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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)BAAS es
Es “REVUE |
| poi
ARCHÉOLOGIQUE
PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION
DE MM.
MEMBRES DE L'INSTITUT
. E. POTTIER ET S, REINACH
CINQUIÈME SERIE. — TOME XVII.
JUILLET-DÉCEMBRE 1923
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RA 1924, 3 1-29. | Apres eee ns
du Lasitique de la Porta Maggiore
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Cument,. Huli ux,
; Beudinelli,
Leopold,
travaux de
Sapplo a Leucede,
Je semi ite d'une secte biG-pyilu gorieicune qui sehen eo pprepdte
PARIS
ÉDITIONS ERNEST LEROUX
28, RUE BONAPARTE (vI°)
Tous droits réservés.
Page 2
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)La surintendance des fouilles de Ronie prépare de!’ hypogée
découvert en 1917, prés de la Porte Majeure, une publication
intégrale, où tous les stucs dont ilest orné seront photographiés,
décrits, commentés. Il n’y a point de doute, pour qui sait la
haute valeur de M. Robérto Paribeni
et le dévouement éclairé,
de ses collaborateurs, qu’elle ne réponde, par son ampleur .
et son exactitude, à l’importance de cette trouvaille sensationnelle ; et le monde savant la souhaite d’autant plus rapide
que, seule, elle lui permettra d’apprécier la valeur artistique du
monument et d'en pénétrer, jusqu’au fond le mystère. Mais,
en attendant, les archéologues, qui ne peuvent indéfiniment
résister à son attrait, ensont réduits à tirer de leurs premières
impressions
des
conclusions
provisoires.
Quelque
risque
qu'ils courent en nous livrant tout de suite le résultat de leurs
enquêtes partielles, ils l’affrontent avec vaillance et pour:
notre plus grand profit. Depuis le rapport, considérable eri
sa brièveté, rédigé dès 1918 par MM. Ed. Gatti et Fornari
" (Notizie degli Scavi, 1918, p. 30-52) et le mémoire substantiel
et profond que M. Cumont
fit paraître ici même aussitôt
après (R. A., 1918, II, p. 51-73), toute une littérature s'est
constituée autour de la découverte de la Porte Majeure.
Elle est présentement disséminée dans une infinité de périodiques et de journaux italiens, français, belges, anglais, américains,
hollandais, danois
et allemands.
‘- cette bibliographie comprend
Dès
aujourd’hui,
vingt-quatre ‘numéros’, et il
1, Communication ‘lue’au Congrés d'histoire des religions (séance du 12. octobre 1923).
-
°
"2. Ct. le relevé de M. Bendinelli, dans le Bult. ‘Comunale, 1922, p. 86, auquel
y? SERIE.
— T. XVIII.
:
Page 3
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)o
ne saurait étre ici question- de discuter tous ces travaux
un à un. Du reste, plusieurs d’entre
eux
suivent plus ou
moins librement l'impulsion de feu Fornari et de M. Cumont.
D'autres, qui y. résistent ‚viglemment, tels £eux, ou l'hypogée
est donné ‘pour une salle à manger, ou ‘de danse, ombreuseet.
discrète,
où se déroule en stucs plaisants l'éloge du chant, du
vin et de l'amour, sont implicitement réfutés par les études
les
plus récentes
dont
l'édifice
ait été
l’objet
: celle de
M. ‘Leopold (Mélanges d'archéologie et d'histoire, XXXIX,
. 1991: 1929, P- 165--192) ;, ‘celle . de M. Bendinelli (Bullettino
comunale, 1922, p. 85-126) ; enfin celle de M. Hubaux (Musée
belge, XXVII ‘1923, P- 1- 81). “Ces mémoires, malgré leurs
divergences, font, .a ‘mon, avis, -‘réaliser un progrès sérieux
à. la question et ped à en faut. qu‘elle. ne soit aujourd’ hui
résolue.
‘
‘to oh
fa,
‘Le travail de M: Leopold: n’a
1 que le tort de se: presenter
plutôt' comme: une’ réfutation ‘que ‘comme uné annexe de
celui dé‘M. Cumont. Après. M: Fornari,''M. -Cumont: avait
admis que ‘la fondation de l’hypogée de la Porte:‘Majeure
remontait, ‘ éonime le colombaire -voisin des Statiliiy A la
piémiére moitié du rer siècle après J:-C., et, subsidiairement, que
abandon ‘dont il avait souffert pouvait être ‘mis en” corrélatión avec le*proces, én 52:‘ap. J.-C: du consulaire T. Statilius
Tauris qui n “échappà. que: par lé’ süicide à l'accusation de
magie à lui intentée: par Claude devant le Sénat (Tacite,
Ann, XII 59). M: Léopold s’approprie cette chronologie ;
bien, Join dé ‘contester - la’ légitimité du rapprochement,
il a essayé de le renforcer par des considérations générales ”
sur la politique religieuse de Claude et par l’ exemple de ce qui
advint ‘dans le: sanctüaire de Demeter, à Pergame, où les.
sectes orphiqués, prospéres jusqu’ au: principat de Claude,
il convient d'ajouter le propre article de M. Bendinelli; Particle de M. Hubaux
publié postérieurement, l'article de M. Giovannoni, cité p. 94, n, 1, et un article
du R. P. de Jerphanion, dans les Etudes, 1922, tome 171, p. 60.
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ENCORE LA BÄSILIQUE DE
A PORTA MAGGIORE
subirent; aprés lui, une eclipse qui n’a cessé que ‘Sous “Hadrien.
‘On pourra marchander la ‘yaléur dé ses arguments ingenieux;
non la confirmatión qu’‘ils Apporteront, S ‘ils sont fondés,”à Ja
these de ses’‘dévanciers."
|
Po
Avec” une 'remarquable , sürete de coup a’ ceil,ME:Fornari
|
avait tout de suite affecté” l'Hypogée aux réunions et pratiques cultuélles' d'une secte” paiehne ésotérique hantéé |‘par
la craintede la mort et. l'espoir de l'imfortalité. Pius ‘piedi:
sément "encore, M: ‘Cumont's était : attaché à ‘définir cette
séctequi, ‘relevant ‘de Veschatologie pythagoricienne, deyaitêtré l'une, de (ces ‘confréries que le pythagorisme renaissant
avait essaimées en Italie des la fin de laRépublique |romaine,
M. Leopoldpart des conclusions de' M. Fornari,puis substitüe
l’orphisme' au pythagorisme. dans l explication des syimbéles
dont. foisonne Je ‘monument, ou plutôt ajoute les éléments
orphiques «et dioñysiaqués aux éléments” ‚pythagoriqües *qui
avaient été déjà deceles. Mais’ est-ce là uné addition véritable? Et ne peut-on dire qu'elle était ‘virtuellement’ enveloppée dans les acquisitions précédentes? L’ assimilation de
Zagreusà Dionysos entrainait la pénétration des mythes dionysiaques dans les mystéres orphiques; aussi loin qu’on remonte
dans le passé du pythagorisme; il est impossible d'isoler.la doctrine du philosophe de Samos de celle quiétait prêtée à Orpheus,
Suivant les uns, Pythagore -avait été le disciple des Thraces
et initié.à leurs croyances-dans Libéthrées, par Aglaophamos ;
selon -d'autres, : il aurait: été le maitre des Gétes; ét ‘c’est
“de lui que seraient venues les: leçons- que : Zamolxis ‘aurait
ensuite
propagées
jusque .'chez les. Céltes
(cf.
