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LES SIGNES LAPIDAIRES
d'une mystique qui — paralléllement au jeu subtil de l'esprit
allant à la recherche du divin — en réalisait l'expression humaine
dans une harmonieuse construction du temple, de la statue, du
parvis, de la colonne, de l’ouverture sur la lumière, par l'appliaegéométrique et ses développements sur une modulation:
Les signes lapidaires
des constructeurs de cathédrales
eu égard aux vues de Pythagore et Platon
sur le Nombre d’or
— Je me rends fort bien compte que ce titre est d'une ampleur
hors de mesure avec la très simple causerie qui en exposera
la matière | N'étant ni hellénisant, ni latinisant, je me réfère à
Pythagore, à Platon... Mais je le fais en rendant grâce à « Budé »,
dont les éditions ont été utilisées & peu prés exclusivement par
Matila G. Ghyka, comme base de son ouvrage sur Les rites el
rythmes pythagoriciens dans le développement de la civilisation
occidentale,
.
— Je ne puis qu’évoquer cette mystique du nombre, recherche
et réalisation d’une joie supréme, sensation d’harmonie naturelle,
et également accomplie, entre l’homme et l'universel, entre
Páme et la matière; loi fondamentale, unique, mais d'une
souplesse d’application telle qu'on puisse l'appliquer à toutes
les expressions humaines: poésie, peinture, musique, et, avant
toute chose, à l'architecture.
— Le nombre d’or pythagoricien, formule d’un rythme, est
la proportion qui—en une symphonie apparemment irrationnelle — accorde de la façon la plus rationnelle, c'est-à-dire
harmonieusement logique, les proportions d’une construction
géométrique, qu'elle soit de géométrie pure, ou transposée en un
édifice.
— Son expression géométrique est celle du rectangle de la
Genèse et de sa diagonale; son expression mathématique est
1445, Cette proportion se trouvait dans la construction du
2
temple de Poséidon (d'après le Timée), dans celle des Pyramides
et temples égyptiens, où Pythagore en prit certainement connais-
|
sance ; elle est aussi celle qui unit les corps platoniciens.
— Avant de traiter l'essentiel du sujet, il est nécessaire
d'évoquer le secret des initiations pythagoriciennes, la divulgation du secret par Hippocrate, le splendide développement platonicien de la mystique du nombre. Mais, j'insiste sur ce point,
Ca
— Se pose maintenant le probléme de la transmission, depuis
les temps platoniciens jusqu’au Moyen Age, du temple gre¢ à la
cathédrale,
Un texte du Code de Théodose dit que les architectes sont
exempts de toute charge personnelle pour pouvoir plus aisément
apprendre à leurs enfants la pratique de leur art. À cette voie
familiale s'ajoute la voie corporative des collèges d'artisans
maçons et tailleurs.de pierre, connus dès le 111° siècle avant J.-C.
Sous l'Empire, l’enrôlement héréditaire dans ces collèges d’artisans devient obligatoire En plus de leur aspect technique, ces
coilèges prennent un aspect religieux, rituel, coopératif. En
Grèce, en Orient hellénique, existent des organisations analogues,
et la chute de Byzance ne les détruira pas. Le symbolisme initiatique naît, et les signes lapidaires apparaissent, Nous y reviendrons.
— Nicomaque de Gérase, Capella (ve siècle), Boëce, Cassiodore (vr* siècle), Isidore de Séville (vır® siècle), le pape Sylvestre II (x* siècle) les moines du Mont-Cassin et de Saint-Gall
ont transmis, maintenu ou retrouvé la mystique pythagoricienne
des nombres.
— On peut admettre que Vitruve, célèbre architecte romain
du 1°” siècle avant notre ère, ait cu un rôle essentiel dans cette
transmission. Ingénieur militaire en Afrique sous Jules César en
Pan 46 avant J.-C. inspecteur des bâtiments publics sous
Auguste, il compose, sur la demande de celui-ci, son ouvrage
De architectura, au moment où le style romain est à sa plus haute
perfection. Vitruve écrit cette somme d’après les ouvrages grecs
qu'il connaissait, d'après sa propre expérience et les pratiques
établies (17° édition à Rome vers 1486).
