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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)PHYSIQUE
DANS
Lasa
SAN Y TERRE , 8 :
Lea xb
DE
LA
VISION
L'ANTIQUITE
SAINT-PIERRE B., La physique de la vision dans l'antiquité :
CEA V 1976
97-117. | Survey of ancient views of the phenomena of vision
from the 5th cent.
B.C. to the 3rd A.D., beginning with Empedocles and concluding
with
Alexander of Aphrodisias,
emphasizing the contributions of philosophers
and mathematical and medical writers, Philosophical views
were formed
without the aid of experimentation, but mathematicians
applied geometry
to the theory of spatial perception. Medical writers applied
to the study of
the anatomy of the eye insights based on the geometry of
optics,
[10974
INTRODUCTION
Le phénomène de la vision a suscité chez les hommes un très vif intérêt
à travers tous les âges.
Il était naturel que cette source sensorielle,
qui nous ouvre mieux que toute autre sur le monde, recüt une attention
toute particuliére de la part des penseurs de la Gréce antique.
D'Emp&-
docle (v.493-v.
433 av. J.-C.) a Alexandre (III° s.), Sur une période
couvrant plus de sept siécles, philosophes, mathématiciens et médecins
se sont interrogés sans relache sur cette sensation merveilleuse et
énigmatique.
Leurs recherches, leurs hypothéses, marquées au coin de
l'ingéniosité et de la raison, ne cessent pas de nous étonner.
Avec des
moyens le plus souvent rudimentaires, leur pénétration si profonde devait
tracer à l'avance pour plus de vingt siécles les voies ouvertes à la
recherche optique.
Qu'on songe au mouvement de la lumière, à l'hypothèse
d'un medium optique, à la relation entre lumière et couleur ou encore à
la formation de l'image visuelle, on est amené sans le vouloir à retourner
aux travaux anciens sur la vision.
L'ENIGME DE LA VISION
Le plus étonnant peut-être, c'est de découvrir, ou mieux, de redécouvrir
la complexité de ce qui nous apparait comme naturel et allant de soi.
L'histoire, comme les autres disciplines, se fait fort de dissiper les
évidences, et c'est par ce moyen que le passé retrouve toute son actualité.
Qu'on se laisse dépouiller de son savoir, on s'aperçoit alors
qu'il faut recommencer tout le chemin et on se retrouve côte à côte avec
Pagina 2
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)l'homme de l'Antiquité, n'ayant pour guide que sa raison.
Considérons
l'aporie suivante : entre l'oeil et L'objet il n'y a rien de visible,
comment s'effectue alors la nécessaire médiation ? Un problème classique comme l'interrolation d'une zone obscure entre l'oeil et l'objet
On comprend dés
lors
le véritable engouement qu'éprouvérent les anciens
pour l'énigme visuelle.
Il y avait là, à la portée de tous, un problème
apparemment simple où chaque homme le moindrement cultivé pouvait y aller
de son opinion.
Et, dès après Aristote, on pouvait choisir entre cinq
illustre bien cette aporie : comment l'aspect lumineux d'un corps
théories ou,
peut-il être propagé et perçu à travers l'obscurité ? Cette solution
de continuité dans le processus visuel a intrigué l'esprit des anciens
problème de la vision est devenu assez tôt un topos et sans doute l'enjeu
plus
tard,
entre leurs versions plus récentes.
d'une dialectique scolaire,
Donc,
si le
il a cependant su attirer vers lui les plus
et devait au départ faire de l'optique un domaine hypothétique, puisque
grands maîtres de l'Antiquité : qu'on songe entre autres aux noms prestile medium de la vision est invisible.
gieux d'Aristote,
de Ptolémée (121-151) ou de Galien
(v.131-v.201).
peut dire que chaque penseur de l'Anriquité a contribué,
Des lors, l'imagination pouvait se donner libre cours.
Pas moins de
cing théories visuelles, sans compter les remaniements, furent avancées
par les philasophes afin d'expliquer la médiation physique entre l'oeil
La théorie de l'émission, de loin la plus répandue et la
plus fertile sur le plan scientifique, nous apparaft sans doute paraet l'objet.
doxalement comme la plus fantaisiste.
Comment pouvait-on supposer, en
l'absence de toute évidence empirique, un tel déversement d'effluves ou
de rayons visuels ? Nous verrons que plusieurs facteurs ont contribué au
succès de cette théorie, mais remarquons pour le moment que celle-ci
n'avait rien d'impossible.
Aristote (384-322 av. J.-C.) qui devait,
après avoir subi son influence, la tourner en ridicule, n'a pourtant pas
allégué l'invisibilité de ces rayons”, C'est que le médiateur physique
entre l'oeil et l'objet, que ce soit le flux visuel ou la lumière, n'est
pas visible. On pouvait incliner aussi bien dans un sens que dans l'autre,
et devant un probléme hypothétique, les penseurs anciens ne manquaient pas
plus d'audace que les savants de notre époque.
de son
talent et de son intérêt,
souvent
notre
Nötdores. Il réfuta cette théorie par la suite dans la Sensation.
Alexandre cependant opposa à la théorie émissionniste l'argument
que l'on devrait voir le flux visuel dans l'obscurité, comme on
voit filtrer un faisceau de lumière à travers une fente étroite
dans une chambre obscure.
à l'histoire de ia vision,
résume à des
même si
trop
fragments ou des doxographies.
LE PARTAGE DES DISCIPLINES
Le domaine de la vision,
et plus
largement de l'optique,
exerça en effet
une véritable fascination sur les penseurs des différentes branches du
savoir ancien.
Ils étaient philosophes,
formation différente,
mathématiciens ou médecins.
ils abordaient les problèmes optiques sous
de leur discipline propre,
pratiquer les philosophes),
De
l'angle
que ce für la physique (telle que pouvaient la
la géométrie ou la physiologie.
tagèrent par conséquent le champ de l'optique.
