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LA METAPHYSIQUE
Ú
COMME SCIENCE DE L'AU-DELA INTÉRIEUR ET SUPÉRIEUR
A LA NATURE COMME AU SUJET
L'origine du mot métaphysique (ce qui a été publié aprés la
physique d'Aristote) est aussi peu instructive sur sa nature que
l'est la diversité du contenu qu'évoque ce terme, magnifié par
les uns ou méprisable pour beaucoup. La notion la plus commune que suggére celte appellation est difficile ou
presque
impossible à fixer avec précision el unanimité. On n'a,
pour
s’en rendre compte, qu'à consuller les divers dictionnaires philosophiques. Mais cette constatation permet déjà de déterminer
un Caractère commun à toutes les productions d'un même effort
rationnel qui, s’estimant toujours incomplet, projette, au dela
des sciences positives et des doctrines logiques, psychologiques,
morales, une sorte d’irréduclible surcroît et de nécessaire dépassement. C'est ce simple fait qu'il importe d'abord de souligner
par le très bref rappel de quelques points d'histoire, avant de
chercher à circonscrire plus précisément cet au-delà intérieur
et supérieur qui semble être le lieu même de la métaphysique.
Peut-être les premiers essais de cosmologie où s'est complu
la pensée humaine en éveil ont-ils pu suggérer confusément à
l'esprit, par leur imprécision même et l'échec final de leur
volonté d'identification réductrice, que les choses offraient et
offriraient toujours une complexilé réfractaire à l'analyse. Car
toute tentative de dérivation du tout à partir d'un élément privilégié est fatalement vouée à l'impuissance, comme s'il était
Revue ox Mira. — T. LVIl (ue 3-4, 1947).
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COMME SCIENCE DE L’AU-DELA INTÉRIEUR ET SUPÉRIEUR.
A LA NATURE COMME AU SUJET
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-L’origine du mot métaphysique (ce qui a été publié après la
physique d’Aristote) est aussi peu instructive sur sa nature que
l’est la diversité du contenu qu'évoque ce terme, magnifié par
les uns ou" méprisable pour beaucoup. La notion la plus commune que suggére cette.appellation est difficile ou presque
impossible à fixer avec précision el unanimité. On n'a, pour
s’en rendre comple, qu’à consulter les divers dictionnaires philosophiques. Mais cette constatation permet déjà de délerminer
un caractère commun à toutes les productions d’un niéme effort
rationnel qui, s’estimant toujours incomplet, projette, au delà
des sciences positives et des doctrines logiques, psychologiques,
morales, une sorte d'irréductible surcroît et de nécessaire dépassement. C'est ce simple fait qu’il importe d’abord de souligner
par le très bref rappel de quelques points d'histoire, avant de
chercher à circonscrire plus précisément cet au-delà intérieur
et supérieur qui semble être le lieu même de la métaphysique.
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I
Peut-étre les premiers essais de cosmologie ot s’est complu
la pensée humaine en éveil ont-ils pu suggérer confusément à
l'esprit, par leur imprécision même et l'échec final de leur
volonté d'identification réductrice, que les choses offraient et
offriraient toujours une complexité réfractaire à l'analyse. Car .
toute tentative de dérivation du tout à partir d’un élément privilégié est fatalement vouée à l'impuissance, comme s'il. était .
Revue be Mara. — T. LVII (no 3-4, 1947).
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)possible et légitime
de
pratiquer
un recours analytique
en
faisant un perpétuel abus inavoué de la synthèse. Or, cette
incapacité
fondamentale
d'instituer
une
réciprocité parfaite
entre l'analyse et la synthèse est déjà la preuve que la totalité
synthétique est plus que la somme des éléments de l'analyse et
qu’en elle s'expriment une unité et une activité de liaison qui
transcende toul donné, toute énumération
et toul inventaire.
Peut-être la première lecon à relenir de l'échec constant des
« Megí pöceı » primitifs, est-ce la nécessilé pour la pensée, dès
qu’elle cherché à expliquer et à systématiser, non d'affronter
le réel dans la disparité confuse des diverses réalités sensibles,
mais plutôt de prendre du recul par rapport à celles-ci, afin de
découvrir
d'abord le principe ou,
comme dira Platon, l'Idée
-apérante qui les engendre et les rend intelligibles.
|
_ Mais sans doute Platon est-il trop tôt nommé, car il n'eût
peut-être pas compris la nécessité du « passage au delà », sans
la découverte par
Pythagore
de
cette
idée
d’infini
qui ne
pouvait prendre place dans la série, comme un signe et une
invitation à chercher sur un plan supérieur, non pas la cristallisation
de tous les irrationnels, mais plutôt, dans sa source
mystérieuse, le secret et inaccessible principe de la rationalité
elle-même. Quoi qu'il en soit d’ailleurs du sens dernier, de la
nature authentique et de la portée véritable de cette invention,
et même si elle est d’abofd apparu aux Pythagoriciens comme
une scandaleuse découverte, n’était-ce pas reconnaitre, au moins
en gros, un au dela, une réalité scientifiquement et réellement
incontestable,
bien
qu'il fit
impossible
de
la réduire pour
l'identifier, et même de l’employer utilement et distinctement ?
