Le zodiaque de l'Eneide

Autore
Callatay, G.de
Pubblicato in
Latomus
Anno
1993
Argomento
AENEID
Lingua
Français
Categoria
C5 Astronomy
Numero d'archivio
1690

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CALLATAY Godefroi de, d Le zodia que de l'Énéide : Latomus 52 1993 318-349, | Arguments visant à montrer que l'Énéide est tout entière organisée à l'image CA LULA TA YG. Ae reAA 2 LE ZODIAQUE DE VENEIDE 3 19 d'un grand zodiaque, où chaque chant correspond à l'un des douze signes. Dans ce plan zodiacal, les deux pôles diamétralement opposés sur l'axe des solstices sont constitués par le chant6 (Capricorne et porte des dieux) et le chant 12 (Cancer et porte des hommes). Orienté et fixé par le symbolisme des portes solsticiales, le zodiaque de l'Énéide, qui n'a rien d'un ornement gratuit, représente une charpente d'origine pythagoricienne qui s'est chargée, avec Virgile, d’un symbolisme romain très profond. [6494 que Virgile en cet endroit s'est inspiré de l'Odyssée. En effet, Homère avait décrit lui aussi les deux portes des Songes, l'une d'ivoire et l'autre de corne, et le poète grec s'était même permis, sur ces portes, un double jeu de mots : dowd yap te Uda: uevyvv elgıv éveipuy ai iv yop Kepdroat tercógatas, ai d épayet. tev of pév n° ¿A0wor dla npiotod Élégavros. of p EAepuipovtat Ene’ dxpáavta pipovtes * La division de l'Énéide en deux grandes moitiés est un licu commun. Elle paraissail déjà si naturelle aux anciens commentateurs qu'ils n'hésitaient pas à comparer les six premiers chants de l'œuvre à l'Odyssée et les six derniers, à UZliade (!). Et Virgile, entre les longs voyages d'Énée et les combats sur la terre promise, prenait lui-même le soin d'annoncer : Maior rerum mihi nascitur ordo, Maius opus moueo (?). Le rôle exceptionnel du chant VI, avec la catabase d'Énce, est une autre évidence, que J. Perret résumait en ces termes : «Entre les livres de l'épisode carthaginois (I-V) et ceux de l'épisode italien (VIL-XID, le VIe livre demeure donc isolé, hors série. Il est le sommet de l'Énéide, comme la Ve Bucolique était le sommet des Bucoliques, mais il en est aussi la somme, il en rassemble of di Ota Ecotéy kepác EOwar Búpale, vi p' Etvpa Kpaivovat, Bpor@v dre xév tic ont (6). Toutefois, c'est d'un autre passage — beaucoup plus célèbre — de l'Odyssée qu'il convient de rapprocher les vers de Virgile pour tenter d'en interpréter le symbolisme. Nous voulons parler de l'antre d’Ihaque, où antre des nymphes (Odyssée XUL, 102-112), dont la description s'achève sur les vers suivants : diw di té vi Obpar eloiv, ai iv zpos Bopéuo rataffata) dvOpdnotaw * ai ö’ ab npöz Nôtov tiot Ocórepar | oùdé tt nervi üvöpes éatpyovtar GAR? davdtwy 600ç dor (7). 1. Les portes solsticiales et l'orientation du zodiaque Dans son commentaire détaillé sur l’antre des nymphes, Porphyre donne la clé du symbolisme homérique: éetar roivov Eyraîv rò PovAnpa cite tüv xaDidpucagiévov, einsp iotopiav è nous dnoyyéldza, f} abrod ye tó alviyua, On trouve à l'extrême fin du chant VI, et done à l'endroit précis où s'opère einep adtod nAdopa tó dnjyypa. tod di) dvipov sixéva Kai oúnffolor Puoi toi KOGHOU gépovros Nouivios Kai 6 tovtov étaipog Kpóvios dio elvas ev oöpavid la grande transition entre les deux moitiés de l'œuvre, l'évocation d'un extraapa, wy obte VOTIGTEPÓV eat Tod xeuupwod tponixod obre Bopeiötepov tod ordinaire licu de passage : Vepivod. tori 3 6 ir Oepivos Kata KapKivoy, 6 dì xeywpivdc Kut’ alyóxepov (*), en lui tout l'esprit» (+). Sunt geminae Sommi portae, quarım altera fertur cornea, qua ueris facilis datur exitus umbris, altera candenti perfecta nitens elephanto, sed falsa ad caclum mitnunt insonmia manos, His ibi tum nati Anchises unaque Sibyllam prosequitur dictis portaque emittit eburna (4). Même si l'interprétation du passage reste très discutéc ($), il est bien connu (*) Cette étude doit être considérée comme une annexe aux travaux que Monsieur André Raeymacker prépare sur Poruvre de Virgile comme synthèse pythagoricienne, (1) Servius, ad Aen. VIII: Macrone, Sat. Y, 2,6. (2) Énéide VU, 44-45. (3) J. Perri, Virgile, Paris, 1967, p. 114-115. (4) Énéide VI, 893-898. (5) Cf W. Evererr, Upon Virgil, Aeneid VI, Vss. 893-898 dans CR 14, 1900, p. 153154, E, L. Hicisarcer, The Gates of Dreams, Baltimore, 1940, H. R. Steiner, Der Tran in der Aeneis, Berne-Stuttgart, 1952, p. 88-96; F. M. Bricinora, La Porta Quelques lignes plus loin, le commentateur ajoute : dio civ tavrac ¿Qevto réduc raprivov xaì alyóxepww of Uroddyor, IMdtwv dé dbo otéqua ¿py > tostwr dè kapkivov piv clvar OV 06 Katiaaw ai yuyat, alyóxepcov di Or où dviaom. dilà raprivoc piv Póperos Kat xatafatiudc, alyókepos di vótios Ket dvaffarinós. tou dè tà piv Pope yoxóv cic yéveotv Katıovaov Kat öplög Kai tod dvtpov ui npog Boppäv riu kutaffuzar dvOpdnotg + tà di vota où Ocóv, didà r@v sic Ocobe dviovawy, did cv adu)v 3 altiav ob Cedy ¿on ódóc, dal Waverton, Ö Korvöv Kat int yoxd weg odov Kal? abrö i} tH vota G0aváro (9). d'avorio del libro VI dell'«Eneide» dans GIF 7, 1954, p. 61-67: 1. F RotLano, La Porte d'Ivoire dans REL 35, 1957, p. 204-223; B. Orts, Three Problems of Aencid 6 dans TA PAA 90, 1959, p. 165-184 ; J. Perrin, Virgile. Énéide. Vome N. Livres V-VIHI, Paris, 1978 (Collection des Universités de France), p. 182-184, (6) Odvssée XIX, 562-567. (7) Odvssée XUL, 109-112. (8) Porruvyes, De Antro Nvmpharum 21. (9) Porpuyre, De Antro Nympharum 22-23, Les deux ace dont parle Platon sont les orifices décrits dans le nivihe d'Er (Rsp. X, 6144-6214).

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321 que anima de caelo in Indus vitae inferno delabitur. sie ordo digeritur. de la manifestation: ils appellent porte des Dieux le Capricorne (porte de sortie), parce qu'elle est Pissue définitive pour les âmes qui ont achevé tous Zodiacum ita lacteus cireulus obliquae eircumflexionis occursu ambiendo leurs cycles de génération, explication donnée par Macrobe est très similaire : Descensus wero ipsius, complectitur, ut ein, qua duo tropica signa, Capricornus et Cancer, feruntur. C'est aussi en ce sens que doivent s'interpróter les vers qui clóturent la Has solis portas physici wocanerunt, quia in utraque obuiante première moitié de l'Énéide, Le contexte du VIe chant laisse peu de place solstitio, ulterius solis inhibetur accessio, et fit ci regressus ad zonae uiani, au doute. Avant l'évocation des portes, Virgile avait mis dans la bouche cuius terminos munquani relinquit. Per has portas animae de caelo in terras meare, et de terris in cuchim remeare credunte. Ideo hominum una, altera d’Anchise un exposé détaillé sur la métempsycose (VI, 724-751), ponctué par intersecet. Deorum uocatur : homimun Cancer, quia per Inne in inferiora descensus est : Capricornus Deorum, quia per ilhin animae in propriae inunortatitatis sedem, et in Deorum numeri reuertuntur, Et hoc est. quod Homeri divina prudentia in anıri lihacensis descriptione significar (9). le célèbre quisque suas patimur manis (v. 743). Un peu plus haut, la Sibylle avail parlé de la bifurcation en Y chère aux disciples de Pythagore : {fic locus est, partis ubi se ula findit in ambas : | dextera quae Ditis magni sub moenia tendit, | hac iter Elysium nobis: at laewua malorum | exercet poenas et ad impia Tartara mittit (VI, 540-543). Tout au long du chant, de nombreux Kolin Proclus, lorsqu'il commente les gouflres du ave d'Er de Platon éléments rappellent la géographie infernale des Pythagoriciens, telle qu'elle et cite encore un autre passage de l'Odyssée (11), rapproche explicitement les est présentée, par exemple, dans les mythes eschatologiques de Platon (15). «portes du Soleib (pertes du Cancer et du Capricorne) el le «peuple des songes» 1 serait: plutôt surprenant, en définitive, qu'en couronnant sa catabase par l'évocation des deux ouvertures, Virgile ait oublié la portée symbolique que {passant par les portes d'ivoire et de corne) (12). Portes du Soleil et portes des Songes sont bien une seule et même réalité. La symbolique des portes, souvent mentionnée par les auteurs anciens (4), les Pythagoriciens leur avaient toujours attribuée. Qu'il faille considérer les portes des Songes, à la fin du chant, comme les mation semblable à Pantre des nymphes, on trouve deux portes, diametralement deux portes solsticiales, c'est ce que suggère peut-être davantage encore la présence chez Virgile (comme chez Homère) d'un très évident jeu de mots : de corne (cornea — kepáwv) est ta porte des Dieux, car elle est simplement oppostes, qui correspondent aux deux sigoes solsticiaux du zodiaque. Les la porte du Capricorne (Capricornus — Aiponepes) (1). est un point majeur de la doctrine pythagoricienne sur l'univers (19), Aux deux extrémités du monde de la manifestation, lieu de génération et de transfor- Pythagoriciens nomment porte des Hommes le Cancer (porte d'entrée), parce Des lors, les vers de Virgik peuvent sans doute se comprendre beaucoup que les âmes qui la franchissent pénètrent -- ou restent — dans le monde plus clairement. À la fin du chant VI, c'est-à-dire au centre du poème, Ende (10) Macrone, Seíp. 1, 12. On remarquera d’autie part que Macrobe revient ailleurs (Sar. Y. 3, 18-19) sur Pantre d'Ithaque ct qu'il cite même les vers d'Ilomère comme modèle de Virgile (Encide 1, 159-169), lorsque celui-ci décrit Dantre des nymphes qui reçoit les Troyens après la tempête initiale de son poème. Sur la tradition du de Antro Nvmpharum en Occident, voir J. Perin, La tradition de l'allégorie de Philon d'Alexandrie à Dante, Paris, 1987, p. 81-90. Sur les éléments retenus plus particulièrement par Macrobe, voir IL Framanı, Macrobe et le néo-platonisme latin à la fin du n siècle, Leyde, 1977 (E PRO). p. 549-553, (tl) Odyssée XXIV, 12. entrevoit la porte des Dieux, celle des teerae umbrae, mais il ne peut déjà la franchir car, comme vient de l'annoncer Anchise, sa mission et ses épreuves ne sont pas achevées: Quae postquam Anchises natin per singula duxit | incenditque aninuan famae uenientis amore, [ exim bella uiro memorat quae deinde gerenda, | Lawentisque docet populos urbemque Latini, | et que quenque modo fugiatque feratque laborem (©), C'est vers la porte des Hommes, celle des falsa insonmia, qu'Anchise reconduit son fils et la Sibylle, La reprise d'un symbolisme zodiacal au milieu exact d’un récit épique de douze chants pose d'emblée certaines questions dont voici la plus immédiate : (12) Procius, in Reap. XV le Dissertation. Le mythe d'Er(W. Krous,, p. 129-1230), (13) Voir aussi Praton, Charm. 173a ; Horace. O. 01, 27,418: Srace, S. Y, 3, 288 5 Lucien, PUA 1,33. (14) CL J. Carcorino, La hasilique pythagoricienme de la Porte Majeure, Paris, 1926, p. 227-228 et 368-371 ; et surtout R. Guesos, Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, Paris, 1962, p. 239-243 (sur les portes solsticiales) et 244-249 (sur le symbolisme du zodiaque chez les Pythagoriciens). Le même symbolisme se trouve également dans la tradition indienne : cf. Bhagavad-Gitd VIN, 26 (interprété par Shiri Aurobindo et traduit par €. Rao et J. Heesues, Paris, 1942): «Ce sont les deux voies, la lumineuse et la sombre (appelées dans les Upanishads la voie des dicux et la voic des Pères) ; par l'une s'en va celui qui ne revient pas, par l'autre celui qui revient», (15) Rep. X, 61da-621d; Phaed. 107d-1 dci Phaedr. 2464-2494. Sur Y pythagoricien, el. E Cumoni, Recherches sur le svmbolisme funéraire des Romains, Paris, 1942, p. 423-429, (16) Les cornes sont considérées comme un élément essentiel du Capricorne zodiacal : elles sont d'ailleurs marquées par a et ß, les deux étoiles les plus brillantes de la constellation (Seto! Germ., 89, 13). L'importance des cornes se révèle également dans la littérature astronomique, où l'on trouve même l'expression un peu redondante de corniger Capricornus (AVIENUS, Arat., 662). (17) Enéide VI, 888-892.

