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ESGROCTERK, TK.
Michel van Esbroeck
Les sentences morales
des philosophes grecs
dans les traditions orientales
Le monde des apophtegmes, pas seulement dans le christianisme, fait figure
de sables mouvants si on le compare aux satisfactions que donnent au chercheur
les ruines antiques faites de gros blocs de pierre, dont on peut réajuster les éléments
assez pour restituer l'architecture et assigner une date au monument. Aucune de
ces consolations n’est accordée à celui qui commence à s’enfoncer dans les milliers
de sentences diverses attribuées à divers noms célèbres, et malheureusement souvent
à plus d’un grand nom de l'Antiquité.
L'histoire de l’ecdotique des recueils d’apophtegmes grecs est déjà l'illustration
de ce fait. À première vue, les grandes collections sont suffisamment homogènes:
d'un côté Diogène Laërce, dont les dix livres bien charpentés demeurent le bréviaire
sous-jacent aux Vorsokratiker de Diels-Kranz (!), de l’autre Jean de Stobes, sans
doute du V: siècle, dont la vaste collection systématique n’en comprend pas moins
une grosse lacune dans les livres Il et III qui touchent principalement l'Éthique.
Très tôt, le besoin de savoir ce qui était perdu dans Stobée a orienté les
éditeurs vers le repérage de collections d’apophtegmes, de florilèges divers, le plus
souvent dénommés d'après Ja ville qui possède le manuscrit dont le recueil est extrait.
La grande édition de Stobée est l'oeuvre de Curt Wachsmuth: elle prend sa
source dans une étude d’Anton Elter en 1880, lequel remarque que Photius lisait
encore plusieurs sentences de la partie perdue de Stohée (2). Le long travail de l’édition devait mettre à contribution la plupart des petits florilèges édités entre temps
principalement dans les «Wiener Studien» et le «Rheinisches Museum», et ne se
terminer en cinq volumes que sous la plume de ©. Hense en 1912 (*). L’observation de cette succession de publications montre le découragement et le scepticisme
“
3e © L'ERERITR
NELLE
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LANGUE
ORENT ALL
(‘) Nous utilisons l'édition de 1934: H. Diels, Die Fragmente der Vorsokratiter, ed. W. Kranz, 3
Bde, Berlin 19345,
() À. Elter, De Stobaei codice Photiano, Bonn 1880.
6) C. Wachsmuth, Johannis Stobaei Anthologii libri duo priores, Berlin 1884; O. Hense, Iohanris
Stobaei Anthologii libri duo posteriores, Berlin 1894, 1909 et 1912. O. Hense a longuement décrit les
péripéties de l'édition dans l’article Jean Stobée, in REPW IX (1916), coll. 2549-2586. Dans l'article
présent, nous omettons sciemment le recueil très étudié des Sentences de Sextus, cf. H. Chadwick, The
Sentences of Sextus. À Contribution to the Ilistory of Early Ethics, Cambridge 1959. De même, la Sagesse
d'Ahigar serait-elle l'objet d'un traitement différent.
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)croissant des éditeurs. Au fur et à mesure que la masse des florilèges vient peser
sur les sentences, la variété des attributions rend le problème de l’authenticité d’un
dit de plus en plus problématique.
Parmi les principaux témoins, on comptait déjà en supplément à l’ancienne
édition de Stobée par Meineke en 1857 un florilège de Munich avec 270 sentences (*. H. Schenkl publia une jolie compilation de 160 sentences alphabéticoanonymes en 1889; le même auteur en avait déniché une autre à Vienne, dédiée
uniquement à Pythagore, avec 123 sentences (*). A. Elter s'intéresse lui aux Hoici à la tradition en arabe, copte, éthiopien, hébreu, syriaque et arménien. Le premi:
point traité sera plus restreint, et touche essentiellement la version arabe des Lor
Communes de Maxime le Confesseur. Les autres textes existants seront traités d’un
manière moins originale.
C'est en examinant le microfilm du ms. arabe sinaïîtique 66 que l’idée nou
est venue de traiter des sentences des philosophes grecs dans le cadre de ces conférer
ces sur la survivance de l'héritage classique gréco-romain en domaine oriental. On:
ou la nature de la sentence que son organisation formelle: 200 sentences paraissent
ainsi dans une série des Programmes publiés à l'occasion de la fête anniversaire
y trouve en effet une collection de 71 chapitres de sentences païennes et chrétiennqu'un examen assez rapide nous a permis de reconnaître comme une traductiu!
arabe des Loci communes de Maxime le Confesseur.
A l'intérieur de la collection unitaire formée par les Loci communes d’une part
de sa majesté l’empereur et roi Guillaume Il, avec en couronnement en 1904, dans
et de l'autre par la Melissa ou lAbeille, Marcel Richard, dans son article sur l
moiémata, autre type de florilège où ce qui intéresse le compilateur est moins l’auteur
la même série anniversaire, une histoire générale: Gnomologiorum Graecorum bi.
storia (f).
Mais l'étude qui demeure incontestablement la plus précieuse parce que la mieux
fouillée est celle de Léon Sternbach, dans une série d'articles des « Wiener Studien» (”). Non seulement il publie la collection vaticane du Ms. grec 743 (XVI
florilèges grecs, a remarqué tout d'abord le caractère complètement factice du nor
d'Antoine Melissa attaché au second recueil, dont la vraie dénomination est simple
ment l'Abeille (). Le florilège est donc anonyme, et n’est qu'une variante légèr:
ment remaniée dans la disposition des chapitres de la collection de Maxime. Ell:
est assez tardive pour inclure par exemple des citations de Photius. Plus ancienne
siècle), riche de 577 sentences, mais encore il en opéra l'identification minutieuse
mais néanmoins encore postérieure à Maxime le Confesseur, est la collection dr
avec le matériel déjà accessible, mettant en évidence la pluralité d’attributions de
mainte sentence, en puisant largement dans la compilation des philosophes grecs
de Mullach (f), dans Stobée, dans Diogène Laërce, et chez Maxime le Confesseur
et Antoine Melissa, voire chez Jean Damascène dans une mesure toutefois beaucoup
moindre. Pourtant, comme il arrive souvent dans l'ecdotique, le florilège le plus
riche que tous appelèrent de leurs voeux n'a pas été édité jusqu’à aujourd’hui:
le Par. gr. 1168, utilisé comme point de comparaison par tous, et dont les sentences
dépassent le millier (°).
