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PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION
DE MM.
E. POTTIER ET 5. REINACH
MEMRRES DE L'INSTITUT
n
A
|
Pn
DP. Boraxce, Learns:
RA 1929 XXX 211-2319, | Le qussago de Martinnus
Caplin, Nuptias Mersurii Philolagiae 11,147, nous renseigne sur les pouvoir
et
la signification
de
la Teneas,
herbe dont
Vimioctalità, Ce rite, qui co, comenit
on gouronnait
le caudidat à
it la tranefomnaiion de Uetre humain
CINQUIEME SERIE. — TOME XXX
JUILLET-DECEMBRE 1929
enum stre de rang divin, deat étre rattachó a Vorphisme. Dans la Basilique
de la
Porte Majeure, iinmédiatement au-dessous du stue représentant le
sant de Sappho a Leucade, xe trouve une Vietolre qui tend une couronne et.
ane palmo. Ce vapproe hement ne serait pas foriuit, mais amené par le rôle
joué dans les deux seénes par la plante magique dvs Py i hagoricions,
Hause Arekeole
Arck Sigal
30 1929
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ZAFSE
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PARIS
LIBRAIRIE ERNEST LEROUX
28, RUE BONAPARTE (VI‘)
Tous droits réservés.
Página 2
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SOYANC
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ca
|
REVUE
ARCHÉOLOGIQUE
PUBLIKE SOUS LA DINKCTION
UK MM.
E. POTTIER ET S. REINACH
MEMARES OR L'INSTITUT
P. Boyascé, Zeus: RA 1929 ANN 201-210. } Le ese de Martians
CINQUIEME SERIE. — TOME XXX
Capella, Nuptiae Mercuri Phobologpns 11, 140, nous renseigne sur des pouvoir
et da sograficatinno de Ja tene gs bebe dest on couronnait do caudidat à
l'iminostalità. Co rite quí eo remato
he tranefornition de l'etre huinain
enonn etre de range divin, deat etre rattaché a Porplosime. Dans be Basilique
de
la
Parte
Majenre,
aamódbintement
nu-desous
du
Alu
représentant
JUILLET-DÉCEMBRE 1929
|
j
|
|
le
aut de Sappho à Lenende, se trouve une Victoire qui tend une couronne et
une pine, Ce rapprochement ne serait pas Toral, inais sineué par lo role
joué dans les deux seónea par la plante magique des Py tha goricions,
Here Archeoloyiys
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PARIS
LIBRAIRIE ERNEST LEROUX
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28, HUE BONAPART
l'uus droits réserves.
Página 3
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)region était encore trés morcelée; victorieuse dans le Sud,
Tarente n'avait pu étendre sa domination vers le Nord, et
les indigenes, qui s’¢laient tournés contre elle vers Athénes!,
LEUCAS
:
devaient faire meilleur accueil qu'elle aux artistes émigrés
de PAttique. Ceux-ci trouvaient un pays neuf, qui, s'ouvrant
Vasiéic
à la civilisation, suscitail la concurrence, Nous en établirions
volontiers
quelques-uns
à
Ceglie,
qui
nous
semble
avoir
connu par eux le développèment progressif d’une céramique
digne de compter parmi les principales de la Grande-Grèce,
P.
WUILLEUMIER.
1. Cf. Thuc., IV, 99. "Avavensinevo! tiva madatav qrAiav.
La certitude que la basilique de la Porte Majeure à Rome
était d'inspiration pythagoricienne fut acquise le jour où
M. Carcopino démontra que pythagoricienne en était la
principale représentation, celle du stuc qui décore l’abside
et où l’on avait reconnu le saut de Sappho
à Leucade!, Pline
l'Ancien, en effet, mentionnail incidemment les récits, saugrenus à son gré, que les adeptes de la secte faisaient sur les
amours de la poétesse et de Phaon : Portentosum est quod de
ea lradilur, radicem ejus allerutrius sexus similitudinem
referre, raro inventu, sed si viris contigit mas, amabiles fieri.
