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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ox BrYCKER, |S. DE
Une énigme mathématique
dans l'Hippias Majeur
|
Au cours d'une discussion sur la nature du Beau. Socrate
en arrive à soutenir devant Hippias d'Élis la thèse suivante:
il existe des prédicats qui conviennent à un couple de sujets
sans convenir en même temps aux éléments de ce couple.
Comme le Sophiste se refuse à admettre une affirmation aussi
paradoxale, Socrate l’appuie par des exemples: pris ensemble nous sommes deux, mais chacun de nous séparément
est un; le groupe est pair, les éléments en sont impairs (1).
Revenant plus loin sur le même sujet, il s'exprime en ces
termes: « Lorsqu'un couple est pair,
ses éléments séparés
peuvent être soit pairs, soit impairs: ou inversément, Jursque
certains éléments séparés sont irrationnels, le couple qui en
résulte peut être soit rationnel,
soit irratiannel + (*).
I
La dernière partie de cette phrase fait depuis longtemps
difficulté aux interprètes. C'est que par ápoytor, comme
nous le verrons tantôt plus
en détail. les mathématiciens grecs
entendaient des racines carrées de nombres entiers non carrés
parfaits @), Or il est impossible d'arriver è un résultat rationnel en additionnant des quantités de cette espèce.
(1) Hippias Majeur, 301 d 5-302 b 3.
(2) Ibid., 303 b 6-c1: 7 older zwmideı, Ganso other ÊrToT Terr
änmotegor, tdga ner Exdtega nearrrá
elvas, tdya 0 dutta, wai ad
doorrun Exarkuwr Gvtur taza ner Gta Ta grrangitiuu riva, Taya
0” äpenra.
|
(3) Ce sont ces racines que les mathématiciens français du xvit
siécle désignaient comme des sourds; les Anglais continuent à se
servir du terme surds.
Page 2
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É. DE STRYCKER
Tout le monde est d'accord pour dire que Platon
Pas
cette
proposition,
n’ignorait
d'ailleurs assez élémentaire.
Mais
ne
Pourrions-nous accepter l'hypothèse de
Miss D. Tarrant (1),
pour laquelle Socrate est censé reprod
uire ici une leçon mal
comprise? Non, car rien dans tout le
passage n'insinue qu'aux
yeux de Platon les expressions de
Socrate recélent quelque
erreur, inexactitude ou obscurité.
Voyons donc si Ja phrase
litigieuse n'est pas susceptible d'un sens mathé
matique pleinement acceptable.
Laissant de côté un essai d'interprétation
qu'il faut bien
appeler fantaisiste (2), nous examineron
s d’abord l'explication proposée par le grand historien anglai
s, Sir Th.-L. Heat (),
Il pense que, dans l'Hippias Majeur, le
mot àoontor aurait
une
signification
plus
large
que
dans
la
terminologie
ordinaire; il désignerait n'importe quelle
espèce de quantités
irrationnelles et donc pas uniquement
celles qui peuvent
être rendues rationnelles par simpl
e élévation au carré. Un
cas qui répondrait aux exigences du
texte serait par exemple celui d'une droite rationnelle divisé
e en moyenne et
extrême raison. Euclide (XIII 6) prouv
e que les deux segments ainsi obtenus sont de l'espèce
dite apolome. Et l'on
peut a juste titre supposer que Platon
en connaissait déj
l'irrationalité:
car dans Euclide cette division fait l'objet
d’un problème résolu au livre Il (prop.
11). dont l'origine
pythagoricienne est bien connue.
Cette solution ne paraît guère compatible
nous savons du
développement
avec
des mathématiques
ce
que
dans Ja
première moitié du rv* siècle. La proposition
II 11, à laquelle
se réfère M. Heath, obtient la section
demandée par la méthode
d’application hyperbolique
entraîner aucune
connaissance
des surfaces,
de l’irrationalité
mais
des deux
segments (4). Bien au contraire. si la
démonstration
(1) The
pp.
Hippias
Major
attributed
to
Plato
sans
de l'ir-
(Cambridge,
83-84.
1928),
(2) Nous pensons à celui de M. Alfred CROISE
T qui. au tome II du
Platon de la Collection des Universités de
France (Paris, 1921), p. 40,
traduil gyré: par entier et dopnto; par
fractionnaire.
