Nouveaux oracles chaldaïques dans les scholies du Paris. Gr. 1853

Auteur
Saffrey, H.D.
Publié dans
Revue de Philologie, de Litterature et d'Histoire anciennes
Année
1969
Sujet
CHALDEA
Langue
Français
Catégorie
C12 Religion
Numéro d'archive
4126

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SAFFREY, H.-D., Nouveaux oracles chalda?ques dans les scholies du Reyuc Lalo qu e $3.97 NOUVEAUX ORACLES CHALDAIQUES DANS LES SCHOLIES DU PARIS. GR. 1853 ' + Le célèbre manuscrit, Parisinus graecus 1853 (= E), qui contient la plupart des œuvres d'Aristote (sauf l'Organon) et date, dans sa plus grande partie, du milieu du x® siècle, vient d’être l’objet, pour la première fois, d’une analyse codicologique approfondie de la part du prof. Paul Moraux!. Étudiant successivement l'histoire de ce manuscrit, sa composition, ses copistes, son premier scholiaste, il en tire des conclusions extrêmement importantes au sujet des deux versions du livre II du De anima. Mais si l'on examine de plus près encore le travail des copistes en identifiant la nature des gloses qu’ils ajoutent au texte, on peut parvenir 4 de nouveaux résultats aussi intéressants. A la suite d’A. Förster?, P. Moraux® distingue quatre copistes, tous du x® siècle, pour la partie ancienne du manuscrit, fol. 1-344 vo. Il les nomme ELEILEII,EIV. Au copiste E I, il attribue les fol. 1-186 vo + 187 bis + 196-220 vo (= Physique, De caelo, De generatione, Meteorologica, De anima). PRAO\EX,HADC€SFR,EY VAG r C'est un copiste médiocre, le nombre de ses distractions est incalculable, et il n’a pas relu sa copie. En admettant qu'il y eût des gloses dans son modèle, il n’en a transcrit aucune. Tout différent est le groupe des autres copistes. E II (fol. 187-195 vo + 306-337) a transcrit le deuxième livre du De anima, la fin de la Métaphysique, la Métaphysique de Théophraste, le De coloribus et la première moitié du De partibus animalium. En même temps, il a soigneusement recopié les scholies qu'il trouvait dans son modèle entre la Métaphysique d’Aristote et celle de Théophraste, et à Ja fin de ce dernier texte (fol. 308 r°-309 r° et fol. 312 r°). Le copiste E III, qui a copié les Parva Naturalia et la presque totalité de la Métaphysique (fol. 203306), a également transcrit les nombreux marginalia du modèle, en particulier une longue note sur Met. A 4, 985 a 18-19 (fol. 228 v°, mg. sup.) où P. Moraux a reconnu un extrait du commentaire d’Asclépius, In Met. p. 32. 2-7 Hayduck. Le dernier copiste, E IV, auquel on attribue les seuls fol. 337-344 vo, en plein milieu du De partibus animalium, n’a guère eu 1, Cf. Paul Moraux, Le Parisinus graecus 1853 (Ms. E) d’Aristote, dans Scriptorium, 21, 1967, 19-41 et planches 3 et 4, Voir aussi P. Moraux, Aristote, Du ciel, Paris, 1965, P. ELXXIL-CLXXVIL 2. A. Förster, Aristotelis De anima, Budapest, 1912, p. vini, et Aristotelis De sensu et De memoria libri, Budapest, 1942, p. v-vi. 3. Cf. P. Moraux, art. cit., p. 23-27, M. Moraux appelle E Il le copiste que Förster appelait E III et réciproquement.

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DANS LES SCHOLIES DU PARIS. GR. 1853 Le célébre manuscrit, Parisinus graecus 1853 (= E), qui contient la plupart des œuvres d’Aristote (sauf l’Organon) et date, dans sa plus grande partie, du milieu du x® siècle, vient d’être l’objet, pour la première fois, d’une analyse codicologique approfondie de la part du prof. Paul Moraux!. Étudiant successivement l’histoire de ce manuscrit, sa composition, ses copistes, son premier scholiaste, il en tire des conclusions extrêmement importantes au sujet des deux versions du livre II du De anima. Mais si l’on examine de plus près encore le travail des copistes en identifiant la nature des gloses qu’ils ajoutent au texte, on peut parvenir à de nouveaux résultats aussi intéressants. A la suite d’A. Förster?, P. Moraux® distingue quatre copistes, tous du x€ siècle, pour la partie ancienne du manuscrit, fol. 1-344 vo, Il les nomme EJ, EII, EIII, E IV. Au copiste E I, il attribue les fol. 1-186 vo + 187 bis + 196-220 vo (= Physique, De caelo, De generatione, Meteorologica, De anima). C’est un copiste médiocre, le nombre de ses distractions est incalculable, et il n’a pas relu sa copie. En admettant qu'il y eût des gloses dans son modèle, il n’en a transcrit aucune. Tout différent est le groupe des autres copistes. E II (fol. 187-195 vo + 306-337) a transcrit le deuxième livre du De anima, la fin de la Métaphysique, la Métaphysique de Théophraste, le De coloribus et la première moitié du De partibus animalium. En même temps, il a soigneusement recopié les scholies qu'il trouvait dans son modèle entre la Métaphysique d’Aristote et celle de Théophraste, et à la fin de ce dernier texte (fol. 308 r°-309 r° et fol. 312 r°). Le copiste E III, qui a copié les Parva Naturalia et la presque totalité de la Métaphysique (fol. 203306), a également transcrit les nombreux marginalia du modèle, en particulier une longue note sur Met. À 4, 985 a 18-19 (fol. 228 v°, mg. sup.) où P. Moraux a reconnu un extrait du commentaire d’Asclépius, /n Met., p. 32. 2-7 Hayduck. Le dernier copiste, E IV, auquel on attribue les seuls fol. 337-344 v°, en plein milieu du De partibus animalium, n’a guère eu 1. Cf. Paul Moraux, Le Parisinus graecus 1853 (Ms. E) d’Arıstote, dans Scriptorium, 21, 1967, 17-41 et planches 3 et 4. Voir aussi P. Moraux, Aristote, Du ciel, Paris, 1965, P. CLXXIII-CLXXVII. 2. A. Förster, Aristotelis De anima, Budapest, 1912, p. vırı, et Aristotelis De sensu et De memoria libri, Budapest, 1942, p. v-vI. 8. Cf. P. Moraux, art. cit., p. 23-27. M. Moraux appelle E II le copiste que Förster appelait E III et réciproquement.

