Les sentences morales des philosophes grecs dans les traditions orientales

Autor
Esbroeck, M. van
Publicado en
L'eredita classica nelle lingue orientali
Año
1986
Tema
MORALS
Idioma
Français
Categoría
C16 Ética
Número de archivo
5868

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TaGe ESGROCTERK, TK. Michel van Esbroeck Les sentences morales des philosophes grecs dans les traditions orientales Le monde des apophtegmes, pas seulement dans le christianisme, fait figure de sables mouvants si on le compare aux satisfactions que donnent au chercheur les ruines antiques faites de gros blocs de pierre, dont on peut réajuster les éléments assez pour restituer l'architecture et assigner une date au monument. Aucune de ces consolations n’est accordée à celui qui commence à s’enfoncer dans les milliers de sentences diverses attribuées à divers noms célèbres, et malheureusement souvent à plus d’un grand nom de l'Antiquité. L'histoire de l’ecdotique des recueils d’apophtegmes grecs est déjà l'illustration de ce fait. À première vue, les grandes collections sont suffisamment homogènes: d'un côté Diogène Laërce, dont les dix livres bien charpentés demeurent le bréviaire sous-jacent aux Vorsokratiker de Diels-Kranz (!), de l’autre Jean de Stobes, sans doute du V: siècle, dont la vaste collection systématique n’en comprend pas moins une grosse lacune dans les livres Il et III qui touchent principalement l'Éthique. Très tôt, le besoin de savoir ce qui était perdu dans Stobée a orienté les éditeurs vers le repérage de collections d’apophtegmes, de florilèges divers, le plus souvent dénommés d'après Ja ville qui possède le manuscrit dont le recueil est extrait. La grande édition de Stobée est l'oeuvre de Curt Wachsmuth: elle prend sa source dans une étude d’Anton Elter en 1880, lequel remarque que Photius lisait encore plusieurs sentences de la partie perdue de Stohée (2). Le long travail de l’édition devait mettre à contribution la plupart des petits florilèges édités entre temps principalement dans les «Wiener Studien» et le «Rheinisches Museum», et ne se terminer en cinq volumes que sous la plume de ©. Hense en 1912 (*). L’observation de cette succession de publications montre le découragement et le scepticisme “ 3e © L'ERERITR NELLE . CLASS LANGUE ORENT ALL (‘) Nous utilisons l'édition de 1934: H. Diels, Die Fragmente der Vorsokratiter, ed. W. Kranz, 3 Bde, Berlin 19345, () À. Elter, De Stobaei codice Photiano, Bonn 1880. 6) C. Wachsmuth, Johannis Stobaei Anthologii libri duo priores, Berlin 1884; O. Hense, Iohanris Stobaei Anthologii libri duo posteriores, Berlin 1894, 1909 et 1912. O. Hense a longuement décrit les péripéties de l'édition dans l’article Jean Stobée, in REPW IX (1916), coll. 2549-2586. Dans l'article présent, nous omettons sciemment le recueil très étudié des Sentences de Sextus, cf. H. Chadwick, The Sentences of Sextus. À Contribution to the Ilistory of Early Ethics, Cambridge 1959. De même, la Sagesse d'Ahigar serait-elle l'objet d'un traitement différent.

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croissant des éditeurs. Au fur et à mesure que la masse des florilèges vient peser sur les sentences, la variété des attributions rend le problème de l’authenticité d’un dit de plus en plus problématique. Parmi les principaux témoins, on comptait déjà en supplément à l’ancienne édition de Stobée par Meineke en 1857 un florilège de Munich avec 270 sentences (*. H. Schenkl publia une jolie compilation de 160 sentences alphabéticoanonymes en 1889; le même auteur en avait déniché une autre à Vienne, dédiée uniquement à Pythagore, avec 123 sentences (*). A. Elter s'intéresse lui aux Hoici à la tradition en arabe, copte, éthiopien, hébreu, syriaque et arménien. Le premi: point traité sera plus restreint, et touche essentiellement la version arabe des Lor Communes de Maxime le Confesseur. Les autres textes existants seront traités d’un manière moins originale. C'est en examinant le microfilm du ms. arabe sinaïîtique 66 que l’idée nou est venue de traiter des sentences des philosophes grecs dans le cadre de ces conférer ces sur la survivance de l'héritage classique gréco-romain en domaine oriental. On: ou la nature de la sentence que son organisation formelle: 200 sentences paraissent ainsi dans une série des Programmes publiés à l'occasion de la fête anniversaire y trouve en effet une collection de 71 chapitres de sentences païennes et chrétiennqu'un examen assez rapide nous a permis de reconnaître comme une traductiu! arabe des Loci communes de Maxime le Confesseur. A l'intérieur de la collection unitaire formée par les Loci communes d’une part de sa majesté l’empereur et roi Guillaume Il, avec en couronnement en 1904, dans et de l'autre par la Melissa ou lAbeille, Marcel Richard, dans son article sur l moiémata, autre type de florilège où ce qui intéresse le compilateur est moins l’auteur la même série anniversaire, une histoire générale: Gnomologiorum Graecorum bi. storia (f). Mais l'étude qui demeure incontestablement la plus précieuse parce que la mieux fouillée est celle de Léon Sternbach, dans une série d'articles des « Wiener Studien» (”). Non seulement il publie la collection vaticane du Ms. grec 743 (XVI florilèges grecs, a remarqué tout d'abord le caractère complètement factice du nor d'Antoine Melissa attaché au second recueil, dont la vraie