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François Secret
Revue de l'histoire des religions, Année 1974, Volume 186, Numéro 1
p. 55 - 81
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Dans le cadre du programme du "Laboratoire des Religions du Livre", de la section des Sciences religieuses de
l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, nous avons entrepris une recherche de vocabulaire, pour éclairer la naissance au
dix-neuvième siècle des deux néologismes : occultisme et ésotérisme, dont H. Corbin a noté encore dernièrement
que leur emploi éveille « des réticences, voire de l'irritation chez nombre de gens sérieux ». Nous avons limité cette
recherche aux principaux courants d'idées, que l'on trouve recueillis par H. C. Agrippa dans son "De occulta
philosophia", et amorcé ainsi l'étude des termes, qui ne sont jamais employés sans quelque méprise : cabale, arcane,
secret, sacrement, hiéroglyphe, théosophie, discipline de l'arcane, etc.
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)à Poccultisme du XIX: siècle
Dans le cadre du programme du Laboratoire des Religions
du Livre, de la section des Sciences religieuses de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, nous avons entrepris une recherche
de vocabulaire, pour éclairer la naissance au dix-neuvième siècle
des deux néologismes : occullisme et ésotérisme, dont H. Corbin
a noté encore dernièrement que leur emploi éveille « des réticences,
voire de Virritation chez nombre de gens sérieux ». Nous avons
limité celle recherche aux principaux courants d'idées, que l’on
trouve recueillis par H. C. Agrippa dans son De occulta philosophia, el amorcé ainsi l'étude des termes, qui ne sont jamais
employés sans quelque méprise : cabale, arcane, secret, sacrement, hiéroglyphe, théosophie, discipline de Parcane, etc.
«C’est par un grave abus de langage, lit-on à l'article « Esotérisme » de l’Eneyclopaedia universalis, que les mots « ésotérisme » et « occultisme » se trouvent si volontiers confondus
de nos jours. « Occultisme » est un néologisme forgé au début
du xıx® siècle par Eliphas Levi... »!. En fait, ésotérisme est un
néologisme aussi, d’ailleurs contemporain de l’autre?, et l'on
constate chez les meilleurs auteurs hésitation et flottement
dans leur emploi. C’est Paul Vulliaud, qui, assurant dans sa
propre revue, Les entretiens idéalistes, la rubrique : Religionésotérisme,
laissait,
à l’occasion,
imprimer Religion-occultisme3, E. Dermenghem, dans une étude sur Joseph de Maistre
franc-magon, ou il examinait les rapports entre occultisme et
christianisme, notait? : « Le mot « ésotérisme », un peu pédant,
1) Encyclopaedia universalis, art. S. HUTIN.
2) Cf. RoBERT, Diction., s.v. Esotérisme et occultisme; cf. infra.
3) Les entretiens idéalistes, XXVIII (1909).
4) J. de Maistre, La franc-maçonnerie, mémoire au duc de Brunswick,
Paris, 1925, p. 33 ; cf. J. de Maistre mystique, Paris, éd. 1946, p.
9; P. VULLIAUD,
J. de Maistre franc-maçon, Paris, 1926 a un chapitre : « J. de Maistre et l'ésotérisme
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)serait peut-être préférable; « occultisme
» n'est guère du
xvi: siècle. « Théosophie » par ailleurs a pris un sens trop
précis. » Et A. Viatte, dès la préface de son travail Les sources
occultes du romantisme, pouvait écrire :
« Dans ce champ
immense, mais vierge, de l’ésotérisme... »!.
Aussi bien n'entendons-nous pas apprécier la valeur d'une
distinction déjà proposée au début du siècle par l'abbé Calixte
Mélinge?, qui se donna, selon l'expression du Manuel bibliographique des sciences psychiques el occultes®, le nom mystique
d’Alta, et discutée déjà par R. Amadou dans son ouvrage sur
l’occultisme, mais constater une mode. Car depuis Dermenghem, le mot théosophie a repris emploi selon son étymologie,
à la suite sans doute de la publication du Théosophisme de
R. Guénon, et à la vague de l’occultisme a succédé celle de
Vésotérisme. Ainsi un volume de D. Saurat sur La lilleralure
el Poccultisme a été redistribué sous le titre de La religion
ésotérique de V. Hugo“, et il est arrivé au P. Daniélou de citer
Les iradilions secrètes des apôtres qu'il publia dans Eranos
Jahrbuch comme Les traditions ésolériques des apölres®. Et
comme avec ces néologismes c’est la même nuit où tous les
chats sont gris, « où s’unifient par l’intérieur toutes les doctrines traditionnelles » et où d’ailleurs® « la tradition au sens
précis du mot est la transmission innée et immanente de
principes d’ordre universel » une histoire de ces mots et de
leurs corrélats peut y porter quelque lumière. Nous l’esquis1) Les sources, éd. 1965, p. 6 (la 1re éd. est de 1927). Depuis, A. MERCIER a
publié Les sources ésolériques el occultes de la poésie symboliste (1870-1914),
Paris, 1969 (où malheureusement l'emploi de ces deux adjectifs n'est pas
expliqué).
2) Le christianisme césarien, Paris, 1914; cf. R. Amapou, L'occultisme,
Paris, 1950, p. 18 et 211.
3) Paris, 1912 (où le mot ésotérisme est employé non sans quelque méprise,
ainsi sur le Job de P. LEROUX « cet ouvrage, après trente siècles fut arraché à
l’esoterisme et à la doctrine secrète par P. Leroux, qui le dédia à la franemaçonnerie ».
4) Paris, 1948.
5) Dialogue avec Israël, Paris, 1963, p. 60; cf. Eranos Jahrbuch, XXXI
(1963), repris in Judeo-chrislianisme et gnose, in Aspects du Judéo-christianisme,
Travaux du Centre d’Eiudes..., Strasbourg, Paris, 1965, p. 139 s.
6) Cf. L. BENOIST, L'ésolérisme, Paris, 1963, p. 9, 15 (l'auteur tient p. 86
à l'existence « de kabbalistes parmi les Pères Grecs »).
Pagina 5
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)serons en examinant quelques-uns des courants d’idées que
Henri Cornélis Agrippa recueillit au début du xvi? siècle dans
son De occulta philosophia.
Cet ouvrage qui parut aprés la publication de sa palinodie,
le De vanitate scientiarum, brasse ce que l’on a depuis appelé
« sciences occultes
»! où l'épithéte,
selon la remarque de
Lalande?, se rapporte à la fois au caractère secret de ces
recherches et au caractére mystérieux des faits qu’elles ont
pour objet, ce sont celles que pourfendra, lors de la naissance
du mécanisme, le P. Mersenne : la magie, l'astrologie, l’alchimie
et la cabale. Si selon la vieille image des deux livres de la
nature
et
de la
Révélation,
magie,
astrologie et alchimie
avaient bien à faire au livre de Nature, la kabbale, que Jean
Pic de La Mirandole venait de révéler aux Latins s’appliquait
toute au Livre, ct c’est l’usage qu'en fit Agrippa, qui en grande
partie explique le contresens fait par l’historien de Mersenne.
Il écrivait en effet, outrant la pensée de l’ami de Descartes, que
«la kabbale est une académie de mots croisés qui se prend pour
l’Académie des Sciences ». Certes un historien de la kabbale
chrétienne a pu juger que ce courant d'idées n'était, au moment où se constituaient les sciences expérimentales, qu'une
voie sans issue‘, sa gnose restant accordée à l’ancienne cosmologie, il n’en reste pas moins que l'immense intérêt pris à la
kabbale allait d’abord à son caractère profondément religieux.
Et si Pic de La Mirandole avait allié dans une conclusion qui fit
scandale kabbale et magie, si sur ses traces Franciscus Georgius
1)
L'expression « sciences occultes » est courante chez B. de Vigenère ; mais
étant donné l’état de ia science alors, elle ne choquait pas. Cf. P. VULLIAUD,
La Kabbale juive, Paris, 1923, 1, p. 157 : « Des vérités religieuses ou même scientifiques ont pu être et ont été soustraites à la
connaissance populaire.
Ces
dogmes n’en demeuraient pas moins des vérités. Ces enseignements scientifiques
n'en étaient pas moins des vérités. Comme elles étaient cachées à la foule, on les
appelait ésotériques,
c’est-à-dire
réservées aux initiés.
»
Pour le sens de ce
dernier mot, cf. P. VuLLIAUD, op. cit., II, p. 313 s., qui ridiculise en particulier
E. Lévi et son occultisme.
2) Vocabulaire technique et crilique de la philosophie, s.v. Occulte.
3) R. LENOBLE, Mersenne ou la naissance du mécanisme, Paris, 1943, p. 102.
4) J. L. BLau, The christian interpretation of the Cabbala, New York, 1943;
cf. S. W. Baron, A social and religious History of the Jews, New York, 1969,
XIII, p. 181, qui reconnaît que Blau est allé trop loin dans son affirmation.
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Venetus put allier kabbale, astrologie et alchimie, Reuchlin qui
fut la mine où puisa Agrippa, avait dès son De Verbo mirifico
montré que toutes recherches occultes étaient condamnées par
la kabbale! qui seule enseignait le seul Verbe capable de faire
des miracles, celui de Jésus en hébreu qui rendait pronongable
le Tétragramme ineffable jusqu’à lui.
