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BL vA,
194623
PLATON ET LES SCIENCES EXACTES
DES PYTHAGORICIENS (*)
par B.L. VAN DER WAERDEN
Les Pythagoriciens avaient quatre sciences mathématiques, Y
tique, la Géométrie, Y Harmonique, 1 Astronomie.
Arithmé-
Dans les livres 6 et 7 de la République, Platon traite exactement
de ces quatre sciences. Parlant de l'harmonique, il dit que les Pythagoriciens se sont sérieusement occupés de la science de l’harmonie
et de l'astronomie et qu’ils ont considéré ces deux sciences comme
deux sceurs. Platon prend les sciences mathématiques des Pythagoriciens trés au sérieux, mais il garde cependant une attitude critique:
parfois il loue les mathématiciens et dit que leur science est « utile
pour l'éducation de l'áme », parfois il n'est pas d'accord et veut
réformer la science.
Quelle est donc la nature des sciences des Pythagoriciens?
Quels sont les points d'accord entre Platon et les Pythagoriciens?
Et en quels points la science idéale, dont rêve Platon, différe-t-elle
de la science des Pythagoriciens au temps de Platon?
Pour Platon, dans cette partie de la République, la chose la plus
importante c'est l'éducation des « gardiens de la cité». Ces gardiens
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sont à la fois des guerriers et des politiciens. Ils ont tout le pouvoir
dans la cité et ils ont le devoir de la défendre contre les ennemis
de dehors. Envers ces ennemis ¡ls doivent étre durs et forts, mais
bons et justes envers les habitants: ils doivent étre lions et brebis
en méme temps. Pour atteindre ce but, on doit leur donner une
éducation très soignée, Il leur faut apprendre la philosophie et ils
doivent être initiés à la théorie des idées, afin qu’ils reconnaissent
l'idée de la justice. Il faut que les gardiens règlent toutes leurs actions
sur l'idée de la justice.
Quelle est, d’aprés Platon, la méthode qui conduit 4 la connaissance
des idées? C'est la dialectique. Qu'est la dialectique? C’est la méthode
du dialogue. Dans un dialogue philosophique, on parvient à clarifier
les notions, à réfuter des opinions fausses, à examiner des hypothèses.
15125
(*) Conférence faite le 15 mars 1969 pour la Société belge de Logique et de Philosophie
des Sciences.
BuuLETIN DE La Societe MATHEMATIQUE DE BELGIQUE, t. XXI, 1969.
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qu'on sait quelque chose. Mais au cours du dialogue il est forcé
Il faut examiner si la partie majeure et plus élevée de cette
science tend à notre objet, qui est de faire voir plus facilement
d’admettre que c'est une illusion et qu’on ne sait rien. Par cette méthode
l’idée du bien.
de réfutation on déchire les illusions et les erreurs qui troublent la
vision sur la vérité et la vraie connaissance. La vraie connaissance,
Puis il répète le principe:
Au commencement d'un dialogue socratique, l'interlocuteur
croit
selon Platon c’est la connaissance des idées. La fonction de la dialectique est de préparer l'âme à la vision des idées. Or, comme préparation
à la dialectique les mathématiques sont indispensables. Pourquoi?
A la fin du livre 6 de la République, Socrate parle de ceux qui s’occupent de la géométrie, du calcul et des autres sciences.
Il dit: (510 D)
Tu sais qu’ils se servent de figures visibles et qu’ils raisonnent
sur ces figures, quoique ce ne soit point à elles qu'ils pensent,
mais à d’autres auxquelles celles-ci ressemblent. Par exemple
c'est du carré même et de la diagonale même qu’ils raisonnent,
et non de la diagonale telle qu’ils la tracent, et il faut en dire
autant de toutes les autres figures.
Donc: Les sciences mathématiques nous montrent qu'il y a des choses
sur Jesquelles on peut raisonner mais qu’on ne peut ni voir ni toucher
Si la géométrie oblige à contempler l'essence, elle nous convient.
mais si elle considère ce qui naît, elle ne nous convient pas.
Platon est fanatique sur ce point: c'est le seul point qui l’intéresse.
Socrate continue: (527 A)
Or il est une chose que tous ceux qui sont tant soit peu versés
dans la géométrie ne nous contesteront pas, c'est que cette science
est tout à fait contraire au langage employé par les géomètres.