dénomination est simple ment l'Abeille (). Le florilège est donc anonyme, et n’est qu'une variante légèr: ment remaniée dans la disposition des chapitres de la collection de Maxime. Ell: est assez tardive pour inclure par exemple des citations de Photius. Plus ancienne siècle), riche de 577 sentences, mais encore il en opéra l'identification minutieuse mais néanmoins encore postérieure à Maxime le Confesseur, est la collection dr avec le matériel déjà accessible, mettant en évidence la pluralité d’attributions de mainte sentence, en puisant largement dans la compilation des philosophes grecs de Mullach (f), dans Stobée, dans Diogène Laërce, et chez Maxime le Confesseur et Antoine Melissa, voire chez Jean Damascène dans une mesure toutefois beaucoup moindre. Pourtant, comme il arrive souvent dans l'ecdotique, le florilège le plus riche que tous appelèrent de leurs voeux n'a pas été édité jusqu’à aujourd’hui: le Par. gr. 1168, utilisé comme point de comparaison par tous, et dont les sentences dépassent le millier (°). Loci Communes ("'). Surtout pour la partie morale, Wachsmuth reconnaissait déj: la valeur et l'abondance de ce témoin, assez riche pour être comparé à Stobé: lui-même pour ce qui touche à la partie éthique, dont les Loci Communes ont plu usé que Photius lui-même. Dans ses études sur les florilèges parues en 1882 Berlin, Curt Wachsmut signale en passant que le ms. Vatican grec 385 (XIV® sit cle) est important pour l'édition de Maxime (!). M. Richard va beaucoup plus loir et démontre que le manuscrit choisi pour aboutir au tome 91 de la Patrologie Grecqu: est le moins bon de tous, si bien que tous les travaux jusqu'ici employés pou: Ce préambule, non exhaustif, du côté grec lui-même, était nécessaire au moment les Loci Communes sont basés sur le texte le moins adéquat. Les manuscrits Pari de passer le seuil des versions orientales. La présente communication ne prétend pas épuiser, en domaine oriental, tout ce qui existe. Elle entend cependant rapprocher et observer des correspondances entre diverses publications très éparses, parfois mal connues de spécialistes cantonnés dans une seule philologie. Nous toucherons gr. 1168 et Vatican gr. 385 devraient donc servir par priorité à une nouvelle éditior: De ce fait, la version arabe nous a fourni immédiatement une illustration. Les Loci Communes sont une collection systématique christiano-païenne: sou chaque thème des 71 chapitres, se succèdent l’Ecriture, Evangile, Actes, Proverbe Siracide, quelques Pères Cappadociens, en général Philon, puis une série de philos:: phes grecs. En consultant le microfilm du ms. sinaïtique arabe 66, écrit en 1266, fol 260-385", nous pensions d'abord rencontrer le florilège du melkite ‘Adballah it» Fadl du XI: siècle, selon les indications du catalogue sommaire d’A. S. Atiya (1) L'examen du contenu montrait à l'évidence qu'il s’agit tout simplement des Lo: Communes de Maxime le Confesseur. La copie intégrale des 12 premiers chapitre {) A. Meincke, loannis Stobaei Florilegium, vol. TV, Leipzig 1854, pp. 267-290. 6) H. Schenkl, Das Florilegium “Aprorov xat rpütov péfinue, in « Wiener Studien», 11 (1889), pp. 1-42; Idem, Pythagorenspriüche in einer Wiener Handschrift, in Wiener Studien», 8 (1886), pp. 262-282. () A. Elter, Gnomica homoeomata ab Antonio Elter edita, vol. V, Bonn 1904, pp. 1*-62* (Programme zu Feier des Geburtstage seiner Majestät des Kaisers und Kônigs Wilhelm 11). La première série de publications d'A. Elter était intitulée De Gnomologiorum Graccorum bistoria atque origine commentationes ab Antonio Elter scriptae, Bonn 1897, coll. 1 à 40. Les fascicules se succèdent dans le Programmes jusqu'en 1904. (?) L. Sternbach, De G logio Vaticano inedito, in «Wiener Studien», 9 (1887), pp. 175-205; 10 (1888), pp. 1-49 et 211-260; 11 (1889), pp. 43-64 et 192-242. Réédité à Berlin en 1961 sous le titre Gromologium Vaticanum e codice Vaticano graeco 743. () Fr. Guïil. Aug. Mullachius, Fragmenta philosophorum graecorum, 3 voll., Paris 1860-1879. (*} La collection cest décrite ainsi par K. Ilorna, art. Grome, G dichtang, G logien, in REPW Supplementband VI (1935), coll. 74-90. Ce ‘millier’ de sentences s’est transformé en un millier de florilèges grecs sous la plume de Strohmayer qui renvoie à la col. 82 de Horna. Strohmayer insère cette déclaration avant un vibrant appel aux ordinateurs pour traiter la matière. Cf. G. Strohmayer, Ethical Sentences and Anecdotes of Greek Philosophers in Arabic, in Actes dn V° Congrès International des Arabisants, Bruxelles 1970, pp. 463-471, spécialement pp. 464 et 471. Les florilèges grecs qui ne sont pas encore entièrement répertoriés, n'atteignent certainement pas le millier. 12 ire de Spiritualité, vol. X (1962), cvll (} M. Richard, s.v. Florilèges spirituels grecs, in Dicti 475-512, repris dans M. Richard, Opera Minora, vol. 1, Tl'urnhout 1976, coll. 487-490. 61) PG 91, coll. 721-1017. M. Richard (ibid., coll. 490-493) démontre que l'édition de Gessn: en 1546 a définitivement interdit l'accès aux collections manuscrites valables. Près de cent manuscrit sont énumérés dans l'article. on (2) C. Wachsmuth, Stdien zu den Griechischen Florilegien, Berlin 1882, p. 82. (u} Aziz Suryal Atiya, The Arabic Manuscripts of Mount Sinai, Baltimore 1955, p. 4; cf. G. Gral Geschichte der christlichen arabischen Literatur, vol. 1, Vatican 1944, pp. 387-388.