Loci Communes ("'). Surtout pour la partie morale, Wachsmuth reconnaissait déj:
la valeur et l'abondance de ce témoin, assez riche pour être comparé à Stobé:
lui-même pour ce qui touche à la partie éthique, dont les Loci Communes ont plu
usé que Photius lui-même. Dans ses études sur les florilèges parues en 1882
Berlin, Curt Wachsmut signale en passant que le ms. Vatican grec 385 (XIV® sit
cle) est important pour l'édition de Maxime (!). M. Richard va beaucoup plus loir
et démontre que le manuscrit choisi pour aboutir au tome 91 de la Patrologie Grecqu:
est le moins bon de tous, si bien que tous les travaux jusqu'ici employés pou:
Ce préambule, non exhaustif, du côté grec lui-même, était nécessaire au moment
les Loci Communes sont basés sur le texte le moins adéquat. Les manuscrits Pari
de passer le seuil des versions orientales. La présente communication ne prétend
pas épuiser, en domaine oriental, tout ce qui existe. Elle entend cependant rapprocher et observer des correspondances entre diverses publications très éparses, parfois
mal connues de spécialistes cantonnés dans une seule philologie. Nous toucherons
gr. 1168 et Vatican gr. 385 devraient donc servir par priorité à une nouvelle éditior:
De ce fait, la version arabe nous a fourni immédiatement une illustration.
Les Loci Communes sont une collection systématique christiano-païenne: sou
chaque thème des 71 chapitres, se succèdent l’Ecriture, Evangile, Actes, Proverbe
Siracide, quelques Pères Cappadociens, en général Philon, puis une série de philos::
phes grecs.
En consultant le microfilm du ms. sinaïtique arabe 66, écrit en 1266, fol
260-385", nous pensions d'abord rencontrer le florilège du melkite ‘Adballah it»
Fadl du XI: siècle, selon les indications du catalogue sommaire d’A. S. Atiya (1)
L'examen du contenu montrait à l'évidence qu'il s’agit tout simplement des Lo:
Communes de Maxime le Confesseur. La copie intégrale des 12 premiers chapitre
{) A. Meincke, loannis Stobaei Florilegium, vol. TV, Leipzig 1854, pp. 267-290.
6) H. Schenkl, Das Florilegium “Aprorov xat rpütov péfinue, in « Wiener Studien», 11 (1889), pp.
1-42; Idem, Pythagorenspriüche in einer Wiener Handschrift, in Wiener Studien», 8 (1886), pp. 262-282.
() A. Elter, Gnomica homoeomata ab Antonio Elter edita, vol. V, Bonn 1904, pp. 1*-62* (Programme
zu Feier des Geburtstage seiner Majestät des Kaisers und Kônigs Wilhelm 11). La première série de
publications d'A. Elter était intitulée De Gnomologiorum Graccorum bistoria atque origine commentationes
ab Antonio Elter scriptae, Bonn 1897, coll. 1 à 40. Les fascicules se succèdent dans le Programmes jusqu'en 1904.
(?) L. Sternbach, De G
logio Vaticano inedito, in «Wiener Studien», 9 (1887), pp. 175-205;
10 (1888), pp. 1-49 et 211-260; 11 (1889), pp. 43-64 et 192-242. Réédité à Berlin en 1961 sous le
titre Gromologium Vaticanum e codice Vaticano graeco 743.
() Fr. Guïil. Aug. Mullachius, Fragmenta philosophorum graecorum, 3 voll., Paris 1860-1879.
(*} La collection cest décrite ainsi par K. Ilorna, art. Grome, G
dichtang, G
logien,
in
REPW Supplementband VI (1935), coll. 74-90. Ce ‘millier’ de sentences s’est transformé en un millier
de florilèges grecs sous la plume de Strohmayer qui renvoie à la col. 82 de Horna. Strohmayer insère
cette déclaration avant un vibrant appel aux ordinateurs pour traiter la matière. Cf. G. Strohmayer,
Ethical Sentences and Anecdotes of Greek Philosophers in Arabic, in Actes dn V° Congrès International des
Arabisants, Bruxelles 1970, pp. 463-471, spécialement pp. 464 et 471. Les florilèges grecs qui ne sont
pas encore entièrement répertoriés, n'atteignent certainement pas le millier.
12
ire de Spiritualité, vol. X (1962), cvll
(} M. Richard, s.v. Florilèges spirituels grecs, in Dicti
475-512, repris dans M. Richard, Opera Minora, vol. 1, Tl'urnhout 1976, coll. 487-490.
61) PG 91, coll. 721-1017. M. Richard (ibid., coll. 490-493) démontre que l'édition de Gessn:
en 1546 a définitivement interdit l'accès aux collections manuscrites valables. Près de cent manuscrit
sont énumérés dans l'article.
on
(2) C. Wachsmuth, Stdien zu den Griechischen Florilegien, Berlin 1882, p. 82.
(u} Aziz Suryal Atiya, The Arabic Manuscripts of Mount Sinai, Baltimore 1955, p. 4; cf. G. Gral
Geschichte der christlichen arabischen Literatur, vol. 1, Vatican 1944, pp. 387-388.
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)le démontrait amplement. Mais il apparaissait en même temps que la version arabe
contenait des sentences supplémentaires par rapport au texte de la Patrologie. Une
confrontation avec le ms. gr. Vatican 385 a permis d'identifier tous les passages
complémentaires dans le grec. Il y a donc deux types de problèmes qui se posent:
le premier est de mesurer la portée d’un florilège plus riche que le texte imprimé
pour la récupération éventuelle de sentences inédites, même en grec; la second
est de savoir dans quelle mesure ‘Adballah ibn Fadl est l'auteur de la version arabe.
En examinant la collection sinaïtique arabe en entier, on constate qu'à partir
du chapitre 26, les sentences païennes sont pratiquement éliminées. Pour évaluer
jusqu'à quel point le phénomène était dû à un copiste seulement, et peut-être même
à celui du ms. sin. ar. 66, nous avons eu recours à un codex plus récent, le ms.
Vat. arabe 111 ("*): celui-ci reste en effet également généreux en sentences païennes jusqu’au bout du recueil. Aucun des deux manuscripts arabes ne reproduit cependant toutes les sentences grecques du Vat. grec 385 (‘). Ce dernier est un petit
volume à papier très épais, écrit en tout petits caractères, dont les noms des philosophes sont écrits en rubrique dans la marge, et souvent fort effacés.