Comment? demande Glaucon, et Socrate explique:
Les expressions qu’ils emploient sont ridicules, quoique
nécessaires, car ils s'expriment toujours en praticiens qui ont
pour but quelque chose de pratique. Ils parlent de quadrature
(tetragonizein, littéralement faire carré), d'appliquer, d'ajouter
et autres termes semblables qu'ils font sonner. Or toute cette
science a pour objet la connaissance pure: on la cultive pour
(comme le carré et la diagonale). Pour cette raison, l'étude des sciences
connaître ce qui est toujours et non ce qui à un moment naît
mathématiques prépare l’âme à la connaissances des idées. Pour
et périt.
Platon, le seul but de l’étude des mathématiques est justement cela:
préparer l'âme à la vision des idées. Pour chacune des quatre sciences,
Platon pose toujours la même question: Est-ce que cette science
force l’âme à regarder les idées? La réponse est favorable pour l'arithmé-
Que veut dire Platon quand il parle de « quadrature » (rétragonizein), « application » (parateinein), etc? On trouve les mêmes expressions chez Euclide dans le livre 2 des Éléments. Quarrer un rectangle,
on,
tique et la géométrie, moins favorable pour l'astronomie et l’harmonique.
De l'Arithmétique, Socrate dit: (525 D)
Elle force l’äme à raisonner sur les nombres mêmes, sans
jamais souffrir qu’on introduise dans les raisonnements des
nombres d'objets visibles ou palpables. Que crois-tu, Glaucon,
P
qu’ils répondraient si on leur posait cette question: O merveilleux
savants, de quels nombres disputez-vous, et où se trouvent ces
unités telles que vous prétendez qu'elles sont, chacune parfaitement
x
point en elles des parties?
(116)
E (115)
égale à l’autre, sans la moindre différence, et qui ne contiennent
i
y
y
Ils répondraient, je crois, qu'ils parlent de nombres qu'on ne
peut saisir que par la pensée et qu’on ne peut manier d’aucune
autre façon.
Pour la Géométrie, Socrate pose de nouveau la question centrale:
(526 E)
a
=F u xx(a — x)) =P
E
a
ha
x-y=a ou
xa—a)=P
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)c.à.d. construire un carré égal à un rectangle donné (Il 4). Appliquer
un rectangle à une ligne a, c.à.d. construire un rectangle égal à un
rectangle donné et qui a pour base la ligne a. Un problème très important pour les géomètres grecs c'est Papplication d'un rectangle
P à une ligne a avec un défaut carré ou bien un excès carré.
La solution de ces problèmes d'application équivaut à la solution
géométrique des équations du second degré.
Or, Eudème nous informe que cette solution est « une invention
de la muse des Pythagoriciens ». Donc la géométrie à laquelle Platon
fait allusion est justement la géométrie des Pythagoriciens. On peut
démontrer que les livres géométriques 2,3,4 des « Elements » d’Euclide
sont dus, dans leur totalité, aux Pythagoriciens. Le livre 2 contient
Pa algèbre géométrique » et la solution géométrique des équations
du second degré, le livre 3, les théorèmes sur le cercle, le livre 4,
les polygones réguliers inscrits dans le cercle à 3,4,5..... 15 côtés.
Scholion sur le livre 4: « Les seize théorèmes de ce livre sont dus
aux Pythagoriciens. »
Parmi les Pythagoriciens, qui ont composé livres 24 il y a eu au
moins un géomètre et logicien excellent. Les théorèmes et constructions
sont merveilleux et la logique de tout le système est admirable. La
plupart des renseignements sur la géométrie des Pythagoriciens sont
dus à Eudéme, élève d’Aristote, qui a écrit une histoire de la géométrie.
Plusieurs fois, Eudème dit que telle invention est due aux Pythago-
... Ils prennent garde que l'unité reste toujours unité et ne devienne
jamais multiplicité.
les
Quand Platon parle de l'Astronomie il n'est plus d'accord avec
4
nce
comme
spécialistes. Dans le livre 7 de la République Glaucon
jouer l'astronomie: (529 A)
I} est, ce me semble, évident pour tout le monde que l’astronomie oblige l’âme à regarder en haut et à passer des choses
d’ici-bas aux choses supérieures.