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le démontrait amplement. Mais il apparaissait en même temps que la version arabe contenait des sentences supplémentaires par rapport au texte de la Patrologie. Une confrontation avec le ms. gr. Vatican 385 a permis d'identifier tous les passages complémentaires dans le grec. Il y a donc deux types de problèmes qui se posent: le premier est de mesurer la portée d’un florilège plus riche que le texte imprimé pour la récupération éventuelle de sentences inédites, même en grec; la second est de savoir dans quelle mesure ‘Adballah ibn Fadl est l'auteur de la version arabe. En examinant la collection sinaïtique arabe en entier, on constate qu'à partir du chapitre 26, les sentences païennes sont pratiquement éliminées. Pour évaluer jusqu'à quel point le phénomène était dû à un copiste seulement, et peut-être même à celui du ms. sin. ar. 66, nous avons eu recours à un codex plus récent, le ms. Vat. arabe 111 ("*): celui-ci reste en effet également généreux en sentences païennes jusqu’au bout du recueil. Aucun des deux manuscripts arabes ne reproduit cependant toutes les sentences grecques du Vat. grec 385 (‘). Ce dernier est un petit volume à papier très épais, écrit en tout petits caractères, dont les noms des philosophes sont écrits en rubrique dans la marge, et souvent fort effacés. Voici un exemple curieux d’une sentence du chapitre II, 11, restée anonyme dans le codex grec: Oüxe inrou xwpis xalvou obte nhoérou Gixù ppoviorws Bévarov xpatetabar. Elle est attribuée à Pythagore dans les deux manuscrits arabes: Ji XI Vs pl le oil De of jé * ou#l La sentence est cependant attribuée à Pythagore et imprimée en grec dans la Melissa (*) seulement. On voit quels fils subrils et mal étudiés relient le troisième groupe des florilèges grecs mis sous le nom de Maxime et de la Melissa. Quant à en déduire que la sentence devrait avoir les droits d'entrée dans les Vorsokratiker de Diels-Kranz, c'est un autre problème: la même sentence se retrouve en effet dans les homoiémata anonymes publiés par A. Elter ("). Diels, dont la première édition date de 1903, après avoir assisté à la déconfiture des attributions dans les florilèges, a joué la carte la plus sûre, et s'est contenté, la plupart du temps, à indiquer laconiquement à la fin quelques citations sous le titre Apophtegmatik (1), Aussi incertaine que paraisse l'attribution à Pythagore dans la Medissa, le Vat, pr. 385 et ses calques arabes mieux documentés permettent de confirmer l'attribution à Pythagore. Autre est le problème de l'attribution à ‘Abdallah ibn Fadl: celle-ci est basée sur les observations de G. Graf. Une glose d’un manuscrit seulement à Beyrouth, atteste l'attribution de la collection à ‘Abdallah ibn Fadl, diacre d’Antioche (1°). Mais il y a aussi un autre indice: dans le ms. Vat. ar. 111, la collection d’apophtegmes est précédée par des erotapokriseis divisés en 80 chapitres. Or, celle-ci est coiffée (+) lbid., vol. IE, Vatican 1947, pp. 63-64. Vat. 111 (XIV® s.), foll. 99.160. {5} R. Devreesse, Codices vaticani graeci, vol. A1, Vatican 1937, p. 80. (6) PG 137, col. 797 C. (7) À. Elter, Gnomica homoeomata…., cit, p. 5*, n. 23. (18) H. Diels, Vorsokratiker, ed. cit., vol. I, pp. 285, 251, etc. (9) G. Graf, op. cit., vol. IL, p. 64 et la description sommaire du ms, de Beyrouth 545, daté de 1881 par L. Cheikho, Les manuscrits arabes dans la bibliothèque orientale de notre université (en arabe), in «Maëriq» VIE (1905), p. 714. [4 qui surmonte les l: d'une préface dont le style est fort semblable à la| préface ait dans le Cod: trouv se e préfac même la 66: sin. ms. Communes arabes, dans le feuillet entre | d'un du Vatican, mais elle y est acéphale par suite de la chute apparten comme questions 80 de collection fol. 98 et 99. G. Graf a identifié cette attri ” explicitement citation une repéré a en qu’il parce au diacre d’Antioche Iibatal copte du oeuvre dans le ms. Vat. ar. 145, fol. 20°, au milieu d’une éleporati ibn al-‘Assäl (2). De toute manière, G. Graf se trompe en attribuant de la collection elle-même au diacre d'Antioche en. Le P. Cheikho, dans sa Cl 56 de not stomathie arabe publiée à Beyrouth en 1910, s'était servi du chapitre on. l (22). Beyrouth de collection d’après un des manuscrits acéph: arabe, préface cette de traduction la et texte le ici Nous donnons du ms. sin. srabe ( dans le Codex du Vatican. Elle se trouve au fol. 260'-261 Putilité de la sagc de compilateur le faisait se on y peut observer quelle idée ne. chrétien païenne pour l’ascèse L t 5 pop Gel et E NT gi pal ce Lin, DU is; ce bal iaay Jde s 4 He 7 Lu Ubu als il sol QU y! Lol 5 sl; #b Qakall st ÿ Ji 55 gl cils oES La 9 plat ga li pes Jen ü LES, Laul ef ce ous Ge ril cel des4 ot Let ol ole Gsm phil g Las Lun ges iphll D pe J'otes pit lot Lele lies il gLull mil ADI ce hi 95 un La: ph angel LU plants ce lin Lime9 3 Ÿ$ Lu) 38 sil CLS Lg gli pla! ! J gp! pl nt pes 5 mile s5L pt Ja pe 1 Joly août JLaOls al GS ai lait he La 1 ls all les li, +0 Jobs de rlpall QE SL bat gt Last 98 ets ot ll ot Lot, pl els ea ggut ou it LuYi Élt œ axick Le Ÿ 5 dy LUI Sal conço &) G. Graf, op. c., vol. Î, p. 63, n. 22. 1} lbid., n. 24. (2) A. Durand et L. Chcikho, E 257-260. . ticae arabicae, Beyrouth 1896, p. 247; 1910", }

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ge Lili ol Gé pl fil où gt fly Lil js GS dt os Ja 91 Les Je VE list WU pu D LS Celui qui nous a récupérés du puits des ténèbres et nous a remontés du gouffre de la cécité en nous éclairant, nous a dirigés vers ses largesses en se penchant sur celui qui le craint, et celui qui est digne est béni et magnifié comme il l’a dit dans son saint Évangile: «Celui qui réalise et enseigne, celui-là est grand dans le royaume des cieux» (Matth. 