Hippolyte,
. Contra haereses, 1,2,p: 14, 1. '93,:éd. Duncker et Schneidewin ;
Zeller, La Philosophie des Grecs, trad. Boutroux, I, p. 300). En
réalité, les mystéres; pythagoriciens et les mystères orphiques
sont issus à la.m&me époque de tendances identiques. L'école
des orphiques est contemporaine des débuts de la philosophie
grecque. Leurs courants se.sont mélés dès l’origine et, dès
l'origine,
l'influence
des
philosophes
sur la théologie
mystiques a été aussi grande, sinon plus,. que la réaction
inverse (Zeller, op. cit.,.p. 59). Plus tard, la confusion s’est
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre).
encore épaissie. “Hérodote, au ye, ‘Biéclé,” né ‘distingué point
entre les Oigust, “les Banu et les; Muay sere! Sil est vrai,
comme l’écrit M. Leopold (p. 197), ‘que les’ tumuli |où ‘furent
retrouvées des lamelles d’or portant des ‘sentences orphiques
aient renfermeles restes des derniers pythagoriciens de Sybaris,
lé mélange était ‘achevé: en Grande Grèce au Ive-ine Siècle
av. J.-C2.; dans le cours du per siécle av. J.-C. les éléments.
qu'il enchevêtre sont devenus’ a: ce point indiscernables
que le cas ‘de Vatinius, revendiqué pour l’orphismé .par
‘M. Leopold, l’a été, par M. Cumont, pour le pythagörisme,
sur la foi du'même discours de Cicéron: Tu affectes, Vatinius,
|,
de ‘te dire pythagoricien: Te Pythagoreum soles dicere (Cie.,.
In Vat., VI,14). De sorte qu’en dernière analyse les developpements de M. Leopold, au lieu de nuire a l'hypothèse de .
M. Cumont,: en
soulignent. la -justesse. et
en montrent Ja
fécondité. Comme je la tiens pour vraie, il m’arrivera d’utiliser, chemin
faisant, plusieurs des fines observations de
détail que M. Leopoldà recueillies en sa faveur. .
*
*
+
M. Bendinelli S "est revele, a son égard, non un allié dissident,
mais un adversaire systématique et résolu.
a
Méme quand il s’accorde avec ses prédécesseurs, il a la
-
coquetterie d'aborder au même point qu'eux par une voie
toute différente; pour le reste, il emploie la dialectique la
‘plus rigoureuse et toutes les ressources de son expérience
archéologique à les battre en brèche. .
.
|
M. Cumont, nous l'avons vu, s’est rallié à la chronologie de”
MM. Gatti et Fornari; mais, comme eux, il s'était bien garde :
de la déduire d’une décoration trop disparate ‘pour fournir
utilement des indications de ce genre (Cumont, p. 59). C’ est,
au contraire, sur le style queM. Bendinelli fonde son adhésion: à leur opinion commune
: « Si l’histoire de Part, écrit-il avec
1. Hérodote, 11, 81.
2. Cf. Comparetti, Laminelte orfiche, F lorence, 1910,p. 7 et 22.
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ENCORE LA BASILIQUE, DE LA PORTA MAGGIORE,
une -ardente conviction, * si. l'histoire. de Part n "était pas
capable de résoudre au moins Je probleme de l’âgedu, ‚monu‚ment, on aurait le” droit de suspecter l'utilité de cette disci-
“ bline » (p. 90). M. Bendinelli, lui, n’en doute point; et son.
érudition lui prodigue les analogies qui, de toutes ‘parts, le.
raménent à la période « des premières decades » de notre ère, .
à laquelle’‘il s’arrete'a son “tour. Les candélabres, surmontés
de figures debout « en ‘fonction de.‚Caryatides », qui séparent
lés. différents registres des. parois de l’atrium, sont caracté*.
ristiques des peintures pompéiennes du « second style» et
furent aperçus autrefois dans la chambre funéraire de la
pyramide de Cestius, laquélle date de la fin de la République. -
Parmi les représentations qu'ils encadrent, les unes, paysages
_alternant avec des oiseaux et des fleurs, reparaissent dans le
colombaire de la Villa Doria-Pamfili (fini de la République) ;.
“les autres, enfermées entre des battants de porte, dans la maison
de la Farnésine (principat d’Auguste). Dans la cella, la surface
de la voûte a été divisée ‘par une série dé lignes parailéles et de.
lignes perpendiculaires en un véritable damier de rectangles
inégaux, selon le procédé qui prévaut dans le colombaire
de la familia d’Arruntius, le consul de l’an 6 ap. J.-C., et dans
la « maison dorée »de Néron. Si, des principes de l’ordonnance
générale, on descend aux différents sujets traités, d’ identiques j
comparaisons surgissent en foule. Les formes architecturales
du mur de fond du bas-côté gauche s’apparentent à celles
des peintures pompéiennes du ne et du 112 styles, de la Farné- '
sine et du colombaire Doria-Pamfili déjà cités;les Gorgones
évoqueñt par leur aspect la Méduse de bronze repéchée sur
le ponton du lac de Némi (Caligula).; les portraits exécutés l
de profil sur les piliers portent la coiffure à la ‘mode. au siècle
d’Auguste; lés Victoires volantes se retrouvent dans la maison
de’ la” Farnésine, tandis qu ‘au’ rapt de la Leucippide que
déploie la” voûte. centralé répond : celui du colombaire «des,
Arruntii, eté.,etc. Il sérait aisé d’ allonger cétte énumération.
, M. Bendinelli dispose en maitre d’un énorme bagage. de
souvenirs, de, faits ét da"images, et. sa“brochure. fourmille de
confrontations topiques. Je conserve toutefois quelque scepti- |
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)cisme quant aux certitudes qu'il se flatte d'en avoir tirées.
D’ abord, les analogies des thèmes artistiques ne ‘renférment
pas toujours la preuve décisive‘‘qu il prétend leur emprunter.
‘ Qu'il s’agisse de la sculpture grecque |ou ‘de Ticonographie ”
chrétienne, le cas n'est pas rare, comme.le montrait tout
‚recemment encore “M. Salomon -"Reinach, d’‘adaptations
successives aun sujet permanent. Îl subsiste intact, tandis‘que
les « manièrés » changent, et que le style, le mode d’ expression \
évoluent avec. le goût, a’ une génération | a ‘Pautre: le ‘motif
de la Victoire volante, pour ne citer que |Tui, a ‘traversé. les
siécles ; M. Cumont (Etudes syriennes, Paris, 1917, p. 14)
l'a décrit en “Asie- Mineure dans: un tombeau du nie siècle
de notré ère, ét on le Voit se muer, plus tard, dans les anges
de l'imagerie chrétienne. Ensuite, le style ne se laisse jamais
complètement river à une “période al’ exclusion. ‘des’ autres ::
il faut compter. avec’ ses réapparitions et ses survivances ;
de l’aveu de M. Bendinelli, l'encadrement en damier s’est
maintenu au moins depuis ]le début de notre. ére jusqu’a la fin
du régne de Néron; telle convention de. la peinture pompéienne est-commune ala plupart ‘de ses ‘périodes. Enfin, la
date d’une décoration ne saurait résulter, comme une moyenne
d’une statistique, de l'ensemble dé ~ses - caractéristiques.