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l'Énéide ne serait-elle pas tout entière organisée à l'image d'un grand zodiaque, où chaque chant correspondrait à l'un des douze signes ? cette même porte, c'est qu'il doit lui aussi, après sa catabase, réintégrer le A vrai dire, la question d'un plan zodiacal de l'Énéide n'est pas complètement monde de la manifestation ct poursuivre sa mission jusqu'au dernier chant (2), um N uu prisonnier dans les cycles de la génération. Si, au chant VI, Énée franchit nouvelle (18), et elles’intègre très naturellement dans le cadre des recherches À l'appui de ce premier postulat sur «l'orientation Nord-Sud» de l'Énéide, menées ces dernières décennies sur l'architecture littéraire des œuvres virgion doit invoquer aussitôt le témoignage des Bucoliques, puisque, entre autres liennes (19), Mais Pallusion à un symbolisme aussi fondamental que celui des portes solsticiales et surtout la place centrale réservée à cette allusion nous incitent à reconsidérer le problème dans son ensemble. 11 semble en effet que l'utilisation par Virgile de ce symbolisme, clé de voûte de la démonstration qui va suivre, n'a jamais été correctement perçue jusqu’à présent. réflexions sur les agencements numériques et les jeux de symétries, une étude fondamentale a précisément mis cn lumière, pour le cas des dix bucoliques, ce genre de plan architectural orienté. Depuis la découverte fameuse de P. Maury (2) en effet, on admet généralement que deux pièces, la Ve («résurrection», avec Vapothéose de Daphnis) et la X¢ («la mort», avec le décès Selon cette perspective, il convient en priorité de situer, dans PEnéide, les tragique de Gallus), doivent être considérées comme les deux pôles d'un axe signes solsticiaux du Capricorne et du Cancer, qui lixent nécessairement l'orienautour duquel se répondent les huit autres Bucoligues. On voit même dans tation de tout le poème. Parce qu'il est le sommet de PEnéide, parce qu'il trace le parcours initiatique de son héros jusque dans l'Élysée, enfin parce la Ve Pincontestable sommet du recueil ct dans la Xe, son antithèse la plus qu'il s'achève précisément sur l'évocation des portes solsticiales, le chant VI s'impose à l'évidence comme le chant du Capricorne ou de la porte des Dieux. Diamétralement opposte sur l'axe des solstices, la porte des Hommes, dans le Cancer, doit donc être localisée au chant XII dernier de l'œuvre, et l'Enéide s'achève effectivement sur la mort de son héros malheureux, Turnus, qui reste une analogie frappante entre les dix bucoliques et les douze chants qui manifeste, Force est de constater, du point de vue de l'architecture littéraire, composent l'Énéide, Analogie de forme: dans les deux cas, un même axe joint la pièce centrale (22) et la dernière de l'œuvre; analogie de fond aussi: l'apothéose de Daphnis paraît préfigurer le séjour d’Enée dans l'Élysée et la mort de Gallus, annoncer celle de Turnus. Mais il y a plus. Car, dans ces mêmes Bucoliques, il semble que le poéte ait déjà voulu rappeler par le sym- (18) À notre connaissance, deux tentatives ont été proposées jusqu'à ce jour: Y. A. Daus, Le treizième livre de l'Énéide. Astrologie et énergétique de la métamorphose dans Pallas 30, 1983, p. 25-48 (où l'auteur reprend sa théorie déjà exposée dans Aspects du symbolisme zodiacal chez Virgile. L'héliomorphose»s du héros dans L’Astrologue bolisme des portes solsticiales les destinées contraires promises à ses héros : tandis que Daphuis ressuscité contemple le fimen Olympi (Y, 56), la mort tragique de Gallus s'achève sub sidere Cancri (X, 68). Si, comme nous le 1979-1980, nos 45-47 ct 49), imagine un double parcours zodiacal des douze chants, pensons, les portes solsticiales du Capricorne et du Cancer paraissent fixer allant, pour le premier, du Scorpion à la Balance, et, pour le second, de la Vierge à la Balance, Le moins que l'on puisse dire est que l'étude de M. Dauge repose sur des postulats astrologiques et psychologiques fort discutables et qu'elle aboutit à des résultats complètement forcés et à une reconstruction plutôt malheureuse du «schéma virgilien». L'autre tentative avancée pour retrouver un zodiaque dans les douze chants de l'Énéide se trouve exposée dans J. Thomas, Structures de l'imaginaire dans UEineide, déjà l'axe des dix bucoliques, à plus forte raison convient-il d'examiner le rôle axial qu'elles peuvent jouer dans une grande œuvre comme l'Énéide, divisée en douze parties. De part et d'autre des deux signes solsticiaux qui, aux chants VI et XII de l'Énéide, assurent l'orientation du plan, on devrait trouver, suivant ce Paris, 1981, p. 332-354. L'auteur, qui reprend en grande partie Fétude de Y. Dauge, raisonnement, les dix autres signes du zodiaque : du chant ] au chant Y, ceux se montre plus prudent. I reste que les arguments sur lesquels il s'appuie pour défendre son plan zodiacal sont eux aussi très peu convaincants. L'essai de «faire correspondre, que le Soleil traverse dans sa phase descendante (du Cancer au Capricorne) pour des raisons précises, el sans artifice, un signe du Zodiaque à chaque livre» apparait, tout au long de la démonstration de M. Thomas, comme un échec évident. (19) CE P Maury, Le secret de Virgile et l'architecture des Bucoliques dans Lettres d’Humanite 3, 1944, p. 71-147; G. Le Grue, Les premitres Góorgiques, poème pythagoricien dans LEC 17, 1949, p. 139-235; G. Duckwortu, The Architecture of the Aeneid dans AJPH 75, 1954, p. 1-15: G. Ducrkworin, Structured Patterns and Proportions in Vergil's Aeneid, Aun Arbor, 1962: B. Ov1s, Virgil. A Study in Civilized Poetry, Oxford, 1963; E. L. Brown, Numeri Vergiliani, Bruxelles, 1963, p. 35-195: H. Koen, «Mathematische», Svnunerrische und Rhytimische Komposition im I. Buch der Aeneis dans SO 45, 1970, p. 74-112; P. Satan, Symétries et correspondances numériques dans l'Énéide dans REL 52, 1974, p. 167-184; J. Van Sickie, The Design of Virgil's Bucolics, Rome, 1978 : M. Owen Lier, Death and Rebirth in Virgil's Arcadia, New York, 1989, p. 101-112, et, du chant VII au chant XI, ceux qu'il traverse dans sa phase ascendante (du Capricorne au Cancer). Les signes équinoxiaux correspondraient alors (20) Pour expliquer qu'Énée franchit, dès te chant VI, Ta porte qui correspond au chant NIL, il faut sans doute admettre une sorte de contraction extrème de Pespace ci du temps que seuls peuvent embrasser ceux qui, comme Anchise, Ende et la Sibylle, se trouvent en un lieu situé en dehors de notre espace et de notre temps. Parvenu dans ces espaces de P Élysée, où les Bienheureux ont aleur Soleil et leurs astres» (VI, 641), Énée perçoit notre monde «de l'extéricur», comme Pont fait aussi Er (PLATON, Rsp. X, 61da-621d) et Scipion (Crctron, Rsp. VI, 8-26). (21) P. Maury, Le secret de Virgile [n. 19]. (22) Comme 10 et 12 sont pairs, il ne peut y avoir de pièce centrale unique. Pourtant, on dit que 5 est la moitié de 10, et 6 la moitié de 12.

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325 naturellement aux chants II et IX. Voici donc comment devrait, a priori, Pline l'Ancien la nomme stella regia (25), et Géminos affirme qu'une destinée s'établir la correspondance des signes zodiacaux avec chacun des chants de royale est accordée à ceux qui naissent sous son influence (29). Le caractère royal du Lion est une constante dans la littérature astrologique de l'Antiquité. l'Enéide: Au premier chant de l'Énéide, la proportion des principaux «termes Chant I: Lion royaux» (27) est deux fois supérieure à la moyenne, Ceux-ci s'appliquent bien Chant IT: Vierge sûr d'abord aux deux grands personnages du chant, le roi Ende (28) et la reine Chant HE: Balance (Cquinoxe) Chant IV: Scorpion Didon. Mais ce vocabulaire est loin de leur être réservé, comme en témoignent, notamment, trois passages célèbres du chant, où la concentration des termes Chant V: Sagittaire Chant VI: Capricorne (solstice) Chant VII: Verseau des dicux (regina deum, v. 9), Elle rêve de faire de Carthage la reine des Chant VIT: Poissons nations (región gentibus, v. 17), mais sait que d'Énce doit descendre un Cham IX: Bélier (équinoxe) Chant X: Taurcau Chant XI: Gémeaux peuple, roi partout (popuhen late regem, v.21). S’avouera-t-elle incapable d'écarter d'Italie le roi des Troyens (Teuerorun regen, v. 38), elle, la reine des dieux (divom regina, v. 46) 9 Elle décide de provoquer une tempête el Chant XU: Cancer (solstice) royaux est très frappante. Dans les tout premiers vers de l'œuvre, Junon est présentée comme la reine s'adresse au roi Éole (rex Aeotus, v. 52), à qui il fut accordé d'être roi (regem dedit, v. 62) par Jupiter, le père des dieux et le roi des hommes (divom pater 2. Les duuze signes du zodiaque atque hominum rex, y. 66). Eole répond à la reine des dieux (o regina, v. 76) Nous abordons à present l'étude systématique des chants de l'Énéide, d’après qu'il ne peut qu'accepter, puisqu'il lui doit toute sa royauté (quodeunique hoc regni, v. 78). Peu après, Neptune calmera la tempête, conscillant au roi l'ordre des signes imposè par le symbolisme solsticial Une remarque prólides vents (regi, v. 137) de ne régner que sur sa propre cour (illa se iactet minaire: co que nous savons de Virgile nous dissuade d'entreprendre cette in aula | Aeolus et clauso uentorum carcere regnet, v. 140-141). étude sur base d'une lecture littérale du poëme. H serait bien naïf, par exemple, Dans un autre épisode, Jupiter annonce à Vénus la destinée future des d'espérer trouver cn toutes lettres le nom de chaque signe, omniprésent daus ‘Froyens: après trois années de règne (tertia regnantem aestas, v. 265), Enée un chant et inexistant dans tous les autres, I serait plus waif encore de croire cédera la place à son fils lule, qui s'appelait [us tant que s'était maintenu que, si tel avait été le cas. le plan zodiacal de l'Énéide aurait échappé à tous les lecteurs de Virgile, anciens el modernes. Le seul exemple des portes solsticiales sulfit d'ailleurs à prouver que, si zodiaque il y a, celui-ci ne saurait être envisagé autrement que d'un point de vue hautement symbolique. le royaume d'llion (diem res stetit Hia regno, v. 268). Celui-ci régnera trente ans et translerera le siège de la royauté (regrmen, y. 270) de Lavinium à Albe, où régnera pendant trois cents ans (fer centum totos regnabitur annos, v. 272) la race d’Hector, jusqu'à ce qu'une prétresse royale (regina sacerdos, v. 273) enfante des jumeaux. Jupiter a donné à ta race d'Énéc un empire sans fin Chant 1 (756 vers): Lion. -— Un trait essentiel distingue ce signe de tous les autres: le Lion est pour les Anciens le symbole de la royauté (2). À la (imperium sine fine dedi, v. 279). suite des Babyloniens, les Grecs et les Latins ont vu dans le Lion le roi des animaux, et ils ont donné à la plus brillante étoile de la constellation le nom de roi ou de petit roi. Ptolémée, dans 'Almugeste, l'appelle facidíonos (1, (25) Print, MA XV, 235 et 271. Voir aussi Firaicus Marersus, Mat VI 2. VUE, 23; VIN 31: Schol. Arat., 147 (E. Maass, p. 164). (26) Grminus, Phaen. HI, 5. (23) Ch A. Bouenr-Lucrerco, L'astrologie grecque, Paris, 1899 (Bruxelles, 1963]. p. 139 ct 438-439 : W. Gunter, Leo dans RE, NI2, 1925, col. 1977; Wo I. Roscuer, Sternbilder dans Ausführliches Lexikon der griechischen und römischen Mythologie, VI, Leipzig-Berlin, 1924-1937 [Hildesheim, 1965], col. 954-959, (24) Provence, Sraaxis VU, 5 (LL. Hrimerc. p.98). La dénomination latine actuelle de cette étoile, Regulus, Wexisterail que depuis Posteltus et Copernic: cf R. I. Asten, Star Names, Their Lore and Meaning, New York, 1963, p. 255-258: A. La: Barun, Les noms latins d'astres et de consteslations, Paris, 1977, p. 164. (27) Pour les termes des plus signilicatifs (rex, regina, regnare. regnum, regalis, regius), on compte 51 occurrences dans le chant I, pour un total de 298 dans Pensemble de Pénéide, Nos recherches sur le vocabulaire de l'Énéide se basent sur le programme luveus (PUT Latin Texts, University of Pennsylvania) du Centre de Traitement Électronique des Documents (CETEDOC) de l'Università Catholique de Louvain. Nous avons utilisé également; M, N. Westmorn, Index Verborum Vergilianus, 3° &d., Hildesbeim, 1961 : 11. Mercuer, Lexikon zu Vergilius, 2° éd., Hildesheim-New York, 1909. (28) Homère comparait déjà Ende à un lion : cf. Hiade V, 299 : Mov dig diri remora.