Mais Socrate n'est pas d'accord: (529 A-C)
C'est peut-être évident pour tout le monde. mais pas pour
moi; car je n'en juge pas comme tol.
Glaucon s'étonne: Mais comment? Et Socrate s'explique:
veulent
A la manière dont la traitent aujourd’hui ceux qui
tout
se
nous mener à la philosophie, l'astronomie abais hommeà fait
qui
les regards vers le bas. Tu as l'air de croire qu'un
leverait la tête pour regarder les ornements d'un plafond userait
pour cela les yeux de l'âme et non ceux du corps?
Peut-être en juges-tu bien et ne suis-je qu'un sot, Mais. pour
regarder
ma part, je ne puis reconnaître d'autre science qui fassel'invis
ible.
et
l'être
objet
l’âme en haut que celle qui a pour
riciens. Mais on voit clairement qu'il ne connaît pas le nom du grand
géomètre à qui ces inventions sont dues. Les Pythagoriciens ont publié
Glaucon admet cela et demande à Socrate:
leurs inventions sous la forme d'une œuvre collective comme la
que l'étude soit favorable à notre but?
La réponse est énigmatique: (529 D)
« Logique de Port-Royal» ou les « Éléments de Mathématique » de
Nicolas Bourbaki.
Y a-t-il dans l’arithmétique un traité comparable aux livres 2,3,4?
Oui, c’est le livre 7, le premier des trois livres arithmétiques, qui
contient les premiers principes de l’arithmétique. C’est un exposé
systématique d’une logique admirable. Il contient une théorie des
proportions et de la divisibilité des nombres entiers et quelques
théorèmes sur les nombres premiers.
On peut démontrer que, très probablement, le livre 7 est dû (comme
les livres 2,3,4) aux Pythagoriciens (milieu du 5° siècle). Dans l’arithmétique du livre 7 il n’y a pas de fractions: l'unité est regardée comme
indivisible. Au lieu de fractions, on considère des rapports de nombres
entiers. Sur ce point, Platon est d’accord avec les mathématiciens.
Il dit:
Si tu veux diviser l’unité, les experts de la mathématique se
moquent de toi.
Comment doit-on enseigner l'astronomie, à ton avis, pour
firmament,
Voici, répondis-je. Ces constellations variées du e,
ce qu il y
naitr
étant brodées dans le visible, sont, il faut le recon elles sont
bien
a de plus beau et de plus exact dans ce domaine, mais ts suiva
nt
inférieures à la vérité, c'est-à-dire à ces mouvemennt selon le
lesquels la vraie vitesse et la vraie lenteur se meuve
on l’une
vrai nombre et dans toutes les vraies figures enestrelati
en elles. Ce
avec l’autre, et meuvent en même temps ce qui et l'inte
lligence,
sont là des choses perceptibles par la raison
mais non pas par la vue.
vv
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péper
-
Page 4
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)But we must recognize that they fall far short of the truth, the movements, namely, of real speed and real slowness in true number and in
all true figures both in relation to one another and as vehicules of the
things they carry and contain.
Un peu plus loin, Socrate définit le programme d’une astronomie
idéale en ces termes: (350 B-C)
C'est donc en nous posant des problèmes que nous étudierons
l'astronomie, comme la géométrie; mais nous laisserons à côté
ce qui est visible dans le ciel...
Un peu auparavant, Platon avait défini:
« L’astronomie, c’est la science des corps stéréométriques en mouvement ». Je crois que l'astronomie idéale au sens de Platon c'est une
pure cinématique: science de points, cercles et sphères en mouvement.
La vraie astronomie selon Platon ne s’occupe pas des mouvements
des corps célestes visibles: elle s’occupe seulement de corps géométriques idéaux qui ont un mouvement strictement régulier. Les corps
célestes visibles ont, d’après Platon, des mouvements qui ne correspondent qu’approximativement à ces mouvements idéaux. Pour le
dire avec les mots de Platon lui-même: (530 A-B)
Le vrai astronome admettra que le démiurge, l’ouvrier du ciel
et des astres les a disposés avec toute la beauté qu’on peut mettre
en de tels ouvrages; mais quant aux rapports du jour à la nuit,
de ces deux au mois, du mois à l’année et des périodes des autres
astres à celle du soleil, ne trouvera-t-il pas absurde de croire
qu’ils ne subissent aucune variation, bien qu'ils soient matériels
et visibles?
