Les signes lapidaires des constructeurs de cathédrales eu égard aux vues de Pythagore et Platon sur le Nombre d'or

Auteur
Soulard, M.
Verschenen in
Bulletin de l'Association Guillaume Bude
Jaar
1967
Onderwerp
CATHEDRALS
Taal
Français
Categorie
C8 Geschiedenis en archeologie, F6 Gulden snede
Archiefnummer
235

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SOLLeaand Ke: im 222 LES SIGNES LAPIDAIRES d'une mystique qui — paralléllement au jeu subtil de l'esprit allant à la recherche du divin — en réalisait l'expression humaine dans une harmonieuse construction du temple, de la statue, du parvis, de la colonne, de l’ouverture sur la lumière, par l'appliaegéométrique et ses développements sur une modulation: Les signes lapidaires des constructeurs de cathédrales eu égard aux vues de Pythagore et Platon sur le Nombre d’or — Je me rends fort bien compte que ce titre est d'une ampleur hors de mesure avec la très simple causerie qui en exposera la matière | N'étant ni hellénisant, ni latinisant, je me réfère à Pythagore, à Platon... Mais je le fais en rendant grâce à « Budé », dont les éditions ont été utilisées & peu prés exclusivement par Matila G. Ghyka, comme base de son ouvrage sur Les rites el rythmes pythagoriciens dans le développement de la civilisation occidentale, . — Je ne puis qu’évoquer cette mystique du nombre, recherche et réalisation d’une joie supréme, sensation d’harmonie naturelle, et également accomplie, entre l’homme et l'universel, entre Páme et la matière; loi fondamentale, unique, mais d'une souplesse d’application telle qu'on puisse l'appliquer à toutes les expressions humaines: poésie, peinture, musique, et, avant toute chose, à l'architecture. — Le nombre d’or pythagoricien, formule d’un rythme, est la proportion qui—en une symphonie apparemment irrationnelle — accorde de la façon la plus rationnelle, c'est-à-dire harmonieusement logique, les proportions d’une construction géométrique, qu'elle soit de géométrie pure, ou transposée en un édifice. — Son expression géométrique est celle du rectangle de la Genèse et de sa diagonale; son expression mathématique est 1445, Cette proportion se trouvait dans la construction du 2 temple de Poséidon (d'après le Timée), dans celle des Pyramides et temples égyptiens, où Pythagore en prit certainement connais- | sance ; elle est aussi celle qui unit les corps platoniciens. — Avant de traiter l'essentiel du sujet, il est nécessaire d'évoquer le secret des initiations pythagoriciennes, la divulgation du secret par Hippocrate, le splendide développement platonicien de la mystique du nombre. Mais, j'insiste sur ce point, Ca — Se pose maintenant le probléme de la transmission, depuis les temps platoniciens jusqu’au Moyen Age, du temple gre¢ à la cathédrale, Un texte du Code de Théodose dit que les architectes sont exempts de toute charge personnelle pour pouvoir plus aisément apprendre à leurs enfants la pratique de leur art. À cette voie familiale s'ajoute la voie corporative des collèges d'artisans maçons et tailleurs.de pierre, connus dès le 111° siècle avant J.-C. Sous l'Empire, l’enrôlement héréditaire dans ces collèges d’artisans devient obligatoire En plus de leur aspect technique, ces coilèges prennent un aspect religieux, rituel, coopératif. En Grèce, en Orient hellénique, existent des organisations analogues, et la chute de Byzance ne les détruira pas. Le symbolisme initiatique naît, et les signes lapidaires apparaissent, Nous y reviendrons. — Nicomaque de Gérase, Capella (ve siècle), Boëce, Cassiodore (vr* siècle), Isidore de Séville (vır® siècle), le pape Sylvestre II (x* siècle) les moines du Mont-Cassin et de Saint-Gall ont transmis, maintenu ou retrouvé la mystique pythagoricienne des nombres. — On peut admettre que Vitruve, célèbre architecte romain du 1°” siècle avant notre ère, ait cu un rôle essentiel dans cette transmission. Ingénieur militaire en Afrique sous Jules César en Pan 46 avant J.