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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)8352 Gauthier Nancy. Les initiations mystériques de l'empereur Julien. In: Mélanges
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Genèse du sacré dans l’œuvre d’art : DELIMITER (donner sa place à l’homme dans le
monde)
Délimiter pour se représenter : l’exemple de l’architecture sacrée des Temples
La caractère sacré des nombres : Pythagore, la gématria et la superstition
Le sublime dans la fonction pyramidale, le nombre d’or et les spirales logarithmiques
In: L’ART ET LE SACRÉ (PARTIE 2)
2016 | PARAGONE
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la modernité
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Posture d'auteurs: du Moyen Âge à la modernité
Vies de Moïse et de Pythagore : la fonction de l’exemplum
dans les biographies de l’Antiquité tardive
Maël Goarzin
1Cet article propose d’analyser le choix et l’utilisation des figures de Moïse et de Pythagore
par les biographes des premiers siècles de notre ère [1]. Pour comprendre les raisons de ce
choix et le lien de l’auteur avec le sujet biographique ainsi qu’avec le lecteur, la notion de
« posture littéraire » définie par J. Meizoz [2] sera appliquée à deux biographies de Pythagore
écrites par Porphyre et Jamblique, et deux biographies de Moïse écrites par Philon
d’Alexandrie et Grégoire de Nysse [3]. Une posture littéraire, « c’est une façon de prendre la
parole, d’énoncer un discours, d’assumer un texte » [4]. Plus encore, il s’agit de l’image de soi
construite par l’auteur à travers le texte lui-même et à travers le contexte plus général
d’écriture de ce texte [5]. Au-delà de la distinction entre discours et contexte extérieur au
discours, la posture consiste en la position singulière de l’auteur [6], que l’on peut associer à
la fois à une œuvre et à une position sociale, institutionnelle et doctrinale [7]. Ainsi, le
biographe apparaît à la fois comme celui qui écrit le récit de la vie de Pythagore ou de Moïse,
et celui qui, en tant que professeur d’une école philosophique, ou en tant qu’évêque chrétien,
enseigne à ses élèves la philosophie pythagoricienne ou conseille spirituellement l’un de ses
fidèles, pour prendre l’exemple de Jamblique et de Grégoire de Nysse. La posture du
biographe, propre à chaque auteur, permet ainsi de mieux comprendre certains de ses choix.
J’ai qualifié les quatre textes étudiés de « biographies », c’est-à-dire de mise en récit de la vie
d’une personne, par opposition à la vie réelle de cette personne, et par opposition à la vie
idéale du sage, de celui qui vit de manière parfaitement vertueuse [8]. Ce qui m’intéresse ici,
c’est avant tout la mise en récit de la vie d’un philosophe et d’un prophète par un tiers ainsi
que les choix biographiques effectués par ce dernier, même si, pour les comprendre, il est
nécessaire de s’intéresser aux deux autres dimensions du « biographique » défini par F.
Cossutta [9].
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2Dans l’Antiquité tardive, les textes biographiques abondent. Et la plupart des biographies de
cette période s’intéressent aux vies de personnages certes exceptionnels mais souvent
proches du biographe, si ce n’est dans l’espace, du moins dans le temps. Dans le cadre d’une
école philosophique ou d’une communauté religieuse, raconter la vie d’un ancien professeur
ou d’un saint homme fait partie d’un processus de mémoire collective autour duquel l’école
ou la communauté se forme et se renforce [10]. Mais les biographies de personnages distants
de l’auteur sont également nombreuses. Dans le néoplatonisme, c’est le cas, par exemple, de
Platon et de Pythagore. En contexte chrétien ou juif, cela concerne les personnages bibliques
de l’Ancien Testament tels que Moïse, Abraham ou David. Je m’intéresse ici à ce deuxième
type de biographies, à savoir la mise en récit de la vie de Moïse et de Pythagore par un
biographe distant de plusieurs siècles. Et il s’agit précisément de questionner ce choix : l’objet
d’étude ici n’est ni Moïse ni Pythagore, mais l’utilisation de ces figures par le biographe, dont
la posture permet de mieux comprendre sa relation au sujet biographique et à son lecteur.
Justification du recours à la figure de Moïse et de Pythagore :
le travail de légitimation de l’écriture biographique par
l’auteur lui-même.
3À travers l’étude du péritexte des biographies (titres, préfaces et conclusions), la première
partie de nos propos est consacrée à la dimension de la posture du biographe, construite par
l’auteur autour du texte lui-même et à travers le contexte éditorial. La deuxième partie, par
contraste, mettra en évidence une autre dimension de la posture de l’auteur, cette fois-ci
replacée dans son contexte social, institutionnel et doctrinal.
