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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)— Revue de philologie, de littérature et d'histoire ancienne, t. XI.IV.
J. E. Harry, À
propos de Properce,
IIL,
24
18,31 et de Pythagore, p. 15-
pà
: {° le passage de Properce CUMONT Md ,
78. | Les théories de Pythagore expliquent
(les Enfers élant entre la terre el la lune, Marcellus peut s'élever au ciel
en passant par Îles Enfers); 2° une épilaphe trouvée à Didymes ‚le a
7° cercle d'un chœur » figure la lune, c'est-à-dire les Champs-Elysées des
_
Pythagoriciens.
_
—
_
A la fin de son élégie sur la mort de Marcellus (IV, 17 = III,
18}, Properce souhaite que le jeune héros aille retrouver au ciel
son ancêtre, Claudius Marcellus, vainqueur de la Sicile, et Jules
César. Les vers sont donnés dans les meilleurs mss. sous la
forme suivante :
Al tibi, nauta, pias hominum qui traicis umbras,
Huc animae portent corpus inane tuae,
di
Qua Siculus victor telluris Claudius et qua
Caesar ab humana cessit in astra via.
Les philologues ont été choqués de la contradiction apparente
que renferme celte phrase. Comment admettre que Marcellus
parvint au ciel en passant par les enfers ? Ils se sont refusés à
attribuer au poète une pareille absurdité, et ils ont à Venvi
cherché à améliorer le texte. Le dernier éditeur Hosius se borne
à adopter la correction de Lachmann, suae pour fuae, en reléguant dans l’apparat critique d'autres conjectures, et il imprime :
31
At tibi, nauta, pias hominum qui traicis umbras,
Huc animae portent corpus inane suae :
Qua Siculus victor Claudius et qua
Caesar ab humana cessit in astra via
+
> Tibj nauta p. h. c. traicit... portel e. i. 1. Paley | 32 Hoc
—
suae Lachmann
Hac
Guyel.
Hue a. portes c. i. suae, ‚Markland,
34 vice Bährens.
Le corps inanimé de Marcellus doit donc être porté aux
enfers : son âme est déjà montée vers les astres. Mais outre que
la construction de la phrase est ninsi fort embarrassée (portent
reste sans sujel et celui de cessit doit être tiré du génitif animae),
on peut faire à cette interprétation une objection qui me paraît
décisive : selon les vieilles croyances gréco-romaines, les enfers
reçoivent non pas les corps privés de leurs âmes mais les ames
détachées de leurs corps. En disant que Charon transporte les
ombres pieuses, le poète veul évidemment indiquer qu'il rendra
ce service à celle de Marcellus,
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)PROPOS
DE PROPERCE,
III, 18, 31
DE
PYTUAGORE
A la fin de son élégie sur la mort de Marcellus (IV, 17 = II,
18), Properce souhaite que le jeune héros aille retrouver au ciel
son ancétre, Claudius Marcellus, vainqueur de la Sicile, et Jules
César. Les vers sont donnés dans les
forme suivante :
meilleurs mss.
sous la
At tibi, nauta, pias hominum qui traicis umbras,
Huc animae portent corpus inane tuae,
Qua Siculus victor telluris Claudius et qua
Caesar ah humana cessit in astra via.
Les philologues ont été choqués de la contradiction apparente
que renferme
cette phrase. Comment admettre que Marcellus
parvint au ciel en passant par les enfers ? Ils se sont refusés à
attribuer au poète une pareille absurdité,
et ils ont à l'envi
cherché à améliorer le texte. Le dernier éditeur Hosius se borne
à adopter la correction de Lachmann, suae pour tuae, en reléguant dans l'apparat critique d'autres conjectures, et il imprime :
31
Al tibi,
nauta, pias hominum qui traicis umbras,
Huc animae portent corpus inane suae :
Qua Siculus victor Claudius et qua
Caesar ah humana cessil in astra via
31 Tibi nauta p. h. c. traicit... portet c. i. t. Paley | 32 Hoc —
suae Lachmann
Hac
Guyet.
Huc a. portes c. i.
suae, Markland,
34 vice Bährens.