5, 19). Et nous manquions de ces deux qualités et nous nous éloignions de ces deux nécessités, et nous avons vu que nous pouvions tirer avantage en les rendant toutes deux plus aisées. Nous avons donc décidé de traduire un certain nombre d'adjuvants, lesquels charment les Grecs par leur harmonie, de ces opinions qui réjouissent à la lecture, des sentences remarquables, [de les traduire] de la langue grecque en langue arabe, et nous avons appelé la collection entière Kitäb al-Rawdat («Livre du jardin»] car on y trouve des parallèles et des énigmes, et nous nous sommes mis à la transcription; or au cours du processus de la transcription, [nous nous sommes mis] à évaluer dans notre travail les excès et les défauts, les progrès et les reculs, en jugeant que Dieu, puissant et parfait, capable et majestueux, nous gratifiait du privilège de la conversion, de la délivrance de la peine du châtiment et de la conduite droite afin de répondre à Qui il est, Quelle est Sa Patience et Sa Générosité. Et quiconque en profitera, le prédicateur ou le redresseur, ou le chef ou le moniteur ou le pasteur ou le moine, en glanant dans les sentences des Pères saints et des philosophes de l'extérieur, ne nous prive pas d'une bonne pensée car nous sommes aux portes de la mort et comblés d'années; si nous faisons quelque profit pour ce qui reste en touchant le meilleur et en retournant aux vertus, alors Dieu aimera ceux qui se rendent bons et il tiendra compte de nous qui sommes baptisés en lui. Le Kitéb al-Rawdat ainsi récupéré a été rapproché déjà par G. Graf de l'ouvrage de Hunayn ibn Ishäq, et du recueil éthiopien auquel puisait Dillmann dans sa Chrestomathie (*). La récurrence même de sentences de philosophes dans les Chrestomathies du dernier siècle, comme d'ailleurs dans les premiers livres d'exercices destinés aux jeunes élèves s'initiant au grec et au latin, est un phénomène intéressant du point de vue sociologique. Le P. Cheikho et L. Dillmann ont eu des réflexes analogues. E. Sachau n'a pas réagi différemment au moment de publier son premier recueil de textes syriaques (?). C'est aussi sous l’habit des Programmes anniversaires d’un gymnase de Bonn que A. Elter a traité des sentences des philosophes, témoignant ainsi de la valeur éducative des sentences, tant du point de vue de la grammaire élémentaire que du fond (). Un des recueils syriaques publiés par E. Sachau a été traduit ensuite par V. @} Nous utilisons une copie du microfilm réalisé en 1950 par fa Library of Congress, ct auquel nous avons eu accès grâce à la libéralité du P. Samir Khalil. € G. Graf, op. cit., vol. 1, p. 64; À. Dillmann, Chrestomathia aethiopica edita et glossario explanah ta, Leipzig 1866, pp. 40-45. @9 Éd. E. Sachau, {nedita Syriaca. Eine Sammlung syrischer Übersetzungen von Schriften griechischer Profanliteratur, Wien 1870, pp. 76-83. 5) V. Ryssel, Neue aufgefundene graeco-syrische Philosophenspräche über die Scele, in «Rheinischesx Museum», N.F. 51, 1896, pp. 529-543, 16 Ryssel en allemand. Par une decision dont la raison nous échappe, sept de ce: sentences allemandes, assez longues, ont eu l'honneur d’être insérées dans les Vorsokratiker d'H. Diels, encore que sous la rubrique des Spwria (?). C'est en constatant ce phénomène qu'on peut se prendre à rêver en songeant aux dimensions que devrait revêtir le celébre recueil ainsi d’ailleurs que son homologue stoïcien publié par von Arnim (?%), s'il fallait y joindre tout ce que la tradition a sauvé dans les langues orientales. Nous nous contenterons ici de l’énumération de l'état de quelques sources en diverses langues orientales, et de démontrer par quelques exemples que certaines d’entre elles ont vraiment tous droits, et même davantage de droits à figurer dan: les Vorsokratiker. Les sources manuscrites syriaques de sentences de philosophes grecs ont été récemment réexaminées par N. Zeegers-vander Vorst (?}: on ne reprendra ici rien de ce qui s’y trouve dûment analysé. Pourtant, cet article manque à remettre en valeur la collection publiée par E. Sachau, et non traduite à ma connaïssance, de près de 65 dits de Theano (*), qu'on donne parfois comme la femme de Pythago re, et qui en tous cas est une éminente présocratique. Il y a là à glaner, de toute évidence. La collection éthiopienne dont se servait Dillmann n'est pas encore édirée de manière valable (*'). Toutefois, elle a été analysée il y a plus de cent ans par Carl Heinrich Cornill: non seulement il y constate les erreurs de traduction, mais il élabore déjà une comparaison avec le recueil hébraïque de Hunayn ibn Ishäq et explicite au long et au large les préfaces éthiopiennes qui montrent que ces recueil: de sentences étaient destinées à être lues dans les réfectoires monastiques (7). Plus tard, cependant, Karl Merkle devait identifier le modèle arabe de la collection éthio pienne dans un ms. arabe de Paris (*), lequel n’a pas encore été publié. La collec tion éthiopienne se ramène donc à un des nombreux recueils arabes. Avant de repasser aux recueils arabes, qui ont été l'objet de publications nom breuses, nous voudrions signaler deux sources arméniennes, beaucoup moins connues En annexe à l'édition des oeuvres de Moïse de Khorène (*), un grand nombre de textes ont été édités jadis par les Mékhitaristes de Venise. Il y a notamment un Livre des Cbries divisé en dix parties, selon les dix définitions du discours. Le modèle de ce texte n'est pas à chercher seulement chez un élève de Libanias, Aphthonios le Sophiste (*). Le texte arménien est en fait beaucoup plus développt (?} H. Diels, Vorsokratiker, cl. Index III, pp. 605 et 646. (#) J. von Arnim, Stoicorum veterum fragmenta, L-IV, Leipzig 1921-1924. {2*) N. Zcegers-vander Vorst, Une gnomonologie d'auteurs grecs en syriaque, in «Symposium syrir | cum 1976» (= Orientalia Cbristiana analecta 205), Rome 1978, pp. 163-177. . (UE. Sachau, op. cit., pp. 70-74: les dernières sentences sont mutilées par le mauvais état du man scrit. 61) C£S. Euringer, Übersetzung der philosophischen Lebrsprüche in Dillmanns Chrestomathia Aetbiopica in «Orientalia», 10, 1941, pp. 361.371. P. 362, note 4, énumère douze manuscrits, dont nous avons contril le Var. éth. 118: les divergences ne sont pas petites. 16 1? C.H. Cornill, Das Buch der swveisen Philosophen nach dem aethiopischen untersucht, Leipzig 1875, pp (1) Ms. Paris arabe 4811 signalé par K. Merkle, Die Sittenspriche der Philosophen « Kitäb ädäb al Fati sifa» von Honcin ibn Ishäq in der Bearbeitung des Mubammed ibn ‘AI al-Ansäri, Leipzig 1921, pp. 20-21. (*) Sancti Patris nostri Moyses Chorenensis opera Len arménien], Venise 1843, puis 1865, pp. 341-579 65) N. Akinian, s.v. Moses Khorenatsi, in REPW, Supplementband VE (1935), col. 540.

