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SARTRE y
4.0.
PLAN DES LIVRES 1
DU
‘DE
MYSTERIIS®
ET Il
DE JAMBLIQUE
H.D. Saffrey
Ce n'est pas au P. de Strycker. ce platonicien éminent, que l'on doit rappeler la
vertu essentielle au dialecticien selon Platon, celle de savoir découper Ja réalité,
«en suivant les articulations naturelles et en tachant de ne rompre aucune partic,
comme ferait un cuisinier maladroit» (Phédre 265e). Or on doit traiter les textes
philosophiques comme le philosophe s'efforce lui-même de traiter la réalité, et
en dégager l'ordre raisonné des pensées.
Mais, dans le cas du philosophe
Jamblique, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'une telle entreprise n'est pas
facile : il ne brille pas par la clarté de son style, et l'on doit rappeler le mot si
juste dans sa sévérité de A. Nauck : «Omnino Jamblichum arbitror eum esse
scriptorem in quo facilius possit dici quid debuerit scribere quam quid scripserit», dans les Prolegomena, p. 1x1, de son édition de la
Vie de Prthagore
(Petropoli 1884).
Successivement Theodor Hopfner!, Martin P. Nilsson? et le P. Ed. des Places?
ont scruté le plan du De mysteriis, aujourd'hui communément reconnu comme
une œuvre du néoplatonicien Jamblique*. Mais il semble que l'on puisse progresser encore dans l'analyse de ce texte qui constitue pour nous l'une des
sources fondamentales dans l'étude de la théologie du paganisme tardif. Le
premier éditeur, Thomas Gale (Oxford 1678), a divisé notre traité en dix parties,
et Th. Hopfner a remarqué que, au moins pour les cing premières, le texte est
en ordre et que la division fondée sur le contenu du traité donne satisfaction.
Il est évident que, dans un texte de cette nature et relatif à la philosophie de la
religion, l'organisation de la matière a une importance spéciale et porte en ellemême une intelligibilité.
i.
Tu. Horrner, Ueber die Geheimlehren von lamblichos, Leipzig 1922. xx-xxmo et UM,
Suppl. Bd tv, 1924, s.v. Abammon.
2.
M.P. Nivsson, Geschichte der Griechischen Religion”, Bd. 1, München 196i, 445-452.
3.
Ep. pes PLACES, Jamblique : Les mystéres d'Égypte (coll. des Univ. de F rare), Pare 1966,
8-12.
4.
Le De mysteriis est en fait la réponse d'un certain Abamon à une lettre de Porphyre à
l'Égyptien Anébon. Abamon est un pseudonyme pour Jamblique, sur la signification duquel
on nous permettra de renvoyer à H.D. SAFFREY, Abamon, pseudonvme de Jambl.que, dans Philomathes, Studies and Essays in the Humanities in Memory of Philip Mertan, Ihe Hague 1971,
Pagina 2
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)De ce point de vue, il ne faut pas attacher trop d'importance à l’occasion de
cet écrit, qui est la réponse à une lettre de Porphyre à Anébon: partout Jamblique s'efforce d'élever le débat au niveau des objets en cause : «Puisqu'il faut
les mentions des mots qui expriment la classification et les divisions qui y président. Dressons ce relevé.
14, p. 10.14
wr
iSwWpara ... ols explora: am dA
ad hominem, quant à nous pour cette raison nous ramenons cette question dispup. 12.1
... Statpeccy ets Seageopar TV KpeıTTrorwı YEvOr,
tée hors du sujet à une discussion bien raisonnée et théologique.»* Jamblique
porte donc le débat au fond, et c'est ce qui convient au genre littéraire de la
Lettre de Porphyre à Anébon, qui appartient au genre des Zétémata. comme
l'a bien vu J. Geficken : «Der Brief gehört zur Literatur der Aporien oder
‘Probleme’»* Aux questions de Porphyre. relatives à la philosophie de la religion, Jamblique s'efforce de répondre en distinguant les problèmes. Je me
bornerai ici à analyser la manière dont Jamblique traite les deux premiers.
En effet, après une introduction générale (1 1-2, p. 1.4-7.1 I), et après avoir
mentionné la question de l'existence des dieux pour l'éliminer (1 3. p- 7.12-10.9).
Jamblique développe deux grands problèmes : 1. les manières de classer
le
p. 10.10-69.19), et
2. les apparitions divines (11 3-11, p. 70.1-99.8).
Une première correction apparaît ici qui met en cause le début du livre 11. Il est
clair que le début de 11 I, p. 67.1 : det Sé 8) Kat roûro mpoouTodeyOnvat
got, est une addition à ce qui précède immédiatement, tandis que la conclusion
de tout le livre 1 et le passage au livre 11 se trouve à Ja fin de 112, p. 70.1-9 :
Tovaúrys odv oùons KabdAov Sradopás Ev aúrois, oùkéri dei aupioBnrei ...,
am emi ras émipaveias adrav Badiotua.
La
transition
est
clairement
signifiée : fin du traité de la différence générale entre les dieux, début du traité
15, p. 18.1
16, p. 20.13-14
18. p. 23.9
p. 29.9-10
110, p. 33.12-13
p. 33.16
115, p. 45.9-10
p. 46.5
p. 49.8-9
ı 20, p. 61.62
wi, p. 67.1-2
12, p. 70.1
Tavrny $7 odv THY Biaipetrr cen
... THY Tüv TeTTApwr yevóv diaipeorr,
|
|
... THY ÚTTO aod diakpiow, |
|
öutit,
Kpeprr
vie
yy
Seavop
THY
... TIPOS TQUTIV
yerwy,
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KperTT
... epi ris ... dtavoums Ta
|
|
|
... TAUTRY ... TH diaipeow,
. . em GAAny ... avridiaipeow Hew pos daipovas,
TO per On THS Braspésews er
vee TEPL TAVTNS TIS Siaspecawss
u
Be
one
ne
TOUS
...
vor
Staxpi
TO
... TI
Saiuuwr Tpwos Kal duxñs tivi pen Apio,
Tocayrns od odans kaËôhou Sapopás
L'unité du livre | apparait alors avec évidence. De
tout l'ensemble 1 4-11 2, que désormais nous appelons le livre 1. Il suffit de relever
5.