Pour l’Harmonique, la science des harmonies musicales, le principe
de la critique de Platon est le même que pour l’astronomie. Il dit:
(530 D)
Comme les yeux sont faits pour l’astronomie, les oreilles sont
faites pour les mouvements de l’harmonie, car ces deux sciences
sont pour ainsi dire des sœurs, comme disent les Pythagoriciens
et nous aussi, n'est-ce pas, Glaucon?
Ensuite, Socrate propose d’étudier chez les Pythagoriciens la science
de l’harmonie, d'écouter leur avis, mais de veiller soigneusement à
empêcher nos élèves d'apprendre des choses qui sont inutiles pour
notre but final. Car, dit Socrate, ces gens-là (les Pythagoriciens)
font la même chose en harmonique que dans l’astronomie: (531 A)
Ceux qui se bornent à mesurer et à comparer entre eux les
— 121
—
accords et les sons perçus par l'oreille. font un travail aussi
inutile que celui des astronomes.
Après une digression, Platon revient à ces gens-là qu'il voulait
interroger sur l'harmonie, c'est-à-dire aux Pythagoriciens: (531 C)
Leur méthode correspond exactement à celle des astronomes:
ils cherchent les nombres dans les accords qui frappent l'oreille:
mais ils ne s'élèvent pas jusqu'aux problèmes: quels nombres
sont symphones et quels nombres ne le sont pas. et pourquoi”?
Platon veut donc une science idéale qui ne s'occupe pas des sons
omie.
qu'on entend mais seulement des nombres. Juste comme, en astron
Platon voulait trouver les « vrais mouvements » dans les nombresr
et dans les corps géométriques en mouvement, de même, il veut trouve
P'« harmonie vraie» et les vrais accords dans les nombres et leurs
rapports. Il demande aux mathématiciens d'examiner : quels nombres
à
sont symphones et pourquoi. Cet idéal est radicalement opposé ée
l'harmonique des Pythagoriciens. Dans le livre de Claude Piolem
s
qui s’appelle Harmonika, on trouve un résumé de la théorie des accord
déductique
axioma
e
symphones des Pythagoriciens. C’est une théori
tive. On part de certaines hypothèses et de là on déduit toute la théorie.
Or, dans cette théorie, il y a une distinction très nette entre
sons
et intervalles musicaux d'une part et nombres et leurs rapporis, d| autre
part. A l’intervalle de l’octave correspond le rapport de 2 à mais
le prédicat « symphone » est seulement appliqué à l'octave et non
pas au rapport des nombres 2:1, tandis que Platon veut examiner
quels nombres sont symphones et pourquoi?
ue
Le point principal de la critique de Platon concernant l'harmoniq
pent
s'occu
ils
qu
est:
temps
et l'astronomie qui existaient de son
des sons qu'on entend et des astres qu'on voit. Les sciences idéales de
.
Platon s’occupent uniquement des nombres et des figures géométriques
ns,
oricie
C'est pourquoi il loue l’arithmétique et la géométrie des Pythag
figures
des
et
sible
qui s'occupent d'objets idéaux: de l'unité indivi
Pharmogéométriques parfaites. Mais il veut réformer l'astronomie et
u
nique qui s'occupent des objets visibles et audibles.
écrivit
il
Cet idéalisme radical fut le point de vue de Platon quand
iante.
la République. Plus tard, il a adapté une attitude un peu plus concil
problème:
Eudème nous informe que Platon a posé aux astronomes le
Par quelles hypothèses sur le mouvement circulaire et uniforme
des planètes peut-on sauver les apparences”?
Voilà exactement le programme des Pythagoriciens! Les Pythagoriciens aussi voulaient, comme dit Géminos
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—
sauver les apparences par des hypothéses sur le mouvement
harmonique, circulaire et uniforme des planétes.
nière, sans faire usage d'aucune donnée sensible, mais en passant
d'une idée à une idée, pour aboutir à une idée.
Plus tard, dans les Lois, Platon nous dit avec emphase que le soleil
et les autres astres qu’on voit au ciel sont des êtres vivants. des dieux.
et qu'il est très important pour l'âme d'étudier les mouvements de
Voilà donc le programme d'une science idéale selon Platon: Science
ces « dieux visibles ».
