Leucas

Auteur
Boyance, P.
Publié dans
Revue Archeologique
Année
1929
Sujet
BASILICA
Langue
Français
Catégorie
C8 Histoire et archéologie
Numéro d'archive
5035

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REVUE PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE MM. E. POTTIER ET 5. REINACH MEMRRES DE L'INSTITUT n A | Pn DP. Boraxce, Learns: RA 1929 XXX 211-2319, | Le qussago de Martinnus Caplin, Nuptias Mersurii Philolagiae 11,147, nous renseigne sur les pouvoir et la signification de la Teneas, herbe dont Vimioctalità, Ce rite, qui co, comenit on gouronnait le caudidat à it la tranefomnaiion de Uetre humain CINQUIEME SERIE. — TOME XXX JUILLET-DECEMBRE 1929 enum stre de rang divin, deat étre rattachó a Vorphisme. Dans la Basilique de la Porte Majeure, iinmédiatement au-dessous du stue représentant le sant de Sappho a Leucade, xe trouve une Vietolre qui tend une couronne et. ane palmo. Ce vapproe hement ne serait pas foriuit, mais amené par le rôle joué dans les deux seénes par la plante magique dvs Py i hagoricions, Hause Arekeole Arck Sigal 30 1929 vs 24- 249 ZAFSE (207#7 vail” PARIS LIBRAIRIE ERNEST LEROUX 28, RUE BONAPARTE (VI‘) Tous droits réservés.

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SOLS SOYANC Va ca | REVUE ARCHÉOLOGIQUE PUBLIKE SOUS LA DINKCTION UK MM. E. POTTIER ET S. REINACH MEMARES OR L'INSTITUT P. Boyascé, Zeus: RA 1929 ANN 201-210. } Le ese de Martians CINQUIEME SERIE. — TOME XXX Capella, Nuptiae Mercuri Phobologpns 11, 140, nous renseigne sur des pouvoir et da sograficatinno de Ja tene gs bebe dest on couronnait do caudidat à l'iminostalità. Co rite quí eo remato he tranefornition de l'etre huinain enonn etre de range divin, deat etre rattaché a Porplosime. Dans be Basilique de la Parte Majenre, aamódbintement nu-desous du Alu représentant JUILLET-DÉCEMBRE 1929 | j | | le aut de Sappho à Lenende, se trouve une Victoire qui tend une couronne et une pine, Ce rapprochement ne serait pas Toral, inais sineué par lo role joué dans les deux seónea par la plante magique des Py tha goricions, Here Archeoloyiys O 4729 /2 24 - 2,9 ZAHLE . Po (287 v/3S PARIS LIBRAIRIE ERNEST LEROUX E ( VI") 28, HUE BONAPART l'uus droits réserves.

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region était encore trés morcelée; victorieuse dans le Sud, Tarente n'avait pu étendre sa domination vers le Nord, et les indigenes, qui s’¢laient tournés contre elle vers Athénes!, LEUCAS : devaient faire meilleur accueil qu'elle aux artistes émigrés de PAttique. Ceux-ci trouvaient un pays neuf, qui, s'ouvrant Vasiéic à la civilisation, suscitail la concurrence, Nous en établirions volontiers quelques-uns à Ceglie, qui nous semble avoir connu par eux le développèment progressif d’une céramique digne de compter parmi les principales de la Grande-Grèce, P. WUILLEUMIER. 1. Cf. Thuc., IV, 99. "Avavensinevo! tiva madatav qrAiav. La certitude que la basilique de la Porte Majeure à Rome était d'inspiration pythagoricienne fut acquise le jour où M. Carcopino démontra que pythagoricienne en était la principale représentation, celle du stuc qui décore l’abside et où l’on avait reconnu le saut de Sappho à Leucade!, Pline l'Ancien, en effet, mentionnail incidemment les récits, saugrenus à son gré, que les adeptes de la secte faisaient sur les amours de la poétesse et de Phaon : Portentosum est quod de ea lradilur, radicem ejus allerutrius sexus similitudinem referre, raro inventu, sed si viris contigit mas, amabiles fieri. Ob hoc el Phaonem Lesbium dilectum a Sappho, multa circa hoc non Magorum solum vanilale, sed etiam Pythagoricorum ?, Il était assuré que dans sur celte passion célèbre, leurs spéculations chimériques les Pythagoriciens devaient faire place à l'épisode final, au saut de Sappho à Leucade, Cependant, malgré la vraisemblance de l'interprétation, M. Hubaux s'était demandé s’il était légitime de tirer de la notice de l'Histoire naturelle ce que M. Carcopino y montrait 2, Il n'y voyait qu'un récit sur les propriétés éroliques d'une plante, et les botanistes de la secte ne s'étaient même pas occupés des amours de Sappho, dans le texte en question, circa hoc renvoyant comme le ob hoc qui précède à la première phrase, Leucade ¿tail donc absente, A quoi M. Carcopino répondit que cette apparence n'était qu’appaurn ++ Mariianus 1929 ANN 211-219.) Le passage I P. Bovanck, Leouma :2 ILA hibologne 11,341, nous renineigne sur : „Ad ‘ ‘ les| eh Capella, Nuptias Mercuri jleuras, here dont om Genarenmaal lo cambiante ation de la humain et. IR signific forma= lion de Vetre ae: FORT y co resrast a la trase qui TL NOR rp. x 15 Ue ‘ e er Jan La asılıc a 1 urplu: me. 1 E = CITE Aà divin, dest Uro ratinche IeuEee. 2 tre nta i he sentant e Ei ei rar nu-tleRS eeCUS a<tuc4 urepro re, uinmeL chutenent el Port e Majen ck PL x à tend qu .re Victo une : trouve se de, i Sapphe a Lenen Chi Hier pa ent tas nersit per Farpia;3),” 1321098 nÈ uh daHE, pre cheinpar Py priiien, ha plante vus des Pythagors ene elmi les 6 lex sonen jon als “ a? mp , td / . —u a » V Fc n 1. Revue archéologique, 1923, p. 1926, p. 380. 1-22; La Basilique de la Porte Majeure, 2. Hist. nat., 27, 20. 3. Musée belge, 1926, p. 197 et suiv. Cf. id., 1428, L’herbe uur cent têtes. où l'auteur s'est efforcé de distinguer érynge et « loucas ».

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rente, Quelle était, en effet, la plante dont parlait Pline? tion adoptée. Nous lisons aussi celui de uv, On connaît En latin « candida », c'est-à-dire en grec Leucade. Aucun sous cette appellation deux plantes, l'une à doute n’était plus permis 1, dont ilest parlé chez Théophraste et chez Dioscoride, l’autre Malgré tout, il faut avouer que quelques obscurités demeurent : entre les deux Leucades, la plante et le promontoire, quels rapports ¿tujent-ils établis? Les vertus de la plante étaienl-elles seulement celles d'une herbe érotique? à fleurs blanches, dont il est question chez Homère ', C'est - Nous avons d'autres témoignages sur les contes fantastiques me tendit un talisman, l'ayant arraché à la terre, et m'en qu'on faisait à ce sujet. D'après l’interpolateur de Dioscoride ?, l’on appelait aussi gorgoneion l’érynge dont il est question chez Pline. Or, de ce gorgoneion, Psellus? nous apprend, d’après un certain Africenus, qu'elle est souterraine pour la plus grande partie, mais que si une jeune lille condévoila la nature, Sa racine est noire, sa fleur semblable au 213 fleurs jaunes celte dernière qui doil retenir notre attention : c'est, en effel, une plante magique et son nom est un nom divin. Mais citôns le poète: «Ayant ainsi parlé, le meurtrier d'Argus lait, les Dieux l'appellent molu, et elle est difficile à arracher, du moins pour les hommes, car, aux Dieux, tout est possible 7.» C'est Hermès qui remet à Ulysse cette plante pour lui permeltre d'échapper aux pièges de Circé : « Allons ! naît dans son voisinage les étreintes de l'amour, cette plante, doublement curieuse, sort de terre pour regarder. Selon Damauscius, la racine de celle gorygoneius — ainsi l’appelle-t-il — esl comme une ligure de Gorgone *, Ces textes nous montrent à l'évidence que les légendes étaient nombreuses el variées à ce sujet. Pline ne dit-il pas : « mulla circa hoc? » Mais l'interpolateur de Dioscoride nous apprend bien d'autres choses el nous aide à pressentir que la merveilleuse plante avait des propriétés bien autrement intéressantes. Je maux, prends, ll nous dit que l'on identifiait l’érynge à une multitude d'autres herbes. Nous retrouvons d'abord le nom de cenlum capita qui est chez Pline, ce qui nous confirme dans la direc- L'épisode de Circé se prêtait trop bien à l'application de leur 1. Revue des études latines, 1427, te avec délivrerai et je te sauverai des ce talisman puissant et dirige-toi vers les demeures de Circé : sa force écartera de toi un jour funeste?, » Et c'est bien grâce à ce present qu'Ulysse évitera la triste métamorphose, On sait que pour les Pythagoriciens les textes homériques étaient comme des textes sacrés 4, On sait aussi comment ils les interprétaient, comment ils y cherchaient leur propre doctrine sur l’immortalité de l'âme et sur la métempsycose$. méthode pour être négligé. Circé devint le symbole de la métempsycose, du grand cercle redoutable des réincarnations 5. Comment auraient-ils négligé l'épisode du molu? Qu'on songe d’abord que le molu est donné à Ulysse dont les 2, Dioscoride, 3, 21 (éd, Wellinaun, tome 2, p. 27). retyyrov: of dé &guyyıov, où dì npuyynv, of dè L'upyovetnv, ni dì Epuymgis, ot Bi xapuov” oi DE dpyavoy aventures symbolisent celles de l’äme, que le present vient pavia, Ot BE Eopauy, vi 68 pupaxavilov, of di pd, Alyúrtios" xgößıaug, du dieu psychopompe par excellence; qu'on relise les paroles mpopita: imeprög, ol de tpavditwv, ‘l'uuxior xanitovdvup, xapdopc, ot di xaäsduus tépcat, of BL Mevazpous xipiuus, ot Si ipouvbiviva xapdouc, du dieu qui se prêtent si bien à ceux qui cherchent des alluot 83 xipSoug d2rGous, Azxot o:xoumvodE, Ênavor xevtoup MATE TA, oi 8 ioxapıa, ol di TAcGevvara, “Agpo: NépBav, ol de yida, 3. Psellus, Ms. Admir. lect medicophys. Lambec. Bibl. caes., |. 7 (vol. 7, 1. p. 478, 64. Koll), Agyer dì (Africanus) meci tod l'oprovivu* moa Bi date TUÙTO Lmuyerog TÀ MOAAZ Aeyui your ds sl tig xooy mAnalov avr, ms Aqpuditys, viusg suuTaaxein, dvero Ext Try Dia 7 moa Rai Th yivéucvov meplepying Opa. 4, Damasc, Phot, cod, 243, p. 310, 10, "Or: Eheyev è Nebripoe tebrioda: yopyuviada Barivav, Ao sive: thy pilav dvtixpus duoiav raphéve Thy xegadjy Eyousy xarnpeph Bpaxovreiarg mroxdpots. 3. V. 286 et suiv. 4. Jamblique, V. P., 164; Porphyre, V. P., 32. Dioscoride, 3, 54. 'Théophrasto, H. P., 9, 15, 7. Ilomère, Od., 10, 305. 2. V. 302 et suiv. 5. Delatte, Études sur la littérature pythagoricienne, p. 109-136. 6. Porphyre ap. Stobée. Ecl., 1, 49, 60, p. 445 Wachsmuth. Cf. aussi Ps, Plut., Vita Homeri, 126; F, Cumont, After Life, p.180; R. Eisler, Orphisch-Dionysische Mysteriengedanke,

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sions à la délivrance et au salut !, Le molu est évidemment pour les Pythagoriciens une plante d’immortalité, C'est l'idée une sèche allégorie sans portée. En réalité, nous avons une 214 qu'ils n’ont pu manquer de concevoir, en lisant, avec leurs préoccupations habituelles, le texte sacré 2, L'interpolateur celle meme de herbe Dioscoride était nous apprend aussi que par d'autres tussris, Ce appelée 215 On aurait grand tort de considérer son récit mythique comme apothéose et, à propos de cette apothéose, une foule de détails qui viennent des mystères ou des écrits de caractère théologique. Contentons-nous de signaler seulement ivi en passant le rôle joué par la musique cosmique el purificatrice des nom n'est pas connu par ailleurs, mais n'y aurait-il pas lieu Muses selon la théologie pythagoricienne 1, et deux allusions de songer à un vers des tablettes orphiques qui a été souvent étudié, sans qu'on soit encore tombé d'accord à son que nous éludierons ailleurs à l'œuf des mystères orphiques ?, sujet? fait boire à la candidate à l'immortalité un breuvage magique : | € r “. NI: IMEGTOI O D » ' . 