-C. inspecteur des bâtiments publics sous Auguste, il compose, sur la demande de celui-ci, son ouvrage De architectura, au moment où le style romain est à sa plus haute perfection. Vitruve écrit cette somme d’après les ouvrages grecs qu'il connaissait, d'après sa propre expérience et les pratiques établies (17° édition à Rome vers 1486). Ses manuscrits furent recopiés et transmis à travers tout le haut Moyen Age. Parallèlement, car la voie de la transmission n'est pas unique, il est juste de citer la science arabe, les traductions aux Ix® et x° siècles d’Aristote, Platon, Euclide..., la science mathématique propre à l'Islam, les universités d'Espagne, sans doute aussi l'apport des Croisades et l'apport templier. ! Le document français qui démontre sans doute le mieux la connaissance ainsi transmise et son utilisation pratique est certainement le carnet de notes de Villard de Honnecourt, qui a dessiné les élévations de la cathédrale de Reims, la rose ouest

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DES CONSTRUCTEURS DE CATHEDRALES de Chartres et son labyrinthe, Meaux, une rose de la cathédrale, de Lausanne, l’église Sainte-Élisabeth à Cassovie en Hongrie etc. Il donne, dans ce manuscrit de 33 feuilles de parchemin, un aensemble, d'une richesse extraordinaire, de problèmes mathém de s procédé levage, de tiques, tracés de construction, appareils mesure, tailles de pierre, etc. Je voudrais, de cet ouvrage, détacher un parfait exemple de la transmission platonicienne. Ce carnet de Villard de Honnecourt comporte un dessin, apparemment sans importance, qui donne l’image de la duplication du carré. C'est un tracé d’une simplicité primaire, instinctive, dont l'intérêt n'éveille pas l'attention. Mais c'est aussi le sujet, dans le Ménon de Platon, du dialogue entre Socrate et un esclave. Vitruve, dans son œuvre, en fait un exposé chiffré et dessiné, et précise qu'il écrit d’après Platon. De Honnecourt donne le dessin sans commentaires. Et il s'agit d'un secret de constructeurs, révélé en 1486 par un document d’un architecte allemand, Le livre de la construction exacte des pinacles. Le secret des maçons consiste alors à tirer l'élévation du plan. Un document de 1459 confirme ce secret ; lors d’une réunion à Ratisbonne des maîtres-tailleurs de pierre de Strasbourg, Vienne, Salzbourg, la décision suivante est renouvelée : « Ainsi nul ouvrier, nul maître, nul journalier, n’enseignera à quiconque n'est pas de notre métier et n’a jamais fait travail de maçon, comment tirer l'éléva- 224 LES SIGNES LAPIDAIRES rissait la pierre avant qu'elle n’allät sur le chantier de construction. Une grande variété de signes: triangles, pentagones instruments de travail, caractères de l'alphabet, croix, etc. Les pères transmettent leur marque à leurs fils, qui y ajoutent un signe distinctif. Ces signes deviennent des signatures. — Au xy? siècle, Alexandre de Berneval fait suivre son nom d'un pentagone étoilé, — En Alsace, à Aigues-Mortes, au château de Coucy, Montmajour, Fontenay, ces signes sont souvent sur la face de Is pierre engagée dans le mur. Le maçon constructeur n’en tenait pas compte, mais devait porter la plus grande attention à un autre signe lapidaire, gravé par le maître d'œuvre, qui est la « marque de position », pour placer exactement les pierres par rapport les unes aux autres dans les assemblages compliqués, comme les arcs par exemple. Ces marques de position étaient déjà employées par les Romains au Pont du Gard: FR. S. II — FR. = Fronte sinistra II, Fronte dextra V. — Nous arrivons enfin aux plus étranges de ces si le nombre d'or, et de l'architecte autrichien Rziha, Stüdien paci Steinmetz-Zeichen (Etudes sur les signes lapidaires), Vienne, M. Rziha releva d'abord en Europe 9 000 de ces signes ; il en reproduisit 1 000 dans son livre. Pendant de ‘nanan annee il tion du plan. » nagmsa su Fan nai "impression d’autres documents. om cu matrice-type. Voici des exemples : garde du secret pythagoricien. Actuellement, le secret scientifique, le secret de fabrication, ne sont-ils pas toujours protégés ? 