Voici un exemple curieux d’une sentence du chapitre II, 11, restée anonyme
dans le codex grec: Oüxe inrou xwpis xalvou obte nhoérou Gixù ppoviorws Bévarov
xpatetabar.
Elle est attribuée à Pythagore dans les deux manuscrits arabes:
Ji XI Vs pl
le oil De of jé * ou#l
La sentence est cependant attribuée à Pythagore et imprimée en grec dans
la Melissa (*) seulement. On voit quels fils subrils et mal étudiés relient le troisième groupe des florilèges grecs mis sous le nom de Maxime et de la Melissa. Quant
à en déduire que la sentence devrait avoir les droits d'entrée dans les Vorsokratiker
de Diels-Kranz, c'est un autre problème: la même sentence se retrouve en effet
dans les homoiémata anonymes publiés par A. Elter ("). Diels, dont la première
édition date de 1903, après avoir assisté à la déconfiture des attributions dans
les florilèges, a joué la carte la plus sûre, et s'est contenté, la plupart du temps,
à indiquer laconiquement à la fin quelques citations sous le titre Apophtegmatik (1),
Aussi incertaine que paraisse l'attribution à Pythagore dans la Medissa, le Vat, pr.
385 et ses calques arabes mieux documentés permettent de confirmer l'attribution
à Pythagore.
Autre est le problème de l'attribution à ‘Abdallah ibn Fadl: celle-ci est basée
sur les observations de G. Graf. Une glose d’un manuscrit seulement à Beyrouth,
atteste l'attribution de la collection à ‘Abdallah ibn Fadl, diacre d’Antioche (1°).
Mais il y a aussi un autre indice: dans le ms. Vat. ar. 111, la collection d’apophtegmes
est précédée par des erotapokriseis divisés en 80 chapitres. Or, celle-ci est coiffée
(+) lbid., vol. IE, Vatican 1947, pp. 63-64. Vat. 111 (XIV® s.), foll. 99.160.
{5} R. Devreesse, Codices vaticani graeci, vol. A1, Vatican 1937, p. 80.
(6) PG 137, col. 797 C.
(7) À. Elter, Gnomica homoeomata…., cit, p. 5*, n. 23.
(18) H. Diels, Vorsokratiker, ed. cit., vol. I, pp. 285, 251, etc.
(9) G. Graf, op. cit., vol. IL, p. 64 et la description sommaire du ms, de Beyrouth 545, daté
de 1881 par L. Cheikho, Les manuscrits arabes dans la bibliothèque orientale de notre université (en arabe),
in «Maëriq» VIE (1905), p. 714.
[4
qui surmonte les l:
d'une préface dont le style est fort semblable à la| préface
ait dans le Cod:
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ms.
Communes arabes, dans le
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du Vatican, mais elle y est acéphale par suite de la chute
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fol. 98 et 99. G. Graf a identifié cette
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explicitement
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au diacre d’Antioche
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copte
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dans le ms. Vat. ar. 145, fol. 20°, au milieu d’une
éleporati
ibn al-‘Assäl (2). De toute manière, G. Graf se trompe en attribuant
de la collection elle-même au diacre d'Antioche en.
Le P. Cheikho, dans sa Cl
56 de not
stomathie arabe publiée à Beyrouth en 1910, s'était servi du chapitre
on.
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(22).
Beyrouth
de
collection d’après un des manuscrits
acéph:
arabe,
préface
cette
de
traduction
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le
ici
Nous donnons
du ms. sin. srabe (
dans le Codex du Vatican. Elle se trouve au fol. 260'-261
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(2) A. Durand et L. Chcikho, E
257-260.
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Celui qui nous a récupérés du puits des ténèbres et nous a remontés du gouffre
de la cécité en nous éclairant, nous a dirigés vers ses largesses en se penchant
sur celui qui le craint, et celui qui est digne est béni et magnifié comme il l’a
dit dans son saint Évangile: «Celui qui réalise et enseigne, celui-là est grand dans
le royaume des cieux» (Matth. 5, 19). Et nous manquions de ces deux qualités
et nous nous éloignions de ces deux nécessités, et nous avons vu que nous pouvions
tirer avantage en les rendant toutes deux plus aisées. Nous avons donc décidé de
traduire un certain nombre d'adjuvants, lesquels charment les Grecs par leur harmonie, de ces opinions qui réjouissent à la lecture, des sentences remarquables, [de
les traduire] de la langue grecque en langue arabe, et nous avons appelé la collection
entière Kitäb al-Rawdat («Livre du jardin»] car on y trouve des parallèles et des
énigmes, et nous nous sommes mis à la transcription; or au cours du processus
de la transcription, [nous nous sommes mis] à évaluer dans notre travail les excès
et les défauts, les progrès et les reculs, en jugeant que Dieu, puissant et parfait,
capable et majestueux, nous gratifiait du privilège de la conversion, de la délivrance
de la peine du châtiment et de la conduite droite afin de répondre à Qui il est,
Quelle est Sa Patience et Sa Générosité. Et quiconque en profitera, le prédicateur
ou le redresseur, ou le chef ou le moniteur ou le pasteur ou le moine, en glanant
dans les sentences des Pères saints et des philosophes de l'extérieur, ne nous prive
pas d'une bonne pensée car nous sommes aux portes de la mort et comblés d'années;
si nous faisons quelque profit pour ce qui reste en touchant le meilleur et en retournant aux vertus, alors Dieu aimera ceux qui se rendent bons et il tiendra compte
de nous qui sommes baptisés en lui.
Le Kitéb al-Rawdat ainsi récupéré a été rapproché déjà par G. Graf de l'ouvrage
de Hunayn ibn Ishäq, et du recueil éthiopien auquel puisait Dillmann dans sa Chrestomathie (*). La récurrence même de sentences de philosophes dans les Chrestomathies du dernier siècle, comme d'ailleurs dans les premiers livres d'exercices destinés
aux jeunes élèves s'initiant au grec et au latin, est un phénomène intéressant du
point de vue sociologique. Le P. Cheikho et L. Dillmann ont eu des réflexes analogues. E. Sachau n'a pas réagi différemment au moment de publier son premier
recueil de textes syriaques (?). C'est aussi sous l’habit des Programmes anniversaires d’un gymnase de Bonn que A. Elter a traité des sentences des philosophes,
témoignant ainsi de la valeur éducative des sentences, tant du point de vue de
la grammaire élémentaire que du fond ().
