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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)Bohdan WISNIEWSKI
(Lodz)
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PSU us
La réception de Pidée de nombre chez
les philosophes de la nature
La theorie que les choses sont des nombres tire son origine du
Proche Orient. L'adepte de cette théorie en Grèce, Pythagore, s’instruisit
22 ans auprès des prétres d'Egypte dans le domaine de la géométrie et
puis, fait prisonnier par Cambyse au moment de la conquête de l'Egypte
et fut conduit à Babylone où il vit 12 ans, apprenant des mages la doc{rine des nombres
?.
Je me propose comme but de cette conununication de mettre en
évidence que la théorie des choses-nombres des Pythagoriciens est eommune
à presque tous les systèmes cosmogoniques des philosophes de la nature.
Les présocratiques admettaient l'existence de deux mondes: le monde
abstrait de la pensée et le monde des phénomènes physiques qui naissait
à partir du premier. Or le nombre était la substance du monde abstrait.
La théorie que les choses sont des nombres constitue la pierre angulire de l'enseignement de Pythagore?, Chez les Pythagoriciens la théorie
des nombres se lie à des figurations géométriques. Pour Pythagore chaque
nombre était un groupe contenant autant de points qu'il a d'unités
et cos points élaient rangés selon un ordre géométrique; d'où les nombres
triangnluires, c'est-à-dire représentés en triangles comme 3, 6, 10, etc;
carrés, représentés par des points disposés en carré comme 4, 3, ete.;
oblongs, représentés pur des points disposés en rectangle comme 8, 12 3,
Comme chaque representation géomérrique a des limites, elle est un résuc.
Analysons à présent comment se pose ce probleme chez Anaximandre.
Dans la liste des contraires qui nous est trausmise par Aristote ! au premier
plan figure le couple d’opposés régus— Zrz:gov!. Selon Pythagore c'est
le nombre qui constitue l'essence de migas et änzıgov 5. Par conséquent,
d'après Pythagore Ie nombre est un arrangement de points comme
peuvent nous le prouver les figures géométriques représentées sous forme
de points. Tl est évident que le nombre est limité spatialement et du point
de vue de la diversità comme figure géométrique, car à chaque nombre
correspond une seule chose; i! est par conséquent un risa. Comme
mépas signifie une chose limitée, Panzgov pourrait désigner le contraire,
13, Lévy, La légende de Pythagors, Paris, 1927, p. 20,
2 Arist., Meluph. 1090 a 20,
5 E. Bréhier, Hist. de la philosuplite, Varis, 1948, L, p. 48: J. Burnet, Harty greck Phitosophy, London, 1943, p. 101 5qq.
ı Metaph. 988 a 15,
5 Metaph, 987 u 14,
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c'est-i-dire un rassemblement non limité, du point de vue de la diversité,
des fignres-némbres, car toute chusc doit son origine wu nombre, y compris
le monde (xicuos) que les Pythagoriciens appellent oópavos $,
La Goxographie ne reproduit pour la philosophie d'Anaximandre que
le second élément du couple des contraires migas— Zrzizov, c'est-à-dire
3mzisov. Nous savons pourtant que la théorie des contraires était connue
d'Anaximandre, ce que pent nous prouver l'existence du couple d'opposés
chaud-froid dans la philosophie d’Anaximandre ’. Par conséquent on
peut supposer que l'änetscy a dí avoir son contraire répus dans le système
d'Anaximandre. Si nous admettons en outre, ce que nous croyons avoir
rendu probable, que la théorie selon laquelle les choses sont des nombres
était aussi celle d’Anaximandre, nous pouvons conclure que l'éretgo”
d’Anaximandre avait le même sens que celui des Pythagoriciens; il ne
pouvait signifier rien d'autre que le contraire de 7ésx;, contenant une
diversité non limitée des nombres, tandis que V’äreısov lui-mième est sans
limite au point de vue de Ja diversité des nombres contenus. L'ärssov en
émettant ces figures géométriques émet des nombres-choses. A toutes
choses correspondent des figures géométriques qu'on peut se représenter
comme des points arrangés d'une certaine manière en figures géométriques
et avant par conséquent des limites. On pent s'imaginer la naissance des
choses à partir de l'&mz:50v comme l'émanation sous l'influence du mouvement de rotation des choses-nombres, euntenues comme mélange dans
Parsızov.
Considérons à présent ce prublème chez Thales, Anaximene et Héruelite, d’après lesquels l'eau, Vuir et le feu sont à l'origine de toutes choses.
Un fragment d'inspiration pythagoricienne cité par Platon dans le Finde
nous dit que Peau, Mair, le feu et la terre étaient représentées sous forme
des nombres et avaient une origine géométrique *. Tous ces éléments
naissaient à partir des triangles *. L'icosaèdre a donné nuissance à l'eau
considérée par Thalès comme élément premier. Pour Thalès de même
que pour Anaximandre la matière première est aussi un mélange: O yx
ct am abro modes clue: 7% av arotyeles pifsio nas? dotar 1,
Nous suvons que Thalès s'intéressait à la géométrie et aux mathématiques.