(3) A History of Greek Mathematics (Oxford,
1921),
1, pp. 304-305.
(4) Cf. E. J. DIIJKSTERHUIS, De
Elementen van Euclides,
ningen, 1930), p. 271.
11 (Grorationalité n’est donnée qu'au livre XIII (prop. na si
elle fait usage de la notion d’apotome, ¢ est donc qu
+:
due à Théététe, à moins qu'on ne veuille, par une i ese
d'ailleurs improbable (1), la rajeunir encore et l'attribuer à
ntique, et nous ne peu
aren Y Hipptas Majeur est authe
r (2), il doit être rangé a
aucune bonne raison d'en doute
les œuvres de la jeunesse de Platon. Dans ce cas il pi
composé avant les découvertes de Theetete. et ne peut ame
y faire allusion. Et quand bien même le dialogue serait ape’
cryphe et par conséquent de date plus tardive, il ne pourrai
pas davantage désigner une apotome par le terme d nu
En effet, comme nous le disions plus haut, les irrational È
élémentaires reçurent dès le début le nom d nota, e es pa
dire de quantités non exprimables en nombres entiers ne
lles,
rapports de nombres entiers. En fait de telles irrationne
on ne connut longtemps que V2. Ce nest nier aig‘
l'année 400 que Théodore de Cyrene dementra | irrational g
d'une série d'autres racines carrées. celles de 3 a 17 ( ) Chen
Théétete découvrit l'existence d'irrationalités supérieure
re os
qui. méme élevées au carré, n'étaient pas conmensu
vom
FE
s
er
avec l'unité adoptée, on conserva aux
des
e
comm
d’äponra (*) et on se mit à designer les nouvelles
(1) Voir la discussion dans Eva Sachs, Die jünf platonischen Korun
u
rly, 20 (1926). u
À si Classi: cal, pp.Quarte
ta G. M Philol
de
Rent
Renur
es.
DIES.
A.
2
:
79
369-3
369-3
(1929)
24
ogy.
bestical Ph
148 et Classi
ic, 55 (1929), pp. 383-396.
hi
on Fr 147 d 3-6. Sur les progrès de la connaissance +
|
rlin, 1917}, pp. 112-116.
7
viei È
re fondamental, quoique en partic
i [tarados ‘voir le mémoiEntde
nach
ci
i
ckungsgeschichle des sagg
de Han “VoaT Die
ine
Bibtioten
: „Boo
8
is, dans
da
ba
3
;
a
pp.
mathematica, 3. Folge, 10 (1909-1910),
, artic
' 4. Jahrhundera,
Plato und anderen i Quellen des
marquablement précis et vigoureux. de K. vox Fritz
ables 5en
xprimnen
«jine
Étui
ory
ol
Ene.
ae
E
md
reg
t
étaien
] Da (ante preti), Ces grandeurs
4)
On
spécifia d’ailleurs que,
tou
an
RARES
È
au carré ci + pm>
in + ou x à la puissance t», lac'estplusà dire
le, ‘ee sorle me von
usuel
devin
Cette dernière expression la terminologie math
ique. omme
i t rapidement de , p. 150), l'emploi deémat
dans he A
ec
oe e H Vogt (op. laud.d'antiquité relative et donc d’auth
enticité.
vas Majesr est un signe
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É. DE STRYCKER
dAoya (1). Cette terminologie était certainement déjà fixée
du temps d'Eudoxe et d'Aristote (?). Pour ma part, je ne
rectangle de cötes irrationnels V2:et V3, on aura l'hypoténudoute pas qu'elle ne remonte à Théétète lui-même. Nous
savons par le iémoignage de Platon (*) quelle attention il
Ve et V3. l'hypoténuse vaudra 3 et sera rationnelle. Platon
veut donc qu'on effectue une addition non point sur les côtés
de l'angle droit, mais sur leurs carrés; on découvre ainsi la
valeur du carré de l’hypoténuse, et indirectement celle de
donnait aux questions de vocabulaire et de définitions mathématiques. I] est invraisemblable qu'il se soit montré négligent à ce point de vue pour ce qui faisait l'objet même de
ses principales découvertes. Mais outre cette présomption:
générale, nous possédons dans la République de Platon une
précieuse confirmation de fait: les livres VII et VIII de ce
dialogue, composés probablement dans les premiéres années
qui suivirent les découvertes du brillant collaborateur de
l'Académie (4), connaissent et des äpenro: diduetoor (3) et
des ddoyot yoauuai (*. Aucune solution du probleme ne
sera acceptable qui ne laisse au mot dpontor le sens bien
déterminé qu'il a dans la littérature mathématique, celui
de racine carrée d'un nombre entier non carré parfait.
se irrationnelle W/5: au contraire avec les côtés irrationnels
l'hypoténuse elle-même.
