétation qui fut, en quelque sorte, figurée dans le stuc qui garnissait la conqué de l'abside de la basilique et qui résumait l'enseignement de la secte ; le saut mystique tenté par Sapho à Leucade au-devant de la lumière d’Apollon, symbolisant, par ce plongeon rituel, la fusion en Dieu, de l'âme enflammée d'amour sacré. 3°) Le tombeau du Viale Manzoni. A 500 mètres à peine de la Basilique de Ja Porte Majeure, on découvrait, en 1918, au cours de la construction d'un garage, un tombeau édifié dans le premier tiers du III° siècle, illustré de fresques admirables et d'une interprétation difficile. Les exégètes sont d'accord actuellement pour attribuer aux chrétiens la propriété de ce tombeau. Mais il est évident aussi, à la première impression qui se dégage des peintures dont il est orné que ces chrétiens ne ressemblaient pas aux autres... Le tombeau accueillait vraisemblablement les morts d'une association mystique. Les recherches et études entreprises à cet égard indiquent qu'il s’agit, bien sûr, de chrétiens et qu'il s'agit aussi d’un des monuments les plus anciens du Christianisme. Mais ces chrétiens étaient des heretiques... Car, de deux choses l'une: ou bien ils s'étaient retranchés de l'Eglise Romaine, ou ils en avaient été chassés. Car à cette date l'Eglise possédait ses cimetières, les Catacombes, où étaient inhumés les morps appartenant à l'Eglise. L’isolement du tombeau de la Viale Mamzoni indique leur forclusion. Et ces chrétiens étaient des gnostiques... * La Gnose Chrétienne avait pénétré dans Rome vers le milieu du I” siècle, Elle s'était émiettée en une foule de petits groupes dont les adeptes gardaient toutes libertés « pour développer leur système et « graduer leur initiation ». Issue des tendances syncrétistes qui avaient déjà atteint le judaïsme, envahi les cultes et les philosophies païennes, la Gnose, cette tentative d'hellénisation du Christianisme, souffrait à son tour de cette tendance qui lui avait donné naissance, tendance entre parenthèse qui la fit se briser contre l'Unité de l'Eglise. Et de ce fait on est obligé de constater que l'on se trouve en présence, Viale Manzoni, d'une Gnose inconnue. Mais tous les systèmes, toutes les tendances avaient un fond commun de concepts, fond commun qui permettait aux Gnostiques de se retrouver unanimes dans le culte qu'ils vouaient à Homère. Indistinctement à quelque secte qu'ils appartiennent, ils partageaient la conviction qu'ils n'avaient — 45

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qu’à se pencher sur les poèmes de l’aède pour y découvrir des illuminations nouvelles de leur foi. Homère les rapprochait, en quelque sorte, en dépit d'eux-mêmes, au point d’amencr sur quelques dogmes essentiels unc convergence de leurs théories, par ailleurs plus ou moins antagonistes. Tout le monde connaît le fameux récit d'Ulysse qui, pour ne pas succomber avec ses compagnons au chant des Sirènes avait bouché leurs oreilles avec de la cire et s'était fait ligoter lui-même au mât de son bateau. Le récit est symbolique: il est l'image du juste dont l'âme, sourde aux désirs et aux appels de la nature, est capable de s'élancer vers l'immortalité du ciel d'où elle était tombée sur Ja terre. | Ce symbole fut utilisé à la fois par les hérétiques chrétiens et les orthodoxes. Les Pères de l'Eglise s'en emparérent et l'utilisèrent pour illustrer leur propre croyance; tandis que pour les gnostiques, le symbole matérialisait l’enscignement de leur philosophic, enseigne- . ments qui avaient déja été rédigés 500 ans auparavant par le Pythagorisme, en marge de l'Odyssée. Les Pythagoriciens avaient intégré Ulysse à leur philosophie. Il est la personnification des Initiés de la secte. C'est l'homme qui, éclairé par la doctrine de Pythagore, passe par tous les degrés des épreuves jusqu'au moment où, poussé par la vérité, il aborde dans une mer calme, à l'abri des tempétes, loin des passions. Il y a une harmonie parfaite entre le Pythagorisme et l'Odyssée. Car la philosophie pythagoricienne a toujours cherché à dégager de chacune des aventures d'Ulysse une signification ésotérique et spirituelle conforme à son eschatologie. L'Odyssée est un véritable poème précurseur du C'est le mémorial des victoires de l’âme sur la matière et sur la mort. (J. Carcopino). Le thème odysséen à travers la Gnose, pénétra chez les chrétiens qui utilisèrent surtout la personne de Pénélope, le thème de l'amour du foyer (ce thème qui est tout — 46 — àe0nn le sujet de l'Odyssée, d’ailleurs et le seul but poursuivi par Ulysse). Pénélope s'inscrit en même temps qu’Ulysse dans le thème pythagoricien, personnifiant ainsi la vertu et la fidélité conjugale. Le métier de Pénélope, ce fameux métier à tisser le voile qui n'en finissait pas, fut élevé à la hauteur d'un symbole. Il participe à la vertu de celle qui s'en sert; il en est l'instrument. Aussi figurait-il en bonne place dans les fresques de Viale Manzoni. Toutes ces figures symboliques furent formées à l'Ecole de Crotone, de même que le symbole du saut de Sapho, à Leucade. Les gnostiques, quelque 300 ans plus tard, les acceptérent et les adaptèrent d'enthousiasme. Ils sont les héritiers directs de Pythagore: e Nul ne sera surpris dans ces conditions qu'une étude sérieuse de la Gnose doive d'abort bien se pénétrer du Pythagorisme- QUATRIÈME DEGRÉ - L’ADEPTR. Nous venons d’atteindre le sommet de l'initiation antique. De là se déroule Ja vue d'en haut de l'univers. A l'initiation de l'intelligence va succéder l'initiation de la volonté. Pour le disciple, il s'agit de mettre la vérité en œuvre dans la pratique de la vie. Tu verras que les maux qui dévorent les hommes Sont le fruit de leurs choix ; et que ces malheureux Cherchent loin d'eux les biens dont ils portent la source. (Vers d'Or). Le disciple a réalisé la vérité dans l'intelligence, la vertu dans l'âme, la pureté dans le corps. Le Disciple devient Adepte, et s'il possède une énergie suffisante, il va acquérir des pouvoirs nouveaux: il guérira les malades par imposition des mains ; il lira les pensées des hommes, il prédira l'avenir... Rares sont les Adeptes. Encore plus rares ceux qui atteindront cette puissance... Pythagore l'avait, paraît-il, atteinte. Mais il ne pouvait, ni ne préten—