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l’occasion de faire connaître ses habitudes propres. Si l’on accepte l’analyse de P. Moraux4, qui pense que le Paris. gr. 1853, dans sa partie ancienne, est en fait constitué de deux tomes, le tome Ier dû à EI, dans lequel E II est venu substituer la deuxième version du livre IT du De anima à la première version copiée par E I, et le tome II dû à E III + EIT + E IV, on devra admettre que seuls les copistes du tome II ont transcrit avec le texte d’Aristote les scholies de leur modèle. Étudions d’abord les scholies transcrites par le copiste E II. La première se trouve au fol. 308 r°, à la fin de la Métaphysique d’Aristotes. Elle est constituée de trois hexamètres, dans lesquels on reconnaît un oracle : révra Oeoö rAñpn, révrn BE of clow dxovat, nal Sid metodwv xaì Ava yOdva nat te dt’ adtod dvépos, ttt xéxevOev evi arhleoor vogue. Comme le sont en général les pièces de cette nature, celui-là est une sorte de centon; au vers 1, on reconnaît l’apophtegme de Thalès, névra rayon Oeöv, rapporté par Aristote, De an. I, 5, 411 a 8 (cf. Platon, Lois, X, 899 B 9), Cicéron, De leg. IT, 11, 26, Aetius, Plac. I, 7, 11 (p. 301 Diels), Diogène Laérce I 27; quant au vers 3, c’est un écho de l’Odyssée III 18, univ avi orndeocı xéxeube (comp. VIII, 548, et XXIV, 474). Cet oracle est cité trois fois à notre connaissance dans les commentaires de l’école néoplatonicienne d’Alexandrie au vı® siècle, deux fois par Jean Philopon, In De an., p. 188. 26-27 Hayduck, et De aet. mundi, p. 582. 21-23 Rabe, et une fois par Olympiodore, In Alc. p. 43. 28-44. 2 Westerink. Cet oracle est à rapprocher de toute une série d’autres textes sur l’ubiquité de dieu dont un certain nombre ont été rassemblés depuis longtemps par Lobeck® qui n’avait pas manqué d’y faire figurer notre oracle. Dans Philopon, ces vers se trouvent mis en paralléle avec d’autres morceaux du méme genre : Aratus, Phaen. 288., In De an., p. 188. 19-20; Homère, Od. IV, 379 (= 468), De aet. mundi, p. 582. 20; un oracle de Delphes souvent cité depuis Hérodote I 47, De aet. mundi, p. 582. 18-19 : ofda 8 yo Yéuuou te dpOudy wal wétpa Oardoons wal xapod Euvinpi xat où AxAËovroc Karol. L’examen de ces contextes laisse deviner que peut-être le chrétien Jean Philopon disposait 4 Alexandrie d’une petite collection d’oracles et d’apophtegmes célébres. Ces anthologies ont disparu, mais nous en avons conservé un spécimen dans ce qu’il est convenu d’appeler la Théosophie de Tiibingen”. Aussi n’est-il pas nécessaire de penser que celui qui a placé cet oracle 4. Cf. P. Moraux, Jbid., p. 37-41. 5. Cf. P. Moraux, Jbid., p. 26 ; je rétablis l’accentuation et la ponctuation selon les règles ordinaires. 6. Cf. Chr, A. Lobeck, Aglaophamus, Koenigsberg, 1829, p. 912-913. 7. Sur cette collection savamment éditée par H. Erbse, Fragmente griechischer Theoso-

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à la fin de la Métaphysique d’Aristote dans le modèle du Paris. gr. 1853, Pait tiré de Philopon ou d’Olympiodore, il a très bien pu le prendre a la source même à laqueile Philopon avait le premier puisé. Après cet oracle, viennent des notes disparates. La première est intitulée : € o CYAAIIN, qu’il faut, je crois, développer, suoyıopol repi vógov (ou vouiuuv). Ce sont de fait une suite de syllogismes sur ce thème. Ensuite vient un paragraphe sur les quatre 2&e.¢ de l’äme, puis un autre, en haut du fol. 308 vo, sur les cinq espèces de vertus®. Enfin, sous le titre : mic 6 t& Btxoua eiddc Slxouoc, on peut lire un développement qui occupe tout le fol. 308 vo et la première moitié du fol. 309 r°, et qui contient des exercices scolaires de logique sur ce thème socratique. Il semble bien qu’il faille tenir tous ces textes pour des notes qu’un lecteur du modèle de notre Parisinus avait porté dans une page blanche de son exemplaire et que le copiste E II a transcrites à la suite. En effet, aussitôt après et sans interruption, c'est-àdire au milieu du fol. 309 r°, commence la Métaphysique de Théophraste, du moins le morceau que nous connaissons sous ce titre ®. A la fin du texte de Théophraste, le copiste E II ajoute deux gloses (fol. 312 r°)10, C’est d’abord la célèbre note relative à ce fragment de la Métaphysique de Théophraste, qui relate sa découverte par Nicolas de Damas". Ici encore, nous pensons que le scribe recopie cette scholie de son modèle où elle se trouvait inscrite à sa place naturelle. Mais la glose qui suit immédiatement, toujours de la main du copiste E II, cause une grande surprise. Il s’agit de trois hexamétres dans lesquels nous reconnaissons immédiatement un oracle chaldaique. Il y a d’abord un titre, puis l’oracle : Aóytov rept buys” Yuyaiov omvbipa Buoiv xepdoas Ópovotars, v@ ual nvevuart ele, &p’ ols toltov &yvòv Epura ouvdetixoy ndvrov ÉmiBhropax oeuvdv EÔnxev. Le copiste E II n’a pas vu, semble-t-il, qu’il avait affaire à des vers, puisqu’il les a copiés sur deux lignes qui se partagent au milieu du mot zptllrov du deuxième hexamétre. Ces trois vers, extraits des Oracles chaldaïques, n’etaient connus jusqu’ici que par Jean Lydus, qui les cite dans son De mensibus I 11, p.3. 14-16 Wünsch, d'où W. Kroll les a extraits!*. Toutefois phien, Hamburg, 1941, cf. M. P. Nilsson, Geschichte der griechischen Religion, 11, München, 1961, p. 485, et A. J. Festugière, dans R. E. G., LV, 1942, 379-381. 8. Les quatre &e1¢ de l’âme sont : pavtacta, pvñvn, XhOn, évéuvnors ; les cinq espèces de vertus sont : puorxai, HOrxat, rodırıxat, nadaprızat, Dewoyntrxat. 9. C’est-à-dire le fragment XII de l’éd. Wimmer, t. III, Leipzig 1862, p. 150-162, édité et commenté par W. D. Ross and F. H. Fobes, Theophrastus Metaphysics, Oxford, 1929. 10. Cf, P. Moraux, art. cit., p. 26. 11, Sur cette scholie, cf. H. J. Drossaart Lulofs, Nicolaus Damascenus, On the Philosophy of Aristotle (Philosophia Antiqua, vol. XIII), Leyde, 1965, p. 11, et le commentaire, p. 27-30. 12, Guilelmus Kroll. De oraculis chaldaicis (Breslauer Philologische Abhandlungen VII 1), Breslau, 1894 (réimprimé Hildesheim, 1962), p. 26.