De myst.18, p. 29.11-15. Je cite d’après l'éd. des Places, le numéro des pages est celui
de
Véd. Parthey, reproduit par des Places dans la marge intérieure; les traductions sont revues.
Dans ce texte, «ai queis ne peut vouloir dire : "nous aussi’, qui ne donne aucun sens;
il s'agit
ici d'un «ai adverbial et surabondant comme souvent chez Jamblique, voir L.
Deubner,
Bemerkungen zum Text der Vita Pythagorae des Jamblichus, SB. der Preussischen Akademie
der Wiss., Phil. — Hist. KI., Berlin 1935, 636-637.
Cf. J. GEFFCKEN, Der Ausgang des Griechisch-Rômischen Heidentums, Heidelberg 1920,
67; et De myst. 1 1, p. 4.1 raw vovi mpoweipevan npoßAnkarwv; 1 2, p. 5.15 dAcoodor ... 7:
«puwrnua; P. 6.2 rà &’alAdpula Inrnuara ; p. 7.11 dfwôpela rv ody epwrnoewr; 1 4, p. 10.13
15.4 ent row dacxpow dv eneinmoas; 1 15, p. 46.7 & de...
a 8" émbmreis ¡Suspara; 1 5, p.
amopeis; 1
18, p. 52.18-19 4 8 ¿Ens emlyrnas; 1 20, p. 61.7 els Siddvow dv
ewelnrmoas ;
3, p. 70.10 émiênreis ; n 11 (en réalité début de 11), P. 99.9 érì ras mepi tis pure
Inrnoes
Porphvrios ‘Symmikta Zetemata”
(Call. Zetemata, Heft 20), München 1959, 1-6.
7. Cette division a été vue par Hopfner, Ueber die Geheimlehren.... p. 46. Notons que
le
passage du livre 11 au livre 11 se fait par une formule analogue, P- 99.8-10 : deî rvívew rabra per
“dimen Sri dl ras mepi ris parres Cyrpocs peredbeîv ....
les héros
sie
s.
de
‘ as eba
et les âmes divines. Cette classification établie dans le livre 1 a
l'organisation du livre 1. On voit donc comment se partagén les rr san
s,
masses constituées par chacun de ces deux livres. Apres les avoir ainsi dégagée
passons maintenant au détail de l'analyse.
Introduction et chapitre 3 du livre I
Le plan d e l'introduction a été bien vu
par Fr. W. Cremer* et ne presente aucune
difficulté particuliére. Cette introduction recouvre les chapitres | e
et se divise en trois parties :
A.
(11, p. 1.4-3.14) : Prologue.
t 2 du livre |
o
B. (11, p. 3.15-5.8) : Distinctions préliminaires, u
C. (12, p. 5.9-7.11) : Méthode suivie dans ce traité.
En voici l'analyse :
6.
nereAßeiv, etc. Sur le genre des zérémata, cf. H. DORRIE,
cette classification résulte la
division générale du divin en quatre classes : les dieux, les démon
de leurs apparitions’.
On voit d'ailleurs facilement que cette classification du divin fait l'unité de
|
|
(scil. ra xpeittova yevn),
viser l'argument et la connaissance des dieux et ne pas se contenter d'argumenter
divin (14-112,
on
*DE MYSTERIIS DE JAMBLIQUE
H.D. SAFFREY
282
7
A. (11, p. 1.4-3.14) : Prologue.
nos grands Anciens,
Eloge du dieu Hermés, mettons-nous à son école comme Expos
e
la fiction
é> dede “i
Ex
: rite et Eudoxe (p. 1.4-3.5).
Pythagore. Platon, Démoc
p
disci
son
de
littéraire y le maître Abamon (= Jamblique) répond à la place
Anébon (p. 3.5-14).
o
B. (11. p. 3.15-5.8) : Distinctions préliminaires.
us (Beitrag
8. FRIEDRICH W. Cremer, Die Chaldiischen Orakel und Jamblich De muster
=
zur klassischen Philologie. Heft 26), Meisenheim 1969, 7-9.
Pagina 3
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)SAFFKEY
On doit énumérer les problèmes et distinguer leurs types selon les théologies*
- d'où ils proviennent et selon les types de connaissances en lesquelles ils se formulent (p. 3.15-4.4). Énumération des problèmes : confusions malheureuses.
erreurs sur la cause, contradictions, méconnaissance complète de toute la
théurgie (p. 4.5-11). Ils proviennent’? de trois théologies : chaldaique, égyptienne (= hermétique), philosophique (p. 4.12-5.1). Ils se situent à deux niveaux de
connaissances : opinion vulgaire, notions communes (p. 5.1-8).
C.
(12, p. 5.9-7.11) : Méthode suivie dans ce traité.
1. Pour les traditions sacrées (p. 5.9-14) :
Mı>SikKtı)
ML
ws
I
DA GMEIODRLIQZU
Apres cette introduction générale, commence le développement proprement
dit, et le premier point, porte sur existence des dieux (13, p. 7.12-10.9). D'après
Jamblique, cette question ne doit méme pas étre posée, car nous avons des
dieux une connaissance innée qui ne reléve pas de Ja critique rationnelle et qui
explique notre désir naturel du Bien (p. 7.12-8.2). A vrai dire notre relation
aux dieux ne peut même pas s'exprimer en termes de connaissance, mais plutot
en termes de contact. Il n°y a pas de place en effet pour l'altérité nécessaire à
toute connaissance. Ainsi toute discussion philosophique au sujet de l'existence
des dieux est radicalement éliminée au profit d'une conception de leur absolue
transcendance en eux-mêmes et de leur immanence en nous, qui constitue une
a. doctrines chaldaiques, Jamblique donnera son avis (p. 5.9-10),
b. doctrines hermétiques, il les révélera clairement!! (p. 5.10-14).