Ils se par-
Non pas qu'on retrouve
chez les anciens des frontières marquées qui délimitent les disciplines
modernes, mais que chacun,
sans
renoncer 4 un idéal englobant, poussa la
recherche dans le champ et jusqu'aux limites de sa compétence.
eut-il pas
un penseur qui n'eút
à la géométrie,
Les mathématiciens
Aussi n'y
touché à tous les sujets, bien que les
philosophes aient surtout contribué è la physique de la vision,
maticiens,
1. Aristote adopta implicitement la théorie de l'émission dans les
documentation se
On
dans la mesure
et les médecins,
les mathéà la physiologie.
auraient pu réclamer une exclusivité presque totale
puisque aussi bien aujourd'hui
les disciplines géométrique,
quantique et, ä un moindre degré,
physique,
physiologique de l'optique s'appuient
essentiellement sur la mathématique
Certes la géométrie ancienne était
Pagina 3
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La physique de la vision
parvenue à des résultats solides mais l'étendue de ses conquêtes se
trouva bien vite limitée.
Euclide (300 av. J.-C.) connaissait la propagation rectiligne et la loi de la réflexion.
Ces postulats furent
justifié dans la plupare des cas qu'une formalisation mathématique
hâtive et artificielle, comme on la trouve trop souvent au Moyen Age,
par exemple chez Bacon (xtr1* s.) ou Oresme (xivé s.).
Fallait-il
appliqués avec succès à la théorie des perceptions spatiales et à celle
aussi attendre le télescope de Römer (XVII s.) pour tenter de résoudre
des miroirs .
le probleme du mouvement et de la vitesse de la lumière, ou l'invention
Cependant Ptolémée, quatre siècles plus tard, ne parvenait pas, malgré ses efforts, efforts tout aussi infructueux que ceux
du spectroscope pour essayer de définir le rapport entre la lumière et
d'Archimède (v.287-v.212 av. J.-C.) auparavant, à dégager la loi de la
la couleur ? Ces problèmes se posaient à l'esprit des anciens et, à
réfraction”. Le champ d'application des mathématiques à l'optique s'al'aide de données forcément rudimentaires,
vérait donc plutôt restreint et, pour des raisons à la fois expérimenrationnelle,
ils ont cherché,
de façon
les solutions.
tales et théoriques, la plupart des probiémes concernant la physique ou
la physiologie de la vision échappaient à la compétence des mathéma-
Le problème physique de lz vision apparaît sans conteste comme le point
de départ et de convergence de toutes
ticiens.
physique optique.
les recherches antiques sur la
Il n'y eut guère de penseur qui ne se fut prononcé
Por conséquent, nous confiner aux frontières géométriques de l'optique
sur cette question :
ancienne nous amo "ait à reléguer dans l'ombre la majeure partie des
l'oeil et l'objet ? Certes, l'optique euclidienne se contentait de poscontributions à cette discipline :° È reporter au XVII” siècle (c'est-adire á Huygens) les origines de la physique opt...
Les penseurs
comment est produite la médiation physique entre
tuler l'émission de rayons visuels individuals”, mais les successeurs
d'Euclide, tels Héron d'Alexandrie a s.) ou Ptolémée, ainsi que Théon
anciens s'attaquèrent aux problemes de la vision avec les moyens du bord,
(1V° s.) et Damien (IV° s.), compilateurs tardifs, ne purent ignorer les
et Ptolémée lui-méme n'a pas écarté les difficultés qu'il rencontrait,
implications physiques du postulat d'Euclide.
sous prétexte qu'il ne disposait pas des techniques précises ou expériquant la dissection de l'oeil, ne pouvait écarter toute considération
mentales qu'il aurait pu souhaiter.
physiologique et il dut confronter l'hypothèse,
Il ne faut pas se laisser tromper
par 1'idéal moderne des sciences mathématiques et expérimentales.
La
recherches anatomiques,
De méme Galien,
en pratioù l'engageaient ses
au problème de la vision.
Mais ce furent les
mathématique n'est qu'une forme particuliére de la logique, et les phiphilosophes - mieux équipés pour traiter ce genre de problème - qui
losophes anciens maitrisaient ce puissant instrument rationnel.
effectuerent le plus de travail : ils posèrent des questions, détermi-
L'emploi
d'une logique verbale nous paraît avoir été beaucoup plus adéquat et
nérent des options et construisirent progressivement les éléments aptes
=
à faire avancer la discussion.
2. Euclide a composé une Optique, qui nous est parvenue, et vraisemblablement un traité de catoptrique (c.-ä-d. sur la réflexion), perdu,
et l'ouvrage du même nom, que nous avons, serait un remaniement
tardif, de la main, peut-être, de Théon d'Alexandrie : voir P. Ver
Eecke, Euelide.
p.
L'optique et la catoptrique, Paris, Blanchard, 1959,
XXIX.
La théorie de la vision se présente donc comme le carrefour intellectuel
des opticiens anciens issus de disciplines différentes.
d'origine.
Le theme choisi fait ressortir la contribution des philosophes
3. Sur la réfraction, voir A. Lejeune, Recherches sur la catoptrique
grecque, Bruxelles, Palais des académies, 1957. p. 176-179 (Archimède) et p.
4. Euclide, Optique, définilion III.
152-175 (Ptolémée).
100
Par conséquent,
leur contribution à l'optique a été aussi diversifiée que leur formation
Pagina 4
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)pas identifié nettement les théories de ses prédécesseurs, bien qu'il
géomètres et de dégager l'un des aspects fondamentaux de l'optique anait passé au crible leurs interprétations des phénomènes particuliers
sur lesquels ils s’appuyaient. Ainsi, la chéorie impressionniste de
et relégue au second plan celle des mathématiciens et des médecins.
permet cependant de rétablir l'équilibre en relativisant l'apport des
cienne
:
l'Atomiste semble lui avoir échappé”, et il s'est contenté d'opposer
la question physique de la vision.
l'une à l'autre les deux théories empédocléennes.
