Du < De occulta philosophia > a l’occultisme du XIXe siecle

Autore
Secret, F.
Pubblicato in
Revue de l'Histoire des Religions
Anno
1974
Argomento
OCCULTISM
Lingua
Français
Categoria
C14 Numerologia
Numero d'archivio
6283

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Mostra testo completo29 pagine

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Copa SECRET.

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Persée http://www.persee.fr François Secret Revue de l'histoire des religions, Année 1974, Volume 186, Numéro 1 p. 55 - 81 Voir l'article en ligne Dans le cadre du programme du "Laboratoire des Religions du Livre", de la section des Sciences religieuses de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, nous avons entrepris une recherche de vocabulaire, pour éclairer la naissance au dix-neuvième siècle des deux néologismes : occultisme et ésotérisme, dont H. Corbin a noté encore dernièrement que leur emploi éveille « des réticences, voire de l'irritation chez nombre de gens sérieux ». Nous avons limité cette recherche aux principaux courants d'idées, que l'on trouve recueillis par H. C. Agrippa dans son "De occulta philosophia", et amorcé ainsi l'étude des termes, qui ne sont jamais employés sans quelque méprise : cabale, arcane, secret, sacrement, hiéroglyphe, théosophie, discipline de l'arcane, etc. Avertissement L'éditeur du site « PERSEE » – le Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche, Direction de l'enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation – détient la propriété intellectuelle et les droits d’exploitation. A ce titre il est titulaire des droits d'auteur et du droit sui generis du producteur de bases de données sur ce site conformément à la loi n°98-536 du 1er juillet 1998 relative aux bases de données. Les oeuvres reproduites sur le site « PERSEE » sont protégées par les dispositions générales du Code de la propriété intellectuelle. Droits et devoirs des utilisateurs Pour un usage strictement privé, la simple reproduction du contenu de ce site est libre. Pour un usage scientifique ou pédagogique, à des fins de recherches, d'enseignement ou de communication excluant toute exploitation commerciale, la reproduction et la communication au public du contenu de ce site sont autorisées, sous réserve que celles-ci servent d'illustration, ne soient pas substantielles et ne soient pas expressément limitées (plans ou photographies). La mention Le Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation sur chaque reproduction tirée du site est obligatoire ainsi que le nom de la revue et- lorsqu'ils sont indiqués - le nom de l'auteur et la référence du document reproduit. Toute autre reproduction ou communication au public, intégrale ou substantielle du contenu de ce site, par quelque procédé que ce soit, de l'éditeur original de l'oeuvre, de l'auteur et de ses ayants droit. La reproduction et l'exploitation des photographies et des plans, y compris à des fins commerciales, doivent être autorisés par l'éditeur du site, Le Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation (voir http://www.sup.adc.education.fr/bib/ ). La source et les crédits devront toujours être mentionnés.

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à Poccultisme du XIX: siècle Dans le cadre du programme du Laboratoire des Religions du Livre, de la section des Sciences religieuses de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, nous avons entrepris une recherche de vocabulaire, pour éclairer la naissance au dix-neuvième siècle des deux néologismes : occullisme et ésotérisme, dont H. Corbin a noté encore dernièrement que leur emploi éveille « des réticences, voire de Virritation chez nombre de gens sérieux ». Nous avons limité celle recherche aux principaux courants d'idées, que l’on trouve recueillis par H. C. Agrippa dans son De occulta philosophia, el amorcé ainsi l'étude des termes, qui ne sont jamais employés sans quelque méprise : cabale, arcane, secret, sacrement, hiéroglyphe, théosophie, discipline de Parcane, etc. «C’est par un grave abus de langage, lit-on à l'article « Esotérisme » de l’Eneyclopaedia universalis, que les mots « ésotérisme » et « occultisme » se trouvent si volontiers confondus de nos jours. « Occultisme » est un néologisme forgé au début du xıx® siècle par Eliphas Levi... »!. En fait, ésotérisme est un néologisme aussi, d’ailleurs contemporain de l’autre?, et l'on constate chez les meilleurs auteurs hésitation et flottement dans leur emploi. C’est Paul Vulliaud, qui, assurant dans sa propre revue, Les entretiens idéalistes, la rubrique : Religionésotérisme, laissait, à l’occasion, imprimer Religion-occultisme3, E. Dermenghem, dans une étude sur Joseph de Maistre franc-magon, ou il examinait les rapports entre occultisme et christianisme, notait? : « Le mot « ésotérisme », un peu pédant, 1) Encyclopaedia universalis, art. S. HUTIN. 2) Cf. RoBERT, Diction., s.v. Esotérisme et occultisme; cf. infra. 3) Les entretiens idéalistes, XXVIII (1909). 4) J. de Maistre, La franc-maçonnerie, mémoire au duc de Brunswick, Paris, 1925, p. 33 ; cf. J. de Maistre mystique, Paris, éd. 1946, p. 9; P. VULLIAUD, J. de Maistre franc-maçon, Paris, 1926 a un chapitre : « J. de Maistre et l'ésotérisme

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serait peut-être préférable; « occultisme » n'est guère du xvi: siècle. « Théosophie » par ailleurs a pris un sens trop précis. » Et A. Viatte, dès la préface de son travail Les sources occultes du romantisme, pouvait écrire : « Dans ce champ immense, mais vierge, de l’ésotérisme... »!. Aussi bien n'entendons-nous pas apprécier la valeur d'une distinction déjà proposée au début du siècle par l'abbé Calixte Mélinge?, qui se donna, selon l'expression du Manuel bibliographique des sciences psychiques el occultes®, le nom mystique d’Alta, et discutée déjà par R. Amadou dans son ouvrage sur l’occultisme, mais constater une mode. Car depuis Dermenghem, le mot théosophie a repris emploi selon son étymologie, à la suite sans doute de la publication du Théosophisme de R. Guénon, et à la vague de l’occultisme a succédé celle de Vésotérisme. Ainsi un volume de D. Saurat sur La lilleralure el Poccultisme a été redistribué sous le titre de La religion ésotérique de V. Hugo“, et il est arrivé au P. Daniélou de citer Les iradilions secrètes des apôtres qu'il publia dans Eranos Jahrbuch comme Les traditions ésolériques des apölres®. Et comme avec ces néologismes c’est la même nuit où tous les chats sont gris, « où s’unifient par l’intérieur toutes les doctrines traditionnelles » et où d’ailleurs® « la tradition au sens précis du mot est la transmission innée et immanente de principes d’ordre universel » une histoire de ces mots et de leurs corrélats peut y porter quelque lumière. Nous l’esquis1) Les sources, éd. 1965, p. 6 (la 1re éd. est de 1927). Depuis, A. MERCIER a publié Les sources ésolériques el occultes de la poésie symboliste (1870-1914), Paris, 1969 (où malheureusement l'emploi de ces deux adjectifs n'est pas expliqué). 2) Le christianisme césarien, Paris, 1914; cf. R. Amapou, L'occultisme, Paris, 1950, p. 18 et 211. 3) Paris, 1912 (où le mot ésotérisme est employé non sans quelque méprise, ainsi sur le Job de P. LEROUX « cet ouvrage, après trente siècles fut arraché à l’esoterisme et à la doctrine secrète par P. Leroux, qui le dédia à la franemaçonnerie ». 4) Paris, 1948. 5) Dialogue avec Israël, Paris, 1963, p. 60; cf. Eranos Jahrbuch, XXXI (1963), repris in Judeo-chrislianisme et gnose, in Aspects du Judéo-christianisme, Travaux du Centre d’Eiudes..., Strasbourg, Paris, 1965, p. 139 s. 6) Cf. L. BENOIST, L'ésolérisme, Paris, 1963, p. 9, 15 (l'auteur tient p. 86 à l'existence « de kabbalistes parmi les Pères Grecs »).

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serons en examinant quelques-uns des courants d’idées que Henri Cornélis Agrippa recueillit au début du xvi? siècle dans son De occulta philosophia. Cet ouvrage qui parut aprés la publication de sa palinodie, le De vanitate scientiarum, brasse ce que l’on a depuis appelé « sciences occultes »! où l'épithéte, selon la remarque de Lalande?, se rapporte à la fois au caractère secret de ces recherches et au caractére mystérieux des faits qu’elles ont pour objet, ce sont celles que pourfendra, lors de la naissance du mécanisme, le P. Mersenne : la magie, l'astrologie, l’alchimie et la cabale. Si selon la vieille image des deux livres de la nature et de la Révélation, magie, astrologie et alchimie avaient bien à faire au livre de Nature, la kabbale, que Jean Pic de La Mirandole venait de révéler aux Latins s’appliquait toute au Livre, ct c’est l’usage qu'en fit Agrippa, qui en grande partie explique le contresens fait par l’historien de Mersenne. Il écrivait en effet, outrant la pensée de l’ami de Descartes, que «la kabbale est une académie de mots croisés qui se prend pour l’Académie des Sciences ». Certes un historien de la kabbale chrétienne a pu juger que ce courant d'idées n'était, au moment où se constituaient les sciences expérimentales, qu'une voie sans issue‘, sa gnose restant accordée à l’ancienne cosmologie, il n’en reste pas moins que l'immense intérêt pris à la kabbale allait d’abord à son caractère profondément religieux. Et si Pic de La Mirandole avait allié dans une conclusion qui fit scandale kabbale et magie, si sur ses traces Franciscus Georgius 1) L'expression « sciences occultes » est courante chez B. de Vigenère ; mais étant donné l’état de ia science alors, elle ne choquait pas. Cf. P. VULLIAUD, La Kabbale juive, Paris, 1923, 1, p. 157 : « Des vérités religieuses ou même scientifiques ont pu être et ont été soustraites à la connaissance populaire. Ces dogmes n’en demeuraient pas moins des vérités. Ces enseignements scientifiques n'en étaient pas moins des vérités. Comme elles étaient cachées à la foule, on les appelait ésotériques, c’est-à-dire réservées aux initiés. » Pour le sens de ce dernier mot, cf. P. VuLLIAUD, op. cit., II, p. 313 s., qui ridiculise en particulier E. Lévi et son occultisme. 2) Vocabulaire technique et crilique de la philosophie, s.v. Occulte. 3) R. LENOBLE, Mersenne ou la naissance du mécanisme, Paris, 1943, p. 102. 4) J. L. BLau, The christian interpretation of the Cabbala, New York, 1943; cf. S. W. Baron, A social and religious History of the Jews, New York, 1969, XIII, p. 181, qui reconnaît que Blau est allé trop loin dans son affirmation.