2. Pour les problèmes philosophiques (p. 5.15-7.12) :
a. Solution d'après l'autorité d'Hermés, qu'il s'agisse de questions fondées
sur l'opinion vulgaire, que l'on résoudra par des exhortations indulgentes
ou par la manifestation de leur absurdité. ou qu'il s'agisse des questions
fondées sur les notions communes, auxquelles on répondra clairement
(p. 5.15-6.7);
b. dans les questions qui engagent la théurgie pratique et dans celles qui
expérience immédiate (p. 8.3-13). On doit faire le même raisonnement pour les
autres classes divines : les démons. les héros. les âmes pures: il n'y a d'eux tous
aucune connaissance rationnelle ou dialectique. mais ils coexistent de toute
éternité dans les âmes (p. 8.14-10.9). Dans ce chapitre 3, Jamblique s'emploie
donc à éliminer un faux-problème.
Chapitres 14-11 2
Alors nous arrivons à ce qui est le premier problème théologique vraiment
rationnel: on ne peut que mettre sur le chemin des intuitions qui conduisent
traité dans le De mysteriis : la classification du divin. Jamblique examine
successivement les diverses manières de classer le divin, proposées par Porphyre,
au voisinage de l'être; mais à toutes les questions d'ordre rationnel. on donneet il les ramène à sept.
relèvent de l'ordre intellectuel, impossible’? d'en traiter par le seul discours
ra une solution complète! (p. 6.7-7.2).
3. Dans tous les cas, on traitera chaque problème selon sa méthode propre :
problème théologique. théologiquement: problème théurgique, théurgiquement; problème philosophique, philosophiquement, qu'il s'agisse de métaphysique, d'éthique, etc. (p. 7.2-11).
1. Par les propriétés : chap. 4-7,
2. Par la référence à un corps ou à un lieu : chap. 8-9,
3. Par la distinction entre ce qui est sujet au pätir et ce qui est non sujet au
pâtir : chap. 10-14,
u
4. Par la distinction entre ce qui est pur intellect et ce qui n'est que participant
de l'intellect : chap. 15,
9.
P. 4.1-2, je voudrais conjecturer la lecture : dò rivwr re elAqrra Beim Beer [lac. 7
litt. M : @eodoyaw P des Places émormu&r
Sicherl) rá aroppruara S:eAPwpev, et voir dans
and ... Geiwy Bewprov une réminiscence de PLATON, Rép. vn, 517d4-5 et aussi l'explication
du Beodoyiov de P.
10.
P. 4,12, il ne faut pas aller à la ligne, le ydp explicite immédiatement les mots : roAMaxößer
.. Kai ano d:adepovedy émaorqu&r, Qui précèdent.
11.
Il est intéressant de noter en passant la modestie relative de Jamblique lorsqu'il s'agit
des doctrines chaidaiques et l'affirmation de son autorité lorsqu'il sera question des doctrines
égyptiennes. Cette nuance est évidemment imposée par la fiction qui présente Jamblique
sous les traits du prêtre égyptien Abamon s'adressant à Porphyre, lui-même bon
connaisseur
des Oracles chaldaiques qu'il avait utilisés dans ses ouvrages (cf. H. Lewy, Chuldaean Oracles
and Theurgy, Le Caire 1956, 449-456; Excursus 11 : Porphyry and the Chaldaeans):
il convenait
donc que Jamblique réponde à son ancien professeur plutôt comme un docteur-ès-doc
trines
égyntiennes, en lesquelles Porphyre devait être moins bien informé.
1!
P. 6.8 : lire dôÿraror Gale : Buvarér codd.
I}
Le plan de ce paragraphe
Note complémentaire sur
a été bien vu par L.G. Weste
la p. 41.
rink, upud des Places, p.
217-218 :
5. Par Vincorporeité : chap. 16-19,
6. Par l'invisibilité : chap. 20,
3bis. Note complémentaire au sujet du pâtir : chap. 21,
7. Différences entre les démons, les héros et les âmes : n, chap. 1-2,
8. Conclusion générale et transition au livre Il.
Nous avons là un ensemble très solidement construit. car on voit bien que la
classification par l'incorporéité, ou par l'invisibilité qui en dérive, résulte elleau
méme de la distinction entre ce qui est sujet au pàtir et ce qui esi non sujet
tés
proprié
les
par
cation
classifi
e
pätir. On voit bien aussi que si la premier
s'applique aux dieux proprement dits, les classifications qui suivent permettent
plutôt de distinguer la classe des dieux de celle des démons. el pour Fey a
dernière classification s’appliquera uniquement à manilester les différences
entre la classe des démons et celle des héros ou celle des ames divines. Nous
parcourons ainsi la hiérarchie divine du haut en bas. en distinguant les échelons.
Pagina 4
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DATCTTRET
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4
A. La bonté des dieux (p. 15.1-18.6)
D’abord les classes extrémes : la classe des dieux se caractérise par le bien
Classification par les propriétés
chap. 4-7
ITepi pev odv Tis mpwrns dpyîjs ev quiv ..., rouaôra Tpós cè Àéyw - & 8
émêmreis ôwpara tiva éariv éxdotw Tv Kpertrdveny yevdr ..., et s'achève
ar” ovaiav (p. 15.5-11), tandis que la classe des âmes divines a le bien reçu
d'un autre mais fermement possédé (c'est la distinction entre être et avoir),
et dans ces âmes une fois incarnées, cette possession devient fragile (p. 15.1216.5). Entre ces deux classes extrêmes. on trouve deux classes intermédiaires.
