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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)alentours de 490 avant J.-C. Il n'a jamais rien écrit. Sans doute certains
S.
de) x
3
PYTHAGORISME
P ythagore est de tous les philosophes présocratiques celui qui jouit de la
plus grande notoriété. Pourtant, les érudits contemporains n’abordent
pas sans circonspection le personnage ou la tradition qui s’en réclame : 4
leurs yeux, l’histoire de la pensée présocratique se mesurerait plutôt à
l’aune du grand Parménide et à son rejet des conceptions du réel
élaborées avant lui, puis aux tentatives de penseurs tels qu’Anaxagore ou
Démocrite pour relever son défi. Or l’ambivalence de cette attitude à
l'égard de Pythagore se laisse déjà entrevoir dans les témoignages
antiques. Cent à cent cinquante ans après sa mort, Platon et Aristote ne le
mentionnent guère. Ce dernier ne manque pas d'examiner les théories
des Pythagoriciens du V* siècle, qui étaient actifs cinquante ans après la
mort de Pythagore — mais Pythagore lui-même n'est jamais cité dans
l’œuvre conservée d’Aristote pour l'importance de son apport dans
quelque branche de la philosophie que ce soit. Nous possédons sans
doute quelques fragments d'un ouvrage d'Aristote consacré aux
Pythagoriciens, dans lequel il a effectivement traité de Pythagore — mais
il ne le présente alors que comme une sorte de thaumaturge. Quant à
Platon, en dépit de l'influence que le Pythagorisme des ve et ve siècles a
exercée sur lui, il ne parle qu’une seule fois de Pythagore, mais comme
d'un maître fameux qui légua à ses disciples une certaine façon de
conduire leur vie. Franchissons à présent un peu plus d'un demimillénaire : selon le Néoplatonicien Jamblique, qui écrivait au n° siècle de
notre ère, Pythagore est un être semi-divin, qui reçut des dieux et transmit
aux hommes toutes les vérités de la philosophie. Ainsi, aux alentours de
300 après J.-C., Pythagore est désormais considéré dans certains cercles
livres lui sont-ils attribués dès les ue et me siècles de notre ère, et les
soixante et onze lignes des Vers d'Or ont-elles été regardées comme
authentiques jusqu'à la Renaissance, mais ces apocryphes ne sont que des
symptômes de la phénoménale expansion de la légende qui s'est formée
autour de lui. La premiére ceuvre pythagoricienne est due 4 Philolaos de
Crotone (v. 470-390 avant J.-C.). Nous en possédons quelques fragments ;
Aristote semble lui avoir emprunté l’essentiel de son information sur les
Pythagoriciens. Quant 4 la seconde figure qui domine pour nous le
Pythagorisme ancien, elle est contemporaine de Platon : Archytas de
Tarente (actif en 400-350 avant J.-C.) s’est distingué par ses recherches
mathématiques, notamment en matiére musicale.
Aristote prend soin de faire la distinction entre Pythagore lui-même et
les Pythagoriciens, qu'il désigne comme «ceux qu'on appelle les
Pythagoriciens », probablement pour éviter de se prononcer sur la nature
exacte des liens entre leur pensée et celle de Pythagore. En revanche, les
successeurs immédiats de Platon à l'Académie, Speusippe et Xénocrate,
font preuve à l'égard de Pythagore d'une attitude aussi nouvelle que
lourde de conséquences. Certaines des conceptions les plus mûrement
réfléchies de Platon, notamment la position du couple de l’Un et de la
Dyade indéfinie comme principes fondamentaux de la réalité, en
viennent à être considérées comme de simples développements d’un
enseignement qui remonte à Pythagore. Quel intérêt les disciples de
Platon ont-ils pu trouver à vouloir placer sa philosophie sous le patronage
de Pythagore ? Nous n’en savons rien. Peut-être une telle attitude est-elle
solidaire d'une certaine idée de la philosophie comme révélation divine.
Du même coup, la philosophie de Platon jouit à son tour d’une autorité
divine, dans la mesure où elle ne fait que prolonger en la déployant la
révélation pythagoricienne.
Une telle conception du rôle de Pythagore finit par dominer
l'ensemble de la tradition postérieure, qui ignore les distinctions établies
des côtes de l'Asie Mineure, avant de s'établir (sans doute vers 530 avant
J.-C.) à Crotone, dans le sud de l'Italie ; il serait mort à Métaponte, aux
par Aristote entre Pythagore et les Pythagoriciens, ou entre ces derniers et
Platon. Au it siècle de notre ère, cette conception prédominante a eu
pour effet la fabrication d'un grand nombre de textes attribués à
Pythagore ou aux Pythagoriciens anciens. De tels écrits pseudépigraphes
regorgent de termes et de concepts tant platoniciens qu’aristotéliciens, et
visent manifestement à divulguer les «sources » auxquelles Platon ou
Aristote auraient puisé l’ensemble de leur philosophie. Quelques brefs
traités de ce genre nous ont été conservés dans leur intégralité. Le plus
célèbre d'entre eux, qui prétend se faire passer pour l’œuvre originale de
Timée de Locres dont le Timée serait inspiré, ne constitue guère qu'un
démarquage abrégé de l'ouvrage platonicien; comme la plupart des
pseudépigraphes, il suit de très près la doctrine de son modèle sans en
approcher les qualités littéraires. Le texte de Platon (qui décrit de façon
saisissante l’organisation du cosmos par un démiurge divin) resta ainsi
plus fréquemment cité que son imitation, tout en n'étant considéré que
comme un témoin de la doctrine pythagoricienne. En règle générale, les
982
983
comme le philosophe par excellence, alors qu’au me siècle avant notre ère,
Platon et Aristote pouvaient traiter des grands problèmes philosophiques
de leur temps sans se référer à lui.
De récentes recherches (et notamment les travaux de Walter Burkert)
ont beaucoup fait progresser notre compréhension de l’écheveau où
s’embrouillent les témoignages relatifs à Pythagore et au Pythagorisme. Il
est cependant inévitable que de nombreux points restent obscurs ou sujets
à controverse. Aussi est-il nécessaire, avant de traiter en détail de
Pythagore ou d'autres figures de son école, d’esquisser un rapide
panorama de la tradition dans son ensemble, afin de mieux faire ressortir
les problèmes très particuliers que pose toute tentative de caractériser
avec exactitude Pythagore ou sa pensée.
Pythagore a vécu ses quarante premières années sur l’île de Samos, près
Pagina 2
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)A
fragments apocryphes sont beaucoup plus nombr
eux que ceux qui ont
quelque chance de remonter à des textes authentiqu
es du Pythagorisme
ancien.
Il faut attendre le ie siècle aprés J.-C. pour voir appara
itre les premiéres
Vie de Pythagore, ainsi que les premiers exposés
relatifs au mode de vie
pythagoricien, qui nous soient Parvenus intacts
. Les érudits de la
Renaissance, ainsi que nombre de leurs successeurs,
ont emprunté les
matériaux de leurs notices sur la vie et l'œuv
re de Pythagore aux
biographies
dues à Diogéne Laérce (actif en 200-250),
Porphyre (232.
v. 305), et Jamblique (v. 250-325), qui s’appu
yaient eux-mémes sur des
source
s aujourd’hui perdues du 1° siècle avant J-C., telles
que les deux
livres d’Aristote consacrés au Pythagorisme, les
travaux de ses disciples
Aristoxène et Dicéarque sur Pythagore, les
ceuvres du Platonicien
Héraclide
du Pont ou celles de Timée de Tauroménio
n, auteu
r d’une
histoire de l'Italie du Sud. Comme de telles biogra
phies ne font que
compiler leurs sources sans le moindre examen
critique, leur utilisation
comme documents exige d’extrémes précautions.
Quoi qu'il en soit, le
portrait qu’elles dressent de Pythagore — celui
d’un philosophe au statut
quasi divin — devait dominer l'Antiquité tardive,
et même influencer de
nombreuses interprétations modernes.
De ce survol, nécessairement simplifié et sélecti
f, retenons que dès le
temps des premiers successeurs de Platon à l’Aca
démie (v. 350 avant J.-C.),
la
tradition pythagoricienne est marquée par une tenda
nce à attribuer au
divin Pythagore tout ce que la philosophie a pu produ
ire de vrai après Jui.