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Venetus put allier kabbale, astrologie et alchimie, Reuchlin qui fut la mine où puisa Agrippa, avait dès son De Verbo mirifico montré que toutes recherches occultes étaient condamnées par la kabbale! qui seule enseignait le seul Verbe capable de faire des miracles, celui de Jésus en hébreu qui rendait pronongable le Tétragramme ineffable jusqu’à lui. Quoi qu'il en soit d’ailleurs des rapports de la kabbale et de la magie chez Pic de La Mirandole et chez les différents auteurs que pilla Agrippa : Reuchlin, Paulus Ricius et Franciscus Georgius, il est incontestable que le caractère ésotérique de la kabbale vint accentuer celui des autres disciplines qui intéressaient Agrippa, et en particulier l’alchimie. Encore faut-il bien voir selon quel processus, car la kabbale chrétienne n'est pas la kabbale juive. En effet, à l'interdiction faite aux Juifs de révéler rien des secrets de la Loi aux non-Juifs?, Reuchlin opposa, à la fin de son De rudimentis hebraicis®, la prescription de l'Evangile de crier sur les toits ce qui avait été chuchoté à l'oreille. Certes la connaissance de la kabbale par les Chrétiens n'avait été possible que par des Juifs qui avaient violé la règle, et l’on sait comment Elias Lévita, qui eut toujours des élèves chrétiens, eut à se défendre contre les plus zélés des siens, comme Von sait que c'est aux publications de convertis que l’on doit la publication du Zohar de Mantoue. A chaque génération, aprés Pic de La Mirandole, des Chrétiens décou- 1) L. GEIGER, J. REUCHLIN, ed. 1964, p. 88. 2) De arte cabalistica, ed. Pistorius, Artis cabalisticae, Bâle, 1587, p. 623; « quod forte religio me prohibitura fuerit alienis a secta nostra et ritu judaico non initiatis tam rec ondita et tam arcana prodere, quorum cognitio, ita me Deus amet discipulis etiam propriis saepe multumque denegatur, ut vix raris in libris eadem liceat saltem tegumentis ac aenigmatis obvoluta inveniri. Sic in Thalmud legitur : Non traduntur abscondita Legis nisi consiliario et sapienti magistro juvenum et intelligenti mago... (passage tiré du Guide des égarés, trad. Munk, I, p. 128). Le personnage qui parle, présenté comme le Juif Simon, enseigne en fait une kabbale chrétienne. 3) De rudimentis, 1506, fol. 620 v : « cum nostrates Judaei vel invidia vel imperitia ducta Christianum neminem ut eorum lingua erudire velint, idque recusant cujusdam Rabbi Ami authoritate qui in Thalmud bemiqrat Hagigah ita dixit : Non explanantur verba Legis cuiquam gentili eo quod scriptum est : Qui adnunciat verba sua Jacob praecepta sua et judicia sua Israel non fecit similiter omni genti. Nobis autem in statu gratiae aliter mandatur Matthaei 10: Quod in aurem auditis praedicate super tecta, quod et ego facio... ».

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vrant quelque partie de la ferra incognita de la kabbale prétendirent la révéler. C’est encore le sens, en plein xvır® siècle de la Kabbala denudata, image d’ailleurs calquée par son auteur, féru d’alchimie, sur celle de la Diane, dont la contemplation était réservée à l’adepte!. Le Chrétien est l’adepte. Le Gale Razeia ou Revelator arcanorum de ce Paulus de Heredia, qui aurait été un des maîtres de Pic de La Mirandole, et dont l'ouvrage passa avec le titre dans le De arcanis catholicae veritatis de Petrus Galatinus, avait enseigné, à coup de textes interpolés, que l’auteur légendaire du Zohar avait été chrétien. Ce sera encore au xviii siècle la conviction d'un Schoettgen. Mais dira-t-on c’est oublier la fin célèbre du De Verbo mirifico où il était recommandé : « Sile, cela, occulta, tege, tace, mussa »? pour ne pas semer au vent les secrelissima symbola. Non pas, car le contexte réfère avec précision à la Hiérarchie ecclésiastique de Denys Aréopagite, que Reuchlin n'entend nullement ranger parmi les pseudépigraphes, pas plus que son contemporain, le converti Paulus Ricius, qui défend la kabbale de Reuchlin contre Hoogstraten et qui rapproche le personnage de Rabbi Simeon ben Johai de celui de son contemporain Denys Aréopagite. On suspecte les œuvres du Rabbi et celles du saint de modernité, c’est ignorer la règle qui interdisait de profaner les arcana el abscondita sapienium volumina et de livrer les fidei mysteria aux disputes de gens mal préparés à les entendre®. P. Ricius, qui fut repris 1) A. J. PERNETY, Diclionnaire mytho-hermélique, Paris, 1758, p. 111. Sur le mot arcanum, cf. Lup. a s. Francisco, Globus arcanorum linguae sanciae, Rome, 1587 ; Diction. d’ascelisme (coll. Migne), Paris, 1853, s.v. arcanes (terme pris au vocabulaire alchimique). 2) Ed. Pistorius, p. 979. 3) Apologeticus sermo, in Pıstorıus, p. 125 : « Nec te moveat, et suspicantem reddat novissima patefactio hujuscemodi doctrinae Cabalae, quemadmodum nec tarda Ariopagitae voluminum evulgatio. Nosti enim qua cura atque solertia conati sunt providi primorum sapientum velare et circumtegere fidei et veritatis mysteria, ad praecavendum id, quod jam turbulenta et misera hac nostra tempestate contingere longe lateque experimur. Qua de causa primorum allegorizantium seu Cabaleorum traditionem, quemadmodum et Dionysii monumenta aedere, et in vulgum dare minime permissum erat, solum providis, sapientia et morum honestate viris, id clam et cum silentii pacto reserare fas erat, donec (turbato exinde rerum eventu, et seditiosorum tyrannorumque praevalente audacia) haec arcana et abscondita sapientum volumina, ad circumforaneos, et

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par l’évêque de Vienne, J. Faber et par le légat Aléandre! pour avoir tenté une conciliation entre Catholiques et Réformés, parlait alors de ces mulierculae, lanii et cerdones, rudesque agricolae. Ce kabbaliste chrétien ne parlait pas autrement que Pierre Cousturier (Sutor), qui à propos d’une traduction de la Bible disait : « Nolite sanctum dare canibus, neque mittatis margaritas vestras ante porcos », et dont L. Febvre écrivait? : « Il cite son autorité (Matth. VII) mais peut-être aurait il été mieux avisé de ne pas étaler une telle érudition évangélique devant les « chiens » et les « pores » pour qui cependant il écrivait. » Plus caractéristique pour notre propos, un Johannes Arboreus (Alabri) qui dans une Theosophia?, qu'il publia en plusieurs in-folio de 1540 à 1553, dénongait Erasme qui voulait faire lire en vulgaire la Bible ab agricola, a fabro, a lalomo, a muliere et multiplia les raisons de ne pas jeter les perles devant les pourceaux*. Ce sera la position de Jean-Pierre Camus dans ad insipientum manus pervenirent, qui quaestus, et inanis gloriae libidine ea in publicum proferre, violare, et corrumpere ausi sunt, quo tandem factum est, ut jam singuli qui sibi aliquid literaturae praesumunt, quin et mulierculae, lanii et cerdones, rudesque agricolae, de maximis fidei mysteriis altercari et asserere, vanisque et perniciossissimis opinionum involucris cuncta prophanare, et imbecillium multitudinem in lubricum et praecipitium deducere non formident. » 1) Cf. Annuaire de l'E.P.H.E., 1966-1967, p. 172 s. 2) Au cœur religieux du XVIe siècle, Paris, 1957, p. 45. 3) On sait que Reuchlin employa le mot ¿heosophistae pour désigner les scholastiques décadents, et que H. C. Agrippa l'a suivi en cela. Sur l'emploi de theosophia pour theologia, cf. DucanGE, Diclion. infimae med. 4) Theosophia, 1, p. 247 v. s. « Quod si viri doctissimi qui longo studio et indefessis vigiliis in sacris literis versati, Bibliorum intelligentiam vix consequi posset possint, qui fieri poterit ut cerdones, fabri, sutores, agricolae, pueri, vetulae et plebeii quoque rudes et illiterati, qui nunquam etiam ab ipso limine sacras musas salutarunt, inscrutabilia et abscondita Dei mysteria, ac sacratiores literas intelligant ? Adde quod beatus Hylarius enarrans illum Psalmographi locum. In corde meo abscondi eloquia tua, ut non peccem tibi, ostendit sacra mysteria non omnibus esse divulganda, Meminimus inquit, simile huie dicto legi solere, ubi dicitur Mysterium regis bonum est abscondere, meminimus etiam Paulum ad Corinthios adhuc in fide parvulos, quaedam Dei eloquia occuluisse, cum dicit : Lacte vos potavi, non vibo... Legimus et in Evangelio in agro uberi atque faecundo, repertum thesaurum, eundemque empto agro occultari. Novimus neque margaritas ante porcos projiciendas esseneque sanctum canibus dari opportere. Ergo intelligimus quaedam nos cordis nostri secreto continere, quae divulgata inexpiabilis peccati culpam comparabunt. Ita enim dixit David In corde meo... ubi ostendit se abstrusa sapientiae sacramenta et occulta Dei mysteria mentis suae secreto continuisse, quod si insignis ille propheta magno apud se silentio Dei eloquia secretioresque divinae philosophiae rationes reticuerit, nec unquam imperitae multitudini prodendas censuerit, quid dicemus de quibusdam veterum errorum innovatoribus qui nova Bibliorum in vulgatis-