LES PHILOSOPHES
Les philosophes de la période classique attachérent une importance pardocle.
ticuliére à la théorie de la sensation et, plus spécialement, de la
vision, de telle sorte que déjà au quatrième siécle,
étaient définies
les grandes options
sionniste".
partir de l'objet, combinaison d'émission et d'Emanation et, enfin,
altération qualitative du milieu.
Les penseurs précédant le Stagirite
Conscients de phénomènes visuels
spéciaux.
Mais, revenons-en à Aristote.
Contre Empédocle, il démontra la propagation instantanée et la nature incorporelle de la lumière. Contre Démocrite, il
tels l'oeil brillant des animaux nocturnes, l'image réfléchie
quelques postulats.
établit la nécessité d'un medium optique. Néanmoins, il ne s'est pas
prononcé définitivement sur la nature de la lumière, problème que le
ils tentérent de rassembler les divers facteurs qui leur
paraissaient concourir à la vision, afin de les intégrer à leur physique
des éléments,
postulat de l'instantanéité rendait bien complexe. Avec l'oeuvre
d'Aristote, une problématique précise voyait le jour, et l'on pourrait
des atomes ou des figures géométriques.
Il s'ensuivit nécessairement une certaine incohérence dans leurs systèmes.
Ainsi,
à juste titre le considérer comme le fondateur de la physique optique.
Empédocie soutenait parallèlement une théorie "émission-
On ne retrouve pas, malheureusement, chez les philosophes des siècles
suivants une telle puissance de pénétration. Théophraste prit la
niste" et une théorie "émanationniste", sans qu'on put connaître de
façon certaine les relations entre l'une et l'autre.
Démocrite
Celui-ci hérita d'une tradition déjà
riche et complexe et, grâce à son esprit critique, il sut en dégager
sur la cornée ou les phosphénes, phénomènes mis en évidence par leurs
contemporains,
Cependant, pour trouver une distinction très nette des cinq
théories, y compris celle d'Aristote, il fallut attendre les disciples
de ces maîtres et la consécration ‘géométrique de la théorie "émis-
: émission de flux visuel, émanation de corpuscules à
présentaient une doctrine complexe.
Théophraste (372/369-
288/285 av. J.-C.), successeur d'Aristote, précisa la théorie impressionniste de Démocrite et saisit l'alternance visuelle, théorie d'Empé-
(v.460-
v.370 av. J.-C.) proposait successivement une théorie impressionniste
relève et perpétua en l'élargissant la révision critique amorcée par
et une théorie émanationniste
son maitre, sans pourtant laisser transparaître une pensée personnelle
ni de grands principes directeurs. Straton (v.335-v.268 av. J.-C.),
:
synthèse les théories en vogue,
la première reprenait dans un effort de
la seconde intégrait dans un contexte
son successeur à la tête du Lycée, proposa une représentation de la
vision tout A fait révolutionnaire. 11 eut 1'intuition de généraliser
atomiste le facreur "image" (tdolon) qui caractérisait la synthèse précédente.
De meme, Platon (v.429-v.347 av.
par le dilemme empédocléen,
J.-C.), préoccupé sans doute
pour la vision le phénoméne accidentel de projection de la couleur.
lumiére provenant de la source est colorée au niveau de l'objet et
conjuguait émission et émanation dans une
double théorie, avec la liberté d'esprit qui lui était propre.
A l'époque d'Aristote,
les cartes étaient donc passablement brouillées,
méme si les principaux jeux étaient ouverts sur la table.
5. Il en retient seulement le phénomène de réflexion sur la cornée.
Aristote n'a
103
ficet
Pagina 5
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)renvoyée vers les yeux pour produire la vision.
À partir de ce moment-là, soit le début du deuxième siècle avant notre
Straton passa pour
avoir expliqué la vision par une altération chromatique du milieu, point
ère, les différentes théories de la vision entrent dans l'histoire, mais,
sur lequel Alexandre devait le critiquer, mais sa découverte du trajet
paradoxalement, on en perd la trace.
optique de la lumière échappa à tous ses successeurs.
On avait oublié Empédocle donc la
théorie émanationniste s'estompa derrière le remaniement idoliste de
Démocrite, et la théorie émissionniste connut une destinée glorieuse sous
Son contemporain et concitoyen, Épicure (342/341-271/270 av. J.-C.), partagea le même intérêt pour les phénomènes chromatiques.
les reflets ondoyants sur la gorge des pigeons,
tions
le
de couleurs
reste,
Ayant observé
il affirma que ces variane pouvaient être produites que par la lumière.
Pour
réflexion systémetiqu.
Nous ne
savons presque rien de l'histoire des théories visuelles durant les trois
nicienne, aristotélicienne, &picurienne et stol'cienne dont nous connaisc'est-à-dire qu'il considéra le corps cul.:7 “mme un second émetteur.
comme Aristote,
s'est penché à son tour sur le mouvement de la lumière et il
de la scène scientifique au bénéfice d'Épicure et de Chrysippe.
siècles suivants, mais nous pouvens supposer, sans risque d'erreur,
qu'elles se sont pernétuées à travers les traditions géométrique, platoil reprit sans origiaclité la théorie idoliste de Démocrite,
Bier qu'il n'ait pas suivi une
Quant à Démocrite lui-même, il disparut ä son tour
sa forme euclidienne.
il
‘ démontré
sons par ailleurs l'existence et la vitalité.
Posidonios (v.135-v.51/50
av. J.-C.) commenta le Timée de Platon er écrivit des Météorologiques en
Son disciple, Géminos (73-67 av. J.-C.) pourque la vitesse de celle-ci ne pouvait pas être infinie et qu'il
ne » 'agiss'inspirant d'Aristote.
sait pas d'un mouvement
suivit lui aussi l'étude de l'arc-en-ciel er résume dans une encyclopédie
instantané.