En conséquence, si nous voulons nous former en
dépit de cette tradition
une idée exacte de la place qu’a tenue Pythagore
dans le paysage mental
du ve siècle avant J.-C. ;.nous devons nous en tenir
d’abord aux documents
antérieurs 4 la genése de la légende pythagoricie
nne, et écarter les
témoignage
s d’auteurs postérieurs à Platon (429-347) et
Aristo
Compte non tenu des fragments de l'ouvrage d’Aris te (384-322).
tote sur les
Pythagoriciens,
la documentation qui remonte à cette période
ancienne
se réduit à une vingtaine de brèves références
chez des philosophes, des
poètes, et des historiens. Cette maigre récolte
est en fait beaucoup plus
abondante pour Pythagore que pour bon nombr
e de penseurs anciens, et
refléte dans une certaine mesure sa célébrité.
Le trait qui ressort le plus
nettement est la réputation que Pythagore
s'est acquise par sa
connaissance de la nature de l'âme, de son destin
dans l'au-delà, et plus
particulièrement par sa croyance en la métempsych
ose. Bien souvent, les
plus anciennes références 4 Pythagore ne
sont pas exemptes d'une
certaine tonalité polémique, soit qu'elles attaqu
ent un point de son
enseignement, soit qu’elles présentent le sage
de Samos comme un être
doué d’un savoir surhumain. Il est clair,
par exemple, que son
Contemporain Xénophane (v. 570-480) vise
à tourner Pythagore en
dérision en rapportant comment, voyant un homm
e battre un chiot, il fut
pris de pitié et s'exclama : « Arrête, cesse de le
battre, car c'est l’âme d’un
de mes amis,
je reconnais sa voix| » (fragment 7). En revanc
he, Ion de
984
Chio (né v. 490) paraît tout à fait sérieux lorsqu'il loue Pythagore pour sa
© connaissance du sort de l’äme après la mort.
Aux yeux d’Héraclite (v. 540-480), Pythagore n'est qu un polymathe
dépourvu de toute intelligence réelle, un « prince es ne
(fragment 81) qui aurait plus que tout autre pratique la rec chep ur
« un
se bricoler ä partir des Ecrits d’autrui une sagesse propre Fe tot
;
l fy itecnée d'être des
Xen
nt àa ws
al ent
e égaleme
ermoche
éraclite reproch
ie
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en
que
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ont
en
ateurs
comment
Écrtains
bohmathen
lui sembler engagé dans un type d'enquête Tationne e sur monde
analogue à celle de ces auteurs ioniens, qui s'était déve oppen ay oa ok
vie siècle en Asie Mineure dans la région de Milet, non on Mile on
naquit Pythagore. Mais le fragment d’Heraclite Passocie p mor up ere
Bin „des
Hésiode, célébre pour avoir expose sous forme mythique
dieux dans sa Théogonie. En tout cas, le jugement d'Hérac ite es an ne
Pythagore ne serait qu’une sorte de charlatan. Quanta Empedoce (v. O°
ment
438), dans son fragment 12, RPC eu savait ia métrale
L
:
omme
ée. Après avoir loué
exteaordinaires » et qui possédait « la plus riche sagesse », il poursult par
l'éloge plus précis de ses « sages accomplissements » et ajoute 4 wen
déployant toute la force de sa pensée, il pouvait sans peine ce) me pe
cours de dix ou même de vingt générations humaines » es sens
de voir là un rappel de la doctrine de la réincarnadon, etan ment nde
« sages accomplissements» n'est pas sans suggérer la si ouette un
thaumaturge, susceptible de s'attirer aussi bien mmsné
d’Empédocle que la condamnation d Héraclite pour charla nie "entre
D'autres témoignages anciens soulignent une relation en hik
Pythagorisme et rituel religieux. Les liens de Pythagore avec phi ne,
attestés par Ion et par Hérodote, temoignent de assoc ation de
personnage aux rituels (notamment initiatiques) et de sa sonan
a i
des destinées de l’äme après la mort. Isocrate, contemporain dé
ct
epe
voyage
le
fait
aurait
re
Pythago
que
Busiris
son
dans
écrit
le
roduire
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à
premier
le
fut
qu'il
«
rapporte en termes plutôt vagues
philosophie chez les Grecs " avant de préciser àa ilse mon
es.
t particulier en matière de sacrifices et C
2 aeapis ape
À
ame,
i
rc
Pyrhago
portait
que
ion
attent
large
it, à en croire d'autres documents, d ur
,
pour la conduite de la vie. L’Atomiste Démocrite, né en 460, aurait
ee
profondément influencé par certaines conceptions pythagoriciennen à
In uence ade
aurait peut-être été l'élève de Philolaos; dans ce cas, cette
s'exercer dans le domaine éthique, puisque le livre que Demoen an
consacré à Pythagore était classé parmi ses œuvres $ quesen
Isocrate, Pythagore jouissait d'une telle réputation queies je an ns Bens
brûlaient de se mettre à son école, et que leurs parents pré ralen ae
occupés à fréquenter un tel homme qu'à gérer les intérêts . ou res
Il ajoute que jusqu’à son époque les Pythagoriciens étaien piIe ce qui
pour leur silence que de grands orateurs pour leurs paroles,
Pagina 3
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)en
sugeer
we
Pa
,
N
weg re que i tradition postérieure d’une régle de silence parmi les
deip! s de ythagore ne serait pas sans fondement. Alcidamas
7 foncier du début du IV® siècle, nous a transmis une tradition
ap nt Lr
nd de Pythogore des : Empédocle, qui aurait été le
agore, devraitau premier
i sa connaissance
i
disciple o’Anaxag re et de thagore,
e
second la dignité de ses manié
aniéres. On ne peut
foi
encore qu'être
|
frappé de la constante association
iati du nom dex
Pythagore àä
uncertain sue de vie plutôt qu’à un savoir d'ordre heen
8 me
Q
A
>
.
°
Dane gard, la Pine (60 pie du dossier qui nous occupe est un
age de
Répu lique
(600a9-25) qui constituee l’unique
l'uni
référen
explicite a Pythagore dans toute l’œuvre de Platon. Il y est présenté
eurenun male influent, fondateur d’un certain style de vie, et ne
sere Pee ae
ans la liste de ceux quicont contribué
ntribué au bon gouvernement
me titre que: les législateurs Lycurgue ou Solon), nii dans
celle des grande généra
ux, ‚ ni
illé
;
:
ni enfin
enfin pparmi es les h hommes qui ont brillé
eurann concret ou l’ingéniosité de leurs inventions (comme par
ep De river Pour Platon, l’activité de Pythagore se situe plutôt dans
pan enig alee
vée
: il est le type même
du maître
i
bien-aimé,
ien-aimé dont les
es Te
ar |leur observan ce des régles de vie
core fameux par
vi
pythagoransone con les témoignages les plus anciens 5accordent
‘
mme un homme vénéréé par ses fidèles,
è
d'enseigner
à chars
capable
dens
:
n‚comment
n conduire sa vie ici-bas de façon à plaire
pla
ane ieuxAata garantir 4 son âme une heureuse destinée dans l'au delà
ae ie ou oayatigue, devant de telles prétentions 4 un savoir
que, devant un tel culte dévot
élébré
quelques
sementmarginaux
de
aux (Héraclite et Xénophan
é phane, par exemple)
semple) avaicny
avaient
largement de quoi
déo
quoi dénoncer
un certain charlatanisme, ou tout au moins
i
Aux
Ernpedlcle
fal nee ai iy les « ers accomplissements » auxquels
evaient sembler particulié
difficiles
a
admettre. . Peut-être s’agit-i
action miraculeuses
irac
qu'Aristote attribue
Due
à
àä
git-il des actions
qu’Ari
i
Pymhagore. Ce dernier aurait été vu à la fois à Métaponte et à Crotone le
meme j a a même heure; il aurait traversé une rivière qui se serait
serpent bie:fut Pyttagore
F
|» à son passage; il auraît mordu et tué un
serpent venimer ; il aurait eu une cuisse d’or.. CeCe dernier
dernier détail
détail vise
vi sans
doute
quer comme favori des
à dieux , et pparaît
it liéliéé àa des des rite
ri
m tatiques a cours desquels une certaine partie du corps est consacrée 3
«Apollon . owjours selon Aristote, en effet, Pythagore était appelé
;
yperboréen » par les habitants de C
,
témoignages
lui attribuent des pouvoirs
i extraordinaire
‘siren aur
des
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lesprötexte
phénomènes
Silles trop
trop souvent
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sous
Qu naturels. Autant de merveill
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souvent
hitonique de Pych
q elles.
