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| loo yO,
que le nombre
fondamentaux de la réalité demeure rigoureusement constant chez Empédocle, alors
de même que
de leurs modes d’union pour former les corps particuliers demeure quasiment infini,
réduits au nombre
celui de leurs modes de désagrégation. Toutefois, il ne s’agit plus ici d'éléments
de deux, mais bien de leurs modes de coexistence, positive ou négative.
Le nombre des éléments
Les origines de l'homme, Nice, Univ. de Nice, 1998, pp. 125-132.
de la culture
1 Cf. E. MoursopouLos, Kairos et alternance: d’Empédocle à Platon, Philosophie
n de pureté
grecque, Athènes, Académie d'Athènes, 1998, pp. 49-56; Le modèle empédociée
320 d),
élémentaire et ses fonctions, ibid., pp. 43-48; La création de l'homme (Platon, Protagoras
N'est-ce pas d’ailleurs ainsi qu’Empédocle envisageait déjà la réalité
élémentaire lors des phases alternatives d’attraction et de répulsion de ses
contenus!? En tout état de cause, et pour la commodité de l'exposé, il cst
préférable de considérer les situations de la manière la plus simple, quitte à y
pourrait disserter à loisir sur les types de liens qui unissent négativement des
groupes de réalités distinctes entre clles. I] convient cependant, pour faciliter
l'examen du problème, de réduire au maximum le nombre des parties en cause.
premier des cas envisagés; dissemblance, écart ou, plus exactement, opposition
qualifient les rapports que les trois derniers cas impliquent à leur tour. On
contraires, les unes par rapport aux autres. Identité, analogie ou encore
homologie sont les traits caractéristiques des rapports impliqués dans le
plusieurs situations qualifiant des réalités similaires, différentes, voire
On dénombre souvent plusieurs modes de coexistence de deux ou même
l’acuité des thèses impliquées.
et de bonne volonté, peut aboutir à un consensus, grâce à l’atténuation de
controverse, à condition qu’elle sc manifeste parmi des personnes de bonne foi
elle entraîne leur soutien respectif ainsi qu’une tentative de justification au
cours d’une discussion suivie. Notre intention est de montrer qu’une
structuré ou même, peut-être, le qualifieront de complètement inconsistant. Or
une controverse ne s’arrête aucunement à une simple différence d’ opinions;
controversé. Certains le considéreront satisfaisant, d’autres le trouveront mal
jugements de valeur, légèrement ou substanticllement divergents, à propos
d’un objet de la conscience. Notre propos, par exemple, est susceptible d’être
démarche. Disons d’emblée qu’une controverse consiste en un nombre de
dissocier. II y a donc lieu de procéder par un détour censé faciliter notre
celui-ci dans un ensemble de concepts qui lui sont apparentés, avant de Ven
Afin de mieux cerner le sens du terme de controverse il convient d’intégrer
LA NOTION DE CONTROVERSE
Tso eis Las & .
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revenir pour examiner des situations plus compliquées. Or il est entendu que
des rapports simplifiés appliqués à des situations réelles risquent de se révéler
schématiques. Il est néanmoins méthodiquement correct de commencer par
l’examen des rapports les plus rudimentaires, pour ne passer qu’ultérieurement
à l'étude d'états composés ou complexes et partant obscurs. Il est évident que
unique intention de l’auteur de ce texte est de delimititer, dans ses grandes
LA NOTION DE CONTROVERSE
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instaurée par Aristote et qu'elle continue de dominer notre pensée à l'ère
de l’informatique, accorde une importance primordiale au principe de contradiction. Or ce principe n'est strictement valable que sur le plan de la pensée
scientifique. Il n'a pas rigoureusement cours sur le plan pratique et
certainement pas dans le domaine de la pensée qualifiée de primitivef,
d’archaïque? ou de mythique, encore moins dans le domaine de la pensée de
lignes, le cadre théorique des applications possibles de la notion de controverse.
Force nous est de constater que cette notion est apparentée à un ensemble
d’autres notions qui, toutes, dénotent un mode de coexistence plus ou moins
l’enfant?. Chez celui-ci on remarque un passage incessant à partir du principe
négatif de réalités, elles-mêmes plus ou moins irréductibles les unes aux autres.
Sur le plan des dialectiques on distinguera, par exemple, l'opposition de type
validité sur le plan pratique laisse toujours à désirer. On concédera qu’il existe
kantien (où liberté et déterminisme dans la nature sont les explications de deux
thèses irréductibles), de l’ opposition de type hégélien au terme de laquelle thèse
et antithèse se résolvent en synthèse qui va jusqu’à les transcender, les
«supérer» (aufheben)*. Un autre type d’ opposition dialectique, apparemment
primitif d’identité, où l'idée de contradiction n’intervient guère, vers la forme
aristotélicienne et postaristotélicienne de ce principe, dont, répétons-le, la
des réalités ou encore des situations qui risquent à tout instant de se désintégrer
en raison des tensions contradictoires dont elles sont affectées; toutefois, le fait
même de leur durée implique que ces tensions s’exercent moins vigoureusement qu’on ne le croirait de prime abord; d'où la condition d’un équilibre
irréductible, est celle de l'être et du non être, qui remonte à Parménide d’après
instable qui facilite leur maintien.