Quoi qu'il en soit d’ailleurs des rapports de la kabbale et
de la magie chez Pic de La Mirandole et chez les différents
auteurs que pilla Agrippa : Reuchlin, Paulus Ricius et Franciscus Georgius, il est incontestable que le caractère ésotérique
de la kabbale vint accentuer celui des autres disciplines qui intéressaient Agrippa, et en particulier l’alchimie. Encore faut-il
bien voir selon quel processus, car la kabbale chrétienne n'est
pas la kabbale juive. En effet, à l'interdiction faite aux Juifs de
révéler rien des secrets de la Loi aux non-Juifs?, Reuchlin
opposa, à la fin de son De rudimentis hebraicis®, la prescription
de l'Evangile de crier sur les toits ce qui avait été chuchoté à
l'oreille. Certes la connaissance de la kabbale par les Chrétiens
n'avait été possible que par des Juifs qui avaient violé la
règle, et l’on sait comment Elias Lévita, qui eut toujours des
élèves chrétiens, eut à se défendre contre les plus zélés des
siens, comme Von sait que c'est aux publications de convertis
que l’on doit la publication du Zohar de Mantoue. A chaque
génération, aprés Pic de La Mirandole, des Chrétiens décou-
1) L. GEIGER, J. REUCHLIN, ed.
1964, p. 88.
2) De arte cabalistica, ed. Pistorius, Artis cabalisticae, Bâle, 1587, p. 623;
« quod forte religio me prohibitura fuerit alienis a secta nostra et ritu judaico
non initiatis tam rec ondita et tam arcana prodere, quorum cognitio, ita me
Deus amet discipulis etiam propriis saepe multumque denegatur, ut vix raris in
libris eadem liceat saltem tegumentis ac aenigmatis obvoluta inveniri. Sic in
Thalmud legitur : Non traduntur abscondita Legis nisi consiliario et sapienti
magistro juvenum et intelligenti mago... (passage tiré du Guide des égarés, trad.
Munk,
I, p. 128). Le personnage qui parle, présenté comme le Juif Simon,
enseigne en fait une kabbale chrétienne.
3) De rudimentis, 1506, fol. 620 v : « cum nostrates Judaei vel invidia vel
imperitia
ducta
Christianum neminem ut eorum lingua erudire velint, idque
recusant cujusdam Rabbi Ami authoritate qui in Thalmud bemiqrat Hagigah
ita dixit : Non explanantur verba Legis cuiquam gentili eo quod scriptum est :
Qui adnunciat verba sua Jacob praecepta sua et judicia sua Israel non fecit
similiter omni genti. Nobis autem in statu gratiae aliter mandatur Matthaei 10:
Quod in aurem auditis praedicate super tecta, quod et ego facio... ».
Pagina 7
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)vrant quelque partie de la ferra incognita de la kabbale prétendirent la révéler. C’est encore le sens, en plein xvır® siècle de
la Kabbala denudata, image d’ailleurs calquée par son auteur,
féru d’alchimie, sur celle de la Diane, dont la contemplation
était réservée à l’adepte!. Le Chrétien est l’adepte. Le Gale
Razeia ou Revelator arcanorum de ce Paulus de Heredia, qui
aurait été un des maîtres de Pic de La Mirandole, et dont
l'ouvrage passa avec le titre dans le De arcanis catholicae
veritatis de Petrus Galatinus, avait enseigné, à coup de textes
interpolés, que l’auteur légendaire du Zohar avait été chrétien.
Ce sera encore au xviii siècle la conviction d'un Schoettgen.
Mais dira-t-on c’est oublier la fin célèbre du De Verbo
mirifico où il était recommandé : « Sile, cela, occulta, tege,
tace, mussa »? pour ne pas semer au vent les secrelissima symbola. Non pas, car le contexte réfère avec précision à la Hiérarchie ecclésiastique de
Denys
Aréopagite,
que
Reuchlin
n'entend nullement ranger parmi les pseudépigraphes, pas
plus que son contemporain, le converti Paulus Ricius, qui
défend la kabbale de Reuchlin contre Hoogstraten et qui rapproche le personnage de Rabbi Simeon ben Johai de celui
de
son
contemporain
Denys
Aréopagite.
On
suspecte
les
œuvres du Rabbi et celles du saint de modernité, c’est ignorer
la règle qui interdisait de profaner les arcana el abscondita
sapienium volumina et de livrer les fidei mysteria aux disputes
de gens mal préparés à les entendre®. P. Ricius, qui fut repris
1) A. J. PERNETY, Diclionnaire mytho-hermélique, Paris, 1758, p. 111. Sur
le mot arcanum, cf. Lup. a s. Francisco,
Globus
arcanorum linguae sanciae,
Rome, 1587 ; Diction. d’ascelisme (coll. Migne), Paris, 1853, s.v. arcanes (terme
pris au vocabulaire alchimique).
2)
Ed. Pistorius, p. 979.
3) Apologeticus sermo, in Pıstorıus, p. 125 : « Nec te moveat, et suspicantem
reddat novissima
patefactio
hujuscemodi doctrinae Cabalae, quemadmodum
nec tarda Ariopagitae voluminum evulgatio. Nosti enim qua cura atque solertia
conati sunt providi primorum sapientum velare et circumtegere fidei et veritatis
mysteria, ad praecavendum id, quod jam turbulenta et misera hac nostra
tempestate contingere longe lateque experimur. Qua de causa primorum allegorizantium seu Cabaleorum traditionem, quemadmodum et Dionysii monumenta
aedere, et in vulgum dare minime permissum erat, solum providis, sapientia et
morum honestate viris, id clam et cum silentii pacto reserare fas erat, donec
(turbato exinde rerum eventu, et seditiosorum tyrannorumque praevalente
audacia) haec arcana et abscondita sapientum volumina, ad circumforaneos, et
Pagina 8
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)par l’évêque de Vienne, J. Faber et par le légat Aléandre!
pour avoir tenté une conciliation entre Catholiques et Réformés, parlait alors de ces mulierculae, lanii et cerdones, rudesque
agricolae. Ce kabbaliste chrétien ne parlait pas autrement que
Pierre Cousturier (Sutor), qui à propos d’une traduction de la
Bible disait : « Nolite sanctum dare canibus, neque mittatis
margaritas vestras ante porcos », et dont L. Febvre écrivait? :
« Il cite son autorité (Matth. VII) mais peut-être aurait il été
mieux avisé de ne pas étaler une telle érudition évangélique
devant les « chiens » et les « pores » pour qui cependant il
écrivait. » Plus caractéristique pour notre propos, un Johannes
Arboreus (Alabri) qui dans une Theosophia?, qu'il publia en
plusieurs in-folio de 1540 à 1553, dénongait Erasme qui voulait faire lire en vulgaire la Bible ab agricola, a fabro, a lalomo, a
muliere et multiplia les raisons de ne pas jeter les perles devant
les pourceaux*. Ce sera la position de Jean-Pierre Camus dans
ad insipientum manus pervenirent, qui quaestus, et inanis gloriae libidine ea
in publicum proferre, violare, et corrumpere ausi sunt, quo tandem factum est,
ut jam singuli qui sibi aliquid literaturae praesumunt, quin et mulierculae, lanii
et cerdones, rudesque agricolae, de maximis fidei mysteriis altercari et asserere,
vanisque
et
perniciossissimis
opinionum
involucris
cuncta
prophanare,
et
imbecillium multitudinem in lubricum et praecipitium deducere non formident. »
1) Cf. Annuaire de l'E.P.H.E., 1966-1967, p. 172 s.
2) Au cœur religieux du XVIe siècle, Paris, 1957, p. 45.
3) On
sait
que
Reuchlin employa le mot ¿heosophistae pour désigner les
scholastiques décadents, et que H. C. Agrippa l'a suivi en cela. Sur l'emploi de
theosophia pour theologia, cf. DucanGE, Diclion. infimae med.
4)
Theosophia, 1, p. 247 v. s. « Quod si viri doctissimi qui longo studio et
indefessis vigiliis in sacris literis versati, Bibliorum intelligentiam vix consequi
posset possint, qui fieri poterit ut cerdones, fabri, sutores, agricolae, pueri,
vetulae et plebeii quoque rudes et illiterati, qui nunquam etiam ab ipso limine
sacras musas salutarunt, inscrutabilia et abscondita Dei mysteria, ac sacratiores
literas intelligant ? Adde quod beatus Hylarius enarrans illum Psalmographi
locum. In corde meo abscondi eloquia tua, ut non peccem tibi, ostendit sacra
mysteria non omnibus esse divulganda, Meminimus inquit, simile huie dicto legi
solere, ubi dicitur Mysterium regis bonum est abscondere, meminimus etiam
Paulum ad Corinthios adhuc in fide parvulos, quaedam Dei eloquia occuluisse,
cum dicit : Lacte vos potavi, non vibo... Legimus et in Evangelio in agro uberi
atque faecundo, repertum thesaurum, eundemque empto agro occultari. Novimus neque margaritas ante porcos projiciendas esseneque sanctum canibus dari
opportere. Ergo intelligimus quaedam nos cordis nostri secreto continere, quae
divulgata inexpiabilis peccati culpam comparabunt. Ita enim dixit David In
corde meo... ubi ostendit se abstrusa sapientiae sacramenta et occulta
Dei
mysteria mentis suae secreto continuisse, quod si insignis ille propheta magno
apud se silentio Dei eloquia secretioresque divinae philosophiae rationes reticuerit, nec unquam imperitae multitudini prodendas censuerit, quid dicemus
de quibusdam veterum errorum innovatoribus qui nova Bibliorum in vulgatis-
Pagina 9
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)un développement sur la kabbale, ot aprés avoir traduit
tour à tour Pic de La Mirandole, Reuchlin, etc., il ajoutait! :
« Apprennent de là nos nouveaux irreligionnaires à ne s’estonner plus, si les sacresaints mysteres de l’Eglise de Dieu sont
traités en une langue incognue à l’ignorante populace : entre
autres tres solides et fermes raisons, ceste cy est assez pertinente, de peur que l'intelligence ne fist entrer en mespris
d’iceux ces ames basses ensevelies dans la chair et le sang :
car si cela est prattiqué és ombres et figures de l’ancienne loy,
combien plustost doit il estre observé en l'Eglise universelle,
de peur que la verité de ces saincts et ineffables secrets ne
soit profanée par la communication : leur turbulente Synagogue qui va honteusement prostituant entre les mains des
faquins et idiots les registres sacrez de la Loy de Dieu se va
tous les jours plongeant dans une abysme de confusion. »
Jacques Gaffarel dans ses Abdita divinae Kabbalae mysteria
contra Sophistarum logomachiam defensa? faisait remarquer
avec impertinence que le P. Mersenne, lui, qui avait prétendu
réfuter et ridiculiser tous les arcana de la kabbale, avait loué,
dès
l'examen
du
premier
des
Problemaia
de
Franciscus
Georgius Venetus, les Anciens parce qu'ils avaient pour habitude de ne transmettre leurs doctrines que sous le vêtement des symboles et des énigmes, et qu'il avait encore raffiné
sur le Vénitien kabbaliste en prenant à
Léon
Hébreu sa
démonstration.