€ ne P permettent pas de cerner la figure
agore
: en fait, toutes ces an ecdotes nous aident
i
à
à saisi
comment ses premiers disciples | e considéraient,
idérai
et sont don vesentilles
pour notre compréhension du type de personnage qu'il fut essentielies
ne Principale lacune dans notre documentation d’époque ancienne
Pythagore porte sur la nature exacte du genre ou du style de vie
ra
.
€
986
de la fin
re, Aristote et d’autres sources
qu'il légua à ses adeptes. Ici enco
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ques détails, mais
du me siècle nous fournissent quel
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contredisent sur des points impo
difficultés. Soulignons !’importance
vie pythagoricienne ne va-t-elle pas sans
smises
des maximes pythagoriciennes tran
particuliére, dans ce domaine,
re de
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la
avec
bien
elles, qui s’accordent
de
par Aristote. Certaines d’entre
ont
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plus
age des
la
Pythagore telle qu'elle se dég
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s
gnée
dési
u’à lui. Elles sont
bonnes chances de remonter jusq
s) ou de
ndue
es d’akousmata (choses ente
tradition tardive par les term
interpréter). Jamblique en
symbola (mots de passe où choses à
ample moisson
fournit une
agore (88 82-86), dont
dans son livre sur la Vie de Pyth
ce principale.
Aristote constitue sans doute la sour Jamblique se répartissent en trois
de
on
ecti
coll
la
de
Les maximes
que
tions suivantes : 1) qu'est-ce
s ques
classes, correspondant aux troi
Relèvent
? 3) qu'est-ce qui doit être fait?
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c'est? 2) qu'est-c
tote : « Le
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s
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max
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de la première, par exemple, cert
qui y est
est la voix d'un démon [daimén]
son du bronze que l’on frappe
éphone. »
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enfermé », ou encore : « Les plan
s que :
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Jamblique range dans la deu
qui est le plus
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« Qu'est-ce qui est le plus sage
». Enfin,
est le plus aimable ? l'harmonie
juste ? sacrifier », « Qu'est-ce qui
mieux
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type
classe, qui constituent le
les maximes de la troisième
rituel.
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Aristote est allégué comme
ire », OU
poissons (le mulet et le « queue-no
interdisent de manger certains
ice). Voici
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ou
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coeu
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bogue) ou certains organes
smise
la longue liste que nous a tran
quelques injonctions tirées de
pied droit ;
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Jamblique: il faut engendrer des
ics. Dés le
ne pas fréquenter les bains publ
ne pas sacrifier de coq blanc ;
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début du We siècle se répand
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livrer un sens plus
doivent être interprétées pour
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de manger le cœur signifierait
pliquent
que de telles interprétations s’ex
le malheur. Il parait probable
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par les efforts des générations
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prescriptions bizarres dont la
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maximes, apparentées 4 d’autres
agore s’est
appliquées littéralement, et Pyth
grec, devaient sans doute être
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probablement contenté de repr
d’entre elles.
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la consommation de fèves. Tou
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L'une des plus fameuses interdit
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témoins anciens en garantissent
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d’Aristo
Aristoxène de Tarente, disciple
les autres
appréciait la fève plus que tous
sur Pythagore que ce dernier «
faisait-il
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te.
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émol
et
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végétaux, disant qu'elle était laxa nage d’Aristoxène doit probablement
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grande consommation. » Ce tém
itive
er la doctrine pythagoricienne prim
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à
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dout
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sans
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on,
icti
qu'il atteste l'interd
de ses singularités. Aristote, lors
Pagina 4
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)plus digne de foi. Ce dernier nous en a également transmis plusieurs
explications obscures : les féves seraient semblables aux organes génitaux,
ou aux portes de l'Hadès, ou à Univers, ou encore seraient liées à
l'oligarchie. II n’est pas impossible que l'interdiction s'explique par les
problèmes digestifs que causent les fèves, ou par une allergie assez
répandue à un certain acide aminé qu’elles contiennent.
La question du végétarisme pythagoricien est plus délicate. Il semblerait
tout naturel que la croyance à la métempsycose amène au végétarisme :
dans la génération qui suivit Pythagore, le philosophe Empédocle l'a
proclamé en termes clairs et frappants dans sa condamnation du régime
carné, qu'il assimilait au cannibalisme. Selon Eudoxe de Cnide, grand
mathématicien contemporain de Platon et membre de l'Académie,
Pythagore ne se contentait pas de s'abstenir de viande, mais allait jusqu'à
éviter la compagnie des bouchers et des chasseurs. Cependant, ici comme
ailleurs, Aristoxéne joue les iconoclastes. D’après lui, Pythagore ne
mangeait pas de bélier ni de bœuf de labour, mais avait un faible pour le
porcelet, le chevreau, et le coquelet! D'autres témoignages viennent
corroborer en partie le témoignage d’Aristoxéne : Pythagore n'aurait pas
été un végétarien de stricte observance. Comme on l'a vu, certains
akousmata recueillis par Aristote n’interdisent que la consommation
d'organes déterminés. Qui plus est, une maxime affirme que
l’accomplissement des sacrifices est ce qu'il y a de plus juste, et Jamblique
justifie dans sa liste d’ akousmata la consommation de la chair d’animaux
sacrificiels par le fait que les âmes ne s’incarnent pas dans de tels animaux.
Certains spécialistes ont soutenu que le rejet du sacrifice sanglant aurait
constitué un bouleversement quasi impensable de toute la tradition
religieuse ; selon d’autres, les Pythagoriciens auraient admis le sacrifice,
mais se seraient bornés a goûter rituellement la chair de la victime. La
singularité du mode de vie pythagoricien semble toutefois indiquer
qu'une prohibition du sacrifice sanglant n’était pas inconcevable; par
ailleurs, la figure d’Empédocle invite à considérer, sur le même modèle,
Pythagore comme un végétarien strict. Quoi qu'il en soit, cette question
fournit un excellent exemple des difficultés auxquelles se heurtent les
reconstructions du mode de vie effectif des Pythagoriciens fondées sur des
témoignages qui se contredisent déjà au me siècle.
‚En vue de concilier ces témoignages contradictoires, ainsi que les
différentes positions des érudits modernes sur le végétarisme, l'on a pu
avancer qu'il existait différents grades ou degrés au sein de la
communauté pythagoricienne, ainsi que le suggère la tradition
postérieure, et que le végétarisme était pratiqué plus ou moins
rigoureusement par les adeptes de différents grades. Une telle solution
soulève immédiatement un problème plus large : des sociétés
pythagoriciennes (au sens strict du terme) ont-elles jamais existé ? Pour
certains, il serait anachronique de postuler au vie siècle avant J.-C.
l'existence d'une communauté de type monastique vivant en marge de la
société et gouvernée selon des règles contraignantes : une telle idée
n'aurait été introduite que tardivement dans la tradition, peut-être même
988
par Jamblique. Néanmoins, Platon et Isocrate marquent sans équivoque
que Pythagore, après avoir attiré à lui un cercle de fidèles, leur légua un
régime de vie qui les distinguait clairement de leurs concitoyens
ordinaires à une date aussi précoce que le I siècle. Quelle était la sévérité
de ce régime ? Quels étaient les liens de la communauté avec le reste de
la société ? Ces questions restent ouvertes, mais les témoignages justifient
certainement que l'on parle de communautés pythagoriciennes, si l'on
entend par là des groupes de gens dont le genre de vie tranchait
nettement sur celui de leurs voisins.
