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À
FONDATEUR PAUL LE COUR
1
30, rue de la Marseillaise - 94300 VINCENNES (Val-de-Marne)
Tél. 328.31.95 (lignes groupées) - C.C.P. ATLANTIS 1159.91 H PARIS
|
n
| 1
Li
Les bureaux sont ouverts du lundi au vendredi, de 10 heures à 12 h 30 et de 14 heures
à 19 heures. Le Secrétaire général, rédacteur en chef, ne reçoit que sur rendez-vous.
Directeur de la Publication
Président de l'Association
Jacques d'ARES
|
D' Robert HOLLIER
Rédacteur en Chef
Jacques d'ARES
| M
4
Secrétaire général
.
Jacques d'ARES
4
|
Comité de Rédaction
D' Robert HOLLIER
Eugène CANSELIET
François DUPUY-PACHERAND
Jean PHAURE
Conseil d'Administration
|
Me René CASSIN
Jacques DUCHAUSSOY (Vice-Présidents)
4
à
Denise VEDY (Trésorière)
4
4
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Henry BAC, Augustin BERGER,
Jean-Pierre GILLON, Albert HERON
DE LA CHESNAYE (Administrateurs)
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100 F | Membre adhérent
Smet COULe
Membre actif
(en timbres poste)
2 F | Membre bienfaiteur
Insigne de l'AS
Les études paraissant dans la revue n'engaChess TES Que BE
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|
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50 F
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être faite qu'avec autorisation et sous ré- | L'adhésion à l'ASSOCIATION ATLANTIS,
serve de mentionner toutes références | indé>endante de l'abonnement à la Revue,
utiles. Les manuscrits non insérés ne sont
permet seuie de participer aux voyages
d'études et excursions, de bénéficier
d'un certain nombre de services comme
Biscaye Imprimeur & Conseil
22, rue du Peugue, 33000 Bordeaux
306. Dép. lég. 3° trim. 1978 (2069)
C.P.P.A.P.
n° 59.365.
le « service librairie », la consultation de
la
bibliothèque
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le
« service
photocopie». qui sont réservés aux seuls
membres, et de participer à certaines
manifestations.
BARROSO; Gabriel BOISSY; Docteur Charles CLOUE; Gérard CORDONNIER,
ingénieur général du Génie maritime; Jean et René GATTEFOSSE; José GERMAIN; Prince Matila GHYKA; Philéas LEBESGUE; P. LECOMTE DU NOUY
;
Mario
MEUNIER;
Victor-
Emile MICHELET; Piere MILLE; Abbé MOREUX
; Philippe NEGRIS:; Nicolas
POLITIS: Paul RIVET; Louis ROLLIN; J.-H. ROSNY AINE; P. ROUSSEL DES-
; Jules TOUTAIN.
PIERRE: A. RUTOT; Edouard SCHURE
MM. Raymond ABELLIO ; Robert AMADOU ; Raoul AUCLAIR; Jean BRUN, professeur
de philosophie à l'Université de Dijon; Pierre CARNAC, historien des civilisations
anciennes: André FAUSSURIER, directeur du laboratoire de physique et du Centre
de Réflexion et d'Etudes Scientifiques sur l'Environnement à l’Université catholique de
Lyon; Pierre GRIMAL, professeur à l’Université de Paris IV; Dr Hubert LARCHER ;
Roger LECOTTE, conservateur du musée du Compagnonnage; René LOUIS, professeur à l’Université de Paris-Nanterre, président de la Société des fouilles archéologiques de l’Yonne;
SOMMAIRE
Jacques d’ARÈS : Editorial
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JUILLET-AOÛT 1978
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L’arithmo-géométrie
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Théodore s’arrête à Dix-sept
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QU’EST-CE QU’ATLANTIS ?
Une Association et une Revue
— L'Association Atlantis réunit les amis de Paul Le Cour, fondateur de la
première Société d’Etudes atlantéennes (24 juin 1926). Elle constitue un Centre
voles de l’archéologie scientifique et traditionnelle et par les lois d’analogie, notam-
T MM. Maréchal LYAUTEY; Georges DUHAMEL; Claude FARRERE: Fernand
GREGH; Edmond HARAUCOURT; Charles LE GOFFIC; Jean RICHEPIN: Paul
VALERY, de l’Académie française; Paul CHABAS; Paul LANDOWSKI: Louis
MARIN; Fortunat STROWSKI; Pierre TERMIER, de l'Institut.
+ Gabrielle Camille FLAMMARION; Roger ANDRIEU; Fernand BALDET: Gustavo
Camille MAUCLAIR;
51° ANNÉE N° 299
d'études des traditions, notamment occidentales, en vue de rechercher par les
COMITE D'HONNEUR ET DE PATRONAGE D'’ATLANTIS
depuis sa fondation en 1926
Sylvain LEVY; Jean MALYE;
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eur reproduction, mêmes partielle, ne peu
pas rendus.
ARCHEOLOGIE SCIEN TIFIQUE ET TRADITIONNELLE
Jean MELLOT, vice-président de l’Institut d'archéocivilisation;
Jean RICHER, professeur à la Faculté des lettres de Nice; Louis ROUGIER, professeur
honoraire à la faculté des lettres de Caen; Daniel RUZO, archéologue; Simone
WAISBARD.
ment celle contenue dans le symbolisme, ce que toutes les civilisations ont appelé
la Tradition primordiale, pour permettre une rénovation spirituelle et morale de
l'humanité.
A cette fin, l'Association fait connaître les idées de son fondateur et Îles
travaux de ses membres par la revue Atlantis, dont elle est l’éditrice, par des
conférences, des voyages d’études, des manifestations culturelles ou par tous moyens
propres à favoriser l'édition et la diffusion d'ouvrages ou manuscrits manifestant
les mêmes préoccupations.
__ La revue Aflantis paraît tous les deux mois. Ses numéros spécialisés sont
axés autour d’un thème central, avec la participation d’éminents spécialistes.
Ceux de nos nouveaux lecteurs qui souhaiteraient avoir d'emblée une idée
sont
aussi complète que possible des différents thèmes étudiés dans la revue
et L Ere
invités à lire en priorité les ouvrages suivants : L'Atlantide atlantique
du Verseau, de Paul Le Cour, et l'Encyclopédie de l’ésotérisme, de Jacques
d’Arès.
Página 2
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)ùRa lisant le texte de Lucien Gérardin
, j'ai d'ailleurs été parti.
Cunérement heureux de constater dans
certains passages plus qu'une
Rance avec ce que j'ai écrit il y
a quelques mois pour le premier Chapitre du tome V de l'Encyclopéd
ie de l'ésotérisme qui sera
intitulé : La Cabale science du Verbe.
En fait, Lucien Gérardin
développe considérablement certains princi
pes et ouvre des horizons
assez étonnants, Certes, cela l’oblige parfoi
s à utiliser quelques formules Mathématiques pouvant paraître rébarb
atives à certains, mais
JE peux assurer le lecteur qu'il ne sera pas de
cu de l'ensemble !
Dix-sept et Cent cinquante-trois:
De Pythagore à la Cabale
*+
dE %
La disparition de Paul VI et l’ élection du nouveau pape app
ellent
quelques commentaires que nou S ferons dans le prochain
numéro
d'Atlantis.
par Lucien GÉRARDIN
*#
Ke
Théodore avait fait devant nous des figures pour montrer que les racines de trois
Je me permets d'attirer l'attention de nos lecteurs sur les diverses
manifestations qu'organise l'association Atlantis pour le quatrième
trimestre 1978. Le détail en est donné page 330, mais je souligne
particulièrement l'intérêt exceptionnel que revêtira notre 53° Banquet
Platonicien le jeudi 9 novembre prochain avec, notamment, le concours de l'éminent pythagoricien bruxellois Maître Jean Mallinger
auteur de « Pythagore et les Mystères » ef de « Les secrets ésotériques
des Pythagoriciens ». De même convient-il de noter l’importante conférence que prononcera le 18 novembre le professeur Jean Richer,
membre de notre Comité d'Honneur, sur Symboles cosmiques dans
l’art chrétien en Grèce et en Italie. Enfin, j'incite tous nos amis à
retenir les dates des 2 et 3 décembre pour notre grande biennale
Jacques d'ARÈS.
de dix-sept, et s'arrêta là.
ss
_
(PLATON, Théétète.)
trois gros poissons. Et quoiqu'il y en eût
un si grand nombre, le filet ne se rompit
point.
(Evangile selon Jean.)
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L
D
ré
Le filet était rempli par cent cinquante-
_
Arts et Littérature d’Esotérisme Traditionnel avec, notamment, la
présence de plus de cinquante auteurs.
En couronnement, je souligne tout spécialement l'excellence
des voyages d'étude que nous organisons et j'invite nos lecteurs
à se reporter à notre rubrique « Voyages » en page 380 et suivantes.
et cinq ne sont point commensurables à
l'unité. Il continua l'étude jusqu'à la figure
Pêche miraculeuse symbolique
Désemparés par la mort de leur Maître, les apôtres étaient
retournés en Galilée. Une fois, Pierre décida d’aller pêcher, mais
aucun poisson ne fut pris cette nuit-là. « Le matin venu, raconte
l’'évangéliste Jean, Jésus se trouva sur le rivage, mais les disciples
ne savaient pas que c'était Lui.» Ils jetèrent à nouveau le filet sur
Prochain numéro :
à l’occasion de la parution de notre 300° numéro :
L'ŒUVRE D’ATLANTIS COMME PROPHETIE VIVANTE
3. J'espère que ce tome V, qui aura pour titre « Les chemins de
va bientôt pouvoir paraître.
l'Initiation »,
son ordre. Quand l'engin de pêche fut tiré à terre, ils constatérent
« qu'il était rempli par cent cinquante-trots gros poissons; et Liu
qu’il y en eût un si grand nombre, le filet ne se rompit point 1 ». Il
poissons
est clair que le nombre de Cent Cinquante-Trois pour les
Quoi de plus
pêchés n'est pas quelconque, mais recèle un sens caché.
? Selon la vue
simple alors que de recourir à la kabbale hébraïque
sets 1 à 14.
1. Evangile de Saint Jean, chap. 21, ver
Página 3
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Classique d
Pensée juive} «©
ATLANTIS
335
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de cette énigme à
CS de l'alphabet. Le tableau
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La guématrie consiste à calculer la so
mme des valeurs données
par les lettres d’un mot. On met ensuite souvent en
deux mots ayant même valeur globale.
correspondance
Paul Vulliaud a forcé plus ou moins le texte de l'Apocalypse qui
ne fait nullement mention de « combinaisons guématriques ». On
note juste l'emploi du mot fort technique : « psêéphizô », qui signifie :
« compter avec des cailloux ». Ce compte peut très bien se mener
autrement que par des procédés kabbalistiques. Quelques années
dans un
plus tard, le même auteur écrivait en termes analogues
en grec, le Quatrième
rédigé
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600
Página 4
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)lui : « Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui efface le péché du
monde.» Il n’y est pas question d'agneau pascal. Ce dernier ne
fut point mangé au cours de la Cène, ce repas rituel où les apôtres
partagèrent, non le traditionnel agneau requis par la loi de Moïse,
mais le pain et le vin bénis selon la règle esséniennef. Ce fait sug-
337
10000022, 1:31, 4
et comme Six, nombre parfait, est le troisième nombre triangulaire :
:
6=1+24+3
gère de rechercher de ce côté l'explication des cent cinquante-trois
confirme leur mission. Le nombre de gros poissons pêchés exprime
donc le cercle des élus. Impair, Cent Cinquante-Trois est, selon la
numérologie mystique pythagoricienne, stabilité et perfection. Saint
Grégoire remarque qu'il est même parfaitement impair puisqu'il
contient le carré du principe impair Trois : 153 = 3 X 3 X 17.
Serait-ce là une explication ? Non, probablement, car il en existe une
bien meilleure dont la clé a été fournie par Saint Augustin : « Si
vous ajoutez deux à un, vous obtenez trois. Si vous ajoutez en plus
trois et quatre, vous obtenez dix. Si finalement vous ajoutez tous
les nombres jusqu'à dix-sept, le total obtenu fournit le nombre de
POISSONS. »
+
Effectivement :
. 153 = 1 + 2 + 3 + etc. + 15 + 16 + 17
ce qui fait de ce nombre ce que les pythagoriciens appelaient un
nombre triangulaire. Le pourquoi de ce qualificatif se comprend
aisément. Il suffit pour cela de figurer chacun des nombres successifs de la somme sous forme d’une suite de petits « cailloux », puis
de disposer ces suites les unes au-dessous des autres pour voir
apparaître un triangle : Cent Cinquante-Trois est le dix-septième
triangle, comme Dix est le quatrième, selon le schéma pythagoricien
célèbre connu sous le nom de Tetraktys :
En creusant dans cette voie, on s'aperçoit rapidement que Six
Cent Soixante-Six, nombre de la Bête de la Terre de l’Apocalypse,
est, lui aussi, un nombre triangulaire : le trente-sixième. Il a même
cette particularité d'être la somme de trois nombres triangulaires
remarquables : les cinquième, sixième et trente-cinquième, ce qui le
relie directement aux spéculations pythagoriciennes de Platon sur
l'Ame du Monde, comme on le verra quelques pages plus loin :
15=1+2+3+4+5
21=-=1+2+3+4+5+6
15 + 21 + 630
Il
où
Où
a
630 = 1 + 2 + 3 + 4. etc. + 34 + 35
Féru de combinaisons guématriques, Paul Vulliaud n’a pas remarqué, où n'a pas voulu remarquer celle qui suit, pourtant bien connue
puisque signalée dès le second siècle de notre ère par l'évêque de
Lyon, Saint Irénée?. Le préambule de l’Apocalypse proclame : « JE
SUIS L'ALPHA ET L'OMEGA, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui
était et qui vient, le Tout Puissant.» Lors du baptême (d’allure
essénienne) du Christ par Jean-le-Baptiste, ce dernier voit l'Esprit
divin, l'essence donc de l’Alpha et de l’Omega, « descendre du ciel
comme une colombe ! ». Le mot grec pour colombe est : peristera.