04 pese tac conpla par les partitions des diagonales. Le devoir de maintien du secret est d’ailleurs inscrit dans bien Sous une forme évoluée se continuait la volonté de sauve- — Nous avons évoqué ces réunions des maîtres-tailleurs de pierre ; et ceci nous amène à leurs signes, gravés dans la pierre. Où les découvrir ? Pyramides d'Égypte, arènes de Nimes, Pompéi, palais de Diclétien, aqueduc d’Ephése, église Saintelapidaires. En voici la genèse, selon les travaux de Matila Chyka ln de leur construction, car ils dond'une parenté géométrique organi autour d'un centre de symétrie: donc, un Fein 'géomé- 1) La quadrature. — Deux carrés superposés È 45°, divisés u macons n Loge supréme de Strasbourg et des loges venia 2) Triangulation. triangles équilatéraux en hexagramme, On ties —teDeux ie Sophie. Ils sont innombrables, et relativement peu connus. , Loge de Cologne. . 3) Quatre feuilles (rosace quadrilobée). — Sur la quadrature 1 sont menés les cercles circonscrits aux carrés intérieurs. Grande Loge de Vienne. grande simplicité de traits à une mystérieuse et précise géométrie, dont l'architecte autrichien Rziha paraît avoir trouvé la clef circonscrits aux triangles intérieurs. En ce qui concerne les édifices du Moyen Age en Europe, leur présence est extrêmement importante. Leur dessin va d'une mathématique. Cette gamme, du trait simple à la géométrie mystérieuse, correspond aux différentes catégories de personnes attachées au travail de la pierre. Dès son extraction de la carrière, la pierre était marquée du signe du tächeron, qui était souvent payé à la pièce, car il équa- 4) Rosace tribolée. — Sur la triangulation 2 sont menées les cercles Grande Loge de Berne — Loge de Bohême. A sa réception dans la loge, le compagnon tailleur de pierre recevait un signe pris sur la grille-diagramme ; il lui appartenait pour la vie, sauf le cas de forfaiture ; il était sa signature pour les pièces importantes (clefs de voûte) dont il était responsable; son signe de reconnaissance, de passe, pour les voyages et les contacts avec les membres de sa loge ou des loges affiliées

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DES CONSTRUCTEURS DE CATHÉDRALES ner la ait savoir sans faute placer et lire son signe, en don 226 dev s symbolique. bâtis par les géométrique etsurlelessenédif construction nes ices romans es rar t son bico pt — Ces sig iques; mais au début du xı® siècle, les loges ers monées,astet les signes deviennent nombreux dans les chantirela icis es gothiques de Ratisbonne, Prague, Vienne, sont cat hédral s de voûte et les chapiteaux sont presque s nde gra où les clef del PRA nein li voilée par les merveilleuses colopar la vibration, la vie essentielle nsi, en guise de conclusion, il semble nécessaire Lia rind peut étre un symbole militaire et Li d’ms nda FR Strasbourg, ainsi. Les compagnons de passage, qui faisaient tous « signés » gravaient leurs signes personnels, e D'oublier pendant le temps d'une medi: ae une rosace animée par la lumière. Construite er ne sans doute, mais aussi chemin qui nous kn>A itiation, ective », prévue pour l'inscription. leurs voysurageunes d'in rre « coll rits sur Je plan. Ainsi deux plans ois nespie si insc e à Vienne portent au crayon son — Les sigl'église tSaiausntEtienn de de voûte tres et compagnons chargés de des . 