Quelques textes remontant au W siècle avant notre ère indiquent que
Pythagore et ses disciples eurent un impact significatif sur la vie politique
des cités-Etats de l'Italie du Sud. Etant donné que Platon semble faire une
distinction tranchée entre Pythagore et les législateurs et les autres
hommes publics, il paraît très vraisemblable que le Pythagorisme n'a pas
développé de ligne politique particulière. Bien entendu, les sociétés
pythagoriciennes pouvaient apparaître comme des cercles politiques aux
yeux de leurs adversaires. Nous savons que ces sociétés ont fait l’objet de
violentes attaques à deux reprises. La première se serait produite à
Crotone, du vivant de Pythagore : de nombreux disciples auraient péri
dans l'incendie de leur lieu de réunion, tandis que le maître lui-même
devait chercher refuge à Métaponte. Quant à la seconde, elle daterait du
milieu du ve siècle, et se serait à nouveau soldée par la mort de nombreux
Pythagoriciens, ainsi que par la dispersion d'un grand nombre de
communautés.
Une société fermée se caractérise souvent par un certain goût du secret,
lié à des rites et à des distinctions de grades initiatiques. Isocrate, comme
nous l'avons vu, rapporte que les Pythagoriciens étaient réputés pour leur
silence : fait-il simplement allusion à leur maîtrise de soi, à leur capacité à
tenir leur langue, ou plutôt 4 une sorte de noviciat (dont l'historien
Timée précise dès le we siècle qu'il durait cinq ans) au cours duquel les
néophytes n'étaient pas autorisés à parler? Il est également possible
qu’Isocrate veuille parler d’une doctrine secrète. Car d'après Aristote et
Aristoxène, une partie au moins de la doctrine n'était pas destinée à
toutes les oreilles : le premier nous apprend qu’au nombre des secrets les
plus jalousement gardés figurait la division des animaux rationnels en
trois groupes (les hommes, les dieux, et les êtres semblables à Pythagore) ;
d'après le second, les Pythagoriciens se plaisaient à dire que tous les
enseignements de Pythagore n'étaient pas à la portée de tous les hommes,
ce qui suggère le caractère secret de la doctrine. D'un autre côté, ni
Aristote ni Platon ne laissent entendre que la philosophie
pythagoricienne des ve et WV siècles ait été le moins du monde secrète,
Sans doute faut-il en conclure que les adeptes du Pythagorisme
partageaient certains secrets analogues à ceux qu’Aristoxéne et Aristote
laissent entrevoir, mais que le secret ne portait que sur un nombre
restreint de maximes, sans s'étendre à la divulgation d'idées
philosophiques ou de démonstrations mathématiques du type de celles
qu'ont publiées Philolaos ou Archytas. On objectera qu'un Pythagoricien
Pagina 5
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)de la generation immédiatement postérieure 4 Pythagore, un certain
Hippase, aurait été mis à mort pour sacrilège : il avait publi€ un mode de
construction du dodécaédre. Cependant, comme l'histoire des
mathématiques nous enseigne qu’une construction rigoureuse d'un tel
volume est hautement improbable à l'époque d'Hippase, il se peut que le
dodécaèdre de l’anecdote ne doive être considéré que comme objet de
culte, et non comme produit d’une recherche d'ordre intellectuel.
Nous retrouvons Hippase à propos d'un autre problème : celui de
l'existence de sectes pythagoriciennes distinctes. D’après une indication
de Jamblique qui semble remonter à Aristote, il existait au ve siècle deux
groupes, les « acousmaticiens » et les « mathématiciens ». D'après nos
sources, les premiers, dont le lien avec les akousmata saute aux yeux, sont
reconnus par les seconds comme étant d’authentiques Pythagoriciens. En
revanche, les seconds sont accusés par les premiers de ne pas être des
Pythagoriciens de pure souche, et de suivre Hippase plutôt que le maître
fondateur — à quoi les mathématiciens rétorquent que Pythagore avait
exposé ses conceptions sous forme de simples commandements à certains
auditeurs, tout en réservant ses explications aux jeunes gens qui avaient le
loisir d’approfondir leurs études : à les en croire, Hippase ne faisait ainsi
que divulguer un enseignement qui remontait au maître, pour sa propre
gloire. Il apparaît ainsi que du temps d’Aristote, et sans doute avant lui, les
Pythagoriciens eux-mêmes ne s’accordaient pas entre eux sur les idées
qu'il fallait attribuer ou non au fondateur, et que dans ce débat les
mathématiciens soutenaient apparemment la thèse (que devaient
reprendre les successeurs de Platon) selon laquelle toutes les vérités
trouvent leur source en Pythagore.
Arrivés en ce point, il nous faut affronter le point le plus controversé :
Pythagore n'a-til été que le fondateur d’un certain régime de vie, un
expert en matière rituelle et religieuse versé dans les secrets de l'au-delà,
ou atil également fait œuvre de philosophe de la nature et de
mathématicien? Après tout, son plus grand titre de gloire aux yeux du
public cultivé reste le théorème qui porte son nom. Cela dit, les
témoignages alléguês ci-dessus ne laissent aucune place au doute : jusqu'à
Platon et Aristote inclusivement, il n'y a pas l'ombre d’une preuve directe
qui permette de qualifier Pythagore de philosophe de la nature ou de
mathématicien. L'exemple d’Empédocle montre que la figure religieuse
du thaumaturge et celle du philosophe de la nature n’avaient rien
d’incompatible dans la Grèce du ve siècle — mais Pythagore at-il joué ces
PYTHAGORISME
—
spéculations, ou qu’il n’aurait jamais, dans un tel milieu, atteint la
célébrité en qualité de simple thaumaturge. Mais un tel raisonnement n’a
rien de probant — car même s’il est très vraisemblable que Pythagore ait
été informé de la philosophie de la nature développée par les Milésiens,
nous n’avons pas pour autant le moindre moyen de savoir si lui-même
trouvait ou non quelque intérêt à ce type de recherches. Il semble
d’ailleurs qu’un maître capable de révéler la destinée de l’äme dans l'audelà peut prétendre à une gloire au moins égale à celle d'un individu qui
se demande si l’eau ou l'air est à l’origine de toutes choses.
L’argument qui incline le plus à croire que Pythagore s’intéressait tout
particulièrement aux mathématiques ainsi qu'à la structure du monde
naturel s’appuie sur les témoignages d’Aristote et de Philolaos. Il en
ressort sans conteste qu’au v° siècle certains personnages, qualifiés de
Pythagoriciens, rendaient compte du monde naturel de facon à montrer
que sa structure répondait 4 certaines relations mathématiques
satisfaisantes pour l'esprit A cela s’ajoute le fait qu’Archytas,
contemporain de Platon, était à la fois Pythagoricien et mathématicien de
haut niveau. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’Archytas et Philolaos
n’étaient peut-être pythagoriciens qu’au sens où ils observaient un certain
régime de vie, et que leurs vues sur le monde naturel ou leurs théories
mathématiques ont pu subir avant tout l’influence d’auteurs qui n'étaient
pas des adeptes du Pythagorisme (Anaxagore, par exemple, ou
Hippocrate de Chio). Il paraît de toute façon légitime de se demander si
Pythagore lui-méme a stimulé un tel intérét pour les mathématiques et
pour la structure mathématique du cosmos.