Le corps inanimé de Marcellus doit donc être porté aux
enfers : son âme est déjà montée vers les astres. Mais outre que
la construction de la phrase est ainsi fort embarrassée (portent
reste sans sujet et celui de cessit doit être tiré du génitif animae),
on peut faire à cette interprétation une objection qui me paraît
décisive : selon les vieilles crovances gréco-romaines, les enfers
reçoivent non pas les corps privés de leurs Ames mais les âmes
détachées de leurs corps. En disant que Charon transporte les
ombres pieuses, le poète veut évidemment indiquer qu'il rendra
ee service à celle de Marcellus
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)FRANZ CUMONT
Je ne m’attarderai pas à discuter toutes les conjectures que
l'ingéniosité des exégétes a suggérées A propos de ce passage.
Mieux vaudra sans doute, s’il est possible, montrer qu'un sens
raisonnable peut être tiré du texte traditionnel sans v rien changer. Il faut seulement, pour le comprendre, se rappeler quelles
étaient, à l'époque d'Auguste, les croyances répandues par les
Pythagoriciens et Posidonius sur l'ascension des âmes vers les
astres. On sait que ces idées ont influencé toute la composition
du sixième livre de l'Énéide.
Les inferi ne sont pas, selon cette doctrine, situés dans les
entrailles de la terre, mais entre celle-ci et la lune, dans la région
du monde où s’agitent et luttent les éléments !. L'âme, lorsqu'elle
s'échappe du cadavre, est une substance subtile, qui garde la forme
du corps”, simulacre que nous apercevons dans les réves ou fantome que font apparaître les évocations. Emportée par les vents”,
cette âme aérienne s'élève vers la zone la plus haute de l'atmosphère
pour atteindre enfin la sphère de la lune. Le Tartare et les
fleuves infernaux, le Styx, l’Acheron, étaient donc placés par
les théologiens non dans un monde souterrain mais dans les
espaces supérieurs 4.
Si l'on se souvient de ces croyances, les vers de Properce s'expliquent, me semble-t-il, clairement : « Que jusqu'à toi, nocher,
quifais passer le Styx céleste aux ombres pieuses des défunts, les
souffles 5 qui t'obéissent portent là-haut le corps léger 5 de Mar-
1. Cic., Tuscul., I, 18, 42; Sextus Emp., Adv. Mathem., IX, 71 (qui remontent
tous deux à Posidonius); Plut., De facie in orbe Linae, 28, p. 913 C: Ps. Probus.
Comm. Buc., p. 12 Keil; Macrobe, Somn. Scip., 1, 11,6 (« inter lunam terrasque
locum'mortis et inferorum vocari »). Cf. en général sur cette doctrine eschalotogique. Norden, Aeneis, Buch VI, p. 17 ss.
2. Plut., Le, p. 945 A: II duyñ ixndrrsrar zò
etdoz (Tod FUOATOS) (STE...
heols ovoudkezat. Cl. Diog.
eisav dou mhalealar iv Ten
Laerce, VIII, 1, 31: Selon les Pythagoriciens Frorcleïs
aint duotay tH guinatı. Cf. infra, note
6
3. Porphyre, De Antro Nymph., 24; cf. De regressu animae, fr. 4 Bidez:
« Isto acre transenso levare in caelum et inter deos sidereos collocare »: Apul..
Asclep., 28 (procellis (urbinibusque aeris}; Proclus, Zn rempubl., 1, p. 152 Kroll:
cf. infra, p. 77. — Un grand nombre de monuments funéraires, que j'espère
publier bientôt, sont, pource motif, décorés de bustes des Vents : ef. mes Æfudes
syriennes, 1917, p. 79, n. 2.
4. Plut., De genio Soer., 22; De primo frigido, 9, p. 948 E: Lydus, De Mensih.,
IV, 149 (p.167 Wünsch);Numénius dans Proclus, In Remp., Il, p. 129,7: 130,91.
Kroll.; cf. Norden, op. eit., p. 29.
5. Le Thesaurus linguae Lal., rapprochant le vers de Properce d'exemples analogues,a compris animae comme nous le faisons ici.