Ob hoc el Phaonem Lesbium dilectum a Sappho, multa circa
hoc non Magorum solum vanilale, sed etiam Pythagoricorum ?,
Il était assuré
que dans
sur celte passion célèbre,
leurs spéculations chimériques
les
Pythagoriciens
devaient faire
place à l'épisode final, au saut de Sappho à Leucade,
Cependant, malgré la vraisemblance de l'interprétation,
M. Hubaux s'était demandé s’il était légitime de tirer de
la notice de l'Histoire naturelle ce que M. Carcopino y montrait 2,
Il n'y voyait qu'un récit sur les propriétés éroliques d'une plante, et les botanistes de la secte ne s'étaient
même pas occupés des amours de Sappho, dans le texte
en
question, circa hoc renvoyant comme le ob hoc qui précède
à la première phrase, Leucade ¿tail donc absente, A quoi
M. Carcopino répondit que cette apparence n'était qu’appaurn
++ Mariianus
1929 ANN 211-219.) Le passage
I
P. Bovanck, Leouma :2 ILA
hibologne 11,341, nous renineigne sur
:
„Ad
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Capella, Nuptias Mercuri jleuras, here dont om Genarenmaal lo cambiante
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a
»
V
Fc
n
1. Revue archéologique, 1923, p.
1926, p. 380.
1-22; La Basilique de la Porte Majeure,
2. Hist. nat., 27, 20.
3. Musée belge, 1926, p.
197 et suiv. Cf. id., 1428, L’herbe uur cent têtes.
où l'auteur s'est efforcé de distinguer érynge et « loucas ».
Página 4
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)rente, Quelle était, en effet, la plante dont parlait Pline?
tion adoptée. Nous lisons aussi celui de uv, On connaît
En latin « candida », c'est-à-dire en grec Leucade. Aucun
sous cette appellation deux plantes, l'une à
doute n’était plus permis 1,
dont ilest parlé chez Théophraste et chez Dioscoride, l’autre
Malgré tout, il faut avouer que quelques obscurités demeurent : entre les deux Leucades, la plante et le promontoire,
quels rapports ¿tujent-ils établis? Les vertus de la plante
étaienl-elles seulement celles d'une herbe érotique?
à fleurs blanches, dont il est question chez Homère ', C'est
- Nous avons d'autres témoignages sur les contes fantastiques
me tendit un talisman, l'ayant arraché à la terre, et m'en
qu'on faisait à ce sujet. D'après l’interpolateur de Dioscoride ?, l’on appelait aussi gorgoneion l’érynge dont il est
question chez Pline. Or, de ce gorgoneion, Psellus? nous apprend, d’après un certain Africenus, qu'elle est souterraine
pour la plus grande partie, mais que si une jeune lille condévoila la nature, Sa racine est noire, sa fleur semblable au
213
fleurs jaunes
celte dernière qui doil retenir notre attention : c'est, en effel,
une plante magique et son nom est un nom divin.
Mais citôns le poète: «Ayant ainsi parlé, le meurtrier d'Argus
lait, les Dieux l'appellent molu, et elle est difficile à arracher,
du moins pour les hommes, car, aux Dieux, tout est possible 7.» C'est Hermès qui remet à Ulysse cette plante pour
lui permeltre d'échapper aux pièges de
Circé :
« Allons !
naît dans son voisinage les étreintes de l'amour, cette plante,
doublement curieuse, sort de terre pour regarder. Selon Damauscius,
la racine de celle gorygoneius — ainsi l’appelle-t-il
—
esl comme une ligure de Gorgone *, Ces textes nous montrent
à l'évidence que les légendes étaient nombreuses el variées
à ce sujet. Pline ne dit-il pas : « mulla circa hoc? »
Mais l'interpolateur de Dioscoride nous apprend bien
d'autres choses el nous aide à pressentir que la merveilleuse
plante avait des propriétés bien autrement intéressantes.
Je
maux,
prends,
ll nous dit que l'on identifiait l’érynge à une multitude
d'autres herbes. Nous retrouvons d'abord le nom de cenlum
capita qui est chez Pline, ce qui nous confirme dans la direc-
L'épisode de Circé se prêtait trop bien à l'application de leur
1. Revue des études latines, 1427,
te
avec
délivrerai
et je
te sauverai des
ce talisman puissant
et
dirige-toi vers les demeures de
Circé : sa force écartera de toi un jour funeste?, » Et c'est
bien grâce à ce present
qu'Ulysse évitera la triste
métamorphose,
On sait que pour les Pythagoriciens les textes homériques
étaient comme des textes sacrés 4, On sait aussi comment ils
les interprétaient, comment ils y cherchaient
leur propre
doctrine sur l’immortalité de l'âme et sur la métempsycose$.
méthode pour être négligé. Circé devint le symbole de la
métempsycose, du grand cercle redoutable des réincarnations 5.