Moïse
4Philon d’Alexandrie écrit sa biographie de Moïse au Ier siècle après JC : Peri tou biou
môuseôs (Sur la vie de Moïse). Le titre indique clairement l’objet du livre : le récit de la vie de
Moïse. Mais quel est l’objectif de cette biographie ? Philon l’annonce dans les premières lignes
de la Vie de Moïse :
J’ai conçu le projet d’écrire la vie de Moïse, ... un homme en tout point excellent et parfait (ἀνδρὸς τὰ πάντα
µεγίστου καὶ τελειοτάτου), ... dans le dessein de le faire connaître à ceux qui méritent de ne pas l’ignorer. Car si
la célébrité des lois qu’il a laissées s’est répandue à travers le monde entier, et a atteint les confins de la terre,
bien peu savent [qui] il était, lui, en vérité. [11]
5Philon écrit la vie de Moïse pour les païens ne connaissant ni le judaïsme ni la Bible, et
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s’adresse plus précisément aux païens de tradition hellénistique [12] pour leur rendre
accessible non pas le message de la religion juive, caractérisé par la transmission des Lois,
mais la vie de Moïse lui-même [13]. Plus particulièrement, Philon s’intéresse à l’excellence, à
la perfection de Moïse. En effet, il précise dans la suite du texte l’intérêt de l’écriture
biographique : la biographie permet de « raconter la vie des hommes vertueux, pour qu’aucun
bien de jadis ou de naguère ne fût livré au silence ni ne disparût, alors qu’il pouvait briller de
tout son éclat » [14]. La visée de Philon est claire : présenter la figure d’un homme
parfaitement vertueux, pour mettre en lumière la vertu, par opposition aux écrits grecs
« consacrant leur zèle à faire un beau récit de mauvaises actions, afin de donner du lustre au
vice » [15]. La critique philonienne des écrits païens révèle, par contraste, l’objectif principal
du biographe racontant la vie de Moïse : non pas faire un beau récit (καλῶς ἀπαγγέλλειν),
mais faire briller (λάµψαι) la vertu du prophète [16].
6La deuxième biographie de Moïse est écrite par Grégoire de Nysse au IVe siècle après JC : Peri
tou biou môuseôs tou nomothetou ê peri tên kat’ aretên teleiotêtos (Sur la vie de Moïse,
législateur, ou sur la perfection en matière de vertu). Outre la qualité de législateur mise en
évidence par Grégoire, le sous-titre exprime d’emblée la perspective du biographe : la
biographie de Moïse est liée à la vie vertueuse. La préface et la conclusion de la lettre adressée
par Grégoire à Césaire explicitent l’objectif de la biographie esquissé dans le titre de l’œuvre.
En effet, la vie de Moïse est une réponse à la demande d’un moine, Césaire, concernant la vie
parfaite. Si, pour Grégoire, la perfection est impossible à décrire, et impossible à réaliser en
nos vies [17], il existe cependant des modèles de vertu considérés comme exemplaires, de par
le progrès perpétuel dont ils font preuve, et qui peuvent faire progresser le lecteur chrétien
dans la voie de la vertu [18].
7Comme Philon d’Alexandrie, Grégoire de Nysse justifie de manière générale le recours à la
biographie, qui permet de présenter aux lecteurs contemporains un modèle à imiter :
La raison pour laquelle la vie de ces âmes saintes a été écrite en détail n’est-elle pas de diriger dans la voie du
bien, par l’imitation de ceux qui ont bien vécu (διὰ τῆς τῶν προκατορθωκότων µιµήσεως), la vie de leurs
successeurs. [19]
8Philon et Grégoire justifient donc de manière similaire l’écriture de la biographie de Moïse, et
on voit apparaître, sous leur plume, l’image du lecteur idéal, appelé à imiter ce modèle.
Pythagore
9Comment Porphyre et Jamblique justifient-ils l’écriture des biographies de Pythagore ? La
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seule analyse du péritexte permet-elle, comme pour les biographies de Moïse, de comprendre
pourquoi l’auteur s’intéresse au philosophe ?
10La Vie de Pythagore de Porphyre commence sans avant-propos ni préface par la naissance
de Pythagore, et se poursuit jusqu’à la mort de ce dernier, sans que Porphyre ne justifie
jamais de manière explicite son entreprise. Si l’analyse du contenu et des sources choisies par
Porphyre démontre une attitude positive à l’égard de Pythagore [20], aucun commentaire de
l’auteur ne permet de comprendre d’emblée la raison de son entreprise et sa posture. Il est
donc nécessaire de considérer le contexte plus général d’écriture, et tout d’abord le contexte
éditorial. Nous savons en effet que la Vie de Pythagore est un fragment détaché du premier
livre d’une Histoire de la philosophie, reprenant la vie et les doctrines des philosophes
d’Homère à Platon [21]. L’objectif du récit n’est pas explicite car la section sur la vie de
Pythagore est la seule qui nous soit parvenue en entier. Néanmoins, le contexte éditorial
permet de comprendre en partie la posture de Porphyre et certains choix biographiques :
l’Histoire de la philosophie se terminant par le récit de la vie et des doctrines de Platon, on
peut penser que l’auteur est avant tout platonicien et que l’histoire des philosophes antérieurs
à Platon doit être envisagée comme une préparation à sa philosophie [22].