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dait faire des Adeptes parfaits de ses disciples et il se contentait d'enseigner à ses fidèles les applications de LA LIGUE DES CROTONIATES sa doctrine à la vie. Il distinguait notamment, parmi les hommes, une diversité qui provenait de l'origine de l’individu, une autre qui provenait du degré de leur évolution spirituelle. Cette distinction lui permettait une classification de l'humanité en quatre categories: LA FIN DE PYTHAGORE Pythagore vécut 30 ans à Crotone. En 20 ans, cet homme extraordinaire avait acquis un tel pouvoir qu'il tenait lieu du prodige. Jamais un philosophe n'en excrça de semblable. Il s'étendait non seulement à l'Institut et 1°) Chez la grande majorité des hommes, la volonté agit surtout dans le corps. Ce sont les instinctifs... Ils s'adapteront aisément au commerce et à l’industrie. 2°) Au second degré du développement humain, la volonté et la science résident dans l’âme. Ce sont les animiques ou les passionnels. Ils feront des hommes de guerre, des poètes, des artistes. Ils ne s'élèvent pas à l’Idée pure, à l’Universalite. 3°) Dans cette 3° catégorie, les hommes sont beaucoup plus rares. Ce sont les Intellectuels. La volonté, chez eux, dégage l'intelligence de la tyrannie des passions et l'éloigne des bornes de la matière. Ces hommes feront les héros martyrs, les vrais philosophes, les sages, ceux qui devraient gouverner l’humanité. Les passions sont devenues servantes de l'intelligence alors que dans la 2° catégorie, l'intelligence était au service des passions. 4°) La quatrième catégorie réalise l'Idéal humain le plus élevé. Par la domination et la possessions de toutes leurs facultés, ceux qui la composent exercent la plus grande maîtrise. Ce sont les Grands Initiés: ils sont tellement rares qu'on peut les compter dans l'Histoire. Ce classement des hommes correspond en fait aux quatre degrés de l'initiation pythagoricienne... et fait le fond de toutes les initiations. Pythagore avait compris les principes éternels qui régissent la société et avait essayé de les enseigner au travers des initiations successives. En cela il poursuivait le plan d'une grande réforme sociale. Nous verrons plus loin comment lui et son école firent naufrage dans les tempêtes de la démocratie. et à ses ramifications dans les villes voisines, mais encore à la politique de tous les autres Etats. Pythagore était un oESLheMdue réformateur. À Crotone, le Conseil des Mille, composé des grandes familles, y exergait le pouvoir législatif et -.survcillait l'exécutif, Pythagore, qui voulait que l'Etat fut ‘un Ordre et une Harmonie, refusait l’oligarchie aussi bien que la démagogie. Il essaya d'introduire dans: Ja Constitution un nouveau rouagc: au-dessus du pouvoir politique, un pouvoir scientifique avec voie délibérative et consultative, clef de voûte, régulateur de l'Etat. C'était le conseil des Trois Cents, recrutés parmi Jes seuls initiés de l’Institut Pythagoricien. En somme, c'était un pouvoir scientifique, moins mystérieux peut-être, mais aussi haut placé que le saccrdoce égyptien. I] introduisait ainsi le principe de l'initiation ct de l'examen dans le Gouvernement de l'Etat. Il essayait de concilier le principe démocratique, électif, avec un gouvernement sélectionné selon les principes de l'Intelligence et de la Vertu. Le Conseil des 300 forma ainsi un espèce d’ordre politico-religieux et scientifique dont Pythagore était le Chef. On s'engageait devant lui par un serment solennel et terrible... Ces Sociétés se répandirent dans toutes les Villes de la Grande Grèce, Et Pythagore exerçait une influence considérable sur les gouvernements de toutes ces villes et cités. Partout où il apparaissait, il rétablissait l’ordre, la justice, la concorde. L'influence souveraine de ce grand esprit et ce grand caractère suscita des jalousies et des haines. L'empire de Pythagore durait depuis un quart de siècle ; l'adepte infatigable atteignait l’âge de 90 ans quand vint la réaction. Les idées démocratiques qui se développaient en Gréce —

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eurent leur écho en Grande Grèce et à Sybaris, la rivale de Crotone ; il y eut un soulèvement démocratique et le parti aristocratique fut vaincu. Quelques exilés se réfugièrent à Crotone. Sybaris demanda leur extradition qui fut refusée et Sybaris déclara la guerre à Crotone. Pythagore et la Ligue des Crotoniates détruisirent la cité rebelle. Sybaris fut saccagée, détruite de fond en comble... Pythagore ne put réfréner les passions d'une armée victorieuse... Les conséquences en.retombérent sur lui et sur son- Ordre. Après la prise de Sybaris, le peuple crotoniate demanda le partage des terres et le changement de la constitution. Le Conseil des Mille était supprimé ainsi que le Conseil des 300. Une seule autorité admise : le suffrage universel. Les Pythagoriciens s’opposérent à cette réforme qui sapait l’enseignement du Maître. Leur attitude souleva la fureur de la démagogie. Parmi les plus acharnés contre la secte, on trouva un certain Cylon qui, refusé à l'Ecole, vouait à Pythagore une haine sourde. Il prit la tête de l'opposition, et sans que les Pythagoriciens puissent se défendre, réussit à ameuter toute la population contre le Philosophe. Un soir, la foule Les membres s’engageaient entre eux à pratiquer la communauté des biens et en méditant sur la Philosophie, à tendre vers la réalisation de l'harmonie intérieure par la Connaissance (Gnosc) et l'Amour. La Société Pythagoricienne attira vite à elle, aussi bien les esprits curieux de science, que les mystiques assoiffés d’ideal. On a vu comment Pythagore échoua. Il est évident qu'il avait conservé le souvenir de l'autorité incontestée du.Sacerdoce en Egypte. . —. 1 um Ce sacerdoce avait discipliné la royauté, inspiré les lois, dirigé d’une maniére occulte la vie du pays. La supériorité intellectuelle, la sagesse des prêtres donnèrent au peuple égyptien sa longue durée de grandeur. Il rêva d'arriver au même résultat en Grande Grèce où dominaient les partisans de l'aristocratie. Et il est un fait qu'il renforça cette aristocratie... pensant rencontrer chez eux sagesse, intelligence et science... T fut bien près de réussir. mit le feu à un bâtiment dans lequel s'étaient réunis le Maitre et une quarantaine de disciples. Tous périrent LA FAMILLE DE PYTHAGORE . dans les flammes ou furent massacrés, à l'exception de Archippe et de Llysis qui échappérent au massacre. L'Institut fut détruit. Comme nous l’avons vu plus haut, Pythagore avait épousé, alors qu'il avait soixante ans, une jeune fille d'une Ainsi mourut, en 450 ou vers 490, ce grand sage qui avait tenté de faire rentrer sa sagesse dans le gouvernement des hommes. Ce fut le signal d'une révolution démocratique dans toutes les villes de la grande Grèce. Les villes chassèrent les disciples du Maître et l'Ordre fut dispersé. Ajoutons quelques mots sur cette Société Crotoniate qui prit le nom de Ligue Crotoniate ct qui exerca le pouvoir absolu sur la plus grande partie de la nouvelle Grèce. Ce fut en réalité une sorte de fascisme ésotérique. — 50 — éclatante beauté, Théano. Le Philosophe était alors à l'apogée de sa force et de sa gloire. Théano suivait son enseignement (note 2). Elle s'éprit pour le Maître d'un enthousiasme sans borne et d'un amour passionné. Pythagore, comme beaucoup de grands adeptes, avait renoncé jusqu'alors à la femme, pour se donner tout entier à son œuvre. Il découvrit dans l'amour que lui vouait et lui montrait cette jeune fille, la possibilité de trouver une idéale compagne et de réaliser plus complètement l'œuvre qu'il avait entreprise.