Utilisant la table donnée plus haut, on voit que les deux sommes
D H-OD ct D, re rm DT
poissons symboliques. Paul Vulliaud n’a pu le faire car il ignorait
(et pour cause!) les documents de première main que l'on a
ultérieurement trouvés dans les grottes des falaises de la mer Morte.
Cet auteur aurait pu toutefois découvrir le vrai sens des Cent
cinquante-trois poissons. En effet, juste après avoir parlé de l’intelligence des combinaisons guématriques dans l’Apocalypse, il signale
que : «c'est parmi les Docteurs de l'Eglise, le plus grand, Saint
Augustin, qui s'adonna avec une prédilection marquée à la mystique
des nombres»,
|
Dans son « Traité sur l'Evangile de Jean », ce Docteur de l'Eglise
latine note tout d'abord que le ministère du Christ commence par
la première pêche miraculeuse, et se clôt par la seconde pêche miraculeuse., La première voit le recrutement des apôtres, la seconde
80
5
100
10
200
300
5
100
a
1
1
Ô
800
801
801
sont bien égales. Mais égales en grec, non en hébreu! Ne peut-on
pas retourner alors l'argumentation de Paul Vulliaud, en affirmant
cette fois que «le Quatrième Evangile est pensé selon une symbo-
5. Evangile selon Jean, chap. 1, verset 29.
6. À. DUPONT-SOMMER, Les écrits esséniens découverts près de la mer Morte
Paris, 1949.
7. P. Vurrraun, Traduction intégrale du Siphra Di-Tzeniutha p. 34
;
:
sA
8. Au chapitre 122.
lique familière aux pythagoriciens. Ce symbolisme a comme clé
k
9. Dans son traité Contre les hérétiques, livre 1, chap. 14.
10. Apocalypse de Jean, chap. 1, verset 8.
11. Evangile selon Jean, chap. 1, v. 32.
Página 5
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)ATLANTIS
prPrrBGIE le Dix-Septième triangulaire qu'est Cent Cinquante-Trois.
e Nombre de la Bête de la Terre de l’Apocalypse, Trente-Sixième
|
de tous les nombres, l’'Un contient à la fois le Pair et l’Impair,
puisque comme l’a précisé Théon de Smyrne * qui fut, peut-être, le
triangulaire, est l'autre énigme dont la résolution est proposée àà
£
du
x
celui qui a “l'intelligence” de la numérologie pythagoricienne ».
. Avant de voir plus en détail comment la pensée pythagoricienne
a influencé le christianisme naissant (et la kabbale mystique juive),
1l n'est pas Superflu de rappeler quelques grandes lignes de l’arithmo-géomêtrie pythagoricienne.
|
condisciple de Plutarque à l’école d’Ammonios F
339
:
Un + Pair = Impair
Un + Impair = Pair
Deux et Trois ne sont pas réellement des nombres, mais les principes du Pair et de l’Impair. Les nombres ne commencent réellement
qu'à Quatre, étant générés par l’Un, le Pair et l’Impair. Cette génération explique le sens symbolique attaché aux nombres de la
décade. Par exemple, Quatre se générant de ces deux façons :
L’arithmo-géométrie
Quatre — Un + Impair
Quatre — Pair + Pair
La pensée authentique de Pythagore reste profondément enveloppée dans les brumes d’un passé presque fabuleux. Une chose paraît
sûre. Elle est rapportée entre autres par Aristote qui s’était soigneusement documenté sur les pythagoriciens. Celui-ci écrit dans sa
Métaphysique : «Ceux qu'on appelle pythagoriciens s'adonnèrent
les premiers aux mathématiques et les firent progresser. Nourris
dans cette science, ils estimèrent que les principes mathématiques
représentent les principes de tous les êtres 2. » Et Philolaos, un des
premiers disciples de Pythagore à Crotone, enseigna : « 11 n’est pas
possible qu'une chose, quelle qu'elle soit, soit imaginée ou connue
sans le nombre. Le nombre a deux espèces propres : l’impair et le
pair. Une troisième espèce provient du mélange pair-impair 5. »
résume en lui les trois principes et peut à bon droit prétendre être
ts
la “ Mesure” de toutes choses. C’est pourquoi il y a quatre poin
cardinaux, quatre âges du Monde %, et aussi quatre évangiles.
Plutarque reste surtout connu par ses Vies des Hommes illustres,
traduites à la Renaissance par l’évêque Amyot. On connaît moins
son enthousiasme pour le pythagorisme. Elève du néo-platonicien
Ammonios, ce grec de Chéronée, petite ville voisine d’Athènes, fit, à
l’occasion d’un long séjour à Rome, connaissance de pythagoriciens.
Revenu dans sa ville natale, ses concitoyens l’honorèrent en l’élisant
Inspecteur des Bâtiments publics. Les Athéniens lui conférèrent
par la suite le droit de cité et le nommèrent grand prêtre de l'Oracle
d'Apollon à Delphes. Dans un des nombreux petits traités qui composent ses Œuvres Morales, il explique que «le pair est toujours
imparfait car il lui manque quelque chose. Le nombre impair est au
contraire plein et complet ; uni au pair, il conserve son caractère
puisque le résultat reste impair; uni à lui-même, c'est-à-dire à un
nombre impair quelconque, il produit le pair, montrant par là sa
fécondité. On ne peut le diviser en deux parties sans qu'il n'y ait
un reste. À l'opposé, le nombre pair uni à lui-même se montre incapable de procréer l'impair et il se laisse aisément diviser ». Principe
et c'est
L'arithmologie des nombres de la décade a survécu
ire dont il
presque toujours de cette seule connaissance fragmenta
s ». Il
s’agit l’orsqu’on parle aujourd’hui de « symbolique des nombre
s intéresn’en était pas de même autrefois : l'école pythagoricienne
ie et tout
sait principalement aux familles de nombres en harmon
d’abord aux nombres figurés.
de position
Il est si aisé de calculer avec la numération décimale
Jon a invincià dix chiffres différents seulement : 216, 153, etc. que
Cette numéblement tendance à penser qu'il en a toujours été ainsi.
es de large usage.
ration n’a pourtant que quelques centaines d'anné
e représentation
Aux temps de Pythagore, on utilisait souvent un
latin, d'où calcul).
fort concrète, à l’aide de petits cailloux (calculi en
en figures SE
Quoi de plus naturel que de ranger ces cailloux
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14. THEON de Smyrne, Exposi
Dupuis, Paris, 1892, rééd. p
, trad. de J
pour la lecture de Platon
Civilisation, Bruxelles, 1966.
15. PLUTARQUE en fait ET
vi] sage
Et de son opuscule : Du
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sur le disque lunaire, où on pa
et
Islande, du Groenland
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peut-être méme
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12. Livre 1, paragraphe 985 b.
De.
13. Fragment 3, édition de A. Ed. Chaignet (1873).
Livres, 1973.
y-L
nité Adamiq1 ue, PariÏs, Derv
gr: 1092.
17. Métaphysique, livre 1,
para
l'Huma-
Página 6
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)de génération d’une famille ordonnée par l'expression : Croissance
par gnomon, le mot gnomon signifiant faculté de connaître. Le
gnomon est bien la connaissance de ce qu'il faut pour passer d'un
nombre figuré triangulaire au suivant. Au lieu d'ajouter les nombres
successifs, on peut ne considérer que les impairs successifs :
traditions de l'Europe : on
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{rOp Souvent au profit d’une
Egypte imaginée à qui PythagorLone
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9=1+3+5
16=1+3+5+7
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Les premiers membres sont ce qu'on appelle encore aujourd’hui les
« carrés » des nombres 1, 2, 3, 4; en d’autres termes, les nombres
1, 2, 3, 4 multipliés par eux-mêmes. On peut aisément construire les
nombres carrés par un processus gnomonique. Cette fois, les gnomons ont une allure d'équerres s’emboîtant les unes dans les autres.
Ces personnages stylisés
préfigurent les nombres triangulaires pythagoriens.
on appelle
L'addition des nombres entiers successifs génère ce qu'
les nombres figurés triangulaires
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18. Reproduite d’ap
|
IX.
e XX
Europa, Vienne, 1898, planch
Croissance gnomonique des nombres figurés
triangulaire (à gauche) et carré (à droite).
I1 serait trop long de développer ici dans sa plénitude l’arithmocéométrie des nombres figurés ”. On a bien perdu de vue aujourd'hui
que pour
‘importance de ces familles harmonieuses. Il n’y a en effet
la figuration
les nombres carrés (et les nombres rectangulaires) que
est pas
arithmo-géométrique permet le calcul des surfaces, Il n’en
des
de même pour les nombres triangulaires (ni a fortiori pour
leur intérêt
nombres pentagonaux ou hexagonaux), ce qui limite
immédiat et direct.
suivants : a) P. H.
19. Le lecteur intéressé peut se reporter aux ouvrages
es Lettres, 1950 (une somme
Micxa, De Pythagore à Euclide, Paris, Les Bell
s, Paris, CAL, 1975
très complète); b) L. et G. GÉRARDIN, Le Mystère des Nombre
Página 7
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Leïbniz eut connaissance en manuscrit du traité de Descartes. Le
procédé de croissance par gnomon des nombres figurés successifs
lui donna l’idée du calcul différentiel. Ce dernier est l'indispensable
outil de toutes les sciences et de toutes les techniques; mais qui,
parmi les mathématiciens et les ingénieurs qui s’en servent, se souvient que le pythagorisme se trouve à l’origine du calcul différentiel ?
Coupure dans les nombres plans
En quoi le dix-septième nombre triangulaire posséderait-il des
vertus particulières ? Une fois de plus, c’est Plutarque qui nous
fournit la réponse. Dans cet admirable petit traité sur la sagesse
alexandrine qu'est Sur Isis et Osiris, il rapporte ce qui suit : « C’est
au dix-septième jour (du mois d'Athyr) que la mythologie égyptienne
place la mort d'Osiris. Or c'est l'époque où la pleine lune est particulièrement éclatante et complète. Aussi les Pythagoriciens appellentils ce jour “interposition ” et ont-ils en général pour ce nombre
(dix-sept) une révérence sacrée. En effet, entre le nombre-carré seize
et le nombre-rectangle dix-huit, qui sont les seuls nombres-plans dont.
il se trouve que les périmètres soient égaux à leurs aires, vient tomber le nombre dix-sept, qui s'interpose entre ces deux nombres, les
disjoint l'un de l’autre et est divisé par leur rapport, qui contient
l’entier plus un huitième, en deux parties inégales ?.» Une explication identique se retrouve dans un autre traité de numérologie pythagoricienne : les Théologoumènes de l'Arithmétique 1. Cette compilation anonyme du second ou troisième siècle de notre ère aurait
conservé une œuvre (presque perdue) de mystique des nombres du
syrien Nicomaque de Gérase (vers 100 de notre ère).
Le tableau donné ici expose en détail ce que Plutarque a brièvement résumé. On vient d'expliquer ce que sont les nombres figurés
de l’arithmo-géométrie pythagoricienne. On n’a considéré dans ce
tableau que les nombres rectangles. Théon de Smyrne, cet ami de
Plutarque, indique que les nombres figurés « qui ont un côté plus
long que l’autre d’une unité. s'engendrent de deux manières, par
addition des nombres pairs successifs
20. Chapitre 42, traduction de Mario Meunier, Paris, 1924.
21. Voir les pages 11 et 15 de la traduction latine de V. de Falco, Leipzig, 1922,
ON ON
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RESTES
++++
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ù
Ut
dans le développement de la science actuelle. Au troisième siècle
de notre ère, Diophante d'Alexandrie écrivit, après beaucoup d’autres, un Livre des Nombres Polygones. À la Renaissance, le grand
algébriste Fermat étudia assidûment Diophante. Tout comme Pascal,
Descartes s’intéressa aux nombres figurés et écrivit en latin un
traité sur les Nombres figurés solides, construits sur les cinq corps
platoniciens : tétraèdre, cube, octaèdre, icosaèdre et dodécaèdre.
2
6
12
20
30
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Pourtant, les nombres figurés ont eu une importance capitale
343
ND
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+ 18
+ 8 + 10
etc.
ou par multiplication des pairs et impairs successifs
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ZX 31 6
34
=, 12
HS
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etc:
Les nombres hétéromèques sont ainsi appelés parce que c’est l'addition de l'unité à l’un des côtés qui fait la première diversité des
côtés 2 ».