11La vie de Pythagore écrite par Jamblique fait également partie d’un projet de plus grande
ampleur : c’est le premier livre d’une encyclopédie pythagoricienne dont l’objectif est de
présenter le pythagorisme [23]. Plus précisément, son titre, Pythagoreios bios (Sur le mode de
vie pythagoricien), indique explicitement l’objet de ce premier livre : un modèle de vie
pythagoricien à suivre par le lecteur [24], et présenté à partir du récit de la vie de Pythagore et
de ses successeurs. Une nouvelle fois, remettre la biographie dans son contexte éditorial
permet de comprendre l’objectif de l’ouvrage, avant tout protreptique. L’exhortation explicite
à vivre en philosophe exprimée au deuxième livre de l’encyclopédie confirme cet objectif. La
biographie de Pythagore et L’Exhortation à la philosophie peuvent ainsi être lues ensemble
comme une introduction au mode de vie pythagoricien et une exhortation à pratiquer la
philosophie [25]. Tout comme Porphyre, Jamblique conçoit en effet le pythagorisme comme
une préparation à la philosophie platonicienne, et la biographie de Pythagore peut être lue
dans cette perspective [26]. Les premières lignes du texte, une invocation aux dieux,
rappellent en effet la dimension pédagogique de l’ouvrage, et justifient de manière implicite le
récit de la vie de Pythagore :
Aussi bien la beauté de cette philosophie que sa grandeur dépassent par trop les capacités humaines, pour que l’on
puisse l’embrasser d’un seul coup, mais c’est seulement si un dieu, dans sa bienveillance, l’enseigne
progressivement, que l’on pourra en saisir quelque chose. [27]
12Après avoir pris les dieux comme guides (ἡγεµόνας) [28], Jamblique se tourne vers la figure
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de Pythagore, précisant ainsi sa fonction et justifiant l’intérêt d’une biographie de Pythagore :
« Après les dieux, nous ferons du fondateur et père de cette philosophie divine notre guide
(ἡγεµόνα) » [29].
13Jamblique présente Pythagore comme un guide vers lequel il faut se tourner pour saisir la
philosophie pythagoricienne. Et tout au long de la biographie, le philosophe est présenté
comme l’enseignant par excellence [30]. Il enseigne la doctrine pythagoricienne, mais aussi le
mode de vie pythagoricien. En effet, comme la majorité des philosophies antiques, le
pythagorisme n’est pas seulement un discours théorique, mais aussi et surtout une manière
de vivre [31]. Le guide présenté dans la biographie conduit ainsi le lecteur vers la
compréhension d’une doctrine d’une part, mais aussi vers un mode de vie idéal.
L’utilisation des figures de Moïse et de Pythagore comme
exempla proposés à l’imitation par le biographe.
14Comme le suggère l’analyse du péritexte et du contexte éditorial des biographies étudiées,
chaque biographe propose au lecteur un modèle à imiter. Que cet objectif soit explicite ou
non, apparaît dès lors en arrière-fond la silhouette du lecteur idéal. J’aimerais insister ici sur
le rôle d’exempla donné par le biographe aux figures de Moïse et Pythagore d’une part, et sur
la construction d’un lecteur idéal par le biographe d’autre part, en faisant appel à la position
sociale, doctrinale et institutionnelle de l’auteur.
Moïse
15Au milieu du premier livre de sa biographie, l’exhortation de Philon confirme cet appel à
l’imitation (µιµεῖσθαι) d’un modèle (παράδειγµα), qu’il partage avec Grégoire de Nysse :
Telle une peinture bien faite, il se présente aux regards, lui-même et sa vie, œuvre de toute beauté et de forme
divine ; et il se tient comme un modèle pour qui veut l’imiter. Heureux ceux qui en ont imprimé le cachet dans
leurs âmes, ou qui se sont efforcés de l’imprimer. Que la pensée, en effet, porte de préférence la forme parfaite
de la vertu ; ou du moins le ferme désir d’acquérir cette forme. [32]
16La métaphore de la peinture rappelle la figure rhétorique de l’ekphrasis et permet de
souligner le travail du biographe : ce dernier présente au lecteur une description vivante et
détaillée de Moïse, qui devient ainsi un modèle auquel tous ses lecteurs peuvent s’identifier.