à la fin du chap. 7 par ce point final (p. 23.7-8) : Totaúra 57) odv voetodw
Beiww yevav ra idtwuara. On ne peut donc avoir aucun
doute sur l'unité de ce long passage.
celle des héros, encore proche des ämes mais supérieure en puissance, excellence,
beauté et grandeur, et celle des démons qui ont la propriété de rendre visible la
bonté invisible des dieux (p. 16.6-17.7). Ces classes intermédiaires assurent le
Porphyre ayant lui-même mal posé la question, les propriétés sont d'abord
lien de tout l'ordre divin qui fonctionne par une zpoodos darò rów BeAriôvanr
émi Ta éAdrrova et une avaywyn UNO THY Úrodecorepwr emi TU TpOTEpa
Cette suite de chapitres est bien délimitée par une première phrase solennelle,
concluant le chapitre précédant et ouvrant le nouveau chapitre 4 (p. 10.10 ss.) :
Tv mpwrwv
présentées d'une manière négative. En effet les dieux ne se distinguent pas
comme des espèces dans un genre par des différences spécifiques (p. 10.10-11.16).
ni par l'opposition de l'action et de la passion (p. 11.17-12.14), ni par la composition de substance et d’accidents (p. 12.15-14.3). mais Kara ro TpOTEpor
Kat Vvorepor, C'est dire que les dieux et les classes divines forment un ordre
hiérarchique (p. 14.4-20). La raison profonde de ce fait tient à ce que les dieux
n'ont entre eux unre xowuriav ovoias piav pyre etrodlovoav (p. 10.18),
donc la classe des dieux, celle des démons, celle des héros, celle des âmes
divines, ne forment pas chacune un même genre. bien plutôt chaque dieu.
chaque démon, chaque âme divine. épuisent chacun son propre genre, et se
distinguent les uns des autres comme le deúrepov du wpörepov, à savoir
kat’ ovatav te OAnv Kai mavri rw yévet (p. 11.3-4). Il vaut donc mieux parler
de classes que de genres lorsqu'il s'agit des dieux. et il ne faut pas croire que
reconnaître aux dieux des propriétés revienne à les classer en genres et espèces,
c'est seulement les caractériser par leurs attributs essentiels!
+,
(p. 17.7-18.6).
B.
L'unité des dieux (p. 18.7-20.12)
La deuxième propriété est l'unité, qui est absolue dans le cas des dieux et qui
fonde en eux la stabilité dans l'être et la fonction d'être cause: les ames au
contraire ont le pouvoir de se multiplier par leur incarnation et leurs réincarnations par la métensomatose (p. 18.7-19.8). Les classes intermédiaires restent fidèles à leur rôle d'assurer la continuité entre les extrêmes, et c'est pourquoi la
classe des démons reste dans l'unité bien que pluralisée, et celle des héros met en
évidence la pluralité en conservant l'unité (p. 19.8-20.12).
C. Énumération des autres propriétés (p. 20.12-23.8)
Pour faire bref. Jamblique énumère seulement les propriétés qui caractérisent
les classes extrêmes, pour les classes intermédiaires il suffit de transposer :
(p. 15.1-18.6) et l'unité (p. 18.7-20.12), puis il énumère sans les justifier, par
souci de brièveté, les autres propriétés qui distinguent les classes extrêmes, dieux
~
Tedevtator
Urepéyov
-
aroderopevor
oAoTEA€s
~
aredeorepor
~
oùre oda oùre atpows vdre e€aidry
akpoy
Cela dit, Jamblique passe maintenant à un exposé positif des propriétés
divines (chap. 5-7), il fait d'abord ressortir les deux principales : la bonté
e
2
e
marra Övvaraı aya
>
La
lodre auepiorws
$
A
;
>
5
là
LA
Exe: duow ériveven
et âmes divines (p. 20.12-23.8)!5.
-
>
Eaidinr x
*_
=
,
’
3
>
18
x
SA
La
-
ados aroyevvá
,
a
’
Avec ces chapitres sur les propriétés des dieux, nous sommes donc en présence d'un
atrıov mavrwv
~
€€ attias nptynpevor
petit traité des attributs divins, comme dans la Théologie platonicienne de Proclus, où ce
traité occupe la moitié du premier livre, chap. 13-29, cf. H.D. SAFFREY et L.G. WESTERINK,
Ta TEAY ovveiAnde
en
JueraBaives ao TOV aTedo ix €iv TO
~
perte
reves RMITEUT
À
Kaii nevi
OT
KalKai oyéoei
{for
14.
Proclus, Théologie platonicienne 1, Paris 1968, CLXXXIX-CXCIt.
15. Si l'on nous accorde cette organisation de la pensée, il en résulte que l'actuelle division
de ce passage en chapitres est fautive et qu'il faudrait rétablir la division suivante :
>
>
%
=
>
ai
n
di ig
= .
|redcıov
+
) PETPOU
|
t
TAVTOS
KPEÎTTOV
Tois ano rar denrepun per TPOIS
Kai dveideov |
eidomorelrut
chap. 5, p. 15.1 — 18.6 : la bonté des dieux,
chap. 6, p. 18.7 — 20.12 : l'unité des dieux,
etc.
Chap. 7, p. 20.12 — 23.8 : les autres propriétés divines.
En effet, le début du chap. 6 est évidemment marqué par une forte ponctuation
: Kar’ ¿AAy»
¥ adfis adopuñy ..., à moins qu'on veuille même. comme c'est l’usage en grec, faire
>
commencer
le chap. 6 à p. 18.1 : Turn 89 où ri» daipeow ..., qui est le résumé conclusif de ce qui précède (chap. 5). De plus, le début du chap. 7 mentionne les deux points de vue étudiés (la
bonté et l'unité) et passe à la suite (p. 20.12 ss.) : “Oróre dij cin «mi 709 bre nata edódus ...
drenAnpwoapuer ..., em THY aMdwr ... efapreiv ciopeda ....
Pagina 5
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H.D. SAFFREY
3.
2.
chap. 8-9
Démonstration de la fausseté de cette classification dans le cas des dieux qui
transcendent tout le corporel et en sont détachés: ce serait comme définir
Socrate par le fait qu'il appartient à une classe de citoyens, qui est actuellement
au gouvernement! (p. 23.9-24.3). C'est de l'extérieur que les dieux gouvernent
les corps (p. 24.3-5). Et de ce fait les corps reçoivent tout des dieux, les dieux. rien
des corps (p. 24.5-14). Définir les dieux par référence aux corps, ce serait donner
aux corps une supériorité sur les dieux; s'il y a des rapports entre les deux,
c'est par un choix souverain des dieux (p. 24.15-25.6). Il n°y a qu'une seule
exception : le cas des âmes particulières dont le corps choisi par elles conditionne pour une part leur type de vie (p. 25.7-13). Mais rien de tel dans le cas
des dieux, c'est d'eux seuls que proviennent aux inférieurs l’ordre, la mesure
|
On a donc démontré que voilà autant de faux problèmes. Si les dieux étaient
par un corps cantonnés dans une partie de l'univers (p. ex. l’éther), leur action
ne pourrait s’exercer au-delà de la voùte céleste (p. 26.16-27.10). Ce qui est
évidemment absurde pour trois raisons : a. la force qui les retiendrait devrait
leur être supérieure (p. 27.10-28.1): b. si ce n’est pas les dieux qui ont créé le
monde d'ici-bas, qui est-ce? (p. 28.1-5);
Classification par la distinction entre
ce qui est sujet au pâtir et ce qui est non sujet au pâtir chap. 10-14
Classification par référence à un corps ou à un lieu
et toutes les propriétés qu'ils peuvent avoir (p. 25.13-26.15).