Proelus lui attribue le théorème sur l'égalité de deux triangles qui ont
un côté et les deux angles adjacents correspondants égaux dans les deux
triangles. On lui rapporte encore l'affirmation inductive de l'égalité des
angles opposés par le sommet, enfin, l'égalité des angles à la base du
triangle isocèle. Il a dû aussi le premier inscrire le triangle rectangle
dans le demi-cercle
et il a démontré la division en deux parties égales
du cercle par le diamètre *. Ces propositions de Thalès ont un caractère
universel et logique. Par conséquent la nature mathématique ct géométrique de la nature primordiale chez Thalès aurait pù être admise comme
nous le suggére, le texte susmentionné du Timée qui nous dit que l'eau était
représentée sous forme de nombres et avait une origine géométrique.
$ Metaph., 1080 b 16.
* Plut,, Strom. 2 (Diels 12 A 10).
$ Timée 52 Db.
9, fimée 55 b.
19 Act, 1, 17. 1 (Dies LIDIA TR ny.
11 Diogène Laërce, J, 24.
1 Proelus. p. 157.
Réceptiun de vides de nombre chez tes philosophes de ja nature
Passons
à présent
A
543
Anaxiuéne, L'air d'Anaximene suivant un
texte d’Olyimpiodore était probablement une spécification de l’ärzıpov
d'Anaximandre 13, s’opposant comme quelque chose d’incorporel et d’indeterminé aux formes délimitées et corporelles qui prennent, naissance dans
son sein. En outre Víregov de Pythagoriciens parait correspondre au
musiua ou dig d'Anaximéne. Si nous admettons que l'&fs d’Anaximène
est une spécification de P&xe:sev d'Anaximandre nous devons par conséquent admettre qu'il était un mélange qualitativement indéterminé et
spatialement limité. 11 ressort d'un texte de Simplicius quel’&rs d’Anaximène était de méme que la matière première d'Anaximandre, un mélange
qualitativement indéterminé et spatialement limité (@siouévrv), duquel
les choses naissaient en vertu du mouvement tourbillonnaire!. En ce qui
«concerne le probleme de la nature corporelle ou incorporelle de P’&r; nous
disposons de deux textes quí nous disent que la nature de Fase n'était
pas corporelle mais incorporelle. Le texte d’Adtius © rapproche uzbuz
et die de 597% et celui d’Olympiodore !% nous dit que lags a une nature
incorporelle (Eyyós ¿om % ds cab aompstzov), Tenant compte du fait
que chez les Pythagoriciens la nature de l'âme est mathématique, car
lüme s’insere dans le corps pur le nombre (anima énditur corpori per
numerum), nous pouvons conchire que la nature de life est mathématique, c’est-à-dire que son essence est le nombre. Par conséquent dip était
un rassemblement de points dont les différentes combinaisons donnaient
naissance aux êtres réels déterminés. Ces êtres naissaient comme émanation, Éxgourv, de différentes combinaisons sous Pinfluence du mouvement de rotation, D'après un fragment pythagoricien transmis par Diogène
Laéree 17, la monade est un début de toutes choses; de la monade provient
lu dualité; de la monude et de la dualité proviennent ensuite les nombres,
les lignes, les surfaces; des surfaces les corps mathématiques: de ceux-ci
les corps sensibles, dont les éléments sont les suivants : feu, eau, terre, air.
Se point de vue des Pythagoriciens nous est confirmé par le Timte de
Platon qui nous dit que l’oetaedre a donné naissance à Pair ®. Le premier
élément d’Anaximène, surnommé ee, a la forme extérieure d'un octaèdre, étant limité spatinlement.
Le feu d'Héraclite comme nous Fautorise à eonelure le texte susmentionné du Timée a une origine géométrique étant né à partir des
triangles de même que les autres éléments. La nature du feu est donc
abstraite et qualitativement indéterminée. Ce qui rend encore plus probable
cette hypothèse c'est notamment la circonstance que le feu est un principe
immatériel, dépourvu de toute nature corporelle.
Kal ‘Heaudersag de why Apyıv slval onor buy, eines thy dvaduuiaayy,
25 fe cia auviormety xual doewpdrotazor val ctov dei Dans ce texte
dei est surnommé dugh et &eyf c'est wip. Et, étant donné que
chez les Pythagoriciens la nature de l'âme est mathématique, nous
DI
©
1
15
18
17
Qlympiodore, be arte sacra lupidis philosopheram, e 25; Diels, 14 15,
Simpl., Phys. 24, 26.
Aet.. 1, 3, 4.
De urte sacra lapidis philosopherum, e. 25,
Diogène Laërce, VIII, 24,
38 Timée, 55 b.
9 Arist., De anima, A 2 AUS u 24,
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Réception de Fidée de nombre chez des philusophes de la nature
pouvons admetire que la nature du feu est également mathématique,
c'est-à-dire que son essence est le nombre.