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un développement sur la kabbale, ot aprés avoir traduit tour à tour Pic de La Mirandole, Reuchlin, etc., il ajoutait! : « Apprennent de là nos nouveaux irreligionnaires à ne s’estonner plus, si les sacresaints mysteres de l’Eglise de Dieu sont traités en une langue incognue à l’ignorante populace : entre autres tres solides et fermes raisons, ceste cy est assez pertinente, de peur que l'intelligence ne fist entrer en mespris d’iceux ces ames basses ensevelies dans la chair et le sang : car si cela est prattiqué és ombres et figures de l’ancienne loy, combien plustost doit il estre observé en l'Eglise universelle, de peur que la verité de ces saincts et ineffables secrets ne soit profanée par la communication : leur turbulente Synagogue qui va honteusement prostituant entre les mains des faquins et idiots les registres sacrez de la Loy de Dieu se va tous les jours plongeant dans une abysme de confusion. » Jacques Gaffarel dans ses Abdita divinae Kabbalae mysteria contra Sophistarum logomachiam defensa? faisait remarquer avec impertinence que le P. Mersenne, lui, qui avait prétendu réfuter et ridiculiser tous les arcana de la kabbale, avait loué, dès l'examen du premier des Problemaia de Franciscus Georgius Venetus, les Anciens parce qu'ils avaient pour habitude de ne transmettre leurs doctrines que sous le vêtement des symboles et des énigmes, et qu'il avait encore raffiné sur le Vénitien kabbaliste en prenant à Léon Hébreu sa démonstration. Le point de vue de Reuchlin avait une autre perspective, simam linguam translatione, non solum non retexerunt hujusce sublimioris philosophiae mysteria et arcana verum etiam in popularium ac plebeiorum perniciem etiam maximam divulgarunt, et divulgata contaminarunt... » 1) Les Diversitez, Paris, 1609, II, p. 184 v. (dans ce volume Camus traite De la Cabale, p. 169 s. ; De la philosophie de Pythagore, p. 246) ; cf. Diversilez, I, p. 429 : « Quoy! on tiendra secrete l'entreprise d'une bicoque... et MM nos Reformez leurs monopoles en leurs villes d’ostage où ils ne sont esclairez de personne et les secrets qu'il a plu à Dieu reveler à son Eglise seront publies à un peuple ignorant et grossier..., etc. » 2) Paris, 1625, p. 73 : « Mersennus igitur Probl. I laudat antiquos cum Leone Hebreo eo quod involucris, obscuris ac obvolutis sermonibus ad res abditas proponendas et populo tradendas usi fuerunt, cum tamen ipse omnia Cabalistarum arcana quod obscurissima sint confutet, irrideat... ». (Gaffarel emploie p. 16 le mot « Teosofia »), cf. M. MERSENNE, Observaliones et emendationes ad Francisci Georgii Veneti problemala..., Paris, 1623, fol. 2.

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que B. de Vigenère a bien mise en valeur! : « Ce silence, dis-je, tant recommandé de Pythagore mesmement es choses divines, et que le comique Térence perstreint en ces deux mots « Fide et taciturnitate »?, ce que quelques uns ont voulu representer par un chien le plus fidele animal de tous autres, et un poisson qui est muet, mais non assez proprement en cecy, qui ne veult denoter autre chose, que croire et se taire, sans autrement disputer de ce qui depend de la religion, laquelle consiste en la seule foy et creance des choses imperceptibles à nos sens, et qui surpassent la portée de nostre ratiocination (nam syllogismus non cadit in res divinas)3 de sorte que les premiers rudimens et introduction en la philosophie pythagoricienne, empruntée la plus grand part des Cabalistiques traditions des Hebrieux, estoit d’accoustumer ses disciples et sectateurs à la taciturnité, modestie et obéissance, et leur communiquer ses beaux secrets soubs le voile de certains symboles et notes tenans lieu de chiffres, conformement à la Cabale, qui comprend un mysterieux sens caché sous l’escorce de l’escriture : si que pour eslever en hault son ame à la méditation des choses divines, il n’y a rien de plus propre que le silence, lequel tout ainsi que les couleurs sombres et mornes, comme est le noir, le tané, le viollet, le verd brun, et autres semblables reunissent et resserrent la veue trop escartée par la lumière, et affoiblie des couleurs haultes, brillantes et cleres, telles que le blanc incarnat et bleu celeste rabat en nous et ramasse les esprits dissipez d'un babil et parler excessif superflu, à guise des raiz du soleil, qui espanduz en liberté ont moins de force que quand ils sont recueilliz en un centre dedans la concavité d’un mirouer. » Pour ne pas citer tel développement du cardinal Egidio da Viterbo sur le Tibi silentium laus*, ou le dernier motet du dernier Cantique du De harmonia mundi. 1) Traicté des chiffres, Paris, 1587, fol, 164. 2) Cf. De Verbo miri fico, 6d. Pistorius, p. 908 : « Nec a vobis ultra quid exigo, nisi quod Terentianus Simo quaesivit in Sosia fidem et taciturnitatem » (cf. Andr., I, 17) et De arte cabalistica, p. 649. 3) De arte cabalistica, p. 646. 4) Scechina, Rome, 1959, s.v., Silentium. 5) Modulus vigesimus Silentium. De pausa, quiete et silentio ad quod deve-

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Il s'en faut cependant que ce que l’on appelle la kabbale chrétienne se soit tenu à cette méditation des mystères de la Loi, dont Paulus Ricius disait qu’ils méritent plus précisément le nom de sacrements!, et dès la fameuse Oralio de hominis dignitate l'adoption de la tradition ésotérique juive par les Chrétiens prêtait à l'ambiguïté de ce que l’on voudra appeler ésotérisme? : « Quant aux mystères plus secrets et aux arcanes de la très haute divinité, cachés sous l'écorce de la Loi et le vêtement grossier des mots, les montrer publiquement au peuple qu’était-ce sinon donner les choses saintes aux chiens et répandre des perles devant des pourceaux. « Par conséquent l’ordre de cacher ces mystères au peuple, le devoir de ne les communiquer qu'aux parfaits au milieu desquels seulement, dit Paul, la sagesse parle, furent l'effet non pas d’une disposition humaine, mais d’un précepte divin. Les philosophes antiques ont observé très scrupuleusement cette règle. Pythagore n’a rien écrit si ce n’est quelques mots qu’en mourant il confia à sa fille Damos. Les sphinx sculptés sur les temples des Egyptiens rappelaient que les dogmes mystiques devaient être gardés par le nœud des énigmes, inviolés par la foule profane. Platon écrivant à Denis certaines choses concernant les substances suprêmes, dit : Je dois m’exprimer par énigmes, afin que si par hasard ma lettre tombe en d’autres mains, ce que je t’écris ne soit pas compris par les autres. Aristote disait que les livres de métaphysique qui traitent des choses divines étaient écrits et ne l’étaient pas... » La distinction toute philosophique entre exotérique et nitur adepto jam bono, in quod tendimus in De Harmonia mundi, éd. 1545, fol. 466 v. et « Hymnus solvendus in silentio soli Deo pura et elevata mente », fol. 467. 1) De communi ratione sacrameniorum sermo, in PISTORIUS, p. 195 s., «superna, atque divinae mentis arcana (quae suapte natura sacra sunt, sacrorumque omnium causa ratioque existunt) ideo praecellentius sacramenta nuncupari legimus. Nesciverunt inquit Sapiens (II, 22) sacramentum Dei, ubi de divinitate, passione et incarnatione Verbi sermo est : et illud Apostoli (Eph., 1, 9) Ut notum nobis faceret sacramentum voluntatis suae. » 2) Trad. P.-M. CoRDIER, Jean Pic de La Mirandole, Paris, cf. Heplaplus, éd. Garin, p. 172 s.; Commento alla canzone d'amore, p. 580.