‘On ne saurait exagérer l'importance historique de ce fait, car
ce fut vraiment la découverte d'une nouvelle dimension dans
l'ordre du savoir humain. Ceux qui vinrent après Pythagore en
eurent une conscience expresse, puisqu'ils firent désormais une
grave réserve sur l'étendue et la capacité de la science, substituant significativement le mot philosophe au mot sage, lequel
en effet était devenu présomptueux pour qualifier
les efforts des
savants et des doctes. L’exemple de Socrate se situe d’ailleurs
dans la même ligne, puisqu'il garde du pythagorisme le primat
de l'intériorité, et cela non pas seulement, comme on l’a dit,
pour assigner à toute entreprise philosophique un point de.
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départ psychologique, mais
surtout parce qu'il avait compris :
que la voie directe d'action sur les choses et de compréhension
«du réel (celle même des premiers physiciens et à plus forte
raison des Sophistes) étant, pour ainsi dire, fermée, il ne restait
plus qu'à passer du dehors au dedans, pour comprendre même
le dehors; et, en même temps, par ce passage à l’intériorité, il
acquérait le même sens du mystère que les pythagoriciens et,
comme eux, s’empressait de reconnaître la limite incurable de
son savoir,
en déclarant: « Tout ce que je sais, c'est que je ne
sais rien », et même en réservant un rôle à la divination des
oracles et à l'inspiration supra-humaine. A son tour, Platon
prolonge et approfondit cette double tendance à l’intériorisation
et au dépassement. Personne n’a compris comme lui que le chemin vers l’intelligibilité était à sens unique et que se tromper de
sens, c'était non seulement aller vers la dispersion et l’incohérence, mais subvertir tout l’ordre des valeurs et se fermer aux,
plus infimes comme aux plus hautes. S'il est vrai, comme il
Vaffirme, que le monde du changement et du divers n’a de
réalité et d'intelligibilité qu'en fonction de l'univers des raisons
ou des Idées, qui lui sont immanentes, et s’il est vrai surtout |
que ces normes intelligibles doivent leur pouvoir illuminateur
et réalisateur à l'Idée suprême et efficace du Bien, il faut dire
qu’une sorte de première maturité fut atteinte en métaphysique
le jour où l'esprit humain eut découvert un double conditionnement: celui du savoir positif par le savoir réflexif, et celui du
savoir réflexif subjectif par la réflexion même sur l'absolu.
Après cela, le génie classificateur d'un Aristote peut venir
pratiquer des coupes, ordonner des hiérarchies ou développer
des analogies, le réquisit fondamental est posé : les distinctions
nécessaires et la distribution des plans étagés ne parviendront
pas à empêcher le mouvement ascensionnel qui, parti en apparence d'en bas, par impossibilité de rien comprendre au ras des
faits purs, reçoit paradoxalement
sa puissance et sa lumière
d'en haut. En sorte que l’étymologie ambigué du terme métaphysique finit par s'infléchir dans un sens décisif: il ne
s’agit pas d' une physique supérieure, mais d'une véritable philosophie de l'esprit et de la valeur.
Et pourtant ce n’est encore là qu'une étape. Elle a1 été franchie
lorsque l'intervention de la Bible et du Christianisme a placé
Página 5
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)l'homme définitivement au-dessus de la nature, grâce à une
supériorité qui permettait d'agir positivement sur le monde
physique, et, mieux encore, l’a inséré dans un ordre supérieur,
grâce à une science devenue opératoire et conquérante, comme
aussi
et surtout à
une destinée
supra-naturelle et transcendante à tout l’ordre humain. C'est seulement alors que l’homme
a pu concevoir, en fonction d'une vocation supérieure au temps
et à l'espace
et par l’idée même d’une victoire prochaine et
définitive sur le déterminisme des forces confinées en ce monde
périssable, une vérité et une réalisation d’un absolu, une tran-
‘ scendance infuse en la destinée humaine,
une philosophie
‘étendue à un ordre supra-naturel et préparatoire à une double
vie métaphysique et religieuse.