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il faut remarquer que tous les manuserits de Lydus donnent au vers 2 la leçon vebgar, qui n’est pas tout à fait impossible puisqu’elle a été défendue par Hans Lewy'3. Mais Kroll avait déjà suspecté ce vedyar!4 et imprimé dans son texte sa propre conjecture mvebuan, qui se trouve maintenant confirmée d’une manière éclatante par le manuscrit de Paris. D’autre part, cette variante tendrait à prouver que le lecteur du modèle du manuscrit E n'a pas recopié cet oracle dans le De mensibus de Lydus. Il l’a donc trouvé ailleurs, soit dans la collection originale des Oracles chaldaïques, soit dans une citation, perdue pour nous, par un néoplatonicien. De ce point de vue, il faut noter que Proclus connaissait cet oracle, puisqu’il cite trois mots du troisième hexamètre dans son In Alc., p. 64. 5-6 Westerink, où, parlant de l'amour (pwc), il remarque : robrov yap 3) tov Ocdv cuvdetixdy mévrov êrnuBhropa val te Adyta xaret 15, La conclusion de ces observations est inévitable : le modéle du tome II du manuscrit Paris. gr. 1853 contenait dans des espaces blancs aprés la Métaphysique d’Aristote et après celle de Théophraste, des annotations anciennes par un lecteur ou un possesseur. Ces notes, le copiste E II les a consciencieusement transcrites en méme temps que le texte principal. L’une d’elles est un oracle païen, l’autre un oracle chaldaique. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises. Nous avons dit que le tome I du manuscrit, entièrement écrit de la main de E I, ne présente aucune scholie de la main du copiste. Toutefois, M. Moraux a bien observé, dans cette partie du manuscrit, le travail d’une autre main contemporaine; il l’appelle E?, le premier scholiaste et donc peut-être aussi le premier possesseur du manuscrit. C’est E? en tout cas, qui se comporte comme le correcteur de E!. «E? a corrigé le texte en exponctuant les passages superflus, en ajoutant en marge ou entre les lignes les passages omis, en surchargeant, à l’occasion, les mots à modifier; il a en outre transcrit d’abondantes scholies dans les marges... On remarquera aussi que E? a utilisé l’espace laissé libre entre la fin de la Physique (milieu du fol. 67 vo) et le début du De caelo (fol. 69 r°) pour y noter des choses qui ne se rapportent pas toutes à Aristote »16, Cette description par M. Moraux du travail de E? retient notre attention et montre que nous devons analyser en détail ces additions de E? aux fol. 67 v°-68 r°. Le scholiaste E? reproduit tout d’abord le document le plus expressif de ce que Franz Cumont a appelé « le mysticisme astral »!?, l’épigramme de 13. Hans Lewy, Chaldaean Oracles and Theurgy (Recherches d'Archéologie, de Philologie et d'Histoire, t. XIII), Le Caire, 1956, p. 179 et n. 9. 14. Comme aussi W. Theiler, Porphyrios und Augustin (Schriften der Koenigsberger gelehrten Gesellschaft, Geistesw. Kl. 10), Koenigsberg, 1933, p. 52 (réimprimé dans Forschungen zum Neuplatonismus, Berlin, 1966, p. 224), qui conjecture de son côté : vopart. 15. P. Moraux, art. cit, p. 26, a lu le premier mot du troisième vers, onvòeruxóv. C’est une faute de lecture, à moins que ce ne soit une faute d’impression. 16. Cf. P. Moraux, Jbid., p. 29. 17. Cf. Fr. Cumont, L’Egypte des astrologues, Bruxelles, 1937, p. 206, et Lux Perpetua, Paris, 1949, p. 304-305. Mais c’est Franz Boll qui a étudié toute la tradition relative à cet

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Ptolémée, conservée dans I’ Anthologie Palatine IX 577; notons simplement qu’au quatrième vers le nom de Zeus (Znvt) a été remplacé par celui du Christ (Xprorö), ce qui prouve que peut-être E? ou l’auteur du modèle qu’il reproduit, avait repris cette pièce dans un recueil de textes païens, déjà retouchés à l’usage des Chrétiens. Les vers se présentent de la façon suivante (fol. 67 vo) : Ziriyor “Hpwixot : old’ Eri Oynrög Epuv zal Ep’ kuepos (sic) AN Er’ Av ÉcTpov maare Truxıväs duprdpógoug EXtxas odxér’ émupadov (sic) yainc moot, WAL map” adröt Xproté: Geotpepéog riuraaua &uBpoatye. Pour ne rien omettre, faisons remarquer qu’une main trés postérieure a éprouvé le besoin de retranscrire le dernier vers juste en dessous de la pièce, sous la forme : Xproté Ostorpepoös niuraaua duBposotns. La corruption textuelle éxupabsov pour ëmyab rend ce morceau difficilement traduisible et montre que peut-étre le scholiaste E? ne comprenait pas parfaitement ce qu’il copiait. Tout en haut du folio suivant, fol. 68 r°, commence une table de xepdrove du livre VIII de la Physique. Nous la reproduisons en appendice. Il faut noter aussi que dans la marge inférieure du fol. 50 r°, la même main E? a copié des xepdaaa sur le livre VII. Nous ne savons pas qui est l’auteur de ces sommaires analytiques. C’était une méthode courante, dans l’école néoplatonicienne, d’analyser ainsi les traités philosophiques, au moins depuis Porphyre, qui avait composé de tels xepdloux sur tous les traités de Plotin sauf sur le Ilept tot xadod 18, Nous ne retrouvons pas ces xepdrua dans les grands commentaires de Simplicius et de Philopon ; nous sommes là, semble-t-il, devant le travail scolaire de quelque professeur anonyme. Suivent d’ailleurs immédiatement trois définittons de termes philosophiques, sous le titre, Spor : 1) Erıoryun &orı bnéandic BéBatog zal duetantwtoc Ord Abyov, À brdAndec 25 Avayralav xal mpadteav at YvwptuoTÉpov dvayxatov Eyovoa TO ovuumépacua, 2) epdvnate Bor ÖróAndie dAnOnerttpa perk Adyou mpaxTixh mepl te dvOedmov dya0d F dvOpame (sic). 3) 86Ea sari dnOhe Undrantic mepl Tv evdexyoudven xal Warac Exerv de exer, &BEBarog xal LETATTOTH. La première définition de Pémorhyyn est stoicienne (Stoic. Vet. Fr. I, 68), tandis que la seconde est aristotélicienne (An. Post. I 2, 71 b 9 ss), la épigramme, qui l’a commenté et en a déterminé l’auteur avec certitude, dans son célèbre article : Das Epigramm des Claudius Ptolemaeus, dans Sokrates, 9, 1921, 2-12, réimprimé dans Kleine Schriften zur Sternkunde des Altertums, Leipzig, 1950, p. 143-155. Boll ne connaissait pas cette « version chrétienne » de l’épigramme. 18. Porphyre, V. Plot. 26.32-35 Henry-Schwyzer, sur quoi voir H.-R. Schwyzer, dans P. W., s.v. Plotinos, col. 509.24-34. Sur les xepdhara en général, voir H. D. Saffrey et L. G.Westerink, Proclus, Théologie platonicienne, I, Paris 1968, p. 1, n. 2.