Elle suit forcément la ‘plus récente | d’entre elles. Or, j'ai
peine à croire que Je type de l’Attis funéraire, qui s'inscrit
aux quatre coins de l'encadrement de, la ‘Votite centrale, ait
été introduit dans Part des’ Romains avant l'entrée du dieu
dans leur religion, et cette particularité’ nous’ interdirait
de faire remonter plus haut que le’ principat de Claude le
monument qui la renferme®. Mais, à mon sens, nousgarderions
le, droit de, descendre ‘beaucoup plus’ bas, au, Second siècle,
où Ta ¿figure pensiye,Vasi
d Attis,
‚se | generalise
.un peu partout’,
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si.‘des raisons dyjun: autre ordre.i appareilréticulé de: ja cons‘truction, le. défaut. de débris de marbre, et de.brique dang, le
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¡1. Séance de P Académie des, Inscriptions,du 24 août 1923,
dia:
: id
12. Ch J. ‘Carcopino, 'Mélanges d'archéologie eld'hisloire, 1923; Put etsuiv.
“8. Le types 'Selon- Graillöt; Culte déCybele; Paris; 1912; p.438! ‘apparaît: d'abiord
à Pompei ti i pe Ud,
Phare Cpe Di, ToL Latin susak NASY,
Page 8
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)' ENCORE LA BASILIQUE DE LA PORTA MAGGIORE
blocage qui la constitue, l’absence de tout autre motif oriental
n’avaient, d’avance, frayé sa voie et marqué ses limites à la
tentative de M. Bendinelli. Si frappantes, en effet, que soient
ses comparaisons, elles ne posséderaient pas, à elles seules, de,
- valeur démonstrative. Jointes aux constatations précédentes,
en harmonié et non en opposition avec elles; elles vérifient
: et resserrent, par une précieuse série de repères nouveaux,
les résultats déjà obtenus. L’hypogée de la Porte Majeure,
que ses matériaux et les notes dominantes ‘de son ornementation situent au début de l'Empire, ne peut, d’ autre part,
avoir devancé la réforme. métroaque de l’empereur Claude.
It doit donc en être contemporain, et si, comme l’a remarqué
M. Leopold, « le merveilleux état de conservation de ses.
stucs, l'absence complète de graffiti et de traces de fumée »
. indiquent qu’il,n’a été fréquenté que pendant un temps
très court (op. ct, p. 191), la coordination de son histoire
‚avec celle du procès de T. Statilius Taurus, en 52 ap. J.-C.,
acquiert une telle probabilité que. sa destination religieuse
semble établie par là même.
«ta
|
7
‘ Ce n’est pas
le sentiment de M. Bendinelli; car la seconde
partie de son robuste travàil a justement pour but d’écarter
l’interprétation cultuelle, en démontrant que l'hypogée de
la Porte Majeure n’a jamais été qu’un tombeau dont lesurnes
de marbre, proie tentante et facile pour des voleurs; auraient
été enlevées. Son argumentation procède de la méthode
qu'il a déjà maniée avec tant d’habilete. M. Bendinelli examine, les uns après les autres, unigrand nombre. des motifs.
qui. ressortent, .dans la ‚blancheur. des. reliefs en stuc, tout
. autour de I’ édifice, et il n'éprouye aucune peine à,faire valoir
que, -dans,tous les, cas, qu'il s’agisse.de scènes. de rapt ou: dé
scènes dionysiaques, du. masque de ‚Meduse: ou‚de, celuir.de
l'Océan, d'Hermès -Psychopompe..ou d’Attis,. dj‘Eros et des .
Victoires. ou.‚des Danaides,. d'Achille. et. Chiron,‚ou; d’ Hercule
et,Hesione,, du supplice ‘de Marsyas. ou: de. la conquête: de la
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)1
;
.
Toison d'or, des sujets pareils -peuplent les. colombaires et
remplissent les sarcopliages: de la Rome impériale.: Puisque
la décoration ‚del’'hypogee est semblable à celle desttombeaux, :
M. Bendinelli ‘affirme que sa‘destination n’a pu être que funé+ raire; il lui paraît aisé de prouver par surcroît que la place
des morts demeure visible dans I’ édifice et én commande la
restitution.
M. Bendinelli attire d’abord notre attention’ sur les trous
du pavement, qui, les uns à 30 cm., les autres à"20 cm. de profondeur, en interrompaient ‘la mosaïque : un au milieu de la
nef, vers l'entrée’ (1mx 0,62); deux entre les piliers (0TM,50 x_
07,40); quatre adjacents aux piliers (0TM,34 x: 0m,34); puis
il nous invite à considérer les murs de fond où s’enlevent, |
‚en stuc, sur des-sccles terminés par des bases et courónnés
de corniches, huit amphores ou cratéres de grandes dimensions et d'un élégant. profil. M. Bendinelli estime que Vartiste, en modelant ces reliefs, avait dans l’esprit, ou même
sous les yeux, les objets dont il a imité l’apparence (p. 116).
Comme les musées romains abortdent en vases cinéraires
remarquables par la richesse de leur matière, marbre ou
et parcelle de leur décoration qui se déroule sans
‘albàtre,
‚solution de continuité sur tout le développement de leur surface extérieure,M. Bendinelli juge indispensable d’admettre
qu'ils étaient primitivement isolés, dans les. tombes d’où ils
ont été extraits, sur des supports analogues à ceux des stucs;
que les trous de pavement
il est ainsi amené à supposer
étaient, à l'origine, remplis par des socles de marbre semblablement surmontés par des. vases cinéraires de prix. Le
marbre dans lequel ils étaient façonnés et qui a été arraché
de toutes les parties de l’hypogée où il s’encastrait a sollicité
‘le larcin; - ils auraient disparusavec les Spitaphes qui vo
étdient gravées vii sro
e
E
ge
A
En attendant, ‘nous ‘ne lesavons pas, et j ‘avoué résister à la
séduétion de cette brillante conjecture.
en
on
majorite identiques:aceux, des tombeaux de la'mérne époque
: oudes*epoquss postérieures, je: n'en disconviens pas: Mais,
. al. Veal
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A
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pat
Page 10
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ENCORE LA BASILIQUE DE LA PORTA MAGGIORE
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M. Cumont avait tout de suite relevé le feit, en même temps
qu'il le rapportait. à J'eschatologie de la secte qui se Féunis- °
sait en ce lieu pour s'y assurer une
-- promesse ‘invincible contre le néant. Car cette rencontre nous laisse le choix :
l’hypogée de la Porte Majeure est un ‘tembedu, à moins quil
he: consiste en un sanctuaire animé des éspérances qui S'EXpriment au fond des tomibeaux de la même période, et que les
idées de la secté qui l'avait bâti n ‘aient plus ou möins conquis la société de son temps, empruntant ‘des symboles intelligibles alors à toutes les consciences tourmentées de la même.
angoisse et soulevées du même. désir. M. Bendinelli part de la
- diffusion des motifs décoratifs que le syncrétisme néopythagoricien aurait adaptés à son enseignement pour nier sa
présence cultuelle dans Vhypogée qu’ils illustrent. Mais le raisonnement se retourne aussi bien, et tant qu’on n’aura pas.
prouve par ailleurs que l’hypogée était un tombeau, peu importe qu’on en fasse un. sanctuaire indépendant des colombaires qui l’environnent, ou qu’on suppose en lui, selon l’heureuse” suggestion
de M. Lugli (Riv.
di Architetture,
1921,
p. 209), le lieu du culte d’un collége funéraire dont les tombes
étaient voisines, il est possible que sa décoration procède simplement des croyances qui y ‘étaient pratiquées et dont les
analogies signalées nous permettent de suivre l'expansion sur
les murs des tombeaux comme aux flancs des sarcophages de
la Rome impériale.