ody
c. et surtout, avec cette théorie, on
rend inutile et inopérant le culte religieux et la théurgie qui supposent la présence des dieux : c’est donc absurde!* (p. 28.6-29.3).
Cette classification selon les lieux est donc mensongère!", on ne s'y est arrêté
que parce qu'elle conduit à une vraie question théologique, celle des lieux où les
dieux exercent leur protection spéciale, p. ex. les dieux hypochthoniens ou
chthoniens, les dieux des eaux ou les dieux des airs (p. 29.4-30.10). Dans le
monde physique, la lumière est une, mais chaque partie du monde en prend
sa part. A fortiori chez les dieux, tout est uni sans division. Toutefois c'est la
relation de créateur à créature qui enracine la présence des dieux dans des
créatures elles-mémes divisées et localisées : et voilà le fondement des affinités
qui unissent aux dieux les éléments du monde, et partant de la théurgie
(p. 30.11-33.11).
Après cette classification’, la suivante ne convient pas davantage. Les dieux ne
sont d'aucune façon sujets au pätir, ni au sens d'une contra-distinction d'avec
ce qui est sujet au pâtir, ni au sens où, naturellement sujets au pâtir, ils en seraient délivrés par une disposition spéciale (p. 33.16-34.7). Cela est vrai en
particulier pour le degré le plus bas de la hiérarchie des dieux. les Ames; quelles
soient ou non incarnées, elles ne sont soumises ni à la génération ni à la corruption (p. 34.8-36.5). Cela est encore plus vrai pour les autres classes de dieux
qui sont supérieures aux âmes (p. 36.6-37.3).
Les vrais problèmes théologiques sont alors posés sous forme d'objections a la
théorie générale. Si les dieux sont non sujets au patir, comment agit-on dans le
culte public en leur offrant des sacrifices comme s'ils étaient sujets au pätir? Ces
actions liturgiques sont ou bien purement symboliques ou bien au bénéfice du
fidèle et pour sa purification (p. 37.4-21). A la limite, les dieux n'ont pas besoin
des hommes pour leur rendre un culte, leurs propres créations y suffisent
(p. 38.1-9). Le culte se justifie donc comme étant un acte pur offert aux êtres
purs, un acte non sujet au pâtir offert aux êtres non sujets au pâtir (p. 38.10-13).
Exemple des phalloi et de l'aischrologia (p. 38.13-39.13). Note sur la catharsis,
guérison de l'âme (p. 39.14-40.15).
Autres objections : si les dieux ne sont pas sujets au patir, comment expliquer
les invocations" (p. 40.16-42.5), les évocations (p. 42.6-] 7), les rites d'apaisement
de la colère des dieux (p. 43.1-15) et les sacrifices expialoires (p. 43.16-44.10).
comme aussi les prétendues contraintes exercées sur les dieux (p. 44.41-45.4).
L'argument des démonstrations est partout le même : ce n'est pas le divin qui
devient sujet au pátir, c'est l'humain qui participe à l'impassibilité divine. Au
passage. on peut distinguer une sorte d’excursus sur la colère des dieux qui
n'est pas une passion (p. 43.2-15), et le tout s'achève dans une conclusion
générale qui réaffirme le bien-fondé de la théurgie (p. 45.4-8).
19. On remarquera combien, à partir d'ici, les grandes divisions sont clairement indiquées !
début du chap. 10, pera Sè rawrmv (scil. Biaipemv) ... (p. 33.13): début du chap. 15. an ae
ravrny én’ dMyr ... avridiaipeou ... (P. 45.10); début du chap. 16. éyerar dé matins Incl.
ris Siatpévews) ... tp. 49,10); début du chap. 20, 76 Sé perá roùru ... (p. 61.5); début de nl.
dei Sé 8} Kai robro mpocaroderyBivai co ... (p. 67.1). D'autre part, ni Porphyre. ni Jumblique,
ne pouvaient ignorer que la distinction entre ce qui est sujet au pátir ci ce gui ext non sujet
16.
Cette comparaison a inspiré à Thomas Gale (p. 191) l'observation très pertinente que
Jamblique, en la faisant, oublie un instant qu'il s'est donné le rôle l'un prêtre égyptien, de la
au pâtir, dont il va être question maintenant pour fonder une nouvelle classification des dieux,
avait été utilisée par Plotin pour distinguer précisément les démons des dicus, vl Inn. u 5
-
part duquel cette allusion à Socrate est évidemment étrange.
(50), 6. 7 ss. Toutefois on ne peut déceler dans le texte du De mysr. aucun écho de la probléma
17.
P. 28.16, il ne faut pas aller à la ligne, le paragraphe continue jusque p. 29.3.
tique plotinienne.
18.
A mon avis, la phrase : “On pèr obv 7 ¿An Siaipeors aërm deudrs cori ... (p. 29.4), marque
le véritable début du chap. 9, qui comme toujours résume le développement précédent et
introduit le vrai problème théologique qui sera traité dans ce chapitre.
20. P. 41.12 il ne faut pas aller à la ligne. «Ces actions elles-memes fa savour celles des
théurges, p. 41.6) montrent que ce dont nous parlons (à savoir le rappel des ¿mes par les
dieux et leur conversion, p. 41,7-10) est salutaire pour Fame...»
Pagina 6
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5.
4.