On retrouve la même idée chez Grégoire, qui conclut ainsi la préface de la Vie de Moïse [33]:
« Quoi qu’il en soit, prenons Moïse pour modèle (ὑπόδειγµα) » [34]. Les deux auteurs
explicitent donc clairement la fonction d’exemplum de la biographie. Mais quel est ce modèle
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et quelle est sa fonction pour le biographe ?
17Dès le récit de sa jeunesse, Philon présente Moïse comme un modèle de vertu : il sait
modérer ses désirs et accorde plus d’importance à l’âme qu’au corps [35], ce qui en fait le
plus heureux des hommes [36]. Le lecteur hellénistique du texte peut ainsi reconnaître le
modèle du sage grec, auquel il associe aisément Moïse. Ce parallèle devient alors un outil
efficace de l’apologétique philonienne. Par la suite, l’excellence de Moïse est déclinée en
quatre qualités : il est le meilleur des chefs, des législateurs, des prêtres et des prophètes
[37]. Là encore, pour persuader le lecteur de la valeur de Moïse et du judaïsme, Philon fait
référence à la philosophie grecque et compare Moïse au philosophe-roi de la République de
Platon :
Moïse apparaîtra non seulement comme ayant manifesté surabondamment dans un même homme ces deux qualités
de roi et de philosophe, mais encore trois autres, dont l’une concerne la législation, l’autre la charge de grandprêtre, la dernière la prophétie. [38]
18De même, Grégoire présente avec Moïse un modèle de perfection en matière de vertu [39]
Ainsi, le prophète parvient à se détacher du monde sensible et des biens matériels pour se
tourner vers la connaissance de Dieu et des choses célestes [40]. L’exégèse du récit biblique
de l’histoire de Moïse se traduit ainsi par des conseils pratiques rappelant le genre de vie
ascétique et contemplatif des premiers moines chrétiens [41] : vivre de manière chaste et
manger de manière frugale [42], méditer dans le recueillement [43], ne pas s’éloigner des
sacrements de l’Église [44], etc. En mettant en évidence un tel genre de vie, Grégoire se pose
en directeur de conscience, guidant le moine Césaire et sa communauté [45] sur le chemin
d’une vie rude et austère [46], mais menant à Dieu [47].
19Philon d’Alexandrie et Grégoire de Nysse construisent ainsi, de manière plus ou moins
explicite, une image du lecteur idéal, étroitement liée à l’exemplarité de Moïse et la posture
du biographe : tandis que Grégoire exhorte Césaire à vivre de manière ascétique sur le chemin
menant vers Dieu, Philon invite le lecteur hellénistique à prendre pour modèle la sagesse de
Moïse et goûter ainsi au bonheur du prophète juif. L’absence d’exhortation à imiter le modèle
au début de l’ouvrage de Philon [48] et la prudence de celle-ci dans le passage cité plus haut
[49] peuvent s’expliquer par sa position sociale : celui-ci s’adresse à des lecteurs non-juifs et
n’a donc aucune autorité hiérarchique sur ses lecteurs. Par opposition, l’appel de Grégoire de
Nysse à imiter le modèle est plus direct [50]. Admirer la vie vertueuse de Moïse ne suffit pas, il
faut l’appliquer dans sa propre vie :
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Il est temps, homme généreux, de te tourner vers le modèle (πρὸς τὸ ὑπόδειγµα βλέπειν) et transportant ce que la
contemplation spirituelle des événements historiques nous a montré, à ta propre vie (τὸν ἴδιον βίον), d’être
reconnu par Dieu pour son ami et d’être tel en réalité. [51]
20L’image du lecteur idéal, définie par Grégoire de Nysse dans la préface [52] et la conclusion
[53] de sa lettre, est construite notamment par les termes employés pour désigner Césaire :
« homme de Dieu » [54], le lecteur idéal saura tirer profit de la lecture de cette biographie
pour se perfectionner dans la vie chrétienne et devenir ami de Dieu (philos theô) [55]. Ainsi,
tandis que Philon s’adresse en apologète à des lecteurs non-juifs, dans le but de défendre et
de faire connaître la religion juive, Grégoire se pose en directeur spirituel exhortant à
l’imitation d’un genre de vie ascétique et contemplatif avec l’autorité d’un évêque.
Pythagore
21Le contexte éditorial des biographies de Pythagore a mis en évidence la dimension
pédagogique des deux textes et permis de déceler, par l’implicite, leur fonction d’exemplum
L’étude de la position doctrinale et institutionnelle de l’auteur confirme cette hypothèse, et
montre l’utilisation platonicienne de ce modèle ainsi que la construction d’un lecteur idéal par
Porphyre et Jamblique.