n
:
Or, si nous devons à M. Bendinelli — et c’est à mes yeux le
grand mérite de sa savante étude — une
reconstitution
vraisemblable du mobilier de I’hypogee, celle-ci ne recèle pas
la preuve annoncée. Apres. M. Bendinelli et comme lui, je
crois que les stucateurs de l’hypogée ont- reproduit, des
objets quiVornaient en réalité, Apres‘ lui, éomme Jui, je pense
que certains ‘des ‘trous’ ‘qui s "ouvrent’ dans. ‘le’ pavement ‘ont
jadis content’ les socles'‘do nt la.‘trace a été relevée sur les piliers auxquels ils adhéraient; et.‘que Ces'socles soutenaient, ‘soit |
des cráteres, Soit des ampliores, séemblables’ aux cratéres et aux
amphorés dés’sttics. Mais je ne‘Duis, pour si’peu, ‘the’ résoudre
a assimiler ces vases a des urnes cinéraires. Leur aspect,
Page 11
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)M. Bendinelli Je confesse (p: 117), est plutot celui des vases
agonistiques ; d’ ailleurs, à côté d eux, l'artiste a ciselé des
‘tables chargées de plats et d' aiguières, et, plus haut qu'eux,
«des ‘oscilla suspendus. Nous sommes, il me semble, tenus de
pousser le raisonnement jjusqu ’au bout, d’ admettre, par consé-
‘quent, que les trous, placés entre les piliers et doubles de ceux
qui leur sont adossés, nous: révèlent l emplacement des tables
‘de. marbre qui y,étaient fixées autrefois, comme les trous de
suspension, encore reconnaissables à la clé des arcades, nous
révèlent le scellement des chaines au bas desquelles pendirent,
“soit des lampes, - soit - des . oscilla. conformes ‘à ceux
des stucs. Mais alors, on aura beäu alléguer que certains dé-
‘tails, ‘les amphores, par exemple, reviennent ailleurs sur des
. parois tombales, comme celles dé la ‘pyramide de Cestius, on
ne pourra s ‘affranchir de la ressemblance, que. M. Bendinelli
a loyalemeht signalée, entre l’ ensemble ainsi reconstitué et l’as. pect des pälestres romaines sur les plus belles des tablettes de
_ terre cuite que nous ait léguées le Haut-Empire (Rohden et
Winnefeld, pl. LXXI, LXXXII, CXLII, CXLIID. Il est
naturel que des artistes chargés d’orner une tombe aient
jeté leur dévolu sur les formes des récompenses agonistiques,
puisqu’il 8 ’agissait pour eux de traduire la lutte contre la
mort. Si l'hypogée | de la Porte Majeure, non seulement. les
répéte en ses bas- reliefs, mais a contenu la réalité de quelquesunes d’entre elles, il ne :s’ensuivia donc pas qu'il ait
consisté en une salle ‘agonistique où de joyeux concurrents
seraient venus se. disputer, dans la fraîcheur d’un cryptoportique et la liesse des banquets, des prix de chant.et de poésie.
Mais il en résulte encore moins qu'il faille identifier les vases
«de Vhypogée. aveé des,urnes cinéraires. Au, fond, ces partico»
autorisent. à.proposer”de — intérieur de l'édifice cadrent èavecJe
concept. que matérialise,., à,,mi-hauteur, de, Vabside, la, grande
Victoire, debout entre .ses. « ‚orantes; >à;»proprement,parler,
elles Viacheminentt:,La. motion.du combat que. les. âmes ont:a
ME
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tig. ii ui Mio
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1.;Pythagore, à Crotöne;tenseignait dans lé gymnase (Jainblique, Vi P:,TX; 15). Se
Page 12
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)-ENCORE LA BASILIQUE DE LA PORTA MAGGIORE
AivrerTM pour triompher du destin est répandue dans la palestre
“du sanctuaire ;; mais, fortes du. secours surnaturel ‚que. leur
«ont procuré la vertu de leur foi et ly efficacité ‘des rites :accomplis en commun, elles sont sûres, arrivées au terme- dé l'épreuve,
-de recevoir la palme des récompenses définitives.
'
‘Aussi bien, la destination religieuse de l’édifice sort-elle
“indemne de toutes les attaques dirigées: contre elle. Elle
--demeure seule capable. de nous rendre ‘compte de toutes les
singularités qui nous ont surpris et qui, décidément, empé-chent d’identifier I’ hypogee aun, tombeau, fût-ce un tombeau
d'initiés
: celles de son abside et ‘celles de son plan, celles de sa
- «construction souterraine et du motif central de sa décoration.
- D'abord Y abside: deux mortaises,. distantes de 0TM,60 l'une |
-de l’autre, s’enfoncent, sur une hauteur. de 1 mètre et une largeur de 0,15, dans le mur courbe qui la ferme à
l'Est. Tout le
-monde, jusqu’à présent,y.restituait les attaches d’un siège, le.
-thronos où devait s’ asseoir, le président des cérémonies qui ‘se
-célébraient | én ce lieu, telle la cathedra des églises chrétiennes.
Pour Ja raison que ‘le prétre qui aurait occupé cette place eût
"été séparé du reste de l’ assistance, M. Bendinelli s'élève vive-
“ment contre: cette manière de voir et substitue au trône sacer- ‘ dotal une base de ‘marbre qui’;‘aurait été volée avec la statue
qui s'y dressäit (p- 114). Puisque- les mortaises sont vides, le
-champ s’ouvre aux suppositions. Mais en quoi celle de M. Ben-dinelli — que,j'hésite d’ailleurs à ,m 'approprier — seconde-
‘rait-elle son opinion sur,Je. rôle funéraire de I’édifice? Car s’il a
pu exister, des Statues,au fond de. quelques,tombeaux romains,
-celui, -encore;inédit; de la Via, Pö,par exemple,,il n’en est pas
moins, vrai, que, la statue; de, la divinité est, ordinairement,
rappéler ?aussi “qué kertaines républiques pythägoriciennes.sortalent ‘des’ gymnases
AJamblique, Y. Ps XXVII 130 : Mubxy6peo: now
+
pi#4 ás Parks. odatelag
avarkeavtec Thy te Yupvasızpyıchv xsetoav).
Page 13
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)le propre des sanctuaires. Cen ‘est pas tout : de la cavité qui se
creuse au pied de l’abside et se prolonge sous son mur de fond :
ont été extraits des restes de'’chien et de porceleti. M. Bendinelli ne ille point la réalité du sacrificé cathartique dont ‘ils
témoignent, ‘midis il’ conteste que.‘de cesacrifice dépende la
nature cultuelle du monument (p. 120). Il’ allégue, ‘tantôt les
tombeaux marqués des caractères architecturaux des édifices religieux, comme le prétendu temple du dieu Rediculus, tantôt les pratiques du christianisme qui a enseveli ses
morts dans ses églises. Mais l’église chrétienne est en soi un
lieu’ de culte et ne devient un cimetière que par accessoire; d’une manière générale, il ne serait légitime d’ affirmer que
l’immolation d’un chien et d’un port ait été consommée lors.
de la dédicace d'un tombeau que si d’ autres tombeaux nous
avaient livré pareils déchets. Faute de ces exemples, et en vertu
mime dela méthode par analogie dont M. Bendinelli a fait”
ailleurs un si judicieux emploi, jé continue à réserver un sacrifice de ce genre à un sanctuaire et je persiste à inférer des:
.
débris animäux exhumés de l’hypogée qu'il eut essentiellement une affectation religieuse, non funéraire.