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acromatique dont Miguel Asin Palacios! a analysé les composantes et son influence sur la philosophie arabe et chrétienne, en y mêlant d’ailleurs avec moins de bonheur la disciplina arcani? joua un rôle important dans l’évolution des doctrines ésotériques. Encore que les dictionnaires aient enregistré d’abord le mot exotérique, quitte à parler d’ésotérique dans le corps de l'article, les travaux ne manquérent jamais pour analyser ce facteur. En 1606, paraissait de Melchior Haiminsfeldis Goldastius un De cryplica velerum philosophorum philosophia’. En 1685, Melchior Zeidler publiera un De gemino velerum docendi modo exolerico et acroamatico, id est dialectico et analytico tractatus historico-philologico-philosophicus. Comme entre-temps Jean Daillé avait lancé l’expression de disciplina arcani, occasion de polémiques entre Michel a Schelstrate et W. E. Tentzel*, on vit J. C. Schrammius étudier De mysteriis velerum Judaeorum philosophicis® et G. T. Meier Ex historia ecclesialica de recondita veteris ecclesiae theologia el solemni sacrorum coram profanis el nondum initiatis occullalione commenlarius®. La disciplina arcani, qui n’a de sens précis que pour désigner une attitude des premiers siècles chrétiens fut introduite dans les loges” par des gens comme Nicolas de 1) La tesis de la necessitad de la Revelacion en el Islam y en la Escolastica in Al-Andalus, III, 1935 (cf. G. Vaspa, Juda ben Nissim ibn Malka philosophe juif marocain, Paris, 1954, s.v.). 2) Encore qu'il dise, p. 349 : « una continuacion, 0, por lo menos, un paralelismo coincidente », s'appuyant sur un texte d’Origène. 3) R. GocLENIUS, Clavis philosophiae peripaieticae, cf. p. 21 : «Th. Paracelsus Helvetius, qui ad veterum philosophorum morem primus in Germania coepit alia discipulis tradere privatim et familiaribus, alia publice profiteri in scholis. Et illa ipsa, quae in publicum dedit ex animi sui mente, quibus non involvit verborum ac phrasium aenigmatis obscurata ?... Hodie in astutissima Jesuitarum natione hoc unicum et singulare est, quod quam delectu ingeniorum habito neminem in militiam suam conscribant... » 4) Cf. K. RAHNER, Diclion. de théologie, Fribourg, 1961 ; Diction. de théolog. cathol., art. P. Battifol), Diclion. d’hist. et de géo. eccl. (art. Vacandard); le Diction. d’arch. renvoie d’Arcane à Discipline (qui manque). 5) Helmstadt, 1708 dont le début : « Quando de philosophiae mysteriis nonnulla tradere hac opera animus est, non occultae quidem alicujus philosophiae... prout olim facere conatus est Cornelius Agrippa... » 6) Helmstadt, 1679 (l’auteur écrivit contre Petersen, qui aimait beaucoup Postel et contre les chiliastes). 7) La maçonnerie écossaise comparée avec les irois professions el le secret des Templiers du XIVe siècle, Londres, 1788, p. 105 s. (sur Bonneville, cf. P. Le Harivel, thèse, 1923), Bonneville, p. 111, écrit : « De la philosophie platonicienne

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Bonneville, qui philosophait avec un croc de chiffonnier. Il écrivait par exemple : « C’est a cause des persécutions des croyans en un seul Dieu que les Gnosticiens, qui ne vouloient admettre qu’un seul Dieu eurent dés longtemps entre eux un dogme secret et des initiations allégoriques, des opinions cachées disciplinae arcani. » A la Renaissance, la présentation par Pic de La Mirandole puis par Reuchlin de Moise Maimonide comme un kabbaliste! ne manqua pas de favoriser encore les confusions, que l’on peut constater chez Jean Bodin. Son Colloquium heptaplomeres de rerum sublimium arcanis abditis, qui nous présente au livre III l’examen le plus complet des attitudes en face du probleme de l’exotérique et de l’ésotérique?, met en valeur Salomon, dont la doctrine est celle de Bodin préférant Philon, Léon Hébreu et surtout Maïmonide qui® en usage depuis longtemps chez les Juifs ou Joviens ou Israélites, naquit la Cabale, Cabbala, nom trop profané de nos jours par une populace mystérieuse pour nous donner une foible idée des respects profonds des sages qui portoient avec fierté le nom de Cabalistes ; ce qui prouve que la Cabale alors bien entendue contenoit une philosophie noble et pure, quoi que symbolique, et non mysterieuse, car encor une fois un symbole n’est pas un mystere... Les Gnosticiens sont nés des Cabalistes. » Cf. LE FORESTIER, Les illuminés de Bavière el la franc-maçonnerie allemande, Paris, 1914, p. 378 sur Weishaupt « le but secret de cet enseignement, but révélé par la disciplina arcani... »; Les plus hauis secreis..., éd. Le Forestier, 1914, p. 163; La franc-maçonnerie templière el occultiste, Paris, 1970, p. 455 et 960. 1) Concl. 63 de la 2° série : « Sicut Aristoteles diviniorem philosophiam, quam philosophi antiqui speculationis facie sub fabulis et apologis velarunt, dissimulavit et verborum ipse brevitate sub philosophicae obscuravit, ita Rabi Moyses Aegyptus in libro, qui a Latinis dieitur Duz neutrorum dum per superficialem verborum corticem videtur cum philosophis ambulare, per latentes profundi sensus intelligentias mysteria complectitur Cabalae. » 2) La traduction R. CHAUVIRÉ, Paris, 1914 s'est contentée malheureusement de résumer ce passage qui ouvre le liv. III (éd. Noack, p. 71 s.). Voici quelquesuns des points de vue : Fridericus, « Cum nihil perspicuitate utilius sit, haud scio an ullum in scriptore gravius sit vitium quam quae facillime possis ea obscura tradere, ut liber Apocalypseos qui tanta verborum ac rerum obscuritate implicatur ut ne auctor quidem ipse si reviviscat... sua scripta quid velint liquido affirmare ausit. » Curtius, « duabus de causis potissimum existimo veteres sapientiae decreta verbis obscuris tradidisse : primum ne margarita porcis, deinde ne res preciosissima i.e. sapientia sua vilesceret facilitate... » Senamus, « Alia mihi mens est nam cum plerosque verborum obscuritatem sic affectare videmus ut admirabilitatem sui efficiant, sic enim seplasarii notis graecis, arabicis verbis et gothicis litteris utuntur ut medicinam faciant confusiorem... » Et Salomo, « Senami in sophistas quidem, non tamen in sapientes cadit, multo minus in eos qui sacrae sapientiae decreta scriptis obscurioribus velarunt. Rabbi Moses Maimonides per sacra obtestatur lectores ne arcana divulgari... » 3) Le théâtre de la nature, trad. 1597, p. 132 (cf. p. 142 : « Philon hebreu est admirable en ses interpretations pour le moral, et Léon et Maymon pour la nature, et le livre du Zoar qui n’est encores tourné du chaldeen pour tous les deux »).

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« n’ont pas si curieusement espluché ny subtilisé sur les clauses, sur les mots, sur les syllabes, sur les lettres, voire jusqu’aux points et figures de chacune lettre comme depuis ont fait les derniers Juifs qui font merveille de subtiliser sur le grand Nom de Dieu, duquel ils composent LX XII noms de Dieu et autant d’anges et puis ils subtilisent aussi sur les nombres, qu’ils appellent sephirot et pensent qu’on peut faire merveilles avec ces noms et nombres... ». Ce qui est la critique de Pic et du De arte cabalistica, que Bodin ne se fit pas faute d’attaquer nommément!. La déclaration de Pic de La Mirandole invitait aussi à cette quête d’Isis?, qui devait se prolonger bien au-delà de la découverte de Champollion. Si la kabbale chrétienne, à la suite de la juive, tient que l'hébreu est la première langue du monde, celle de la création et de la Révélation, et que toutes les doctrines sont venues des Hébreux, un contemporain de Pic de La Mirandole Lodovico Lazzarelli? qui se vantait, comme son maitre Giovanni Mercurio, de connaître aussi bien la kabbale que l’alchimie, ne craignit pas de tout faire dériver d’Hermes, au grand scandale de Michel Maier‘. Le terrain se préparait pour la longue démonstration que fit Basnage dans 1) Ibid., p. 42 « les hymnes d’Orphée le sorcier auxquels le prince de La Mirande s'est trop arresté... ces hymnes sont faits à l'honneur de Satan à quoy se rapporte ce que dit Picus « Frustra naturam adit, qui Pana non attraverit » » et p. 142, « il n’était point question de prononcer des paroles pour faire miracles comme Reuchlin et Galatin ont voulu, qui est un abus ». 2) Essai sur la légende d'un mythe : la quête d’Isis. Introduction à l’egyptomanie, Paris, 1968 (et c. r. in L’eil, 161 (mai 1968), p. 39). 3) Crater Hermetis, in Testi umanistici su l'Ermetismo, Archivio di filosofia, 1955, p. 55 : « Ferd.-Sed dic quaeso, an Aegyptii aliquid de veritate degustarunt ? Septem. — Non modo degustarunt... Hermes qui omnem sapientiae semitam perscrutatus, oratione licet parva, immensa tamen sententiis, de vera sapientia monumenta posteris dereliquit. Unde, ut conjectura percipio, ad Hebraeos sapientia migravit. Moses namque hebraeus, et apud Aegyptios natus eam ex Aegypto per Penthateucum transtulit, et eum in actibus Apostolorum legimus omnium Aegyptiorum disciplina eruditissimum. » 4) Symbola aureae mensae, 1617, p. 22 : « Nec vero praeterire possum quorundam inopportunam curiositatem, qui Marsilii Ficini opinionem sequuti, adfirmant Mercurium hunc Trismegistum conscripsisse libros de origine mundi a Deo omnipotente sapiente et bono conditi, ex quo Moses bonam suae Genesis partem desumpsisse probetur quod iisdem verbis utatur quibus Hermes in prima creatione : Et ferebatur Spiritus Domini super aquas. At horum opinio manifeste absurda et falsa invenitur... » Il y a confusion cf. D. P. WALKER, Prisca theologia, Journal Warburg, 1954. pour Ficin,