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que l'ouvrage d’Aphthonios, et il utilise tout autant des passages importants de Théon d'Alexandrie, comme on admet généralement que c'est à lui que doit revenir une oeuvre dont la structure est toute analogue à celle d’Aphthonios (”). Ces livres d'exercices ou Progymnastica utilisent un grand nombre de sentences de l'antiquité pour illustrer telle ou telle figure de style. Ils étaient déjà pillés par Stobée et Diogène Laërce. L'originalité de la version arménienne, par ailleurs de facture linguistique très ancienne, est de renforcer les exemples empruntés au monde païen par une série d’applications au monde de la Bible. 11 n’en demeure pas moins quelques sentences de Theano, par exemple, dont: le modèle se retrouve chez Théon d'Alexandrie (*). Bien d’autres sentences devraient être isolées et l'oeuvre entière, qui témoigne d’une belle continuité entre l'école grecque et son évolution en Arménie, mériterait une étude renouvelée. L'on trouve également en arménien un recueil de sentences dont le titre témoigne de certaines fluctuations. Personnellement nous l'avons copié dans le ms. de Yerevan Matenadaran 6708, daté de 1635, foll. 232-248: là le titre est Lieux théologiques des philosphes et autres proverbes divins des mêmes. La première sentence est attribuée à Hermès: le recueil n'avait pas échappé à J. P. Mahé qui en cite treize autres manuscrits dans une note (*). L'exemplaire Mat. 6708 comporte dix-sept chapitres très désordonnés, avec des redites: chap. 10 et 17 sur la mort, etc. La caractéristique qui saute aux yeux est la tendance à ajouter à des sentences connues par ailleurs un complément chrétien, ce qui les circonstances ont empêché l'édition de Hunayn ibn Ishäq, que citent de nombre chercheurs d’après des manuscrits divers: de l'autre, le texte d’al-Mubaëäir est dûm nt édité (2?) et excellemment présenté, encore que l'éditeur ait en quelque sorte enlevé àF Rosenthal qui la préparait le privilège de l'édition elle: même (‘). Dans diverses publ . cations, F. Rosenthal a alors remis la substance de son travail (##), sauf l’im ression & texte arabe imprimé en 1958 à Madrid par Abderrahman Badawi. Per Pour la commodité de J'exposition, nous parlerons ici d’abord de l'apport des étu des de F - Rosenthal dans l'analyse d’al-Mubaëtir ibn Fâtik. Ensuite, nous tenterons de montrer l’importance de Hunayn ibn Ishäq, et combien cet ouvrage, toujours inacc 3 ble en arabe, doit prétendre à continuer au mieux la tradition classique gréco-roma ine, F. Rosenthal a soumis le recueil d’al-Mubaë%ir à un examen critique des source « il a refait en son lieu le travail si remarquable de Sternbach: il s’est appuyé, il est Vrai sur une adaptation de Ibn Durayd (‘): en juxtaposant les diverses formes arabes de ha que sentence face au grec, Rosenthal arrive à montrer que le recueil d’al-Mubaë tir da N puie, non sur Stobée ou Diogène Laërce, mais sur le florilège Vat. 753 preuve tan ibL de l'importance de la tradition des florilèges grecs indépendants (‘) Par ailleur 4 $ : prolégomènes à une édition avortée, le même auteur rappelle d'une manière vraiment ex; metre extraordinaire diffusion du recueil de Mubaëäir dans les langues occidental es En effet, la traduction en vieil espagnol, sous le nom de remment repris aux Muräg adh-dhabab de Masoudi était déjà ereÉKnuse (M), la version latine Liber philosophorum moralium antiquorum le fut par E Franceschini (1. en 1414 une version française de Guillaume de Tignonville voyait le jour une autr vençale au XVF siècle, et plusieurs versions anglaises par Stephen Scrope (t 1472) et William Worcester (f 1484), des sélections en vers anglais par George Ashby (f 1475) « une version faite sur le texte français par Earl Rivers (t 1483) (*). Le Mukbtar al-bik , a été écrit par al-Mubaëtir en Egypte au XF siècle. A travers le retentissement occiden. tal de cette PAR Aoeuvre, , la traditiion orientale i se trouve à l’ouest du mondele gréco-ro gré main in d'où d’ 1 7, . on donne parfois un effet très curieux: ainsi « Vergelinos [sic] a dit: O bois bienheureux car le Fils unique a été suspendu à toi!» (”). Ces anachronismes ne sont cependant qu’accidentels, et les noms de philosophes de l’Antiquité se pressent en foule pour patronner un grand nombre de sentences. Rien de tout cela n’a encore été édité. Les recueils arabes offrent un grand nombre de difficultés, dues surtout au grand nombre de témoins. L'histoire de l’ecdotique en est aussi bouleversée que celle de La lente apparition des florilèges grecs. La situation des recueils est dominée per un curieux paradoxe: le chrétien Hunayn ibn Ishäq a laissé un recueil qui ne comporte que des compositions touchant les philosophes grecs. Son ouvrage Nawädir al-faläsifa wa'l bukamé («Raretés des philosophes et des sages»), dont il reste diverses variantes pour le titre auprès des anciens bibliographes arabes (#), occupe une position absolument centrale dans la propagation ultérieure du genre littéraire des dits des philosophes auprès d'une bonne quinzaine d'auteurs arabes qu’il est ici superflu d'énumérer (*). Par ailleurs, une | ï (2) Abü1-Wafa’ al Mubaëtir ibn Fâtik, ; Los bocados de oro (Muj al Hikam, il edicciôn crftica del ira ârabepa con prélogo Nous y notas ans por Abdurrahman aanBadaw3), nrMadrid adrid 15: Publicaci, 1958 (Publicaciones À Instituto uto Egipoio del de Este Egipcio de Estuflorilège abondant où on retrouve cependant des sentences chrétiennes. Or, d’un côté, op 12188, . Rosenthal, enthal A4.