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Plus loin, lorsque les compagnons d'Énée s'adressent à la reine Didon (O regina, v. 522), ils présentent linge en ces termes: Rex erat Aeneas nobis souvent le nom de Virgo ou de fustitia à la déesse de cet ancien état du (v. 544). ls annoncent aussi qu'ils veulent gapner Vitalie, une fois leur roi rendu (rege recepto, v. 553), Us espèrent au moins toucher la Sicile et retrouver déjà rappelé cette légende dans ses Géorgiques (35) et surtout dans sa IVe Bucole roi Aceste (regemque petamus Acesten, v. 558). Didon leur répond que lique, où le poète annonçait le retour de PÁge d’or par ces mois: Jam redit 327 tradition fut très généralement suivie par les Latins, qui donnaient le plus monde ignorant la ruse, la perfidie ct Pimpicté (2). Virgile lui-même avait sa royaulé est toute récente (regri nouilas, v. 563) mais qu'elle fera tout pour et qu'ils retrouvent le roi Aceste (regem Acesten, v. 570) et propose mème de alto (4). Pour cette constellation au symbolisme immédiatement perceptible, partager son propre royaume (Voltis et his mecum pariter considere regnis ?, les épithètes latines les plus utilisées ont été : alma, iusta, optima, pia, sancta (35), Virgo, redeunt Saturnia regna : | iam noua progenies caelo dernittitur v. 572). Elle espère tant recevoir le roi Ende ! (rex ipse / Aeneas, v. 575-576). Le chant H de l'Énéide est l'occasion pour Virgile de narrer, avec la chute En plus de ce caractère royal, qu'aucun autre chant de l'Énéide ne pourrait de Troie, sans doute le plus cruel exemple de trahison. Tout le livre rappelle revendiquer, on doit ajouter que le chant 1 s'accorde aussi pleinement avec comment Pinnocence des Troyens fut trompée par la ruse des Grecs (3) et un autre aspect des conceptions astrologiques de l'époque : celui de la géocomment ces derniers ont fini par s'emparer de ce que Troie possédait de graphte (ou chorographie) zodiacale. En effet, les Anciens avaient l'habitude de répartir les régions du monde selon l'influence que chacune était censée plus sacré: le Palladium, image sainte de la Vierge subir d'un signe particulier (29). D'un système proposé à l'autre, il y a des divergences, mats l'association du Lion à la Phrygic. qui doit certainement beaucoup Winnocence et celles de fourberie, de parjure et d'impiété, le comble ¿tant aux lions de Cybèle, est l’une des plus solides. lit Manilius, ce poète astrologue de Pergame se présente comme la fin brutale d’un âge d'or. presque contemporain de Virgile et proche d’Auguste, confirme: Phrygia, Nemeaee, potiris | Idaeae matris fanndus (9), Pallas (7). D'un bout à l'autre du chant, Virgile oppose les notions dejustice, de sainteté, de virginité, sans doute atteint avec le meurtre sacrilége de Priam (v. 526-558). La chute Le cheval de Troie a été construit sous la divine inspiration de Pallas (ditviria Palladis arte, v. 15) et est une offrande à la Vierge Minerve (inmuprae domemn On mesure aisément toute Pimportance que doit prendre la Phrygic aux Mineruae, y. 31). Le traître Sinon (#) raconte comment Poracle avait jadis veux de Virgile, puisqu'elle est le berceau de son héros. Quoi d'étounant done, commandé aux Grecs de sacrifier une vierge (Sanguine placastis uentos et si, des Je premier chant de l'Énéide, colui de tous les commencements, on uirgine caesa, Y. 116). H explique aussi que le don du cheval est destiné à trouve les affirmations les plus claires sur l'origine phrygienne d’Ende ? Ainsi, réparer la faute des Grecs, qui ont arraché du temple consacré le les premiers mots que Didon adresse au roi troven : Time ille Aeneas quem et se sont emparés des bandelettes virginales: Ormnis spes Danaum et coepti Dardanio Anchisae | alma Venus Phrygii genuit Simoentis ad undam Palladium (v. 617- fiducia belli | Palladis auxiliis semper stetit. Impius ex quo | Tydides sed enim 618). Ainsi aussi, ces vers célèbres, au centre exact du chant, ott Enée déctare scelerumque inuentor Vlixes, | fatale adgressi sacrato auellere templo | Pallalui-même que la Phrygie fut le point de départ géographique de son périple : dium, caesis sunmmae custodibus arcis, | corripuere sacram effigiem manibusque Sum plus Aeneas, raptos qui ex hoste Penatis[ classe ueho mecum. fama super aethera notus. [ Italiani quaero patriam et genus ab loue sumnto. | récit classique des Ages se trouve chez Ovine, Af. I, 89-150. Voir aussi limitation Bis denis Phrygium conscendi nauibus aequor, } matre dea monstrante uiam, d'Aratos par Germanicus, Pliaen., 96-139, (32) L'appellation lustitia se trouve chez: Nicunmus Nisunos, Sphaera, frag. 94: Hyas IL 25; Manaos IV, 543, Germanicus, Phuen., 104: Avitnus, Arat.. HO. (33) Georg. HI, 473-474, (34) Buc, IV, 6-7. Sur cette picee, voir: J. Carcorino, Virgile et le mystère de la data fata secutus (v. 378-382). Chant 11 (804 vers) : Vierge. — Selon le poète astronome Aratos, la Vierge zodiacale était diy, la Justice, qui régnait sur la terre durant l'Âge d'or, avant de trouver refuge au ciel, lorsque Vimmoralité gagna les hommes (31), Cette quatrième églogue, Paris, 1930, (35) Ch A. Le BœŒurirE, Les noms latins [n. 24], p. 213. (30) Maxttius IV, 759-760. (36) Le terme «dofus revient sept fois dans le seul épisode du Cheval, (37) Sur l'importance du Palladium dans les conceptions pythagoriciennes, cf. J. Carcorino, La Basilique pythagoricienne (n. 14), p. 344-358. (38) Un bel exemple d'opposition entre ruse et innocence est fourni par les personnages de Simon et de Cassandre; d'un côté, le Gree hypocrite que tout le monde croit (v. 195-198), de l'autre, Pinnocente prophétesse troyenne que personne n'écoute (31) (29) Sur la chorographie zodiacale, cl, À. Boueni-Liccirco, L'astrologie grecque [n., 23] p. 328-347 : G. P. Gooro, Manilius. Astronomiea. With an English Translation by G.P.G., Cambridge, Mass., Londres, 1977, p. xci-xch, Araros, Phaen., 96-136, Dans sa description des constellations, Aratos consa- (v. 246-247), ll est à noter, d'autre part, que les gens nés sous la Vierge passaient pour cre au signe de la Vierge un développement d'une longueur exceptionnelle. Son modèle ¿ue d’habiles discourcurs : cl. Mannius IV, 194 : illa decus linguae facict regnumique en celle occasion est le smivilie des races d'Hésionr, O. 106-201. Le troisième grand loquendi.

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cruentis | uirgineas aust diuae contigere uittus ... (Vv. 162-168). Pour remplacer les termes les plus utilisés pour désigner la constellation ont été Libra, ta Balance, et aussi Jugum, Véquivalent du gree Zoyós (4), C'est peut-être en raison de cette identification plus spécifiquement Latine (+) que les astrologues anciens se sont accordés pour faire de Vltalie — et pardessus tout de Rome, fondée, dit-on, sous ce signe -- l'unique patric influencée 328 le Palladium (pro Palladio. v. 183), les Grecs out décidé de faire cette offrande à Minerve (dona Mineruae, v. 189). Lorsque le cheval entre dans la ville, des jeunes gens et des vierges chantent des hymnes sacrés (Perl circrun inmuptaeque puellae | sacra canne, v. 238-239). Les Troyens relusent de croire 329 aux paroles de Cassandre (v. 246), la vierge prophétesse. Énéc voit en rêve par le signe de la Balance. Voici le témoignage de Manilius: Quod potius Hector, qui porte dans ses mains la puissante Vesta, ses bandelettes et son colar Hraliam, si seligat, astrum | quam quod cuncta regit, qued rerum pondera nouit, | designat stanmas et iniquunt separat aequo, | tempora quo pendent, leu éternel (Sie alt et manibus uittas Vestamque potentem | actermanque advtis effert penetralibus ignen, v. 296-397). Mais voici que Cassandre, la coeunt quo noxque diesque ? | Hesperiam sua Libra tenet, qua condita vierge fille de Priam, est traînéc hors du temple et du sanctuaire de Minerve Roma | orbis et imperitan retinet discrimina rerum, ? lancibus et positas gentes (Fcce trahebatur passis Priameia uirgo | crinibus a templo Cassandra advtisque Mineruae (v. 403-404). L'épisode prend ici d'autant plus d'importance qu'il se situe au centre exact du chant: le mot virgo, désignation mème du proprüs frenat pendentem nutibus orbem (4). Pour les contemporains de tollitque premitque, qua genitus Caesar melius nunc condidit urben| et Virgile, l'importance de ce signe, éminemment favorable à l'Italie et aux signe zodiacal, ne se trouve pas au vers 403 par hasard. Les Grees sont furieux Romains, s‘accroissait encore du fait que la Balance était également le signe de se voir enlever cette vierge (ereptae uirginis tra, v. 413) cl se vengent en serviteur de l'équité (Rhipetes, iustissimus vues | qui fuit in Teucris et seruannatal d’Auguste, comme le rappelle habilement invocation à Octave de la Ik Géorgique: anne nouom tardis sidus te mensibus addas, | qua locus Erigonen inter Chelasque sequentis [ panditur (ipse tibi iam bracchia contrahit rissimut dequi, v. 426-427) (9). Jusqu'à la fin du chant. le poéte fait encore ardens| Scorpios et caeli iusta plus parte reliquir) (9). À cette époque, la tuant Rhipée, l'homme le plus juste qui fut parmi les Troyens et le plus exact intervenir une série de grandes figures féminines qui n'a pas d'équivalent dans Balance devient, plus que jamais, le symbole des Romains, nation du juste le reste de Pocuvre: Andromaque (v. 456), Hécube et ses cent brus (v. 501), Hélène, «sur le seuil du temple de Vesta» (v. 567), la Tritonienne Pallas (v. 615), milieu, à qui fut donnée la mission d'imposer la paix (17). l'antique Cérès (v. 742) (1%) et bien sûr Creuse (1. 735-795). comme il convient ces conceptions et, en effet, le chant LH prédit l'établissement Du point de vue de Ja géographie zodiacale. le chant Il de l’Arrdide se montre, comme le chant 1, en accord complet avec les données astrologiques. En effet, les deux régions sur lesquelles la Vierge exergait son influence étaient, d'après Dans une œuvre comme l'Énéide, Virgile ne pouvait manquer de rappeler WEnée en Italie et annonce la future pax Romana. C'est au chant HI que les noms d'Italie et d'Hespérie sont évoqués le plus souvent (8), Tout au long de leurs errances maritimes, les Troyens sc voient les astrologues, la Grèce (avec Rhodes) et les cótes de l'Asie Mineure (11). promettre cette terre qu'ils espèrent tant. À Délos, l'oracte d'Apollon leur Pour respecter ces attributions, le récit du sac de Troie ne pouvait done trouver ordonne de chercher le berceau de leur race (v. 90-101). Arrivés en Crète, meilleur emplacement qu'au chant Il sur les conseils d'Anchise, les Pénates annoncent à Ende que l'Italie, non la Chant HE (718 vers): Balance, Le signe zodiacal de la Balance est né de la division, relativement tardive, de l'ancienne enorme constellation du (43) Nicipius Fiaunus, Sphaera, frag. 95: Libra, quam Graeci Zoyóv; on trouve lugiani chez Cicéron, Div. IL, 98 et dans Ptvathol, lat, 626, 4; on trouve fuga ches Scorpion (4). Les Pinces de la bête (Mur) sont devenues progressivement Maxuaus I, 61, les deux plateaux d'une Balance (Zuyd¢ ou Zuyoi), en sorte que, chez les Latins, (44) Hyun, 11, 26: Scorpius, Hic propter magnitudinem membrorum in duo signa dividitur, quorum units effigien nostri Libram dixerunt o; Manaos Caretta VEEL (39) Sur dustissintes et degui, cl. Nicunus Mauris, Sphacra, frag, 94: Nigidites de Virgine ita refert : Virginem fustitian dici site Acquitatem. quae ab hominibus recesserit et ad immortale» merito peruenerit, Le personnage de Rhipée, le plus juste des Troyens, fut repris par Dante (Par. XX, 68), qui en fait le seul paien du Paradis. (40) Cérés est également une identification possible de la Vierge celeste; el. Hyaın 1,25; Avunus, Arat. 284. (41) CE Manitas IV, 763-768. (42) Ch A. Boucne-Lecierce. L'astrologie grecque [n. 23]. p. 141-142: Bows, Sphaera, Uildesheim, 1967, p. 186-188; R. H. Actin, Star Names [n. 24], p. 26920M. Le Bayern, Les noms latins [n, 24), p. 170-173, 839 : quant Libram dieimus. (45) Maxnaus IV, 769-777, Voir aussi horoscope de Tarutius Firmanus dans: Cicéron, Div 1,98. (40) Georg. 1, 32-35. Sur la Balance, signe natal d'Auguste (22 ou 23 septembre 63) et aussi son signe ascendant, cf, J.-H. Anny, Auguste: La Balance et le Capricorne dans REL 66, 1988, p. 103-112, Voir aussi: J. Baver, /inunortalité astrale d'Auguste, dans REL. 17, 1939, p. 141-171. (47) Ch. Endide VA 851-853 : tu regere imperio populos, Romane, memento | (hae tibi erunt artes), pacisque imponere morem, | parcere subicctis el debellare superbos. (48) Zralia apparait VI Lois au chant II, sur un total de 44 occurrences dans l'Éndide. Hesperia vevient 4 fois dans le chant, pour 13 occurrences en tout.