Le point de vue de Reuchlin avait une autre perspective,
simam linguam translatione, non solum non retexerunt hujusce sublimioris
philosophiae mysteria et arcana verum etiam in popularium ac plebeiorum
perniciem etiam maximam divulgarunt, et divulgata contaminarunt... »
1) Les Diversitez, Paris, 1609, II, p. 184 v. (dans ce volume Camus traite De
la Cabale, p. 169 s. ; De la philosophie de Pythagore, p. 246) ; cf. Diversilez, I,
p. 429 : « Quoy! on tiendra secrete l'entreprise d'une bicoque... et MM nos
Reformez leurs monopoles en leurs villes d’ostage où ils ne sont esclairez de
personne et les secrets qu'il a plu à Dieu reveler à son Eglise seront publies à
un peuple ignorant et grossier..., etc. »
2) Paris, 1625, p. 73 : « Mersennus igitur Probl. I laudat antiquos cum Leone
Hebreo eo quod involucris, obscuris ac obvolutis sermonibus ad res abditas
proponendas et populo tradendas usi fuerunt, cum tamen ipse omnia Cabalistarum arcana quod obscurissima sint confutet, irrideat... ». (Gaffarel emploie
p. 16 le mot « Teosofia »), cf. M. MERSENNE, Observaliones et emendationes ad
Francisci Georgii Veneti problemala..., Paris, 1623, fol. 2.
Pagina 10
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)que B. de Vigenère a bien mise en valeur! : « Ce silence, dis-je,
tant recommandé de Pythagore mesmement es choses divines,
et que le comique Térence perstreint en ces deux mots « Fide
et taciturnitate »?, ce que quelques uns ont voulu representer
par un chien le plus fidele animal de tous autres, et un poisson
qui est muet, mais non assez proprement en cecy, qui ne veult
denoter autre chose, que croire et se taire, sans autrement
disputer de ce qui depend de la religion, laquelle consiste en
la seule foy et creance des choses imperceptibles à nos sens,
et qui surpassent la portée de nostre ratiocination (nam syllogismus non cadit in res divinas)3 de sorte que les premiers
rudimens et introduction en la philosophie pythagoricienne,
empruntée la plus grand part des Cabalistiques traditions des
Hebrieux, estoit d’accoustumer ses disciples et sectateurs à la
taciturnité, modestie et obéissance, et leur communiquer ses
beaux secrets soubs le voile de certains symboles et notes
tenans lieu de chiffres, conformement à la Cabale, qui comprend un mysterieux sens caché sous l’escorce de l’escriture :
si que pour eslever en hault son ame à la méditation des choses
divines, il n’y a rien de plus propre que le silence, lequel tout
ainsi que les couleurs sombres et mornes, comme est le noir,
le tané, le viollet, le verd brun, et autres semblables reunissent
et resserrent la veue trop escartée par la lumière, et affoiblie
des couleurs haultes, brillantes et cleres, telles que le blanc
incarnat et bleu celeste rabat en nous et ramasse les esprits
dissipez d'un babil et parler excessif superflu, à guise des raiz
du soleil, qui espanduz en liberté ont moins de force que quand
ils sont recueilliz en un centre dedans la concavité d’un
mirouer. » Pour ne pas citer tel développement du cardinal
Egidio da Viterbo sur le Tibi silentium laus*, ou le dernier
motet du dernier Cantique du De harmonia mundi.
1)
Traicté des chiffres, Paris, 1587, fol, 164.
2) Cf. De Verbo miri fico, 6d. Pistorius, p. 908 : « Nec a vobis ultra quid exigo,
nisi quod Terentianus Simo quaesivit in Sosia fidem et taciturnitatem » (cf.
Andr., I, 17) et De arte cabalistica, p. 649.
3) De arte cabalistica, p. 646.
4) Scechina, Rome, 1959, s.v., Silentium.
5) Modulus vigesimus Silentium. De pausa, quiete et silentio ad quod deve-
Pagina 11
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Il s'en faut cependant que ce que l’on appelle la kabbale
chrétienne se soit tenu à cette méditation des mystères de la
Loi, dont Paulus Ricius disait qu’ils méritent plus précisément le nom de sacrements!, et dès la fameuse Oralio de
hominis dignitate l'adoption de la tradition ésotérique juive
par les Chrétiens prêtait à l'ambiguïté de ce que l’on voudra
appeler ésotérisme? : « Quant aux mystères plus secrets et
aux arcanes de la très haute divinité, cachés sous l'écorce
de la Loi et le vêtement grossier des mots, les montrer publiquement au peuple qu’était-ce sinon donner les choses saintes
aux chiens et répandre des perles devant des pourceaux.
« Par conséquent l’ordre de cacher ces mystères au peuple,
le devoir de ne les communiquer qu'aux parfaits au milieu
desquels seulement, dit Paul, la sagesse parle, furent l'effet
non pas d’une disposition humaine, mais d’un précepte divin.
Les philosophes antiques ont observé très scrupuleusement
cette règle. Pythagore n’a rien écrit si ce n’est quelques mots
qu’en mourant il confia à sa fille Damos. Les sphinx sculptés
sur les temples des Egyptiens rappelaient que les dogmes
mystiques devaient être gardés par le nœud des énigmes,
inviolés par la foule profane. Platon écrivant à Denis certaines
choses concernant les substances suprêmes,
dit
:
Je
dois
m’exprimer par énigmes, afin que si par hasard ma lettre
tombe en d’autres mains, ce que je t’écris ne soit pas compris
par les autres. Aristote disait que les livres de métaphysique
qui traitent des choses divines étaient écrits et ne l’étaient
pas... »
La distinction toute philosophique entre exotérique et
nitur adepto jam bono, in quod tendimus in De Harmonia mundi, éd.
1545,
fol. 466 v. et « Hymnus solvendus in silentio soli Deo pura et elevata mente »,
fol. 467.
1) De communi ratione sacrameniorum sermo, in PISTORIUS, p. 195 s., «superna,
atque divinae mentis arcana (quae suapte natura sacra sunt, sacrorumque
omnium
causa
ratioque
existunt)
ideo
praecellentius
sacramenta
nuncupari
legimus. Nesciverunt inquit Sapiens (II, 22) sacramentum Dei, ubi de divinitate,
passione et incarnatione Verbi sermo est : et illud Apostoli (Eph., 1, 9) Ut
notum nobis faceret sacramentum voluntatis suae. »
2) Trad. P.-M. CoRDIER, Jean Pic de La Mirandole, Paris,
cf. Heplaplus, éd. Garin, p. 172 s.; Commento alla canzone d'amore, p. 580.
Pagina 12
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)acromatique dont Miguel Asin Palacios! a analysé les composantes et son influence sur la philosophie arabe et chrétienne,
en y mêlant d’ailleurs avec moins de bonheur la disciplina
arcani? joua un rôle important dans l’évolution des doctrines
ésotériques.
Encore que les dictionnaires aient enregistré
d’abord le mot exotérique, quitte à parler d’ésotérique dans
le corps de l'article, les travaux ne manquérent jamais pour
analyser ce facteur. En 1606, paraissait de Melchior Haiminsfeldis Goldastius un De cryplica velerum philosophorum philosophia’. En 1685, Melchior Zeidler publiera un De gemino
velerum docendi modo exolerico et acroamatico, id est dialectico
et analytico tractatus historico-philologico-philosophicus. Comme
entre-temps Jean Daillé avait lancé l’expression de disciplina
arcani, occasion de polémiques entre Michel a Schelstrate et
W. E. Tentzel*, on vit J. C. Schrammius étudier De mysteriis
velerum Judaeorum philosophicis® et G. T. Meier Ex historia
ecclesialica de recondita veteris ecclesiae theologia el solemni
sacrorum coram profanis el nondum initiatis occullalione commenlarius®. La disciplina arcani, qui n’a de sens précis que
pour désigner une attitude des premiers siècles chrétiens fut
introduite dans les loges” par des gens comme Nicolas de
1) La tesis de la necessitad de la Revelacion en el Islam y en la Escolastica
in Al-Andalus, III, 1935 (cf. G. Vaspa, Juda ben Nissim ibn Malka philosophe
juif marocain, Paris, 1954, s.v.).