Son postulat chromatique connut la
même renommée que son auteur, mais fut rejeté plus tard par Alexandre
et
par Ptolémée.
mathématique les conquêtes de la géométrie optique.
son célèbre traité.
Chrysippe
(v.280-v.207 av.
J.-C.) devait lui aussi plagier Démocrite.
lui emprunta sa théorie impressionniste et il
tégrer au cadre de
la géométrie optique.
la remania de façon à l'in-
Il n'est pas impossible aussi
d'Aristote et à la critique de Théophraste contre le manque
de consisdu medium impressionniste
dans
la
chéorie
de
Démocrite.
du pneuma universel convenait parfaitement à son
dessein,
Sa
Et Sénéque (v.4 av. J.-C.-v.65 apr. J.-C.), moins
d'un siècle pics tard, reprit la théorie de la tension pneumatique de
Il
qu'il ait tenté de satisfaire à la fois au postulat de l'instanta
néité
tance
Lucrèce (v.94-v.55
av. J.-C.), à la même époque, présenta la théorie idoliste d'Épicure dans
Chrysippe et la théorie de l'arc-en-ciel d'Aristote.
tios à
Les Doctrines d'Acou 11° s.) témoignent enfin de l'intérêt que l'on portait au
début de notre êre aux questions d'optique, qu'il s'agisse de la vision,
de la couleur, de l'obscurité, de la lumière des astres, des miroirs, de
7
uch
l'arc-en-ciel et d'autres phénomènes semblables .
théorie
D'une part,
le pneuma visuel imprimait au medium une structure conique et, d'autre
part,
le medium pneumatique présentait une consistance propre
à recevoir
une empreinte de l'objet et à la communiquer instantané
ment à l'oeil.
L'exemple du bâton, apporté par Chrysippe, caractérisa sa
théorie dans
l'esprit des anciens et les stolciens s'en inspirérent pour
donner une
interpretation intégralement
émissionniste ä sa théorie pneumatique.
>
104
6. Sur Lucrèce, notre source la plus importante pour la connaissance de
la théorie idoliste d'Epicure et, par conséquent, de Démocrite, est
A. Ernout et L. Robin, Lucrèce.
De rerum natura.
Commentaire exégétique et critique, Paris, Belles-Lettres, 1925 et 1962.
7. Actios, Doctrines, I, 15 (sur les couleurs) ; II, 17.20.28.30, III,
2.5 (arc-en-ciel) ; IV, 8.9.13 (vision) ; IV, 8.9.14 (miroirs) ;
IV, 8.9.15 (perception de l'obscurité).
Pagina 6
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Il n'y eut pas de solution de continuité durant les
trois siècles qui
séparent la période se terminant avec Chrysippe et celle s'ouvrant avec
Galien.
L'oeuvre de ce dernier et, plus tard,
tent de la perpétuation des théories.
celle d'Alexandre attes-
Méme s'ils s'adressent aux épicuriens, aux stolciens ou aux mathématiciens, il est aisé de transposer et
de reporter leurs critiques sur les maîtres anciens.
gonisme des
tion des
Par contre, l'antatraditions a certainement conduit à une meilleure identificathéories,
de la vision,
de leurs
comme on
faiblesses et,
par conséquent,
le verra chez Galien,
d'Aphrodisias.
dto
dal
Celui-ci procéda 4 une revision de toute la physique
optique de l'Antiquité,
depuis l'époque de Platon.
Il opposa une critique nourrie et extrêmement dense à chacune des chéories adverses, en
s'appuyant sur des arguments dont l'histoire remontait parfois jusqu'à
Théophraste.
Quant à la théorie aristotélicienne, il tenta de lui
faire franchir l'impasse où le postulat de l'instantanéité ec l'interprétation chromatiste, attribuée à Straton,
=
l'avaient engagée.
des problèmes
à l'intérieur de la
tradi-
Mais
il devait
rencontrer sur sa
route le probléme théorique sans doute
le plus captivant de l'optique ancienne, l'aporie de la vision croisée.
tion médicule.
Tl était "acculé” à une théorie relationnelle qui perdait pied avec la
Alexandre d'Aphrodisias hérita au début du troisième siècle d'une tradition aristotélicienne vivante qui avait
repris de la vigueur.
Galien,
cuvaron Cinqgu.c"? ans plus tôt, s'était adressé aux nombreux disciples
du Stagirite au sujet de leur tucewl’* de la sensation.
Sa critigue
contre l'argument de l'indifférence (des théories optique)
ment invoqué dans les Météores,
- Trätendupar Aristote, pour justifier l'emploi de
la théorie émissionniste - témoigne de l'existence à son époque de commentaires sur cet ouvrage.
Sa connaissance
très
correcte et pourtanc
réalité physique (comme il devait plus tard le constater).
Il allait
faire tomber, par sa critique implacable, la théorie aristotélicienne
et, avec elle,
toute la physique optique de l'Antiquité allait se solder
par une faillite.
Néanmoins, l'ingéniosité des hypothèses que proposérent les philosophes, les problèmes cruciaux qu'elles permirent de
dégager et la discussion qui s'organisa autour de la vision constituent,
comme nous le verrons,
l'une des réalisations les plus attachantes de
i'esprit scientifique ancien.
lointaine de la théorie optique d'Aristote (qu'il définit comme théorie
de l'aitération chromatique instantanée,
sans référence au concept de
LES MATHEMATICIENS
diaphane), l'importance qu'il lui accorda au même titre que les théories
des stofciens, d'Épicure et de Platon, le ton polémique avec lequel il
la combattit et, enfin,
l'influence qu'elle exerça sur sa pensée, démontrent la vitalité d'une tradition optique aristotélicienne à cette époque.