-Mubashshir îr ibn ibn Fâtik. lâti Prolegomena to an Abortive ; Edition, tion, i in «Oriens», 13-14, 1961, de ces compositions, celle d’al-Mubaëäir ibn Fâtik, auteur musulman, donne en 1048 un : duo{+}in du reve F, Rosenthal, Das en Fortleben al r der Antike i Islam, Zürich-Stuttga ntike im üri rt 1965, pp. 172-199 donne Théon et chez Aphtho{} Cf. une première approximation des parties utilisées respectivement chez morgenländischen Gesell. nius: À. Baumgartner, Ueber das Buch « Die Chrie», in «Zeitschrift der deutschen schaft», 40, 1886, pp. 457-515, spécialment p. 462. Théon, ed. Waltz, Rhetorices graeci, 67) M. Khorenatsi, op. cit., pp. 352 et 354, qu'on retronve dans par Baumgartner, art. cit., p. 405. La’ vol. 1, Leipzig 1832, p. 204: cette correspondance avait déjà été notée sentence est citée par Sebeos au début du VII siècle. pp. 344-345. (3) J. P. Mahé, Hermès en Haute-Egypte, vol. II, Québec 1982, (9) Ms. Yerevan 6708, fol. 234*. (#} Pour les variantes du titre, voir À. Merkle, op. cit, pp. 6-7. Ils sont réunis en dépendance de {1} On trouvera ces noms déjà chez Merkle, op. cit., pp. 16-35. in Arabic Translation. À Study of the Hunayn daos Le tableau dressé par D. Gutas, Greek Wisdom Literature 36-55. Graeco-Arabic Gnomologia, New-Haven 1975, p. 450, et pp. 18 ù la trape 28e er. 1 Rosenthal, o0TE Says ayings of the Ancients 7 id's Kitäb from Ibn Duraid's Kitä al-Mujtama, A i in «Orientalia», 27, 1958, (%} Il montre même que le recueil de Maxime a été € utilisé ilisé direct di i i tences ne se retrouvent que chez Maxime. Malheureusement, QOUS avons pas trouvé une seule sentene, “en arabe qui puise être confrontée à la version du ms. sin, 66. mere se .. € - Knust, Mittheilungen ) aus dem Eskurial,, Tübingen 1879. L Ce volume c de 686 pages contient i deux or os en espagnol ancien, dûment confrontées à leur progéniture occidentale, Mubakgir s’y trouve pp. philossphor, (#) La version; | latine faite sur l'espagnol gnole serait espagne i due i ; a Giovanni i da i a: E. da Procida: E. FiFranceschini, hini I! «Liber ; eu pour moraliumt antiquorum», in « Atti del R. Istituto Veneto di scienze, lettere ed arti», 91,2 (1932), { 149.1 0 P. t S 2 de oo. our tous ces textes, les éditions ont été dûment repérées par F. Rosenthal, Prolegomena, cit., pp.

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été dûment signalés par DimiLes florilèges arabes ne se bornent pas à ceux qui ont Quartet, c'est-à-dire le reophic Philos tri Gutas dans son étude sur ce qu'il a appelé The d’après deux manuscrits te, Aristo et e Socrat , Platon cueil de sentences de Pythagore, signalait déjà plusieurs petits florilèd'Istanbul et un manuscrit de Paris (**). K. Merkle comme F. Rosenthal, D. Gutas a ges arabes édités dans Masrig par Cheikho (1). Tout doute les vastes tableaux des sans maïs ces, tenté une identification détaillée des senten prématuré (”?). peu un encore est-il recueil e influences respectives de chaqu ibn Ishäq. Sur le personn Hunay de même age l'ouvr à arriver Il est temps d'en paru l’année de l'anniont ifs morat nage lui-même, décédé en 873, deux recueils commé vaste de la culture de aussi ntage pource un t versaire (°). Peu de personnes ont couver la philosophie grecque en syriaque leur temps. Hunayn est le transmetteur principal de fique ne lui était étranger. Paret en arabe: en qualité de médecin, aucun domaine scienti des philosophes et des sages raretés des mi cette oeuvre immense se trouve le recueil Livre ine de liet sentences morales des maîtres anciens, auquel se rattachent une bonne quinza vres similaires de divers auteurs arabes (%). première version qui nous Le livre de Hunayn ne nous est pas parvenu tel quel. La ibn al-Ansäri, dont on ne est parvenue est elle-même un réarrangement de Mubammed différente, se trouve lement sensib forme, e sait par ailleurs pas grande chose (*). L'autr la description donne en qui Gutas D. et siècle), -XVIT dans le ms. Kôprülü 1608 (XVI: (*). ri repère la correspondance par rapport à la collection d’Ansä en publia une descripLa collection d’Ansäri a failli voir le jour lorsque K. Merkle même de la publicae l'anné t mouru r l’auteu ent, tion détaillée en 1921. Malheureusem dans un tableau synthétique tion de son étude préliminaire. Merkle avait juxtaposé et en avait donné la traduc(°?), dre toutes les données manuscrites qu'il avait pu attein allemande parue à Berlin tion allemande pour les parties complémentaires à la traduction en hébreu, due la traduction en 1896 à partir de l’ancienne version hébraïque. Car c’est à Riva en 1562 et en 1804 e publié e, Espagn en 1200 en zi al-Hari o Salom à Jehuda ben am Loewenthal en refit Abrah nt. occide en à Lunéville, qui la première a diffusé ce livre À peine moins ancien(‘#). 1896 en nde allema tion une édition critique, puis une traduc ios a été excellemment ne est la traduction en vieil espagnol: E/ libro de los buenos proverb au contenu du ms. sont confrontés édité en 1879 par H. Knust (*). Les deux ouvrages ois 756), et enfin à un fragment {autref 760 ar. de Munich ar. 651, à celui de l’Escorial Dr. Fr. Grote (&). K. Merkle de manuscrit sinaïtique qui était en 1921 la propriété du arabe 202. les mss. Aya Sofya 2460, 2822 et Paris 6) D. Gutas, op. cit, pp. 62-213 sur es publiés par Cheikho dans Maÿrig, LT (1900), pp. (1) K. Merkle, op. cit:, pp. 28-30 signale les florilèg CE. D. Gutas, op. cit, pp. 36-55. pp. 831-834. Les ta28-31; VI (1903), pp. 205 et 250; V (1902), florilèges grecs p. 34 que pour les arabes p. 450. (2 Ceci touche aussi bien le résumé pour les ment très utiles: pp. 480-492. bleaux de correspondance des sentences sont évidem de sa mort, préles publiée à l'occasion du onzième centenaire 6 Hunayn ibn Ishäq: Collection d'artic d 4-7/2/1974, 21, 1975, fasc. 3. Ephrem-Elunayn Festival, Baghda senté par G. Troupeau, extrait de « Arabica» dévolues à Hunayn. sont 588 à 305 pp. les où 1974, ad Baghd 64 Cf. D. Gutas, op. cit, p. 450. étudie cette transmission. €) Cf. K. Merkle, op. cit., dont le livre entier 66) D. Gutas, op. cit., pp. 42-50. (7) K. Merkle, op. cit., pp. 59-61. Ishäg. SinnFrankfurt 1896 (en hébreu). Id., Hunain ibn {#) A. Loewenthal, Sefer Musre ba-pilosopim, sprüche der Philosophen, Berlin 1896. 