2) Encore qu'il dise, p. 349 : « una continuacion, 0, por lo menos, un paralelismo coincidente », s'appuyant sur un texte d’Origène.
3) R. GocLENIUS, Clavis philosophiae peripaieticae, cf. p. 21 :
«Th. Paracelsus
Helvetius, qui ad veterum philosophorum morem primus in Germania coepit alia
discipulis tradere privatim et familiaribus, alia publice profiteri in scholis. Et illa
ipsa, quae in publicum dedit ex animi sui mente, quibus non involvit verborum
ac phrasium aenigmatis obscurata ?... Hodie in astutissima Jesuitarum natione
hoc unicum et singulare est, quod quam delectu ingeniorum habito neminem
in militiam suam conscribant... »
4) Cf. K. RAHNER, Diclion. de théologie, Fribourg, 1961 ; Diction. de théolog.
cathol., art. P. Battifol), Diclion. d’hist. et de géo. eccl. (art. Vacandard); le
Diction. d’arch. renvoie d’Arcane à Discipline (qui manque).
5) Helmstadt, 1708 dont le début : « Quando de philosophiae mysteriis
nonnulla tradere hac opera animus est, non occultae quidem alicujus philosophiae... prout olim facere conatus est Cornelius Agrippa... »
6) Helmstadt, 1679 (l’auteur écrivit contre Petersen, qui aimait beaucoup
Postel et contre les chiliastes).
7) La maçonnerie écossaise comparée avec les irois professions el le secret des
Templiers du XIVe siècle, Londres, 1788, p. 105 s. (sur Bonneville, cf. P. Le
Harivel, thèse, 1923), Bonneville, p. 111, écrit : « De la philosophie platonicienne
Pagina 13
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Bonneville, qui philosophait avec un croc de chiffonnier. Il
écrivait par exemple : « C’est a cause des persécutions des
croyans en un seul Dieu que les Gnosticiens, qui ne vouloient
admettre qu’un seul Dieu eurent dés longtemps entre eux
un dogme secret et des initiations allégoriques, des opinions
cachées disciplinae arcani. » A la Renaissance, la présentation
par Pic de La Mirandole puis par Reuchlin de Moise Maimonide comme un kabbaliste! ne manqua pas de favoriser encore
les confusions, que l’on peut constater chez Jean Bodin. Son
Colloquium heptaplomeres de rerum sublimium arcanis abditis,
qui nous présente au livre III l’examen le plus complet des
attitudes en face du probleme de l’exotérique et de l’ésotérique?, met en valeur Salomon, dont la doctrine est celle de
Bodin préférant Philon, Léon Hébreu et surtout Maïmonide qui®
en usage depuis longtemps chez les Juifs ou Joviens ou Israélites, naquit la
Cabale, Cabbala, nom trop profané de nos jours par une populace mystérieuse
pour nous donner une foible idée des respects profonds des sages qui portoient
avec fierté le nom de Cabalistes ; ce qui prouve que la Cabale alors bien entendue
contenoit une philosophie noble et pure, quoi que symbolique, et non mysterieuse,
car encor une fois un symbole n’est pas un mystere... Les Gnosticiens sont nés
des Cabalistes. » Cf. LE FORESTIER, Les illuminés de Bavière el la franc-maçonnerie
allemande, Paris, 1914, p. 378 sur Weishaupt « le but secret de cet enseignement,
but révélé par la disciplina arcani... »; Les plus hauis secreis..., éd. Le Forestier,
1914, p. 163; La franc-maçonnerie templière el occultiste, Paris, 1970, p. 455 et 960.
1) Concl. 63 de la 2° série : « Sicut Aristoteles diviniorem philosophiam, quam
philosophi
antiqui
speculationis
facie
sub
fabulis
et
apologis velarunt,
dissimulavit
et
verborum
ipse
brevitate
sub
philosophicae
obscuravit,
ita
Rabi
Moyses Aegyptus in libro, qui a Latinis dieitur Duz neutrorum dum per superficialem verborum corticem videtur cum philosophis ambulare, per latentes profundi sensus intelligentias mysteria complectitur Cabalae. »
2)
La traduction R. CHAUVIRÉ, Paris, 1914 s'est contentée malheureusement
de résumer ce passage qui ouvre le liv. III (éd. Noack, p. 71 s.). Voici quelquesuns des points de vue : Fridericus, « Cum nihil perspicuitate utilius sit, haud scio
an ullum in scriptore gravius sit vitium quam quae facillime possis ea obscura
tradere, ut liber Apocalypseos qui tanta verborum ac rerum obscuritate implicatur ut ne auctor quidem ipse si reviviscat... sua scripta quid velint liquido
affirmare ausit. » Curtius, « duabus de causis potissimum existimo veteres sapientiae decreta verbis obscuris tradidisse : primum ne margarita porcis, deinde ne
res preciosissima i.e. sapientia sua vilesceret facilitate... » Senamus, « Alia mihi
mens est nam cum plerosque verborum obscuritatem sic affectare videmus ut
admirabilitatem sui efficiant, sic enim seplasarii notis graecis, arabicis verbis
et gothicis litteris utuntur ut medicinam faciant confusiorem... » Et Salomo,
« Senami in sophistas quidem, non tamen in sapientes cadit, multo minus in eos
qui sacrae
sapientiae
decreta
scriptis
obscurioribus velarunt.
Rabbi
Moses
Maimonides per sacra obtestatur lectores ne arcana divulgari... »
3) Le théâtre de la nature, trad. 1597, p. 132 (cf. p. 142 : « Philon hebreu est
admirable en ses interpretations pour le moral, et Léon et Maymon pour la nature, et le livre du Zoar qui n’est encores tourné du chaldeen pour tous les deux »).
Pagina 14
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)« n’ont pas si curieusement espluché ny
subtilisé
sur les
clauses, sur les mots, sur les syllabes, sur les lettres, voire
jusqu’aux points et figures de chacune lettre comme depuis
ont fait les derniers Juifs qui font merveille de subtiliser sur
le grand Nom de Dieu, duquel ils composent
LX XII noms de
Dieu et autant d’anges et puis ils subtilisent aussi sur les
nombres, qu’ils appellent sephirot et pensent qu’on peut faire
merveilles avec ces noms et nombres... ». Ce qui est la critique
de Pic et du De arte cabalistica, que Bodin ne se fit pas faute
d’attaquer nommément!.
La déclaration de Pic de La Mirandole invitait aussi à
cette quête d’Isis?, qui devait se prolonger bien au-delà de la
découverte de Champollion. Si la kabbale chrétienne, à la
suite de la juive, tient que l'hébreu est la première langue du
monde, celle de la création et de la Révélation, et que toutes
les doctrines sont venues des Hébreux, un contemporain de
Pic de La Mirandole Lodovico Lazzarelli? qui se vantait,
comme son maitre Giovanni Mercurio, de connaître aussi bien
la kabbale que l’alchimie, ne craignit pas de tout faire dériver
d’Hermes, au grand scandale de Michel Maier‘. Le terrain se
préparait pour la longue démonstration que fit Basnage dans
1) Ibid., p. 42 « les hymnes d’Orphée le sorcier auxquels le prince de La
Mirande s'est trop arresté... ces hymnes sont faits à l'honneur de Satan à quoy se
rapporte ce que dit Picus « Frustra naturam adit, qui Pana non attraverit » » et
p. 142, « il n’était point question de prononcer des paroles pour faire miracles
comme Reuchlin et Galatin ont voulu, qui est un abus ».
2) Essai sur la légende d'un mythe : la quête d’Isis. Introduction à l’egyptomanie, Paris, 1968 (et c. r. in L’eil, 161 (mai 1968), p. 39).
3) Crater Hermetis, in Testi umanistici su l'Ermetismo, Archivio di filosofia,
1955, p. 55 : « Ferd.-Sed dic quaeso, an Aegyptii aliquid de veritate degustarunt ? Septem. — Non modo
degustarunt...
Hermes
qui omnem sapientiae
semitam perscrutatus, oratione licet parva, immensa tamen sententiis, de vera
sapientia monumenta posteris dereliquit. Unde, ut conjectura percipio, ad
Hebraeos sapientia migravit. Moses namque hebraeus, et apud Aegyptios natus
eam ex Aegypto per Penthateucum transtulit, et eum in actibus Apostolorum
legimus omnium Aegyptiorum disciplina eruditissimum. »
4) Symbola aureae mensae, 1617, p. 22 : « Nec vero praeterire possum quorundam inopportunam curiositatem, qui Marsilii Ficini opinionem sequuti,
adfirmant Mercurium hunc Trismegistum conscripsisse libros de origine mundi
a Deo omnipotente sapiente et bono conditi, ex quo Moses bonam suae Genesis
partem desumpsisse probetur quod iisdem verbis utatur quibus
Hermes
in
prima creatione : Et ferebatur Spiritus Domini super aquas. At horum opinio
manifeste
absurda
et
falsa
invenitur...
»
Il
y
a
confusion
cf. D. P. WALKER, Prisca theologia, Journal Warburg, 1954.
pour
Ficin,
Pagina 15
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)son Histoire des Juifs, qui fut très répandue, de l’antériorité
de la kabbale chez les Egyptiens. Dans le tome IT! de cette
Histoire, 18 chapitres sont consacrés à la kabbale, or deux
chapitres traitent de rapports entre kabbales juive et égyptienne : le chapitre XVII examine « les preuves de ceux qui
croient qu'elle a été inventée par les Patriarches », et le chapitre XVIII expose « le système opposé au précédent sur la
théologie des Egyptiens : ils ont inventé leurs dieux et leur
Gabbale », et le chapitre XIX montre qu’ « Abraham, Joseph,
Moise n’ont rien apris aux Egyptiens » : « Il suffit de comparer
ces deux Cabales l’une avec l’autre, pour reconnaître qu’elles
sont semblables, et puis que les Juifs n’ont étudié cette science
que long temps après les Egyptiens, il faut avouer que ces
derniers ne sont que les copistes, et que les autres l’ont
inventée. »
On trouvait encore
dans la déclaration de Pic de La
Mirandole l’amorce de cette Sléganographie, qui scandalisa
Bovelles, fit rêver Agrippa, puis tour à tour J. Gohorry, Blaise
de Vigenére, Béroalde de Verville, avant d’exercer le P. Kircher
et son collégue Schott, puis leur ami Caramuel Lobkowitz.