Théon de Smyrne appelle ensuite « nombres parallélogrammes
ceux qui ont un côté plus grand que l'autre de deux unités ». Le
tableau donné ici généralise cette notion en distinguant les nombres
plans dont un côté diffère de une unité de l’autre, puis de deux
unités, ensuite de trois et enfin de quatre. On a également fait
figurer les oblongs pairement impairs, très voisins des nombres
linéaires (on les obtient en juxtaposant deux fois un linéaire). Les
nombres linéaires indécomposables et donc impossibles à figurer
sous forme rectangle sont ce qu’on appelle aujourd’hui les nombres
premiers À.
Comme on l’a vu précédemment, les nombres rectangles et les
nombres carrés sont les seuls pour lesquels la représentation figurée
permet des calculs géométriques, en l'occurrence le périmètre qui les
enserre, et la surface qu'ils contiennent. Les deux colonnes les plus
à droite du tableau indiquent ces quantités. Le périmètre d'un nome
bre rectangle de côtés p et q est 2p + 2gq. La surface de ce mêm
nombre est le produit p X q.
Le nombre
On constate la véracité de la remarque de Plutarque.
n les seuls dont
carré Seïze et le nombre rectangle Dix-Huit sont bie
que Lepète
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Página 8
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Fame
345
ATLANTIS
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l'être l'apôtre Jean, issu, comme les autres premiers disciples de
NOMBRES PLANS DE TYPE
Jésus, des milieux esséniens.
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Revenant après ce long détour à l'explication de Plutarque, il
bre
convient d’élucider la dernière partie de sa phrase : « le nom
leur
Dix-Sept qui s'interpose entre Seize et Dix-Huit est divisé par
x parties inérapport qui contient l'entier plus un huitième en deu
pales ». Effectivement le rapport :
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divise bien 17 en deux parties inégales, puisque :
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Cent Cinquante-Trois se relie à Dix-Sept d’une façon moins évidente encore qu'intéressante. Exégète féru de numérologie biblique,
le pasteur E.W. Bullinger rapporte cette explication d’un certain
évêque anglican Wordsworth #, Celui-ci a trouvé que Cent CinquanteTrois s'exprime par une somme de carrés qui eût fait la joie de
l’algébriste Fermat :
153: =:122: +, 37
Signifié par le nombre 3, le triangle rectangle isocèle de côté 12 a
pour hypoténuse à peu près 17. En effet, d'après le théorème de
Pythagore :
269 =RTE
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49
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M. E. BULLINGER, Nu
ds (U.S.A.), P: 274.
Significiance, reed. 1969, Grand Rapi
and spiritual
Página 9
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)D'après le théorème de Pythagore, le nombre carré construit
sur\le plus grand côté d'un triangle rectangle vaut la somm
e des
nombres carrés construits sur les deux autres côtés. Dans le cas
Théodore s’arrête à Dix-Sept
La découverte de l'existence de quantités irrationnelles fut-elle
où non un affreux scandale que l'école pythagoricienne se serait
efforcée d’étouffer, allant pour cela jusqu’au crime ? Historiens et
commentateurs ont embrouillé à plaisir la chose. Quoi de plus
naturel pourtant que de construire un carré et de se demander
quelle est la valeur de sa diagonale relativement à la valeur du
côté. Les Babyloniens du second millénaire avant notre ère avaient
résolu le problème, on ignore d’ailleurs comment.
347
|
présent, ceci montre que le carré de À est un nombre
que A2 = 2 B}).
pin (DD
|
Rivale de Babylone, puisque capitale de l’Elam son adversaire
de toujours, Suse a fourni des textes mathématiques * contemporains
de Hammourabi (— 1792/— 1750). La valeur de la diagonale du
carré de côté unité (soit racine de 2) y est notée 1;25, c’est-à-dire
1 + 25/60, puisque, on le sait, le système de numération savante
de l’époque était à base soixante et non dix (ce qui survit dans les
soixante minutes de l'heure et les soixante secondes de la minute).
En décimal, 1 + 25/60 vaut 1,4166667. L’approximation de l’irrationnelle racine de 2 se montre honorable puisque la valeur exacte est
14142135. L'erreur reste inférieure à 0,2 pour cent.
Une tablette babylonnienne# va beaucoup plus loin en donnant
comme approximation 1;24;51;10, c'est-à-dire 1 + 24/60 + 51/3600 +
10/216 000. En décimal, ceci vaut 1,4142129. On demeure confondu
devant cette précision de presque sept chiffres exacts.
Pouvait-on espérer trouver un nombre fractionnaire, c'est-à-dire
un rapport de deux nombres entiers À et B, qui exprime rigoureusement cette fois le rapport de la diagonale au côté du carré. Pythagore aurait montré que la chose se révèle impossible. On discute
toujours pour savoir si c'est à Pythagore que l’on doit cette découverte. La démonstration par le pair et l’impair de l'irrationnalité
de la racine de 2 possède en tous cas une saveur à la fois archaïque
et subtile; qu'on en juge plutôt.
Si le côté et la diagonale du carré sont commensurables entre
eux, la mesure commune est contenue À fois dans la diagonale et
B fois dans le côté. Si les nombres À et B étaient tous deux pairs,
il serait possible de prendre comme mesure commune une mesure
double, contenue de ce fait moitié de fois dans la diagonale et dans
le côté. Réitérant cette opération autant de fois qu'on le peut, il
arrivera forcément un moment où elle ne sera plus possible. À ce
moment, les deux nombres À et B seront l’un pair et l’autre impair.
La théorie des nombres figurés permet d'en déduire que le
nombre À lui-même est forcément pair. Donc c’est B qui est impair.
Puisque A est pair, on peut le remplacer par deux fois sa moitié.
Nommons cette dernière C.
Le théorème de Pythagore appliqué de nouveau :
MA} — (2C} = 4C2 = 2B7
permet de conclure que le carré de B est pair, ce qui entraîne que
B lui-même est pair. Comme il n’est pas possible qu’un même nombre, en l'occurrence B, soit à la fois pair et impair, la seule conclusion
possible est que B ne peut exister. La diagonale d'un carré n'a pas
de commune mesure avec le côté. La racine de deux est une quantité
à part, en d’autres termes une irrationnelle.
Dans sa Vie de Pythagore écrite au troisième siècle de notre ère,
le syrien Jamblique prétend qu'Hippase de Métaponte, disciple direct
de Pythagore, chassé de la Confrérie pour avoir divulgué ses secrets
mathématiques, aurait été puni en périssant dans un naufrage. À.
Delatte a montré qu'il se trouvait à l’origine de cette histoire une
lettre, sans doute authentique, adressée à Hippase (ou Hipparque)
cette
par Lysis, un autre disciple direct du Maître de Crotone. Dans
lettre 7, Lysis insiste sur la nécessité d’une longue préparation morale
avant l'enseignement des plus hautes connaissances, arithmo-géomégrands ristrie incluse. Une divulgation précipitée ferait courir de
dont notre actuelle époque
prudence
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25. E.-M. BRuINS et M. RUTIEN, Textes mathématiques de Suse, Paris, 1960.
26. Tablette 7289, Yale Babylonian Collection, Université de Yale (US:A.).
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27. Analyssé
Cienne, Paris, 1915 (voir p. 81, 106).
Página 10
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)effet, Si on l'ajoute à n'i
349
quel triangle pris huit fois, on
riciens. Aristote marque ainsi combien ce genre de réflexion s'avère
fécond : « Ce qui poussa les hommes à la recherche philosophique
fut la faculté de s'étonner devant les phénomènes, par exemple
un carré? » :
obtient
at
l'arrêt du soleil au solstice, ou encore l'incommensurabilité de la
diagonale au côté du carré. Il paraît étonnant à première vue qu'une
quantité ne puisse être mesurée avec une unité, au besoin très
petite. En fait, c'est du contraire qu'il faut s'étonner. La connatssance donne les clés À. »
En d'autres termes, tout carré Construit sur
un impair est égal à
huit fois un triangulaire plus un. Si alors la
racine
P
la figure ci-avant montre ce qu'il faut entendre
de, disons 5,
pouvait se mettre sous la form
Aet B (non divisibles l’un p ar l'autre), la relation entre nom
bres
carrés
AËr = SUR?
La curiosité aiguisée par l'irrationnalité de la racine de 2
conduisit à se poser la question : qu’en est-il pour racine de 3,
racine de 5, etc. Le théorème de Pythagore permettait de construire
géométriquement ces quantités sans difficulté.
montre que AetB ne peuvent être qu'impairs tous les deux. Chacun
est égal
un plus huit fois un triangle que l’on va désigner symboliquement par TR (À) et TR (B). L'égalité précédente s'écrit alors :
8 TR (À) + 1 = 40 TR (B) + 5
Il'est possible de réduire deux fois par le Pair :
2 TR (A) = 10 TR (B) + 1
Que les nombres triangulaires soient en eux-mêmes pairs ou impairs
n'a aucune importance : les nombres 2 TR (A) et 10 TR (B) sont
forcément pairs l’un et l’autre.
Le
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D’après la citation de Platon donnée en exergue, le géomètre
Théodore (fin du cinquième siècle avant notre ère) aurait procédé,
cas par cas, jusqu'à Dix-Sept, où il se serait arrêté. La clé, une fois
encore, est fournie par Plutarque : « L'unité est un triangle. En
1
Mais la relation précédente est alors absurde, puisqu'elle conduirait à égaler un pair et un impair. Comme la racine de 2, la racine
de 5 est à part. C'est un autre membre de la famille des irrationnelles.
Je laisse au lecteur le soin de faire lui-même l'opération pour ?,
pour 11, pour 13 et pour 15. À chaque calcul, il arrivera à vouloir
égaler un pair et un impair. La situation change radicalement
lorsqu'on arrive à 17; on aboutit, après quatre réductions Le
sivés par le pair, à une relation qui nest pas absurde a priort*.
ns
Le géomètre pythagoricien Théodore avait bien de bonnes raiso
de s'avouer vaincu par la barrière de Dix-Sept 4
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29. Questions platoniciennes.
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onstrations,
31. Il existe d’autres dém
28. Métaphysique, paragr. 982, 983.
ce nombre fatidique !
3
41, de etc.
.
ples, de l'irrationnalité de
Página 11
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)moyenne arithmétique et leur moyenne harmonique*. On peut mettre
à profit ceci pour calculer de mieux en mieux une irrationnelle en
tant que série de moyennes arithmétiques successives,
|
351
la Lune et de ceux des planètes! Sumériens et Egyptiens n'ont
jamais vraiment conçu l’ordre cosmique. Tout restait pour eux
soumis aux caprices de dieux créés avec les défauts des hommes.
Pythagore comprit que le mouvement apparemment irrégulier du
soleil résulte de la combinaison cachée de deux mouvements circu_laires, chacun parfaitement régulier. Le mouvement circulaire révèle
l'expression d’une volonté parfaite s'imposant librement à elle-même
ce qui est le plus harmonieux. Pythagore en conclut que les astres
sont dotés d’âmes divines. Son disciple Philolaos calcula par le pair
et l’impair la formule mathématique de l’Ame du Monde. Quand il
Pour la racine de 2, ceci fournit la suite des rapports 3/2, 7/5,
17/12 (au Dix-Sept déjà rencontré), 41/29, 99/70, etc. Appliqué à
la racine de trois (de valeur 1,73205), on a la suite 7/4, 97/56,
18.817/10.864, etc. La dernière quantité est très précise, mais son
calcul, facile pour nous qui disposons de chiffres décimaux, devait
être presque impossible aux mathématiciens grecs. Ceux-ci avaient
eu l’idée créative d’un intermédiaire entre moyenne arithmétique et
moyenne géométrique. À la seconde étape, ceci donne (97 + 168)/
vint en Sicile, Platon acheta, dit-on, le livre de Philolaos. Il en tira
(56 + 97) ou 265/153, une valeur familière à Archimède 2. Curieuse
réapparition de Cent Cinquante-Trois
!
LA
la matière du Timée, ce texte cosmogonique qui fut lu, relu et
commenté à toutes les époques. La mort lente de la culture antique
n'interrompit pas le courant d'intérêt. Traduit en latin au vi siècle
par Chalcidius, le Timée est l’unique œuvre platonicienne connue du
Moyen Age chrétien, et l'Ecole de Chartres en montra l'accord avec
L’harmonie des sphères
On a souvent mêlé pythagorisme philosophique et religion orphique. Cette dernière prolongeait sans doute les très vieilles religions
agraires de la grande civilisation européenne du Danube qui s'épanouit en paix du septième au troisième millénaire avant notre ère.
Cette civilisation féconda la Grèce mycénienne, la Crète minoenne
et l'Italie italiote et étrusque avant de disparaître à l’arrivée triomphante des dieux célestes des oppresseurs indo-européens victorieux.