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Par son mariage avec Pythagore, Théano entra si complètement dans la pensée de son mari, qu'après sa mort elle servit de centre à l'ordre pythagoricien. Un auteur grec cite son autorité dans l'explication de la doctrine du Maître, celle des Nombres notamment. Elle donna à Pythagore deux fils: Arimneste et Telauges, et une fille: Damo. Telauges devint plus tard le Maître d’Empédocle ct lui transmit les secrets de la doctrine. La famille de Pythagore offrit 4 la secte un véritable modèle. Dans les fêtes religieuses ou saisonnières, Théano conduisait les chœurs des femmes, et Damo les chœurs * des jeunes filles. Damo se montra, par la suite, digne de son père. Pythagore lui avait confié certains écrits, certains documents avec défense expresse de les communiquer à qui que ce soit en dehors de la famille. Après la dispersion des Pythagoriciens, Damo tomba dans une extrême misère. Elle refusa toujours de vendre les manuscrits qu'elle détenait, alors qu'on lui en offrait de très grosses sommes: Elle demeurait fidèle à la volonté de son père. ——-c©—--e— ne*.—-—o Effectivement, quelques groupes se reformèrent dans l'ombre et constituèrent de petites confréries locales. L'activité politique avait été complètement abandonnée. Mais les liens d'amitié et d'entr'aide, le secret scellé par le pacte, étaient religieusement entretenus (8). Et c'est cette vieille règle du secret que nous avons souvent évoquée qui rendit si difficile les recherches sur la constitution de la vicille Société Pythagoricienne, la première en date, qui vit le jour, comme on l'a vu, à Crotone. Et ce même secret enveloppe les groupements occultes qui se-constituérent: par la suite au 1° siècle avant J.-C., sous la forme d'un néo-pythagorisme Alexandrin, Romain et Syrien. Deux chercheurs diligents, dans ]’Antiquité méme, un siècle à peine après [a disparition de l'Ecole Pythagoricienne, ont essayé de reconstituer par des sources authentiques les Constitutions Pythagoriciennes: Aristoxène de Tarente, était l'ami d'un groupe de Pythagoriciens de la vicille école; Timée, de Tauroménium, alla spécialement en Sicile, en Calabre, fouiller les archives, écouter les traditions orales, retrouver, ou essayer de retrouver tous renseignements se rapportant à la période Crotoniate. Les textes qu'ils composèrent ne nous sont pas parvenus. Ils LE PYTHAGORISME APRES LA MORT DE PYTHAGORE Après Ia mort de Pythagore et la dispersion de la Confrérie crotoniate dont tous les chefs périrent dans le massacre de Métaponte, nous avons vu plus haut que, seuls, Archippe et Lysis, accompagnés de quelques novices, échappèrent au massacre. Parmi ceux-ci était peutêtre Hippocrate de Chios qui s'installa à Athènes vers cette époque, ainsi que Hipparque et Hippase. Ces trois novices ont été immortalisés par le fait qu'ils furent excommuniés par les cellules de la Confrérie qui s'étaient petit à petit reconstituées clandestinement, après le massacre de Métaponte. Ils étaient accusés d'avoir livré au public certains secrets mathématiques. — — 52 nous furent transmis par des textes Alexandrins, eux aussi disparus. Mais nous en trouvons heureusement maints fragments dans Jes trois ouvrages de Diogéne, de Laerce, de Porphyre et de Jamblique et c'est ainsi que nous sommes à peu près renseignés sur la vie de Pythagore. Philolaos fut considéré par les Pythagoriciens comme le premier des traîtres qui divulguèrent les secrets philosophiques et mathématiques pour de l'argent. Ces secrets auraient été livrés è Denis Tyran, de Syracuse, en trois livres contenant la doctrine secrète de Pythagore. Platon aurait pris connaissance de ces trois livres, pendant son séjour chez le Tyran. Nous connaissons en. effet, par un écrit de Platon (VII° lettre), les. démélés du Philosophe

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Forum en 298 avant J.-C. (Pline l'Ancien). Caton est, selon grec avec Denis. Ce document, d'importance capitale, confirme que toute la philosophie harmonique de Platon où les nombres purs, la géométrie, la théorie des proportions tiennent une place prépondérante, est d'essence Cicéron, membre de la secte. Cicéron attribua à Pythagore «la sublime vérité» de l'immortalité de l'âme et fait de Platon l'héritier spirituel du Maître de Samos. pythagoricienne. Cette lettre écrite, alors que Platon avait 75 ans, donne la clef de toute sa vie, de toute son œuvre. Sa doctrine est le Pythagorisme des initiés. On peut donc Et c'est à cette époque, au temps de Cicéron, qu'une nouvelle vague de Pythagorisme vint séduire l'élite romaine. « Dans le siècle qui encadre le début de l'ère chrétien« ne, écrit M. Carcopino, le Pythagorisme attire de tous « les points de l'horizon intellectuel, ceux qui, avides de « certitude, étouffaient aussi bien dans le vide des sancle considérer comme un initié qui n'aurait pas prêté serment. Une autre source importante d'information sur les rites et l'esprit des congrégations pythagoriciennes exis-. tant encore au 1‘“siècle, sont les ouvrages de Plutarque. Les sympathies pythagoriciennes de cet auteur se révèlent « tuaires de l'Etat que dans les tourbillonnements des « atomesde Lucrèce. De 60 ans avant J.C. à 50 ans AD... «tous, Nous avons étudié un tombeau pythagoricien dans les Aurès, en Algérie, à Lambiridi. A Rome, à la même époque, on trouve des « gens » se réclamant d'une parenté pythagoricienne. La statue de Pythagore fut élevée sur le — 54 — stoiques, péripatéticiens, éclecti- Malgré les mesures de rigueur prises contre les socié- * tés secrètes, la mode du Pythagorisme continua sous la Rome impériale, Nous avons vu que c'est l'époque où fut construite et... détruite la Basilique de la Porte Majeure . La mode du Pythagorisme gagna même les souverains exotiques, comme Juba II, roi de Numidie, fils d'Antoi et de Cléopatre. ne Et c'est à ce moment-là aussi que concurremment au succès de Pierre et Paul, apôtres du Christ, paraissent D'ailleurs, il faut bien constater et surtout après les découvertes de MM. Cumont et J. Carcopino, que la tradition pythagoricienne n'a jamais été interrompue. La dispersion qui suivit les massacres de Métaponte avait, en réalité, étendu la propagation de la doctrine dans tout le bassin méditerranéen. Elle l’avait aussi diversifiée. On signale, dans cet esprit, le gouvernement tout empreint de-pythagorisme de Archytas, à Tarente, les Loges Pythagoriciennes de Regnum de Calabre et de Phlionthe, qui sont mentionnées au 4° siècle. C'est vraisemblablement en pays Etrusque que se trouvait le foyer des Pythagoriciens. académiciens, «ques... tous étaient plus ou moins Pythagoriciens ». dans son ouvrage sur Isis et Osiris et sur le « Génie de Socrate ». Les Pythagoriciens de Plutarque ne sont ni des fanatiques ni des béotiens, mais les représentants authentiques de la secte. Celle-ci s'était perpétuée en un rameau distinct : les Mathématiciens, qui se transmettaient la métaphysique des vrais initiés : ceux du 3° degré. Un deuxième rameau était constitué par les Accousmatiques, se prétendant les vrais héritiers de Ja tradition: ils ne connaissaient en réalité que les formules initiatiques des novices du 1‘ degré. dans la capitale de l'Empire, Apollonius de Tyane et Simon le Magicien, premiers grands rôles de la Gnose... qui vient de naître de la jeune Eglise dont Pierre et: Paul sont les apôtres en même temps que du néo-pythagorisme Alexandrin. D—nr sremasm Alexandrie était devenue, cent après la mort de Platon, la capitale intellectuelle et scientifique du monde. Les conceptions pythagoriciennes sur les nombr es et la géométrie formaient partie du patrimoine scienti fique des cénacles instruits du monde gréco-romain. Néo-platoniciens et néo-pythagoriciens, harmonieusement unis, forment à Alexandrie un terrain qui va faire germer. d'étranges fleurs métaphysiques dont certaines

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neno, constitucront des sectes religieuses. Parmi celles-ci, fondée comme le pythagorisme primitif sur la connaissance et l'Amour, la plus audacieuse fut la Gnose. | Le Pythagorisme trouva, à Alexandrie, des adcptes enthousiastes dans, une collectivité brillante par |'intelligence et le savoir: l'élite de la Diaspora Juive. A dire vrai, la conquête du judaïsme par la doctrine Pythagoricienne a commencé bien avant l'époque romaine. E dans cet cnclos des métaphysiques et des religions que constitue la ville d'Alexandrie, systèmes, rites, sectes diverses, au milieu desquelles se dresse l'arbre royal de la Philosophie par excellence, celle du maître de Samos. Qu'il me soit permis de citer, en guise de conclusion, quelques Vers Dorés de Pythagore, traduits par Fabre d'Olivet: Hermès Trismégiste, créateur du Verbe, du Nombre et de la Musique, régnait dans la vallée du Nil... Ainsi naquirent à la fois la Kabbale et hermétisme, liés à“la Gnose par une commune ascendance.'C'étaient les trois visages, hébraïque, égyptien et hellénique, d'une même Sont le fruit de leur choix; et.que ces malheureux Cherchent loin d'eux les biens dont ils portent la source. divinité. Tour à tour ballotés par des vagues contraires Nous voyons enfin revivre en Egypte et en Syrie des communautés de Frères de l’Ancienne Société des Philosophes: les Therapeutes, fétant le 7° et le 50° jour; le 7°, nombre toujours vicrge, le 50° le plus saint et le plus naturel des nombres. Nous avons vu la signification sur une mer sans rive, ils roulent aveugl es Tu verras que les maux qui dévorent les hommes Peu Savent être heureux; jouet des passions Sans pouvoir résister ou céder à l'orage. Sne; pythagoricienne de ces données- En Palcstine, avant la prédication du Christ, existait déjà la Confraternité des Esséniens. Ils se réunissaient dans une salle dépendant du Temple de Jérusalem. « Nul cri, nul tumulte ne souille jamais cette salle commune. Chacun y reçoit Ja parole à son tour... Ils jurent de ne rien dévoiler aux étrangers de ce qui concerne les membres de la secte» (Josèphe, in « Guerre des Juifs »). Serment d’initiation, précepte du silence, communauté des repas et des habitations, stages successifs avant d’étre admis aux grandes cérémonies: nous reconnaissons la filiation pythagoricienne. « Ceux que nous nommons « Esséniens », pratiquent un genre de vie conforme aux principes de Pythagore » (Joséphe). Leur insigne était d'ailleurs le pentagramme de Samos et non l'hexagramme hébraïque. ., Nous voyons donc réunis, au seuil de l’ère chrétienne, | perciosnio Dieu, vous les sauveriez en dessillant leurs Mais non, c'est aux humains dont la race yeux. est divine À discerner l'erreur, à voir la vérité. La Nature les sert. Toi qui Vas pénétrée Homme sage, homme heureux, respire dans le Mais observe mes lois, en t'abstenant des port choses Que ton âme doit craindre, en les distinguant bien ; En laissant sur le corps régner l'intelligence Afin que t'élevant dans l'éther radieux Au sein des immortels tu sois toi-m ême un Dieu. Dr Mogès.