Ainsi, l’histoire de la
véritable et
métaphysique manifeste et justifie la
complète notion
de celte science
par
un accès
possible, réel, à cette transcendance qui, à partir de l'ordre
physique, nous prépare, nous promeut à un ordre ascendant et
jusqu’à un dépassement des sciences dites positives et d'une
civilisation simplement utilitaire ou-terrestrement sociale. Ce
que nous avons de culture même savante et moralement civilisatrice ne se conserve, ne s'enrichit, ne survit qu’en s'élevant
à
cétte ascension qui réunit en elle tous les mythes pour les
purifier, toutes les intuitions pour les justifier, toutes les crises
du passé pour les dénouer, toutes les traditions et tous les progrès pour les faire aboutir. La métaphysique peut donc ètre
considérée comme un besoin normal, comme l’aveu d'un au-delà
et d’un élan irrésistible vers un ordre qui paraît procéder de
tous les efforts humains, parce qu'en effet ils ne peuvent tendre:
que vers ce qui les aimante. Replacée dans ce contexte, la
métaphysique n'est plus seulement conjecturale,
chimérique,
dangereuse même par la fragilité de ses bases ou l'impossibilité
des vérifications décisives: elle couronne la philosophie autonome et la plus cohérente
; elle la suspend aux fins suprêmes
de notre pensée et de notre action, contribuant ainsi au salut de
notre civilisation et à la préparation de l’ordre éternel à travers
l'histoire grandiose de la création. Exigée à la fois par les faits
et par ce qui explique les faits — car c’est méme chose de comprendre et de rendre raison, — la métaphysique offre une double
garantie d’efficience et de finalité. Elle est proprement l’impos-
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DE L'AU-DELA.
sibilité de tout réduire et de tout niveler,
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puisqu'aussi bien
l’intelligibilité est refoulée par l’esprit lui-même jusqu'au terme.
Au dela de tout ce que nous pouvons connaitre de nous et de
tout, il y a ce que nous sommes, le mystère de l'être; au cours
de toute investigation, il y a ce qui dépasse
le représenté, le
résidu de la connaissance, le surcroit: d'où, bon gré mal gré,
une première métaphysique immanente, à la première puissance, .
dans toute la série, et une métaphysique transcendante et postulante, à la deuxième puissance, qui étudie ce fait même du
surcroît inévitable et irréductible et en détermine, sans prématurément se borner, le sens profond et les réquisits ultimes. On
peut dire que; en fonction de cette immanence, la métaphysique
apparaît d’abord comme la révélation d'un sous-entendu permanent, et aussi, en fonction de cette transcendance, comme
la
récupération active et réflexive sur toutes les déterminations
comme sur toutes les médiations du terme à la fois premier et
dernier, qui urge au plus bas parce qu'il attire au plus haut,
et qu'il faut nommer l’Absolu ou encore la Valeur.
II.
Mais
il ne suffit pas d'attribuer au mot métaphysique un sens
général se rapportant à tout ce qui dépasse les diverses sciences
| posilives, füt-ce celles qui concernent les besoins de la pensée,
de la vie sociale, de la destinée humaine. C’est à chacune des
sciences positivement organisées que doit s'ajouter un problème
ultérieur, dont lé préfixe meta peut suggérer l'originalité
suprême. En toute rigueur de termes, il n'y a pas seulement
une méla-physique, c'est-à-dire au delà des sciences de la
nature (on peut consulter sur ce sujet l’œuvre si puissamment
originale de Pierre Duhem), mais encore une méta-mathématique
(les travaux
dé
Cavaillés
et
surtout ceux
de Lautman
en
amorcent la preuve), une méta-logique (le regretté Serrus y
avait insisté dans sa communication au Congrès de Philosophie -
de Marseille en 1938), une méta-psychologie (on se souvient du
texte devenu classique de Lachelier sur Psychologie et Métaphysique), une méta-morale (mais sans dislocation des deux Raisons
théorique et pratique), une
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métà-politique
(celle même que
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)révait de constituer Platon, quand il opposait à la politique
« de cuisine » la politique rationnelle, seule capable d’assurer
en même temps le salut de la Cité et des individus), une métareligion
enfin
(par une
philosophie
de
la religion positive,
au delà de tout déisme rationaliste et dans le respect absolu de
la spécificité des valeurs religieuses et, a plus forte raison, de
la Lranscendance surnaturelle).
|
Sans entrer plus à fond dans l’étùde des rapports originaux
entre les méthodes et les objets distincts de cette organisation:
totale, faute de laquelle la vie humaine ne saurait se parfaire .
ni justifier toute sa destinée, nous sommes bien en droit, on
nous l’accordera, d’exiger pour une philosophie intégrale de la
pensée, de l'être et de l’agir, par delà les analyses propres aux
études spécialisées, une synthèse aussi harmonieuse, aussi complète et réalisatrice que possible. Si la division du travail, des.
compétences, des résultats techniques reste nécessaire et doit
devenir plus féconde que jamais, il importe par dessus tout dene pas rester « une partie d'homme » dans l'immense universalité qui forme l’histoire et le but de l’univers où nous sommes.
plongés et où nous avons un rôle justifié à remplir et un service
universel à rendre.
|
C'est sous cet aspect que la philosophie peut et doit déployer
toules ses ressources et
remplir sa fonction
architectonique.