Un des recueils syriaques publiés par E. Sachau a été traduit ensuite par V.
@} Nous utilisons une copie du microfilm réalisé en 1950 par fa Library of Congress, ct auquel
nous avons eu accès grâce à la libéralité du P. Samir Khalil.
€ G. Graf, op. cit., vol. 1, p. 64; À. Dillmann, Chrestomathia aethiopica edita et glossario explanah
ta, Leipzig 1866, pp. 40-45.
@9 Éd. E. Sachau, {nedita Syriaca. Eine Sammlung syrischer Übersetzungen von Schriften griechischer
Profanliteratur, Wien 1870, pp. 76-83.
5) V. Ryssel, Neue aufgefundene graeco-syrische Philosophenspräche über die Scele, in «Rheinischesx
Museum», N.F. 51, 1896, pp. 529-543,
16
Ryssel en allemand. Par une decision dont la raison nous échappe, sept de ce:
sentences allemandes, assez longues, ont eu l'honneur d’être insérées dans les Vorsokratiker d'H. Diels, encore que sous la rubrique des Spwria (?). C'est en constatant
ce phénomène qu'on peut se prendre à rêver en songeant aux dimensions que devrait
revêtir le celébre recueil ainsi d’ailleurs que son homologue stoïcien publié par von
Arnim (?%), s'il fallait y joindre tout ce que la tradition a sauvé dans les langues
orientales. Nous nous contenterons ici de l’énumération de l'état de quelques sources
en diverses langues orientales, et de démontrer par quelques exemples que certaines
d’entre elles ont vraiment tous droits, et même davantage de droits à figurer dan:
les Vorsokratiker.
Les sources manuscrites syriaques de sentences de philosophes grecs ont été
récemment réexaminées par N. Zeegers-vander Vorst (?}: on ne reprendra ici rien
de ce qui s’y trouve dûment analysé. Pourtant, cet article manque à remettre en
valeur la collection publiée par E. Sachau, et non traduite à ma connaïssance, de
près de 65 dits de Theano (*), qu'on donne parfois comme la femme de Pythago
re, et qui en tous cas est une éminente présocratique. Il y a là à glaner, de toute
évidence.
La collection éthiopienne dont se servait Dillmann n'est pas encore édirée de
manière valable (*'). Toutefois, elle a été analysée il y a plus de cent ans par Carl
Heinrich Cornill: non seulement il y constate les erreurs de traduction, mais il
élabore déjà une comparaison avec le recueil hébraïque de Hunayn ibn Ishäq et
explicite au long et au large les préfaces éthiopiennes qui montrent que ces recueil:
de sentences étaient destinées à être lues dans les réfectoires monastiques (7). Plus
tard, cependant, Karl Merkle devait identifier le modèle arabe de la collection éthio
pienne dans un ms. arabe de Paris (*), lequel n’a pas encore été publié. La collec
tion éthiopienne se ramène donc à un des nombreux recueils arabes.
Avant de repasser aux recueils arabes, qui ont été l'objet de publications nom
breuses, nous voudrions signaler deux sources arméniennes, beaucoup moins connues
En annexe à l'édition des oeuvres de Moïse de Khorène (*), un grand nombre
de textes ont été édités jadis par les Mékhitaristes de Venise. Il y a notamment
un Livre des Cbries divisé en dix parties, selon les dix définitions du discours.
Le modèle de ce texte n'est pas à chercher seulement chez un élève de Libanias,
Aphthonios le Sophiste (*). Le texte arménien est en fait beaucoup plus développt
(?} H. Diels, Vorsokratiker, cl. Index III, pp. 605 et 646.
(#) J. von Arnim, Stoicorum veterum fragmenta, L-IV, Leipzig 1921-1924.
{2*) N. Zcegers-vander Vorst, Une gnomonologie d'auteurs grecs en syriaque, in «Symposium syrir
|
cum 1976» (= Orientalia Cbristiana analecta 205), Rome 1978, pp. 163-177.
. (UE. Sachau, op. cit., pp. 70-74: les dernières sentences sont mutilées par le mauvais état du man
scrit.
61) C£S. Euringer, Übersetzung der philosophischen Lebrsprüche in Dillmanns Chrestomathia Aetbiopica
in «Orientalia», 10, 1941, pp. 361.371. P. 362, note 4, énumère douze manuscrits, dont nous avons contril
le Var. éth. 118: les divergences ne sont pas petites.
16 1? C.H. Cornill, Das Buch der swveisen Philosophen nach dem aethiopischen untersucht, Leipzig 1875, pp
(1) Ms. Paris arabe 4811 signalé par K. Merkle, Die Sittenspriche der Philosophen « Kitäb ädäb al Fati
sifa» von Honcin ibn Ishäq in der Bearbeitung des Mubammed ibn ‘AI al-Ansäri, Leipzig 1921, pp. 20-21.
(*) Sancti Patris nostri Moyses Chorenensis opera Len arménien], Venise 1843, puis 1865, pp. 341-579
65) N. Akinian, s.v. Moses Khorenatsi, in REPW, Supplementband VE (1935), col. 540.
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)que l'ouvrage d’Aphthonios, et il utilise tout autant des passages importants de
Théon d'Alexandrie, comme on admet généralement que c'est à lui que doit revenir une oeuvre dont la structure est toute analogue à celle d’Aphthonios (”).
Ces livres d'exercices ou Progymnastica utilisent un grand nombre de sentences de
l'antiquité pour illustrer telle ou telle figure de style. Ils étaient déjà pillés par
Stobée et Diogène Laërce. L'originalité de la version arménienne, par ailleurs de
facture linguistique très ancienne, est de renforcer les exemples empruntés au monde
païen par une série d’applications au monde de la Bible. 11 n’en demeure pas moins
quelques sentences de Theano, par exemple, dont: le modèle se retrouve chez Théon
d'Alexandrie (*). Bien d’autres sentences devraient être isolées et l'oeuvre entière,
qui témoigne d’une belle continuité entre l'école grecque et son évolution en Arménie, mériterait une étude renouvelée.