Si maintenant nous considérons le plan de l’hypogée, il est
‘clair qu'il ne répond pas à ceux des tombeaux romains. II
consiste en une cella à trois travées inégales, que précède un
‘atrium et dont la
nef médiane, plus large que les autres’, se
termine par une abside. Il rappelle, d’une part, les. sales de
réunion des confréries hellénistiques et gréco-romaines, comme
le télesterion
de Samothrâce et le Bakkheion d’Athènes,
ou
purement romaines, comine cette basilique Crepereia où s’as-
|.
sémblaient les Luperques et sur laquelle M. Lanciani a rap- *
pelé notre ‘attention. De l'autre, il rejoint le plan. des primitives: églises ‘chrétiennes. Il rious offre ainsi la droite et facile
transition, 'postulée par la logique’, divinatoiré de Gabriel
Leroux, entre’ les basiliques des initiés aux anciens mystères.
pd
.
est
1 Le sacrifice du porc était expressément recommandé par Pythagore; cf.
Ovide, Mel., XV, 112; Porphyre,
V. P., 36.
:
‘2. La travée centiale mesure 3 Mm “delargeur; ‘les déux autres Mmesufeht 2 m. “environi
tt
nen
dd
Te
DRE
EE
et
Page 14
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ENCORE LAA BASILIQUE DE LA PORTA MAGGIORE
"et celles ‘des fidètes dé la religion |nouvelle’. Sans y ‘contre:
dire, M."Beñidinelli s "est mis en quéte de tombeaux qui eussent unaspect |basilical. Mais, dépourvu d’ abside et communiquant “avec ‘d’autres sälles, le mausolée de. type oriental,
découvert prés- de Palmyre et publié par Strzygowski ( Orient ©‘
oder Rom, p. 12); auquel il sé référe, ne cemporte qu’une
lointaine ressemblance avec Thypogée _de la Porte Majeure
et, daté de 259 ap.J. C., lui est de plus; de deux siècles postérieur: Quant à des tombes africaines en forme ‘de basilique
(p. 121), je n’en connais, pour ma part, ni en Algérie, ni en-
. Tunisie. Comme tant d’autres ailleurs, la basilique de la
Porte Majeure a dü servir de lieu de cülte. .
En: outre, cette basilique n’a.pas été érigée sur.Te: sol,
mais creüsée sous terre. M..Béndinelli la’ justifie de. pres’
senter une aussi exceptionnelle anomalie par le désir qu ’auraient éprouvé les constructeurs de la mettre à l'abri des profanations, et il nous renvoie aux imprécations si souvent lancées par les épitaphes contre les violateurs de tombes ( p.125).
Mais, pour qu'il'eút raison, il faudrait que la précaution prise
par Varchitecte de la basilique Peút soustraite aux visites des
‘. larrons comme à l’indiseretion des passants. Or, la basilique,
dont l’extrados des voûtes n ‘atteint pasle niveau del’ancienne |
-. voie Prénestine, n'était ni cachée ni protégée pour cela. Dans
l’antiquité, on y accédait par un long corridor en pente douce, |
éclairé de place en place par des regards forés en son plafond,
qui le laissaient plongé dans une demi- obscurité, mais denonçaient son existencé au plein jour. Elle-m°îme était précédée
d’un afrium que couronnait un lucernaire, aujourd’hui bouché,
mais jadis percé à l’air libre, par où tombait la pluie dans
l’impluvium sous-jacent, et grâce auquel la lumière, qu'il avait
reçue d’aplomb, pénétrait jusque dans la grande salle
à travers
‘ une ouverture intentionnellement pratiquée dans le mur de.
. séparation. C'était là une série de brèches par où plongeait la.
. vue des curieux et pouvaient se glisser les voleurs, sans effraction. L'enterrement dé la basilique ne semble donc pas avoir eú
1. Gabriel Leroux, Les origines de l'édifice hypostyle, Paris, 1913.
Page 15
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)la sécurité pour objet. ‘et, à Hhoins d’ elude"‘Pévidenes ¢de ses
motifs eschätolögiques et d'acceptér- son ‘assimilation ‘ a une
sallé ‘dé festins, entourée de“‘silence. ‘et baignée de fraicheur,
comme üne cave, on devrä convenir que son enfouissement n'a
été determine que par des‘raisons rituelles. nao
‘
Or,| ‘comme’ ‘le |néopytliagorisme imiposait. à ses ‘adeptes.
pP obligation de ténir leurs ässémblées dans des’ soutérrains 1, à
limitation desquels se "sont conformés’“plus.tard les spelaca
mithriaques (Porphyre, De antro"‘nympharum, 6), et quil leur:
. ‘enseignaît :aussi, ‚avec Platon, qué P humanité ne pouvait être
éclairéeque par ‘un foyer allumé à grande distance et trés haut.
au-dessus d’elle.(Platon, Rep.,“VIL Pp.514, A), l'honneur reste:
aM. Cuniont d'avoir, le premier, rattaché à
è cette école la construction souterraine. etY éclairage Spectral a’‘une basilique dont.
des’ dogmesimbué de Byihagorismie | nt inspiré. la conception
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RE
| Car; en vérité — et dest dé:quoitniM. Beiidinelli, ni, au resté,:
aucuîi de céux ‘qui ont étudié labásilique dela Porte Majeure,
ne ‘se sont avisés jusqú a présent il n'y à que le pythagorisme qui püissé Hous donner Ja clé du motif prinéipal, celui
qui.plafonne au soiniñet dé l’absideEt”‚aspire d’ embléé les.
regards et 1'‘esprit des visitéurs: Parla plage qu
| il occupe' dans
l'édifice, par ses diménsiôns extraordináires, et aussi ‘par les.
négligentes
dé sa facture: conne pat la complication dé sa
coinpositiöh, “indices certains” queen” Pábsence”deInddéles
entière, mais’ il ‘èoiicentre le:syfibolistie. de’:sa ‘décoration, et
nul ne peut se vantet dé Paavoir comprise Sil n° a commence par
le: determiner.
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.
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1. A ‘Crotone, Pythagore‘nseignait 1a nuit (Diog.. Laerc.,VIL, 15: én mv
,
:
te
"
VUATEDIVNY arpbacıy). A Samos, il méditait dans un antre, hors la ville (Jamblique,
V. P., V, 27: eo Te ths ÓLEOS otxetov ms. aurod guocozias AVT£OV Tomodpevo;a
ev toóro 72 TOAAX THE yuxtos xal tHe NUE¿pas eddii )-
Page 16
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ENCORE LA BASILIQUE DE LA PORTA. MAGGIORE
"M. Cumonty avait‘préssénti, des Pabofd; l’Àme humaine’qui,
poussée par, Eros et secourue par les Sirénes, figures pythagoriciénnes de, l'amordivin,' teriant'‘Theptacorde’ vibrante de;
L’harmonie des : mondes, s’ayalice, ‘au delà”“des houles de la.
matière imparfaite, vers ‘Apollon; figure ‚pythagoricieritie di.