6°) H. Knost, op. cit., pp. 1-66. (&) K. Merkle, op. cit., pp. 4, note 1. 20 a rangé Ansâri en 58 sections dont certainement certaines doivent être d'Ansâri plutôt que de Hunayn. Toutefois, lorsque Ansäâri emploie Hunayn, il le dit cxplicitement: par ailleurs la correspondance avec diverses sections du ms. de Kôprülii montre bi l’on touche d’assez près le recueil original. Fe ni importance de ce recueil et son authenticité, nous voudrions donner ici trois ples. Le premier concerne un dit de Diogène, le second la manière de faire des li vres dans Lu antiquité, et le troisième le préambule sur les grues d’Ibykos FT o . . ne des ouilles d ,Herculanum, À. Maiuri a retrouvé un graffito surÉ le mur d'une onstruction (%): Atoyévnç à xuvexèc qiéaopos lv yuvaixa dnrd noté pouévnv elnev' “ages pépeoflar rd xaxhv Drd xaxoë. Pr Code MneEST La sentence EE a se retrouve que chez Hunayn, que G. Strohmayer cite le te d’après d’ “le épi Ji al Le à5 al ly Cette sentence cynique aurait sa place dans une séquence mysogine conservée en copte, dans un feuillet malheureusement fragmentaire (f): Le philosophe Diogène arabe DIDEé e vit un jeune homme à côté ôté d’une d’une i Il dit: î «Vois un feu jeune fille. Le | AE philosophe pe ToDiogène gène vit qui on apprenaîiti à lire vi une jeune fille à qui l et dit: ï «Vois î une épée épé Le philosophe À } Diogène gène vitvi le fils ls d'une d’ î prostituée lancer des pi é ee die«Vois à ne pas frapper ton père». pierres à la foule au théâtre, philosophe Diogène vit un fou assis sur une pierre: « Vois: une pierre est sur l’autre » Le philosophe Diogène est interrogé: : i i L «La machination humaine re PNOD Sst<e qui est plus aigu qu'un couteau?» I hit: msn Le philosophe à ie Diogène vit une f emme en chaise i à porteurs. Il dit: i «Petite est la cage, To ete . He res ces sentences ne sont pas isolées; certaines se retrouvent en grec. Celle ù finume attestée de manière exceptionnelle, ne se lit plus que chez Hunayn e deuxième exemple touche le prolo gue même, ê pour autant qu’Ansäri F transmis. a Nous le enoe d citons dans la Lt raduction î espagnole p publié e par K Knust, sust, letexte texte arabe a to s défaut, , et la version allemande de Lôwenthal ô nous étant demeurée ée inacce Re role le paradoxe 1 plus curieux du destin de l'ouvrage de Hunayn ibn Is , oujours été été cité dans le texte à partir dee l’ l’un ou l’autre ' manuscrit. . DeDe mémé pe que ges citait le cod de Munich, bien avant lui, Müller et Cornill s'y réraient Co) . Récemment gen 1 , ein-Franke nke citait des extraits î d’après ’ près le le Cod Codex de ôprülû (), et montrait que des attributions de sentences peuvent varier à l’intérieur (1) A. Maiuri, Ercolano I, Novi scavi 1927-1958, Roma 1958, p- 435, pl. 379 {62} G. Strohmayer, , Tà xaxdv 6xd xaxaÿ ZuZu einem ei Weiberfeindii il i i «Hermes», 95, 1967, p. 253-255. Le ms. utilisé est celui de Ne age Pre 2 Herculanenm, in 175 (= Institut français d'acheter ere en in «Mélanges Masperon, Le Caire 1937, pp, 165: (5) A. Müller, Über einige arabische Sent i î i schen Gesclichafrs, 21, 1977. pp. 506-328: CTCornill on qe np er deutschen Morgenländli 5, 1973, pr. 120.139 meet ne k rotder Platonischen i i j Islâm, in «lsrael Oriental Studies». Schriften

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même de la tradition arabe de Hunayn. F. Altheim également a recours au Codex Munich (f), et dans un livre récent sur Platon, Abderrahman Badawi cite quelques sentences platoniciennes dans le Codex de l'Escorial (%): l'édition elle-même manque pat . toujours. littérale Joanicius, de nom Le i. ! Voici comment se présente le Prologue d’al-Ansär ‘Jean’. Hanna, sur Hunayn arabe ment petit-Jean, provient du diminutif DAnn té A de | Antiquité, Ceci est Le livre des bons conseils qu'ont dits les philosophes et les sages are. ,Apprer €, dernan ont qui autres les et et les maîtres qui ont éduqué leurs disciples Ce livre, Joannicius, fils d'Isaac, l'a traduit du grec en arabe, et nous le traduisons , . . | …. | rabe en latin. n rosé Et Joannicius dit: «ll arriva que je traduisis des livres antiques écrits sur parchemi avec de l'or et de l'argent, et sur parchemin violet avec de l'or et d’autres couleurs super sur bes. Et au commencement du livre, il y avait le portrait d'un philosophe éclairé assispeau. leurs ain qui ce t recueillan lui devant disciples des portrait le son siège, et ae ps au Et Joannicius dit que les Romains célèbres en ces jours faisaient leurs res coul t, sur du parchemin teinté des des couleur ’ ’ et de l'argent, écri avec de l'or mes écrits au commen était livre du auteur sage du et e philosoph du portrait le et dites, avons | cement. le Et si dans le livre il y a de nombreuses réflexions de nombreux sages, il font au début portrait enluminé du sage qui dit la réflexion, et ils relient leurs livres ave du cuir peint sagesse e avec de l'or et de l'argent, et il font cela parce qu'ils aiment beaucoup la ($*). estime