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définition de la ppóvnous est aussi aristotélicienne (Eth. Nic. VI, 7, 1141 b 8-16), comme aussi celle de la 86% (An. Post. I, 33, 89 a 2-3 et 5-6). Cette fois encore, nous avons l’impression d’être en présence des notes d’un professeur ou d’un étudiant en philosophie aristotélicienne. Ce qui suit sans interruption dans le manuscrit s'intitule : «&ıc av évtav, liste des définitions de six degrés de l’être. a’. Geo” ayabdtytes dveridertor xaxlag udArota. B'. &yyaroı' dyadoerder Avenidextor xanlag, GAN Frtwv Oev. y'. Satpoves * &yaBol gèv xad? abdtots, xaxozorol dà mods Huts Sid tae xaOdpcetc. 3’. Hewes’ xal oöror doadtasg tots Saiuootv, dAN Arrov d&yabol xat w&AAov xaxol, €’. Goya" dyabat ev war’ odctav, xaxal DE Hark thy évépystav xaxvvduevac, 6’. CMUATH” TaVTEADS Hond did Thv EE Evavricov obyxpaoiv xai TV poptov KIV. Les cinq premiers de ces six degrés sont bien connus : ils forment la hiérarchie des êtres, selon laquelle est organisé tout le livre II du De mysteriis de Jamblique. Néanmoins on ne retrouve pas ces formules elles-mêmes dans cet ouvrage dont elles reflètent pourtant l’esprit. Enfin, quelques lignes, qui n’ont pas retenu l’attention de M. Moraux, complètent ce folio 68 r°, et c’est là que nous découvrons deux nouveaux fragments, cette fois-ci inconnus, des Oracles chaldaïques. Le premier est introduit par ce seul titre : Aöyıov. Transcrivons-le. und eri pioopañ xdouov omeddew AdBpov ÖAng, EvOa pévos ordoré te xal dpyardwv poor Tv abyunpal (xdyynoot EB?) te vóoor xat ahlbıes Épya te devote * Taöra ype pevyetv tov Epäv LEAAOVTA TaTPOG Nod. Traduisons d’abord ce quatrain : « Il ne faut pas non plus se hater vers le monde hostile à la lumière, ce torrent de matière, La se trouvent meurtre, agitations et souffles infects, Maladies desséchantes, putréfactions et écoulements : Voilà ce que doit fuir celui qui veut aimer l’Intellect père ». Notons tout de suite que le vers 1 n’est pas tout à fait inconnu, car plusieurs mots de ce vers sont cités par Proclus, Jn Tim. III, p. 325. 22 ss. : oxentéov St mal te Ev voórtors (Tim 43 A 6-7) Aeyópeva, tic 6 moTaudc, …; 6 Bev Sh roraudc où TO dvÔpoorruvov cua pdvov, dMA& xal räcav Thv reprxetuévnv EEubev huiv yéveow... oto 8) ual &v Iloureix (X 621 A 5) tov tig AhÔns roraubv drexdheoe näcay thy Yyeveotoupydv pou, év fF... wal TÒ AdBpov ris BAns nal 6 pLoopans xéouoc, de of Ocol Agyouar... 19 19. Cf. Kroll, p. 63, et Lewy, p. 302, n. 168. On trouve dans les notes de Lewy des renseignements précieux sur presque tous les mots qui composent cet oracle : autres oracles commengant par undé, p. 63 Kroll = p. 294, n. 133 Lewy, et p. 62 Kroll = p. 295, n.137 Lewy; pour proopahe, cf. Lewy, p. 296, n. 138; orebderv, cf. Lewy, p. 171, n. 396 ; abyumnpós, cf. Lewy, p. 297, n. 143 ; fevortôc, cf. Lewy, p. 308, n. 170; pedyeny, cf. Lewy, p. 173, n. 403.