6 nes sig les ge rou les pierres correspondanmaî tes. tailler important,riqdonuesc (et cela est lem éga ent étai les gril — Les eau fondamental ouentla bas e des tracés géométchetons, secret) le rés izontales des chapiteaux, clochers, clo des épuresacehor et des ros s gothiques. rres est armonie desrospie s iques.du: Sinoml'h — Les rosnacedur en est ace la d'or, e et pure la lumbre une figuratio ent lum qu'e it, sais lle qu'e e ièr té exaltée et exallle; "épanouissemvitrail, estinele ux clar vre de réalid’u e symbol est ne brise en son un e Ell n. divi e au e. de Paris, lacherosf-de'œud’occident est t l’hommNot tante qui unich e. re-Dam À qu sation te m 60ni jamais orientale, qui), n'a re. La rose s’e mèt dia de un vide deuis9 huit siècles (Violl plus est le-Duc n étonéténaitconstruilates bougé dep tes les rosaces quiet-aien t jamais e de pierre le; de tou légère face le cub e : 0,146 m? rapport è sa sur elle met en ceuonvreaitpar cathédral une en plus réduit qu' jamais dressé par m?. la rosace re-Dame dans ntme rayonne à Not — Le pentagram Ouen à Sai de d nor e ros cœur de la nale d'un vitrail, aueill le rose nord desurlatoutcathleédra s la merv euse Rouen, et danSai rpou -Chapelle, à Strasbourg, et ‘ d'Amiens, à la denteWes tminster. tour de l'abbaye ail iers possèdeoleuncenvitr nt-Pierre de Poit Sai e ral — La cathéd dans une tra de l'absidi ratileve grande fenêtrsae com célèbre, encdehasl'édséifice. Sa cons position figu sous truction, une du chevet cordance remarq structure uable avec sont d'une con très d'or bre nom n la proportion duActes du 87° .congUne jacente restituéeaselo des rès les s faite dan belle étude en été a Elis Mie 1962, Archéologie, Poitiers, Par LES SIGNES LAPIDAIRES leoni, geAr ar ug de Pythagore et de Platon a de Poséidon de Pate ChoteLe itualité yetemple chemin de joie sereine, ‘od s'unit hone ae au divin, quelle qu'en soit la conception établie. l'homme C* Henry SOULARD, DOCUMENTATION ET OUVRAGES CONSULTÉS Matila > C. Guyxa,, Le nombre en d’ d'or.. Rit 7 et rythmes es pythagor ici iciens Ss a. ee Étude sur la structure géométri sn delaLibano Saint-Pierre de cele Mamie i national gie, sociétés savantes,A Poitiers, 1962, > section = Jocelynyn MercıER, et M. LAFFRAY, spécialiste de l'étude des habiee tations souterraines, ines, SiSignes lapidair ida es relevés dans églisede Vernoil-le-Fourrier (Maine-et-Loire) rete ee Divers documents personne ls. ah ntes, sociétés sava est . Ce chef-d'œuvre de l'art roman, dont l'auteur Maillard des résonances aite démonstration intr inconnu, est la plusieparf du nombre d'or, qui oduit l'unité linéaires, de l'eurythm itrai quan _226

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Sceau lapidaire byzantin (Sainte - Sophie) Grille en quadrature D'après l'ouvrage de Matila C.GHYKA "Le Nombre d'Or" Rites et rythmes pythagoriciens dans le développement de la civilisation occidentale Sceau lapidaire gothique Saint-Etienne-de-Vienne Grille en quadrature D'après l'ouvrage de Matila C.GHYKA "Le Nombre d'Or" + Rites et Rythmes pythagoriciens dans le développement de la civilisation occide ntale 1 Sceau lapidaire roman Tour de Barberousse à Gelechausen Grille sur quadrature D'après l'ouvrage de Matila C.GHYKA "La Namhre d'Or"

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ZIDANE CK I GN | > ORAZ BY IN, INSANA VA SIA SÁ \ S R A ZL? V ETRY Sceau lapidaire gothique Grille sur triangulation D'aprés l'ouvrage de Matila C.GHYKA "Le Nombre d'Or" Sceau lapidaire gothique Cathédrale du HRADSCHIN a Pragu e Sceau lapidaire gothique Grille sur triangulation "Le 4 de chiffre Grille sur triangulation D'après l'ouvrage de Matila C.GH YKA “Le Nombre d'Or" age de Matila C.GHYKA ‘ouvr ponga FRITES "Le Nombre d'Or'