Soleil baigné par Ether, comme’ les îlés Fortuiiées par les,
flots de l'Océan Inythigiie. Mais,, depuis, ‚cette éxégèse Ss "est:
heurtée. au scepticisme de ceux qui, orientés jpar M. Derismore. Curtis’ (Sappho and the Leucadian :“Tap, dans ' l'A mérican
Journal of Archaeology,”‘XXXIV, 1920,‘Pp. 146 etSuiv.)dans
une tout. autre direction, ont recönnu' a sa ‘suite, en ce basrelief énigmatique, Pillustration fidèlé des vers ‘qui "Ovidé; en.
sa quinzième Heroide, | a “prêtes à la poëtesse lesbiénne; ‘et
l'interprétent comme le’ saat épisodique dé“Sappho dans 1a.
mer de Leucade. En'“vérité, à ‘coincidence entre la désérip tion du poète et la réalisation del’ artiste ‘est trop’ exacte pour
qu’on ait le droit de la négliger. Maïs, au llei qu'elle. ébranle
l'opinion de M. ‘Cumont, j "esti, au contraire, qu ‘elle va lá.
vérifier avec éclat” et achever du”meine coup la déroute de tous:
les systèmes |adversés, en
i
Fo
rte
Notons d’äbord' qué celui de M. Beridineili n’en est nullement fortifié. De la scène en discussión, M: “Bendinelli ıne:
retient' que les figures.marines qui émergent de agitation des.
ondes ‘et servent, tout au plus, a la situer. Ten rapproche les.
Neréides at Tes Tritons qui évoquent . la ‘grande |traverséesur ‘
d'inhombrables Satcophages . romains, et il en‘
i déduitque la
fication funéraire.“Mais Sa conclusion excède"ses premisses,
.Il he ‘Ya fonde qué sur 1 observation des détails les‘plus |communs et il. l'étend indüment a l'ensemble” a’ une ‘composition tout à ‘fait originale (p. 107). Pour:nous ‘contraindre a le
suivre, ce ri ‘est point les Tritons et les Ner éides qu il aurait da
° nous signaler dans les” tómibeaux auxquels il voudrait identège marin. “Or, Sapphoinangue aux ‘tombeaux, et: il ne"Sub=
siste de cette partie du Commentairé de M. Béndinelliqu'un
louable.-effort ‘pour attireï1a légende de la poétesse lesbienne
Page 17
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)dañsle cycle des représentations symboliques de 1aviexoutrétombe. |
M. Cumont, dans la Rassegna d Arte (1921, Pp. 30 «et suiv. ),
M. Paribeni, en. un brillant article d'Átene. e Roma (1920,
Pp. 175), y: avaient táche déjà. Mais Von doit avouer que du.
point de vue. ‘auquel ces auteurs restaient placés, leur ten‘tative. ne pouvait encore réussir. Si Sappho s’est tuée par
amour, en se précipitant du haut des rochers de Leucade,
comment sa Jamentable aventure aurait- elle pu offrir un,
modèle et une méditation à des pythagoriciens? Que T.
Statilius Taurus ait anticipé sur la condamnation capitale qui
allait l’ atteindre ne suffit pas à nous détourner de Piinscrire au
nombre des disciples de Pythagore: autant voudrait prétendre
qu'il ne se produit pas de suicides parmi les chrétiens,
et que, . *
dans les âmes faibles, les circonstances ne l’emportent jamais
sur lés principes. Que certains pythagoriciens aient accrédité
Ja‘ version que leur maître, banni, persécuté, ‚se laissa périr
‘d’inanition à Métaponte (Diogene Laerce, VIII, 40), passe
encore: cette forme en quelque sorte passive de mort volon-'
taire, Où la main de l’homm? n'intervient pas ouvertcment,
suppose, pour ainsi dire, l’adhésion du destin et la complicité
des dieux
2. Mais le pythagorism:, dont'le dogme rencontre
en ce point l'idéalism> chrétien, a essentiellement converti la
‘ vie terrestre en une épréuve d'immortalité dont il ne saurait
appartenir à l’homme d’abréger la durée ét de déposer le
fardeau : logique avec lui-même, il-a toujours interdit à ses
adeptes de forcer la nature et d’attenter violemment à leurs
jours (Zeller, op. cit., I, p. 428; cf. Cic., Cato, XX, 73). Ses dis-
“ciples ne pouvaient donc, sans une inconséquence qui eût
confiné à l’ absurde, mettre à la place d'honneur de leurs conventicules le suprême péché de Sappho; et si, vraiment,
comme on n’en peut plus douter, c'est le saut de Leucade
qu’a modelé l'artiste de notre basilique, il est impossible, ou
qu'elle ait appartenu à une secte pythagoricienne, ou que.
le saut de Leucade y ait été’ compris comme une course a
l’abime et la glorification du suicide.
1. er Bayet, Le suicide el la morale, Paris, 1922, p. 198 et 237.
Page 18
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ENCORE LA BASILIQUE
DE LA PORTA MAGGIORE
x
Or, cette derniére interprétation. est certainement erronée :
. en un mémoire clairvoyant et personnel, qui, malheureusement,
s'égare, vers la fin, sur la fausse piste de je ne sais quels.mystéres
de Cotytto, dont les invectives d’Horace, de Juvénal et
du faussaire du Catalepton! ne 'suffisent pas à fixer l’existence
a Rome et qu’au surplus elles localiseraient dans un tout autre
quartier que celui de la Porte Majeure, aux bords du Tibre,_
sous l’Aventin (Calalepton; Epigr., XIII, 23), M. Hubaux a,
selon moi, établi sans réplique que le saut de Leucade,
tel qu’il
©. est raconté dans Ovide, tel qu'il se présente en notre basilique, '
n’a rien.à voir avec lé drame d'une mort volontaire. Ici et là,
c'est un rite de rénovation spirituelle,
que Sappho a religieusement accompli avec une sereine confiance dans les puissances palingénésiques de la divinité.
Suivant Ovide, Sappho a voulu
se libérer du malheureux
amour dont elle était victime. Elle est allée poursuivre à
Leucade l’exorcisme qui s’accomplissait en ce lieu. :
"Hane legem locus ille tenet (Ov., Her., XV, 171).
Elle ne demande pas, en se plongeant dans ces eaux miraculeuses, à y dispar. aitre A jamais. Elle écarte le présage sinistre. Elle ne veut pas mourir
:
Ne sim Leucadiae mortua crimen aquae (Ibid., 180).
_ Elle espère que son âme renaitra, transformée, de la mor où
elle se jette avec vaillance
:
Sit procul insano victus amore timor (Ibid., 176),
allegee des. passions qui la troublent et la corrompent :
sure versus amor tetigit lentissima ...
‘Pectora (ibid., 169- 170).
Regardons maintenant la Sappho de la basilique: nulle agi¿tation, nulle frayeur en son attitude. Autour de son buste, s’envole, gonflée par le vent, l’ écharpe qui l’aidera sans sa chute
salutaire. Elle descend avec calme vers les flots d’où se dresse'
1. J'ai examiné ces textes dans un récent article- sur Te Prtalepton, dans la Revue
de Philologie, 1922, p. 156-184,
ve SÉRIE. — T. XVII.
Page 19
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)une «femme, une Néréide, ou plutôt une incarnation de la
brise favorable qui souffle vers les célestes séjours,, les: voiles
mollement soulevés en une courbe qui s’allonge en forme: de
barque, comme pour l’y recevoir
:
semer. AUTO subito (ibid., 177)
1.
Et un Amour qui la pousse semble lui donnér les ailes qui lui
i
:
feront franchir le pas décisif
Tu quoque, mollis Amor, pennas suppone cadenti (ibid., 179).
Cependant que, sur l’autre rive, le dieu de Leucade et de
Pythagore, l’Apollon qu’invoquent les derniers distiques de
la quinzième Heroide, l'arc d'une main, l’autre tendue vers
Sappho, s'apprête à l’accueillir :
.
|
- Gralalyram posui, tibi, Phoebe, poetria Sappho
Convenit illa mihi, convenit illa tibi (ibid., 183-184).