22Précisons tout d’abord la position doctrinale des deux auteurs, et leur rapport au
pythagorisme. En effet, à partir du IIe siècle de notre ère, le pythagorisme revient sur le devant
de la scène [56], par l’intermédiaire des moyens-platoniciens puis des néoplatoniciens, pour
qui le pythagorisme est une excellente préparation à la philosophie platonicienne [57]. Le
professeur de philosophie propose à ses élèves une véritable conversion philosophique,
préparation éthique indispensable à la poursuite du cursus d’études néoplatonicien [58]. C’est
dans ce contexte néoplatonicien de préparation morale à la philosophie qu’interviennent les
rédactions de la vie de Pythagore par Porphyre et Jamblique, entre la fin du IIIe et le début du
IVe siècle après JC.
23La position sociale de Porphyre et Jamblique permet également de mieux comprendre
l’objectif de leur biographie : philosophes néoplatoniciens reconnus, ils enseignent la
philosophie platonicienne dans le cadre d’une école philosophique [59] et par l’intermédiaire
d’ouvrages théoriques [60]. La place du biographe dans le champ littéraire et philosophique et
son statut de professeur dans une école néoplatonicienne complètent ainsi sa posture
d’auteur-enseignant, et précisent sa relation au lecteur-élève. Pour Jamblique comme pour
Porphyre, la biographie de Pythagore, à travers l’exemplum qu’elle met en valeur, peut être
considérée comme une exhortation à s’engager dans le mode de vie philosophique [61]. Mais
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quel est ce mode de vie, et en quoi celui-ci confirme-t-il la posture de nos deux auteurs ?
24Outre le modèle de l’enseignant [62], commun au Pythagore de Jamblique et de Porphyre, et
au-delà de la fonction de légitimation de la philosophie pythagoricienne [63], nos deux
auteurs présentent sous les traits de Pythagore un modèle de vie néoplatonicien auquel l’élève
peut facilement s’identifier :
Il professait une philosophie dont le but était de délivrer et d’affranchir totalement de ces entraves et de ces liens
l’intellect qui nous a été attribué et sans lequel on ne saurait apprendre ni percevoir absolument rien de sensé et
de vrai. […] Il s’exerce progressivement aux êtres réellement existants, en conduisant méthodiquement les yeux de
l’âme, à partir du corporel qui jamais ne demeure tant soit peu identique et permanent dans le même lieu, jusqu’à
l’acquisition de sa nourriture. Par là, en introduisant les hommes à la contemplation des vraies réalités, il les
rendait heureux. [64]
25Le détachement de l’âme avec ses liens corporels [65], la conversion de l’âme des réalités
sensibles vers les réalités intelligibles [66] et le bonheur atteint par la contemplation des êtres
véritables [67] sont des thèmes centraux de la pensée néoplatonicienne associés ici par
Porphyre à la figure de Pythagore. De même, dans l’extrait suivant, Jamblique définit la
philosophie comme contemplation (theôria) des choses les plus belles, définition clairement
platonicienne : « Mais la sorte la plus pure des hommes, c’est l’homme qui a choisi la
contemplation des choses les plus belles, celui que l’on dénomme précisément le philosophe »
[68]. Dans les deux cas, Porphyre et Jamblique utilisent donc la figure de Pythagore pour
présenter et inviter le lecteur à adopter un genre de vie platonicien.
Conclusion
26Pourquoi écrire une vie de Pythagore ou de Moïse ? Nous sommes partis du péritexte et du
contexte éditorial de chaque biographie pour y déceler la justification d’un tel choix de sujet
biographique par l’auteur. Face aux résultats somme toute décevants de cette première
analyse, la deuxième partie de l’étude s’est intéressée à la position sociale, institutionnelle et
doctrinale du biographe. Cet élargissement a permis de répondre en partie à l’interrogation
initiale. La posture du biographe mise en évidence au cours de l’étude est d’abord celle de
l’auteur-enseignant, dans le cas de Porphyre et de Jamblique. Dans le cas de Grégoire de
Nysse, c’est celui de l’évêque ou du directeur spirituel conseillant ses fidèles chrétiens. Et
dans le cas de Philon d’Alexandrie, c’est l’apologète, qui veut faire connaître la religion juive
aux lecteurs grecs. Ces différentes postures de l’auteur se traduisent dans la présentation
d’un exemplum singulier, présenté par le biographe sous les traits de Pythagore et de Moïse.
Le genre de vie idéal présenté varie non seulement en fonction de la posture de l’auteur, mais
aussi de celle du lecteur idéal, appelé par l’auteur à choisir un mode de vie platonicien,
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chrétien, ou juif ; mais chaque fois le biographe fait figure de maître à penser.