NI
chap. 15
Voici une nouvelle classification : les dieux sont des intellects purs (c'est un
dogme admis par une branche de la tradition platonicienne?!), tandis que les
démons ne sont que participants de l’intellect. En réalité cette distinction
transportée du niveau inférieur entre les démons et les âmes ne convient pas ici
aux dieux qui sont dans une transcendance absolue (p. 45.9-46.5).
Mais laissons de côté cette distinction? pour examiner le problème théologique sous-jacent, celui de la prière : faut-il prier des intellects purs? Il s'agit
évidemment de la prière à haute voix. et le problème est de savoir si un intellect
pur peut entendre une voix. En vérité, ce sont les dieux eux-mêmes qui forment
en nous les prières, surtout dans le cas des prêtres, et ils ne reçoivent pas nos
prières comme quelque chose d'étranger à eux (p. 46.5-47.11). Même chose
pour les supplications : c'est le sentiment de notre néant qui nous jette dans
la supplication dont les formules révélées par les dieux sont évidemment divines
et non pas humaines (p. 47.12-48.13). Même chose enfin pour les offrandes
dont le caractère temporel n'est
qu'une amorce pour le véritable contact
spirituel avec les dieux (p. 48.14-49.5). Par ces trois rites s’accomplit une
intimité aussi grande que possible entre nous et les dieux?* (p. 49.5-9).
LVL
J/AWMDLENUE
«Y
Classification par l'incorporéité
Classification par la distinction entre
ce qui est pur intellect et ce qui n'est que participant de l'intellect
OACAIO
chap. 16-19
Comme les précédentes, cette distinction entre le corporel el l'incorporel est
rejetée comme trop générale (p. 49.10-50.1). On ne peut savoir si ces propriétés
sont communes à un même genre ou désignent des entités multiples appartenant à des genres différents : les dieux. les idées, les entités mathématiques ...
(p. 50.1-8). Dans le cas des démons, on n'a même pas défini s'ils ont des corps
ou s'ils sont seulement montés sur des corps, comme le pensent d'autres philosophes®! (p. 50.8-13).
Mais comme d'habitude, si l'on va au problème de fond qui est caché
derrière cette distinction inadéquate, on voit que se trouve mise en question
toute la religion cosmique. Si les dieux sont incorporels, comment le soleil, la
lune et les étoiles sont-ils des dieux”? (p. 50.14-18). La réponse tient en trois
points : a. les dieux cosmiques ne sont pas enveloppés par les corps célestes,
c'est eux qui enveloppent les corps célestes par leurs vies et activités divines
(p. 50.18-51.2); b. les dieux cosmiques ne se convertissent pas vers les corps.
mais ont le corps converti vers le dieu qu'il a pour cause (p. 51.2-3): ce. les
dieux cosmiques ne sont pas empéchés par le corps de mener leur vie propre,
intellective et incorporelle, et par suite ils ne donnent à leurs corps célestes
aucune attention particulière qui pourrait les distraire de leurs tâches (p. 51.410). Suit une sorte de note de bas de page” sur le statut du corps céleste et son
apparentement à l'essence incorporelle des dieux (p. 51.11-16).
Aussitôt une seconde question se pose : si les astres sont des dieux, comment
les uns exercent-ils une bonne influence, les autres une influence malfaisante?
21.
Le critère du véritable Platonisme depuis Plotin est la doctrine de l'Un conçu comme
premier dieu. Une autre lignée de lu tradition platonicienne, cherchant à harmoniser Platon
et Aristote, faisait du premier dieu un intellect pur. C'est à cette branche de la tradition, celle
du Moyen-Platonisme, que Porphyre et Jamblique font allusion, cf. H.D. Sarrrry et L.G.
WESTERINK, PROCLUS, Théologie pluronicienne 1,
131 (dans les Notes complémentaires, p. 7.
Cette manière de parler, répond Jamblique, est celle des faiseurs d'horoscopes,
mais ne correspond pas à la réalité. La vérité c'est que toutes les influences
exercées par les astres sont bonnes. mais aussi qu'elles sont reçues dans une
nature matérielle sujette au désordre. Nous atteignons ici ce que l'on pourrait
n. 2), et surtout Fritz-P. HAGER, Der Geist und das Eine, Untersuchungen zum Problem der
appeler les limites de la participation qui tiennent aux insuffisances du sujet
Wesensbestimmung des höchsten Prinzips als Geist oder als Eines in der griechischen Philosophie
récepteur" (p. 52.17-57.3).
{Noctes Romanae 12), Bern und Stuttgart 1970. Encore un moment où Jamblique semble
oublier qu'il parle en prêtre égyptien! Il est aussi intéressant de remarquer le goût de Porphyre
pour la tradition du Moyen-Platonisme antérieur à Piotin.
22.
Personnellement j'irais à la ligne p. 46.5 avec les mots : Tò per dj ri: Bumpéoers ..., et
J'aurais fait de ce début un chapitre 15bis. On retrouve ici le même mouvement de pensée que
plus haut entre le chap. 10 et les chap. 11-14.
23.
Sur ces chapitres consacrés à la prière et au culte religieux, voir H.P. Esser, Untersuchungen zu Gebet und Gottesverehrung der Neuplatoniker (Diss. Köln) 1967. Esser n'a pas
procédé par analyse de ces chapitres, mais il cite largement les textes qui illustrent son propos,
voir les indices p. 119. 11 définit le sujet du De mysteriis comme «die Verhaltensweise des
Menschen zum Gôttlichen», ibid., p. 55, et comme «der Versuch. die heidnische Religion.
besonders die Mantik und den volkstümlich-magischen Kult, zu verteidigen, indem er
sie
philosophisch zu begründen versucht», p. 56-57.
24. La doctrine remonte évidemment à Tim. 4lel où Platon présente l'âme comme monte
sur son astre comme sur un char, Mais outre le fait qu'il s'agit ici des démons ci non des
âmes, la question du ‘corps astral’ a été extrêmement disputée dans la philosophie de la
période hellénistique et romaine; cf. E.R. Dopps, Proclus, The Elements of Theologs. ¿intere
1933 (2nd ed. 1963), Appendix n : The Astral Body in Neoplatonism, 313-321, Ov ne sail pas
a
quels philosophes Jamblique fait ici précisément allusion. Peut-être y asta une unbsation de
cette doctrine chez PLOTIN, Enn. 111 4 (15), 6. 46 ss.?