D'autres types d’attitudes permettent de supposer l'existence de degrés
qui pareille opposition «ne sera jamais résolue». Et pourtant, Platon qui, dans
d’opposition moins marquée. Deux d’entre eux sont introduits par les termes de
être par la création des conditions d’une communion entre eux et ouvrant, par la
même occasion, la voie à la constitution de la structure métaphysique
confrontation ou d’affrontement. Le premier désigne la manière d'être de deux
parties adverses, antagonistes ou franchement hostiles, impliquées dans la
revendication d’un même primat; il exprime l’esprit de polémique qui peut
apparaître sur plusieurs plans à la fois, et une préparation de part et d’autre, dans
l'attente d’une lutte, ne serait-ce que sous forme dialoguée, éventuellement
nourrie d'arguments, tel l’agôn ou la strette, qui marquent respectivement le
l'ensemble, souscrit à la doctrine parménidienne, procède, dans le Sophiste, à
l’interpolation, entre ces deux valeurs ontologiques fondamentales, de deux
autres valeurs intermédiaires, celles du non être de l’être et de l'être du non être,
résolvant ainsi, à sa manière. le problème de l’irréductibilité de 1’ étre et du non
fondamentale du néoplatonisme’.
Des exemples qui précèdent il ressort que deux types d'opposition
fondamentaux s'offrent à notre investigation: un type d'opposition statique et
un type d’opposition dynamique qui tend à sa résolution, celui-ci se présentant
sous au moins deux variantes. Selon la première de ces variantes, l’ opposition
contient (ou crée) sa propre supération par «explosion»; selon la seconde, elle
tend à échanger, par «implosion», la discontinuité qui la qualifie au départ
contre une continuité qu’elle instaure de soi, et qui existait déjà virtuellement
entre ses termes constitutifs, au point qu'on peut se poser légitimement la
point culminant d’une tragédie grecque! ou d’une fugue musicale. Le second
de ces deux termes dénote, quant à lui, un conflit déjà engagé, donc des
hostilités réelles, mais dont l'issue n’est en aucun cas prévisible comme une
défaite, soit comme un retrait obligatoire de l’une des parties adverses. Prenons
de nouveau l'exemple de la musique: le processus contrapuntique, loin
de prétendre coûte que coûte à l'annulation des sons mis en cause, assure
l'indépendance des voix auxquelles chacun de ces sons appartient, tout en
pourvoyant à leur consonance grâce au dialogue instauré entre elles.
Bien conduit, par conséquent poursuivi dans un esprit de tempérance, de
question de savoir si l'idée d’une opposition irréductible ne contiendrait pas
une contradiction dans les termes.
La notion de contradiction exprime, elle aussi, une opposition, mais qui se
manifeste à un niveau logique. En effet, la logique bivalente, telle qu’elle a été
2 Cf. G.W.F. HEGEL, Science de lu logique, éd. Lasson, 1, pp. 383-384; cf. Encyclopédie,
addition au $ 88.
3 Cf. PARMENIDE, fr. B 7, 1 (D.-K.'6, I, 234, 31): où yap proce touvo dau elven wij Eóvra.
4 Cf. PLATON, Sophiste, 264 e; cf. E. MouTsopouLos, Le modèle platonicien du système
plotinien, Diotima, 19, 1991, pp. 9-12.
5 Cf. Arıst., Métaph., I 4, 1007 b 18; 7, 1011 b 16; 14 1055 b 1; 7, 1057 a 34; 11, 1067 b 14et
21; De interpret., 6,17a33;7,18a11,8,18a27.
6 Cf. Lucien Lévy-BRUHL, La mentalité primitive, Paris, Alcan, 1922 (15° éd. P.ULF., 1960), pp.
23 et suiv.
7 Cf. J. CAZENEUVE, La mentalité archaïque, Paris, A. Colin, 1961, pp. 11-16.
8 Cf. CI. Lévi-Strauss, Mythologiques, t. 1: Le cru et le cuit, Paris, Plon, 1964, Introd., pp. 9 et
suiv.
9 Cf. H.-H. WALLON, Les origines de la pensée chez l'enfant, 2 vols, Paris, P.U.F., 1945 et
surtout J. PIAGET, La représentation du monde chez l'enfant, 2° éd., Paris, P.U.F., 1946.
10 Cf. J. DUCHEMIN, L'Agôn dans la tragédie grecque, Paris, 1969.
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13 CE. supra, et lan. 4.