Devenues alors clandestines, ces ancestrales traditions sont à l'origine
probable des mystères si célèbres dans l'antiquité classique. Pour
Orphée, la création du Monde ne se ramenaït pas aux fastidieuses
généalogies des maîtres de l’Olympe, et le destin n'était pas que
caprice de dieux pétris de défauts, et même de vices. La cosmogénèse est un processus qu'explique naturellement le mythe de
l'Œuf du Monde et des Eaux Primordiales %. Il n'existe pas de séparation infranchissable entre hommes et forces cosmiques. L'homme
peut raisonnablement aspirer à autre chose. La réflexion de Pythagore
le conduisit à démontrer rigoureusement ces intuitions mystiques.
A première vue, le char du Soleil est capricieux. Il s'élève dans
le ciel plus haut en été qu’en hiver. Et que dire du mouvement de
32. Elle vaut 1,73203, soit cinq chiffres exacts.
M +N
* Moyenne arithmétique m = DENT
£
Le
|; 2
la Genèse. Dans la gigantesque fresque qui figure les maîtres de
l'Ecole d'Athènes, Raphaël plaça, lui aussi, le Timée dans les mains
de Platon.
|
|
« Le démiurge, expose Platon, a formé l’Ame du Monde avant le
Corps de celui-ci. De la substance indivisible au comportement
invariable et de la substance divisible, il a composé en les mêlant
une troisième substance intermédiaire. » Quand on admet que Platon
fut inspiré par le pythagorisme, on reconnaît là l'Impair et le Pair,
et le mélange Pair/Impair de Philolaos. Mais poursuivons : « En
premier lieu, il a séparé du total une unité. Puis il a pris le double
de cette unité ; ensuite une troisième partie égale à une fois et demie
la seconde et trois fois la première; une quatrième double de la
seconde ; une cinquième triple de la troisième; une sixième égale
à huit fois la première: une septième égale à vingt-sept fois la
première. Il remplit les intervalles avec des parties du mélange
primitif en les disposant de telle sorte qu'il y ait deux proportions
dans chaque intervalle ... . Il forma ainsi des intervalles de Un
plus Un-Demi, Un plus Un-Tiers, Un plus Un-Huitième. Le démiurge
remplit alors tous les intervalles de Un plus Un-Tiers avec des
intervalles de Un plus Un-Huitième, laissant subsister des restes
définis par le rapport de Deux Cent Cinquante-Six à Deux Cent
Quarante-Trois *. »
Ce passage difficile fut de tout temps passionnément médité.
Plutarque pense qu’il faut d'abord bien distinguer les deux progressions du Pair et de l'Impaïir :
8
4
2
N
eh = 2MX
u
n
1
1
2
|
où
d’
ique — = — + —
Moyenne harmon
33. Voir ce qu'a dit, des sculptures de Lepenski Vir, Pierre CARNAC, Architecture sacrée, le symbolisme des premières formes, Danglès, Saint-Jean-de-Braye,
34. Timée, paragr 35 et 36.
Página 12
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)353
ce qui supprime l'apparente interversion que l’on aurait entre
8 et 9 si l’on interprétait sans discernement la phrase de Platon *.
Il faut bien reconnaître que les commentateurs dans leur presque totalité n’ont pas lu Plutarque. Il en est résulté des solutions
extravagantes# où il ne subsiste plus rien de l'harmonie qui doit
caractériser l’'Ame du Monde.
Plutarque propose de disposer les sept nombres des deux
648
progression de base d'une façon qui rappelle la lettre grecque lambda.
(à
A
dant
2
57e
Gé 8
ZX
3
à Qi
Le sage de Chéronée remarque immédiatement que les sommes
selon les lignes fournissent trois nombres remarquables : 5, 13 et 35.
Le premier rappelle la quinte musicale (caractérisée par le rapport
de 3/2 entre notes présentant cette harmonie). Union du Pair et de
l’'Impair, Cinq est le « Mariage ». L'évangéliste Luc, qui avait étudié
puisqu'il était médecin, prête au Christ cette parole : « Pensez-vous
que je sois venu établir la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais
bien la division. Car désormais, s'il y a cing personnes dans une
maison, elles seront divisées, trois contre deux et deux contre
trois 1. » L'établissement du royaume de Dieu sur la Terre engageait
la lutte définitive du Bien contre le Mal, celle des Fils de Lumière #
contre les Enfants des Ténèbres. Quel meilleur symbole choisir
pour ce combat, sinon la cassure du Mariage qu'est Cinq, avec le
Pair, imparfait, contre l’Impair, parfait ?
Le nombre 13 est l'insuffisance, aux dires de Plutarque. N'est-ce
pas la raison symbolique de la trahison de Judas, treizième apôtre ?
Quant au nombre 35, il possède de multiples propriétés. C’est en
particulier la somme des quatre nombres 6, 8, 9 et 12, connus de
temps immémorial pour former une proportion harmonique et une
proportion arithmétique. Il contient les principaux accords musicaux,
celui d'octave (12/6 ou 2), celui de quinte (9/16 ou 3/2), celui de
lo24
1728
1944
|
|
|
152
1296
|
H3&
1534
Me
|
|
3456
n»
|
1228
5184
<o4i
|
832
Z
<304
2542/
2916;
J072
10368
PAR
35. PLUTARQUE, De la Création de l’Ame dans le Timée.
36. Comme par exemple tout ce qui a été écrit par l’académicien de lettres
Albert Rivaup dans la notice qui précède son édition du Timée (p. 42, 52).
37. Evangile selon Luc, chap. 11, vers. 51 et 52
38. Ainsi que le dit le titre d’un des écrits esséniens trouvés près de la mer
Morte.
INPAIR
ite bien
re 35 mér
quarte (8/6 ou 4/3) et, enfin, le ton (9/8). Le nomb
hagoriciens,
le qualificatif d'Harmonie que lui attribuaient les pyt
au témoignage de Plutarque *.
39, De la Création de l’Ame dans le
Timée.
Página 13
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Tout naturellement, le dernier nombre du
lambda résume en
lui to
us les autres -
21=1+2+3+448+09
Pour développer dans toute son ampleur le la
mbda afin de déc
l'harmonieuse Structure de l’Ame du Monde, Platon
indique die
ment la méthode. Il faut d’abord intercaler entre chaque co
uple
]
]
C1
P
1
C]
]
C2
|
]
P
1 —— 4/3 —— 3/2 —
OÙ : 3 ——— 9/2
6
initiales.
Ceci leur a permis
2
LP.
SOL
MN
GTS
noce
2:041631 128
"ur, 8711 641 3°
2,
Tous les intervalles ainsi définis (c’est-à-dire les rapports entre
deux nombres successifs) sont : ou 3/2, ou 4/3, ou 9/8. Les inter
valles de valeur 4/3 sont remplis par deux nombres tels qu'ils
définissent des rapports de 9/8 (ce qui laisse effectivement subsister
un petit intervalle de rapport 256/243). Par exemple, dans l'intervalle 1-4/3 on intercale 9/8 et 81/64.
On peut mener le calcul directement avec les fractions. Les
commentateurs antiques qui ne disposaient ni de la commode notation actuelle avec le trait de fraction, ni des chiffres décimaux, ont
préféré multiplier par un grand nombre les éléments des deux
progressions
suppression de 2187 ramène la série à l'harmonie de vingt-huit
nombres. Ceux-ci Sordonnent suivant trois gammes diatoniques
pythagoriciennes, plus une gamme irrégulière et, disons-le, chaotique. Chose curieuse, ce nombre à supprimer est situé juste après
le Dix-Septième intervalle du mélange Pair-Impair! Voici, en notation fractionnaire moderne, le résultat final :
ù
2
9
d'éviter les
difficiles
calculs fractionnaires. Le multiplicateur 384 (soit 3 fois 2 multiplié
sept fois par lui-même) convient, ainsi que l'ont proposé il y a
bien longtemps Crantor et Cléarque.
Le résultat final est schématisé sur le lambda (laissons-lui ce
nom consacré par la tradition) donné ici. La progression selon le
Pair a fourni 1 + 21 nombres, et celle selon l’Impair 1 + 15 nombres. De ces nombres, 1 + 8 sont communs aux deux suites, ce qui
réduit à 1 + 28 la famille des nombres réellement différents.
Il est véritablement incompréhensible que la presque totalité
des commentateurs aient trouvé 36 nombres différents. Il est vrai
que l’arithmétique ne leur était guère familière, en dépit de l’avertissement solennel que Platon avait fait graver à l'entrée de son Jardin
d'Académie : « Que nul n'entre ici s’il n'est géomètre.» J'avoue que
29 (1 + 28) n'est guère satisfaisant. Ce nombre premier souffre
|
d'un manque flagrant d'harmonie.
C'est ici qu'il convient de se souvenir d’une chose. Si l'on en
croit Platon, le démiurge a dû employer la force pour que le
mélange des deux séries se réalise. Les commentateurs anciens et
modernes ont proposé d'ajouter des termes supplémentaires. Ceci
ne correspond guère à une idée de contrainte. Et puis, pourquoi
ajouter des nombres, alors que Platon ne dit rien à ce sujet! Une
interprétation plus normale serait de voir s'il n'y aurait pas au
contraire quelque chose à supprimer. On s'aperçoit alors que la
355
91
.84:1,:8
4°
32’
9?
9
81
16
#1
1243
3,
27
243
8 ’
64’ 4
27
243
2187
Platon révèle alors que le démiurge « coupa toute cette compo
sition en deux dans le sens de la longueur et, ayant croisé les deux
moitiés l’une sur l’autre en faisant coïncider leurs milieux à l’image
de la lettre grecque Chi, courba cette grande gamme cosmique sur
elle-même pour en former deux révolutions circulaires qui se recoupent. La révolution extérieure reste sans division : il s’agit du ciel
des étoiles, qui semble tourner en sens inverse, d'où ce caractère
apparemment chaotique bien qu'issu de l'harmonie générale. Quant
à la révolution intérieure, le démiurge « l'ayant six fois divisée, fit
sept cercles inégaux, réglés par les progressions du double et du
s
triple, de telle sorte que ceci soit tripleŸ ». Il s'agit des sept orbe
e harmoplanétaires, incluant Soleil et Lune. Képler prisait fort cett
nie réglée par la gamme cosmique.
le hasard seul détere
qu
da
ua
rs
pe
se
e
ac
pl
La
,
cle
siè
rre
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Au
a récemment démontré
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elliptiques des
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le contraire. La
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solaire est régie par des
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Képler et comme Titius
CE te e
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M. Ovenden en a même
a < pe eat me
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soixante fois la Terre,
e one
ne
E
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E
R
re
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no
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entre Mars et Jupiter. Tout
ilo
comme
et
,
ore
hag
Pyt
é
ns
pe
comme l'avait
'AmE du Monde.
le de l
en établissant la fo
40. Timée, paragr. 36
Página 14
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Triangles pour la Bête
Le carré de 26 est 676, ou 666 + 10. Mais n'est-il pas normal qu'une
imperfection s'attache à 26, et même une double imperfection
celle du Pair et celle du nombre 13, qui nous ramène à la seconde
ligne du lambda platonicien (13 — 4 + 9).
Dans ce lambda platonicien qui contient déjà tant de choses en
harmonie, on peut assez facilement découvrir le Nombre de la Bête
de l’Apocalypse, ce si célèbre Six Cent Soixante-Six. Le Pair et
l'Impair de la première ligne fournissent par leur Mariage le nombre Cinq. On peut aussi construire avec eux le nombre rectangulaire
Six (6 = 2 X 3). Quant à la dernière ligne du lambda, elle procure
par la somme 8 et 27 le nombre Trente-Cinq. On a vu plus haut que
la somme des nombres triangulaires construits sur 5, 6 et 35 aboutit
a trouver Ce Trente-Sixième nombre figuré triangulaire qu'est Six
Cent Soïxante-Six. Utilisant, pour alléger mon propos, le symbolisme
algébrique déjà employé plus haut :
TRES), = 1 M2 ES PNA
SENTE
FRE): LRU NES SR CAR
'EN
S
EN
ER (35) = "D #02
etc ct
LE) 34 NE
Il existe d'ailleurs d’autres façons de relier le lambda platonicien au Nombre de la Bête. Partant toujours de ces exaltations
triangulaires de 5 et 6 que sont 15 et 21, on construit avec ces
derniers des nombres figurés carrés que l’on ajoute ensuite :
carré de 15 — 225
carré de 21 — 441
Somme —
La décomposition de 666 en ses facteurs le relie à 17, puisque :
(17 + 1) x (36 + 1) = 666
L'apôtre Jean avait-il en tête toutes ces interprétations lorsqu'il
s'écriait : « C’est ici la sagesse : que celui qui a l'intelligence calcule
le nombre de la Bête car c'est un nombre d'homme, et ce nombre
est Six Cent Soixante-Six #.». On n'oserait l’affirmer. Ce dont on
est certain est son respect pour ce nombre remarquable. Notons
immédiatement que 666 n'avait pas pour lui la symétrie d'écriture
qu'il a pour nous, avec ce 6 trois fois répété! En chiffres grecs, le
Nombre de la Bête est y € F (Chi, Xi, Episemon). Il n'en reste
pas moins très particulier faisant intervenir le Chi (mis en œuvre
TR(5) + TR(6) + TR(35) = 666 — TR (36)
par le démiurge platonicien pour définir l’AÂme du Monde) et surtout
le Episemon, une lettre disparue de l'alphabet grec classique, mais
sur laquelle pythagoriciens et gnostiques spéculèrent beaucoup,
comme on le verra plus loin.