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son Histoire des Juifs, qui fut très répandue, de l’antériorité de la kabbale chez les Egyptiens. Dans le tome IT! de cette Histoire, 18 chapitres sont consacrés à la kabbale, or deux chapitres traitent de rapports entre kabbales juive et égyptienne : le chapitre XVII examine « les preuves de ceux qui croient qu'elle a été inventée par les Patriarches », et le chapitre XVIII expose « le système opposé au précédent sur la théologie des Egyptiens : ils ont inventé leurs dieux et leur Gabbale », et le chapitre XIX montre qu’ « Abraham, Joseph, Moise n’ont rien apris aux Egyptiens » : « Il suffit de comparer ces deux Cabales l’une avec l’autre, pour reconnaître qu’elles sont semblables, et puis que les Juifs n’ont étudié cette science que long temps après les Egyptiens, il faut avouer que ces derniers ne sont que les copistes, et que les autres l’ont inventée. » On trouvait encore dans la déclaration de Pic de La Mirandole l’amorce de cette Sléganographie, qui scandalisa Bovelles, fit rêver Agrippa, puis tour à tour J. Gohorry, Blaise de Vigenére, Béroalde de Verville, avant d’exercer le P. Kircher et son collégue Schott, puis leur ami Caramuel Lobkowitz. D'ailleurs Trithéme avait été instruit par le mystérieux Libanius Gallus qui avait prêté serment de ne rien révéler de ses secrets « si ce n'est à celui que par des indices certains et manifestes je croirai digne de les recevoir ». Agrippa n’avait qu’à prendre de toutes mains. Quelques exemples donneront une idée de sa façon de procéder. Le chapitre 11 du livre III? est intitulé : «Du silence et de l’occultation des choses qui sont des mystères et secrets dans la religion ». Une citation d’Orphée est tirée du De Harmonia mundi, un couplet sur la kabbale de l’A pologia de Pic de La Mirandole, 1) Histoire, Rotterdam, 1706, II, p. 771 s. 2) La tradition du secret au temps de J. Trithème, in Le symbolisme, 391 (1969), p. 28. 3) Ed. 1963, III, p. 3 : cf. De Harmonia mundi, Cant. II, ton I, chap. IX; Cant. I, ton II, chap. 8 de la même manière (et sur le même sujet) le chap. V du De iriplici ratione cognoscendi Dei (in Testi umanistici su P'Ermetismo, p. 157) est tiré du De Harmonia, cant. 11, ton V, chap. IX (et c'est dans ce dernier passage que F. Georgius emploie l'expression de secretiores discipulos).

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et tout un développement du De Harmonia mundi encore. Le tout pour introduire à la magie cérémonielle. Comment Ventendait-il ? Le chapitre XX XT? intitulé « Encore une autre sorte de caractéres et des marques des esprits qu’on n’a connus que par la Révélation » est tiré du De arte cabalistica : Agrippa a condensé en quelques lignes les développements de Reuchlin sur le Labarum de Constantin, le pentagramme d’Antiochus Soter et le signe des Maccabées. Alors que dans le De arte cabalistica Reuchlin n’avait donné que la figure du pentagramme? a partir de sa collection de médailles, Agrippa forge trois figures talismaniques et il achéve son chapitre sur la méthode pour fabriquer des simulacres 4 Hécate, sans rappeler comme Reuchlin la mise en garde du Guide des égarés contre les hommes pervers et ignorants qui accordent a des assemblages de lettres et à leur prononciation la puissance d'accomplir des miracles®. Il appartenait cependant 4 Guillaume Postel de « delirer » un peu plus au sens étymologique, et rendre un peu plus lubrica cette kabbale, pour user d’un adjectif qui fut plusieurs fois employé pour caractériser ce « Polutropos ». Ce personnage, qui fut un des Chrétiens les plus érudits en littérature kabbalistique, fut aussi celui qui l’interpréta le plus selon sa propre illumination. Ce personnage, que l’on présente encore couramment comme un adversaire presque maladif des Réformés, entendit précisément l’arcane au sens où le dénongait un franciscain hostile à la kabbale, Ludovicus a 8. Francisco. Dans son Globus canonum el arcanorum linguae sanclae ac divinae Scripturae*, où il analysait les différents sens des termes arcanum, secrelum, etc., il signalait ce jugement secret et plus intime qui permet aux novateurs hérétiques d’assurer 1) Ed. 1963, III, p. 135 (cf. De arte cabalistica, éd. PISTORIUS, p. 712, 727). 2) Cf. Pentagramme, Pentalpha, etc., in R.H.R., CLXXX (1971), p. 117. 3) In Pistorius, p. 727 : « Mendaces et stultos esse ¡llos qui soli figurae, soli scripturae, solis lineamentis, solis vocibus aere fracto natis, tantam miraculorum vim et potestatem concedant, ut testatur Rabi Moyses Aegyptius in libri perplexorum primi cap. 72 ». (cf. trad. MUNK, I, p. 278). Rome, 1587 (l’exemplaire Res. A. 3572 est celui de G. Gaulmyn), p. 729 « De arcani etymologia ».

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que leur esprit arcane est capable de percer les mystéres divins. Postel qui se crut « Elias restitutus » pratiqua le « Gilluy Eliyahu »!, mais tandis que dans le Judaïsme ces révélations d’Elie, gardien de la tradition, s’inseraient dans la chaîne de la kabbale, les révélations reçues par Postel consommaient la Révélation. Restitué dans l’état d'Adam avant la chute, premier-né de l’âge de la Restitution, celui de l'Esprit, il récapitule la Loi de nature, la Loi écrite et la loi de grace. Postel qui se disait informé par l’ange Raziel, qui avait été l’instructeur d’Adam?, avait non seulement traduit la Kabbale du livre de la créalion dû à Abraham ainsi que le Zohar portant la kabbale de Moise, mais il connaissait encore le livre d’ Hénoch, dont la tradition, par le vol de Nemrod avait. gagné les Indes. Avec Postel nous sommes au cceur de ce siécle resté si mystérieux, où l’Apocalypsis nova attribué au Bienheureux Amadeus fit délirer en pseudo-prophéties le très considéré défenseur de Reuchlin, le franciscain Petrus Galatinus, où le libertin spirituel picard Bauhin retrouve à Bâle David Joris si amateur des publications de Postel, où l'éditeur de La Polyglotte d'Anvers est celui de La famille de la charité, le siècle dont Pic de La Mirandole avait proposé l’image dans celle du Caméléon?. Et il n'est pas étonnant d'entendre parler aussi d’Elie l’alchimiste anonyme d'Orléans, qui dédia ses notes au De lapidis physici secreta : « philosopho ter maximo Theosopho jusriperito medico hoc est Comiti Palatino D. Jacobo Alsteinio... », Il écrivait : « Par cet esprit seul nous avons libre accés aux secrets tant divins qu’humains. C’est lui en effet, qui au témoignage 1) de saint Paul, scrute tout, jusqu’aux G. ScuoLen, Les origines de la Kabbale, Paris, 1966, p. 44. 2) De originibus, Bale, 1553, p. 52, « per Razielem omnia divinitus acceperat Adam quae non natura simpliciter sed per gratiae mysteria debebant revelari, donec lex aeterna omnibus mentibus inscripta et ab illo praescripta ad nos rediret et nos a tyranide Legis liberaret. Ideo nulla scriptura in toto mundo prior est libris Hanochi ». Et son disciple Guy Le Fèvre de La Boderie notait dans la marge du Commentaire de BAHYA BEN ASHER, fol. 176 v., où il était question de ce livre : « Aiunt partem horum librorum extare apud Abyssinos. » 3) Oratio, Florence, éd. Garin, 1941, p. 106. 4) D. Gnosu, Hermetis iracialus vere aureus de lapidis philosophici secreto, Leipzig, 1610 (la dedicace de ’anonyme est du 23 oct. 1608), p. 246.