Comment
auraient-ils
négligé l'épisode
du
molu?
Qu'on songe d’abord que le molu est donné à Ulysse dont les
2, Dioscoride, 3, 21 (éd, Wellinaun, tome 2, p. 27). retyyrov: of dé &guyyıov,
où dì npuyynv, of dè L'upyovetnv, ni dì Epuymgis, ot Bi xapuov” oi DE dpyavoy
aventures symbolisent celles de l’äme, que le present vient
pavia, Ot BE Eopauy, vi 68 pupaxavilov, of di pd, Alyúrtios" xgößıaug,
du dieu psychopompe par excellence; qu'on relise les paroles
mpopita: imeprög, ol de tpavditwv, ‘l'uuxior xanitovdvup, xapdopc,
ot di xaäsduus tépcat, of BL Mevazpous xipiuus, ot Si ipouvbiviva xapdouc,
du dieu qui se prêtent si bien à ceux qui cherchent des alluot 83 xipSoug d2rGous, Azxot o:xoumvodE, Ênavor xevtoup MATE TA, oi 8
ioxapıa, ol di TAcGevvara, “Agpo: NépBav, ol de yida,
3. Psellus, Ms. Admir. lect medicophys. Lambec. Bibl. caes., |. 7 (vol. 7,
1.
p. 478, 64. Koll), Agyer dì (Africanus) meci tod l'oprovivu* moa Bi date TUÙTO
Lmuyerog TÀ MOAAZ Aeyui your ds sl tig xooy mAnalov avr, ms Aqpuditys,
viusg suuTaaxein, dvero Ext Try Dia 7 moa Rai Th yivéucvov meplepying Opa.
4, Damasc, Phot, cod, 243, p. 310, 10, "Or: Eheyev è Nebripoe tebrioda:
yopyuviada Barivav, Ao sive: thy pilav dvtixpus duoiav raphéve Thy xegadjy
Eyousy xarnpeph Bpaxovreiarg mroxdpots.
3. V. 286 et suiv.
4. Jamblique, V. P., 164; Porphyre, V. P., 32.
Dioscoride, 3, 54. 'Théophrasto, H. P., 9, 15, 7. Ilomère, Od., 10, 305.
2. V. 302 et suiv.
5. Delatte, Études sur la littérature pythagoricienne, p. 109-136.
6. Porphyre ap. Stobée. Ecl., 1, 49, 60, p. 445 Wachsmuth. Cf. aussi Ps, Plut.,
Vita Homeri, 126; F, Cumont, After Life, p.180;
R. Eisler, Orphisch-Dionysische
Mysteriengedanke,
Página 5
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)sions à la délivrance et au salut !, Le molu est évidemment
pour les Pythagoriciens une plante d’immortalité, C'est l'idée
une sèche allégorie sans portée. En réalité, nous avons une
214
qu'ils n’ont pu manquer de concevoir, en lisant, avec leurs
préoccupations habituelles, le texte sacré 2,
L'interpolateur
celle
meme
de
herbe
Dioscoride
était
nous
apprend
aussi
que
par
d'autres
tussris,
Ce
appelée
215
On aurait grand tort de considérer son récit mythique comme
apothéose et, à propos de cette apothéose, une foule de détails
qui viennent des mystères ou des écrits de caractère théologique. Contentons-nous de signaler seulement ivi en passant
le rôle joué par la musique cosmique
el
purificatrice des
nom n'est pas connu par ailleurs, mais n'y aurait-il pas lieu
Muses selon la théologie pythagoricienne 1, et deux allusions
de songer à un vers des tablettes orphiques qui a été souvent étudié, sans qu'on soit encore tombé d'accord à son
que nous éludierons ailleurs à l'œuf des mystères orphiques ?,
sujet?
fait boire à la candidate à l'immortalité un breuvage magique :
|
€
r
“.
NI:
IMEGTOI O
D
»
'
.