-
Alors que les philosophes planaient dans les hautes sphéres de la théorie
optique et scrutaient sans relâche le problème fondamental de la vision,
les mathématiciens prenaient pour acquis ie processus émissionniste et
l'appliquaient à la perception de l'image en ligne droite ou par ré-
Faut-il alors s'étonner que le péripatéticien Sosigéne (fin du ir Se)
flexion.
ait composé,
philosophes devenait pour le mathématicien un simple postulat.
une génération plus
tard,
un
traité considérable sur la
Ce qui constituait la conclusion d'un difficile débat chez les
Entre
Vision comprenant au moins huit livres et couvrant des sujets secondaires
ces deux traditions optiques, il n'y eut donc pas rivalité mais plutôt
par rapport à la vision,
complémentarité.
comme l'arc-en-ciel et le halo ? Le peu que nous
Certes Aristote ridiculisa la thèse émissionniste sur
savons de cet ouvrage - de l'érudition de son auteur et de sa compétence
un plan physique, s'opposant à Platon et à Empédocle, mais 11 ne l'avait
de logicien - nous
pas dédaigné sous sa forme géométrique en s'attaquant à 1'arc-en-ciel,
permet de croire qu'il est à la source de la synthèse
critique et même de la théorie relationnelle de son élève,
106
Alexandre
et même, plus tard, il devait prononcer le célèbre argument de 1'indif-
Pagina 7
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)févence des théories optiques, dans le cas où l'une et l'autre arrivent
d'avoir ä expliquer comment l'objet pénètre dans t'en” ou quel rôle
aussi bien 4 expliquer les phénomanes’.
joue la lumière, ou encore quelle doit être la structure de l'oeil.
reçut son baptême euclidien,
à sa théorie optique
Dés que la thése émissionniste
Chrysippe tenta d'intégrer le cône visuel
: même attitude chez Galien et Alexandre d'Aphrodisias.
Inversement,
lorsqu'un mathématicien comme Ptolémée voulut
Cette projection visuelle impliquait une structure conique, une propae=EATRi
gation rectiligne et un contact possible entre le point-origine et
chaque point-objet, autant d'éléments susceptibles d'une représentation
à
4,
géométrique immédiate
1
franchir les
limites de la géométrie optique et affirmer la continuité du cône visuel,
Les origines de cette géométrie optique remontent 4 l'époque d'Eippola parenté de nature entre
crate de Chios (v.470-v.400 av. J.-C.), soit une généracion après Empélumiére,
couleur et
flux visuel et leurs
échanges réciproques, ou encore L'absoluité de La couleur par rapport à
Il ne s'agissait vraisemblablement que d'une application encore
docle.
il dut adopter un langage philosophique et se
informe de la théorie émissionniste, mise en vogue par les philosophes,
référer à Platon, Aristote ou Épicure, soit pour les suivre, soit pour
à l'explication géomécrique de phénomènes météorologiques comme l'arcles condamner.
en-ciel.
la lumière et a la vue,
Il va sans dire que ces échanges
furent somme
toute
Hippocrate paraît avoir été à l'origine de l'explication
limités, chacun ayant rapidement atteint le seuil de son incompétence !
macroscopique de l'arc-en-ciel chez Aristote.
Un amateur de
enthousiasme pour cette réussite qu'il ambitionna d'étendre aux cometes
géométrie
de la double vision,
comme Galien se perdait bien vite
dans
le
dédale
tandis que la discussion d'un Ptolémée sur l'abso-
Il dut éprouver un tel
et à la voie lactée le même type d'interprétation optique ; ambition à
Si l'on en croit cette hypoluité et l'objectivité de la couleur manifestait un simplisme philosolaquelle Aristote devait mettre un frein.
phique navrant.
thèse, Hippocrate ignorait la loi de la réflexion, puisque le rayon émis
Il y avait là deux langages adaptés A deux problématiques différentes et,
si
l'un et l'autre pouvaient se compléter,
aucur
ne pouvait encore prétendre à l'hégémonie.
par l'oeil, situé au centre de l'hémisphère météorologique, devrait être
réfléchi sur cette calotte non pas vers le soleil mais vers l'oeil luimême.
Les mathématiciens s'écartèrent par profession de la problématiq
ue physique de la vision et
ils
"géométrisèrent" la zihforie de
théorie sinon la plus sire,
du moins la plus simple et
a l'étude de la perception visuelle.
l'oeil avec l'objet.
Dans ces conditions, on ne peut supposer chez Hippocrate qu'une
géomé trisation très rudimentaire de la théorie émissionnistel'émission,
la mieux adaptée
Permettant un contact direct de
Philippe d'Opunce (350 av. J.-C.), disciple et associé de Platon, fut
sans doute le véritable fondateur de la géométrie optique.
On ne trouve
en effet chez son maitre aucune indication de l'existence d'une telle
discipline, alors qu'à la génération suivante, chez Aristote, l'optique
la thèse émissionniste dispensait le géomètre
apparaît comme une discipline mathématique solidement établie, à l'égal
8.
Aristote avançait cet
P.
Louis, Aristote.
Lettres,
1961.
argument
dans Génération des animaux,
De la génération des animaux, Paris,
Alexandre
voir dans
Les Belles
le reprit dans son Commentaire sur les
téores, voir dans M. Hayduck, Alexandis in Heteorologica,
Berlin,
G. Reiner,
1899.
Mais déjà Galien s'y attaquait dans un contexte
météorologique et en profitait pour se lancer dans une virulente
diatribe contre le Stagirite, Doctrines,
108
640,
12-641,
7.
mé-
9. Galien justifiait sa théorie de type émissionniste par cette difficulté qui lui paraissait insurmontable pour toute théorie de type
<manationniste.
10. Voir les définitions I, II ec III de l'Optique, dans P. Ver Eecke,
trad., op. cit., Pp. 1.