L'on trouve également en arménien un recueil de sentences dont le titre témoigne
de certaines fluctuations. Personnellement nous l'avons copié dans le ms. de Yerevan
Matenadaran 6708, daté de 1635, foll. 232-248: là le titre est Lieux théologiques des philosphes et autres proverbes divins des mêmes. La première sentence est attribuée à Hermès:
le recueil n'avait pas échappé à J. P. Mahé qui en cite treize autres manuscrits dans une
note (*). L'exemplaire Mat. 6708 comporte dix-sept chapitres très désordonnés, avec
des redites: chap. 10 et 17 sur la mort, etc. La caractéristique qui saute aux yeux est la
tendance à ajouter à des sentences connues par ailleurs un complément chrétien, ce qui
les circonstances ont empêché l'édition de Hunayn ibn Ishäq, que citent de nombre
chercheurs d’après des manuscrits divers: de l'autre, le texte d’al-Mubaëäir est
dûm nt
édité (2?) et excellemment présenté, encore que l'éditeur ait en quelque sorte enlevé
àF
Rosenthal qui la préparait le privilège de l'édition elle: même (‘). Dans diverses
publ .
cations, F. Rosenthal a alors remis la substance de son travail (##), sauf l’im ression
&
texte arabe imprimé en 1958 à Madrid par Abderrahman Badawi.
Per
Pour la commodité de J'exposition, nous parlerons ici d’abord de l'apport
des étu
des de F - Rosenthal dans l'analyse d’al-Mubaëtir ibn Fâtik. Ensuite, nous tenterons
de
montrer l’importance de Hunayn ibn Ishäq, et combien cet ouvrage, toujours inacc
3
ble en arabe, doit prétendre à continuer au mieux la tradition classique gréco-roma
ine,
F. Rosenthal a soumis le recueil d’al-Mubaë%ir à un examen critique des source
«
il a refait en son lieu le travail si remarquable de Sternbach: il s’est appuyé,
il est Vrai
sur une adaptation de Ibn Durayd (‘): en juxtaposant les diverses formes
arabes de ha
que sentence face au grec, Rosenthal arrive à montrer que le recueil d’al-Mubaë
tir da N
puie, non sur Stobée ou Diogène Laërce, mais sur le florilège Vat. 753 preuve tan ibL
de l'importance de la tradition des florilèges grecs indépendants (‘) Par ailleur
4 $
: prolégomènes à une édition avortée, le même auteur rappelle d'une manière vraiment
ex; metre extraordinaire diffusion du recueil de Mubaëäir dans les langues occidental
es
En effet, la traduction en vieil espagnol, sous le nom de
remment repris aux Muräg adh-dhabab de Masoudi était déjà ereÉKnuse (M),
la version latine Liber philosophorum moralium antiquorum le fut par E Franceschini
(1.
en 1414 une version française de Guillaume de Tignonville voyait le jour
une autr
vençale au XVF siècle, et plusieurs versions anglaises par Stephen Scrope
(t 1472) et
William Worcester (f 1484), des sélections en vers anglais par George Ashby
(f 1475) «
une version faite sur le texte français par Earl Rivers (t 1483) (*). Le Mukbtar
al-bik ,
a été écrit par al-Mubaëtir en Egypte au XF siècle. A travers le retentissement
occiden.
tal de cette
PAR
Aoeuvre, , la traditiion orientale
i
se trouve à l’ouest du mondele gréco-ro
gré
main
in d'où
d’
1 7,
.
on
donne parfois un effet très curieux: ainsi « Vergelinos [sic] a dit: O bois bienheureux car
le Fils unique a été suspendu à toi!» (”). Ces anachronismes ne sont cependant qu’accidentels, et les noms de philosophes de l’Antiquité se pressent en foule pour patronner
un grand nombre de sentences. Rien de tout cela n’a encore été édité.
Les recueils arabes offrent un grand nombre de difficultés, dues surtout au grand
nombre de témoins. L'histoire de l’ecdotique en est aussi bouleversée que celle de La lente apparition des florilèges grecs. La situation des recueils est dominée per un curieux paradoxe: le chrétien Hunayn ibn Ishäq a laissé un recueil qui ne comporte que des
compositions touchant les philosophes grecs. Son ouvrage Nawädir al-faläsifa wa'l bukamé («Raretés des philosophes et des sages»), dont il reste diverses variantes pour le titre
auprès des anciens bibliographes arabes (#), occupe une position absolument centrale
dans la propagation ultérieure du genre littéraire des dits des philosophes auprès d'une
bonne quinzaine d'auteurs arabes qu’il est ici superflu d'énumérer (*). Par ailleurs, une
|
ï
(2) Abü1-Wafa’
al Mubaëtir ibn Fâtik, ; Los bocados de oro (Muj
al Hikam,
il
edicciôn
crftica del
ira
ârabepa
con prélogo
Nous
y notas
ans
por Abdurrahman
aanBadaw3),
nrMadrid
adrid 15:
Publicaci,
1958 (Publicaciones
À Instituto
uto Egipoio
del
de Este
Egipcio de
Estuflorilège abondant où on retrouve cependant des sentences chrétiennes. Or, d’un côté,
op 12188,
. Rosenthal,
enthal A4.-Mubashshir
îr ibn
ibn Fâtik.
lâti Prolegomena to an Abortive
; Edition,
tion,
i
in «Oriens»,
13-14, 1961,
de ces compositions, celle d’al-Mubaëäir ibn Fâtik, auteur musulman, donne en 1048 un
:
duo{+}in
du reve
F, Rosenthal,
Das en
Fortleben
al r
der Antike
i Islam, Zürich-Stuttga
ntike im
üri
rt 1965, pp. 172-199 donne
Théon et chez Aphtho{} Cf. une première approximation des parties utilisées respectivement chez
morgenländischen Gesell.
nius: À. Baumgartner, Ueber das Buch « Die Chrie», in «Zeitschrift der deutschen
schaft», 40, 1886, pp. 457-515, spécialment p. 462.
Théon, ed. Waltz, Rhetorices graeci,
67) M. Khorenatsi, op. cit., pp. 352 et 354, qu'on retronve dans
par Baumgartner, art. cit., p. 405. La’
vol. 1, Leipzig 1832, p. 204: cette correspondance avait déjà été notée
sentence est citée par Sebeos au début du VII siècle.
pp. 344-345.
(3) J. P. Mahé, Hermès en Haute-Egypte, vol. II, Québec 1982,
(9) Ms. Yerevan 6708, fol. 234*.
(#} Pour les variantes du titre, voir À. Merkle, op. cit, pp. 6-7.