Si nous voulons déterminer la nature du £ de Parménide, nous
devons procéder à la comparaison du ¿óv et de Píreigos d'Anaximandre.
Tout d'abord ity de Parménide ressemble extérieurement à %rz:gov:
té a la forme géométrique d'une sphère, tandis que Vizzıscov celle d'un
œuf. En outre Fióv de Parménide comme l'äretsev d’Anaximandre est
non-engendré, impérissable, n'a ni commencement ni fin, est immortel
et indestructible 2°. L’24y de Parménide de même que P’ärzızcv d’Anaximandre est spatislement limité : aisée ¿ml migas rizzo» Terehéapever
loci mivroftev 2, Aristote nous fait savoir qu'on nommait 24 ämzızav E»
zu dubrpron vo wv <luxi que val ameigov ¿mo *. Ces considérations permettent de supposer que l'être de Parménide est un mélange
qualitativement indéterminé des choses-nombres, de même que Pireo
d'Anaximandre. Sl est impossible d'admettre que ['Gregov ait chez
Parménide la signification «spatialement illimité », puisque Parménide
de meine que les atomes, sont des éléments des substances dont se forment
les choses. Ce qui renforce encore notre supposition que le xewv de
Démocrite joue le meme rôle que lizzızcey de Pytiagore et d’Anaximandre est le fait que le xevóv est dénommé essay: mevaxyogeóss de
zou pis Tiny toleds tots dé: 76 22 2290 val 20 CODEN 221 TO rie 28.
DISCUSSION
M. J. HARMATTA
:
Est-ce que les mots doyos el harmonie peuvent ètre interprélés chez Héraclite comme
des notions mathématiques où géomeétriques
?
Intervention de M. M. NASTA.
dit dans son poéme que l'être est cersAfousvov. Anaxugore est d'avis
que toutes choses naissent en se degageant d'une matière premiere et périssent en se transformant en elle: gaivesDa: de yrdusrx zul deu vueva
oupuilori nai renglon éso» 23, Les premiers éléments sont non-engendrés et impérissables, immortels et indestruetibles : 73,72 723 7% bucrouss,
ns os 1 mis À zeloon, drévnrz ui sive mal Zodacca 2 À présent.
considérons quelle est la nature de ces éléments (o7iguzTz, ópotouso7).
Anaxagore est d'avis que les premiers éléments tels que «fo, Op sont
| 1619. WISNIEWSKI B., La réception de l'idée de nombre chez les»
philosophes de la nature in Actes de la XII conf. intern. d'Études .
‘
B
classiques. (Eirene, Cluj-Napoca, 2-7 oct. 1972):
docks Auminussay minor Tiporcuivor Y, Que
EXAÁTEGOY alri
peuvent signifier ces 242272 Ggoope?7? Comme chez les Pythagoriciens,
La théorie des choses-nombres des Pythagoriciens
ici
est commune a
presque tous les systèmes cosmogoniques des philoso
phes de la nature.
des mélanges mis au monde par des éléments invisibles: iv yor
les premiers éléments tels que 530,753: el ths out une origine géomé-
Hakkert 1975 541.545
P
usst, ontsuatz peuvent être seulement des nombres, à partir desquels
naissent les premiers éléments tels que l'eau, Fair et le feu. “Azz est
un assemblage de figures-nombres à partir duquel naissent les choses
réelles. Pour Démoerite la vature primordiale est représentée comme
un vide ou se menvent les atomes. Les choses se forment grace à PencheSi nous comparons Pizze de
Prthagsre et
d’Anaximandre
(mélange de points d'où les choses naissent en vertn du mouvement tourbilen
mélange d'atomes d'où les êtres naissent
vertu du mouvement tourbillonnaire nous ne voyons pas de différence
et les deux systèmes nous paraissent analugues, Cette ressemblance est
d'autant plus probable que les atomes de même que les points de Pythalonnaire) aver le xevív.
gore ont une nature mathématique # et jouent un rôle analogue. Les points,
29 Diels. 25 BX v. 4
21 Diels, 2 BS v. 2
): Bucarest-Amsterdam
(APh 46: 801)
trique étant ass A partir des nombres; par conséquent, les 266272 éuotevétreuent mutnel des atomes #5,
or (= a
$
4
AS 325 4 (Die, 28 A 20)
33 Arist.. De sen, el corre.
> 2 (Triels 50 A AL
33 Simpl. Pry
. 2 (Diels 59 A 41).
> Simpl., P.
A 985 n 11 (Diel» 39 A 16).
*9 Arist.. M
x Pp. 294, 34 (Diels 68 A 37).
26 Simpi.. &
#T VE. Aller. \lemos Idea, Florence, 1953, p. 49.
88 Simpl.. De cueto, p. 294, 33 (Diels 68 A 37).