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Comme Lewy l’a montré”, la référence of Oeot est une manière habituelle pour désigner les Oracles chaldaïques chez les néoplatoniciens. Nous pouvons donc être assurés que nous sommes ici en présence d’un tel oracle. Il est évident que cet oracle donne des consignes pour [’dvayuyí des âmes 1, qui implique un détachement ou un arrachement 4 ce monde d’en bas, décrit comme le lieu de toutes les pestilences dues à la matière. Cette description du monde matériel vient de loin et le plus ancien texte à considérer est un fragment des Kafapyot d’Empedocle, le fr. 121, dans lequel apparemment nous retrouvons le vers 3 de notre oracle. Hermann Diels avait reconstitué ce fragment ainsi * : due eee sers drepréa Ypo, Eva Dövos te Körog te Hol dArAwv Ever Kypdv adyunpai te Nóoor zal Lyles Zoya te devote "Arms dv Aeınöva Hard oxdtog HAdoxovoty. Si cette reconstitution est exacte, on est obligé de convenir que l’on retrouve dans le vers 3 de ce fragment le troisième vers de notre oracle chaldaique, qui serait dès lors repris tel quel d’Empedocle. Mais la reconstruction de Diels est certainement fautive et a déjà été suspectée par Wilamowitz™, qui tenait ce vers 3 pour une interpolation tardive. De fait, si l'on examine attentivement la tradition du fragment d’Empédocle, on constate que le vers 2 est transmis isolément par Philon, De prov., apud Eusèbe, Praep. Ev. VIII 14, t. I, p. 468. 14 Mras; Théon de Smyrne, Exp. rerum math, p. 149. 6 Hiller; Calcidius, In Tim. LXXVI, p. 123. 15 Waszink. Le vers 4 est aussi transmis isolément par l’empereur Julien, Or. VII, 226 B, et Synésius, Ep. 147, p. 730 C Hercher?4. Jamais on ne rencontre la suite des vers: 2, 3, 4; en revanche, on trouve la séquence directe des vers 2 à 4 dans Hierocles, In Carm. aur. 24, p. 470 Mullach; Synésius, De prov. I, 1, p- 65.15-16 Terzaghi; Proclus, In Remp., II, p. 157.27-28 Kroll. Un seul exemple, celui qui a égaré Diels, de la séquence prétendue des vers 2 à 3: Proclus, In Crat. CLXXIV, p. 97.23-24 Pasquali. Ce texte vaut la peine d'être étudié. 20. Cf. Lewy, op. eit., p. 445. 21. Cf. Lewy, Ibid., p. 177 ss. 22, Cf. Poetarum philosophorum fragmenta (Poetarum Graecorum Fragmenta III 1), Berlin, 1901, p. 155-156, et Die Fragmente der Vorsokratiker®, J, Berlin, 1951, p. 360. Voir aussi G. S. Kirk and J. E. Raven, The Presocratic Philosophers, Cambridge, 1957, p. 352-353, qui acceptent sans discussion le texte de Diels. 23. Cf. U. von Wilamowitz-Moellendorff, Die Kadapuot des Empedokles, dans S. B. der Preussischen Akad. der Wiss., Phil.-Hist. Kl, 1929, p. 637-638, réimprimé dans Kleine Schriften, 1, Berlin, 1935, p. 488-489. Les raisons pour lesquelles Wilamowitz doutait de Pauthenticité de ce vers étaient évidemment de l’ordre de la critique interne. Parce qu'il ne croyait pas possible la traduction de Zoya feuord par «inondations » proposée par Diels, il voyait que ces Epya evord ne pouvaient être personnifiés comme le Dôvoc, le Körog et les Kñpes du vers précédent. 24. Les mots “Arns Aeınöva sont aussi cités par Thémistius, Or., XIII, 178 A, I, p. 255.10 Downey et XX, 240 C, p. 295.1 Dindorf. Pour la première citation, voir G. Dagron, L’ Empire

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Il s’agit d’expliquer le nom d’Apollon (Crat. 404 D 8 ss.) et de montrer qu’il est bien approprié à ses quatre attributions traditionnelles : la musique, la divination, la médecine et le tir à arc. Proclus va donc mettre en parallèle les activités du dieu et la hiérarchie des êtres : au monde du désordre correspond son action médicinale ; au ciel, son action divinatoire ; le tir à Pare s’exerce au niveau des dieux séparés du monde (&réauroi); la musique, à celui des dieux chefs (fyeuowuot). Le passage relatif au dieu médecin est celui-ci (p. 97.21-28) : à wév larpuch tod Beod pÄärkov Ev rois bnd oekhvnv, Ev0a udtog te póvog te zal KAAwy ZOvex xnpdv, adyunpal te vóoor zat ontbies Epya te Pevord' zaöra yap TAnUUEAGS xivobuevt SéovtTar x uèv Tod map& iow els Tb xaTa vow Enaverdeiv, éx 8: dovugerplag xat morvoyidlac els ovuuetplav Kad evwow. La suite des idées est très claire : l’action médicinale d’Apollon doit s’exercer de préférence dans le monde malade des êtres sublunaires, car c’est là que règnent le ressentiment, le meurtre et la mort, la maladie, la pestilence et l’écoulement, pour la raison que c’est le monde du désordre et qu’il faut le ramener à l’ordre de la nature, à l’harmonie de la proportion et a Punité. Et ce monde du désordre, Proclus le décrit en mettant en parallèle deux vers bien connus de ses lecteurs, le premier d’Empédocle, le second des Oracles chaldaïques. C’est d’ailleurs sa manière habituelle Jorsqu’il traite ce sujet. Dans le texte déjà cité de l’/n Tim. III, p. 325.28 ss, il disait que, dans la Rép. X 621 A 5, par la dénomination de « fleuve du Léthé », Platon désigne näouv thy yeveoroupydv ovat, év hj xal h Atôn vai 6 tic “Arne Aeupdv, > pnow ‘EureSoxAÿc (fr. 121.4), vol vd AdBpov ris BANS zal 6 uioopahs xéomoc, &c of Oeol Méyovor (notre nouveau fragment des Or. Chald.). Tout de même, dans !’In Remp. II, p. 156.17-18 + 157.24-158.2 : Thv d& ÜAnv adyunpav ds &yovov zal Töv Aoylov Acyévtwv dxovouev. … Tobrov "EuredoxAñs Sav tov Aeupdva ravrolav abròv elvar xaxdv mAnpy zat elev zal eirov &vouwEe" VOX HôTOS te pévos Te wat EMAwv Oven xnpdv "Artns év Aeugövt zaTk oxdtog Hidoxovra (fr. 121, 2.4) uroopahs yao odtog 6 LÖpog, do “al Tb oxbrog év air éyévero. Ici encore les vers d’Empédocle sont cités entre deux citations de notre oracle, et donc mis en paralléle avec Jui. I] est donc clair que c’est une habitude de Proclus de mettre en paralléle le fragment 121 d’Empédocle et Voracle chaldaique que nous restitue le manuscrit de Paris. Le cas de la citation du In Crat. est tout à fait spécial et s’explique certainement par le fait que, dans son état actuel, ln Crat. n’offre que des extraits du commentaire de Proclus sur ce dialogue. Dans le processus de l’abréviation, les mots qui expliquaient le parallélisme entre les deux sources auront été omis. romain d’Orient au IV® siècle et les traditions politiques de l’hellénisme. Le témoignage de Thémistios, dans Travaux et Mémoires 3 (Centre de recherche d’histoire et civilisation byzantine), Paris, 1968, p. 160-162 et 192.