27Pour conclure, l’étude des quatre biographies, choisies en raison de la distance séparant le
biographe du sujet dont il raconte la vie, a mis en évidence une fonction précise de la
biographie : la présentation d’un modèle de vertu d’une part, que ce soit le modèle de
modération et de bonheur du sage grec, le modèle d’ascèse et de contemplation du moine
chrétien ou le modèle ascensionnel du philosophe néoplatonicien ; l’exhortation du biographe
à imiter ce modèle d’autre part. On retrouve ici une fonction commune à un certain nombre de
biographies de l’Antiquité tardive, y compris lorsque l’auteur s’intéresse à un personnage
contemporain [69]. Pourquoi, dans ce cas, s’intéresser à une figure éloignée dans le temps ? Si
ce travail ne répond pas directement à la question posée au début de l’article [70], il propose
néanmoins une ébauche de réponse, et révèle surtout le caractère heuristique de la notion de
posture dans la compréhension de la relation du biographe à son sujet biographique [71].
28(Université de Lausanne – École Pratique des Hautes Études)
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Delormas et Dominique Maingueneau, Limoges, Éditions Lambert-Lucas, 2012, p. 121-152.
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l’alliance, éds Henri Cazelles et al., Paris, Desclée & Cie Éditeurs, 1955, p. 267-282.
Festugière André-Jean, La Révélation d’Hermès Trismégiste, vol. I : L’Astrologie et les sciences
occultes, Paris, Les Belles Lettres, 1944.
Hadot Pierre, Qu’est-ce que la philosophie antique, Paris, Éditions Gallimard, 1995.
Macris Constantin, « Pythagore, un maître de sagesse charismatique de la fin de la période
archaïque », in Carisma profetico : factor di innovazione religiosa, éd. Giovanni Filoramo,
Brescia, Morcelliana, 2003, p. 243-289.
-, « Becoming divine by imitating Pythagoras ? », Metis. Anthropologie des mondes grecs
anciens (N.S.), 4 (2006), p. 297-329.
-, « Le Pythagorisme érigé en hairesis, ou comment (re)construire une identité philosophique :
remarques sur un aspect méconnu du projet pythagoricien de Jamblique », in Entre lignes de
partage et territoires de passage. Les identités religieuses dans les mondes grec et romain :
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« paganismes », « judaïsmes », « christianismes », éds Nicole Belayche et Simon-Claude
Mimouni, Louvain, Peeters, 2009, p. 139-168.
-, « Porphyry’s Life of Pythagoras », à paraître.
Maingueneau Dominique, « La Biographie des philosophes dans une perspective d’analyse du
discours », in La Vie à l’œuvre. Le biographique dans le discours philosophique, éds Frédéric
Cossutta, Pascale Delormas et Dominique Maingueneau, Limoges, Éditions Lambert-Lucas,
2012, p. 21-36.
Meizoz Jérôme, Postures littéraires. Mises en scène modernes de l’auteur, Genève, Slatkine
Érudition, 2007.
-, La Fabrique des singularités. Postures littéraires II, Genève, Slatkine Érudition, 2011.
Segonds Alain-Philippe, « Les Fragments de l’Histoire de la philosophie », in Vie de Pythagore
éd. Édouard des Places, Paris, Les Belles Lettres, 1982, p. 163-197.
notes
1
Le texte présenté ici a pu profiter de la discussion avec Jérôme Meizoz et Constantin Macris,
que je remercie chaleureusement.
2
J. Meizoz, Postures littéraires. Mises en scène modernes de l’auteur et J. Meizoz, La Fabrique
des singularités. Postures littéraires II, p. 81-95.
3
Pour une justification de cette utilisation de la notion de « posture littéraire » pour des
textes antiques, voir Cl. Clivaz, « Peut-on parler de posture littéraire pour un auteur
antique ? ». L’importance des lecteurs et leur influence sur l’écriture, et l’importance accordée
à l’activité éditoriale et à la réécriture de certains textes justifient selon elle l’utilisation de
cette notion pour cette période. Il y a bien, chez les auteurs antiques, une créativité auctoriale,
et non seulement une volonté d’imiter les Anciens et de s’effacer derrière eux.
4
J. Meizoz, Postures littéraires... op. cit., p. 22.
5
Ce qui correspond à l’ethos discursif d’une part, et à l’ethos extra-discursif d’autre part,
tels que définis par Dominique Maingueneau. Comme le rappelle J. Meizoz (Id., La Fabrique
des singularités… op. cit., p. 92), l’étude de l’ethos discursif est une analyse interne du
discours de l’auteur, et ne suffit donc pas à comprendre la posture de l’auteur, qui dépasse
cette distinction entre l’interne et l’externe du discours, puisqu’elle permet précisément
d’étudier les liens entre le discours de l’auteur et sa position sociale.
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Id., Postures littéraires... op. cit, p. 18 et La Fabrique des singularités... op. cit., p. 81-82.
7
D. Maingueneau, « La Biographie des philosophes dans une perspective d’analyse du
discours », p. 29.