Si Pythagore doit de voir son nom associé au fameux théoréme qui
constitue la proposition 47 du livre I des Eléments d’Euclide (v. 300 avant
J-G.), il le doit au Commentaire que Proclus (v 410-485 après J.-C.) a
consacré à ce livre. Pythagore aurait sacrifié un bœuf à la suite d'une
découverte géométrique. Cette tradition repose, semble-til, sur
l'épigramme d’un certain Apollodore : « Quand Pythagore trouva la
fameuse figure, pour laquelle il accomplit le noble sacrifice d'un boeuf
[...]. ». Si cet obscur Apollodore a vécu au me siècle avant notre ère,
l’anecdote gagne en autorité, mais cette date est loin d'être sûre. En fait,
l’anecdote était aussi célèbre chez les Anciens pour la contradiction
apparente entre végétarisme et sacrifice sanglant que pour son lien avec
un théorème géométrique. Quoi qu’il en soit, certains problèmes sérieux
prouesses technologiques impliquant le recours aux mathématiques (la
plus célèbre d'entre elles étant le tunnel d’Eupalinos, percé de part et
d'autre d'une montagne de telle sorte que les deux galeries se
rejoignirent presque exactement en son centre). Or la traversée est aisée
de Samos à Milet, sur la côte de l'Asie Mineure, qui fut le berceau de la
vénérable école ionienne de philosophie de la nature, illustrée par des
penseurs tels qu’Anaximandre ou Anaximène. Certains érudits en ont
conclu que Pythagore ne pouvait pas ne pas connaître de telles
ne s'en posent pas moins. En premier lieu, ce que nous savons de
l'histoire des mathématiques grecques rend tout à fait improbable que
Pythagore ait pu démontrer le théorème. Une démonstration stricte
exigerait en effet de mettre en œuvre une certaine structure logicodéductive. Or la première trace d’une telle structure date de la fin du
ve siècle, et est associée au nom d'Hippocrate de Chio. En outre, les
Babyloniens, sans avoir démontré rigoureusement le «théorème de
Pythagore », en faisaient un usage pratique dans leurs techniques de
calcul depuis des siècles. On pourrait donc à la rigueur soutenir que
Pythagore fut le premier Grec à découvrir la vérité du théorème ou à
deux rôles ? L'île où il passa ses premières années, Samos, fut le théâtre de
Pagina 6
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)ey vie sdà
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COURANTS DE PENSEE
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En réalité, les„tem
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Pythagore attachait à la connaissance du heorem Ten
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il réalisa qu'il existait une relation mathémetiaas
omme) ce du
mangle rectangle, il en fut si impressionné
qu'il sacrifia“un but
ae mhlissant ainsi un geste qu'un Grec ordinai
re aurait réservé 4 la
un bonheur plus terre à terre (un heureu
x
voyage, par exemple).
retour de
dan,uremie d'anecdotes tardives
associe Pythagore à la
pewent eue ne que les consonances d’octav
e, de quarte, et de quinte
(respectivemeat eae par des rappor
ts de nombres entiers
ones gent 1/2,
3/4, et 2/3) correspondant à la longueur de cordes
produiesiene les onte qu ayant remarqué les
sons harmonieux que
nn
a aux d’un forgeron, il aurait découvert
que les
roder „poxOx interes üonnels
selon les valeurs indiquées
dui
1
orsqu'ils heurtaient l'encl
,
apres autre.raaussi suspendu à des cordes
des poids égaux :à coun
Malene rt é que celles-ci Produisaient
les mêmes intervalles.
de tele eat R es raperiences ainsi décrites
ne donnent pas du tout
connue
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siècle ange
aprèsTant
J.-C.
gissxcesplus tôt, Xénocrate rapportait
déjà que « Pythagore Lai
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re? Sgen
es musicaux ne se produisent pas sans
le
D'un autre coté, nous avons conservé
une
presque pre, ont le héros est Hippas
e, et qui décrit une
expe mets k arch2. L anecdote est-elle
authentique? Peut-être. Un
contemporaa à.
ue cette experience à Lasos d’Hermiong, qui
était
sonne il parait rj tagore sans pour autant
être pythagoricien. En
fractions rationnelles ‘corresponda
pon nd aa cor
onsonances
a
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i
OHippase peur Pane’ tait peut-être
connue de son temps,‘et
d'une penepeut de Coneydans la généra
tion suivante au moyen
2
.
ou
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,
i
serait pas tant la découverte que l'importance
rire thagore à ce
type de savoir lorsqu'il l’apprenait d'autrui.
Pythagore à ce
uae Pouvonsnous alors conclure sur l’associ
ation de Pythagore aux
circulaient parmi les premiers Pythagoridiens
setes Tene cr um qui
Plus sage est le nombre. Une autre énonce que
re Face de eline
tétractys qui
te
est l'harm
d'est
1
onie
dans laquelle «chante
I
tent
nt le
lesShan
Sirènesa
»,
somes fe élaire Ja tétrade des quatre
premiers nombres dont la
postion CE on as, le nombre « parfait
») a joué dans la tradition
posneure
un
€ premier plan, mais il est clair qu'à cette
date un
syncrétisme platonico-pythagoricien s’est déjà
opéré. Dans leurs
992
serments, les Pythagoriciens étaient censés invoquer Pythagore en tant
que « celui qui a transmis à notre génération la tétractys, qui contient la
source et la racine de la nature au cours éternel ». Il paraît douteux que
le serment, sous cette forme, date du temps de Pythagore, mais la
tétractys, mentionnée dans les akousmata, le pourrait bien. Le
rapprochement entre la tétractys et les Sirènes, réputées pour leur chant,
suggère un certain rapport avec la musique : il n'est pas inconcevable que
la tétractys ait dû en partie d’être vénérée au fait que ses quatre nombres
se retrouvent dans les fractions rationnelles qui président aux
consonances. Si nous acceptons à présent, à l'exemple de Platon dans La
République, de lier les Sirènes à la célèbre doctrine de l'harmonie des
sphères, selon laquelle les corps célestes produisent par leurs mouvements
des sons harmonieux, nous verrons s’ébaucher la silhouette d'un
Pythagore qu'a impressionné le pouvoir des nombres, et notamment des
quatre premiers, qui semblent fonder les intervalles musicaux dont la
structure de l'Univers est à son tour formée. L'harmonie des sphères est
discutée par Aristote dans son traité Du Ciel; cette doctrine, comme tant
d'autres, n'y est pas nommément imputée à Pythagore, mais aux
Pythagoriciens. Aussi est-il possible qu'elle soit apparue des le ve siècle sans
pour autant être attribuable au fondateur. En tout cas, les premiers
Pythagoriciens ne l'ont jamais élaborée sous une forme mathématique
détaillée : ’harmonie des sphères se présentait comme une conception
très générale.
Il devrait désormais être clair que nos témoignages ne permettent de
voir en Pythagore ni un véritable mathématicien, ni un philosophe de la
nature ou un homme de science, mais qu'il faut le considérer comme un
maitre charismatique qui attira 4 lui un grand nombre de disciples, et
qu'il leur prescrivit un certain style de vie qui comprenait un
enseignement sur les destinées futures de l'âme, sur les dieux et le rituel,
ainsi qu’une étonnante variété de régles 4 suivre dans de nombreux
domaines de la vie quotidienne. Par certains côtés, cet enseignement
favorisait le développement de certaines vertus morales (la pratique du
silence, par exemple, renforgait la maîtrise de soi); il est également
probable qu'il mettait l'accent aussi bien sur les exercices mnémoniques
que sur l'importance de l'amitié, qui sont attestés plus tardivement dans
la tradition. Enfin, cet enseignement engageait peut-être à porter sur le
cosmos un certain regard ainsi qu'à révérer les Nombres, notamment
certains d’entre eux tenus pour particulièrement importants. Qu'ils
fussent loués ou moqués, les disciples de Pythagore étaient aisément
identifiables au sein de la communauté civique ; ils eurent une certaine
influence sur la vie politique du sud de l'Italie.
L'importance de Pythagore, comme l'a souligné Walter Burkert, tient à
ce qu'il fut le premier à établir un ensemble de règles applicables non
seulement à des occasions particulières, déterminées par le rituel
religieux, mais à la conduite de l’ensemble de la vie quotidienne, en
indiquant la manière de vivre ici-bas ainsi que son lien avec la vie dans
l'au-delà, A cet égard, il est un grand maître en matière de morale, un
Pagina 7
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)a.
véritable précurseur de Socrate et du Christ, quelque étranges que
puissent paraître, à une sensibilité moderne, les prescriptions de certains
akousmata. Il faut attendre « ceux qu'on appelle les Pythagoriciens » du
ve siècle, notamment Philolaos de Crotone, pour voir le Pythagorisme
apporter des contributions importantes à la philosophie de la nature.