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La conclusion obligée de cette constatation est qu'il faut retirer à Empédocle le vers 3: adyunpal te véoo xal oies Epya te pevard, et le rendre aux Oracles chaldaiques. Le second fragment des Oracles chaldaïques qui, au fol. 68 r° du manuscrit de Paris, suit immédiatement celui-la, est introduit par le titre : ro (scil. Aöyıov) mepl zaxonoröv Saruévev 25, Cet oracle n’est pas sans rapport avec le précédent, car ce qui retient les âmes dans le monde de la matière, ce sont évidemment les mauvais démons que nous décrivent ces deux hexamètres : Övreg yee yOdviot yxhemot wives low dvardeic nat buoyds OEAyovreg del Teherdsv éréyovoiv. x LA 2% ~ 2 if « Parce qu’ils sont terrestres, ces terribles chiens sont sans aucun frein 28, Et en charmant les âmes, ils les détournent sans cesse des mystères ». Le second de ces vers était déjà connu ?’, puisqu'il est cité par Proclus, In Ale., p. 40.2 ss. Westerink : 8:0 xal of Oeol napaxerebovrau uy mpdtepov els éxetvoug (scil. tobs Saluovas) Bréreiv mplv tats and Toy TeAcTay ppayböpev Suvaueow * où yao xph xelvoug oe Bréreiv plv cya Teco, Hat dà toUTO TA Abyta mpooribjow, Ste wae Woyds OEAyovreg del [rév] vekeröv dndyovouw. Dans ce texte, la suite des idées est très claire : il ne faut pas jeter les yeux sur les démons mauvais avant d’avoir été fortifié dans son corps par l’initiation, car ces démons s’emploient de toute fagon a détourner les âmes des mystères dans lesquels s’accomplissent les initiations. De plus, l'emploi du verbe zpoortÔnotv pour marquer la relation entre les deux vers cités des Oracles chaldaiques semble indiquer que ces deux vers sont tirés du même oracle et qu’ils n'y étaient séparés que par peu de texte, peut-être par le seul premier vers de notre nouveau fragment, le yép de ce premier vers indiquerait la raison pour laquelle on ne doit pas risquer de jeter un regard sur les démons mauvais (xeivouc) avant d’être corporellement initié, à savoir parce que ce sont des chiens terribles et sans aucun frein. Dans cette hypothèse, nous pourrions reconstituer oracle de la façon suivante : Deren Baluovec. . . . . . . . . .. où yap xp} xelvoug oe BhÉrerv zplv opa tercabfc * 25. Sur les démons maléfiques dans les oracles chaldaiques, cf. Lewy, op. cit., p. 259-279. 26. Les mots caractéristiques de ce vers sont encore bien expliqués par Lewy, pour xùveg cf. p. 264, n. 16, et 271, n. 41 ; pour &vauöng, cf. aussi p. 271, n. 41. 27. Cf. Kroll, p. 55, et Lewy, p. 264.

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dvtes yap KOÓvror yarerol xôves clow dvaudeig nal buyks Oéryovtes del Teerbv énéyovoiv. Avec ce dernier oracle, nous avons atteint le bas du folio 68 r°. « Au fol. 68 vo, le scholiaste E? présente sous forme de tableaux les opinions relatives aux éléments, les divisions de la duyñ et celles de l’év; il consacre ensuite 37 lignes à des notes grammaticales sur des mots rares 8, » * * * Il reste une dernière question à poser, celle de l’origine de ces scholies du Paris. gr. 1853. Pour les scholies transcrites par le copiste E IT, il semble indubitable qu’elles viennent de son modèle où elles devaient remplir des blancs entre les traités d’Aristote ; E II les a recopiées en même temps que le texte aristotélicien. Mais la question n’est pas aussi simple pour les scholies dues au scholiaste E? Il est certain que E? ne peut pas être seulement considéré comme le correcteur du copiste E I. D’une part, c'est lui, semble-t-il, qui a comparé le texte du De anima avec celui d’un autre manuscrit d'une autre famille, et c'est ainsi qu’il a découvert la seconde version du livre II, qu’il a fait copier 4 la suite du livre III par le copiste E 112%. D'autre part, c'est, ou bien dans ce même manuscrit ou dans un autre qu’il a collationné le texte du De caelo et corrigé la copie de E 13, Il avait donc à sa disposition non seulement le modèle copié par E I, mais aussi un, et peut-être deux, autres manuscrits aristotéliciens. Dès lors la question peut se poser de la façon suivante : le scholiaste E? est-il l’auteur des principales scholies qu’il a ajoutées à la copie de E I, ou bien a-t-il lui-même trouvé ces scholies dans l'un des exemplaires qu’il avait à sa disposition, d’où il les a transcrites? Puisque M. Moraux a émis hypothèse que le scholiaste E? pourrait être aussi le premier propriétaire du manuscrit, que l'on imagine avoir été un savant en philosophie aristotélicienne et désireux de posséder un exemplaire du texte d’Aristote aussi parfait que possible, on est spontanément incliné à penser que cet expert en philosophie pourrait avoir lui-même recherché les pièces copiées par lui, et surtout qu’il pourrait aussi être l’auteur des xepdiara sur les livres VII et VIII de la Physique. Or, il n’est que de se reporter à ces xepéaux publiés en appendice, infra, p. 70-72, pour constater qu’il est impossible que leur auteur soit le scholiaste E? En effet, deux fautes dont un auteur serait incapable, défigurent ce texte, et force est d'admettre que ou bien E? a ajouté des fautes au texte qu'il copiait, ou bien qu’il recopiait un texte déjà fautif sans chercher a le corriger. Ces deux fautes caractéristiques se trouvent dans les xepd)ara du livre VIII, au xepdrnov 8’ où E? écrit : of... otévre pour of... olovraı, et dans le xepdAarov Ace’ où il écrit tov voüv pour 7ö 28. Cf. P. Moraux, art. cit., p. 30. 29. Cf. P. Moraux, /bid., p. 30-37. 30. Cf. P. Moraux, Aristote, Du ciel, p. CLXXV.