Ils sont réunis en dépendance de
{1} On trouvera ces noms déjà chez Merkle, op. cit., pp. 16-35.
in Arabic Translation. À Study of the
Hunayn daos Le tableau dressé par D. Gutas, Greek Wisdom Literature
36-55.
Graeco-Arabic Gnomologia, New-Haven 1975, p. 450, et pp.
18
ù
la trape 28e er. 1 Rosenthal,
o0TE Says
ayings of the Ancients
7
id's Kitäb
from Ibn Duraid's
Kitä al-Mujtama,
A
i
in «Orientalia»,
27, 1958,
(%} Il montre même que le recueil de Maxime a été
€ utilisé
ilisé direct
di
i
i
tences ne se retrouvent que chez Maxime. Malheureusement, QOUS avons pas trouvé une seule sentene,
“en
arabe qui puise être confrontée à la version du ms. sin, 66.
mere se
..
€
- Knust, Mittheilungen
)
aus dem Eskurial,, Tübingen 1879.
L Ce volume
c
de 686 pages contient
i
deux
or os en espagnol ancien, dûment confrontées à leur progéniture occidentale, Mubakgir
s’y trouve pp.
philossphor,
(#) La version; | latine faite sur l'espagnol
gnole serait
espagne
i due
i
; a Giovanni
i da
i a: E.
da Procida:
E. FiFranceschini,
hini I! «Liber
;
eu pour moraliumt antiquorum», in « Atti del R. Istituto Veneto di scienze, lettere ed arti»,
91,2 (1932),
{
149.1 0
P.
t
S
2
de
oo.
our tous ces textes, les éditions ont été dûment repérées par F. Rosenthal, Prolegomena, cit., pp.
Página 6
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)été dûment signalés par DimiLes florilèges arabes ne se bornent pas à ceux qui ont
Quartet, c'est-à-dire le reophic
Philos
tri Gutas dans son étude sur ce qu'il a appelé The
d’après deux manuscrits
te,
Aristo
et
e
Socrat
,
Platon
cueil de sentences de Pythagore,
signalait déjà plusieurs petits florilèd'Istanbul et un manuscrit de Paris (**). K. Merkle
comme F. Rosenthal, D. Gutas a
ges arabes édités dans Masrig par Cheikho (1). Tout
doute les vastes tableaux des
sans
maïs
ces,
tenté une identification détaillée des senten
prématuré (”?).
peu
un
encore
est-il
recueil
e
influences respectives de chaqu
ibn Ishäq. Sur le personn
Hunay
de
même
age
l'ouvr
à
arriver
Il est temps d'en
paru l’année de l'anniont
ifs
morat
nage lui-même, décédé en 873, deux recueils commé
vaste de la culture de
aussi
ntage
pource
un
t
versaire (°). Peu de personnes ont couver
la philosophie grecque en syriaque
leur temps. Hunayn est le transmetteur principal de
fique ne lui était étranger. Paret en arabe: en qualité de médecin, aucun domaine scienti
des philosophes et des sages
raretés
des
mi cette oeuvre immense se trouve le recueil Livre
ine de liet sentences morales des maîtres anciens, auquel se rattachent
une bonne quinza
vres similaires de divers auteurs arabes (%).
première version qui nous
Le livre de Hunayn ne nous est pas parvenu tel quel. La
ibn al-Ansäri, dont on ne
est parvenue est elle-même un réarrangement de Mubammed
différente, se trouve
lement
sensib
forme,
e
sait par ailleurs pas grande chose (*). L'autr
la description
donne
en
qui
Gutas
D.
et
siècle),
-XVIT
dans le ms. Kôprülü 1608 (XVI:
(*).
ri
repère la correspondance par rapport à la collection d’Ansä
en publia une descripLa collection d’Ansäri a failli voir le jour lorsque K. Merkle
même de la publicae
l'anné
t
mouru
r
l’auteu
ent,
tion détaillée en 1921. Malheureusem
dans un tableau synthétique
tion de son étude préliminaire. Merkle avait juxtaposé
et en avait donné la traduc(°?),
dre
toutes les données manuscrites qu'il avait pu attein
allemande parue à Berlin
tion allemande pour les parties complémentaires à la traduction
en hébreu, due
la traduction
en 1896 à partir de l’ancienne version hébraïque. Car c’est
à Riva en 1562 et en 1804
e
publié
e,
Espagn
en
1200
en
zi
al-Hari
o
Salom
à Jehuda ben
am Loewenthal en refit
Abrah
nt.
occide
en
à Lunéville, qui la première a diffusé ce livre
À peine moins ancien(‘#).
1896
en
nde
allema
tion
une édition critique, puis une traduc
ios a été excellemment
ne est la traduction en vieil espagnol: E/ libro de los buenos proverb au contenu du ms.
sont confrontés
édité en 1879 par H. Knust (*). Les deux ouvrages
ois 756), et enfin à un fragment
{autref
760
ar.
de Munich ar. 651, à celui de l’Escorial
Dr. Fr. Grote (&). K. Merkle
de manuscrit sinaïtique qui était en 1921 la propriété du
arabe 202.
les mss. Aya Sofya 2460, 2822 et Paris
6) D. Gutas, op. cit, pp. 62-213 sur
es publiés par Cheikho dans Maÿrig, LT (1900), pp.
(1) K. Merkle, op. cit:, pp. 28-30 signale les florilèg CE. D. Gutas, op. cit, pp. 36-55.
pp. 831-834.
Les ta28-31; VI (1903), pp. 205 et 250; V (1902),
florilèges grecs p. 34 que pour les arabes p. 450.
(2 Ceci touche aussi bien le résumé pour les
ment très utiles: pp. 480-492.
bleaux de correspondance des sentences sont évidem
de sa mort, préles publiée à l'occasion du onzième centenaire
6 Hunayn ibn Ishäq: Collection d'artic
d 4-7/2/1974,
21, 1975, fasc. 3. Ephrem-Elunayn Festival, Baghda
senté par G. Troupeau, extrait de « Arabica»
dévolues à Hunayn.
sont
588
à
305
pp.
les
où
1974,
ad
Baghd
64 Cf. D. Gutas, op. cit, p. 450.
étudie cette transmission.
€) Cf. K. Merkle, op. cit., dont le livre entier
66) D. Gutas, op. cit., pp. 42-50.
(7) K. Merkle, op. cit., pp. 59-61.
Ishäg. SinnFrankfurt 1896 (en hébreu). Id., Hunain ibn
{#) A. Loewenthal, Sefer Musre ba-pilosopim,
sprüche der Philosophen, Berlin 1896.