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{3) LA DOCTRINE PYTHAGORICIENNE DES NOMBRES. Et c'est alors que tous les genres ainsi constitués, ont recu de l'Ordonnateur leur NOTES figure par l'action des idées et des nom(Platon). bres. (1) Le premier en date des lieux de réunions des sectes néo-pythagoriciennes qui existaient à Rome (Mathyla Ghicka leur donne le nom de Loges) Cette phrase résume les conclusions de Platon concernant l'Univers et les conclusions de son inspirateur Pythagore : la Loi du Nombre. It fut exilé par César en tant que Grand Maitre d’une de ces Sociétés Secrètes, que l'Etat Romain d'abord, l'Eglise ensuite, redoutérent toujours et jours, s'accordent avec cette phrase de Platon. Elle semble éclairer tout te fut fondé par un ami de Cicéron, le Sénateur Figulus Nigidus. Le point de vue de la science mathématique et de la physique, de nos développement et l'évolution de la pensée occidentale. C'est Bertrand Russel frappèrent chaque fois qu'ils en eurent la possibilité. Saint Jérôme dit, dans ses Chroniques: « Nigidus Figulus, pythagoricus et magus, in exllo moritur =. Ce que l'Etät réprouvait dans ces groupements” pythagoriciens” n'était pas: leur enseignement philosophique ou religieux, mais leur organisation à base de secret. C'est. pour cette raison que César essaya de supprimer les ». Il est vral que ce même César fit brûler la célèbre « Collèges d'Artisans Bibliothèque d'Alexandrie. qui contenait, paraît-ll, 700.000 volumes... chiffre qui signala le premier le retour aux disciplines pythagoriciennes. It pensait aux lois de la relativité exprimées par Einstein et à la théorie des quania et de la mécanique ondulatoire dues à Max Planque et:à Louis de Broglie. Quelle est l'Origine du: nombre ? - Pour nous éclairer, nous n'avons d'autres lumières que : d'une part, l'arithmétique primitive rencontrée chez les peuplades primilives actuelles. On peut supposer qu'elle ressemble à celle de nos ancêtres considérable à l'époque. aurignaciens, magdaléens, summériens, sémites du sauvages, la bassin méditerranéen, (2) L'antiquité avait compris une vérité capitale que les âges successifs ont souvent méconnue. La femme, pour bien remplir ses fonctions d'épouse et de mère, a besoin d'un enseignement, d'une initiation très particulière. De là, l'initiation féminine exclusivement réservée aux femmes, que Pythagore toujours associée à la philosophie et & la magie. Le nombre Un est l'unité de calcul, la seule, et symbole de l'Unité, institua dans son Institut. devient alors une combinaison de Un et de Deux: 1 Chez primitives dites notion de nombre est + 2 +2 = 5, D'autres. considérant seulement le nombre des doigts d'une main adopétait prétresse à l'autel domestique. En Egypte, elle remonte aux mystères d'Isis. Elle fut organisée en Grèce par Orphée. Elle fleurit dans les temples de Junon, Diane, Minerve, Cérès. Cette initiation consistait en rites symboliques, en cérémonies diverses et surtout dans un enseignement donné par tèrent une notion quinaire. d'autre part, si trouvons nous recherchons les premiers documents écrits, nous chez les Summériens (environ 3509 ans avant J.-C.) l'emploi d'un système duodécimal inspiré peut-être par le cycle lunaire... des prétresses âgées ou par le Grand Prêtre lui-même. Cet enseignement avait trait aux choses les plus intimes de la vie conjugale. On y accordait une grande importance à l'hygiène physique et morale de la femme pendant la grossesse. En un mot, on enseignait la science de la vie conjugale et l'art de ta maternité. Il ne faut pas oublier que l'enfant demeuralt dans le Gynécée jusqu'à l'âge de 7 ans, sous la. direction exclusive de la mére. La mère soignait et éduquait le jeune enfant, Et c'est parce qu'elle accomplissait ces fonctions qu'elle était d'ailleurs la prétresse de la famille, fa gardienne. du feu. Montesquieu et Voltaire avalent remarqué la valeur et la vertu des Un peu plus tard, nous nous apercevons que les Arabes, les Phéniciens, les Egyptiens préféraient un système décimal. Les deux systèmes. finalement, se mélangèrent, se combinèrent et n'en firent qu'un. Vers l'an 500 avant J.-C. (à peu près l’époque de Pythagore), les Mayas du Yucatan avaient établi un calendrier assez précis, basé sur les chiffres 5 et 10. épouses grecques et romaines. Les Grecs et Jes Romains utilisèrent comme chiffres, des lettres de leur alphabet, lettres qui avaient été empruntées à l'alphabet phénicien vers l'an Pythagore approfondit en quelque sorte cet enseignement. Il le rendit plus initiatique. L'homme et la femme forment à eux deux un abrégé de 1000 avant J.-C. environ. Les chiffres 10, 50, 500, 1000, s'exprimaient par des lettres. Le 10 hébreu, lui, était représenté par la lettre Yod ou G aspiré. Le Dix fut, dans la Kabbale, le nombre parfait et on peut penser que c'est pour l'Univers. Grace A l'enselgnement du Maitre, la femme grecque exerca un véritable sacerdoce au foyer. C'est elle qui créa ces héros, ces artistes, ces poètes qui ont immortalisé la Grèce. C'est elle qui les congut, les « moula dans son sein» et les couva en quelque sorte sous ses alles maternelies. cette raison que la lettre G fut placée au centre du Pentegone étoilé, de l'Etoile flamboyante maçonnique. Nous verrons que d'autres interprétations de la lettre G sont possibles. Quelques-unes, exceptionnelles, Jouèrent un rôle considérable dans l'anti- — 58 — peuplades Au stade suivant on trouve le concept du nombre Deux... et tout nombre La chose n'était pas nouvelle. En Inde, la femme, aux temps védiques, quité grecque: la Pythonisse Théocléa, formée par Pythagore, ta prétresse Corinne, rivale heureuse de Pindare, Sapho, dont nous aurons, plus loin, le loisir de nous entretenir, et enfin Théano, la jeune vierge disciple de Pythagore en son institut et que le Maître épousa à l'âge de 60 ans... les cnu Comme chez tes primitifs, il est iogique de penser que l'on compta d'abord avec les 5, puis les dix doigts des mains. Et à l’époque de Pythagore, c'était là le seul moyen de numération que l’on connaissait. Le Maitre de Samos, en alignant des petits cailloux (calculus, et, au pluriel, calculi), allait