Ses manuscrits furent recopiés et transmis à travers tout le
haut Moyen Age. Parallèlement, car la voie de la transmission
n'est pas unique, il est juste de citer la science arabe, les traductions aux Ix® et x° siècles d’Aristote, Platon, Euclide..., la science
mathématique propre à l'Islam, les universités d'Espagne, sans
doute aussi l'apport des Croisades et l'apport templier.
!
Le document français qui démontre sans doute le mieux la
connaissance ainsi transmise et son utilisation pratique est
certainement le carnet de notes de Villard de Honnecourt, qui
a dessiné les élévations de la cathédrale de Reims, la rose ouest
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de Chartres et son labyrinthe, Meaux, une rose de la cathédrale,
de Lausanne, l’église Sainte-Élisabeth à Cassovie en Hongrie
etc. Il donne, dans ce manuscrit de 33 feuilles de parchemin, un
aensemble, d'une richesse extraordinaire, de problèmes mathém
de
s
procédé
levage,
de
tiques, tracés de construction, appareils
mesure, tailles de pierre, etc.
Je voudrais, de cet ouvrage, détacher un parfait exemple de
la transmission platonicienne.
Ce carnet de Villard de Honnecourt comporte un dessin,
apparemment sans importance, qui donne l’image de la duplication du carré. C'est un tracé d’une simplicité primaire, instinctive, dont l'intérêt n'éveille pas l'attention. Mais c'est aussi
le sujet, dans le Ménon de Platon, du dialogue entre Socrate et
un esclave. Vitruve, dans son œuvre, en fait un exposé chiffré
et dessiné, et précise qu'il écrit d’après Platon. De Honnecourt
donne le dessin sans commentaires. Et il s'agit d'un secret de
constructeurs, révélé en 1486 par un document d’un architecte
allemand, Le livre de la construction exacte des pinacles. Le secret
des maçons consiste alors à tirer l'élévation du plan. Un document
de 1459 confirme ce secret ; lors d’une réunion à Ratisbonne des
maîtres-tailleurs de pierre de Strasbourg, Vienne, Salzbourg, la
décision suivante est renouvelée : « Ainsi nul ouvrier, nul maître,
nul journalier, n’enseignera à quiconque n'est pas de notre
métier et n’a jamais fait travail de maçon, comment tirer l'éléva-
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LES SIGNES LAPIDAIRES
rissait la pierre avant qu'elle n’allät sur le chantier de construction. Une grande variété de signes: triangles, pentagones
instruments de travail, caractères de l'alphabet, croix, etc. Les
pères transmettent leur marque à leurs fils, qui y ajoutent un
signe distinctif. Ces signes deviennent des signatures. — Au
xy? siècle, Alexandre de Berneval fait suivre son nom d'un pentagone étoilé, — En Alsace, à Aigues-Mortes, au château de
Coucy, Montmajour, Fontenay, ces signes sont souvent sur la
face de Is pierre engagée dans le mur. Le maçon constructeur
n’en tenait pas compte, mais devait porter la plus grande attention à un autre signe lapidaire, gravé par le maître d'œuvre, qui
est la « marque de position », pour placer exactement les pierres
par rapport les unes aux autres dans les assemblages compliqués,
comme les arcs par exemple. Ces marques de position étaient
déjà employées
par les Romains
au Pont du Gard: FR. S. II
—
FR.
= Fronte sinistra II, Fronte dextra V.
— Nous arrivons enfin aux plus étranges de ces si
le nombre d'or, et de l'architecte autrichien Rziha, Stüdien
paci Steinmetz-Zeichen (Etudes sur les signes lapidaires), Vienne,
M. Rziha releva d'abord
en Europe 9 000 de ces signes ; il en
reproduisit 1 000 dans son livre. Pendant de ‘nanan annee il
tion du plan. »
nagmsa su Fan
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"impression
d’autres documents.
om cu matrice-type. Voici des exemples :
garde du secret pythagoricien. Actuellement, le secret scientifique, le secret de fabrication, ne sont-ils pas toujours protégés ?