25. Ce développement est introduit par les mots : ei de dei ai rots ur, qui indiquent
bien qu'il s'agit d'une sorte d’appendice.
|
26. Ce chap. 18 ne présente pas de difficulté particulière. Pourtant te pretererals aller à la
ligne en p. 54.11 : "Aroma oi of ..., plutôt que p. 55.4, où le descloppement progresse
régulièrement. le mot 4 perdAmhue de $5.4 reprend 74 jeradnp sive de 84.17.
Pagina 7
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)H.D. SAFFREY
MYSTERIIS DE JAMBLIQUE
294
.« Enfin il faut marquer fortement l'union des dieux cosmiques et des dieux incorporels. On a déjà dit plus haut, au chap. 17, p. 50.18-51.16, l'indépendance
par rapport au corps des dieux cosmiques qui gouvernent le ciel par leur
cosmiques dont on vient de parler. C'est le démiurge qui a envoyé les signes ct
ihtellection des modèles intelligibles et par leurs seuls vouloirs (p. 57.4-14). On
que les hommes ne pouvaient pas avoir de ces signes et de ces symboles unc
connaissance rationnelle, qu'ils ont projeté leurs propres passions chez les
dieux. I] faut donc bien se garder de confondre les actes du culte que l'on praudit maintenant que les spécifications inhérentes aux corps visibles des dieux cosmiques existent sous deux formes, en tant que modèles dans l'intelligible et en
tant que copies dans le ciel, et que. entre ces deux formes d’existence, Il y a une
continuité qui résulte de leur unité réelle (p. 57.15-58.8). L'unité entre modèle
les symboles dont on use dans le culte, qui dépassent non seulement le domaine
des passions mais aussi celui de la raison (p. 64.9-65.14). C'est peut-être parce
que aussi bien envers des hommes qu'en l'honneur des dieux, les uns sont
méprisables, les autres vénérables (p. 65.15-66.16).
et copie fonde l'union entre les dieux cosmiques et les dieux intelligibles : la
7.
contemplation des modèles par les copies et l'association dans les mêmes
Différence entre les démons, les héros et les âmes
spécifications, déterminent la rencontre dans l'identité; ou encore procession.
ti, chap. 1-2
conversion, domination de l’unité, entraînent une conjonction indissoluble?”
Il s'agit d'une addition : quelle différence y a-t-il entre les démons. les héros et
(p. 58.9-59.4). Dans les êtres composés. l'unité qui est donnée peut être perdue:
les âmes (p. 67.1-3)?
et plus on s'élève sur l'échelle des êtres, plus on trouve que l'unité se renforce
a.
(p. 59.4-15). Dans le cas des dieux, dont l'unité est l'être méne, cette unité est le
(p. 67.3-9), relativement à leur essence (p. 67.10-15), relativement à leur puissance (p. 67.15-68.2), relativement à leur activité?* (p. 68.3-7).
fondement de leur communion (p. 59.15-60.8). Conclusion : l'ordre divin est
l'ordre de l'unité (p. 60.9-61.25).
6.
Classification par l’invisibilité
chap.
20
Différence entre les démons et les héros, relativement a leur production
b. Caractère propre de la classe des âmes. Dernier degré des classes divines.
l'âme peut s'unir, comme elle l'entend, aux diverses formes de la vie et s'en
séparer, depuis la forme angélique jusqu'à l'infini variété des formes vivantes
(p. 68.8-69.19).
Si les dieux cosmiques (visibles) et les dieux intelligibles (invisibles) sont si unis,
comment classer les démons par rapport à eux (p. 61.3-16)? Les démons se distinguent des dieux visibles par une différence d'essence (p. 61.16-62.3), et ils se
8
Conclusion générale et transition au livre 1
Ce n'est pas tellement en discutant sur les différences entre les classes, c'est
distinguent des dieux invisibles par le fait que ces derniers sont inconnaissables
plutôt en définissant la nature de chacune que l'on peut grouper les dieux par
(p. 62.3-9): mais visibles ou invisibles, les dieux règnent sur les démons (p. 62.10-
classes. Et maintenant passons aux apparitions des dieux (p. 70.1-9).
63.3). Un autre point de vue conduit au même résultat : les dieux exercent un
On le voit : cette conclusion porte sur tout le développement relatif aux
gouvernement universel, les démons. une action localisée (p. 63.4-12), les démons
classifications des dieux depuis le chap. 4 du livre I. Elle nous assure aussi
sont inséparables de ce sur quoi ils agissent, tandis que les dieux sont totaleque tout cet ensemble forme une unité et s'achève ici.
ment séparés du monde. Donc les dieux règnent et les démons sont au service
des dieux (p. 63.12-64.9).
Le livre 11
pâtir et non sujet au pâtir ne convient pas pour classer les dieux, il faut revenir
En même temps s'ouvre le livre 11 qui traite des apparitions des dieux. Ce livre
présente beaucoup moins de difficultés que le livre I et le plan en est assez simple.
Je ne donnerai donc pas pour lui une analyse de argument, j'indiquerai seuleseulement par des titres les différents paragraphes. Et d'abord la grande division
sur le problème de fond que pose cette distinction, à savoir le culte divin, parce
principale, qui repose sur deux questions de Porphyre.
que ce culte a été institué par les dieux et imite les divinités tant intelligibles que
I. Première question : comment distinguer entre elles les apparitions des
dieux, des archanges, des anges, des démons, des archontes el des âmes? La
3bis.
Note complémentaire au sujet du pâtir
chap.
21
Bien que Pon ait montré plus haut (chap. 10) que la distinction entre sujet au
27.