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(PS)(Si — LE ZODIAQUE DE LENEIDE Crète, est leur vraie demeure (v. 154-171). Anchise comprend qu'il a été abusé Carthaginis arces[ et Libyam Aegyptigue latus donataque rura| Cyrenes cu se souvient des propos de Cassandre, qui parlait souvent d'Hespéric et lacrimis radicis Scorpios acris [ eligit (30). Le lien entre le uenenarian signum (52) du royaume italien (v. 180-188). Aux Îles Strophades, la Harpye Céléno prédit et les régions côtières d'Afrique s'impose naturellement ($3), et l'on ne doit aux Troyens qu'ils gagneront l'Italie mais ne pourront pas fonder de ville pas s'étonner si les Latins ont souvent donné à ce signe effravant un nom avant d'avoir été réduits par la faim à dévorcr leurs tables (v. 247-257). À Buthrote, Hélénus, interprète d'Apollon, avertit Euée qu'une très longue route africain, peut-être d'origine punique : le sépare encore du lieu où il pourra fonder sa ville, mais il lui conseille aussi combats sanglants» ($5), Les textes latins s'accordent pour voir dans Panimal d'offrir un sacrifice aux dicux lorsqu'il sera parvenu jusqu'aux rivages du Sud céleste un monstre au dard redoutable et à la piqûre brûlante ct mortelle. Nepa (5). Autant Pinfluence de la Balance est favorable, autant le Scorpion «pousse les esprits à se réjouir de de l'Italie, puis de fuir ces rivages habités par des Grecs, contourner la Sicile D'où, des expressions comme : siquident aculeo, uelut potentissimo telo, pars ct gagner Cumes, où prophétise la Sibylle (v. 374-462). armata posterior domicilium Martis est (88) ; nigrumgue gerens in acumine Enfin, Énée et ses compagnons touchent le sol italien. Nulle part dans toute l’Eneide le nom d'un pays n'est prononcé avec autant d'insistance: lamque uirus (97): caudaque gerens letale uenentan ($8) ... Mais surtout, le scorpion rubescat stellis Aurora fugatis | que le scorpion, lorsqu'on l'entoure d'un cercle de feu, finit par se piquer cum procul obscuros colis humilenique uidentus[ Haliam. Italian primus conclamat Achates, { Italiam laeto soci fut pendant longtemps considéré comme l'animal suicidaire: on prétendait lui-méme ($), clamore salurant (v. 521-524). C'est sur ce rivage qu'a lieu un prodige, présage Le chant IV de F'Énéide, le chant de Didon, est évidemment aussi le chant lourd de sens : quatre chevaux d'une blancheur éblouissante paissent le gazon de Carthage, si bien qu’encore une fois on ne saurait trouver meilleure confir- Er purer mation des données astrologiques. Mais derrière cette évidence géographique, tnchises «Bellum, o terra hospita, portas ; | bello armantur equi, bellum haec souvent rappelée tout au long du chant, on peut trouver des liens plus précis armenta minantur. | Sed tamen ident olim curru succedere sueti | quadrupedes qui unisscat l'animal venimeux et la plus grande figure de ce chant: Didon et frena iugo concordia ferre : | spes et pacis» dit (v. 539-543), L'arrivée des elle-même, reine de Carthage. dans une vaste plaine. L'interprétation d'Anchise est capitale: Troyens en Italie est marquée par un présage de paix et ceux-lá n'oublieront Qu'on songe d’abord au vocabulaire qu'emploic le poète pour décrire le pas de prier Pallas qui fui la première à les accucillir dans leur joie triomphante mal que la reine ressent depuis l'arrivée d'Énée. Didon nourrit dans ses veines (v. 543-544) (2). Mais en outre, Virgile a trouvé là le moyen de glisser le nom une blessure qui la brûle en secret (codes alit uenis et caeco carpitur igni, même du signe qui symbolise à la fois l'Italie et l'imposition d'une paix juste v, 2; uestigia flammae, v. 23) ; c'est une flamme qui dévorc ses lendres moclles, et durable: faze, exact correspondant du grec ¢vydc, signifie aussi bien le une blessure silencicuse qui vit dans son cœur et qui fait brûler la malheureuse joug que la balance el Augen est, comme on l'a vu plus haut, lune des (est mollis flanuna medullas| interea et tacitum uiuit sub pectore uolnus. | appellations les plus connues de la Balance équinoxiale, Le jeu de mots sur igen n'est d’ailleurs pas le seul du chant. On peut encore noter l'emploi de mots rares comme Graiugenun {v. 550) (59) et surtout Troiugena (v. 359), premier mot qu'Énée adresse à Hélénus. Le terme wintervient que trois fois dans l’Éniéide mais se trouve ici particulièrement bien placé : le jeu de racine a lieu au vers central du chant, exactement comme virgo se trouvait au centre du chant précédent et comme d'autres noms de signes, (51) Mantis IV, 778-781, Même attribution générale chez Dorothéus de Sidon, ef. A. Bovent-Lecierco, L'astrologie grecque [n. 23), p. 332. (52) Avienos, frat, 884. Autres dénominations du Scorpion par périphrases dans : A. Le Baume, Les noms latins [n. 24], p. 216. Sur les caractéristiques du Scorpion d'après Manilius, voir W, Hosner, Die Eigenschaften der Tierkreiszeichen in der Antike, Wiesbaden, 1982, p. 576-581. Pour une étude très détaillée sur le signe du Scorpion, ainsi que nous le verrons, figurent, tels des cartouches, au centre précis de voir L. Auriemma, Le Signe Zodiacal du Scorpion dans les traditions occidentales leur chant. de l'Antiquité gréco-latine à la Renaissance, Paris, 1976, (53) CE W. Deonna, Mercure et le scorpion, Bruxelles, 1959, p. 36-37. (54) Cf. Cicéron, rar. 15,5 : Manitius 11, 32, Sur Porigine du mot, voir la discussion dans : A. Le Baunei, Les noms latins |n. 24), p. 168-169. Chant IV (705 vers): Scorpion, — Si, selon l'astrologie antique. la juste Balance gouverne Rome et Pltalie, le Scorpion règne sur la grande rivale vaincue : Carthage, Dans ses Astronontica, Manilius écrit : Znferius uictae sidus (49) À l'endroit où les l'royens ont abordé, un temple de Minerve leur était apparu sur la hauteur (ef. HI, 531). (50) Seule autre occurrence dans l'Énéide en VUE, 127. {55} Manıaus IV, 220-222. (56) Macrone, Sar. 1, 12. (57) Anthol. lat. 624, 4, (58) Anthol. lat, 626, 4. (59) Sur la légende du scorpion suicidaire, entouré de flammes, voir la discussion dans : O, Reiser, Die clatike Tierwelt, U, Leipzig, 1913, p. 472-473,

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Mitr infelix Dido. v. 66-69). Comme frappée d'un coup mortel (etalis sub eodem condita signo (0). Les Anciens représentaient généralement le ftarundo, v. 73), elle délire (demens, v. 78), la frénésie parcourt ses os (traitque Sagittaire comme un centaure (d'où parfois, comme chez Manilius, l'appellation ws)LoLe) per ossa furoren, v. 101). Didon ne se possède plus, elle se déchaîne (bacchatur, un peu équivoque de Cemtaurus), c'est-à-dire une figure hybride avec un avant v. 301), comme piquée par un aiguillon (stönlant, v. 302). Elle mourra d'une corps humain et le reste du corps en forme de cheval. La grande différence mort eruelle (morinea tenet crudeli funere Dido, v. 308), d'une mort froide avec qui séparera son âme de ses membres (cum frigida mors anima seduxerüt indispensable ici, de l'arc et des fléches. Les noms latins les plus courants artus, V. 385), dune mort vaine (ffustra moritura, v. 415). La malheurcuse som d'ailleurs : Sagittarius, Sagittipotens, Sagittifer, Arcitenens. Parfois aussi. Didon invoque la mort (Tien vero infelix fatis exterrita Dido | mortem orat, on trouve Arcus où Sagitra (6), Manilius prétend encore que les natifs du la constellation australe du Centaure est évidemment la présence, v. 450-451), pressée par un présage sinistre: Vean sacrée devicnt toute noire, Sagittaire n'ont pas leur pareil pour le dressage des animaux et en particulier le vin se change en sang ((horrendunt diene) latices nigrescere sacros [ fusaque des chevaux : Az, quibus in bifero Centauri corpore sors est | nascendi concessa, in ohscenum se uertere uina eruorem, v. 454-455). Didon, vaincue par la liber subiungere currus, | ardentis et equos ad moliia ducere frena [ et totis douleur, a perdu la raison (Argo ubi concepit furias eticta dolore, v. 474). armenia sequi pascentia campis, [ quadrupedum onme genus positis domitare La päleur recouvre son visage (pallor simul occupat ora, v. 499), magistris (01). Et puis surtout, Didon perdue, voulant en finir au plus vite avec l'odicuse Une fois de plus, l'Énéide respecte pleinement tes données de la géographie lumière (inuisam quaerens quam primum abrianpere lucent, v. 631), n'aura zodiacale. Après l'étape carthaginoise, les Troyens se retrouvent en Sicile, où d'autre solution que le suicide. Elle avale un noir poison (igri uenent, v. 514). Enée fait douner des jeux en l'honneur d’Anchise. Le poète réserve à cette Egarce par la folie (quae mentem insania nutat ?, v. 595), la malheureuse escale la totalité du chant V. Didon (infelix Dido, v. 596) lance un regard sanglant (sarngrneunr uoluens Virgile a glissé dans sa description des jeux de très nombreuses allusions aaeım, y. 643). Elle est pâle de sa mort prochaine (pallida morte futura, y. 644). au signe du Sagittaire. Le premier concours est une lutte de vitesse entre Lorqu'elle se donne la mort, de sombres flots de sang coulent hors de sa quatre bateaux parmi lesquels on trouve le vaste, l'énorme Cenraure (Centauro blessure (atros cruores, v. 687). Même le cercle de feu, coupant toutes les magna, v. 122; ingens / Centaurus, v. 156-157). La victoire finale se joue grâce issues. est évoqué, Le suicide de Didon s‘accomplit au milieu des Hammes à l'appui des dieux: poussé par Portunus, le navire de Cloanthe file plus que ka reine a fait allumer: perficere est aninus finemque imponere curis | rapide que la flèche ailee (cities uolucri sagitia, v. 242). La deuxième épreuve Dardaniique rogum capitis permittere flamunae (v. 639-640) ; hoc rogus iste est la célèbre course à pied dans laquelle s'illustrent Nisus et Euryale (65). nuhi, hoe ignes araeque parabant ? tv. 676), C'est entouréc de ce feu que Didon Tous les participants vont recevoir un prix, Mais, en plus, le vainqueur de prononce ses dernières paroles vengeresses : Hauriat hune oculis jenen crudelis la course recevra un cheval tout paré de phalères (Primus equom phaleris ah alto | Dardanus, et nostrac sectan ferat ontina mortis (v. 661-602). insignem uicior habeto, y. 310) et le deuxième, un carquois d'Amazonc plein On peut encore noter qu'au centre exact du chant (v. 352) la mention des de flèches thraces (alter Amazonia pharetram plenanique sagittis | Threictis, astra ignea rappelle peut-être le signe du Scorpion et, plus particulièrement, v. 311-312). Si la troisième épreuve, le combat du ceste, ne semble pas avoir son étoile principale, Antares, qui a l'éclat du feu (9). de rapport direct avec le signe du Sagittaire, il en va tout autrement de la Chant V (871 vers): Sagittaire. - D'après Fastrologie antique, le signe du Sagittaire devait exercer son influence sur la Crète, patrie des archers (1), et sur la Sicile, île sœur de la première au dire de Manilius : Crosia Centauro tellus circumdata ponte| parer, et in genimen Minois filius astrunr | ipse uenit geminus, Celeris hine Creta sagittas | asserit imentosque imitata sideris arcus. i insula Trinacriae fluitarieni ad ¡ura sororem } subsequitur Triuiae (60) Les Babyloniens appelaient Antares (a Scorpionis) «le feu rouge» ich. A, Fio. RISOONE, Astres et constellations des Babyloniens daus Ciel et Terre GT, 1951, p. 158. Antares était, rappelons-le, comparée à Mars (d'où, son nom), la planète rouge, sanglante, guctrière, parfois encore appelée Prrois, «te Flamboyanty (HyGin TI, 42). (01) Manus I. 241: er quí Cretaco fulger Centaurus in arci. dernière épreuve prévue, qui n'est autre que celle du tir à Pare. Là, bien sûr, les allusions et les termes renvoyant au signe zodiacal se multiplient: Énée invite ceux qui veulent se mesurer au lancer des MNèches (Protinus Aeneas celeri certare sugitta | inuitat qui forte uelint, y, 485-486), (62) Mantis IV, 783-788. La parenté entre les deux îles s'explique par la légende de Minos et de Dédale, poursuivi de Crète jusqu'en Sicile : cf. A. Boverte-Lici ence, L'astrologie grecque n. 23), p. 331. (03) A. Le Batre, Les nomas latins [n. 24], p. 175-176 (64) Manaus IV, 230-234. (65) Uuryale gagne «sous les applaudissements et les acclamations» (plastique volar frenutuque sectardo, v. 338), On sait que la mythologie identifiait généralement le Sagittaire à Crotus, inventeur des applaudissements ; cf Nicinius Fiourus, Sphaera, trag. 97 :/Crotusfcnius artes inter mortales mansere : platisas et sagittari,