04 pese tac conpla par les partitions des diagonales.
Le devoir de maintien du secret est d’ailleurs inscrit dans bien
Sous une forme évoluée se continuait la volonté de sauve-
— Nous avons évoqué ces réunions des maîtres-tailleurs de
pierre ; et ceci nous amène à leurs signes, gravés dans la pierre.
Où les découvrir ? Pyramides d'Égypte, arènes de Nimes,
Pompéi, palais de Diclétien, aqueduc d’Ephése, église Saintelapidaires. En voici la genèse, selon les travaux de Matila Chyka ln
de leur construction, car ils dond'une parenté géométrique
organi
autour d'un centre de symétrie: donc, un Fein
'géomé-
1) La quadrature.
— Deux carrés superposés È 45°, divisés
u
macons
n
Loge supréme de Strasbourg et des loges
venia
2) Triangulation.
triangles équilatéraux en hexagramme,
On ties —teDeux ie
Sophie. Ils sont innombrables, et relativement peu connus. ,
Loge de Cologne.
.
3) Quatre feuilles (rosace quadrilobée). — Sur la quadrature 1
sont menés les cercles circonscrits aux carrés intérieurs.
Grande Loge de Vienne.
grande simplicité de traits à une mystérieuse et précise géométrie,
dont l'architecte autrichien Rziha paraît avoir trouvé la clef
circonscrits aux triangles intérieurs.
En ce qui concerne les édifices du Moyen Age en Europe,
leur présence est extrêmement importante. Leur dessin va d'une
mathématique.
Cette gamme, du trait simple à la géométrie mystérieuse,
correspond aux différentes catégories de personnes attachées
au travail de la pierre.
Dès son extraction de la carrière, la pierre était marquée du
signe du tächeron, qui était souvent payé à la pièce, car il équa-
4) Rosace tribolée. — Sur la triangulation 2 sont menées les cercles
Grande Loge de Berne — Loge de Bohême.
A sa réception dans la loge, le compagnon tailleur de pierre
recevait un signe pris sur la grille-diagramme ; il lui appartenait
pour la vie, sauf le cas de forfaiture ; il était sa signature pour les
pièces importantes (clefs de voûte) dont il était responsable;
son signe de reconnaissance, de passe, pour les voyages et les
contacts avec les membres de sa loge ou des loges affiliées
Pagina 3
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226
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gravaient leurs signes personnels,
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D'oublier pendant le temps d'une medi:
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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)Sceau lapidaire byzantin (Sainte - Sophie)
Grille en quadrature
D'après l'ouvrage de Matila C.GHYKA
"Le Nombre d'Or"
Rites et rythmes pythagoriciens dans le
développement de la civilisation occidentale
Sceau lapidaire gothique
Saint-Etienne-de-Vienne
Grille en quadrature
D'après
l'ouvrage de
Matila
C.GHYKA
"Le Nombre d'Or"
+ Rites et Rythmes pythagoriciens
dans le
développement de la civilisation occide
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Sceau lapidaire roman
Tour de Barberousse à Gelechausen
Grille sur quadrature
D'après l'ouvrage de Matila C.GHYKA
"La Namhre d'Or"
Pagina 5
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Sceau lapidaire gothique
Grille sur triangulation
D'aprés l'ouvrage de Matila C.GHYKA
"Le Nombre d'Or"
Sceau lapidaire gothique
Cathédrale du HRADSCHIN a Pragu
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Sceau lapidaire gothique
Grille sur triangulation
"Le 4 de chiffre
Grille sur triangulation
D'après l'ouvrage de Matila C.GH
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“Le Nombre d'Or"
age de Matila C.GHYKA
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ponga FRITES "Le Nombre d'Or'