4
4
« Quand la déesse vil qu'elle avait bu la coupe d'immortalité,
.
ENEORY TIEGAYOS NOT LACTATO
Or, voici ce qui se passe, après que la déesse Apothéosis a
»
afin de lui enseigner en quelque sorte par le symbole d'une
'
bandelette qu'elle quittait la terre pour le ciel et qu'elle
On traduit d'ordinaire (zed pur désirable, et c'est peutêtre bien, en effet, le sens, mais des fidèles ne savaient-ils
¿était devenue immortelle, elle couronna la vierge d'une herbe
pas
des champs qui porte le nom d’,,., en lui prescrivant de rejeter
que cette couronne,
comme
il.est
assez
naturel,
était
formée
toul ce que,
mortelle encore,
elle s'était attaché
pour se
de fleurs merveilleuses el n'étaient-ils pas tentés
d'imaginer une fleur dite inssz; par excellence? Et, en ellet,
à qui notre texte attribue-t-il celte appellation? Aux FOUR.
les marques inféricures d'une essence caduque et mortelle?, »
Or, c'est un titre donné aux suleurs des Cerils orphiques, el
déjà par Platon +, N’y a-t-il pas lá, À tout le moins, une ren-
Nous avons à dessein luissé de côté le nom de l'herbe qui
nous est présentée avec tant de netteté comme un svinbole
contre bien curieuse el presque saisissunte?
.d’immortalite,
Toutes ces identifications de plantes proposées par notre
interpolateur semblent done reposer sur leurs qualités sacrées,
nous
critique du dernier d'entre eux, Dick, nous révèle que ce
beaucoup
n’est lá qu’une correction de l'édition princeps,
plus
que
sur
leurs
caractéristiques
botaniques.
Mais sur la Leucas elle-même nous avons peut-être un texte
défendre contre la force d’en haut, car, disait-elle, c'était là
parler,
Les deux éditeurs modernes + s'accordent a
dans
ce
Les manuscrits ont
passage,
d'xafoms,
Mais
l'appendice
trois leçons différentes ; deux sont
inintelligibles: L, R.B 1 donnent AEIZOC, les autres donnent
décisif.
Le grammairien Martianus Capella nous a conté comment
AEYZNC. Mais une troisicme lecon est parfaitement lisible,
la Philologie fut promue au rang d'épouse divine de Mercure.
c’est celle de A qui donne AEYKNC, et celle leçon est confirmée par la glose suivante: «Herba albula,ut quidam lilium. »
I. Ajoutons que la formule : « Aux Dieux tout est possible » était un des
axiomes de la religion pythagoricienne, Jamblique, Y. P. 138,
2. Eustathe, Comm. ad. Od., selon sa méthode plus morale «qu'eschatolagique, plus conforme à celle des Stoïciens vu du Juif Philon, fait
du we 2 le
symbole de la marsera, qui
nous défend
contre les passions animales.
1
nous dit aussi, ce à quoi on peut s‘attendre, que la plante d'Homére était
inconnue. L'importance du Au nous est encore attestée par ce fait, mentionné par Eustathe, qu'Alexandre de Paphos avait composé à son
sujel
tout
un
ebibisse, quoe
terris illam caeluın pergere immortalemque factam velut (ajenigmate redimiculi perdoceret, ex herba quadam rurestri, cui ze vocabulum est,
virginem coronavit praccipiens omnia, quae adhuc mortalis adversum vim
superam in praesidium coaptarat, expelleret, quippe caducae mortalisque
poème.
3. Kern, Orph. Frag. 32 c., vers 7,
4. Platon, Rép. 2, p. 336 B,
1. Nuptiae Mercurit Philologiae, p. 1, 2 et suiv.; 2, 117.
2. Ibid,, 1, 68; 2, 140,
3. Verum diva cum immortalitatis eam poculum cerneret
-
substantine istaec esse ininima memorabat, /bid., 2, 141.
4, Eyssenhardt et Dick.