4 4 « Quand la déesse vil qu'elle avait bu la coupe d'immortalité, . ENEORY TIEGAYOS NOT LACTATO Or, voici ce qui se passe, après que la déesse Apothéosis a » afin de lui enseigner en quelque sorte par le symbole d'une ' bandelette qu'elle quittait la terre pour le ciel et qu'elle On traduit d'ordinaire (zed pur désirable, et c'est peutêtre bien, en effet, le sens, mais des fidèles ne savaient-ils ¿était devenue immortelle, elle couronna la vierge d'une herbe pas des champs qui porte le nom d’,,., en lui prescrivant de rejeter que cette couronne, comme il.est assez naturel, était formée toul ce que, mortelle encore, elle s'était attaché pour se de fleurs merveilleuses el n'étaient-ils pas tentés d'imaginer une fleur dite inssz; par excellence? Et, en ellet, à qui notre texte attribue-t-il celte appellation? Aux FOUR. les marques inféricures d'une essence caduque et mortelle?, » Or, c'est un titre donné aux suleurs des Cerils orphiques, el déjà par Platon +, N’y a-t-il pas lá, À tout le moins, une ren- Nous avons à dessein luissé de côté le nom de l'herbe qui nous est présentée avec tant de netteté comme un svinbole contre bien curieuse el presque saisissunte? .d’immortalite, Toutes ces identifications de plantes proposées par notre interpolateur semblent done reposer sur leurs qualités sacrées, nous critique du dernier d'entre eux, Dick, nous révèle que ce beaucoup n’est lá qu’une correction de l'édition princeps, plus que sur leurs caractéristiques botaniques. Mais sur la Leucas elle-même nous avons peut-être un texte défendre contre la force d’en haut, car, disait-elle, c'était là parler, Les deux éditeurs modernes + s'accordent a dans ce Les manuscrits ont passage, d'xafoms, Mais l'appendice trois leçons différentes ; deux sont inintelligibles: L, R.B 1 donnent AEIZOC, les autres donnent décisif. Le grammairien Martianus Capella nous a conté comment AEYZNC. Mais une troisicme lecon est parfaitement lisible, la Philologie fut promue au rang d'épouse divine de Mercure. c’est celle de A qui donne AEYKNC, et celle leçon est confirmée par la glose suivante: «Herba albula,ut quidam lilium. » I. Ajoutons que la formule : « Aux Dieux tout est possible » était un des axiomes de la religion pythagoricienne, Jamblique, Y. P. 138, 2. Eustathe, Comm. ad. Od., selon sa méthode plus morale «qu'eschatolagique, plus conforme à celle des Stoïciens vu du Juif Philon, fait du we 2 le symbole de la marsera, qui nous défend contre les passions animales. 1 nous dit aussi, ce à quoi on peut s‘attendre, que la plante d'Homére était inconnue. L'importance du Au nous est encore attestée par ce fait, mentionné par Eustathe, qu'Alexandre de Paphos avait composé à son sujel tout un ebibisse, quoe terris illam caeluın pergere immortalemque factam velut (ajenigmate redimiculi perdoceret, ex herba quadam rurestri, cui ze vocabulum est, virginem coronavit praccipiens omnia, quae adhuc mortalis adversum vim superam in praesidium coaptarat, expelleret, quippe caducae mortalisque poème. 3. Kern, Orph. Frag. 32 c., vers 7, 4. Platon, Rép. 2, p. 336 B, 1. Nuptiae Mercurit Philologiae, p. 1, 2 et suiv.; 2, 117. 2. Ibid,, 1, 68; 2, 140, 3. Verum diva cum immortalitatis eam poculum cerneret - substantine istaec esse ininima memorabat, /bid., 2, 141. 4, Eyssenhardt et Dick.