tiennent en haute douter. L'intérêt de cet extrait, nous paraît-il, provient du fait qu'à n'en pas si èi précieux. plus les parmi ceux de style du purpureus codex un connu a Hunayn se. sar jette le chercheur en plein byzantinisme, et dans les milieux de la cour impér eur e rès st reel le effet, En luxe. de n'importe qui ne peut s'offrir ces ouvrages se ver ion 1 part la a e Alexandr noms: grands l'héritage de sagesse des plus te genre littéraire du recueil de Hunayn est des plus aristocratiques. s'apparen russe. re littératu e roirs des Princes du Moyen-Age, au Zerkalo de l'ancienn L'existence même de ce fait dans la préface de Hunayn n'est pas un renseignement ral négligeable pour l'importance des traditions que la collection charre: Le pren ris us n collectio la tique: aristocra t égalemen tour un d’ailleurs revêt sentences de sur les sceaux des grands penseurs de l'Antiquité. L'héritage de la sagesse du gouvet ne organisé ment est une chose qui se transmet dans le vêtement somptueux des pouvoirs : à ous Le troisième passage que nous voudrions reproduire, et qui, nous se er ans ea co cs p ion fait également toucher un stage d’une production vraiment sig à e x pese os. Iby he philosop le même du recueil de Hunayn, est le récit touchant jen ans at trouve pas dans le manuscrit de l'Escorial ni dans celui de Munich, mai " es pare ss « par ion introduct Son Grote. de Codex le dans et e, hébraïqu duction pour le fond d'après Abü Hayyän at-Tauhidi (f 1023), qui vécut principalement à Ray, actuellement en Iran (). Mais les deux textes, qui gagneraient à être comparés en arabe, sont cependant assez différents. Surtout, le Soufi en tire une conclusion liée au Coran, 89, 13/14. Hunayn est ici plus ancien et très vraisemblablement l'intermédiaire. Voici ce récit, traduit une fois encore sur la version vieil-espagnole publiée par 11. Knust: le récit en vaut la lecture, tout apte qu'il est à évoquer l’importance de la sagesse au-delà des vicissitudes d'un monde où le méchant l'emporte sur le vertueux. Joannicius dit: «Il est écrit dans divers livres des Grecs qu'il y eut en Grèce un roi qui avait de nombreux courtisans, et il envoya une lettre à Ibykos le poète pour qu'il vienne avec ses livres de sagesse et de bons exemples. Alors Ibykos prit tout son avoir et ses livres et s'en alla auprès de lui. Et au cours du voyage survinrent des voleurs qui lui sautèrent dessus, et avec l'intention de lui enlever ce qu'il possédait, ils voulurent le tuer. Et lui leur demanda et les conjura de par l'amour de Dieu de prendre ce qu'il possédait, et de l’épargner. Et ils ne‘voulaient rien faire sinon le pourfendre et le tuer bel et bien. Alors il jeta les yeux à droite et à gauche pour voir si quelqu'un ne venait pas, et ne voyant personne venir, il leva les yeux vers le ciel et vit des grues qui volaient et échangeaient leur cris, et il dit: ‘O grues qui volez, je n'ai ni aide ni secours de nulle part, je vous demande à vous d'être les témoins et les vengeresses de mon sang!”. Les voleurs entendant ces paroles se mirent à rire et dirent: ‘Il n'y a pas de faute à tuer un homme d'aussi peu de cervelle!”. Et ils le tuèrent et partagèrent ses biens et ses vêtements, et ensuite retournèrent à la cachette où ils étaient auparavant. Ensuite vint la nouvelle qu'on l'avait trouvé mort, et on ne savait pas qui l'avait tué, et on éprouva un grand regret et l'on chercha qui l'avait tué, et on ne put savoir qui l'avait tué. Et il y eu une grande fêre que les Grecs avaient selon leur coutume, et se réunit tout le peuple de cette cité dont était Ibykos et son église, pour écouter sa prédication et ses bons exemples, et les gens importants de tous côtés venaient. En ce jour-là, c'était la coutume de lire les livres de philosophie et de sagesse. Et ce jour-là les voleurs qui avaient tué Ibykos se trouvaient également au milieu de la foule, et ils virent des grues qui volaient en l'air et elles stimur. lèrent la mémoire des dits voleurs: ils se mirent à rire et dirent les uns aux autres: ‘Ce sont les témoins et les vengeresses du sang d'Ibykos le stupide!”’. Et ceux qui se trouvaient à côté d'eux les entendirent et les saisirent, et rapportèrent au roi ce qu'ils leur avaient entendu dire. Et en insistant pour qu'ils disent la vérité, ils obtinrent de savoir comment il était mort. Ils les prirent tous ainsi que ce qu’ils possédaient et avaient pris. De cette manière ce furent les grues qui furent les vengeresses du sang d'Ibykos. Et si eux l'avaient bien écouté, ils auraient eu davantage à l'ocil les vengeresses lorsqu'elles se firent leur ennemi» (7), Ce récit sûrement appartient au patrimoine de l'Antiquité. Si on se rappelle en outre que jamais le recueil de Hunayn n'a inclu une sentence chrétienne, contrairement à la série des recueils de musulmans postérieurs, on a ainsi trois raisons de regretter le manque d'une édition de l'oeuvre sans doute la mieux placée comme témoin de la survivance de la culture classique dans les versions orientales. el ï . nikios a dit» suffisent à l’accréditer comme partie du recueil du D sièce des ai Le luxe, de codex quelque de tête en grande chance qu'il ait figuré en grec si version une traduit a en l Rosentha F. isolé: t tout-à-fai grues d’Ibykos n'est pas der Hunnen, () F. Altheim, Die Meinungen der weisen Philosophen, in Geschichte 224 (7) Abdurrahman Badawi, *Aflätün fr1 Islam, Beyrouth 1980, pp. (1) D'après H. Knust, op. cit, p. 1. 22 vol. V, 1962, pp. 215- 293-299 (en arabe). (#3 FE. Rosenthal, Das Fortleben …, cit. pp. 348-349. (9) D'après IL Knust, op. cit, pp. 2-3.