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intégralement, sur la doctrine « Introduction à l'Arithmétique ». nombres: «Manuel d'Harmonie» et découvrir un système, une formule générale, s'adaptant à TOUS les nombres. Il est en effet évident qu'en utilisant la méthode des doigts, fussent-ils dix, un grand Nombre ne pouvait être étudié que par tatonnements. Plus le nombre est grand, plus grand est le nombre de manières de le réaliser. II écrivait notamment : « Comme le TOUT est multitude illimitée, il faut un Ordre. C'est dans la Décade que préexiste un équilibre naturel, entre l'ensemble et ses éléments. C'est pourquoi, de par sa Raison, le Dieu ordonnaleur, Pythagore, au lieu de compter sur ses doigts, aligna des cailloux selon se servit de la Décade comme d'un canon, pour le Tout. Et c'est pourquoi des formes géométriques faciles à se rappeler. Chaque figure géométrique se les choses, du ciel à la terre, ont, pour les ensembles et les parties, leurs rapports de concordance basés sur elle et ordonnés d'après elle ». Le nombre 10, d'après la doctrine Pythagoricienne est le plus parfait des nombres composait ainsi d'un nombre déterminé de cailloux. Prenons par exemple le triangle équilatérat: disposons un caillou au sommet des trois angles: : 3 cailloux. i | possibles. Sans déformer ce triangle ainsi formé ll est important de souligner que le jour où Pythagore remplaca les fas : on peut l'agrandir en ajoutant 3 caliloux de petits cailloux par des figures correspondantes dont chacune avait ses soit en tout 6 cailloux. Le triangle ainsi propriétés, il fit faire à la Science un progrès considérable. Au lieu de compter les pierres, il mesura des longueurs, des surfaces, des volumes. Ainsi naquit la géométrie scientifique qui est à l'art de l'arpenteur ce que l'arithmétique está l'art-dur calcul: — 2 == formé contient sur chacun de ses trois cétés. 3 -points, soit 3 unités. 3 et. 6 _sont des nombres trlangúlalres. — Avec-4 ou 5 cailloux on ne peut réaliser- un trlangle équilatéral, donc 4 et 5 ne sont pas des nombres triangulaires. Plus tard, on rempiaga les cailloux par des boules coulissantes sur tiges de métal et les abaques chinoises... LE THEOREME DE ‘PYTHAGORE. LE NOMBRE D'OR. Continuons d'agrandir notre triangle. En ajoutant 4 unités aux six premiéres, on obtient un nouveau triangle équilatéral. Le nombre 10 (6 + 4) est un nombre triangulaire. ll en est de même pour 15: 10+ 5 = il ressort des recherches de l'architecte Tchécoslovaque lan Mannesbarth que c'est en Egypte et en Chaldée que Pythagore avait appris que le triangle dont les côtés ont respectivement 3, 4 et 5 unités de longueur est nécessairement un triangle rectangle. Les égyptiens, en effet, connaissaient parfaitement 15. ce triangle et se servaient de lui pour tracer sur le sol même, langle droit Si nous convenons de prendre comme premier nombre triangulaire l'unité : nécessaire pour l'orientalion des temples cl pour oblenir la subdivision de UN, nous constalons que le 2e nombre triangulaire représente la somme leurs tracés des deux premiers nombres entiers: 1 + 2 + 3. Les 3e, 4e et 5e nombres triangulaires s'obliennent ainsi en faisant la somme des 3 ou 4 ou 5 premiers Pythagore nombres entiers : 1 3 Premier nombre triangulaire. Deuxième nombre triangulaire 1+2 = Troisième ......... srrrrrvereoe 142+ 3 = 6 Quatrième ............ BER 1+2+3+4 = 10 D'une façon générale, le ennième nombre triangulaire représente la somme des N" premiers nombres entiers. Le 10e nombre triangulaire, par exemple, sera, par conséquent : 10 1+2+3+4+5+t6+7+8+9+ Pythagore utilisa de la même façon = 55. le Carré, le pentagramme, pour régulateurs. reçut son C'est initiation des prêtres d'Héliopolis, malhématique... y compris rappelons-le, certainement que ta connaissance du triangle auquel it donna son nom. Et les égyptiens le traçaient ainsi: une corde à nœuds de 12 unités disposée au moyen de 3 piquets, en longueurs 3, 4, 5, d'un piquet donnait à midi vrai, donnaient l'angle droit. L'ombre minimum la direction Nord-Sud, On sait maintenant que l'origine du triangle est chaldéenne, c'est-à-dire antérieure à l'initiation égyptienne de Pythagore. On sait aussi que les propriétés de ce fameux triangle furent propagées non seulement en Grèce mycéenne, mais aussi chez les populations néolithiques du file millénaire avant notre ère (et plus tard à la première période de l'âge de fer (Hallstardt). Mais le fait le plus remarquable dans tous ces tracés est non seulement la transmission du triangle, passée de Chaldée en Egypte, mais aussi surtout, et toujours, l'utilisation pour le tracer, comme unité, d'une mesure correspondant exactement à la coudée royale égyptienne, former les nombres carrés, pentagonaux, etc... Parmi les nombres triangulaires on trouve le nombre 10, comme nous l'avons vu. Pour Pythagore, il ne représentait pas autre chose qu'un nombre triangulaire formé par la somme des quatre premiers nombres entiers. Pour les non initiés, I} était le seul nombre, le plus élevé qui pouvait être visualisé par les cinq doigts de chaque main. On lui attribuait, pour cette raison,, une valeur magique, C'était la fameuse Tétractys qui avait pris. dans le rituel pythagoricien, une importance considérable. C'est sous la forme de nombre Pur et Divin en tant que Décade, que la Tétractys devint le symbole de l'Univers. Nicomaque, de Gérase (colonie grecque de Palestine), qui vécut au premier siècle de notre ère, écrivit deux ouvrages qui nous sont parvenus Aussi peut-on, peut-être, apercevoir un fond de vérité, dans cette tradition, que l'on présente comme fantaisiste, des ouvriers maçons et constructeurs du Moyen Age, tailleurs de pierre, faisant remonter l'origine de leurs secrets de métier à de‘trés lointaines pérégrinations. Mais revenons au triangie... Pythagore voulait absolument faire rentrer ce fait d'observation courante dans le cadre d'une loi générale. Il y réussit en énongant le fameux théorème qui porte son nom: le carré de l'hypothénuse est égal à la somme des carrés construits sur les côtés de l'angle droit. On dit que lorsqu'il démontra son théorème, il était tellement heureux qu'il sacrifia un bœuf.

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Mais une chose le troubla profondément. Continuant ses recherches sur le fameux triangle, I! s’apergut que le rapport entre la diagonale et le cdté d'un carré ne pouvait être exprimé, ni par un nombre entier ni par le carré d'un nombre entier. Toujours des décimales. JAMAIS UN RESTE NUL. I venait de laire uno découverte sensationnelle : il avait découvert une autre espèce de nombres: ccux que nous appelons aujourd'hui, fes nombres itrationnels. Ainsi la nature du nombre était bien plus riche, blen plus complexe qu'il n'apparaissait à première vue. LE NOMBRE D'OR nombre d'Or est aussi une des racines de l'équation: q? = q + 1 et 1 q La valeur exacte de q est donnée par l'expression qui donne au nombre d'Or son caractère irrationnel et lui fait jouer un rôle important dans le pentagone, pentalpha ou pentagramme. Le pentagone donne ainsi un moyen pratique pour couper une droite À C en deux segments A B' et B’C, telles que le rapport du segment AC au plus grand 8’C soit identique au rapport du plus grand B'C au plus petit AB". C'est la valeur du rapport de deux segments de droite a et qui partagent le segment a + b en moyenne et extrême raison. Une fois le point B’ trouvé on peut procéder à une foule de constructions très harmonieuses. Citons par exemple celle d'une voûte elliptique telle qu'on en trouve dans une cathédrale. On le représente par la formule : a On comprend aisément, dans ces conditions, l'importance que les archiq = È = 1,618 (q. mis pour alfa) teotes, constructeurs-de temples, -tailleurs .de.pierres accordalent au nombre e — — + .