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A est un des meilleurs manuscrits: c'est le Leidensis 36 qui ment à cette place d'honneur du saut de Sappho à Leucade et de la déesse à la couronne — Victoire ou Apothéosis — date du xe siècle, et Dick en fait d’ordinaire son guide, de préférence même au Bernensis 566 (5). On voit donc que la leçon 74; est tout à fait autorisée, et que la correcne scrait done pas fortuit; pour les initiés, il était riche de sens : Leucas était le mot qu'ils redisaiont l'un et l’autre. tion za% n'est aucunement nécessaire, Paléographiquement les deux autres leçons inintelligibles en elles-mêmes Ajoutons qu'ailleurs dans la Basilique on pourrait être tenté de voir d'autres allusions. Regardons, par exemple, la figure 52, dans la magnifique publication de M. Bendinelli: une Orante ailée tient dans chaque main une fleur à forme ont du moins cet avantage de se rapprocher l’une et l’autre, chacune à sa manière, de la bonne leçon. Le seul argument à faire valoir pour une ici, Or, il est clair pour de fleur de chardon; le sens profondément religieux de cette figure saute aux yeux du plus prévenu; dès lors, ne serail-il les pouvoirs, la signifi- Leucas !? correction présente pas un sens satisfaisant 217 serait que 722m: ne nous que c'est tout le contraire. pas salisfaisant qu'on put voir dans cette fleur la mystique Voici done attestés directement cation de la Leucas (il ne faut sans doute pas attacher d'importance à la petite différence jew; et Zaza). Et, d'autre part, le même texte nous suggère qu'il existait un rite de couronnement à l’aide de la Leucas, rite qui concourait à la transformation de l'être humain en un être de rang divin !, Si nous notons que, dans ce qui précède immédiatement, il est question de l'œuf orphique, nous serons tenlés de rattacher notre rite à l'orphisine, Nous le serons d'autant plus que nous savons qu'une couronne était, en effet, comme nous l'avons vu plus haut, liée à l'initiation. Et si maintenant nous nous souvenons de la glose de Dioscoride où le cenlum capita était identifié à liueprès des apesiza, ne Pa | D'après Pline l'Ancien, ce n'était pas seulement les Pythagoriciens, mais avant eux Jes Mages qui parlaient volontiers des pouvoirs étonnants de la Leucas. Évidemment, Pline songe ici à l'opinion dont il se fait ailleurs l'écho et qui voulait que Pythagore edt reçu 1 est curieux, les enseignements des Mages. dans ces conditions, de constater que les oracles chaldéens pensaient que des plantes faisaient partie des moyens de purifier Páme et permettaient à son char de rouler plus fucilement vers les hauteurs du ciel? ll reste à essayer de préciser le rôle de la Leucas dans la légende de Sappho. Ici encore nous serions tentés de croire, comme plus haut pour un texte de l'Odyssée, que les Pviliafaut-il pas avouer que nous avons presque une certitude”? Si nous regardons à nouveau la basilique de la Porte Majeure, nous sommes frappés du rôle que joue au fond de l'abside, goriciens onl appliqué à methode bien connue d'exégèse emprunté aux mystères immédiatement au-dessous du stuc de Sappho, la Victoire de fleurs en allachant à ce rite la portée que nous avons dite. une tradition orphiques préexistante symbolique. le rite de Ils leur avaient la couronne qui tend une couronne et une palme ?. D'elle nous pouvons dire ce que Martianus Capella dit de la déesse Apothéosis : « Afin de lui enseigner en quelque sorte par le symbole d'une bandelette qu'elle quittait la terre pour le ciel et qu'elle était devenue immortelle, elle la couronna... » Le rapprocheLO: ivivou El ivfpmirmu, disent les tablettes orphiques. Or, Apothéosis prescrit de « rejeter tout ce que, mortelle encore, elle s'était attaché pour se défendre contre la force d'en haut... » 2. Carcopino, op. laud., p. 293; . 1 ER aussi les figures 4, 53,54 et surtout la planche NIV qui nous montre deux orantes humaines, occupant dans les nefs latérales une place correspondante à celle de la Victoire dans la nef centrale, Bendinelli, 11 Monumento sotterraneo di Porti Maggiore in Roma, in Mon. Ant, NXXL (£927), p. 38 5. 2. Psellus, Eepos, orac. chaldaic., p. 1133 A: à è dì Naddzio; 00% 213.093 pasto Tag 292 vETOA: TPHG Div, ci al, d MAA TO THs UU aaa osa Tuy uhıminv TEALTÓN, (Meta: +22 al alce Tay pushy dubai: Aa ROMs za! EMOAIG LA SUT LUy~UY Elva 206 THY Avabamıy. On sait que cette ini ge du char de l'âme est aussi pythagorieienne ; Delite, op. dando, pi Ti Gl, Kroll, Or. Chald., p. 52. VO SPERI, — Y. EAN.