Tout ingénieuse qu'elle est. celte solution n'en est pas
moins inadmissible, C'est qu'elle fait violence au sens obvie
du texte, Il est impossible d'appeler les côtés du triangle
rectangle : chacun des deux séparément » (éxdtepa), el l'hypoténuse . les deux ensembl: » (cuvangotena), |. hypotenuse
comme ligne (car c'est bien de celà qu'il s'agit, ci non de sot
carré) a son individualité propre; elle n'est pas la combinaison des deux autres cûtés.
Il
H. Vogt avait déja rapidement indiqué les raisons générales pour lesquelles une interprétation du genre de celle de
Heath doit être rejetée (7), Il attirait de plus l'attention sur
une particularité curieuse dans le texte de l'Hippias Majeur.
Le couple pair qui résulte d'éléments soit pairs soit impairs
par voie d’addition, est appelé dugórega. Le couple rationnel ou irrationnel qui résulte d'éléments irrationnels
est appelé ourauporepa. Vogt en concluait que dans le second
cas le processus de composition des éléments ne pouvait
être « purement additif ». Voici donc comment il se représentait l'opération indiquée par Platon. Si l'on prend un triangle
(1) H. Vocr, op. laud., pp. 143-150 : K. von Fritz, article Theuitelos 2, dans
PW. V A, col. 1351-1372, surtout 1360-1362.
|
(2) K. von Fritz, article Theaitetos, col. 1362.
(3) Théét., 147 d 7 - 148 b 2.
(4) Ils datent des environs immédiats de l’année 375.
(5) Rép., VIII, 546 c 4-5,
(6) Rép., VII, 534 d 5. Ce passage a échappé à H. Vogt. Il écrit
que dans tout Platon il n'y a pas un texte où &Aoyor soit employé au
sens d'irrationnel (p. 144): que cet usage apparaît pour la première
fois=o a donc après l’année 350 (p. 149). Cette affirmation
Gh Op:
lend oes
continue
à induire
en erreur Jes hist oriens des mathématique
j
BD.
s.
Le texte platonicien parle d'éléments et de couple. ll ne
dit pas par quelle opéràtion il faut « mettre ensemble » les
premiers ou « diviser » le second. Assurément, s'il s'agit de
nombres ou de grandeurs géométriques. leur composition se
fera par voie d'addition (*). Mais il existe dans la langue mathématique une autre application des termes orrriliirut
et Ötmpeir. « Composer » deux rapports, pour un Grec, Cest
les multiplier; « séparer » deux rapports, c'est les diviser.
I] ne nous manque pas de textes pour illustrer cel usage,
particuliérement fréquent chez les théoriciens de Ja musique.
Prenons un premier exemple chez Théon de Smyrue: > Il
est clair que les compositions et les partages des accords correspondent et apparaisseni conformes aux composilions et
nous
aux partages des rapports qui les expriment et que
avons décrits plus haut. Ainsi, puisque l’octave se compose
de la quarte et de la quinte ef se partage en elles. el que
d'autre part le rapport de Poctave est double, celui de la
E, p. 40, 4 (Hier); Nico(1) Voir par exemple THÉOX DE SMYRN
Trocius, Jn Euclidem,
1:
8
1
.
étigue
urilhm
MAQUE, Introduction
p. 161,25-162,3 (Friedlein).
-
Miz. Bolsacy.
Page 4
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)É.— DE STRYCKER
quarte sesquitierce et celui de
la
i
quinte
apparai
t
d
i
sesquialtére,
il
quee
w
rapport double se com
pose du xsesq
D
uitier 4
La
>
a
que Pur
altere et
se résout en eux » ().
Tapport sesquialtére
y:
Ou encore : « L
°
: ©
e
Lorslo camma sesq rit qe par exemple 9/6,
on soustrait
Ee
e
DT
ce
6. il reste le rapport sesquioctave 9/8 -
à ce dernier rapport (1 Ena.
quioctave) ] s Lon additionne
Sesquitierce 12/9, on reconstitu si
r
a
rapport ses Ù en ts
.