Retournons à la République. Platon reproche aux mathématiciens
non seulement de s’occuper d'objets visibles et audibles, mais aussi
de prendre pour point de départ de leur science des
qu'ils ne justifient point. (510 C)
hypothèses
Tu sais, je pense, que ceux qui s'occupent de la géométrie,
du calcul et des autres sciences du même genre, supposent le
pair et l’impair, les figures, les trois espèces d’angles et d'autres
choses analogues dans chaque branche de la science; ils les traitent
comme choses connues, et quand ils en ont fait des hypothèses
ils estiment qu'ils n’ont plus à en rendre compte ni à eux-mêmes
ni aux autres et qu'elles sont évidentes à tous les esprits.
Dans ce passage, Platon semble se référer à un certain système
d'hypothéses sur lequel se fonde la géométrie. Ce système axiomatique
est probablement le système des Pythagoriciens. Malheureusement
le début du traité géométrique des Pythagoriciens est perdu. Euclide
a pris les livres 2,3,4 des Éléments chez les Pythagoriciens mais il
a remplacé leur premier livre, qui contenait (sans doute) les définitions et les hypothèses de la géométrie par un autre système axiomatique
élaboré plus tard au 4° siècle. Il me semble tout à fait sûr que les
Pythagoriciens ont fondé leur géométrie sur un système d'hypothéses
ou postulats qu'ils ont regardés, comme le dit Platon, comme évidents
pour chacun et qu'ils ont acceptés sans justification. Ils ont fait
la même chose dans leur harmonique et dans leur astronomie. Platon
dit: (510 D)
Enfin, partant de ces hypothèses et passant par tous les échelons
sans hypothèses, indépendante de l’empirie, basée sur un seul principe
non hypothétique et évident.
Ce programme est tout à fait différent du programme des Pythagoriciens. La géométrie, l’astronomie et la science harmonique des
Pythagoriciens sont basées sur des hypothèses. et non pas sur l'anhypotheton. A la fin de ses considérations sur les sciences et les hypothèses
Platon se montre très mécontent des sciences existantes. Il dit des
mathématiciens: (533 C)
Quant aux autres, qui, comme nous l'avons dit. saisissent quelque chose de l'essence, c’est-à-dire la géométrie et les arts qui s'y
rattachent, nous voyons que leur connaissance de l'être ressemble
à un rêve, qu'ils sont impuissants à voir l’ötre en pleine lumiére,
tant qu'ils s'en tiennent à des hypothèses, qu'ils acceptent d'une
façon fixe, et dont ils ne peuvent pas rendre raison.
Or, si l'on prend pour principe une chose qu'on ne connait
pas, et si les conclusions et les propositions intermédiaires sont
tissues d’inconnu, quelle possibilité y a-t-il que l'accord en ces
choses puisse jamais être converti en une vraie science?
Cela est impossible, dit-il.
Ce que Platon critique ici amérement, c'est exactement le programme
des sciences des Pythagoriciens. Ce programme est formulé dans un
fragment du commentateur platoniste Derkyllides, un fragment que
Théon de Smyrne nous a conservé. Derkyllides dit:
De même qu'en géométrie et en musique il est impossible,
sans faire des hypothèses, de déduire les conséquences des principes, de même en astronomie il faut d’abord se mettre d'accord
sur les hypothèses, desquelles on déduit la théorie des mouvements
des planètes.
de la déduction, ils aboutissent à la démonstration de ce qu'ils
Du verbe homologeisthai: se mettre d'accord, utilisé par Derkyllides
s'étaient mis en tête de chercher.
se dérive le substantif homologia, accord, qui se trouve chez Platon.
Derkyllides et Platon parlent donc de la même chose: d'une science
Platon n'est pas satisfait de cette science basée sur des hypothèses.
Pour lui, les hypothèses ne sont pas des principes (Archai)
mais vraiment des hypothèses, des points d’appui pour s'élever
à l'anhypotheton, le non-hypothétique, le principe de tout. Ce
principe atteint, le raisonnement descend, en s’attachant à toutes
les conséquences qui en dépendent, jusqu’à la conclusion derbasée sur des hypothèses sur lesquelles on se met d'accord au commencement. Mais Derkyllides ou sa source approuve cette méthode
tandis que Platon dit que cet « accord » ne peut jamais aboutir à
une vraie science.