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Or, voici qu'une légende attestait à propos de Sappho les vertus prodigieuses d’une plante. G’estelle, disait-on, qui avait rendu Phaon si desirable aux yeux de Sappho, c'est . elle qui avait éveillé cet amour qui devail finir si tristement dans les eaux de Leucade. Ainsi parlail la foule, ignorante du sens caché des légendes, cette mame foule qui prenait Homère pour un simple conteur. En réalité il suflisait de considérer un moment le récit merveilleux pour y découvrir un sens cache. Aimer Phaon, aimer le « lumineux », c'était pour Sappho s'être éprise non d'un mortel, mais de Dieu lui-même, et cette passion l'avait conduite, non à la mort, mais à la régénération, En effet, à Leucade, des légendes locales voulaient qu’Apollon sauvät de la mort les amoureux qui se jetaient du haut du LEUCAS 919 de Crotone !, comment, de ce principe qui ne nous semble qu'une théorie abstraite sur les origines du langage , la théologie faisait en réalité-une des clés de son exégèse de la relii duri tic ws en > © 0 , e ER . , . gion, Pythagore se fonde sur l'origine divine des noms pour signaler que les divers. âges de la femme ont recu des noms appartenant à des divinités, ce qui prouve que leur sexe est particuliérement cher aux dieux. La jeune fille s'appelle 2er , la jeune femme wuz, la mère, 447%, la Vieille uziz. C'est à cette méthode que les Pythagoriciens nous semble nt avoir dù de faire dans la légende de Sappho les découve rtes dont témoignent la fameuse Basilique, et d’avoir pris le saut de Leucade pour un symbole de l'Apothéose, promontoire !. Apollon avait Pierre Bovaxc£. done sauvé Sappho. Il est probable même, comme Pa montré M. Carcopino %, qu'à cause de son nom prédestiné Phaon, source de tout le drame, étail considéré comme une premiere incarnation d'Apollon et que le dieu cher aux Pythagoriciens leur paraissail intervenir dès l'origine dans le récil sucré. Un seul point pouvail demeurer obseur : la plante magique s'appelait-elleà Porigine Leucas? En ce cas, pour des Pythagoriciens avides de rencontres singulières, celle coincidence extraordinaire devait être une raison bien puissante pour eux decroire à la signification symbolique de toute l'aventure. Ou, de ce que l'épisode final se passait à Leucade, concluaient» ils que la plante devait avoir été la Leucas connue par les mystères? En ce cas encore, c'était une rencontre de mots qui, pour eux, décidait du sens caché de la fable. Il ne faut point oublier, en effet, que pour les Pythagoriciens le langage &lait la création d’un être très sage qui avait mis dans les mots des trésors de révélalion, C'élait là un des articles du fameux caléchisme des acousmatiques *. On peut voir, dans Je discours adressé par Pythagore aux femmes 1. Sur ces légendes, vuir l'article Leucas dans le Rosehers Lerihon, 2. Op. luud., p. 381-382. 3. Jamblique, V. P. 82, ti to copuratov; apiOucc, Zeútesov di è vois Ts IYUXG: 7% Gvouata hepevss. Ni 1. Timée ne ‘ d'aprés a pr Jambliq J: i ue, V. PP.) P., 56. 56. C'est C'est lá Ki un exetaple, choini ini entra plusieurs autres, sur lesquels nous nous proposon s de revenir, Car Ja doc . , _ + . bl = trine est. d'une importance capitale pour les études de symbolique des monuments figures,