6°) H. Knost, op. cit., pp. 1-66.
(&) K. Merkle, op. cit., pp. 4, note 1.
20
a rangé Ansâri en 58 sections dont certainement certaines doivent être d'Ansâri plutôt
que de Hunayn. Toutefois, lorsque Ansäâri emploie Hunayn, il le dit cxplicitement:
par ailleurs la correspondance avec diverses sections du ms. de Kôprülii montre bi
l’on touche d’assez près le recueil original.
Fe
ni importance de ce recueil et son authenticité, nous voudrions donner ici trois
ples. Le premier concerne un dit de Diogène, le second la manière de faire des li
vres dans Lu antiquité, et le troisième le préambule sur les grues d’Ibykos
FT
o
.
.
ne des ouilles d ,Herculanum, À. Maiuri
a retrouvé un graffito surÉ le mur d'une
onstruction (%): Atoyévnç à xuvexèc qiéaopos lv yuvaixa dnrd noté
pouévnv elnev' “ages pépeoflar rd xaxhv Drd xaxoë.
Pr
Code
MneEST
La sentence
EE a
se retrouve
que chez Hunayn, que G. Strohmayer cite
le
te d’après
d’
“le épi Ji al Le à5 al ly
Cette sentence cynique aurait sa place dans une séquence mysogine conservée en
copte, dans un feuillet malheureusement fragmentaire (f):
Le philosophe Diogène
arabe
DIDEé e vit un jeune homme à côté
ôté d’une
d’une
i Il dit:
î «Vois un feu
jeune fille.
Le | AE
philosophe
pe
ToDiogène
gène vit
qui on apprenaîiti à lire
vi une jeune fille à qui
l et dit:
ï «Vois
î une épée
épé
Le philosophe
À
} Diogène
gène vitvi le fils
ls d'une
d’
î
prostituée
lancer des pi
é
ee die«Vois à ne pas frapper ton père».
pierres à la foule au théâtre,
philosophe Diogène vit un fou assis sur une pierre: « Vois: une pierre est sur l’autre »
Le philosophe Diogène est interrogé:
:
i
i
L
«La machination humaine re PNOD Sst<e qui est plus aigu qu'un couteau?» I hit:
msn
Le philosophe
à ie Diogène vit une f emme en chaise
i à porteurs. Il dit:
i «Petite est la cage,
To
ete
.
He res ces sentences ne sont pas isolées;
certaines se retrouvent en grec. Celle
ù finume attestée de manière exceptionnelle, ne se lit plus que chez Hunayn
e deuxième exemple touche le prolo gue même,
ê
pour autant qu’Ansäri
F
transmis.
a
Nous le
enoe
d citons dans la Lt raduction
î espagnole p publié e par K Knust,
sust,
letexte
texte arabe
a
to s défaut, , et la version allemande de Lôwenthal
ô
nous étant demeurée
ée inacce Re role le paradoxe 1 plus curieux du destin de l'ouvrage de Hunayn ibn
Is ,
oujours été
été cité dans le texte à partir dee l’ l’un ou l’autre
'
manuscrit. . DeDe mémé
pe que ges citait le cod de Munich, bien avant lui, Müller et Cornill s'y réraient Co) . Récemment
gen
1 ,
ein-Franke
nke citait des extraits
î d’après
’ près le le Cod
Codex de
ôprülû (), et montrait que des attributions de sentences peuvent varier à l’intérieur
(1) A. Maiuri, Ercolano I, Novi scavi 1927-1958, Roma 1958, p- 435, pl. 379
{62} G. Strohmayer, , Tà xaxdv 6xd xaxaÿ ZuZu einem
ei
Weiberfeindii
il
i
i
«Hermes», 95, 1967, p. 253-255. Le ms. utilisé est celui de Ne age Pre 2 Herculanenm, in
175 (= Institut français d'acheter
ere en in «Mélanges Masperon, Le Caire 1937, pp, 165:
(5) A. Müller, Über einige arabische Sent
i
î
i
schen Gesclichafrs, 21, 1977. pp. 506-328: CTCornill
on qe np er deutschen Morgenländli
5, 1973, pr. 120.139 meet ne k rotder Platonischen
i
i
j Islâm, in «lsrael Oriental Studies».
Schriften
Página 7
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)même de la tradition arabe de Hunayn. F. Altheim également a recours au Codex
Munich (f), et dans un livre récent sur Platon, Abderrahman Badawi cite quelques sentences platoniciennes dans le Codex de l'Escorial (%): l'édition elle-même manque
pat
.
toujours.
littérale
Joanicius,
de
nom
Le
i.
! Voici comment se présente le Prologue d’al-Ansär
‘Jean’.
Hanna,
sur
Hunayn
arabe
ment petit-Jean, provient du diminutif
DAnn té
A
de | Antiquité,
Ceci est Le livre des bons conseils qu'ont dits les philosophes et les sages
are.
,Apprer
€,
dernan
ont
qui
autres
les
et
et les maîtres qui ont éduqué leurs disciples
Ce livre, Joannicius, fils d'Isaac, l'a traduit du grec en arabe, et nous le traduisons
,
.
.
|
….
|
rabe en latin.
n rosé
Et Joannicius dit: «ll arriva que je traduisis des livres antiques écrits sur parchemi
avec de l'or et de l'argent, et sur parchemin violet avec de l'or et d’autres couleurs
super
sur
bes. Et au commencement du livre, il y avait le portrait d'un philosophe éclairé assispeau.
leurs
ain
qui
ce
t
recueillan
lui
devant
disciples
des
portrait
le
son siège, et
ae ps au
Et Joannicius dit que les Romains célèbres en ces jours faisaient leurs res
coul
t, sur du parchemin teinté des des couleur
’
’ et de l'argent,
écri avec de l'or
mes écrits
au commen
était
livre
du
auteur
sage
du
et
e
philosoph
du
portrait
le
et
dites,
avons
|
cement.
le
Et si dans le livre il y a de nombreuses réflexions de nombreux sages, il font au début
portrait enluminé du sage qui dit la réflexion, et ils relient leurs livres ave du cuir peint
sagesse e
avec de l'or et de l'argent, et il font cela parce qu'ils aiment beaucoup la
($*).
estime
tiennent en haute
douter.