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profondeurs de Dieu {1 Cor., II, 10). Personne en effet ne connait ce qui est de Dieu si ce n’est ce méme esprit de Dieu que nous avons reçu. Par sa seule vertu nous sommes faits semblables en cette vie à Enoch et à Elie. De même que, au témoignage de l’Ecriture, ils furent vivants élevés au ciel, ainsi nous par l'esprit du Christ, tandis que nous voyageons encore sur terre, nous serons comme vifs portés au ciel. Il ne faut donc pas attendre un autre Enoch ou un autre Elie qui viendrait en ce monde avant l'avènement du Christ. De même en effet que l’Antichrist n’habite pas en un seul individu, mais dans le corps tout entier antichrétien, fait de plusieurs membres, ainsi ce n’est pas une seule personne qui reçoit l'esprit d’Enoch et d’Elie, mais tous les vrais Chrétiens de pieuse vie, et surtout les philosophes, qui marchant dans ce même esprit possèdent pour parler avec Paul, un trésor immortel en des vases d’argile (2 Cor., IV, 7), Jésus-Christ, de qui Elie autrefois buvant comme à une pierre spirituelle, avait reçu aussi le même esprit, en sorte que l’esprit d’Elie ne fut pas celui d’un autre mais du Christ même, qui seul est le vrai Elias artista... » Encore que les Kabbalistes se soient peu occupés d’alchimiel, en milieu chrétien les esprits qui s’intéressérent à la kabbale s’occuperent aussi d’alchimie. Il n’est que de rappeler Pantheus et sa bizarre Voarchadumia, Franciscus Georgius Venetus, cité aussi souvent comme alchimiste que comme kabbaliste, Kunrath, C. de La Riviera, J. Dee, R. Fludd pour ne rien dire de son usage chez Paracelse et surtout ses disciples. Les alphabets dont J. A. von Widmanstetter se plaignait déja qu’en des temps d’obscurité ils avaient été employés par d’ignares magiciens vinrent enrichir l'arsenal symbolique. Il n’est que de consulter David de Planis Campy?, qui s’appropria d’ailleurs le travail de Blaise de Vigenére, dont il faut rappeler au moins l'interprétation 1) Cf. art. « Alchemy », in Jewish Encycl., éd. 1971. 2) Les œuvres, Paris, 1646, p. 604-613.

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alchimique qu’il donna du Sefer Yesira! : « Et au regard des trois lettres méres, Aleph, Mem et Shin, elles dénotent les trois esprits de tous les composés elementaires, couleur assavoir, odeur et saveur commet met Isaac Phryson et Raverius Anglicus avant luy : mais particulierement icy les trois esprits, principes de tous les metaulx, l’aleph assavoir, la teinture blanche appellée arcenic par les philosophes chimiques qui est contenue dans l’argent dit la lune, la premiere terre celeste, et le Shin qui represente le feu, le soulphre rouge enclos au soleil qui est l’or : le Mem par lequel est désigné le mercure de nature d’eau, est au milieu, comme commun à l’un et à l’autre. Les sept lettres doubles, Beth, Gimel, Daleth, Caph, Pe, Res et Tau denotent cuyvre, les argent vif sept metaux, plomb, ct argent attribuez estain, fer, or, aux sept planetes Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Venus, Mercure et la Lune dont les uns sont en forme d’agent et de masle, ainsi que les deux luminaires et corps parfaits or et argent, et les imparfaits au reng desquels est compris l’argent au respect de l'or, en lieu de matiere, de patient et de femelle, suivant ce que mettent les Cabalistes en leur secrete theologie sur le Cantique des cantiques à propos de l’espoux et de l’espouse; que le superieur au regard de l’inferieur luy tient lieu de femelle, ainsi que la terre a l'endroit des cieux dont elle est empregnée : lesquels envers le monde intelligible d'où ils reçoivent leurs influxions sont comme femelle. « Les douze lettres simples He, Vau, Zain, Heth, Teth, Iod, Lamed, Nun, Samech, Ain, Tsaddé et Coph designent les douze régimes de l’art : la calcination, dissolution, digestion, distillation, congelation, sublimation, separation, fixation, fermentation, inceration, multiplication et projection. Et les cing finales Caph, Mem, Nun, Pe et Tsaddi les cing instrumens esquels tout cela s'effectue et met en pratique : la terrine assavoir ou escuelle, avec l’eau, les cendres ou sable, selon les degrez de feu, qu’on y veult donner, l’alembich, la cornue, le mattras ou recipient. » Traicté des chiffres, Paris, 1587, fol.

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Les alchimistes n'avaient par ailleurs pas besoin qu'on leur rappelät la règle du secret!. Olaus Borrichius achevait son Conspectus scriplorum chemicorum? par quelques citations dont celle du Rosarium philosophorum : Que celui qui révéle le secret de l’art soit maudit et meure d’apoplexie, et les éditeurs de textes manuscrits, qui tentent de lutter contre les charlatans multiplient les excuses, et un voile levé se recouvre de plusieurs autres’. L’auteur d'une Dissertatio academica de philosophia hermetica vera et experimentali* éclairera son propos par la citation d’un serment d’adepte resté manuscrit : « D. Meno Seeduviz « Je te conjure par Dieu vivant, premiére Puissance, Premiére Sagesse, premier Amour, témoin entre toi et moi, de t’efforcer de tenir les promesses que tu as faites spontanément et librement, comme il convient à un homme bon et aimant Dieu «1. de garder le secret des secrets que je t’ai déclaré après y avoir bien réfléchi, comme un secret, et de ne le communiquer à aucun mortel ni directement ni indirectement, sinon après que j'y aurai consenti, moi vivant et libre, par trois fois 1) L. Ficurer, L’alchimie et les alchimistes, éd. 1970, p. 64 5. ; M. MERSENNE, La vérité des sciences, Paris, 1625, p. 105 : « je pense que les alchymistes cachent leur travail pour deux raisons... », cf. p. 89. 2) Copenhague, 1697, « reliquum est ut quibus peculiaris numinis aeterni providentia Dianam hance nudam spectare dedit, peculiari etiam sanctimonia vitae caeteris mortalibus praeluceant, memores dirarum philosophicarum, si cuiquam indigno Eleusinia haec sacra aperiant... ». 3) La position des différents alchimistes varie selon les temps. Ainsi Oswald CroLL, dans sa Basilica, 1609, p. 7, « a naturae et Gratiae lumine, temporis tandem progressu, omnibus indifferenter manifestandos, ubi exacto prius sanguineo Filii judicio, Patris aqueum, indubitanter subsecuturo, in tertio demum Spiritus sancti seculo (olim per Ignem, propter occulti manifestationem renovando) Helias artista reparator omnium advenerit... ». Bernard G. PENOT, Apologia ad J. Michelii scripiuram, Francfort, 1600, p. 24, «non defore multos sat scio quibus hujus libelli editio nova videri possit quoque mysteriorum naturae secretorumque thesauri publicationem damnaturi sint illud Evangelü occinantes : Nolite margaritas... ». 4) Thèse Erfurt, presid. John Kiesling, 1698, p. c 2 : « Ut res clarior fiat participem lectorem benevolum hic reddere volumus rarioris cujusdam Msti ab adepto quodam manupropria consignati, quod benevolentia viri cujusdam magni nominis ad nos pervenit et suppressis genuinis et veris varias ob causas fictis hoc ponitur nominibus. » A la suite Kiesling recopie sans le citer le passage de Borrichius.

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en trois temps différents. Aprés ma mort, je remets a ta conscience de faire ce qu’il conviendra «2. d’en user, comme il est permis (fas est) et comme les philosophes le voulurent et de n’en pas abuser, selon qu’ils le défendirent, c’est-à-dire d’en user saintement, chrétiennement et avec humilité pour subvenir à tes besoins et à ceux de ton prochain. De ne pas en abuser par orgueil, luxe, vaine gloire soit directement soit indirectement. Aussi évite les grands, ceux qui commandent, qui sans considérer raison et circonstance pourraient te l’arracher. En outre que ne profitent de tes richesses les seuls pauvres, mais de ta médecine que tout le monde profite selon une juste consideration. « 3. d’agir avec moi fidèlement, honnêtement et sans détours. Quant tu auras achevé une opération, remets en mes mains la moitié du profit. Tandis que l’opération s’accomplit, écris moi fidelement, mais en chiffres et philosophiquement, les notes que tu en auras prises avec diligence tous les trois ou tous les huit jours, et attends selon qu’il en sera besoin les conseils. « Que Dieu te bénisse si tu observes avec candeur ces promesses et si tu agis avec prudence, sinon je formule les imprécations que nos philosophes ont brandies contre les mauvais fils de la doctrine. « Theophilus Anthon, de sa propre main. « Je promets d’observer tout ce qui m’a été prescrit librement, sincérement ct selon la foi chrétienne, et les confirme de mon propre sceau. Que Dieu me soit en aide. » Si l’on connait bien depuis les études d’Iversen, de F. A. Yates! et de Baltrusaitis l'importance de l’égyptomanie depuis Annius de Viterbe jusqu'à la découverte de Champollion, et nous avons un peu plus haut rappelé l'influence que joua dans la perspective des rapports de la kabbale et de 1) G. Bruno and the hermelic tradition, Londres, 1964 ; E. IVERSEN, The myth of Egypt and ils Hierog. in european tradition, Copenhague, 1961.