On feint aujourd’hui d'ignorer que Newton, le grand Newton,
médita sur le Nombre de la Bête. Il plaça toujours son Commentaire sur l’'Apocalypse très au-dessus de son invention du calcul
différentiel. Le célèbre mathématicien avait été précédé dans cette
voie par le baron John Napier (1550-1617). De nos jours, on ne
666
Le triangle rectangle dont les côtés sont 15 et 21 n'est toutefois
pas pythagoricien en ce sens que ses côtés ne s'expriment pas tous
trois en nombres entiers #. Il n'en jouit pas moins de propriétés
remarquables. Il suffirait en effet d'ajouter la Décade au Nombre
de la Bête pour parfaire la chose, comme le montre la figure cidessous :
26
15
21
EXACT
97
ATLANTIS
APPROCHÉ
41. Comme c'est le cas pour les triangles 3, 4, 5 (3? + 4 —
5, 12, 13 (5 + 12 = 169 = 13), et pour des infinités d’autres.
Vo
connaît plus de cet Ecossais que son invention d’une méthode
commode pour calculer par logarithmes. A l'instar de Newton, il
considérait pourtant que sa véritable œuvre resterait l’Ouverture
de tous les secrets de l’Apocalypse (1593). Ce travail d’exégèse prophétique connut en son temps un énorme succès : on imprima plus
d’une vingtaine d'éditions anglaises! Un protestant de La Rochelle
publia en 1602 une traduction que les réformés français s’arrachèrent ; ici aussi, on dut rééditer à de multiples reprises. Sérieux, mais
égaré par son fanatisme religieux, le baron Napier trouve que Six
Cent Soixante-Six est la somme de yarervos : empire latin, donc
papauté! Les Pères de l'Eglise avaient déjà trouvé Aatevos. L'empire
romain (et non la papauté) ne fut-il pas grand persécuteur des
Chrétiens! Mais toutes ces interprétations par des sommes de
valeurs de lettres sont chimériques. L’apôtre a pris la précaution
d'avertir son lecteur : le nombre doit être «calculé» et non
« compté ». Le mot utilisé signifie très précisément « calculé avec
des cailloux ». Ce renseignement précieux indique explicitement
qu'il s’agit d’un nombre figuré pythagoricien, en l’occurrence le 36°
nombre triangulaire !
De Où
42. Apocalypse, chap. 13, verset 18.
Página 15
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Une question surgit immédiatement : puisque Six est parfait,
que son carré Trente-Six est le grand nombre platonicien, pourquoi
cette attribution à la Bête ? La vision de l'apôtre fait état de deux
Bêtes, qu'il ne faut pas confondre. Il monte d’abord de la mer
une Bête à sept têtes et dix cornes. La seconde Bête, dont le nombre
est Six Cent Soixante-Six, est montée de la Terre. Si la première
petits enfants se moquèrent du prophète Elisée. Celui-ci les maudit
et des animaux féroces sortant de la forêt tuent Quarante-Deux de
ces garnements. Mais le passage en question oppose ce nombre à
Cinquante, groupe parfait des disciples du prophète. La différence
de Huit explique la méchanceté des moqueurs. Le Quarante-Deux
de l'Apocalypse découle bien de Mille Deux Cent Soixante, dont on
remarque qu'il n’est autre que le trente-cinquième nombre figuré
358
sort de l'agitation et du bouleversement de l'élément liquide, la
seconde est issue d’un élément stable. À la fois civilisée et fort
savante, elle se montre même bénéfique puisqu'elle guérit. La puissance de ses savoirs s'avère immense « jusqu'à faire descendre le
feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes ». Ecrivant aujourd’hui,
Newton y aurait vu la civilisation technologique avec ses apparents
bienfaits qui, finalement, se révèlent de plus en plus les ministres
de l'agitation qui grandit sur notre terre, sans qu’on sache toujours
bien comment la maîtriser.
Le nombre 666 n’est pas isolé : l’Apocalypse use abondamment
de nombres symboliques traditionnels. La statistique révèle la fréquence des emplois : Sept vient en tête avec 52 emplois, souvent
en paires ou en triplets ; Quatre suit avec un score de 18; viennent
ensuite Dix et Douze (10 fois chacun) et Vingt-Quatre (6 fois). La
fraction 1/3 (soit 20/60) se rencontre 15 fois. Par contre Huit et
Neuf brillent par une absence totale. Parmi les grands nombres,
Mille se montre d'usage relativement fréquent (6 fois), exprimant
toujours la longue durée. La présence deux fois répétée de Mil Deux
Cent Soixante est à première vue moins claire.
Dès le début de la vision, sept anges vont, en sonnant de la
trompette, annoncer sept séries successives de malheurs : la terre
frappée par la grêle, des pollutions de toutes sortes, des sauterelles,
le feu et des nuages empoisonnés. Avant que le septième ange
n’annonce le Jugement Dernier, il est donné à l'Humanité de souffler
un peu et l'Eternel envoie deux prophètes prêcher pendant mille
deux cent soixante jours. Après ce répit de courte durée, le septième
ange sonne, faisant paraître deux signes dans le ciel : une femme
e
enceinte « revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, une couronn
de douze étoiles sur sa tête», et «un grand dragon rouge ayant
sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes ». Le dragon
veut dévorer l'enfant à naître mais « {a femme s'enfuit au désert, où
Dieu lui avait préparé une retraite afin qu'elle y fût nourrie pendant
mille deux cent soixante jours». On peut interpréter ces séjours
comme composés de quarante-deux mois de trente jours, comme
l'apôtre semble d’ailleurs nous y inviter. Mais mille deux cent
soixante vient-il de quarante-deux, ou est-ce quarante-deux qui vient
Pères
de mille deux cent soixante ? Attribué à l'Antéchrist par les
de l'Eglise, Quarante-Deux n’a pratiquement que l'Apocalypse comme
garant. Il n'apparaît qu'une seule fois dans l'Ancien Testament : des
43. Apocalypse, chap 12, verset 6.
359
rectangulaire hétéromèque : 1260 — 36 X 35, donc le double du
35° triangulaire, ce qui le relie au lambda platonicien de deux façons.
D'abord directement à la somme des nombres 8 et 27 de la dernière
ligne. Et aussi indirectement aux 5 et 6 caractéristiques de la première ligne. En effet, le nombre figuré rectangulaire construit sur
ces exaltations triangulaires de 5 et 6 que sont 15 et 21 vaut le quart
de 1260 :
TR (5)
15
TRI(GY —121
15 xX 21 — 315 — 1260/4
(4 = Mesure)
Une dernière observation à propos de l’Apocalypse : le nombre
des élus après le Jugement dernier est Cent Quarante-Quatre Mille,
c'est-à-dire la plénitude (multiplication par mille) de la totalité
(douze au carré). L'apôtre précise que la Jérusalem céleste où habitent ces élus possède une « muraille de cent quarante-quaire coudées,
mesure d'homme, qui est aussi mesure d'ange». En retranchant
cette mesure d'homme du nombre total des élus, le résultat ne
manque pas d'harmonie :
144 000 — 144 — 666 X 6°
tonicien qu'est
avec cette apparition du grand nombre parfait pla
Six).
Deux Cent Seize (le nombre cubique construit sur
Des pythagoriciens juifs
ant de peer MO
av
té
si
hé
nt
me
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ng
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ne
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L'Eglise
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be
sè
Eu
d’
au témoignage
choqué qu’il était à la fois par le régné FÉTRANASQUR es ARpE l'Apôla résurrection, et aussi par les mille
44, Apocalypse, chap. 21, verset 17.
ans de fête annonc
Página 16
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)tre. Il est de fait que l’on ne peut comprendre l’'Apocalypse si on ne
replace pas ce texte chrétien dans l’ensemble de la pensée apocalyptique juive de l’époque.
Le sixième siècle avant notre ère fut un des plus sombres de
l'histoire d'Israël qui se trouva soumis tantôt aux derniers pharaons
égyptiens, et tantôt à l’Assyrie. En — 597, le roi babylonien Nabuchodonosor décida de déporter la famille royale juive, les grands
du pays et les meilleurs artisans, en tout les quelques milliers de
personnes constituant l'élite de cette nation. Le monarque vainqueur
installa toutefois Sedecias, un prince de la famille de David, pour
gouverner la Palestine. Profitant de troubles et fort du concours
égyptien, Sedecias osa se révolter en — 587. Il comptait ferme sur
depuis longtemps qu'il avait bien fallu qu'existassent des originaux
360
l'appui de Yahweh, le Dieu national. Babylone réagit avec sa vigueur
coutumière. Prise en — 586, Jérusalem fut totalement détruite. Cette
fois, la déportation fut définitive, sauf pour les rares juifs qui se
réfugièrent à temps en Egypte.
La Déportation de Babylone a si fort marqué le peuple élu qu'il
la ressent encore de nos jours, se lamentant toujours dans sa liturgie religieuse sur les événements de cetté terrible année —586. La
Déportation à Babylone eut toutefois du bon : la vieille religion
nationale de Yahweh se transforma, compte tenu de l'influence des
grands prophètes, en une religion beaucoup plus intérieure où la
piété et la foi prirent le dessus sur les seules observances rituelles.
L'avènement du roi perse Cyrus souleva un immense espoir
lorsqu'il permit à des déportés de rentrer en Israël après qu'il eut
pris Babylone en — 538. Il ne fut cependant pas question de restaurer
l'Etat Juif dans toute sa souveraineté comme aux temps de David
et de Salomon. Sous l'autorité d’un satrape perse, une nation juive
put toutefois revivre, avec sa religion particulière.
Terreur des tribulations du jugement dernier et espoir de restauration messianique sont ainsi tout naturellement les deux piliers
de la florissante littérature apocalyptique qui commence avec les
visions de Daniel (un juif babylonien bien installé dans le pays où
ses ancêtres avaient subi autrefois la déportation) et qui se continue
par le Livre d'Hénoch, le Livre des Jubilés, les Oracles Sibyllins, les
Testaments des Douze Patriarches, l'Assomption de Moïse, l’Apocalypse © d'Abraham, celle de Baruch, celle d’Elie, celle de Sophonie
et bien sûr, celle de Jean. Sans compter bien d’autres œuvres .
Les écrits apocalyptiques se sont conservés dans des versions
grecques, syriaques, éthiopiennes, slavonnes, etc. On soupçonnait
45, En grec, apocalypse signifie : révélation faite par. Ces révélations prédisant toujours des catastrophes à venir, il en est résulté le sens actuel du mot.
46. Une bonne présentation de toute cette littérature a été donnée récemment par Mathias DELCOR, L'apocalyptique juive, dans l'ouvrage collectif :
Encyclopédie de la Mystique juive, Paris, Berg, 1977. Voir les colonnes 1 à 278
361
hébraïques. La découverte depuis 1947 de ce qu’on appelle les
« manuscrits de la mer Morte» a confirmé cette hypothèse. Ces
écrits apocalyptiques furent assidûment étudiés et médités par la
communauté de QOûümran, dont personne ne discute plus aujourd’hui
lé caractère essénien. On se demande même si certaines apocalypses
connues par ailleurs n'ont pas été rédigées par le groupe de Qûmran.
On'a en effet retrouvé dans les grottes de la mer Morte une apocalyptique Guerre des Fils de Lumière contre les Fils de Ténèbres,
totalement inconnue jusque-là *.
La symbolique des nombres est présente chez ces esséniens. Le
Rouleau de la Règle célèbre « la suprême sainteté de la lettre N#»
c'est-à-dire du nombre cinquante que figurent aussi bien le Noun
hébraïque que le Nu grec. Ce cinquante caractérise aussi l’année
jubilaire qui arrive au début des semaines de semaines d'années, au
moment de l’Affranchissement ®. En d'autres termes, 50 s'explique
par 1 + (7 X 7). Une autre version de cette même règle, dite Ecrit
de Damas, traite des trois cent quatre-vingt-dix ans écoulés depuis
la Déportation, auxquels il faut ajouter vingt ans à chercher le che* et une génération (soit quarante ans). En retranchant
min à tâtons
tout Cela des soixante-dix semaines fixées par Daniel comme terme
ultime, on voit qu'il ne restait plus qu'une génération aux fidèles
de Qûmran pour se préparer au Jugement Dernier :
490 — (390 + 20 + 40) = 40
On trouve bien sûr d’autres nombres : Trois, Quatre et Six
(rares), Sept et Dix (très fréquents), Douze, Vingt, Vingt-Six, Trente,
Soixante, ainsi que des grands nombres comme Sept Cent et Mille.
Par contre Huit et Neuf brillent par leur absence, tout comme dans
l’'Apocalypse de Jean.
Il y a bien longtemps que l'on a souligné certaines analogies
entre les doctrines esséniennes et un pythagorisme populaire : refus
des sacrifices sanglants (remplacés dans la Règle de Qûmran par
dans un
l'offrande du pain et du vin), croyance en une vIé future
si or
séjour situé en une contrée paradisiaque, au-delà de l'Océan
phe !,
en croit le témoignage de première main de l'historien Josè
notre
résurrection des corps après le Jugement. Au second siècle de
Les praitère, l’évêque Hippolyte de Rome écrivait naïvement : «
s que
enne
anci
plus
sont
nité
Divi
la
nt
erna
conc
ques esséniennes
éralement pour tout ce qu
gén
s
plu
et
te
tex
ce
de
n
tio
duc
tra
une
47. Pour
écrits esséniens découverts près
concerne Oûmran, voir. A. DUPONT-SOMMER, Les
de la mer Morte, Payot, Paris, 1964 (3°
}
éd.).