Pagina 8
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)de l'astronomie et de 1 ‘hermontaueTM
Philippe composa deux traités
implications physiques complexes, particulièrement en ce qui concerne
d'optique : une Optique et une Enoptrique, celle-ci correspondant sans
la couleur.
Il confina l'optique au domaine visuel strictement géoméde l'optique ancienne équivalent à l'optique visuelle de notre discitrique, et à l'aide principalement de deux postulats, 1'émission de
rayons visuels individuels et l'angle visuel, il consacra son Optique
pline physiologique et à la partie de l'optique géométrique consacrée
à l'étude de la perception de la grandeur, de la distance et du mouveä la réflexion
ment.
doute à la catoptrique des géométres postérieurs.
(et ä la réfraction).
Ces deux branches
L'évolution de la géométrie optique durant les siècles suivants
nous échappe presque totalement. Archimède découvrit peut-être le
premier le phénomène de la réfraction, qu'il mit en évidence par la
Nous ignorons presque tout de
l'oeuvre de Philippe d'Opunte, sauf qu'il partageait avec Hippocrate
un vif intérêt pour l'arc-en-ciel qu'il prouva être produit par réflexion.
>, et il en
célèbre expérience de 1'annuau déposé au fond d'un vase
Philippe proposa vraisemblablement l'explication microscopique que l'on trouve de ce phénomène chez Aristote.
IL apparaît donc
à la fois comme le père de la géométrie optique et 1'auteur, pour une
amorça l'étude dans sa Caicp'rique dont nous est parvenu un fragment.
Posidonios put, uu siècle plus tard, tenter une explication réfractionniste du hale, et il est probable qu'aprés Archiméde, les phénoménes
bonne partie, de l'une de ses plus brillantes applications.
de réfraction, comme la rame brisée dans l'eau, qu'on trouve chez
Euclide hérita sans doute,
Philippe.
un demi-siècle plus
tard,
Lucrèce, devinrent des objets de arista”.
des travaux de
Il délaissa cependant l'étude des phénomènes météorologiques
(qui revint après Aristote aux philosophes,
comme Théophraste,
Posido-
=
rn
1
nios, Géminos
et, plus tard, Sénèque
A á= cause sans doute de leurs
Nous sommes certains, d'autre part, de l'existence d'une géométrie
optique solatre, paralléle 4 la géométrie optique visuelle, traitant
de la projection de l'ombre, de la projection des contours (de figures
géométriques), des lentilles et miroirs cone, Bien qu'on
11. Physique,
matiques,
II, 194, a7-12 :
"Les parties les plus physiques des mathételles l'optique,
l'harmonique et l'astronomie [litt.
"ascrologie”], illustrent cela.
Elles procèdent en effet de façon en
quelque sorte inverse à la géométrie, car la géométrie porte sur la
ligne physique,
mais non en tant qu'elle est physique,
tandis que
l'optique porte sur la ligne mathématique, non pas en tant que mathématique mais [au contraire] physique." Aristote songe sans doute que
la géométrie tire de l'observation physique le concept de ligne pour
construire une théorie tout ä fait abstraite, tandis que l'optique
utilise cette construction abstraite en prenant pour base la ligne
pour expliquer les phénomènes physiques : définition à laquelle correspond l'optique euclidienne postérieure.
12.
Voir W. Capelle, "Zur Geschichte der Meteorologischen Litteratur",
Hermes, 1913, n° 48, p. 321-358.
Selon Capelle, l'étude des différentes questions météorologiques (comètes, voile lactée, éclairs, etc.)
était abordée originairement 4 l'intérieur d'ouvrages généraux sur
la nature et Aristote serait le fondateur de la météorologie comme
discipline autonome.
L'arc-en-ciel demeura naturellement par la
suite le patrimoine de
la tradition philosophique.
110
retrace partiellement les origines de cette discipline et qu'on en
trouve un exemple chez Sérénus d'Antinoé, on ne peut en mesurer l'im
portance, somme toute limitée, puisqu'elle n'a ni rivalisée par une
13. Expérience attribuée 4 Archimède par Olympiodore dans son Conmentaire sur les météores, 211, 18-23.
14. Sosigène, maître d'Alexandre, l'avait critiqué sur ce point.
15. Mature, IV, 438. A l'époque même de Sénèque, les propriétés des
miroirs conservaient quelque chose de mystérieux, et Sénèque ne
manque pas dans ses Questions naturelles, X, V, 8, d'en tirer une
historiette moralisante qui ne manque pas de piquant.
16. Voir ä ce sujet A. Lejeune, Euclide et Ptolémée.
Deux stades de
l'optique géométrique grecque, Louvain, Bibliothèque de l'Université de Louvain, 1948, p. 59-62. Notre source la plus importante
est le fragment attribué à Géminos (édité avec les Hypothèses optiques, de Damien, p. 26, 9-28, 4).
Pagina 9
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)forte tradition,
nia
fortiori éclipsé l'optique visuelle.
Cette
branche de la géométrie optique apparaît plutôt comme un appendice
vision biente”, L'Uptique englobante de Ftolémée faisait donc
la synthèse de la géométrie optique sensibilisée depuis peu aux quesconsacré à l'étude complémentaire de quelques phénomènes optiques
tions physiologiques et physiques.
mettant en jeu la lumière.
ses successeurs, Théon et Damien, dont l'oeuvre cependant se développa
Il ne s'agissait donc nullement,
d'après
Cette tendance se perpétua chez
la description qu'en donna Géminos, d'une optique révolutionnaire
dans l'ombre des deux grands maîtres de l'optique géométrique.
mais d'une branche géométrique limitée, peu susceptible, à moins d'un
les efforts de Ptolémée, la contribution de cette discipline ä la phyhasard toujours possible, d'avoir pu contribuer à la physique de la
sique de la vision paraît plutôt assez maigre en comparaison de la
vision, de la lumière ou de la couleur.
cradition philosophique.