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l’alchimie |’ Histoire des Juifs de J. Basnage, il est encore utile de situer la place de Kircher. W. Warburton dont le chapitre sur les hiéroglyphes de sa Divine Legation of Moses fut traduit en frangais!, l’avait fait avec une pertinente impertinence : « Il est plaisant de voir le P. Kircher s’affairer à travers une demi-douzaine d’in-folio aux écrits des derniers platoniciens grecs et aux livres forgés d’Hermös, qui comportent une philosophie qui n’a rien d’égyptien, pour expliquer et illustrer d'anciens monuments qui n’ont rien de philosophique. Laissons-lui poursuivre l'ombre d'un rêve à travers les régions fantaisistes du Platonisme pythagoricien ! » Warburton oubliait la kabbale qu’y méla Kircher, et qu’à sa suite reprirent Pernety, et son suiveur O. H. de Loos. Les fables égyptiennes el grecques dévoilées el réduiles au même principe avec une explication des hiéroglyphes citaient après Pythagore Moyse?, « si nous en voulions croire Ramban qui écrivit ses livres d’une manière énigmatique : Tout ce qui est contenu dans la Loi des hébreux, dit cet auteur, est écrit dans un sens allégorique ou littéral par des termes qui résultent de quelques calculs arithmétiques, ou de quelques figures géométriques des caractères changés ou transposés, ou rangés harmoniquement suivant leur valeur. Tout cela résulte des formes des caractères, de leurs jonctions, de leurs séparations, de leur inflexion, de leur courbure, de leur droiture, de ce qui leur manque, de ce qu'ils ont de trop, de leur grandeur, de leur petitesse, de leur ouverture, etc. ». C'était une des Conclusiones cabalisticae de Pic de La Mirandole, reprises dans le De arte cabalistica®. Et 1) Divine Legation, 1741; Essai sur les hiéroglyphes des Egypliens, Paris, 1744, p. 214. Warburton tenait que les hiéroglyphes avaient été faits for practical purposes. Ramsay, The philos. principles, 1748, II, p. 12, « The hierogl. language and characters were at first invented not to render religion mysterious... but on the contrary to render its sublime, intellectual spiritual idées sensible, visible and familiar to the vulgar. » 2) Paris, 1758, p. 226, citant « In exordio Geneseos ». 3) Conel. 33 de la ire série : « Nullae sunt literae in tota lege quae in formis, conjunctionibus, separationibus, tortuositate, directione, defectu, superabundantia, minoritate, majoritate, coronatione, clausura, apertura, et ordine decem numerationum secreta non manifestent », cf. De arte, in Pistorius, p. 688, citant RAMBAN « in Geneseos exordio » (trad. J. NEWMAN, The commentary of Nahmanides, Leyde, 1960, p. 23).

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le Philalethe De Loos, alchimiste comme Pernety, revenait à travers ce dernier 4 Kircher, pour lui emprunter un texte sur Adris ou Hermés! tiré de La maison de Melchisedech, un manuscrit hébreu de la Casa de'Neofiti?. Mais tandis que Kircher tenait à la kabbale qui d'Adam à Enoch, d’Enoch à Noé, de Noé à Abraham, d'Abraham à Moise transmit la sagesse hiéroglyphique?, les courants alchimistes et maçonniques mirent Moïse à l’école des Egyptiens. Le rôle joué par la Maçonnerie dans l’évolution des notions d’occulte, d’ésotérique, de secret, etc., a été parfaitement mis en valeur par les historiens, et en particulier par R. Le Forestier.* Dupuis, qui fut pour son érudition, encore que fantastique, une source, avait notés : «Nos sociétés de Francs-magons (et les initiations n'étoient qu'une véritable francmaconnerie) n’attirent parmi elles de nouveaux frères, que par le secret prétendu de la francmagonnerie, que chacun veut connaitre. C’est la curiosité qui nous y conduit ; le serment, et une petite vanité nous y lient... » On n’est donc pas étonné de voir fleurir le mot « ésotérisme » dans ce milieu. E. J. Marconis de Nègre, dans Le sancluaire de Memphis ou Hermès, Développements complets des mystères maçonniques écrivait en préambule® : « EsoTÉRISME. Statut organique de l'Ordre maçonnique de Memphis. La 1) Le diadéme des sages, 1781, p. 72; cf. PERNETY, Les fables, p. 217. 2) Obeliscus Pamphilus, p. 94 et p. 23 : « Est vetus quidam commentarius hic Romae in Collegio Neophytorum cui nomine Domus Melchisedech... » 3) Œdipus Agypiiacus, I, Propylaeus. 4) La franc-maçonnerie occultisie du XVIII siècle, 1928 ; L'occultisme el la franc-maçonnerie écossaise, 1928; cf. A. MELLOR, Nos frères séparés, les francsmagons, Paris, 1961. 5) Origine de tous les culles, Paris, an III, II, p. 129, cf. p. 128, sur les mystères «on peut dire que l'obscurité leur est favorable, et qu'ils redoutent le trop grand éclat du jour... car si la lumiére appartient a la vérité, les ténébres forment l'apanage de l’imposture et du mensonge ». Cf. ScHRAMM, op. cil., p. 36 : « Jure reprehendebat Valentinianos Irenaeus, quod veritatem texerint, rebus suis diffisi. » 6) Paris, 1849, p. 17. Le Dictionnaire de Robert, donne au mot « Esotérisme » la date de « 1856, Lachâtre ». Dans le Nouveau diction. universel de LACHATRE, on lit : « Une fraction des Saint-Simoniens voulait faire de la partie élevée de leur doctrine une sorte d'ésotérisme, mais le P. Enfantin s’y opposa » (sur ce Baron de La Châtre (1814-1900), cf. Diclion. biog. du mouvement ouvrier français, Paris,

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voix qui parle du sein de la nue a dit : « Homme tu as deux « oreilles pour entendre le méme son, deux yeux pour percevoir «le même objet, deux mains pour exécuter le même acte. « C'est pourquoi la science maçonnique, la science par « excellence est ésotérique et exotérique. L’ésotérisme constitue «la pensée, l’exoterisme le pouvoir. L’exotérisme s’apprend, « s’enseigne et se donne, l’ésotérisme ne s’apprend, ne s'en- « seigne, ni ne se donne, il vient d’en haut. » » Un Discours sur l'ésolérisme maçonnique suivait!, dont voici le début : « Un grand poéte, l’une des gloires du siècle d’Auguste, et qui par son génie fut jugé digne des faveurs de l’initiation, Virgile, voulant consacrer dans le sixiéme livre? de son immortel poéme quelques uns des rites des mystéres égyptiens, au moment d’aborder ces révélations redoutables, pour détourner de sa téte les malédictions fulminées contre les divulgateurs des secrets de l'initiation s’écrie : O dieux... qu'il me soit pardonné de révéler des choses plongées dans les profondeurs de l’abime, et environnées de nuages mystérieux... Un philosophe grec, après avoir parcouru l'Egypte, et visité les principaux sanctuaires de la science, rapporte (fait confirmé au reste par les annales de l’Ordre, et consigné dans le préambule des statuts généraux) qu’un des points principaux de la doctrine des prêtres de l'Egypte était la division de la science sacrée en exolérisme, ou science extérieure et ésolérisme ou science intérieure. C'est par ces deux mots grecs qu'il traduisait les deux mots hiératiques dont, comme on sait, il était interdit de se servir hors du temple. « Les prêtres, ajoute-t-il, ne sont prodigues d’aucune partie de leur science : de longs travaux, de profondes études, de rudes épreuves sont imposés au néophyte pour arriver au moindre degré de l’exotérisme. Quant à Vésotérisme, ils sont plus sévères encore : nul secours, nul conseil, nul encouragement n'est donné à celui qui veut y pénétrer. C'est par la force 1) Le sancluaire, p. 140. 2) Enéide, VI, 264.

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seule de son esprit et l’inspiration divine qu'il doit y parvenir. Ce sont des mystères dans les mystères, et il arrive fréquemment que des prétres les plus hauts placés en dignité ont a peine fait un pas dans la partie mystique de la science sacrée. La statue d’Isis toujours voilée, méme pour les prétres, le Sphinx accroupi à la porte des temples, dans l’attitude du repos et du silence, étaient les deux emblémes de ces derniers secrets... » On peut mesurer le chemin parcouru depuis qu'en 1784 Louis de Beyerlé écrivait, qui citait l’ Isis et Osiris de Plutarque sur les sphinx! « voulant dire que toute leur théologie contenoit sous paroles énigmatiques et couvertes les secrets de la sapience. Et pour le donner á entendre encore plus clairement, ils mettoient cette inscription : « Je suis ce qui a été, ce qui «est et ce qui sera á jamais et n’y a encore un homme mortel « qui m’ait découverte de mon voile... » Le collège sacerdotal était nombreux et composé de prétres qui avaient des occupations nombreuses. Ceux dont l'esprit était borné s'occupaient du culte matériel, ceux dont l’esprit était plus pénétrant avaient les secrets de la religion. Ce qui forma deux doctrines, l’une exotérique qu'on enseignoit en public, l’autre ésotérique ou intérieure, qui n’étoit destinée qu'aux disciples choisis (Plutarque appelle cette double doctrine les deux sortes de paroles)... ». C’est le temps où Marc Bédarride, pour mettre en valeur l’Ordre de Misraim, évoquait les grands ancêtres? : « Il visité ensuite la V.? de Mirandola, qui avait pour G. M. de l’ordre 1) Essai sur la franc-magonnerie, Latomopolis 5784 (1784), p. 93. Notons que A. LENoIR, La franche maçonnerie rendue à sa véritable origine, dont on sait l'usage qu'il fit du roman de Pabbé Terrasson, a produit des planches d'un $ystème hiéro-astronomique, physique, cabalistique, astrologique, iatrique, alchimique et magique des peuples anciens (fait à coup d’Agrippa). 2) De l'ordre maçonnique de Misraim, Paris, 1845, p. 11, p. 114. Le Diction. de biog. frang. a un article Israël Bédarride, et la Jew. Enc. un article Bedarrides (G.) et S. PosENER, A. Crémieux, Paris, 1934 ne dit rien du fondateur d'une des loges à laquelie appartint Crémieux. La Bibliog. de la franc-maçonnerie de P. Fescu, J. DENAIS et R. Ary, Paris, 1902, confond Michel et Marc. On trouve dans les ouvrages des deux frères les éléments d’une biographie. 3) V, suivi de trois points désigne la Vallée.