48. DUPONT-SOMMER, OP. Ctt., D. 112, 13
:
49, Id., tbid.
50. DUPONT-SOMMER, Op. Cil., P.
à
8, paragr. 154, 188.
p.
cha
2,
e
livr
s,
Juif
des
Página 17
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)celles de toutes les autres nations. Pythagore et les Stoïciens se
sont mis à l’école des esséniens » 2. C'est évidemment le contraire
qui s'est produit. À la mort d'Alexandre en 323, ses généraux Antigone, Seleucus et Ptolémée se disputèrent la Palestine, cet éternel
carrefour de peuples. En 301, Ptolémée l’emporta de haute lutte à
363
Je
|
saiiss q que VOUS ête
ê s dignes de ce Mystèr
> e ”.» On est d'abor
d un
peu surpris de cette interprétation
par le grec , alors qu'il eût fallu
-J'hébreu. Une réflexion plus atte
ntive montr€ que ceci confirme
la pénétration de l’essénisme par les idées pythagoriciennes
la bataille d’Ipsus où périt Antigone. Pendant un siècle, les Juifs
vécurent dans l’orbe de l’Alexandrie des Ptolémées et ils émigrèrent
nombreux dans la grande ville.
|
Win
Un juif alexandrin composa alors en grec le Livre de la Sagesse,
en mettant ses sentences dans la bouche d’un roi sage, que l’on
identifia plus tard avec Salomon. Imprégné des théories platoniciennes du Timée, le pseudo-roi place au plus haut le démiurge : « Ils
ont regardé le feu, le vent, l'air, le cercle des étoiles, l’eau impétueuse
et les planètes comme des dieux gouvernant l'Univers. Mais si, char
més par l'harmonie, ils ont pris pour des dieux ces êtres formés,
qu'ils connaissent combien leur Maître l'emporte sur eux, car c'est
l'Auteur même de l'harmonie qui les soutient 3.» Comme pour
Pythagore et Platon, le démiurge à « tout ordonné par mesure, par
nombre et par poids # » dans le Cosmos. Cette phrase sera remarquée
et soulignée par de nombreux Pères de l'Eglise, saint Augustin en
tête.
|
Dans le tome troisième (Les Avatars du Christianisme) de son
Encyclopédie de l'ésotérisme, Jacques d’Arès a magistralement
situé l’essénisme à la lumière des découvertes de Qûmran. Il a aussi
rappelé tout ce que dut aux esséniens la doctrine chrétienne primitive, telle que l’expose l'Enseignement des Douze Apôtres. Les Chemins de la Vie et de la Mort
* se retrouvent dans les écrits de Oûmran %. Il n’y a rien d'étonnant donc à retrouver cette doctrine des
deux chemins dans un autre écrit chrétien, très primitif lui aussi :
l’'Epître de Barnabé', Notons que cette dernière se réfère plusieurs
fois au Livre d'Hénoch, et que son auteur était familier de la numérologie sacrée : « L'Ecriture, dit : ” Abraham circoncit des hommes
de sa maison, au nombre de dix-huit et trois cents. Quelle connatssance secrète lui fut ainsi communiquée ? Dix-huit s'écrit avec un
iota qui vaut dix, et un éta valant huit. Vous avez là Jésus (Imoouc).
Comme la croix en forme de T signifie la grâce, on ajoute : et trois
cents [valeur de tau en grec]. Celui qui nous a fait la grâce du don
de sa doctrine témoigne que je n'ai jamais mieux enseigné qu'ici.
Vingt-deux lettres et dix-sept canaux
La traduction d’un texte kabbalistique ne peut être que le fait
d'un kabbaliste, Oui, mais voilà, les mystiques juifs se sont bien
gardés de livrer leurs trésors aux impies, c'est-à-dire aux chrétiens.
La situation serait-elle désespérée? Pas totalement : des savants
chrétiens de la Renaissance ont rêvé d’une Cabale qui magnifierait
le christianisme en l'enrichissant de tout l'apport du mysticisme
juif. Un Pic de la Mirandole et un Marsile Ficin étudient le Zohar
sous la direction du médecin d'origine crétoise Elie del Medigo
(1460-1497). Le cardinal humaniste Egidio de Viterbe patronne le
grammairien juif Elia Levita (1469-1549) en lui faisant exécuter une
traduction latine de ce même Zohar. Guillaume Postel (1510-1581),
premier professeur de langues orientales au Collège de France,
voyage en Orient, se lie avec des rabbins et traduit le Sepher
letsirah ou Livre de la Formation (sous-entendez : du Monde). Ce
texte tranche singulièrement sur les autres ouvrages kabbalistiques.
Il est très bref : l'équivalent de quelques pages imprimées. La langue
en est extrêmement concise. Aide-mémoire plus que traité systématique, le texte n'en a pas été rigoureusement fixé et les versions
que l’on en possède varient du simple au double en volume. L'auteur
demeure inconnu; la dernière phrase mentionne toutefois le nom
d'Abraham. Retenons cette volonté de rattacher le Livre de la Formation au légendaire patriarche. La date exacte de rédaction reste
elle aussi ignorée et des érudits l’ont déplacée au gré de leur fantaisie
du vi: siècle avant notre ère au x*° siècle après, selon qu'ils veulent
appuyer telle ou telle thèse. Le rabbin Léon de Modène déclara tout
net dans son Lion rugissant que toutes ces spéculations sur la
Formation sentaient leur Alexandrie et qu’il y avait du Platon làdessous. Le pseudo-Salomon alexandrin du Livre de la Sagesse estimait que le monde a été « ordonné par mesure, par nombre et par
poids ». Le Livre de la Formation s'efforce d'expliquer cet ordre.
L'emploi répété des nombres Trois, Quatre, Cinq, Sept, Dix, Douze,
52. Réfutation de toutes les hérésies, livre 9.
53. Sagesse, chap 13, versets 2 et 3.
r PAR
Vingt-Deux (et, plus curieusement, Deux Cent DÉREUn
se
qui
clarté
aveu
glan
une
te
avec
révè
le
famil
le,
groupés en
54. Sagesse, chap. 11, verset 20.
55. J. d’ARÈS, Les Avatars du Christianisme, tome 3 de l'Encyclopédie de l’ésos
cien $#. Pourquoi pas les essénien?
torisme, Paris, 1975, p 110, 114.
56. En particulier le Rouleau de la Règle (voir DUPONT-SOMMER, op. cit.
|
p. 94 à 98 et p. 217).
57. H. HEMMER, Les Pères Apostoliques, Doctrine des Apôtres, Efpître de
Barnabé, Paris, 1926.
tourner vers un milieu fortement imprégné de l'esprit néo-pythagori
nier : Le Sefer Ietsirah, Revue
ce der
de
EFED
( à deux cent trente et une’ portes.
58. Voir G. Scnorem et N. SEFE
La double rotation d'une ro
Página 18
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)S'il faut d’autres preuves de pythagorisme, voici la structuration
de l'opuscule : en six chapitres, ce Six parfait. Voici surtout l’utilisation des Quatre Eléments par le Dieu Formateur : «(les cieux
On remarque sur le schéma de Paulus Ricius les canaux reliant
entre eux certains Sephiroth. Ils sont en tout Dix-Sept, un nombre
365
que personne ne sera surpris de retrouver ici. Le Livre de la Foront été formés à partir du feu, et la terre a formé l’eau, et l'air
est situé entre le feu et l'eau ®. » Comme chez Platon, la Terre reste
à part, et ce sont les jeux des trois autres éléments qui forment
toutes choses en ce monde : « Telles sont les trois mères, Aleph,
Mem, Schin. En sont issus trois pères : Air, Eau, Feu et leurs générations : Sept Planètes, et leurs constellations, et les douze limites
sur l'oblique [lécliptique] €. »
Le livre de la Formation s'ouvre par la théorie cosmogonique
des Dix Sephirot. « Par trente-deux voies mystérieuses de sagesse,
lavé, Seigneur des Armées [sous-entendu : des puissances célestes],
Dieu de Vie, Roi du Monde, Miséricordieux et donnant grâce, qui
demeure hors du temps, Sublime et Saint soit son Nom, a gravé le
Monde par trois Sepharim : par Sephar, par Sipour, par Sepher. Dix
Sephiroth belima et vingt-deux lettres fondation : trois mères, sept
doubles et douze simples.
« Dix Sephiroth belima, comme le compte des dix doigts, cinq
vis-à-vis de cinq, et l'alliance qui les unit au milieu par les mots de
la langue, et par le mot de la nudité [la circoncision] 6. » Les noms
qui n'ont pas été traduits en français dans ce qui précède ont donné
lieu à de multiples discussions. Si l’on pouvait en pénétrer le sens
avec certitude, les mystères du Livre de la Formation ne seraïent
pas loin d'être percés! Que cachent ces Sepharim ou instruments
à l'aide desquels le Seigneur a « gravé» (et non créé) le Monde.
L'auteur essénien du Rouleau de la Règle avait déjà chanté
® ». L'étymologie du
« le décret gravé à jamais au début des années
mot Sephiroth reste mal éclaircie. On le rattache souvent au grec
spherai, les sphères du Cosmos, au nombre de dix. Le Sepher Tetsirah
précise justement : « Dix et non neuf, Dix et non onze. Comprends
par sagesse, instruis-toi par intelligence.» Certaines représentations
graphiques figurent les Sephiroth en cercles, mais le plus souvent
les kabbalistes utilisèrent la forme d’un arbre comme celui donné
ici. Ils y découvraient trois triades hiérarchisées d’intermédiaires
entre une Divinité incompréhensible et le Monde, dernière sephirah
de la Décade. Le Livre de la Formation propose comme structure
le Souffle formateur du Dieu de Vie, puis Troïs Eléments de base
(Air, Eau, Feu), enfin Six directions principales de l'espace, à savoir
les Quatre points cardinaux plus le Haut et le Bas.
59, Sefer Ietsirah, chap. 3, verset 3.
60 Sefer Ietsirah, chap. 6, verset 1.
61. Sefer Letsirah, chap. 1, versets 1 et 2.
62. DUPONT-SOMMER, op. cit, p. 113.
M
Se
A
UTALA\
NS
on
NS
ee
mation contient des spéculations numériques fort savantes, tout à
fait analogues à celles du Nombre de la Bête de l’Apocalypse. Le
quatrième verset du second chapitre déclare : « Vingt-deux lettres
63. Souvent toutefois, il y a 22 canaux, correspondant aux 22 lettres de
l'alphabet.
Página 19
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)fondation, fixées pa
r Deux Cent TéRiEet-Une portes à une
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Beth. Et ainsi de suuitteetjutsoquut'aavuecDAelueph, Beth avec lOOuMtMmetent combi.
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ITEut sous le Dieut dPeouVri cela que Sept est aimé Par fouf ce qui se
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réprésentent tout Sim
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appelle des permutatio
d'objets. Lorsqu'on di
ns
spose de deux lettres,
on peut les arranger
ainsi
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02
S'il y en a trois, les po
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#,
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Gi
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|
alof œ@l avec Gaule,
La double rotatiA
on à Are roue à Deux
cent
PA
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1
=
i
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foOI
is S 21
on
trente ef uñe portes.
trace le graphism
e reproduit
SOIt 462 traits qui fixent
ssibilités S'élargissent
:
bien les Vingt-deux lettres
Six, sept, huit, neuf et dix»
« Dieu aime la Connaissance
La Sagesse et le Conseil. Il les a
une d'elle
ICT
nomme une factorielle. Coïn
cidence ? Nouvel indice d’un
pythagoricienne ? Le nombr
e filiation
e limite de cinq mille quar
ante maisons
correspond au nombre de cito
yens de la Cité idéale des Lois
car.
précise Platon, « ce nombre es
t
di
bres : un, deux, trois, quatre, Ci visible par les dix Premiers nomng,
La considération d'interm
édiaire entre la Divinité
et je Monde
Créé était familière aux esséni
ens
ZIK
|
!
lettres sur le poFurR
E D É PIOEESSUS indi
tour
qu
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*
Po
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se
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r
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vi
le PUIS réunir chac
ngt5 toutes les
autres,
a
0
qui est nommé BON
2
JEUX ones L
Ho
ABC, ACB, BAC, BCA,
CAB, CBA
et ainsi de suite. Le nombr
e de permutations s’ex
D
DRE
Se SZ
367
sin 6.
Chaque trait à été tracé deux fo
is : en allant Par exemple de la
lettre Aleph à la lettre Bet
h, puis en revenant de la le
ttre Beth
à la lèttre Aleph: la roue tourn
e dans les deux sens, deux rotatio
ns
inverses qui rappellent celles
des orbites planétaires et cell
e du
ciel étoilé de Platon décrivant l’Âme du Mo
nde. On ne
de noter que le nombre Qu
atre Cent Soixante-Deux 21
°
que, conduit immédiatemen
t, Par Sa moitié au 21e (3
x 7)t riangulaire
qu'est Deux Cent Trente-etUn 5.