L'optique géométrique semble donc,
dans le prolongement d'Euclide,
Malgré
LES MÉDECINS
s'être détournée des problèmes physiques et physiologiques de la
vision.
L'intérêt pour ces questions devait remonter à la surface
avec le début de notre ère.
le domaine de la géométrie,
Galien, qui figure comme un amateur dans
témoignair sans doute d'un état de l'optique qui cv.” "ntérieur á son époque.
Or, on trouve déjà, chez lui,
une allusion è une expérience sur la prupagaiies rectiligne des
rayons
visuels, du méme type que celle pratiquée plus tard par Ptolémée, et
une explication de la vision binoculaire,
mal comprise.
La géométrie
optique du premier siècle cierchait donc à asseoir plus solidement ses
bases physiques et physiologiques.
Héron d'Alexandrie, qui vécut probablement à cette époque, attribuait
une vitesse,
il va sans dire,
extréme,
aux rayons visuels,
et il tentait d'expliquer leur propagation rectiligne et leur réflexion à angles
égaux par le principe physique du chemin minimum.
suivant,
consacra le premier livre
de la vision.
(perdu)
Ptolémée, au siècle
de son Optique 4 la physique
Nous disposons maintenant d'une reconstitution théorique
de ce livre)”. Il tentait vraisemblablement d'y établir la propagation
rectiligne du flux visuel
férences,
et de la lumière,
leur parenté et leurs difl'objectivité et le role de la couleur dans la vision,
etc.
Il s'attaqua également aux phénomènes d'illusion chromatique et A la
_—
___—
17.
A.
Lejeune,
op.
eit.,
1948,
p.
15-84.
112 .
Les médecins se penchèrent naturellement sur l'anatomie et la neurologie
visuelles.
Le corpus hippucratigue (v°-1v° s. av. J.-C.) rapporte déjà
une dissection sommaire de l'oeil : on identifiait deux tuniques extérieures à l'oeil et les deux nerfs optiques apportant du cerveau un
liquide pur et nourrissant à l'organe dal”, Quant 4 la vision, on
l'expliquait, corme l'avait fait Alcméon (v.500 av. J.-C.) ou Anaxagore
(v.500-v.428 av. J.-C.), par la réflexion de l'image sur la cornée
fohénomene de base de la théorie impressionniste de Démocrite) ou par
émission de flux sent. Cependant, c'est vers le début du troisiéme
18. Ptolémée, Optique, II, 84-142 (illusions chromatiques) et II, 28-46,
III, 25-62 (vision binoculaire).
Lejeune consacre un long exposé à
ce dernier sujet, op. ctt., 1948, p. 124-171.
19. Voir H. Lackenbacher, "Bertrlige zur antiken Optik", Wiener Studien,
1913, n° 35, p. 52-53.
20. Corpus hippocratique, "les Parties de l'homme", VI, 278 : "Ces
veines [c.-a-d. les nerfs optiques], d'autre part, nourrissent la
vue avec l'humeur la plus pure venant de l'encéphale, vers lequel
est transmise la réflexion qui se produit dans les yeux." Dans le
même sens, VI, 280. Corpus hippocratique, "la Chair”, VIII, 604 :
"A travers ces deux veines [c.-ä-d. les nerfs optiques] en provenance de l'encéphale, Filtre le plus subtil de l'humeur visqueuse...
et c'est pourquoi cette substance produit dans cet organe même
[c.-àä-d. l'oeil) le même effet que le diaphane de l'oeil par rapport à l'air contre lequel il projète les pneuma, pour la même
raison que j'ai énoncée pour l'autre organe."
Pagina 10
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Etudes
La physique de la vision
anciennes
siécle avant notre ère,
vraiment.
Hérophile
qui exerga une influence déterminante sur sa pensée.
à Alexandrie, que l'étude de l'oeil commença
(300 av.
J.-C.)
ques sont de véritables canaux servant de véhicule au pneuma psychique
déversé par l'encéphale et émis par l'oeil. D'autres phénomènes de
premières dissections de l'oeil humain et il donna une description de
rapa Il considérait les nerfs optiques, dont Érasistrate retraçait le chalet”, comme des canaur. Cette conception, déjà implicite dans
la tradition hippocratique,
était partagée par son contempo-
Reprenant l'idée
d'Hérophile, Galien tenta de prouver par l'anatomie que Les nerfs optipratiqua sans doute l'une des
nature physiologique ou même pathologique le renforcèrent dans sa conviction et l'amenèrent à formuler une théorie animiste originale.
2
rain, Eudina >, et elle devait être reprise avec emphase par Galien.
Rufus d'Ephöse a” s.), comblant un fossé de trois siècles, a écrit le
Parti de considérations anatomiques, Galien dut confronter sa théorie
premier
au difficile problème de la médiation physique et pour ce Faire, il dut,
texte extensif sur
l'anatomie de l'oeil,
progres sur ses prédécesseurs ulexandrias
:
marquant ainsi un net
à l'instar de Ptolémée, emprunter à la tradition philosophique.
il identifia le corps
Il
ciliaire, décrivit la forme lenticulaire du cristallin et mentionna le
reprit l'héritage spirituel de Platon, endossa la thèse qualitative d'Achiasme rn Galien héritait donc, par l'intermédiaire de deux
ristote et s'aligna, sans l'avouer, derrière la théorie pneumatique de
générations, de cette riche
Chrysippe.
tradition anatomique et pouvait dès lors
Le problème majeur qui fascina son esprit, résidait dans les
donner une descriptioi remarquable de la structure oculaire dans son
perceptions spatiales, en particulier celle de la grandeur, problème mis
traité sur l'Utilité des partics (vers 150).
en évidence par la théorie idoliste d'Épicure.
Il croyait impossible de
faire parvenir l'image de l'objet dans l'oeil.