De la vie de Philolaos (v. 470-390 avant J.-C.), nous ne savons quasiment
rien : il était originaire de Crotone (peut-être de Tarente), ville de l’Italie
du Sud, et visita Thébes, en Gréce continentale, quelque temps avant 399
av. J.C. Philolaos n’en est pas moins pour nous la figure centrale du
Pythagorisme ancien: il fut en effet le premier Pythagoricien à laisser une
que le cosmos pris comme un tout sont des combinaisons de limitants et
d'illimités,
Cela dit, les limitants et les illimités ne suffisent pas à expliquer le
monde. Car leur combinaison, loin de se produire au petit bonheur, obéit
à une harmonia, à un ajointement qui s’opére selon certaines relations
mathématiques satisfaisantes pour l’esprit. Aussi Philolaos ouvre-t-il son
livre sur cette phrase, qui résume sd vision du monde : « La nature, dans
le cosmos, a été ajointée à partir de limitants et d’illimités — le cosmos
pris comme un tout ainsi que tout ce qu'il contient» (fragment 1).
Comme modéle de cet ajointement harmonieux, Philolaos propose
l'échelle musicale. Le continuum sonore illimité se voit limité par
certaines notes déterminées en son sein. Mais ces notes, loin d’être
placées au hasard à des intervalles quelconques, répondent aux fractions
rationnelles qui président aux consonances fondamentales de la gamme
diatonique. En conséquence, si nous voulons vraiment comprendre le
monde et ce qu’il contient, nous devons observer les nombres selon
lesquels les limitants et les illimités s’ajointent : « Et de fait toutes choses
connues ont un nombre. Il est en effet impossible que quoi que ce soit
puisse être compris ou connu sans cela» (fragment 4). Bien entendu,
Philolaos avance ici une thèse générale. Il ne semble d’ailleurs pas qu'il ait
tenté de postuler arbitrairement une série quelconque de nombres
gouvernant toutes choses, et cette retenue est tout à son honneur.
ceuvre écrite. Ménon (éléve d’Aristote) disposait encore de son livre 4 la
fin du Ive siècle. Nous n'avons malheureusement conservé qu’une
vingtaine de citations fragmentaires attribuées 4 Philolaos, ainsi que
quelques témoignages de seconde main. L'on s’accorde actuellement à
reconnaitre qu’un groupe important de fragments (1-7, 13, et 17)
provient de l’œuvre authentique. Il ressort de ces fragments que le livre
de Philolaos a constitué la principale source des recherches d’Aristote sur
le Pythagorisme, mais que ce dernier, pour adapter 4 ses desseins, a
imprimé à sa matière des modifications importantes. Notons en outre
qu’il parait désormais clair que le livre de Philolaos a exercé une influence
significative sur le Philébe de Platon.
Ce livre semble avoir été composé selon un schéma typiquement
présocratique : introduisant par une cosmogonie des considérations sur le
Dans l'exposé aristotélicien, le rôle essentiel que joue le nombre dans
notre connaissance des choses est singulièrement gauchi : selon Aristote,
en effet, les Pythagoriciens estimaient que les choses étaient en quelque
monde naturel, il passait ensuite 4 des théories astronomiques,
psychologiques et médicales. Il est frappant de constater qu’il n'y a pas
trace, dans les fragments, de discussions d’ordre éthique ni de
prescriptions sur la conduite de la vie (notons cependant qu’à en croire le
Phédon de Platon, Philolaos soutenait qu'il n'est pas permis de se
suicider). Pour rendre compte du cosmos, Philolaos recourt à deux types
d'entités fondamentaux : les limitants et les illimités. Parmi les illimités
figurent les éléments (tels que l'air ou l'eau) à partir desquels les
Présocratiques précédents expliquaient le monde naturel. Cependant,
plutôt que de privilégier un élément ou un groupe d’éléments de ce type,
Philolaos affirme simplement que pour expliquer le monde tel que nous
le voyons, il faut présupposer qu'une réserve d’illimit&s de ce genre (c'estfaçon faites de nombres. Philolaos ne dit rien de tel. En tentant d'établir
une distinction entre les thèses pythagoriciennes et celles de Platon (selon
qui les nombres ont une existence séparée des choses), Aristote a supposé
que les Pythagoriciens devaient avoir identifié nombres et choses,
commettant ainsi un anachronisme : les Pythagoriciens ne se sont sans
doute pas posé la question du mode d'existence des nombres et de leur
relation aux choses. Ce problème n'a dû être abordé directement qu’à
partir du IV siècle, dans l’Académie platonicienne. Philolaos, quant à lui,
se bornait à soutenir que les nombres nous font connaître les choses du
monde, sans se pencher sur leur statut ontologique. Ce qui importe ici est
l'intuition selon laquelle le cosmos et tout ce qu'il contient sont en
a-dire des continus sans limite intrinsèque : l’eau, l'air, la terre, mais aussi
principe connaissables par la détermination de relations numériques
remarquables.
le vide et le temps) se trouve à disposition. Mais son innovation la plus
remarquable est la critique qu’il adresse à ses prédécesseurs : ceux-ci ont
eu le tort de croire qu'ils pouvaient rendre compte du monde de façon
La génération du cosmos a commencé par un feu (illimité) au centre
illimités (le bois) et de principes structurants (la forme et la structure de
l’arbre). En conséquence, tant les objets particuliers au sein du monde
994
be oe nu
qui établissent des limites au sein d’un continuum (les formes, par
exemple, ou tout autre principe structurant), doivent également être
considérés comme des principes fondamentaux. Soit un objet que nous
pouvons observer dans le monde, tel qu'un arbre : il se présente
manifestement comme une combinaison de continus intrinsèquement
er dre MSIE Lust LEA
adéquate uniquement en termes d'illimités. Selon Philolaos, les limitants,
d'une sphére (limitant). Ce feu central, par une sorte de respiration, a
pour ainsi dire absorbé un autre groupe d'illimités (le temps, le vide, le
souffle), qui se sont combinés avec des limitants pour produire le fameux
système astronomique de Philolaos. La Terre y est pour la première fois
considérée comme une planéte. Mais son orbite n'est pas héliocentrique :
la Terre tourne autour du feu central, ainsi que le Soleil, la lune, les cing
planètes, la sphère des étoiles fixes et une Anti-Terre visiblement destinée
à faire coïncider avec le nombre parfait (dix) celui des astres en
Pagina 8
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)révolution. Le système combine ainsi le recours respectueux a des
principes d'organisation qu’aucune observation n'appuie avec une
certaine volonté de tenir compte des faits. L'alternance du jour et de la
nuit s’explique par le fait que la Terre prend vingt-quatre heures pour
accomplir son orbite autour du feu central, alors que le Soleil met un an
à achever la sienne. En outre, la Terre tourne sur elle-même à une vitesse
telle que notre hémisphére ne fait jamais face au feu central ni à l’AntiTerre, cequi justifie qu’ils n’aientjamais été observés. Signalons enfin que
ce système astronomique est le premier à identifier un ensemble de cinq
planètes et à les disposer correctement en fonction des valeurs observées
de leurs périodes.