La théorie de la connaissance de Platon est donc une réaction contre
la théorie de la connaissance des Pythagoriciens.
Page 6
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)lana igs
Geschichte o
(apo), Zenwolblar (ce
Qrenagehiere
LI Waerden, B. L. van der:
.
©
.,
*'
!
7 Erwechende Wissenschaft. Band 2: Die Anfänge
‘Kultur. Band 23.) 2. Aufl.
*
me
der Astronomie. (Wissenschaft und
- Stuttgart; Birkhliuser Verlag 1968. XII, 315 S. DM 38..00..
Basel
+.
[Vgl. auch Band 1, 1. Aufl. dies. Zbl. 70, 241, 2. Aufl. dies. Zbl. 158, 3. ]
‘e.
Als "Anfänge der Astronomie" aefiniert der Verf. denjenigen Ausschnittaus der
+
:
.
Geschichte der Himmelskunde,
Po
der mit der Aufstellung geordneter Listen begann und
der die sbendländische Wissenschaft nachweisbar beeinflußt hat. Crundsätzlich außer
Betracht bleiben daher alte Mitteilungen über alltägliche Himmelserscheinungen
und die Astronomie der Megalithkulturen, der vorkolumblanischen Amerikaner und
der Chinesen. Die tatsächlich recht unbedeutende altägyptische Astronomie nimmt
.” +.
.
ra
“ “
in den Buch nur sehr geringen Raum ein. Indische ‘Quellen werden ganz beiläufig
behandelt. Bedauerlich ist der ausdrückliche Verzicht auf Einbeziehung derAstrothesie; besonders nachdem Willy Hartner gezeigt hat, wie weit sich der Einfluß
gumerisch-babylonischer Sternbildkonzeptionen in das Abendland erstreckt. Auch
spielt die mit der frühen Astronomie fast untrennbar verbundene Kosmographie eine
völlig untergeordnete Rolle. Wohl aber ist ein eigenes Kapitel der Thematik
7,
"Stemreligion, Astrologie und Astronomie" gewidmet. In knapper Form werden darin
‘
dem religionsgeschichtlich interessierten Laien einige Komponenten des hellenistii
schen Synkretismus vorgestellt, die dem Verf..filr die Entwicklung seiner Gedanken
ne
n
wesentlich erschienen. Die alttestamentlichen Vorstellungen
sind (offenbar als
für die Astronomie zu "alltäglich") nicht darunter. In der Geschichte der
“©
«+ Astrologie führt der Verf. zwischen der alten Omen-Astrologie und der neueren
;
Horoskopie eine eigene Zwischenstufe der primitiven Tierkreisastrologie ein, die
<<) er in die Zeit der chaldäischen Könige (um 600 v.Z.) ansetzt. Das, worauf es dem
Verf. in erster Linie ankam, und was den wesentlichen, reichen Inhalt seines
Buches ausmacht, ist die ausführliche, auch Nichtspezialisten verständliche
Darstellung der Astronomie der Keilschrifttexte. Hierbei. stützt er sich für
die alte Zeit besonders auf Arbeiten von Peter Huber und für die neuereiZeit
o
auf das monumentale Werk von
LO
0, Neugebauer
[Astronomical Cuneiform Texts
(London 1955)}. Er beschränkt sich aber keineswegs auf das Referioren fremder
—_——
Untersuchungen, sondern trägt viel Eigenes bei [zur Erklärung der Thalesfinsternis siehe jetzt aber W. Hartner, Centaurus 14, 60-71 (1969)) und hält mit seinem
wissenschaftlichen Urteil nie zurück. Das Ergebnis ist eine brillant lesbare
und bestens fundierte Arbeit, die pralcijsch den neuesten Forschwgsstand bietet.
|
Besonders die Einführung in die babylonische Mond- und Planetenrechnung ist
+.
|
meisterhaft. Gegenüber Neugebauer benutzt der Verf. noch die älteren Kuglerschen
be i
Bezeichnungen, was beim Vergleich zu beachten ist (s.
5-139), AbschlieBend
7",
© zu erwähnen ist noch ein Verzeichnis der keilschriftlichon Sternnamen (von P.
: :
. Huber) und die vorziigliche Bebilderung, besonders im relizlonsferchichiiichen Teil.
MW Rebel