Les correspondances entre la poésie d’Ovide et les détails
du bas-relief ‘sont telles qu’elles procèdent nécessairement
d’une imitation directe ou d’une influence commune. Le premier terme de l’alternative, invérifiable en soi, est, par surcroît, peu vraisemblable, si la basilique est postérieure de vingt- deux ans au moins à la mort du poète. Le second s’imposerait
à nous, si le pythagorisme, auquel Ovide a emprunté le thème
fondamental et consacré plus
de quatre cents vers de sesMétamorphoses (XV, 61-498)
?, avait dès longtemps. annexé à
ses dogmes ce récit du saut régénérateur de Sapphoà Leucade;
voilà de quoi, justement, je voudrais, aujourd” hui, fournir
'
.
.
la preuve.
x.
*
.
#
En soi, le thème qu’implique cette version et sur lequel se
déroulent uniformément les variations
du poète et celles du
‘
1. Est-ce la Sirène à laquelle a pensé M. Cumont, loc. cit., p. 68? 11 allégue
des textes tardifs, byzantins ou arabes, à l'appui de ceux qu'avait. relevés
M..Delatte, Études sur la littérature pythagoricienne, 1915, p. 133 ; mais chez Porphyre, V. P., 39, les Sirénes et les Muses s'opposent, comme les mortelles
voluptés des sens, aux-joies vivifiantes de l'esprit.
2. Sur le Pythagorisme d’Ovide, cf. Chaignet, Pythagore, Paris, 1877, 1, p. 307-
Page 20
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ENCORE LA BASILIQUE DE LA PORTA MAGGIORE,
modéleur s'accorde di merveille à la doctrine’ des pythagoriciens. Il est construit, non sur le néant, où ils se refusent è *
‘ sombrer, mais sur le concept; qui leur est propre, des. métamorphoses.qui prolongent la. vie en la changeant et dont: la
dernière finira par l’éterniser. Il contient leur idéal. entier.. Il
résume leur morale et leur métaphysique. Délivrée du mal qui
Ja.torture, par son-abandon, à-Leucade, à la volonté d’Apollon,
. Sappho est unsexemple toujours vivant pour ceux qui cher. chent, comme elle, à s’évaderdes chaînes matérielles de? hu-
‘ manité, et. convertis à
l'amour de Dieu — versus. añor —, à
- répondre, d'un cœur renouvelé, à son sublime appel: &xou-Beot
En -méme temps, elle incarne le rêve qui resplendit è
Yhorizon des vicissitudes humaines. Pour le vulgaire, Sappho: est.
la grande poètesse qui chante sur la lyre, la grande amoureuse
‘aux prises avec le délire qui la possède. Pour l'initié, elle personnifiera l’âme de l’homme, qui, enivrée. de l’harmonie des
sphères et transportée par-elle, vivra éternellement de cette
‘communion divine. Pour le vulgaire, son amant n'est qu’un
mortel, un Lesbien comme elle, Phaon. Mais déjà, sur des
œuvres grecques et étrusques, où se reflètent tant de croyances
anciennes de la Grèce?, Phaon apparaît comme “une
figure
surnaturelle, comme un héros célestes. Pour)’ initié, son nom,
Pio, le brillant, l’assimile au père de Pythagore”, al’ Apollon
1 Voir les textes ap. Zeller, op. cit, D. 435, n..1.
|
. Cf. Albizzati, Sagg. di eseg. speriment. nelle pitture funer. dei vasi. italo”ygreci,
dans Dissertaz, della Pontif. Accad. di urch., serie 11, t. XIV, "1920, p. 147-232,
‘3. Cf. Ilberg, s. vo Phaon dans. Roscher, III, e. 2274 et Pauli, s. vo Phaun;
cf. ibid., e. 2288. Citons surtout: 1° le cratère attique de Palerme où Phaon,
d’aspect dionysiaque, ayant près de lui un laurier, est entouré de Nymphes
; le
revers porte, Apollon
et
Artemis
(Furtwaengler,
Griech. Vasenmal!, .pl.
59);
Qo Vhydrie de Populonia, où Phaon est associé à Apollon (Nicole, Meidias pt. 3, .
n°-1). Miroir étrusque où Eurphia (?) danse devant Phaun « di ‘aspetto apollineo »,. u
‚ct autre
1
242).
miroir avec:‚Phaun, en face de deux femmes (Bull. dell’ Inst.’ 1865,
.
2
a Pythagore, qui descend de Zeus, à la fois para mère, Parthenis-Pythais,
‚et par son pére legal Mnesarchos (Jemblique, V. P., I, 4), était fils d’Apollon;.
selon Porphyre, V. P:, 2, et Jamblique V. P., Il, . Selon Elien, Hist. Var., II,
26 et IV, 117, Pythagore était une incarnation d’ Apollon. Il est probable que,
pour certains pythagoriciens qui tenaient leur maître pour leur Sauveur, celui-ci
n'était pas seulement le prophète ‘de Dieu (investi par la Pythie Themistoclea, à
,
i
Page 21
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)Ù
solaire au sein de qui se reposeront, ‘dans sa lumière incor_
- ruptible, les-Ames sauvées-par sa vérité. Conjectures, dira-t-on? —
Non, certitude. De leur conte des amours de Phaon et de
Sappho, la spéculation des néopythagoriciens avait extrait desfigures pour leur enseignement. Pline l'Ancien, du moins, nous
l’affirme (Nat. Hist., XXII, 20): el Phaonem Lesbium dilec-
‘tum a Sappho: multa circa hoc non Magorum solum vanitate
sed eliam Pythagoricorum!. On peut être surpris de constater
que personne
n’a encore fait état de ce texte primordial perdu
au milieu de fiches de botanique. On confessera que, non seule-'
ment il nous fournit un moyen de dégaget les fictions qui s’emmêlent à l’histoire de Sappho?, mais qu'il nous apporte le
témoignage irrécusable et péremptoire qui manquait encore
au pythagorisme de la basilique. Qui sait même si Pline, en
insérant cette brève digression dans son énumération des propriétés de I’ herbe aux cent têtes, ne songeait pasà notre mo-
‘nument et à ses avatars tout récents ? La phrase où il englobe
mages et pythagoriciens — non Magorum solum sed eliam.
Pythagoricorum —, non seulement rend le même son que la
phrase de Tacite sur les superstitions dont fut accusé T. Statilius Taurus — magicas superstitiones obiectabat (Ann., XII,
ce que racontent Diogène Laerce, VIII, 21, et Perphyre, 41), mais fils de Dieu,
et Dieu même. Cf. Diog. Laerc:, VIII, 22: Ilufxvopuv ad:dv Quopaoti vin Gu thy
ANiberav nyigesev ody Artov 100 Iluifov. Ovide, A deux reprises, a assimilé Phaon
à Apollon: Sume fidem et pharetram : fies manitestus Apollo (Her., XV, 23);
—
Et forma et meritis tu mihi Phoebus eris (ibid., 188).
1. Pour Pline, la magie combine les données de la médecine, celles de Pastrono- *
mie et les pratiques de ‘la religion;
d’après lui, Orphée fut, en Occident, lé
propagateur de cette science où Pythagore a excellé (Hist. Nat., XXX, 1 et suiv.).,
De fait, presque toutes les citations que Pline emprunte A Pythagore se rapportent '
a des écrits d'un caractére « magique ».
.