— -— comme racine. approchée de l'équation et 0,618 comme .racine négative. ----- Une autre racine approchée donne : d=q+1 et 1 =1+— È q soit une progression géométrique de la série Fibronacci. Dans cette série tout terme est égal à la somme des deux précédents: 7, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, etc... Ces nombres livrent. par des combinaisons simples, tous les intervalles 4 3 et accords correspondants de la gamme diatonique: — l'octave, — la quinte, 2 2 4 , — la quarte, fractions correspondant aux rapports de leurs vibrations respec3 tives. “d'Oret au ‘pentagramme, On comprend alors’ la conservation du secret de ~ cette règle. Les plus grands artistes utilisèrent, bien entendu ces calculs. Les temples que les architectes élevérent selon ces principes, empruntent la grace mystérieuse de leur harmonie à ces rapporis. Selon l'expression imagée de Paul Valéry: « Ces temples chantent ». Les colonnes des temples grecs sont modulés suivant des proportions 6 8 bien définies : — pour le dorique, — pour l'ordre ionique. Egalement dans le , corps fait d'apparence anormal et encore mal établi il n'avait étudié jusqu'alors que les nombres simples, entiers, et /e fait de ces nombres nouveaux ful paraissait extraordinaire. on trouve des 1 éléments et surfaces proportionnées: nombril et la hauteur du corps de l'homme adulte, moyen, le répondent à la proportion 1,618. On retrouve le rapport dans les grandes œuvres picturales ou sculpturales de grands artistes de la Renaissance. Il y a lieu de remarquer que Ce fut lá l'un des premiers secrets qu'il imposa à ses disciples. Pourquoi ce secret? Vraisemblablement It craignait les interprétations fausses d'un 1 humain les fleurs sont en majorité de structure pentagonale, les rosacées notamment, Chez les Kabbalistes, alchimistes, magiciens hermétistes du Moyen Ago et de la Renaissance, le pentagramme est aussi le symbole humain aussi bien physique qu'astra/. {i est représenté bras et jambes écartées, de façon à former avec fe sommet de la têta, les 5 pointes de J'Etoile flamboyante. Ces nombres simples que nous avons vu s'ajouter dans la Tétractys sont dominés par le nombre d’OR... qui se transmit par la « Chaîne dorée» dans tous les domaines: aussi bien dans l'art architectural, musical, plastique et même dans la philosophie et la religion. On a appelé cette notion : « fa grande Dans les Sociétés Initiatiques des artisans maçons, tailleurs de pierres, constructeurs de cathédrales et d'abbayes, apparaît la rose, apparition poétlque possible, de la Fraternité des Rose-Crolx. Cette rose rayonne dans toutes les cathédrales dites de « Notre Dame ». aventure intellectuelle de la race bianche ». On trouve, dans certains manuscrits anciens, la représentation figurée du Pentalpha, comme moyen d'acquérir la connaissance suprême. Ce nombre d'Or, également irrationnel parfois, Pythagore le découvrit dans la construction du célèbre pentagone étoilé ou pentalpha. Cette figure au. sein de laquelle on peut inscrire un nouveau pentalpha, reproduction parfaite du premier et cela indéfiniment, est remarquablement harmonieuse. Mails cette harmonie est due au rapport constant entre diverses grandeurs spatiales, longueurs, volumes, etc.. Dans le pentagone, ll s'agit de /ongueurs. Ce rapport, c'est le nombre d'Or : c'est le rapport de deux segments de droite a ot b qui partagent le segment a + b en moyenne et extrême raison. On le a représente par: q = n = 1,618 nombre 'rrationnel toujours constant. Ce — (i Et cette Etoile flamboyante porte en son centre la lettre G : premiare du mot Gnose. Le pentalpha, plus cu moins déformé, se retrouve gravé dans la pierre de bien des édifices du Moyen Age. Il s'agit vraisemblabiement d'un signe de reconnaissance permettant d'identifier l’architecte qui dirigea les travaux. Ce sont, en somme, des marques de fabrique. Enfin, la théorie pythagoricienne de l'Harmonie musicale, purement mathématique, doit être attribuée à Pythagore, Elle est fondée sur la théorie des proportions: les longueurs des segments des cordes sonores sont Inverse— 63

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ment proportionnelles au nombre des vibrations. Intervalles et accords de la 4 gamme diatonique: — l'octave, — la quinte, — la quarte correspondent au 2 2 3 rapport de leurs vibrations respectives, (4) LA TRIADE: Le monde réel est triple. De méme que l'homme se compose de trois éléments: corps, äme et esprit, de même l'univers est et divisé en 3 sphères concentriques: le monde matériel, le monde humain choses des ve constituti loi ia est Ternaire du loi ou Triade La divin. monde le e. de la science ésotériqu et la véritable clef de la vie. C'est la pierre angulaire avait proclamé : le nombre 3, Bien avant Pythagore, un oracle de Zoroastre partout, régna dans l'humanité et la Monade est son principe. (Edouard Schuré: Les Grands Initiés). ENT ANALOGIE. PARNEM (5) LE PRINCIPE D'ANALOGIE, RAISON . Pythagore de e L'analogie joue un rôle très important dans la philosophi la base de la doctrine occulte et de la philosophie. Dans ce principe réside :. les causes premières C'est par l'analogie que la pensée atteint l'inaccessible et les causes finates. C'est dans les Sciences qu'elle peut se trouver au point de départ de toutes les hypothèses. comme c'est dans les sciences que Ce l'analogie se montre un moyen de raisonnement extrémement fécond. par raisonnement peut se présenter de différentes façons: On raisonne Quant à l'humanité terrestre, sa mache s'opère d'après la loi d'une progression ascendante, laquelle fait partie de l'ordre divin. « Les animaux sont parents de l'homme, comme l'homme est parent des dieux » disait Pythagore. Cet enseignement venait en droite ligne des Mystères d'Eleusis: le monde végétal va vers le monde animal et ce dernier vers le monde humain. Des races de plus en plus parfaites peuplent l'humanité, Toujours selon la loi d'Analogie, il en est de même pour les races. Certaines sont en voie de disparition. d'autres, au contraire, sont encore en pleine ascension: ja race blanche par exemple. Et en continuant dans ces prévisions, il arriverait un moment où la grande masse des individus occupant le Terre, passerait sur une autre planète, pour y commencer un nouveau cycle. Un tel développement embrasse des millions d'années. Vers quel but ? Lorsque l'áme aura vaincu la matière, lorsqu'elle aura trouvé te principe et la fin de toutes choses, Elle entrera alors dans l'état divin. « L'homme, disait Pythagore, — — n'est plus homme:-Il est-dem! Dieu». — (7) LE SAUT DE SAPHO : SYMBOLE DU SALUT PYTHAGORICIEN. Pendant toute la durée de l'antiquité classique, la cétébrité de l'ile de Leucade lui est venue du culte qu'elle avait vouée à Apollon, le Dieu cher aux Pythagoriciens. Le rite qui était requis à Leucade, au nom d'Apollon, se perd dans la nuit des temps. Les prêtres de l'ile, précipitaient dans fa mer, du haut d'un rocher blanc d'une cinquantaine de mètres, une victime humalne, encore lorsque l’on conclut, de l'analogie des moyens à l’analogie de la fin; et lorsqu'une ressemblance partielle fait admettre une ressemblance totale. Etant donné la cruauté du rite dont aucun de ceux qui s'y soumettaient n'échappait à la mort, les prêtres commencèrent à espacer et à limiter les recours à ce périlleux jugement de Dieu. Au temps de Strabon, on