8
Sur cette distinction entre « vie du philosophe », « vie de philosophe » et « vie
philosophique », voir F. Cossutta, « Le Statut du biographique dans le discours
philosophique », p. 123-125.
9
Par contraste avec le récit biographique, la vie du philosophe révèle ce que le biographe a
modifié dans la construction du récit. De même, la vie exemplaire prônée par le philosophe
peut éclairer certains choix du biographe. En outre, il faut prendre en compte la médiation du
biographe, et étudier l’interaction entre le récit biographique et la vie du biographe, ainsi que
sa propre conception de la vie idéale. Seule la mise en évidence de cet ensemble d’interactions
permet de comprendre de manière fine les choix de l’auteur.
10
Le culte des saints intervient dans ce contexte. Pour une étude historique de la place des
hommes exceptionnels dans l’Antiquité tardive, voir P. Brown, Genèse de l’Antiquité tardive,
« The Rise and Function of the Holy Man in Late Antiquity », p. 80-101 et « The Saint as
Exemplary in Late Antiquity », p. 1-25.
11
Philon d’Alexandrie, Vie de Moïse, I, 1-2. Traduction légèrement modifiée.
12
Philon identifie les Grecs comme destinataires de ce texte dans les lignes suivantes.
13
Contrairement à ce que B. Botte affirme (B. Botte, « La Vie de Moïse par Philon », p. 55-62).
Certes, l’objectif est apologétique, mais le moyen utilisé est de faire connaître la vie de Moïse.
14
Philon d'Alexandrie, op. cit., II, 3.
15
Ibid., I, 3.
16
La fonction de phare attribuée aux biographies par Grégoire de Nysse (Grégoire de Nysse,
Vie de Moïse, I, 13) résonne comme un écho à cette mise en lumière de la vertu de Moïse par
Philon d'Alexandrie.
17
Grégoire de Nysse, op. cit., I, 3. Pour Grégoire, la perfection est caractéristique de Dieu, et
l'homme ne peut que s’en approcher, sans jamais réellement l’atteindre (Ibid., I, 5-6). La
perfection de l’homme réside dans le progrès lui-même, progrès perpétuel qui va de pair avec
l’infinité divine.
18 Ibid., I, 11-12.
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19 Ibid., I, 13. Traduction légèrement modifiée.
20
Sur ce point, voir C. Macris, « Porphyry’s Life of Pythagoras ».
21
Sur les fragments de cet ouvrage, voir A.-Ph. Segonds, « Les Fragments de l’Histoire de la
philosophie », p. 163-197, et C. Macris, art. cit.
22
Sur ce point, voir C. Macris, art. cit. L’analyse de la position doctrinale et institutionnelle de
Porphyre confirmera ce point.
23
Sur le contexte d’écriture de la Vie de Pythagore et son insertion dans le projet
d’encyclopédie pythagoricienne, voir Jamblique, Vie de Pythagore, p. x-xvi et C. Macris, « Le
Pythagorisme érigé en hairesis, ou comment (re)construire une identité philosophique :
remarques sur un aspect méconnu du projet pythagoricien de Jamblique », p. 139-168.
24
Sur la mise en évidence du mode de vie pythagoricien dans la biographie de Pythagore de
Jamblique, voir C. Macris, « Le Pythagorisme érigé en hairesis… art. cit.», p. 152-154
25
Jamblique, op. cit., p. xv.
26
Sur l’aspect pédagogique de l’encyclopédie pythagoricienne et la place du pythagorisme
dans le platonisme, voirC. Macris, « Le Pythagorisme érigé en hairesis… art. cit.», p. 142 et
p. 167-168.
27
Jamblique, op. cit., 1, 1-2.
28
Ibid., 1, 2.
29
Ibid., 1, 2.
30
Comme le montrent l’insistance sur son rôle d’enseignant (§8 et §30), sur la formation
d’une école pythagoricienne et sur la liste des successeurs de Pythagore à la tête de l’école
(§265), et les points remarquables (kephalaia) reprenant, au début de l’ouvrage (Ibid., p. 1-5),
le contenu du récit. Sur l’idéal pédagogique que représente l’École instituée par Pythagore et
le cheminement pédagogique qu’il propose, voir C. Macris, « Le Pythagorisme érigé en
hairesis… art. cit.», p. 160-164.
31
Sur la philosophie antique comme manière de vivre, voir P. Hadot, Qu’est-ce que la
philosophie antique ?
32
Philon d’Alexandrie, op. cit., I, 158-159.
33
Grégoire de Nysse, op. cit., I, 15.
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35
Philon d'Alexandrie, op. cit., I, 29.
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36 Ibid., I, 32.