D'ailleurs Trithéme avait été instruit par le mystérieux Libanius Gallus qui avait prêté serment de ne rien révéler de ses
secrets « si ce n'est à celui que par des indices certains et
manifestes je croirai digne de les recevoir ».
Agrippa n’avait qu’à prendre de toutes mains. Quelques
exemples donneront une idée de sa façon de procéder. Le
chapitre 11 du livre III? est intitulé :
«Du silence et de l’occultation des choses qui sont des mystères et secrets dans la religion ». Une citation d’Orphée est tirée du De Harmonia mundi,
un couplet sur la kabbale de l’A pologia de Pic de La Mirandole,
1) Histoire, Rotterdam, 1706, II, p. 771 s.
2) La tradition du secret au temps de J. Trithème, in Le symbolisme, 391
(1969), p. 28.
3) Ed. 1963, III, p. 3 : cf. De Harmonia mundi, Cant. II, ton I, chap. IX;
Cant. I, ton II, chap. 8 de la même manière (et sur le même sujet) le chap. V
du De iriplici ratione cognoscendi Dei (in Testi umanistici su P'Ermetismo, p. 157)
est tiré du De Harmonia, cant. 11, ton V, chap. IX (et c'est dans ce dernier
passage que F. Georgius emploie l'expression de secretiores discipulos).
Pagina 16
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)et tout un développement du De Harmonia mundi encore. Le
tout
pour introduire
à
la
magie
cérémonielle.
Comment
Ventendait-il ? Le chapitre XX XT? intitulé « Encore une autre
sorte de caractéres et des marques des esprits
qu’on n’a
connus que par la Révélation » est tiré du De arte cabalistica :
Agrippa a condensé en quelques lignes les développements
de Reuchlin sur le Labarum de Constantin, le pentagramme
d’Antiochus Soter et le signe des Maccabées. Alors que dans le
De arte cabalistica Reuchlin n’avait donné que la figure du
pentagramme? a partir de sa collection de médailles, Agrippa
forge trois figures talismaniques et il achéve son chapitre
sur la méthode pour fabriquer des simulacres 4 Hécate, sans
rappeler comme Reuchlin la mise en garde du Guide des égarés
contre les hommes pervers et ignorants qui accordent a des
assemblages de lettres et à leur prononciation la puissance
d'accomplir des miracles®.
Il appartenait cependant 4 Guillaume Postel de « delirer »
un peu plus au sens étymologique, et rendre un peu plus
lubrica cette kabbale, pour user d’un adjectif qui fut plusieurs
fois employé pour caractériser ce « Polutropos ». Ce personnage, qui fut un des Chrétiens les plus érudits en littérature
kabbalistique, fut aussi celui qui l’interpréta le plus selon sa
propre illumination. Ce personnage, que l’on présente encore
couramment
comme
un
adversaire
presque
maladif
des
Réformés, entendit précisément l’arcane au sens où le dénongait un franciscain hostile à la kabbale, Ludovicus a 8. Francisco. Dans son Globus canonum el arcanorum linguae sanclae
ac divinae Scripturae*, où il analysait les différents sens des
termes arcanum, secrelum, etc., il signalait ce jugement secret
et plus intime qui permet aux novateurs hérétiques d’assurer
1) Ed. 1963, III, p. 135 (cf. De arte cabalistica, éd. PISTORIUS, p. 712, 727).
2) Cf. Pentagramme, Pentalpha, etc., in R.H.R., CLXXX (1971), p. 117.
3) In Pistorius, p. 727 : « Mendaces et stultos esse ¡llos qui soli figurae, soli
scripturae, solis lineamentis, solis vocibus aere fracto natis, tantam miraculorum
vim et potestatem
concedant,
ut
testatur
Rabi
Moyses
Aegyptius
in
libri
perplexorum primi cap. 72 ». (cf. trad. MUNK, I, p. 278).
Rome, 1587 (l’exemplaire Res. A. 3572 est celui de G. Gaulmyn), p. 729
« De arcani etymologia ».
Pagina 17
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)que leur esprit arcane est capable de percer les mystéres
divins. Postel qui se crut « Elias restitutus » pratiqua le « Gilluy
Eliyahu »!, mais tandis que dans le Judaïsme ces révélations
d’Elie, gardien de la tradition, s’inseraient dans la chaîne de
la kabbale, les révélations reçues par Postel consommaient la
Révélation. Restitué dans l’état d'Adam avant la chute, premier-né de l’âge de la Restitution, celui de l'Esprit, il récapitule la Loi de nature, la Loi écrite et la loi de grace. Postel qui
se disait informé par l’ange Raziel, qui avait été l’instructeur
d’Adam?, avait non seulement traduit la Kabbale du livre
de la créalion dû à Abraham ainsi que le Zohar portant la
kabbale de Moise, mais il connaissait encore le livre d’ Hénoch,
dont la tradition, par le vol de Nemrod avait. gagné les Indes.
Avec Postel nous sommes au cceur de ce siécle resté si mystérieux, où l’Apocalypsis nova attribué au Bienheureux Amadeus fit délirer en pseudo-prophéties le très considéré défenseur
de Reuchlin, le franciscain Petrus Galatinus, où le libertin
spirituel picard Bauhin retrouve à Bâle David Joris si amateur
des
publications
de
Postel,
où
l'éditeur
de
La
Polyglotte
d'Anvers est celui de La famille de la charité, le siècle dont Pic
de La Mirandole avait proposé l’image dans celle du Caméléon?.
Et il n'est pas étonnant d'entendre parler aussi d’Elie
l’alchimiste anonyme d'Orléans, qui dédia ses notes au De
lapidis physici secreta : « philosopho ter maximo Theosopho
jusriperito medico hoc est Comiti Palatino D. Jacobo Alsteinio... », Il écrivait : « Par cet esprit seul nous avons libre
accés aux secrets tant divins qu’humains. C’est lui en effet,
qui au témoignage
1)
de saint Paul, scrute tout, jusqu’aux
G. ScuoLen, Les origines de la Kabbale, Paris, 1966, p. 44.
2) De originibus, Bale, 1553, p. 52, « per Razielem omnia divinitus acceperat
Adam quae non natura simpliciter sed per gratiae mysteria debebant revelari,
donec lex aeterna omnibus mentibus inscripta et ab illo praescripta ad nos rediret
et nos a tyranide Legis liberaret.
Ideo nulla scriptura in toto mundo prior est
libris Hanochi ». Et son disciple Guy Le Fèvre de La Boderie notait dans la marge
du Commentaire de BAHYA BEN ASHER, fol. 176 v., où il était question de ce
livre : « Aiunt partem horum librorum extare apud Abyssinos. »
3) Oratio, Florence, éd. Garin, 1941, p. 106.
4) D. Gnosu, Hermetis iracialus vere aureus de lapidis philosophici secreto,
Leipzig, 1610 (la dedicace de ’anonyme est du 23 oct. 1608), p. 246.
Pagina 18
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)profondeurs de Dieu {1 Cor., II, 10). Personne en effet ne
connait ce qui est de Dieu si ce n’est ce méme esprit de Dieu
que nous avons reçu. Par sa seule vertu nous sommes faits
semblables en cette vie à Enoch et à Elie. De même que, au
témoignage de l’Ecriture, ils furent vivants élevés au ciel,
ainsi nous par l'esprit du Christ, tandis que nous voyageons
encore sur terre, nous serons comme vifs portés au ciel. Il ne
faut donc pas attendre un autre Enoch ou un autre Elie qui
viendrait en ce monde avant l'avènement du Christ. De même
en effet que l’Antichrist n’habite pas en un seul individu, mais
dans le
corps
tout
entier
antichrétien,
fait
de
plusieurs
membres, ainsi ce n’est pas une seule personne qui reçoit
l'esprit d’Enoch et d’Elie, mais tous les vrais Chrétiens de
pieuse vie, et surtout les philosophes, qui marchant dans ce
même esprit possèdent pour parler avec Paul, un trésor immortel en des vases d’argile (2 Cor., IV, 7), Jésus-Christ, de
qui Elie autrefois buvant comme à une pierre spirituelle, avait
reçu aussi le même esprit, en sorte que l’esprit d’Elie ne fut
pas celui d’un autre mais du Christ même, qui seul est le vrai
Elias artista... »
Encore que les Kabbalistes se soient peu occupés d’alchimiel, en milieu chrétien les esprits qui s’intéressérent à la
kabbale s’occuperent aussi d’alchimie. Il n’est que de rappeler
Pantheus
et
sa
bizarre
Voarchadumia,
Franciscus
Georgius Venetus, cité aussi souvent comme alchimiste que
comme
kabbaliste,
Kunrath,
C.
de
La
Riviera,
J.
Dee,
R. Fludd pour ne rien dire de son usage chez Paracelse et
surtout ses disciples. Les alphabets dont J. A. von Widmanstetter
se
plaignait déja qu’en des temps d’obscurité ils
avaient été employés par d’ignares magiciens vinrent enrichir
l'arsenal symbolique.