Le Livre de la Formation
indique une autre combinai
également servi à Ja form
son qui a
ation du monde : « Sept
lettres doubles,
inst combinéees. Deux
bâtissent deux Maisons
; {TOis, six maisons ke
quatre, vingt-quatre ma
isons ; Cinq, cent ving
t maisons » SEX, sept
Cent Vingt maisons : Se
pi, Cinq mille quarante
Maisons. Et voici
Sept planètes dans l'
univers, et Sept jours
pour la formation du
monde, ét Sept portes
pour les sens Fr deux Ye
narines et une bouch
ux, deux oreilles, deux
e ; €l Sont gravés
sept éSpaCes, Sept te
rres et
Sept temps, et C'es
PORLES ES
By
ay
ATLANTIS
a
par
installés devant Lui.
“ RARTAUL DE oi eu
distance convenable de
l'œil pour laquelle ces
cercles appa
65. Cain
nuscrits portent par erre
E
Sants totalemeentmaig
norants de la théorie desur 221 au heu de 231. Des héL
br
aï
nombre
Vale
s
figurés ont adopté cette
correspond pas au pr
ocessus décrit dans le
texte
chap. . 4, verset 12
ur sans voir qu'elle ne
66. Sefer Ietsirah,
67. Les Lois, paragr 736.
Página 20
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)La Prudence et la Connaissance sont ses ministres.
La Longanimité est auprès de Lut...
Il exerce la Force et la Puissance, et une intense Fureur &, »
La théorie des lettres mères, doubles et simples, exposés dans le
Sefer Ietsirah se relie de son côté aux traditionnelles spéculations
grecques sur l'alphabet de 24 lettres : 9 consonnes, 8 semi-consonnes #, et 7 voyelles ©. Discutant des théories pythagoriciennes, Aristote remarque : les consonnes doubles Sigma, Psi et Zéta sont des
accords; parce qu'il existe trois accords musicaux, il y a trois
consonnes doubles » 2, et il continue: « Certains avancent d’autres
choses, disant par exemple que des deux cordes médianes, l’une est
de neuf et l’autre de huit et que, de même, le vers épique [l'hexamètre] est de dix-sept [syllabes], égalant en nombre [la somme de ces
deux cordes]. Dans l'alphabet, la distance qui sépare l'Alpha de
l'Oméga égale cette autre qui existe sur la flûte entre la note la
plus grave et la note la plus aiguë, ce nombre étant identique à l’harmonie totale qui gouverne le ciel. L'alphabet grec comporte bien
d’Alpha à Oméga sept voyelles et dix-sept consonnes (et semiconsonnes). On notera que six des sept lettres doubles hébraïques :
beth, ghimel, daleth. kaph. pe, resh et tau se retrouvent parmi les
semi-consonnes grecques : bêta, gamma, delta, kappa, pi, tau. Et
que le qualificatif de mère de la lettre hébraïque shin est sans doute
rellé au caractère double de la lettre grecque sigma.
369
js uns se symbolisant par les autres. Paul joue habilement sur le
double sens. Le Livre de la Formation a d’ailleurs repris presque
…_jextuellement le mot grec stoïcheion sous cette forme hébraïsée
—…autimot, un vocable dont les linguistes reconnaissent l’origine étran-
| gère.
…__Onne peut manquer de faire le rapprochement : d'après les
écrits retrouvés à Qûümran, les esséniens attachaient une très grande
importance à leur calendrier rituel, exigeant « que [les hommes
“ saints) se conduisent devant Dieu de façon parfaite selon les révéla-
“ions Concernant les fêtes réglementaires 1».
Comme Platon inspiré par Pythagore, les esséniens avaient une
_orarnde révérence pour les anges qui régissaient les éléments du
Monde. Dans les hymmes découverts dans une des orottes de la mer
Morte, leur auteur proclame : « Tu as confié aux esprits éternels,
dans leurs empires, les luminaires célestes en accord avec leurs lois
mystérieuses et aussi les étoiles, selon les sentiers qu'elles suivent 74 »
De nombreux détails sur le calendrier rituel se trouvent dans le
Livre. d'Hénoch et dans le Livre des Jubilés. Ce calendrier 5 essen-
… tiellement solaire (et non lunaire comme le traditionnel calendrier
d
… religieux juif, celui qui nous sert toujours pour fixer la date de
Pâques) était établi sur quatre saisons de trois mois (figurables par
le nombre rectangulaire hétéromèque 4 X 3 ou Douze), chaque saison
F4 ni a
comptant 13 semaines exactement (ce qui, par ce 13, ramène à la
seconde ligne du lambda de l’Ame du Monde platonico-pythagoricienne).
L’alphabet du gnostique Marc
L'apôtre Paul a repris sa polémique dans son Epître aux
ColoSsiens
+ Puisque vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur,
InarCchez en lui. fermement attachés à la foi telle qu'on vous l'a
Hostile au judéo-christianisme (c’est-à-dire plus exactement à
tout ce qui rappelait par trop l’essénisme dans le christianisme primitif), l’apôtre Paul a, dans son épître aux Galates, écrit ces phrases
étranges : « Quand nous étions petits, nous étions asservis aux éléments du monde. Au temps où vous ne connaïissiez pas Dieu, vous
avez servi comme des esclaves ces êtres qui, de leur nature, ne sont
pas des dieux; à présent que vous connaissez Dieu, comment
POUVEZ-VOUS rélourner à ces faibles et pauvres
éléments auxquels
Vous consentez
siècles ont tellement polémiqué contre les gnostiques que l’on avait
presque fini par croire qu'il s'agissait de formes déviées ou aberranles jours, les mots, les Saisons, les années! Je crains
de m'être
“tes du christianisme. Sans aller jusqu’à dire que le Jésus des Evanà vous asservir une fois de plus? Vous observez
donné de la peine avec vous pour rien. » Le mot grec
Stoicheion, signifie aussi bien les astres que les
68. Ecrit de Damas, DuPoNT-SoMMER,
.
;
i
6
» 09. CIcC
Se Sol Ro consonnes et A
plus ancien exposé de
cett
(paragr_ 424) et Philèbe (parag. 18 D
lettres de l'alphabet,
EUR Mn
sorie
, (2 Le Commentateur Alexandre d’Aphrodisie
Psi à l’octave (2/1) et Zéta à la quarte A3).
72. Métaphysique, paragr. 1093.
;
pour élément :
enseignée... Veillez à ce que personne ne vous séduise par la philosophie et une vaine tromperie, selon la tradition des hommes, selon
leséléments du monde, et non selon le Christ; car c'est en lui que
réside réellement tout le Plérôme de la divinité.» La dernière
phrase nous introduit de plain-pied dans ce mouvement multiforme
qu'on appelle la « gnose ». Les hérésiologues chrétiens des premiers
…ciles était lui-même un gnostique, il faut bien reconnaître que cer… Lains de ses propos vont très loin en ce sens. Après avoir rapporté
… 2 Parabole du Semeur, les trois évangélistes synoptiques ajoutent :
“Lorsque [Jésus] se trouva seul, ceux qui FERFOURAENE avec les
… Douze l'interrogèrent sur la parabole. Il leur dit : “ À vous, il a été
.
,
D 7 Pon : Grave
attrib
Ï
i
3/2
Me quinie
G/2)
"73 Rouleau de la Règle (DUPONT-SOMMER, Op. cit, D. 89)
74 Hymne À : voir DUPONT-SOMMER, op. cit., p. 217.
45: Etudié en détail par A. DUPONT-SOMMER, Nouveaux aperçus sur les Manus
“Crits de la mer Morte, Paris, 1953, p. 141, 156.
16: Chap. 2, versets 6 à 9.
Página 21
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)donné de connaître le Mystère du Royaume de Dieu. Mais pour ceux
qui sont dehors, tout est annoncé en paraboles afin qu'en regardant
de leurs yeux ils ne voient point, qu’en entendant de leurs oreilles ils
ne comprennent point, de peur qu'ils ne Se convertissent et n'obtiennent le pardon de leurs péchés ” 71. »
rre qui dicta ses souvenirs
Jean (t\ = 10, en grec); Xephas, pour PieMat
thieu (u — 40). Les deux
Les esséniens de Qûümran insistent, eux aussi, sur le caractère
initiatique de leurs doctrines. « Que [l’homme intelligent] réserve la
Connaissance véridique et le Droit juste à ceux qui ont choisi la Vote:
Chacun selon son esprit, selon le moment déterminé du temps, il.
les guidera dans la Connaissance; et il les instruira des Mystères
merveilleux et véridiques au milieu des membres de la Communauté,
pour qu'ils marchent dans la perfection l’un auprès de l'autre en tout
ce qui leur a été révélé 8.» À. Dupont-Sommer a mis en lumière
l'invention de la prédestination à Qûmran. « Même avant de naître,
les hommes appartiennent soit au “loft de la lumière”, soit au
“lot des ténèbres ” : leur destin est fixé pour toujours. Il est même
inscrit dans les astres : un très curieux fragment provenant de la.
grotte IV est un véritable horoscope, déterminant d'après le jour
de la naissance la destinée spirituelle de chaque être humain, la part
d'Ésprit du Bien et la part d'Esprit du Mal qui se méleront et se
combattront en lui.» On s'explique la crainte du Christ devant la
possible conversion de l'Homme prédestiné au Mal à qui l’on délivrerait la Connaissance. Le pardon de ses péchés viendrait perturber
l’ordre cosmique préétabli, celui à propos duquel l'Hymne Z de
Oûmran énonce ces propos qui nous paraissent aujourd’hui inacceptables : « Les impies, tu [Dieu] Les as créés pour le moment de ton
COUTTOUX
Et dès le sein maternel, tu les as réservés pour le jour du Massacre ©, »
En se vulgarisant, le christianisme a dû rejeter son caractère
réservé initial. La Gnose s’est donc réfugiée dans des communautés
de plus en plus marginales où se perpétuèrent les enseignements,
secrets. Vers 120 de notre ère, un frère du pape Pie I aurait eu la
vision (de style apocalyptique) rapportée dans Le Pasteur d'Hermas,
un livre qui faillit bien devenir canonique, mais qui fut finalement
rejeté comme La Doctrine des Douze Apôtres. La numérologie mystique y tient une grande place. Les dernières visions font état de
douze montagnes, symbolisant le cercle des nations, au milieu desquelles s'élève une tour à quatre assises de respectivement dix, vingtcinq, trente-cinq et quarante pierres. On a conjecturé8! qu'il s’agissait des quatre Evangiles rappelés par les noms de leurs auteurs :
371
3 Marc (K — 20); Lux (X = 30) et enfin
es
Cinq. (nombre du Mariage) ajoutés aux nombres intermédiair
s'imposent afin d’unir en une seule suite ce qui resterait, sans cela,
des entités isolées :
us
dia
10
|
20
30
40
Evangiles isolés
40
Quadruple Evangile
dun:
10
Le
Ia
Ce genre de correspondance numérico-littérale est mis en œuvre
dans une autre apocalypse : Les Livres sibylins. Ceux-ci calculent
le nombre du nom de Jésus, soit Huit Cent Quatre-Vingt-Huit.
La réflexion mystique sur les lettres de l'alphabet grec s'est
longtemps prolongée dans l'Eglise chrétienne. La pensée la mieux
connue reste celle du gnostique Marc qui vivait dans la seconde
moitié du second siècle de notre ère®. Celui-ci considérait que les
neuf consonnes représentent le Père et la Vérité, les huit semiconsonnes le Logos et la Vie, et enfin les sept voyelles l'Homme et
l'Eglise. Les trois consonnes doubles du groupe des consonnes muet-
A
L
Lo mA
y
ë
%
grecques
Le néopythagoricien Nestorius disposait ainsi les lettres
sur le triangle de Pythagore
71. Evangile selon Marc, chap. 4, versets 10, 11, 12 (et aussi Evangile selon
79. Ouvrage cité, p. 64, 65.
r Gospels, Londres, 1892.
81. TayLor, The Witness of Hermas to the fou
Voir p. 16.
les hérétiques, livre 1, chap. 13 à 21) et HYPPOLITE
Ï
de
80. DUPONT-SOMMER, p 259.
longues notices.
Mathieu, chap. 13, versets 11 à 15, ainsi que Evangile selon Luc, chap. 8,
verset 10. Luc omet la dernière phrase relative à la prédestination des élus).
18. Rouleau de la Règle : DUPONT-SOMMER, op. cit, p. 111.
les hérésies,
Cr
e tes
Dutou
Dation de
(Réfut
livre 6,
chap. 45)
ont consacré
Página 22
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)tes symbolisent les trois éléments du Cosmos (le Feu, l'Air et l'Eau
du Livre de la Formation). Ceci transposait, en mode chrétien, des
spéculations typiquement pythagoriciennes. Dans son Commentaire
de la République de Platon, le néo-platonicien Proclus rapporte ce
schéma qu'il attribue à son maître Nestorius. Celui-ci disposait sur
les deux côtés du triangle rectangle pythagoricien (3, 4, 5) Les sept
voyelles qu'il faisait correspondre à l'Ame et aux sept planètes. Les
Dix-Sept consonnes étaient mises en correspondance avec les douze
signes du zodiaque : les neuf (9 = 5 + 4) vraies consonnes se dis.
posaient sur l’hypoténuse et le grand côté du triangle, les huit
(8 — 5 + 3) semi-consonnes allant sur cette même hypot
énuse
et le petit côté du triangle. Les trois consonnes doubles
étaient tout
naturellement sur le petit côté. Il y a ainsi deux lettres de l'alphabet
grec pour chacune des douze mesures du triangle de Pythagore
(3, 4,5).