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viv, ce qui est franchement absurde. Ces deux fautes interdisent absolument de penser que le scholiaste E? puisse être l’auteur de ces xepdrara. Il les a done trouvés dans un modèle ancien. Cette remarque une fois faite, on se souvient que l’on a déjà observé des fautes analogues dans les copies faites par E? aussi bien de l’épigramme christianisé de l’Anthologie Palatine (supra, p. 63, ërnubabov pour èrnupabw), que du premier des nouveaux oracles chaldaiques (supra, p. 64, aèxunpot pour adxunpai). I] faut donc abandonner tout à fait l’idée que le scholiaste E? puisse être l’auteur de ces xepékux et l'amateur de ces pièces de vers. C'est un copiste comme les autres, le réviseur du travail de E I, et celui qui, peut-être à la demande du véritable possesseur du manuscrit, a sauvé d’une perte définitive les scholies, soit du modèle de E I, soit d’un autre exemplaire auquel il avait encore accès. Ces observations nous conduisent plutôt à penser que les scholies que nous venons d'étudier, viennent d’un modèle beaucoup plus ancien que le Paris. gr. 1853. Même si ce manuscrit n’est pas un manuscrit de translittération, comme M. Moraux l’a prouvé dans son édition du De caeloñt, il est certain que son modèle immédiat, ou un autre exemplaire qui se trouvait dans le scriptorium où le Paris. gr. 1853 a été confectionné, devaient être des manuscrits de translittération et peut-être même des exemplaires très anciens. Avant la redécouverte des Oracles chaldaïques par Psellus, environ un siècle après la copie du Paris. gr. 1853, on ne connaît que les écoles néoplatoniciennes des v® et vie siècles à Athènes et à Alexandrie, qui se soient intéressées à ces oracles %. On sait, d'autre part, que c’est dans ces écoles principalement qu’a été pratiquée l’analyse des textes philosophiques par la méthode des xepéaua. Il n’est donc pas impossible que ces scholies soient en réalité la trace du travail d’un néoplatonicien athénien ou alexandrin, et que les notes qu’il avait lui-même portées sur son exemplaire d’Aristote, soient ainsi parvenues jusqu'à nous. Il est en tout cas intéressant de rapprocher de cette hypothèse la remarque faite par Sir David Ross dans son édition de la Métaphysique 8, lorsqu'il constate que les deux commentateurs néoplatoniciens, Syrianus et Asclépius, s’accordent environ deux fois plus avec le texte de E qu'avec celui de l'autre famille représentée par Ab. Il faudrait évidemment confirmer et poursuivre ces statistiques pour les autres traités du corpus aristotélicien mais est-il présomptueux de conclure qu’avec le Paris. gr. 1853 nous sommes sans doute proche de I!’ « Aristote » des néoplatoniciens? NOTE COMPLÉMENTAIRE. — Pendant l'impression de cet article, la Classical Review N. S. 18, 1968, 257-258, a publié, sous le titre : À Pseudo- Fragment of Heraclitus, la découverte importante de M. L. West, qui vient 31. Cf. P. Moraux, Ibid., p. CLXXIII-CLXXIV. 32. Cf. Lewy, op. cit, p. 473-479. 33. Cf. W. D. Ross, Aristotle’s Metaphysics, Oxford, 1924, p. crxım. Dans les lemmata, Syrianus s’accorde 40 fois avec E contre 19 fois avec Ab, et Asclépius, 357 fois avec E contre 110 fois avec Ab,

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de retirer à Héraclite un vers déjà considéré comme douteux (Vorsokratiker 22 B 136) pour le rendre aux Oracles chaldaïques (Kroll, p. 61, n. 3). Mais le plus important dans ce résultat réside dans le fait que ce vers n’est connu que par une glose remontant à Aréthas dans le MS. Oxford Bodl. Misc. Gr. 251 (fol. 157 ro) contenant les Entretiens d’Épictète (IV 7, 27, p. 422 Schenkl). On doit donc admettre maintenant qu’Aréthas avait une certaine connaissance de la littérature relative aux Oracles chaldaiques. Par conséquent, il n’est plus vrai d’attribuer 4 Psellus, comme on le faisait couramment, la redécouverte des Oracles chaldaïques, et il n’est pas non plus invraisemblable d’attribuer les nouveaux fragments du MS. Paris. gr. 1853 à l'intérêt d’un humaniste du x® siècle. H. D. SAFFREY. APPENDICE Sommaires des livres VII et VIII de la Physique d’Aristote. Cod. Paris. gr. 1853, fol. 50 r° mg. inf. Kepdiua tod H’. ’ a. St. TeV TO xıvobpevov Bd Tuvog utvetTaL (241 b 24). B'. Stu Avayım elval Tt medtov xivobv, 6 unxétt Ön’ ou utweita, (242 a 15). y’. 6m Td mpGtov xivobv uh de TO où Evexa, GA BOev H doyh THe xwhoews ye TH HiVOUUÉVE ÉOTL, Kat mpdtov Ent The Hard témov zuigen èv @ OT TEoonpn eldy TG Ouxpopäcs (243 a 3). 8’, Sty nai ni Tic Hark &drotwow xivhoewc TO xivobv Epa TH xıvounevo, wal Ste at atoOhoeis xwhoerg nate ddAotmaw (244 b 2). a v2 > cr x 1 x ~ ¢ 6 L L / €’. Str nal en’ adEhoewg xal pÔloeus tO xıyouv dua TH Kıvouuevo (245 a 11). cg’. ét nova tadta dAAoroörar Boa ndoyer brd ray alcbytéyv, wat Sr Hark oyiux oùx Eorıv AMolworg oùdE Hark Yéveoiv xal plopdv (245 b 3). C. Ste pydd al ward tao EEerg geraBohaì dAAoLdoerg, uhre al tod odparos pie at Tis box, unre ai Anal dperal, pre al év ré Aoyiorm (246 a 10). > wv La 3 ied 4 # 3 e x > x + LA > 1 x u € L 2 ~ m # x. ör où räox xivmois ndon ouußAntucn zerk Th D&TTOV wat Boaditepov (248 a 10). 0’. mög Eyer Th xivobv mpdc Td xıvobuevov xal tivog al mpdg MAMA adTeY dvaroyias, Ouotus Ent te popâs wal dAAorboewg xal adEnoenc nal Ustmoswsg (249 b € # > 4 x x 3 FA 3 u N J, 2 2 27). Ibid., fol. 68 re. Kepdhara tod ©. a’, métepov YÉyove ulvyaic oùx Évobox mpdtepov, xal petperar méALW Hote pndèv xrveioôar (250 b 11). B’., Stu dyévnros à xtvnoi (251 a 8). y’. bt. &pBaptog à xivnois (251 b 28). 8°. St. duaprévouory of (of E?) tod obtwc Éyerv và Evra do pact Éyeuv altiav olövrau (olövre E?) ixavhv dwodidbvar TE Aéyelv obtwg abtdg (an abra?) (252 a 5). mepuxévor €’. Sti Tv doe, te uèv alel ÁnAdss ôuoloc Byer, Oo TÒ TIP vw Pépetar, dau dé KAG nal Awe toUTV AdYOS got (252 a 17). c’. Stu od né&vtws Td didiov deyh (252 a 32). C'. &xBeors Tv Soxobvtey xataoxevdtew Thv xlvyjow Abyuv xal Alors ToUT@V (252 b 7). nj. Str Avayın À ndvra xwelolor A ndvra Hpegelv À Tk uèv mivelolar ta 8° Apegeiv,