Après avoir présenté ses vues cosmogoniques, Philolaos aborde le
phénomène du vivant La structure du monde animé ne l'intéresse pas
moins que celle du cosmos, et sa façon d'en traiter annonce à certains
égards les systèmes platonicien et aristotélicien. A ses yeux, la vie est
ordonnée hiérarchiquement : des plantes aux animaux, puis aux
hommes, chaque niveau conserve les capacités du niveau inférieur tout en
jouissant d’une capacité qui lui est propre. Toutes les formes de vie sont
capables de se reproduire; aux racines que les plantes sont capables de
développer répond chez l'homme le cordon ombilical; les animaux
disposent de la locomotion et de la sensation ; enfin, l'être humain a le
privilège d’être rationnel. Pour Philolaos, il existe une évidente analogie
entre la naissance du cosmos et celle de chaque être humain. Il estime en
effet que l'homme ne consiste d'abord qu’en un principe de chaleur
auquel du froid vient se mêler par inspiration à la naissance, tout comme
le feu central a respiré pour engendrer le cosmos. La santé du corps
humain semble avoir dépendu selon lui d’une limitation appropriée que
la respiration rafraîchissante impose à la chaleur vitale. Enfin, pour
expliquer les maladies, Philolaos recourait, dit-on, à la théorie des trois
humeurs (bile, sang, et phlegme) qui joue également un rôle de premier
plan dans les théories médicales de son époque, que nous connaissons par
la Collection hippocratique. Le caractére présocratique.de la théorie du monde qu’expose Philolaos
est aisé à reconnaître. De même, ses théories médicales mettent en œuvre
les mêmes concepts que les premiers textes hippocratiques. Mais
l'attention qu'il porte aux traits structurants du cosmos et ses
considérations sur le rôle que joue le nombre dans l’intelligibilité du
monde constituent une contribution aussi originale qu’importante, qui
ne fut pas sans influencer Platon et Aristote. De fait, Philolaos est le
premier philosophe à proposer une conception cohérente du monde
naturel qui invite à en rendre compte en terme de relations
mathématiques. Cependant, à mesure que grandissait la légende de
Pythagore, c'est-à-dire dès les premiers successeurs de Platon, il devenait
impératif que le cosmos pythagoricien ne soit pas ravalé au rang de simple
précurseur des théories platoniciennes ou aristotéliciennes, mais passe
pour une révélation intégrale de la réalité. Aussi le système de Philolaos,
que le compte rendu aristotélicien n’avait pas trop maltraité, fut-il ensuite
996
PYTHAGORISME
nn
négligé au profit du Timée, dont la cosmologie plus mire en vint a être
tenue pour l'enseignement de Pythagore lui-même (au point qu'à la
Renaissance le terme de « Pythagorisme » renvoie le plus souvent au
platonisme du Timée).
Archytas (actif en 400-350) est le représentant de son école qui coincide
le mieux avec le cliché moderne du Pythagoricien féru de mathématiques.
Aucun témoignage n’indique en effet que Philolaos ait contribué en
quelque manière au progrés des mathématiques grecques ; en revanche,
Archytas doit surtout d'être connu à d'importantes démonstrations
mathématiques et à son rôle de fondateur de la mécanique. Il n'y a guère
que trois fragments (les trois premiers) qui puissent être tenus avec
quelque certitude pour des citations d’ceuvres authentiques. Quant à ses
exploits mathématiques, ils nous sont connus par des témoignages de
seconde main.
Archytas était originaire de Tarente, en Italie du Sud. Les détails de sa
biographie nous échappent. S’il nous est un peu moins mal connu que
Philolaos, il le doit à ses liens étroits avec Platon, qu’attestent plusieurs
lettres du recueil platonicien (d’authenticité d’ailleurs contestée) : c'est
lui qui envoya à Syracuse, en 361, une galère à trente rameurs pour tirer
Platon des griffes du tyran Denys II. Cela dit, la nature exacte des relations
entre Archytas et Platon, ainsi que de l’influence qu'ils purent avoir l’un
sur l’autre, reste obscure. Platon ne le mentionne jamais dans ses
dialogues.
Nous n'avons que de maigres informations sur les opinions d'Archytas
en matière de morale ou de conduite de la vie. Deux anecdotes suggèrent
qu’il soulignait importance de ne régler son action que sur des motifs
rationnels, sans jamais se laisser influencer par la colère ou le plaisir. En
revenant de guerre, Archytas trouva ses terres en triste état : à ce qu’on
raconte, il aurait alors dit à ses esclaves qu'ils avaient de la chance qu'il soit
furieux — sinon, il n’aurait pas manqué de les châtier. En une autre
occasion, 4 un interlocuteur qui affirmait que le plaisir est le souverain
bien, Archytas rétorqua que la raison était le plus grand don que nous
aient fait les dieux, mais que les affres du plaisir nous interdisaient d'en
user : il voyait dans un « calcul correct » la source de l’harmonie politique.
Il n'est pas impossible qu’Archytas ait dit son mot sur les principes
fondamentaux du cosmos, mais nos indices sont très insuffisants. Aucun
témoignage relatif 4 Archytas ne parle de limitants ou d'illimités. Aristote
rapporte toutefois qu'il donnait des définitions s’appuyant à la fois sur la
matière et sur la forme. Le «temps calme », par exemple, est défini
comme une «absence de mouvement dans une masse d'air», cette
dernière fournissant la matière, tandis que l’absence de mouvement
constitue la forme. De telles définitions peuvent avoir été inspirées par la
distinction entre illimités et limitants introduite par Philolaos. Mais l'on
ignore si Archytas acceptait ou non les conceptions de son ainé sur la
structure du cosmos. Il aurait soutenu que l'extérieur du cosmos est
d’extension illimitée en posant la question suivante : « Si je me tenais 4
l'extrémité, par exemple sur le ciel des étoiles fixes, pourrais-je étendre
Pagina 9
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)ma main ou mon bâton à l'extérieur, oui ou non ? » L'étude de sciences
telles que l’astronomie, la géométrie, l’arithmetique, et la musique est
pour lui essentielle 4 une bonne compréhension de la réalité. I! qualifie
d’ailleurs ces disciplines de « sceurs », ce qui a peut-étre influencé Platon
(La République, 530d). Mais le fragment se poursuit par un exposé
théorique d’acoustique, et non point par une étude du cosmos dans son
ensemble.
La célébrité d’Archytas tient avant tout 4 ses recherches dans différents
domaines scientifiques particuliers. Au If siècle de notre ère, Ptolémée
note dans ses Harmoniques que de tous les Pythagoriciens, Archytas fut
- et dont certains prodiges sont visiblement inspirés d’anecdotes ayant
Pythagore pour héros (nous pensons par exemple à ses dons d'ubiquité,
ou à sa maîtrise du langage animal). Toutefois, la majorité des
Néopythagoriciens vit avant tout en Pythagore le philosophe par
excellence, gratifié par révélation divine de toute la vérité philosophique.
celui qui s’intéressa le plus à l'étude de la musique, puis résume ses
formulations mathématiques des gammes diatonique, enharmonique, et
chromatique. La démonstration qu’a donnée Archytas du fait que les
nombres d'un rapport superpartiel, de type (n + 1)/n, n'admettent pas de
moyenne proportionnelle a son importance dans la théorie musicale
antique : elle établit en effet l'impossibilité de diviser en deux moitiés le
Certains Néopythagoriciens s’interesserent avant tout aux aspects
religieux de Pythagore, à ses pouvoirs miraculeux, à son style de vie. Le
principal d’entre eux, Apollonius de Tyane, vécut au Ier siècle de notre ère.
Ses ceuvres sont 4 peu prés complétement perdues, mais Philostrate nous
a décrit sa conduite dans sa Vie d'Apollonius : celle d'un ascète et d’un
thaumaturge errant qui prétendait tenir de Pythagore une sagesse divine,
998
EN
DEE
EAO:
vit BELL ON
tel ou tel penseur de néoplatonicien ou de néopythagoricien.
rn
Archytas élaborant les moyennes arithmétique, géométrique et
harmonique, également d’usage courant en théorie musicale.
Il était regardé comme le fondateur de la mécanique, dont il aurait fait
une discipline méthodique en lui appliquant des principes
mathématiques. De cet intérêt témoignent les charmantes anecdotes qui
nous le montrent en train de fabriquer des jouets pour enfants (entre
autres une colombe volante en bois). On rapporte également qu'il fut le
premier à appliquer le mouvement mécanique à la construction de
figures géométriques. Selon la légende, Apollon aurait ordonné aux
habitants de Délos de doubler son autel, qui était cubique : à ce problème
de la duplication du cube, l’un des plus fameux de l'Antiquité, Archytas
aurait apporté une solution au moyen d’une étonnante construction
tridimensionnelle déterminant un certain point à l'intersection de trois
surfaces de révolution.