6. Inane corpus pour Vetdwdov, Cf. Virgile, VI, 292 : « Tenues sine corpore vitas
Btarngodar Thv Guowtynta zal tov TInov eldmkov
volitare cava suhimagine formac. Servius, Aen., 1V,651 : « Simulacrum ad nostri
corporis effigiem fictum... est species corporea quae non potest tangi sien! vonLus, »
Pagina 4
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)A LROPUS DE PROPERCE
cellus en suivant la route par laquelle le vainqueur de la Sicile
et César, quittant la voie humaine, se retirèrent versles astres. »
Le poéte et probablement avant lui les théologiens ont rapproché les vents qui emportent les âmes, de ceux qui, suivant la
Fable, poussent la barque de Charon vers la rive infernale ?.
On trouverait sans peine des épitaphes métriques exprimant
la même idée. Ainsi on lit à Rome, sur la tombe d'un enfant, les
restes de vers 3:
Aurae etülere parvolum [superae Pium|
Accessit astris...
A Salone, sur un cippe portant les images d’Attis funéraires 4 :
Corpus habent cineres; animam sacer abstulit aer.
On pourrait multiplier les exemples. Dans le méme ordre
d’idees, nous citerons encore les vers curieux gravés sur la
sépulture d'un enfant que ses parents élevaient en Pythagoricien pieux ? :
Nune vero infernas sedes Acherontis ad undas
Tetraque Tartarei per sidera tendo profundi.
Pour un disciple romain de Pythagore l’Acheron ne coule
point, le Tartare ne se trouve point dans les profondeurs de la
terre mais dans celles du ciel, et c'est pourquoi le rédacteur de
l’epitaphe les place au milieu des astres redoutables.
M. Bernard Haussoullier veut bien attirer mon attention sur
une inscription remarquable qui paraît s’inspirer des croyances
pythagoriciennes et est restée peu connue jusqu'ici, puisqu’elle n’a
été publiée que dans un rapport de Th. Wiegand sur ses fouilles
de Didymes 6. C’est une épitaphe de six vers, gravée sur un socle
de marbre, qui semble avoir porté une statuette de la morte :
4. La correction de Bährens vice pour via est détestable. L'opposition de la via
in caelum (Cic., Somn. Scip. 16) et de celle des hommes répond à une vieille
idée pythagoricicnne. Cf. Norden, l. ¢., p. 30, n. 1.
2. Virg., Aen., VI, 302: « Raten... velis ministrat. »
3. CIL. VI, 10764 — Bücheler, Carm. epigr., 1535. — On peut en rapprocher les
vers d'Ovide, Mel., II, 506, sur le catastérisme de Callisto et d’Arcas: (Jupiter)
« pariter raptos per inania vento | Imposuit caelo vicinaque sidera fecit ».
4. CIL. II, 6384 == Bücheler, 1206.
5. CIL. XI, 6435 — Bücheler, 434 — Plessis, Epitaphes, 57.
6. Wiegand, Sixième rapport sur les fouilles de Didymes, Abhandlungen Akad.
Berlin, 1908, p. i6 du tirage a part.
Pagina 5
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)FRANZ CUMONI
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Le troisième vers est particulièrement intéressant; je crois
qu'il faut y rattacher ycp25 (non pas yopoöv) en coupant après
variny et traduire « qu’Hades a placée dans le septième cercle
d'un chœur ». L'expression, volontairement vague, désigne, comme
l'a remarqué M. Bernard Haussoullier, la sphère de la lune qui
est la septième du chœur des planètes. On connait la doctrine
pythagoricienne du séjour des âmes dans la lune où elle transportait les Champs Elysées. L'épitaphe de Didymes pourrait
être illustrée à l’aide d’un bas-relief romain où l’on voit le buste
d'une petite fille, placé dans un large croissant, quiest entouré de
sept étoiles, et d'autre part elle confirme l'interprétation eschatologique qui avait été proposée de ce morceau de sculpture funéraire 1,
Franz Cumonr.
1. Cf. Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1918, p. 365.