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et les concurrents s’essayent l'un après l'autre. Hs courbent leurs ares (incuruanı haec populi spectat, at illa Larem. | Vique sedens primi uester prope limina ares, v. 500), ils sortent les flèches de leurs carquois (depromunt tela pharetris, . 501). Le poète aligne alors les noms de Neche (sagitta, y. 502 ; telum, v. 508 ; tela. v. 514; sagittam, v. 518; telum, v. 520: harundo, v. 525 ; harundine, aulae, { Eoas partes, Hesperiasque sini (9), v. 544), de corde (neruo, v. 502; vincula, v. 543), d'arc (aren, v. SOT; aren, le chant des portes, des seuils à franchir (29), ainsi qu'il convient à la partie v. 513 ;urcum, v. 521). de l'œuvre dont le caractère initiatique — catabase d'Énée passant de Pobscu- 334 Puis. venant couronner ces épreuves, lule et sa troupe de garçons vont faire une parade équestre, ancêtre, selon Virgile, de ces Ludi Troiani tant appréciés 335 tecti / danitor, egressus introitusque uidet ; | sie ego perspicio, caelestis ianitor Conformément à ces conceptions, te chant VI de l'Énéide apparaît comme rité à la lumière, prophéties de la Sibylle apollinienne, révélations d’Anchise — est le plus manifeste (71). à l'époque augustéenne (4), C'est là, en fait, une démonstration exemplaire Au début du chant, Virgile décrit en détail les portes du temple d'Apollon de dressage : Tule et ses compagnons resplendissent sur leurs chevaux domptés (frenatis lucent in equis, v. 554) et entremélent des figures que le poète compare (oribus. v. 20) ainsi que Pantre de la Sibylle: cent galeries (aditus centri, au labyrinthe de Crète (v. 588-593) (7). (/ores, v. 47). Plus loin, les cent portes énormes du sanctuaire s'ouvrent d'clles- Dans ce chant Y apparaissent en outre trois ares célestes, Au début du livre, Énéc est frappé de stupeur par un serpent prodigieux qui ressemble à l'arcen-cieh (cou nubibus arcus | mille iacit varios aduerso sole colores, v. 88-89). Après les jeux, Junon envoie Iris, la messagère des dieux, qui descend à travers un arc-en-ciel aux mille couleurs (per mille coloribus arcean, v. 609). Enfin, v. 43), cent portes (ostia cenuem, v. 43), un seuil (limen, y, 45), une entrée mêmes, pour livrer passage aux réponses de la Sibylle (Ostia ¡anque domus patuere ingentia centuni | sponte sua uatisque [erunt responsa per auras, v. 81- $2) qui annonce que le salut des Troyens «sera ouvert» par une ville grecque (Graia pander ab urbe, v.97). Énée veut voir la porte du roi des Enters (inferni ianua regis, v. 106), et pric la Sibylle de lui ouvrir les portes sacrées après avoir incité les ‘Troyennes à brûler leurs vaisseaux, la déesse remonte (doceas iter et sacra ostia pandas, v. 109). Anchise lui-même lui avait ordonné au ciel, découpant sous les nuces un arc immense (cum dea se paribus per fuga secuit sub nubibus arcum, v. 657-658). cachon sustulit alis | ingentemque de franchir ce seuil (er tua dinina adirem, v. 115). La Sibylle lui répond que la porte du sombre Dis est ouverte nuit et jour (aoctes atque dies patet atri tania Ditis, y, 127). L'entrée dans les Enfers s’accomplit «sur le premier seuil Chant VI (901 vers}: Capricorne. -- Dans le zodiaque pythagoricien, le signe solsticial du Capricorne occupe une place exceptionnelle puisque, comme du Soleil» (primi sub limina solis, v. 255) et le poëte se demande s’il peut nous l'avons vu plus haut, il est identifié avec la porte des Dieux, celle que v. 279), la guerre tueuse d'hommes, et, devant les portes (in foribus, v. 286), révéler (pandere, v. 267) ce qu'il va dire. Enée découvre, sur le seuil (ir imine, franchissent les âmes qui ont achevé tous leurs cycles de génération et qui peuvent enfin sortir de la manifestation. La tradition romaine vient confirmer des Centaures, puis le passeur Charon et Cerbère, qui. tel Janus, est le giganla symbolique attachée au Capricorne et renforcer le rôle charnière de ce signe. elle aussi gardienne du seuil (seruet Proserpina limen, y, 402), des âmes de En effet, au séjour du Soleil dans te Capricorne correspond, du moins en partie (8), le mois de Janvier (Januarius), qui ouvre l'année du calendrier sous la garde de Janus, le dieu des portes (iauae) et du temps: Praesideo foribus caeli cunt mitibus Horis: [ It, redit officio luppiter ipse meo : | inde ttocor lanus (...). Omnis habet geminas, hine atque line, ianua frontes ; [ e quibus (60) Sur les Ludi Troiani vu Lustis Troise, voir, par exemple : K. Scumianir, Lasts Troise dans RE, XI, 1927, col. 2059-2067; E. Mein, Troiaspiel dans RE, Suppl. VIH, 1950, col. 888-900. (67) Sur cette comparaison, voir: W. FJ. Ksicur, Cronacan Gates, A Reference of the Sixth Aeneid to the Initiation Pattern, Oxtord, 1936, p. 76-90. (68) Le séjour du Soleil dans le Capricorne correspond à ta période qui va du 17 décembre au 15 janvier (Couumeinti XI, 2, 94 ct 4). Toutefois, certains font reculer la fin de cette période jusqu'au 16 janvier (Punt, NL NVIIL 235: Oviba, 41, 051-652) et mème jusqu'au 22 janvier (fastes de Philocalus; cf. ££, XI, 2, p. 261 tesque gardien des portes (agens ianitor, v. 400). I rencontre aussi Proserpine, nouveaux-nés, «au premier seuil de Páge» (in flimine primo, v. 427), enfin Déiphobe, dont l'épouse a ouvert la porte aux Grecs (et límina pandit, v. 525). Puis, c'est Ja fameuse bifurcation en Y, conduisant à gauche, vers le Tartare et, à droite, vers l'Élysée (Hie locus est, partis ubi se via findit in ambas, v. 540). D'un côté, Fénorme porte du Tartare (Porta aduersa ingens, v. 552), (69) Ovibe, Fl, 125-127 et 134-139, Sur la fonction de Janus, ef. R. Gurnon, Symboles fondamentatex |n. 14] (sur le symbolisme solsticial de Janus), p. 251 : «Les portes solsticiales donnent accès aux deux moitiés ascendante et descendante du cycle zodiacal qui y ont leurs points de départ respectifs, Janus, que nous avons déjà vu apparaître comme le "Maître du triple temps’, est aussi par là le "Maitre des deux votes”, de ces deux voies de la droite et de la gauche que les pythagoriciens représentaient par la lettre Y». (70) Le seul terme dimer: intervient TI lois au chant VI. (70) CER. Science, Romanité et ésotérisme dans le chant VI de PEnéide dans et 239), Voir aussi A. Li Ba:oreLe, Astronomie. Astrologie. Lexique latin, Paris, 1987, ‚ti del convegno virgiliano di Brindisi nel Binillenario della Morte, Pérouse, 1983, suv. Capricormus,

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337 l'entrée (uestibulun, v. 556) gardée par ‘Visiphonc, seuil infranchissable pour quem promitté saepius audis, [ Augustus Caesar, diui genus, aurea condet | les âmes pures Galli fas casto seeleratian insistere imei, v. 563). Là, les portes saecula qui rursus Latio regnata per arua [ Saturno quondant (v. 791-794). ne s'ouvrent (pandenmr portae, v. 574) que pour les grands coupables, et une hydre monstrueuse tient fe seuil (inzizza, v. 575). Là aussi, parfois, le ‘Tartare s'ouvre (parer, v. 578). De l'autre côté, les portes de PElysée (portas, v. O31; foribus, v. 634 ; aditum, v. 635 ; limine, v. 636). Au-delà de ces portes, Anchise révélera la destinée de son fils (paradit, v. 723). Le récit s'achève sur les deux portes (v. 893-899), celle de corne et celle d'ivoire, symbolisme pythagoricien qui fut le point de départ de notre étude. À cette omniprésence des portes, qui renvoie au symbolisme solsticial, il faut sans doute ajouter certaines allusions plus directement liées au Capricorne. D'abord, bien sûr, comme nous venons de le rappeler, la porte de corne (corned, v. 894) (2), Ensuite, la mention explicite et unique dans toute l'Éniéide du solstice d'hiver (signe du Capricorne): Quale soler siluis brumali frigore uiscunt (v. 205). Enfin, le terme biformis, que les Latins réservaient au Capricorne (23), et qui revient deux fois au chant VI (v. 25 et 286) ; ce terme ne se trouve nulle part ailleurs dans l'Énéide. Mais, plus que ces rapprochements ponctucts, c'est l'ensemble de ce chant «hors serie» qui doit être mis en parallèle avec le symbolisme pythagoricien de la porte des Dieux. La perspective initiatique qui, Pun bout à l’autre. marque le chant VI est de meilleur indice de son identification avec le Capricorne, signe de résurrection et d'apothéose. On ne peut d'ailleurs manquer de voir, dans ce symbolisme, une des raisons qui ont conduit Auguste, pourtant né sous la Balance, à se choisir comme signe astrologique le Capricorne (7). Chant VI (817 vers): Verseau. — Les Anciens voyaicnt dans cette constellation l'image d'un homme portant une urne d'où sort un courant d'eau. Le nom latin le plus usuel pour l'ensemble est Aquarius (le Porteur d'eau), mais on trouve également de nombreuses périphrascs de sens voisin comme Fundens latices, Anment fundens, Vrnam qui tenet, Imbris fusor, Fusor Aquae, Amphora, Vrna, Aqua (7), L'astrologie mettait tout spécialement l'accent sur le caractère liquide de la constellation, associant le Verseau avec les pluies, les inondations, les déluges, les fleuves ... On identiliait généralement le Verseau a Ganymede (77), l'échauson, ou bien à Deucalion (78), le héros du déluge. C'est au début du chant VII de l'Énéide la moitié de l'œuvre étant désormais dépassée, qu'Énée et ses compagnons arrivent au Latium, terme de leurs errances, et qu'ils y découvrent le Tibre, fleuve le plus important de l'Énéide : Atque hic Aeneas ingenten ex dequore lucum | prospicit. Hunc inter fluuio Tiberinus amoeno| uerticibus rapidis et multa flauos harena| in mare prorumpit. Variae circumque supraque| adsuetae ripis uolucres et fluminis alueo | acthera nudcebant cantu lucoque uolabant. / Flectere iter sociis terraeque aduertere proras [ iniperat et laetus fhuuio succedit opaco (v. 29-30), Reconnaissant en cet endroit la terre promise, Ente prie le Génie du lieu, la ‘Terre, les nymphes ct les fleuves qu'il ne connait pas encore (er geniumque loci primaque deorum | Tellurem Nymphasque et adhue ienota precant| Alumina (v. 136-138). Puis il explore les alentours; voici les eaux dormantes du Numicus (haec fontis stagna Numici, v. 150), voici le Tibre (une Thrbrim Signalons à ce propos que le nom d'Auguste qui n'intervient que deux fois daus l'Aide (5) apparait pour la première fois dans ce chant VI, Fasten, y, 151). Latinus accucille les Troyens qui avaient trouvé refuge entre lorsqu'Anchise annonce à son fils la venue d'un être divin {et promis à l'immortalité, par une apothéose) qui raménera VAge d'or: Mic wir. hie est, tibi de l'Océan (refuso/ Oceano, y. 225-226), d'un cataclysme (Diluuio, v. 228), les rives du fleuve (fhaninis intrastis ripas, v. 201). Ceux-ci parlent des reflux et de leur désir de trouver l'air et l'eau, biens offerts à tous (cunetis undamque auramque patentem, y. 230). C'est à qu'Apollon presse les Troyens de dé- (72) Sur la même racine, on trouve encore corned (Vv. 245) et cornipedunr w. 391). barquer, près du ‘libre tyrrhénicn et des eaux sacrées de la source du Numicus (73) Ch Maninius HE, 257: ir octane Capricorn’ parte biformis; GERMANICUS, Clrrrhenun ad Thybrim et fontis uada sacra Numici, v. 242). Hs sont, malgré Phaen.. trag. IV, 30, Voir aussi W. Honser, Corpore Semifero. Ekphrasis oder Metamorphose des Steinbocks ? dans Hermes 108, 1980, p. 73-83, (74) Sur le Capricorne comme signe d'Auguste, voir : E. J. Dwver, Augustus and the Capricorn dans ALDA IR) 80, 1973, y. 59-67 , A. La Barras, Le ciel des Romains, Paris, 1989, p. 59-60; LH. Anry, La Balance et le Capricorne |n. 46]: J. Gace, Apollon romain, Essai sur de cute d'Apollon et le développement du sritus graecus» a Rome des origines à Auguste, Paris, 1955 (BEFAR, 182), p. 588; sur l'utilisation de ce signe dans les réalisations architecturales d'Auguste, ef. E, Buenner, Solarium Augusti und Ara Pacis dans MDAUCR) 83, 1976, p. 347-348 , dans le domaine numismatique, el. K. Krave, Zum Capricorn auf den Münzen des Augustus dans Junon, à Pabri dans le lit tant désiré du Tibre (optato conduntr Thybridis alueu, v. 303). Turnus, que le pocte vient de présenter, descend d’Inachus (Zr Tierno, si prima domus repetatur origo, | Inachus Acrisiusque patres mediaeque Mycende, Y. 371-372). Amata invoque lo (Jo matres, audite, v. 400). Allecto pré- (70) Ch A. Le Bauer, Les noms latins [n. 24], p. 178-180. (77) Erarostuene, Catastérismes 6: Hyain IE 29; Avusus, «trat. 9805 Ovine, Jhb. Nam, 17, 1967, p. 17-27. FAL, 145-146 ; Manınius Y, 487. (75) L'autre apparition du nom d'Auguste se situe bien sûr au chant VIII (v. 078), lorsque Virgile décrit la bataille d'Actium gravée sur le bouclier d'Tinée. $61 ; Lucan I, 653-654, (78) Nigtorus Ficurus, Sphaera, trap. 99; Mya 11, 29: Greestanicus, Phaen.