Il n’est que de consulter David de
Planis Campy?, qui s’appropria d’ailleurs le travail de Blaise
de Vigenére, dont il faut rappeler au moins l'interprétation
1) Cf. art. « Alchemy », in Jewish Encycl., éd. 1971.
2) Les œuvres, Paris, 1646, p. 604-613.
Pagina 19
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)alchimique qu’il donna du Sefer Yesira! : « Et au regard des
trois lettres méres, Aleph, Mem et Shin, elles dénotent les
trois esprits de tous les composés elementaires, couleur assavoir, odeur et saveur commet met Isaac Phryson et Raverius
Anglicus avant luy : mais particulierement icy les trois esprits,
principes de tous les metaulx, l’aleph assavoir, la teinture
blanche appellée arcenic par les philosophes chimiques qui est
contenue dans l’argent dit la lune, la premiere terre celeste,
et le Shin qui represente le feu, le soulphre rouge enclos au
soleil qui est l’or : le Mem par lequel est désigné le mercure de
nature d’eau, est au milieu, comme commun à l’un et à l’autre.
Les sept lettres doubles, Beth, Gimel, Daleth, Caph, Pe, Res
et Tau denotent
cuyvre,
les
argent vif
sept
metaux,
plomb,
ct argent attribuez
estain, fer, or,
aux sept
planetes
Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Venus, Mercure et la Lune
dont les uns sont en forme d’agent et de masle, ainsi que les
deux luminaires et corps parfaits or et argent, et les imparfaits au reng desquels est compris l’argent au respect de l'or,
en lieu de matiere, de patient et de femelle, suivant ce que
mettent les Cabalistes en leur secrete theologie sur le Cantique
des cantiques à propos de l’espoux et de l’espouse; que le
superieur au regard de l’inferieur luy tient lieu de femelle,
ainsi que la terre a l'endroit des cieux dont elle est empregnée :
lesquels envers le monde intelligible d'où ils reçoivent leurs
influxions sont comme femelle.
« Les douze lettres simples He, Vau, Zain, Heth, Teth, Iod,
Lamed, Nun, Samech, Ain, Tsaddé et Coph designent les douze
régimes de l’art : la calcination, dissolution, digestion, distillation, congelation, sublimation, separation, fixation, fermentation, inceration, multiplication et projection. Et les cing finales
Caph, Mem, Nun, Pe et Tsaddi les cing instrumens esquels tout
cela s'effectue et met en pratique : la terrine assavoir ou escuelle,
avec l’eau, les cendres ou sable, selon les degrez de feu, qu’on
y
veult donner, l’alembich, la cornue, le mattras ou recipient. »
Traicté des chiffres, Paris, 1587, fol.
Pagina 20
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Les alchimistes n'avaient par ailleurs pas besoin qu'on
leur rappelät la règle du secret!. Olaus Borrichius achevait son
Conspectus scriplorum chemicorum? par quelques citations dont
celle du Rosarium philosophorum : Que celui qui révéle le
secret de l’art soit maudit et meure d’apoplexie, et les éditeurs
de textes manuscrits, qui tentent de lutter contre les charlatans multiplient les excuses, et un voile levé se recouvre de
plusieurs autres’. L’auteur d'une Dissertatio academica de philosophia hermetica vera et experimentali* éclairera son propos
par la citation d’un serment d’adepte resté manuscrit :
« D. Meno Seeduviz
« Je te conjure par Dieu vivant, premiére Puissance, Premiére Sagesse, premier Amour, témoin entre toi et moi, de
t’efforcer de tenir les promesses que tu as faites spontanément
et librement, comme il convient à un homme bon et aimant
Dieu
«1. de garder le secret des secrets que je t’ai déclaré après
y avoir bien réfléchi, comme un secret, et de ne le communiquer à aucun mortel ni directement ni indirectement, sinon
après que j'y aurai consenti, moi vivant et libre, par trois fois
1) L. Ficurer, L’alchimie et les alchimistes, éd. 1970, p. 64 5. ; M. MERSENNE,
La vérité des sciences, Paris, 1625, p. 105 : « je pense que les alchymistes cachent
leur travail pour deux raisons... », cf. p. 89.
2) Copenhague, 1697, « reliquum est ut quibus peculiaris numinis aeterni
providentia Dianam hance nudam spectare dedit, peculiari etiam sanctimonia
vitae caeteris mortalibus praeluceant, memores dirarum philosophicarum, si
cuiquam indigno Eleusinia haec sacra aperiant... ».
3) La position des différents alchimistes varie selon les temps. Ainsi Oswald
CroLL, dans sa Basilica, 1609, p. 7, « a naturae et Gratiae lumine,
temporis
tandem progressu, omnibus indifferenter manifestandos, ubi exacto prius sanguineo Filii judicio, Patris aqueum, indubitanter subsecuturo, in tertio demum
Spiritus sancti seculo (olim per Ignem, propter occulti manifestationem renovando)
Helias artista reparator omnium advenerit... ». Bernard
G.
PENOT,
Apologia ad J. Michelii scripiuram, Francfort, 1600, p. 24, «non defore multos
sat scio quibus hujus libelli editio nova videri possit quoque mysteriorum naturae
secretorumque thesauri publicationem damnaturi sint illud Evangelü occinantes : Nolite margaritas... ».
4) Thèse Erfurt, presid. John Kiesling, 1698, p. c 2 : « Ut res clarior fiat
participem lectorem benevolum hic reddere volumus rarioris cujusdam Msti ab
adepto quodam manupropria consignati, quod benevolentia viri cujusdam magni
nominis ad nos pervenit et suppressis genuinis et veris varias ob causas fictis
hoc ponitur nominibus. » A la suite Kiesling recopie sans le citer le passage de
Borrichius.
Pagina 21
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)en trois temps différents.
Aprés ma mort, je remets a ta
conscience de faire ce qu’il conviendra
«2. d’en user, comme il est permis (fas est) et comme les
philosophes le voulurent et de n’en pas abuser, selon qu’ils le
défendirent, c’est-à-dire d’en user saintement, chrétiennement
et avec humilité pour subvenir à tes besoins et à ceux de ton
prochain. De ne pas en abuser par orgueil, luxe, vaine gloire
soit directement soit indirectement. Aussi évite les grands,
ceux qui commandent, qui sans considérer raison et circonstance pourraient te l’arracher. En outre que ne profitent de tes
richesses les seuls pauvres, mais de ta médecine que tout le
monde profite selon une juste consideration.
« 3.
d’agir avec moi
fidèlement,
honnêtement et sans
détours. Quant tu auras achevé une opération, remets en mes
mains la moitié du profit. Tandis que l’opération s’accomplit,
écris moi fidelement, mais en chiffres et philosophiquement, les
notes que tu en auras prises avec diligence tous les trois ou
tous les huit jours, et attends selon qu’il en sera besoin les
conseils.
« Que Dieu te bénisse si tu observes avec candeur ces
promesses et si tu agis avec prudence, sinon je formule les
imprécations que nos philosophes ont brandies contre les
mauvais fils de la doctrine.
« Theophilus Anthon, de sa propre main.
« Je promets d’observer tout ce qui m’a été prescrit librement, sincérement ct selon la foi chrétienne, et les confirme
de mon propre sceau. Que Dieu me soit en aide. »
Si
l’on
connait
bien
depuis
les
études
d’Iversen,
de
F. A. Yates! et de Baltrusaitis l'importance de l’égyptomanie
depuis Annius de Viterbe jusqu'à la découverte de Champollion, et nous avons un peu plus haut rappelé l'influence que
joua dans la perspective des rapports de la kabbale et de
1) G. Bruno and the hermelic tradition, Londres, 1964 ; E. IVERSEN, The myth
of Egypt and ils Hierog. in european tradition, Copenhague, 1961.
Pagina 22
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)l’alchimie |’ Histoire des Juifs de J. Basnage, il est encore utile
de situer la place de Kircher. W. Warburton dont le chapitre
sur les hiéroglyphes de sa Divine Legation of Moses fut traduit
en frangais!, l’avait fait avec une pertinente impertinence :
« Il est plaisant de voir le P. Kircher s’affairer à travers une
demi-douzaine d’in-folio aux écrits des derniers platoniciens
grecs et aux livres forgés d’Hermös,
qui comportent une
philosophie qui n’a rien d’égyptien, pour expliquer et illustrer
d'anciens monuments qui n’ont rien de philosophique. Laissons-lui poursuivre l'ombre d'un rêve à travers les régions
fantaisistes du Platonisme pythagoricien ! » Warburton oubliait
la kabbale qu’y méla
Kircher, et qu’à sa suite reprirent
Pernety, et son suiveur O. H. de Loos. Les fables égyptiennes
el grecques dévoilées el réduiles au même principe avec une
explication des hiéroglyphes citaient après Pythagore Moyse?,
« si nous en voulions croire Ramban qui écrivit ses livres d’une
manière énigmatique : Tout ce qui est contenu dans la Loi
des hébreux, dit cet auteur, est écrit dans un sens allégorique
ou littéral par des termes qui résultent de quelques calculs
arithmétiques, ou de quelques figures géométriques des caractères changés ou transposés, ou rangés harmoniquement suivant leur valeur. Tout cela résulte des formes des caractères,
de leurs jonctions, de leurs séparations, de leur inflexion, de
leur courbure, de leur droiture, de ce qui leur manque, de ce
qu'ils ont de trop, de leur grandeur, de leur petitesse, de leur
ouverture, etc. ». C'était une des Conclusiones cabalisticae de
Pic de La Mirandole, reprises dans le De arte cabalistica®. Et
1) Divine Legation, 1741; Essai sur les hiéroglyphes des Egypliens, Paris,
1744, p. 214. Warburton tenait que les hiéroglyphes avaient été faits for practical
purposes. Ramsay, The philos. principles, 1748, II, p. 12, « The hierogl. language
and characters were at first invented not to render religion mysterious... but
on the contrary to render its sublime, intellectual spiritual idées sensible, visible
and familiar to the vulgar. »
2) Paris, 1758, p. 226, citant « In exordio Geneseos ».