Página 6
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)A est un des meilleurs manuscrits: c'est le Leidensis 36 qui
ment à cette place d'honneur du saut de Sappho
à Leucade
et de la déesse à la couronne — Victoire ou Apothéosis —
date du xe siècle, et Dick en fait d’ordinaire son guide, de
préférence même au Bernensis 566 (5). On voit donc que
la leçon 74; est tout à fait autorisée, et que la correcne scrait done pas fortuit; pour les initiés, il était riche de
sens : Leucas était le mot qu'ils redisaiont l'un et l’autre.
tion za% n'est aucunement nécessaire, Paléographiquement les deux autres leçons inintelligibles en elles-mêmes
Ajoutons qu'ailleurs dans la Basilique on pourrait être
tenté de voir d'autres allusions. Regardons, par exemple, la
figure 52, dans la magnifique publication de M. Bendinelli:
une Orante ailée tient dans chaque main une fleur à forme
ont du moins cet avantage de se rapprocher l’une et l’autre,
chacune à sa manière, de la bonne leçon. Le seul argument
à
faire
valoir
pour une
ici, Or, il est clair pour
de fleur de chardon; le sens profondément religieux de cette
figure saute aux yeux du plus prévenu; dès lors, ne serail-il
les pouvoirs, la signifi-
Leucas !?
correction
présente pas un sens satisfaisant
217
serait
que 722m: ne
nous que c'est tout le contraire.
pas salisfaisant qu'on put voir dans cette fleur la mystique
Voici done attestés directement
cation de la Leucas (il ne faut sans doute pas attacher
d'importance à la petite différence jew; et Zaza). Et,
d'autre part, le même texte nous suggère qu'il existait un
rite de couronnement à l’aide de la Leucas, rite qui concourait à la transformation de l'être humain en un être de rang
divin !, Si nous notons que, dans ce qui précède immédiatement, il est question de l'œuf orphique, nous serons tenlés
de rattacher notre rite à l'orphisine, Nous le serons d'autant
plus que nous savons qu'une couronne était, en effet, comme
nous l'avons vu plus haut, liée à l'initiation. Et si maintenant nous nous souvenons de la glose de Dioscoride où le
cenlum capita était identifié à liueprès des apesiza, ne
Pa
|
D'après Pline l'Ancien, ce n'était pas seulement les Pythagoriciens, mais avant eux Jes Mages qui parlaient volontiers
des pouvoirs étonnants de la Leucas. Évidemment, Pline
songe ici à l'opinion dont il se fait ailleurs l'écho et qui voulait que Pythagore edt reçu
1 est
curieux,
les enseignements des
Mages.
dans ces conditions, de constater que les
oracles chaldéens pensaient que des plantes faisaient
partie
des moyens de purifier Páme et permettaient à son char de
rouler plus fucilement vers les hauteurs du ciel?
ll reste à essayer de préciser le rôle de la Leucas dans la
légende de Sappho. Ici encore nous serions tentés de croire,
comme plus haut pour un texte de l'Odyssée, que les Pviliafaut-il pas avouer que nous avons presque une certitude”?
Si nous regardons à nouveau la basilique de la Porte Majeure,
nous sommes frappés du rôle que joue au fond de l'abside,
goriciens
onl
appliqué
à
methode
bien
connue
d'exégèse
emprunté
aux
mystères
immédiatement au-dessous du stuc de Sappho, la Victoire
de fleurs en allachant à ce rite la portée que nous avons dite.
une
tradition
orphiques
préexistante
symbolique.
le
rite
de
Ils
leur
avaient
la couronne
qui tend une couronne et une palme ?. D'elle nous pouvons
dire ce que Martianus Capella dit de la déesse Apothéosis :
« Afin de lui enseigner en quelque sorte par le symbole d'une
bandelette qu'elle quittait la terre pour le ciel et qu'elle
était devenue immortelle, elle la couronna... » Le rapprocheLO: ivivou El ivfpmirmu, disent les tablettes orphiques. Or, Apothéosis prescrit de « rejeter tout ce que, mortelle encore, elle s'était attaché
pour se défendre contre la force d'en haut... »
2. Carcopino, op. laud., p. 293;
.
1 ER aussi les
figures 4, 53,54 et surtout la planche NIV qui nous montre
deux orantes humaines, occupant dans les nefs latérales une place correspondante à celle de la
Victoire dans la nef centrale, Bendinelli, 11 Monumento
sotterraneo di Porti Maggiore in Roma, in Mon. Ant, NXXL (£927), p. 38 5.