Mystérieuses lettres grecques
Les vingt-quatre lettres de l'alphabet grec composent le corps
même de la Vérité. Celle-ci apparut à Marc sous la figure d’une
femme : « Vois tout d'abord sa tête « et W, SOn cou $ et d, ses épau
les
avec ses mains Y et x, sa poitrine 8 et ®, son diaphragme £
et v,
son ventre Cet ft, ses parties sexuelles 7 el ©, Ses cuisses © et p,
ses
genoux 1 ef ñ, Ses jambes x et o, ses chevilles À et£, ses pieds ur et y».
Les kabbalistes juifs ont, eux aussi, placé des lettres sur le « corps »
du Créateur. La plus étonnante description en ce sens serait, d’après
G. Scholem, celle du Shiur Komah5. M. Gaster avait déjà souligné
les analogies entre ce traité (qu'il a traduit en allemand) et les spé-
Culations du gnostique Marc #.
pour figurer le nombre 6 (ce qui la fait, on l'a vu, intervenir dans
À
le Nombre de la Bête de l’Apocalypse).
Discutant du pourquoi de la création en six jours (Dieu se
reposant le septième), saint Augustin estime que tout cela reste
normal puisque Six est le plus parfait des nombres parfaits ; il
ajoute : « Nous ne devons pas dédaigner la science des Nombres,
qui constitue une aide précieuse pour interpréter de nombreux passages de la sainte Ecriture. Et ce n'est pas pour rien qu'il est ent
que l'Eternel a tout ordonné par mesure, par nombre et par poids Ÿ.»
L'idée de relier le récit de la Genèse à la perfection pythagoricienne
de Six aurait été découverte par Philon d'Alexandrie (vers 30 av.
J-C:), ce savant juif qui tenta de concilier Platon et Moïse. Philon
explique à propos de la crédtion : « Pour que les choses se formassent à l'existence, il fallait une harmonie. L’'harmonie exige le
nombre. De tous les nombres, Six est celut qui régit la formation.
C'est le premier nombre parfait en partant de l'unité, puisque égal
aussi bien à la somme qu'au produit de ses parties“, Sa moitié est
trois, son tiers deux. Il est par nature mâle et femelle et possède
la puissance de l’un et de l'autre. L'impair est en effet mâle et le
pair femelle. Partant du nombre impair Trois et du nombre pair
Deux, on obtient Six en les faisant se reproduire. Puisque le monde
est parfait dans son harmonie universelle, sa formation fut gouvernée par un nombre parfait, c'est-à-dire par Six®.»
Le mystère « insigne » du nom de Jésus est celui-ci : ses six
lettres se développent en vingt-quatre :
I
iôta
:
E
êta
3
S
sigma
5
(@)
O MICron
EN
Ouvrant la bouche, la Vérité prononça à l'intention de Marc
une parole, le nom de Jésus, puis se tut. Et comme Marc attendait
U
ui
S (final)
2
(u « simple »)
san
3
(forme dorienne »
pour en savoir davantage, la « Tétrade » lui dit : « As-tu considéré
comme insignifiante cette parole que tu as entendue de la bouche
de la Vérité ? Ce nom n'est pas ce que tu sais et t'imagines posséder
depuis longtemps ; tu n'en connais que le son, mais tu en tgnores
la vertu. Jésus, en effet, est un nom insigne, formé de six lettres,
et invoqué par tous les appelés.» Dans sa thèse de doctorat, À.
Dupont-Sommer s'est longuement arrêté sur ce nom insigne, en
grec : episemon %. Marc a en effet joué sur les deux sens du mot
episemon. Il y a la signification courante : insigne, remarquable. Il
ÿ 4 aussi la signification secrète de : Six, la lettre episemon ayant,
malgré sa disparition de l'alphabet classique #, continué à Servir
Di
ns C.G: SCHOLEM, Les grands courants de la Mystique juive, Paris, 1968,
46/77:
84, M. GaStER, Das Shiur Komah, dans Studies and Texts de cet cie
85, À. DUPONT-SOMMER, La doctrine gnostique de la lettre « Wâw», Paris,
86. Elle correspond au Vav phénicien et hébraïque
373
24
De façon analogue, Marc trouve 30 dans Christos %. Vinst-Quatre
est le nombre des lettres de l'alphabet grec. Mais celui-ci n’est pas
— parfaitement équilibré avec ses trois séries de 9, 8 et 7 lettres. C’est
alors qu'intervient un mystérieux sauveur : « Comme la proportion
manquait, celui qui avait été établi dans le Père fut envoyé en
dehors et descendit vers celui dont il avait été séparé, en vue de
redresser ce qui avait été fait, afin que l'unité du Plérôme \c’est-à-dire
—
des Lettres], possédant l'égalité, eût pour fruit de rendre une en tous
la puissance qui vient de tous : et ainsi le (groupe) des sept reçut
la
“vertu des huit, et les trois lieux devinrent égaux en nombre,
et ces
…
87. Cité de Dieu, livre 2;° chap. 30.
MG
L+ 2 L 3 = 1 x 2 x 3.
89, De opificio mundi,
90. Ecrit Xpeioroo en huit lettres.
Página 23
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)ATLANTIS
trois (groupes de huit), en s'ajoutant les uns aux auires, formèrent
le nombre de vingt-quatre » ce que Marc rattache au récit évangélique de la Transfiguration sur la Montagne à l'issue de laquelle le
Christ : « qui, après six jours, a gravi la montagne, lui quatrième,
après être devenu sixième, est descendu et a été retenu dans l'Hebdomade, étant lui-même Ogdoade insigne, et possédant le nombre complet des élémentsp (c'est-à-dire à la fois 24 et 801, somme d’Alpha et
|
d'Oméga).
Si la pensée de Marc demeure (relativement) bien connue, elle
est loin d'être la seule. Les voyelles en particulier firent l’objet de
nombreuses spéculations numérologiques. P. Carnac remarque en ce
sens que l’on peut retrouver le Nombre de la Bête dans les voyelles
disposées en triangle selon le schéma ci-dessous?! où se dessinent
La relation symétrique suivante n’est pas moins remarquable
TR (15) + TR(21) — Rectangle (15,21) — 36
quand on se souvient que Six Cent Soixante-Six est le TrenteSixième nombre triangulaire.
L’attitude d'esprit de Marc s’est longuement prolongée dans
l'Eglise d'Orient. Le moine palestinien saint Sabas (mort en 512) a
écrit une méditation sur : Les Mystères des Lettres grecques. La ver
sion copte de ce traité a été éditée et traduite %, Il semble bien que
l'original grec ait survécu, mais il attend toujours d'être traduit,
oublié qu'il est dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale *.
Tout comme Marc, saint Sabas n’ignore point les mystères « insignes »
de l’épisemon. Il donne en particulier une représentation schématique
du monde selon Six plans : la Triade supérieure se reflète analogiquement dans la Triade inférieure puisque, comme le dit la Table
d'Emeraude, « ce qui est en haut procède de ce qui est en bas, et
ce qui est en bas procède de ce qui est en haut ». Nombres et lettres
sont bien des modèles analogiques permettant de connaître le Monde.
Lucien GERARDIN
Le triangle des voyelles grecques renferme mystérieusement
Le nombre de la Bête de l'Apocalypse.
15 triangles élémentaires pointe en bas et 21 triangles élémentaires
(pointillés) pointe en haut. Rappelons-nous que 15 et 21 sont les
exaltations triangulaires de Cinq et Six. On a déjà vu que la somme
des nombres carrés construits sur 15 et 21 forme 666. Il existe
une autre procédure ? pour parvenir avec 15 et 21 au Nombre de la
Bête. Les nombres figurés triangulaires construits sur eux valent :
I fl
FRICLS) ER I20
TR (21)
231
leur somme est donc de 351. Se rappelant que le nombre rectangulaire construit avec 15 et 21 vaut 315 (le quart des Mil Deux Cent
Soixante de l’Apocalypse), il saute aux yeux que :
TR (15) + TR(21) + Rectangle (15,21) = 666
91. P. CARNAC, Architecture sacré
Saint Jean-de-Braye, 1978, voir p. 162,16.
92. Je remercie
de celle ci
bi
:
;
4
YN
XXTA xD o21+<
e
des premières formes,
L
le bien vivement P. Carnac pour m'avoir fourni les éléments
93 Par Mgr Hebbelynck, Louvain, 1902.
94 Mss. grec n° 2314, folios 323 à 343 v°.
Página 24
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)erecki, Stockhausen. Employment: 1983-86, CEMAMU, taught courses, assisted devel-
Anastasia Georgaki
opment of real-time UPIC system; 1986-94, IRCAM, developed real-time applications,
Anastasia Georgaki was born in Lefkada, She studied Physics (University of Athens,
taught courses on new technology in composition; since 1994, associate professor of
composition, and director, The Hiller Computer Music Studios, University at Buffalo,
New York. Guest professorships: 1999-2006, Kunitachi College of Music, Tokyo; 1999-
1986) and Music (accordion, piano, harmony, counterpoint, 1981-1990) at the Hellen-
2001, Carl Nielsen Academy of Music, Denmark; 2007, New York University; 2009, Fulbright Award at the National and Kapodistrian University of Athens, Greece. Composition prizes: (1st prizes) Irino Prize, Japan; Bourges Prize, France; El Callejon Del Ruido Algorithmic Music Competition, Mexico; USA League-ISCM Competition, Leonie Rothschild Prize, USA; (2nd prize) Music Today Prize, Japan; (3rd prize) Newcomp
Electronic Music Competition, USA; (honorable mentions) Prix Ars Electronica 1993,
1995, Austria; Kennedy Center Friedheim Awards, USA; Sonavera International Tape
Music Competition, USA; Luigi Russolo Competition, Italy. Commissions: International
Computer Music Association, Sonic Arts Research Center, Belfast, Festival El Callejon
del Ruido, Mexico, Dutch Ministry of Culture, and Zentrum für Kunst und Medientechnologie, Germany, etc. Performances: International Computer Music Conference, ISCM
World Music Days, Gaudeamus, Tokyo Music Today, Bourges, Huddersfield, Sonorities,
etc. Recordings: ADDA, ALM, Apollon, Big Orbit, CBS-Sony, Centaur, Classico, CM)J,
EME, Hungaroton Classic, Harmonia Mundi, ICMC2000, ICMC2003, IKG Editions, Innova, MIT Press, Neuma, Salabert, SEAMUS, Sirr, and Wergo Records.
ic Conservatory of Athens. She studied also Computer music and music acoustics and
informatics at IRCAM (DEA, 1991) and accompolished her PhD in Music and Musicology of the XXth century in 1997. During the period 1995-2002 she has been teaching Musical Acoustics and Computer music at the Music Department of the Ionian
University at Corfu where she has been elected lecturer in 2001. In 2002 she has moved
to the Music Department of University of Athens as lecturer in Music technology and
since October 2007 she is assistant professor in Music Technology at the same department. She has participated in many computer music conferences and has published a
number of articles concerning the synthesis of the singing voice, the interactive music
systems and the Greek electroacoustic music. Her research projects focus on controlling
synthetic voices through a MIDI-accordion in an electroacoustic music environment,
archiving of Greek electroacoustic music, aesthetics of the applications of new technologies in music creation, applications of music technology in education, music technology and visual music and further development in computational archeomusicology concerning the remodelling of the voice. Last, she is a professional accordion player (www.novitango.gr), having performed in many concerts all over Greece with her
quintet, with orchestras and other groups.
Michael Taroudakis
Michael Taroudakis is Associate Professor and Chair of the Department of Mathematics of the University of Crete. He graduated from the Technical University of Athens in
1979 with a Diploma of Naval Architect and Marine Engineer. He received his PhD in
Underwater Acoustics from the same University in 1988. He started his Academic career as Lecturer at the Department of Naval Architecture and Marine Engineering of
the National Technical University of Athens in 1990. Since 1993 he is Faculty member
of the Department of Mathematics of the University of Crete, and recently he has been
elected as full Professor at the same Department. Since 1988 he is also collaborative
researcher at the Institute of Applied and Computational Mathematics of the Foundation for Research and Technology-Hellas. His research interests are focused on the
mathematical modeling of physical phenomena with emphasis on problems of wave
propagation and especially acoustics. He has more than 60 papers published in Scientific Journals and Conference Proceedings with referees and has undertaken many research projects as scientific responsible and coordinator. He is Fellow of the Acoustical Society of America, President of the Hellenic Institute of Acoustics and member of
the Technical Committee of Hydroacoustics in the European Acoustics Association.
His involvement in music has no academic or research character, as it is related to his
general cultural interests.
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Curricula vitae
Pychagorean views on music: mathematical and philosophical dimensions