€
7
1a
LI
‘
e
Ey
.
.
El
=
Sesss
,
les sages y 12/8» (). Ainsi s'exprime Théon dm
Sun langage La pica au péripatéticien Adraste (2
actement le même
14
on i
,
&|
e Ja où
;
:
\ le Platonicos
secon
py —
d'Ératosthéne
() il dép
épend deà sa
fidélité anne
et Adraste suivent avec une égale
Nous en rein uable traditio
n de Ja musique io
.
tes Manzi un chaînon plus ancien dans un des trai
at
harmonigue,
ho
E
d
‘
s
x
Alqui iene a Euclide. San
s doute, I’ Introduction
des
Éléments
s'est
na re in
Sous le nom
de
l'auteur
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ui: on 2 Je
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tr
Cléonide
l'authenticité ae auteur du 11 siècle après J.-C 6) Par hei n
Sectio
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(1) P.
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.
vdo
Eeritolte
‘070€ Npiddios Tor
r
Adyow
apf
ros
c'est
l'élever au carré. Le théorème est donc celui-ci : « Quand on
élève au carré un rapport dont un terme est multiple de
l'autre (p. ex. 6/2), dans le nouveau rapport ainsi obtenu
(36/4) un terme sera également mutiple de l'autre ». On pourrait s'étonner que la démonstration de ce théorème, comme
aussi celle des suivants, ne parle pas directement d'élévation au carré, mais considère seulement une série de trois
grandeurs en proportion continue. C'est que l'auteur s'appuie sans le dire sur une propriété exprimée dans la définition
4 du Ve livre des Elements: « Lorsque trois grandeurs sont
en proportion (continue), on dit que la première est a la
troisième dans un rapport doublé de celui où elle est à la
seconde » (8), c'est-à-dire que sia: b= b: e, on aura a: cs
a: b?(#). On voudra bien le remarquer une fois de plus:
tandis que doubler un nombre, c'est l'additionner à luimême, doubler un rapport, c'est le multiplier par lui-néme.
Les Eléments ne font pas seulement un appel implicite
à la notion de «composition des rapports» dans celle de
«rapport doublé», ils l'emploient aussi d'une manière formelle. Dans la proposition 23 du livre VI, Euclide démontre que «les parallélogrammes équiangles sont entre eux
Tor
,
(Leipzig.
18)
rc
i
be
j a002 TH =" Er
dei
nd
Ter oO
pi
c
24-85,1
graeci‘L
(Li
psi
ip
oe
(1) Les deux termes 4070: et Sidotaziu sont praliquement synonyse
sert.
(2) far Ardornpu aoddaridauoyr diz arıteßir mej Te Atdetypa, nut
aetg nollariucior ÉGTAt.
(B) ¿rav SE toi pepély dvddoyor po TH ayorer aan: Sur le
Ta InITOS
ahactora Júsor Ege Zéperai ymey Ayes Th dertınar,
|
n
Mus
ici h
seri e
6
mes ; dans les trailés de musique. c'est en principe de second dont on
ns lois
DE 82,
2 22: 83. ; 14-1
5
: 83,
is
+ VON
jaJAN
n
nar
proton zu
3
PN.
rin
1B NOG? tà y
a THÉon, P.
61, 18-19,
apni
fnioiton
Os TOY <éaitgitor> Jévop
TeTai Auyos
éndyôcos 6
rar N
BENTog
ETITOIg
TEN e
TE
pu;
e
(2) P. "D
62,e 1919
6: -6
2:|3,
4x6
na
« composer deux fois » ou « doubler » un rapport,
3
i
*
tion des rapports » ou plutôt « des intervalles » (*). La proposition 1 est ainsi libellée: « Lorsqu'un intervalle multiple
est composé deux fois, l'intervalle qui en résulte est luie Cet énoncé, d'apparence quelque peu
» (*).
même multipl
sibylline, devient parfaitement clair si Pon se souvient que
qal
rpeiebas
2 e
Ip,~
a
323
A
:
Tor
Fle TOMTOM: Dru
=
los
Sutr
a
torros + E de bah
afore
¢ ere
Tan.