Il rejetait donc toutes
Cette tradition anatomique n'eut pas cependant l'impact que l'on aurait
pu attendre sur la
théorie de la vision.
l'avons constaté chez Ptolémée,
cure.
La réfraction,
les autres théories en stipulant que l'oeil doit percevoir L'objet au
comme nous
était sinon inconnue du moins
Montrant qu'il en est ainsi des autres sens, il
le prolongement de l'organe visuel et, en
intermédiaire
l'air
de
faisait
fait, le dernier maillon de la chaîne nerveuse reliant l'encéphale à
niveau même de L'objet.
tres obs-
Il était normal dans ces conditions que le rôle lenticulaire du
cristallin ait échappé aux observateurs,
même s'ils en avaient constaté
l'objet.
la forme caractéristique.
Galien considérait au contraire le cristallin
comme l'organe percepteur de l'oeil, de la même façon que nous le faisons pour la rétine.
La théorie de Galien présente beaucoup de points communs avec la pensée
Ce fut plutôt la dissection des nerfs optiques
de Ptolémée, qui attribuait une faculté proprioceptive au flux visuel,
tout en s'inspirant du langage de Platon et d'Aristote.
21. Voir Galien, Utilité, trad. M. T. May, Galien.
On the Usefulness
of the Parts of the Body, Ithaca (N.Y.), Cornell University Press,
Introduction,
22. Ibid., p. 27.
p.
réponse des géomètres des premiers siècles au problème philosophique de
25.
la médiation physique entre l'oeil et l'objet.
Erasistrate était un contemporain, plus jeune, d'Hép.
29.
Eudème, médecin contemporain ou plus jeune qu'Héro-
TR
phile,
24.
Ibid.,
p.
30.
Quoi qu'il en soit,
l'oeuvre de Galien, par son contenu anatomique, apporta, à la fois, une
rophile.
23. Ibid.,
Elle révèle
l'animisme latent de la théorie émissionniste et constitue peut-être la
théorie directe et indirecte à la théorie de la vision dans l'Antiquité.
Et eu cela, la tradition médicale, comme la tradition mathématique, a
donc été largement tributaire de la tradition philosophique.
Pagina 11
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Etudes
La physique
LE PLAN DE L'EXPOSE
teurs du moment précédent.
rique.
et,
plus
généralement,
de notre savoir histodes théories à travers la tradition qu'elle a engendrée, d'autart plus
de l'optique peut aussi bien diminuer les mérites de l'optique physiodomaine extrêmement complexe,
l'ombre les contributions des
philosophes
anciens,
que les implications et même le contenu formel d'une théorie n'apparaisque rejeter dans
sent souvent qu'à une époque bien postérieure à sa fondation.
que ne coiffe pas
l'auréole de la mathématique ou de 1'expérimentatica anatomique.
traditions optiques dans
l'Antiquité,
disciplines et leur subordination théorique.
Pour
Mentation excessive et à des
rent sur la physique de la vision,
et seule leur
adoptèrent une des théories de la vision et ils
elle-même commande en quelque sorte un exposé thématique.
Une
La matière
Ce n'est que
par une approche complexe que l'on arrive à cerner le contenu d'une
comme nous le verrons chez Calien à propos du cristallin, et
chacune de ces disciplines, comme nous L'avons fait briévement.
nous
: faut-il attribuer tout ce qu'Aexposé chronologique arbitraire et susceptible de révision.
Les médecins pra-
Il serait possible de suivre le développement de l'optique ancienne dans
Ne plus,
poscérieurs ? Ce genre de question s'avère souvent insoluble et rend tout
tiquèrent l'anatomie de l'oeil qu'ils expliquérent par la géométrie
optique.
fastidieuses où l'on né percevrait
filiations historiques.
lexandre rapporte de la théorie pneumatique à Chrysippe ou aux stoïciens
1'appliquérent, 4 l'aide
par la physique des philosophes.
redites
l'enchaînement des
ce qui appartient en propre à un auteur
Les mathématiciens
à l'étude des perceptions spatiales.
clairement
serions sans cesse confrontés avec le problème épineux d'avoir a décider
réfléchiformation permettait
de le faire dans des conditions non expérimentales.
de la géomécrie,
plus
la collaboration de ces
Les philosophes
Le laconisme et l'abondance de notre documentation conduirait aussi à une fragcorriger ces défauts de perspective, nous tenions à montrer l'existence
de trois
un
Nous croyons préférable de reconstituer isolément l'histoire de chacune
L'essor que connaissent aujourd'hui les disciplines physiques
logique contemporaine,
Une étude chronologique n'offre donc pas
intérét particulier.
Ce long préambule serait inutile s'il ne visait pas à combler certaines
lacunes de notre exposé
de la vision
théorie,
Bdgoche
et la tradition de cette théorie nous est d'un précieux secours
soit parce qu'elle indique le véritable sens d'un texte, soit parce
qu'elle confirme notre interprétation par un développement postérieur,
soit enfin parce qu'elle constitue notre unique source de renseignements.
telle entreprise présenterait le plus grand intérêt, mais elle dépasserait le cadre de notre analyse.
Aussi, nous sommes-nous limirés à 1'étude d'une problématique théorique
et l'objet.
: la médiation physique entre l'oeil
Là encore, nous pourrions retracer l'évolution de ce thème
suivant la chronologie des auteurs successifs,
mais
le dialogue,
Bernard Saint-Pierre
qui
Université du Québec
à Trois-Rivières
s'est engagé autour de ce problème et qui s'échelonne sur près d'un millénaire (si l'on remonte á Damien), ne suivit ni le même rythme ni la
même cohérence que le développement scientifique moderne.
Les penseurs
s'interpelaient à des siècles de distance et demeuraient le plus souvent
fidèles à une école.
Galien,
On ne peut pas dire,
qu'un moment historique donné est
116
INT
CARERS
ETUDES
DES
ANTENNES
sauf peut-être à partir de
le
résultat
de
tous
les
fac-