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339 vient Turnus que des Phrygiens sont sur le beau fleuve (Phrygios, qui fhanine puppes pulchro, v. 430), Celui-la savait déjà qu'une flotte avait pénétré dans les eaux desidera: usus (82), Manilius, qui explique aussi comment, grace a l’influence des Poissons, l'art de la navigation est parvenu jusqu'aux étoiles, en liant mer et ciel, déclare que ce signe étend même son autorité sur les batailles navales et les guerres au cours desquelles les flots de la mer sont souillés de sang : nanalis etiam pugnas, pendentia bella, | attribuunt pelagique infectos du ‘Fibre (Classis inuectas Thybridis undam, v. 436). La fureur de Turnus est comparée à unc cau qui bout : magno veld cunt flanima sonore | uirgea suggeritur costis undantis aeni | exsultantque aestu latices, furit intus aquai | fumidus atque alte spumis exuberat anmis, | nec iam se capit unda, uolat uapor ater ad auras (v. 462-466). Plus loin, hule chasse le cert, qui se laissait porter par le courant du fleuve ({uuio cum forte secundo | deflueret, y. 494495). L'infernale Allecto appelle les pátres, entendue par le lac de Trivia (Triuéae lacus, v. 516), le fleuve Nar et les fontaines du Vélinus (amis / sulpurea Nar albus aqua fontesque Velini, v. 516-517). A la fin du chant VII figure l'énumération, unique dans l'Énéide, d'un grand nombre de fleuves ou, ce qui est encore plus significatif, de héros portant le nom d'un fleuve (79) : Amie (v. 532), Galaesus (v. 535), Ampsanctus (v. 565), aut puppibus arma parabunt, | quidquid et in proprios pelugus sanguine fluctus (8), Que les Poissons zodiacaux soient parfois considérés comme des habitants de la mer, c'est ce que révèlent aussi certains zodiaques, où les deux poissons sont remplacés par deux dauphins (#). Leur rôle de maîtres en navigation et de sauveurs cst alors encore plus manifeste (85). Comme, par ailleurs, le signe des Poissons était, durant l'Antiquité, le dernier signe avant le retour du point vernal, il était alors courant de voir dans ce signe le symbole du sauveur qui apparaît à la fin d'un cycle comme point de jonction entre ce cycle et le suivant (86), Anien (v. 683), Amasenus (v. 685), Velinus (4. 712), Uimella (v, 714), Tiberis Le chant VIII de VEndide s'achève sur l’un des épisodes les plus importv. 715), Fabaris (v. 715), Allia (v. 717), Hermes w. 720), Volturnnus (v. 729), tants de l'œuvre: Ence reçoit de sa mère les armes forgées par Vulcain et surtout le bouclier qui «tiendrait à lui seul contre tous les traits des Latins» Sarnus (v. 738), Vinbro (v. 752), Vfens (v. 802). Mais l'allusion la plus directe au Verseau zodiacal n'est autre que le bouclier même de Turnus, qui est décrit peu avant la fin du chant: Ar fewent clipeum sublatis cornibus lo [ auro insignibat, iam savtis obsita, ian bos, | argumentan (unan omnia contra | tela Latinorum, v. 447-448), Virgile consacre plus d'une centaine de vers à la description de cet «ouvrage impossible à décrire» (er clipei non enarrabile texnan, v. 625), et l'attention du lecteur se focalise ingens, et custos uirginis Argus| cavlataque anneni fiaudens pater Inachus naturellement sur ce bouclier et sur les scènes, gravécs dans le métal, de la urna (v. 789-792). Dans cette description qui, malgré sa briéveté, doit tout gloire future de Rome. Or, au milieu du bouclier se trouve narréc de même êue considérée comme la contrepartie de la fameuse description, navale d'Actium, considérée à au chant suivant. du bouclier d'Énée, Virgile parvient à glisser le motif précis price auquel le signe du Verseau s'identific immédiatement, Chant VI (731 vers): Poissons. — La representation classique de cette constellation apparaît pour la première fois chez le grec Aratos ($0): deux Poissons dont les queues sont reliées par une sorte de chaîne. La mythologie antique associait volontiers les Poissons à la région de PEuphrate, où Vénus la bataille l'évidence comme le sommet de l'histoire romaine, et qui assure véritablement la transition entre deux cycles de cette histoire (87), Deux sauveurs apparaissent dans cette bataille, qui marquent le début d'une ère nouvelle : Auguste, surmonté de Pastre paternel (patritun sidus, v. 681) (88), et Agrippa, qui porte sur son front hérissé de rostres navale (tempora nauali fulgent rostrata corona, v. 684), Virgile la couronne décrit en détail «les champs de Neptune rougissant d'un carnage sans précédent» (aeua noud et son fils Cupidon avaient, dit-on, pris cette apparence pour échapper à Typhon (81). Ces poissons, symboles d'une métamorphose salvatrice, étaient alors naturellement considérés comme poissons d'eau douce. Cependant, l'astrologie enscignait qu'ils exerçaient surtout leur influence sur la mer et sur les marins, comme en témoigne Manilius : Prima quos gemini producunt sidera Pisces, / his erit in ponte studium, uitamque profundo | credent et (79) A. Beuuissori, Virgile, Enéide. Vome UW. Livres VH-AH, Paris, 1957 (Collection des Universités de France), p. 30, note, sans en chercher la raison, cette accumulation de noms de fleuves au chant VU: «Virgile aime à donner à ses héros des noms góographiques, surtout des noms de cours d'eau». (80) Aratos, Phaen, 239-245. (81) Ovını, #1, 459-472; Hveun MH, 30; Nicioius Ficurus, Sphaera, frag. 100; Maxtaus IV, 579-582. (82) Manutaus IV, 273-276. (83) Manıtaus IV, 288-289. (84) Ch W. H. Roscuer, Sternbilder |n. 23]. col. 979; R. H. ALLEN, Star Names In. 24], p. 341. (85) J. Crevalare A. GUEERBRANT, Dictionnaire des aymboles, Paris, 1982, sv. Dauphin. (86) A ce symbolisme se rattache évidemment, dans la tradition chrétienne, le nom IXOYZ, qu'on interprète comme formé sur les initiales de ‘ook Xpatöog Oeob Yids Lwujp ; el L. Crarsonneau-Lassay, Le Bestiaire du Christ, Milan, 1940, p. 692-696. (87) L'organisation des scènes du bouclier a été étudiée, entre autres, par J. Perras, Virgile. Encide, Tome Il. Livres MWIH, Paris, 1978 (Collection des Universités de France), p. 217-220. (88) C'est-à-dire Vénus, la mère d’Énée; el, Prorerce IV, 6, 59: 41 pater Idalio miratur Caesar ab astro.

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341 Neptunia caede rubescunt, v. 695), mais surtout il introduit l'épisode par un tranquillité d'un refuge, des gens qui osent explorer l'inconnu, recourant même élément qu'on aurait bien du mal, vu les circonstances, à considérer comme au pillage, mais que Paudace et le désir de se surpasser finissent par perdre. simplement décoratif: au centre de la scène, de clairs dauphins d'argent, Nul épisode de FÆnéide n'illustre mieux ce caractère que celui de Nisus nageant en cercle, balayent la mer de leurs queues et fendent les remous (et et d’Euryale, d'ailleurs de loin le plus marquant du chant IX. Ainsi Nisus, circum argento clari delphines in orbem | acquora verrebant catidis aestuntsoldat inurépide (acerrinus armis, v. 176), confie-t-il au jeune Euryale : Zurvale, que secabant, v. 673-674). Uallusion au signe zodiacal se précise encore, lorsan sua cuique deus fit dira cupido ? | Aut pugnani aut aliquid iamduduni qu'on rapproche cette description de son modèle, en l'occurrence le bouclier invadere magnum | mens agitat mihi nec placida contenta quietest (v. 185- d'Héraclès. attribué généralement à Hésiode. Le poète gree disait en effet: 187). Plus loin, Euryale affirme fièrement : Me nulla dies tam fortibus ausis ] ded Ö' dvapoción vis: | dpyipcor dcdpives Wont dissimilem arguerit (v. 281-282). Lorsque les deux compagnons sortent du konas 05e. | ubv Sn xarncın tptov iq0bes (89). Ainsi, une camp, Nisus declare : Lurvale, audendum dextra, nune ipsa uocat res (v. 320). même symbolique s'attache grands boucliers de Ils trucident de nombreux ennemis, puis doivent abandonner une série d'objets l'Énéide, De mème qu'un verscau signait celui de Turnus, ici, au centre du grand bouclier d'Énéc, deux dauphins participent au triomphe d'Auguste et qu'ils viennent de piller (Afulta uirum solido argento perfecta relinquont| armaque craterasque sind pulchrosque tapetas, v. 357-358). Euryale s'empare d'Agrippa, comme pour montrer que le miracle dActium fut Foœcuvre de deux des armes ennemies et les met sur ses épaules (hace rapit aique umeris sauveurs. nequiquam fortibus aptat, v. 364). Ce butin précipitera sa perte: l'oublieux aux deux Euryale est trahi par un reflet de Lune sur son casque (er galea Euryalum Chant IN (818 vers): Bélier. - Le Bélier zodiacal était généralement associé sublustri noctis in umbra | prodidit immemoren radiisque aduersa refidsit, au Bélicr à la toison d'or de la mythologie (4), On rapporte d'ordinaire que v. 373-374). Dans les dernières paroles de Nisus, qui vient au secours de son Phrixus aurait consacré le Bélier à Jupiter, en accrochant à son temple la ami, il est toujours question d'audace (95): Me, me, adsunt qui feci, in me toison Wor: Jupiter, en récompense, aurait placé au ciel l'animal dépouillé et donc sans éclat (9). Parfois même, il est dit que le Bélier se serait sponport (caelum haec et conscia sidera testor), [ tantum infelicem nimiunt dilexit tanément dépouillé de sa toison (92), ct cette version est celle qui s'accorde amicum (v. 427-430). conuertite ferran, | o Rutuli! mea fraus omnis, nihil iste nec ausus | nec le mieux avec le caractère astrologique du Bélier, considéré comme le modèle D'autre part, on trouve au chant IX un grand nombre d'allusions à un du sacrifice. Manilius écrit, à propos du Bélier et de ceux qu'il influence: autre aspect du Bélier, En effet, le bélier s'est très naturellement trouvé associé Diues fecundis Aries in uellera lanis | exutusque nouis rursus spem semper aux opérations de la poliorcétique (%) et le chant IX est presque entièrement habebit, | naufragiunigue inter subitian censusque beatos [ crescendo cadet consacré au siège d'un camp retranché. Dès les premiers vers, le poète présente ef uotis in danina feretur, | in uulgumque dabit fructus (2). FX, plus loin : Paícul de l'urnus, Pilates (y. 4), dont le nom est tout un programme. Dans non contenta sto generabit pectora censtt et dabir in praedas animos soluetque pudorem : / tantum audere itaat, Sic ipse in corma fertur [ie ruat la suite du chant défile une longue série de termes relatifs à Part d'assiéger les villes (97), ant uincat. Non illos sedibus isdem | mollia per placidas delectant otia curas, | Enfin, le texte semble explicitement lier les destinées de Nisus et d’Euryale sed iuuat ignotas semper trausire per urbes | scrutarique tout pelagus totius au signe du Belier. Alors que son fils allait trouver Ja mort, la mère d’Euryale et esse } orbis in hospitio (9). Autrement dit, fe Bélier donne naissance à des était en train de lui tisser, jour et nuit, un vêtement de laine (%). Quant à gens qui se sacrifient pour le bien commun ct qui ne se satisfont pas de Ja (95) La notion d'audace revient six fois dans le seul épisode de Nisus et d'Eurvale : v. 217: 281, 291 : 320 ; 399 ct 428. (89) Heston, Se, 251-213. (90) Ovive, LH 851-876; (96) Cf. Virnuve X, 21. Mantas HE 304: Geratanious, Frag. IV. 78: Lueain IV, 57. (91) Flvoen JI, 20. (92) Tlvo 11, 20: Zratosthenes ait arterenm pan sibi pellem auream detraxisse et Phrixo memoriae causa dedisse, ipsum ad sidera peruenisse, quare, ut supra diximus, obscurits uideatu. (93) Mantas IV, 124-128, (94) Mantinius IV. 507-514, (97) Voir en particulier, dans ce chant IX, les vers 36-43 (Enée avait interdit de sortir du camp); 47-72 (Turnus au pied du camp); 159-183 (siège des Rutules et reiranchement des Troyens) : 314-366 (sortie de Nisus et d’Euryale) ; 503-524 (manœuvre de «tortue» des Volsques et des Rutules) : 530-568 (chute d'une tour enllammec) ; 672818 (Pandarus et Bitias ouvrent la porte à Turnus, qui pénètre dans le camp troyen). (98) CT. IX, 475-476 et 480-489, D'autres allusions aux ovins peuvent être relevées aux vers 59 (oli): 61 (agri); 339 (otilia): 341 (pecus): 353 (carpere gramen): 388 (srabula alta) 629 (cornu petat) : 730 (pecora).