Il ne faut pas aller à la ligne p. 59.1, la phrase qui commence là reprend sous une autre
forme la phrase qui précède immédiatement en insistant sur le mouvement de conversion des
inférieurs vers les supérieurs, tandis que la phrase précédente mettait l'accent sur le mouve-
28.
ment de procession qui part de I’Un.
la ligne 68.8 avec les mots : OS-e $7 oùr Bbtwpiopéver ....
ll est évident que les lignes 68.3-7 appartiennent au chap. 1 et que le chap 2 commence à
Pagina 8
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)‘DE MYSTERIIS DE JAMBLIQUL
OL
3
13. comment cette pureté est celle des dieux* (p. 79.15-80.14),
14. une preuve : la matière réceptrice se consume (p. 80.15-81.10).
15. les dons qui proviennent des apparitions (p. 81.11-83.8).
16. les escortes des dieux qui apparaissent (p. 83.9-84.20),
17. les lieux qui apparaissent avec les dieux (p. 85.1-86.4),
réponse à cette question occupe les chap. 3 à 9 (Remarquer le début du chap. 9 :
»
ya
Tedevrator, p. 87.14).
2. Seconde question : il y a des apparitions qui nous trompent, comment cela
se fait-il? La réponse à cette question occupe les chap. 10 et 11.
Franz Cumont a bien caractérisé cet ensemble. Il écrit : «Les secrets qui assurent
18. la subtilité de la lumière des apparitions (p. 86.5-87.13),
la puissance du théurge lui sont confiés à l’occasion des théophanies qu'il est
capable de provoquer. L'extase n'est plus comme pour Plotin et Porphyre un
privilège rarement accordé, recherché dans une retraite solitaire par la suppression de toute activité, par l'abolition de la pensée dans une quiétude absolue.
Elle est produite par des actes et des formules liturgiques capables de susciter
les apparitions divines dans l'irradiation d'une lumière surnaturelle. Les
communications que le fidèle en reçoit sont les oracles révélateurs de toute
sagesse. Ces apparitions ont pour l’officiant une telle importance que le Livre
19. dispositions des spectateurs (p. 87.14-88.16),
20. biens procurés aux spectateurs (p. 88.17-90.5).
I! faut ajouter que dans chacune de ces vingt caractéristiques des apparitions
divines, Jamblique distingue et caractérise les apparitions des dieux, archanges,
anges, démons, héros, archontes et âmes. sauf dans le n° ] où les héros ne sont
pas mentionnés (peut-être faut-il supposer une lacune dans le texte).
des mystères s'attache à déterminer avec une prolixité d'une précision puérile
à quels signes on reconnaît les divers esprits de la hiérarchie que l'on veut
évoquer, dieu, archange, ange, démon, héros ou âme d'un défunt»2",
Ces signes donc, les voici.
I.
Les apparitions divines
chap. 3-93"
a. Les apparitions diffèrent selon les caractères généraux : essence, puissance,
activité (p. 70.12-17):
|
b. et par des différences particulières :
2.
Explications des apparitions trompeuses
chap. 10-11
a. Les dieux sont la vérité, la tromperie doit venir d'une faute dans l'opération
théurgique (p. 90.13-92.7). Mais il ne faut pas seulement voir les échecs. il faut
surtout considérer les succès (p. 92.8-93.9). Les phantasmes aussi, s'ils sont
correctement obtenus, sont toujours vrais (p. 93.10-94.21). Si l'on croit constater
des tromperies, n'est-ce pas parce qu'on confond les classes divines (p. 95.1-14)?
b.
Éthique de l'action théurgique : chap. 11 (p. 95.15-99.8).
On a souvent dit que le De mysteriis de Jamblique est un véritable manifeste
en faveur de la théurgie?, Dans une large mesure, l'analyse que nous venons
I. apparitions simples ou variées (p. 70.18-71.9),
de faire confirme ce point de vue. Il n'est pas exagéré de dire que le livre Il est
dans sa première partie une sorte de manuel du parfait théurge, et que, dans
sa seconde partie, il présente une défense vigoureuse de l'action théurgique
contre ceux qui brandissent ses échecs apparents. Mais dans le livre l aussi.
deux des grands problèmes théologiques traités amenent une justification de la
théurgie : celui des lieux où les dieux exercent leur action (fin du chap. S). ou
2. apparitions apaisantes ou terrifiantes (p. 71.9-18),
3. immutabilité dans les apparitions (p. 71.19-72-11),
4. paix ou trouble dans les apparitions (p. 72.12-73.5),
5. beauté des apparitions (p. 73.6-74.10),
6. rapidité des actions (p. 74.11-75.10),
7. dimension des apparitions (p. 75.11-76.14),
Il. mouvement et repos des apparitions®! (p. 78.16-79.6),
qu’ils protègent spécialement (fin du chap. 9); celui aussi de l'impassibilité des
dieux qui blanchit la théurgie de la fausse accusation d'exercer des contraintes
sur les dieux (fin du chap 14). Jamblique ne perd donc aucune occasion pour
expliquer. justifier et célébrer avec éloges l'art hiératique doni il est lui-même
12. puissance purificatrice des apparitions (p. 79.7-14),
un adepte fervent.
8. clarté des apparitions (p. 76.15-77.9),
9. luminosité des apparitions (p. 77.10-18),
10. fulguration des apparitions (p. 77.19-78.16),
29.
Franz CUMONT, Lux perpetua, Paris 1949, 374.
30.
Cette section a aussi été étudiée en détail par FRIEDRICH W. CREMER, op. cit. 37-101.
Il a rassemblé sous des paragraphes distincts tout ce qui est rapporté aux dieux ou vate
aux démons, aux archontes et aux Ames, dans les apparitions.
|
|
31.
295
Il faut donc aller à la ligne
p. 78.16 avec
les mots :
«ai pr rò ye rv Bewer raven
araßepor ...
|
32. En revanche, il ne faut pas aller à la ligne p. 80.4, il y a un paragraphe continu depuis
p. 79.15 jusqu'à 80.14.
and
33. Voir E.R. Dopps, The Greeks and the Irrational (Sather Lectures 25). Berkeley
the
that
assertion
40
lism.
irrationa
of
o
manifest
a
is
mysteriis
de
«The
:
287
1951,
Los Angeles
road to salvation is found not in reason but in ritual.»
AN) ZETESIS
ALBUM
AMICONRUM