2. Le dernier paragraphe de la notice de Suidas sur Sappho, tiré par le lexicographe d’une tout autre source que les précédents, vient,à n’en pas douter, du
mythe pythagoricien. M. Th. Reinach écrivait, avec autant d'esprit. que de clairvoyänce : «
Le fameux
Phaon ne doit probablement
l'honneur d’avoir vu
son
nom associé à celui de Sappho. qu’au contre-sens d'un interprète pressé « (C.R. Ac.
Inser.,
1912,
p. 772). Les derniers mots; seuls, sont à changer :*le contre-sens.
venait d’un interprète pythagoricien, et il était savamment concerté, Mais, c'est -
le cas de le ‘dire, Phaon; hypostase d’une épithéte, n est qu’un mythe solaire,
Et la Sappho historique est morte à Lesbos
.
Am., 11, 18, 34.). >
(Anth. Pal., VII, 14 et 17; cf. Ov.,
Page 22
Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ENCORE LA
BASILIQUE
DE LA PORTA MAGGIORE
21
.
|
)
59), mais semble sortir de la formule qu’emploie Saint Jérôme,
d’après ses sources, à propos d'Añaxilaos de Larissa, banni par.
Auguste de Rome et de l'Italie : Pythagoricus et Magus Urbe
‘et Italia pellitur
(Chron.,
Olymp.
188, 1).
Visiblement, les
-autorités et l’opinion publique avaient leur siège fait sur les
sornettes. plus. ou moins dangereuses que débitaient ces. sectaires : vanitate. La solidarité était dès lors solidement établie entre les mages et les pythagoriciens, et la fréquence de
cette confusion malveillante prouve que, dès la fin de la Répu- blique,'et pendant toute la première moitié du 1er siècle de
notre ère, le néopythagorisme avait formé dans Rome de véritables églises, qui unissaient à une doctrine déjà forcément
syncrétiste tout un système de rites inusités contre lesquels
protestait l'hostilité des. profanes ?.
Le principal d’entre eux consistait-il, au moins dans la secte
que Pline avait dans l’esprit, en rédigeant son livre XXII, et.
dans celle, peut-être identique, pour les besoins de laquelle fut
Construite la basilique souterraine de la' PorteMajeure, en
‚une immersion renouvelée du bain rédempteur de Sappho ?
On s’en
suggestion
persuadera tout’ de
suite, si l’on. accepte la.
de
si,
M..Hubaux, et
identifiant,
avec lui,
“la cavité qui s’ouvre sous l’abside avec une ancienne piscine,
‘privée du revêtement de marbre qui la recouvrait à l’origine,
on suppose, en outre, que sur le ¢hronos dontles tenons étaient
jadis fichés dans les mortaises, aujourd’hui béantes, du seul
pan
de
mur
qui
ait été
intentionnellement
peint
d'une
couche de couleur, venait prendre place, soit le néophyte à
qui ce plongeon ouvrait l’accès d’une vie supérieure, soit-le
prêtre qui, en le renouvelant au nom de tous, était censé purifier l’assistance entière. On le croira encore, même si on rejette ces conjectures osées, pour peu qu'on se
rappelle les
exhortations à la pureté des Pythágoriciens : tiv 32 dyveiav chat
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do ral Loutedv uxt regtopavingio» (Diog. Laerc., VIII, 33)
et qu’on en rapproche, non seulement les amphores dont l’imi-
1. Sen, Qu. Nat, VII, 32: Pythagorica illa invidiosa turbae ‚schola... A rap-
-procher du texte précité sur Anaxilaos celui de Saint Jéréme sur P. Nigidius
Figulus : Pythagoricus et Magus in exilio moritur (Chron.., Olymp. 184, D:
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)tation se. profile sur les-murs-des ‘bas-cétés, mais des amphores
réelles qui, nous l'avons vu, se sont sans doute érigées sur les
«socles.adjacents aux piliers.de la nef centrale. Leur image ainsi
répétée «en ‘ce lieu semble le remplir du souvenir des lustra-
‚tions qui s’y célébrérent primitivement!. De fait, avec leur
‚galbe:de’vases’agonistiques, -elles ont dü :renfermer l’eau con- .
.Sacrée.qui trempait contre le'mal et
la destruction ceux qu’elle
avait oints pour leur salut, -et il’est bien probable, en dernière
. analyse; qu’une sorte de baptême païen, capable, comme le
‘baptême chrétien, de rénover les hommes en ce‘bas-monde et
«de leur assurer la récompense de l’autre, ait été conférée «en
‘vet édifice, dont les stucs blancs comme le pavement de mosaïqueblanche imitaient l'éclat de Leucade, la « Roche Blanche », et enveloppaient les fidèles de l'atmosphère de, pureté
requise par leur maître et chère à leur cœur?
or
_ Au surplus, et quoi qu’on pense de ce rite et de sa réalité, il
est acquis désormais que le symbole
de Sappho à Leucade,
tourné -en ‘dérision par ‘Pline, poétiquement développé par :
'Ovide, «a été inventé par des 'sectes religieuses dont les pra1. Madame Strong «interprets
the difficult scene in'the apse as.one ‘of.purification by the ordeal of the water » (cf. Bendinelli, p. 123, n. 1). Se rappeler-la phrase
Ue Démosthène, Pro ‘Corona, p. 113, trad. Foucart, Associations religieuses, p. 67:
«La.nuit... ta les purifiais, tu.les frottais avec il’argile :ét.avec le.son, puis tu'les
" faisais -relever en ‘leur disant de s'écrier: j'ai fui.le mal, j'ai trouvé le bien
:
Épuyov xaxhv cusov dpervov.» Pour les néopythagoriciens (cf. Porphyre, De antro
Nympharum, 17), les cratères et les amphores sont atitant de symboles des sources .
* "qu’habitent
.les Naiades et .qui possédent la.force fécondante avec la vertu purificatrice, De «même, ‘une lustration ‚prealable au ‚plongeon est peut-être sousentendue:dans le poème d’ Ovide: Sappho reçoit le.conseil de se rendre à Leucade
d’une ‘Naïade, ‘la nymphe de ‘la ‘fontaine sacrée qu'il a si curieusement décrite:
(Her., XN,.159-et.suiv.)::
¿Est nitidus vitroque:magis perlucidus. omni
Fons sacer (hune multi numen habere putant),.
Quem supra ramos expandit aquatica lolos
‘Una nemus...
1
j
Je'me demande
“si ‘ces vers «ne procèdent pas, comme ceux qui suivent, de la
page pythagoricienne ‘äflaquelle s'est :conformé
le poète, et si arbre isolé — une .
nemus — qui se dresse, sur notre stuc, derrière Sappho, n'est point la transposition '
plastique. du-texte que l'artiste avait, lui aussi, sous les yeux.
«2. Gf, Jamblique, Y. P., XXI, 100 : ¿oder Se ypñodar heuxh, xa xadajá; ‘chi
ibid., XXVIII, 149, 153.
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Voir dans le PDF(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)ENCORE LA BASILIQUE DE LA PORTA MAGGIORE
tiques cultuelles, quelles” qu’elles fussent,
s’étaient greffées
sur une doctrine essentiellement néopythagoricienne, et que
Ja basilique de la Porte Majeure, au fond de laquelle il rayonne,
à été le sanctuaire de l’une d'elles. Après bientôt deux mille
ans, les idées qu'il traduisait pour les mystes qu’elle abrita,
l'idée d'une régénération sacramentelle et morale qui transforme le nouvel initié, celle de l’immortalité qui lui sera assurée dans l’île du Soleil, après une suprême métamorphose,
Villuminent encore de leurs tremblantes clartés.
Jérôme CARCOPINO.