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noi el te ev xivetta, ta SE peut, rot ta wev xwovpeva del xıveitu ta dE hpeuobvra del hpeuet, 7) Tévra duolws mots pèv xiveirar mort dE hpegel, 7) Te MÈv del Hocust, ta SE del xıveitar, te SE dupoiv wetarauBdver (253 a 24). 0’. St. &Obvatov ndvra joeuetv (253 a 32). v'. Ste döbvarov ndvra uvetabat " Ev & Ste slot rives wal dOpoal wùEhoers xal perdoers xal dôpoal &drormdcerg (253 b 6). ta’, Str &Sbvatdv Tuva uèv del uwvetaOan, vvd dé fpeueiv det udvov (254 a 3). LB’. Stu av xab’ abcd xivovouévey te Ev be’ abtdyv xvetror Tk dé Or” AK, zal TV tr’ Amy te èv pbosı ta D map puoiv (254 b 12). ty’. örı nt pv tHv mapa pbo xivouuévov gavepdg Etepov TO xtvodv THY xLVOULEVEDY, xaì ri Töv be” abröv xvouuévoy, olov tv Chav, bro buys yap nıveirau' th dé pÜoer xıvobueva brro thvog xıveitau, &roplay exer, otov T& xobpa zat Bapéw (254 b 24). 19”. St. ody Óp’ Exuräv ta HoÖpa xal Bapée uvetrar (255 a 5). te’, tt Ord Tivos xıveitar nal tara (255 a 18). uc’. Stu medvra Te Kuvogeva Sd Tivog xiveirar Éœurd xivobvroc (256 a 4). uC’. Str ph näv Td xivobuevov bid tevog EEmdev xivouuévou xal adtd Un’ KAdov xbvettar (256 b 3). ty’. Ste To adroxivnrov doyh xevyoewg (257 a 27). 10’. St. mig TO aùroxtvnrov adtd Éœurd xiwel (257 a 31). x’, 6t1 obte SAov aurd Exvtd zwei (257 b 2). xa’, Str ote uéper Lépos Hote Exaotov dm éxdotou dvtinweta0a (257 b 13). xB’. örı ote méper GAov (257 b 26). xy’. tt zb abtoxivntoy EE dxivhrou xivobvros Had éx xtvougévov où m&vtTwWS KIVOUVtog (258 a 3). xd’, el tod rpwrou aùroxwivov Kvapaıpedij pépoc, el Eri Td Hatakerrógevov abtoxtvytov Eorıv (258 a 27). xe’, bt, TO mpdòrov xivobv dxlvyntov, dfÄtov, mong éxtd¢ ueraBorñc (258 b 10). xc’. Ott th dv del xuveirar td dd del Hpepet ta 3 mote pèv xiveira mots Sb Hoewst (259 a 20). xl’. Sti Td TPSTOv bd Tod dxuvhrou xal dtdlov xwodpevov, KidLov elvar dveyxy (259 b 32). xn’. Gt. pavepdv Ex Tv elpmuevav didte où ndvra xivettar À ndvra Hpegel À TX uÈèv uivettan th dé hpeuet IAN Evra Sts ev Öre 8’ où (260 a 11). x0". ei évdéyetal Tuva ovuveyy xivnoiv elvan (260 a 20). x. Ste h popd meaty Tv xvyjcewv (26i) a 26). ra’. tig Er Tic popäs meaty xivnaıs (261 a 27). AB’. 6m tv KAwv xwvhoewv oddegtav évdéyetar overi elvar Tv Hark dog À 7ooöv (261 a 31). Ay’. ör ta nar’ edOetav xivobueva od xwvetrx ouvey@s (261 b 27). 29’. dxpiBectépa tod Zihvwvos mepl xwvhoews Adyou Abaıs (263 a 4). re’. Ste tS viv (tov vodv! E?), bc uv mpdg tov ypdvov tov Siatpobuevov, Solas Ev dupoiv goth Tolv goplorv adtod, tod ev mépug dv, tod SE deyh, ds évror Tpdc TO npayux, to Ev tH Xpóvep dv, del tH Ev TH botep@ Övrı póvep TrpoovEnerat, OD Hat apxn got (263 b 9). Ag’. Str uh oùyreutar 6 xpévoc EE duepdv (264 a 1). AG’. ór wh ouvexäg xivettar ta dvandyrrovra zat ebetav, Aoyimwtépar &modetZerg (264 a 7). An’. Str góvn hj aba xivnouc pla nai ovvexys (264 b 9). 20’, St. unde tag GANG uuvhoer evdeyetar yiyveodan auvexeis (264 b 19). u'. Str unôè of puorodrdyor xwrd¢ A€youow mavta th aloOytd xwvetobar pécxovres cuvexös (265 a 2). ua”. St, Tv popöv À xvxArogopia edm (265 a 13). up’. St. ai totg maAaotc Borel Thv popdv mpatyy Tv xıynosav elvar (265 b 17).

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py’. rl ody olbv te oddÈv Terspaouevov xıveiv &retpov yodvov (266 a 12). ud’. Sti oùx evdéyetan Ev nenepaouéveo peyéder &merpov elvar Oovauuv (266 a 24). us’. Str obdE Ev drrelpw renecpaouévnv (266 b 6). uc’. dropte nepl tod mic uivetrar tk pinrodueve, xal Str ph Kork dvrimeploraoiv (266 b 27). ul’. bréuvnoic To ev elvaı wol djéyebes xal dxivytov Tb np@rov xuvoùv (267 a 21). wn’. Tod tic opatpag Evdéyerou elvar TÒ mpösrov xıvoöv (267 b 6). uO’. el évdéyeror te Sd xtvoupévov xivodueva ouverij xlvnow xıvetoder (267 b 9).