37 Ibid., II, 187.
38 Ibid., II, 2.
39
J. Daniélou, « Moïse. Exemple et figure chez Grégoire de Nysse », p. 267-282.
40
Grégoire de Nysse, op. cit., II, 26 ; II, 152-153 ; II, 154-157 ; II, 224-226.
41
Ibid., II, 48-50. Grégoire explicite dans ce passage sa méthode exégétique : l’interprétation
spirituelle du récit historique, pour proposer au lecteur un modèle de vertu.
42
Grégoire de Nysse, op. cit., II, 71-72 ; II, 141-142.
43
Ibid., II, 23.
44
Ibid., I, 10-12.
45
Le destinataire de la lettre est Césaire, et probablement l’ensemble de sa communauté
religieuse. Les lettres n’ont pas dans l’Antiquité tardive un caractère privé et sont souvent lues
en public, notamment dans les monastères.
46
Ibid., II, 107.
47
Ibid., II, 315-318.
48
On ne trouve pas une telle exhortation dans les premières pages de la Vie de Moïse. Pour
une analyse de ce passage, voir plus haut.
49
Philon d’Alexandrie, op. cit., I, 158-159. La tournure de phrase « de préférence... ou du
moins » marque bien un effet d’atténuation.
50
Cet appel s’exprime notamment en termes de nécessité dans la Vie de Grégoire le
Thaumaturge (Grégoire de Nysse, Vie de Grégoire le Thaumaturge, §2).
51 Grégoire de Nysse, Vie de Moïse, op. cit., II, 320.
52 Ibid., I, 2-3.
53 Ibid., II, 319.
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54 Ibid., II, 319.
55
Ibid., II, 320.
56
Sur le renouveau du pythagorisme à cette époque, voir A.-J. Festugière, La Révélation
d’Hermès Trismégiste, vol. I : L’astrologie et les sciences occultes, p. 14-18.
57
Sur la relation de Porphyre et de Jamblique au pythagorisme, voir C. Macris, « Porphyry’s
Life of Pythagoras, art. cit.», et C. Macris, « Le Pythagorisme érigé en hairesis… art. cit.».
58
Sur la place du pythagorisme dans le cursus d’apprentissage néoplatonicien chez
Jamblique, voir C. Macris, « Le Pythagorisme érigé en hairesis… art. cit.», p. 166-168. Sur
l’attachement de Porphyre au mode de vie pythagoricien et son insertion dans le mode de vie
idéal qu’il prône lui-même, voir C. Macris, « Porphyry’s Life of Pythagoras, art. cit.».
59
Jamblique a enseigné à Apamée, en Syrie, et Porphyre probablement à Rome.
60
Ce sont deux auteurs prolifiques.
61
Sur ce point, voir l'article de C. Macris, « Becoming divine by imitating Pythagoras ».
62
Sur le modèle de l’enseignant chez Jamblique, voir plus haut. Pour Porphyre, voir Porphyre,
op. cit., chapitres 14-15, 18, 19 et 22. Porphyre met en évidence la formation par Pythagore
de toutes les populations : non seulement ses proches (chapitre 19), mais également les
hommes et femmes ordinaires (chapitres 14-15 et 18). Comme chez Jamblique, ses conseils
ne sont pas seulement d’ordre théorique (chapitre 37), mais aussi pratique (chapitres 22, 32,
et 38-39).
63
Sur cet objectif de l’encyclopédie pythagoricienne de Jamblique, voir C. Macris, « Le
Pythagorisme érigé en hairesis… art. cit.», p. 150-164.
64
Porphyre, op. cit., 46-47.
65
Porphyre, Sentences, 7-9 ; 28.
66
Porphyre, Sentences, op. cit., 32, 15-20 et 51-62.
67
Plotin, Ennéades, I 4 [46] 4, 1-5.
68
Jamblique, op. cit., 12, 58-59.
69
Voir par exemple Porphyre, Vie de Plotin et Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine.
70
Une réponse exhaustive demanderait une étude plus poussée de la posture de l’auteur et
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des textes, qui font l’objet d’une recherche en cours.
71
Pour un autre exemple de l’engagement de l’identité littéraire du biographe dans sa
relation au sujet biographique, voir J. Meizoz, Postures littéraires, op. cit., p. 109-121.
plan
Justification du recours à la figure de Moïse et de Pythagore : le travail de légitimation de
l’écriture biographique par l’auteur lui-même.
Moïse
Pythagore
L’utilisation des figures de Moïse et de Pythagore comme exempla proposés à l’imitation
par le biographe.
Moïse
Pythagore
Conclusion
pour citer cet article
Maël Goarzin, « Vies de Moïse et de Pythagore : la fonction de l’exemplum dans les
biographies de l’Antiquité tardive », Fabula / Les colloques, Posture d'auteurs: du Moyen Âge à
la modernité, URL : http://www.fabula.org/colloques/document2370.php, page consultée le
21 octobre 2017.