Epqeto
TeGado
de
Cabas
dernier traité a ter critiques les plus compétents (*). Or ce
©
-
UNE ÉNIGME MATHÉMATIQUE DANS L'HIPPIAS MAJEUR
s ae, 1845). pp.
Literarge
schiehtli
che
171-174
Seed ier
de
sens de
l'expression drriuoior Adyoz. Noir Scholia in Huctlidem, p. 292, 7-11
(Heiberg) : Tu. L. Heats, The Thirteen Books of Euclid's Elements?,
IL (Cambridge, 1926), pp. 132-133. Sur son origine, ef. Benedict
LINARSON, On certain mathematical Terms in Aristolle’s Logic, dans:
American Journal uf Philutogy, 57 (1936), p. 35, u. 12a.
(4) CE Heimen, Euelidis opera omnia, 11. p. >, n 2.
Page 5
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)dans un rapport composé de ceux de leurs côtés » (1). Ce qui
est curieux, c'est que nulle part dans les Elements on ne
donne une définition de « rapports composés » on de « composition
de rapports »(*).
Cette faute
de
méthode est
significative : il faut que Je terme et le procédé aient été bien usuels
pour qu'on ait négligé d’en préciser le sens.
111
La phrase de l'Hippias Majeur parlaït d'éléments à réunir
en un couple. Elle n'en précisait aucunement la nature. Nous
avons constaté que si on Y vovait des nombres ou des grandeurs géométriques, on s'engageait dans une impasse.
Par
ailleurs, Vogt nous a fait remarquer qu'il ne s'agissait probablement pas d'une composition
par voie de simple addition.
tout
Examinons maintenant
qu'on admet
si
ne seclaircit pas dés
qu'il est question ici de rapports ou
intervalles et de multiplication.
Soient donc les éléments «inexprimables» 3.1, \ 62.
Le
résultat
de
leur
composition,
l'intervalle
compose (*)
V18j2 ou 3V/2/2 reste lui aussi un intervalle irrationnel.
Si
nous prenons au
contraire
les
éléments
irrationnels
V3/1, V12/3, nous obtenons l'intervalle composé rationnel
V/36/3 = 6/3 = 2/1, c'est-à-dire l'octave.
Et ceci n'est pas un jeu gratuit de furmules appliquées arbitrairement et sans fondement à un texte plalonicien, puisque les Introductions harmoniques de Cléonide (*) et de Gaudence (5) distinguent en rationnels
(1)
ta
iocywriu
aapalinicpgunpa
“
dibybu
.
La
,
Tun
Eytt
20507
(2) La définition 5 du livre VI est
HEIBERG,
Luclidis
généralement
opera omnia,
HEATH, The Thirteen Books of Euclid's Elements’,
rejetée comme
1.
p.
73,
11, pp.
et 189-190: DisksTeRHUIs, De Elementen van Euclides,
n.
2:
132-133
11, p. 102.
ne joue aucun róle dans la
pas e m
qu'en géométrie les définitions qui ne servsent
Pau cla
des demonstrations appartiennent au fond mnths
n, ii
S'il nous est permis de raisonner ici a part,
les rationnels i me M
rons que la distinetion des intervaldont
ne ve à A 5
nels remonte au traité d'Archvtas á 1 époilque
où rie
cas,
de maigres fragments. Dans ce
om ia n e
à-dire Vers l'année 300, e ealfiure
pias À lajeur, c’eàst-laque
une rapii
lle il était élégant de
té scientifique
sion.ane question se présente
vee
intervalles composés
et
simples
datrfetu), cf. CLÉONIDE. p. 187, o-G et
(diuotipura
188, 3-184, 2 (Jan)
ofrheru,
on
146,
26-27 et 198, 15-200, 2 (Menge); Baccnius, p. 306, 3-5 (land: GauDENCE, p. 338, 13-14 (Jan).
(4) P. 187, 6 et 189, 2-8 (Jan): p. 196, 27 el 200, 2-8 (Menges,
(5) P. 328, 17-20 (Jan).
dla
£
We cutee
à
Lul DE ung
aussi
Judi
pourquoi ne | at-il Ne aie nano
était la pensée de Platon. n'a-til pas specie salire eae
plus clairement ? Pourquoi
e
à composer étaient des rapports. ou en lei Èsill
se faire par voie de multiplication - Pourquoi rend
eed , he
ef note lecteur
éxaTega
ues que
i vagnde
aussdema
motsqui
des tion
e
plov
a |
du
part
la
de
trop
preta
inter
de ra
sr
de chances d'être la vraie.