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Souschino, descendant du P. Mose Souschino, initié trés versé dans diverses langues et profond dans les sciences les plus abstraites, qui fut le précepteur du jeune Jean Pic de La Mirandole, fils de Jean Frangois, seigneur de La Mirandole, qui s’acquit une si haute renommée dans le monde. « Suivant un manuscrit de mon aïeul, dit le P. Souschino à Elise Susmant, Jean Pic de La Mirandola son disciple naquit Yan du monde 5467. Il paraît que la nature l'avait doué d'un esprit rare, car à l’âge de 10 ans le jeune Pic discutait d'une manière remarquable avec les savants de cette contrée : à 17 ans, il possédait une infinité de langues, ce qui lui donnait la faculté de soutenir les conférences les plus difficiles sur un grand nombre de propositions, soit dialectiques, théologiques, mathématiques, physiques, magiques et particulierement cabalistiques, connaissant parfaitement l’hébreu. Le P. Mose Souschino son précepteur reconnaissant en lui une grande capacité, lui proposa l'initiation, sous serment qu'il garderait le silence à cet égard. Le jeune Pic fut enchanté de cette proposition; la lumière lui fut accordée, et il devint un digne sectateur de Misraim. Peu de temps après, ce jeune initié passa à la grande V. de Rome, où ses hautes lumières attirèrent sur lui une infinité d’ennemis envieux de son savoir et de ses œuvres, au point qu'il éprouva de grandes tribulations. Ses écrits furent prohibés, mais avec l’aide du Tout Puissant, il triompha de ses antagonistes. « C'est dans le temple de Misraim que le jeune Pic reçut les consolations et les félicitations dues à son mérite, et qu’en récompense de son attachement à l’ordre, il fut élevé successivement au rang de 66° degré. Ensuite Pic se rendit à la V. de Sienne, où il eut plusieurs conférences avec le P. Lucius Bellancius!, maçon du plus grand mérite, qui fut ravi d’entendre ce jeune F. ; de là Pic vint dans la grande et magnifique V. de Florence... » Pic de La Mirandole était en bonne compagnie, celle de 1) On sait qu'il écrivit une Asirologiae defensio contra J. Picum !

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Moise ben Maimon de la V. de Cordoue, Moise Nahmanide, et celle des Cabbalistes augmentait... La philosophie de la Cabale se propagea extraordinairement en Syrie, en Palestine et en Egypte, mais plus particuliérement dans cette derniére région où le système des allégories était en usage et où la Cabale méme était pratiquée par les prétres. Les emblémes avaient une conformité étonnante avec ceux des Juifs. La philosophie de la Cabale se conserva en Egypte jusqu’au temps des Croisades, et nous la verrons encore dans le xe siècle figurer dans Ie procès des Templiers, et postérieurement être en pleine vigueur à la moitié du xvire siècle. Par ce qui nous reste, les Cabalistes croyaient à un seul Dieu ; ils enseignaient le dogme de son unité. Pour entrer dans leur confrérie, il fallait des épreuves avant l'initiation. » La citation que Reghellini donnait du « Sochar » sur l'Ancien des jours laisse penser qu'il avait pratiqué la Kabbala denudata, que le chevalier Ramsay avait longuement citée dans son Discours sur la mythologie, puis dans ses Philosophical Principles. C'est la même désolante médiocrité chez celui à qui l’on attribue la création du mot « occultisme »?. Dans la philosophie occulfe®, proposant les dogmes kabbalistiques tirés de la collection des kabbalistes de Pistorius (c’est-à-dire la premiere série des Conclusiones cabalisticae glosées par Archangelus de Burgonovo), la Concl. 29 qui s'énonce « Nomen Dei quatuor literarum, quod est Mem, Sade, Pe, Sade, regno Davidis debet appropriari » devenait « Literae nominis sunt Danielis regna »*. 1) Le voyage de Cyrus, p. 153 : « On y parle de la rosée qui sort du cerveau du Vieillard... », citant les ouvrages « des rabbins Irira, Moscheh et Jitzack dont RITTANGELIUS nous a donné les traductions dans sa Cabale dévoilée » (même lapsus dans Philosophical Principles). Sa thèse est que « pour réfuter les objections des impies sur l'origine et la durée du mal, les philosophes anciens avoient adopté la doctrine de la préexistence des âmes et de leur rétablissement », et que « on croit que toutes les traces qu’on voit de la religion naturelle et révélée dans les poetes et les philosophes paiens se doivent originairement à la lecture des livres de Moyse; mais il est impossible de répondre aux objections que les incrédules font contre cette opinion... Il faut remonter plus haut jusques au Déluge même ». 2) R. Amapou, L’occullisme, Paris, 1950, p. 15. Notons que l’Encyelopaedia universalis a un article « Occultisme » (dà à R. A. R. ALLEAU), qui rejette « la notion syncrétique et artificielle d'une seule et même philosophie occulte ». 3) La science des esprits, Paris, 1865, p. 147. 4) Ibid., p. 163, 165.

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Et présentant une traduction, de même farine, de |’ Aesch Albert Durez, P. Belon-Mansaux, Orobio qui devient contemporain de P. Belon-Mansaux!. C’est que pour ne pas parler du comte de Gabalis, la kabbale avait été soumise à bien des métamorphoses. Un Besbecourt dans Les myslères du christianisme approfondis radicalement el reconnus physiquement vrais propose sa Cabale syllabique?, qui lui permet d’expliquer comment Moise surpassa Hermès? : « Une seule chose déplut à la Muse d’Israel, car j’observe en passant que le nom grec Mousa sous lequel notre illustre Hébreu fut connu des Arabes signifie Muse, et dans le fait sa Genése, qui renferme la science de l’univers enseignée cabalistiquement, mérite bien d’étre appelée un Musaeum. Il ne put souffrir qu'un fond si riche si digne d'être transmis à la postérité la plus reculée, restät couvert par des énigmes, dont le caractère sacré pouvoit porter ceux qui ne les comprendroient pas à l’adoration des faux dieux. «Il entreprit donc de travailler un Voile tout neuf qui tissu avec un fil historique, de même que celui d’Hermes ne representat que des personnages humains, en place des feintes deités egyptiennes... » Dans La maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive el chrétienne, Reghellini de Scio, qui faisait de Bacon de Verulam un kabbaliste pour avoir établi dans son ile de Bensalem les lois cabalistiques de Moise, écrivait? : « Simeon ben Johai eut une infinité de sectateurs. 1) De l'ordre, II, p. 37, Moise ben Maimon de la V. de Cordoue; p. 54, Nachman; p. 79, A. Durez (Durer); p. 107, P. Belon (qui était du Mans) ; p. 105, Orobio. 2) Londres, 1771, p. 1, p. 12, ef. p. 55 « to kabbalein signifie exactement quod fore decomponendum sapiens videt, c’étoit un art qui exigeoit beaucoup de science, parce que certains mots mystiques ne devoient pas étre disséqués par lettres mais par syllabes... ». 3) Ibid., p. 30, cf. II, p. 27 où paraclet est expliqué « mé&pov äxoc Andov adveniens medicina abscondita ». Des développements sur l’alchimie dont le type est, p. 269, l’histoire de Judas ou les 30 pièces donnent Lambda = lapis, et comme Judas tenait la bourse, la projection est expliquée « dans le moment il nous fait la trahison la plus cruelle puisqu'il met brusquement fin à nos plaisirs les plus délicieux ». 4) Paris, 1833, I, p. 282.

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L’opinion favorable sur la Bible s’affaiblissait tous les jours, mezareph publié par Knorr von Rosenroth!, il écrivait : « Si nous consultons l’histoire et les arcanes de la philosophie hermétique c'est sur ce manuscrit laissé par l’alchimiste Abraham que le célèbre Flamel? parvint à faire de l’or. » Si l’on ne peut nier que |’ « Occultisme » prit bien des choses à la Renaissance, dont P. Duhem parlait toujours comme d’un « temps de superstition triomphante Vérudition. Et même à partir », il n’en garda pas du De occulta philosophia, miroir déjà déformant des œuvres qu'il pilla, la pente de décadence est longue jusqu’à l’Occultisme d’Eliphas Levi que Papus proclamait pourtant « le plus savant de tous les occultistes contemporains ». François SECRET. 1) Le livre rouge, Paris, 1842 sous le nom d'Hortensius FLAMEL, repris dans La clef des grands mystères, Paris, 1861, p. 424 s.; cf. A. E. WAITE, The Holy Kabbalah, Londres, 1929, p. 424 s., « he attributes the work to R. Abraham of the Flamel mythos thus investing it with an antiquity which is contradicted by its own references ». Sur une appréciation de Levi, cf. p. 487 s., « He gives the three mother-lettres of the Hebrew alphabet inacurately, which, for an accredited student of S. Yeisirah is almost as inexcusable as if an English author erred in enumerating the vowels of our own language. » 2) Cf. G. ZIEGLER, N. Flamel, Paris, 1972, p. 200: « E. Levi dira avoir retrouvé un manuscrit, l’exemplaire du cardinal de Richelieu, qui serait une copie de l'Asch Mezareph », et E. MURAISE, Le livre de l'ange, Paris, 1969, p. 302 : « L'interprétation du mage étant fort suspecte on a des raisons de croire que le texte d'E. Levi ne faisait que reproduire une copie de texte ancien, non authentifié et recueilli par Borel dans un voyage fait à Milan. » 3) Le système du monde, Paris, 1954, IV, p. 87. 4) Cité par P. VuLLIAUD, La kabbale juive, Paris, 1923, II, p. 319.