L'intérêt de cet extrait, nous paraît-il, provient du fait qu'à n'en pas
si èi
précieux.
plus
les
parmi
ceux
de
style
du
purpureus
codex
un
connu
a
Hunayn
se. sar
jette le chercheur en plein byzantinisme, et dans les milieux de la cour impér
eur
e
rès
st
reel
le
effet,
En
luxe.
de
n'importe qui ne peut s'offrir ces ouvrages
se
ver
ion
1
part
la
a
e
Alexandr
noms:
grands
l'héritage de sagesse des plus
te
genre littéraire du recueil de Hunayn est des plus aristocratiques. s'apparen
russe.
re
littératu
e
roirs des Princes du Moyen-Age, au Zerkalo de l'ancienn
L'existence même de ce fait dans la préface de Hunayn n'est pas un renseignement
ral
négligeable pour l'importance des traditions que la collection charre: Le pren
ris
us
n
collectio
la
tique:
aristocra
t
égalemen
tour
un
d’ailleurs
revêt
sentences
de
sur les sceaux des grands penseurs de l'Antiquité. L'héritage de la sagesse du gouvet
ne
organisé
ment est une chose qui se transmet dans le vêtement somptueux des pouvoirs
: à ous
Le troisième passage que nous voudrions reproduire, et qui, nous se er
ans ea co cs p ion
fait également toucher un stage d’une production vraiment sig
à e x pese
os.
Iby
he
philosop
le
même du recueil de Hunayn, est le récit touchant
jen ans at
trouve pas dans le manuscrit de l'Escorial ni dans celui de Munich, mai
"
es pare ss «
par
ion
introduct
Son
Grote.
de
Codex
le
dans
et
e,
hébraïqu
duction
pour le fond d'après Abü Hayyän at-Tauhidi (f 1023), qui vécut principalement à Ray,
actuellement en Iran (). Mais les deux textes, qui gagneraient à être comparés en arabe, sont cependant assez différents. Surtout, le Soufi en tire une conclusion liée au Coran, 89, 13/14. Hunayn est ici plus ancien et très vraisemblablement l'intermédiaire.
Voici ce récit, traduit une fois encore sur la version vieil-espagnole publiée par 11.
Knust: le récit en vaut la lecture, tout apte qu'il est à évoquer l’importance de la sagesse
au-delà des vicissitudes d'un monde où le méchant l'emporte sur le vertueux.
Joannicius dit: «Il est écrit dans divers livres des Grecs qu'il y eut en Grèce un roi qui
avait de nombreux courtisans, et il envoya une lettre à Ibykos le poète pour qu'il vienne
avec ses livres de sagesse et de bons exemples. Alors Ibykos prit tout son avoir et ses
livres et s'en alla auprès de lui. Et au cours du voyage survinrent des voleurs qui lui sautèrent dessus, et avec l'intention de lui enlever ce qu'il possédait, ils voulurent le tuer.
Et lui leur demanda et les conjura de par l'amour de Dieu de prendre ce qu'il possédait,
et de l’épargner. Et ils ne‘voulaient rien faire sinon le pourfendre et le tuer bel et bien.
Alors il jeta les yeux à droite et à gauche pour voir si quelqu'un ne venait pas, et ne
voyant personne venir, il leva les yeux vers le ciel et vit des grues qui volaient et échangeaient leur cris, et il dit: ‘O grues qui volez, je n'ai ni aide ni secours de nulle part, je
vous demande à vous d'être les témoins et les vengeresses de mon sang!”. Les voleurs entendant ces paroles se mirent à rire et dirent: ‘Il n'y a pas de faute à tuer un homme
d'aussi peu de cervelle!”. Et ils le tuèrent et partagèrent ses biens et ses vêtements, et ensuite retournèrent à la cachette où ils étaient auparavant. Ensuite vint la nouvelle qu'on
l'avait trouvé mort, et on ne savait pas qui l'avait tué, et on éprouva un grand regret
et
l'on chercha qui l'avait tué, et on ne put savoir qui l'avait tué. Et il y eu une grande fêre
que les Grecs avaient selon leur coutume, et se réunit tout le peuple de cette cité dont
était Ibykos et son église, pour écouter sa prédication et ses bons exemples, et les gens
importants de tous côtés venaient. En ce jour-là, c'était la coutume de lire les livres de
philosophie et de sagesse. Et ce jour-là les voleurs qui avaient tué Ibykos se trouvaient
également au milieu de la foule, et ils virent des grues qui volaient en l'air et elles stimur.
lèrent la mémoire des dits voleurs: ils se mirent à rire et dirent les uns aux autres: ‘Ce
sont les témoins et les vengeresses du sang d'Ibykos le stupide!”’. Et ceux qui se trouvaient à côté d'eux les entendirent et les saisirent, et rapportèrent au roi ce qu'ils leur
avaient entendu dire. Et en insistant pour qu'ils disent la vérité, ils obtinrent de savoir
comment il était mort. Ils les prirent tous ainsi que ce qu’ils possédaient et avaient pris.
De cette manière ce furent les grues qui furent les vengeresses du sang d'Ibykos.
Et si
eux l'avaient bien écouté, ils auraient eu davantage à l'ocil les vengeresses lorsqu'elles
se
firent leur ennemi» (7),
Ce récit sûrement appartient au patrimoine de l'Antiquité. Si on se rappelle en outre que jamais le recueil de Hunayn n'a inclu une sentence chrétienne, contrairement à
la série des recueils de musulmans postérieurs, on a ainsi trois raisons de regretter le
manque d'une édition de l'oeuvre sans doute la mieux placée comme témoin de la survivance de la culture classique dans les versions orientales.
el ï .
nikios a dit» suffisent à l’accréditer comme partie du recueil du D sièce
des
ai
Le
luxe,
de
codex
quelque
de
tête
en
grande chance qu'il ait figuré en grec
si
version
une
traduit
a
en
l
Rosentha
F.
isolé:
t
tout-à-fai
grues d’Ibykos n'est pas
der Hunnen,
() F. Altheim, Die Meinungen der weisen Philosophen, in Geschichte
224 (7) Abdurrahman Badawi, *Aflätün fr1 Islam, Beyrouth 1980, pp.
(1) D'après H. Knust, op. cit, p. 1.
22
vol. V, 1962, pp. 215-
293-299 (en arabe).
(#3 FE. Rosenthal, Das Fortleben
…, cit. pp. 348-349.
(9) D'après IL Knust, op. cit, pp. 2-3.