Sans empiéter sur aucune des libres recherches et des sciences
particulières, elle forme ce tissu qui, dans chaque organisme,
sert de liaison, de tissu connectif nécessaire à tout être vivant.
En sorte que, de ce point de vue encore, et toujours. comme
synthèse suprême et unité intime, la métaphysique est partout.
comprise et partout appelée. Aucune science ne s'en passe, si
ce n'est apparemment, puisque tout effort de systématisation,.
à quelque degré et en quelque domaine qu'il soit poussé, fait
appel à la fois à un vinculum et à un sursum. Et l’on comprend
la parole d’Aristote disant de la philosophie qu'il faut encore en
faire pour pouvoir s’en passer.
Toutefois, ajoutons qu’un préjugé tenace voudrait faire tenirla métaphysique dans l’abstrait, et cela d’une double façon, soit.
en voyant
dans
l'action une
anarchie
irrationnelle,
soit en:
considérant la foi religieuse comme coupée de toute relation
avec la raison, dont l’adhésion même à un Credo suffirait &
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| aliéner l'autonomie. Tout mon effort s'est au contraire exercé
contre cette double restriction et déformation.
montrer, d'une part, que l'action
J'ai
tenté de
comporte une logique immanente, celle même de la norme intime qui la dirige, et qu'il y a
une valeur initiatrice et proprement noétique de l’agir, trop
méconnue; d'autre part, qu'une extension de la philosophie par
une réflexion autonome sur la religion positive constitue, en
soulignant à la fois la connexion et l'hétérogénéité des deux
ordres de la nature et de la surnature, un agrandissement de
la raison éminemment profitable à la spéculation métaphysique
la plus légitimement jalouse de ses prérogatives inaliénables.
Daris la mesure où l’on aura soin dans l'avenir de recueillir les
leçons précieuses de cette interdépendance et de cette intercommunication du penser, de l’être et de l’agir, en même temps que
les enseignements insuppléables de cette interaction constante
en notre civilisation occidentale de la raison avide de s’affirmer,
mais ballottée insatisfaite d’aporie en aporie,
religieux hautement susceptibles
de
et
les mystères
lui apporter des
clartés
stimulantes ou soulageantes, il semble que rien, ni du côté de la
singularité de nos actes el de'nos vies, ni du côté de l’universalité spirituelle et des aspirations infinies, n’échappera plus à la
Judicature souveraine de la métaphysique.
=
Mais lui reconnaître cette fonction totale, c'est exiger qu’elle
s'étende à la fois plus loin et plus haut qu'on n'a coutume de le
faire. Elle n'apparaît certes qu'à ceux qui savent retourner
l'illusion en vérité, le sensible en intelligible et relier les parties
au tout. C’est pourquoi la première faute contre elle est certainement le retour aux formes multiples du morcelage et de la
division, voulant expliquer ceci ou cela à part, ou encore établir
arbitrairement plusieurs couches dans l’êlre, — on peut imaginer
ici toutes les formes de dualismes et même d’absurdismes. Mais :
sa grande tentation est plutôt, à l'opposé, de dissoudre les parties
dans le tout et d'identifier par réduction et non par intégration
unitive, — on conçoit ici toutes les formes variées de monismes
ou matérialistes ou panthéistiques. En sorte que seul le primat
de l'unité spirituelle la rend possible, et seule la reconnaissance
du
transcendant, en valorisant chaque partie
du
tout qu'il
réalise, la préserve et la constitue en-son intégrité. Aussi bien le
caractère le plus distinctif de la métaphysique est-il encore la
Página 9
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)-désignation d’une transcendance, à laquelle, sans l'atteindre
autrement qu'à travers son immanence corrélative ou en son
intimité supra-naturelle, par grâce, nous pouvons et devons nous
référer et nous adonner. En ce sens, nous sommes tous des
‘métaphysiciens de droit et de fait, ne pouvant jamais nous soustraire à la responsabilité d’une telle destinée secrètement voulue
et consentie. Faire de la métaphysique, c'est, peut-on dire,
chercher à déterminer toutes les conditions de la connaissance de
l'univers en fonction de soi, et de soi en fonction de 1'Absolu
transcendant.
Maurice BLONDEL.