3) Conel. 33 de la ire série : « Nullae sunt literae in tota lege quae in formis,
conjunctionibus, separationibus, tortuositate, directione, defectu, superabundantia, minoritate, majoritate, coronatione, clausura, apertura, et ordine decem
numerationum secreta non manifestent », cf. De arte,
in Pistorius, p. 688,
citant RAMBAN « in Geneseos exordio » (trad. J. NEWMAN, The commentary of
Nahmanides, Leyde, 1960, p. 23).
Pagina 23
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)le Philalethe De Loos, alchimiste comme Pernety, revenait à
travers ce dernier 4
Kircher, pour lui emprunter un texte
sur Adris ou Hermés! tiré de La maison de Melchisedech, un
manuscrit hébreu de la Casa de'Neofiti?.
Mais tandis que
Kircher tenait à la kabbale qui d'Adam à Enoch, d’Enoch
à Noé, de Noé à Abraham, d'Abraham à Moise transmit la
sagesse hiéroglyphique?, les courants alchimistes et maçonniques mirent Moïse à l’école des Egyptiens.
Le rôle joué par la Maçonnerie dans l’évolution des notions
d’occulte, d’ésotérique, de secret, etc., a été parfaitement mis
en valeur par les historiens, et en particulier par R. Le Forestier.* Dupuis, qui fut pour son érudition, encore que fantastique, une source, avait notés : «Nos sociétés de Francs-magons
(et les initiations n'étoient qu'une véritable francmaconnerie)
n’attirent parmi elles de nouveaux frères, que par le secret
prétendu de la francmagonnerie, que chacun veut connaitre.
C’est la curiosité qui nous y conduit ; le serment, et une petite
vanité nous y lient... »
On n’est donc pas étonné de voir fleurir le mot « ésotérisme » dans ce milieu. E. J. Marconis de Nègre, dans Le sancluaire de Memphis ou Hermès, Développements complets des
mystères maçonniques écrivait en préambule® : « EsoTÉRISME.
Statut organique de l'Ordre maçonnique de Memphis. La
1) Le diadéme des sages, 1781, p. 72; cf. PERNETY, Les fables, p. 217.
2) Obeliscus Pamphilus, p. 94 et p. 23 : « Est vetus quidam commentarius
hic Romae in Collegio Neophytorum cui nomine Domus Melchisedech... »
3) Œdipus Agypiiacus, I, Propylaeus.
4) La franc-maçonnerie occultisie du XVIII siècle, 1928 ; L'occultisme el la
franc-maçonnerie écossaise, 1928; cf. A. MELLOR, Nos frères séparés, les francsmagons, Paris, 1961.
5) Origine de tous les culles, Paris, an III, II, p. 129, cf. p. 128, sur les mystères
«on peut dire que l'obscurité leur est favorable, et qu'ils redoutent le trop grand
éclat du jour... car si la lumiére appartient a la vérité, les ténébres forment
l'apanage de l’imposture et du mensonge ». Cf. ScHRAMM, op. cil., p. 36 : « Jure
reprehendebat Valentinianos Irenaeus, quod veritatem texerint, rebus suis
diffisi. »
6) Paris, 1849, p. 17. Le Dictionnaire de Robert, donne au mot « Esotérisme »
la date de « 1856, Lachâtre ». Dans le Nouveau diction. universel de LACHATRE,
on lit : « Une fraction des Saint-Simoniens voulait faire de la partie élevée de leur
doctrine une sorte d'ésotérisme, mais le P. Enfantin s’y opposa » (sur ce Baron de
La Châtre (1814-1900), cf. Diclion. biog. du mouvement ouvrier français, Paris,
Pagina 24
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)voix qui parle du sein de la nue a dit : « Homme tu as deux
« oreilles pour entendre le méme son, deux yeux pour percevoir
«le même objet, deux mains pour exécuter le même acte.
« C'est pourquoi la science maçonnique, la science par
« excellence est ésotérique et exotérique. L’ésotérisme constitue
«la pensée, l’exoterisme le pouvoir. L’exotérisme s’apprend,
« s’enseigne et se donne, l’ésotérisme ne s’apprend, ne s'en-
« seigne, ni ne se donne, il vient d’en haut. » »
Un Discours sur l'ésolérisme maçonnique suivait!, dont voici
le début : « Un grand poéte, l’une des gloires du siècle d’Auguste, et qui par son génie fut jugé digne des faveurs de l’initiation, Virgile, voulant consacrer dans le sixiéme livre? de
son immortel poéme quelques uns
des rites
des mystéres
égyptiens, au moment d’aborder ces révélations redoutables,
pour détourner de sa téte les malédictions fulminées contre les
divulgateurs des secrets de l'initiation s’écrie : O dieux... qu'il
me soit pardonné de révéler des choses plongées dans les profondeurs de l’abime, et environnées de nuages mystérieux...
Un philosophe grec, après avoir parcouru l'Egypte, et visité
les principaux sanctuaires de la science, rapporte (fait confirmé
au reste par les annales de l’Ordre, et consigné dans le préambule des statuts généraux) qu’un des points principaux de
la doctrine des prêtres de l'Egypte était la division de la
science sacrée en exolérisme, ou science extérieure et ésolérisme
ou science intérieure.
C'est par ces deux mots grecs qu'il
traduisait les deux mots hiératiques dont, comme on sait, il
était interdit de se servir hors du temple.
« Les prêtres, ajoute-t-il, ne sont prodigues d’aucune partie
de leur science : de longs travaux, de profondes études, de
rudes épreuves sont imposés au néophyte pour arriver au
moindre degré de l’exotérisme. Quant à Vésotérisme, ils sont
plus sévères encore : nul secours, nul conseil, nul encouragement
n'est donné à celui qui veut y pénétrer. C'est par la force
1) Le sancluaire, p. 140.
2) Enéide, VI, 264.
Pagina 25
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)seule de son esprit et l’inspiration divine qu'il doit y parvenir.
Ce sont des mystères dans les mystères, et il arrive fréquemment que des prétres les plus hauts placés en dignité ont a
peine fait un pas dans la partie mystique de la science sacrée.
La statue d’Isis toujours voilée, méme pour les prétres, le
Sphinx accroupi à la porte des temples, dans l’attitude du repos
et du silence, étaient les deux emblémes de ces derniers
secrets... »
On peut mesurer le chemin parcouru depuis qu'en 1784
Louis de Beyerlé écrivait, qui citait l’ Isis et Osiris de Plutarque
sur les sphinx! « voulant dire que toute leur théologie contenoit sous paroles énigmatiques et couvertes les secrets de la
sapience. Et pour le donner á entendre encore plus clairement,
ils mettoient cette inscription : « Je suis ce qui a été, ce qui
«est et ce qui sera á jamais et n’y a encore un homme mortel
« qui m’ait découverte de mon voile... » Le collège sacerdotal
était nombreux et composé de prétres qui avaient des occupations nombreuses. Ceux dont l'esprit était borné s'occupaient
du culte matériel, ceux dont l’esprit était plus pénétrant
avaient les secrets de la religion. Ce qui forma deux doctrines,
l’une exotérique qu'on enseignoit en public, l’autre ésotérique
ou intérieure, qui n’étoit destinée qu'aux disciples choisis
(Plutarque appelle cette double doctrine les deux sortes de
paroles)... ».
C’est le temps où Marc Bédarride, pour mettre en valeur
l’Ordre de Misraim, évoquait les grands ancêtres? : « Il visité
ensuite la V.? de Mirandola, qui avait pour G. M. de l’ordre
1) Essai sur la franc-magonnerie, Latomopolis 5784 (1784), p. 93. Notons que
A. LENoIR, La franche maçonnerie rendue à sa véritable origine, dont on sait
l'usage qu'il fit du roman de Pabbé Terrasson, a produit des planches d'un $ystème hiéro-astronomique, physique, cabalistique, astrologique, iatrique, alchimique et magique des peuples anciens (fait à coup d’Agrippa).
2) De l'ordre maçonnique de Misraim, Paris, 1845, p. 11, p. 114. Le Diction.
de
biog.
frang.
a
un
article
Israël Bédarride,
et la
Jew.
Enc.
un article
Bedarrides (G.) et S. PosENER, A. Crémieux, Paris, 1934 ne dit rien du fondateur
d'une des loges à laquelie appartint Crémieux. La Bibliog. de la franc-maçonnerie de P. Fescu, J. DENAIS et R. Ary, Paris, 1902, confond Michel et Marc.
On trouve dans les ouvrages des deux frères les éléments d’une biographie.
3) V, suivi de trois points désigne la Vallée.
Pagina 26
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Souschino, descendant du P. Mose Souschino, initié trés versé
dans diverses langues et profond dans les sciences les plus
abstraites, qui fut le précepteur du jeune Jean Pic de La
Mirandole, fils de Jean Frangois, seigneur de La Mirandole, qui
s’acquit une si haute renommée dans le monde.