12 IEM, Rhét. B 24, 1402 a 23 (D.-K.'", 11 266, 15-16): cov Het... Aöyov ueeltzw noted.
11 Cf, ARIST., Topiques, © 3, 158 a 35; 11, 162 a 16; sur les sophismes politiques, cf. Polit. A 13,
1297 a 14-38; E 8, 1307 b 40; 1308 a2; Z 8, 1322 a 21. Sur les paralogismes, cf. Anal. pr., B 15,64
b 13; P 12,77 b 20; Rhér., B 25, 1402 b 26; T 13, 1414 a 6; Polit, B 3, 1261 b 27:
4, Sophist., 4, 166
b 20: 5, 168a 16; 8, 169 b 37.
parties est supérieur à deux. En effet, mise à part la complication facilement
souhaitable de voir se préciser à l’aide d’une rationalité commune provenant
des parties engagées. Le même processus est valable quand le nombre de ces,
provisoires qui ne peuvent être considérés comme des conceptions universellement valables. De ce fait, une controverse se présente sous forme d’ opposition
ouverte à toute sorte d’apports supplémentaires capables d'en faire dévier à
chaque instant le cours éventucl prévu, vers une direction qu'il est toujours
thèses intégralement et définitivement constituées, mais plutôt sur des postulats
donc nullement fixe et immuable, dont le caractère de mouvement continu ne
favorise pas des clivages et ne laisse prévoir aucune issue obligatoire. Enfin,
l'opposition qui sous-tend [énergie qu’elle dégage n’est pas fondée sur des
conversion. Ce terme implique ensuite une situation intérimaire et passagère,
l’etymologie du terme renvoie à une opposition instable qui admet des
oscillations qualitatives autant que quantitatives entre confrontation et
dire l'existence simultanée de deux réalités contigués sans lien organique entre
elles, se présente sous deux aspects: ou bien elles sont semblables: elles
peuvent, dans ce cas, être rapprochées sous le rapport d'identité; ou bien elles
sont différentes, auquel cas elles peuvent l'être sous un rapport de
complémentarité. Dans le cas où elles se révéleraient radicalement opposées,
les processus de réduction des opposés sont, ici encore, envisageables.
À la suite de l’analyse qui précède on est en mesure d'affronter les problèmes
posés par la notion de controverse (qui désigne un «choc d'idées»). D'abord,
inhérente même dans le cas de réalités juxtaposées. Une juxtaposition, c’cst-Alogique, qui intervient au cours du dialogue, apparaissent finalement comme
complémentaires, c’est-à-dire comme contenant chacune, au départ, des
éléments utiles à l'intégrité de l’autre. Pareille complémentarité peut s’avérer
résolution de l’irréductibilité des contraires, entrevu par Platon!3, Et il n'est pas
impossible que les thèses initiales, par l'entremise d'une médiation de nature
rapprochement des thèses initialement soutenues, et ce selon le modèle de
conforme à une juste cause qui n’est pas nécessairement et exclusivement celle
de l’un d’entre eux, mais qui, le plus souvent, laisse entrevoir la possibilité d’un
l'argument le plus faible à la place du plus fort!2, le dialogue vise à faire éclater
la vérité par excellence, celle qui sera acceptée par les interlocuteurs parce que
décidément censés éviter sophismes et paralogismes!!, pour imposer
bonne foi, de bonne volonté, de tolérance et de respect mutuel des participants
24
25
comme facteur de retenue des dirigeants des pays respectifs dans leur recherche d’une paix durable,
autant que profitable à tous.
15 Conçu de manière à servir d’ introduction à la problématique du H* Congrès de I’ Association
des Philosophes du S.-E. Européen (Novi Sad, 20-25 octobre 2002), ce texte, en plus des analyses
prétendues rigoureusement philosophiques qu’il comporte, ct qui n'ont rien à faire en soi avec
l'actualité politique dans la région, pourrait agir comme fil conducteur des travaux du Congrès et
14 Cf. PLATON, Timée, 80 b: cf. HERACL., fr. B 51 (D.-K.'6, I, 162, 4): nade TURN RENE
éxwsnep tolou nal Meng: Ir. B 54 (D.-K.16,1, 162, 10): &epovir dgavrs gaveens Keen. —
(Athènes)
E. MOUTSOPOULOS
inexistants ailleurs que dans des consciences passionnées. Le respect de l’autre
conduit irrévocablement à l’entente définitive avec luils.
méprendre à propos d’une controverse en la considérant, de manière éronnée,
comme une opposition permanente. Son caractère provisoire appelle son
développement heureux à partir de moments propices, kairiques, qui en
jalonnent l’évolution vers des solutions pragmatiques de problèmes souvent
4, efficace de surcroît,
une unité complexe, certes, mais durablement cffective
en raison de la subtilité et de la souplesse de sa nature. Ces dernières qualités
favorisent l’évolution ultérieure des situations. Il y a lieu de ne pas se
Ce caractère d’imprévision autorise précisément le rapprochement spontané
des points de vue en présence à l’origine, et leur harmonisation progressive en
d’adversaire!), la quantité des participants n’affecte pas en l'occurrence la
.
qualité d’ approche des situations.
compréhensible de la situation (attention surtout à ne pas se tromper
LA NOTION DE CONTROVERSE