Li
de langage, ew 20 i—
En réalité. ces imprécisions
“
.
l
Kana
e
une objection, vont plutôt à confirmer notr
ae
les sont tout a fait dans la maniere dle l gini : w
la alare
contient un cas célébre de construction pini
(yy MAIS
face, compliqué d'inscription dans un cerci
len +
Mete
N
. pu M
H A! uil Vera pel) i
(1) Conformément à: l'usage établi
,e 6
,
cos auteurs up»
‘omar Théeféele.
posent non syto? à agoytor, mals grt! ANGE
:
‘hanoine Pown
a Diesallà
du p
(3) On pourra Comparer l'argumentation chez
cei dans Te
seulement
ions ouallestees
wopes de classificat
et qui sont wi
Proclus,
d'Aphrodise
omg
-
a
i
i
a
Y
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Ne on
:
ave
dit
inte.
ker
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s
i
passage sur Je° nombre nuplial dans la Républiqueque ¿Platon
a connu
N
th
_
(I à fa de Platan, po 129): © Man lvpolhese.
at
N. 91,
(3) Sur les
l
purement der O1e
Notons qu'elle est d'ordre divi
ens
om
on.
can
sion du
hoo,
ovyxeluevor Ex THY alevodr .
apocryphe; cf.
a» ki chon
valles dont s'occupe la musique théoitériqudee e).
o
m
e
aucune donnée positive sur l'antiqu
r ea
race
mais cela ne prouve en aucune facon qu ele soit
et irrationnels Jes inter-
Tui:
325
UNE ÉNIGME MATHÉMATIQUE DANS L'HIPPIAS MAJEUR
E. DE STRYCKER
1
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(2) Ménon. Sb e 4-87 b 2.
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Page 6
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)¥%, DE STRYCKER
le caractère technique du passage, on n'est pas encore par- venu à ‚s’entendre sur la portée exacte du problème. Dans le
paragraphe de l’Epinomis (1) qui célèbre l'unité de la science
réalisée par la construction géométrique de la racine carrée
incommensurable, les meilleurs travaux aboutissent à faire
constater la possibilité de plusieurs interprétations (?). C'est
tout récemment, après vingt siècles de recherches, que le
chanoine Diés est parvenu à dissiper intégralement la proverbiale obscurité du « nombre nuptial » de la République (3).
Il a dressé la liste (*), vraiment impressionnante, des ambiguïtés et des obscurités que Platon y a semées à plaisir (5).
Ici le cas est beaucoup plus simple: il suffisait au lecteur de
I Hippias Majeur de se souvenir des découvertes les plus
récentes
pour résoudre
aussitôt
la
petite énigme
que
lui
proposait Platon.
Louvain.
E. DE STRYCKER, S. I.
(1) Épinomis, 990 c 6-991 a 4.
(2) Edouard des PLaces, Le passage mathématique de U Epinomis
et lu théorie des irrationnelles, dans: Revue des Études grecques,
48 (1935), pp. 540-550.
(3) Rép., VIII 546 b 3-c 6. A. Diés, Le nombre de Platon. Essai d’ezegese ct d'histoire (Paris. 1936).
(4) Le nombre de Platon, pp. 132-134. On notera les remarques pertinentes de l’auteur sur Je caractère intentionnel de ces obscurités.
(5) L'une d'entre elles offre quelque analogie avec celle que nous
cherchons à éclaircir ici. Platon parle de la « base sesquilierce accouplée
à
cing » (éxiroiros
avGpry zeuzadı
par là, non qu'on additionne, mais qu'on
nombres
|
3
4
et
avivypet:)
il
entend
multiplie entre eux les
5.
E. LE Staycken, Une énigme mathématique dans UHippias Majeur: AIPhO
¡Y 1937 (Mél. Boisacg) 317-326. | Le passage de l’Hippius Majeur 303b6-c1
[traite de rupports ou intervalles et de multiplication. La distinction des
inter-
¡valles rationnels et irrationnels semble remonter à Archytas ; dans ce cas, À
l'époque où parut l'Hippias Majeur, c'est-à-dire vers 390, c'était une nouveauté
scientifique à laquelle il étuit élégant de faire allusion.