Archytas est le dernier grand Pythagoricien; et selon Aristoxène, les
derniers membres de la secte vécurent dans la première moitié du
pe siècle. Mais cette fin probable des sociétés pythagoriciennes est loin de
coïncider avec l'extinction du Pythagorisme dans le monde antique. Nous
avons déjà signalé qu'aux ne et m° siècles après J.-C., certaines idées
considérées comme pythagoriciennes connurent un regain d'intérêt,
d’ailleurs annoncé par quelques figures importantes. Cette renaissance est
si étroitement liée au Néoplatonisme qu'il est parfois délicat de qualifier
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ton entier (9/8) ou les intervalles fondamentaux que sont l’octave (2/1),
la quinte (3/2), ou la quarte (4/3). Quant au fragment 2, il nous montre
Nicomaque et Jamblique fournissent d’excellents exemples de cette
seconde tendance néopythagoricienne.
Nicomaque de Gérase (v. 50-150 après J.-C.), auteur d'une Introduction
arithmétique extr&mement influente, illustre bien la propension a reverser
les doctrines platoniciennes au crédit du Pythagorisme. L'oeuvre de
Nicomaque s’ouvre sur Pythagore — le premier, selon notre auteur, 4
avoir défini correctement la philosophie comme connaissance de la
réalité immatérielle et immuable sousjacente au flux de l'existence
corporelle. Du coup‚ Pythagore se voit attribuer la distinction
fondamentale qu’opérait Platon entre le monde des formes immuables et
les phénoménes en perpétuel changement. Nicomaque produit en guise
d’illustration une citation du Timée, accomplissant ainsi un geste que la
tradition postérieure ne se lassera pas de reproduire. Il arrive que certains
auteurs alléguent les textes pseudépigraphes dans leurs exposés des théses
pythagoriciennes, mais le recours au Timée comme texte canonique est
plus fréquent. Enfin, le Pythagore de Nicomaque est un mathématicien et
un homme de science hors pair, auquel nous devons l'institution du
quadrivium des disciplines mathématiques indispensables à la
compréhension du réel : arithmétique, géométrie, astronomie, musique
(Nicomaque consacra pour sa part des ouvrages à trois de ces disciplines
au moins).
Le Néoplatonicien Jamblique (v. 250-325 après J.-C.) est l’auteur d’un
ouvrage en dix livres intitulé Sur la doctrine pythagoricienne. Le premier
livre, consacré à la « Vie de Pythagore », est loin de se réduire à une simple
biographie de Pythagore. L'objectif de Jamblique est de présenter
Pythagore comme l’archétype du sage en contact étroit avec le divin, et
d'exposer le régime de vie qu’il a fixé pour ses disciples. De nombreux
spécialistes ont suggéré qu’il serait assez approprié de voir dans l’œuvre de
Jamblique une sorte d’évangile : il se peut que Pythagore ait été exalté en
toute connaissance de cause pour faire pièce au Christ Jamblique
compléta son travail en consacrant un livre à chacune des sciences du
quadrivium, puis trois livres aujourd’hui perdus sur le rôle des
mathématiques en physique, en éthique, et en théologie. Mais un traité
plus tardif d'attribution incertaine, les Théologoumènes arithmétiques, semble
avoir largement profité des travaux de Nicomaque et de Jamblique sur la
théologie des nombres et comprend une discussion des propriétés des dix
premiers, y compris leurs affinités avec différentes divinités. Jamblique luimême pouvait s'appuyer sur de nombreux prédécesseurs : non seulement
Nicomaque, mais encore Numénius d'Apamée, un Néopythagoricien du
ne siècle. Les maîtres de Jamblique — Porphyre, disciple du grand
Néoplatonicien Plotin, et Anatolius, auteur d'un ouvrage intitulé Sur la
Décade — contribuérent également à exciter son zèle pythagoricien. Mais
Pagina 10
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Pimportance particuliére de Jamblique tient 4 ce qu'il paraît bien être 4
l'origine de la pythagorisation et de la mathématisation du
Néoplatonisme dont l'influence se fait encore sentir chez des
Néoplatoniciens aussi importants que Proclus et Syrianus, au ve siècle de
notre ère.
Le Néopythagorisme conserve quelques liens avec le Pythagorisme
ancien : dans une certaine mesure, la figure exemplaire du sage semi-divin
se fonde sur le Pythagore historique ; l’image d’un cosmos ordonné selon
SCEPTICISME
le nombre remonte (au moins dans son esprit) à Philolaos; l'idée d'un
ensemble de disciplines nécessaires à la compréhension de la réalité est
attestée dès Archytas. Mais il fallut un Platon pour donner à ces thèses
générales un fondement métaphysique pleinement élaboré, exposé avec
toute la puissance d'un grand style ; quant au Néopythagorisme, il n'est
pas tant une renaissance qu'un avatar du Pythagorisme.
SCEPTICISME ET SKEPSIS
Comme beaucoup de termes philosophiques en «-isme », le mot
« scepticisme », tout en associant une racine et un suffixe grecs, n'existe
pas en grec ancien. Il existe bien un groupe de penseurs qui se sont
appelés eux-mêmes skeptikoi, entre autres appellations; mais lorsqu'ils
Carl Huffman
voulaient désigner leur « école » (une école où l'on n’enseignait rien), ils
utilisaient le mot de skepsis, dont la terminaison évoque une activité, et
non une doctrine. Le «sceptique» ne professe pas un système, le
« scepticisme» ; il pratique une activité, la skepsis.
ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
Dumont Jean-Paul, Les écoles présocratiques, Paris, Gallimard, Folio/Essais, 1991
Burkert, Walter, Weisheit und Wissenschaft : Studien zu Pythagoras, Philolaus, und Platon,
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Pythagoreanism, Cambridge, Mass., 1972.
Delatte, Armand, Etudes sur la littérature pythagoricienne, Paris, 1915.
Delatte, Armand, Essai sur la politique pythagoricienne, Liége-Paris, 1922.
Huffman, Carl, Philolaus of Croton, Cambridge, Cambridge University Press, 1993.
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The Pre-Socratics, deuxième édition, Princeton, Princeton University Press, 1993.
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Thesleff, H., An Introduction to the Pythagorean Writings of the Hellenistic Period, Abo
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Ww. LE
Savoir
CaeC
RENVOIS
Lieux et écoles du savoir
Harmonique
Académie
Zénon d'Elée
Cosmologie
Mathématiques
Platonisme
Les positions des skeptikoi ne sont pas sans rapport avec ce que nous
appelons le Scepticisme ; mais elles ne lui sont pas identiques. Beaucoup
de philosophes que nous qualifierions de «sceptiques» n’étaient pas
tenus pour tels par les skeptikoi; il suffisait même d’adopter certaines
positions caractéristiques, pour nous, du Scepticisme (par exemple de
dire que l'on ne peut rien savoir) pour se démarquer des skeptikoi. Une
présentation du Scepticisme ancien qui obéirait aux critéres anciens serait
incomplète à nos yeux ; si elle obéissait aux critères modernes, elle serait
historiquement infidèle. Le point le plus délicat, sous ce rapport, serait
celui de la place à donner à la « Nouvelle Académie », c'est-à-dire à cette
phase de l’école fondée par Platon au cours de laquelle, sous l'impulsion
de maîtres comme Arcésilas et Carnéade, elle adopta des positions que
nous classerions comme « sceptiques » : les skeptikei, pour des raisons dont
le bien-fondé a été discuté dès l'Antiquité, ne les considéraient pas
comme telles. Malgré tout, on admet généralement aujourd'hui que les
deux tendances ont interféré ; la plupart des historiens modernes
considèrent pour le moins qu'entre elles « les analogies extérieures sont
suffisantes pour qu'il soit impossible de faire l’histoire du Scepticisme sans
parler de la Nouvelle Académie » (Victor Brochard).
Si l'on s'en tient au vocabulaire des anciens, cependant, on pourrait
être tenté de se concentrer ici sur le Scepticisme dit « pyrrhonien » — ce
qui veut dire non pas tellement sur Pyrrhon lui-même (vers 365-275) que
sur les penseurs plus tardifs qui se sont réclamés de lui, et qui sont plutôt
des « néopyrrhoniens ». Il s’agit essentiellement, d’une part, de deux
grands philosophes dont les œuvres sont perdues, dont la vie et la
personnalité sont obscures, mais dont le travail nous est relativement bien
connu : Enésidème (actif vers le milieu du Ier siècle) et Agrippa
(probablement actif à la fin du [er siècle et au début du n°) ; et, d'autre