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ve)> Ko we > PR] Nisus, également sur le point de mourir, c'est à son père Hyrtacus qu'il tamen inter se magni regnator Olympi; | mox illos sua fata manent maiore s'adresse. IL y a peut-être lá un jeu de mot, puisque ce nom. dans lequel sub hoste (10), De même, Vimpie Mézence qui, en dépit de sa prétenduc on reconnait Aircus, le bouc, est un hapax de l'Énéide () et qu'il apparaît inspiration jovienne (1%), trouvera la mort, comme les deux autres, au cours au vers 400, c'est-à-dire au centre du chant. En d’autres termes, on trouve peut-être ici le correspondant exact du jeu de mot sur Troitgena, qui se trouvait de ce chant: Non me, quicumque es, inulto, | uictor, nec longum laetabere : au vers central de l'autre chant ¿quinoxial (IU, 359). Chant X (908 vers): Taureau. re quoque fata [ prospectant paria atque eadem mox arua tenebris (0%), C'est mème au chant X qu'est fixée la destinée de Turnus, alors que celui-ci ne Selon la mythologie classique, le Taureau zodiacal était Jupiter, le taureau à l'intelligence humaine qui avait enlevé Europe, fille d'Agéner, sur le rivage de Tyr et l'avait conduite jusqu'en Crète (1%), L'histoire des descendants de Jupiter et d'Europe a ceci de particulier qu'elle est généralement lige au problème de la destinée : Minos, Rhadamanthe ct Sarpédon sont juges infernaux (191), et le Minotaure, au fond du labyrinthe, apparaît comme l'illustration du destin qui frappe cruellement (12). Par le lien puissant ct constant qui Punit aux juges ct surtout au juge suprême Jupiter, Pimplacable Taurcau semble l'animal spécifique de la fatalité. Le chant X de l'Énéide est celui qui fait la plus grande part au problème de la destinée et c'est aussi là que Jupiter exerce le plus nettement son rôle d'arbitre souverain. Rien d'étonnant, d’abord, si le chant X s'ouvre sur l'assembléc des dicux. Chacune à son tour les trois divinités les plus intervenantes de l'œuvre, Vénus, Junon et Jupiter. prennent la parole et toutes évoquent les destins : cur fre tua quisquani | uertere iussa potest aut cur noua condere ata ? (v. 34-35) --- Italiam petiit fatis auctoribus, esto (v. 67) — seu fatis Halun castra obsidione tenentur | site errore malo Troiae monitisque sinistris (v. 109110), Mais surtout, le roi des dieux lui-même s'en remet au destin : sua cuique exorsa laboreni| fortunamque ferent; rex luppiter omnibus ident } Fata devra pas mourir avant le chant ultime : Stat sue cuique dies, breue et inreparabile tempus [| onmibus est uitae ; sed famam extendere factis, | hoc uirtutis opus. Troiae sub moenibus altis | tot grati cecidere deum, quin occidit una | Sarpedon, mea progenies. Etiam sua Turmum | fara uocant metasque dati peruenit ad acui (16), Peu avant ce dernier extrait, le nom du taureau intervient en toutes lettres : uique leo, specula cum uidit ab alta| stare procul campis meditanten in proelia taurian, / aduolar, haud alia est Turni uenientis imago (1), Une fois encore, il convient de souligner la place exccptionnelle de ce terme: zaurımı se trouve au vers 455, c'est-à-dire au vers central du chant X (108), Le chant X s'accorde également avec l’enseignement des astrologues qui, en se basant sur la représentation classique du Taurcau céleste, attribuaient volontiers aux natifs du Taureau des pratiques pédérastiques (109), Or, c'est au Xe chant qu'on trouve la seule allusion de toute l'Énéide à ces mœurs: Tu queque, flauenitem prima lanugine malas | dum sequeris Clytium infelix, noua gaudia, Cydon, | Dardania stratus dextra, securus amorum | qui iuuenum tibi semper erant (v. 324-327). Autre correspondance avec les données astrologiques : Mantoue, ville natale du pote, passe pour être influencée par le signe du Taureau (09) ct les seuls vers de l'Énéiie que le poète consacre an inuenient (y. 111-113). D'autre part, les grandes figures du chant se voient rappeler qu’un terme à leur existence est fixé par le destin. Ainsi Pallas et Lausus, ennemis de mème force à qui la destinée a refusé le face-ä-face, leur promettant à chacun une mort sous les coups d'un ennemi plus puissant: Hine Pallas instat et urget. | hine contra Lausus, nec muilnen discrepat actas, | egregii forma, sed quis Fortuna negarat | in patriam reditus. Ipsos concurrere passus | hat (103) £ncide X. 433-438. Pallas sera tué par Turnus (v. 479-495) et Lausus, par Énée (v. 796-830). (104) CT. Énéide X. 689: At louis interea monitis Mezentius ardens. Sur les liens entre le héros Mézence, modèle Pimpiété, et le dieu Jupiter, cf. G. Dumézn, Mariages indo-européens, Paris, 1979, p. 198-209 (Virgile, Mézence et les aVinalia»). (105) Eneide X, 739-741. Ces mots sont prononcés par Orodès. La mort de Mézence aura licu à ta fin du chant. (106) Endide X, 467-472. L'extrait cst d'autant plus significatif qu'il rappelle au (99) Ailleurs, Virgile utilise fe qualificatif yrtacides, fils d'Hyriacus (IX. 177; 234 : 319). /fircus ne figure pas parmi les noms donnés habituellement au signe du Bélier. En revanche, il est une dénomination rare du Capricorne ou bien encore le nom d'une constellation de la sphaera barbaricay cl A. Vai Baris, Les noms latins [n. 24), p. 178 et 227-228. (100) Eratosruene, Catastérismes 14 Nicinus Miguius, Sphaera. frag. 90: Masai nis Uh 489-491 et IV, 675-685 : Hyon I, 24: Ovini, AL HU, 833-875 eb EN, 004-618. (101) Avortonori, Bibl, I. 2, (102) Pivraroue, Tes. 19-24, passage le nom de Sarpédon, le fils de Zeus abattu «comme un taurcau magnanime», selon Homère ; cf. Hiade XVI, 487. (107) Endide X, 454-456. La comparaison est d'ailleurs reprise au même passage d’Homere (lade NVI, 487-491). (108) Le nom du taureau intervient deux autres fois au cours du chant X. I s'agit des peaux de taureau qui recouvrent les boucliers de Pallas (v. 483) et de Mézence (v. 785), les deux grandes victimes du chant. Dans les deux cas, Virgile montre que ces couvertures n'ont pu empêcher les destins de s'accomplir. (109) Ch Manus IV, 518-522 et surtout V, 140-156; Firaticus MArERNUS II, 16. Voir aussi l'explication dA. Boucuné-LecLereo, L'astrologie grecque [n. 23), p. 132-134, (110) COR. H. Aten, Star Names |n. 24], p. 383.

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345 à sa ville se trouvent au chant X: /He etianr patriis agmen ciet Ocnus ab peuples ennemis, le chant X] retient surtout la nation volsque et sa reine, oris, { fatidicae Marius et Camille, qui est la grande figure du livre. Avec une sympathie toute particulière, tibi, Tusci filius anuiis, } qui muros matrisque dedit Mantua, nomen, | Mantua, diues aus, sed non genus omnibus unum (y. 198-201). Virgile a exalté l'histoire de cette chasseresse consacrée à Diane, Il a glorifié le courage de cette guerrière amazone qui dirige toute la cavalerie ennemie Chant NI (915 vers): Gémeaux, — La tradition mythologique associail très généralement les Gémeaux du zodiaque à Castor ct Pollux, les fameux Dioscures ou, plus exactement, les fils de Léda (111). On attribue le plus souvent aces deux grands cavaliers un rôle protecteur el pacificateur, et de nombreux des Troyens. La bataille du lac Régille est un combat de cavalerie, qui oppose Rome et une coalition de peuples du Latium parmi lesquels se distinguent particulièrement les Volsques (!9). Elle a lieu sur le territoire de Tusculum, c'estrécits racontent comment, en de multiples occasions, ils sont apparus au milicu a-dire en un endroit célèbre pour ses cultes des Dioscures el de Diane. C'est d'un combat pour y mettre fin et donner la victoire (2), Aux veux des Romains, pour qui le thème des jumeaux devait avoir une résonance toute d'ailleurs en lien direct avec la bataille du lac Régille que la tradition romaine particulière, le nom des Dioscures reste attaché surtout à Pun des grands les jumeaux, on construira un temple, quinze ans après la bataille, en plein fait explicitement remonter l'introduction de ces deux cultes à Rome: pour moments de la République naissante, Denys J’Halicarnasse et Tite-Live (1) Forum: pour Diane, un sanctuaire sera fondé, lui aussi au ve siècle, sur ont narré la fameuse bataille de cavalerie qui opposa vers 499 av. J.-C., près du lac Régille, Rome et les cités latines, et ils ont expliqué comment l'inter- VAventin. Dans une étude sur Diane, R. Schilling a expliqué comment, malgré vention miraculeuse des Dioscures, divinités cunemies invoquées au cours de evolution contraire: «Si le récit de Tite-Live met cn valeur le rôle sauveur la bataille, permit aux Romains de rentrer chez eux en triomphe avant de conclure un traité d’une très grande importance, le foedus Cassianen. de Castor. patron de la cavalerie (l'intervention de celle-ci devait être décisive), leur commune origine, les cultes de ces divinités guerrières ont subi une il fait le silence sur Diane, Ce traitement différentiel des deux divinités dans Nous ne pouvons malheureusement revenir ici sur tous les éléments du le récit livien et dans le statut cultuel nous invite donc à respecter le contraste : récit traditionnel (119), Mais le chant XI de l'Ænéide rappelle de si près certains à l'inverse de Castor, accueilli comme l'allié des Romains, Diane a été introd'entre eux qu'il apparaît comme une véritable transposition de la bataille duite & Rome comme la divinité des vaincus» (117), Autrement dit, la Diane du lac Régille. «historique» est une décsse prise aux ennemis défaits, exactement comme la Le début du chant évoque une trêve, des missions d’ambassades et l'espoir de conclure un traité garantissant la paix (115), Puis c'est l'échec diplomatique. menant à Pinévitable combat contre une coalition de cités latines. Parmi ces Diane de Virgile, qui n'a pu éviter que Camille soit terrassée et la cavalerie volsque abattue, Le rapprochement de l'Éncide avec la bataille du lac Régille se fonde encore sur un élément très important. Virgile fait intervenir à la fin de son œuvre le personnage de Juturne, sœur de Turnus, mais aussi, sclon (lm vin Th, 22: Gemini Hos complares astrologi Castorem er Pollucen esse dixerunt : quos demonstrant onmium fratruni inter se amantissimos fuisse, quod neque de principatu contenderint, neque ullam rem sine conati consilio gesserint. Pro quibus offictis eorum Iuppiter inter notissima sidera eos constituisse existimatur. Nepiununi autem pari consilio muncrasse x nant equos his quibus utuntur donauit. Voir aussi, entre autres : Ovinn, EV, 693-720: Giaemanicus, Phaen. 542: NiGinius licuLus, Sphaera, frag. 91; Lucan IV, 526. Marti VIN, 21,5. la tradition, nymphe attachée depuis la bataille à l'endroit, sur le Forum, où les Dioscures sont venus abreuver leurs chevaux ct annoncer aux Romains la victoire (115), Enfin, si Virgile n'a pas nomme les jumeaux en toutes lettres dans l'épisode de Camille, il semble tout de même qu'il n'ait pas manqué de les évoquer au chant XI, selon un procédé déjà utilisé plusicurs fois, Au milieu du livre, (112) Sur les plus célèbres interventions des Dioscures au cours de combats (Sagra, Virgile compare assez singulièrement les cris des Latins au chant rauque des Aegos Potamos, Pydna ...) ef R. Serna, Les «Castores» romains à la haniere des traditions indo-europeennes dans Hominages à Georges Diemezil, Bruxelles. 1960, cygnes de la Paduse; le mot cyan se trouve au vers 458, centre exact du p. 177-192. (113) Pesys o Haricarnasse VI 13: Trre-bave 0, 19-20, Autres références chant X}. On pourra remarquer que dans son Paradis, Dante fait également une allusion aux Cygnes, fils de Léda, pour évoquer la constellation des Géantiques À la bataille du lac Régille dans: Pruraroue, Paul-fmile 25; Vroros, Epit. 1,28, 14; Ciorros, Vas, U, 3 et MS: Prisa, ME XXXIE, 38, (114) À ce sujet, nous renvoyons à: M. Aussen, Le culte de Castor et Pollux en Halie, Rome, 1883 (BEFAR, 30), p. 21-33: R. Bunen, L'origine du culte des Dioscures Rome dans RPh M, 1960, p. 182-193: $5 Casiacnorts, L'introduzione del culto dei Dioscuri nel Lazio dans Stud Rom 31, 1983, p. 3-12. (115) Eneide NI, 330-335, (116) Denys 0 Haricarnasse VI, 14, (117) K. Scmiting. Une victime des vicissitudes politiques : la Diane latine dans Hommages à Jean Bayet, Bruxelles, 1964, p. 379-380. (118) Sur les rapports entre la source de Juturne et les Dioscures, voir: R. Scum. LING, Les «Castoresy romains [u. 112], p. 344-347.