« Suivant un manuscrit de mon aïeul, dit le P. Souschino
à Elise Susmant, Jean Pic de La Mirandola son disciple naquit
Yan du monde 5467. Il paraît que la nature l'avait doué d'un
esprit rare, car à l’âge de 10 ans le jeune Pic discutait d'une
manière remarquable avec les savants de cette contrée
:
à 17 ans, il possédait une infinité de langues, ce qui lui donnait
la faculté de soutenir les conférences les plus difficiles sur un
grand nombre de propositions, soit dialectiques, théologiques,
mathématiques,
physiques,
magiques
et
particulierement
cabalistiques, connaissant parfaitement l’hébreu. Le P. Mose
Souschino son précepteur reconnaissant en lui une grande
capacité, lui proposa l'initiation, sous serment qu'il garderait
le silence à cet égard. Le jeune Pic fut enchanté de cette proposition; la lumière lui fut accordée, et il devint un digne
sectateur de Misraim. Peu de temps après, ce jeune initié
passa à la grande V. de Rome, où ses hautes lumières attirèrent
sur lui une infinité d’ennemis envieux de son savoir et de ses
œuvres, au point qu'il éprouva de grandes tribulations. Ses
écrits furent prohibés, mais avec l’aide du Tout Puissant, il
triompha de ses antagonistes.
« C'est dans le temple de Misraim que le jeune Pic reçut les
consolations et les félicitations dues à son mérite, et qu’en
récompense de son attachement à l’ordre, il fut élevé successivement au rang de 66° degré. Ensuite Pic se rendit à la
V. de Sienne, où il eut plusieurs conférences avec le P. Lucius
Bellancius!, maçon du plus grand mérite, qui fut ravi d’entendre ce jeune F. ; de là Pic vint dans la grande et magnifique
V. de Florence... »
Pic de La Mirandole était en bonne compagnie, celle de
1) On sait qu'il écrivit une Asirologiae defensio contra J. Picum !
Pagina 27
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Moise ben Maimon de la V. de Cordoue, Moise Nahmanide,
et celle des Cabbalistes augmentait... La philosophie de la
Cabale se propagea extraordinairement en Syrie, en Palestine
et en Egypte, mais plus particuliérement dans cette derniére
région où le système des allégories était en usage et où la
Cabale méme était pratiquée par les prétres. Les emblémes
avaient une conformité étonnante avec ceux des Juifs. La
philosophie de la Cabale se conserva en Egypte jusqu’au temps
des Croisades, et nous la verrons encore dans le xe siècle
figurer dans Ie procès des Templiers, et postérieurement être
en pleine vigueur à la moitié du xvire siècle. Par ce qui nous
reste, les Cabalistes croyaient à un seul Dieu ; ils enseignaient
le dogme de son unité. Pour entrer dans leur confrérie, il
fallait
des
épreuves
avant l'initiation.
»
La
citation
que
Reghellini donnait du « Sochar » sur l'Ancien des jours laisse
penser qu'il avait pratiqué la Kabbala denudata, que le chevalier Ramsay avait longuement citée dans son Discours sur
la mythologie, puis dans ses Philosophical Principles.
C'est la même désolante médiocrité chez celui à qui l’on
attribue la création du mot « occultisme »?. Dans la philosophie
occulfe®, proposant les dogmes kabbalistiques tirés de la collection des kabbalistes de Pistorius (c’est-à-dire la premiere
série des Conclusiones cabalisticae glosées par Archangelus
de Burgonovo), la Concl. 29 qui s'énonce « Nomen Dei quatuor
literarum, quod est Mem, Sade, Pe, Sade, regno Davidis debet
appropriari » devenait « Literae nominis sunt Danielis regna »*.
1) Le voyage de Cyrus, p. 153 : « On y parle de la rosée qui sort du cerveau
du Vieillard... », citant les ouvrages « des rabbins Irira, Moscheh et Jitzack dont
RITTANGELIUS nous a donné les traductions dans sa Cabale dévoilée » (même lapsus
dans Philosophical Principles). Sa thèse est que « pour réfuter les objections des
impies sur l'origine et la durée du mal, les philosophes anciens avoient adopté la
doctrine de la préexistence des âmes et de leur rétablissement », et que « on croit
que toutes les traces qu’on voit de la religion naturelle et révélée dans les poetes
et les philosophes paiens se doivent originairement à la lecture des livres de
Moyse; mais il est impossible de répondre aux objections que les incrédules
font contre cette opinion... Il faut remonter plus haut jusques au Déluge même ».
2)
R. Amapou, L’occullisme, Paris, 1950, p. 15. Notons que l’Encyelopaedia
universalis a un article « Occultisme » (dà à R. A. R. ALLEAU), qui rejette « la
notion syncrétique et artificielle d'une seule et même philosophie occulte ».
3) La science des esprits, Paris, 1865, p. 147.
4) Ibid., p. 163, 165.
Pagina 28
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Et présentant une traduction, de même farine, de |’ Aesch
Albert Durez, P. Belon-Mansaux, Orobio qui devient contemporain de P. Belon-Mansaux!. C’est que pour ne pas parler
du comte de Gabalis, la kabbale avait été soumise à bien des
métamorphoses. Un Besbecourt dans Les myslères du christianisme approfondis radicalement el reconnus physiquement vrais
propose sa Cabale syllabique?, qui lui permet d’expliquer
comment Moise surpassa Hermès? : « Une seule chose déplut
à la Muse d’Israel, car j’observe en passant que le nom grec
Mousa sous lequel notre illustre Hébreu fut connu des Arabes
signifie Muse, et dans le fait sa Genése, qui renferme la science
de l’univers enseignée cabalistiquement, mérite bien d’étre
appelée un Musaeum. Il ne put souffrir qu'un fond si riche si
digne d'être transmis à la postérité la plus reculée, restät
couvert par des énigmes, dont le caractère sacré pouvoit
porter ceux qui ne les comprendroient pas à l’adoration des
faux dieux.
«Il entreprit donc de travailler un Voile tout neuf qui tissu
avec un fil historique, de même que celui d’Hermes ne representat que des personnages humains, en place des feintes deités
egyptiennes...
»
Dans La maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive el chrétienne, Reghellini de Scio, qui
faisait de Bacon de Verulam un kabbaliste pour avoir établi
dans son ile de Bensalem les lois cabalistiques de Moise,
écrivait? : « Simeon ben Johai eut une infinité de sectateurs.
1) De l'ordre, II, p. 37, Moise ben Maimon de la V. de Cordoue; p. 54,
Nachman; p. 79, A. Durez (Durer); p. 107, P. Belon (qui était du Mans)
;
p. 105, Orobio.
2) Londres, 1771, p. 1, p. 12, ef. p. 55 « to kabbalein signifie exactement quod
fore decomponendum sapiens videt, c’étoit un art qui exigeoit beaucoup de
science, parce que certains mots mystiques ne devoient pas étre disséqués par
lettres mais par syllabes... ».
3) Ibid., p. 30, cf. II, p. 27 où paraclet est expliqué « mé&pov äxoc Andov
adveniens medicina abscondita ». Des développements sur l’alchimie dont le
type est, p. 269, l’histoire de Judas ou les 30 pièces donnent Lambda = lapis,
et comme Judas tenait la bourse, la projection est expliquée « dans le moment
il nous fait la trahison la plus cruelle puisqu'il met brusquement fin à nos plaisirs
les plus délicieux ».
4) Paris, 1833, I, p. 282.
Pagina 29
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)L’opinion favorable sur la Bible s’affaiblissait tous les jours,
mezareph publié par Knorr von Rosenroth!, il écrivait : « Si
nous consultons l’histoire et les arcanes de la philosophie
hermétique
c'est
sur
ce
manuscrit
laissé
par l’alchimiste
Abraham que le célèbre Flamel? parvint à faire de l’or. » Si
l’on ne peut nier que |’ « Occultisme » prit bien des choses à la
Renaissance, dont P. Duhem parlait toujours comme d’un
« temps de superstition triomphante
Vérudition.
Et même à partir
», il n’en garda pas
du De occulta philosophia,
miroir déjà déformant des œuvres qu'il pilla, la pente de
décadence est longue jusqu’à l’Occultisme d’Eliphas Levi que
Papus
proclamait
pourtant
«
le
plus
savant
de
tous
les
occultistes contemporains ».
François SECRET.
1) Le livre rouge, Paris, 1842 sous le nom d'Hortensius FLAMEL, repris dans
La clef des grands mystères, Paris, 1861, p. 424 s.; cf. A. E. WAITE, The Holy
Kabbalah, Londres, 1929, p. 424 s., « he attributes the work to R. Abraham of
the Flamel mythos thus investing it with an antiquity which is contradicted by
its own references ». Sur une appréciation de Levi, cf. p. 487 s., « He gives the
three mother-lettres of the Hebrew alphabet inacurately, which, for an accredited student of S. Yeisirah is almost as inexcusable as if an English author
erred in enumerating the vowels of our own language. »
2)
Cf. G. ZIEGLER, N. Flamel, Paris, 1972, p. 200: « E. Levi dira avoir retrouvé
un manuscrit, l’exemplaire du cardinal de Richelieu, qui serait une copie de
l'Asch Mezareph », et E. MURAISE, Le livre de l'ange, Paris, 1969, p. 302 : « L'interprétation du mage étant fort suspecte on a des raisons de croire que le texte
d'E. Levi ne faisait que reproduire une copie de texte ancien, non authentifié
et recueilli par Borel dans un voyage fait à Milan. »
3) Le système du monde, Paris, 1954, IV, p. 87.
4) Cité par P. VuLLIAUD, La kabbale juive, Paris, 1923, II, p. 319.