2. Psellus, Eepos, orac. chaldaic., p. 1133 A: à è dì Naddzio; 00% 213.093
pasto Tag 292 vETOA: TPHG Div, ci al, d MAA TO THs UU aaa osa
Tuy uhıminv TEALTÓN, (Meta: +22 al alce
Tay pushy dubai: Aa ROMs za!
EMOAIG LA SUT LUy~UY Elva 206 THY Avabamıy. On sait que cette ini ge
du char de l'âme est aussi pythagorieienne ; Delite, op. dando, pi Ti Gl,
Kroll, Or. Chald., p. 52.
VO SPERI, — Y. EAN.
Página 7
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Or, voici qu'une légende attestait à propos de Sappho les
vertus prodigieuses d’une plante. G’estelle, disait-on, qui
avait rendu Phaon si desirable aux yeux de Sappho, c'est .
elle qui avait éveillé cet amour qui devail finir si tristement
dans les eaux de Leucade. Ainsi parlail la foule, ignorante
du sens caché des légendes, cette mame foule qui prenait
Homère pour un simple conteur. En réalité il suflisait de
considérer un moment le récit merveilleux pour y découvrir
un sens cache. Aimer Phaon, aimer le « lumineux », c'était
pour Sappho s'être éprise non d'un mortel, mais de Dieu
lui-même, et cette passion l'avait conduite, non à la mort,
mais à la régénération, En effet, à Leucade, des légendes
locales voulaient qu’Apollon sauvät de la mort les amoureux
qui se jetaient du haut du
LEUCAS
919
de Crotone !, comment, de ce principe qui
ne nous semble
qu'une théorie abstraite sur les origines du langage
, la théologie faisait en réalité-une des clés de son exégèse de
la relii
duri
tic
ws en
> ©
0
,
e ER
. ,
. gion,
Pythagore
se fonde sur l'origine divine des noms pour
signaler que les divers. âges de la femme ont recu des
noms
appartenant
à
des
divinités,
ce
qui prouve
que
leur sexe
est particuliérement cher aux dieux. La jeune fille
s'appelle
2er , la jeune femme wuz, la mère, 447%, la Vieille
uziz.
C'est à cette méthode que les Pythagoriciens nous semble
nt
avoir dù de faire dans la légende de Sappho les découve
rtes
dont témoignent la fameuse Basilique, et d’avoir pris
le saut
de Leucade pour un symbole de l'Apothéose,
promontoire !. Apollon avait
Pierre Bovaxc£.
done sauvé Sappho. Il est probable même, comme Pa montré
M. Carcopino %, qu'à cause de son nom prédestiné Phaon,
source de tout le drame, étail considéré comme une premiere
incarnation d'Apollon et que le dieu cher aux Pythagoriciens
leur paraissail intervenir dès l'origine dans le récil sucré.
Un seul point pouvail demeurer obseur : la plante magique
s'appelait-elleà Porigine Leucas? En ce cas, pour des Pythagoriciens avides de rencontres singulières, celle coincidence
extraordinaire devait être une raison bien puissante pour
eux decroire à la signification symbolique de toute l'aventure.
Ou, de ce que l'épisode final se passait à Leucade, concluaient»
ils que la plante devait avoir été la Leucas connue par les
mystères? En ce cas encore, c'était une rencontre de mots
qui, pour eux, décidait du sens caché de la fable.
Il ne faut point oublier, en effet, que pour les Pythagoriciens le langage &lait la création d’un être très sage qui avait
mis dans les mots des trésors de révélalion, C'élait là un des
articles du fameux caléchisme des acousmatiques *. On peut
voir, dans Je discours adressé par Pythagore aux femmes
1. Sur ces légendes, vuir l'article Leucas dans le Rosehers Lerihon,
2. Op. luud., p. 381-382.
3. Jamblique, V. P. 82, ti to copuratov; apiOucc, Zeútesov di è vois
Ts IYUXG: 7% Gvouata hepevss.
Ni
1. Timée
ne ‘ d'aprés
a pr Jambliq
J:
i ue,
V.
PP.)
P., 56.
56. C'est
C'est lá
Ki un exetaple, choini
ini entra
plusieurs autres, sur lesquels nous nous proposon
s de revenir, Car Ja doc
.
,
_
+
.
bl
=
trine est. d'une importance capitale
pour les études de symbolique des
monuments
figures,