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meaux, son propre signe astrologique : «E la virtù che lo sguardo m’indulse, / au chant X11, et le dernier vers de UÉncide montre que sa vie, elle aussi, del bel nido di Leda mi divelse, / e nel ciel velocissimo m'impulse» (19). s'est enfuie, incdignata, sous les ombres. De ce destin contraire, de cette mort Chant NH (952 vers): Cancer. - - L'Antiquité voyait dans ce signe zodiacal le crabe ou Pécrevisse qui mordit Hercule Jorsque celui-ci s'attagua à PHydre du marais de Lerne (129, Le Cancer est connu pour sa morsure (24) et pour la ténacité de son caractère comme de ses pinces (12), On a vu dans sa marche rétrograde une correspondance avec le trajet du Soleil qui, étant alors parvenu au solstice, tourne dans ce signe comme autour d'une borne, puis repart dans le sens opposé (12). La constellation du Cancer n'est pas très brillante, mais les Anciens y remarquaicnt tout de même la présence de deux étoiles rapprochées, de part ct d'autre d'une nébulosité (en fait, Camas ouvert M44). Les Latins appelaient ces étoiles les deux Anes (-isiri) et la nébulosité, la Crèche ou la Mangeoire ou encore le Petit Nuage (Praesepe, Phatne, Nebula) (09), Les astrologues expliquaient qu'en raison de cette nébulosilé obscure, le Cancer est un signe aveugle, et qu'il produit la cécité chez ceux qui naissent sous cette partie du signe (125), Ceux-là, précise Manilius, mourront deux lois, car la privation de la lumière est pour eux comme une première mort. Le Cancer est non seulement le signe de la mort (26), il est surtout le signe d'une mort aveugle, et, dans le symbolisme pythagoricien, ce signe solsticial correspond naturellement à la porte des hommes, porte franchie par les âmes qui n'ont pu se libérer de leur condition terrestre et qui restent enchaînées, sans discernement, dans les cycles douloureux de la manifestation (127), L'Énéide s'achève sur la mort de Turnus, son héros malheureux exactement comme les Buceligues se refermaient sur la mort, sub sidere Cancri, de Gallus, victime d’un indigna amor, entouré d'ombres (123), Turnus tombe 347 sans apothéose, le chant XII porte des traces nombreuses, D'un bout à Pautre du livre, Virgile évoque la mort inévitable et sombre de Turnus, parti pour un combat inégal contre un destin supéricur au sien (12), Sa mort sera comme un aveuglement: Turnus est abusé par une Furie, oiseau de mort (v. 876- 877) qui passe el repasse devant son visage et qui le plonge dans une torpeur inconnue; comme en un rêve, il ne se reconnail plus, ct ne voit plus son char ni sa sœur qui tenait les rênes (v. 908-918). Outre ces évocations de la mort aveuglante (19), le chant XII compte sans doute plusieurs allusions à des aspects particuliers du Cancer, Le symbolisme solsticial du signe est rendu, comme au chant VI, par une présence accruc de termes évoquant les portes et les seuils à franchir (1%), L'ivoire, dont est faite la porte des hommes, apparaît d'ailleurs des le début du chant: free sanguineo ueluti utolauerit ostro { si quis ebur (v. 68). Les pinces tenaces et la morsure bien connues du Cancer sont peut-être rappelécs par certaines expressions comme daterum iuncnuras fibula mordet (v. 274), uiribus haud ullis ualuit discludere morsus| roboris Aeneas (v. 782-783), et surtout sollicitar prensatque tenaci forcipe ferrum (v. 404). Virgile mentionne encore en ce chant le marais de Lerne (piscosae cui eircum flumina Lernae, y. 518), celui-là même où le Cancer mordit le héros Hercule. Enfin, la comparaison assez singulière qui occupe les vers centraux du chant recèle peut-être une nouvelle allusion à Pamas du Cancer, nébulosité aveuglante (13%) que les Anciens considéraient parfois comme une mangeoire : Nigra uelut magnas domini cum diuitis aedis [ peruolat et pinnis alta atria lustrat hirundo | pabula parua legens nidisque loquacibus escas, | et nune porticibus uacuis, nine umida circunt | stagna sonat (y, 473-477), (119) Danti, Par. XXVI, 97-99, (120) Hvois 11, 23; NiGiius Ficuieas, Spimere, frag, 92: Grrmansicos, Phuen. “% = 543-546 : Avinnus, Arar. 379-383. (121) Masuaus H, 33: et morse Cancruni. (122) Manitius IV, 165 : ille tenax animi. (123) Macronr, Sat, 1, 17, 63: quod Cancer animal retro anque oblique cedit, eadem ratione sol in co signo obliguian, ut solet, incipit agere relrogressutn. (124) CLA. Le Bevera, Les sons latins [n. 24], p. 161-162. (129) Fndide XI, v. 48-49 : 73-75 : 149-150 ; 156-159; 216-221 : 231-232 : 631-649 : 676-680 ; 693-695 ; 802 ; 871-884 ; 889-893 ; 931-938 ; 945-952. (130) Voir aussi les emplois de caeciós en Endide XII, 279 : dd4 : 591; 617. (131) Eneide XU, v. 122; 133 : 441; 520 (cf. appar. erit.) : 577 : 584 : 661 : 849 : 898, (125) Manitaus IV, 530-534: de, niger obscura Cancer cum nube feretur, | qua (132) Le chant XI se distingue par une présence trés caceptionnelle de nuages, uelut extstus Phocheis ignibus ignis / deficit et multa fuscat caligine sidus, [ lumina nudes et nébulosités de tout genre; ef. v. 254; 256; 367 : 416: 444: 451; 466: 792 : deficient partus, geminamque creatis| mortem fata dabunt > se quisque et uiuit et 796: 842: 856, M faut aussi noter la comparaison virgilienne de Vessaim d’abeilles effort. Cf, aussi 11, 259-260, emfurne (XI, 587-592), qu'il faut peut-être rapprocher des conceptions pythagoriciennes (120) Sentoui, Here, Oer. 67: peremptus Cancer. (127) Sur le symbolisme du Cancer, voir: R, Guinon, Symboles Jondamentaus [n. 14], p. 152-156. (128) Bue. X, 10 et 75-76 (le mot unibra revient trois fois en deux vers). Sur les destins contraires de Daphnis et de Gallus, symboles respectifs de l'amour sacré ct de l'amour profane, voir: P. Maury, Le secret de Virgile [n. 19], p. 102-109, sur la transmigration des âmes, symbolisées par des abeilles (cf Porenvre, De Antro Nympharen 18-19) ou des papillons. Sur ce dernier symbolisme et son rapport avec le Cancer, voir: W. Donna, The Crab and the Butterfly za Study in Animal Symbolism dans 4307 17, 1954, 47-86. À ce sujet, ajoutons encore que amas du Cancer est toujours appel& «Bechive», la Ruche, dans le monde anglo-saxon ; ef. R, H. ALLEN, Star Names In. 24], p. 112-113.

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349 Ainsi le plan de l'Énéide apparait-il comme le développement d'une archi 3) Certains livres semblent très marqués par la présence d'un large vocatecture déjà présente, pour l'essentiel, dans les Bucoliques. Du Nord au Sud, bulaire descriptif eu rapport avec un signe particulier, Ainsi s'expliquent, par un axe central donne à l'ensemble de l'édifice son orientation et relie les deux exemple, les termes royaux qui rappellent le Lion (chant 1), les nombreuses pôles de l'œuvre, symboles contrastés des destinées humaines, Dans le plan vierges dont il est question lors de la chute de Troie (chant 11), l'insistance zodiacal de l'Énéide, ces deux pôles sont les chants VI et XII, diamétralement sur la cruelle blessure qui enflamme le cœur de Dijon, au signe du Scorpion opposés sur Paxe des solstices. On peut suivre, du chant I au chant VI le (chant IV). D'où aussi, les innombrables portes au chant solsticial du Capriparcours du picux Énéc, depuis ses origines phrygiennes jusqu'aux révélations corne (chant VI), et la longue série des fleuves et cours d'eau pour le signe lumineuses d'Anchise, jusqu'à ce lieu d’apotheose d'où le héros contemple, du Verseau (chant VII). D'où encore, le vocabulaire de poliorcétique au signe comme Daplinis, le dimen Olympi. Dans l'autre moitié de l'œuvre se déroule du Bélier (chant IN), et les nombreuses références à la mort pour le signe l'itinéraire inverse: apparu au chant VII Turnus succombe au chant XII ct du Cancer (chant XI). son ame aveuglée rejoint les ombres de la mort. Orienté ct fixé par le symbolisme des portes solsticiales, le zodiaque de 4) Il y a entin certaines grandes figures de l'Éréide ou certains épisodes marquants de Poruvre, qui, en eux-mêmes, évoquent un signe zodiacal précis. l'Énéide devait encore être assuré par l’utilisation conjointe de plusieurs pro- Ainsi, la ruse du cheval de "Troie et l'enlèvement du cédés. En voici les principaux. la tin d'un âge d'or influencé par la Vierge (chant 11), Le suicide de Didon 1) Hy a d'abord la conformité absolue des premiers chants de l'Énéide avec la géographie zodiacale, telle qu'elle fut exposée par Manilius, le grand astrologue de l'époque augustéenne (Astronomica IV, 744-817). Les origines d'Énée et le point de départ géographique de Y ndide se situent en Phrygie (chant 1: Lion). Le long récit d'Énée à Didon rappelle d'abord le sac de Troie par les Grecs (chant 11, Vierge), puis les errances des Troveus jusqu'à ce qu'ils touchent cufin la terre promise d'Halie (chant HI: Balance). Viennent ensuite l'épisode de Carthage (chant FV: Scorpion) ct l'étape sicilienne (chant Y : Sagittaire). Pour toute cette partie de l'£Énéide, les données astrologiques n'auraient pu être mieux respectées. À partir du chant VE il est vrai, le poème ne s'accorde plus aussi clairement avec la géographie zodiacale. Mais il n'y ala, en définitive, rien qui puisse surprendre, puisque, dans la seconde moitié de l'œuvre, Ende ne quittera plus le sol d'Italie, ce qui interdit d'un coup tout accord avec les données de Manilius. 2) On constate aussi, dans presque tous les chants. la présence d'une sorte de «cartoucher, c'est-à-dire de quelques vers, le plus souvent au centre exact du livre, renvovant clairement au signe zodiacal traité dans ce chant. Ainsi, virgo (chant 11) ct Varzi (chant X) apparaissent en toutes lettres au vers central de leur chant, À peine plus déguisés, on trouve, également au centre de leur chant, Troiugena (chant HI), Hrrtacies (chant IX) et crea? (chant XD, allusions respectivement à la Balance. au Bélier et aux Gemeaux. l'eut-être faut-il encore ajouter les astra ignea et les pabida partía, aux centres respectils des chants consacrés au Scorpion (chant IV) et au Cancer (chant NI). Les chants VIT et VII ont aussi leurs cartouches: ceux-là ne sont pas au centre arithmétique du chant mais bien aux centres des boucliers de Turnus (Verseau) et d'Énée (Poissons). Enfin, rappelons que, par un jeu de mots similaire à ceux qui précèdent, la porte de corne, au centre non du chant mais plutôt de l'œuvre entière, correspond au signe solsticial du Capricorne (chant VD. Palladium rappellent dans les flammes illustre le Scorpion (chant IV). Les jeux de Sicile, et particulièrement le tir à l'arc et la démonstration équestre, conviennent au Sagittaire (chant V), La catabase d'Énéc et son séjour aux champs Élysées correspondent à la porte des dieux, c'est-à-dire au Capricorne (chant VI). L'arrivée au Tibre fertile rappelle le Verseau (chant VII). L'épisode de Nisus et d’Euryale est l'exemple même du sacrifice propre au Bélier (chant IX). Les combats équestres du Latium et l'espoir d'une alliance évoquent l'aspeet le plus latin des Gémeaux (chant XD), La mort aveugle de Turnus convient au seul Cancer (chant XM). À l'évidence. le zodiaque de l'Endide Wa rien d'un ornement gratuit. Tout montre, au contraire, que cette charpente d'origine pythagoricienne s'est chargée, avec Virgile, d'un symbolisme très profond, émineunnent romain et indissociable de l'époque augustéenne. Godelrotd be CALLATAY,