n'accomplissait le saut qu'une fois l'an. Et on réduisait les risques au minimum... On enduisait le corps de celui qui devait effectuer le fatal plongeon de plumes et on y attachait des oiseaux dont le vol devait ralentir ta chute. explications philosophiques, qu'il en apprenait le mécanisme aux novices de Et parfois les condamnés sortaient vivants de l'épreuve... analogie, lorsqu'on juge du rapport qui doit exister entre les effets, par celui du qui existe entre les causes ; également raisonner par analogie, c'est juger rapport qui existe entre les Causes, par celui qui existe entre les effets... C est Pythagore considérait la loi d'analogie tellement importante dans ses son Institut. La où devait tomber le plongeur, des pêcheurs étendaient leurs filets... Puis, petit à petit, on trouva de moins en moins d'amateurs pour accomplir le saut. Les prêtres, alors, afin de parer à une défection de plus en plus (6) LA REPERCUSSION DES VIES - KARMA. ent plutöt Les vies se suivent et ne se ressemblent pas. Elles s’enchain générale loi une par regie est vies des suite La le. impitoyab logique une avec cette loi, qu'Edouard Schuré appelle la « répercussion des vies ». D'après’ les “actions d'une vie ont leur répercussion fatale dans la vie suivante. Le genre de. vie d'une existence réincarnée sera déterminée par le bon ou le e. « Pas de mauvais emploi qu'on aura fait de /a liberté dans fa vie précédent . Ce proverbe un dit » l'éternité dans écho son n'ait qui d'action, parole, pas apparentes, injustices Pythagore, Pour l'autre. à vie d'une proverbe s'applique leur explication dans difformités, misères, les malheurs de toute sorte, trouvent châtiment de la vie le fait que chaque existence est la récompense ou le .avec une perfection ains! ue s'appliq morale sanction la Ainsi te. précéden admirable et une justice minutleuse dans /a série des vies. possible, s'entralnérent et s'exercèrent au plongeon, qu'ils effectuèrent au nom de la cité ou de l'individu qui avait quelque méfait à se reprocher. Et, bien entendu, accomplirent leur exploi moyennant une honnête rétribution... A l'époque Romaine, ce ne sont plus que les prêtres qui accomplissent la tragique Ordalie. Mais ces prêtres d’Apollon réussirent ainsi à maintenir le rayonnement de l'île et sa popularité et à conserver au rite qu'ils étaient désormais les seuls à célébrer, l'attrait et la voguo dont il était redevable à la spécialisation qu'il avait reçu de la part des fidèles. La sainte plongée était restée la seule-à guérir le mal d'amour et sa renommés s'étendait aux limites de l’Empire Romain, et « à contrario » pouvait aussi satisfaire les désirs de ceux qui désiraient être payés de retour... dans leur passion... A mesure que l'âme monte en degrés, elle ‘a ta faculté de mieux choisir ses réincarnations. L'âme inférieure la subit, l'âme moyenne peut choisir et De cette ordalle spécialisée et inoffensive qui maintenant se célébrait à Leucade, les Pythagoriciens ne pouvaient faire moins que de proposer une l'âme supérieure s'impose. lations sur l'Amour. ence en ‘âme peut monter ou descendre dans la série des vies. D'exist e une u fond des abimes. L'homm peut rouler jusqu'a Brione alteMonade , indestructible, devra recommencer la pénible évolution änimal et la qui passera par d'innombrables existences... — siii , 5 Interprétation qui l'élevait sur le plan supérieur, où s'ordonnaient leurs spécu- (8) LA LOI D'ENTRAIDE liait tous les membres de la Confrérie pythagoricienne. Les Pythagoriciens attachaient une extrême importance à l'amitié qui, chez eux, prenait la forme d'un sentiment intermédiaire entre ce que nous appellens « l'Amitié et l'Amour ». C'était en somme une sorto de camaraderie

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tendre où le sacrifice même de la vie pour l'ami est un incident aussi normal que le sera, au Moyen Age, le sacrifice absolu du Chevalier pour sa Dame. Les fraternités militaires existaient d'ailleurs déjà à l'époque mentionnée par Homère (Ville siècle avant J.-C.). Citons aussi l'exemple de Platon (IV-Ille siècles avant J.-C.): les deux pôles de sa vie affoctive, écrit-il, furent la mort tragique et cruelle de Socrate, à la fin de son adolescence et te meurtre de Dion envers qui il ressentalt une amitié tendre et fidèle. Il évoque ces deux événements dans une de ses lettres en termes émus et touchants. Cette solidarité Pythagoricienne a un caractère international. Le Pythagoricien carthaginois Miltiade reconnaît, parmi des mercenaires condamnés à mort, le pythagoricien Possides et le sauve, On peut rapprocher de cet épisode, l'histoire racontée par A. Daudet, dans les Contes du Lundi, je crois, dans laquelle un franc-tireur français prêt à être fusillé par les Allemands, en 1870, fait le signe de détresse de la. Franc-Maçonnerie ‘et est. sauvé par l'officier Allemand-qui-commandait te peloton- d'exécutlon, _&galement_francmaçon... Jamblique raconte l'anecdote suivante: après. une.longue maladie contractée au cours d'un voyage, un pythagoricien meurt chez un aubergiste. Ce dernier, du fait de cette’ maladie, a eu beaucoup de tracas et de frais, Avant de mourir, le pythagoricien inscrit sur une tablette un certain signe et recommande è l'aubergiste de le suspendre devant sa porte. Le vœu du Pythagoricien fut respecté après sa mort. Longtemps après, un pythagoricien passant par là, reconnait le signe, entre et demande des explications è l'aubergiste. Ce dernier les lui donne et se voit aussitôt remboursé largement de tous ses frais. Le signe en question était le Pentagramme (d'après M. Perdrizet). Il était analogue à celui ou à ceux de fa Franc-Maçonnerie (M. Beautis). LA LOI DU SECRET est mentionnée dans toutes les sources. Elle défendait, sous peine d'excommunication, la divulgation, tant de la doctrine philosophique et des rites secrets, que de l'enseignement des mathématiques. Cet enseignement faisait partie, comme on l'a vu, du noyau métaphysique, contre de la doctrine. Cette excommunication était identifiée à une mort spirituelle. Le secret s'étendait aux signes de reconnaissace. C'était, comme on l'a vu, le pentagramme étoité qui réalisalt le grand signe de ralliement géométrique: pentagramme étoilé, Etoile flamboyante portant en son centre la lettre G, symbole de la Connaissance totale, première lettre de Gnose, symbole kabbalique de la Décade pythagoricienne, Dans le rituel du secret et du silence se trouve englobé le respect qui empéchait de prononcer le nom du Maître. On disait, parlant de lui : « Cerui-fa; l'immorte! génie; fe divin». Et plus tard, Hérodote, l'historien et voyageur célèbre, réputé bavard impénitent, disait en murmurant doucement: « Celui que je ne nommeral pas». Le pacte du secret était scellé par un serment. C'était coutumier, non seulement dans les sectes d'initiés et d'affiliés aux Sociétés à Mystères, mais aussi dans les Confréries corporatives ou professionnelles {+ liberi muratores » romains, Maîtres tallleurs de plerre, anciens Alchimistes, Kabbalistes et RoseCroix). Les médecins étatent liés par le fameux serment d’Hyppocrate. D" MOGES.